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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 11:25
La longue lutte des Femmes pour l’égalité (2)

Prenant le contre-pied d’Albert Einstein, certains, pour favoriser l’autorisation des statistiques ethniques, disent que ce qui ne se compte pas ne compte pas (1). Les statistiques, au-delà de l’égalité proclamée, permettent de montrer les inégalités femmes-hommes dans les faits et la lente progression vers l’égalité dans différents domaines.

Au niveau politique.

La proportion des femmes au Parlement européen augmente progressivement, elle est passée de 16,6 % en 1979-84 à 36,6 % en 2014-19. Cette proportion varie d’un pays à l’autre, au plus bas, en Pologne, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie (respectivement 17,7 %, 19,1 %, 23,1 %, et 23,5 % de femmes députées européennes), au sommet, Suède et Finlande (55 % et 53,9 %). La France est avec 43,2 % est en cinquième place (2).

Toute l'Europe a publié, en septembre 2017, les informations sur la proportion des femmes dans les parlements nationaux, Chambre basse seulement (en France, l’Assemblée nationale). A nouveau, la Suède et la Finlande sont en haut du tableau avec respectivement 43,6 % et 42 % de parlementaires femmes, l’Espagne arrive en troisième position (39,1 %). Mais ces pays ne sont que, respectivement, 6e, 9e et 14e au classement mondial. En fond de tableau, se trouvent Lettonie (16 %), Malte (11,9 %) et Hongrie (10,1 %).
Avec 38,8% de femmes députées, la France arrive en quatrième position (3).
 

En France, la proportion des femmes au Sénat est moindre qu’à l’Assemblée nationale : 31,8 %. Elle est cependant en augmentation constante depuis 2001 (Tableau 1)

Tableau 1 : Nombre et Pourcentage de femmes au Sénat (4)

Élection

Nombre

Pourcentage

2001

35

10,9 %

2004

60

18,1 %

2008

75

21,9 %

2011

77

22,10%

2014

87

25,0 %

2017

110

31,80%

Concernant les postes de ministre, pour les 28 États de l’Union, la proportion de femmes n’est que de 25 %. Au premier juillet 2017, deux pays ont plus de ministres femmes que de ministres hommes : la France (58 %, hors secrétaires d’État) et la Suède (52%), suivies par la Slovénie (44%). Au bas du tableau, Malte et Slovaquie (14%) et Chypre et Hongrie qui n’ont aucune femme à la tête d’un ministère (5).

Après le dernier remaniement ministériel, le gouvernement français est constitué, en comptant le Premier ministre, de 20 ministres, 11 femmes et 9 hommes, et de 12 secrétaires d’État, 7 hommes et 5 femmes, soit au final 32 postes également répartis.

Si les inégalités s’estompent lentement au niveau députés et ministres, on est encore loin du compte dans certaines fonctions. Malgré la loi sur la parité de juin 2000, 83 % des maires sortants en 2014 étaient des hommes (6) et 87 % des têtes de liste des élections municipales de 2014 (7).
 

La longue lutte des Femmes pour l’égalité (2)

La situation évolue encore plus lentement au niveau social et économique.

Dans l’Union européenne, l’écart moyen des salaires entre hommes et femmes qui était de 17 % en 2012, est passé à 16,7 en 2014 et 16,3 en 2015. Mais , suivant les pays, cet écart varie de 5,5 à 26,9 %.
En Italie et au Luxembourg (5,5 %), en Roumanie (5,8 %), en Pologne (7,7 %) et en Slovénie (8,1 %) les écarts sont les plus faibles, les plus importants sont en Estonie (26,9 %), République tchèque (22,5 %), Allemagne (22 %), Autriche (21,7 %) et Royaume-Uni (20,8 %). La France se situe en milieu de tableau avec 15,8 % (8).

En France, les entrepreneurs sont surtout des hommes : 60 % des autoentrepreneurs, 75 % des gérants de Société anonyme à responsabilité limité et 83 % des dirigeants salariés d’autres entreprises, selon l’Insee (9). La proportion des femmes diminue quand la taille de l’entreprise augmente : 37 % des personnes travaillant seules dans leur entreprise, 28 % dans les entreprises comptant de 2 à 4 personnes, 16 % dans les entreprises de 20 à 49 personnes et 14 % dans les entreprises de 50 personnes ou plus.
E
lles sont moins nombreuses à ces postes et gagnent moins : 31 % de moins que les hommes. Ce que l’Insee explique par un nombre d’heures travaillées moins important sur l’année (10).

Alternatives économiques se penche sur la proportion de femmes et d’hommes qui ont un poste de cadre en fonction de leur bagage universitaire (Tableau 2).

Tableau 2 : Pourcentage de femmes et d’hommes
cadre en fonction des diplômes

Niveau

% de femme cadres

% d’hommes cadres

Bac+2

8,6

23,4

Bac+3 ou plus

35,9

62,2

A niveau de diplôme équivalent, le taux d’emploi des femmes est inférieur à celui des hommes et les femmes sont moins souvent cadres que les hommes. Au total, les revenus des hommes sont supérieurs de plus de 30 % à ceux des femmes à tous les niveaux de diplôme et atteignent même 46 % pour les titulaires de bac+3 et plus.
Ces inégalités apparaissent dès le début des activités professionnelles et s’accentuent par la suite : ce qui veut dire des revenus inférieurs pour les femmes de 25 % par rapport aux hommes à 25 ans et de 64 % à 65 ans (11) !

Pour les postes de Pdg, si l’on en croit LeFigaro, les choses ne semblent pas s’améliorer. En 2015, un peu moins d’une entreprise sur cinq a changé de PDG dans le monde, le taux le plus élevé depuis 16 ans. A cette occasion, sur les 359 nouvelles nominations, 10 étaient des femmes, soit 3 % (12).

Au niveau des salaires comme de l’emploi, la route vers l’égalité hommes-femmes sera encore longue.

La longue lutte des Femmes pour l’égalité (2)

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