Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 21:09

 

Partant du constat que 750 000 emplois industriels avaient été perdus en 10 ans, que le déficit commercial s'élevait à 72 milliards d'euros et que la baisse du taux de marge et de la capacité d'autofinancement des entreprises grévait leur politique d'autofinancement et d'innovation, le Gouvernement, de gauche, a demandé, le 11/07/12, à un patron, de gauche, un rapport la « compétitivité, la croissance et l'emploi ». Ce rapport, devenu « Pacte pour la compétitivité de l'industrie française » a été remis au Premier ministre le 05/11/12.


 

Au delà du changement d'intitulé, la bataille autour de ce rapport a été conduite efficacement. Avant sa parution, une suite de fuites savantes a permis aux « compétents » de l'analyser pour préparer l'opinion publique, à travers annonces et démentis, aux glissements, aux décisions suggérées par le rapport.


 

Le diagnostic : « Le décrochage de l’industrie française, qui s’est amorcé dans les années 1970 s’est accéléré au cours de la dernière décennie...
La part de l'industrie... dans la valeur ajoutée totale, en France, est passée de 18 %, en 2000, à un peu plus de 12,5 %, en 2011... L'emploi industriel... de plus de 26 % de l’emploi salarié total en 1980 (5,1 millions de salariés) à 12,6 %, en 2011 (3,1 millions de salariés)... la part de marché des exportations françaises de 12,7 %, en 2000, à 9,3 %, en 2011... La balance hors énergie était de + 25,5 milliards d’euros en 2002, elle est de –25,4 milliards d’euros, en 2011. »


 

Les causes : « Les facteurs macroéconomiques sont essentiels, notamment le poids de la fiscalité lié au niveau élevé de la dépense publique.Le fonctionnement défectueux du marché des services– marqué par le poids des professions réglementées– génère également des surcoûts pour l’industrie. Le « millefeuille » administratif et la superposition des structures déconcentrées et décentralisées, le culte de la réglementation, couplé avec son instabilité, constituent un vrai handicap. Tous ces éléments ont été identifiés, notamment dans les rapports Attali sur la croissance ».


 

A noter l'hommage rendu par Louis Gallois à son prédécesseur, Jacques Attali, « homme de gauche », chargé par un gouvernement de droite de faire un rapport « pour la libération de la croissance française » en 2008. Hommage enterrement ? Hommage sincère ? Avec quel résultat ? Ou le rapport était nul, le silence suffisait. Ou c’était un bon rapport , non appliqué, mal appliqué ? Ce n'est pas dit. Nul n'est responsable.


 

Peu de voix se font entendre pour contredire le diagnostic. Surtout pas celles des politiques qui ont été au gouvernement de 1993 à 2012. Tous, ni responsables, ni coupables ! Surtout pas celles du patronat et particulièrement de la présidente du Medef, depuis 2005. Aucune responsabilité dans l'état décrit par le rapport.

A moins de considérer cette approbation du rapport sur la situation économique comme une autocritique subliminale ?


 

Ce déni de responsabilité permet à Me Parisot de communiquer largement, toujours avec une autorité intacte et vertueuse, ...sur ce rapport très positif et concentrer toutes ses forces sur sa mise en œuvre... «Le diagnostic posé par le rapport Gallois est juste. Il s’agit désormais de savoir quand et comment ses propositions seront mises en œuvre.(...) Le rapport Gallois établit un diagnostic sans appel de la perte de compétitivité des entreprises françaises, rejoignant les analyses du Medef. » Finalement, le patron « de gauche »rejoint les patrons ! Rien d'étonnant, car, à croire l'impudique Me Parisot «  La plupart des recommandations sont issues des réunions de travail entre Louis Gallois et les chefs d'entreprise" (Libération 05/11/10 – AFP). C'est plus clair ainsi !


 

Une proposition chagrine cependant Me Parisot : "la gouvernance des entreprises, en particulier pour la représentation salariée", le Medef "précise que ces sujets relèvent de la négociation nationale interprofessionnelle". C'était probablement la séquence patron « de gauche » du rapport !


 

Dans l'usine nouvelle du 30/10/12, Me Parisot pense que les causes ne sont pas assez claires dans le rapport. Elle tient à établir des responsabilités : « Se pose-t-on la question des pressions qu’ont subi ces deux grands constructeurs automobiles depuis une décennie – gouvernements de gauche et de droite confondus – pour limiter les adaptations que les dirigeants jugeaient nécessaires ? La responsabilité de l’État et des politiques ne doit pas être gommée ».


 

Ce sont les politiques qui sont les vrais responsables, gauche et droite confondus, dit-elle, magnanime ! C'est ce qu'ont du penser les électeurs qui ont renvoyé le gouvernement de droite, peut-être un peu plus responsable dans la durée. Mais les électeurs ne peuvent rien contre les dirigeants d'entreprise.


 

Dans cette dégradation de l'industrie française, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Alors que les conditions économiques, les dirigeants des grandes entreprises voient leur rémunération atteindre des sommets quelle que soit la qualité de leur gestion.

Quand les entreprises ferment, les travailleurs sont réduits au chômage et les responsables de l’entreprise sont grassement remerciés.


 

Finalement, le gouvernement va prendre des mesures légitimées par un rapport quasiment technique (comme le gouvernement technique de Mario Monti en Italie), incontesté, sauf aux extrêmes. Il va lisser ces mesures pour tenter de les rendre acceptables, s'efforcer de montrer que cela aurait pu être pire tandis que la droite, jouant son jeu, dira qu'il faut aller plus vite et plus loin.

Jusqu'à ce que ça casse ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche