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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 17:13

Les financiers ont une imagination débordante qui leur permet de mettre au point des montages financiers auxquels le commun des mortels ne comprend rien mais qui vont assurer à certains d'importantes et rapides fortunes. A d'autres de perdre les placements qu'ils croyaient faire fructifier en dormant. A la majorité enfin de payer pour les deux.

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ils sont les "bien payés". Et pour cela leur imagination est tout aussi fertile et présente moins de lacunes : si les affaires marchent, ils gagnent, si les affaires ne marchent pas, ils gagnent aussi. Avec ce beau linge, c'est le fameux : pile, je gagne, face, tu perds !

Les "grands patrons" d'abord.

Tous font leurs profits sur le dos de ceux à qui ils "donnent" généreusement du travail. Si les affaires marchent, il faut réduire les coûts, car le travailleur est un coût, de façon à améliorer la rentabilité. Si les affaires ne marchent pas, il faut réduire les coûts, pour rendre l'entreprise rentable. On licencie, on délocalise... Seul le salaire des producteurs est un coût : qu'il faut réduire. D'autres salaires ne sont que des rémunérations justifiées et peuvent donc s'envoler !

Dans tous les cas, ceux qui ne sont pas un "coût" se mettent à l'abri, aux abris : ils cumulent et accumulent stock-options (options d'achat d'action ou options sur titres), attributions d'actions gratuites, bonus, parachutes dorés...
Et vient de paraître une nouveauté (peut-être pas pour tout le monde) : "golden hello". L'actuel directeur général du groupe Morrison va prendre la direction de Mark & Spencer avec un salaire de 975 000 livres et un "bonus" annuel jusqu'à 250% de son salaire. Plus une prime de bienvenue, "golden hello", de 15 millions de livres (Le Monde 03/02/10).

Après avoir renoncé, difficilement, à un salaire mérité par ses doubles fonctions, il est apparu dans la presse que Henri Poglio bénéficiait depuis quelques mois d'une "retraite chapeau" grâce à une loi de 2009 (merci qui ?). Henri Poglio portera ce chapeau avantageux , complément de la retraite légale, toute sa vie. Mais qui peut s'acharner ainis sur cet homme, au point de lui avoir fait perdre un salaire et dévoile une retrite bien méritée : 1 million d'euros par an : soit avec son salaire "amputé" , 2,6 millions par an ! (Parisien 03/02/10). Sans oublier que Henri Poglio détient "une vingtaine de mandats en France et à l'étranger". Non rémunérés ? Et semble-t-il sans "golden hello" !

Mais ils ne sont presque que des amateurs

La faillite systémique bancaire a été évitée grâce à l'intervention des États. Mais voici que les États sont aujourd'hui menacés. La Grèce en priorité. Avec une contagion possible aux États du "Club Med", plus élégamment baptisés aujourd'hui "pigs" !

Qu'apprend-on ? "Une grande banque d’investissement américaine (qui a bénéficié du plan de sauvetage des banques US) et deux très importants hedge funds (dont l'un s'est illustré en jouant avec les subprimes de sinistre mémoire) seraient derrière les attaques contre la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Leur but ? Gagner un maximum d’argent en créant une panique qui leur permet d’exiger de la Grèce des taux d’intérêt de plus en plus élevés tout en spéculant sur le marché des CDS, un marché non régulé et totalement opaque, afin là aussi de les vendre plus cher qu’ils ne les ont achetés"

Qui sont ces méchants spéculateurs ? " Goldman Sachs et le fonds spéculatif dirigé par John Paulson seraient les deux principaux acteurs des attaques contre la Grèce et l’euro" (Jean Quatremer).

Bien entendu, la Grêce a sa part de responsabilité. Elle a une dette énorme. Elle a arrangé sa comptabilité. Semble-t-il, avec de bons conseillers techniques : "en 2002, la banque d’affaire américaine [Goldmann-Sachs] a aidé la Grèce, contre une rémunération de 300 millions de dollars, dans des opérations de « comptabilité créative » destinées à camoufler une partie de sa dette" (Jean Quatremer). La créativité rapporte.

La banque Goldmann-Sachs a conseillé la Grèce, contre rémunération et, bien informée, l'attaque en spéculant contre elle !!!

Qui va payer la facture ? Les fonctionnaires fainéants de Grèce ? Tout le peuple grec ?

Si la cause réelle est la dette publique, quelle sera la prochaine victime ?

Dette des pays de l'UEDifficile à savoir, car il y a la dette. Mais il y a aussi les mêmes pratiques développées par Goldmann Sachs et d'autres banques comme JP Morgan Chase avec d'autres pays, l'Italie notamment dont la dette n'a pas bougé depuis la crise (?!). De nombreux États ont des choses à cacher, des pratiques semblables et cela ne date pas de la crise. Tout le monde a fermé les yeux. Y compris l'Europe.

Reste à savoir jusqu'où va aller la crise, quels pays vont être touchés. Ce qui est certain, c'est que les responsbles sont connus, ceux qui vont payer aussi. Ce ne sont pas les mêmes. Mais pour Paul Krugman, ce n'est pas la dette qui pose problème mais l'inflexibilité de l'euro (NYT cité  par Courrier international). Et là, c'est encore un autre problème, sera-t-il abordé ?

Toutes les informations, les citations, sont tirées de deux sources :

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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