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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 23:32

 

BandeS à part

 

Chacun sa vie (1), Chante ton bac d'abord (2), Bande de filles (3), trois films récents dans les salles parisiennes qui s’intéressent à des jeunes dans leur milieu, leur famille notamment. A travers une histoire particulière, des situations très différentes de la jeunesse française.

(Un autre fim sorti ces jours-ci, Géronimo (4), parle des jeunes)

 

Une Bande de filles, noires, de la banlieue de Paris, pleines de vie, aguerries qui pratiquent le football américain. Mais au retour dans le quartier, les choses sont un peu différentes sous la présence dominante des jeunes mâles.
L'héroïne du film, en situation d'échec scolaire, refuse l'orientation qu
i lui est proposée.

Dans une famille, sans père, avec une mère à peine aperçue, elle est totalement soumise au frère aîné, autoritaire, brutal, machiste, et doit s'occuper des deux cadets de la fratrie.

Elle va être la quatrième d'un groupe de filles dont elle devient l'élément principal. A la suite d'un combat, violent, contre la représentante d'un autre groupe.
Décidée à appliquer le conseil de celle qui l'a recrutée,
faire ce dont elle a envie, elle fait le pas d'aller chez sont petit ami. Ce qui va lui valoir un traitement violent de la part de son frère qui ne peut supporter d'avoir une sœur qui « couche ».

Pour quitter la maison, elle accepte la protection d'un caïd de banlieue qui l'utilise comme « revendeuse » de drogue, en attendant un « mieux ». Qu'elle refuse.

Coincée entre ce « protecteur », un frère machiste et un amoureux qui lui offre de devenir une bonne épouse docile et attentive. Elle se cabre et repart, décidée, seule, vers un avenir flou.

Le film se déroule exclusivement, dans le quartier, avec quelques sorties à la Défense, entre jeunes, seule la mère est aperçue à deux brèves reprises, garçons et filles, noirs, en dehors des contacts nécessaires avec les clients blancs à qui elle fournit la drogue et la diversité des petits caïds.

 

Le milieu de « Chante ton bac d'abord » est totalement ailleurs. A Boulogne, une jeune raconte la vie de son groupe, blanc exclusivement, à majorité féminin. C'est l'année du bac que tous, ou presque, vont réussir : un seul échec, deux mentions. Leur famille, unie ou non, est très attentive à leur réussite scolaire. C'est le récit d'une année décisive, avec conflit, plutôt joyeux et chanté, entre des parents inquiets devant la situation économique et qui cherchent à orienter leurs enfants vers des débouchés professionnels et des jeunes qui aspirent à se réaliser dans leur réussite scolaire et professionnelle. Ici ou ailleurs, l’Australie, l'Angleterre.
Une certaine nostalgie, amicale, familiale. Un pas optimiste vers l'avenir. Une coupure. Une aventure.

 

La question centrale de « Chacun sa vie » n'est pas un groupe de jeunes. Mais celle d'un travailleur algérien qui, arrivé à la retraite, ne pense qu'à réaliser son rêve de retour au pays. Cette décision personnelle est douloureuse pour toute la famille, ses enfants, un garçon et deux filles, qui sont nés ici et ne peuvent envisager leur avenir qu'ici. Qui ont l'age de faire entendre leur voix. Et l'épouse qui, jusque là, a accepté de se soumettre, va prendre le parti de ses enfants. La tentative de retour au pays du père, seul, ne sera que désillusions.
Ce film se déroule en Île de France dans une famille algérienne qui n'est pas complètement fermée sur elle-même. Si le meilleur ami du père est un Algérien qui l'a accueilli lors de son arrivée à Paris, ce n'est pas le cas de ses collègues de travail dont le plus proche le chambre amicalement sur ses choix, sur ses difficultés. La mère discute avec son amie de leurs problèmes de couple, bien proches malgré les différences culturelles.
Quant aux enfants, malgré l'amour qu'ils ont pour leur père, ils revendiquent leur droit
à la décision collective. Et au choix personnel. Le garçon, toujours à charge de son père, vit de petits trafics mais ne voit son avenir qu'ici ; la fille aînée qui a été mariée par le père avec son cousin, maintenant divorcée, part à trente ans rejoindre une amie pour travailler à Marseille sans le dire au père ; la cadette, la fierté de ses parents, voit son avenir dans une carrière de musicienne.

Rien n'est rose, rien n'est noir. Tout est encore possible. Mais chacun, chacune voit sa vie qui ne correspond pas aux rêves brisés du père.

 

Trois films, trois mondes, éloignés, géographiquement, socialement, culturellement. Trois mondes séparés.
Dans des situations plus ou moins difficiles, quelquefois impossibles. Des jeunes refusent la voie toute tracée par la nécessité ou conseillée par la sagesse familiale ou le rêve dépassé d'un père. Relativement favorisés ou plus ou moins handicapés par le contexte social ou familial.
Chacun est en recherche. Avec la volonté, à chaque fois, de choisir sa vie.

 

( Avec Geronimo, c'est encore un monde de jeunes mais bien différent des 3 précédents. Le jour de son mariage, la jeune mariée, turque, dans sa belle robe blanche, s'enfuit à toutes jambes pour retrouver son amoureux, un gitan, et tous deux partent sur un vélomoteur.

Dans la banlieue d'une ville du sud de la France, C'est le drame de Roméo et Juliette, de West side story, entre les deux familles, deux clans se défient dans la danse, s'affrontent avec des armes, tandis que Geronimo, la belle éducatrice catalane, blonde aux yeux bleus, qui connaît ce monde depuis toujours, s'occupe des petits et essaie déviter le drame d'honneur.

Rêve de vie  amoureuse, libre de deux jeunes malgré la tyranie de la tradition qu'un frère voudrait leur imposer sous les yeux des plus vieux prêts à oublier.

NB : l'accent des protagonistes n'est en rien celui du sud de la France).

 

 

1- Chacun sa vie, 2013 – 1h30, Algérie-France, couleur, de Ali Ghanem

2 – Chante ton bac d'abord, 2013 – 1h22, France, couleur, de David André

3 – Bande de filles, 2014 – 1h52, France, couleur, de Céline Schiamma

4 - Geronimo, 2014, - 1h44, France, couleur, de Tony Gatlif

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Published by Paul ORIOL - dans Diversité
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