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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 23:32

 

Les primaires ont été un succès au point de vue participation, que cela plaise ou non.

  • Succès lors des tables rondes télévisées, organisées entre les 6 candidats au premier tour et entre les deux candidats du second tour.

  • Succès au niveau de la participation électorale lors du premier tour.

 

Bien entendu, dans les 2 cas on peut mettre en évidence la relativité de ce succès en comparant le nombre de personnes qui n'ont pas regardé les débats (je n'en ai regardé aucun) ou le nombre de celles qui ne se sont pas déplacées pour voter (j'ai voté).

Mais tout cela est plutôt le fait de la mauvaise querelle. Il aurait été intéressant de demander, « avant », à tous ceux qui tendent à minimiser l'événement, quelle participation ils escomptaient.

 

Pour les critiques, ce succès (nié) est le résultat essentiellement de la pression des sondages. En fait, si les sondages ont à peu près annoncé les résultats de 4 candidats à la candidature (François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls, Jean-Michel Baylet), ils étaient complètement faux concernant et Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. Pour celle-ci, ils l'avaient sous estimée en 2007, ils n'ont pas prévu la profondeur de sa défaite en 2011. Comme ils n'ont pas vu venir la percée de Arnaud Montebourg.
On ne peut pas dire que celui-ci a été fabriqué par les sondages, ni par le microcosme qui lui était totalement opposé, y compris la gauche du PS qui avait choisi Martine Aubry.

 

Le succès de la primaire citoyenne, c'est aussi le désarroi de la droite qui ne sait par quel bout prendre ce bâton. Tous les arguments ont été avancés pour essayer de dévaloriser cette primaire sans y arriver, y compris auprès de ses propres troupes : les caciques n'ayant pas réussi à se mettre d'accord sur les fameux « éléments de langage ».

C'est faire preuve d'incohérence que de critiquer l'organisation d'une primaire, pour sélectionner un candidat, sans critiquer l'élection du président au suffrage universel direct. De plus, nos admirateurs des États-Unis ont quelques difficultés à critiquer un système que ceux-ci appliquent depuis de lustres !

Mais les plus réalistes commencent à annoncer leur ralliement à ce type de sélection pour la prochaine fois...

 

Une critique « démocratique » de ce type d'élection et de sélection est possible car il tend à marginaliser le rôle des partis politiques, des militants, au profit de « l'opinion publique », des médias et des sondeurs. Une vraie démocratie suppose une formation des citoyens qui peut se faire dans les organisations politiques, d'un débat public à travers par exemple une presse indépendante ce qui est loin d'être le cas actuellement, d'une presse diversifiée, libérée des pressions des annonceurs...
Élire un président de la République au suffrage universel direct, c'est favoriser la personnalisation au détriment du programme...

 

C'est là une critique de gauche, faite depuis toujours, surtout à l'élection présidentielle. Malheureusement, quelle qu'en soit sa justesse, elle est, la télévision aidant, de moins en moins audible. Les électeurs ont pris goût à cette élection qui est désormais intégrée au paysage politique, débats télévisés compris. C'est l'élection à laquelle le taux de participation est le plus élevé.

La primaire est né du mode d'élection du président de la République. Et le renforce. Ce qui semble avoir échappé au président de la République lui-même.

 

Inutile de revenir sur les arguments et prédictions successifs avancés par la droite qui ne traduisent que son désarroi. Retenons seulement la dernière salve.

 

Faire voter les mineurs et les étrangers, bien entendu, sans papier ! Un scandale ! Permettre la participation de personnes qui n'ont pas le droit de vote ! Cette sortie aurait dû permettre une réflexion sur les conditions de la citoyenneté.

La primaire étant une opération privée du PS, c'est au PS d'en fixer les modalités dans le respect d'un certain nombre de règles, notamment celles fixées par la Cnil par exemple.
Le PS a estimé que les 16-18 ans pouvaient voter. En Autriche, si mes renseignements sont exacts, les jeunes ont le droit de vote à 16 ans et c’est une proposition qu’on pourrait discuter. Il semble que le PS aille dans ce sens. Comme il n’y a pas de liste électorale des 16-18 pas, une façon d 'éviter les doubles votes de ces jeunes était de demander la carte d’adhérent du PS ou du MJS.

Même s’ils étaient étrangers. Si le PS n’avait pas autorisé ses militants étrangers à voter, cela aurait entaché sa crédibilité quant à la promesse de donner le droit de vote aux étrangers pour les élections locales. Promesse dont on peut espérer aujourd'hui qu'elle devienne réalité en cas de victoire de la gauche aux législatives de 2012, après le passage à gauche du Sénat.

Faire participer jeunes et étrangers membres du PS ou du MJS est une décision cohérente. Si le candidat du PS avait été désigné par les seuls adhérents du PS, ces jeunes et ces étrangers, membres du PS ou du MJS, auraient participé à la désignation de leur champion et auraient pu voter sans que personne s'en aperçoive ou trouve à redire. Comme le PS avait décidé d’ouvrir le choix à tous les citoyens, cela ne pouvait pas conduire à en exclure des militants du PS.

 

À noter que lors des primaires italiennes qui ont désigné Romano Prodi comme candidat de toute la gauche à la présidence du Conseil, tous les étrangers ont pu participer dans les mêmes conditions que les nationaux. C'est une façon concrète de faire avancer la citoyenneté de résidence.

 

Avec cette primaire citoyenne, tout n'est pas rose. Il va y avoir des blessures à cicatriser mais la résilience des politiques est importante. Cette campagne électorale a obligé des candidats ayant le même programme à se différencier les uns des autres. Elle va être étudiée sérieusement par la droite, pour voir dans quelle mesure elle pourra adopter cette technique lors de prochaines élections, peut-être même en dehors de la présidentielle. Surtout elle va lui permettre d'affiner ses angles d'attaques, de se servir d'arguments avancés par certains « camarades » contre celui ou celle qui finalement sera leur champion.

En pratique, bien que n'étant pas au PS, bien que très réticent face au système présidentiel et sachant que ma participation renforçait ce système, j'ai décidé de voter aux deux tours de cette primaire ce que je n'avais pas fait pour la primaire verte. Qui, me semble-t-il était, malgré son ouverture, une primaire interne.

Pour la primaire socialiste, j'ai considéré que je pouvais, avec ma petite voix, peser sur les équilibres internes au PS et sur le nom de celui ou celle pour qui je serai probablement amené à voter au second tour de la présidentielle.

Au premier tour, j'ai voté pour Arnaud Montebourg qui était, des 6 candidats en présence, le plus proche de mes idées. Pour renforcer la gauche au sein du PS.

La présence de Martine Aubry et François Hollande au second tout aurait pu dispenser de participer car leur ligne n'est guère différente en réalité : ils ont une histoire très proche, le même programme du PS...
Et pour ce second tour ils sont enfermés dans un jeu de rôle. Celui qui est en tête dans les sondages pense à la suite et à rassembler ceux qui lui permettront une victoire éventuelle contre Nicolas Sarkozy. Celle qui est en seconde position est obligée de forcer un peu le trait pour rallier la 3ème composante du premier tour.
Gageons qu'avec des résultats de la primaire différents, les rôles auraient été inversés. La seule limite à ne pas franchir étant de ne pas donner des billes à Nicolas Sarkozy.

La participation au second tour ne paraît pas absolument indispensable. Mais...

Alors que la France présidait l'UE, Martine Aubry était ministre des Affaires sociales et donc présidente des ministres européens des Affaires sociales. C'est un moment clé pour faire avancer certaines mesures ou au moins essayer de les faire avancer dans une Union européenne peu sociale. A mi-mandat, Martine Aubry a démissionné de ce poste essentiel pour rejoindre la mairie de Lille !

Martine Aubry a passé un contrat avec DSK et ne s'est présentée que parce que DSK n'était pas en mesure de le faire (Merci Nafissatou Diallo). Aujourd'hui Martine Aubry veut passer pour la représentante de l'aile gauche du PS alors qu'elle était prête à laisser la place à l'ancien président du FMI, qui a d'ailleurs voté pour elle...

Martine Aubry n'a pas fait preuve d'une énergie exemplaire quant à la fédération des Bouches du Rhône, malgré les informations fournies par Arnaud Montebourg. Qui d'ailleurs a recueilli dans ce département 21% des votes contre 17% en moyenne nationale.

Un résultat serré entre les deux candidats au second tour n'est pas favorable à la création d'une dynamique dans le cadre de l'élection présidentielle. François Hollande est arrivé en tête,au premier tour, accentuer son écart avec Martine Aubry le mettra en position plus favorable pour mai 2012.

« Dégager » Nicolas Sarkozy n'est pas le seul but de la prochaine présidentielle. Mais ce serait une première satisfaction.

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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commentaires

Alain Vriens 15/10/2011 09:13


Une petite remarque sur le vote des étrangers : la primaire se base sur les listes électorales. Or, nous sommes un certain nombre d'Européens inscrits sur des listes complémentaires pour les
européennes ou les municipales, mais pour voter aux primaires, il ne suffit pas d'être inscrit sur les listes, en plus il faut être français. Le PS n'est donc pas si ouvert au vote des étrangers
que cela.


Paul ORIOL 15/10/2011 09:53



Juste.
Amicalement


Paul



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