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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 08:59

 

 

A l'occasion des 100 jours de la présidence de François Hollande, de nombreuses réflexions portent sur l'inertie, l'absence d'événements... A croire que le sevrage des politiques et les journalistes est difficile et qu'ils ont la nostalgie de l'agitation qu'ils critiquaient hier.


 

 

Dans ce « calme plat » de l'été, la première chose à remarquer est le « calme plat » des agences de notation, des bourses.... En 2007, Sarkozy nous avait annoncé le retour de la confiance, grâce à son élection. En 2012, c'était l'apocalypse s'il n'était pas réélu... dans les 2 cas, ses prévisions étaient fausses. Avec l'élection de François Hollande, les marchés devaient s'abattre sur la France, lui faire perdre son triple A qu'elle avait perdu auprès d'une agence sous Sarkozy, le taux des emprunts allait atteindre ceux de l'Espagne ou de l'Italie, voire ceux de la Grèce. Il ne s'est rien passé de tout cela. Et la France peut emprunter à court terme avec des taux négatifs pour la première fois !!!


 

 

Avec un brin d'humour noir, c'est ce calme des marchés qui devrait inquiéter la critique de gauche. Fidèle à lui-même, François Hollande chemine sur la crête. Arrivera-t-il à tenir longtemps l'équilibre ? A appliquer son programme sans que les marchés se déchaînent ? Pour le moment, seul Warren Bufet, milliardaire américain philanthrope et investisseur, a recommandé de ne pas investir en France.

 

 

 

Quant à ses 60 engagements, François Hollande ne devra pas attendre 60 mois pour les tenir. C'est dans les premiers mois qu'il faut donner l'orientation et entreprendre les changements fondamentaux, quant aux effets, ils ne peuvent être immédiats.

 

 

 

Pour le moment, le gouvernement est en train d'en mettre quelques uns en place... : banque publique d’investissement (engagement 1), recrutement dans l’Éducation nationale, non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux et première conférence sociale (10), hausse de 25 % de l'allocation de rentrée scolaire (16), rétablissement partiel de la retraite à 60 ansau titre des carrières longues (18), encadrement de l’évolution des loyers, renforcement des obligations des collectivités en matière de construction de logements sociaux, augmentation des sanctions financières pour les communes à la traîne, mobilisation du foncier public (22), droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels (23), contrat de génération (33) annoncés pour 2013, réduction de 30% la rémunération du président de la République et des ministres (47), mise en place de 24 zones de sécurité prioritaire (52), retrait immédiat des troupes d’Afghanistan (59). Mesures partielles, insuffisantes dont il reste à voir comment elles seront mises en action et quel en sera les résultats...

 


 

Tout ceci, loin d'être négligeable, n'est pas flamboyant mais témoigne du changement. Peut-être, le rôle d'un président de la République n'est-il-pas d'être sur le pont à la moindre occasion mais de prendre la parole pour donner sens aux mesures prises au niveau des différents ministères.


 

 

Restent les premiers reculs qui sont plus inquiétants que le « calme » : sur les Roms, sur les contrôles au faciès, la démission d'une ministre face aux exigences des pétroliers...


 

 

Les moments les plus durs sont à venir : la réforme fiscale et la politique européenne. Il y a fort à parier que la réforme fiscale, tant attendue, ne sera pas exactement la Révolution fiscale (1). Elle suscitera cependant d'autres réactions que le regret de l'inertie. Il suffit de voir comment l'opposition a accueilli le budget rectificatif qui loin d'être révolutionnaire a cependant marqué une orientation différente de celle du gouvernement précédent.

On peut regretter la continuité des engagements sur les critères budgétaires et l'acceptation du nouveau traité. Il n'empêche que là où le gouvernement précédent ne voyait le salut que dans la réduction des dépenses donc, essentiellement, du budget social, celui-ci augmente les recettes.

 

 

Le Figaro rappelle tout ce que l'UMP aurait voulu voir censuré, sans succès, par le Conseil constitutionnel dans la loi de finances rectificative qui, pour cette année, comporte 7,2 milliards d'impôts nouveaux d'ici à la fin de l'année contre un effort sur les dépenses de l'État de 1,5 milliard d'euros : suppression des allègements sociaux sur les heures supplémentaires, contribution exceptionnelle sur la fortune au titre de l'année 2012, taxe exceptionnelle sur la valeur des stocks de produits pétroliers, réforme de la participation de France Télécom au budget de l'État pour la prise en charge de la retraite de ses fonctionnaires, assujettissement aux prélèvements sociaux des revenus immobiliers perçus par les non-résidents, suppression de la prise en charge des frais de scolarité des enfants scolarisés dans un établissement français à l'étranger, hausse du prélèvement social sur les stock-options, hausse du forfait social, suppression de l'allègement de l'ISF voté l'an dernier...


 

Mais c'est dans les prochaines semaines que la place va s'animer : avec les débats sur la réforme fiscale et sur le traité...

Sur le traité, une fois de plus, François Hollande n'a pas voulu aller à l'affrontement violent avec Angela Merkel et il n'a pas obtenu d'introduire la croissance qui reste en annexe. Il a accepté la « règle d'or » que beaucoup, non seulement à gauche, estiment catastrophique justement pour la croissance, il a accepté de faire pression sur le gouvernement grec alors que chaque exigence de l'UE enfonce un peu plus le peuple grec. Mais il a aussi évité l'enfermement dans le tête à tête perdant avec l'Allemagne d'A. Merkel en essayant de s'allier avec l'Italie et l'Espagne...


 

 

Dans les semaines qui viennent, le débat sur le traité n'agitera pas seulement la France. Mais l'Allemagne avec la sentence de la cour de Karlsruhe qui tombera le jour des élections législatives aux Pays-Bas, la Finlande avec ses élections municipales en octobre qui vont marquer une nouvelle progression populiste....

 

 

Réforme fiscale, traité européen, les 100 jours importants sont devant nous. C'est à ce moment là qu'on pourra juger François Hollande.

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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