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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 19:14
La Catalogne, un problème pour tous...
L’indépendantisme catalan pose problème : aux Catalans et autres habitants de la Catalogne, à l'Espagne, aux autres États européens et finalement à l'Union européenne (UE).


Il ne fait aucun doute que la Catalogne existe : le prouvent son histoire, sa culture, l’attachement des Catalans à leur langue, la revendication ancienne d’une autonomie plus ou moins importante au sein de l’État espagnol, aujourd’hui de son indépendance.

Un accord avait été conclu entre Madrid et Barcelone en 2006, malheureusement invalidé par le tribunal constitutionnel de Madrid en 2010, sur un recours du Partido Popular (PP). En 2012, la Catalogne a proposé un nouveau contrat fiscal, refusé par Mariano Rajoy.


Lors des élections de 2015, les partis indépendantistes, Convergència Democràtica de Catalunya (centre-droit) et Esquerra Republicana (gauche) unis dans la liste Junts pel Sí obtiennent 62 sièges sur 135. Et n’arrivent à la majorité absolue au Parlement de Catalogne qu’avec l’apport des 10 élus de la CUP (Candidature d’unité populaire, indépendantistes de la gauche radicale).

Reste que tous les habitants de la Catalogne ne sont pas catalans et que tous les Catalans ne sont pas indépendantistes. Mais l’habilité de Mariano Rajoy, empêchant, brutalement, la tenue du référendum qui aurait permis de connaître l’importance de la revendication indépendantiste dans la population de la Catalogne, risque d’augmenter le capital de sympathie des indépendantistes.

Maintenant, deux nationalismes, deux nationalistes Mariano Rajoy et Carles Puigdemont s’affrontent, incapables jusqu’ici de faire les concessions qui auraient pu et pourraient, peut-être, conduire à un compromis.
Pour le moment la sagesse de la population de Barcelone, indépendantiste ou non, a été supérieure à celle des deux responsables et a évité le pire.

Il n’est pas dit que cela dure éternellement si une solution n’est pas rapidement trouvée. Et les clivages qui sont apparus ou se sont accentués dans la population, ne disparaîtront pas, dès qu’une solution politique sera trouvée. Quelle qu’elle soit.

Pour Madrid, la question n’est pas seulement la Catalogne et seulement politique.
L’indépendance acceptée de la Catalogne ne pourrait que relancer la revendication indépendantiste du Pays basque. Une étape nouvelle dans le démantèlement de l’Espagne.
Sans oublier les conséquences financières pour Madrid qui perdrait la contribution de la région la plus riche d’Espagne, à un moment où sa santé économique et financière n’est pas florissante.


Avec l’indépendance, tout ne serait pas réglé pour la Catalogne. La négociation du Brexit montre bien les difficultés qui attendent les négociateurs espagnols et catalans. Difficulté double : séparation d’avec l’Espagne, adhésion à l’Union européenne.


L’indépendantisme catalan annonce ou rappelle de possibles problèmes pour d’autres pays européens : revendication de l’Écosse au Royaume-Uni, de la Flandre en Belgique, de la Padanie en Italie. Le 22 octobre, un référendum consultatif, pour une plus grande autonomie, prévu par la Constitution, est organisé dans deux régions riches du nord de l’Italie, la Lombarde (25 % du PIB de l’Italie) et la Vénétie. 

Bien sûr, la France est loin d’être à l‘abri car les pays basques et catalans s’étendent au sud et au nord des Pyrénées… Sans oublier la Corse.

Ce rappel d’autres revendications régionalistes ne veut pas dire que les situations politiques sont les mêmes. La revendication indépendantiste catalane est, essentiellement démocratique, soutenue par l’extrême gauche, les indépendantistes écossais sont plutôt travailliste, les indépendantistes flamands sont de droite et les partisans de la Padanie sont plus de droite qu’indépendantistes…
La Catalogne, un problème pour tous...


En face, l’État espagnol, sans être franquiste, n’en est pas moins un avatar, une droite dure qui assume sa filiation et un certain autoritarisme bien différent des autres États, notamment du Royaume-Uni où un référendum sur l’indépendance de l’Écosse a déjà eu lieu…


Naguère, pour les pays européens, les revendications d’indépendance étaient le fait de pays, non européens, moins développés qui étaient exploités, colonisés par des métropoles plus riches.
Il y a eu ensuite, l’éclatement de l’Union soviétique et de la Yougoslavie qui ont donné (re)naissance à des États européens, quelquefois, dans la douleur.
Aujourd’hui, en Europe, ce sont les régions les plus riches qui revendiquent une séparation, fortes de leur dynamisme économique et qui refusent de contribuer au financement d’autres régions de l’État auquel elles appartiennent. Suivant la revendication de Margaret Thatcher : I want my money back (1979).
 

Cette absence de solidarité, subie par les colonisés, voulue chez les indépendantistes, débouche dans les deux cas sur un nationalisme qui fait oublier une exploitation de classe qui existe dans les États et dans les régions et persistera quelle que soit la solution trouvée.

 

La Catalogne, un problème pour tous...

De façon paradoxale, en Europe, ces entités nationales ou régionales, étatiques ou à prétention étatiques, se veulent toutes pro-européennes, dans l’Union européenne ou candidates à l’UE.
Au moment où l’attachement des peuples à l’UE faiblit, accusée de ne pas être démocratique et d’être le fer de lance d’une mondialisation qui étouffe et les identités et les économies.

La politique antisociale de l’UE est voulue et organisée par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE, soumis à la mondialisation financière qu’ils favorisent. Elle ne donne pas naissance à une revendication sociale et politique européenne mais à des revendications nationalistes : derniers résultats des législatives en Allemagne avec la percée de l’AfD, en Autriche avec la victoire de la droite extrême et de l’extrême droite, après les résultats du FN en France, en attendant l’Italie (1)...

Quand une révolte sociale se profile, elle reste cantonnée au cadre national. Syriza, Podemos n’ont pas donné lieu à la naissance de mouvements de révolte européen, le mouvement des places est resté limité et s’est rapidement épuisé

 

La Catalogne, un problème pour tous...
La Catalogne, un problème pour tous...

Les questions sont de plus en plus au dessus, au-delà des limites nationales : la mondialisation financière, le poids des multinationales s’imposent aux États avec la complicité des gouvernements nationaux qui signent des traités (Ceta, Tafta), peu compatibles avec d’autres traités, comme le traité de Paris sur le climat, signés antérieurement par la quasi totalité des gouvernements de la planète…

Pendant ce temps, les inégalités augmentent entre les États, à l’intérieur des États et la solidarité se fait rare.

1 – Sondage Atlante Politico, Demos : le M5S est le premier parti italien. Le PD est à 26 %  tandis que Forza Italia, Ligue et Fratelli d’Italia arrivent à 34 %.
Il n’y a pas l’effet Catalogne. Seulement 8%, sur une base nationale, invoquent l’indépendance des régions. En Vénétie cependant, elle arrive à 15%. La sympathie pour les revendications de la Catalogne grandissent surtout en Vénétie ». La Repubblica, 16/10/17

La Catalogne, un problème pour tous...
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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 10:20

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Voici quelques images, sans commentaires, de la manifestation des fonctionnaires contre les lois Macron. Les dernières, de mauvaise qualité, concernent les incidents.

Images de la manifestation des fonctionnaires 10/10/17
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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 09:24
Festival de Venise 2017 Brèves notes sur quelques films

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Plus de 150 films ont été présentés à la 74° Mostra dans une dizaine de sélections (1).

Les problèmes des jeunes, leurs amours, leurs difficultés, leurs révoltes sont souvent abordés par le cinéma. Cette année, plusieurs films parlaient de jeunes mais aucun n’a constitué le moment fort de Venise 2017.

 

Très attendu, le nouveau film d’Abdellatif Kechiche, MEKTOUB, MY LOVE : CANTO UNO (180mn, Venezia 74), salué par les critiques du Monde et de Libération, est bien loin de La vie d’Adèle et ne mérite pas les trois heures de projection dont une bonne partie à contempler de jeunes sétoises se trémoussant. Son intérêt est de montrer une jeunesse mélangée, sans problème, en dehors du jeune Samir, en vacances, qui a des difficultés pour conquérir une vieille amie d’enfance, Charlotte, qui n'attend que ça.

 

LEAN ON PETE (Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir Charlie Plummer) d’Andrew Haigh (121mn, Venezia 74)
Sorte de road movie pédestre. Le jeune Charley, 15 ans, vit seul avec son père, plus préoccupé par ses conquêtes que par son fils. Charley trouve du travail chez un propriétaire douteux de chevaux de course, se lie d'amitié avec l’un des animaux et s'enfuit avec lui pour le sauver de l'abattoir et rejoindre, après de nombreuses péripéties, une tante. Qui sera sa mère de substitution.

Même aux États-Unis, les jeunes, aussi courageux qu'ils soient, ne sont pas que des symptômes d’un avenir radieux mais sont aussi des enfants.

 

MARVIN (2) de Anne Fontaine (115mn, Orizzonti).
Doublement intéressant. Par l’histoire, celle d’un jeune de milieu populaire, dans une famille recomposée et agitée, persécuté pour ses tendances homosexuelles par ses pairs. Il s’en sort, grâce à l'école, à ses talents de comédien, à ses rencontres artistiques, à la protection d'un riche homosexuel qui le recommande à Isabelle Huppert.

Aussi, au point de vue cinématographique : le film présente sa vie familiale de façon réaliste puis dans un monologue de sa facture devant Isabelle Huppert et enfin dans une pièce jouée avec Isabelle Huppert. Qui joue le rôle d’Isabelle Huppert.

 

Festival de Venise 2017 Brèves notes sur quelques films

NICO 1988 (Prix Orizzonti) de Suzanna Nicchiarelli (93mn).
Première image, une enfant regarde la rougeur nocturne à l'horizon et sa mère lui dit, c'est Berlin qui brûle. Nico sera marquée à vie par ce bruit de défaite, des avions, des explosions. Essayant de le retrouver partout.
Le film reprend les deux dernières années de sa vie, 1986 à 1988, de créatrice et d’interprète de ses propres chansons, à l’occasion d’une tournée dans les pays de l’Est, rythmée par le fond sonore des explosions et ses propres chansons. La vie, agitée de la chanteuse n’est qu’évoquée : mort du père pendant la guerre, privations, mannequin puis chanteuse de Velvet Underground, mère célibataire...

L’actrice et chanteuse danoise, Trine Dyrholm, joue le rôle de et chante Nico.

 

Dans UNA FAMIGLIA de Sebastiano Riso (105mn, Venezia 74), un couple franco-italien semble vivre le parfait amour. Mais l’homme entraîne le couple dans une bonne affaire : vendre à un couple homosexuel l’enfant qu’ils vont faire. La femme qui a accepté, par amour, ne continue que sous la pression, et ne peut aller jusqu’au bout surtout quand le couple homosexuel refuse l’enfant qui a une malformation…
Aspect sordide de la GPA.

 

SENZA DATA, SENZA FIRMA de Vahid Jallivand (104mn, Orizzonti).
Un médecin, en voiture, renverse un scooter avec un couple et son enfant. Il indemnise le père avec de l’argent et lui conseille d’amener l’enfant à l’hôpital qui est proche. Il voit le scooter partir qui ne va pas à l’hôpital. Il apprend plus tard que l’enfant est mort. De botulisme selon l'autopsie faite par sa femme, elle-même médecin...

Mais le médecin se sent toujours coupable...

 

THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI (Prix du scénario Martin McDonagh) de Martin McDonagh, (110mn, Venezia 74).
Neuf mois après que sa fille a été violée et assassinée, sans que le coupable ait été trouvé, une mère, énergique, loue les 3 grands panneaux publicitaires à l'entrée de la ville pour afficher la question : que fait la police ? Ce qui ne passe pas inaperçu et met en évidence des tensions et, notamment, la violence de certains policiers racistes…
Mais la mère résiste... Les panneaux publicitaires sont incendiés… Elle met le feu au bureau du shérif... Un jeune homme se vante d’avoir tué et violé une jeune fille. Grâce à l'ADN, il est innocenté...
Avec un policier repenti, elle décide de le poursuivre pour l'abattre… En chemin, tous deux se demandent s’ils veulent encore…

 

ANGELS WEAR WHITE (JIA NIAN HUA) de Vivian Qu (107mn, Venezia 74) se passe dans un hôtel chinois. La réceptionniste se fait remplacer par une amie, femme de service, qui voit, dans là nuit, sur l'écran de vidéosurveillance, le directeur pénétrer dans la chambre de deux fillettes qui le repoussent...
Une avocate fait une enquête parallèle à celle de la police, plus ou moins aux ordres. Mais une expertise officielle établit que les jeunes n’ont pas été violées. Ceci satisfait une famille qui ne veut pas d'histoire. Le père de la seconde fillette proteste en vain.
Plus qu’un film sur les jeunes, c’est un aperçu de la société chinoise : jeune femme sans papier, pression vers la prostitution, corruption, direction intouchable…

 

THE THIRD MURDER de Kote-ada Hirokazu (124mn, Venezia 74). Un industriel japonais est assassiné sur les bords du fleuve. Un employé accusé reconnaît le crime puis se rétracte. Qui a tué ? Pour le compte de qui ? L’employé pour son propre compte ? Pour le compte de la femme de l'industriel qui veut toucher l'assurance ? Pour celui de sa fillette qui a été violée ?
Peu importe à l’employé d'être condamné à mort, il veut seulement être reconnu innocent par son avocat.

 

FOXTROT (Lion d’argent, Grand prix du jury) de Samuel Maos (113 mn, Venezia 74) narre le drame d’une famille israélienne informée, par erreur, du décès du fils à l'armée dans une opération, nom de code, Foxtrot. Quand l'erreur est reconnue, le père fait une crise et obtient que son fils soit libéré des obligations militaires... Il ne le reverra pas.

 

THE INSULT (Prix d'interprétation masculine Kamel El Basha) de Ziad Doueiri (115mn, Venezia 74) se passe au Liban. Ce qui devrait rester un banal incident de voisinage dégénère en affrontement communautaire entre un chrétien libanais et un travailleur palestinien, sans papier, chef de chantier. On apprend finalement au tribunal qu’ils ont des histoire proches. Tous deux ont dû fuir la destruction de leur village, dans des circonstances différentes.
La conclusion d’un avocat, nous devons apprendre à vivre ensemble.

 

Festival de Venise 2017 Brèves notes sur quelques films

ESPÈCES MENACÉES de Gilles Bourdos, (105mn, Orizzonti) est construit autour de 3 histoires qui finissent par se rencontrer. La nuit de noces d'un couple commence mal : le jeune marié fait une scène de jalousie sur le passé de sa jeune épouse. Cela n’en restera pas là… Dans l'appartement mitoyen, en train de se séparer de son épouse, le voisin profite, malgré lui, des affrontements musclés. Tandis que sa fille, 18 ans, lui annonce qu'elle est enceinte et va épouser un professeur de faculté âgé de 63 ans...

 

Dans PIN CUSHION de Deborah Haywood (85mn, Settimana della Critica), une mère et sa fille, toutes deux marginales, essaient de s'intégrer à la communauté mais sont repoussées, moquées, la mère pour ses excentricités vestimentaires malgré sa gentillesse, la fille à cause de sa naïveté.

Les personnages sont trop caricaturaux, à la fois trop benêts et apparemment trop benêts. Les deux actrices font cependant un travail remarquable.

 

C’est aussi une question d’intégration qu’illustre SUBURBICON de George Clooney (104mn, Venezia 74) mais beaucoup plus classique. Pour fuir les ennuis de la ville, s’isoler, garder son entre-soi, de nombreux Étasuniens ont acheté le logement de leur rêve dans un condominium où tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais une famille noire s'installe et les protestations, les pétitions commencent…

 

C’est encore d’intégration que parle Abel Ferrara dans PIAZZA VITTORIO (82mn, Fuori concorso). Il interroge anciens et nouveaux habitants, très divers, de la place Vittorio Emanuele à Rome. Bien entendu les opinions sont contradictoires et mettent en relief des expériences négatives et positives de l'intégration en Italie.

 

Ce n’est pas pour sauvegarder leur microcosme mais pour sauver la vie sur une planète qui court à l’asphyxie, que des savants norvégiens, dans DOWNSIZING de Alexander Pagne (135 mn, Venezia 74), proposent d’appliquer leur découverte à toute la planète : miniaturiser les humains pour diminuer leur empreinte écologique. Dans la société miniaturisée se retrouvent les mêmes problèmes sociaux...
La majorité de la population n’ayant pas choisi la miniaturisation, le monde va à sa perte, les miniaturisés les plus convaincus décident de s'enfermer dans un souterrain préparé pour survivre. Le héros dont l’épouse a reculé, au dernier moment, lors de la miniaturisation décidée en commun, ne participe pas à cette nouvelle aventure...

 

La même préoccupation écologique se retrouve dans FIRST REFORMED de Paul Schrader (108mn, Venezia 74). Dans la première église réformée de l’État, le prêtre prend à confesse une jeune femme qui lui demande de rencontrer son mari, activiste, perturbé par l’avenir de la planète. L’entrevue n’aboutira pas à la solution espérée.

 

Dans LA VILLA de Robert Guediguian (107mn, Venezia 74), il n’est pas question de la survie de la planète mais, plus modestement, de celle d’un petit monde de solidarité, de fraternité vivant dans une calanque près de Marseille. Autour du restaurant tenu par l'un d'entre eux qui a pris la succession de son père très malade. Sont là aussi son frère retraité avec sa trop jeune fiancée qui va le quitter, sa sœur, comédienne, venue de Paris, un jeune pécheur, amateur de poésie et de théâtre parce qu’il a entendu, il y a longtemps, la voisine comédienne, un couple de vieux retraités que leur fils vient voir et qui ne veulent pas son soutien financier.
Tout ce petit monde vit dans la nostalgie. Sauf la jeune fiancée et le fils des voisins qui sont, ailleurs, modernes, ordinateur, moto, à l’aise dans les affaires.
Un monde en voie de disparition en dehors du jeune pêcheur et peut-être des jeunes arrivés par la mer…

Festival de Venise 2017 Brèves notes sur quelques films

Le quatrième âge peut aussi avoir sa modernité. Dans THE LEISURE SEEKER (Ella & John) de Paolo Virzi (112mn, Venezia 74), à l'initiative de la femme, un couple de nonagénaires reprend la vieille caravane, sans avertir leurs enfants, pour une (dernière) grande virée : comédie avec une femme de tête et un mari, spécialiste de Hemingway, à la mémoire à éclipses...

 

OUR SOULS AT NIGHT (Lion d’or pour leur carrière, Jane Fonda, Robert Redfort) de Ritesh Bacra (103mn, Fuori concorsi). Addie et Louis, veufs octogénaires, sont voisins mais ne se connaissent guère. Un jour, Addie décide de traverser la rue et d’aller proposer à Louis de venir coucher chez elle, non pour le sexe mais pour combattre la solitude de leurs nuits. Finalement, Louis accepte.
Bien sûr, les choses n’en resteront pas là… Leurs nuits communes devenant plus fréquentes, plus visibles, font jaser les copains... Le couple finit par s'afficher, bras dessus-bras dessous en ville...

Mais cela ne plaît guère au fils d’Addie qui élève seul son fils… Finalement Addie ira vivre chez lui pour s'occuper de son petit fils.
Les amants n’auront plus qu'à reprendre leurs conversations nocturnes par téléphone.

 

Le cinéma italien a présenté 2 films BRUTTI E CATTIVI de Cosimo Gomez (86mn, Orizzonti) et AMMORE E MALAVITA de Manetti Bros (133mn, Venezia 74). Annonce d’un nouveau genre italien ?

Brutti e cattivi dont le titre rappelle Affreux, sales et méchants (Brutti, sporchi e cattivi) d’Ettore Scola, détourne le film de voyous qui font le casse de leur vie en une comédie sanglante et grotesque. Dans la bande de voyous qui se lance dans le casse pour s’assurer la sécurité financière pour longtemps, le chef amputé des deux jambes perdra un bras, sa belle n’a pas de bras, elle sera amputée d’une jambe, leur équipe est constitué d’un nain... Bien qu’une mafia chinoise se mette en travers de la route, le héros récupérera tout l’argent et se fera fabriquer de magnifiques prothèses.

Dans Ammore et malavita, Don Vincenzo, roi du poisson et membre de la camora napolitaine, se sentant en danger, décide de mourir pour pouvoir profiter calmement de la vie. Mais une infirmière, ayant vu ce qu’elle ne devait pas voir, doit disparaître. Ciro, chargé de l’affaire, découvre que Fatima est son premier et grand amour. Pour la protéger, il va devoir affronter toute son ancienne équipe au service de Don Vincenzo.

Sur ce scenario, une comédie sanglante et musicale napolitaine qui ne se prend pas au sérieux.
A l’inverse, GATTA GENERENTOLA d’Alessandro Rak, Ivan Cappiello (86mn, Orizzonti) reprend Cendrillon en dessin animé sous forme de thriller.

 

Le film australien, SWEET COUNTRY (Prix spécial du jury) de Warwick Thornton (112mn, Venezia 74) reprend la tradition du western mais ici les indiens sont les aborigènes victimes du racisme y compris policier contre lequel le juge local arrive à faire respecter la loi.
Sam, l’aborigène est acquitté mais il doit quitter la ville, escorté par le shérif. Il est abattu aux portes de la ville.

 

MOTHER de Darren Aronofsky (120mn, Venezia 74). Un grand poète, en difficulté de création, vit dans une belle maison reculée sous la protection de son épouse. Un soir, on frappe à la porte, un médecin égaré. Le poète offre l'hospitalité malgré les réticences de son épouse. Arrive ensuite la famille. Ces hôtes s'avèrent de plus en plus envahissants mais grands d'admirateurs du poète qui ne peut donc rien leur refuser... Le médecin est malade, il faut l’évacuer vers l'hôpital, les enfants viennent, se disputent... Tout le voisinage sait que le grand poète est là, qui ne peut rien refuser... La maison est pillée mais la vanité est satisfaite. La maison brûle. La femme meurt mais le poète extrait de son cœur, son amour, le diamant qui l'aidera dans son travail de création...

 

Festival de Venise 2017 Brèves notes sur quelques films

Pour faire ce long documentaire, à la hauteur des situations dramatiques, HUMAN FLOW (140mn, Venezia 74), Ai Weiwei a fait le tour du monde des camps de migrants disséminés sur tous les continents, de l'Asie à l'Amérique, de l'Afrique à l'Europe, en passant par Gaza ou Paris et Calais... évidemment pas avec le beau rôle.
Des images qu’on n’ose qualifier de belles, notamment des vues d'avion, montrent l'étendue du problème, des villes de camps, dans les différents pays. A l’échelle des statistiques qui sont quelquefois abstraites.

 

LES BIENHEUREUX (Prix d'interprétation féminine Lyna Khoudri) de Sofia Djama (102mn, Orizzonti), seul film africain de la Mostra. Film de fiction qui fait un tableau réaliste et assez pessimiste de la situation algérienne. A Alger, quelques années après la guerre civile, un couple décide de fêter leur vingtième anniversaire de mariage au restaurant. Ce qui donne l’’occasion de voir quelques contraintes et difficultés de la vie quotidienne d’un couple bourgeois pour qui l’Algérie n’est pas celle qu’ils espéraient.
Les Bienheureux est à prendre au second degré. Si le mari affirme, nous avons été heureux, la femme ajoute au prix de combien de renoncements.
En parallèle, la vie de leurs enfants, qui n’ont pas connu la décennie noire et qui essaient de s’adapter à la situation...

 

THE SHAPE OF THE WATER (Lion d’or) de Guillermo del Toro (119mn, Venezia 74). Dans l'atmosphère des années 60, les services des États-Unis ont capturé un monstre aquatique, convoité par les Soviétiques, sur lequel ils font des expériences.
Le monstre est enchaîné mais n’est pas méchant. Une femme de service, muette comme lui, le prend en affection. De petits cadeaux, le langage des signes permettent une histoire d'amour, entre ces deux exclus. Avec la complicité d'une collègue noire, d'un ami peintre et d’un scientifique d'origine russe, après bien de difficultés, ils rendent sa liberté au monstre qui emporte son amie au fond des océans...

La belle, handicapée, et la bête peuvent communiquer, partager des sentiments : message universel d’amour et de liberté.

 

Festival de Venise 2017 Brèves notes sur quelques films

Vus également 

LOS VERSOS DE OLVIDO de Alireza Khatami (92mn, Orizzonti), NAUSICAA-L'ALTRA ODISSEA de Giuseppe Vigna (20mn, Settimana Della Critica), DUE de Riccardo Giacconi (17mn, Settimana Della critica), DRIFT de Helena Wittmann, (97mn, Settimana Della Critia), THIS IS CONGO de Daniel Mac Cabe (91mn, Fuori concorsi), IL SIGNOR ROTPETER de Antonietta DeLio (37mmn, Fuori concorso), MAI MEE SAMUI SAMRAB TER (SAMI SONG) de Peb-ek Ratanaruang, (108mn, Giornate degli autori), EX LIBRIS – THE NEW-YORK PUBLIC LIBRARY de Frederick Wiseman (197mn, Venezia 74), LA NUIT OÙ J'AI NAGÉ de Damien Manivel et Igarashi Kohei (79mn, Orizzonti) et deux séances de courts métrages en Réalité Virtuelle.

 

1 – Les films peuvent être présentés dans différentes sélections : Venezia 74, la plus prestigieuse, sélection officielle concourant pour le Lion d’or, Orizzonti (Horizons), Fuori Concorso (Hors concours), Giornate degli autori (Journées des auteurs), Settimane della critica (Semaine de la critique), Proiezioni speciali (Projections spéciales), Venezia classici-Restauri ou Documentari (Venise Classiques-restaurés ou documentaires), Orizzonti - Concorso Corti (Horizons Courts métrages), Cinema nel Giardino (Cinéma du Jardin).
Des billets sont vendus pour accéder à ces projections : cette année, la Tessera Promozionale, proposée aux moins de 26 ans ou plus de 60 permettait l’accès, dans la limite des places disponibles, à la projection de plus de 150 films, lors de séances ouvertes aux accrediti. La Tessera coûtait 80, la carte pour les étudiants 40.

2 - Inspiré du livre En finir avec Eddy Bellegueule d’Édouard Louis, 2014, Le Seuil

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Published by Paul ORIOL - dans Cinéma
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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 22:16
Après les législatives en Allemagne

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Les résultats des élections législatives allemandes (au Bundestag, Diète fédérale) inquiètent fortement. Pourtant, ce n’était pas totalement inattendu car ces élections viennent après bien d’autres tout aussi inquiétantes mais rapidement oubliées par l’optimisme libéral, européiste, des politiques et des médias. Qui s’agitent un moment pour des résultats considérés comme catastrophiques et les oublient le lendemain ayant trouvé le remède miracle : fermer les yeux et continuer ou accentuer la politique sanctionnée par les électeurs.

 

La nomenclature de l’Union européenne (UE) a déjà été déçue à plusieurs reprises.

 

En France, en 2002, le Front national (FN) a participé au second tour d’une élection présidentielle auquel Jean-Marie Le Pen a obtenu 17,8 % des voix. En 2017, Marine Le Pen fait beaucoup mieux : 33,9 % !
Mais le mode de scrutin aidant, Emmanuel Macron est élu à une très forte majorité, comme tout candidat l’aurait été face à Marine Le Pen. Le nouvel élu, fort de ces résultats et d’un pouvoir constitutionnel exorbitant, peut s’engager résolument dans une politique approuvée par un quart des électeurs.
Le FN est pratiquement exclu de l’Assemblée nationale et toutes les oppositions y sont très réduites.

Entre ces deux élections présidentielles, le non l’a emporté au référendum de 2005 sur la proposition de Constitution européenne. Mais les politiques, droite et gauche confondues, en ont méprisé le résultat. Les parlementaires ont adopté le texte, peu modifié, refusé par le peuple français.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes démocratiques…


Au niveau européen, à chaque fois qu’un peuple a dit non à une question posée sur l’UE, les politiques ont effacé ce résultat, quelquefois en faisant revoter le peuple.

En Hongrie, Viktor Orbán, à la tête du Fidesz (1), partisan de la révolution nationale et d’une politique très conservatrice est au pouvoir depuis 2010. Sur des bases proches de celles de l’AfD aujourd’hui.

Les Polonais ont donné la majorité absolue, en octobre 2015, à Droit et Justice, (PiS), parti conservateur et eurosceptique.

En décembre 2016, en Autriche, au premier tour de l’élection présidentielle, les candidats des deux partis de gouvernement, social démocrate et conservateur, sont éliminés. Au second tour, grande satisfaction : le candidat vert est élu président de la République, le candidat d’extrême droite obtient seulement 48,3 % des voix.
Il y a des satisfaction
s plus exigeantes.

 

Aux Pays-Bas, en mars 2017, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre arrive en tête aux élections législatives en perdant 8 sièges par rapport à l’élection précédente de 2012 et son partenaire social-démocrate, le Parti du travail (PvdA) ne recueille que 5,7% des voix et n’obtient que 9 élus (29 sièges perdus).
Cette défaite des partis au pouvoir est saluée comme une victoire parce que le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders a fait moins bien que ce qu'il pouvait espérer et n'a obtenu que que 13,1% des suffrages et 20 députés (5 sièges gagnés).

Depuis, les Pays-Bas sont à la recherche d’un gouvernement.

 

En janvier 2015, les citoyens grecs portent au pouvoir Syriza et Alexis Tsipras qui contestent la politique austéritaire du gouvernement grec et de sa tutelle européenne. Notamment d’Angela Merkel.
La Grèce n’a pas fini de payer ce crime et a été à deux doigts de l’expulsion de l’UE.


 

Après les législatives en Allemagne

Partout, les partis de gouvernement, au pouvoir ensemble ou alternativement au gouvernement et dans l’opposition, perdent du terrain ici sur la droite, là sur la gauche ou sur les deux.


L’Allemagne était exceptionnelle par sa stabilité apparente jusqu’aux dernières élections législatives (2). Pourtant, l’AfD (Alternative für Deutschland, Alternative pour l’Allemagne) progressait aux différents scrutins.

L’AfD a été crée en 2013 par des professeurs d’économie sur un programme anti-euro, libéral, russophile. Elle a évolué en parti anti-immigration et anti-islam.

Quelques mois après sa fondation, elle manque de peu son entrée au Bundestag avec plus 2 millions de voix, soit 4,7 %. Il aurait fallu qu’elle en recueille 5 % !

Aux élections européennes de 2014, elle obtient 7 % de voix et 7 députés sur 96. Depuis 2014, à chaque élection régionale, l’AfD obtient des élus : au total, elle en a actuellement dans 13 régions sur 16 (3 régions en 2014, 2 en 2015, 5 en 2016, 3 en 2017) atteignant jusqu’à 20,8 % dans le Mecklenbourg-Poméranie-Occidentale et 24,3 % en Saxe-Anhalt. Aux législatives 2017, avec près de 6 millions de voix (12,6%), elle devient le troisième parti en Allemagne et fait élire 94 députés (sur 709).

Angela Merkel, désignée à 10 reprises (2006-2009 et 2011-2016) comme la femme la plus puissante du monde, est devenue Mutti, la mère de la nation et, récemment, sous la plume de journalistes comme Jakob Augstein, « la mère du monstre».

Angela Merkel, chancelière de la puissante Allemagne depuis 12 ans, ne peut être tenue comme irresponsable de la désaffection pour l’UE, dans tous les pays même les plus europhiles, et de la montée de la droite extrême dans toute l’UE. Car Angela Merkel et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, ont imposé leur politique d’austérité à tous les pays de l’UE, avec l’accord, plus ou moins contraint, plus ou moins enthousiaste, des gouvernements nationaux.

En France, la politique économique et sociale du gouvernement allemand est présentée comme le modèle, avec souvent quelques oublis : développement des énergies renouvelable, arrêt du nucléaire, immigration...

Jusqu’à ces dernières semaines, les politiques, les médias ne tarissaient pas d’éloges sur ses excellents résultats : grâce aux réformes de Gerhard Schröder, chancelier social démocrate 1998 -2005, et à la politique suivie par Angela Merkel et ses gouvernements de coalition avec le SPD (2005), le FDP (2009) et à nouveau le SPD (2013) : taux de croissance au plus haut, en partie dopée par l’arrivée d’immigrés (3), chômage divisé par trois en douze ans, baisse de l’endettement de l’État, solde positif des finances publiques, balance commerciale fortement positive, notamment avec les autres États de l’UE...

Plus récemment, des données, connues mais discrètement ignorées parce que moins flatteuses et moins séduisantes, ont aussi été publiées : doublement du pourcentage de la population pauvre depuis 2015 et du nombre de travailleurs pauvres, le plein emploi étant obtenu par l’augmentation des mini-jobs. En plus des 2,5 millions de chômeurs officiels, 1 million de personnes en situation de sous-emploi et dont beaucoup sont des travailleurs pauvres qui ne sont pas comptés comme chômeurs. Augmentation de 30 % des retraités pauvres… communes en crise budgétaire, mauvais état des infrastructures faute d’investissements…

Finalement, la politique de rigueur a exacerbé le clivage entre pays de l’Europe du nord et du sud. Mais même dans les pays dits prospères comme les Pays-Bas, la Scandinavie, l’Autriche et maintenant l’Allemagne... le développement des inégalités, une augmentation du nombre des très riches et des pauvres, entraîne l’apparition de votes de contestation. La CDU/CSU de Angela Merkel et Worfgang Schäuble a nettement emporté les élections législatives mais avec le taux le plus faible depuis 1949. Et depuis 1933, pour le SPD, son allié au gouvernement lors de la dernière législature !!!
C’est la sanction de la politique suivie depuis Gerhard Schröder par les deux partis de gouvernement, CDU/CSU et SPD.

Après les législatives en Allemagne

Face au succès de l’AfD, seul le parti libéral (FDP) a amélioré sa position. Appartenant au gouvernement, il n’a pas atteint les 5 % en 2012 et n’était plus présent au Bundestag. Il y revient du fait de son évolution vers l’européo-scepticisme.

L’entrée au Bundestag, pour la première fois depuis la fin de Seconde guerre mondiale, d’un parti d’extrême droite a créé un choc. Des manifestations ont eu lieu dés le dimanche 24 septembre dans la soirée dans plusieurs villes d’Allemagne à Cologne Francfort, Munich et Berlin. Ici aux cris de « tout Berlin hait les nazis », « nazis dehors » ou encore « le racisme n'est pas une alternative », « nous sommes unis, vous êtes de la merde », « écrasons le nationalisme »
Il n’est pas sûr que ce soit la bonne méthode pour arrêter la progression de l’AfD. L’expérience française a montré les limites de ce type de manifestation.

Le SPD a décidé de ne pas participer à la prochaine coalition gouvernementale, non parce que sa politique était mauvaise pour la population, pour l’Allemagne ou pour l’UE, c’est lui qui en est à l’origine avec Gerhard Schröder, qui l’a soutenu durant deux des trois mandatures d’Angela Merkel : 8 postes de ministre sur 16 dans le cabinet Merkel I dont ceux du Travail et des Affaires sociales, des Affaires étrangères, des Finances… ; 6 sur 16 dans le cabinet Merkel III dont ceux de l’Économie et l’Énergie (4), des Affaires étrangères, du Travail et des Affaires sociales… Mais à cause des mauvais électoraux.
Il ne fait pas de doute qu’il va profiter de son passage dans l’opposition pour donner des couleurs à son futur programme… pour gagner des voix… Mais quel degré de confiance les électeurs allemands pourront-ils lui accorder ?

Le cabinet Merkel IV annoncé pourrait regrouper, la CDU/CSU, le FDP et les Grünen (Les Verts). Difficilement à cause de positions divergentes du FDP et des Grünen sur l’UE. C’est dire que seule Die Linke qui défend une ligne antilibérale et un socialisme démocratique pourrait incarner une opposition de gauche, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à maintenant alors que le SPD était au gouvernement. Ce qui risque d’être encore plus difficile avec un SPD officiellement dans l’opposition.

 

Après les législatives en Allemagne

1 – Le Fidesz pour Fiatal Demokraták Szövetsége (Alliance des jeunes démocrates) est l’appellation la plus courante du parti présidé par Viktor Orbán. A partir de 1995, son nom officiel a été Fidesz – Magyar Polgári Párt (Parti civique hongrois), puis à partir de 2003 Fidesz – Magyar Polgári Szövetség (Alliance civique hongroise).

2 – Résultats : CDU/CSU : 32,93% (-8,6), SPD : 20,51 (-5,2), AfD:12,64 (+7,9), FDP : 10,75 (+6), Die Linke : 9,24 (+0,7), Die Grünen 8,94 (+0,5).

3 - La croissance de l’économie allemande, qui s’élève à 1,9 % en 2016, est supérieure d’un demi-point à la moyenne des dix années précédentes (1,4 %). La hausse des dépenses de l’État et l’augmentation globale de la consommation liées à l’arrivée des réfugiés ont eu sur l’économie un fort effet d’entraînement. Le Monde Économie, 13/01/17.

4Peu de temps après son retrait de la vie politique, Gerhard Schröder est nommé à la tête du consortium chargé de la construction du gazoduc Nord Stream dont le premier partenaire est la société russe Gazprom (Wikipedia).

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 14:24

 

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La Cgt, Solidaires, l’Unef… ont appelé à faire grève et à manifester les 12 et 21 septembre contre la loi Travail, les ordonnances et de façon plus générale contre la politique sociale du président Macron et de son gouvernement.

 

A la manifestation du 12, la police a compté 223 000 personnes, à l’échelle nationale, et Libération fait remarquer que cette participation peut être considérée comme un succès si on compare avec la première manifestation contre la loi El Khomri, du 9 mars 2016, qui avait réuni, suivant la police toujours, 224 000 personnes surtout si on tient compte que, cette fois, F.O. n’appelait pas à la manifestation au niveau national. Et encore plus si on pense à la défaite importante de la gauche lors des élections présidentielle et législatives qui ne permettent guère d’espérer un débouché politique à cette révolte contre le gouvernement en place.

 

Concernant le 21 septembre, police et syndicats enregistrent des chiffres inférieurs à ceux du 12, à Paris 16 000 contre 24 000 d’après la police, et, pour tout le pays 132 000 au lieu de 223 000. Quelle que soit l’échelle, on est loin d’une baisse de 50 %, calculée par Libération et même Mediapart. Au niveau parisien la baisse d’après les données de la police est de 33 % et au niveau national de 41 %.
Il s’agit donc d’une baisse notable que Libération traduit par un essoufflement et l’Observateur par un baisse de forme. Ce qui est plus prudent quant à l’avenir, surtout si on prend en considération l’apparition de nouveaux mouvements de contestations comme les opérations escargots et blocages d'autoroutes lancées à cette occasion, l’absence de quotidiens nationaux dans les kiosques ou la grève surprise, masquée sous les arrêts-maladie, de plusieurs centaines de CRS.

 

De toute façon cela ne permet guère de prévoir ce qui va maintenant se passer.
Dans un premier temps, Les projets Macron ont profondément divisé les syndicats et F.O. a refusé de manifester mais, en même temps,la division touche F.O. Une partie de F.O. s’est jointe aux manifestants et aussi quelques CFDT et même CFTC. D’autre part, les syndicats réformistes se disent déçus et quelques uns trompés par le gouvernement.

 

De nouvelles manifestations syndicales sont déjà annoncées. Les syndicats réformistes seront-ils amenés à s’y joindre ? La manifestation appelée par la France insoumise sera-t-elle un succès, apparaîtra-t-elle comme complémentaire ou concurrente de celles des syndicats ? Réussira-t-elle à mobiliser plus largement, un samedi, au-delà des travailleurs des syndicalistes ?

Quelques images de la manifestation du 12 septembre

Une rentrée de luttes sociales
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Quelques images de la manifestation du 21 septembre

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Absent à la manifestation appelée par la France insoumise, je ne publierai pas de photo sur le blog.

La manifestation lancée par la France insoumise a réuni, d'après la police, 30 000 personnes. Au delà de l'inflation verbale (déferlement) et numérique (150 000 suivant les organisateurs), cette participation est un succès populaire.
Et un succès politique avec la participation, annoncée, de Benoît Hamon, et celle de Pierre Laurent qui, une fois de plus, a joué du j'y vas ti, j'y vas ti pas.

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 18:44
A l’Ouest, rien de nouveau

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Le roman A l’Ouest, rien de nouveau (titre original, Im Westen nichts Neues) d’Erich Maria Remarque (1) est sorti en 1929, rapidement suivi par le film qu’il a inspiré (All Quiet on the Western Front) de Lewis Milestone (2). Les deux, pacifistes, la guerre de 14-18 vue par un jeune soldat volontaire allemand ont connu un grand succès.

 

En Allemagne, le livre a été vendu à 800 000 exemplaires entre 1930 et 1935, date de l’exil de Remarque (paru en France en 1930, 600 000 exemplaires), c’est un des meilleurs tirages du 20ème siècle, au minimum, 30 millions dans le monde. Le film a obtenu deux Oscars, meilleur film, meilleur réalisateur, en 1930.
Les nazis ont brûlé le livre lors des autodafés de 1933, censuré et interdit le film.

Le film n’est pas l’illustration, image pour mot, du livre. Des situations, des dialogues du livre s’y retrouvent mais certaines scènes ont disparu, d’autres ont été ajoutées. Ces modifications, sans trahir l’esprit pacifiste du roman, apportent un point de vue un peu différent.

Il suffit pour s’en rendre compte de comparer premières pages et premières images.

Les premières lignes du livre sont consacrées à une séance mouvementée de distribution du repas. La nourriture, question concrète, revient à plusieurs reprises tout au long du roman : les soldats sont mal et irrégulièrement nourris. Jusque là on mélangeait de la nourriture avec de la sciure, maintenant nous n’avons plus que de la sciure dit l’un d’entre eux.

Mais ce jour là, les choses sont bien différentes. La nourriture de la deuxième compagnie est arrivée, pour 150 soldats. Le cuisinier ne veut faire la distribution que lorsque tout le monde est là. La deuxième compagnie, partie en première ligne à 150, est revenue à moitié décimée : ils ne sont plus que 80 !
Il y a 150 rations et 80 soldats. La nourriture est pour la deuxième
compagnie. Chaque soldat veut donc, aujourd’hui, deux rations. Y compris de tabac. Le cuistot ne veut rien entendre. Ce conflit qui menace de mal tourner est résolu par un officier qui tranche en faveur des soldats.

Le ton est donné. Le roman portera essentiellement sur les situations concrètes, sur la vie quotidienne des soldats, notamment des condisciples du narrateur. Et leurs conséquences : la faim bien sûr, la mort, les blessures, la peur, la promiscuité, le moral, les attaques et contre attaques… Et les réflexions sur la guerre, sur leur situation concrète, sur les crises de désespoir et de nostalgie...

 

C’est l’engagement guerrier qui ouvre le film. L’enthousiasme du professeur. Qui annonce à la femme de service, tous deux en train de nettoyer l’école, le succès du jour : 30 prisonniers français, des Russes, beaucoup plus que ça !
Il ouvre la porte de l’école à deux battants, les troupes défilent dans l’enthousiasme populaire : le facteur annonce fièrement son départ, le lendemain, comme sergent de réserve ; la fleuriste est dévalisée de sa marchandise par les femmes qui jettent des fleurs aux militaires qui défilent...
Tout en suivant le défilé, la caméra entre, par un mouvement arrière, dans la salle de classe, se fixe, en légère plongée, sur le professeur devant le tableau noir aux écrits en latin et en grec. S’élargit ensuite aux deux fenêtres qui l’encadrent dans lesquelles le défilé se poursuit, la musique militaire couvrant ses paroles.

L’image se concentre, alors, sur le professeur, sur son discours, la musique militaire devenant inaudible. Il s’adresse à tous les élèves, les exhorte à l’engagement : l’un se voit arrivant chez lui en uniforme, au grand effroi de sa mère et à la joie fière de son père ; un autre s’imagine au volant d’un véhicule militaire entouré par deux jeunes femmes admiratives.

Puis le professeur, en gros plan, s’adresse à quelques uns nommément, l’œil menaçant, les provoquant personnellement, jusqu’à déclencher le volontariat de toute la classe. Cris, chants, un élève efface sur le tableau le latin et le grec et inscrit Nach Paris, (A Paris), les autres jettent les cahiers, l’école est finie comme pour des vacances, ils forment un monôme et sortent de la classe. Ils passent bruyamment devant les fenêtres.

La classe est vide. Les cahiers épars. Tout est dit. La culture, latin et grec confondus, cède face aux ardeurs belliqueuses. La guerre a déjà tout dévasté. Les élèves, dupés par leur professeur, partent insouciants. Ils n’en reviendront pas ou cassés. Physiquement. Psychiquement. Moralement.

C’est de cette réalité, de cette absurdité, la mort contre le service de la patrie, que les élèves devenus soldats vont prendre conscience au cours de leur séjour au front. C’est de l’écrasant mécanisme qui va les broyer dont le film va témoigner.

 

Dans les dernières pages du livre et les dernières images du film, Paul, le narrateur, meurt. Dans le livre, une simple notice : Il tomba, en avril mille neuf cent dix huit… Il était tombé, la tête en avant... Dans le film, Paul paie de sa vie une imprudence en essayant d’attraper un papillon. Trop belle image de la mort...
Mais alors que dans les feuilles précédentes, Paul confie et son désespoir, et la force de vie qui est en lui, la dernière image du film est une superposition de la deuxième compagnie qui monte au front, image déjà vue, et d’un cimetière militaire aux croix blanches, innombrables.


 

A l’Ouest, rien de nouveau

Bien sûr, livre et film montrent, tous deux, la misère, les souffrances, la présence de la mort, la peur, l’adaptation nécessaire pour la survie au prix d’un réalisme qui pourrait passer pour du cynisme – le passage des bottes devenues inutiles d’un soldat amputé à un autre qui les convoite puis à un autre après sa mort... Des discussions sur le pourquoi de la guerre, sur les responsables de cette tuerie. De l’inutilité de ce qui a été appris, hier à l’école, pour faire la guerre, et de ce qui est appris, aujourd’hui, pour survivre demain, la paix revenue. De l’impossible réadaptation des jeunes à la société civile, la paix revenue…

 

Des scènes sont communes au livre et au film, aussi dramatiques quand Paul poignarde un Français qui meurt lentement sous ses yeux, aussi poignantes quand il va voir sa famille, notamment sa mère gravement malade. Ou ridicules quand les stratèges de bistrot indiquent à Paul qu’il faut casser le front ennemi et foncer sur Paris.

 

Le livre aborde des sujets plus intimes, des réflexions personnelles de l’auteur sur les petits moments de bonheur, sur l’accoutumance à la souffrance, à la mort des autres, sur une confortable promiscuité insupportable dans la vie civile : latrines mobiles qui permettent de jouer aux cartes, scène d’amour à l’hôpital, sous la protection de ses camarades, d’un blessé que sa femme est venue voir…

 

Les scènes ajoutées montrent l’emprise de tous les instants de la machine sur les hommes, exercices, y compris brimades, de centaines de jeunes recrues dans une cour de caserne, l’agitation des troupes, infanterie et artillerie aux abords du front, attaques contre attaques, bombardements, vie dans la tranchée, qui font participer le spectateur à la guerre.

 

Dans le livre plus encore que dans le film, aucune haine contre l’adversaire, l'ennemi, le frère qu’il faut tuer pour survivre. Qui est peut-être mieux loti, français ou anglais, corned-beef, pain blanc, cognac... Qui est encore plus démuni, plus malheureux, prisonnier russe… mourant, vraiment, de faim…

 

La guerre, vue par les deux bouts.
La force brute de la machine qui blesse ou tue au hasard, qui asservit, à laquelle le soldat obéit, parce qu’il doit obéir, parce qu’il est devenu un automate.
L’horreur au ras du sol, ressentie au quotidien, les souffrances physiques et morales, la débrouille pour trouver à manger, les combines, pour une place aux cuisines, quelques cigarettes contre morphine pour le camarade qui souffre...


Quand nos partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes.

 

 

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A l’Ouest, rien de nouveau

1 - Erich Maria Remarque, né en 1898, de son vrai nom Erich Paul Remark, ne s’est pas engagé : il a été mobilisé en 1916, envoyé au front en 17 et blessé en juillet. Sa mère, s’appelait Maria, comme celle du héros du roman, Paul Bäumer, elle est décédée d’un cancer en septembre 17.

2 - Lewis Milestone (1895-1980) a obtenu en 1930, l’Oscar du Meilleur réalisateur pour A l’Ouest rien de nouveau qui a eu aussi celui du Meilleur film. Nominé aussi pour le meilleur scenario et la meilleurs photographie.
Lewis Milestone avait déjà eu en 1929 l’Oscar du Meilleur réalisateur de comédie pour Two Arabian Knights

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 15:56
Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans

Un été au Havre, 2017,

pour ses 500 ans

 

Le Havre fête ses 500 ans : le 8 octobre 1517, François Ier signait les chartes de la fondation de la ville. Mais c’est à partir de la fin du XVIIIe siècle que Le Havre s'agrandit et que le port prend son essor grâce à la traite négrière (1) puis au commerce international (Wikipedia).

 

Sur le modèle de ce qu’il a déjà réalisé ailleurs, Le voyage à Nantes, sixième édition cette année, Jean Blaise a mis en scène Un été au Havre du 27 mai au 8 octobre : ponctué de grands événements, la Magnifik Parade, les Géants de Royal de Luxe, Les grandes voiles du Havre, Le temps suspendu...

 

Durant tout l’été, les visiteurs du Havre pourront découvrir des monuments et des œuvres dispersées dans la ville en suivant quatre parcours, La ville de Perret, Vers le port, Les Escaliers, Les bassins…

Mais Le Havre, c’est surtout et avant tout, Auguste Perret qui, avec son atelier, a rebâti à partir de 1946, une ville pratiquement détruite durant la Seconde guerre mondiale. La qualité de l’œuvre, nouveauté architecturale, longtemps rejetée mais pensée pour ses habitants,  a été reconnue internationalement avec l’inscription de la ville au patrimoine mondial de l’humanité en 2005.
Auguste Perret n’est, personnellement, l’auteur que de deux monuments, l’Église Saint Joseph et l’Hôtel de ville, terminé par Jacques Tournant en 1958.

Le Havre, c’est aussi Oscar Niemeyer qui a créé, en 1978-1980, au centre-ville un puissant édifice, Le Volcan, devenu scène nationale en 2015 et qui abrite une Médiathèque absolument remarquable.

 

Un été au Havre, 2017, quelques images.

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans

La cathédrale Notre-Dame en partie épargnée par les bombardements de la Seconde guerre mondiale.

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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L'Hôtel de ville d'Auguste Perret, des immeubles de l'Atelier Perret, l'église Saint-Joseph et l'installation de Chiaru Shiota dans l'église.

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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Le Volcan d'Oscar Niemeyer

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La Médiathèque

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Impact de Stéphane Thidet

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Le Musée d'art moderne (Muma) avec exposition de Pierre et Gilles

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Eglise Saint-Michel

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Hôtel Dubocage de Bléville

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Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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Catène de containers de Vincent Ganivet

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans

Expositions au Portique de Vincent Ganivet, Mathias Schweitzer, Stéphane Thidet (Terril de confettis).

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans

Love Love (Julien Berthier)

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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La plage

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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Couleurs sur la plage (Karel Martens)

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans

Etant donné un mur...

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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Le Fort !

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Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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Enseignes en ville

Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
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Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans
Un été au Havre, 2017,  pour ses 500 ans

1 - Pour le touriste de passage au Havre, la ville est très discrète sur la question.

PS : Cet article, comme la plupart, a aussi  été publié sur Agoravox. Un lecteur a fait les remarques minimisant la place du Havre dans la traite.

Mais :

Selon l’historien Robert Stein, à Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Le Havre et Saint-Malo, 550 familles arment au total 2 800 navires pour l’Afrique au XVIIIe siècle. Parmi elles, 22 (soit 4 % de l’ensemble) réalisent ¼ de l’armement. La large étude des associés et l’émergence d’une élite managériale étaient les réponses rationnelles au caractère risqué du trafic négrier, et ce quel que soit le lieu.

17 ports français participèrent à 3317 expéditions négrières. Nantes fut le principal port négrier français à partir du quai de la Fosse. 1427 expéditions y furent armées, soit 42 % de la traite française. D’autres ports armèrent de nombreux négriers : La Rochelle (427), Le Havre (399) et Bordeaux (393). Et il y eut aussi Saint-Malo (216), Lorient (156), Honfleur (125), Marseille (120), Dunkerque (44), Rochefort (20), Vannes (12), Bayonne (9), Brest (7). Wikipedia

Le Havre, un port négrier au XVIIIe siècle Les archives municipales

LE HAVRE, PORT NÉGRIER : DE LA DÉFENSE DE L’ESCLAVAGE A L’OUBLI https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-00467846/document

La question a été abordée récemment dans un article dans Slate.fr: Les villes françaises et l'esclavage : la fin d'une longue amnésie par Vincent Manilève

 

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 15:52
Cinque Terre, 176 marches

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Ils sont tous deux, étendus, nus, au retour d'une belle promenade, dans la montagne, le long d'un des sentiers des Cinque terre, entre les bleus du ciel et de la mer. Fatigués par la balade et par les 176 marches à gravir pour atteindre la chambre. Mais simplement heureux. Rafraîchis par la douche et la caresse de l'air qui circule entre les fenêtres, largement ouvertes.

 

Les fenêtres sont bien disposées. Le soleil n’entre pas. Par celle qui est en face d'eux, la vue s'étend, au dessus des toits et des jardins, jusqu'à la mer d'où remonte l'air frais. Par la fenêtre de gauche, les arbres peignent de verts multiples la colline. Au milieu de ces verts qui descendent en cascade vers le village et la mer, à mi-pente, un énorme buisson de lauriers roses se hausse du col pour se faire remarquer de loin.

 

La main brune passe lentement sur la peau que le soleil a, à peine, teinté. Un frisson naît entre les deux, se propage, lentement, de la main ? De la peau ? La main progresse, effleurant le corps qui semble imperceptiblement se glisser, s'offrir, favoriser le déplacement des doigts. Trois pulpes qui cherchent à capter la douceur du grain, à répondre à l'attente, à effacer et renouveler la tension en progressant.

 

Les corps se tendent. Se rapprochent. S'effleurent. Les yeux se ferment pour garder la luminosité et la fraîcheur de l'air. Pour permettre la concentration sur les ondes qui courent dans tous les sens, qui affolent.

 

La main brune glisse, rencontre de fines broussailles, les éveille, leur donne un souffle, les fait presque murmurer comme le vent fait chanter les feuilles de l'arbre, s'agiter les branches, vibrer le tronc jusqu'aux racines. Aspirant la vie de la terre. Nourrissant sa puissance de son désir.

 

A ce calme silencieux s'ajoute maintenant la voix grave d'un homme, tranquille, incompréhensible mais porteuse de sérénité. Qui parle, sous la fenêtre, seul ou au téléphone ou à un interlocuteur silencieux.


Ils sont tous deux, à travers ces fenêtres ouvertes, seuls, en pleine nature, calme, baignée de soleil, de couleurs, de courbes.... bercés par cette voix qui vient remplir la beauté apaisée de cette fin d'après-midi et l'humaniser.

 

Cinque Terre, 176 marches

Le sifflement du train chante l’accord de la nature et des amants. Suivi d'un terrible braillement de ferraille.


Pourquoi ce bruit dissonant avec l'instant, avec le paysage, réveille-t-il une phrase lue récemment... " le projectile tape dans la tranchée ; on dirait le coup de griffe d'un tigre rugissant ".

 

Le train est déjà loin mais le trouble persiste, s'incruste. Le bleu profond de la mer qui, tout à l'heure, n'était que source de sérénité et d'harmonie, semble afficher le calme hypocrite d'un linceul pour ceux qui fuient la misère et qui sont, partout, rejetés.

 

Comment l’harmonieuse puissance de la nature peut-elle couvrir de son indifférence les tueurs qui se cachent, les malheureux qui fuient la misère, les amants qui s'enferment dans sa bulle de silence et de douceur…
Comment peut-elle être la sérénité absolue d'un après-midi d'été et la sépulture en colère de milliers de marins pêcheurs ?
Comment la même mer, aussi bleue, aussi calme, peut-elle être, ici, l'image du plaisir des femmes, des hommes, des enfants, du bonheur des amants et un peu plus loin le drap mortuaire de milliers de personnes dans la complicité des hommes et des éléments.

Cinque Terre, 176 marches
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 21:56
Dignité, Droits de l'Homme... et réfugiés à Paris ?

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Samedi, rassemblement porte de la Chapelle à Paris en solidarité avec  les candidats à l'asile et au passage au Royaume-Uni.

Quelques images.

Dignité, Droits de l'Homme... et réfugiés à Paris ?
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 22:22
Les élections contre la démocratie ?

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La démocratie ne se résume pas à des élections libres appliquant le principe une personne, une voix. Mais, même en se cantonnant à une conception aussi restrictive de la démocratie, on peut voir que, dans deux vieux pays démocratiques occidentaux, les États-Unis et la France, les dernières élections n’ont respecté le principe que de façon très formelle. Or, en quelques mois, ces élections ont changé profondément la situation politique. Au niveau intérieur et pour les États-Unis bien au delà.

 

Aux États-Unis, Hilary Clinton a obtenu lors de l’élection présidentielle près de 66 millions de voix (48,03% des suffrages exprimés) et Donald Trump près de 63 (45,94%). Mais du fait du système électoral, c’est Donald Trump avec 304 Grands électeurs contre 227 pour Hilary Clinton (56,5% contre 42,2%), qui a été élu président des États-Unis ! C’est la cinquième fois que le phénomène se produit. En 1824, 1876, 1888, 2000 et 2016, le président élu n’a pas été le candidat qui a recueilli le plus de suffrages exprimés.

 

Cela tient au fait que quasiment tous les États utilisent la règle du winner takes all, le vainqueur prend tout, qui attribue l'ensemble des Grands électeurs de l’État au candidat ayant reçu la majorité, relative ou absolue, des suffrages. Certains États sont à dominante partisane nette, ou républicaine ou démocrate. Dans ce cas, que le parti dominant recueille 55 ou 65 % des voix ne change rien, tous les Grand électeurs lui sont attribués. Par contre, dans un swing state, État-charnière, État pivot, les deux partis dominants ont sensiblement à égalité. Il suffit que quelques milliers de voix basculent, passent d’un parti à l’autre pour que tous les délégués de cet État changent de camp.
Ce système explique la victoire de Donald Trump.
Le phénomène est donc connu depuis longtemps. Et accepté.

 

Les États-Unis d’aujourd’hui ne sont pas très différents de ceux d’hier mais la politique du dernier président blanc n’est pas exactement la même que celle du premier président noir ! De la politique d’immigration ou de l’obamacare à l’intérieur aux positions en politique extérieure, sur la Cop 21, les relations avec l’Otan et l’Union européenne ou au Proche-Orient…

Cela semble illustrer le vieux mot d’ordre, élection, piège à cons, qui veut dire, classiquement, que les élections ne servent à rien. Dans le cas précis, certains doivent regretter leur non participation au vote...

 

Une autre façon d’échapper démocratiquement à la démocratie est, ce qu’on appelle en France , le charcutage électoral des circonscriptions, aux États-Unis gerrymandering : partisan gerrymandering, charcutage à visée partisane  quand le but est d’accentuer l’avantage d’un parti politique, et racial gerrymandering pour augmenter ou cantonner le poids politique d’une minorité raciale. Ce terme est né en 1811 quand le gouverneur Elbridge Gerry a dessiné une circonscription en forme de salamandre pour favoriser son parti.

Enfin, le nombre de délégués attribué à chaque État est très variable : de 1,41 en Californie à 5,12 dans le Wyoming, par millions d’habitants.

En France, le système électoral majoritaire à deux tours à l’élection présidentielle et aux élections législatives avec des législatives au décours de la présidentielle entraîne une distorsion encore plus grande entre les forces politiques dans la population et dans la représentation nationale.

Ainsi Emmanuel Macron, avec 24 % des voix au premier tour de la présidentielle et 28 % au premier tour aux législatives pour son parti et 43 % au second, remporte le poste de président de la République sans aucun contre-pouvoir à l‘Assemblée nationale mais au contraire une majorité absolue forte (308 députés sur 577). Majorité très liée au président car une bonne partie n’a aucune implantation personnelle dans sa circonscription. Ces candidats ont été désignés par le président lui-même et sa garde rapprochée et ont été élus sur son seul nom. Ce qui lui permet d’exercer une dictature républicaine, en principe pour les 5 prochaines années.
Enfin, le programme d’Emmanuel Macron a été connu partiellement et tardivement, aussi bien par les électeurs que par les personnes qui ont été candidates ou même élues aux législatives.

Cela n’entame en rien la légalité de l’élection d’Emmanuel Macron et de sa majorité. Et la contestation ne peut venir, en aucun cas, de ceux qui ont été au pouvoir jusque là. Ils n’ont pas changé les règles électorales quand ils le pouvaient, aussi bien Nicolas Sarkozy que François Hollande, parce qu’ils en avaient profité et espéraient encore rester au pouvoir bien que minoritaires dans le pays, ce dont témoignaient et les sondages et les résultats de toutes les élections partielles durant leur quinquennat.
Ils est aussi de bon ton de contester la légitimité de ces dernières élection par suite de la forte proportion d’abstentionnistes, de votes blancs ou nuls. Mais ceci invalide plus le système et notamment les majorités précédentes que le président. Les autres candidats ne peuvent se prévaloir de résultats supérieurs.

Les élections contre la démocratie ?

Il n’empêche que l’étendue des pouvoirs dont dispose le président fait penser au dictateur de la République romaine : un magistrat extraordinaire détenait les pleins pouvoirs pour un mandat qui ne pouvait, à l'origine, excéder six mois. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Ici, sauf accident, Emmanuel Macron est au pouvoir pour 5 ans. Quels que soient les résultats des sondages ou des élections partielles ou locales à venir.
Aux États-Unis, Donald Trump n’est élu que pour 4 ans et des élections législatives ont lieu tous les 2 ans qui peuvent remettre en question la majorité républicaine au Congrès.

Les premières décisions du président de la République montrent sa volonté d’utiliser au maximum les possibilités que lui offre la Constitution et d’augmenter sa liberté de manœuvre : volonté de prendre rapidement des mesures par l’usage des ordonnances, de l’article 49-3, prorogation de l’état d’urgence, intégration de certaines possibilités offertes par l’état d’urgence dans la législation normale, attribution du poste de questeur à l’opposition de sa majesté et non au parti d’opposition (?) le plus important de l’Assemblée nationale, prise de parole devant le parlement réuni en Congrès à Versailles, qui plus est à la veille du discours du Premier ministre devant l’Assemblée nationale qui semble vouloir rappeler à celui-ci son rôle second dans la conduite de la politique du gouvernement, rattachement au président de la République de la cellule de coordination pour lutter contre le terrorisme, élection-nomination d’un ami comme président de son groupe parlementaire sans concurrence même fictive, contrôle de la parole de ministres et de leurs rapports avec la presse, habile élimination de François Bayrou qui avait créé de menus problèmes au moment des législatives, qui voulait être au gouvernement et garder son droit à une parole indépendante, n’ayant pas suffisamment pris en compte que les voix de son groupe n’étaient pas nécessaire au nouveau président pour avoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale…

Emmanuel Macron, comme d’habitude, ne perd pas de temps, assure ses bases, solidifie son pouvoir tant qu’il bénéficie du soutien d’un groupe parlementaire, pour le moment charmé et tenu, de l’opinion publique d’après les sondages avant de mettre en chantier les mesures législatives...

Les élections contre la démocratie ?

De même, il a entrepris quelques manœuvres pour obtenir une place importante sinon prépondérante au niveau européen. Il n’est pas sûr que cela soit aussi facile. Au niveau symbolique, l’invitation de Donald Trump, les déclarations sur la Cop21 vont dans ce sens. La poignée de main avec Donald Trump dont on a magnifié la vigueur pour montrer la place que veut avoir le président, a eu probablement une autre interprétation, outre-Rhin, après l’affront de Donald Trump à Angela Merkel lors de leur rencontre... Déjà, de petites phrases commencent à se faire entendre du côté du président de la Bundesbank ou d’Angela Merkel, elle-même, lors de leur conférence de presse…

Mais le président Macron a besoin de résultats concrets au niveau économique et budgétaire pour que ses positions européennes apparaissent comme autre chose que de la suffisance gauloise.

La prise du pouvoir par Emmanuel Macron a été rapidement menée au niveau électoral et institutionnel. Pour le moment, il est sur le nuage post-électoral, adulé par beaucoup malgré les entorses aux pratiques démocratiques traditionnelles, il peut espérer avoir mis de son côté tous les atouts pour s’attaquer aux mesures qu’il veut imposer à la société française.
Reste à savoir quelles seront ses réponses...

Les élections contre la démocratie ?
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