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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 09:38

L’Église orthodoxe bulgare, plus de 80% de la population, appelle le gouvernement à ne plus laisser entrer de migrants musulmans. «Nous aidons les réfugiés déjà arrivés dans notre patrie, mais le gouvernement ne doit en aucun cas laisser entrer plus de réfugiés... Il s’agit d’une vague qui adopte tous les traits de l’invasion». Libération 27/09/15

Après la suspension des ventes de nouveaux modèles diesel Volkswagen en Suisse, la Begique interdit la vente de 3 200 véhicules diesel sur son sol. Euronews 26/09/15

Percée de l’extrême droite en Autriche. Le FPÖ (parti de la liberté) a obtenu 30 % des voix aux élections régionales de Haute-Autriche, soit le double par rapport au scrutin de 2009. La formation est l’alliée du Front national au PE. La campagne s’est focalisée sur le refus de l’accueil des réfugiés en provenance de Syrie. Contexte 28/05/15

Courte majorité pour les indépendantistes catalans. Les formations pour l’indépendance de la Catalogne ont obtenu 72 sièges (Ensemble pour le Oui et CUP), sur les 135. Toutefois, ils n’ont récolté de 47,8 % des suffrages exprimés. Ce manque de majorité absolue en terme de voix n’empêche pas les vainqueurs d’hier soir de s’estimer légitimes pour entamer un processus de séparation d’avec le reste de l’Espagne. Contexte 28/05/15

L'entreprise française Veolia est au cœur d'un scandale de corruption à Bucarest où les autorités locales auraient reçu des pots-de-vin en échange de l'augmentation du prix de ses services. Euractiv 28/09/15

Juncker, président de la CE, lors du 13e congrès de la Confédération européenne des syndicats, ce projet, au premier semestre 2016, prévoira un « plafond des droits sociaux qu’on ne peut pas corriger vers le bas ». Il n’est « pas question de toucher au sacro-saint principe de la liberté des travailleurs ». « Le contrat de travail normal est à durée indéterminée ».

Hollande : « Nous imaginons avec l’Allemagne d’avoir un eurogroupe social à l’image d’un eurogroupe économique et financier » (discours à la CES). L’idée de disposer d’une instance qui permette de rééquilibrer les objectifs monétaires et sociaux dans la zone euro a déjà été proposée en 2013 par les ministres français et allemand du Travail. Contexte 30/09/15

Élu du groupe libéral (ADLE), J. van Baalen a démissionné de ses fonctions de lobbyiste de la fédération néerlandaise de l’automobile après avoir reconnu qu'il percevait 8 000 euros par an de cette organisation et 4 000 de Mercedes. Désormais uniquement parlementaire européen « pour pouvoir participer librement aux débats qui concernent Volkswagen ». Contexte 01/10/15

le Liban, véritable poudrière : Près d'un tiers de la population libanaise est constituée par des réfugiés, surtout palestiniens et syriens. La prochaine vague d'immigration vers l'Europe sera originaire de ce pays : " Laisser, faute de moyens, se propager et se perpétuer la misère, c'est faire de ces camps des viviers de terroristes. Et une intégration à l'européenne étant exclue, les subventions internationales ne serviraient, en améliorant leur sort, qu'à fixer sur place ces malheureux, au nom d'un provisoire dont les Libanais, mieux que quiconque, savent combien il peut durer..." 30/09/15 L'Orient le Jour – Liban Eurotopics

Interdépendance l'UE et Turquie : Tages-Anzeiger, le quotidien de centre-gauche appelle l'UE à faire un pas vers la Turquie : " Les détracteurs d'une adhésion de la Turquie à l'UE ont toujours affirmé que celle-ci sonnerait la fin de l'union politique, la mort de l'idée européenne. Vraiment ? Le déchirement du pays fait partie intégrante de l'identité de la Turquie. Une caractéristique qui s'avère être un atout, qui la qualifie pour avoir sa place dans cette communauté en tant que membre d'une Europe tournée vers l'extérieur. L'UE ne peut à présent plus faire comme si le monde musulman ne la concernait pas. La menace du groupe terroriste Daech et la crise des réfugiés prouvent le contraire. Les airs de sultan que se donne le chef de l’État ne peuvent pas non plus être la raison de garder ses distances par rapport à la Turquie... A l'ère post-Erdoğan, la Turquie aura plus que jamais besoin de l'UE." 05/10/15 Eurotopics Tages-Anzeiger - Suisse

" Contrairement à ce qui s'est produit en Grèce, il n'y a jamais eu de querelle idéologique sur la nécessité de maîtriser les déficits publics et la dette. Le débat s'est toujours cantonné aux moyens de réaliser ces économies… Le Portugal s'est-il remis de la crise de l'euro ? Le problème du déficit public a été traité, les dettes s'élèvent à 125 % du PIB. Deuxième dette au sein de la zone euro, énorme fardeau pour l'avenir. Le moindre fléchissement de la conjoncture européenne serait funeste. Si la zone euro marque le pas, le Portugal chute… La victoire de Passos Coelho peut-elle vraiment être interprétée comme une victoire du programme de réformes européen ? La question se pose. " De Tijd Belgique 05/10/15

Le Premier ministre tchèque propose que des soldats tchèques, polonais et slovaques soient dépêchés en Hongrie pour participer à la surveillance des frontières du pays : " Les États du groupe de Visegrád doivent se garder d'attiser un peu plus le litige entre ceux qui veulent accueillir les réfugiés et ceux qui veulent les expulser. L'UE a besoin de consensus. Pourquoi ne propose-t-il pas son aide à la Grèce, par laquelle transitent en premier lieu les réfugiés avant d'arriver aux portes de la Hongrie ? Les '4 de Visegrád' feraient mieux de renoncer à de tels gestes de 'solidarité', car ceux-ci ne font que donner l'impression qu'ils cautionnent des positions extrémistes. " Eurotopics Sme – Slovaquie 05/10/15

Angela Merkel et François Hollande se sont entretenus avec les présidents russe et ukrainien sur la crise ukrainienne. Cette rencontre est un échec sur toute la ligne : " Le problème n'est pas la question du leadership en Europe mais le fait que l'Allemagne et une France économiquement affaiblie se posent en représentants de l'Europe, sans disposer de mandat et sans consulter leurs partenaires… Sans représentant de la CE, sans la responsable des affaires extérieures de l'UE… L'échec de Merkollande était prévisible car, à aucun moment, cette rencontre n'aspirait à résoudre la crise ukrainienne et à sanctionner l'annexion de la Crimée. On n'évoque guère, ces derniers temps, les changements arbitraires de frontières en Europe et les agressions en Ukraine orientale. Mais on fait pression pour obtenir un cessez-le-feu et la reconnaissance de faits établis par les Russes dans la région. Le perdant dans l'histoire, c'est l'Ukraine." Eurotopics Evenimentul Zilei – Roumanie 05/10/15

En 2014, le déficit public de l'UE est à 2,9 % du PIB, 2,4 % pour la zone euro. Entre 2011 et 2014, baisse de 32,6 % (UE), et de 39,4 % (zone euro).
En 2013, 13 États sur 28 ont dépassé les 3 % : Chypre(8,8 %), Espagne (5,8 %), Croatie et Royaume-Uni (5,7 %). 15 États demeurent dans les clous : Danemark (1,2 %), Allemagne (0,7 %), Estonie, Luxembourg (0,6 %). Progrès les plus notables de 2013 à 2014 : Slovénie, chute du déficit public de 10 points de PIB, Grèce baisse de 8,8 points.
En 2014, France : déficit public à 4 % du PIB. Entre 2013 et 2014, il n'a baissé que de 0,1 point de PIB. Entre 2013 et 2014, sur l'ensemble de l'UE, la part du déficit a baissé de 0,3 point. Dans la zone euro, la baisse a été de 0,5 point. Toute l'Europe 01/10/15

Eurostat. Au dernier trimestre de 2014, la dette publique des 28 États membres est de 86,6 % du PIB (zone euro 92,1 %). Entre 2013 et 2014, l’endettement a augmenté de 1,3 point dans toute l'UE, de 1 point dans la zone euro.
Six pays ont une dette supérieur à 100 % du PIB : Grèce (176 %), Italie (131,8 %), Portugal (131,4 %), Irlande (114,8 %), Belgique (108,2 %), Chypre (104,7 %). Douze États sont sous le seuil de 60 % du PIB, les plus bas Estonie (10,5 %), Luxembourg (22,9 %), Bulgarie (23,6 %) et Roumanie (38,1 %).
La dette publique de la France est supérieure à celle de l’UE et de la zone euro : 95,3 % du PIB en 2014, 91,9 % en 2013. Toute l'Europe 27/03/15

Une pétition signée par trois millions de personnes opposées à l’accord commercial UE-USA sera remise à la CE le mercredi 7 octobre. Euractiv.fr 07/10/15


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1983, Marche pour l'égalité contre le racisme de Marseille à l’Élysée. 2015, Marche Alternatiba de Bayonne à République. Hollande : rien ! 30/09/15

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CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 14:52

64% des entreprises du CAC40 sont contrôlées par une famille entière contre 20% aux États-Unis et 24% en Grande-Bretagne. Le Figaro 16/09/15

Le Conseil national suisse a voté à une large majorité l’échange automatique de renseignements fiscaux. Ce dispositif complexe s’appliquera dès 2018, avec des garde-fous. Le parlement examinera chaque accord signé avec un État partenaire. Le Figaro 16/09/15

Les28 confirment leur engagement à réduire, d’ici à 2030, « d’au moins 40 % » leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. Le Monde 19/09/15

Le groupe allemand se voit sommé par le gouvernement américain de rappeler quelque 482 000 véhicules Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux États-Unis, sur lesquels a été installé un logiciel permettant de minimiser les rejets polluants en cas de test... Ce sont 11 millions de véhicules dans le monde, Volkswagen, Audi, Porsche, Seat et Skoda, qui sont équipés de ce logiciel de trucage, comme le groupe a fini par le reconnaître. Un scandale qui l'oblige à provisionner 6,5 milliards d'euros dans ses comptes. Le constructeur s’expose également sur le territoire américain à une amende qui pourrait atteindre 18 milliards de dollars et à des poursuites pénales à l’encontre de ses dirigeant.
Si une enquête européenne, comme l’a demandé le ministre français des Finances Michel Sapin, devait montrer que la fraude s’étend à d’autres constructeurs en Europe, l’avenir du diesel et des industriels qui ont parié sur lui s’obscurcirait sérieusement. Alter éco + 22/09/15
Les réfugiés rêvent de Suède, de Norvège, de Finlande ou d'Allemagne: la France reste l'un des pays européens les moins plébiscités.
Les 28 États de l'UE sont convenus de mobiliser au moins un milliard d'euros pour les agences de l'ONU d'aide aux réfugiés dans les pays voisins de la Syrie : Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés et Programme alimentaire mondial. Les États vont aussi assister le Liban, la Jordanie et la Turquie "et d'autres pays" pour faire face à la crise syrienne...".
Exception faite du Danemark, dont les positions fermes ont résonné jusque sur les routes d'Europe, les pays scandinaves sont plébiscités. En Finlande, premier semestre 2015, 54% des demandes d'asile d'Irakiens ont été acceptées contre 33% en Suède... Mais la Finlande a renforcé les contrôles à sa frontière avec la Suède et des manifestations contre l'immigration ont eu lieu dans plusieurs villes.
Quand on demande aux Syriens, aux Afghans où ils vont : Allemagne, Allemagne, Allemagne. Beaucoup y ont de la famille ou des amis. Les images de l'accueil chaleureux dans les gares d'Autriche ont séduit.
La France, "patrie des droits de l'Homme", ne jouit pas de cette image. Rares sont les migrants qui veulent la gagner. Tous ont des proches ou des connaissances qui ont vu leurs demandes rejetées.
Le Royaume-Uni est connu pour ses opportunités économiques et attirant.
Aucun migrant rencontré par les journalistes de l'AFP n'envisage d'aller dans un pays du sud de l'Europe. L'Espagne s'est pourtant déclarée prête à accueillir 14.931 migrants, le troisième plus gros contingent européen après l'Allemagne et la France. Huffington post 23/09/15

Le président du groupe des socialistes et démocrates au PE, a réclamé la suspension temporaire du parti SMER, dont fait parti le premier ministre slovaque Robert Fico. « Les positions prises par R. Fico ont embarrassé l’intégralité de la famille progressiste». R. Fico a déclaré que la « migration massive de migrants musulmans qui commenceront à construire des mosquées ne sera pas tolérée »; il a évoqué la « restriction de liberté des musulmans en Europe », et déclaré que « la Slovaquie est construite pour les Slovaques, pas pour les minorités ». Euractiv 24/09/15

"Les caisses noires de Siemens, les fraudes de la Deutsche Bank, la monstrueuse duperie de Volkswagen et même l'attribution scandaleuse de la coupe du monde au Qatar n'auraient jamais été dévoilées ni sanctionnées sans une enquête menée aux États-Unis. Ceci est difficilement conciliable avec l'image faussée que se font les adversaires d'un accord de libre-échange avec les États-Unis, selon lesquels les consommateurs allemands pourraient être intoxiqués par du poulet chloré. En réalité, la protection des consommateurs est une idée qui nous vient de l'Amérique. On la prend d'ailleurs beaucoup plus au sérieux là-bas que chez nous." 24.09.15 Eurotopics Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Volkswagen : "Seul sujet que nos confrères allemands n'ont pas abordé… Comment le pays d'A.Merkel qui n'a cessé de taper sur les doigts des Grecs, 'tricheurs', 'menteurs' et 'truqueurs', pourra-t-il maintenir la pression quand la Grèce va devoir réclamer – inéluctable – un quatrième plan d'aide ou un effacement de la dette ? Il ne s'agit pas de 'Schadenfreude', une " joie maligne" au malheur d'autrui. Mais d'une véritable interrogation sur ce que le mot 'faute' recouvre exactement dans l'esprit des Allemands." 22.09.15 Eurotopics L'Obs

Résolution des Nations-Unies en faveur de la restructuration des dettes publiques adoptée par 136 voix contre 6 (Allemagne, Canada, États-Unis, Israël, Japon et Royaume-Uni) et 41 abstention dont la France. Politis 24/09/15

La Sicile a secouru 150.000 migrants depuis 2014, elle abrite, à Mineo, le plus grand centre d'accueil de réfugiés d'Europe. Ici, les fameux " hot spots " réclamés par Paris ne suscitent guère l'enthousiasme. Les Italiens les veulent de l'autre côté de la Méditerranée, en Tunisie ou au Maroc. Le Figaro 24/09/15

« Aujourd’hui, la zone euro est gouvernée par un club informel, l’Eurogroupe, qui organise l’affrontement des intérêts nationaux plutôt que l’émergence d’un intérêt commun à la zone euro ». P. Moscovici a proposé de renforcer « le rôle et les pouvoirs » de la CE. La gestion de la zone euro devrait être confiée à un ministres des Finances européen, issu de l’exécutif européen. Contexte 25/09/15

Pour A.Merkel, les Européens sont « très loin » d’avoir résolu la crise des réfugiés. Elle plaide pour la création d’un mécanisme permanent de relocalisation des personnes. La CE a fait une proposition en ce sens, mais les États ne se sont pas encore prononcés sur le sujet. Contexte 25/09/15

L’Espagne a entamé un impressionnant processus de décentralisation, en concédant de plus en plus de pouvoirs aux communautés autonomes : éducation, santé, services sociaux... La Catalogne est la région qui en a le plus obtenu. Mais le financement n’est pas satisfaisant.
Pour les nationalistes, beaucoup désormais indépendantistes, la Catalogne ne reçoit pas assez par rapport à ce qu’elle apporte., injustice qui étouffe le développement de l’économie catalane.
La Catalogne est une région riche, elle a, en parité de pouvoir d’achat, un revenu par habitant qui s’élève à 111 % de la moyenne européenne, celui de l’Espagne est de 94 %. Ses positions s’expriment par un slogan « l’Espagne nous vole » et par un chiffre : 16 milliards d’euros, soit 8,4 % du PIB catalan.
Données du gouvernement (2012) : communautés qui paient plus qu’elles ne reçoivent : Madrid (- 9,57 % du PIB régional), Baléares (-5,08 %), Catalogne (-3,75 %), Valence (-1,5 %). A l’inverse, Ceuta et Melilla (24,5 %), Estrémadure (15,6 %), îles Canaries (8,58 %), Asturies (8,4 %) et Andalousie (6 %) bénéficient plus qu’elles ne contribuent au budget national.
En revanche, deux communautés riches, Pays Basque et Navarre, revenu par habitant de 122 % et 116 % de la moyenne européenne, ont un régime privilégié hérité de l’histoire, solde positif supérieur à 2 %. De quoi attiser les revendications catalanes.. Alteréco + 24/09/2015

La révélation la plus spectaculaire vient sans doute du Guardian qui assure avoir eu accès aux documents prouvant que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont fait du lobbying auprès de la CE pour rendre plus souples (plus favorables aux constructeurs) les tests antipollution.
Le Royaume-Uni a fait pression auprès de la CE pour que cette pratique soit toujours autorisée dans le nouveau test. "L'Allemagne est allée plus loin, demandant que les tests soient effectués sur des circuits en pente descendante, et que les constructeurs soient autorisés à déclarer un chiffre d'émissions de CO2 4% plus bas que celui mesuré". La France "a appuyé toutes ces propositions, sauf celle concernant le chiffre de 4%". Arrêt sur image 25/09/15

« Les producteurs allemands, avec des voitures plus grandes et plus polluantes, se sont heurtés depuis 2005 à leurs collègues français et italiens, plus disposés à accepter des contraintes. Les limites ont été fixées mais les contrôles ont été confiés aux autorités nationales : une décision voulue par les groupes automobiles allemands ». Corriere della Sera 25/09/15


CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 21:21

« Le musée est une institution indispensable à l'avenir. Il ne cesse de s'en créer. Les villes grandissent, deviennent autonomes ; chacune veut son musée, pour exister, pour rayonner dans le monde. » (1)

Les touristes nationaux et étrangers, la France est la première destination internationale (84,7 millions de touristes internationaux en 2014), contribuent au développement économique (7 % du PIB). Si Paris est la ville la plus visitée (32 millions en 2013 dont 15,5 étrangers), de nombreuses communes cherchent à mettre en valeur leurs richesses locales, à les développer avec l'espoir d'attirer de nouveaux touristes et d'en tirer profit : sites naturels ou historiques, manifestations culturelles plus ou moins traditionnelles, festivals multiples malgré les difficultés financières du moment. Du moindre village aux plus grandes villes, les efforts d'embellissement sont notables à travers tout le pays.

Dans ce concours de séduction, les musées occupent une place importante, notamment par les emplois et des retombées économiques pérennes qu'ils entraînent. Ainsi, grâce à des délocalisations spectaculaires, les richesses du Louvre s'exposent à Lens et celles de Pompidou à Metz. Ce qui entraîne une plus grande visibilité pour des œuvres jusque là enfouies dans les réserves de la maisons mère et, aujourd'hui, présentées à de nouveaux publics locaux, régionaux et même venus de pays voisins. Avec un impact économique qui semble plus important à Lens.

Musée du Louvre-Lens

Musée du Louvre-Lens

Les pérégrinations estivales dans l'hexagone nous ont permis de voir d'autres villes qui, sans bénéficier de déconcentrations, de l’utilisation de réserves aussi importantes que celles d'un navire amiral comme Le Louvre ou le Centre Pompidou, tentent de profiter de situations particulières pour attirer de nouveaux visiteurs.

 

La ville de Rodez, profitant des importantes donations de Pierre et Colette Soulages, plus de 500 œuvres et documents, a construit un musée pour exposer des œuvres de l'enfant du pays, peintre français contemporain le plus connu, Pierre Soulages. En plus du fonds Soulages, le musée, inauguré en mai 2014, pourra présenter des expositions temporaires de peintres contemporains. Et, un plus pour Rodez, dans l'enceinte du musée est installée la brasserie de Michel Bras, cuisinier « étoilé », lui aussi enfant de l'Aveyron.


 

Si Rodez était déjà un site touristique très fréquenté (300 000 visiteurs de la cathédrale), le musée Soulages qui a reçu 250 000 visiteurs durant sa première année d'existence (mai 2014-mai 2015) est un atout supplémentaire pour la ville. Par ailleurs, à quarante kilomètres de là, Pierre Soulages a réalisé les vitraux de l’abbaye de Conques, étape importante sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle (500 000 visiteurs par an).

 

Le billet d'entrée du musée Soulages peut être couplé avec ceux des deux autres musées de la ville qui bénéficient ainsi d'une visibilité supplémentaire déjà constatée au niveau de leur fréquentation, notamment au musée Fenaille où on peut voir une collection de statues menhir dont la région est particulièrement riche.

 

Statue-Menhir

Statue-Menhir

Cas de figure similaire, autour d'un célèbre peintre originaire de la ville, le musée Henri Toulouse-Lautrec à Albi, ville natale du peintre. Classée depuis 2010 au Patrimoine mondial de l'humanité, Albi est connue par son impressionnante cathédrale, Sainte Cécile, fortifiée pour lutter contre les Cathares, et son palais de la Berbie, ancien palais des archevêques, qui loge le musée. Celui-ci abrite la plus importante collection d’œuvres du peintre et enregistre chaque année plus de 175 000 entrées.

 

NANTES ET AUTRES LIEUX

Changement d'échelle, avec la création du MuCEM à Marseille, deuxième ville de France par sa population, capitale européenne de la Culture en 2013. Il ne s'agit plus seulement d'un musée centré sur un artiste ou même d'un musée d'art au sens classique mais du remaniement complet d'un quartier de Marseille autour du MuCEM : musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, sur un site occupé au moins depuis le VIe siècle avant J-C.

NANTES ET AUTRES LIEUX

Véritable décentralisation, le MuCEM succède au Musée national des Arts et Traditions populaires de Paris, fermé en 2005. Mais au delà, il se définit comme un « musée de société » ouvert au monde méditerranéen qui se propose, avec la villa Méditerranée, le Silo, Le Fonds régional d'art contemporain..., d'assumer l'histoire de Marseille, son ouverture au monde méditerranéen, la diversité de sa population...

Marseille, avant la MuCEM, c'est Paris avant la tour Eiffel ! Il ne fait pas de doute que le MuCEM est une pièce maîtresse dans le développement du tourisme à Marseille en même temps que le quartier devient le nouvel espace central de la ville que peut se réapproprier la population marseillaise dans sa diversité.

 

Ce qui se passe à Nantes est encore différent. Depuis les ducs de Bretagne, Nantes a connu des périodes florissantes :

Navire Négrier Fraternité

Navire Négrier Fraternité

- Celle du tristement célèbre commerce triangulaire avec la traite des esclaves : au cours du XVIIIe siècle : la ville de Nantes a affrété des navires qui ont transporté 450 000 Noirs, soit 42 % de la traite française. Ce « commerce » enrichissant est à l'origine de constructions telles que théâtre, bourse, places, hôtels particuliers, « folies ». La traite ne prendra fin qu'en 1831.
Ce passé n'est pas oublié et assumé dans un Mémorial.

- Puis une forte industrialisation au XIXe siècle avec en particulier les chantiers navals. Cette période s'est terminée avec la fermeture des chantiers Dubigeon en 1987, après la livraison du « Bougainville ». Le secteur tertiaire est aujourd'hui dominant à Nantes, même si l'agglomération se situe au 1er rang français pour l'agroalimentaire, au 2e pour l'aéronautique...

- Suite à la désindustrialisation, Nantes hérite alors d'une importante friche industrielle, l'île de Nantes, que d'aucuns auraient voulu transformer en zone commerciale et qui va devenir peu à peu l'île de la création.

L'île de Nantes fait l’objet d’une vaste opération de disparition progressive des friches industrielles (entrepôts, usines) avec de nouveaux aménagements qui rendent ces quartiers plus attractifs : palais de justice, école d'architecture, espaces de loisir, jardins thématiques, restaurants, bars de nuits et discothèques, pôle des arts graphiques, espace consacré aux musiques contemporaines...

Le tourisme est une activité importante de Nantes, septième ville touristique française avec deux millions de visiteurs, les manifestations culturelles y sont nombreuses et quelquefois anciennes.
Le Carnaval de Nantes, second carnaval de France par le nombre de spectateurs, remonte au Moyen-Age. La première édition des Floralies internationales date de 1956. Les Floralies visent à promouvoir
le développement de l'horticulture, à la protection de la nature, à l'amélioration de l'environnement et du cadre de vie.
D'autres sont plus récentes, comme le Festival des 3 continents créé en 1979 et consacré aux cinémas d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, La Folle Journée,festival de musique classique, organisé chaque année depuis 1995 dont le concept s'exporte, à l'étranger, depuis 2002, à Bilbao, Tokyo, Varsovie...


 

Hier Aujourd'hui

Hier Aujourd'hui

Depuis 2004, les « Machines de l île » dans les anciennes nefs des chantiers navals, s'inspirent de Jules Verne, né à Nantes, du savoir faire industriel de Nantes pour créer un monde totalement nouveau.

NANTES ET AUTRES LIEUX

Avec le Grand Éléphant de 12 mètre de haut, lancé en 2007, qui peut transporter une cinquantaine de passagers et en arroser quelques badauds, Le Carrousel des Mondes Marins, inauguré en 2012, un manège de 25 mètres de haut.

Carrousel des Mondes Marins

Carrousel des Mondes Marins

Carrousel des Mondes marins

La prochaine attraction sera l'Arbre aux Hérons (35 mètres de haut, 50 mètres de diamètre) où les visiteurs pourront aller de branche en branche dans des jardins suspendus ou être embarqués dans des nacelles sous les ailes des hérons... Dans la Galerie des Machines, on peut voir des maquettes comme une chenille géante qu'un enfant peut faire avancer, les hérons avec leur nacelle dans lesquelles des spectateurs sont invités à monter...

NANTES ET AUTRES LIEUX

Les hérons -Arbre aux hérons


 

Par ailleurs, des créations des Machines de l'île sont installés dans les bassins de la ville de la Roche sur Yon :, crocodile, dromadaire, flamants roses, hippopotame, grenouilles...

NANTES ET AUTRES LIEUX

La Roche sur Yon


A Pékin, à l'occasion du la commémoration de la reprise des relations franco-chinoises, le « cheval de lumière », un cheval-dragon (46 tonnes), a affronté, une araignée géante, symbole des ténèbres, tous deux sortis des ateliers de Nantes !


 

NANTES ET AUTRES LIEUX

« L'Île des Machines » vaut, à elle seule, le déplacement à Nantes mais le « Voyage à Nantes, c'est aussi, chaque année, une ligne à suivre, à travers la ville, pour découvrir des œuvres artistiques exposées en salle ou en plein air, y compris au Jardin des Plantes. La ville est un musée.

NANTES ET AUTRES LIEUX

1 - Jacques Attali, Grande Galerie Le journal du Louvre sept./oct./nov. 2015 n°33

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 10:17

Revue de presse n° 170 (Europe)

« L’intransigeance de Schaüble cache un fier européisme qui a comme objectif l’union politique entre pays sachant partager choix et conséquences. Derrière la proposition de F. Hollande il y a une stratégie politique qui avait manqué jusque-là : celle de ne pas rétrocéder dans l’intégration pour rattraper les nationalistes du Front National mais de les balayer en faisant avancer le projet européen. Les participants au dialogue institutionnel européen sont donc en train de choisir leur camp ». Sole 24 Ore
« Sur Athènes et sur l’immigration il y a une rupture de solidarité, l’avenir m’inquiète. Pendant les négociations, les Premiers ministres étaient inquiets des répercussions de l’accord dans leur pays. Tsipras a compris que s’il avait continué dans sa direction initiale, ça aurait été la fin de la Grèce. » ENTRETIEN de J.C. Junker, président de la CE La Repubblica
« Les partenaires sont sceptiques sur la manière dont sont effectués les contrôles par l’Italie et veulent des garanties. Les centres de coordination seront gérés par les forces nationales en lien avec les agences communautaires : Frontex Easo, Europo et Eurojust. C’est un moyen pour contrôler ceux qui contrôlent et pour éviter les fuites vers l’Europe. Le manque de confiance est l’un des moteurs des grandes discussions entre les capitales sur la redistribution volontaire des migrants ». La Stampa Revue de presse de l'ambassade de France à Rome 22/07/15

Un projet de loi encadrant plus sévèrement le droit de grève au Royaume-Uni, présenté devant la Chambre des communes, a soulevé l’indignation de la classe syndicale, dans le privé comme dans le public. Ce texte est considéré comme l’une des transformations les plus radicales depuis plus de trente ans dans les relations sociales. Acteurs publics 22/07/15

Les États-Unis et le monde sont engagés dans un grand débat sur de nouveaux accords, appelés traités de libre-échange : en réalité taillés dans les intérêts des entreprises, surtout des États-Unis et de l'UE. Aujourd’hui, de tels traités sont plus souvent appelés « partenariats » comme dans « Partenariat transpacifique ». Souvent, ils ne sont pas des partenariats entre égaux, les États-Unis en dictent les termes. Heureusement, les « partenaires de l'Amérique » commencent à résister. J. Stiglitz Project syndicate 13/05/15

Au Liban, les réfugiés et les demandeurs d’asile forment un quart de la population. Rue89 24/07/15

« Le premier bébé éprouvette est né en 1987 dans notre pays. L’Église polonaise ne s'en était pas même rendue compte… Une indifférence qui a perduré tant que la Pologne n'était pas membre de l'UE et qu'il n'était pas nécessaire de transposer dans le système juridique les principes laïques et européens de la Convention sur la bioéthique. C'est au moment de l'adhésion à l'UE que les évêques se sont réveillés… Car le réel enjeu... est un enjeu de pouvoir : qui, de l’Église et de ses dogmes actuels ou du droit séculier 'relativiste', aura le dessus. » " 23/07/15 Eurotopics Newsweek Polska - Pologne

Bruxelles : l’eurotaxe est une hypothèse qu’il faut évaluer : « A quoi servira-t-elle, cette ‘’eurotaxe’’ ? Elle assurera un fonds pour affronter les urgences financières. ( proposition parrainée par Juncker et Schaüble). Tous les pays ayant adopté la devise européenne verseront une partie des recettes venant de la TVA ou des impôts sur le revenu. Une commission, présidée par Mario Monti, est en train d’évaluer ce budget unifié. Le ministre de l’Économie Padoan souligne ‘’il faut une union politique et fiscale’’ ». La Repubblica Revue de presse ambassade de France à Rome 27/07/15

« Seule Angela Merkel a défendu les Kurdes et a exhorté Ankara ‘’à ne pas abandonner le processus de paix’’. Le reste de l’Europe reste silencieux face aux frappes turques dans la zone du sud-ouest de l’Anatolie ». La Repubblica Revue de presse ambassade de France à Rome 27/07/15

Joschka Fischer, ancien ministre allemand des Affaires étrangères et membre du parti des Verts, critique fermement l’attitude du gouvernement d’Angela Merkel dans le dossier grec. Lors de la nuit du 12 juillet, Berlin a préféré une « Europe allemande [à une] Allemagne européenne ».
Le Conseil allemand des experts économiques contre une avancée de l’intégration de la zone euro trop « hâtive ». Dans le quotidien FAZ, les économistes se prononcent contre une capacité fiscale, une assurance chômage ou un gouvernement économique pour la monnaie commune. Les Sages estiment que la sortie de la zone euro doit être prévue dans les traités pour les pays qui ne respectent pas les règles communes. Contexte 28/07/15

Le journaliste Jakob Augstein : « Schäuble, par ailleurs un Européen convaincu, sait très bien que les Grecs ne peuvent pas payer leurs dettes, c'est la raison pour laquelle il réclame un “Grexit”. Du point de vue de la technique financière, cela paraît raisonnable. Politiquement, c'est une pure folie. D'où la question : quelle est la finalité politique de ce gouvernement ? Ils ne veulent pas d'une Europe européenne, pas d'une Allemagne européenne, mais une Europe allemande. Cette volonté de pouvoir m'inquiète. Le pire, c'est qu'il ne s'agit au fond que d'efficacité économique. Angela Merkel, interrogée un jour sur sa vision de l'Europe, aurait répondu : “Je veux que l'Europe soit compétitive”, par rapport à la Chine, aux États-Unis. Voilà sa vision. C'est assez faible, quand on pense aux intentions ambitieuses d'Adenauer, Schumann, Kohl et Mitterrand. »
« L'Europe et l'Allemagne sont à un tournant de leur histoire. La question du saut d'intégration va se poser. L'Allemagne doit assumer les responsabilités qui correspondent à son poids dans l’Europe » (secrétaire d'État français Matthias Fekl). Dit moins diplomatiquement : ne pas penser qu'à ses seuls intérêts, accepter de prendre des risques, lancer des initiatives politiques et ne pas juste s'abriter derrière les règles et les arguments comptables. Et accepter de démocratiser les institutions européennes. C'est tout le pari de François Hollande, avec son idée de budget et de Parlement de la zone euro. Mais dans cette Europe plus intégrée, les règles d'airain de l'ordolibéralisme pourraient bien rester les mêmes. Mediapart 27/07/15

Les partenaires de l'OTAN ont assuré leur soutien à Ankara dans la lutte contre le terrorisme. Ils n'ont émis aucune critique officielle quant aux attaques controversées de la Turquie contre des positions du PKK. L'OTAN se laisse ainsi instrumentaliser par la Turquie, déplorent les commentateurs, qui voient dans la lutte antiterroriste du président turc une manœuvre de politique intérieure. Eurotopics 29/07/15

« 1,3 milliards pour les infrastructures » : « La CE a adopté le programme opérationnel Infrastructure et réseau 2014-20 de l’Italie. Le programme du fonds européen prévoit un renforcement du transport sur rails et la réalisation des infrastructures du sud» Sole 24 Ore
« Bruxelles enquête sur Eurodisney » : Eurodisney est accusé de pratiquer des tarifs variant en fonction de la nationalité des visiteurs. La Commission soutient qu’« il n’est pas illégal de pratiquer des prix différents sur des marchés différents mais il y a un problème de transparence sur les tarifs». Il Corriere della sera Revue de presse ambassade de France à Rome 29/07/15

La France espère engranger 40 des 315 milliards d'euros d'investissements issus du « plan Juncker » lancé au niveau européen, a déclaré le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron. Contexte 31/07/15

« Cette guerre culturelle entre Berlin et les autres » : « Les différences fondamentales finissent par faire surface. France et Italie parlent d’une zone européenne plus politique : un parlement de l’union bancaire et un budget commun. Mais à Berlin les sensibilités sont différentes. L’Allemagne semble vouloir avancer sans se préoccuper de l’accord de Rome et de Paris ». Il Corriere della sera
« L’association pour le développement de l’industrie du Sud publie son rapport qui montre une croissance économique du Sud de l’Italie, depuis l’année 2000, qui ne dépasse pas la moitié de celle grecque... Il y a un risque de sous-développement permanent. ». La Stampa
« L’ONU : plus de morts que de naissances. Les Italiens en voie d’extinction ... « la population reste stable grâce aux immigrés seulement ». La Stampa, Revue de presse ambassade de France à Rome 31/07/15

(La France)n'occupe que le 25ème rang sur 28 en matière de fiscalité écologique... Il n'y a que l'Espagne, la Lituanie,et la Slovaquie qui fassent pire... Cette fiscalité ne cesse de diminuer : 1,8 % du PIB en 2012 contre 2,2 en 2000.

L'écart entre le temps de travail des hommes et femmes était en 2014 de 8,6 heures en Allemagne, de 8,4 au Royaume-Uni, de 4,7 heures en France... Une personne employée en Allemagne produit 14 % de richesses de moins que son homologue en Franc et 8,5 % au Royaume-Uni. Si nous devenions aussi inefficaces que les Allemands, nous aurions 4,4 millions d'emplois de plus et 2,5 millions que les Britanniques.

9,4 % de la population Slovène active étaient détachés en 2013 et 12 % au Luxembourg. La construction emploie 44 % des travailleurs détachés qui constituent 5 % de l'emploi salarié de la construction en France. 373 666 travailleurs détachés en Allemagne, 182 219 en France, 134 340 en Belgique, 100 423 en Autriche. ..
Les travailleurs détachés proviennent de Pologne262 714, d'Allemagne 227 008, de France 123 580 de Slovénie 83 659... Alter éco juin 2015

Les membres de l’instance dirigeante du FMI souhaitent pour le moment rester à l’écart d’un nouveau programme grec. En raison du niveau trop élevé de la dette publique du pays et de la lenteur des réformes. Contexte 01/08/15

La CE doit « promouvoir l’intérêt général de l’UE » a rappelé la porte-parole du président de la CE, en réaction à un article du quotidien allemand FAZ qui affirme que Wolfgang Schäuble propose de priver l’exécutif européen, qu’il juge trop politique, de certaines de ses prérogatives. Une Commission plus politique n’est pas « plus partisane », a expliqué la porte-parle de J.C. Juncker. Contexte 01/08/15


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J.M. Le Pen reprend confiance dans la justice de son pays. 28/07/15

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CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 09:02

Quelques photos d'art urbain  lors d'un bref séjour à Milan (2 jours) et à Londres (4 jours), conduisent à un retour sur les images recueillies dans le quartier du Bas Belleville à Paris.

A Milan, une balade dans la ville à partir du corso Vittorio Emanuele II, par la via della Spiga et la piazza del Duomo, a débouché par hasard, en fin de journée, sur le Corso di Porta Ticinese. Qui aboutit, comme son nom l'indique, à la « Porta Ticinese » et aux « colonne di San Lorenzo ».
Voici comment le guide Michelin décrit le corso : « Cette large artère... compte un grand nombre de petits créateurs et de boutiques de mode plutôt jeune, accessibles aux bourses de tout un chacun. C'est une 'alternative' réjouissante aux boutiques inabordables et standardisées du quadrilatère de la mode. Bars et restaurants suivent, dans le même esprit. »

Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese
Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese

Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese

Et, le guide oublie de signaler de très intéressantes peintures murales.


 


 


 

Mur de poupées dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes et peintures murales

Mur de poupées dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes et peintures murales

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese

Peintures du corso di Porta Ticinese

Scandale chez les politiques après l'affirmation de Grillo sur la mafia. (On ne peut comparer/opposer mafia et État....) ( Nous, nous nous trouvons très bien avec les deux ! ) 

Scandale chez les politiques après l'affirmation de Grillo sur la mafia. (On ne peut comparer/opposer mafia et État....) ( Nous, nous nous trouvons très bien avec les deux ! ) 

La culture est féminine, c'est pourquoi tous veulent la baiser*************************************************************************                                                                          **************************************************************************Dieu a créé le plaisir, dommage que ce soit un péché

La culture est féminine, c'est pourquoi tous veulent la baiser************************************************************************* **************************************************************************Dieu a créé le plaisir, dommage que ce soit un péché

Un pape ne fait pas le printemps, au moins, il s'y essaie. (CorvoRosso, corbeau rouge)

Un pape ne fait pas le printemps, au moins, il s'y essaie. (CorvoRosso, corbeau rouge)

Malgré un séjour un peu plus long et des balades plus diversifiées : Camden, Rives de la Tamise, droite (South Bank) et gauche (de Canari Wharf à London Tower), Richmond, Picadilly, Covent Garden, Trafalgar Square..., nous n'avons vu que peu de peintures murales.

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank) et, bien sûr, à Camden Market...

 
 

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank)

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank)

Camden Market
Camden Market
Camden Market

Camden Market

De retour à Paris, une petite promenade dans le Bas Belleville, donne une récolte plus abondante d'images bien différentes, reproduites ici en nombre limité : rue de Tourtille, rue Lesage, rue Julien Lacroix, rue des Maronites et surtout  rue Dénoyez.

Rue de TourtilleRue de Tourtille
Rue de Tourtille

Rue de Tourtille

Rue Lesage
Rue Lesage
Rue Lesage

Rue Lesage

Rue Julien Lacroix

Rue Julien Lacroix

Rue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites

Rue des Maronites

Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez

Rue Dénoyez

Les peintures murales sont, par essence, éphémères, elles peuvent être vues plus ou moins longtemps, elles n’appartiennent à personne, ni aux auteurs, ni aux propriétaires des murs qui les tolèrent ou les recouvrent pour retrouver le mur  dans son aspect premier, "propre".

Dans le Bas Belleville, elles sont plus ou moins isolées, sur des murs « favorables ». Souvent, elles sont recouvertes par des graffitis ou par les œuvres d'autres peintres dans un temps très variable ou elles disparaissent peu à peu à cause des intempéries ou de la lente dégradation du support, des murs vieillissants.

Les choses sont légèrement différentes rue Dénoyez : ici les deux côtés de la rue, murs ou magasins, sont couverts de peintures. De couleurs, de styles, de motivations variables. Avec un foisonnement de juxtapositions, de superpositions partielles ou totales. L'oeuvre est très rarement dans un cadre plus souvent immergé dans un environnement coloré, plus ou moins chaotique...

 

rue Dénoyez
rue Dénoyez
rue Dénoyez

rue Dénoyez

Le site est connu des gens du quartier, bien sûr, mais aussi des touristes, des groupes organisés viennent voir les peintures, les admirer ou les dénigrer...

Le site est connu aussi des peintres, adeptes de l'art urbain, qui viennent de divers pays d'Europe, réalisent leur œuvre dont ils savent qu'elle ne sera pas visible éternellement : demain ou dans huit jours, un nouvel artiste recouvrira leur œuvre comme ils recouvrent celle de leurs prédécesseurs... En attendant que la rénovation du quartier fasse son œuvre destructrice, de cette galerie à ciel ouvert, gratuite pour les artistes et les passants.
Ils réalisent leur œuvre et posent à côté pour des photographies qui vont nourrir leur dossier de presse... Ils ne sont pas les seuls à photographier... et à poser pour un dossier de presse ? pour la mode ?...

Pour un autre dossier de presse...

Pour un autre dossier de presse...

Les peintures de Milan ne semblent pas avoir le même statut. Elles étaient limitées dans des espaces précis, constituaient un tableau, n'étaient pas couvertes de graffitis... Étaient-elles spontanées, sauvages ? Ou commanditées ? Comme cela arrive aussi à Paris : peinture de la rue Julien Lacroix ou magnifique peinture de la rue des Maronites. Et, en quelque sorte déja "normalisées", "récupérées", "rémunératrices"...

Les styles picturaux sont bien différents avec, à Milan, essentiellement des tableaux réalistes de personnages connus ou non (les Rolling Stones). A Belleville et dans le quartier, les portraits de personnes connues sont rares (Geneneviève de Gaulle-Anthonioz-Degaulle et Germaine Tillon depuis longtemps rue Ramponneau, Rimbaud et Georges Perec, enfant du quartier).

 

 

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée

On peut trouver dans de nombreuses rues du quartier des images peintes ou collées dont on peut identifier l'auteur par le thème et/ou la facture qui affirment une personnalité, comme Fred Le Chevalier.

La rue Dénoyez est plutôt un champ collectif de création où se mêlent tags, graffitis et dessins aux couleurs éclatantes qui sont bien différents mais semblent appartenir à une mêm école. Cette explosion des couleurs, ce renouvellement permanent des oeuvres, cette tolérance au mouvement perpétuel se traduisent aussi par des textes souvent politico-poétiques, contestaires, qui débordent largement la rue et perpétuent le côté rebelle, anarchisant du quartier.

Malgré les avancées de la rénovation urbaine, malgré la fréquentation de plus en plus importante des jeunes noctambules, des touristes, Belleville garde encore son aspect populaire, sa diversité et son esprit rebelle. La forme et le fond  de ses peintures murales en témoignent à leur façon.

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 20:01

Voici quelques photos à la suite de notre bref séjour quasi annuel à Londres.

Je rêve d'une photo qui suggèrerait, évoquerait, montrerait le contraste, la confrontation, l'opposition ou la complémentarité entre les monuments de Londres, anciens et modernes, la pierre et le verre/acier.

Les premières photos ci-après iront dans ce sens mais la quantité ne remplace pas la qualité/la compétence.  Ensuite une série d'images du bord de la Tamise, de Regent's Park, de Camden, de Richmond, de la British Library, de la Royal Academy.... Et des photos diverses au hasard de balades dans Londres..

 

Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres

Derrière la "façade" de la rive gauche de la Tamise, rénovation importante de Canari Wharf à la London Tower.

Quatre jours à LondresQuatre jours à Londres
Quatre jours à LondresQuatre jours à Londres
Quatre jours à LondresQuatre jours à Londres

Dans Reget's Park, il y avait beaucoup de familles musulmanes, c'était le jour de la fin du Ramadan,  le jour de l'Aïd el Fitr.

Quatre jours à Londres
Quatre jours à LondresQuatre jours à Londres
Quatre jours à LondresQuatre jours à Londres
Quatre jours à LondresQuatre jours à LondresQuatre jours à Londres

Camcen market mériterait à lui seul un album

Quatre jours à Londres
Quatre jours à LondresQuatre jours à Londres
Quatre jours à LondresQuatre jours à Londres
Quatre jours à LondresQuatre jours à LondresQuatre jours à Londres

British Library, Richmond, Royal academy

British Library
British Library
British Library

British Library

Richmond
RichmondRichmond
RichmondRichmond

Richmond

Royal Academy : l'escalier, un tableau "L'homme en feu".
Royal Academy : l'escalier, un tableau "L'homme en feu".

Royal Academy : l'escalier, un tableau "L'homme en feu".

Au hasard de la rue....

Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres
Quatre jours à Londres

Et le séjour s'achève où il a commencé... à la gare ST Pancras international.

Quatre jours à Londres
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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 19:59

Le citoyen européen a pu suivre, au jour le jour, les négociations sur l'avenir de la Grèce dans l'Union européenne, peut-être pas toujours dans leur réalité brute mais à travers les déclarations des participants, les commentaires des politiques et des journalistes embarqués.
Il a pu sentir une partie de ce qu'il y avait de fabriqué dans ces déclarations en vagues qui ressemblaient fort à des « éléments de langage » même s'ils n’étaient pas télécommandés par une source unique mais auto-produits, avec comme point d'orgue un diktat appelé compromis.

La pression des marchés boursiers n'a pas été invoquée pour justifier la rigueur libérale imposée à la Grèce alors que la bourse de Shanghai dévissait. Seules l'idéologie libérale des gouvernants européens, et des raisons politiques, expliquent les contraintes imposées au gouvernement grec.

Les règles, avancées sans nuance par les ministres des finances et nommément par le ministre allemand, Wolfgang Schaüble, ont prévalu sur tout autre considération économique ou sociale. Non parce qu'elles permettaient de résoudre le problème mais pour punir le peuple grec pour son vote et avertir le peuple espagnol et Podemos : aucune concession même partielle à attendre quoi qu'il en coûte aux peuples grec, espagnol...

Ce ne sont pas les froids technocrates de la Troïka qui ont décidé. Ceux du FMI ont même fait connaître leur opposition pendant les négociations. Ce sont les ministres des finances, politiques, élus par leur peuple.

La décision est politique. Elle a été prise par ceux qui pensent, par rigidité idéologique, que ce qui est bon pour l'Allemagne est bon pour tous les pays européens. Ou plus exactement que ce qui est bon pour les rentiers allemands (1) est bon pour l'Allemagne et donc pour tous les pays européens.

D'autres propositions existent qui respecteraient l'autonomie politique du gouvernement et du peuple grecs. Comme le suggère Dominique Strauss-Kahn : « Ma proposition est que la Grèce ne reçoive plus aucun financement nouveau de la part de l’UE comme du FMI mais qu’elle bénéficie d’une très large extension de la maturité et même d’une réduction nominale massive de sa dette à l’égard des institutions publiques. » ( Le Monde 27/06/15).

Les « Économistes atterrés » précisent et montrent bien comment les gouvernants européens dominants outrepassent leurs pouvoirs légitimes : « Le fait que la négociation ne porte pas uniquement sur les cibles d’excédents budgétaires primaires (c’est-à-dire avant paiement des intérêts), mais aussi sur la façon d’atteindre ces cibles, pose un problème démocratique. Il existe en effet de nombreuses façons de dégager un excédent budgétaire donné (entre réduire les prestations sociales, augmenter les impôts, réduire les dépenses militaires, etc.). Le choix relève d’une décision politique, qui devrait en toute logique démocratique être confiée aux parlementaires grecs qui décideraient en fonction de critères de justice sociale ou de priorités de développement. Ce n’est pas aux créanciers d’arbitrer entre différentes mesures budgétairement équivalentes, car sinon la démocratie est vidée de sa substance et la Grèce transformée en colonie de la dette » (Esther Jeffers, Henri Sterdyniak et Sébastien Villemot, pour les Économistes atterrés, Libération 25/06/15).

La première conséquence politique, évidente et annoncée ci-dessus, c'est la mise sous domination coloniale de la Grèce par l'Eurogroupe. C’est une énorme entorse, avouée, à la démocratie, principe fondamental de l'Union européenne. Les entorses précédentes en Grèce sont connues, avec le rôle de la Troïka, la précédente tentative de référendum grec interdite... Et dans d'autres peuples de l'Union : si un peuple donnait un avis non conforme aux desiderata, un second référendum était organisé ou le gouvernement rectifiait le tir.
Il est fort possible qu'il en soit de même cette fois en Grèce : de nouvelles élections pourraient amener une majorité plus docile à la « vouli », le parlement grec. Avec le risque de voir se lever « l'aube dorée ».

Devant la caricature de la démocratie intergouvernementale européenne, l'idée est réapparue chez les commentateurs, d'une organisation fédérale de l'Union. Le moment ne semble pas très favorable. Les gouvernants ne vont pas rendre, même théoriquement, à une instance supranationale, un pouvoir qu'ils ont accaparé sans vergogne. Alors qu'ils ont fait obstacle aux discrètes avancées dans ce sens.

Jean-Claude Juncker a été élu, indirectement, par les peuples comme président de la Commission européenne, contre la volonté d'Angela Merkel. Ses prises de position, variables, n'ont guère été prises en compte ces derniers jours. Ni ses raisonnables propositions antérieures de solidarité, de répartition dans les différents pays de l'Union des demandeurs d’asile pour soulager l'Italie, la Grèce et Malte. Ou l'idée d'une relance européenne...

Finalement, ces longues négociations aboutissent à des conclusions qui vont être douloureuses pour le peuple grec sans apporter de solution durable aux questions financières. La proposition du FMI d'un allègement de la dette, effacement, rééchelonnement, faite pendant les négociations, rejoignait la revendication principale du gouvernement grec. Elle a été écartée.
Au delà, « Le Fonds Monétaire International a mis en évidence les failles qui s’entrevoyaient déjà dans l’accord entre la Grèce et ses créditeurs. Il a mis fermement en avant le problème de la dette excessive, en en faisant une condition pour continuer à participer au sauvetage d’Athènes. Car la dette peut freiner la croissance. C’est la volonté politique qui manque. Et avec l’Allemagne hantée par le déficit zéro, la disponibilité à en discuter se réduit, alors que la relance de la zone euro en aurait grand besoin ». (Sole 24 Ore 16/07/15)
Dans les jours qui viennent, les autorités vont probablement essayer de redresser l'image de ce malheureux sommet.
Il est fort probable que, dans quelques mois, tout sera à reprendre, dans de plus mauvaises conditions...

Un dommage irrémédiable a été porté à l'Union européenne. Au niveau des États, au niveau des peuples.

Au niveau des États, le dommage le plus évident touche l'image du couple allemand comme moteur des avancées européennes. Le mythe semble éventé. Certes les discours essaieront de masquer la réalité mais la prééminence du gouvernement libéral allemand est nettement apparu. Il faut dire que la partie était difficile pour François Hollande avec des alliés comme le vice-chancelier, social démocrate, Sigmar Gabriel et ses déclarations plus dures que celles d'Angela Merkel.

Les intérêts supposés des États ont interdit, ouvertement, toute notion de solidarité. Parmi ceux qui, comme les Grecs, pensaient qu'une solution pouvait être trouvée en restant dans l'eurozone et dans l'Union européenne, nombreux sont ceux qui vont être tentés par le rejet de l'une et de l'autre .

Ce désenchantement de l’Union européenne ne peut que renforcer les tendances nationalistes qui fleurissaient déjà dans nombre de pays de l'Union. Et l'Allemagne ne sera pas la dernière à en faire les frais. Par la faute et l'arrogance de ses gouvernants.
Nés après la guerre, ces gouvernants se sont débarrassés, justement, du complexe de culpabilité de leurs prédécesseurs. Mais ils semblent avoir aussi oublié qu'être la première puissance de l'Union suppose des droits mais aussi des devoirs. Et notamment des devoirs de solidarité qu'ils négligent à l'intérieur et aussi à l’extérieur.

Dès qu'il est question « d'aide » au niveau européen, la contribution allemande est mise en avant. Il ne faut pas oublier cependant que d'autres pays, au prorata de leur richesse, contribuent au budget de l'Union européenne.
« La contribution de chaque État est proportionnelle à sa richesse et à son niveau de développement. Ainsi, la somme des contributions de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni représente presque les deux tiers des recettes totales de l'Union. En effet, l'Allemagne participe (dès 2011) à hauteur de 19,56 %, la France à 17,60 %, l'Italie à 13,40 % et le Royaume-Uni à 11,92 %. L'Espagne contribue quant à elle à hauteur de 8,89 %. Certains États contribuent plus qu'ils ne perçoivent des politiques communautaires, ils sont appelés 'contributeurs nets'» (wikipedia).

Et qu'il y a 11 États qui sont des contributeurs nets - c'est à dire qui versent plus qu'ils ne reçoivent. Il faut noter que des petits pays qui ont hurlé avec le loup pour dire qu'ils ne voulaient pas payer pour la Grèce, aucun n'est une contributeur net (voir tableau)

L'Union européenne ébranlée...

Avec ou sans éclatement de l'eurozone ou de l'Union européenne, cette arrogance et ce manque de solidarité va entraîner une montée du nationalisme anti-allemand, là où devrait exister une solidarité des peuples contre ces gouvernants aveuglés.
Lors des prochaines élections, il y a fort à parier sur une augmentation du nombre d'abstentionnistes : à quoi bon voter ? Et des suffrages de droite extrême.

La démolition du rêve ou du mythe européen a été entreprise par les gouvernements de l'Union européenne.

1 – Bien que l'Allemagne soit un des pays les plus prospères en Europe, il est loin d'être celui où cette prospérité est la mieux répartie. La pauvreté a augmenté, à l'échelle nationale, en 2013 par rapport à 2012 et le fossé qui existe entre régions s'est accentué depuis 2006. (Les Échos 20/02/15)
- Le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat en Allemagne est de 32 550 euros (28 360 en France) parmi les plus élevés en 2013 (après les Pays-Bas, l'Irlande, l’Autriche, la Suède et le Danemark) mais son taux de pauvreté est plus important qu'en Belgique, France, Suède, Hongrie, Danemark, Pays-Bas, Norvège. Source Commission européenne (AMECO), données provisoires et prévisions

Taux de pauvreté en % du revenu médian (Allemagne 1584 euros, France 1558)

Taux à 60% : Allemagne 16,1% France 14,1%

Taux à 50% : Allemagne 9,6% France 6,9%

Taux à 40% : Allemagne 4,2% France 3,2%

L'Union européenne ébranlée...L'Union européenne ébranlée...
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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 17:24

Revue de presse n° 169 (Europe)

La fiscalité écologique ne représente plus que1,8 % du PIB en 2012 contre 2,2 en 2000. et la France occupe le 25ème rang sur les 28 pays de l'UE.
Le taux d'emploi des 55-64 ans a augmenté de 8,9 % en France entre 2008 et 2014. Avec une augmentation moyenne de 7,4 dans la zone euro et de 6,3 dans l'UE. Le plus fort taux d’augmentation est en Allemagne et Italie 11,9. Moindre dans les autres pays : 8,4 Luxembourg, 8,2 Belgique, 7,8 Pays-Bas, 6,3 Autriche, 3 au Royaume-Uni, 2,6 Finlande.Il a diminué en Irlande 0,9, Espagne 1,2, Portugal 2,9 et Grèce 9 %.
L'écart entre le temps de travail des salariés hommes et femmes était en 2014 de 8,6 heures par semaine en Allemagne, 8,4 au Royaume-Uni et de 4,7 heures en France...
Une personne en emploi en Allemagne a produit 14 % de richesses de moins qu'en France. Et 8,5 % au Royaume-Uni. Si les Français étaient aussi « inefficaces »que les Allemands, il y aurait 4,4 millions d’emploi de plus et 2,5 millions avec la productivité britannique.
9,4 % de la population active de Slovénie étaient détachés dans un autre pays. Et 12 % au Luxembourg. Alter éco juin 2015

« L’Allemagne est vraiment le meilleur exemple d’un pays qui, au cours de l’histoire, n’a jamais remboursé sa dette extérieure, ni après la Première, ni après la Seconde Guerre mondiale. L’Allemagne est le pays qui n’a jamais remboursé ses dettes. Elle n’est pas légitime pour faire la leçon aux autres nations. »
« L’Europe a été fondée sur le pardon de la dette et l’investissement dans le futur. Pas sur l’idée d’une pénitence infinie. Nous devons nous souvenir de cela »
« Les Grecs ont fait, sans le moindre doute, de grosses erreurs. Mais nous ne pouvons demander à ce que les nouvelles générations doivent payer pendant des décennies pour les erreurs de leurs parents ». Thomas Piketty cité par BMF/TV 07/07/15

Le FMI a rendu public juste avant le référendum, un document de travail évoquant plusieurs scénarios pour l’avenir de la dette grecque. Pour les experts de l’institution, le seul qui tienne la route à moyen terme passe par une annulation partielle des créances détenues par les États européens. Non parce que les Grecs sont incapables de se réformer comme le sous-entend l’institution. Mais parce que les politiques demandées sont incompatibles avec un redressement de l’économie. Alterécoplus 06/07/15

Tsipras : « Ce que nous appelons la crise grecque n'est que l'impuissance à trouver une solution définitive à la crise d'une dette qui s'autoalimente (…) nous voulons trouver un compromis honorable pour éviter une rupture avec la tradition européenne. Nous sommes conscients des enjeux et prêts à prendre notre responsabilité historique ». Toute l'Europe 08/07/15

Les États-Unis sont désormais le deuxième pays le plus important de langue espagnole après le Mexique. Slate 01/07/15

« La hausse de salaire est une intervention sans précédent dans l'économie privée qui touchera peut-être cinq millions de travailleurs. Si le projet échoue, il faudra s'attendre à de nombreuses faillites, à la dépression dans certaines régions et à une forte hausse du chômage… S'il réussit, en revanche, le budget prévisionnel pourrait être le fondement d'une longue hégémonie des conservateurs, peut-être sous la direction d'Osborne. Le ministre des Finances, qu'on connaît pour ses audacieux coups de poker, a tout misé sur une carte. » 08/07/15 eurotopics Financial Times - Royaume-Uni

Pour Krugman, même si la Grèce reçoit une importante réduction de dette, « quitter l’euro offre la seule issue plausible à son cauchemar économique... Et soyons clairs : même si la Grèce devait finir par quitter l’euro, cela ne signifierait pas que les Grecs sont de mauvais Européens. Le problème de dette de la Grèce est tout autant la conséquence de prêts irresponsables que d’emprunts irresponsables, et les Grecs ont d’ores et déjà payé plusieurs fois pour les péchés de leur gouvernement. S’ils ne peuvent pas faire fonctionner la devise commune de l’Europe, c’est parce que cette devise n’offre aucun répit aux pays connaissant des difficultés. » Alterécoplus 11/07/15

En Afrique de l'ouest, la fraude des multinationales coûte plus que l'aide au développement. En 2011, 18 milliards de dollars sont ainsi passés sous le nez des États, alors que l'aide au développement n'est évaluée qu'à 12 milliards de dollars. Libération,13/07/15

« La Grèce a cessé d'exister en tant qu’État indépendant. Restent les Grecs. Ils sont appelés à accepter d'effroyables sacrifices économiques, mais aussi l'humiliation de se voir traiter comme des gamins auxquels on interdit de gérer leurs propres affaires. L'autorité parentale est officiellement accordée à Bruxelles et Francfort, de facto à Berlin. Une mère sévère, tentée par l'idée de ne pas reconnaître son enfant, mais qui a finalement accepté de mettre en scène - provisoirement - la fiction d'une souveraineté hellénique résiduelle. Afin d'éviter que la mise à mort de cet État placé sous tutelle ne matérialise l'implosion de l'euro, et ainsi celle de l'UE. » Eurotopics La Republca 14/07/15

« Bien que certains l'aient désigné comme un 'coup d’État', cet accord répond aux deux grandes nécessités de la Grèce : plus d'argent (et de temps) ainsi que des réformes pour augmenter le pouvoir d'achat dans le pays. Il y a une ombre au tableau : on se demande s'il était bien nécessaire que le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, s'ingénie à jouer à fond le rôle de 'méchant Teuton'. Autre circonstance regrettable : le rôle subalterne réservé à la France. Cet accord sur la Grèce laisse désormais un arrière-goût désagréable : les Allemands sont toujours plus malins que les autres et ne tolèrent personne à leurs côtés dans la zone euro. La performance des Allemands comme metteurs en scène de la zone euro est exécrable." Eurotopics Wiener Zeitung - Autriche 14/07/15.

La chancelière Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble ont incarné tout le week-end une ligne dure décriée à l'étranger mais aussi dans leur pays. Die Welt titre notamment avec ce verbatim d'un responsable écolo allemand : « Schäuble est le visage des Allemands sans cœur ».
Pour le journal de centre gauche Süddeutsche Zeitung, « Merkel a réussi à raviver l'image d'une Allemagne laide, avare et au cœur sec, qui commençait seulement à s'estomper », parle des « exigences difficiles » auxquelles doivent répondre les Grecs. « Chaque centime d'aide à la Grèce que les Allemands ont tenté d'épargner devra être dépensé deux ou trois fois dans les prochaines années pour redorer cette image ».
« En un week-end, le gouvernement allemand a détruit plusieurs décennies de diplomatie », Der Spiegel sur internet, déplorant un « catalogue des horreurs » destiné à « humilier la Grèce ».
Die Zeit explique pourquoi cet accord va forcément échouer : la vulnérabilité du projet des européens pour la Grèce et dénonce un énième paquet de réformes infligées à la Grèce alors que le pays souffre déjà d'une économie écrasée par l'austérité, que ces nouvelles coupes dans le budget vont pousser l'économie « encore un peu plus vers l'effondrement ».
Handelsblatt évoque « le diktat de Bruxelles »
« La ligne est mince entre sauver et punir la Grèce. Cette nuit, cette ligne a disparu » Twitter Müller von Blumencron, quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le Figaro 14/07/15

Revue de presse de l'ambassade de France à Rome 15/07/15 : Il Messaggero, S. Cappellini « D’après les ‘’faucons’’ européens, en Europe il y aurait des pays vertueux qui ne s’endettent jamais et des pays vicieux qui ne se réforment jamais. Les premiers se sentent légitimés à sanctionner les autres, or cette vision morale de l’économie est partiale, voire fausse. L’Union monétaire n'apporte pas les mêmes avantages à tous. Depuis la création de l’euro, ses exportations ont nettement augmenté et son bilan commercial dépasse celui prévu par les traités. Rien d’étonnant si l’on admet que la gouvernance de l’euro est entièrement calquée sur les ambitions mercantiles de Berlin ».
Laura Boldrini, présidente de la Chambre des Députés Corriere della Sera: « Tsipras a été courageux et responsable. Il faudrait insérer une clause contraignante sur l’impact social des mesures économiques. Si on impose des mesures en ignorant les effets sur la vie des personnes, les peuples pourraient se révolter et la démocratie serait alors en danger ».

Au-delà d’un allongement du calendrier de remboursement et d’une réduction des taux d’intérêt, le FMI plaide pour une coupe de la dette. Dès samedi, toutes les autorités européennes connaissaient cette position du Fonds. Mais rien, pas le moindre mot sur cette position. S’il est un point sur lequel Aléxis Tsípras et le FMI n’ont jamais vraiment divergé, c’est bien celui de la dette. Et l’un comme l’autre, à des niveaux divers, ont toujours avancé le caractère «non-viable» de la dette grecque. Libération 15/07/15


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Pas responsable mais coupable, le peuple grec doit payer ! 09/07/15

Tsipras a démis son ministre des finances. Quand Merkel fera-t-elle de même ? Cela permettrait peut-être d'avancer vers le compromis. 12/07/15

Valls a raison. A Bruxelles, la France a pesé de tout son poids. Mais pas trop ! Diktat en allemand se traduit par compromis en français ! 15/077/15

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CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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Published by Paul ORIOL - dans Revue de Presse
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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 14:57

Pendant les vacances d'été, les bords de mer sableux sont envahis par les baigneurs qui viennent profiter du farniente, de la mer et du soleil. Très souvent, les plagistes leur offrent tout ce qui peut favoriser le farniente et les éloigner du soleil et de la mer, pour en tirer quelque profit : chaises longues et parasols pour abriter du soleil, musique pour éloigner le bruit de la mer, nourriture et boissons fraîches ou chaudes... avec l'aide de marchands ambulants qui proposent, chapeaux, lunettes de soleil, verroteries, étoffes, inutiles et indispensables...

Sur ces plages occupées, des espaces sont autorisés en libre accès, gratuits, quelquefois éloignés, bien encadrés, bordés d'un coté par les parasols orange, de l'autre par les parasols mauves et surplombés, derrière, par les indispensables distributeurs de frites et de glaces... Dans ces espaces libres, peuvent se regrouper, souvent s'entasser ceux qui ne veulent que le contact du sable, du soleil et du sel de la mer...

A la plage, le baigneur est un spectateur-acteur, face au double écran bleu infini, de la mer et du ciel, intégré à la distribution, directement incorporé à l'étendue de sable. Spectateur-acteur, regardant-regardé.

Tout a commencé sur cette petite plage publique, libre mais encastrée. Ils sont arrivés, tous les deux, à la chaleur naissante de la matinée, alors que le soleil était déjà haut mais la plage presque vide et encore fraîche de la nuit.

Le sable n'était pas brûlant comme il peut l'être. Il se souvenait de la tempête de la veille et sentait le petit vent qui venait de la mer. Le couple s'est installé, non loin d'un radeau de sauvetage qui semblait abandonné et d'un demi parasol délavé, oublié.
Après avoir étalé une grande serviette de bain, rouge, délimitant l'espace réservé, l'homme, d'une âge certain, s'éloigne vers la mer. Tâte l'eau du gros orteil gauche. Et s'enfonce lentement pour prendre un bain. Puis la femme.
Ils échangent des mots banals, sur la température de l'eau qui fait toujours hésiter, au premier contact, et qui devient accueillante au bout de quelques minutes. Qui glisse, veloutée, comme une deuxième peau. Qui devient tiède à la sortie du bain, à l'approche du bord.

La mer est calme, la pente lente du sol sableux permet une adaptation progressive à la température de l'eau. L'homme pense, qu'avec l'âge, il a renoncé à courir pour s'éclabousser et plonger une tête. Pourtant, il sait que la pénétration rapide, sautillante par dessus les vagues, permet une adaptation tout aussi rapide et plus joyeuse.

Maintenant, tous deux, revenus du bain, se sèchent au soleil, rafraîchissant. L'homme à demi allongé, la tête sur les genoux de sa compagne. Les yeux mi-clos. Sans un mot. Sans une pensée. Abandonnés au soleil et au petit air marin.

Quand ils ouvrent à nouveau les yeux, ils prennent conscience de l'existence de baigneurs sur la plage, qui n'étaient pas là, qu'ils n'ont ni vus, ni entendus arriver, s'installer avec leur équipement de survie. Plus ou moins semblable à celui des installations commerciales mais hétéroclite.

Une jeune blonde semble tout absorbée par le livre qu'elle a sous les yeux. Mais ce qui frappe, c'est la beauté de sa silhouette émergeant du sable, qui fixe les regards sur deux magnifiques rondeurs, déjà uniformément brunes, étincelantes d'huile qui semblent dialoguer directement avec le soleil. Son maillot, très discrètement dissimulé, probablement pour ne pas être décoloré par l'effet de l'eau de mer, des rayons du soleil et des regards, permet d'en saisir leur plénitude épanouie.
Bijou inattendu, incongru sur cette plage, image à faire rougir, verdir, pâlir successivement ou tout à la fois, de honte, de jalousie, de colère peut-être même d'envie une star sortant de l'eau dans les Caraïbes ! Ou étendue sur une terrasse de la Côte amalfitaine !

Plus en arrière, une petite famille vient d'arriver. Leur blancheur en témoigne, c'est leur premier jour sur la plage. Ils ne doivent pas y venir souvent. Ils ont cependant l'équipement conforme qu'ils manipulent de façon peu habile. Ils tentent, difficilement, d'installer un parasol. Qui menace de s'envoler ou, au moins, de se renverser au moindre souffle de vent. L'un creuse pour le fixer solidement. L'autre le leste d'un sac. Le troisième le retient. Mais le parasol ploie sous le poids du sac. Et tout est à refaire. Avant le coucher du soleil, chacun jouant son rôle, ils pourront probablement louer l'ombre de leur parasol à un baigneur dépourvu...

De l'autre coté, un groupe d'une vingtaine de personnes, encore plus important par son poids, trois générations d'habitués, tous bien brunis, les plus vieux barbus ou moustachus, hommes et femme plus que corpulents, s'est étalé avec parasols, fauteuils, cantine, musique et voix envahissantes qui permettent à ceux qui le veulent, de participer aux conversations et obligent les autres à les subir avant que la nourriture déballée ne les interrompe, pour un moment. Seuls continuent les cris des enfants qui vont transformer le radeau de sauvetage en char d'assaut, château-fort ou plongeoir sur le sable...

Mais, tout à coup, un groupe apparaît à tous. Qui s'est installé discrètement. Profitant de la distraction des uns et des autres. Le mâle dominant, au visage poupin, mangé par une chevelure et une barbe, hirsutes, blanches, lui donnant un âge de trente à quarante ans. Malgré l'abondante pilosité désordonnée, sa tête paraît ridiculement petite sur un corps énorme : une poitrine pendante recouvre un abdomen qui, lui-même, recouvre ses cuisses, cachant un maillot noir, seulement visible « à l'arrière ». A lui-seul pesant probablement deux fois plus que les deux femmes et les deux enfants qui l'accompagnent.

Peut-être est-il le frère ou l'époux invraisemblable de l'une des deux jeunes femmes. Tant elles sont frêles à coté de lui. Et le père des deux enfants, de 5 et 7 ans, qui jouent avec le sable mouillé à faire un château, qui courent à l'eau, reviennent aussitôt...

Mais sont-ils des enfants ? Par l'âge apparent, ils ne sont pas des jumeaux même s'ils se ressemblent beaucoup. Ils semblent avoir été fabriqués et équipés, en série, par les mêmes machines : lunettes de vue, aux verres épais, casquette rivée sur la tête, visière sur la nuque... et vêtus de ce qui peut-être interprété comme un gilet de sauvetage, alors qu'ils ne vont jamais à l'eau, mais qui évoque plus un gilet pare balles, carré, épais devant, épais derrière, des épaules aux genoux, d'où sortent deux petites jambes blanches qui s'agitent mécaniquement comme les pédales d'une bicyclette...

Quand il revient, le monstrueux baigneur, apparemment balourd, s'empare, avec une force et une agilité insoupçonnées des deux enfants et se met à jongler avec eux, malgré leurs cris d’effroi, de douleur, malgré les deux jeunes femmes qui l'implorent d'arrêter, qui essaient de s'interposer... Les enfants passent d'une poigne à l'autre, sont jetés en l'air et repris par le jongleur fou. De plus en plus haut, de plus en plus vite, les lunettes volent et les casquettes...

Les baigneurs, interloqués, se sont dressés, des cris fusent, des sanglots éclatent mais nul n'a le courage d'intervenir face à cette force, agitée, habile.

Soudain, une explosion, venue on ne sait d'où ? De la mer ? De la plage ? Du ciel ? Déchiquette monstre, femmes, enfants dans un geyser de sang qui s'étale sur la plage.

La panique soulève la plage. Chacun part avec les siens. Court avec ses affaires. Crie, pleure. Se disperse.

En quelques minutes, la scène est vide. Sur la plage, quelques restes ensanglantés. Une large tache brune sur le sable. Le vieux morceau de parasol. Le radeau de sauvetage. Un fauteuil de plage renversé. Des bouteilles éparses. Un parasol ouvert qui résiste maintenant avec courage au vent qui se lève.

Et le ciel bleu sur une mer bleu plus sombre, étale. Indifférents.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 23:24
10 juillet : journée mondiale, Femmes sans voile
Manifestation, place de la République, à Paris, à l'occasion de la "deuxième journée mondiale, Femmes sans voile"
Manifestation, place de la République, à Paris, à l'occasion de la "deuxième journée mondiale, Femmes sans voile"Manifestation, place de la République, à Paris, à l'occasion de la "deuxième journée mondiale, Femmes sans voile"
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