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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 22:09
Un 11 mai en blanc, par solidarité, par défiance

La président de la République, avec sa compréhension profonde de la vie sociale et politique, s’est déjà emparé du 1er mai, journée commémorative du massacre de Chicago (1886), pour la journée de travail de 8 heures, du 1er mai institué en 1889 comme journée internationale de revendication des travailleurs, suivi en France de la fusillade de Fourmies du 1er mai 1891.
En 2019, il avait dit « Le 1er mai est la fête de ceux qui aiment le travail ». Il a été précédé dans cet essai de captation du 1er mai par celui qui en 1941 en avait fait « la fête du Travail et de la Concorde sociale ».
En 2020
, le  président a parlé de « retrouver dès que possible les 1er mai joyeux, chamailleurs parfois, qui font notre Nation », au fond une joyeuse journée de potaches chamailleurs. Comme ceux du 1er mai de 2018 et du 1er mai de 2019 ?

Il est impensable de laisser le champ libre pour faire du lundi 11 mai, première journée de l’éventuel déconfinement partiel, une journée seulement marquée par l’autosatisfaction gouvernementale dont la politique économique et sanitaire a fortement joué dans l’insuffisance de moyens pour faire face à la pandémie.

 

Un 11 mai en blanc, par solidarité, par défiance

Il est juste que la population, après de deux mois de confinement, puisse ressentir une certaine satisfaction dans cette mise en semi-liberté après une longue assignation à résidence pour certains et pour d’autres au travail dans des conditions de sécurité négligées.

Pendant toute cette période, nombreux sont ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont voulu témoigner, tous les jours à 20 heures, de leur reconnaissance au personnel soignant, toute hiérarchie confondue, de leur dévouement pour assurer au mieux la prise en charge des victimes de la pandémie.
Mais il ne faut pas que ce demi-pas vers la société de l’après, soit le début de l’oubli
des conditions de travail avant et pendant l’endémie. Une année durant, les personnels hospitaliers, encore une fois, toute hiérarchie confondue, ont manifesté, contre de mauvaises conditions de travail, une insuffisance de personnel, de matériel... Annonçant le risque d’effondrement.
On connaît la réponse gouvernementale
aussi bien au niveau de la gestion de leurs manifestations qu’au niveau de leurs revendications : je ne suis pas le père Noël, l’argent de dingue…

Ce n’est pas grâce aux premiers de cordée mais à eux, méprisés hier, que le système ne se soit pas complètement effondré.

On ne peut pas se contenter de paroles de circonstances, de remerciements formels sur l’héroïsme et l’union nationale. Ce sont des moyens qui sont nécessaires, en personnel (recrutement, salaires, reconnaissance à leur juste valeur des personnels soignants, des médecins étrangers...) et en matériel.

Un 11 mai en blanc, par solidarité, par défiance

Le 11 mai doit être l’occasion de se montrer solidaire des blouses blanches, et bleues, et grises…, des victimes de la politique du mépris de ces riens qui courraient dans les gares pour rejoindre leur poste de travail. Mais qui ont été là pour assumer leur rôle technique mais aussi humain. Sans les moyens qu’ils auraient dû avoir.

On a beaucoup parlé des masques, des tests, des respirateurs qui n’avaient pas été prévus pour des circonstances exceptionnelles. Et des blouses ? Des charlottes ? Des surchaussures ? On a vu les effets de la politique industrielle du flux tendu appliquée à l’hôpital !!!

Alors ne serait-il pas possible de faire du 11 mai, de ce premier pas vers une semi-liberté, une journée de solidarité, dans la rue, dans le respect des règles de distanciation sociale, avec ou sans masque suivant leur distribution, sans rassemblement, sans attroupement pouvant augmenter les risques de contamination, avec ou sans attestation car le déconfinement n’est pas encore certain, le gouvernement s’en sert pour que les citoyens se tiennent tranquilles,
Il faut envoyer un signe clair de satisfaction vers ceux qui ont été à la peine, qui le seront ce jour-là et encore les jours qui suivront, en arborant une vêtement blanc, un nœud blanc, un ruban blanc, en mettant un linge blanc à la fenêtre, sans bruit, sans provocation…

Une journée en blanc pour rappeler aux uns que notre solidarité ne s’arrêtera pas là. Aux autres que nous ne sommes pas prêts à oublier.

Un 11 mai en blanc, par solidarité, par défiance
Un 11 mai en blanc, par solidarité, par défiance

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