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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:47
Un tsunami annoncé... (1)

Le tsunami annoncé (1 a) a balayé la politique et le monde politique français au delà de ce qui avait été prévu et annoncé.

Avec moins d’un quart des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle et moins d’un tiers aux législatives en faveur de La République en marche (LReM), Emmanuel Macron devient président de la République avec une majorité, absolue et très confortable, à l’Assemblée nationale. Et en principe, dévouée pour 5 ans.

Si ces élections sont exceptionnelles, c’est moins dans la distorsion entre nombre de suffrages obtenus et concentration des pouvoirs que par la fulgurante carrière d’Emmanuel Macron et le déroulement de la séquence électorale.

François Hollande, en 2012, après avoir obtenu 28,63 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle, devenait président de la République. Le PS, avec 29,35 % des voix au premier tour des législatives et 34,4 % en comptant ses alliés DVG et PRG, obtenait 314 sièges soit la majorité absolue à l’Assemblée nationale sans compter les 17 alliés, plus aléatoires, d’Europe Écologie-Les Verts.
C’était la dernière étape d’un long processus de montée vers le pouvoir de François Hollande, titulaire de mandats divers depuis 1983, et du PS, victorieux lors de toutes les élections locales pendant le mandat de Nicolas Sarkozy : municipales de 2008, la Gauche, du PC aux Verts prenaient le contrôle de 149 communes de plus de 30 000 habitants contre 6 pour le Modem et 107 pour la Droite ; régionales de 2010, le PS et ses alliés (DVG et PRG) arrivaient à conquérir 22 régions sur 25, en métropole, seule l’Alsace restait à droite ; 2011, la Gauche prenait la présidence de 57 Conseils généraux, le Centre droit, 5, et la Droite 36. Avec en prime, à la suite de ces diverses élections, pour la première fois de son histoire, le Sénat virait à gauche.

Au total, après les élections présidentielle et législatives de 2012, la gauche détenait la présidence de la République, la majorité à l’Assemblée nationale, au Sénat, la présidence de la majorité des régions, des départements et des conseils municipaux des grandes communes de France.
 

Emmanuel Macron n’est pas le premier à devenir président de la République après un passage par la banque Rothschild et sans avoir eu, au préalable, aucun mandat électoral. Georges Pompidou a eu le même parcours, avec un long stage auprès du général de Gaulle à qui il a succédé, après sa mort. Si le premier était un littéraire et le second est un énarque, ils ont en commun la volonté d’adapter la France à ce qu’ils considèrent comme la modernité économique.

Ce qui est particulier, c’est le déroulement de la carrière d’Emmanuel Macron et de la séquence électorale, caractérisé par la rapidité d’exécution à la manœuvre.
Georges Pompidou et François Hollande deviennent présidents à 58 ans, Emmanuel Macron à 39 ans, le plus jeune président français de l'histoire !

Pour la dernière partie de son parcours, Emmanuel Macron a bénéficié d’une législation favorable : présidentielle suivie immédiatement des législatives, inversion du calendrier électoral voulue par Lionel Jospin, interdiction du cumul des mandats et sanctions financières pour les entorses à la parité qui poussent au renouvellement du personnel politique.
Et particulièrement, l’échec politique de François Hollande et sa décision tardive de renoncer à se présenter pour un nouveau mandat qui a bloqué toutes les candidatures venant du PS. Sauf celles de... Macron et de Mélenchon, tous deux extérieurs au PS au moment de leur décision. Enfin, les affaires et l’obstination de François Fillon ont privé Les Républicains d’une victoire programmée.

Il n’est pas possible d’oublier le soutien très important qu’a reçu Emmanuel Macron des médias et des milieux d’affaires. Mais dans un premier temps, il a été surtout question d’une bulle Macron, d’un candidat sans expérience, trop jeune, sans aucun appareil derrière lui… Le candidat alors bien en cour était plutôt Alain Juppé, le meilleur d’entre nous, le sage, l’homme d’expérience, le modéré de droite… Celui qui n’a pas eu l’audace de franchir le Rubicon quand l’autre était déjà entré dans Rome !

Emmanuel Macron a aussi su jouer de son absence de programme alors qu’étaient déjà bien connus la loi Macron, la volonté d’alignement sur la politique de l’Allemagne d’Angela Merkel et son curriculum vitae (passages rapides au PS, à la banque Rothschild, conseiller de François Hollande, ministre de l’Économie) qui en ont fait le candidat de toute la droite en EuropeDans une campagne électorale, tournant essentiellement sur les sondages dans le Grand prix de l’Élysée et les pratiques d’hommes politiques renommés pour leur haute vertu, au détriment d’un véritable débat, particulièrement évident pour les élections législatives où rien n’a été organisé à la télévision.

C’est une chance relative que la désespérance des Français, après la déception des deux quinquennats précédents et faute d’alternance, ait trouvé un débouché, certes bien canalisé, vers Macron plutôt que vers Marine Le Pen…

Mais cette Assemblée nationale, jaune Macron, l’élimination de toute représentation sérieuse de l’opposition risque d’accentuer une apathie politique qui existait déjà et qui se traduit par une augmentation constante du taux d’abstention à toutes les élections sauf lors des présidentielles (2).

Les conséquences de ces élections présidentielle et législatives sont multiples.
La confortable majorité macronienne à l’Assemblée nationale devrait assurer une certaine tranquillité au président de la République pour le quinquennat. Encore que les godillots n’ont pas toujours la même résistance à l’usure.

Les Républicains, bien que diminués, bien que frustrés d’être exclus, pour le moment, du gouvernement, sont la principale force d’opposition parlementaire. Reste à savoir dans ce conflit fraternel avec LReM qui débauchera le plus de parlementaires chez le voisin. Mais déjà couverts de dettes, Les Répubicains vont connaître de gros ennuis financiers avec une importante diminution du financement public des partis politiques.

 

Un tsunami annoncé... (1)

A gauche, les choses sont beaucoup plus graves. Le parti d’Epinay est mort. Ne serait-ce que par la baisse importante du financement public qui est fonction du nombre de voix au premier tour des législatives et du nombre de députés élus ! Avec une fissure entre ceux qui sont prêts à se dévouer pour rejoindre la majorité macronienne et ceux qui veulent construire autre chose. Cette fissure est mise en évidence avec les désistements contradictoires pour le second tour des législatives.

Certains espèrent regrouper macroniens et macron-compatibles dans un parti qui ne sera plus le PS mais un parti de centre gauche qui trouvera sa place comme dans les autres démocraties occidentales.

L’autre fraction du PS, frondeurs, partisans de Hamon, tentera-t-elle de survivre seule ? En s’alliant avec EELV tout aussi mal en point ? Avec un PC qui devra un jour ou l’autre prendre la décision de devenir un groupuscule insignifiant ou de se fondre dans un regroupement incertain ? Un PC qui, avec quelques députés, peut, dans la débâcle générale, nourrir encore quelque illusion mais qui va aussi rencontrer de gros problèmes financiers et, au point de vue politique, aura des difficultés à trouver des alliés qui assureraient la survie de plus en plus précaire de ses élus locaux.

La Gauche, c’est surtout La France Insoumise. Par le nombre de voix recueillies au premier tour des législatives, elle va bénéficier d’un financement public qui sera nécessaire pour assurer l’ancrage local dont témoignent les 74 qualifications revendiquées pour le second tour contre 63 pour le PS et 14 pour le PC. L’élection de Jean-Luc Mélenchon, de Clémentine Autain et de quelques autres députés serait bienvenue pour faire entendre la voix de La France Insoumise à l’Assemblée nationale. Encore faudra-t-il, pour survivre, qu’elle conserve une certaine unité et sache accueillir ceux qui veulent un changement véritable.

A l’extrême droite, les résultats de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle ont fait espérer aux militants une percée plus nette au second et un nombre d’élus important à l’Assemblée nationale. Ces espoirs ont été déçus. Alors que la perspective d’une arrivée au pouvoir par la voie électorale s’estompe, que des dissensions intenses apparaissent au sein du FN, une opposition plus énergique au gouvernement, externe aux institutions, pourrait séduire nombre de militants.


 

Un tsunami annoncé... (1)

L’absence de représentation institutionnelle et significative des oppositions au Parlement, avec l’élimination du Front national et de la Gauche n’est pas sans danger.

La large victoire d’Emmanuel Macron annonce un certain nombre de mesures qui iraient plus loin que la loi El Khomri, avec usage du 49-3 et des ordonnances. François Hollande a réussi à faire passer les textes qu’il a présentés à l’Assemblée nationale, au prix de manifestations dures et nombreuses. Emmanuel Macron va essayer de profiter de l’été et de l’euphorie post électorale entretenue au niveau national et européen, pour aller plus loin, aussi vite que possible, sans déclencher un tour social.

A moins que la majorité de la population finisse par intérioriser qu’il n’y a qu’un voie et qu’Emmanuel Macron en est le guide. Faute d’une opposition parlementaire, il y a de fortes probabilités que l’opposition se déplace vers la rue. Le tsunami pourrait, alors, prendre une autre dimension.

 

 


 

Un tsunami annoncé... (1)

1 -  Le tsunami de la présidentielle a - Le tsunami continue

2 - L’abstention, le vote blanc ou nul au second tour de la dernière élection présidentielle ne sont pas du même ordre, loin de traduire un désintérêt, ils témoignent d’une opposition aux deux candidats en présence malgré les injonctions multiples.

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 16:17
Quelques mots de Cannes,  Festival du film 2017

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Quelques mots de Cannes, Festival du film 2017

 

La fête est finie !
Que reste-t-il après avoir vu 3 ou 4 films par jour pendant 10 jours ? Dans les quelques lignes qui suivent, plus que des critiques, film par film, des images venus d’ailleurs ou d’hier, qui se rencontrent, se télescopent, des impressions croisées au hasard des films vus (37), quelques notes sur l’atmosphère générale ou des informations lues dans la presse festivalière.

 

Impossible de voir tous les films présentés dans les différentes sélections : compétition, hors compétition, un certain regard, cannes classics, quinzaine des réalisateurs, semaine de la critique, acid, cinéma de la plage… La première réflexion sera donc un regret : n’avoir pu voir ou revoir certains films. Regret, souvent irrattrapable car plusieurs ne sortiront jamais en salle.
 

Projeté en début de Festival, 120 battements par minute de Robin Campino, (135 mn) a été aussi apprécié de la critique que des spectateurs, en faisant un favori pour la Palme.
120 battements par minute est un docu-drame qui retrace l’histoire de Act-up France par un réalisateur qui en a été membre.
Prenant prétexte de l’arrivée de deux nouveaux adhérents, le film commence par une brève explication de ce qu’est Act-up et de ses actions, utile pour les spectateurs qui ne sont pas toujours au courant. Viennent ensuite la préparation des actions, leur réalisation, actions coup de poing, vigoureuses mais non-violentes, pour bousculer l’indifférence générale et plus encore celle du gouvernement et d’une multinationale pharmaceutique... Le film évolue vers les conflits internes parfois sévères et les questions personnelles de santé, de plus en plus graves, qui ont touché profondément toute une génération…
120 battements par minute n’a pas eu La Palme mais seulement le Grand prix. Il ne fait pas de doute qu’il trouvera son public même si, heureusement, les choses ont changé par rapport à la période où se déroule le film.


 

Quelques mots de Cannes,  Festival du film 2017

The Square, réalisé par Ruben Östlund (Suède, 142 mn) a obtenu la Palme d’or. Ruben Östlund a déjà reçu à Cannes, le prix du jury un certain regard en 2014 pour Force majeure (Snow Therapy).

Sur une place de Stockholm, une femme fuit un persécuteur, personne ne l'aide. Finalement, deux hommes s'interposent et se félicitent de leur action. Dont Christian, directeur du musée d’art moderne de Stockholm, qui s'aperçoit peu après qu'on lui a volé ses papiers, son téléphone portable, ses boutons de manchette… A partir de là, les choses vont mal tourner.

Dans sa volonté de récupérer ses biens, il va se heurter à la pugnacité d’un jeune, accusé indûment de vol ; dans sa vie professionnelle, un clip malheureux pour l’exposition qu’il prépare, The Square, incitant à la tolérance et à la solidarité, le met en situation délicate.
The square, comme Force majeure, pose la question de la responsabilité, de la lâcheté mais ici dans le cadre de la société suédoise bien policée qui est dépeinte avec un humour grinçant touchant le journalisme, l’art… Ce que tout le monde n’a pas apprécié.

Ce film intéressant gagnerait, cependant, à être raccourci d'une vingtaine de minutes.

 

Le Redoutable de Michel Hazanavicius (107 mn). Le film est inspiré du livre d’Anne Wiazemsky – épouse de Godard, 1967-1970 – Un an après, sorti en 2015 qui raconte mai 68-mai 69.
Jean-Luc Godard en 1968, en pleine gloire. Un mauvais accueil du film La Chinoise avec Anne Wiazemsky et l’esprit de Mai 68 provoquent une profonde remise en question du cinéaste. Il s’engage dans la contestation de 68, devient maoïste, renie ses premiers films et veut créer un cinéma en accord avec ses nouvelles idées. Il se lance dans des déclarations publiques ou privées qui heurtent tout le monde.

Film tourné à la Godard qui décrit un Godard probablement sincère dans la tourmente mais insupportable y compris pour son épouse, ses amis...

 

Autre film sur une personnalité, Rodin, de Jacques Doillon, (France, Belgique, 119 mn), film qui gagnerait à être ou sous-titré ou doublé en français, notamment Vincent Lindon, pour qu’on puisse comprendre ce qui se dit.

 

Quelques mots de Cannes,  Festival du film 2017

Sans savoir, si c’est un choix délibéré ou l’air du temps, plusieurs films mettaient en scène non des problèmes d’adolescents comme souvent mais d’enfants plus jeunes.

Okja de Bong Joon-ho, (Corée du sud/États-Unis, 118 mn). Des paysans coréens, un grand père et sa petite fille, élèvent un porc d'exception, génétiquement modifié, pour une multinationale de l'agroalimentaire (Mirando). Ce porc est tellement bien traité qu'il devient le plus beau de la série expérimentale de la multinationale. Il est donc promis à la gloire et à faire la meilleure saucisse. Mais la fillette va défendre Okja avec l'aide du Front de libération des animaux…
Ce film, produit par Netflix, est plus étasunien que coréen : vision de la campagne reculée, en Corée, critique de la souffrance animale infligée par l’agro-industrie capitaliste. L’aventure se termine bien grâce à l’amour de la fillette pour Okja, à sa lutte acharnée et à son alliance avec le FLA qui sauve non seulement Okja mais aussi un porcelet que, discrètement, ses parents font échapper de l’abattoir, en passant sous les barbelés...

 

Cet optimisme étasunien porté par des enfants, un classique, se retrouve dans Wonderstruck de Todd Haynes, (États-Unis 117 mn).
En 1927, Rose, sourde et muette, s'échappe pour aller à New-York rejoindre sa mère, actrice célèbre qui la rejette mais retrouve son frère aîné. En 1977, Ben, devenu sourd accidentellement, s'enfuit aussi à New-York à la recherche de son père dont il ne sait rien. Ces deux vies, racontées en parallèle, la première en noir et blanc, la seconde en couleurs, finiront par se rencontrer.
L'histoire, assez difficile à suivre
au début, deux vies à 50 années de distance, se termine de façon heureuse. Ben retrouve une famille et se fait même un ami, un jeune noir, un peu délaissé par ses parents, qui souffre de solitude.

 

Les films programmés étaient loin d’être tous aussi optimistes même quand il s’agissait d’enfants.

Dans The killing of a sacred deer (Mise à mort du cerf sacré) de Yorcos Lanthymos,(Irlande, 109 mn), Steven, chirurgien cardiaque, prend sous sa protection le jeune Martin, dont le père est mort lors d’une de ses interventions. Le jeune garçon annonce au chirurgien qu’il doit exécuter un membre de sa famille, sa femme ou un de ses deux enfants, à défaut, ils mourront tous progressivement. Bientôt, le fils du chirurgien est atteint de troubles inexpliqués, d’abord une paralysie des membres inférieurs puis de nouveaux symptômes apparaissent… qui vont conduire Stephen à un choix impossible.

 

Particulièrement pessimistes, les films venant de l’est de l’Europe.
Nubov (Faute d'amour) de Andrey Zvyagintsev, (Russie/France, 127 mn), montre un couple qui se déchire sous les yeux de leur fils qui disparaît.

La déchirure s’exacerbe pendant les recherches de l‘enfant. La fêlure de chacun persiste des années plus tard. Les protagonistes ne peuvent se reconstruire ailleurs bien que chacun ait un ou une partenaire qui devrait ramener une certaine sérénité.

L’échec n’est pas seulement celui d’un couple. Mais celui d’une société où l’administration est incapable d’organiser la recherche de l’enfant et où même les bénévoles, actifs et organisés, ne peuvent retrouver le jeune disparu
Une société inefficace, des adultes cassés, une jeunesse sans avenir.

 

Krotkaya (Une femme douce) de Sergei Loznitza, (Ukraine, 143 mn) (1)

Une femme essaie d’apporter à son mari emprisonné un colis qu’elle lui avait envoyé mais que l’administration a refusé de transmettre, sans explication. Le colis est à nouveau rejeté, au guichet, sans motivation. Elle tente d’arriver à ses fins par tous les moyens, s’adresse à l’association de défense des détenus, affronte différents réseaux policiers et/ou mafieux… avant de disparaître dans la nuit pour une nouvelle tentative...

 

Le même pessimisme se retrouve dans deux films vus dans la sélection un certain regard. Tesnota (Une vie à l'étroit) de Kantemir Balagov (Russie, 118 mn) se passe en 1998, à Nalchik, dans le Nord Caucase, où coexistent communauté juive et communauté kabarde (musulmans). Illana travaille dans le garage de son père. Une fête de famille est organisée pour les fiançailles de son jeune frère David. Mais celui-ci et sa fiancée sont enlevés avec demande de rançon.

Pour rassembler la somme exigée, la famille fait appel à la communauté juive qui ne répond pas avec enthousiasme : chacun a ses problèmes. Pour payer, il faut, d’abord, vendre tous les biens, l’atelier… Finalement, la famille accepte de marier Illana pour obtenir la somme nécessaire...
Mais Illana, indépendante, qui a des relations avec un jeune de la communauté kabarde, malgré les tensions qui existent entre les deux communautés, refuse. Ces tensions sont mises en évidence à l’occasion d’une émission télévisée montrant les décapitations de soldats russes par les tchétchènes qui permettent des réflexions antisémites...
Finalement, la famille est cassée. David reste avec son épouse dans la communauté juive tandis que Illana suit ses parents qui déménagent, une fois de plus.

C’est à travers les courses nocturnes de taxis de Sofia que Posoki (Directions) de Stephan Komandarev (Bulgarie/Allemange, 143 mn) donne un aperçu des problèmes de la Bulgarie pendant et après la période communiste.

Si le héros du film en compétition, Jupiters’Moon (La Lune de Jupiter) de Kornel Mundruczo (Hongrie, Allemagne, 123 mn) s’en sort, c’est par lévitation ! En effet, ce jeune réfugié syrien est blessé, par balle, au passage de la frontière hongroise. Cette blessure lui donne le pouvoir de lévitation qu'un médecin va vouloir exploiter financièrement alors que le jeune immigré ne pense qu'à retrouver son père dans une gare. Le film montre la situation des réfugiés qui entrent ou essaient d’entrer en Hongrie et fait le lien explosion-attentat dans la gare avec l’immigration... Le jeune ne retrouve pas son père mais plane en lévitation au dessus de la ville.

Aus dem Nichts, le film du germano-turc Fatih Akin, (France/Allemagne, 96 mn) parle aussi d’un attentat mais néo-nazi. A Hambourg, l'agence d'un Turc, marié avec une Allemande, est détruite par un attentat nazi, entraînant la mort du père et de son fils. Les assassins sont découverts et acquittés. C'est la mère qui fera justice.

Quelques mots de Cannes,  Festival du film 2017

Présentés dans des sélections différentes, deux films réalisés à 50 ans de distance, traitent des fantasmes, féminins, a précisé Jean-Claude Carrière, pour Belle de jour de Luis Buñuel, (1967, 101 mn, cannes classics) dont il a écrit le scénario. Et L'amant double de François Ozon, (107 mn, hors compétition). Fantasmes féminins ? Vus par les hommes ? Pour les hommes ? En tout cas, avec une démarche de la femme bien différente d’un film à l’autre et des images aujourd’hui plus explicites.

Trois films français sur la guerre avec des aspects qui diffèrent, notamment, en fonction de la date du tournage : La Bataille du rail, (cannes classics, 85 mn), film sur la Résistance des cheminots pendant l’occupation (sorti en février 1946), Week-end à Zuidcoote, (cinéma de la plage, 119 mn), d’Henri Verneuil (1964) avec Jean-Paul Belmondo et Nos années folles (hors compétition, 103 mn), d’André Téchiné (2017) : de l’héroïsme collectif et anonyme de la Résistance, magnifié au lendemain de la Libération, au drame personnel et familial d’un déserteur, pendant et après la guerre de 14-18, déguisé en femme pour échapper à la justice militaire et finalement travesti, en passant par les aventures du Belmondo national dans la poche de Dunkerque !

Parmi les films vus, l’Amérique latine était peu présente, Los perros (semaine de la critique, Chili/France, 94 mn) de Marcela Said, dévoile les difficultés à cacher le passé de membres de la bonne société sous les dictatures chilienne et argentine.

La novia del desierto (La fiancée du désert, Argentine/Chili, un certain regard, 78 mn) de Cécilia Atan et Valeria Pivato. Une femme, 54 ans, quitte Buenos Aires pour une nouvelle place dans une autre ville qu'elle doit rejoindre en bus. Lors d'un arrêt, elle va faire un tour sur le marché et laisse son sac dans le camion d'un commerçant. Le lendemain, elle part à sa recherche, le retrouve, sans le sac, et fait la route avec lui. Finalement, elle retrouve le sac et bien plus… Mais les routes divergent entre le commerçant – nomade - et la dame de compagnie – sédentaire.
Heureuse et brève rencontre, traitée avec discrétion.

Ce n’est pas le cas d’une autre brève rencontre que raconte Claude Lanzmann dans Napalm (hors compétition, 50 mn). A l’occasion de son troisième séjour en Corée du Nord, Claude Lanzmann tourne un documentaire pour raconter son flirt historique avec une belle, bien sûr, infirmière coréenne lors d’un précédant voyage. Documentaire narcissique d’un vieil intellectuel qui aurait pu faire l’objet d’une belle nouvelle.

 

Quelques mots de Cannes,  Festival du film 2017

Ce sont aussi de brèves rencontres d’un tout autre genre que donne à voir Visages, villages de Agnès Varda et JR. (hors compétition, 89 mn) qui sillonnent la campagne française avec un camion qui permet de tirer de grandes affiches. Ils rencontrent des gens, une vendeuse, des ouvriers, des agriculteurs… Les photographient, en tirent d’immenses affiches qu’ils collent dans le village, dans l’usine… Humour, discrétion, échanges...


 

Quelques mots de Cannes,  Festival du film 2017

On en a parlé à Cannes

 

Tout le monde se plaît à dire que le festivalier, d’une certain façon, vit dans une bulle, surtout si on ne sacrifie pas les quelques moments libres à passer du grand écran au petit (télévision) ou au minuscule (portable) pour maintenir le lien avec le monde qui continue… Encore plus si on profite du temps ensoleillé pour rester en terrasse, un peu au-delà du temps strictement nécessaire à la restauration, pour flâner et profiter du spectacle de la Croisette ou même pour prendre un rapide bain de soleil ou de mer...

Les événements parviennent fortement émoussés au simple festivalier : de la plus ou moins ferme poignée de main, qui donne sens au monde, à la visite de la nouvelle ministre de la culture.
Cannes n’est pas loin de Nice, ni de Manchester. Une alerte à la bombe a pu apporter quelques perturbations passées inaperçues de la plupart. Plus remarquée est l’importante présence policière, le renforcement des contrôles et des mesures de sécurité sans grandes conséquences sauf quelques attentes supplémentaires. Dans les habituelles queues, les discussion entre patients festivaliers, portaient comme chaque année sur les films vus ou à voir, sur le chances de tel ou tel film d’obtenir la Palme
Peut-être, certains pensaient aux possibles attentats, cela n’est pas apparu dans les conversations...

 

Dans la presse professionnelle, disponible gratuitement, deux sujets importants pour l’avenir du cinéma étaient abordés par tous : la réalité virtuelle et Netflix,

Fallait-il sélectionner des films produits par Netflix, destinés au petit écran et qui ne sortiront pas en salle ? Quelles seront les futures relations entre Netflix et le Festival ? Et le cinéma ?

Deux films étaient sélectionnés en compétition officielle The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach et Okja de Bong Joon-ho. Un autre à la quinzaine des réalisateurs, Bushwick de Cary Murnion et Jonathan Milott. Ces films ne devraient pas sortir en salle. Le premier film Netflix, Beasts of No Nation, a été lancé en 2015 à Venise et n'est pas sorti dans les salles italiennes.
Amazon, le concurrent de Netflix, autorise l
a sortie en salle avant diffusion et se soumet à la réglementation en vigueur. Amazon présente en compétition Wonderstruck de Todd Haynes.

En France, les films sortent d'abord en salle, quatre mois plus tard, en DVD, après dix-douze mois sur les chaînes payantes, vingt-deux à trente mois sur les chaînes gratuites et trente-six mois en vidéo à la demande par abonnement (Netflix, Amazon, CanalPlay, etc.). Si Okja (sorti en salle en Corée du Sud, le 29 juin) ou The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach sortaient d'abord dans un circuit de salles, Netflix ne pourrait les diffuser qu'en 2020 sur son site.

Une nouvelle règle devrait être appliquée par le Festival en 2018 : tout film sélectionné en compétition doit obligatoirement être diffusé en salle.

Les taxes prélevées sur chaque ticket de cinéma par le CNC et la chronologie de sortie des films font partie de la protection de l'industrie du cinéma français. Netflix veut se soustraire à ces obligations et choisir ses investissements sans passer par le système appliqué par tous les diffuseurs français.

 

La bataille fait rage, certains accusent Netflix de vouloir la mort des salles, pour d’autres la présence d'un film Netflix ou Amazon en compétition à Cannes est l'accompagnement naturel de l'évolution du monde. Le cinéma, le Festival peuvent-ils se couper totalement des énorme moyens de production de Netflix qui attireront les meilleurs réalisateurs ? Avec la possibilité de faire des films spectaculaires qui ne seront visibles que sur le petit écran ???

Pour le moment, le Festival se porte bien. Le Film français du 26 mai 2017, notait que 12 324 acheteurs étaient présents, à Cannes, pour le Marché du film dont 2 113 étasuniens, 1801 français, 1186 britanniques, 600 chinois (+21%) et que 3820 films étaient proposés.

Un court métrage en réalité virtuelle, Carne y arena (chair et sable) de Alejandro Gonzáles Iñarritu, a été le premier film présent au festival du film de Cannes.

Ce film, d’une actualité brûlante, totalement immersif, raconte l’histoire de latinos dans leur tentative d’entrée clandestine aux États-Unis. Le spectateur est muni d’un casque de réalité virtuelle pour vivre à 360 degrés le périple de ces personnes. Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, a déclaré après avoir vu le film : on sort de là, tremblant et impressionné.

La réalité virtuelle est-elle un mode passagère comme la 3D, une forme limitée dans sa diffusion comme Imax ou est-elle appelée à devenir le nouveau cinéma ? De nombreux producteurs sont intéressés. De nombreuses salles seraient déjà en activité en Chine. et la Chine est le futur grand marché du cinéma…

La Fnac a lancé une salle de cinéma virtuelle permettant de recréer l’ambiance d’une sortie cinéma ! En couplant casque de réalité virtuelle et abonnement, on pourra demain regarder un film à la demande, chez soi dans une ambiance de cinéma !!!!!!

 

1 – Il est de plus en plus difficile de dire la nationalité d’un film : Krotkaya est une coproduction France-Pays-Bas-Allemagne-Lituanie, avec financement privé russe et ukrainien, crédit d’impôt letton, réalisé par un Ukrainien en Lettonie et en langue russe ???

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 07:49
Place de la République, Paris

Place de la République, Paris

La place de la République joue un rôle particulier dans la vie de Paris. A la limite de 3 arrondissements, au confluent de 7 grandes artères et de 5 lignes de métro, elle est le point de départ ou d’arrivée de grandes manifestations populaires, un lieu pour ceux qui veulent faire connaître une cause ou se retrouver lors de petits ou grands événements.
Et, tous les jours, une place ouverte à tous, jeunes ou moins jeunes, pour lire, jouer, prendre le soleil...

Historique

La place de la République s’appelait jusqu’en 1879, place du Château-d'Eau car, une Fontaine du Château d’eau ou Fontaine aux Lions de Nubie (Pierre-Simon Girard,) y avait été érigée en 1811. Cette fontaine était utilisée par les gens des quartiers du Temple et du Marais.

Le baron Haussmann (1) transforme cette modeste place triangulaire en un grand espace (280 m sur 120) rectangulaire, avec deux terre-pleins centraux. Il perce les boulevards Magenta, des Amandiers (avenue de la République), du Prince-Eugène (Voltaire) et fait disparaître, par la même occasion, des théâtres du boulevard du Temple dont le Théâtre-Lyrique fondé par Alexandre Dumas en 1847.
Un établissement de plaisirs avec un dancing bourgeois, Vauxhall, est remplacé par la caserne du Prince-Eugène, aujourd'hui Caserne Jean-Vérines. Prévue pour 3 200 hommes et proche du séditieux Faubourg Saint Antoine...
Elle accueille depuis
1947 la Garde Républicaine.

 

Place de la République, Paris

En 1867, la Fontaine du Château d’eau est déplacée au marché des abattoirs de la Villette où elle sert d’abreuvoir, sur l'actuelle place de la Fontaine-aux-Lions. Elle est, alors, remplacée par la seconde Fontaine du Château d’eau (Gabriel Davioud), déplacée à son tour, en 1880, place Félix-Éboué.

Car, en 1879, la ville de Paris lance un concours pour un monument consacré à la République, proclamée en 1875, concours remporté par les frères Morice. Ce monument est inauguré, en plâtre, le 14 juillet 1880 et le 14 juillet 1883 dans sa version définitive en bronze (2).

La place prend le nom de place de la République en 1889. La statue est alors entourée par quatre grands porte-oriflammes de 25 m de haut, au socle en bronze, retirés en 1988. De peur qu'ils ne résistent pas en cas de fortes tempêtes.
Un bassin circulaire entoure le monument depuis 2013.

En 1904, la ligne 3 du métro et la station République sont créées, puis les lignes 5, 8 et 9. La ligne 11, inaugurée en 1935, est actuellement en voie de prolongement.

Des tramways desservaient Paris et la banlieue. Un tramway à câble reliait la place à la colline de Belleville. La circulation occupait 60 % de l'espace, traversait le terre-plein central, faisait le tour de la place .
Sur la nouvelle place, inaugurée en juin 2013, toute la circulation est basculée sur le côté ouest et le centre devient un espace piétonnier autour de la statue.

Place de la République, Paris

Le Monument à la République ou Statue de la République.

L'œuvre de Léopold Morice, en bronze, 9,5 m de haut, sur un piédestal en pierre, 15,5 m de haut, 13 m de diamètre, est une allégorie de la République.

Marianne est vêtue d'une toge avec un baudrier portant une épée, coiffée du bonnet phrygien, symbole de la liberté, et d'une couronne végétale, un rameau d’olivier, symbole de paix, à la main droite, la main gauche sur une tablette des Droits de l'Homme.
Aux pieds de la statue, une guirlande de bronze, les armoiries de Paris et l'inscription À la gloire de la République Française - La ville de Paris – 1883.

Le soubassement de Charles Morice, en pierre, 15 m de haut, comporte trois statues : La Liberté, L’Égalité, La Fraternité.

Place de la République, Paris

La Liberté, un flambeau dans la main gauche, la main droite tenant une chaîne brisée. Derrière, un chêne en relief.

Place de la République, Paris

L'Égalité, dans la main droite, le drapeau de la République, la hampe marquée R.F. et dans la gauche, un niveau de charpentier, symbole (maçonnique ?) d'égalité devant la mort.

Place de la République, Paris

La Fraternité, une femme veillant sur deux enfants en train de lire. Une gerbe de blé et un bouquet évoquent l'abondance.
De part et d’autre de La Fraternité, 2 médaillons marqués Labor et Pax, ornés de faisceaux de licteur (3).

 

Place de la République, Paris

Au pied de la statue, un lion en bronze avec une urne, Le Suffrage universel.

Au dessous, 12 hauts reliefs (Léopold Morice) en bronze rappellent des moments historiques importants entre 1789 et 1880.

Place de la République, Paris

20 juin 1789, Serment du jeu de Paume.

Place de la République, Paris

14 juillet 1789, Prise de la Bastille.

Place de la République, Paris

4 août 1789, Abolition des privilèges.

Place de la République, Paris

14 juillet 1790, Fête de la Fédération.

Place de la République, Paris

11 juillet 1792, Proclamation de la Patrie en danger.

Place de la République, Paris

20 septembre 1792, Bataille de Valmy.

Place de la République, Paris

21 septembre 1792, Proclamation de l’abolition de la Royauté.

 

Place de la République, Paris

13 prairial an II ou 1er juin 1794, Bataille du 13 prairial an II (4).

Place de la République, Paris

29 juillet 1830, Les Trois Glorieuses.

Place de la République, Paris

4 mars 1848, Adoption du suffrage universel masculin (5).

Place de la République, Paris

4 septembre 1870, Proclamation de la République.

Place de la République, Paris

14 juillet 1880, Première fête nationale.

Événements, manifestations

Au XIX° siècle, la place de la République est le lieu de grands cortèges du Carnaval de Paris.

Lors des combats de la Libération de Paris, la Caserne Jean-Vérines est, le 25 août 1944, le dernier bastion allemand qui, se rend aux résistants et à la 2e DB.

Le 4 septembre 1958, elle est le cadre de la manifestation en faveur du Oui au référendum sur la Constitution de la V°République.

Le 11 janvier 2015, elle est le point de départ de la marche républicaine en hommage aux victimes décédées lors des attentats des jours précédents et contre le terrorisme.

 

Après les attentats qui ont frappé Paris, un mémorial improvisé se met en place sur le monument à la République où fleurs, gerbes, dessins, affiches et banderoles sont disposés.

Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris

Le 6 janvier 2016, un chêne chevelu est planté à l'angle du boulevard Magenta en mémoire des victimes des attentats terroristes de 2015.

Place de la République, Paris

À partir du 31 mars 2016, suite aux manifestations contre la loi El Khomri, la place de la République devient le lieu de rendez-vous quotidien de Nuit Debout.

 

Place de la République, Paris
Place de la République, ParisPlace de la République, Paris
Place de la République, Paris

La place est, fréquemment, le point de départ ou d’arrivée des manifestations parisiennes, régionales ou nationales, le plus souvent de gauche ou syndicales.

Elle est un lieu de rassemblement pour tous ceux qui veulent faire connaître une revendication...

 

Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris

Activités

Toute une partie de la place est aménagée pour permettre aux jeunes de faire de la planche à roulette et des jeux pour des enfants de tout âge et même pour des adultes...
Des animateurs sont à disposition pour enseigner les règles des différents jeux....

 

Un petit miroir d'eau, 270 m2, permet aux jeunes enfants de jouer lors des journées ensoleillées d'été.

Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris

Mais la place est aussi un endroit où on vient pour se rencontrer, passer un moment, discuter entre amis, prendre un bain de soleil si le temps s'y prête...

Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris
Place de la République, Paris

La population, pour les grands événements comme pour la vie quotidienne, s'est appropriée cette grande place piétonnière, aménagée, qui était apparue, à ses débuts, comme très minérale à un époque où tout doit être végétalisé.

1 - Très intéressante exposition sur le Paris du Baron Haussmann au Pavillon de l'Arsenal à Paris, jusqu'au 4 juin 2017.

2 - Le projet de Jules Dalou, le Triomphe de la République, arrivé second, est commandé par la ville de Paris pour la place de la Nation et inauguré en 1899.

3 - Le Faisceau de licteur, référence à la République romaine antique, représente après la Révolution, l'union et la force des citoyens français réunis pour défendre la Liberté. L'Assemblée constituante adopte en 1790 les antiques faisceaux comme emblème de la France. Lors de la Première république, il signifie que le pouvoir appartient au peuple. En 1848 et après 1870, il figure sur le sceau de la République française. On trouve les faisceaux de licteur dans les armoiries de la République.

4 - Bataille du 13 prairial an II, également appelée combat de Prairial ou troisième bataille d'Ouessant et Glorious First of June (Glorieux Premier Juin) opposa les flottes britannique et française. Les Français subirent une sévère défaite tactique. Les pertes britanniques étaient également lourdes. Du point de vue stratégique, la bataille fut cependant un succès français car le convoi de céréales achetées aux États-Unis arriva sain et sauf. De ce fait, les deux belligérants revendiquèrent la victoire.

5 - Parfois supposée représenter l'abolition de l'esclavage, par confusion avec le décret du Gouvernement provisoire qui institue une commission pour préparer, dans le plus bref délai, l'acte d'émancipation immédiate dans toutes les colonies de la République mais le décret qui abolit l’esclavage est du 27 avril 1848.

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Published by Paul ORIOL
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 12:02
Le danger de la manipulation démocratique

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Les adversaires de la démocratie les plus dangereux, ici et actuellement, ne sont pas des candidats à une dictature froide et sanguinaire mais les compétents démocrates à la manœuvre pour donner une apparence démocratique et même scientifique à leur dictature médiatico-politique.

Il a beaucoup été dit que les électeurs ne s’inscrivaient pas sur les listes électorales, s’abstenaient, votaient blanc ou nul, parce qu’ils n’avaient pas suffisamment de sens civique, parce qu’ils n’avaient pas de candidats correspondant à leur choix, parce que les vrais problèmes n’étaient pas abordés…
On dit moins qu’ils se sentent bernés, à chaque élection, car leur choix n’est jamais respecté.

Lors de la dernière élection présidentielle, des questions essentielles ont été abordées, des candidats en ont parlé, des opinions différentes ont été émises. Que sont-elles devenues ?
Avec 11 candidats au premier tour et 2 au second.

Sur les questions socio-économiques, les candidats présentaient des positions fort différentes, de l’extrême gauche à François Fillon.
C’est d’ailleurs sur
sa position très droitière que François Fillon a remporté la primaire de la droite et du centre : notamment sur la sécurité sociale et son alliance avec la manifestation pour tous. Au point que, désigné, il a été contraint de faire rapidement un rétro-pédalage sur la question de la sécurité sociale et de ses liaisons avec les assurances privées. Ce qui lui avait été favorable dans la primaire de droite, devenait dangereux pour toute la droite dans une élection générale, surtout au second tour. D’une certaine façon, François Fillon a été victime de son honnêteté politique.
Certain que le pouvoir ne pouvait lui échapper après un septennat qui finissait mal, il a dit, trop clairement, ce qu’il voulait faire et même le nom de son futur premier ministre, un patron des assurances privées, circulait déjà..
Son échec, sa déchéance n’est due que partiellement à cette position outrancière, même
pour son camp. Se sont alors ajoutés ses démêlés avec la justice sur des emplois fictifs et familiaux et quelques cadeaux ostentatoires.
Ceci a d’ailleurs en partie caché cela.

Le danger de la manipulation démocratique

Il y a fort à parier que, après quelques années, avec des avocats habiles et d’infinies manœuvres procédurières, tout ceci se terminera par un non lieu ou des peines anodines. Et ne l’empêchera pas, s’il en a envie, de reprendre une vie politique active. Ses camarades, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy peuvent en témoigner...
Les prisons de France seraient vides si tous les voleurs de poules étaient défendus avec le même acharnement et par les mêmes avocats...

Mieux vaut une injustice qu’un désordre, aurait dit Goethe. C’est aussi ce qu’a pensé Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel, chargé de faire respecter les lois de la République. Roland Dumas est convaincu d'avoir sauvé la République en ayant validé les comptes de campagne présidentielle, manifestement irréguliers, de Jacques Chirac et Édouard Balladur. Personne ne s’en est indigné outre mesure.
De toute façon quelle importance ?
Lorsque la commission nationale des comptes de campagnes invalide ceux d’un candidat, cela ne l’empêche nullement de se présenter à l’élection présidentielle suivante !
Lorsqu'une candidate peut se présenter et arriver au second tour de la présidentielle sans s’être rendue aux convocations de la justice pour des délits d’emploi fictifs, non au bénéfice de membres de sa famille, cette fois, mais de membres de son organisation politique. Battue à l’élection présidentielle, va-t-elle répondre, aux convocations des juges ?
Philippe Poutou,
mal élevé, a bien fait remarquer que l’égalité devant la justice…
Deux professions prospèrent dans cette république les sondeurs et commentateurs de sondages et les avocats.

La question écologique a été clairement abordée lors du premier tour, par les candidats qui se réclamaient de l’écologie, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, qui ont recueilli plus de 25 % des voix. Tous les autres se sont sentis obligés de colorer, en un vert discret, leur programme. Mais l’écologie, question centrale s’il en est, il ne s’agit que de la survie de l’humanité, magnifiée par la conférence de Paris, rappelée régulièrement par les relevés sur le réchauffement climatique, et l’écologie ne se résume pas à cela, a été complètement absente du second tour.

A longueur d’année, les gouvernements, de droite ou de gauche, prennent de nombreuses mesures désagréables qu’ils refusent d’assumer devant les citoyens. Ils préfèrent se cacher derrière c’est la faute de l’Europe, c’est une contrainte européenne. Oubliant de dire qu’ils ont accepté ou voté ces mesures, dans les instances de l'Union européenne, le Conseil ou le Parlement européen.
La question de l’Union européenne a été abordée par tous les candidats. Et son fonctionnement et sa politique ont été contestés par presque tous. Par la droite, pas seulement la droite souverainiste et nationaliste. Et par la gauche, qui met en question son fonctionnement peu démocratique et ses orientations sociales.
Entre les deux tours, Jean-Claude Juncker et la Commission n’ont pas hésité à donner un coup de pouce à Emmanuel Macron en annonçant de nouvelles orientations sociales...

Emmanuel Macron n'a pas été élu pour ses propositions économiques et sociales, son programme écologique, ses positions en faveur de l'Union européenne. Il n’a obtenu que 24 % des voix au premier tour, malgré une massive campagne médiatique et sondagière déjà axée sur le vote utile. Et le vote utile, repris au second tour, se résumait en tout-sauf-Marine-Le-Pen, martelé à l’aide de sondages, toujours interprétés de façon alarmiste, par les commentateurs, les journalistes, les intellectuels… Et avec l'aide su système électoral.
Toute l’oligarchie nationale et européenne, et même au-delà, a chanté les louanges de ce jeune candidat et de cette France finalement beaucoup plus favorable à l’Union européenne… Avec les félicitations de Angela Merkel, le dimanche, et le rappel de la nécessité de rester dans les clous, le lundi...

Les mécanismes ont parfaitement fonctionné… Les électeurs, une fois de plus, se sont faits avoir.

Le danger de la manipulation démocratique

Il ne faut pas croire que les citoyens ne s’intéressent pas à la politique. Les audiences des émissions de télévision au moment des élections ont un taux d’audience enviable, comparable à ceux des grands événements sportifs. L’augmentation du nombre des abstentions d’un tour à l’autre, l’importance des votes blancs et nuls montrent bien que les citoyens veulent participer même quand il se sentent pris dans une nasse.

Parmi les rares engagements clairs du candidat Emmanuel Macron, il y a l’intention de développer la loi travail et de la faire adopter par ordonnances, éventuellement par utilisation du 49.3.
Pour cela, il faut cependant une certaine acceptation de l’Assemblée nationale. C’est dire maintenant l’importance des élections législatives. Emmanuel Macron devrait bénéficier de la dynamique renouvelée des soutiens. Peut-être fera-t-il quelque annonce pour obtenir une majorité qui lui permette de faire passer ce qui lui tient à cœur.

Le danger de la manipulation démocratique

Tant que la voie démocratique, électorale, semble ouverte, les partis politiques peuvent canaliser les revendications et entretenir l’espérance dans l’évolution, le changement. Quand ces partis entrent en déliquescence et ne sont plus porteurs, même de façon illusoire, de quelque espérance, quand tout est parfaitement verrouillé, comment s’étonner que certains choisissent l’inertie et d’autres la révolte et la violence ?

Emmanuel Macron devrait s’en souvenir au risque de l’austéritaire, l’austérité et l’autorité. François Hollande a laissé les instruments en place.

Le danger de la manipulation démocratique
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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 22:27

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Samedi 6 mai 2017, dans le cadre du Mois de la Résistance organisé par la Mairie de Paris, l’association 24 août 44 présentait au centre Paris Anim’ du 19° (Place des Fêtes) une lecture de témoignages De l’Espagne libertaire à l’exil, de 1936 jusqu’à nos jours suivie de la projection du film, Il nous faut regarder, documentaire de François Boutonnet construit d'après des images d'archives et des témoignages de Jordi et José qui ont connu enfants, la guerre d’Espagne, la Retirada et les camps de l’exil. Et qui ont reconstruit une autre vie dans le sud de la France, tournée ver l’avenir (1).
En rappelant que les premiers Français entrés dans Paris le 24 août 44 étaient des Espagnols… souvent des anarchistes !

 

Dimanche 7 mai, place de Ménilmontant, quelques photos du bal populaire


 

Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant

1 - Il nous faut regarder (Libres itinéraires d’exil de Jordi et José) Film de François Boutonnet, 52 minutes, sortie Cinéma - 2010, DVD - 2011.

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 20:02
Présidentielle : bombe à fragmentation et à retardement ?

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Emmanuel Macron est élu président de la République, après une campagne électorale dévastatrice : tout est à reconstruire pour tout le monde. Et surtout pour la démocratie.
Emmanuel Macron a été élu avec une majorité confortable. Mais…

Il ne faut pas oublier que, lors du premier tour, il n’a obtenu que 24 % des voix et qu’une bonne partie des 66 % obtenus au second tour sont des voix de refus de Marine Le Pen. Quoi que dise la presse nationale aujourd’hui, qui a fait du vote utile au premier et au second tour l’argument essentiel du vote Macron. La presse internationale, soulagée, fait de cette élection une adhésion inconditionnelle à l’Union européenne, baptisée Europe. Ce qui promet plus d’alignement sur l'Union européenne telle qu'elle est que d’initiatives pour une Europe sociale et démocratique.
Encore plus que son prédécesseur, tout sauf Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron est élu par défaut, tout sauf Marine Le Pen. La magie du système électoral magnifie la ligne politique de moins d'un quart des votants du premier tour...

Avec quelle équipe ? C’est ici que les problèmes commencent. Il n’est pas étonnant qu’Emmanuel Macron ne soit pas pressé de donner le nom de son Premier ministre. L’ambiguïté doit durer le plus longtemps possible pour entretenir l’espoir de chacun en vue des élections législatives.

Présidentielle : bombe à fragmentation et à retardement ?

Il n’y a plus de parti de gouvernement uni, de droite ou de gauche, si cela a jamais existé. Il y avait au moins les apparences. Les caciques sont ou éliminés ou en grand danger de l’être. On comptera les survivants après les élections législatives.
Il n’y a pas, pour le moment, de majorité de gouvernement. Tout dépend des prochaines élections. Que va décider Emmanuel Macron quant aux investitures : candidats En Marche, pur label ? Majorité présidentielle, ouverte à tous les soutiens, avec quelle répartition entre PS, LR et macroniens pur sucre ? Quelle place pour le recyclage ? Pour les députés sortants ?

La bombe à fragmentation de l’élection présidentielle est aussi une bombe à retardement. Ses effets vont se faire sentir lors des législatives et bien après. Une recomposition de tout le paysage politique est probable. Pour que rien ne change. Lors des législatives, tous ceux qui ont voté Emmanuel Macron ne voteront pas pour les candidats estampillés Macron. Risquent d’apparaître des concurrents multiples ralliés de la première ou de la onzième heure

Déjà, se font entendre ceux qui veulent participer au gouvernement et ceux qui veulent seulement soutenir. Ceux qui veulent faire un parti présidentiel et ceux qui veulent conserver, sous une forme ou une autre leur vieille structure, d'opposition ? de participation ? Des scissions sont en cours à droite. Certains pensent qu’il y a une place pour une opposition de droite qui pourrait récupérer une partie des électeurs de Marine Le Pen et même faire un bout de chemin avec la partie raisonnable de ce parti qui veut aussi s’ouvrir pour approcher du pouvoir.

 

Présidentielle : bombe à fragmentation et à retardement ?

Car il ne faut pas oublier Marine Le Pen et le Front national. Elle est arrivée deuxième au premier tour, avec 21,3 % et a réuni 34 % et 10,6 millions de voix au second. Soit deux fois plus que Jean-Marie Le Pen (5,5 millions) en 2002 face à Jacques Chirac.
Ces résultats sont les meilleurs obtenus par le FN et Marine Le Pen et constituent une progression importante par rapport aux résultats antérieurs, témoins de l’échec des politiques suivies à ce jour.
Ce vote risque d’être un peu oublié, surtout si le plafond de verre est efficace localement aux législatives pour empêcher l'élection de députés du FN. Car ces résultats n’inquiètent les politiques que modérément. Ils sauront les utiliser, à nouveau aux législatives, pour favoriser le vote utile pour eux, qui leur permet de continuer. Ce qui les inquiète encore moins que les résultats, c’est la situation des citoyens qui votent Front national par souffrance et désespoir.

L’entreprise de dédiabolisation s’est traduite dans les derniers jours de la campagne par la volonté de Marine Le Pen de ne pas apparaître comme la présidente du FN, par l’ouverture vers Nicolas Dupont-Aignan, les cafouillages sur les retraites ou la sortie de l’euro… Mais trop peu et trop tard. Insuffisant pour approcher du pouvoir et des 40 %.
D’où sa volonté de poursuivre un changement qui fait apparaître des divisions entre ceux qui veulent aller plus loin, changer le nom du parti, élargir encore… Et ceux qui veulent maintenir et revenir aux fondamentaux, notamment sur l’immigration. Avec quelques errements comme le comportement de Marine Le Pen lors du débat entre les deux tours, la nomination malheureuse d'un président intérimaire peu présentable…
Avec aussi la tentation du durcissement, de la violence pour certains qui supportent difficilement une dédiabolisation qu'ils acceptaient dans l'espoir d'accéder prochainement au pouvoir.

Un PS maintenu semble avoir peu de chances. Ceux qui pourraient le faire, parce qu’ils tiennent l’appareil, ne le veulent pas. Valls l’a dit depuis longtemps, le mot socialiste irrite ses gencives. Ceux qui voudraient ne le peuvent pas. Les 6 % de Hamon ne suffisent pas. Et est-ce jouable, étant données les vicissitudes historiques de la famille qui va de Guy Mollet à François Hollande en passant par l’illusionniste François Mitterrand ?

François Hollande, par son sacrifice, a pratiquement réussi. Casser le PS et ouvrir la voie à un parti de gouvernement qui n’aura pas la finance comme ennemie, qui aura éliminé tout surmoi socialiste pour en faire l’équivalent du Parti Démocrate (PD) italien ou du Parti social démocrate (SPD) allemand. L’exception socialiste française, certes illusoire, a vécu.

Pour la minorité du PS, pour EELV, leur avenir séparé est fragile. Leur avenir en commun incertain. Tentation d’un nouveau PSU ? Avec le même avenir ? Une fusion dynamique vers un parti écologiste de gauche sans équivoque ? Ou queue de comète réunissant des écologistes qui ont suivi les tribulations du PS et des socialistes qui les ont dénoncées ?

La gauche de gauche est dans une situation, apparemment, plus positive. Le travail, les méthodes et les résultats de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise sont porteurs d’espoir avec beaucoup d’embûches. Jean-Luc Mélenchon et François Hollande ont tué le PS. Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent vont-ils tuer le PC ? Ou le PC et la France Insoumise?

Les restes du PC sont-ils suffisants pour maintenir en survie un appareil faiblissant et un nom dont l’attractivité est discutable ? Sa capacité de nuisance peut-elle faire basculer une alliance rétive en une bataille de chiffonniers ? La dynamique de la France Insoumise est-elle suffisante pour mobiliser les Insoumis, ceux qui, dans le PC, espèrent un véritable changement et des écologistes ? Au PC et chez EELV, certains ont fait le pas dés le 1er tour. D’autres le feront-ils maintenant ?

L’importance, jamais atteinte, de l’abstention et de votes blancs ou nuls peut faire espérer la continuation de la mobilisation autour de la France Insoumise. Ce sont plus de 4,2 millions d'électeurs qui se sont déplacés pour le second tour et ont mis un bulletin blanc ou nul dans l'urne (2,15 millions en 2012), soit un record pour un tel scrutin, déjà marqué par une très forte abstention (25,44%). Mais il ne faut pas l’oublier que ces abstentions et ces votes ne sont pas tous de gauche.
Par ailleurs, si la gauche de la gauche retrouve un certain dynamisme, elle peut attirer à nouveau une partie de ceux qui ont voté Macron sous la pression des commentateurs de sondages (plus que des sondages eux-mêmes), des éditorialistes, de certains penseurs de gauche qui ont joué de la peur, de la mauvaise conscience. Au premier et au second tour.

Au premier tour, 4 candidats ont obtenu des résultats proches de 20 % avec un taux d’abstention du même niveau. Au second tour, Emmanuel Macron l’a emporté loin devant Marine Le Pen. Mais les résultats et l’importance des abstentions et du vote blanc et nul, aux deux tours, ne permettent pas de prévoir la composition de la prochaine Assemblée nationale d’autant qu’elle va dépendre de circonstances très différentes dans les 577 circonscriptions. Elle dépendra de la dynamique qui va être créée dans les jours qui viennent.
Il n'est pas sûr qu'elle bénéficie seulement à Emmanuel Macron.

Cela permet à chacun de partir avec quelque espérance. Et avec beaucoup d’espérances pour les sondages et leurs commentateurs.

Présidentielle : bombe à fragmentation et à retardement ?
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 21:51
Second tour et après ?

In English

 

Au premier tour de l’élection présidentielle, 4 candidats obtiennent autour de 20 % des suffrages exprimés. Les autres derrière Benoît Hamon (6,36%) et Nicolas Dupont-Aignan (4,7%), obtiennent chacun moins de 2 %.
Ces 20 % n’ont pas la même signification pour tous les candidats. Ils donnent aux seuls Emmanuel Macron et Marine Le Pen la possibilité de participer au second tour.

C’est un remarquable succès personnel pour Emmanuel Macron, inconnu, il y a quelques années, n’ayant jamais affronté le suffrage universel, sans aucun appareil. Il a su créer autour de sa personne avec un programme flou, une dynamique impressionnante par les supports médiatiques et politiques qu’il a suscités. Soutiens que le jeune candidat récolte sur tout l’échiquier politique. Auprès des médias. Aidé par la grand’peur que suscite la victoire sondagière possible de Marine Le Pen et les flottements dans la droite extrême, désorientée par les mésaventures de son champion entêté.

Atout et problème pour Emmanuel Macron : le trop plein de ralliements hétéroclites, en vue des élections législatives. Candidats, plus ou moins connus, d’aujourd’hui et d’hier, du centre, de droite ou de gauche, prêts à poursuivre la politique des Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande mais qui attendent quelques gratifications...
Peur-être,
Emmanuel Macron pourrait il engager François Hollande comme conseiller à la synthèse…

Marine Le Pen n’est pas arrivée, comme elle l’espérait et comme beaucoup l’annonçaient, en tête de ce premier tour. Il n’en demeure pas moins qu’elle continue de progresser en nombre de voix et en pourcentage par rapport aux élections présidentielles antérieures.
Considérant son assise populaire assurée, elle mène une politique de second tour en élargissant son assise vers la droite avec Nicolas Dupont-Aignan et en revenant sur ses promesses de retraite à 60 ans, sur la sortie de l’euro qu’elle éloigne...

 

Il faut remercier François Fillon. D’avoir, par son entêtement et son programme social fracassant, éliminé la droite de la présidence. D’avoir dévoilé avec quelle facilité la vertueuse droite est prête à devenir la droite extrême quand elle trouve un champion, apparemment propre sur lui, avec la juste ostentation qui permet de reconnaître la bonne société. Pourfendeuse de la fraude sociale, elle n’est nullement gênée, par les petits arrangements familiaux, les petits cadeaux entre amis.
Éternelle contradiction entre le moralisme affiché pour le bas peuple et la morale pratiquée entre soi.

La progression la plus importante est celle de Jean-Luc Mélenchon, passé de 11,10 % en 2012 (3 984 822voix) à 19,58 % (7 060 885 ) en 2017 alors qu’il ne pouvait compter ni sur un parti décidé et efficace, ni sur un important réseau d’élus motivés, la difficulté dans la collecte des signatures l’a bien montré. Et avec des médias plus intéressés, dans un premier temps, par son caractère, ensuite par ses qualités d’orateur, enfin par ses tropismes internationaux mais beaucoup plus rarement par le travail dans l’élaboration de son programme, par la nouveauté de l’alliage qu’il a construit entre le social et l’écologique, par sa volonté de reconstruire une nouvelle démocratie avec la participation du maximum de citoyens, par sa volonté de s’attaquer au vote d’extrême droite et à l’abstention (caravanes pour l’inscription sur les listes électorales). Les médias ont fini, face aux mobilisations qu’il a suscitées, par découvrir qu’il les avait en partie contournés par ses propres moyens.

Lors de ce premier tour, il a déjà été question du vote utile en faveur d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas étranger au fait que Jean-Luc Mélenchon ne peut participer au second tour, il ne lui a manqué que 600 000 voix. Nationalement, il recueille 19,58 % des voix. Ce pourcentage est entre 27 et 30 %, suivant les sondages, chez les 18-24 ans, soit le double de 2012, 24 % chez les ouvriers, 22 % chez les employés.
Chez les musulmans, le candidat le plus laïque de la présidentielle, obtient 37 % des voix (20 % en 2012) contre 24 % pour Emmanuel Macron, 17 % pour Benoît Hamon, 10 % pour François Fillon et 5 % pour Marine Le Pen (sondage Ifop – Le Pèlerin).
 

Second tour et après ?

Depuis le début de la campagne électorale, nombreux sont ceux qui donnent des conseils avisés à Jean-Luc Mélenchon : participer à la brillante primaire de la Belle alliance populaire, rallier Benoît Hamon avant qu’il ne soit abandonné par le PS et ses électeurs, maintenant rejoindre le camp de la peur.
Hier, la peur
de tout avait mauvaise presse parce qu’elle poussait les citoyens à voter Le Pen, aujourd’hui la peur de Marine Le Pen a bonne presse pour faire voter Macron. Mais la presse est toujours la presse, elle va toujours dans le même sens. Hier et aujourd’hui ! Faire rentrer dans le rang et dans le cas présent, voter Emmanuel Macron !

Connaissant la diversité des points de vue des partisans de la France insoumise sur le vote au second tour, Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il voterait mais n’a pas dit comment. Il ne donne pas de consigne de vote pour préserver l’unité des Insoumis avant les législatives. Tout en rappelant que voter Front national n'était pas une option. Ni pour lui, ni pour les Insoumis consultés.
La France insoumise a organisé une consultation ouverte à tous les Insoumis pour qu’ils disent ce qu’ils allaient faire au second tour, sans que cette consultation soit normative.
Il a tendu une perche à Emmanuel Macron, en lui demandant de faire un geste sur la loi travail que Macron a immédiatement rejeté.
C’était prévisible. Peut-être aurait-il pu demander un geste sur l’usage du 49-3 et des ordonnances dont Emmanuel Macron a dit qu’il les utiliserait dés cet été pour aller plus vite. Et court-circuiter, bon début, tout débat démocratique !
 

Second tour et après ?

Le résultat de la consultation des Insoumis est maintenant connu. 243.000 personnes ont donné leur avis, soit environ 55% des 440.000 inscrits pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, des personnes peuvent changer entre le moment où elles ont donné leur avis et le jour du scrutin. Mais ce n’est pas un sondage, c’est le résultat d’une consultation : vote blanc ou nul, 36,12 %, vote Emmanuel Macron 34,83%, abstention 29,05% (1). Les deux tiers, 65,17%, ne voteront pas pour Emmanuel Macron. D’après un sondage Elabe BFMTV, 44% des électeurs de Mélenchon au premier tour voteraient pour Emmanuel Macron.
Ces résultats permettent de penser que les Insoumis vont compter dans les semaines qui viennent. Une première indication sera donnée dimanche par le taux d’abstentions, de bulletins blancs ou nuls : en 2012, il y a eu 9 049 998 abstentions (19,65%), et 2 154 956 bulletins blancs ou nuls (5,82%)...

Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, on va parler du triomphe de la démocratie, de la République, de l’Union européenne (qu’on appellera Europe) alors qu’on aura simplement élu le gendre idéal pour continuer, plus ou moins habilement, la politique suivie pendant des années – avec le succès que l’on sait aussi bien au point de vue socio-économique qu’au point de vue politique avec le vote Marine Le Pen - par les gouvernants successifs dont les artisans se retrouvent dans En Marche ! l’UMPS, comme disait le Front national, officialisée… !

Reste que les résultats du second tour ne vont pas tout régler. Mais servir de base aux discussions, déjà engagées dans tous les camps pour les investitures législatives. La victoire à la présidentielle donnera, certes, une dynamique. Il n’est pas certain qu’elle soit suffisante pour obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Encore moins une majorité cohérente.

De ce point de vue, Jean-Luc Mélenchon fait des calculs risqués quand il annonce que, avec les résultats de la présidentielle, la France insoumise peut espérer être présente dans 451 des 577 circonscriptions où il a dépassé le seuil de 12,5% nécessaires pour se qualifier pour le deuxième tour dont les 67 où il est arrivé en tête. Certes ils est probable qu’il y aura beaucoup de triangulaires ou même de quadrangulaires mais ces multiples candidatures risquent de diviser autant la gauche que la droite.

C’est cependant un motif pour dynamiser les Insoumis surtout si le taux d’abstention, de votes blancs ou nuls est important. Abstentions, votes blancs ou nuls de résistance, d’espoir. Ils ne seront pas comptabilisés pour l’élection mais seront examinés de près et pèseront dans la mobilisation.

L’espoir maintenant est dans une refondation de la gauche autour de la France insoumise et un groupe de députés aussi étoffé que possible. C’est ce que les résultats de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle permet d’espérer...

Tout en sachant que cela ne sera pas suffisant. Et qu’il faudra d’autres mobilisations. Mais c’est la première lueur en Europe pour une contestation qui ne soit pas nationaliste mais pour un changement d’orientation économique et sociale.


 


 

1 - Noter que ces Insoumis n’ont pas suivi Jean-Luc Mélenchon qui votera dimanche et qui veut rendre le vote obligatoire.

Second tour et après ?
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 22:10

Here in english

Hommage à Brahim Bouarram

Comme tous les ans, le matin du 1er mai, un hommage est rendu à Brahim Bouarram, jeté dans la Seine, le 3 mai 1995, par 3 jeunes en marge d’une manifestation organisée par Jean-Marie Le Pen entre les 2 tours de l’élection présidentielle. A l’époque, le président Mitterrand était venu se recueillir au Pont du Carrousel.

Le rassemblement annuel était prévu à 11 heures. Cette année, sont passés, Emmanuel Macron accompagné de Bertrand Delanoë qui a fait poser une plaque commémorative en 2003, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon.

 

Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris

La manifestation syndicale de l’après-midi

Le départ de la manifestation était prévue de la place de la République à 14 heures 30. Mais quand nous sommes arrivés, venant du pont du Carrousel, vers midi, la place était couverte de stands, de banderoles et de drapeaux d’organisations de travailleurs turcs.

Traditionnellement, les travailleurs turcs participent en rangs serrés à la manifestation du 1er mai. Cette année, tout se passait sur la place.



 

Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris

Mais le 1er mai est la fête internationale des travailleurs. Les Turcs n'étaient pas les seuls sur la place ou dans le défilé. Plusieurs nationalités étaient représentées, notamment les indépendantistes kabyles et les Rifains que je voyais pour la première fois et d’autres qui étaient sur la place ou dans le défilé.



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Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris

L'actualité du jour était aussi présente.

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris

Dans le défilé ou en bord de boulevard, les syndicat, les travailleurs, notamment les sans papiers bien sûr, mais aussi toute sorte de pancartes, d'associations différentes.

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris

Certaines personnes avaient des mots d'ordre divers et contradictoires qui montraient bien la préoccupation du moment sans qu'il y ait semble-t-il de disputes ou d'affrontements.

Les photos du jour : premier mai à Paris
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Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
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Sur le boulevard de Beaumarchais, la manifestation a été arrêtée à un moment par une rangée de CRS tandis que derrière eux, d’autres CRS affrontaient des manifestants à l’aide de grenades lacrymogènes contre des pétards et des cocktails Molotov.

Le pantalon d’un CRS brulait, rapidement maîtrisé, tandis que nous étions obligés de reculer sous les gaz lacrymogènes qui étaient rabattus sur nous par le vent.


 

 

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris

Quelques photos supplémentaires prises lors de cette retraite en remontant la manifestation vers la place de la République.

Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris
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Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
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Les organisations politiques étaient rares

Les photos du jour : premier mai à Paris
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Peinture murale sur le boulevard
Peinture murale sur le boulevard

Peinture murale sur le boulevard

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 11:11
Munich, cube blanc, années noires

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/emissions/les-documentaires-en-aquitaine/gurs-silence-assourdissant-film-ne-jamais-oublier-1240321.htmlMunich, cube blanc, années noires

Munich, capitale de la Bavière, connue pour ses musées, ses monuments, ses industries, ses manifestations festives et sa bière..., est la deuxième ville allemande par le nombre de touristes…
Munich occupe, aussi, une place exceptionnelle, et peu enviable, dans l'histoire du vingtième siècle ! C'est là que le national-socialisme est né et a pris son essor. C'est là que Daladier et Chamberlain se sont inclinés devant Hitler croyant sauver la paix... La suite est connue…

En juillet 2014, nous avons passé quelques jours à Munich (1) et première question, peu diplomatique, à des amis allemands : Où est le nazisme à Munich ? Réponse immédiate : Partout.
Pendant ce bref séjour, nous avons eu l'occasion de visiter plusieurs musées mais aussi un certain nombre de lieux de mémoire. Nous avons aussi appris qu'un Centre munichois de documentation sur l'histoire du national-socialisme était en construction.

Ce centre existe désormais sous forme d'une imposante bâtisse blanche, de 4 étages, construite sur l'emplacement de l'ancienne Braunes Haus (siège du parti nazi) sur la Königsplatz. C’est de ce centre de documentation qu’il sera d’abord question ici, suivi de quelques images plus classiques de Munich et des environs.

Le Centre est remarquable ! Avec une très riche documentation, bien présentée, en panneaux muraux, commentés sur audioguide, en diverses langues dont le français. Et de multiples vitrines pour ceux qui veulent en savoir plus. Avec textes, affiches, photos, films de l’époque…
Le seul parcours principal nous a pris 4 heures (2)... pendant lesquelles nous avons pu suivre l'évolution de la situation politique à Munich depuis la fin de la Première guerre mondiale jusqu'à nos jours (3).

Ce centre a été conçu comme un lieu pédagogique et mémoriel et veut répondre aux questions : Comment ? Pourquoi ? Pourquoi à Munich ? Sans éviter les questions douloureuses : Car nous sommes politiquement responsables et c'est la raison pour laquelle nous devons réfléchir aux crimes et à leurs auteurs... Et de préciser : le Centre se trouve ainsi au cœur du quartier du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, Parti national-socialiste des travailleurs allemands) où environ 6000 personnes ont permis de faire fonctionner les diverses organisations du parti et leurs activités jusqu'à la fin de la guerre… Dans la ville de Munich, des graines de criminels ont pu croître.

Des groupes de jeunes accompagnés et de moins jeunes visitent le centre : travail de mémoire, travail de transmission.

Trente trois panneaux se succèdent du quatrième étage au rez-de-chaussée, de la Première guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui : 1 - 1914-1918, Guerre et révolution ; 2 - 1918-1919, Kurt Eisner et l’État libre de Bavière ; 3 - 1919, La période des conseils et la contre-révolution ; 6 - 1919-1923, Les débuts du mouvement hitlérien à Munich ; 11 - Munich, capitale du mouvement ; 14 -A contre-courant : refus, opposition, résistance ; 16 – 1933-1939, La vie quotidienne : détourner le regard, être spectateur, participer ; 25 – 1939-1945, Résistance,courage et civisme pendant la guerre ; 28 – 1945-1948, Dénazification et nouveau départ : 30 – Entre travail de mémoire, continuité et refoulement ; 31 – L’héritage nazi : survie et renaissance ; 32 – Contre l’oubli ; 33 – Retard et cheminement du souvenir.

Par ailleurs, l'attention est attirée sur les Zettel, mots anonymes qu'on peut trouver, ici ou là, et qui témoignent de la persistance d'un certain racisme.

Le 29 avril 1945, les Américains libèrent le camp de Dachau, situé à 17 km de Munich, premier camp de concentration mis en place par les nazis, ouvert du 20 mars 1933 au 29 avril 1945. Tout d'abord le lieu d'internement des opposants politiques, il a accueilli par la suite des juifs de Bavière, des prisonniers de guerre soviétiques et des femmes, des homosexuels et des Tziganes. Au total, plus de 200 000 personnes de plus de 30 pays sont passés par ce camp.
La ville de Munich était recouverte d’un réseau de plus de 400 camps et hébergements. Fin 1944, près de 120 000 travailleurs civils étrangers, prisonniers de guerre et détenus des camps de concentration étaient employés de force dans toute l’agglomération...

Libérés par les Américains le 30 avril 1945, les Munichois ont voulu, comme beaucoup d'autres, en Allemagne et ailleurs, oublier leurs responsabilités dans ce qui s'était passé dans leur ville, sous leurs yeux…
La dénazification est d’abord entreprise par les Américains et poursuivie par les Allemands. Mais dans les années 1947-48, l’énergie diminue notamment avec le début de la guerre froide et le retour d’anciens membres du NSDAP dans leurs anciens postes.
Dans les années qui suivent, des groupes néo-nazis sont apparus, ont pu avoir quelques élus dans les assemblées des États régionaux (Länder) mais n’ont pas réussi à percer vraiment.
A partir des années 1980-1990, des initiatives citoyennes, ateliers historiques, conseils de quartier ont intensifié la culture du souvenir. Elles aboutissent à ce qu’en 2001, le conseil municipal et, en 2002, le parlement de Bavière décident de construire le centre de documentation. Financé par le gouvernement fédéral, le Land de Bavière et le Conseil municipal de Munich. La première pierre a été posée en 2012 et le centre inauguré en 2016.

 

Munich, cube blanc, années noires
Munich, cube blanc, années noires

Pour les responsables de la construction du centre, il s’agit d’un lieu pédagogique et mémoriel dédié à l’histoire du national socialisme à Munich. Contre l’oubli, pour la démocratie. Avec la phrase de Primo Levi, affichée au dessus du Centre : C'est arrivé, cela peut donc arriver à nouveau.
A Munich ou ailleurs.

Il ne s’agit pas de repentance, il ne s’agit pas de punir. Repentance de qui ? Punir qui ? Mais de ne pas oublier, de prendre conscience que la démocratie est fragile, qu’elle peut avoir des faiblesses. Que la démocratie ne peut réussir que si elle est ancrée dans les institutions, soutenue par la société civile et vécue au quotidien. Qu’il faut que les choses soient dites ! Comme dans les familles, les faits douloureux ne peuvent être occultés sans risque pour l’avenir (4).

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Dachau est devenu une étape pour les organisations de tourisme

Dachau est devenu une étape pour les organisations de tourisme

Aujourd'hui : Manifestation en faveur d'une voie routière autour de Munich  contre un tunnel.

Aujourd'hui : Manifestation en faveur d'une voie routière autour de Munich contre un tunnel.

Aujourd'hui : Manifestation de Pegida (une dizaine de personnes), un trentaine de contre-manifestants du SPD et une cinquantaine de policiers.

Aujourd'hui : Manifestation de Pegida (une dizaine de personnes), un trentaine de contre-manifestants du SPD et une cinquantaine de policiers.

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La France est-elle prête à regarder son histoire, ses parts de lumière et ses parts d’ombre ? Ce n’est pas certain. Il suffit de voir qu’il a fallu attendre le 16 juillet 1995, 53ème anniversaire de la rafle du Vel d'hiv, pour que le Président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse la responsabilité de l’État français dans la déportation et l'extermination de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Et d’entendre, ces jours-ci, cette responsabilité niée à nouveau.

A l’opposé de la démarche d’un Nelson Mandela, vérité et réconciliation, dialogue sans exclusion, concernant la longue nuit de l’apartheid en Afrique du sud, on préfère dissimuler les choses sous le tapis d’une amnistie qui permet de recycler des compétences comme Maurice Papon, de Bordeaux à Paris en passant par l’Algérie. Amnistie non assumée, qui ignore le devoir de mémoire et de justice.

Récemment, un candidat à la présidence de la République française, peut-être prochain président, a parlé du colonialisme, de la guerre d’Algérie comme crime contre l’humanité. S’il est élu, fera-t-il un acte de conscientisation qui pourrait permettre à la France, à tous les Français de condamner des actes condamnables. Et ensuite, avancer vers la réconciliation des Français, de tous les Français, quelle que soit leur origine et quel que soit le comportement passé de leurs parents ou grands parents.
Pourra-t-on ainsi signer un jour la fin de la guerre d’Algérie ?
Faute d’avoir examiné lucidement son histoire, les mauvais côtés de son histoire, l’opinion française est perpétuellement divisée par des souvenirs douloureux non partagés (4).


 

1 - Cinq jours à Munich (en 2014)

2 – Le Centre prête des sièges pliants qui permettent de faire la visite confortablement.

3 – Toutes les informations de cette note sont tirées de la brochure : NS- Dokumentationszentrum München. Centre munichois de documentation sur l’histoire du national-socialisme. Livret guide de l’exposition 84 pages.

4 - Une émission de France 3 Nouvelle Aquitaine a été diffusée le 24 avril 2017 sur le Camp de Gurs : Gurs, un silence assourdissant, film d'Antoine Laura et Pierre Laval , existe aussi en DVD.

Le Muca (Museum of Urban and Comtemporary Art), premier musée allemand des arts de la rue, était fermé

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Peintures de rue à Solin (banlieue de Münich)
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Tableaux de Frantz Marc (1), August Macke (2), Alexej Jawlensky (3 et 4), Elfriede Schroter (5)
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Tableaux de Frantz Marc (1), August Macke (2), Alexej Jawlensky (3 et 4), Elfriede Schroter (5)

La Villa Lehnbach (Städtlische Galerie in Lehnbachhaus) présente la célèbre collection du Cavalier bleu (Blaue Reiter), avec des tableaux de Kandinsky, Klee, Frantz Marc, August Macke, Alexej Jawslensky,  Elfriede Schroter.

Parc olympique

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Ammersee Andechs
Ammersee Andechs

Ammersee Andechs

Ammersee Diessen

Ammersee Diessen

La Fuggerei à Augsburg

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La Fuggerei est la plus ancienne cité sociale du monde. Elle a été fondée en 1521 par Jacob Fugger pour les citoyens nécessiteux d'Augsburg. Elle loge encore 150 personne dans 67 maisons pour un loyer symbolique et l'obligation morale de prier 3 fois par jour pour le fondateur et sa famille.
Le locataire le plus célèbre est le maître maçon Franz Mozart, arrière-grand-père de Wolfgang Amadeus Mozart.

Augsburg : La salle dorée de l'Hôtel de ville ( Goldener Saal Rathaus)
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Augsburg ; Eglise Ste Anne. Les moines de ce couvent ont accueilli Martin Luther en 1518.
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Neuschwanstein, les châteaux de Louis II de Bavière
Neuschwanstein, les châteaux de Louis II de Bavière

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Published by Paul ORIOL - dans Voyages Démocratie racisme
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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 13:11

11/05/17 : Allemagne, France, Pays-Bas, Luxembourg, Finlande profitent de 90% de l'excédent de liquidités injecté par la BCE pour soutenir l'économie.

27/04/17 : Arabie saoudite élue à la Commission de la condition de la femme, à l'ONU. Pour l'égalité des sexes et la promotion des droits des  femmes.

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