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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:36
Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !


 

Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour de cette élection présidentielle (2) : Emmanuel Macron, ancien banquier, champion de l’alignement sur les politiques européennes a le soutien d’Angela Merkel ; Marine Le Pen, opposée à l’Union est soutenue par toutes les forces européennes d’extrême droite.

 

Les deux partis de gouvernement, Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR), qui ont successivement conduit la même politique depuis des années, sont exclus, officiellement et pour la première fois, du second tour d’une présidentielle. Mais tous leurs dirigeants apportent, paradoxalement, leur soutien à Emmanuel Macron, ancien conseiller, ancien ministre et candidat de François Hollande. Qui n’a pu se présenter à cette élection à cause d’une opposition aussi importante dans son parti qu’à droite et surtout à cause d’une impopularité inédite pour un président sortant !
 

Face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron reçoit le soutien de la droite et de la gauche qui confirme bien qu’il y a une continuité politique quel que soit le gouvernement et sa couleur affichée. Cette politique aboutit à un progrès des résultats de la firme Le Pen à chaque élection présidentielle. Et il n’y a aucune raison pour que cela change.
Avec presque 7,6 millions de voix et 21,53 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen a obtenu le meilleur résultat de l’extrême droite à une présidentielle, en progression par rapport à ses résultats de 2012, 17,9 % et à ceux de Jean-Marie Le Pen, 16,9 % à l’élection présidentielle de 2002.
A terme, l’indifférence au mécontentement de la population, la certitude d’être dans le vrai quoi que disent les urnes, ici ou ailleurs, la persévérance sans infléchissement de la politique menée, conduit à creuser un fossé de plus en plus profond entre les politiques et les peuples. Qui, un jour ou l’autre, risque d’être explosif.

 

Cette élection présidentielle a connu de nombreuses premières, autant d’avertissements : un président de la République qui ne se représente pas en fin de mandat ; une première primaire de la droite qui élimine un ancien président de la République au premier tour et un ancien premier ministre au second ; une primaire de la gauche qui élimine plusieurs anciens ministres au premier tour et un ancien premier ministre au second ; un premier tour de la présidentielle qui élimine un ancien premier ministre de droite et un ancien ministre de gauche ; un premier tour qui voit arriver en tête du scrutin, un jeune candidat, sans aucun mandat électif, sans parti politique, se réclamant de l’extrême centre, entraînant dans son sillage une kyrielle d’anciens ministres et premiers ministres, permettant à François Bayrou de réaliser enfin son rêve centriste par personne interposée et de se faire un trou ministériel à défaut d’un mandat présidentiel, ce qu’il n’avait pas réussi en 2012.
Le dégagisme n'est pas seulement le fait de la France insoumise !

 

L’irruption du vote Mélenchon qui s’est invité dans la cour des Grands, montre que les choses pourraient changer. Ses résultats témoignent d’une progression importante, il passe de 11,1 % en 2012 à 19,6 % en 2017.
Mais cela n’a pas été suffisant. C’est donc un échec relatif par rapport au but recherché : il n’a pas réussi à détourner, à son profit, comme il se le proposait, une nombre significatif d’électeurs de Marine Le Pen et il n’arrive pas au second tour. Au niveau européen, le premier résistant de gauche à la politique austéritaire n’a probablement pas atteint le seuil nécessaire pour faire des émules. Même si la France insoumise constitue avec Podemos en Espagne une des rares forces organisées d’opposition de gauche à la politique des États de l’Union.

 

Quant aux petits candidats, deux se distinguent : à droite, Nicolas Dupont-Aignant qui avec ses 4,75 % aide l’obstiné François Fillon à n’arriver qu’en troisième position ; à gauche, Benoît Hamon avec le soutien douteux, on pourrait dire négatif, de son parti et l’alliance de EELV obtient les plus mauvais résultats du PS depuis sa création et retrouve presque les résultats de Gaston Defferre à la présidentielle de 1969 (5%).


 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Pour le PS comme pour l’UMP, les lendemains du scrutin sont aussi douloureux avec des règlements de compte pour définir la ligne du parti et pour désigner les candidats aux élections législatives qui auront lieu dans quelques semaines.
Les résultats définitifs n’étaient pas encore annoncés que le procès en responsabilité de François Fillon était lancé. Par lui-même d’abord mais avec une autre tonalité que lors de la manifestation du Trocadéro. Ce n’était pas repentance absolution. Peut-être, repentance retraite ?  Aujourd’hui, les dents des jeunes loups qui avaient commencé à grincer au moment du doute, apparaissent sans fard.

Au PS, les choses ont commencé plus discrètement. Mais il est déjà question d’un nouveau congrès d’Épinay. Autour de qui ? Sur quelle ligne ? Il y a peu de chances que ce soit autour du candidat Benoît Hamon et de sa ligne. Alors, deux partis ? Un parti social-libéral et un parti social-écologiste ?

 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il ressort de ce scrutin une accentuation de clivage entre les villes et les campagnes qui votent plus à droite. Mais la droite a laissé échapper une présidence qui lui était largement promise après un quinquennat que François Hollande a avoué indéfendable devant ses électeurs mais il a, d’une certaine façon, repris la main en contribuant à l’élection de Emmanuel Macron qui va continuer sa politique.
La droite a été exclue de la course à la présidence mais l’ensemble des voix de droite et d’extrême droite est largement supérieure à celui des voix de gauche, sauf à considérer toutes les voix de Macron comme des voies de gauche ! (3)

 

La désignation des candidats pour les législatives est la prochaine tourmente. Ce sont les législatives qui donneront ou non, au président de la République, les moyens de gouverner. Rien n’est acquis. C’est, probablement, au FN qu’il y aura le moins de remous. Même s’il peut y avoir, au-delà des concurrences ou des sentiments personnels, des divergences entre ceux qui veulent faire cavalier seul et ceux qui pensent que, pour arriver au pouvoir, il faut des alliances et donc des compromis.

 

Par contre, il faut s’attendre à d’âpres combats pour les places dans toutes les autres familles politiques.
Juppéistes et sarkozystes sont déjà à la manœuvre mais l’élimination de François Fillon fait naître de grands espoirs chez les quinquagénaires.
Il est fort probable que le PS va se déchirer et que les apparatchiks vont tout faire pour éliminer les frondeurs.
En marche va bénéficier du dynamisme des résultats électoraux mais souffrir des ralliements hétéroclites de notables qui ne veulent pas rester sur la touche.
Il y a fort à parier que le nombre de candidats, avec ou sans investiture d’un parti ou mouvement, sera élevé, dans chaque circonscription.


 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il y a peu de chances qu’il en soit autrement parmi les soutiens de Jean-Luc Mélenchon.

Pourtant, il peut aussi bénéficier d’une certaine dynamique à la suite de ses résultats. Surtout dans les villes, ces résultats peuvent faire espérer une présence significative à l’Assemblée nationale, à condition qu’il y ait des candidats uniques dans chaque circonscription et que les déchirements ne soient pas les mêmes que dans les autres familles politiques.
Est-ce possible ? C’est nécessaire pour que les résultats de Jean-Luc Mélenchon à ce premier tour de la présidentielle ne soit pas le chant du cygne de la gauche.

On peut déjà regretter que Jean-Luc Mélenchon, au-delà de la déception de ne pas être présent au second tour, n’ait pas trouvé dans les résultats plus qu’honorables obtenus, la force, dés dimanche soir, de lancer un appel mobilisateur pour les législatives en continuation de la campagne présidentielle.

Les résultats de la présidentielle ne l’ont pas qualifié pour le second tour mais qualifient la France insoumise pour les troisième et quatrième tours et pour être la charpente de la gauche nouvelle, française d’abord et peut-être européenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 - http://pauloriol.over-blog.fr/2017/04/le-tsunami-de-la-presidentielle.html

 

2 - JDD 7h16, résultats quasi-définitifs, Emmanuel Macron 23,75%, Marine le Pen 21,53%, Fillon 19,91%, Mélenchon 19,64%, Hamon 6,35%. Nicolas Dupont-Aignan 4,75%, Jean Lassalle 1,22%, Philippe Poutou 1,10%, François Asselineau 0,92%, Nathalie Arthaud 0,65%, Jacques Cheminade 0,18%. Le taux d'abstention s'est élevé à 21,31%.

 

3 - Droite : Le Pen, 21,53, + Fillon 19,91 % + Dupont-Aignan 4,75 % +Lassalle 1,22 % + Asselineau 0,92 % + Cheminade 0,18 % : soit 48,51 %
Gauche : Mélenchon 19,64 % +Hamon 6,35 %, Pouto 1,1, Arthaud 0,45 : soit 27,74 %

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

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