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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 16:31

Quelques photos de la Place de la République mardi à 14 heures 30.

Comme vous le verrez, il ya pas mal de monde, beaucoup, beaucoup de fleur, de bougies, de dessins...

A cette heure là, il y avait 3 ou 4 groupes de discussion...

Et beaucoup de radios, télés tout autour de la place sous les tentes blanches.

REPUBLIQUE mardi 17/11/15
REPUBLIQUE mardi 17/11/15
REPUBLIQUE mardi 17/11/15
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REPUBLIQUE mardi 17/11/15
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REPUBLIQUE mardi 17/11/15
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REPUBLIQUE mardi 17/11/15
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REPUBLIQUE mardi 17/11/15
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REPUBLIQUE mardi 17/11/15
REPUBLIQUE mardi 17/11/15
REPUBLIQUE mardi 17/11/15
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REPUBLIQUE mardi 17/11/15
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REPUBLIQUE mardi 17/11/15
REPUBLIQUE mardi 17/11/15
REPUBLIQUE mardi 17/11/15
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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 22:16

Durant toute la journée de dimanche des personnes se sont retrouvées place de la République à Paris pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre à Paris.

Voici quelques images prises entre 11 heurs et midi et autour de 19 heures.

Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
Rassemblement République (Paris) 15/11/15
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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 11:39

Revue de presse n° 176 (Europe)


4 exigences de Cameron pour éviter le Brexit : « approfondir le marché unique », officialiser que l’UE est une communauté « multidevises », exclure le Royaume-Uni de l’engagement de construire « une union toujours plus étroite », « pouvoir priver pendant 4 ans les ressortissants des autres pays européens de certaines prestations sociales quand ils s’installent au Royaume-Uni ». Toute l'Europe 10/11/15

Le Parlement catalan a adopté une résolution qui lance le processus pour créer une Catalogne indépendante. Les séparatistes commettent une grave erreur, critiquent certains éditorialistes. D'autres accusent l'UE d'être responsable de l'essor des mouvements séparatistes sur le continent. Eurotopics 10/11/15

« Une chancelière qui a perdu le contrôle est une chancelière en crise. Ce ne sont pas les étrangers qui posent problème à Merkel, mais ses amis… [Schäuble et de Maizière] n'ont plus qu'un seul objectif : stabiliser le nombre des réfugiés. Parce que la haine des étrangers en Allemagne prend des dimensions inquiétantes. Parce que la République est en train de changer. Ce ne sont pas les étrangers qui font changer l'Allemagne, mais les Allemands. Schäuble et de Maizière ont pactisé avec l'opinion contre leur propre gouvernement. Ils croient avoir la majorité de la population de leur côté… Il existe un mot pour décrire le comportement de Thomas de Maizière et de Wolfgang Schäuble : un putsch. » Eurotopics Spiegel on line 09/11/15"

Commencée le 6 novembre, la grève du personnel de cabine de la Lufthansa se poursuivra jusqu’au 13 novembre, annonce le syndicat UFO. Les différends entre la compagnie allemande et le syndicat, qui représente 19 000 salariés, concernent les salaires, les départs en préretraite et retraite. Le Monde 10/11/15

Le premier ministre de centre-droit a été mis en minorité au Parlement portugais. Le socialiste Antonio Costa pourrait être nommé à sa place pour « tourner la page de l’austérité ». Le Monde 11/11/15

Le groupe aéroportuaire allemand Fraport vient de faire l'acquisition de 14 aéroports régionaux grecs, ce qui représente la plus grosse privatisation réalisée dans le pays à ce jour. 10/11/15 Eurotopics Haniotika Nea - Grèce

La CE a demandé aux 28 États membres de mettre en œuvre l'étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967. L'UE considère qu'il s'agit avant tout d'une mesure « technique » visant à informer les consommateurs européens et non d'une décision « politique » comme l'affirme le gouvernement israélien. Elle porte l'obligation à l'industrie alimentaire et à la distribution de mentionner l'origine des produits sur les étiquettes. Aujourd'hui, les produits des colonies israéliennes - toutes illégales en droit international - sont étiquetés comme fabriqués en Israël. JDD 11/11/15

Le ministre de l’intérieur suédois a annoncé que la Suède allait instaurer des contrôles à ses frontières pour une durée de dix jours. Il a expliqué cette décision par la forte arrivée de migrants dans son pays. Des centaines voire des milliers de migrants sans abri et des enfants non accompagnés disparaissent dans la nature faute d’être pris en charge. 80 000 migrants sont arrivés dans le pays depuis le mois de septembre, presque autant que pour l’ensemble de l’année 2014. Le Monde 11/11/15

Chaque habitant de Malte, Roumanie, Croatie, consomme moins de 2 tonnes d'équivalent pétrole par an. Légèrement plus à Chypre, au Portugal (2 TEP/Hab. par an), en Lettonie (2,2 TEP/Hab. par an), en Hongrie et en Grèce (2,4 TEP/Hab. par an).
A l'inverse, le Luxembourgeois consomme 7,7 TEP/an, 4,8 fois plus qu'un Maltais.
La France est parmi les États consommant le plus d'énergie (3,8 TEP/Hab. par an), en dessous de la Finlande, la Suède, la Belgique, les trois plus gros consommateurs.
La consommation, de 2007 à 2011, tend à se réduire. Pologne et Lettonie sont les deux seuls États ayant augmenté leur consommation (de 1 tonne et 0,1 TEP/an par habitant). L'Estonie a conservé la même consommation. Toute l'Europe 10/11/15

Roi Abdallah II de Jordanie : « Nous avons, quasiment atteint la limite : près de 1,4 million de réfugiés syriens, soit environ 20 % de notre population ». Il déplore le manque de soutien de la communauté internationale. Il a demandé une aide de 3 milliards de dollars par an : « L’an passé, nous avons obtenu environ 28% de cette somme. Cette année, environ 35 %. Le reste doit provenir du gouvernement jordanien. »
« Pour parvenir à une solution politique en Syrie, Moscou est la clé. Ce sont les Russes qui peuvent garantir au régime qu’il peut jouer un rôle à l’avenir. Et je crois que le fait, que des Russes sont sur le terrain aujourd’hui, est une réalité avec laquelle il faut composer. » Euronews 11/11/15

« Quand il s'agissait des quotas de réfugiés contraignant les États à assumer les décisions de la politique allemande, Berlin faisait campagne pour une décision à la majorité... encore conforme aux règles européennes. Quand il s'agit de mesures fondamentales, la suspension puis la ré-adoption de règles européennes [Dublin], Berlin fait cavalier seul… Dans la crise des réfugiés, l'Allemagne a galvaudé son rôle hégémonique. L'hégémonie allemande, un fait depuis Bismarck. Dans une Europe unie, l'hégémonie devrait être plus empreinte de consensus… La Turquie et l'Afrique sont-elles en négociations avec l'UE ou avec l'Allemagne ? Pour autant qu'on ait encore le droit de poser la question. » 12/11/15 Eurotopics Lidové noviny - République tchèque

Les entreprises, ménages et l’État français ont dépensé, en 2013, 36 milliards d'euros pour des investissements en faveur du climat, selon une étude publiée par l'Institute for climate economics (I4CE). Ces investissements représentent 10% des investissements matériels en France, souligne l'institut. Lors de la précédente édition de cette étude, qui portait sur l'année 2011, les investissements en faveur du climat étaient de 30 milliards d'euros. Le figaro 12/11/15

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:14

D'une Marche à l'autre.

A 32 ans d'intervalle, « La marche pour l'égalité contre les racisme » et « La marche de la dignité contre le racisme » présentent des points communs, faisant de la seconde comme une réplique de la première, et des différences qui montrent qu'il n'en est rien. Dans les deux cas, des incidents, graves et répétés, avec la police, conduisent à dénoncer le racisme et à revendiquer la reconnaissance d'une égale dignité des jeunes quelle que soit leur origine, leur couleur de peau...

Fresque à l'arrivée de la Marche en 1983 - Banderole à la manifestation de 2015Fresque à l'arrivée de la Marche en 1983 - Banderole à la manifestation de 2015

Fresque à l'arrivée de la Marche en 1983 - Banderole à la manifestation de 2015

En 1983, à la suite d'un été meurtrier, de nombreux affrontements entre jeunes et policiers et de la blessure de Toumi Djaïdja, président de l'association « SOS Avenir Minguettes » par les balles d'un policier, une quinzaine de jeunes des Minguettes (Vénissieux) et d'ailleurs ont entrepris, avec le soutien de la Cimade, une marche de Marseille à Paris inspirée des actions de Gandhi et de Martin Luther King. Cette initiative lancée par quelques personnes, parties discrètement, s'adressait à l'ensemble de la population et, au fil du parcours, les soutiens se sont faits plus nombreux et les participants. Finalement, c'est une foule de 100 000 personnes qui accompagnait les marcheurs, lors de leur arrivée, le 3 décembre à Paris.

Avec la victoire électorale de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981, malgré les actes et attentats racistes, les bavures policières, les déclarations « malheureuses » du Premier ministre Mauroy, sur les chiites aux usines Renault... un vent de réformes redonnait de l'espoir, et des illusions. Un moment où l'optimisme était encore possible... Pendant cette période, 130 000 étrangers en situation irrégulière ont été régularisés.
A l'arrivée des marcheurs à Paris, une délégation a été reçue à l’Élysée et a obtenue de François Mitterrand la mise en place de la « carte unique » de séjour et de travail, valable 10 ans, renouvelable automatiquement... votée à l'Assemblée nationale en juillet 1984.

Les choses ont bien changé depuis. La « carte unique » a été démantelée. L'extrême droite pèse chaque jour davantage sur le plan idéologique, influençant la droite et même la « gauche ». Plus personne n'espère rien de la gauche au pouvoir sur bien des questions et notamment sur sa politique d'immigration.
En 2015, un collectif de femmes, « Urgence, notre police assassine », animé par Amal Bentoussi, dont le frère, âgé de 29 ans, a été tué par la police en 2012, regroupe une soixantaine de femmes et lance l'idée d'une « Marche des Femmes pour la Dignité » pour dénoncer l'impunité dont jouirait la police dans de nombreuse affaires qui ont entraîné mort d'homme : en moyenne, une par mois selon les organisatrices ! Au total, le 31 octobre, dans les rues de Paris, la « Marche pour la dignité contre le racisme » a réuni 3 500 (police) à 10 000 (organisateurs) personnes dont certaines venues de plusieurs villes de France (Lille, Strasbourg, Grenoble, Lyon) et même de Bruxelles...

Cette nouvelle « Marche » a eu lieu quelques mois après le procès des policiers mis en cause lors de la mort des deux adolescents Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans) qui a abouti, le 18 mai 2015, à leur relaxe définitive. En 2005, la mort de ces deux jeunes avait été suivie de révoltes urbaines qui ont duré plusieurs semaines.

Ce sont ces morts et ces non-lieux à répétition qui sont à l'origine de cette deuxième marche car, sur ce plan, les choses ont peu changé en 42 ans. Mais, en 2015, le climat politique est bien différent de celui de 1983.
Certes, un socialiste, François Hollande a été élu en 2012 à la présidence de la République. Mais il n'est plus ni illusion, ni espoir. Et ces femmes, noires, arabes, musulmanes, rroms, veulent « dix ans exactement après les révoltes des banlieues, dénoncer l’islamophobie, la négrophobie et la rromophobie que subissent au quotidien les populations des quartiers populaires et issues de l’immigration post-coloniale ».
Si, dans les dix dernières années, des investissements ont modifié l'aspect de certains quartiers, la situation des jeunes n'a guère changé, ni le chômage, ni le racisme, ni les relations avec la police... Et le gouvernent n'a pris aucune mesure pour améliorer la situation de ces jeunes.

Les manifestants ont rappelé certains engagements de François Hollande.
Engagement 50 : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. » Si le droit de vote est, constitutionnellement, difficile à mettre en place, rien n’obligeait le chef du gouvernement à affirmer qu'il n'est pas à l'ordre du jour à cause de l'extrême droite et qu’il ne sera probablement pas au programme de la prochaine élection présidentielle. Depuis plus de 30 ans, ce n'était qu'une promesse, elle est abandonnée sous la pression de l'extrême droite !
Engagement 30 : « Je lutterai contre le 'délit de faciès' dans les contrôles d’identité par une procédure respectueuse des citoyens, et contre toute discrimination à l’embauche, au logement. »
Quelle que soit l'efficacité qu'on prête au CV anonyme, le 9 juillet 2014, le Conseil d’État a annulé le refus implicite du Premier ministre de prendre le décret d'application de la loi sur ce sujet et lui a enjoint de prendre ce décret dans un délai de six mois. A ce jour, le gouvernement n'a pas donné suite à cette injonction.
Quant au délit de faciès, le récépissé obligatoire, lors des contrôles d'identité, a été abandonné au premier froncement de sourcil policier, mettant la police au dessus de tout soupçon et légitimant de façon indirecte cette pratique.
Mieux. Le 24 juin 2015, l’État a été condamné pour contrôle au faciès : trois ans après la plainte du collectif « Stop le Contrôle au Faciès », la Cour d’Appel de Paris a jugé que, pour cinq des plaignants, l’État avait commis une faute lourde et qu’il leur était redevable de 1500 euros de dommages et intérêts. Une victoire juridique importante. Mais l’État n'accepte pas ce jugement et a déposé un pourvoi en Cassation. L’État, le gouvernement, a choisi son camp. Celui des policiers, quel que soit leur comportement, contre celui des citoyens alors que ce jugement constate des anomalies dans les contrôles d'identité. Il aurait pu profiter de ce jugement pour faire comprendre aux policiers la nécessité des récépissés après chaque contrôle d'identité. Il s’est contenté du retour sur les uniformes du matricule, du code de déontologie de la police réformé et de la possibilité pour les citoyens de saisir directement la « police des polices ».

Dans cette atmosphère, désespérante et désespérée, rien d'étonnant que de nombreux collectifs de banlieue (près d'une centaine) dont l'Association des Marcheurs de 1983, Vies Volées (collectif des familles de victimes de policiers), Femmes en lutte 93, Mamans toutes égales, Collectif des féministes pour l’égalité, les Femmes dans la mosquée... aient appelé à cette marche, témoignant de l'intense travail de mobilisation qui a été fait et de la nécessité de se regrouper pour se faire entendre. Avec le soutien de nombreuses associations à l'étranger.
A cette manifestation s'étaient joint différents collectifs de sans papiers, de mal logés (des logements pour tous)... des associations appelant au soutien du peuple palestinien, au boycott d'Israël...

La Marche de 1983 était « contre le racisme », sans autre précision, et tout le monde savait que, sans exclure quiconque, les principales victimes du racisme étaient les jeunes d'origine maghrébine. Finalement, la Marche avait obtenu une réforme qui ne touchait pas directement les jeunes mais apportait une amélioration du statut des parents des marcheurs.

En 2015, la Marche a senti le besoin de préciser les différentes catégories de racisme qu'elle combattait et, depuis que l'islamophobe est devenue la principale référence pour le racisme, il a été nécessaire de préciser d'autres formes, « négrophobie », « rrhomophobie ».
Ce qui a , au moins, deux conséquences : l'oubli d'une éventuelle « judéophobie » ou, plutôt, du classique antisémitisme malgré la présence dans le cortège de juifs antiracistes et, d'autre part, le racisme contre les Magrébins ou les Turcs... à moins qu'ils ne soient rangés, volens, nolens, sous la rubrique de musulmans. On revient au langage colonial qui, en Algérie, appelait les Algériens Français musulmans sans leur demander leur avis.

Quant aux partis et à la CGT (qui n'est pas un parti) qui ont participé à cette manifestation, ils étaient, comme souvent, en fin de cortège (PCF, EELV, Front de gauche, Ensemble !, NPA). Sauf le Parti des Indigènes de la République et l'UDMF (Union des démocrates musulmans français) qui étaient dans le cortège.

Il n'est pas sûr que cette vision catégorielle, pour ne pas dire communautaire, du racisme et de l'antiracisme, qui explique peut-être l'absence remarquée des associations féministes et antiracistes traditionnelles, soit un facteur très favorable pour lutter contre le racisme, contre tous les racismes et tous les racistes.

Ni le meilleur moyen de rapprocher les associations traditionnelles et les quartiers populaires.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 16:35

Revue de presse n° 175 (Europe)

Le ministère allemand des Finances ne veut pas faire de concession à la Grèce concernant les objectifs d'austérité imposées, bien qu'elle soit frappée de plein fouet par la crise des réfugiés. G. Chatzimarkakis, président de la fédération économique germano-grecque : « Une remise de dette est indispensable, les experts le savent aussi bien que les profanes. Le hic : comment l'expliquer aux électeurs ? L'aggravation du drame de la dette fournit toutefois aux créanciers une explication logique à la nécessité de prendre une mesure indispensable » 03/11/15 eurotopics Die Welt - Allemagne

PSA et Renault plus dépendants du diesel que Volkswagen % de diesel pour Toyota : 11,6 % pour 1,1 million de véhicules, Ford 20,8 % pour 1,3 million, Volkswagen 25,6 % pour 2,4 millions, PSA 42,2 % pour 1,3 million, Renault 48,7 % pour 1,2 millions. Alter éco novembre 2015.

Alors que nos voisins ont vu leur fécondité chuter depuis la crise de 2008, la France voit toujours fleurir autant de berceaux. Championne européenne des bébés depuis 2013 avec près de deux enfants par femme, « elle est le seul pays d'Europe à avoir une fécondité stable et élevée depuis 2006 », selon l'édition 2015 de « France, portrait social » de l'Insee. Le Figaro.fr 04/11/15

Un rapport coordonné par le Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad) estime que la plupart des 15 pays analysés ne parviennent pas à limiter l'évasion et l'évitement fiscaux, et que les multinationales et riches particuliers y trouvent « de nombreuses occasions » de dissimuler de l'argent. « L'Allemagne et le Luxembourg sont toujours en haut de la liste et offrent une série de moyens de dissimuler le propriétaire [d’une entreprise] ou de blanchir de l'argent », selon le réseau d'ONG, qui comprend notamment Oxfam et Christian Aid. Euractiv 04/11/15

En campagne pour obtenir un troisième mandat consécutif à la tête du PE, M. Schulz peut compter sur le soutien de poids de Jean-Claude Juncker. Euractiv 04/11/15

« En présence d’une personnalité autoritaire comme Erdogan, le fait d’être considéré ‘’indispensable’’ pourrait se traduire dangereusement, en une sensation de toute-puissance et d’immunité. Notre allié indispensable Erdogan a soutenu des djihadistes de toute sorte, permettant aussi aux combattants étrangers de passer librement, ces mêmes terroristes que les services occidentaux redoutent : ils pourraient appliquer chez nous ce qu’ils ont appris pendant le conflit en Irak et Syrie ». Revue de presse, ambassade de France à Rome La Stampa 04/11/15

« Assad n’est pas ‘’intouchable », selon le porte-parole des Affaires Étrangères russe, sa permanence ‘’n’est pas une question de principe’’ mais il faut ‘’éviter un vide de pouvoir’’. Washington doute d'‘’un changement de vision de la Russie’’. Lavrov veut inviter l’Organisation de la coopération islamique (Oic) aux négociations de Vienne pour une solution politique à la crise syrienne ». Revue de presse, ambassade de France à Rome Il Messaggero 04/11/15

Le mois dernier, 218 394 migrants ont traversé la Méditerranée, soit presque autant que pour toute l'année 2014, selon l'ONU. L'immense majorité d'entre eux, plus de 210 000, sont arrivés en Grèce. Depuis le mois de janvier, quelque 744 000 personnes seraient donc arrivées en Europe de la Méditerranée. Euractiv avec The Guardian traduit par Manon Flausch 03 /11/15

« Crise financière, crise de l'euro, crise des réfugiés : ces crises sont exploitées pour faire la promotion d'une intégration au nom de la lutte contre les crises. Osborne lui-même a salué une intensification de l'intégration politique et financière de la zone euro, pour paver la voie à un 'euro fort', qui est également dans l'intérêt de l'économie britannique. Et pourtant, cette dynamique est la dernière des choses à laquelle le ministre des Finances entend associer son pays. Car il sait qu'elle va dans le mauvais sens, étant donné que les valeurs centrales de subsidiarité, d'auto-responsabilité et de contrôle démocratique lui sont contraires. Les Britanniques veulent laisser l'Europe se débrouiller seule. » eurotopics Neue Zürcher Zeitung - Suisse 04/11/15

A propos de Calais : « Cette responsabilité (du Royaume-Uni) n'est pas mise à l'index en Europe alors que la Hongrie est vilipendée par les médias. Il y a une raison politique à cela : on ne veut pas souffler dans les voiles des partisans du Brexit avant le référendum sur le maintien dans l'UE ». eurotopics Der Standard – Autriche 04/11/15

Selon Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d'Allemagne en France, aucun État membre, grand ou petit, la France comme l'Allemagne, ne peut faire face seul aux problèmes et aux défis actuels. On peut citer : le climat avec la COP 21 à la fin de l'année, les questions de sécurité, notamment au Proche Orient, la question des réfugiés dont beaucoup arrivent du Proche Orient... Dans une économie qui devient de plus en plus transfrontalière, l'UE et ses États membres ne peuvent faire face qu'ensemble à la compétition globale. Toutes ces évolutions internes et externes font que, pour l'Allemagne, la voie des solutions doit être ouverte via l'Europe... Fondation Robert Schuman 05/11/15

Le Premier ministre roumain et son cabinet ont démissionné. La veille, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues pour protester contre la corruption, à l'origine selon elles de l'incendie tragique survenu dans une discothèque de Bucarest. Eurotopics 05/11/15

Depuis la mort d'Aylan début septembre, environ 70 bébés sont morts noyés en mer Égée, selon la porte-parole de l'UNHCR. Eurotopics Libération 04/11/15

Après le Bloc de gauche, le Parti communiste portugais a trouvé un accord avec le Parti socialiste. Le PCP ouvre la voie à une alliance de gauche permettant de faire chuter l’exécutif de droite, minoritaire au Parlement. Ces 3 partis, plus les Verts, disposent de 122 députés sur 230. Les formations sont arrivées à une position commune pour installer au pouvoir un gouvernement de gauche, conduit par les socialistes. Le Monde 06/11/15

Dix ans d’obstruction systématique de la part du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Belgique, aux tentatives de réforme des régimes fiscaux « dommageables » profitant aux multinationales, souhaitées par l’Union européenne. Le Monde 06/11/15

Keystone : Obama enterre un symbole du réchauffement climatique. Le président américain a rejeté vendredi la construction d’un oléoduc destiné à acheminer le pétrole issu des sables bitumineux canadiens jusqu’au golfe du Mexique. Le Monde 07/11/15

La grève du personnel de cabine de la Lufthansa s'est poursuivie samedi dans les aéroports de Francfort et Düsseldorf, avec 520 vols annulés et environ 58.000 passagers affectés. Les vols longue-distance ont été maintenus, à l'exception d'une liaison Düsseldorf-New York. Figaro 07/11/15

R. Lawrie, britannique, 49 ans, risque 5 ans de prison pour avoir tenté de faire passer la frontière à une enfant de 4 ans pour la ramener de la «jungle» de Calais à Leeds, d’où il est originaire et où la petite fille afghane a de la famille.
Arrêté, il risque 5 ans d’emprisonnement et demande la clémence des autorités françaises; une pétition de soutien a récolté 15 000 signatures en 24 heures, pour monter jusqu’à près de 43 000 ce samedi. Libération 7/11/15

CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 16:29

Avec les nouvelles techniques, les personnes sont beaucoup plus nombreuses à exposer des idées, des images (à s'exposer aussi) ou à commenter les idées, les images des autres, sur les « réseaux sociaux », les sites, les blogs... et aussi dans la rue. Sur les murs de la ville.

Jusqu'ici, les murs étaient réduits à leur fonction traditionnelle, de séparation ou de support, et quelquefois de support à l'affichage sauvage, commercial, culturel, politique, moins onéreux que les panneaux publicitaires. En 1968 et après, la sérigraphie avait permis l’explosion des affiches politiques artisanales.

Aujourd'hui, un important besoin de s'exprimer, de se faire connaître, de marquer un territoire, apparaît sur les murs vides de la ville, les espace en attente de rénovation, souvent abandonnés. Puis couverts de graffitis, de tags et aussi de peintures et papiers peints collés par de jeunes artistes qui colorent l'espace.
Quelquefois, au grand dam des bailleurs ou des habitants qui combattent et détestent cette pollution visuelle du quotidien et de « leur » mur.

Certains passent, aveugles : dans le 13° arrondissement, un groupe regarde une importante peinture murale. Une dame s'arrête, suit les regards ; « Je passe tous les jours ici, je ne l'avais jamais vue ! »
D'autres apprécient ces couleurs, ces images qui intriguent, choquent, font sourire, donnent une nouvelle atmosphère à la rue.

L'art urbain permet à des jeunes et des moins jeunes, connus ou inconnus, d'offrir leur œuvre directement aux passants. C'est le but de certains. D'autres cherchent ainsi à se faire connaître.
Des rues, des quartiers deviennent des lieux ouverts d'exposition, des galeries populaires. Des artistes, souvent anonymes, venant quelquefois de loin, réalisent une œuvre éphémère, qu'ils photographient et mettent ensuite sur leur site... Sur le mur, elle sera recouverte, tout à l'heure, dans huit jours ou dans un mois par la production d'un collègue...

Des tableaux, des fresques peuvent avoir été commandités par des institutions, elles occupent une surface importante, mur ou façade. Elles peuvent aussi être surchargées de graffitis, quelquefois, elles sont renouvelées, régulièrement. D'autres qui ont demandé les moyens d'un échafaudage important, sont difficiles à atteindre et à renouveler.

Des touristes, chaque jour, viennent faire leur cueillette d'images avec tablette, téléphone portable ou appareil photographique plus perfectionné. Des étudiants font des mémoires, d'autres utilisent le décor pour tourner un film, faire une présentation de mode...

L'art urbain, hier considéré comme une pollution visuelle venue des États-Unis, s’intègre de plus en plus à la ville, il a ses sites répertoriés par les guides ou se dévoile au coin des rues.

Dans les arts de la rue, les styles, les techniques peuvent être très divers.

Et les sujets.

Quand il est question de peinture, même si elles ne sont pas les seules, les images de femmes, anonymes ou signées, ne sont pas loin. Dans les musées et dans les rues.
Ici quelques « femmes qu'on affiche », saisies, au hasard de balades, essentiellement dans les rues de Paris, surtout dans 13° et le 20°, à Nantes ou à Marseille.

Ces femmes qu'on affiche

Rues de femmes,

Femmes des rues,

Femmes des murs.

Rue Dénoyez Paris 20°
Rue Dénoyez Paris 20°
Rue Dénoyez Paris 20°
Rue Dénoyez Paris 20°
Rue Dénoyez Paris 20°
Rue Dénoyez Paris 20°
Rue Dénoyez Paris 20°
Rue Dénoyez Paris 20°
Rue Dénoyez Paris 20°

Rue Dénoyez Paris 20°

Dessins,

Peintures,

Papiers collés.

Paddy
Paddy
Paddy
Paddy
Paddy
Paddy
Paddy
Paddy

Paddy

Habillées ou dévêtues,

En noir ou en couleurs,

En cuir ou en taffetas.

Catsky, Suriani, autres
Catsky, Suriani, autres
Catsky, Suriani, autres
Catsky, Suriani, autres
Catsky, Suriani, autres
Catsky, Suriani, autres
Catsky, Suriani, autres
Catsky, Suriani, autres
Catsky, Suriani, autres

Catsky, Suriani, autres

Rêveuses,

Rêvées

Ou fantasmées.

Parsi 13°, Marseille...
Parsi 13°, Marseille...
Parsi 13°, Marseille...
Parsi 13°, Marseille...
Parsi 13°, Marseille...
Parsi 13°, Marseille...
Parsi 13°, Marseille...
Parsi 13°, Marseille...
Parsi 13°, Marseille...

Parsi 13°, Marseille...

Fillettes ou mamans,

Belles ou caricaturales,

Célèbres ou inconnues.

Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
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Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
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Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
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Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)

Seules , en groupe, légères, romantiques, provocantes,

Et même armées face aux passants,

D'un revolver, d'une bombe de peinture

Ou d'un appareil photographique !

Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
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Ces femmes qu'on affiche : ma rue est un musée (5)
30/07/2015 Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée

Quelques photos d'art urbain lors d'un bref séjour à Milan (2 jours) et à Londres (4 jours), conduisent à un retour sur les images recueillies dans le quartier du Bas Belleville à Paris. A Milan, une balade dans la ville à partir du corso Vittorio Emanuele...

25/10/2014 La rue Dénoyez, Paris XXème : Ma rue est un musée 4

Libération a publié récemment, un article sur la "rue Dénoyez, paradis des graffeurs de Belleville... dans le vingtième arrondissement de Paris, havre artistique menacé par un projet immobilier"...

21/06/2014 Ma rue est un musée (3) : Le monde de Fred Le Chevalier

Ma rue est un musée aux oeuvres éphémères qu'il faut saisir au vol, au jour le jour. Des artistes anonymes peuplent les murs de couleurs, de personnages, de rêves, de fantasmes. "Les passants qui passent" les ignorent ou les remarquent, se plaignent des...

14/06/2014 Ma rue est un musée (2)

Ma rue est un musée (2) Ma rue est un musée ou plutôt mon quartier, ma ville est un musée. Musée ouvert à tous les vents, d'est et d'ouest, à tous les temps, à tous les camps, à tous les clans, à tous les courants... Art éphémère et souvent anonyme, soumis...

02/05/2014 MA RUE EST UN MUSEE

MA RUE EST UN MUSEE En flânant le long des grands boulevards ou des petites rues de Paris, il y a, en effet, beaucoup de choses à voir. Dans la rue, on peut croiser tout le monde, depuis les yeux angéliques qu'on ne peut plus suivre si ce n'est du regard,...

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 17:09

Revue de presse n° 174 (Europe)

Autriche : Le gouverneur de la région de Styrie réclame le déploiement des forces armées pour contenir la crise des réfugiés et sécuriser les frontières. Euractiv 24/10/15

Le président serbe Tomislav Nikolić a affirmé être contre l'entrée de son pays dans l'Union européenne si cela impliquait la reconnaissance du Kosovo. Euractiv 24/10/15

Mieux intégrer les 800 000 migrants attendus en Allemagne cette année en déréglementant son marché du travail. Idée défendue par le patron d’Airbus, Tom Enders. Une telle déréglementation permettrait de créer plus d’emplois faiblement rémunérés qui aideraient les réfugiés à trouver du travail, à mieux s’intégrer. Le Monde.fr 25/10/15

Le parti populiste créé par les frères Kaczyński a battu la Plateforme civique, le parti au pouvoir. Vous prenez un zeste de promesses sociales, vous saupoudrez de xénophobie, vous ajoutez quelques bonnes mœurs catholiques, vous avez le retour des conservateurs au pouvoir. Libération 26/10/15

50 000 places d'accueil en Grèce, prévoit la déclaration finale du sommet européen. D'après I. Mouzalas, secrétaire d’État de l'immigration, 20 000 réfugiés devraient être hébergés dans des logements dont les loyers seront payés par l'UNHCR. « D'ici à ce que l'on ait trouvé, vérifié et loué les logements dans lesquels devront être hébergés les réfugiés, il est fort probable que le conflit qui dévaste leur pays d'origine soit déjà terminé… L’État grec n'arrive même pas à délocaliser ses services dans des bâtiments vacants. Comment pourrait-il dès lors trouver des logements pour des milliers de réfugiés ?… Si certaines personnes compétentes arrivent à mettre en œuvre ce plan, ceci pourrait contribuer à redynamiser des quartiers désavantagés, des immeubles fantômes et des rues abandonnées. Mais croit-on sérieusement que l'on y parviendra ? » eurotopics Protagon.gr – Grèce 26/10/15

Sondage : « C'est le devoir de notre pays que d'accueillir des migrants qui fuient la guerre et la misère » : Non, France et Royaume-Uni 46 %, Pays-Bas 39 %, Danemark 36 %, Espagne 33 %, Italie 32 %, Allemagne 21 %. Sondage Ifop, Le Monde 27/10/15

Économie : 1% des entreprises (24 000) concentrent, en 2013, 97% de l’exportation, 65% de la valeur ajoutée et 55% de l’emploi. 85% de l’investissement, avec plus de 500 000 euros annuels investis pour chacune. Entre 2012 et 2013, les grandes entreprises ont majoritairement été en croissance tandis que plus de la moitié des entreprises de plus petite taille ont vu leur valeur ajoutée diminuer. Libération 27/10/15

Une majorité d'Islandais conteste la décision du gouvernement de retrait de la candidature à l'UE. Le gouvernement de centre-droit n'a ni consulté le parlement, ni mis en place le référendum qu'il avait promis. Un sondage, publié dans le Frettabladid, montre que 63% des Islandais sont opposés au retrait de cette candidature : 44% des sondés « complètement opposés », 19% « plutôt opposés ». euractiv 23/03/15

« Le parlement de Catalogne déclare solennellement le début du processus de création d’un État catalan indépendant, sous forme de république », proposition de résolution que les députés doivent voter début novembre. Euractiv 28/10/15

La victoire du parti national-conservateur PiS, en Pologne, donne à Orbán un allié de taille : « Le Premier ministre hongrois peut se frotter les mains, ceux qui vont prendre le gouvernail en Pologne sont ses amis politiques… Le programme d PiS est d'inspiration 'orbanienne' : taxes sur les banques et le commerce, revaloriser allocations familiales et salaire minimum. Le PiS défendra les intérêts de la Pologne face à l'UE, surtout sur la question des réfugiés. Ceci conférera plus de poids à la coopération entre les États de Visegrád. Jusqu'à présent, le gouvernement de centre-droit en Pologne était plutôt favorable à l'UE. » eurotopics Magyar Hírlap (conservateur) – Hongrie 27/10/15

Les tests d’émissions des gaz polluants par les véhicules automobiles seront désormais un peu plus contraignants. Mais ils ne le seront pas autant que la CE l’aurait voulu. Les pays européens n’ont pas souhaité se montrer aussi fermes avec les constructeurs que ce que proposait Bruxelles. Le Monde 28/10/15

Pour des raisons opposées, les eurodéputés ont rejeté (577 contre 75) la proposition de la CE d’autorisation « à la carte » de l’importation d’OGM pour l’alimentation animale. La proposition introduit une rupture du marché unique en laissant les États autoriser ou d’interdire l’importation d’OGM sur leur territoire. « Ce n’est pas une bonne idée de renationaliser ce domaine car il n’est pas gérable de réintroduire des contrôles aux frontières, cela remettrait en cause le marché intérieur ». euractiv 29/10/15

Martin Schulz, président du PE affirme que que seulement 90 réfugiés ont quitté l’Italie. ‘’C’est une donnée choquante mais qui ne m’étonne pas du tout, les gouvernements hésitent à tenir les promesses à Bruxelles. Il ne faut pas trouver des solutions au niveau national, c’est un défi global auquel on doit répondre ensemble’’ ». Corriere della serra
F. Mogherini, Haute représentante pour la politique étrangère de l’UE met en garde contre le risque d’une désintégration de l’UE en absence de règles communes pour gérer l’immigration.Sole 24 Ore Revue de presse italienne Ambassade de France 30/10/15

La zone euro contre l'idée d'une représentation unique au FMI. La première étape du renforcement de l’Union économique et monétaire divise les commissaires européens, hérisse le PE et fait face à l’opposition de la France et de l’Allemagne. Euractiv 30/10/15

W. Schäuble, le grand argentier allemand, demande une augmentation du budget européen via la création d’une nouvelle ressource. Si le gouvernement français s’est étranglé, la CE et le PE ont applaudi des deux mains. Libération 31/10/15


Un sondage place les conservateurs du Parti populaire, actuellement au pouvoir, en tête des élections législatives pour le 20 décembre. Le parti libéral Ciudadanos, né en Catalogne pour défendre le maintien de la région en Espagne, placé second. Les socialistes du PSOE, seraient relégués en troisième position. Euronews 02/11/15

« La clé de ce qui menace l’Europe se trouve en Turquie, deux millions de réfugiés qu’Ankara peut retenir ou encourager à partir. Merkel a demandé à Erdogan ses exigences : des milliards, des visas, accélérer la négociation d’adhésion à l’UE. Engagements indispensables pour donner du temps à l’Europe et à son terrible 2017 : élections allemandes, françaises, référendum britannique...». Revue de presse ambassade de France à Rome 02/11/15 Corriere della Sera

« Le sultan Erdoğan a pris parti contre Daech et est devenu l'arbitre des négociations sur la Syrie. Récupérant sa stature internationale, montrant peu de scrupules pour effrayer les électeurs, il avait de grandes chances de l'emporter… En se référant à ses valeurs - du moins à celles qui subsistent - l'Europe aurait dû souhaiter sa défaite et la mise en place d'une coalition mais soucieuse de ses propres problèmes, elle espérait secrètement une victoire d'Erdoğan… Si nous avons besoin d'un autocrate, nous sommes les premiers responsables. » eurotopics Corriere della Sera – Italie 02/11/15

Pour accueillir les centaines de milliers de réfugiés arrivés en Allemagne, les autorités ont identifié plusieurs sites sur tout le territoire. Parmi les villages, Sumte, situé en Basse-Saxe, dans le nord. La commune comptait une centaine d’habitants. Dans les prochaines semaines, 750 réfugiés doivent s’installer. J. Meier fait partie des responsables chargés d’organiser l’accueil. Il reconnaît que le défi est de taille : « si j’avais estimé que c‘était trop, alors je ne serais pas là »... « on travaille bien tous ensemble » euronews 03/11/15

« Voici soudain qu'elle (Merkel) ne hurle plus ses ordres à l'Europe mais qu'elle prie les autres États de bien vouloir partager le fardeau de sa réponse émotionnelle à la crise des réfugiés... Il se peut que Merkel entre dans sa phase de départ, car aucun chef de gouvernement européen dominateur n'a pu rester au pouvoir plus de dix ans sans que le vent ne tourne. » 02/11/15 eurotopics The Independent (centre-gauche) Royaume-Uni

« Comme il l'avait déjà fait dans la crise grecque, Juncker essaie de tirer les ficelles... La CE n'a jamais que le pouvoir que les pays de l'UE veulent bien lui accorder. En faisant la promotion d'une politique commune en matière de réfugiés, Juncker se heurte aux limites de la faisabilité - du moins pour l'instant. » 03/11/15 eurotopics Salzburger Nachrichten - Autriche

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Un réfugié pour 38 habitants en Turquie qui obtient milliards, visas, devient pays sûr (!!), négocie son adhésion. Un pour 4 h, au Liban !! 24/10/15

Les uns vont voir Assad, l'Autre Poutine. Campagne électorale ? Politique étrangère de la France ? Politique étrangère de l'opposition ? 29/10/15

La police contrôle 2 télés, critiques du gouvernement, de la holding Koza Ipek, proche du mouvement Gülen. Turquie démocratique ? pays sûr ? 29/10/15

Volkswagen triche sur la santé de tous, fait un rabais et vend davantage. Le "crime" paie. Avec seulement une bonne réaction commerciale ! 30/10/15

Volkswagen triche. La bourse baisse. Les clients achètent. La bouse monte. Qui tousse au fond de la salle ? 30/10/15

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CE : Commission européenne

UE : Union européenne

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 23:12

« Touch of Evil » (1) d'Orson Welles et « Sicario » (2) de Denis Villeneuve pourraient avoir le même titre ou sous-titre, « la soif de punir ». En effet, c'est la motivation du héros principal de ces deux films, le premier sorti en 1958, le second en 2015.
Dans « Touch of evil » (La soif du mal), tourné en noir et blanc, Quinlan (Orson Welles) qui n'a pu faire condamner celui qui a étranglé sa femme, va consacrer sa vie, en tant que policier, à traquer des assassins, à les faire condamner en fabriquant les pièces à conviction si nécessaire. Sans profiter de sa situation pour amasser une fortune.

Dans « Sicario », (qui veut dire « tueur à gages »), tourné en couleur, Alejandro (Benicio del Toro), ancien procureur mexicain, est guidé par sa volonté de tuer le chef des narco-trafiquants qui a fait décapiter son épouse et jeter sa fille dans une cuve d'acide.

Le premier est un film policier, un film noir, dont quelques règles sont détournées, où le policier utilise sa fonction pour assouvir, à tout prix, sa soif de punir. Dans le second, le « sicario » se met au service de la machine de guerre étasunienne contre les cartels pour arriver à son but.

Les histoires se passent dans une ville frontière, États-Unis – Mexique, « Touch of evil » à Los Robles, petite ville frontalière imaginaire (tourné à Venice, en Californie) et « Sicario » à Ciudad Juarez (tourné en réalité au Nouveau-Mexique, au Texas...)

Dès les premières minutes de « Touch of evil », tout est dit. Première image du film, deux mains anonymes règlent la minuterie d'une bombe de dynamite. Apparaît au loin, un couple qui se dirige vers la voiture dans laquelle la bombe vient d'être déposée. Ce couple, cette voiture vont être suivis, de haut, à la grue, qui montre leur insignifiance, leur condamnation. Dans une longue séquence, au fur et à mesure que la voiture avance dans la rue, au milieu d'un troupeau, de passants, d'agents de la circulation, angoisse pour le spectateur « qui sait », la caméra se rapproche d'eux pour en faire, quelques instants, de banals êtres humains qui passent la frontière... Le personnage remarqué est alors Miguel Vargas (Charlton Heston), reconnu parce qu’il a fait arrêter, récemment, un chef local de trafiquants de drogue.

La voiture explose déchiquetant son richissime propriétaire et sa jeune compagne. Tout le monde s'agite, en attendant l'arrivée de l'inspecteur-qui-résout-tous-les-problèmes grâce à sa jambe malade, source de ses fructueuses intuitions.
Quinlan sort de sa voiture, filmé en contre-plongée et gros plan, énorme, obèse, mal rasé, un gros cigare à la bouche, boitillant, avec une cane.. C'est, à l'évidence, le personnage central. Vargas est alors en recul, il veut éviter l'incident diplomatique, la bombe ayant été déposée dans la voiture en territoire mexicain.

Plongées et contre-plongées sont utilisées à plusieurs reprises pour ponctuer le rapport de forces entre les personnages. Au moment de l'affrontement Quinlan-Vargas, tous deux seront dans la même image, en contre-plongée. Indiquant le basculement du film.

Taylor Sheridan, le scénariste de « Sicario » a déclaré : « Ce qui faisait le charme de la zone frontalière, la rencontre et le mélange des cultures, a complètement disparu. J’ai réalisé que le Mexique, ce pays où l’on pouvait se rendre tranquillement en voiture, n’existe plus aujourd’hui. C’est devenu un endroit sans foi ni loi. Il n’existait aucun film sur la manière dont la vie a changé dans le nord du Mexique, sur la façon dont la drogue et la corruption gouvernent tout désormais, et sur l’évolution des cartels qui sont devenus des groupes militarisés. Pas un seul film ne parlait de cela, ni de la façon dont la grosse machine qu’est le gouvernement américain traite ces problèmes qui débordent de son côté de la frontière. » (3).

« Sicario » tient la promesse du scénariste. Pas de main morte. Les moyens n'ont pas manqué. Le prologue est une intervention très violente de la police étasunienne qui attaque un foyer de narco-trafiquants où est découverte, emmurée, une galerie de cadavres, clandestins qui voulaient traverser la frontière ou victimes des conflits entre bandes de trafiquants. Cela nous permet de faire la connaissance de Kate Macer (Emily Blunt) qui va être sélectionnée-volontaire avec son comparse et accompagner une expédition musclée du FBI pour décapiter un cartel de la drogue. Plus tard, on verra des cadavres pendus, décapités...

En quelques images tout est dit. La violence, la sélection par de « hautes autorités », celles qui déplacent les limites et ferment les yeux, la préparation de cette expédition, la frontière, le barrage, filmé d'avion ou d'hélicoptère mais de près, qui s'étend sur des kilomètres, édifiée pour empêcher l'immigration sud américaine aux États-Unis, dans un milieu désertique.

Tout ceci correspond bien aux intentions du scénariste. Encore plus quand on voit la frontière à échelle humaine du film d'Orson Welles : poste-frontière bon enfant qu'on passe à pied ou en voiture pour aller prendre un verre ou faire une virée de l'autre côté, où le policier discute avec la personnalité devenue célèbre pour avoir arrêté le chef des trafiquants locaux de drogue... « 1 400 km de frontière sans une mitraillette », dit Vargas à son épouse étasunienne.

Dans les deux cas, la frontière sera franchie à plusieurs reprises risquant de perdre un peu le spectateur. Mais dans « Sicario », c'est seulement la force d'intervention qui fait des incursions, illégales, dans le territoire mexicain.
Car l'acteur le plus important, c'est la machine de guerre des États-Unis qui, avec la complicité de haut niveau au Mexique, affronte un cartel de la drogue et cherche à rétablir un certain ordre, par tous les moyens, dans la confrontation avec les trafiquants. Et Alejandro le sait qui se met au service de cette machine pour atteindre son but.

La même question éthique est posée dans les deux films mais à des niveaux très différents. Dans « Touch », il s'agit d'une confrontation d'homme à homme, entre Quinlan, l’Étasunien, aux méthodes peu orthodoxes et Vargas, le Mexicain, qui se bat pour le respect de la loi même quand il s'agit d'éventuels assassins. Dans « Sicario », le combat est entre la machine de guerre du FBI et deux représentant de la CIA, une femme et un Noir, chargés de contrôler la légalité de l'opération, montée par des durs, qui vont les berner malgré leur courage, leur compétence...

Finalement, l'opération réussit et Alejandro exécute le Parrain, sa femme et ses enfants. Mais Kate refuse de signer la caution qu'il lui présente sous la menace d'un revolver. Alejandro essuie une larme sur la joue de Kate, il pense à sa fille assassinée, renonce à la caution et se retire après avoir démonté et jeté son arme. Son combat est terminé. Kate le voit partir par la fenêtre, pointe son arme, Alejandro se retourne. Elle baisse son arme. Alejandro le lui a dit, elle n'est pas faite pour vivre das ce pays de loups.

Dans « Touch », le but est aussi atteint. Le suspect, désigné par Quinlan, grâce à son intuition douloureuse, est l'assassin, confondu non par la fausse preuve fabriquée par Quinlan mais par l'aveu du coupable.

Le « film noir » d'Orson Welles ne respecte pas toutes les conventions du genre. Si Quinlan est conduit à sa perte, c'est parce qu'il veut faire la loi en passant outre à la loi, c'est parce qu'il trouve sur sa route, un policier qui veut faire respecter la loi même face aux criminels. Comble, un policier mexicain ! Mais qui, lui aussi n'est pas au dessus de tout soupçon car il se comporte en mari et non en policier respectueux de la loi quand sa femme est séquestrée, il utilise des armes qui lui répugnent, enregistrant les aveux sollicités de Quinlan à son second et plus ancien ami.

Les aveux enregistrés, Vargas retrouve sa femme. Ils peuvent partir donnant un faux « happy end » au film. Quinlan, tué par son second qu'il a berné toute la vie, s'enfonce dans des ordures et des résidus des puits de pétrole (écologie avant la lettre ?) discrètement omni-présents dans le film.

Quinlan n'est pas victime d'une « femme fatale » : la très belle Tanya (Marlène Dietrich) n'est qu'une vieille amie dont les cartes annoncent le destin de Quinlan et qui prononce une éloge funèbre qu'elle gomme immédiatement : « a lousy cop... He was some kind of a man... What does it matter what you say about people ? ».

Dans ces films frontaliers, un rôle important est donné à deux Mexicains, l'honnête Vargas et Alejandro, le justicier sans pitié, qui montre, malgré tout, une certaine sensibilité. Mais cela n'empêche pas Quinlan, en toute mauvaise foi d'afficher un certain mépris pour cet étranger, ce juge mexicain prêt à innocenter un des siens par solidarité... Ce qui n'est pas le cas dans « Sicario » où joue l'estime réciproque des gens qui sont là pour tuer sans scrupule. Et torturer après avoir débranché la caméra sensée enregistrer l'interrogatoire. Même si quelques personnages secondaires sont un peu ridicules (Oncle Joe mais aussi l'adjoint de Quinlan).

Ici, le racisme discret est plutôt pour l’adjoint de Kate, « tu n'as pas peur du noir » (obscurité) et Kate qui lui dit qu'il est le seul à la voir en « soutif ». Et le sexisme ? Naïve, elle se jette dans les bras d'un narco mais Alejandro la tire de ce mauvais pas.

Quant a la situation sociale du pays, c'est essentiellement dans « Sicario » qu'elle apparaît par quelques touches. L'état des routes chaotiques, qui répond aux moutons dans les rue de « Touch », les entrées illégales aux États-Unis, on voit des clandestins rassemblés pour les besoins de l'enquête., la corruption de la police mexicaine.
Une anecdote du film montre l'étendue du désastre : un policier mexicain complice du cartel est abattu, il ne pourra plus accompagner son fils au football, c'est donc la mère qui le fait. On assiste à une partie du match, ce ne sont que des femmes autour de terrain, qui ont accompagné leurs enfants. Et tout à coup, on entend, au loin, une fusillade. Le match se suspend. La tête tournée vers là bas...

Ces deux films donnent à voir l'évolution de notre monde, cinématographique et politique à cinquante années d'intervalle..

- 1 - Touch of evil (1958) onzième long métrage d'Orson Welles (43 ans à la sortie du film). Dans sa version de 1998, en DVD.

- 2 - Sicario (2015) septième long métrage de Denis Villeneuve (48 ans à la sortie du film), actuellement dans les salles à Paris.
- 3 - http://www.allocine.fr/film/fichefilm-228114/secrets-tournage/
- 4 - « un sale flic... un sacré bonhomme... qu'importe ce qu'on dit des gens ? » (traduction très libre et incertaine de P.O.)

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 14:08

Revue de presse n° 173 (Europe)


« Le verdict de la Cour de Justice de l'UE place l'Irlande dans un dilemme moral et légal. Face à Facebook et aux autres géants technologiques basés à Dublin, l’État irlandais se considère-t-il comme le premier défenseur des droits à la vie privée des citoyens irlandais et européens ? Ou bien comme un avant-poste des services de renseignements américains à l'ère du numérique ? » Eurotopics The Irish Times - Irlande(06.10.2015)

Selon les médias turcs, le président Erdoğan aurait demandé à Bruxelles des concessions sur la question de la division de Chypre en contrepartie de la prise en charge de réfugiés. Eurotopics 07/10/15

A Bruxelles, 7 octobre, 80 000 personnes (police), 100 000 (front commun syndical) ont manifesté contre les mesures d’austérité. Le 6 novembre 2014, une manifestation avait déjà rassemblé plus de 100 000 personnes sur le même mot d'ordre. Le Monde.fr 07/10/15

Les ministres européens des Transports ont convenu de libéraliser le transport ferroviaire des personnes dès 2020 pour les grandes lignes et 2026 pour les lignes régionales. Après la libéralisation du rail dans le fret et sur les correspondances internationales, le transport ferroviaire des personnes s’ouvre progressivement à la concurrence. Euractiv 10/10/15


Les Allemands mènent la fronde en Europe contre le TTIP (ou Tafta), le Traité transatlantique de libre-échange. Entre 150 000 (police) et 250 000 personnes (organisateurs) ont convergé de toute l’Allemagne vers Berlin pour dire « Stop au TTIP » et au Ceta, son pendant canadien. Sur Internet, la pétition pour une « initiative citoyenne européenne contre le TTIP » a été signée par 3,29 millions d’Européens, parmi lesquels… 1,57 million d’Allemands et en France 363 000 signatures. Rue 89 11/10/15

Après des mois de tensions autour des campements de centaines de migrants, la Ville de Paris présente « la mobilisation pour l’accueil des réfugiés », programme de 18 engagements. Alors que Cazeneuve rappelle que, contrairement aux demandeurs d’asile, les migrants économiques « n’ont pas vocation à resster », le plan préconise... « ces engagements concernent, au-delà des réfugiés, l’ensemble des migrants venus chercher refuge à Paris ». http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/10/12/paris-presente-un-ambitieux-plan-d-accueil-des-migrants-au-dela-des-refugies_4787464_3224.html#0ObpWSkWSSMDR4Ye.99

Le gouvernement espagnol « un peu trop optimiste » dans ses prévisions de croissance pour 2016. Madrid devrait donc faire des efforts supplémentaires pour réduire son déficit en 2015, ainsi qu’en 2016, selon la Commission européenne. Euractiv 14/10/15

Nettoyage de la ville, pompes funèbres, gestion du métro… Soutenue par Podemos pendant les élections, la nouvelle maire de Madrid, a décidé de réintégrer dans le giron public plusieurs services externalisés par l’ancienne équipe municipale. Acteurs publics 14/10/15

Les 10 pays à la richesse la plus élevée en dollars/ habitant. Suisse 597 100 dollars, Nouvelle Zélande 400 800, Australie 364 900, États-Unis 353 000, Norvège 321 400, Grande Bretagne 320 400, Suède 311 400, Singapour 369 400, France 262 100, Belgique 245 400. Le Figaro 14/10/15

Gérard Mestrallet, le PDG d'Engie (ex-GDF Suez), explique au Figaro pourquoi le groupe ne construira pas de nouvelles centrales à charbon. Il réaffirme ses engagements en faveur du climat. Le choix stratégique du groupe n'est pas anodin à la veille de la COP21. Tous opérateurs confondus, dans le monde, en 2014, 50% des nouvelles centrales électriques ont été des centrales solaires. Le Figaro 14/10/15

Chômage des jeunes : en août 2015, 4,610 millions de moins de 25 ans étaient au chômage dans l'UE, dont 3,131 millions dans la zone euro.
L'Allemagne, seul État en dessous des 10%, taux à 7%. Ensuite Autriche, Pays-Bas (11,2%), Danemark (11,4%), Estonie (11,5% en juillet), République Tchèque (12,4%), Malte (13,1%) et Lettonie (14,1%) en dessous des 15%.
Taux à 48,8% en Espagne, 48,3% en Grèce (juin), 43,5% en Croatie (juin), 40,7% en Italie.
La France se situe dans la moyenne haute, 24,5% en août 2015. Toute l'Europe 16/10/15

Jean-Claude Juncker a appelé les chefs d'État à tenir leur promesse de débloquer 2,25 milliards d'euros pour la crise des réfugiés. Euractiv 16/10/15

« Partager le fardeau ». L'expression n'a cessé d'accompagner les négociations entre Angela Merkel et les responsables turcs sur la question des réfugiés. Au menu : le plan d'action annoncé par l'Union pour inciter Ankara à endiguer le flux de migrants vers l'Europe, notamment ceux fuyant la guerre en Syrie, en les gardant sur son territoire. Porteuse d'un message européen, Angela Merkel a réitéré l'appel à renforcer la surveillance aux frontières et le contrôle des réseaux de passeurs, en particulier la filière maritime. Le Figaro 19/10/15

Canada : Justin Trudezau, vainqueur des élections a, pendant sa campagne électorale, promis d'accueillir les Syriens fuyant la guerre à mettre fin aux frappes aériennes tout en restant dans un rôle d'assistance aux forces irakiennes et kurdes. JDD 20/10/15

Cela fait vingt ans que la Suisse place au cœur de ses campagnes électorales immigration et réfugiés, sur fond de progression presque ininterrompue des nationalistes-populistes de l'UDC. Le18 octobre, l’UDC a amélioré son score avec de 29,4 % des voix (26,6 % en 2011), raflant 65 sièges sur 200 au Conseil national. Elle devance le parti socialiste (18,8 %), la droite libérale (PLR 16,4 %) et les centristes du PDC (11,6 %). Les Verts accusent un fort recul. Mediapart 20/10/15

Pays producteurs d'acier en Europe, en millions de tonnes, en2014 : Allemagne, 42,9, Italie, 23,7, France, 16,1, Espagne, 14,2, Royaume-Uni, 12,1. Les Échos 21/10/15

Dans la localité de Munkedal, sud-ouest de la Suède, des demandeurs d'asile ont réussi à échapper aux flammes après l'incendie de leur foyer d'accueil. Trois centres d'hébergement de réfugiés ont déjà été incendiés la semaine passée. Eurotopics Svenska Dagbladet - Suède

La CE condamne comme illégaux les rulings accordés par le Luxembourg à Fiat et par les Pays-Bas à Starbucks. Selon la commissaire à la concurrence, ces accords fiscaux secrets ont permis de réduire les impôts de ces entreprises de manière artificielle et inacceptable. La CE pose un principe fort sur l’illégalité de ce genre d’accord. Mais la punition encourue pour les avoir signés reste très loin d’inciter les firmes et les paradis fiscaux à ne plus y avoir recours. Alter éco + 21/10/15

Dans l'UE, pays comptabilisant le plus de personnes de plus de 80 ans : Italie (6,4%), Grèce (6,0%), Espagne et France (5,7%). Au contraire Irlande et Slovaquie,la population de 80 ans est faible, (3%), Chypre (3,1%). Toute l'Europe 21/10/15

« Premières propositions de Bruxelles pour améliorer l’Union monétaire et renforcer l’organisation de la zone euro sur la base d’un rapport approuvé par les 28. Ce Conseil budgétaire aura comme charge de conseiller les gouvernements. Il y a aussi le projet d’une unique représentation au FMI où les pays pourront toujours rester membres à titre individuel ». Sole 24 ore Revue de presse ambassade de France à Rome 22/10/15

« Sommet » des Balkans, organisé à la hâte... occasion de parer aux urgences, et surtout de faire passer le message allemand. L'UE ne peut plus faire marche arrière, elle vit dans un monde ouvert, (Merkel). Malgré l'indifférence, les ricanements et parfois une franche hostilité, l'heure est venue de passer à l'étape suivante: organiser l'Europe passoire en vraie terre d'immigration légale. Le Figaro.fr 22/10/15

« La vérité, on peut regretter que Orban soit le seul à la dire : aucune nation n'a donné mandat à ses gouvernants d'accueillir des centaines de milliers de migrants sans contrôle. Et, malgré les discours, tous les pays durcissent leurs dispositifs de surveillance et d'expulsion des clandestins. Même 'Mère Angela' prévoit de renvoyer 200 000 déboutés du droit d'asile en avions militaires. Le mythe du havre européen est en passe de s'effondrer sur ceux qui l'ont bâti - et sur les exilés qui y ont cru » eurotopics Le Figaro 22/10/15.

« L'impasse actuelle, c'est l'Europe elle-même qui s'y est engouffrée. Elle n'a d'autre chemin à emprunter que celui de la dignité. Envers les migrants et envers elle-même. Le reste n'est que l'histoire de l'éléphant qui a peur d'une souris. Si jamais l'UE devait accueillir un million de réfugiés, cela ne représenterait que 0,2 % de sa population. Il faut vraiment ne pas avoir confiance en nos valeurs et nos modèles culturels pour penser que la maison Europe s'écroulera si elle ouvre généreusement sa porte. » eurotopics Le Jeudi Luxembourg 22/10/15

190 000 demandeurs d'asile en Suède. Le pays connu pour sa politique d'asile généreuse... : « Le front uni contre les Démocrates suédois [droite] s'effrite... les partis se réveillent à la réalité et ne veulent plus se laisser bercer par les incantations à l'unisson par la politique et les médias. On commence à s'aligner... accélérer les demandes d'asile, multiplier les contrôles aux frontières et soutenir le projet de l'UE de camps de rétention dans le sud… Il n'y a pas longtemps, le Premier ministre semonçait les pays qui adoptaient ces mesures face à l'afflux de réfugiés. A présent, la Suède doit admettre qu'il y a des limites à l'idéalisme et procède de la même façon. » eurotopics Jyllands-Posten (Danemark) 23/10/15.

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Published by Paul ORIOL - dans Revue de Presse
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 22:08

IMMIGRATION ET UNION EUROPÉENNE

La crise migratoire

L'Union européenne et ses institutions ont été mises à dure épreuve cette année par leur gestion de la situation de la Grèce et de l'arrivée d'un nombre particulièrement élevé de migrants économiques ou réfugiés politiques.

L'Union européenne a une frontière, une monnaie mais n'a pas de politique, pas de gouvernement. C'est apparu, lors des deux crises qui ont dévoilé l’ambiguïté des institutions et, dans les deux cas, le rôle prépondérant de la puissance allemande.
Cette situation met en question l'Union européenne dans son fonctionnement, dans la perception qu'en ont les citoyens européens et, peut être même, dans son existence dans sa forme actuelle.

Ne sera abordé ici que la crise migratoire (La crise grecque a été évoquée dans « L'Union européenne ébranlée »).

Schengen

Ce sont les accords de Schengen (Accord 1985, Convention 1990) et le règlement de Dublin (1990, 2003, 2013) qui régissent les règles d'entrée et de séjour des ressortissants des États tiers sur le territoire de l'Union européenne.
Les normes de l'espace Schengen (1) ont été intégrées au droit de l'Union dans le cadre de « l'espace de liberté, de sécurité et de justice » par le traité d'Amsterdam (1997) et font partie des acquis communautaires. L'Irlande et le Royaume-Uni ont refusé (« opt out ») les articles du traité reprenant Schengen et Dublin.

Le traité d'Amsterdam institue le principe de libre circulation interne dans le droit communautaire. Les contrôles frontaliers sont supprimés entre les États Schengen (frontières intérieures) et maintenus aux frontières entre les États Schengen et les autres (frontières extérieures). L'agence Frontex a été créée, en 2004, pour gérer de manière intégrée les frontières extérieures.

Les contrôles d'identité des personnes qui voyagent entre des États Schengen peuvent être rétablis s'il existe une « menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure », terrorisme, émeute, hooliganisme... (art. 23/24). Cette réintroduction des contrôles doit être temporaire.
En cas de nécessité immédiate, elle peut être décidée unilatéralement par un État pour une période de 10 jours renouvelable. La Commission peut saisir la Cour de justice pour sanctionner l’État concerné si elle estime la mesure excessive.

Quand la menace découle d'un événement prévu, l’État doit notifier son intention à la Commission européenne et consulter les autres États Schengen, comme l'a fait Malte lors de la visite du pape en 2010.

Si une défaillance à une frontière extérieure entraîne l'arrivée massive d’immigrants, le contrôle aux frontières intérieures ne peut être rétabli unilatéralement. Il doit être autorisé par le Conseil des ministres sur demande de la Commission (art. 26).
La Commission s'est opposée au rétablissement des contrôles aux frontières intérieures pour des raisons tenant à l'immigration : en 2011, le Danemark a été contraint à renoncer au rétablissement de contrôles à ses frontières et la France menacée de sanctions à la suite de contrôles à la frontière italienne, face à l'arrivée de quelques milliers de Tunisiens.

Cette année, la Commission européenne est restée silencieuse quand l'Allemagne a rétabli des contrôles à ses frontières.

Dublin

Le droit d'asile dans l'Union européenne est basé sur la Convention de Genève (1951) et organisé par le règlement de Dublin. Pour que le demandeur d'asile ne puisse choisir le pays le plus laxiste ou déposer des demandes dans plusieurs pays de l'Union, le règlement de Dublin stipule que le premier État membre par lequel entre un demandeur d'asile doit relever ses empreintes digitales, traiter sa demande et le prendre en charge.
Ce règlement donne des responsabilités particulières aux États situés sur les frontières extérieures comme, dans un passé plus ou moins récent, l'Espagne, la Grèce, la Hongrie, l'Italie ou Malte, et pèse sur leurs finances : responsabilités et financement devraient être assumés par l'ensemble des États Schengen.

Après la révolution tunisienne de 2010-2011, le gouvernement italien a accordé un permis de résidence de 6 mois à 25 000 Tunisiens. Comme ce permis leur permettait de voyager dans l'espace Schengen, l'Allemagne et la France ont menacé d'imposer des contrôles pour limiter l'arrivée de ces réfugiés sur leur territoire.
Ces États n'ont pas proposé de partager la prise en charge de ces nouveaux arrivants, ils ont simplement voulu les maintenir en Italie.

La crise migratoire

Dans les années 2010, le nombre des migrants économiques ou à la recherche d'un asile politique arrivant dans l'Union par la Méditerranée et les Balkans a augmenté considérablement. Et aussi le nombre de ceux qui ne sont pas arrivés.

Suivant diverses sources (Centre international pour le développement des politiques migratoires, United for intercultural action), ce sont au moins 26 000 immigrants qui sont morts entre 1997 et 2012 en essayant de venir en Europe. En 2014, plus de 3 000, d'après l’Organisation internationale pour les migrations, sont morts ou ont disparu en Méditerranée.
Il a fallu la photographie d'un enfant mort sur une plage et l'arrivée de centaines de milliers de candidats à l'immigration aux frontières externes et surtout internes (en clair, de l'Allemagne) pour que les États et les sociétés civiles prennent conscience de l'importance et de la gravité du phénomène. Même si les drames répétés au printemps et la visite du pape François à Lampedusa avaient déjà éveillé les consciences.

Fin 2014, l'Union européenne n'accueillait, selon le HCR, que 6 % des réfugiés du monde entier. Les demandes d'asile sont en majorité rejetées, 73 % pour 240 000 en 2008, contre 13 % qui ont obtenu le statut de réfugié, 10 % la protection subsidiaire et 5 % une autorisation de séjour pour raisons humanitaires.

Entre 2007 et 2011, un grand nombre de migrants ont franchi la frontière entre la Turquie et la Grèce. En 2012, suite au renforcement des contrôles par la Grèce et Frontex et à la construction d'une barrière sur une partie de la frontière turco-grecque, l'arrivée de migrants en Grèce par voie terrestre a baissé de 95 %. Cela n'a pas empêché l'augmentation du nombre de personne arrivées dans l'Union. Elles ont pris d'autres chemins. Plus chers en argent et en vies humaines !

Les personnes qui arrivent en Europe viennent de pays souvent en état de guerre. Les trois principaux pays d'origine des migrants en 2014 sont la Syrie (27,9 %), l’Érythrée (12,2 %) et l'Afghanistan (7,8 %), viennent ensuite Somalie, Soudan, Sud Soudan, République démocratique du Congo, République centre africaine.
Le nombre de demandeurs d'asile est passé de 336 000 en 2012 à 626 715 en 2014. A la fin du mois de juin 2015, Eurostat relève que 592 000 personnes ont une demande d’asile en instance. Dont plus de 50 % pour l'Allemagne.

Les Syriens ayant fui leur pays (plus de 4 millions) se trouvent essentiellement en Turquie (2,2 millions de Syriens, 300 000 Irakiens), au Liban (plus d'un million pour 4 millions d'habitants !), en Jordanie (630 000), en Irak (250 000).

Sans solution politique en Syrie, le risque est grand de voir persister les demandes d'asile de Syriens et s'installer dans la durée des camps de Syriens comme existent depuis longtemps des camps de Palestiniens.

Migrants, Réfugiés

Ayant adhéré à la Convention de Genève relative aux réfugiés de 1951, à la Convention européenne des droits de l’Homme, ayant adopté la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Union et les États de l'Union ont l'obligation de respecter les droits des demandeurs d'asile.

Les personnes qui se présentent aux frontières ont quitté leur pays pour des raisons économiques et/ou politiques. L'Union et les États veulent faire le tri entre les demandeurs d'asile qu'ils ont l'obligation conventionnelle d'accueillir et les migrants économiques. Ils se préoccupent actuellement surtout des demandeurs d'asile syriens à cause de leur nombre et de la situation catastrophique en Syrie.

De nombreux originaires d’Afrique sub-saharienne étaient installés en Libye pour des raisons économiques. Ils ont dû quitter la Libye, à la suite de la situation créée par l'intervention franco-britannique. Sont-ils des migrants économique ou politiques ? Le statut de réfugié leur sera-t-il reconnu ? Rejoindront-ils les autres déboutés du droit d'asile ?
Ceux qui viennent du Kosovo, d'Albanie, du Monténégro, pouvaient prétendre, hier, au statut de réfugié. Ils ne peuvent plus aujourd'hui, leur pays vient d'être ajouté sur la liste des « pays sûr ». En urgence, pour faire plus de place aux personnes d'autres origines. Seront-ils renvoyés dans leur « pays sûr depuis peu » ?

Et tous ceux qui ont quitté leur pays, victimes de la politique économique nationale et autres ajustements structurels, internationalement imposés. Faut-il les renvoyer mourir chez eux ?

Causes

En 2012, le prix Nobel de la paix a été attribué à l'Union européenne pour avoir « contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme en Europe ». Si l'Académie n'a pas attribué ce prix dans une précipitation aveugle et imprudente, comme en 2009 à Barak Obama, elle a été aussi peu clairvoyante dans les deux cas.
Il est possible d'attribuer à l'Union une part de responsabilité dans les six décennies de paix en Europe depuis les années cinquante à condition d'oublier les guerres coloniales de la France, du Portugal, du Royaume-Uni, les guerres locales, européennes, Chypre 1974, Croatie 1991, Bosnie 1992, Kosovo 1999, qui n'ont certes pas dégénéré en larges affrontements et les guerres plus lointaines dans lesquelles certains États membres se sont engagés... et dont l'Union européenne et l'ensemble des États membres subissent aujourd’hui les conséquences.

Il était illusoire de penser que des États pourraient intervenir militairement, quelles qu'en soient les raisons, pour soutenir un despote ici ou le renverser là (2), tout en bénéficiant de la paix et de la démocratie à domicile.
Le temps des expéditions coloniales, sans danger pour les métropoles, est terminé. Les attentats en Europe, l'arrivée de plus en plus importante de migrants, qu'ils soient victimes du système économique, des régimes dictatoriaux ou du changement climatique est, en grande partie, le résultat de politiques inadaptées...

L'arrivée d'un nombre important de migrants aux frontières extérieures, leur circulation et leur installation plus ou moins durable au sein de l'Union européenne mettent en évidence l'absence ou l'insuffisance de sa politique de l'immigration.

Bien entendu, le énième point des propositions plus ou moins « généreuses » sera toujours l'aide aux pays moins avancés, l'aide au développement (le co-développement semble passé de mode) qui ressort à chaque crise et tombe rapidement dans l'oubli.
A ces dépenses, il faudrait ajouter le coût des interventions militaires pour apporter paix et démocratie en Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan et ailleurs... Pour le moment, cet argent a été plus efficace pour déclencher des migrations que pour les rendre inutiles !
Pour répondre à toutes à ces balivernes, il suffit de rappeler que l’apport financier des migrants par leurs transferts d’argent au pays est, au moins, trois fois plus important que l’aide officielle des pays industrialisés au développement.

Au Proche Orient cet interventionnisme militaire a conduit à la destruction d'une organisation des États, certes arbitraire et précaire, instituée par les Occidentaux avec pour résultat « démocratique », Daech au Proche-et Moyen Orient, en Afrique...
Pour établir une stabilité dans ces pays, il faudra autre chose que des bombardements et même qu'une aventure terrestre avec les résultats qu'on a connus ici ou là. Il faudra des décennies de développement. Avec un soutien international aux peuples et au fonctionnement de nouvelles institutions.
La stabilisation sera longue à venir et encore plus la diminution des migrations.

La « crise migratoire » dans l'Union européenne participe à un phénomène plus général, l'augmentation du nombre de personnes déplacées dans le monde pour des raisons économiques, écologiques, politiques. Elle témoigne de la monté des inégalités, de l'inégale répartition des richesses, des conséquences sociales et politiques du libéralisme sans frontière. Et des conséquences écologiques du développement. Qui poussent des centaines de milliers de personnes à migrer d'abord dans leur propre pays, puis dans les pays voisins et enfin, plus loin là où ils espèrent pouvoir mieux vivre ou survivre tout simplement. Les barrière physiques, politiques pourront freiner les migrations. Elles ne les arrêteront pas.

Juncker

Élu président de la Commission européenne en juillet 2014, Jean-Claude Juncker a constitué son équipe, investie en octobre. Conscient de l'importance du phénomène, il a nommé un commissaire spécialement chargé de la migration, en coordination avec le premier vice-président, pour travailler à une nouvelle politique migratoire.

Le président de la Commission a été, pour la première fois, élu indirectement lors de dernières élections européennes. Par le Parlement européen contre la volonté initiale d'Angela Merkel. Mais son autonomie est bien relative.
Dans « la crise grecque », comme dans « la crise migratoire », ses positions, quoi qu'on pense de leurs qualités, n'ont été prises en considération que si et quand elles étaient entérinées par l'Allemagne : Wolfgang Schaüble ou Angela Merkel.

En mai 2015, Junker a fait des propositions face à « la crise des réfugiés » : mécanisme permanent de relocalisation, désignation de pays tiers comme pays d'origine sûrs, renforcement de Frontex, création de systèmes européens de gardes-côtes et de gardes-frontières, mise en œuvre d'un régime d’asile européen commun, mise en place de voies d’entrée sûres et légales pour les personnes ayant besoin de protection, approche renouvelée des migrations légales...
Ce plan a été rejeté par le Conseil européen et notamment par Angela Merkel et François Hollande, en particulier le mécanisme permanent de relocalisation. La France n'a pas manqué de rappeler par les voix de Manuel Valls puis de François Hollande : « Il n'est pas question qu'il y ait des quotas » de migrants en Europe.

Finalement, ces propositions seront reprises, comme celle de répartir 160 000 réfugiés, après le ralliement d'Angela Merkel. Ce ne sont pas des « quotas obligatoires » mais une « répartition contraignante » de Syriens, Irakiens et Érythréens – que deviendront les autres ? - qui est adoptée. Non, comme à l'accoutumée par consensus mais après un vote à la majorité, avec abstention de la Finlande et, surtout, l'opposition de quatre États, Hongrie, Tchèquie, Roumanie, Slovaquie,. Malgré pressions et menaces de représailles financières du ministre allemand de l'Intérieur, du vice-chancelier allemand, avec le soutien du ministre de l'intérieur français refusant « une Europe à la carte ».
Seule Pologne la Pologne semble avoir été convaincue.
Il est reproché aux pays de l'Est d'être incapables de comprendre que l'Union est autre chose qu'un marché ou un distributeur de subventions qu'on menace d'ailleurs de supprimer.
Mais une de leurs profondes motivations est la peur du « mutlculturalisme » qu'ils constatent dans les pays de l'Europe occidentale et qu'ils ne veulent pas chez eux.

Merkel, aller-retour

Les récentes fluctuations d'Angela Merkel et la souplesse de François Hollande sur l'ouverture ou non de l'Union européenne aux demandeurs d'asile, sans parler des autres migrants, risquent d'être peu convaincantes.

En mai, l'une et l'autre refusent le plan Juncker.

En Août, Angela Merkel annonce qu'elle ne renverra plus dans le pays de première arrivée les migrants débarquant en Allemagne, en contradiction avec le règlement de Dublin et sans concertation, ouvrant l'accueil quasiment inconditionnel aux Syriens (non suivie par François Hollande).
Elle apparaît soudain comme l'incarnation principale des "valeurs européennes". Pour l'année 2015, 800 000 entrées de demandeurs d'asile sont annoncées, en Allemagne, soit 4 fois plus que l'année précédente.

Quelques semaines plus tard, spectaculaire revirement : Angela Merkel annonce, sans crier gare, la fermeture "temporaire" de la frontière avec l'Autriche et dépêche mille policiers pour faire respecter cette fermeture.
Face à l’« inaction » de l’UE. Angela Merkel fait valoir que son pays ne peut recueillir seul l’exode syrien et irakien et que l'Allemagne est« au bout de ses capacité d’accueil ». Les autres États auraient dû suivre. Ils n'ont pas suivi. Même Hollande avec sa modeste proposition d'accepter quelques dizaines de milliers de personnes.
Réalistes, les demandeurs d'asile ont entendu les déclarations généreuses - mais irresponsables de la chancelière - et le silence des autres. Ils ne se font guère d'illusions sur les chances d'être bien accueillis dans nombre de pays de l'Union. Ils sont aux frontières de l'Allemagne, non à celles des pays de l'Est ou de la France.

Avec ces déclarations successives et contradictoires, Angela Merkel, relocalise les problèmes de l’Allemagne que sa décision d’ouverture avait accentués, dans les pays qui n’étaient que des pays de transit, comme l'Autriche, et deviennent des pays de séjour.
Elle ouvre et légitime le « chacun pour soi » ! De nouvelles frontières se ferment, au total, celles de 8 pays : après la Hongrie, l'Allemagne et l'Autriche, la Tchéquie, la Slovaquie, la Slovénie, la Croatie et la Finlande.

De multiples raisons ont été données aux déclarations généreuses du mois d'août. La Chancelière a pu être sensible comme beaucoup à la grande émotion suscitée par la photo du jeune enfant mort sur une plage. Peut-être a-t-elle réagi à l'extraordinaire mobilisation des Allemands et suivant la vague, voulu l'accompagner, lui donner un débouché institutionnel.
Peut-être faut-il tenir compte aussi, du passé de l’Allemagne, de son attachement à sa loi fondamentale : « Conscient de sa responsabilité devant Dieu et devant les hommes, le peuple allemand, animé de la volonté de servir la paix du monde en qualité de membre égal en droits dans un Europe unie... ». Et du souvenir des millions d'Allemands venus de l'Est qui ont trouvé refuge en Allemagne de l'Ouest après la fin de la Seconde guerre mondiale.
Aujourd'hui en Allemagne, « un quart de la population actuelle est composé de ces expulsés et de leurs descendants ».

Au delà des raisons circonstancielles, des raisons démographiques (faible natalité), économiques (besoin de main d’œuvre) peuvent expliquer une plus grande ouverture à l'immigration. Avec la volonté de réussir leur intégration.
Angela Merkel pense avoir les moyens de cette politique. « Les réfugiés, un coup de pouce bienvenu pour la croissance allemande... L'accueil des réfugiés représentera 11 milliards d'euros de dépenses en 2016... toute une économie s'est mise en place pour faire face au défi » (Les Échos).
Ce que ne peuvent faire tous les pays de l'Union.

Quoi qu'il en soit, malgré ses erreurs, son rapide revirement, Angela Merkel, par cette déclaration a rappelé que l'Union doit respecter un certain nombre de valeurs qui sont sa raison d'être et qui sont consignées dans les textes. Dont le droit d'asile. Cette « crise des réfugiés » peut être son « moment historique ».
Car, à cette occasion, les éloges se sont faits entendre : « Avec cette intervention souveraine et son discours tenu devant le Parlement européen, Merkel a fait preuve de leadership politique, en Allemagne et au-delà. Elle a conforté ainsi ses propos tenus il y a un mois : 'nous y arriverons'. Une politique courageuse, car la cote de popularité de Merkel continue de chuter et les critiques se multiplient au sein de son parti… Au cours de ses dix années de mandat, Merkel a plus souvent géré qu'agi. Sur la question des réfugiés, il lui a aussi fallu du temps pour se positionner. Mais elle le fait aujourd'hui avec verve, c'est devenu sa mission. Ceci rend son positionnement différent de celui adopté dans la crise grecque. Elle considère le problème des réfugiés comme un défi personnel, comme un défi que lui pose l'histoire. » (Der Standard Autriche 09/10/15). Avec cette ouverture, elle « est devenue aujourd’hui la seule responsable politique de stature continentale, ou encore la femme « qui a restitué la dignité à l’Europe ». Orban est devenu le symbole du mal, Merkel « le visage humain de l’Europe » ( Federica Mogherini, Haut représentant de l'Union pour less affaires étrangères et la politique de sécurité)

Mais ce peut aussi être sa perte, si elle ne réussit pas à entraîner les Allemands, le peuple allemand et d'abord les membres de son parti. Angela Merkel a essayé de flatter le peuple : « c'est le signe que notre pays est attractif », « on y arrivera », « notre pays deviendra de plus en plus divers »..
Mais Die Zeit remarque qu'au Parlement européen, « au lieu du mot 'espoir', employé par Mitterrand et Kohl, les discours de Merkel et Hollande étaient marqués par le mot 'crise' ». Ce qui n'est pas propre a déclencher l'enthousiasme.

Il faut aussi susciter une mobilisation de l'opinion européenne qui puisse donner un sens à des contraintes qui peuvent être ressenties comme venant seulement de l'Allemagne et qui seraient mieux acceptées si elles venaient d'une partie significative des peuples de l'Union.

Sinon, une fois de plus, on pourra penser comme la Deutschlandfunk (02/09/15) : « Lors de la réforme des accords de Dublin il y a deux ans, l'Allemagne avait farouchement rejeté l'idée d'un mécanisme de solidarité. Et voici qu'on nous annonce que l'heure est à la solidarité, parce que cette fois-ci, cela profite à l'Allemagne. Le comble du cynisme. Il ne s'agit pas d'une solidarité vis-à-vis de personnes chassées de leur pays. ». Ce qui confirmerait l'opinion de beaucoup que, en Europe, ce qui est bon pour l'Allemagne est bon pour tous les Européens. L’Allemagne ne s'est guère émue quand la pression migratoire s'exerçait sur l’Espagne, l'Italie, Malte, la Grèce ou la Hongrie.

Mais il ne faudrait pas qu'une fois de plus, Angela Merkel, suive ses troupes, l'ouverture avec les uns et le revirement avec les autres.. Car l'Allemagne doute, elle est partagée.

Réticences et critiques se font entendre au niveau des peuples européens, y compris du peuple allemand et même au sein de la CDU, parti de Angela Merkel. A travers les déclarations de certains ministres fédéraux ou des ministres des Länder.

Dès le 13 septembre, quand l'Allemagne rétablit sa frontière avec l'Autriche, le ministre de l'Intérieur affirme : « la solidarité allemande ne peut pas être abusée ». Il propose de limiter l'afflux en Allemagne et prône un « contingent » de réfugiés dans l'Union. D'étendre aux frontières terrestres de l'Allemagne une procédure accélérée d'examen des demandes d'asile, active dans les aéroports depuis 1993, pour renvoyer plus vite les refusés au statut de réfugié. Angela Merkel est aussi critiquée depuis de semaines par les dirigeants bavarois de la CSU, aile droite de la coalition CDU-CSU, pour cette politique d'ouverture... « Face à des centaines de milliers de réfugiés, les Länder et les communes sont de plus en plus dépassés et le mécontentement de la population enfle. Une grogne essentiellement dirigée contre Angela Merkel : la crise historique des réfugiés devient la crise de son mandat… (Frankfurter Allgemeine Zeitung 19/10/15).

Malgré l'enthousiasme initial des foules, même si de très nombreux citoyens continuent à aider des réfugiés, les opposants se font entendre. Les manifestations, voire les attaques contre les centres d'accueil se multiplient. Plus de 400 délits contre ces centres depuis le début de l'année. Pegida (patriotes européens contre l’islamisation de l'Occident), chaque semaine ou presque depuis un an, réunit des milliers de personnes dans les rues de Dresde. Mais les points de manifestations sont nombreux, plus ou moins fournis, avec Pegida ou AfD ou des groupuscules d'extrême droite à : Göritz, Plauen, Sbnitz, Meissen, Postdam, Chemnitz, Erfurt, Wuppertal, Dortmund, Hamm. Toujours. contre la présence de trop nombreux immigrés, contre l'islamisation... Et aussi à l'étranger, notamment das les pays de l'Est : des manifestations, ont eu lieu aussi à Varsovie, à Prague, à Bratislava... pour s'opposer à la venue de migrants, des pétitions circulent pour demander la sortie de l'Union en Autriche, en République tchèque...

Les sondages en Europe sont défavorables. Quelle que soit leur valeur, ils sont écoutés par les politiques.
En moyenne, 56% des Européens ont des réticences à l'accueil de migrants, ce taux est de 81% en République tchèque, de 78% en Lettonie, de 77% en Slovaquie, de 70 % en Lituanie.

En Allemagne, 51 % des sondés ont peur des réfugiés et la popularité de la chancelière a chuté de 9 points à 54 % (niveau très enviable pour bien des chefs d’État et de gouvernement). La Frankfurter Algemeine Zeitung, le plus fort tirage de la presse allemande, dans un éditorial intitulé « L’Europe de l’Est a raison » a écrit que l'accueil des réfugiés constituait « une erreur de jugement sans précédent ».
Selon un sondage Ifop, 59 % des Français sont favorables à une limitation du nombre d'immigrés européens en France ; « immigrés européens », donc remise en cause des accords de Schengen.

Cette opposition a une traduction politique. En Allemagne, l'AfD, avec un discours contre les immigrants recueillerait aujourd’hui 7 % aux élections législatives. La candidate à la mairie de Cologne, favorable aux migrants, élue depuis maire, a été poignardée quelque jours avant son élection. En Italie, les intentions de vote en faveur du parti autonomiste du nord recueillerait 3 fois plus de voix qu'aux législatives de 2013, 2 fois plus qu'aux européennes de 2014. Aux élections régionales en Haute Autriche, le 27 septembre, le FPÖ a obtenu 30,4 % des voix (15,1 points de plus qu'en 2009), à Vienne, 33 % (plus 5 points) et le SPÖ 39,5 % (moins 5 points). En Suède, pour la première fois, le 20 août, un sondage met en tête avec 25 %, l'extrême droite, Démocrates de Suède, « pour une tolérance zéro vis à vis de l’immigration ». Aux Pays-Bas, un sondage, fin septembre, donne au Parti de la Liberté 25 sièges sur 150 à la Chambre des députés (+10) et 27 au parti libéral du premier ministre. Et en Suisse, la poussée de la droite populiste se confirme (Le Monde 19/10/15).

Angela Merkel résistera-t-elle jusqu'au bout, sans nouveau revirement un peu trop rapide. Comme dans les relations avec la Turquie ? « A quel prix se fera la coopération turque ? » (Frankfurter Allgemeine Zeitung 19/10/15).
C'est, en effet, la question à poser au moment où Angela Merkel semble lui faire de concessions discutables.

Et maintenant viennent les révisions indispensables.

Angela Merkel le dit sur tous les tons : « La question des migrants va nous occuper bien plus que la Grèce et la stabilité de l'euro »... « il y aura des conséquences, même si nous ne le souhaitons pas ». Elle a qualifié d'« obsolète » le système européen de demande d’asile et « plaide en faveur d’une nouvelle procédure » pour répartir avec « équité » les demandeurs d’asile entre pays européens.
Une politique d’asile commune devrait être la prochaine grande avancée de la construction européenne avec transfert de souveraineté. L'Union européenne ayant pour coutume d'avancer à l'occasion de crise, le moment est venu pour la politique migratoire commune. En quelques semaines, les choses ont bien changé, au moins en parole. Reste à voir comment elles vont évoluer.

Tout le monde semble d'accord pour condamner, aujourd'hui, le règlement de Dublin. Il est regrettable que les États, par absence de solidarité, ne se soient pas aperçus, plus tôt, par temps calme, qu'il était injuste.
L'Union européenne et les États européens n'ont pas bronché tant que la charge incombait aux États de « la ligne de front » : Espagne d'abord, puis Italie, Malte, Grèce et enfin Hongrie.

L'Espagne a été laissée seule quand les immigrants, vivants ou morts, arrivaient sur ses plages. Même les barrages de Ceuta et Melilla ont été discrètement tolérés.
L'Italie malgré Lampedusa et l'action « Mare Nostrum » qui a permis le sauvetage de 150 000 migrants et l'arrestation de 351 passeurs en 2014 n'intéressait personne. Cette action a même été arrêtée sous la pression allemande (Der Standard Autriche). Remplacée par « Triton », confiée à Frontex avec un triplement des sommes allouées pour protéger les frontières, cantonnant son action aux eaux territoriales alors que Mare nostrum s'approchait des côtes libyennes.
La Hongrie, un pays touché par un nombre importants de migrants, se déclare, incapable de gérer seule ces arrivées. Comme le fait remarquer Viktor Orban, ce n'est pas seulement une frontière de la Hongrie mais une frontière de l'Union européenne et plus particulièrement de l'Allemagne. La Hongrie construit une barrière de 175 km entre la Hongrie et la Serbie pour arrêter les migrants qui entrent illégalement dans l'espace européen. Elle annonce ensuite la construction d'une autre barrière le long de la frontière avec la Croatie, puis la Roumanie.
Cette fermeture physique des frontières est accompagnée de mesures législatives, une loi est votée en septembre au parlement hongrois, rendant le franchissement illégal de la frontière passible d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.
Qui a proposé de partager la charge de la Hongrie face à l'arrivée de ceux qui voulaient rejoindre l'Allemagne ? Seuls les « barrages de la honte » ont été dénoncés. Le régime de Viktor Orban, ses motivations, ses méthodes facilitaient largement les choses. Mais de janvier à juillet 2015, plus de 100 000 personnes sont arrivées en Hongrie d'après Frontex, 200 000 selon Laszlo Tracsanyi, ancien ambassadeur de la Hongrie à Paris et 170 000 demandes d'asile déposées (Figaro Vox 30/09/15 ) pour un pays de 10 millions d'habitants.
Il n'a pas été question alors de relocalisation, de répartition...

Les choses sont bien différentes quand 800 000 personnes arrivent dans un pays de 80 millions d'habitants. Pourtant, la proportion est la même. Et l'Allemagne est plus riche, elle peut mieux recevoir, elle est plus puissante aussi et donc capable de se faire mieux entendre... Dès lors la relocalisation, proposée par la Commission, rejetée jusque là, notamment par l'Allemagne, est maintenant prônée par celle-ci et acceptée par la plupart des États. A l'exception de quatre États de l'Est conduits par… la Hongrie.

Ce n'est pas la Hongrie qui a inventé les barrages aux frontières externes de l'Union. Il existe des barrages en Espagne depuis 1993 à Ceuta et Melilla. En 2012, la Grèce (4) érige une barrière longue de 18 kilomètres et haute de 3 mètres sur une partie de sa frontière terrestre avec la Turquie. En juillet 2014, la Bulgarie construit un mur de 3 mètres de haut avec des barbelés sur 30 kilomètres, le long de sa frontière avec la Turquie, mur en train d’être étendu à 130 nouveaux kilomètres sur les 259 que compte la frontière.

Que dire de la « double clôture » de 2 à 4 mètres de haut, clôture, non barrage, que, le 25 août 2015, la France et le Royaume-Uni ont décidé d'installer sur 3 kilomètres de long à Calais pour empêcher les migrants d’accéder au terminal d’Eurotunnel. Cela n'intéresse pas l'Union. Parce que c'est une double clôture, d'entrée et de sortie ? ?

Jusqu'ici Viktor Orban, malgré des lois qualifiées de liberticides, avait bénéficié du soutien de Berlin et de la solidarité du Parti populaire européen (5). Il est devenu le symbole du souverainisme xénophobe. Parce qu'il remet en cause les valeurs sur les quelles repose l'Union plus par ses déclarations que par ses barrières ? «Ce qui se passe maintenant est une invasion, nous sommes envahis ; […] la Hongrie et toute l’Europe sont en danger».

La relocalisation obligatoire d'urgence est désormais actée au niveau européen. Bien qu'elle aille à l'encontre de l’esprit du droit d’asile et du respect du choix du réfugié.
Actuellement, plus de la moitié des demandes ont été déposées pour l'Allemagne. Pour des raisons pas toujours discutables : mirage allemand, faible taux de chômage, politique d'intégration, spectaculaire réveil de la population, déclarations de Merkel, présence de parents ou connaissances...

La « relocalisation » doit être faite selon des critères, objectifs, quantifiables et pondérés : taille de la population, pondération de 40 %, PIB 40 %, demandes d’asile antérieures, 10 %, taux de chômage, 10 %. Cette relocalisation porte, pour le moment, sur 160 000 personnes, sera financée par le budget de l'Union avec 780 millions d'euros pour des États membres participants : 6 000 euros par personne accueillie.

Elle sera obligatoire pour tous les États, même pour ceux qui ont voté contre. Chacun aura un contingent ou... une « amende ». Obligatoire aussi pour les candidats au statut de réfugié qui seront donc « assignés à résidence » dans le pays qu'ils n'auront pas choisi obligatoirement, ce qui n'est pas la meilleure façon de favoriser l'intégration à laquelle chaque pays les destine. Accepteront-ils d'être relocalisés ailleurs que dans le pays qu'ils ont choisi et où ils sont arrivés ?

La Commission a proposé d'ajouter quelques pays à la liste commune des pays sûrs Albanie, Bosnie, ancienne république yougoslave de Macédoine, Serbie, Turquie pour faciliter le traitement des demandes des candidats de ces pays et leur rapatriement.

L'inscription de la Turquie sur la liste des pays sûrs n'est qu'un aspect de ses nouvelles relations avec l'Union européenne.
L’Union qui craint la dérive autoritaire et la gestion de la question kurde du président Erdogan, a désormais grand besoin de la Turquie pour gérer les flux migratoires. Elle est donc prête à faire des concessions, et à lui apporter un soutien électoral, en pleine campagne pour les élections législatives voulues par M. Erdogan, avec une relance de la guerre contre le Parti des travailleurs du Kurdistan, son orientation politique peu démocratique et les risques graves pour l'équilibre du pays. La Turquie, un pays sûr ? « Ce qui a été longtemps nié à la Turquie lors de son difficile chemin de démocratisation de ses institutions politiques, maintenant lui est accordé tandis que son système politique connaît une évidente, claire et préoccupante évolution autoritaire. Certes, après l’imprudente déclaration d’ouverture de l’Allemagne à tous les demandeurs d’asile, il fallait bien trouver un moyen d’en arrêter le flux auprès du principal pays de transit ». (Sole 24 Ore Italie 20/10/15)

La Turquie, devenue un pays sûr, relance la question de son adhésion à l'Union. Sur cette question, la chancelière semble varier autant que sur les frontières, suivant les circonstances : en 2009, elle soulignait que "la position commune" de Berlin et Paris était "un partenariat privilégié pour la Turquie, mais pas une adhésion pleine et entière" (Le Monde 21/05/09). Quatre ans plus tard, lors d'une visite en Turquie elle a « des entretiens politiques avec les dirigeants turcs qui attendent qu'elle confirme sa promesse, après celle exprimée par la France, de relancer le processus d'adhésion moribond de leur pays à l'Union européenne » (Le Parisien 25/02/13). Aujourd'hui, elle pense que le moment est venu de reprendre le processus et elle estime comme un progrès d'avoir lié la question des migrants à une relance du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union, officiellement ouvert en 2005 et aujourd’hui au point mort. (Le Monde 19/10/15)
Compte-t-elle sur la durée, interminable, des négociations et sur l'opposition, résolue, de certains États de l'Union européenne pour gagner à tout coup ? (3)

Le pays devenu sûr, l'adhésion à l'Union à nouveau sur la table, la Turquie réclame la suppression des visas pour ses ressortissants voyageant en Europe. De nombreux gouvernements européens se méfient d’une suppression des visas pour les 78 millions de Turcs. François Hollande a « insisté pour que, si libéralisation des visas il doit y avoir, avec la Turquie, ce soit sur des bases extrêmement précises et contrôlées ». Pour lui, cela ne soit pas se faire « dans n'importe quelles conditions, avec des visas qui pourraient être accordés à des individus dont on ne connaît pas l'identité. »

L'Union européenne et la Turquie se sont mises d'accord sur un plan d'action commun pour réduire le flux des réfugiés. En contrepartie à l'admission parmi les pays sûrs, Ankara devra mieux contrôler ses frontières.

La Turquie essaie aussi d'obtenir le soutien de l'Union à « la création d'une sone de sécurité et d'exclusion le long de la frontière syrienne », « une région à majorité kurde où la rébellion kurde est soutenue par les Occidentaux pour combattre l’État islamique » (La Croix 19/10/15).

Reste la question financière : la Commission prévoit 200 millions en 2015 et 300 millions en 2016 pour le Programme alimentaire mondial obligé de réduire les rations alimentaires. Il faut aussi prévoir une aide financière pour que la Turquie garde les réfugiés syriens sur son sol et les empêche d’affluer en Europe. La chancelière a notamment confirmé que l’Union envisageait de débloquer environ 3 milliards d’euro, mais ce fonds de soutien n'existe pas au niveau du budget européen. Il relèvera du budget des États (Le Monde.fr 16/10/15). Le président de la Commission a déjà appelé les États à honorer leurs promesses de plus de 2 milliards.
M.Erdogan, de son côté, « chiffre les dépenses engagées pour l'accueil des réfugiés à 6,7 milliards d'euros et estime qu'il n'a reçu jusqu'ici que 371 millions d'euros ».

Améliorer les conditions dans les camps contribue à fixer les réfugiés. Mais pour combien de temps ? Quel est leur devenir ? Vont ils obtenir l'asile en Turquie ? C'est peu probable. Encore moins au Liban et en Jordanie. Il ne faut pas attendre grand chose des pays arabes. Ni des États dont certains sont pourtant fortunés, ni de leur société civile qu'on a peu entendue jusque là.

En Europe ou ailleurs, les États vont-ils accepter les seuls demandeurs d'asile arrivés dans le pays ? Ou installer des antennes dans les camps pour distribuer des visas ? Vont-ils faire le tri des « bons » candidats et abandonner les autres ? Ou va-t-on installer des « hot spots » européens, formule élégante car anglicisée pour dire centre de tri, dans les camps qui géreront les demandes et les relocalisations ? Combien de personnes seront « exfiltrées » de ces camps et combien vont y rester ?

Comment Liban, Jordanie, Irak, Turquie vont-ils résoudre les problèmes posés par la présence de ces nombreux réfugiés dans des camps ? S'il est beaucoup question de la Turquie où les Syriens sont les plus nombreux, que va-t-il se passer en Irak, en Jordanie et surtout au Liban dont on parle beaucoup moins. Parce qu'ils ont moins d’atouts que la Turquie pour négocier. Jusqu'à « Daechisation » ou explosion ?

Les questions financières vont aussi se poser en Europe dans les pays d'accueil dont les budgets ne sont pas toujours aussi à l'aise que celui de l'Allemagne : financement des politiques européennes non budgétisées au niveau européen mais financement de l'accueil et de l'intégration des réfugiés installés sur leur territoire.

La Commission pourra allouer cette année 100 millions d'euros pour l'aide d'urgence aux États membres de l'Union confrontés aux arrivées de demandeurs. Une enveloppe de 600 millions d'euros est destinée aux agences européennes - Frontex, le bureau d'asile européen (EASO) et Europol - chargées d'aider les États à gérer les arrivées et surtout les retours.

La proposition de Pierre Moscovici, prendre en compte cette nouvelle charge pour les États dans le calcul des déficits publics de certains pays, a été vue à Berlin comme une nouvelle tentative de Paris de ne pas se soumettre à la discipline européenne. Pourtant, l'idée avance et Bruxelles pourrait considérer « la crise des réfugiés » comme une « circonstance exceptionnelle ». L'Italie, l'Autriche et l'Irlande ont officiellement demandé plus de marge de flexibilité dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance. La Commission serait ouverte à cette idée pour le budget 2016. Cela renforce la suggestion de la Commission, soutenue par certains États, d'accorder aux États plus de possibilités d'investissements publics. Sous l’œil réprobateur de Berlin et Helsinki.

Et voici que l'Allemagne pourrait accepter des conditions plus assouplies pour le programme grec prévu dans le « mémorandum ». En contrepartie, la Grèce devra accepter de conserver sur son territoire plus de réfugiés du Moyen-Orient (La Tribune 16/10/15). Ainsi, après avoir refusé toute concession durant la « crise grecque », l'Allemagne de Mamma Merkel cherche à décharger l'Union et particulièrement l'Allemagne d'un certain nombre de demandeurs d'asile potentiels. Ils seraient déjà 400 000 dans un pays de 11 millions d'habitants. Faut-il croire que ce n'est pas suffisant ?

L'intégration a un coût non négligeable. L'arrivée de nombreux immigrants du Proche-Orient inquiète : « Si nous faisons venir en Europe d'importants groupes de populations issues du Proche-Orient, nous y importerons les conflits et la haine qui règnent là-bas... » Même pour cette arrivée est dangereuse, rien ne sert de pleurer ou de regarder en arrière. Si l'on croit à ce danger et si l'on veut l'éviter, il faut s'en donner les moyens.

Pour l'OCDE, ces moyens doivent être importants, sur tout au début. La Frankfurter Allgemeine Zeitung (06/09/15) estime pour sa part, que, à court terme, l‘intégration de 1,5 million d'arrivants en 2015 devrait coûter à l'Allemagne 10 milliards d'euros, soit quatre fois plus que l'an dernier autour de 13.000 euros par personne. Sans conséquence sur le chômage pour les résidents. C'est un investissement d'avenir dans un pays qui manque de main d'œuvre et dont le taux de natalité est si faible. Du côté de l'économie, tous les feux sont au vert pour accueillir ces migrants en Allemagne.

L’Allemagne depuis 15 a choisi d'assimiler par la langue, le travail, la transmission des valeurs constitutionnelles et de l'héritage chrétien défini comme « le bien commun de touts les Allemands même si l'islam a sa place dans notre pays » et s'en donne les moyens : accès à la nationalité facilité, « cours d'intégration » avec apprentissage de la langue (600 heures par an contre 330 heures en France pour l’apprentissage de la langue), lutte contre la xénophobie et le racisme...
L'Allemagne a pris aussi des mesures pour faciliter les expulsions et accélérer l’examen des dossiers de demandeurs d’asile, en particulier ceux des Balkans qui, dans leur écrasante majorité, sont considérés comme des migrants économiques..

Tous les États n'ont pas les ressources financière de l'Allemagne pour mener leur politique, surtout dans le cadre d'une crise économique qui s'éternise. Certains économistes considèrent que si « les immigrants coûtent cher au début », à terme « c'est un investissement très rentable ». De plus, tout le monde a intérêt à la réussite d'une intégration économique plutôt qu'à la constitution de poches de pauvreté...

Cette intégration économique pourrait être facilitée par un respect moins stricts des critères européens qui pourraient aider au démarrage de la croissance.

La « crise des réfugiés » a mis en évidence la nécessité d'une gestion européenne des frontières. Une gestion intégrée avec création d'un corps de gardes frontières européens aux frontières extérieures a été entériné. La Commission préconise l'envoi d'équipes d'intervention rapides européennes, composées de gardes-frontières, de policiers, de juristes et d'interprètes, placées sous l'autorité de l'État demandeur, la constitution de corps de gardes-côtes et de gardes-frontières européens.

Bien entendu ces mesures supposent un partage de souveraineté. Mais toute la crise démontre la difficulté pour un État européen de répondre seul, dans l'urgence ou à long terme, aux questions posées. Même l'Allemagne a demandé à partager le fardeau. Il est possible que la difficulté soit trop grande pour que les États et les peuples acceptent d'être solidaires. Il n'est pas sûr que, pour les uns et les autres, l'éclatement soit la solutions.

L'aide au développement sera admise et oublié avec la même unanimité. Ce point, comme d'autres, réapparaîtront.
Que va faire réellement l'Union européenne pour régler la question syrienne ? Cela sera-t-il aussi long que pour la question palestinienne ? Les Syriens sont-ils condamnés à vivre dans des camps aussi longtemps que les Palestiniens ? L'Union financera-t-elle la Turquie, le Liban, la Jordanie pour qu'ils « partagent le fardeau », maintiennent et entretiennent ces camps ? Cela risque d'être pour eux, en dehors du coût financier, un risque nouveau de déstabilisation nationale.

Certains veulent voir dans la crise migratoire une de ces « crises nécessaires » pour faire avancer l'Union européenne. Ainsi les membres du Conseil ont voté à la majorité qualifiée pour empêcher quelques États de bloquer le fonctionnement des traités. Cet exemple sera-t-il suivi pour éviter les consensus paralysants sur d'autres sujets ?

La crise migratoire permettra-t-elle aux 19 pays concernés de répondre aux 40 procédures lancées par la Commission pour ne pas avoir encore « mis en conformité » leur législation avec la dernière directive européenne sur le droit d'asile. Parmi les 19 États figurent la Grèce, l'Italie et la Hongrie mais aussi l'Allemagne et la France.

Conclusion

1 – Lors de la « crise grecque » comme lors de la « crise migratoire », il a été évident que le pouvoir n'était ni fédéral (la Commission européenne), ni confédéral (le Conseil européen). C'est le pays le plus puissant qui commandait en la personne de Wolfgang Schaüble dans le premier cas, d'Angela Merkel dans le second. On a pu entendre le murmure de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. La vois de Federica Mogherini, Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (chef de la diplomatie européenne) était imperceptible. Les autres chefs d’État ou de gouvernement ont pu faire quelques commentaires ou s'incliner de bonne ou de mauvaise grâce.

2 – La question migratoire, comme les questions économiques et financières, ne peuvent avoir des règles nationales ou européennes sans être gérées de façon collective. Elles nécessitent une règle commune avec une gestion commune. Sous le contrôle d'un Parlement européen dont le rôle n'a sauté aux yeux de personne pendant ces crises.

3 – L'inadéquation de la politique de l'immigration de l'Union européenne, les désordres quelquefois créés par des États de l'Union européenne, l'absence de ligne définie quant à la place de la Turquie dans la politique étrangère de l'Union européenne l'ont rendu dépendante et complice d'une Turquie peu démocratique.

4 – L'Union européenne ne peut avoir une « ministre des affaires étrangères » sans politique extérieure commune alors que les actions des uns peuvent avoir des conséquences non négligeables pour les autres en l'absence de politique extérieure commune, encore plus dans l'environnement immédiat.

- Conséquences des interventions en Libye, en Syrie...

- Indécision dans l'adhésion de la Turquie qui la met en situation de force au moment le plus critique et fait accepter des exigences aberrantes.

5 – L'Union européenne, avec des structures peu démocratiques, bloquée en permanence par la nécessité de l'unanimité dans les décisions importantes, minée par la défense égoïste des États plus que des peuples, est incapable de définir une ligne politique, satisfaisante pour la majorité des Européens et compréhensible par tous.
Jusqu'à l'éclatement d'une crise où des solutions partielles, partiales sont prises dans l'urgence et dans l’incompréhension et fabriquent de nouvelles vagues de mécontents qui vont renforcer le repliement contre la solidarité.

Notes

1 - Cet espace comprend, en plus des 26 États membres (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Grèce, Espagne, Portugal, Autriche, Finlande, Suède, Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Bulgarie, Roumanie, Croatie), quatre États non membres — Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse — et trois micro-États européens — Monaco, Saint Marin, Vatican. Tous les États de l'Union, sauf deux — l'Irlande et le Royaume-Uni — doivent, à terme, mettre en œuvre l'acquis Schengen. À l'exception de la Bulgarie, de Chypre, de la Croatie et de la Roumanie, tous les autres États membres y participent déjà. L'espace Schengen englobe actuellement plus de 400 millions d'habitants sur une superficie de 4 312 099 km2.

2 – Ou bien le destituer après l'avoir soutenu. Lors du Troisième sommet Afrique-UE de 2010, Mouammar Kadhafi a accueilli les dirigeants de 80 pays africains et européens pour mettre en place partenariat Afrique-UE allant de 2011 à 2013 : emplois, investissements, croissance économique, paix, stabilité, migration, changement climatique. Tout était à l’ordre du jour. Sauf que Kadhafi a été déstabilisé par ses amis français et britanniques avant d'être tué. Et des dizaines de milliers de travailleurs originaires de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb contraints au retour au pays ou à un nouvel exil.

3 - En raison de l'opposition de plusieurs membres de l'UE dont Chypre et la France, seuls 14 chapitres de négociations sur un total de 35 ont été ouverts à ce jour et un seul a été clôturé. L'Allemagne est prête cette année à ouvrir le chapitre 17 et à préparer l'ouverture des chapitres 23 et 24. L'Allemagne était jusqu'à présent le dernier État membre à s'opposer à cette ouverture. Le Figaro 19/10/15

4 - L'Allemagne pourrait accepter des conditions plus assouplies pour le programme grec prévu dans le mémorandum. Mais en contrepartie, la Grèce devra accepter de conserver sur son territoire plus de réfugiés du Moyen-Orient (La Tribune 16/10/15). Ainsi, après avoir refusé toute concession durant la « crise grecque », l'Allemagne cherche à bloquer les demandeurs d'asile en Grèce. Ils y seraient 400 000 dans un pays de 11 millions d'habitants. Faut-il croire que ce n'est pas suffisant ?

5 - On peut parler d’inaction de l’UE. Celle-ci aurait dû mettre en œuvre l’article 7 du traité de l’Union, qui peut aboutir à la suspension du droit de vote d’un État membre. Et le PPE, groupe de partis conservateurs du Parlement européen auquel appartient le Fidesz, aurait dû exclure ce dernier. László Rajk, Libération 19/10/15

7 – Pour une lecture critique des décisions européennes : http://www.lacimade.org/nouvelles/5566--l-ments-de-d-cryptage-sur-les-r-centes-d-cisions-europ-ennes

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Published by Paul ORIOL - dans Europe Immigration
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