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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 13:18

Le paquet révélateur

 

Le 96, le bus qui relie la gare de Montparnasse à la Porte des lilas, à Paris, est souvent surchargé, c'était le cas au départ de Saint-Germain, nous étions debout mais peu à peu des places se libèrent. Marie en trouve une. Je peux ensuite m’asseoir sur la banquette du fond. Qui peu après se libère encore d'avantage.

 

BusBellevilleMenilmontant6799.JPG

La personne à coté de moi, un homme* d'une cinquantaine d'années, me demande,du geste de me pousser d'un siège, ce que je fais croyant qu'il voulait descendre, c'était simplement pour mettre, sur le siège entre nous, le paquet qu'il avait sur les genoux.


Quelques stations plus loin, de nouveaux passagers montent. Plusieurs sièges se sont libérés sur la banquette du fond et, un des quatre sièges devant la banquette est, depuis un moment, occupé par un paquet. Dissuasif par sa présence.

 

Une dame* veut s'asseoir à cette place et demande à qui est ce paquet. Il appartient à un passager, un bel homme, blond, jeune et robuste, qui rechigne à l'enlever parce que d'autres places sont libres, notamment sur la banquette arrière. Il s'exécute finalement de très mauvaise grâce en faisant des réflexions et prenant à témoin une autre dame qui semble acquiescer.

Échange de mots avec la dame qui a pris la place du paquet. Et finalement, j’entends le monsieur :

- Vous allez me traiter de raciste...

- Je n'ai rien dit de tel…

- Je n'ai jamais voté Le Pen mais il y a des jours... »

C'est le moment pour nous de descendre. Je lui souffle « Quand on se pose ce type de questions, c'est qu'on y a déjà répondu ».

Je ne suis pas sûr que ma réflexion ait été très judicieuse.

 

La question n'est pas de savoir qui avait raison. Le paquet n'était pas énorme et n'a pas « droit » à un siège. Il pouvait facilement être tenu sur les genoux. La dame pouvait s'asseoir ailleurs. Cela pouvait entraîner une discussion comme il y en a souvent, pour des futilités dans le bus. Mais pourquoi ce voyageur a-t-il éprouvé le besoin d'évoquer son vote et, par là, la couleur de la voyageuse ?

 

Cela me rappelle une histoire du même type, vécue il a une trentaine d'années. Je rentrais du métro à Ménilmontant, quand un grand noir me bouscule un peu, je lui demande de faire attention et, immédiatement, il me rétorque :

- Parce que je ne suis pas chez moi, ici ?

- Non, parce que vous me bousculez.

Nous en sommes restés là.

 

La tension a changé de camp ? Règne des deux côtés ? S'exprime plus ?

 

*Tous deux étaient noirs.

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Published by Paul ORIOL - dans Le Quartier
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