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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 12:02

Dans l'atmosphère délétère du sarkozisme, on pourrait être tenté de baisser les bras. Et pourtant, il existe de nombreuses raisons d'espérer, de faire face. Par exemple, en regardant seulement les questions qui touchent à l'immigration.


D'abord le fiasco du "grand débat" sur l'identité nationale malgré le soutien indéfectible de de la presse audiovisuelle amie et même de "référence" (1). Malgré l'utilisation pour soutenir l'idéologie officielle de l'administration préfectorale.


Un fiasco, parce que les historiens ont joué leur rôle et dénoncé ce qui se cachait derrière le débat. Avec l'aide des "excellences ministérielles" qui, à travers de nombreux dérapages, ont bien montré où ils voulaient en venir : la mise en accusation de l'immigration, bouc émissaire préélectoral. La population n'a pas suivi. Elle a compris que, face à la crise financière, le gouvernement cherchait une diversion pour ne pas endosser électoralement sa part de responsabilité sur le plan économique et social : dés son arrivée au pouvoir, le "petit frère des riches" (2) instaure le boucler fiscal pour quelques uns et s'attaque à la protection sociale de la majorité des autres...


Cette volonté de faire porter la responsabilité de la crise à l'immigration et aux immigrés correspond bien à l'utilisation du "choc des civilisations", à la division des victimes de la crise au bénéfice de ceux qui en sont responsables. Utile en temps de crise, elle ne date cependant d'aujourd'hui. La résistance non plus.


Depuis 30 ou 40 ans (les premières grèves de la faim), des vagues successives de travailleurs en situation irrégulière demandent leur régularisation. Ils ont su utiliser toutes les possibilités démocratiques pour se faire entendre. Depuis les grèves de la faim jusqu'aux aux occupations d'églises hier, d'entreprises aujourd'hui. Depuis la grève dans les usines ou dans l'agriculture, suite à l'assassinat de travailleurs maghrébins en 1973, jusqu'à la "journée sans immigrés, 24 heures sans nous" du 1er mars 2010 : journée de non-participation (production-consommation) des immigrés à la vie économique du pays, des travailleurs immigrés, des travailleurs issus de l'immigration et tous ceux qui se sentent solidaires...


Le refus majoritaire de la population de participer à la stigmatisation des immigrés se voit à travers les sondages sur le droit de vote. Malgré les campagnes systématiques de dénigrement, l'opinion publique, à travers les sondages, se déclare de plus en plus favorable au droit de vote. Le taux de réponses favorables lors des sondages de la Lettre de la citoyenneté sur le droit de vote aux élections municipale et européennes est passé de 30% au milieu des années 90 à 51% en 2008. Désormais 55% des sondés sont favorables au droit de vote aux élections locales (municipales, cantonales et régionales) et à 65% aux élections municipales. La population est en avance sur les partis qui sont plutôt timorés sur la question.


Différents moyens sont apparus  dans la société civile pour s'opposer à la politique répressive des gouvernements : Réseau éducation sans frontière qui réunit enseignants, personnels de l'éducation nationale, parents d'élèves, élèves, syndicalistes pour se solidariser d'enfants scolarisés et de leur famille en voie d'expulsion ; "Amoureux des bans publics" autour des mariages mixtes empêchés par l'administration alors que c'est un signe d'intégration même si certains peuvent poser problème ; "Ni une, ni deux, mettons fin à la double violence faite aux femmes étrangères". .. Dans le même temps, de nombreuses personnes sont inquiétées, seulement parce qu'elles ne supportent pas les conditions qui sont faites à des immigrés sans papiers, et le ministre a été obligé de reculer publiquement sur le "délit de solidarité".


Le président de la République a hérité de la "Cité nationale de l'histoire de l'immigration" qui a ouvert ses portes sans que lui-même, le Premier ministre ou le ministre en charge de l'immigration aient pu trouver le temps de l'inaugurer officiellement. Il y a pourtant là un outil utile pour intégrer l'immigration à l'histoire de France et les immigrés et leurs descendants à la société française. Mais si l'intégration de l'immigration est dans le titre du ministère, ce qui intéresse le ministre et le président, c'est plus l'opposition identité nationale-immigration que participation de l'immigration à l'identité nationale.

 

Devant la floraison des dérapages verbaux de plus en plus fréquents des ministres, les personnes immigrées ou d'origine immmigrée lancent pour le 1er mars "une journé sans immigrés : 24 heures sans nous". Ils reprennent par là une initiative du MTA qui avait lancé le 14 septembre 1973, une « grève générale des travailleurs arabes » dans les usines puis une deuxième vague dans le secteur de l'agriculture. Aujourd'hui, ils modernisent leur initiative en faisaint de cette journée une journée sans production mais aussi sans consommation !


Devant le fiasco du grand débat, en vue de les élections régionales, on en revient aux vieilles ficelles : on régionalise la portée de ces élections, tout en sortant une nouvelle loi sur l'immigration et en faisant monter la pression sur la sécurité.


Tous ces mouvements de résistance qui viennent de "nulle part", viennent quelquefois de "grandes associations" mais surtout pas des politique, visent à faire prendre conscience à toute la population que les immigrés sont parmi nous, dans tous les segments de la société : à l'école, dans les familles, sur les lieux de travail, sur les lieux de consommation. Et qu'il sont cessaires à la vie du pays et doivent être pris en compte sur tous les plans dans la vie de la cité.né


(1) Daniel Schneidermann rappelait, dans "arrêt sur image", les propos d'Eric Fottorino dans Le Monde du 7 novembre 2009 : "Plutôt que d'alimenter le vain débat sur l'opportunité du débat, ce qui fera gagner en temps ce qu'on perdra en polémique, il nous paraît plus utile d'aller d'emblée au fond de l'affaire : quels sont les traits de l'identité nationale".
(2)

 

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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