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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 23:42

 

La primaire socialiste est ouverte à tous. Elle concerne particulièrement les citoyens qui se proposent de voter pour le candidat ou la candidate socialiste au premier ou au second tour de l'élection présidentielle. Sauf si on pense que la personnalité socialiste sera exclue du second tour ou qu'on n'a pas à choisir entre cette personnalité et la personne de droite qui lui sera opposée, Sarkozy ou Le Pen.

 

Préalable, l'élection d'un président de la République au suffrage universel direct fait-elle partie des « valeurs de la gauche » ? C'est discutable. Mais de moins en moins discuté à gauche en vertu du principe de réalité malgré tous les inconvénients démocratiques qui peuvent être attachés à ce mode de scrutin.

Était-ce nécessaire d'utiliser la même méthode pour désigner le candidat socialiste ? C'est encore plus discutable.

 

L'organisation de la primaire socialiste traduit une prise en considération de la popularité de ce type d'élection dans la population. C'est pourquoi le PS (et EELV), après un galop d'essai restreint en 2007, l'a étendue cette année. Il y a fort à parier que, si l'opération est un succès, ce mode de désignation des candidats s'étendra à d'autres formations. A d'autre élections ? Pour échapper au discrédit des partis politiques, à l'opacité de leur fonctionnement, à l'inamovibilité de leurs « éléphants » ?

 

Bien sûr, la politique ne se résume pas aux seules élections. Mais les élections en font partie. D'autres moyens sont à la disposition de militants qui veulent réellement changer les choses. Mais on a bien vu que le résultat du référendum organisé par le gouvernement en 2005 n'a pas été respecté par la représentation nationale parce qu'il n'était pas conforme à ses voeux. Que les retraites ont été laminées malgré la révolte de la rue sans relais suffisant au niveau institutionnel.

 

Devant ce déni, répété, de démocratie, on peut estimer qu'il n'y a plus qu'à se retirer en attendant ou en préparant le « grand soir ». Au nom de critiques « démocratiques », il faudrait rejeter la primaire et la présidentielle et, pourquoi pas, les institutions de la Vème République et ne pas participer ? Ou, à défaut d'autre perspective, doit-on utiliser toutes les occasions, dans la rue et dans les urnes pour essayer d'introduire son petit grain de sable ? Sans illusion. Sans renoncement.

 

Quoi qu'en disent experts et sondeurs, tout n'est pas joué.

Il y a eu deux primaires en France (socialiste en 2007, réservée aux adhérents avec « adhésions au rabais », écologistes ouvertes en 2011) et, dans les deux cas, experts et sondeurs se sont bien trompés. Cela ne les empêche pas de repartir de plus belle.
Un de nos éminents experts a même réussi à faire un livre sur les candidats éventuels de 2007 en oubliant de parler de celle qui s'est retrouvée en « finale ». Cela n'a pas mis fin à sa carrière. Qu'il continue avec la même assurance.
Quant aux sondeurs, la primaire leur donne du grain à moudre et du blé à engranger : 34 entre le 31 mars 2009 et le 15 septembre 2011 !!! (1).

 

Tous ont déjà sur leurs tablettes l'ordre d'arrivée de cette primaire. Mais rien n'est moins sûr. Ces résultats dépendent de la volonté d'un corps électoral dont nul ne connaît ni les contours, ni les intentions. Et les vrais résultats, peut-être inattendus, pèseront sur le second tour et sur les équilibres au sein du Parti socialiste.

De même que les résultats d'Éva Joly et de Jean-Luc Mélanchon, au premier tour de la présidentielle, joueront sur le second tour, sur les orientations de la gauche en cas de victoire mais aussi sur les mobilisations et les structurations futures.

 

Même si aucun des candidats ne défend le programme idéal,

Participer à la primaire est une façon de peser de sa petite voix sur les équilibres internes du PS au premier tour et, éventuellement, au second ;

Participer à la présidentielle au premier tour est une façon de peser sur les rapports de force à l'intérieur de la gauche à l'échelle nationale ;

Et de dégager Nicolas Sarkozy au second si c'est possible.

 

Bien sûr, on peut dire que tout cela est futile et que seules les luttes comptent. Mais combien, parmi ceux qui l'affirment, regarderont, écouteront, liront pour connaître les résultats de ces élections futiles et iront même manifester pour fêter la défaite éventuelle de Nicolas Sarkozy ?

 

NB: Peuvent participer à la primaire socialiste, tous les citoyens français inscrits sur les listes électorales avant le 31 décembre 2010, organisée les 9 et 16 octobre, s'ils s'acquittent d'une participation au frais d'organisation de 1 € minimum et signent l'engagement de reconnaissance dans les valeurs de la Gauche. Mais aussi, tous les mineurs qui auront 18 ans au moment de la présidentielle, ainsi que les mineurs membres du PS ou du MJS et les citoyens étrangers membres du PS ou du MJS s'ils se sont inscrits avant le 13 juillet.
Lors de la primaire organisée en Italie qui a désigné Romano Prodi comme candidat de l'ensemble de la gauche au poste de Président du conseil, le scrutin était ouvert aux résidents étrangers même s'ils n'appartenaient à aucune organisation politique.

 

1 – http://www.observatoire-des-sondages.org/L-humour-involontaire-de-la.html

 

PS 1 : Un article intéressant contre la primaire socialiste : http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/300911/primaire-socialiste-une-fuite-en-avant-qui-fragilise-la-gauche

 

 

PS 2 : Un autre sur la campagne Montebourg : http://www.slate.fr/story/44467/montebourg-campagne-demondialisation

 

 

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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Pierre GINESTE 05/10/2011 19:49


salut Paul,
à la lecture de ton blog, on se dit que tu es favorable à la participation au vote pour un candidat à la candidature, mais on n'a pas lu "je vais voter pour un candidat" ou "je vais voter pour
A.Montebourg, par ex".
Je suis un peu ennuyé pour choisir. Y aller ou pas? That is the question.
Au fond comme tu dis: puisque, même très critique vis-à-vis du programme social-libéral du PS, j'irai voter PS au 2ième tour. Autant donc donner quelques chances à celui qui s'annonce le plus
anti-libéral. Montebourg. Je crois que c'est ce que je vais faire.


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