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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 23:18

 

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Cannes* 2014 : un bon cru

 

 

 

Plus de 120 longs métrages sont proposés au Festivalier moyen. Nous en avons vu 28 plus une série de courts métrages sous le titre « Les ponts de Sarajevo ». Bien entendu, tous les films présentés ne peuvent être vus, faute de temps. Le choix est fait en fonction des horaires, de l'affluence, des informations publiées dans la presse du festival, disponible ou distribuée gratuitement, des rumeurs qui circulent dans les queues…

Quoi qu'il en soit, même si nous n'avons pas pu tout voir, nous avons vu de très bon films notamment dans les sélections « un certain regard » ou « la quinzaine des réalisateurs**»..

 

Notre palmarès : notessur 20 avec parfois un bref commentaire.

 

18 Timbuktu de Abderrahmane Sissako, 1h42, Compétition. Tombouctou sous la coupe des djihadistes : les jeux de ballon, la musique sont interdits, les femmes doivent être voilées et couvrir leurs bras... La population résiste... Une famille vit sous la tente, en marge de la ville... L'homme tue un pêcheur pour une histoire de vache et de filets rompus... Quelques scènes terribles (flagellation, lapidation), d'anthologie (match de foot sans ballon)…
Très étonnés que ce film n'ait eu aucune récompense. Mais nous n'avons pas vu la plupart des films en compétition. Peut-être répond-il trop à l’attente des spectateurs occidentaux avec de très belles images, gazelles, chameaux, dunes…

 

18 Fehèr Isten (White God) de Kornèle Mundruczo, 1h59, Un certain regard. Film partant d'une loi existant depuis longtemps en Hongrie suivant laquelle doivent être éliminés les chiens « bâtards ». Scénario original qui n'est pas complètement innocent.

Une fillette va être séparée de son chien qui n'est pas de « race hongroise » et donc condamné. Il va être dressé au combat, s'enfuit, devient errant, est mis en fourrière dont il s’échappe avec tous ses congénères, terrorisant la ville…

 

17 National Gallery de Frederick Wiseman, 2h53, Quinzaine des réalisateurs. Documentaire absolument remarquable sur l’accueil du public au musée, la restauration des tableaux, leur mise en valeur, leur interprétation...

 

17 Kaguya-Hime no monogatari (Le conte de la princesse Kaguyja) de Isao Takahata. Quinzaine des réalisateurs. Magnifique film d'animation d'après une très ancienne légende japonaise.

 

16 Run de Philippe Lacôte, 1h40, Un certain regard. Après avoir été disciple du « faiseur de pluie », bateleur sur la place publique pour Gladys, la mangeuse de riz, « jeune patriote », Run (parce qu'il s'enfuit toujours) va tuer le Premier ministre de Côte d'Ivoire... Moins immédiatement lisible que Timbuktu.

 

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Philippe Lacôte

 

 

 

16 Les violons du bal de Michel Drach, 1974, 1h44, Classics. En présence de Marie-José Nat.

 

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15 Les croix de bois de Raymond Bernard, 1931, 1h55, Classics. D'après Dorgelès, avec Charles Vanel. Reconstitution d'un épisode dramatique de la Première guerre mondiale. 

 


 

15 Turist – Force majeure de Ruben Östlund, 1h40, Un certain regard. Prix du Jury. Une famille suédoise aux Arcs pour faire du ski. Une avalanche provoquée menace le chalet. Tout le monde s'affole. Le père s'enfuit, la mère reste avec les enfants... Les retrouvailles sont difficiles.

 


Ruben Östlund et son équipe


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15 Dohee Ya (Une fille à la porte) de July Jung, 1h59, Un certain regard. En Corée, une

jeune policière est sanctionnée par une mutation dans une petite localité, suite à une aventure homosexuelle... Dans sa nouvelle affectation, elle protège une fillette battue par un père qui exploite des travailleurs sans papiers et une grand-mère alcooliques. Elle va la prendre sous sa protection..

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July Jung,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 Le Challat de Tunisde Kaouther Ben Hania, 1h30, ACID : enquête cinématographique sur un fait divers : un homme à moto balafre les fesses des femmes dans la rue. La cinéaste mène l'enquête, cherche dans les archives... La femme dans la société tunisienne.

 

14 Gett, le procès de Viviane Amsalem de Ronit et Shlomi Elkabetz, 1h55, Quinzaine des réalisateurs. En fonction de la loi rabbinique, le divorce n'est possible qu'avec le consentement du mari. Un procès qui va durer 5 ans pour pouvoir divorcer et être répudiée...

 

14 P'tit Quinquin de Bruno Dumont, 3h20, Quinzaine des réalisateurs. Dans un village du nord, des jeunes menés par P'tit Quinquin font les 100 (petits) coups. Une suite de disparitions plus ou moins burlesques... une femme sans tête retrouvée dans le ventred'une vache... Le Commandant de gendarmerie, surnommé Brouillard, mène l'enquête. Tout est clair.

 

14 Jimmy's Hall de Ken Loach, 1h46, Compétition. Jimmy, commmuniste, revient des États-Unis et va remettre en marche la salle de bal et d'éducation populaire du village. L'opposition du clergé et des propriétaires terriens vont le contraindre à un nouvel exil. Film sans scène érotique, sans meurtre et... sans pluie en Irlande. Rare, très rare.

 

12 Bird People de Pascale Ferran, 2h08, Un certain regard. Un cadre étasunien de passage à Paris décide de tout arrêter, son ménage, sa carrière... Une étudiante travaille comme femme de chambre dans l'hôtel... Un moineau… et de belles photos de Roissy.

 

12 Refugiado, de Diego Kerman, 1h35, Quinzaine des réalisateurs. Une femme enceinte avec un enfant fuit un mari violent et finit pas se réfugier chez sa mère...

 

12 Titli de Kanu Behl, 2h04, Un certain regard. Une fratrie indienne vit d'expédients, vole des voitures en tuant le chauffeur... les familles s'entendent pour marier le plus jeune a une jeune femme qui a un riche amant... Le couple finira par se trouver...

 

 

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12Charlies'Country de Rolf De Heer, 1h48, Un certain regard. Charlie, bien vu de tout le monde, est un aborigène, vit d'allocation, a dansé devant la reine d'Angleterre, aide ses amis interdits d’alcool à s'en procurer... Il finira par rentrer au village pour apprendre aux enfants à danser, peut-être un jour devant la Reine. Prix d’interprétation à David Gulpilil (Charlie).

 

11 La chambre bleue de Mathieu Amalric, 1h16, Un certain regard, d'après un livre de Simenon.

 

10 Next Goal Wins/Une équipe de rêve de Mike Brett et Steve Jamison, 1h30. Marché du film. Grâce à un entraineur néerlandais, l'équipe de foot de Samoa américaine dont un(e) transgenre, bien intégré(e) à l'équipe,va marquer le premier but de son histoire...

 

10 Cold in july de Jim Mickle, 1h49, Quinzaine des réalisateurs. Réveillé dans la nuit, un Texan tue en « légitime défense » et est entraîné dans une histoire sordide de trafic de drogue, de crime sadique par le FBI…

 

9 These final hours de Zak Hilditch 1h26, Quinzaine des réalisateurs. La fin du monde annoncée, le désordre s'installe... tout s'exacerbe, suicides, sexe, drogue... Le héros quitte son épouse pour rejoindre sa maîtresse... et finira par revenir vers sa femme.

 

9 Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy, 2h10, Semaine de la critique****. Film ukrainien. Grand Prix Nespresso, Prix Révélation France 4 et Aide Fondation Gan pour la diffusion. La vie dans une institution de sourds-muets, échanges en langage des signes, pas une parole. Bizutage, sorties nocturnes pour détrousser et massacrer des passants, prostituer de jeunes femmes condisciples...
Intérêt du film inventer une narration cinématographique sans parole, par exemple, pas de champ contre-champ...

 

8 Le jour se lève de Marcel Carné, 1939, Classics, 1h31. Prévert, Jean Gabin, Arlety. A beaucoup vieilli.

 

8 Piu buio di mezzanotte de Sebastiano Rizo, 1h34, Semaine de la critique.

 

8 Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur, 1h 33, Quinzaine des réalisateurs.

 

8 Incompresa de Asia Argento, 1h50, Un certain regard. Loin de l'Incompris de Comencini.

 

7 Amour fou de Jessica Hausner, 1h36, Un certain regard. Un poète cherche l'amour d'une femme qui accepterait de se suicider avec lui. Film en costume d'époque, atmosphère de fin du XIXè siècle

 

5 Les Ponts de Sarajevo, 13 courts métrages d'auteurs différents.

 

5 New Territories de Fabianny Deschamps, 1h28, Acid

 

CANNES 2014

 

Films projetés une ou plusieurs fois pendant le Festival dans les différentes sélections.
En Compétition : 19, Hors compétition : 17, Un certain regard : 21, Cannes classics : 21, Courts métrages  : 26, Cinéma de la plage : 10, Quinzaine : 25 + 11 CM, Semaine de la critique : 11 + 2 séances de CM, Acid : 8

Thierry Frémaux a déclaré avoir visionné 1 800 films pour faire la sélection !

 

Le Marché du film 2014

 

Avec 12 000 participants enregistrés au Marché, le rendez-vous cannois poursuit une expansion continue et renforce sa place d'incontournable. Sur ce nombre d'accrédités, 29 % étaient des producteurs, 21 % des distributeurs, 11 % des vendeurs, 4 % des acteurs de l'univers de la VàD (Vidéo à la demande) et des nouveaux. Au total, 1 900 acheteurs avaient répondu à l'appel pour acquérir films et projets. Un catalogue global de 5 200 titres dont 3 100 déjà disponibles, 810 documentaires et 144 films en 3D. 44 % des œuvres viennent d'Europe, 18 % des États-Unis et 18 % de France. Parmi les 1 450 projections organisées dans 37 salles, 79 % des titres accessibles étaient des premières internationales…

Avec 117 pays participants cette année contre 109 en 2013, le Marché continue de tisser sa toile… Le film français 21/05/14

 

Le Festivalier

 

Le Festivalier moyen doit s'armer de patience pour faire la queue qui ne permet pas toujours d'entrer dans la salle, s'équiper de bonnes chaussures, pour aller d'une salle à l'autre, ne pas trop craindre le soleil ou la pluie qui fait surgir des marchands de parapluies, tout aussi prêts à vendre des chapeaux dés que le soleil reparaît…

 

Mais l'attente dans la queue, le voisinage au café ou au restaurant, permettent des échanges avec des personnes de professions, de nationalités diverses. Cette année, nous avons été amenés à discuter avec des Suisses, des Allemands, des Libanais, des Italiens, un Étasunien de Nord Caroline… En français mais aussi, pour Anne en anglais, allemand ou italien et même par signes avec des sourds muets… qui, malheureusement, n'avaient pas encore vu « Tribe ».

Ces moments d'attente sont l'occasion d'échanges d'informations sur les films vus par les uns et les autres, sur les moyens de logement, les restaurants. D'informer les nouveaux sur les différentes salles de projection, où et comment se procurer des invitations…

 

Les motivations des festivaliers peuvent être très différentes. Il y a ceux qui viennent pour voir les stars monter les marches, simple curieux avec un petit appareil ou photographes semi professionnels publiant leurs photos... Ceux qui viennent passer le week-end et aimeraient bien voir des films mais ne savent pas que c'est possible même sans accréditation. Ceux qui se placent devant le Palais du festival en demandant aux plus favorisés s'ils n'ont pas une invitation en trop. Ceux qui sont étudiants ou professionnels du cinéma, ceux qui vont monter un ciné club, ceux qui dirigent un festival dans un région de France ou en Italie. Ceux qui ont des badges parce qu'ils sont animateurs culturels, étudiants, professionnels du spectacle ou amis de…

 

 

 

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Le Festivalier moyen épuisé....

 

 

* Articles sur les précédents Festivals de Cannes 2012, 2011, 2010

** Les films de la Quinzaine des réalisateurs seront présentés au Forum des images à Paris à partir du mercredi 28 mai au 7 juin 2014.

*** Les films de "un certain regard" sont programmés au "reflet MEDICIS" du 28 mai au 3 jiuin 2014

**** Les films de la Semaine de la critique sont visibles à la Cinémathèque à Paris

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Published by Paul ORIOL - dans Cinéma
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