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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 17:09

Revue de presse n° 174 (Europe)

Autriche : Le gouverneur de la région de Styrie réclame le déploiement des forces armées pour contenir la crise des réfugiés et sécuriser les frontières. Euractiv 24/10/15

Le président serbe Tomislav Nikolić a affirmé être contre l'entrée de son pays dans l'Union européenne si cela impliquait la reconnaissance du Kosovo. Euractiv 24/10/15

Mieux intégrer les 800 000 migrants attendus en Allemagne cette année en déréglementant son marché du travail. Idée défendue par le patron d’Airbus, Tom Enders. Une telle déréglementation permettrait de créer plus d’emplois faiblement rémunérés qui aideraient les réfugiés à trouver du travail, à mieux s’intégrer. Le Monde.fr 25/10/15

Le parti populiste créé par les frères Kaczyński a battu la Plateforme civique, le parti au pouvoir. Vous prenez un zeste de promesses sociales, vous saupoudrez de xénophobie, vous ajoutez quelques bonnes mœurs catholiques, vous avez le retour des conservateurs au pouvoir. Libération 26/10/15

50 000 places d'accueil en Grèce, prévoit la déclaration finale du sommet européen. D'après I. Mouzalas, secrétaire d’État de l'immigration, 20 000 réfugiés devraient être hébergés dans des logements dont les loyers seront payés par l'UNHCR. « D'ici à ce que l'on ait trouvé, vérifié et loué les logements dans lesquels devront être hébergés les réfugiés, il est fort probable que le conflit qui dévaste leur pays d'origine soit déjà terminé… L’État grec n'arrive même pas à délocaliser ses services dans des bâtiments vacants. Comment pourrait-il dès lors trouver des logements pour des milliers de réfugiés ?… Si certaines personnes compétentes arrivent à mettre en œuvre ce plan, ceci pourrait contribuer à redynamiser des quartiers désavantagés, des immeubles fantômes et des rues abandonnées. Mais croit-on sérieusement que l'on y parviendra ? » eurotopics Protagon.gr – Grèce 26/10/15

Sondage : « C'est le devoir de notre pays que d'accueillir des migrants qui fuient la guerre et la misère » : Non, France et Royaume-Uni 46 %, Pays-Bas 39 %, Danemark 36 %, Espagne 33 %, Italie 32 %, Allemagne 21 %. Sondage Ifop, Le Monde 27/10/15

Économie : 1% des entreprises (24 000) concentrent, en 2013, 97% de l’exportation, 65% de la valeur ajoutée et 55% de l’emploi. 85% de l’investissement, avec plus de 500 000 euros annuels investis pour chacune. Entre 2012 et 2013, les grandes entreprises ont majoritairement été en croissance tandis que plus de la moitié des entreprises de plus petite taille ont vu leur valeur ajoutée diminuer. Libération 27/10/15

Une majorité d'Islandais conteste la décision du gouvernement de retrait de la candidature à l'UE. Le gouvernement de centre-droit n'a ni consulté le parlement, ni mis en place le référendum qu'il avait promis. Un sondage, publié dans le Frettabladid, montre que 63% des Islandais sont opposés au retrait de cette candidature : 44% des sondés « complètement opposés », 19% « plutôt opposés ». euractiv 23/03/15

« Le parlement de Catalogne déclare solennellement le début du processus de création d’un État catalan indépendant, sous forme de république », proposition de résolution que les députés doivent voter début novembre. Euractiv 28/10/15

La victoire du parti national-conservateur PiS, en Pologne, donne à Orbán un allié de taille : « Le Premier ministre hongrois peut se frotter les mains, ceux qui vont prendre le gouvernail en Pologne sont ses amis politiques… Le programme d PiS est d'inspiration 'orbanienne' : taxes sur les banques et le commerce, revaloriser allocations familiales et salaire minimum. Le PiS défendra les intérêts de la Pologne face à l'UE, surtout sur la question des réfugiés. Ceci conférera plus de poids à la coopération entre les États de Visegrád. Jusqu'à présent, le gouvernement de centre-droit en Pologne était plutôt favorable à l'UE. » eurotopics Magyar Hírlap (conservateur) – Hongrie 27/10/15

Les tests d’émissions des gaz polluants par les véhicules automobiles seront désormais un peu plus contraignants. Mais ils ne le seront pas autant que la CE l’aurait voulu. Les pays européens n’ont pas souhaité se montrer aussi fermes avec les constructeurs que ce que proposait Bruxelles. Le Monde 28/10/15

Pour des raisons opposées, les eurodéputés ont rejeté (577 contre 75) la proposition de la CE d’autorisation « à la carte » de l’importation d’OGM pour l’alimentation animale. La proposition introduit une rupture du marché unique en laissant les États autoriser ou d’interdire l’importation d’OGM sur leur territoire. « Ce n’est pas une bonne idée de renationaliser ce domaine car il n’est pas gérable de réintroduire des contrôles aux frontières, cela remettrait en cause le marché intérieur ». euractiv 29/10/15

Martin Schulz, président du PE affirme que que seulement 90 réfugiés ont quitté l’Italie. ‘’C’est une donnée choquante mais qui ne m’étonne pas du tout, les gouvernements hésitent à tenir les promesses à Bruxelles. Il ne faut pas trouver des solutions au niveau national, c’est un défi global auquel on doit répondre ensemble’’ ». Corriere della serra
F. Mogherini, Haute représentante pour la politique étrangère de l’UE met en garde contre le risque d’une désintégration de l’UE en absence de règles communes pour gérer l’immigration.Sole 24 Ore Revue de presse italienne Ambassade de France 30/10/15

La zone euro contre l'idée d'une représentation unique au FMI. La première étape du renforcement de l’Union économique et monétaire divise les commissaires européens, hérisse le PE et fait face à l’opposition de la France et de l’Allemagne. Euractiv 30/10/15

W. Schäuble, le grand argentier allemand, demande une augmentation du budget européen via la création d’une nouvelle ressource. Si le gouvernement français s’est étranglé, la CE et le PE ont applaudi des deux mains. Libération 31/10/15


Un sondage place les conservateurs du Parti populaire, actuellement au pouvoir, en tête des élections législatives pour le 20 décembre. Le parti libéral Ciudadanos, né en Catalogne pour défendre le maintien de la région en Espagne, placé second. Les socialistes du PSOE, seraient relégués en troisième position. Euronews 02/11/15

« La clé de ce qui menace l’Europe se trouve en Turquie, deux millions de réfugiés qu’Ankara peut retenir ou encourager à partir. Merkel a demandé à Erdogan ses exigences : des milliards, des visas, accélérer la négociation d’adhésion à l’UE. Engagements indispensables pour donner du temps à l’Europe et à son terrible 2017 : élections allemandes, françaises, référendum britannique...». Revue de presse ambassade de France à Rome 02/11/15 Corriere della Sera

« Le sultan Erdoğan a pris parti contre Daech et est devenu l'arbitre des négociations sur la Syrie. Récupérant sa stature internationale, montrant peu de scrupules pour effrayer les électeurs, il avait de grandes chances de l'emporter… En se référant à ses valeurs - du moins à celles qui subsistent - l'Europe aurait dû souhaiter sa défaite et la mise en place d'une coalition mais soucieuse de ses propres problèmes, elle espérait secrètement une victoire d'Erdoğan… Si nous avons besoin d'un autocrate, nous sommes les premiers responsables. » eurotopics Corriere della Sera – Italie 02/11/15

Pour accueillir les centaines de milliers de réfugiés arrivés en Allemagne, les autorités ont identifié plusieurs sites sur tout le territoire. Parmi les villages, Sumte, situé en Basse-Saxe, dans le nord. La commune comptait une centaine d’habitants. Dans les prochaines semaines, 750 réfugiés doivent s’installer. J. Meier fait partie des responsables chargés d’organiser l’accueil. Il reconnaît que le défi est de taille : « si j’avais estimé que c‘était trop, alors je ne serais pas là »... « on travaille bien tous ensemble » euronews 03/11/15

« Voici soudain qu'elle (Merkel) ne hurle plus ses ordres à l'Europe mais qu'elle prie les autres États de bien vouloir partager le fardeau de sa réponse émotionnelle à la crise des réfugiés... Il se peut que Merkel entre dans sa phase de départ, car aucun chef de gouvernement européen dominateur n'a pu rester au pouvoir plus de dix ans sans que le vent ne tourne. » 02/11/15 eurotopics The Independent (centre-gauche) Royaume-Uni

« Comme il l'avait déjà fait dans la crise grecque, Juncker essaie de tirer les ficelles... La CE n'a jamais que le pouvoir que les pays de l'UE veulent bien lui accorder. En faisant la promotion d'une politique commune en matière de réfugiés, Juncker se heurte aux limites de la faisabilité - du moins pour l'instant. » 03/11/15 eurotopics Salzburger Nachrichten - Autriche

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Un réfugié pour 38 habitants en Turquie qui obtient milliards, visas, devient pays sûr (!!), négocie son adhésion. Un pour 4 h, au Liban !! 24/10/15

Les uns vont voir Assad, l'Autre Poutine. Campagne électorale ? Politique étrangère de la France ? Politique étrangère de l'opposition ? 29/10/15

La police contrôle 2 télés, critiques du gouvernement, de la holding Koza Ipek, proche du mouvement Gülen. Turquie démocratique ? pays sûr ? 29/10/15

Volkswagen triche sur la santé de tous, fait un rabais et vend davantage. Le "crime" paie. Avec seulement une bonne réaction commerciale ! 30/10/15

Volkswagen triche. La bourse baisse. Les clients achètent. La bouse monte. Qui tousse au fond de la salle ? 30/10/15

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CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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Published by Paul ORIOL - dans Revue de Presse
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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 23:12

« Touch of Evil » (1) d'Orson Welles et « Sicario » (2) de Denis Villeneuve pourraient avoir le même titre ou sous-titre, « la soif de punir ». En effet, c'est la motivation du héros principal de ces deux films, le premier sorti en 1958, le second en 2015.
Dans « Touch of evil » (La soif du mal), tourné en noir et blanc, Quinlan (Orson Welles) qui n'a pu faire condamner celui qui a étranglé sa femme, va consacrer sa vie, en tant que policier, à traquer des assassins, à les faire condamner en fabriquant les pièces à conviction si nécessaire. Sans profiter de sa situation pour amasser une fortune.

Dans « Sicario », (qui veut dire « tueur à gages »), tourné en couleur, Alejandro (Benicio del Toro), ancien procureur mexicain, est guidé par sa volonté de tuer le chef des narco-trafiquants qui a fait décapiter son épouse et jeter sa fille dans une cuve d'acide.

Le premier est un film policier, un film noir, dont quelques règles sont détournées, où le policier utilise sa fonction pour assouvir, à tout prix, sa soif de punir. Dans le second, le « sicario » se met au service de la machine de guerre étasunienne contre les cartels pour arriver à son but.

Les histoires se passent dans une ville frontière, États-Unis – Mexique, « Touch of evil » à Los Robles, petite ville frontalière imaginaire (tourné à Venice, en Californie) et « Sicario » à Ciudad Juarez (tourné en réalité au Nouveau-Mexique, au Texas...)

Dès les premières minutes de « Touch of evil », tout est dit. Première image du film, deux mains anonymes règlent la minuterie d'une bombe de dynamite. Apparaît au loin, un couple qui se dirige vers la voiture dans laquelle la bombe vient d'être déposée. Ce couple, cette voiture vont être suivis, de haut, à la grue, qui montre leur insignifiance, leur condamnation. Dans une longue séquence, au fur et à mesure que la voiture avance dans la rue, au milieu d'un troupeau, de passants, d'agents de la circulation, angoisse pour le spectateur « qui sait », la caméra se rapproche d'eux pour en faire, quelques instants, de banals êtres humains qui passent la frontière... Le personnage remarqué est alors Miguel Vargas (Charlton Heston), reconnu parce qu’il a fait arrêter, récemment, un chef local de trafiquants de drogue.

La voiture explose déchiquetant son richissime propriétaire et sa jeune compagne. Tout le monde s'agite, en attendant l'arrivée de l'inspecteur-qui-résout-tous-les-problèmes grâce à sa jambe malade, source de ses fructueuses intuitions.
Quinlan sort de sa voiture, filmé en contre-plongée et gros plan, énorme, obèse, mal rasé, un gros cigare à la bouche, boitillant, avec une cane.. C'est, à l'évidence, le personnage central. Vargas est alors en recul, il veut éviter l'incident diplomatique, la bombe ayant été déposée dans la voiture en territoire mexicain.

Plongées et contre-plongées sont utilisées à plusieurs reprises pour ponctuer le rapport de forces entre les personnages. Au moment de l'affrontement Quinlan-Vargas, tous deux seront dans la même image, en contre-plongée. Indiquant le basculement du film.

Taylor Sheridan, le scénariste de « Sicario » a déclaré : « Ce qui faisait le charme de la zone frontalière, la rencontre et le mélange des cultures, a complètement disparu. J’ai réalisé que le Mexique, ce pays où l’on pouvait se rendre tranquillement en voiture, n’existe plus aujourd’hui. C’est devenu un endroit sans foi ni loi. Il n’existait aucun film sur la manière dont la vie a changé dans le nord du Mexique, sur la façon dont la drogue et la corruption gouvernent tout désormais, et sur l’évolution des cartels qui sont devenus des groupes militarisés. Pas un seul film ne parlait de cela, ni de la façon dont la grosse machine qu’est le gouvernement américain traite ces problèmes qui débordent de son côté de la frontière. » (3).

« Sicario » tient la promesse du scénariste. Pas de main morte. Les moyens n'ont pas manqué. Le prologue est une intervention très violente de la police étasunienne qui attaque un foyer de narco-trafiquants où est découverte, emmurée, une galerie de cadavres, clandestins qui voulaient traverser la frontière ou victimes des conflits entre bandes de trafiquants. Cela nous permet de faire la connaissance de Kate Macer (Emily Blunt) qui va être sélectionnée-volontaire avec son comparse et accompagner une expédition musclée du FBI pour décapiter un cartel de la drogue. Plus tard, on verra des cadavres pendus, décapités...

En quelques images tout est dit. La violence, la sélection par de « hautes autorités », celles qui déplacent les limites et ferment les yeux, la préparation de cette expédition, la frontière, le barrage, filmé d'avion ou d'hélicoptère mais de près, qui s'étend sur des kilomètres, édifiée pour empêcher l'immigration sud américaine aux États-Unis, dans un milieu désertique.

Tout ceci correspond bien aux intentions du scénariste. Encore plus quand on voit la frontière à échelle humaine du film d'Orson Welles : poste-frontière bon enfant qu'on passe à pied ou en voiture pour aller prendre un verre ou faire une virée de l'autre côté, où le policier discute avec la personnalité devenue célèbre pour avoir arrêté le chef des trafiquants locaux de drogue... « 1 400 km de frontière sans une mitraillette », dit Vargas à son épouse étasunienne.

Dans les deux cas, la frontière sera franchie à plusieurs reprises risquant de perdre un peu le spectateur. Mais dans « Sicario », c'est seulement la force d'intervention qui fait des incursions, illégales, dans le territoire mexicain.
Car l'acteur le plus important, c'est la machine de guerre des États-Unis qui, avec la complicité de haut niveau au Mexique, affronte un cartel de la drogue et cherche à rétablir un certain ordre, par tous les moyens, dans la confrontation avec les trafiquants. Et Alejandro le sait qui se met au service de cette machine pour atteindre son but.

La même question éthique est posée dans les deux films mais à des niveaux très différents. Dans « Touch », il s'agit d'une confrontation d'homme à homme, entre Quinlan, l’Étasunien, aux méthodes peu orthodoxes et Vargas, le Mexicain, qui se bat pour le respect de la loi même quand il s'agit d'éventuels assassins. Dans « Sicario », le combat est entre la machine de guerre du FBI et deux représentant de la CIA, une femme et un Noir, chargés de contrôler la légalité de l'opération, montée par des durs, qui vont les berner malgré leur courage, leur compétence...

Finalement, l'opération réussit et Alejandro exécute le Parrain, sa femme et ses enfants. Mais Kate refuse de signer la caution qu'il lui présente sous la menace d'un revolver. Alejandro essuie une larme sur la joue de Kate, il pense à sa fille assassinée, renonce à la caution et se retire après avoir démonté et jeté son arme. Son combat est terminé. Kate le voit partir par la fenêtre, pointe son arme, Alejandro se retourne. Elle baisse son arme. Alejandro le lui a dit, elle n'est pas faite pour vivre das ce pays de loups.

Dans « Touch », le but est aussi atteint. Le suspect, désigné par Quinlan, grâce à son intuition douloureuse, est l'assassin, confondu non par la fausse preuve fabriquée par Quinlan mais par l'aveu du coupable.

Le « film noir » d'Orson Welles ne respecte pas toutes les conventions du genre. Si Quinlan est conduit à sa perte, c'est parce qu'il veut faire la loi en passant outre à la loi, c'est parce qu'il trouve sur sa route, un policier qui veut faire respecter la loi même face aux criminels. Comble, un policier mexicain ! Mais qui, lui aussi n'est pas au dessus de tout soupçon car il se comporte en mari et non en policier respectueux de la loi quand sa femme est séquestrée, il utilise des armes qui lui répugnent, enregistrant les aveux sollicités de Quinlan à son second et plus ancien ami.

Les aveux enregistrés, Vargas retrouve sa femme. Ils peuvent partir donnant un faux « happy end » au film. Quinlan, tué par son second qu'il a berné toute la vie, s'enfonce dans des ordures et des résidus des puits de pétrole (écologie avant la lettre ?) discrètement omni-présents dans le film.

Quinlan n'est pas victime d'une « femme fatale » : la très belle Tanya (Marlène Dietrich) n'est qu'une vieille amie dont les cartes annoncent le destin de Quinlan et qui prononce une éloge funèbre qu'elle gomme immédiatement : « a lousy cop... He was some kind of a man... What does it matter what you say about people ? ».

Dans ces films frontaliers, un rôle important est donné à deux Mexicains, l'honnête Vargas et Alejandro, le justicier sans pitié, qui montre, malgré tout, une certaine sensibilité. Mais cela n'empêche pas Quinlan, en toute mauvaise foi d'afficher un certain mépris pour cet étranger, ce juge mexicain prêt à innocenter un des siens par solidarité... Ce qui n'est pas le cas dans « Sicario » où joue l'estime réciproque des gens qui sont là pour tuer sans scrupule. Et torturer après avoir débranché la caméra sensée enregistrer l'interrogatoire. Même si quelques personnages secondaires sont un peu ridicules (Oncle Joe mais aussi l'adjoint de Quinlan).

Ici, le racisme discret est plutôt pour l’adjoint de Kate, « tu n'as pas peur du noir » (obscurité) et Kate qui lui dit qu'il est le seul à la voir en « soutif ». Et le sexisme ? Naïve, elle se jette dans les bras d'un narco mais Alejandro la tire de ce mauvais pas.

Quant a la situation sociale du pays, c'est essentiellement dans « Sicario » qu'elle apparaît par quelques touches. L'état des routes chaotiques, qui répond aux moutons dans les rue de « Touch », les entrées illégales aux États-Unis, on voit des clandestins rassemblés pour les besoins de l'enquête., la corruption de la police mexicaine.
Une anecdote du film montre l'étendue du désastre : un policier mexicain complice du cartel est abattu, il ne pourra plus accompagner son fils au football, c'est donc la mère qui le fait. On assiste à une partie du match, ce ne sont que des femmes autour de terrain, qui ont accompagné leurs enfants. Et tout à coup, on entend, au loin, une fusillade. Le match se suspend. La tête tournée vers là bas...

Ces deux films donnent à voir l'évolution de notre monde, cinématographique et politique à cinquante années d'intervalle..

- 1 - Touch of evil (1958) onzième long métrage d'Orson Welles (43 ans à la sortie du film). Dans sa version de 1998, en DVD.

- 2 - Sicario (2015) septième long métrage de Denis Villeneuve (48 ans à la sortie du film), actuellement dans les salles à Paris.
- 3 - http://www.allocine.fr/film/fichefilm-228114/secrets-tournage/
- 4 - « un sale flic... un sacré bonhomme... qu'importe ce qu'on dit des gens ? » (traduction très libre et incertaine de P.O.)

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 14:08

Revue de presse n° 173 (Europe)


« Le verdict de la Cour de Justice de l'UE place l'Irlande dans un dilemme moral et légal. Face à Facebook et aux autres géants technologiques basés à Dublin, l’État irlandais se considère-t-il comme le premier défenseur des droits à la vie privée des citoyens irlandais et européens ? Ou bien comme un avant-poste des services de renseignements américains à l'ère du numérique ? » Eurotopics The Irish Times - Irlande(06.10.2015)

Selon les médias turcs, le président Erdoğan aurait demandé à Bruxelles des concessions sur la question de la division de Chypre en contrepartie de la prise en charge de réfugiés. Eurotopics 07/10/15

A Bruxelles, 7 octobre, 80 000 personnes (police), 100 000 (front commun syndical) ont manifesté contre les mesures d’austérité. Le 6 novembre 2014, une manifestation avait déjà rassemblé plus de 100 000 personnes sur le même mot d'ordre. Le Monde.fr 07/10/15

Les ministres européens des Transports ont convenu de libéraliser le transport ferroviaire des personnes dès 2020 pour les grandes lignes et 2026 pour les lignes régionales. Après la libéralisation du rail dans le fret et sur les correspondances internationales, le transport ferroviaire des personnes s’ouvre progressivement à la concurrence. Euractiv 10/10/15


Les Allemands mènent la fronde en Europe contre le TTIP (ou Tafta), le Traité transatlantique de libre-échange. Entre 150 000 (police) et 250 000 personnes (organisateurs) ont convergé de toute l’Allemagne vers Berlin pour dire « Stop au TTIP » et au Ceta, son pendant canadien. Sur Internet, la pétition pour une « initiative citoyenne européenne contre le TTIP » a été signée par 3,29 millions d’Européens, parmi lesquels… 1,57 million d’Allemands et en France 363 000 signatures. Rue 89 11/10/15

Après des mois de tensions autour des campements de centaines de migrants, la Ville de Paris présente « la mobilisation pour l’accueil des réfugiés », programme de 18 engagements. Alors que Cazeneuve rappelle que, contrairement aux demandeurs d’asile, les migrants économiques « n’ont pas vocation à resster », le plan préconise... « ces engagements concernent, au-delà des réfugiés, l’ensemble des migrants venus chercher refuge à Paris ». http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/10/12/paris-presente-un-ambitieux-plan-d-accueil-des-migrants-au-dela-des-refugies_4787464_3224.html#0ObpWSkWSSMDR4Ye.99

Le gouvernement espagnol « un peu trop optimiste » dans ses prévisions de croissance pour 2016. Madrid devrait donc faire des efforts supplémentaires pour réduire son déficit en 2015, ainsi qu’en 2016, selon la Commission européenne. Euractiv 14/10/15

Nettoyage de la ville, pompes funèbres, gestion du métro… Soutenue par Podemos pendant les élections, la nouvelle maire de Madrid, a décidé de réintégrer dans le giron public plusieurs services externalisés par l’ancienne équipe municipale. Acteurs publics 14/10/15

Les 10 pays à la richesse la plus élevée en dollars/ habitant. Suisse 597 100 dollars, Nouvelle Zélande 400 800, Australie 364 900, États-Unis 353 000, Norvège 321 400, Grande Bretagne 320 400, Suède 311 400, Singapour 369 400, France 262 100, Belgique 245 400. Le Figaro 14/10/15

Gérard Mestrallet, le PDG d'Engie (ex-GDF Suez), explique au Figaro pourquoi le groupe ne construira pas de nouvelles centrales à charbon. Il réaffirme ses engagements en faveur du climat. Le choix stratégique du groupe n'est pas anodin à la veille de la COP21. Tous opérateurs confondus, dans le monde, en 2014, 50% des nouvelles centrales électriques ont été des centrales solaires. Le Figaro 14/10/15

Chômage des jeunes : en août 2015, 4,610 millions de moins de 25 ans étaient au chômage dans l'UE, dont 3,131 millions dans la zone euro.
L'Allemagne, seul État en dessous des 10%, taux à 7%. Ensuite Autriche, Pays-Bas (11,2%), Danemark (11,4%), Estonie (11,5% en juillet), République Tchèque (12,4%), Malte (13,1%) et Lettonie (14,1%) en dessous des 15%.
Taux à 48,8% en Espagne, 48,3% en Grèce (juin), 43,5% en Croatie (juin), 40,7% en Italie.
La France se situe dans la moyenne haute, 24,5% en août 2015. Toute l'Europe 16/10/15

Jean-Claude Juncker a appelé les chefs d'État à tenir leur promesse de débloquer 2,25 milliards d'euros pour la crise des réfugiés. Euractiv 16/10/15

« Partager le fardeau ». L'expression n'a cessé d'accompagner les négociations entre Angela Merkel et les responsables turcs sur la question des réfugiés. Au menu : le plan d'action annoncé par l'Union pour inciter Ankara à endiguer le flux de migrants vers l'Europe, notamment ceux fuyant la guerre en Syrie, en les gardant sur son territoire. Porteuse d'un message européen, Angela Merkel a réitéré l'appel à renforcer la surveillance aux frontières et le contrôle des réseaux de passeurs, en particulier la filière maritime. Le Figaro 19/10/15

Canada : Justin Trudezau, vainqueur des élections a, pendant sa campagne électorale, promis d'accueillir les Syriens fuyant la guerre à mettre fin aux frappes aériennes tout en restant dans un rôle d'assistance aux forces irakiennes et kurdes. JDD 20/10/15

Cela fait vingt ans que la Suisse place au cœur de ses campagnes électorales immigration et réfugiés, sur fond de progression presque ininterrompue des nationalistes-populistes de l'UDC. Le18 octobre, l’UDC a amélioré son score avec de 29,4 % des voix (26,6 % en 2011), raflant 65 sièges sur 200 au Conseil national. Elle devance le parti socialiste (18,8 %), la droite libérale (PLR 16,4 %) et les centristes du PDC (11,6 %). Les Verts accusent un fort recul. Mediapart 20/10/15

Pays producteurs d'acier en Europe, en millions de tonnes, en2014 : Allemagne, 42,9, Italie, 23,7, France, 16,1, Espagne, 14,2, Royaume-Uni, 12,1. Les Échos 21/10/15

Dans la localité de Munkedal, sud-ouest de la Suède, des demandeurs d'asile ont réussi à échapper aux flammes après l'incendie de leur foyer d'accueil. Trois centres d'hébergement de réfugiés ont déjà été incendiés la semaine passée. Eurotopics Svenska Dagbladet - Suède

La CE condamne comme illégaux les rulings accordés par le Luxembourg à Fiat et par les Pays-Bas à Starbucks. Selon la commissaire à la concurrence, ces accords fiscaux secrets ont permis de réduire les impôts de ces entreprises de manière artificielle et inacceptable. La CE pose un principe fort sur l’illégalité de ce genre d’accord. Mais la punition encourue pour les avoir signés reste très loin d’inciter les firmes et les paradis fiscaux à ne plus y avoir recours. Alter éco + 21/10/15

Dans l'UE, pays comptabilisant le plus de personnes de plus de 80 ans : Italie (6,4%), Grèce (6,0%), Espagne et France (5,7%). Au contraire Irlande et Slovaquie,la population de 80 ans est faible, (3%), Chypre (3,1%). Toute l'Europe 21/10/15

« Premières propositions de Bruxelles pour améliorer l’Union monétaire et renforcer l’organisation de la zone euro sur la base d’un rapport approuvé par les 28. Ce Conseil budgétaire aura comme charge de conseiller les gouvernements. Il y a aussi le projet d’une unique représentation au FMI où les pays pourront toujours rester membres à titre individuel ». Sole 24 ore Revue de presse ambassade de France à Rome 22/10/15

« Sommet » des Balkans, organisé à la hâte... occasion de parer aux urgences, et surtout de faire passer le message allemand. L'UE ne peut plus faire marche arrière, elle vit dans un monde ouvert, (Merkel). Malgré l'indifférence, les ricanements et parfois une franche hostilité, l'heure est venue de passer à l'étape suivante: organiser l'Europe passoire en vraie terre d'immigration légale. Le Figaro.fr 22/10/15

« La vérité, on peut regretter que Orban soit le seul à la dire : aucune nation n'a donné mandat à ses gouvernants d'accueillir des centaines de milliers de migrants sans contrôle. Et, malgré les discours, tous les pays durcissent leurs dispositifs de surveillance et d'expulsion des clandestins. Même 'Mère Angela' prévoit de renvoyer 200 000 déboutés du droit d'asile en avions militaires. Le mythe du havre européen est en passe de s'effondrer sur ceux qui l'ont bâti - et sur les exilés qui y ont cru » eurotopics Le Figaro 22/10/15.

« L'impasse actuelle, c'est l'Europe elle-même qui s'y est engouffrée. Elle n'a d'autre chemin à emprunter que celui de la dignité. Envers les migrants et envers elle-même. Le reste n'est que l'histoire de l'éléphant qui a peur d'une souris. Si jamais l'UE devait accueillir un million de réfugiés, cela ne représenterait que 0,2 % de sa population. Il faut vraiment ne pas avoir confiance en nos valeurs et nos modèles culturels pour penser que la maison Europe s'écroulera si elle ouvre généreusement sa porte. » eurotopics Le Jeudi Luxembourg 22/10/15

190 000 demandeurs d'asile en Suède. Le pays connu pour sa politique d'asile généreuse... : « Le front uni contre les Démocrates suédois [droite] s'effrite... les partis se réveillent à la réalité et ne veulent plus se laisser bercer par les incantations à l'unisson par la politique et les médias. On commence à s'aligner... accélérer les demandes d'asile, multiplier les contrôles aux frontières et soutenir le projet de l'UE de camps de rétention dans le sud… Il n'y a pas longtemps, le Premier ministre semonçait les pays qui adoptaient ces mesures face à l'afflux de réfugiés. A présent, la Suède doit admettre qu'il y a des limites à l'idéalisme et procède de la même façon. » eurotopics Jyllands-Posten (Danemark) 23/10/15.

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Published by Paul ORIOL - dans Revue de Presse
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 22:08

IMMIGRATION ET UNION EUROPÉENNE

La crise migratoire

L'Union européenne et ses institutions ont été mises à dure épreuve cette année par leur gestion de la situation de la Grèce et de l'arrivée d'un nombre particulièrement élevé de migrants économiques ou réfugiés politiques.

L'Union européenne a une frontière, une monnaie mais n'a pas de politique, pas de gouvernement. C'est apparu, lors des deux crises qui ont dévoilé l’ambiguïté des institutions et, dans les deux cas, le rôle prépondérant de la puissance allemande.
Cette situation met en question l'Union européenne dans son fonctionnement, dans la perception qu'en ont les citoyens européens et, peut être même, dans son existence dans sa forme actuelle.

Ne sera abordé ici que la crise migratoire (La crise grecque a été évoquée dans « L'Union européenne ébranlée »).

Schengen

Ce sont les accords de Schengen (Accord 1985, Convention 1990) et le règlement de Dublin (1990, 2003, 2013) qui régissent les règles d'entrée et de séjour des ressortissants des États tiers sur le territoire de l'Union européenne.
Les normes de l'espace Schengen (1) ont été intégrées au droit de l'Union dans le cadre de « l'espace de liberté, de sécurité et de justice » par le traité d'Amsterdam (1997) et font partie des acquis communautaires. L'Irlande et le Royaume-Uni ont refusé (« opt out ») les articles du traité reprenant Schengen et Dublin.

Le traité d'Amsterdam institue le principe de libre circulation interne dans le droit communautaire. Les contrôles frontaliers sont supprimés entre les États Schengen (frontières intérieures) et maintenus aux frontières entre les États Schengen et les autres (frontières extérieures). L'agence Frontex a été créée, en 2004, pour gérer de manière intégrée les frontières extérieures.

Les contrôles d'identité des personnes qui voyagent entre des États Schengen peuvent être rétablis s'il existe une « menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure », terrorisme, émeute, hooliganisme... (art. 23/24). Cette réintroduction des contrôles doit être temporaire.
En cas de nécessité immédiate, elle peut être décidée unilatéralement par un État pour une période de 10 jours renouvelable. La Commission peut saisir la Cour de justice pour sanctionner l’État concerné si elle estime la mesure excessive.

Quand la menace découle d'un événement prévu, l’État doit notifier son intention à la Commission européenne et consulter les autres États Schengen, comme l'a fait Malte lors de la visite du pape en 2010.

Si une défaillance à une frontière extérieure entraîne l'arrivée massive d’immigrants, le contrôle aux frontières intérieures ne peut être rétabli unilatéralement. Il doit être autorisé par le Conseil des ministres sur demande de la Commission (art. 26).
La Commission s'est opposée au rétablissement des contrôles aux frontières intérieures pour des raisons tenant à l'immigration : en 2011, le Danemark a été contraint à renoncer au rétablissement de contrôles à ses frontières et la France menacée de sanctions à la suite de contrôles à la frontière italienne, face à l'arrivée de quelques milliers de Tunisiens.

Cette année, la Commission européenne est restée silencieuse quand l'Allemagne a rétabli des contrôles à ses frontières.

Dublin

Le droit d'asile dans l'Union européenne est basé sur la Convention de Genève (1951) et organisé par le règlement de Dublin. Pour que le demandeur d'asile ne puisse choisir le pays le plus laxiste ou déposer des demandes dans plusieurs pays de l'Union, le règlement de Dublin stipule que le premier État membre par lequel entre un demandeur d'asile doit relever ses empreintes digitales, traiter sa demande et le prendre en charge.
Ce règlement donne des responsabilités particulières aux États situés sur les frontières extérieures comme, dans un passé plus ou moins récent, l'Espagne, la Grèce, la Hongrie, l'Italie ou Malte, et pèse sur leurs finances : responsabilités et financement devraient être assumés par l'ensemble des États Schengen.

Après la révolution tunisienne de 2010-2011, le gouvernement italien a accordé un permis de résidence de 6 mois à 25 000 Tunisiens. Comme ce permis leur permettait de voyager dans l'espace Schengen, l'Allemagne et la France ont menacé d'imposer des contrôles pour limiter l'arrivée de ces réfugiés sur leur territoire.
Ces États n'ont pas proposé de partager la prise en charge de ces nouveaux arrivants, ils ont simplement voulu les maintenir en Italie.

La crise migratoire

Dans les années 2010, le nombre des migrants économiques ou à la recherche d'un asile politique arrivant dans l'Union par la Méditerranée et les Balkans a augmenté considérablement. Et aussi le nombre de ceux qui ne sont pas arrivés.

Suivant diverses sources (Centre international pour le développement des politiques migratoires, United for intercultural action), ce sont au moins 26 000 immigrants qui sont morts entre 1997 et 2012 en essayant de venir en Europe. En 2014, plus de 3 000, d'après l’Organisation internationale pour les migrations, sont morts ou ont disparu en Méditerranée.
Il a fallu la photographie d'un enfant mort sur une plage et l'arrivée de centaines de milliers de candidats à l'immigration aux frontières externes et surtout internes (en clair, de l'Allemagne) pour que les États et les sociétés civiles prennent conscience de l'importance et de la gravité du phénomène. Même si les drames répétés au printemps et la visite du pape François à Lampedusa avaient déjà éveillé les consciences.

Fin 2014, l'Union européenne n'accueillait, selon le HCR, que 6 % des réfugiés du monde entier. Les demandes d'asile sont en majorité rejetées, 73 % pour 240 000 en 2008, contre 13 % qui ont obtenu le statut de réfugié, 10 % la protection subsidiaire et 5 % une autorisation de séjour pour raisons humanitaires.

Entre 2007 et 2011, un grand nombre de migrants ont franchi la frontière entre la Turquie et la Grèce. En 2012, suite au renforcement des contrôles par la Grèce et Frontex et à la construction d'une barrière sur une partie de la frontière turco-grecque, l'arrivée de migrants en Grèce par voie terrestre a baissé de 95 %. Cela n'a pas empêché l'augmentation du nombre de personne arrivées dans l'Union. Elles ont pris d'autres chemins. Plus chers en argent et en vies humaines !

Les personnes qui arrivent en Europe viennent de pays souvent en état de guerre. Les trois principaux pays d'origine des migrants en 2014 sont la Syrie (27,9 %), l’Érythrée (12,2 %) et l'Afghanistan (7,8 %), viennent ensuite Somalie, Soudan, Sud Soudan, République démocratique du Congo, République centre africaine.
Le nombre de demandeurs d'asile est passé de 336 000 en 2012 à 626 715 en 2014. A la fin du mois de juin 2015, Eurostat relève que 592 000 personnes ont une demande d’asile en instance. Dont plus de 50 % pour l'Allemagne.

Les Syriens ayant fui leur pays (plus de 4 millions) se trouvent essentiellement en Turquie (2,2 millions de Syriens, 300 000 Irakiens), au Liban (plus d'un million pour 4 millions d'habitants !), en Jordanie (630 000), en Irak (250 000).

Sans solution politique en Syrie, le risque est grand de voir persister les demandes d'asile de Syriens et s'installer dans la durée des camps de Syriens comme existent depuis longtemps des camps de Palestiniens.

Migrants, Réfugiés

Ayant adhéré à la Convention de Genève relative aux réfugiés de 1951, à la Convention européenne des droits de l’Homme, ayant adopté la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Union et les États de l'Union ont l'obligation de respecter les droits des demandeurs d'asile.

Les personnes qui se présentent aux frontières ont quitté leur pays pour des raisons économiques et/ou politiques. L'Union et les États veulent faire le tri entre les demandeurs d'asile qu'ils ont l'obligation conventionnelle d'accueillir et les migrants économiques. Ils se préoccupent actuellement surtout des demandeurs d'asile syriens à cause de leur nombre et de la situation catastrophique en Syrie.

De nombreux originaires d’Afrique sub-saharienne étaient installés en Libye pour des raisons économiques. Ils ont dû quitter la Libye, à la suite de la situation créée par l'intervention franco-britannique. Sont-ils des migrants économique ou politiques ? Le statut de réfugié leur sera-t-il reconnu ? Rejoindront-ils les autres déboutés du droit d'asile ?
Ceux qui viennent du Kosovo, d'Albanie, du Monténégro, pouvaient prétendre, hier, au statut de réfugié. Ils ne peuvent plus aujourd'hui, leur pays vient d'être ajouté sur la liste des « pays sûr ». En urgence, pour faire plus de place aux personnes d'autres origines. Seront-ils renvoyés dans leur « pays sûr depuis peu » ?

Et tous ceux qui ont quitté leur pays, victimes de la politique économique nationale et autres ajustements structurels, internationalement imposés. Faut-il les renvoyer mourir chez eux ?

Causes

En 2012, le prix Nobel de la paix a été attribué à l'Union européenne pour avoir « contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme en Europe ». Si l'Académie n'a pas attribué ce prix dans une précipitation aveugle et imprudente, comme en 2009 à Barak Obama, elle a été aussi peu clairvoyante dans les deux cas.
Il est possible d'attribuer à l'Union une part de responsabilité dans les six décennies de paix en Europe depuis les années cinquante à condition d'oublier les guerres coloniales de la France, du Portugal, du Royaume-Uni, les guerres locales, européennes, Chypre 1974, Croatie 1991, Bosnie 1992, Kosovo 1999, qui n'ont certes pas dégénéré en larges affrontements et les guerres plus lointaines dans lesquelles certains États membres se sont engagés... et dont l'Union européenne et l'ensemble des États membres subissent aujourd’hui les conséquences.

Il était illusoire de penser que des États pourraient intervenir militairement, quelles qu'en soient les raisons, pour soutenir un despote ici ou le renverser là (2), tout en bénéficiant de la paix et de la démocratie à domicile.
Le temps des expéditions coloniales, sans danger pour les métropoles, est terminé. Les attentats en Europe, l'arrivée de plus en plus importante de migrants, qu'ils soient victimes du système économique, des régimes dictatoriaux ou du changement climatique est, en grande partie, le résultat de politiques inadaptées...

L'arrivée d'un nombre important de migrants aux frontières extérieures, leur circulation et leur installation plus ou moins durable au sein de l'Union européenne mettent en évidence l'absence ou l'insuffisance de sa politique de l'immigration.

Bien entendu, le énième point des propositions plus ou moins « généreuses » sera toujours l'aide aux pays moins avancés, l'aide au développement (le co-développement semble passé de mode) qui ressort à chaque crise et tombe rapidement dans l'oubli.
A ces dépenses, il faudrait ajouter le coût des interventions militaires pour apporter paix et démocratie en Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan et ailleurs... Pour le moment, cet argent a été plus efficace pour déclencher des migrations que pour les rendre inutiles !
Pour répondre à toutes à ces balivernes, il suffit de rappeler que l’apport financier des migrants par leurs transferts d’argent au pays est, au moins, trois fois plus important que l’aide officielle des pays industrialisés au développement.

Au Proche Orient cet interventionnisme militaire a conduit à la destruction d'une organisation des États, certes arbitraire et précaire, instituée par les Occidentaux avec pour résultat « démocratique », Daech au Proche-et Moyen Orient, en Afrique...
Pour établir une stabilité dans ces pays, il faudra autre chose que des bombardements et même qu'une aventure terrestre avec les résultats qu'on a connus ici ou là. Il faudra des décennies de développement. Avec un soutien international aux peuples et au fonctionnement de nouvelles institutions.
La stabilisation sera longue à venir et encore plus la diminution des migrations.

La « crise migratoire » dans l'Union européenne participe à un phénomène plus général, l'augmentation du nombre de personnes déplacées dans le monde pour des raisons économiques, écologiques, politiques. Elle témoigne de la monté des inégalités, de l'inégale répartition des richesses, des conséquences sociales et politiques du libéralisme sans frontière. Et des conséquences écologiques du développement. Qui poussent des centaines de milliers de personnes à migrer d'abord dans leur propre pays, puis dans les pays voisins et enfin, plus loin là où ils espèrent pouvoir mieux vivre ou survivre tout simplement. Les barrière physiques, politiques pourront freiner les migrations. Elles ne les arrêteront pas.

Juncker

Élu président de la Commission européenne en juillet 2014, Jean-Claude Juncker a constitué son équipe, investie en octobre. Conscient de l'importance du phénomène, il a nommé un commissaire spécialement chargé de la migration, en coordination avec le premier vice-président, pour travailler à une nouvelle politique migratoire.

Le président de la Commission a été, pour la première fois, élu indirectement lors de dernières élections européennes. Par le Parlement européen contre la volonté initiale d'Angela Merkel. Mais son autonomie est bien relative.
Dans « la crise grecque », comme dans « la crise migratoire », ses positions, quoi qu'on pense de leurs qualités, n'ont été prises en considération que si et quand elles étaient entérinées par l'Allemagne : Wolfgang Schaüble ou Angela Merkel.

En mai 2015, Junker a fait des propositions face à « la crise des réfugiés » : mécanisme permanent de relocalisation, désignation de pays tiers comme pays d'origine sûrs, renforcement de Frontex, création de systèmes européens de gardes-côtes et de gardes-frontières, mise en œuvre d'un régime d’asile européen commun, mise en place de voies d’entrée sûres et légales pour les personnes ayant besoin de protection, approche renouvelée des migrations légales...
Ce plan a été rejeté par le Conseil européen et notamment par Angela Merkel et François Hollande, en particulier le mécanisme permanent de relocalisation. La France n'a pas manqué de rappeler par les voix de Manuel Valls puis de François Hollande : « Il n'est pas question qu'il y ait des quotas » de migrants en Europe.

Finalement, ces propositions seront reprises, comme celle de répartir 160 000 réfugiés, après le ralliement d'Angela Merkel. Ce ne sont pas des « quotas obligatoires » mais une « répartition contraignante » de Syriens, Irakiens et Érythréens – que deviendront les autres ? - qui est adoptée. Non, comme à l'accoutumée par consensus mais après un vote à la majorité, avec abstention de la Finlande et, surtout, l'opposition de quatre États, Hongrie, Tchèquie, Roumanie, Slovaquie,. Malgré pressions et menaces de représailles financières du ministre allemand de l'Intérieur, du vice-chancelier allemand, avec le soutien du ministre de l'intérieur français refusant « une Europe à la carte ».
Seule Pologne la Pologne semble avoir été convaincue.
Il est reproché aux pays de l'Est d'être incapables de comprendre que l'Union est autre chose qu'un marché ou un distributeur de subventions qu'on menace d'ailleurs de supprimer.
Mais une de leurs profondes motivations est la peur du « mutlculturalisme » qu'ils constatent dans les pays de l'Europe occidentale et qu'ils ne veulent pas chez eux.

Merkel, aller-retour

Les récentes fluctuations d'Angela Merkel et la souplesse de François Hollande sur l'ouverture ou non de l'Union européenne aux demandeurs d'asile, sans parler des autres migrants, risquent d'être peu convaincantes.

En mai, l'une et l'autre refusent le plan Juncker.

En Août, Angela Merkel annonce qu'elle ne renverra plus dans le pays de première arrivée les migrants débarquant en Allemagne, en contradiction avec le règlement de Dublin et sans concertation, ouvrant l'accueil quasiment inconditionnel aux Syriens (non suivie par François Hollande).
Elle apparaît soudain comme l'incarnation principale des "valeurs européennes". Pour l'année 2015, 800 000 entrées de demandeurs d'asile sont annoncées, en Allemagne, soit 4 fois plus que l'année précédente.

Quelques semaines plus tard, spectaculaire revirement : Angela Merkel annonce, sans crier gare, la fermeture "temporaire" de la frontière avec l'Autriche et dépêche mille policiers pour faire respecter cette fermeture.
Face à l’« inaction » de l’UE. Angela Merkel fait valoir que son pays ne peut recueillir seul l’exode syrien et irakien et que l'Allemagne est« au bout de ses capacité d’accueil ». Les autres États auraient dû suivre. Ils n'ont pas suivi. Même Hollande avec sa modeste proposition d'accepter quelques dizaines de milliers de personnes.
Réalistes, les demandeurs d'asile ont entendu les déclarations généreuses - mais irresponsables de la chancelière - et le silence des autres. Ils ne se font guère d'illusions sur les chances d'être bien accueillis dans nombre de pays de l'Union. Ils sont aux frontières de l'Allemagne, non à celles des pays de l'Est ou de la France.

Avec ces déclarations successives et contradictoires, Angela Merkel, relocalise les problèmes de l’Allemagne que sa décision d’ouverture avait accentués, dans les pays qui n’étaient que des pays de transit, comme l'Autriche, et deviennent des pays de séjour.
Elle ouvre et légitime le « chacun pour soi » ! De nouvelles frontières se ferment, au total, celles de 8 pays : après la Hongrie, l'Allemagne et l'Autriche, la Tchéquie, la Slovaquie, la Slovénie, la Croatie et la Finlande.

De multiples raisons ont été données aux déclarations généreuses du mois d'août. La Chancelière a pu être sensible comme beaucoup à la grande émotion suscitée par la photo du jeune enfant mort sur une plage. Peut-être a-t-elle réagi à l'extraordinaire mobilisation des Allemands et suivant la vague, voulu l'accompagner, lui donner un débouché institutionnel.
Peut-être faut-il tenir compte aussi, du passé de l’Allemagne, de son attachement à sa loi fondamentale : « Conscient de sa responsabilité devant Dieu et devant les hommes, le peuple allemand, animé de la volonté de servir la paix du monde en qualité de membre égal en droits dans un Europe unie... ». Et du souvenir des millions d'Allemands venus de l'Est qui ont trouvé refuge en Allemagne de l'Ouest après la fin de la Seconde guerre mondiale.
Aujourd'hui en Allemagne, « un quart de la population actuelle est composé de ces expulsés et de leurs descendants ».

Au delà des raisons circonstancielles, des raisons démographiques (faible natalité), économiques (besoin de main d’œuvre) peuvent expliquer une plus grande ouverture à l'immigration. Avec la volonté de réussir leur intégration.
Angela Merkel pense avoir les moyens de cette politique. « Les réfugiés, un coup de pouce bienvenu pour la croissance allemande... L'accueil des réfugiés représentera 11 milliards d'euros de dépenses en 2016... toute une économie s'est mise en place pour faire face au défi » (Les Échos).
Ce que ne peuvent faire tous les pays de l'Union.

Quoi qu'il en soit, malgré ses erreurs, son rapide revirement, Angela Merkel, par cette déclaration a rappelé que l'Union doit respecter un certain nombre de valeurs qui sont sa raison d'être et qui sont consignées dans les textes. Dont le droit d'asile. Cette « crise des réfugiés » peut être son « moment historique ».
Car, à cette occasion, les éloges se sont faits entendre : « Avec cette intervention souveraine et son discours tenu devant le Parlement européen, Merkel a fait preuve de leadership politique, en Allemagne et au-delà. Elle a conforté ainsi ses propos tenus il y a un mois : 'nous y arriverons'. Une politique courageuse, car la cote de popularité de Merkel continue de chuter et les critiques se multiplient au sein de son parti… Au cours de ses dix années de mandat, Merkel a plus souvent géré qu'agi. Sur la question des réfugiés, il lui a aussi fallu du temps pour se positionner. Mais elle le fait aujourd'hui avec verve, c'est devenu sa mission. Ceci rend son positionnement différent de celui adopté dans la crise grecque. Elle considère le problème des réfugiés comme un défi personnel, comme un défi que lui pose l'histoire. » (Der Standard Autriche 09/10/15). Avec cette ouverture, elle « est devenue aujourd’hui la seule responsable politique de stature continentale, ou encore la femme « qui a restitué la dignité à l’Europe ». Orban est devenu le symbole du mal, Merkel « le visage humain de l’Europe » ( Federica Mogherini, Haut représentant de l'Union pour less affaires étrangères et la politique de sécurité)

Mais ce peut aussi être sa perte, si elle ne réussit pas à entraîner les Allemands, le peuple allemand et d'abord les membres de son parti. Angela Merkel a essayé de flatter le peuple : « c'est le signe que notre pays est attractif », « on y arrivera », « notre pays deviendra de plus en plus divers »..
Mais Die Zeit remarque qu'au Parlement européen, « au lieu du mot 'espoir', employé par Mitterrand et Kohl, les discours de Merkel et Hollande étaient marqués par le mot 'crise' ». Ce qui n'est pas propre a déclencher l'enthousiasme.

Il faut aussi susciter une mobilisation de l'opinion européenne qui puisse donner un sens à des contraintes qui peuvent être ressenties comme venant seulement de l'Allemagne et qui seraient mieux acceptées si elles venaient d'une partie significative des peuples de l'Union.

Sinon, une fois de plus, on pourra penser comme la Deutschlandfunk (02/09/15) : « Lors de la réforme des accords de Dublin il y a deux ans, l'Allemagne avait farouchement rejeté l'idée d'un mécanisme de solidarité. Et voici qu'on nous annonce que l'heure est à la solidarité, parce que cette fois-ci, cela profite à l'Allemagne. Le comble du cynisme. Il ne s'agit pas d'une solidarité vis-à-vis de personnes chassées de leur pays. ». Ce qui confirmerait l'opinion de beaucoup que, en Europe, ce qui est bon pour l'Allemagne est bon pour tous les Européens. L’Allemagne ne s'est guère émue quand la pression migratoire s'exerçait sur l’Espagne, l'Italie, Malte, la Grèce ou la Hongrie.

Mais il ne faudrait pas qu'une fois de plus, Angela Merkel, suive ses troupes, l'ouverture avec les uns et le revirement avec les autres.. Car l'Allemagne doute, elle est partagée.

Réticences et critiques se font entendre au niveau des peuples européens, y compris du peuple allemand et même au sein de la CDU, parti de Angela Merkel. A travers les déclarations de certains ministres fédéraux ou des ministres des Länder.

Dès le 13 septembre, quand l'Allemagne rétablit sa frontière avec l'Autriche, le ministre de l'Intérieur affirme : « la solidarité allemande ne peut pas être abusée ». Il propose de limiter l'afflux en Allemagne et prône un « contingent » de réfugiés dans l'Union. D'étendre aux frontières terrestres de l'Allemagne une procédure accélérée d'examen des demandes d'asile, active dans les aéroports depuis 1993, pour renvoyer plus vite les refusés au statut de réfugié. Angela Merkel est aussi critiquée depuis de semaines par les dirigeants bavarois de la CSU, aile droite de la coalition CDU-CSU, pour cette politique d'ouverture... « Face à des centaines de milliers de réfugiés, les Länder et les communes sont de plus en plus dépassés et le mécontentement de la population enfle. Une grogne essentiellement dirigée contre Angela Merkel : la crise historique des réfugiés devient la crise de son mandat… (Frankfurter Allgemeine Zeitung 19/10/15).

Malgré l'enthousiasme initial des foules, même si de très nombreux citoyens continuent à aider des réfugiés, les opposants se font entendre. Les manifestations, voire les attaques contre les centres d'accueil se multiplient. Plus de 400 délits contre ces centres depuis le début de l'année. Pegida (patriotes européens contre l’islamisation de l'Occident), chaque semaine ou presque depuis un an, réunit des milliers de personnes dans les rues de Dresde. Mais les points de manifestations sont nombreux, plus ou moins fournis, avec Pegida ou AfD ou des groupuscules d'extrême droite à : Göritz, Plauen, Sbnitz, Meissen, Postdam, Chemnitz, Erfurt, Wuppertal, Dortmund, Hamm. Toujours. contre la présence de trop nombreux immigrés, contre l'islamisation... Et aussi à l'étranger, notamment das les pays de l'Est : des manifestations, ont eu lieu aussi à Varsovie, à Prague, à Bratislava... pour s'opposer à la venue de migrants, des pétitions circulent pour demander la sortie de l'Union en Autriche, en République tchèque...

Les sondages en Europe sont défavorables. Quelle que soit leur valeur, ils sont écoutés par les politiques.
En moyenne, 56% des Européens ont des réticences à l'accueil de migrants, ce taux est de 81% en République tchèque, de 78% en Lettonie, de 77% en Slovaquie, de 70 % en Lituanie.

En Allemagne, 51 % des sondés ont peur des réfugiés et la popularité de la chancelière a chuté de 9 points à 54 % (niveau très enviable pour bien des chefs d’État et de gouvernement). La Frankfurter Algemeine Zeitung, le plus fort tirage de la presse allemande, dans un éditorial intitulé « L’Europe de l’Est a raison » a écrit que l'accueil des réfugiés constituait « une erreur de jugement sans précédent ».
Selon un sondage Ifop, 59 % des Français sont favorables à une limitation du nombre d'immigrés européens en France ; « immigrés européens », donc remise en cause des accords de Schengen.

Cette opposition a une traduction politique. En Allemagne, l'AfD, avec un discours contre les immigrants recueillerait aujourd’hui 7 % aux élections législatives. La candidate à la mairie de Cologne, favorable aux migrants, élue depuis maire, a été poignardée quelque jours avant son élection. En Italie, les intentions de vote en faveur du parti autonomiste du nord recueillerait 3 fois plus de voix qu'aux législatives de 2013, 2 fois plus qu'aux européennes de 2014. Aux élections régionales en Haute Autriche, le 27 septembre, le FPÖ a obtenu 30,4 % des voix (15,1 points de plus qu'en 2009), à Vienne, 33 % (plus 5 points) et le SPÖ 39,5 % (moins 5 points). En Suède, pour la première fois, le 20 août, un sondage met en tête avec 25 %, l'extrême droite, Démocrates de Suède, « pour une tolérance zéro vis à vis de l’immigration ». Aux Pays-Bas, un sondage, fin septembre, donne au Parti de la Liberté 25 sièges sur 150 à la Chambre des députés (+10) et 27 au parti libéral du premier ministre. Et en Suisse, la poussée de la droite populiste se confirme (Le Monde 19/10/15).

Angela Merkel résistera-t-elle jusqu'au bout, sans nouveau revirement un peu trop rapide. Comme dans les relations avec la Turquie ? « A quel prix se fera la coopération turque ? » (Frankfurter Allgemeine Zeitung 19/10/15).
C'est, en effet, la question à poser au moment où Angela Merkel semble lui faire de concessions discutables.

Et maintenant viennent les révisions indispensables.

Angela Merkel le dit sur tous les tons : « La question des migrants va nous occuper bien plus que la Grèce et la stabilité de l'euro »... « il y aura des conséquences, même si nous ne le souhaitons pas ». Elle a qualifié d'« obsolète » le système européen de demande d’asile et « plaide en faveur d’une nouvelle procédure » pour répartir avec « équité » les demandeurs d’asile entre pays européens.
Une politique d’asile commune devrait être la prochaine grande avancée de la construction européenne avec transfert de souveraineté. L'Union européenne ayant pour coutume d'avancer à l'occasion de crise, le moment est venu pour la politique migratoire commune. En quelques semaines, les choses ont bien changé, au moins en parole. Reste à voir comment elles vont évoluer.

Tout le monde semble d'accord pour condamner, aujourd'hui, le règlement de Dublin. Il est regrettable que les États, par absence de solidarité, ne se soient pas aperçus, plus tôt, par temps calme, qu'il était injuste.
L'Union européenne et les États européens n'ont pas bronché tant que la charge incombait aux États de « la ligne de front » : Espagne d'abord, puis Italie, Malte, Grèce et enfin Hongrie.

L'Espagne a été laissée seule quand les immigrants, vivants ou morts, arrivaient sur ses plages. Même les barrages de Ceuta et Melilla ont été discrètement tolérés.
L'Italie malgré Lampedusa et l'action « Mare Nostrum » qui a permis le sauvetage de 150 000 migrants et l'arrestation de 351 passeurs en 2014 n'intéressait personne. Cette action a même été arrêtée sous la pression allemande (Der Standard Autriche). Remplacée par « Triton », confiée à Frontex avec un triplement des sommes allouées pour protéger les frontières, cantonnant son action aux eaux territoriales alors que Mare nostrum s'approchait des côtes libyennes.
La Hongrie, un pays touché par un nombre importants de migrants, se déclare, incapable de gérer seule ces arrivées. Comme le fait remarquer Viktor Orban, ce n'est pas seulement une frontière de la Hongrie mais une frontière de l'Union européenne et plus particulièrement de l'Allemagne. La Hongrie construit une barrière de 175 km entre la Hongrie et la Serbie pour arrêter les migrants qui entrent illégalement dans l'espace européen. Elle annonce ensuite la construction d'une autre barrière le long de la frontière avec la Croatie, puis la Roumanie.
Cette fermeture physique des frontières est accompagnée de mesures législatives, une loi est votée en septembre au parlement hongrois, rendant le franchissement illégal de la frontière passible d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.
Qui a proposé de partager la charge de la Hongrie face à l'arrivée de ceux qui voulaient rejoindre l'Allemagne ? Seuls les « barrages de la honte » ont été dénoncés. Le régime de Viktor Orban, ses motivations, ses méthodes facilitaient largement les choses. Mais de janvier à juillet 2015, plus de 100 000 personnes sont arrivées en Hongrie d'après Frontex, 200 000 selon Laszlo Tracsanyi, ancien ambassadeur de la Hongrie à Paris et 170 000 demandes d'asile déposées (Figaro Vox 30/09/15 ) pour un pays de 10 millions d'habitants.
Il n'a pas été question alors de relocalisation, de répartition...

Les choses sont bien différentes quand 800 000 personnes arrivent dans un pays de 80 millions d'habitants. Pourtant, la proportion est la même. Et l'Allemagne est plus riche, elle peut mieux recevoir, elle est plus puissante aussi et donc capable de se faire mieux entendre... Dès lors la relocalisation, proposée par la Commission, rejetée jusque là, notamment par l'Allemagne, est maintenant prônée par celle-ci et acceptée par la plupart des États. A l'exception de quatre États de l'Est conduits par… la Hongrie.

Ce n'est pas la Hongrie qui a inventé les barrages aux frontières externes de l'Union. Il existe des barrages en Espagne depuis 1993 à Ceuta et Melilla. En 2012, la Grèce (4) érige une barrière longue de 18 kilomètres et haute de 3 mètres sur une partie de sa frontière terrestre avec la Turquie. En juillet 2014, la Bulgarie construit un mur de 3 mètres de haut avec des barbelés sur 30 kilomètres, le long de sa frontière avec la Turquie, mur en train d’être étendu à 130 nouveaux kilomètres sur les 259 que compte la frontière.

Que dire de la « double clôture » de 2 à 4 mètres de haut, clôture, non barrage, que, le 25 août 2015, la France et le Royaume-Uni ont décidé d'installer sur 3 kilomètres de long à Calais pour empêcher les migrants d’accéder au terminal d’Eurotunnel. Cela n'intéresse pas l'Union. Parce que c'est une double clôture, d'entrée et de sortie ? ?

Jusqu'ici Viktor Orban, malgré des lois qualifiées de liberticides, avait bénéficié du soutien de Berlin et de la solidarité du Parti populaire européen (5). Il est devenu le symbole du souverainisme xénophobe. Parce qu'il remet en cause les valeurs sur les quelles repose l'Union plus par ses déclarations que par ses barrières ? «Ce qui se passe maintenant est une invasion, nous sommes envahis ; […] la Hongrie et toute l’Europe sont en danger».

La relocalisation obligatoire d'urgence est désormais actée au niveau européen. Bien qu'elle aille à l'encontre de l’esprit du droit d’asile et du respect du choix du réfugié.
Actuellement, plus de la moitié des demandes ont été déposées pour l'Allemagne. Pour des raisons pas toujours discutables : mirage allemand, faible taux de chômage, politique d'intégration, spectaculaire réveil de la population, déclarations de Merkel, présence de parents ou connaissances...

La « relocalisation » doit être faite selon des critères, objectifs, quantifiables et pondérés : taille de la population, pondération de 40 %, PIB 40 %, demandes d’asile antérieures, 10 %, taux de chômage, 10 %. Cette relocalisation porte, pour le moment, sur 160 000 personnes, sera financée par le budget de l'Union avec 780 millions d'euros pour des États membres participants : 6 000 euros par personne accueillie.

Elle sera obligatoire pour tous les États, même pour ceux qui ont voté contre. Chacun aura un contingent ou... une « amende ». Obligatoire aussi pour les candidats au statut de réfugié qui seront donc « assignés à résidence » dans le pays qu'ils n'auront pas choisi obligatoirement, ce qui n'est pas la meilleure façon de favoriser l'intégration à laquelle chaque pays les destine. Accepteront-ils d'être relocalisés ailleurs que dans le pays qu'ils ont choisi et où ils sont arrivés ?

La Commission a proposé d'ajouter quelques pays à la liste commune des pays sûrs Albanie, Bosnie, ancienne république yougoslave de Macédoine, Serbie, Turquie pour faciliter le traitement des demandes des candidats de ces pays et leur rapatriement.

L'inscription de la Turquie sur la liste des pays sûrs n'est qu'un aspect de ses nouvelles relations avec l'Union européenne.
L’Union qui craint la dérive autoritaire et la gestion de la question kurde du président Erdogan, a désormais grand besoin de la Turquie pour gérer les flux migratoires. Elle est donc prête à faire des concessions, et à lui apporter un soutien électoral, en pleine campagne pour les élections législatives voulues par M. Erdogan, avec une relance de la guerre contre le Parti des travailleurs du Kurdistan, son orientation politique peu démocratique et les risques graves pour l'équilibre du pays. La Turquie, un pays sûr ? « Ce qui a été longtemps nié à la Turquie lors de son difficile chemin de démocratisation de ses institutions politiques, maintenant lui est accordé tandis que son système politique connaît une évidente, claire et préoccupante évolution autoritaire. Certes, après l’imprudente déclaration d’ouverture de l’Allemagne à tous les demandeurs d’asile, il fallait bien trouver un moyen d’en arrêter le flux auprès du principal pays de transit ». (Sole 24 Ore Italie 20/10/15)

La Turquie, devenue un pays sûr, relance la question de son adhésion à l'Union. Sur cette question, la chancelière semble varier autant que sur les frontières, suivant les circonstances : en 2009, elle soulignait que "la position commune" de Berlin et Paris était "un partenariat privilégié pour la Turquie, mais pas une adhésion pleine et entière" (Le Monde 21/05/09). Quatre ans plus tard, lors d'une visite en Turquie elle a « des entretiens politiques avec les dirigeants turcs qui attendent qu'elle confirme sa promesse, après celle exprimée par la France, de relancer le processus d'adhésion moribond de leur pays à l'Union européenne » (Le Parisien 25/02/13). Aujourd'hui, elle pense que le moment est venu de reprendre le processus et elle estime comme un progrès d'avoir lié la question des migrants à une relance du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union, officiellement ouvert en 2005 et aujourd’hui au point mort. (Le Monde 19/10/15)
Compte-t-elle sur la durée, interminable, des négociations et sur l'opposition, résolue, de certains États de l'Union européenne pour gagner à tout coup ? (3)

Le pays devenu sûr, l'adhésion à l'Union à nouveau sur la table, la Turquie réclame la suppression des visas pour ses ressortissants voyageant en Europe. De nombreux gouvernements européens se méfient d’une suppression des visas pour les 78 millions de Turcs. François Hollande a « insisté pour que, si libéralisation des visas il doit y avoir, avec la Turquie, ce soit sur des bases extrêmement précises et contrôlées ». Pour lui, cela ne soit pas se faire « dans n'importe quelles conditions, avec des visas qui pourraient être accordés à des individus dont on ne connaît pas l'identité. »

L'Union européenne et la Turquie se sont mises d'accord sur un plan d'action commun pour réduire le flux des réfugiés. En contrepartie à l'admission parmi les pays sûrs, Ankara devra mieux contrôler ses frontières.

La Turquie essaie aussi d'obtenir le soutien de l'Union à « la création d'une sone de sécurité et d'exclusion le long de la frontière syrienne », « une région à majorité kurde où la rébellion kurde est soutenue par les Occidentaux pour combattre l’État islamique » (La Croix 19/10/15).

Reste la question financière : la Commission prévoit 200 millions en 2015 et 300 millions en 2016 pour le Programme alimentaire mondial obligé de réduire les rations alimentaires. Il faut aussi prévoir une aide financière pour que la Turquie garde les réfugiés syriens sur son sol et les empêche d’affluer en Europe. La chancelière a notamment confirmé que l’Union envisageait de débloquer environ 3 milliards d’euro, mais ce fonds de soutien n'existe pas au niveau du budget européen. Il relèvera du budget des États (Le Monde.fr 16/10/15). Le président de la Commission a déjà appelé les États à honorer leurs promesses de plus de 2 milliards.
M.Erdogan, de son côté, « chiffre les dépenses engagées pour l'accueil des réfugiés à 6,7 milliards d'euros et estime qu'il n'a reçu jusqu'ici que 371 millions d'euros ».

Améliorer les conditions dans les camps contribue à fixer les réfugiés. Mais pour combien de temps ? Quel est leur devenir ? Vont ils obtenir l'asile en Turquie ? C'est peu probable. Encore moins au Liban et en Jordanie. Il ne faut pas attendre grand chose des pays arabes. Ni des États dont certains sont pourtant fortunés, ni de leur société civile qu'on a peu entendue jusque là.

En Europe ou ailleurs, les États vont-ils accepter les seuls demandeurs d'asile arrivés dans le pays ? Ou installer des antennes dans les camps pour distribuer des visas ? Vont-ils faire le tri des « bons » candidats et abandonner les autres ? Ou va-t-on installer des « hot spots » européens, formule élégante car anglicisée pour dire centre de tri, dans les camps qui géreront les demandes et les relocalisations ? Combien de personnes seront « exfiltrées » de ces camps et combien vont y rester ?

Comment Liban, Jordanie, Irak, Turquie vont-ils résoudre les problèmes posés par la présence de ces nombreux réfugiés dans des camps ? S'il est beaucoup question de la Turquie où les Syriens sont les plus nombreux, que va-t-il se passer en Irak, en Jordanie et surtout au Liban dont on parle beaucoup moins. Parce qu'ils ont moins d’atouts que la Turquie pour négocier. Jusqu'à « Daechisation » ou explosion ?

Les questions financières vont aussi se poser en Europe dans les pays d'accueil dont les budgets ne sont pas toujours aussi à l'aise que celui de l'Allemagne : financement des politiques européennes non budgétisées au niveau européen mais financement de l'accueil et de l'intégration des réfugiés installés sur leur territoire.

La Commission pourra allouer cette année 100 millions d'euros pour l'aide d'urgence aux États membres de l'Union confrontés aux arrivées de demandeurs. Une enveloppe de 600 millions d'euros est destinée aux agences européennes - Frontex, le bureau d'asile européen (EASO) et Europol - chargées d'aider les États à gérer les arrivées et surtout les retours.

La proposition de Pierre Moscovici, prendre en compte cette nouvelle charge pour les États dans le calcul des déficits publics de certains pays, a été vue à Berlin comme une nouvelle tentative de Paris de ne pas se soumettre à la discipline européenne. Pourtant, l'idée avance et Bruxelles pourrait considérer « la crise des réfugiés » comme une « circonstance exceptionnelle ». L'Italie, l'Autriche et l'Irlande ont officiellement demandé plus de marge de flexibilité dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance. La Commission serait ouverte à cette idée pour le budget 2016. Cela renforce la suggestion de la Commission, soutenue par certains États, d'accorder aux États plus de possibilités d'investissements publics. Sous l’œil réprobateur de Berlin et Helsinki.

Et voici que l'Allemagne pourrait accepter des conditions plus assouplies pour le programme grec prévu dans le « mémorandum ». En contrepartie, la Grèce devra accepter de conserver sur son territoire plus de réfugiés du Moyen-Orient (La Tribune 16/10/15). Ainsi, après avoir refusé toute concession durant la « crise grecque », l'Allemagne de Mamma Merkel cherche à décharger l'Union et particulièrement l'Allemagne d'un certain nombre de demandeurs d'asile potentiels. Ils seraient déjà 400 000 dans un pays de 11 millions d'habitants. Faut-il croire que ce n'est pas suffisant ?

L'intégration a un coût non négligeable. L'arrivée de nombreux immigrants du Proche-Orient inquiète : « Si nous faisons venir en Europe d'importants groupes de populations issues du Proche-Orient, nous y importerons les conflits et la haine qui règnent là-bas... » Même pour cette arrivée est dangereuse, rien ne sert de pleurer ou de regarder en arrière. Si l'on croit à ce danger et si l'on veut l'éviter, il faut s'en donner les moyens.

Pour l'OCDE, ces moyens doivent être importants, sur tout au début. La Frankfurter Allgemeine Zeitung (06/09/15) estime pour sa part, que, à court terme, l‘intégration de 1,5 million d'arrivants en 2015 devrait coûter à l'Allemagne 10 milliards d'euros, soit quatre fois plus que l'an dernier autour de 13.000 euros par personne. Sans conséquence sur le chômage pour les résidents. C'est un investissement d'avenir dans un pays qui manque de main d'œuvre et dont le taux de natalité est si faible. Du côté de l'économie, tous les feux sont au vert pour accueillir ces migrants en Allemagne.

L’Allemagne depuis 15 a choisi d'assimiler par la langue, le travail, la transmission des valeurs constitutionnelles et de l'héritage chrétien défini comme « le bien commun de touts les Allemands même si l'islam a sa place dans notre pays » et s'en donne les moyens : accès à la nationalité facilité, « cours d'intégration » avec apprentissage de la langue (600 heures par an contre 330 heures en France pour l’apprentissage de la langue), lutte contre la xénophobie et le racisme...
L'Allemagne a pris aussi des mesures pour faciliter les expulsions et accélérer l’examen des dossiers de demandeurs d’asile, en particulier ceux des Balkans qui, dans leur écrasante majorité, sont considérés comme des migrants économiques..

Tous les États n'ont pas les ressources financière de l'Allemagne pour mener leur politique, surtout dans le cadre d'une crise économique qui s'éternise. Certains économistes considèrent que si « les immigrants coûtent cher au début », à terme « c'est un investissement très rentable ». De plus, tout le monde a intérêt à la réussite d'une intégration économique plutôt qu'à la constitution de poches de pauvreté...

Cette intégration économique pourrait être facilitée par un respect moins stricts des critères européens qui pourraient aider au démarrage de la croissance.

La « crise des réfugiés » a mis en évidence la nécessité d'une gestion européenne des frontières. Une gestion intégrée avec création d'un corps de gardes frontières européens aux frontières extérieures a été entériné. La Commission préconise l'envoi d'équipes d'intervention rapides européennes, composées de gardes-frontières, de policiers, de juristes et d'interprètes, placées sous l'autorité de l'État demandeur, la constitution de corps de gardes-côtes et de gardes-frontières européens.

Bien entendu ces mesures supposent un partage de souveraineté. Mais toute la crise démontre la difficulté pour un État européen de répondre seul, dans l'urgence ou à long terme, aux questions posées. Même l'Allemagne a demandé à partager le fardeau. Il est possible que la difficulté soit trop grande pour que les États et les peuples acceptent d'être solidaires. Il n'est pas sûr que, pour les uns et les autres, l'éclatement soit la solutions.

L'aide au développement sera admise et oublié avec la même unanimité. Ce point, comme d'autres, réapparaîtront.
Que va faire réellement l'Union européenne pour régler la question syrienne ? Cela sera-t-il aussi long que pour la question palestinienne ? Les Syriens sont-ils condamnés à vivre dans des camps aussi longtemps que les Palestiniens ? L'Union financera-t-elle la Turquie, le Liban, la Jordanie pour qu'ils « partagent le fardeau », maintiennent et entretiennent ces camps ? Cela risque d'être pour eux, en dehors du coût financier, un risque nouveau de déstabilisation nationale.

Certains veulent voir dans la crise migratoire une de ces « crises nécessaires » pour faire avancer l'Union européenne. Ainsi les membres du Conseil ont voté à la majorité qualifiée pour empêcher quelques États de bloquer le fonctionnement des traités. Cet exemple sera-t-il suivi pour éviter les consensus paralysants sur d'autres sujets ?

La crise migratoire permettra-t-elle aux 19 pays concernés de répondre aux 40 procédures lancées par la Commission pour ne pas avoir encore « mis en conformité » leur législation avec la dernière directive européenne sur le droit d'asile. Parmi les 19 États figurent la Grèce, l'Italie et la Hongrie mais aussi l'Allemagne et la France.

Conclusion

1 – Lors de la « crise grecque » comme lors de la « crise migratoire », il a été évident que le pouvoir n'était ni fédéral (la Commission européenne), ni confédéral (le Conseil européen). C'est le pays le plus puissant qui commandait en la personne de Wolfgang Schaüble dans le premier cas, d'Angela Merkel dans le second. On a pu entendre le murmure de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. La vois de Federica Mogherini, Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (chef de la diplomatie européenne) était imperceptible. Les autres chefs d’État ou de gouvernement ont pu faire quelques commentaires ou s'incliner de bonne ou de mauvaise grâce.

2 – La question migratoire, comme les questions économiques et financières, ne peuvent avoir des règles nationales ou européennes sans être gérées de façon collective. Elles nécessitent une règle commune avec une gestion commune. Sous le contrôle d'un Parlement européen dont le rôle n'a sauté aux yeux de personne pendant ces crises.

3 – L'inadéquation de la politique de l'immigration de l'Union européenne, les désordres quelquefois créés par des États de l'Union européenne, l'absence de ligne définie quant à la place de la Turquie dans la politique étrangère de l'Union européenne l'ont rendu dépendante et complice d'une Turquie peu démocratique.

4 – L'Union européenne ne peut avoir une « ministre des affaires étrangères » sans politique extérieure commune alors que les actions des uns peuvent avoir des conséquences non négligeables pour les autres en l'absence de politique extérieure commune, encore plus dans l'environnement immédiat.

- Conséquences des interventions en Libye, en Syrie...

- Indécision dans l'adhésion de la Turquie qui la met en situation de force au moment le plus critique et fait accepter des exigences aberrantes.

5 – L'Union européenne, avec des structures peu démocratiques, bloquée en permanence par la nécessité de l'unanimité dans les décisions importantes, minée par la défense égoïste des États plus que des peuples, est incapable de définir une ligne politique, satisfaisante pour la majorité des Européens et compréhensible par tous.
Jusqu'à l'éclatement d'une crise où des solutions partielles, partiales sont prises dans l'urgence et dans l’incompréhension et fabriquent de nouvelles vagues de mécontents qui vont renforcer le repliement contre la solidarité.

Notes

1 - Cet espace comprend, en plus des 26 États membres (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Grèce, Espagne, Portugal, Autriche, Finlande, Suède, Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Bulgarie, Roumanie, Croatie), quatre États non membres — Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse — et trois micro-États européens — Monaco, Saint Marin, Vatican. Tous les États de l'Union, sauf deux — l'Irlande et le Royaume-Uni — doivent, à terme, mettre en œuvre l'acquis Schengen. À l'exception de la Bulgarie, de Chypre, de la Croatie et de la Roumanie, tous les autres États membres y participent déjà. L'espace Schengen englobe actuellement plus de 400 millions d'habitants sur une superficie de 4 312 099 km2.

2 – Ou bien le destituer après l'avoir soutenu. Lors du Troisième sommet Afrique-UE de 2010, Mouammar Kadhafi a accueilli les dirigeants de 80 pays africains et européens pour mettre en place partenariat Afrique-UE allant de 2011 à 2013 : emplois, investissements, croissance économique, paix, stabilité, migration, changement climatique. Tout était à l’ordre du jour. Sauf que Kadhafi a été déstabilisé par ses amis français et britanniques avant d'être tué. Et des dizaines de milliers de travailleurs originaires de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb contraints au retour au pays ou à un nouvel exil.

3 - En raison de l'opposition de plusieurs membres de l'UE dont Chypre et la France, seuls 14 chapitres de négociations sur un total de 35 ont été ouverts à ce jour et un seul a été clôturé. L'Allemagne est prête cette année à ouvrir le chapitre 17 et à préparer l'ouverture des chapitres 23 et 24. L'Allemagne était jusqu'à présent le dernier État membre à s'opposer à cette ouverture. Le Figaro 19/10/15

4 - L'Allemagne pourrait accepter des conditions plus assouplies pour le programme grec prévu dans le mémorandum. Mais en contrepartie, la Grèce devra accepter de conserver sur son territoire plus de réfugiés du Moyen-Orient (La Tribune 16/10/15). Ainsi, après avoir refusé toute concession durant la « crise grecque », l'Allemagne cherche à bloquer les demandeurs d'asile en Grèce. Ils y seraient 400 000 dans un pays de 11 millions d'habitants. Faut-il croire que ce n'est pas suffisant ?

5 - On peut parler d’inaction de l’UE. Celle-ci aurait dû mettre en œuvre l’article 7 du traité de l’Union, qui peut aboutir à la suspension du droit de vote d’un État membre. Et le PPE, groupe de partis conservateurs du Parlement européen auquel appartient le Fidesz, aurait dû exclure ce dernier. László Rajk, Libération 19/10/15

7 – Pour une lecture critique des décisions européennes : http://www.lacimade.org/nouvelles/5566--l-ments-de-d-cryptage-sur-les-r-centes-d-cisions-europ-ennes

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Published by Paul ORIOL - dans Europe Immigration
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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 17:25

Texte d'une intervention aux journées d'études de l'Aseca du 17 octobre 2015.

Reprise, avec très peu de changements, de celui de février 2015.

***

JOURNÉE D’ÉTUDES DU 17 OCTOBRE 2015

LE VOTE DES ÉTRANGERS ENCORE D’ACTUALITÉ EN FRANCE

Quel droit de vote revendiquer,

municipal, local, européen, national ?

Ces journées devraient déboucher sur des idées nouvelles. En demandant à un bientôt octogénaire d'intervenir, vous avez plus de probabilités (pas de chances) d'avoir des répétions que des innovation. C'est pourquoi ce sera aujourd’hui ma dernière intervention publique.

L'Aseca a la diabolique persévérance de poser, une fois de plus, la question du droit de vote des étrangers et le mauvais goût de la poser au moment où la France et l'Europe sont en train de se perdre, non avec les étrangers qui résident sur le territoire et leurs revendications mais avec ceux qui voudraient y résider avec ou sans droit de vote.

Une fois de plus, ce n'est pas le moment, il y a des questions plus urgentes. Ce n'est d'ailleurs jamais le moment. Depuis quarante ans au moins !

Mais l'ouverture partielle ou totale, momentanée ou pérenne, des frontières doit être accompagnée de l'égalité des droits pour les étrangers qui sont là, pour ceux qui arrivent, pour ceux qui viendront demain. Non seulement par passion d'égalité, non seulement parce que l'égalité est dans la déclaration des droits de l'Homme, préambule de la Constitution, et sur les frontispices des établissements publics mais parce que la liberté sans l'égalité, est lourde de conséquences.

Un article du Monde (1) pose enfin la question de l'ouverture des frontières. Dans cet article, une citation de Thomas Guénolé : « l'ouverture totale des frontières est possible dès demain, à condition d'accepter l'idée d'une priorité nationale dans l'accès à l'emploi... une ouverture totale des frontières conduirait inévitablement à réserver les allocations familiales, la couverture publique minimale de santé et l'école publique gratuite à la population française...». Pour Thomas Guénolé, la liberté sans l'égalité permettrait à « une gauche audacieuse » de réinvestir le sujet des migrations. A une époque où les inégalités se creusent aussi bien à l'échelle internationale que sur le territoire national (sauf en 2013 en France), la « gauche audacieuse » qui a déjà adopté le libéralisme doit aller jusqu'au bout et abandonner la lutte pour l'égalité et s'emparer de la préférence nationale et du creusement des inégalités !

Pour que le Royaume-Uni reste dans l'Union, David Cameron, à l'avant-garde à la 'gauche audacieuse' demande, entre autres : « la suppression des droits sociaux pour les travailleurs européens pendant les 4 premières années de leur séjour ». (2) Quant aux travailleurs non européens...
Il est suivi par le président du Medef, lui aussi en faveur de l’accueil des migrants pour de multiples raisons par « fraternité... » « ils ont souvent un fort niveau d’éducation, sont la plupart du temps jeunes, formés...» et, plus discrètement, parce que cela permettrait d'accélérer « enfin nos réformes pour être capables de les intégrer pleinement dans la durée » (3). Bien entendu les réformes prônées par le Medef sont celles qui accentuent la précarité et les inégalités.

Comme le dit,de façon plus explicite, le conseil économique de la CDU allemande qui propose, pour « pouvoir rapidement intégrer les nouveaux réfugiés sur le marché du travail allemand », une dérogation à la récente loi sur le salaire minimum .

Le suffrage universel et le droit de vote des étrangers

Le mot universel a une signification claire : « qui s'applique à toutes et à tous, qui vaut pour toutes et pour tous ». Mais le « suffrage universel » a eu, dans l'histoire de France, plusieurs applications et n'a jamais été, n'est toujours pas universel.

Réservé aux hommes dans la période révolutionnaire (1792) et lors de son instauration « définitive » en 1848, il est étendu aux femmes en 1944, aux militaires en 1945 et aux 18-21 ans en 1974.

Certains parlent de l'étendre aux jeunes de 16-18 ans comme cela existe déjà dans certains pays (Argentine, Autriche, Cuba, Brésil, certains Länder en Allemagne pour les élections locales, Jersey, Guernesey, île de Man et en Écosse pour le référendum sur l'indépendance de 2014).

Lors des différentes extensions du « suffrage universel » à de nouvelles couches de la population, le droit de vote et d'éligibilité a été attribué pour toutes les élections. Ce n'est pas le cas avec le traité de Maastricht (1992) : le droit de vote et d'éligibilité a été ouvert aux seuls nationaux de l'un des États membres de l'Union européenne résidant sur le territoire national (les extra-communautaires en sont donc exclus), pour les seules élections municipales et européennes, sans possibilité d'être élus maire, maire adjoint, grand électeur (pour les élections sénatoriale) et sans pouvoir obtenir une délégation du maire (1994).

Le suffrage universel est, de façon évidente, une conquête progressive, dont les étrangers ont toujours été exclus à l'exception de périodes révolutionnaires : Constitution de 1793 (jamais appliquée) et Commune de Paris... et le traité de Maastricht avec les restrictions déjà signalées.

Au niveau des principes, l'égalité est proclamée,« les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » et le suffrage est dit « universel ». En pratique, il n'en est pas de même : l'égalité des personnes, l'universalité du droit de vote demeurent des objectifs.
La revendication du droit de vote pour tous découle de ces principes. Elle n'est légitimée ni par ce que font les autres pays, des exemples seront cependant donnés de pays qui ne se glorifient pas d'avoir inventé les droits de l'Homme, ni par ce que veulent les pays d'origine, ni par ce que pensent les gens de droite ou de gauche, ni même par ce que veulent les résidents étrangers.

L'application du principe d'égalité, et donc le droit de vote, ne dépend que de la volonté politique et des possibilités du moment.

Aux élections nationales (présidentielles et législatives)

Le principe constitutionnel d'égalité devrait faire discuter du droit de vote des étrangers à toutes les élections sans distinction. Mais le droit de vote a, déjà, été découpé en tranches, à l'occasion du traité de Maastricht, il est donc légitime pour parler de son extension de discuter séparément des différents élections. En sachant qu'une réforme de la Constitution sera nécessaire dans tous les cas, sauf, peut-être, pour le droit de vote et d'éligibilité aux élections européennes.

La population n'apprécie pas de la même façon l'éventuelle extension du droit de vote aux résidents étrangers selon le type d'élection. Cette différence est probablement encore plus importante chez les politiques.
Lors du sondage de La Lettre de la citoyenneté de 2006, le seul portant sur les différentes élections, 50 % des sondés étaient favorables au droit de vote pour les élections municipales et européennes, 41 % pour les législatives, 37 % pour les présidentielles. Sans avoir une confiance exagérée dans les sondages, les résultats donnent une idée de la « difficulté ajoutée » en fonction du type d'élection. Ce n'est pas, cependant, une mauvaise base de départ. Les résultats des trois premiers sondages de La Lettre de la citoyenneté sur le droit de vote pour les municipales et européennes étaient bien moins favorables, 32, 30, 28 %.

Quoi qu'il en soit, la revendication du droit de vote à toutes les élections, si elle peut exister dans des textes de congrès, notamment d'organisations d'extrême gauche, n'est pas réellement portée sur la place publique par les forces politiques, syndicales ou même associatives. Il est cependant utile de la rappeler et peut-être aussi d'en discuter les raisons, les modalités... pour préparer l'avenir. Même si les chances de voir cette revendication prise en charge par une campagne sont faibles aujourd'hui et encore plus faibles celles de la voir aboutir.

Au Luxembourg, un débat a eu lieu récemment sur l'extension aux étrangers du droit de vote pour les élections nationales, suivi d'un référendum : la population a rejeté, à une très forte majorité, cette proposition qui était, pourtant, soutenue par le gouvernement.
Le gouvernement luxembourgeois, aujourd'hui, après cet échec sur la citoyenneté, propose une réforme du code de la nationalité pour étendre le champ du corps électoral.

En France, du fait des non-inscriptions sur les listes électorales, de l'abstention, de l'exclusion des étrangers, c'est une minorité des adultes du pays qui participe aux élections politiques.

Le droit de vote aux élections nationales existe dans certains pays : par exemple, en Nouvelle-Zélande depuis 1975, tout résident permanent, quelle que soit sa nationalité, a le droit de vote à tous les scrutins, l’éligibilité étant réservée aux nationaux. Et aussi au Chili, en Uruguay, au Venezuela.
E
n Suède, tous les étrangers peuvent voter lors des référendums : en 2003, ils ont participé au référendum sur la (non) adoption de l'euro.
Il en a été de même pour le référendum sur l'indépendance de l'Écosse, en fonction d'un « nationalisme non ethnique ». Les résidents non écossais, environ 800 000 sur 5,3 millions d'habitants (17 % de la population) ont pu participer au référendum : citoyens britanniques non écossais, Européens, étrangers originaires du Commonwealth...
C'est peut-être pour cela que les indépendantistes ont perdu...

Le Royaume-Uni permet à tous les ressortissants du Commonwealth, plus de 50 nationalités, résidant sur le territoire national, de participer à toutes les élections y compris aux nationales et européennes.
Une législation équivalente en France permettrait aux ressortissants de l'ancien empire français de participer à toutes les élections : des Algériens aux Vietnamiens, des Sénégalais aux Malgaches...
La monarchie britannique se montre, ici, plus égalitaire que la République française !

Aux élections européennes

Lors de la mise en conformité de la législation française avec le traité de Maastricht, le Conseil constitutionnel a affirmé : le Parlement européen « ne constitue pas une assemblée souveraine dotée d'une compétence générale et qui aurait vocation à concourir à l'exercice de la souveraineté nationale... », le Parlement européen « n'appartient pas à l'ordre institutionnel de la République française ». Le Conseil constitutionnel a statué en conséquence qu'il n'était pas nécessaire d’amender la Constitution pour permettre la participation des citoyens, non français, de l'Union à l'élection européenne, comme électeur, comme candidat. (4)

Une simple loi a suffi pour que des étrangers, citoyens de l'Union européenne, résidant en France, puissent voter et être candidats pour représenter la France, le peuple de France, au Parlement européen.
Une simple loi aurait donc suffi pour étendre ce droit à tous les résidents étrangers quelle que soit leur nationalité.
Il n'y a eu ni proposition, ni projet de loi.

Certains, pour justifier leur inaction, ont avancé que le droit de vote aux élections européennes n'était possible qu'en application du principe de réciprocité du traité de Maastricht et ne pouvait pas être attribué aux non communautaires sans modification de ce traité. La Cour de justice des Communautés européennes, saisie de cette question dans un différend entre l'Espagne et le Royaume-Uni, à propos de Gibraltar, a statué: « en l’état actuel du droit communautaire, la détermination des titulaires du droit de vote et d’éligibilité aux élections au Parlement européen ressortit à la compétence de chaque État membre... » (5)

Il n'y a donc pas d'empêchement au niveau européen. A ce jour, nul en France, ni ailleurs en Europe, ne s'est emparé de cette possibilité.
Ceci étant, il n'est pas sûr que le Conseil constitutionnel, consulté aujourd'hui sur la même question, donne la même réponse car les compétences du Parlement européen ont été étendues.
Par contre, ce qu'une loi a fait, une loi peut le défaire et il serait facile de retirer ce droit aux ressortissants d'un pays qui quitterait l'Union européenne.

Aux élections municipales (locales)

De même, le droit de vote et d’éligibilité des étrangers, citoyens de l'Union résidant en France, aux élections municipales, en application du traité de Maastricht, n'est pas irréversible. En effet, la Constitution prévoit : « Sous réserve de réciprocité et selon les modalités prévues par le traité de l'UE signé le 7 février 1992, le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales peut être accordé aux seuls citoyens de l'Union résidant en France. » (6) Que deviendrait ce droit, réservé aux « seuls citoyens de l'Union » si demain le traité était dénoncé par les Britanniques en cas de Brexit et pour les Grecs en cas de Grexit ?

Pour ouvrir la participation aux élections municipales, le Conseil constitutionnel a jugé nécessaire de modifier la Constitution car « la désignation des conseillers municipaux a une incidence sur l'élection des sénateurs » et « qu'en sa qualité d'assemblée parlementaire, le Sénat participe à la souveraineté nationale » (4). Dans l'éventualité de l'extension du droit de vote pour les élections municipales aux étrangers non communautaires, cette obligation serait maintenue sauf à modifier le mode d'élection des sénateurs.

Il est quelquefois question du droit de vote pour les élections locales. Il s'agit souvent d'un abus de langage pour parler du droit de vote aux municipales qui fait plaisir à certains militants.

Cette confusion des mots – municipales-locales - a aussi conduit les élus du Parti socialiste à déposer une proposition de loi donnant le droit de vote aux étrangers non communautaires pour les élections locales. Ils avaient oublié que les citoyens de l'Union européenne n'avaient pas ce droit !
Mais, il serait possible de profiter de l’occasion d'une réforme de la Constitution pour attribuer le droit de vote à tous les étrangers pour toutes les élections locales...

Des États de l'Union ont reconnu le droit de vote à certaines élections locales autres que municipales.

L'attribution du droit de vote pour les élections municipales à tous les étrangers quelle que soit leur nationalité serait un progrès mais ne supprimerait pas les inégalités en fonction de la nationalité : nationaux avec droit de vote à toutes les élections, étrangers citoyens de l'UE avec droit de vote pour les élections municipales et européennes, étrangers non communautaires avec seulement droit de vote pour les municipales, sans oublier les hors castes, les sans papiers...

Élections municipales et européennes

Certains pensaient que le traité de Maastricht était une brèche dans le lien entre nationalité et citoyenneté. Et que ce premier pas franchi, il serait possible d'aller plus loin et d'ouvrir de nouveaux droits politiques aux étrangers.

En réalité, un lien a été rompu entre droit de vote politique en France et nationalité française. Mais demeure le lien entre nationalité de l'un des États membres de l'Union européenne et citoyenneté de l'UE. Et donc entre nationalité et droit de vote.

Cette notion d’égalité entre étrangers, quelle que soit leur nationalité, a poussé la Lettre de la citoyenne à lancer le premier sondage avec une question inchangée depuis : « Les citoyens de l'Union européenne, résidant en France, ont désormais le droit de vote aux élections municipales et européennes. Personnellement, seriez vous très favorable, assez favorable, assez opposé ou très opposé à l'extension du droit de vote pour les élections municipales et européennes aux résidents étrangers non membres de l'Union européenne vivant en France ? ».

Cette formulation a plusieurs avantages :

- rappeler aux sondés que certains étrangers ont le droit de vote pour ces élections et qu'il ne s'agit que d'une extension à d'autres étrangers. Ceci a pu entraîner une augmentation des réponses favorables

- mettre en évidence et s'appuyer sur une discrimination ;

- casser le lien entre la nationalité et le droit de vote à ces élections.

Malheureusement, lors de la publication des résultats, les politiques, la presse et une grande partie du mouvement associatif n'ont entendu que « municipales » et jamais « européennes ».

La tentative de porter cette revendication au niveau européen, à travers la « pétition du million » et les multiples contacts et interventions au niveau européen et international n'ont guère été plus fructueuses. En dehors du Parlement européen et du Comité économique et social européen

Conclusion

Le traité de Maastricht a pu faire croire un moment que la citoyenneté de l'Union européennes pouvait être un premier pas vers élargissement du droit de vote à tous les étrangers. Il faut reconnaître, vingt-trois ans après, que c'était une illusion et les choses sont à reprendre à la base.

Quelle campagne en 2016 ? Avec qui ? Sera l'objet d'une autre atelier. Cependant, l'expérience des campagnes passées pousse à dire que l'interpellation des politiques devra fortement porter sur le COMMENT.

COMMENT les politiques favorables à cette revendication, candidats à l'Assemblée nationale, au Sénat ou à la présidence de la République, comptent-ils la faire aboutir ?

1 - Le Monde 18/07/15

2 - Le Monde 06/10/15.

3 - Le Monde 08/09/15

4 – Décision n°92-308 du Conseil constitutionnel du 6 avril 1992

5 - Arrêt de la Cour « Grande chambre » du 12 septembre 2006 - Royaume d'Espagne / Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord 'Affaire C-145/04

6 - Loi constitutionnelle n° 92-554 du 25 juin 1992, votée par le Parlement réuni en Congrès, en application de l’article 89 de la Constitution. « Loi organique n° 98-404 du 25 mai 1998, Journal officiel, 26 mai 1998.

Bonus !

- Inscrire sur les listes électorales les nouveaux Français par naturalisation. !

- Rendre obligatoire, au niveau municipal, sous quelque forme que ce soit, la consultation des résidents qui n'ont pas le droit de vote.

- Ouvrir les référendums locaux « sur les décisions que les autorités municipales sont appelées à prendre pour régler les affaires de la compétence de la commune », aux résidents étrangers. Remettre en cause la loi votée par la gauche, relative à l’organisation territoriale de la République (Loi d’orientation 92-125 du 06/02/92)

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 09:38

L’Église orthodoxe bulgare, plus de 80% de la population, appelle le gouvernement à ne plus laisser entrer de migrants musulmans. «Nous aidons les réfugiés déjà arrivés dans notre patrie, mais le gouvernement ne doit en aucun cas laisser entrer plus de réfugiés... Il s’agit d’une vague qui adopte tous les traits de l’invasion». Libération 27/09/15

Après la suspension des ventes de nouveaux modèles diesel Volkswagen en Suisse, la Begique interdit la vente de 3 200 véhicules diesel sur son sol. Euronews 26/09/15

Percée de l’extrême droite en Autriche. Le FPÖ (parti de la liberté) a obtenu 30 % des voix aux élections régionales de Haute-Autriche, soit le double par rapport au scrutin de 2009. La formation est l’alliée du Front national au PE. La campagne s’est focalisée sur le refus de l’accueil des réfugiés en provenance de Syrie. Contexte 28/05/15

Courte majorité pour les indépendantistes catalans. Les formations pour l’indépendance de la Catalogne ont obtenu 72 sièges (Ensemble pour le Oui et CUP), sur les 135. Toutefois, ils n’ont récolté de 47,8 % des suffrages exprimés. Ce manque de majorité absolue en terme de voix n’empêche pas les vainqueurs d’hier soir de s’estimer légitimes pour entamer un processus de séparation d’avec le reste de l’Espagne. Contexte 28/05/15

L'entreprise française Veolia est au cœur d'un scandale de corruption à Bucarest où les autorités locales auraient reçu des pots-de-vin en échange de l'augmentation du prix de ses services. Euractiv 28/09/15

Juncker, président de la CE, lors du 13e congrès de la Confédération européenne des syndicats, ce projet, au premier semestre 2016, prévoira un « plafond des droits sociaux qu’on ne peut pas corriger vers le bas ». Il n’est « pas question de toucher au sacro-saint principe de la liberté des travailleurs ». « Le contrat de travail normal est à durée indéterminée ».

Hollande : « Nous imaginons avec l’Allemagne d’avoir un eurogroupe social à l’image d’un eurogroupe économique et financier » (discours à la CES). L’idée de disposer d’une instance qui permette de rééquilibrer les objectifs monétaires et sociaux dans la zone euro a déjà été proposée en 2013 par les ministres français et allemand du Travail. Contexte 30/09/15

Élu du groupe libéral (ADLE), J. van Baalen a démissionné de ses fonctions de lobbyiste de la fédération néerlandaise de l’automobile après avoir reconnu qu'il percevait 8 000 euros par an de cette organisation et 4 000 de Mercedes. Désormais uniquement parlementaire européen « pour pouvoir participer librement aux débats qui concernent Volkswagen ». Contexte 01/10/15

le Liban, véritable poudrière : Près d'un tiers de la population libanaise est constituée par des réfugiés, surtout palestiniens et syriens. La prochaine vague d'immigration vers l'Europe sera originaire de ce pays : " Laisser, faute de moyens, se propager et se perpétuer la misère, c'est faire de ces camps des viviers de terroristes. Et une intégration à l'européenne étant exclue, les subventions internationales ne serviraient, en améliorant leur sort, qu'à fixer sur place ces malheureux, au nom d'un provisoire dont les Libanais, mieux que quiconque, savent combien il peut durer..." 30/09/15 L'Orient le Jour – Liban Eurotopics

Interdépendance l'UE et Turquie : Tages-Anzeiger, le quotidien de centre-gauche appelle l'UE à faire un pas vers la Turquie : " Les détracteurs d'une adhésion de la Turquie à l'UE ont toujours affirmé que celle-ci sonnerait la fin de l'union politique, la mort de l'idée européenne. Vraiment ? Le déchirement du pays fait partie intégrante de l'identité de la Turquie. Une caractéristique qui s'avère être un atout, qui la qualifie pour avoir sa place dans cette communauté en tant que membre d'une Europe tournée vers l'extérieur. L'UE ne peut à présent plus faire comme si le monde musulman ne la concernait pas. La menace du groupe terroriste Daech et la crise des réfugiés prouvent le contraire. Les airs de sultan que se donne le chef de l’État ne peuvent pas non plus être la raison de garder ses distances par rapport à la Turquie... A l'ère post-Erdoğan, la Turquie aura plus que jamais besoin de l'UE." 05/10/15 Eurotopics Tages-Anzeiger - Suisse

" Contrairement à ce qui s'est produit en Grèce, il n'y a jamais eu de querelle idéologique sur la nécessité de maîtriser les déficits publics et la dette. Le débat s'est toujours cantonné aux moyens de réaliser ces économies… Le Portugal s'est-il remis de la crise de l'euro ? Le problème du déficit public a été traité, les dettes s'élèvent à 125 % du PIB. Deuxième dette au sein de la zone euro, énorme fardeau pour l'avenir. Le moindre fléchissement de la conjoncture européenne serait funeste. Si la zone euro marque le pas, le Portugal chute… La victoire de Passos Coelho peut-elle vraiment être interprétée comme une victoire du programme de réformes européen ? La question se pose. " De Tijd Belgique 05/10/15

Le Premier ministre tchèque propose que des soldats tchèques, polonais et slovaques soient dépêchés en Hongrie pour participer à la surveillance des frontières du pays : " Les États du groupe de Visegrád doivent se garder d'attiser un peu plus le litige entre ceux qui veulent accueillir les réfugiés et ceux qui veulent les expulser. L'UE a besoin de consensus. Pourquoi ne propose-t-il pas son aide à la Grèce, par laquelle transitent en premier lieu les réfugiés avant d'arriver aux portes de la Hongrie ? Les '4 de Visegrád' feraient mieux de renoncer à de tels gestes de 'solidarité', car ceux-ci ne font que donner l'impression qu'ils cautionnent des positions extrémistes. " Eurotopics Sme – Slovaquie 05/10/15

Angela Merkel et François Hollande se sont entretenus avec les présidents russe et ukrainien sur la crise ukrainienne. Cette rencontre est un échec sur toute la ligne : " Le problème n'est pas la question du leadership en Europe mais le fait que l'Allemagne et une France économiquement affaiblie se posent en représentants de l'Europe, sans disposer de mandat et sans consulter leurs partenaires… Sans représentant de la CE, sans la responsable des affaires extérieures de l'UE… L'échec de Merkollande était prévisible car, à aucun moment, cette rencontre n'aspirait à résoudre la crise ukrainienne et à sanctionner l'annexion de la Crimée. On n'évoque guère, ces derniers temps, les changements arbitraires de frontières en Europe et les agressions en Ukraine orientale. Mais on fait pression pour obtenir un cessez-le-feu et la reconnaissance de faits établis par les Russes dans la région. Le perdant dans l'histoire, c'est l'Ukraine." Eurotopics Evenimentul Zilei – Roumanie 05/10/15

En 2014, le déficit public de l'UE est à 2,9 % du PIB, 2,4 % pour la zone euro. Entre 2011 et 2014, baisse de 32,6 % (UE), et de 39,4 % (zone euro).
En 2013, 13 États sur 28 ont dépassé les 3 % : Chypre(8,8 %), Espagne (5,8 %), Croatie et Royaume-Uni (5,7 %). 15 États demeurent dans les clous : Danemark (1,2 %), Allemagne (0,7 %), Estonie, Luxembourg (0,6 %). Progrès les plus notables de 2013 à 2014 : Slovénie, chute du déficit public de 10 points de PIB, Grèce baisse de 8,8 points.
En 2014, France : déficit public à 4 % du PIB. Entre 2013 et 2014, il n'a baissé que de 0,1 point de PIB. Entre 2013 et 2014, sur l'ensemble de l'UE, la part du déficit a baissé de 0,3 point. Dans la zone euro, la baisse a été de 0,5 point. Toute l'Europe 01/10/15

Eurostat. Au dernier trimestre de 2014, la dette publique des 28 États membres est de 86,6 % du PIB (zone euro 92,1 %). Entre 2013 et 2014, l’endettement a augmenté de 1,3 point dans toute l'UE, de 1 point dans la zone euro.
Six pays ont une dette supérieur à 100 % du PIB : Grèce (176 %), Italie (131,8 %), Portugal (131,4 %), Irlande (114,8 %), Belgique (108,2 %), Chypre (104,7 %). Douze États sont sous le seuil de 60 % du PIB, les plus bas Estonie (10,5 %), Luxembourg (22,9 %), Bulgarie (23,6 %) et Roumanie (38,1 %).
La dette publique de la France est supérieure à celle de l’UE et de la zone euro : 95,3 % du PIB en 2014, 91,9 % en 2013. Toute l'Europe 27/03/15

Une pétition signée par trois millions de personnes opposées à l’accord commercial UE-USA sera remise à la CE le mercredi 7 octobre. Euractiv.fr 07/10/15


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1983, Marche pour l'égalité contre le racisme de Marseille à l’Élysée. 2015, Marche Alternatiba de Bayonne à République. Hollande : rien ! 30/09/15

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CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 14:52

64% des entreprises du CAC40 sont contrôlées par une famille entière contre 20% aux États-Unis et 24% en Grande-Bretagne. Le Figaro 16/09/15

Le Conseil national suisse a voté à une large majorité l’échange automatique de renseignements fiscaux. Ce dispositif complexe s’appliquera dès 2018, avec des garde-fous. Le parlement examinera chaque accord signé avec un État partenaire. Le Figaro 16/09/15

Les28 confirment leur engagement à réduire, d’ici à 2030, « d’au moins 40 % » leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. Le Monde 19/09/15

Le groupe allemand se voit sommé par le gouvernement américain de rappeler quelque 482 000 véhicules Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux États-Unis, sur lesquels a été installé un logiciel permettant de minimiser les rejets polluants en cas de test... Ce sont 11 millions de véhicules dans le monde, Volkswagen, Audi, Porsche, Seat et Skoda, qui sont équipés de ce logiciel de trucage, comme le groupe a fini par le reconnaître. Un scandale qui l'oblige à provisionner 6,5 milliards d'euros dans ses comptes. Le constructeur s’expose également sur le territoire américain à une amende qui pourrait atteindre 18 milliards de dollars et à des poursuites pénales à l’encontre de ses dirigeant.
Si une enquête européenne, comme l’a demandé le ministre français des Finances Michel Sapin, devait montrer que la fraude s’étend à d’autres constructeurs en Europe, l’avenir du diesel et des industriels qui ont parié sur lui s’obscurcirait sérieusement. Alter éco + 22/09/15
Les réfugiés rêvent de Suède, de Norvège, de Finlande ou d'Allemagne: la France reste l'un des pays européens les moins plébiscités.
Les 28 États de l'UE sont convenus de mobiliser au moins un milliard d'euros pour les agences de l'ONU d'aide aux réfugiés dans les pays voisins de la Syrie : Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés et Programme alimentaire mondial. Les États vont aussi assister le Liban, la Jordanie et la Turquie "et d'autres pays" pour faire face à la crise syrienne...".
Exception faite du Danemark, dont les positions fermes ont résonné jusque sur les routes d'Europe, les pays scandinaves sont plébiscités. En Finlande, premier semestre 2015, 54% des demandes d'asile d'Irakiens ont été acceptées contre 33% en Suède... Mais la Finlande a renforcé les contrôles à sa frontière avec la Suède et des manifestations contre l'immigration ont eu lieu dans plusieurs villes.
Quand on demande aux Syriens, aux Afghans où ils vont : Allemagne, Allemagne, Allemagne. Beaucoup y ont de la famille ou des amis. Les images de l'accueil chaleureux dans les gares d'Autriche ont séduit.
La France, "patrie des droits de l'Homme", ne jouit pas de cette image. Rares sont les migrants qui veulent la gagner. Tous ont des proches ou des connaissances qui ont vu leurs demandes rejetées.
Le Royaume-Uni est connu pour ses opportunités économiques et attirant.
Aucun migrant rencontré par les journalistes de l'AFP n'envisage d'aller dans un pays du sud de l'Europe. L'Espagne s'est pourtant déclarée prête à accueillir 14.931 migrants, le troisième plus gros contingent européen après l'Allemagne et la France. Huffington post 23/09/15

Le président du groupe des socialistes et démocrates au PE, a réclamé la suspension temporaire du parti SMER, dont fait parti le premier ministre slovaque Robert Fico. « Les positions prises par R. Fico ont embarrassé l’intégralité de la famille progressiste». R. Fico a déclaré que la « migration massive de migrants musulmans qui commenceront à construire des mosquées ne sera pas tolérée »; il a évoqué la « restriction de liberté des musulmans en Europe », et déclaré que « la Slovaquie est construite pour les Slovaques, pas pour les minorités ». Euractiv 24/09/15

"Les caisses noires de Siemens, les fraudes de la Deutsche Bank, la monstrueuse duperie de Volkswagen et même l'attribution scandaleuse de la coupe du monde au Qatar n'auraient jamais été dévoilées ni sanctionnées sans une enquête menée aux États-Unis. Ceci est difficilement conciliable avec l'image faussée que se font les adversaires d'un accord de libre-échange avec les États-Unis, selon lesquels les consommateurs allemands pourraient être intoxiqués par du poulet chloré. En réalité, la protection des consommateurs est une idée qui nous vient de l'Amérique. On la prend d'ailleurs beaucoup plus au sérieux là-bas que chez nous." 24.09.15 Eurotopics Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Volkswagen : "Seul sujet que nos confrères allemands n'ont pas abordé… Comment le pays d'A.Merkel qui n'a cessé de taper sur les doigts des Grecs, 'tricheurs', 'menteurs' et 'truqueurs', pourra-t-il maintenir la pression quand la Grèce va devoir réclamer – inéluctable – un quatrième plan d'aide ou un effacement de la dette ? Il ne s'agit pas de 'Schadenfreude', une " joie maligne" au malheur d'autrui. Mais d'une véritable interrogation sur ce que le mot 'faute' recouvre exactement dans l'esprit des Allemands." 22.09.15 Eurotopics L'Obs

Résolution des Nations-Unies en faveur de la restructuration des dettes publiques adoptée par 136 voix contre 6 (Allemagne, Canada, États-Unis, Israël, Japon et Royaume-Uni) et 41 abstention dont la France. Politis 24/09/15

La Sicile a secouru 150.000 migrants depuis 2014, elle abrite, à Mineo, le plus grand centre d'accueil de réfugiés d'Europe. Ici, les fameux " hot spots " réclamés par Paris ne suscitent guère l'enthousiasme. Les Italiens les veulent de l'autre côté de la Méditerranée, en Tunisie ou au Maroc. Le Figaro 24/09/15

« Aujourd’hui, la zone euro est gouvernée par un club informel, l’Eurogroupe, qui organise l’affrontement des intérêts nationaux plutôt que l’émergence d’un intérêt commun à la zone euro ». P. Moscovici a proposé de renforcer « le rôle et les pouvoirs » de la CE. La gestion de la zone euro devrait être confiée à un ministres des Finances européen, issu de l’exécutif européen. Contexte 25/09/15

Pour A.Merkel, les Européens sont « très loin » d’avoir résolu la crise des réfugiés. Elle plaide pour la création d’un mécanisme permanent de relocalisation des personnes. La CE a fait une proposition en ce sens, mais les États ne se sont pas encore prononcés sur le sujet. Contexte 25/09/15

L’Espagne a entamé un impressionnant processus de décentralisation, en concédant de plus en plus de pouvoirs aux communautés autonomes : éducation, santé, services sociaux... La Catalogne est la région qui en a le plus obtenu. Mais le financement n’est pas satisfaisant.
Pour les nationalistes, beaucoup désormais indépendantistes, la Catalogne ne reçoit pas assez par rapport à ce qu’elle apporte., injustice qui étouffe le développement de l’économie catalane.
La Catalogne est une région riche, elle a, en parité de pouvoir d’achat, un revenu par habitant qui s’élève à 111 % de la moyenne européenne, celui de l’Espagne est de 94 %. Ses positions s’expriment par un slogan « l’Espagne nous vole » et par un chiffre : 16 milliards d’euros, soit 8,4 % du PIB catalan.
Données du gouvernement (2012) : communautés qui paient plus qu’elles ne reçoivent : Madrid (- 9,57 % du PIB régional), Baléares (-5,08 %), Catalogne (-3,75 %), Valence (-1,5 %). A l’inverse, Ceuta et Melilla (24,5 %), Estrémadure (15,6 %), îles Canaries (8,58 %), Asturies (8,4 %) et Andalousie (6 %) bénéficient plus qu’elles ne contribuent au budget national.
En revanche, deux communautés riches, Pays Basque et Navarre, revenu par habitant de 122 % et 116 % de la moyenne européenne, ont un régime privilégié hérité de l’histoire, solde positif supérieur à 2 %. De quoi attiser les revendications catalanes.. Alteréco + 24/09/2015

La révélation la plus spectaculaire vient sans doute du Guardian qui assure avoir eu accès aux documents prouvant que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont fait du lobbying auprès de la CE pour rendre plus souples (plus favorables aux constructeurs) les tests antipollution.
Le Royaume-Uni a fait pression auprès de la CE pour que cette pratique soit toujours autorisée dans le nouveau test. "L'Allemagne est allée plus loin, demandant que les tests soient effectués sur des circuits en pente descendante, et que les constructeurs soient autorisés à déclarer un chiffre d'émissions de CO2 4% plus bas que celui mesuré". La France "a appuyé toutes ces propositions, sauf celle concernant le chiffre de 4%". Arrêt sur image 25/09/15

« Les producteurs allemands, avec des voitures plus grandes et plus polluantes, se sont heurtés depuis 2005 à leurs collègues français et italiens, plus disposés à accepter des contraintes. Les limites ont été fixées mais les contrôles ont été confiés aux autorités nationales : une décision voulue par les groupes automobiles allemands ». Corriere della Sera 25/09/15


CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 21:21

« Le musée est une institution indispensable à l'avenir. Il ne cesse de s'en créer. Les villes grandissent, deviennent autonomes ; chacune veut son musée, pour exister, pour rayonner dans le monde. » (1)

Les touristes nationaux et étrangers, la France est la première destination internationale (84,7 millions de touristes internationaux en 2014), contribuent au développement économique (7 % du PIB). Si Paris est la ville la plus visitée (32 millions en 2013 dont 15,5 étrangers), de nombreuses communes cherchent à mettre en valeur leurs richesses locales, à les développer avec l'espoir d'attirer de nouveaux touristes et d'en tirer profit : sites naturels ou historiques, manifestations culturelles plus ou moins traditionnelles, festivals multiples malgré les difficultés financières du moment. Du moindre village aux plus grandes villes, les efforts d'embellissement sont notables à travers tout le pays.

Dans ce concours de séduction, les musées occupent une place importante, notamment par les emplois et des retombées économiques pérennes qu'ils entraînent. Ainsi, grâce à des délocalisations spectaculaires, les richesses du Louvre s'exposent à Lens et celles de Pompidou à Metz. Ce qui entraîne une plus grande visibilité pour des œuvres jusque là enfouies dans les réserves de la maisons mère et, aujourd'hui, présentées à de nouveaux publics locaux, régionaux et même venus de pays voisins. Avec un impact économique qui semble plus important à Lens.

Musée du Louvre-Lens

Musée du Louvre-Lens

Les pérégrinations estivales dans l'hexagone nous ont permis de voir d'autres villes qui, sans bénéficier de déconcentrations, de l’utilisation de réserves aussi importantes que celles d'un navire amiral comme Le Louvre ou le Centre Pompidou, tentent de profiter de situations particulières pour attirer de nouveaux visiteurs.

 

La ville de Rodez, profitant des importantes donations de Pierre et Colette Soulages, plus de 500 œuvres et documents, a construit un musée pour exposer des œuvres de l'enfant du pays, peintre français contemporain le plus connu, Pierre Soulages. En plus du fonds Soulages, le musée, inauguré en mai 2014, pourra présenter des expositions temporaires de peintres contemporains. Et, un plus pour Rodez, dans l'enceinte du musée est installée la brasserie de Michel Bras, cuisinier « étoilé », lui aussi enfant de l'Aveyron.


 

Si Rodez était déjà un site touristique très fréquenté (300 000 visiteurs de la cathédrale), le musée Soulages qui a reçu 250 000 visiteurs durant sa première année d'existence (mai 2014-mai 2015) est un atout supplémentaire pour la ville. Par ailleurs, à quarante kilomètres de là, Pierre Soulages a réalisé les vitraux de l’abbaye de Conques, étape importante sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle (500 000 visiteurs par an).

 

Le billet d'entrée du musée Soulages peut être couplé avec ceux des deux autres musées de la ville qui bénéficient ainsi d'une visibilité supplémentaire déjà constatée au niveau de leur fréquentation, notamment au musée Fenaille où on peut voir une collection de statues menhir dont la région est particulièrement riche.

 

Statue-Menhir

Statue-Menhir

Cas de figure similaire, autour d'un célèbre peintre originaire de la ville, le musée Henri Toulouse-Lautrec à Albi, ville natale du peintre. Classée depuis 2010 au Patrimoine mondial de l'humanité, Albi est connue par son impressionnante cathédrale, Sainte Cécile, fortifiée pour lutter contre les Cathares, et son palais de la Berbie, ancien palais des archevêques, qui loge le musée. Celui-ci abrite la plus importante collection d’œuvres du peintre et enregistre chaque année plus de 175 000 entrées.

 

NANTES ET AUTRES LIEUX

Changement d'échelle, avec la création du MuCEM à Marseille, deuxième ville de France par sa population, capitale européenne de la Culture en 2013. Il ne s'agit plus seulement d'un musée centré sur un artiste ou même d'un musée d'art au sens classique mais du remaniement complet d'un quartier de Marseille autour du MuCEM : musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, sur un site occupé au moins depuis le VIe siècle avant J-C.

NANTES ET AUTRES LIEUX

Véritable décentralisation, le MuCEM succède au Musée national des Arts et Traditions populaires de Paris, fermé en 2005. Mais au delà, il se définit comme un « musée de société » ouvert au monde méditerranéen qui se propose, avec la villa Méditerranée, le Silo, Le Fonds régional d'art contemporain..., d'assumer l'histoire de Marseille, son ouverture au monde méditerranéen, la diversité de sa population...

Marseille, avant la MuCEM, c'est Paris avant la tour Eiffel ! Il ne fait pas de doute que le MuCEM est une pièce maîtresse dans le développement du tourisme à Marseille en même temps que le quartier devient le nouvel espace central de la ville que peut se réapproprier la population marseillaise dans sa diversité.

 

Ce qui se passe à Nantes est encore différent. Depuis les ducs de Bretagne, Nantes a connu des périodes florissantes :

Navire Négrier Fraternité

Navire Négrier Fraternité

- Celle du tristement célèbre commerce triangulaire avec la traite des esclaves : au cours du XVIIIe siècle : la ville de Nantes a affrété des navires qui ont transporté 450 000 Noirs, soit 42 % de la traite française. Ce « commerce » enrichissant est à l'origine de constructions telles que théâtre, bourse, places, hôtels particuliers, « folies ». La traite ne prendra fin qu'en 1831.
Ce passé n'est pas oublié et assumé dans un Mémorial.

- Puis une forte industrialisation au XIXe siècle avec en particulier les chantiers navals. Cette période s'est terminée avec la fermeture des chantiers Dubigeon en 1987, après la livraison du « Bougainville ». Le secteur tertiaire est aujourd'hui dominant à Nantes, même si l'agglomération se situe au 1er rang français pour l'agroalimentaire, au 2e pour l'aéronautique...

- Suite à la désindustrialisation, Nantes hérite alors d'une importante friche industrielle, l'île de Nantes, que d'aucuns auraient voulu transformer en zone commerciale et qui va devenir peu à peu l'île de la création.

L'île de Nantes fait l’objet d’une vaste opération de disparition progressive des friches industrielles (entrepôts, usines) avec de nouveaux aménagements qui rendent ces quartiers plus attractifs : palais de justice, école d'architecture, espaces de loisir, jardins thématiques, restaurants, bars de nuits et discothèques, pôle des arts graphiques, espace consacré aux musiques contemporaines...

Le tourisme est une activité importante de Nantes, septième ville touristique française avec deux millions de visiteurs, les manifestations culturelles y sont nombreuses et quelquefois anciennes.
Le Carnaval de Nantes, second carnaval de France par le nombre de spectateurs, remonte au Moyen-Age. La première édition des Floralies internationales date de 1956. Les Floralies visent à promouvoir
le développement de l'horticulture, à la protection de la nature, à l'amélioration de l'environnement et du cadre de vie.
D'autres sont plus récentes, comme le Festival des 3 continents créé en 1979 et consacré aux cinémas d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, La Folle Journée,festival de musique classique, organisé chaque année depuis 1995 dont le concept s'exporte, à l'étranger, depuis 2002, à Bilbao, Tokyo, Varsovie...


 

Hier Aujourd'hui

Hier Aujourd'hui

Depuis 2004, les « Machines de l île » dans les anciennes nefs des chantiers navals, s'inspirent de Jules Verne, né à Nantes, du savoir faire industriel de Nantes pour créer un monde totalement nouveau.

NANTES ET AUTRES LIEUX

Avec le Grand Éléphant de 12 mètre de haut, lancé en 2007, qui peut transporter une cinquantaine de passagers et en arroser quelques badauds, Le Carrousel des Mondes Marins, inauguré en 2012, un manège de 25 mètres de haut.

Carrousel des Mondes Marins

Carrousel des Mondes Marins

Carrousel des Mondes marins

La prochaine attraction sera l'Arbre aux Hérons (35 mètres de haut, 50 mètres de diamètre) où les visiteurs pourront aller de branche en branche dans des jardins suspendus ou être embarqués dans des nacelles sous les ailes des hérons... Dans la Galerie des Machines, on peut voir des maquettes comme une chenille géante qu'un enfant peut faire avancer, les hérons avec leur nacelle dans lesquelles des spectateurs sont invités à monter...

NANTES ET AUTRES LIEUX

Les hérons -Arbre aux hérons


 

Par ailleurs, des créations des Machines de l'île sont installés dans les bassins de la ville de la Roche sur Yon :, crocodile, dromadaire, flamants roses, hippopotame, grenouilles...

NANTES ET AUTRES LIEUX

La Roche sur Yon


A Pékin, à l'occasion du la commémoration de la reprise des relations franco-chinoises, le « cheval de lumière », un cheval-dragon (46 tonnes), a affronté, une araignée géante, symbole des ténèbres, tous deux sortis des ateliers de Nantes !


 

NANTES ET AUTRES LIEUX

« L'Île des Machines » vaut, à elle seule, le déplacement à Nantes mais le « Voyage à Nantes, c'est aussi, chaque année, une ligne à suivre, à travers la ville, pour découvrir des œuvres artistiques exposées en salle ou en plein air, y compris au Jardin des Plantes. La ville est un musée.

NANTES ET AUTRES LIEUX

1 - Jacques Attali, Grande Galerie Le journal du Louvre sept./oct./nov. 2015 n°33

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 10:17

Revue de presse n° 170 (Europe)

« L’intransigeance de Schaüble cache un fier européisme qui a comme objectif l’union politique entre pays sachant partager choix et conséquences. Derrière la proposition de F. Hollande il y a une stratégie politique qui avait manqué jusque-là : celle de ne pas rétrocéder dans l’intégration pour rattraper les nationalistes du Front National mais de les balayer en faisant avancer le projet européen. Les participants au dialogue institutionnel européen sont donc en train de choisir leur camp ». Sole 24 Ore
« Sur Athènes et sur l’immigration il y a une rupture de solidarité, l’avenir m’inquiète. Pendant les négociations, les Premiers ministres étaient inquiets des répercussions de l’accord dans leur pays. Tsipras a compris que s’il avait continué dans sa direction initiale, ça aurait été la fin de la Grèce. » ENTRETIEN de J.C. Junker, président de la CE La Repubblica
« Les partenaires sont sceptiques sur la manière dont sont effectués les contrôles par l’Italie et veulent des garanties. Les centres de coordination seront gérés par les forces nationales en lien avec les agences communautaires : Frontex Easo, Europo et Eurojust. C’est un moyen pour contrôler ceux qui contrôlent et pour éviter les fuites vers l’Europe. Le manque de confiance est l’un des moteurs des grandes discussions entre les capitales sur la redistribution volontaire des migrants ». La Stampa Revue de presse de l'ambassade de France à Rome 22/07/15

Un projet de loi encadrant plus sévèrement le droit de grève au Royaume-Uni, présenté devant la Chambre des communes, a soulevé l’indignation de la classe syndicale, dans le privé comme dans le public. Ce texte est considéré comme l’une des transformations les plus radicales depuis plus de trente ans dans les relations sociales. Acteurs publics 22/07/15

Les États-Unis et le monde sont engagés dans un grand débat sur de nouveaux accords, appelés traités de libre-échange : en réalité taillés dans les intérêts des entreprises, surtout des États-Unis et de l'UE. Aujourd’hui, de tels traités sont plus souvent appelés « partenariats » comme dans « Partenariat transpacifique ». Souvent, ils ne sont pas des partenariats entre égaux, les États-Unis en dictent les termes. Heureusement, les « partenaires de l'Amérique » commencent à résister. J. Stiglitz Project syndicate 13/05/15

Au Liban, les réfugiés et les demandeurs d’asile forment un quart de la population. Rue89 24/07/15

« Le premier bébé éprouvette est né en 1987 dans notre pays. L’Église polonaise ne s'en était pas même rendue compte… Une indifférence qui a perduré tant que la Pologne n'était pas membre de l'UE et qu'il n'était pas nécessaire de transposer dans le système juridique les principes laïques et européens de la Convention sur la bioéthique. C'est au moment de l'adhésion à l'UE que les évêques se sont réveillés… Car le réel enjeu... est un enjeu de pouvoir : qui, de l’Église et de ses dogmes actuels ou du droit séculier 'relativiste', aura le dessus. » " 23/07/15 Eurotopics Newsweek Polska - Pologne

Bruxelles : l’eurotaxe est une hypothèse qu’il faut évaluer : « A quoi servira-t-elle, cette ‘’eurotaxe’’ ? Elle assurera un fonds pour affronter les urgences financières. ( proposition parrainée par Juncker et Schaüble). Tous les pays ayant adopté la devise européenne verseront une partie des recettes venant de la TVA ou des impôts sur le revenu. Une commission, présidée par Mario Monti, est en train d’évaluer ce budget unifié. Le ministre de l’Économie Padoan souligne ‘’il faut une union politique et fiscale’’ ». La Repubblica Revue de presse ambassade de France à Rome 27/07/15

« Seule Angela Merkel a défendu les Kurdes et a exhorté Ankara ‘’à ne pas abandonner le processus de paix’’. Le reste de l’Europe reste silencieux face aux frappes turques dans la zone du sud-ouest de l’Anatolie ». La Repubblica Revue de presse ambassade de France à Rome 27/07/15

Joschka Fischer, ancien ministre allemand des Affaires étrangères et membre du parti des Verts, critique fermement l’attitude du gouvernement d’Angela Merkel dans le dossier grec. Lors de la nuit du 12 juillet, Berlin a préféré une « Europe allemande [à une] Allemagne européenne ».
Le Conseil allemand des experts économiques contre une avancée de l’intégration de la zone euro trop « hâtive ». Dans le quotidien FAZ, les économistes se prononcent contre une capacité fiscale, une assurance chômage ou un gouvernement économique pour la monnaie commune. Les Sages estiment que la sortie de la zone euro doit être prévue dans les traités pour les pays qui ne respectent pas les règles communes. Contexte 28/07/15

Le journaliste Jakob Augstein : « Schäuble, par ailleurs un Européen convaincu, sait très bien que les Grecs ne peuvent pas payer leurs dettes, c'est la raison pour laquelle il réclame un “Grexit”. Du point de vue de la technique financière, cela paraît raisonnable. Politiquement, c'est une pure folie. D'où la question : quelle est la finalité politique de ce gouvernement ? Ils ne veulent pas d'une Europe européenne, pas d'une Allemagne européenne, mais une Europe allemande. Cette volonté de pouvoir m'inquiète. Le pire, c'est qu'il ne s'agit au fond que d'efficacité économique. Angela Merkel, interrogée un jour sur sa vision de l'Europe, aurait répondu : “Je veux que l'Europe soit compétitive”, par rapport à la Chine, aux États-Unis. Voilà sa vision. C'est assez faible, quand on pense aux intentions ambitieuses d'Adenauer, Schumann, Kohl et Mitterrand. »
« L'Europe et l'Allemagne sont à un tournant de leur histoire. La question du saut d'intégration va se poser. L'Allemagne doit assumer les responsabilités qui correspondent à son poids dans l’Europe » (secrétaire d'État français Matthias Fekl). Dit moins diplomatiquement : ne pas penser qu'à ses seuls intérêts, accepter de prendre des risques, lancer des initiatives politiques et ne pas juste s'abriter derrière les règles et les arguments comptables. Et accepter de démocratiser les institutions européennes. C'est tout le pari de François Hollande, avec son idée de budget et de Parlement de la zone euro. Mais dans cette Europe plus intégrée, les règles d'airain de l'ordolibéralisme pourraient bien rester les mêmes. Mediapart 27/07/15

Les partenaires de l'OTAN ont assuré leur soutien à Ankara dans la lutte contre le terrorisme. Ils n'ont émis aucune critique officielle quant aux attaques controversées de la Turquie contre des positions du PKK. L'OTAN se laisse ainsi instrumentaliser par la Turquie, déplorent les commentateurs, qui voient dans la lutte antiterroriste du président turc une manœuvre de politique intérieure. Eurotopics 29/07/15

« 1,3 milliards pour les infrastructures » : « La CE a adopté le programme opérationnel Infrastructure et réseau 2014-20 de l’Italie. Le programme du fonds européen prévoit un renforcement du transport sur rails et la réalisation des infrastructures du sud» Sole 24 Ore
« Bruxelles enquête sur Eurodisney » : Eurodisney est accusé de pratiquer des tarifs variant en fonction de la nationalité des visiteurs. La Commission soutient qu’« il n’est pas illégal de pratiquer des prix différents sur des marchés différents mais il y a un problème de transparence sur les tarifs». Il Corriere della sera Revue de presse ambassade de France à Rome 29/07/15

La France espère engranger 40 des 315 milliards d'euros d'investissements issus du « plan Juncker » lancé au niveau européen, a déclaré le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron. Contexte 31/07/15

« Cette guerre culturelle entre Berlin et les autres » : « Les différences fondamentales finissent par faire surface. France et Italie parlent d’une zone européenne plus politique : un parlement de l’union bancaire et un budget commun. Mais à Berlin les sensibilités sont différentes. L’Allemagne semble vouloir avancer sans se préoccuper de l’accord de Rome et de Paris ». Il Corriere della sera
« L’association pour le développement de l’industrie du Sud publie son rapport qui montre une croissance économique du Sud de l’Italie, depuis l’année 2000, qui ne dépasse pas la moitié de celle grecque... Il y a un risque de sous-développement permanent. ». La Stampa
« L’ONU : plus de morts que de naissances. Les Italiens en voie d’extinction ... « la population reste stable grâce aux immigrés seulement ». La Stampa, Revue de presse ambassade de France à Rome 31/07/15

(La France)n'occupe que le 25ème rang sur 28 en matière de fiscalité écologique... Il n'y a que l'Espagne, la Lituanie,et la Slovaquie qui fassent pire... Cette fiscalité ne cesse de diminuer : 1,8 % du PIB en 2012 contre 2,2 en 2000.

L'écart entre le temps de travail des hommes et femmes était en 2014 de 8,6 heures en Allemagne, de 8,4 au Royaume-Uni, de 4,7 heures en France... Une personne employée en Allemagne produit 14 % de richesses de moins que son homologue en Franc et 8,5 % au Royaume-Uni. Si nous devenions aussi inefficaces que les Allemands, nous aurions 4,4 millions d'emplois de plus et 2,5 millions que les Britanniques.

9,4 % de la population Slovène active étaient détachés en 2013 et 12 % au Luxembourg. La construction emploie 44 % des travailleurs détachés qui constituent 5 % de l'emploi salarié de la construction en France. 373 666 travailleurs détachés en Allemagne, 182 219 en France, 134 340 en Belgique, 100 423 en Autriche. ..
Les travailleurs détachés proviennent de Pologne262 714, d'Allemagne 227 008, de France 123 580 de Slovénie 83 659... Alter éco juin 2015

Les membres de l’instance dirigeante du FMI souhaitent pour le moment rester à l’écart d’un nouveau programme grec. En raison du niveau trop élevé de la dette publique du pays et de la lenteur des réformes. Contexte 01/08/15

La CE doit « promouvoir l’intérêt général de l’UE » a rappelé la porte-parole du président de la CE, en réaction à un article du quotidien allemand FAZ qui affirme que Wolfgang Schäuble propose de priver l’exécutif européen, qu’il juge trop politique, de certaines de ses prérogatives. Une Commission plus politique n’est pas « plus partisane », a expliqué la porte-parle de J.C. Juncker. Contexte 01/08/15


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J.M. Le Pen reprend confiance dans la justice de son pays. 28/07/15

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CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 09:02

Quelques photos d'art urbain  lors d'un bref séjour à Milan (2 jours) et à Londres (4 jours), conduisent à un retour sur les images recueillies dans le quartier du Bas Belleville à Paris.

A Milan, une balade dans la ville à partir du corso Vittorio Emanuele II, par la via della Spiga et la piazza del Duomo, a débouché par hasard, en fin de journée, sur le Corso di Porta Ticinese. Qui aboutit, comme son nom l'indique, à la « Porta Ticinese » et aux « colonne di San Lorenzo ».
Voici comment le guide Michelin décrit le corso : « Cette large artère... compte un grand nombre de petits créateurs et de boutiques de mode plutôt jeune, accessibles aux bourses de tout un chacun. C'est une 'alternative' réjouissante aux boutiques inabordables et standardisées du quadrilatère de la mode. Bars et restaurants suivent, dans le même esprit. »

Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese
Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese

Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese

Et, le guide oublie de signaler de très intéressantes peintures murales.


 


 


 

Mur de poupées dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes et peintures murales

Mur de poupées dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes et peintures murales

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese

Peintures du corso di Porta Ticinese

Scandale chez les politiques après l'affirmation de Grillo sur la mafia. (On ne peut comparer/opposer mafia et État....) ( Nous, nous nous trouvons très bien avec les deux ! ) 

Scandale chez les politiques après l'affirmation de Grillo sur la mafia. (On ne peut comparer/opposer mafia et État....) ( Nous, nous nous trouvons très bien avec les deux ! ) 

La culture est féminine, c'est pourquoi tous veulent la baiser*************************************************************************                                                                          **************************************************************************Dieu a créé le plaisir, dommage que ce soit un péché

La culture est féminine, c'est pourquoi tous veulent la baiser************************************************************************* **************************************************************************Dieu a créé le plaisir, dommage que ce soit un péché

Un pape ne fait pas le printemps, au moins, il s'y essaie. (CorvoRosso, corbeau rouge)

Un pape ne fait pas le printemps, au moins, il s'y essaie. (CorvoRosso, corbeau rouge)

Malgré un séjour un peu plus long et des balades plus diversifiées : Camden, Rives de la Tamise, droite (South Bank) et gauche (de Canari Wharf à London Tower), Richmond, Picadilly, Covent Garden, Trafalgar Square..., nous n'avons vu que peu de peintures murales.

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank) et, bien sûr, à Camden Market...

 
 

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank)

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank)

Camden Market
Camden Market
Camden Market

Camden Market

De retour à Paris, une petite promenade dans le Bas Belleville, donne une récolte plus abondante d'images bien différentes, reproduites ici en nombre limité : rue de Tourtille, rue Lesage, rue Julien Lacroix, rue des Maronites et surtout  rue Dénoyez.

Rue de TourtilleRue de Tourtille
Rue de Tourtille

Rue de Tourtille

Rue Lesage
Rue Lesage
Rue Lesage

Rue Lesage

Rue Julien Lacroix

Rue Julien Lacroix

Rue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites

Rue des Maronites

Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez

Rue Dénoyez

Les peintures murales sont, par essence, éphémères, elles peuvent être vues plus ou moins longtemps, elles n’appartiennent à personne, ni aux auteurs, ni aux propriétaires des murs qui les tolèrent ou les recouvrent pour retrouver le mur  dans son aspect premier, "propre".

Dans le Bas Belleville, elles sont plus ou moins isolées, sur des murs « favorables ». Souvent, elles sont recouvertes par des graffitis ou par les œuvres d'autres peintres dans un temps très variable ou elles disparaissent peu à peu à cause des intempéries ou de la lente dégradation du support, des murs vieillissants.

Les choses sont légèrement différentes rue Dénoyez : ici les deux côtés de la rue, murs ou magasins, sont couverts de peintures. De couleurs, de styles, de motivations variables. Avec un foisonnement de juxtapositions, de superpositions partielles ou totales. L'oeuvre est très rarement dans un cadre plus souvent immergé dans un environnement coloré, plus ou moins chaotique...

 

rue Dénoyez
rue Dénoyez
rue Dénoyez

rue Dénoyez

Le site est connu des gens du quartier, bien sûr, mais aussi des touristes, des groupes organisés viennent voir les peintures, les admirer ou les dénigrer...

Le site est connu aussi des peintres, adeptes de l'art urbain, qui viennent de divers pays d'Europe, réalisent leur œuvre dont ils savent qu'elle ne sera pas visible éternellement : demain ou dans huit jours, un nouvel artiste recouvrira leur œuvre comme ils recouvrent celle de leurs prédécesseurs... En attendant que la rénovation du quartier fasse son œuvre destructrice, de cette galerie à ciel ouvert, gratuite pour les artistes et les passants.
Ils réalisent leur œuvre et posent à côté pour des photographies qui vont nourrir leur dossier de presse... Ils ne sont pas les seuls à photographier... et à poser pour un dossier de presse ? pour la mode ?...

Pour un autre dossier de presse...

Pour un autre dossier de presse...

Les peintures de Milan ne semblent pas avoir le même statut. Elles étaient limitées dans des espaces précis, constituaient un tableau, n'étaient pas couvertes de graffitis... Étaient-elles spontanées, sauvages ? Ou commanditées ? Comme cela arrive aussi à Paris : peinture de la rue Julien Lacroix ou magnifique peinture de la rue des Maronites. Et, en quelque sorte déja "normalisées", "récupérées", "rémunératrices"...

Les styles picturaux sont bien différents avec, à Milan, essentiellement des tableaux réalistes de personnages connus ou non (les Rolling Stones). A Belleville et dans le quartier, les portraits de personnes connues sont rares (Geneneviève de Gaulle-Anthonioz-Degaulle et Germaine Tillon depuis longtemps rue Ramponneau, Rimbaud et Georges Perec, enfant du quartier).

 

 

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée

On peut trouver dans de nombreuses rues du quartier des images peintes ou collées dont on peut identifier l'auteur par le thème et/ou la facture qui affirment une personnalité, comme Fred Le Chevalier.

La rue Dénoyez est plutôt un champ collectif de création où se mêlent tags, graffitis et dessins aux couleurs éclatantes qui sont bien différents mais semblent appartenir à une mêm école. Cette explosion des couleurs, ce renouvellement permanent des oeuvres, cette tolérance au mouvement perpétuel se traduisent aussi par des textes souvent politico-poétiques, contestaires, qui débordent largement la rue et perpétuent le côté rebelle, anarchisant du quartier.

Malgré les avancées de la rénovation urbaine, malgré la fréquentation de plus en plus importante des jeunes noctambules, des touristes, Belleville garde encore son aspect populaire, sa diversité et son esprit rebelle. La forme et le fond  de ses peintures murales en témoignent à leur façon.

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
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Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
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