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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 09:47

Revue de presse n° 163 (Europe)

L'impact des perturbateurs endocriniens sur la santé a été évalué par une équipe de chercheurs à 157 milliards d'euros par an, 1,2 % du PIB de l'Union. Alter-éco avril 2015

Les Français plus gros consommateurs de médicaments en Europe (50 à 100 % de plus que nos voisins les plus proches). En Italie, le coût des médicaments (ville et hôpital) s'élève en 2013 à 18 milliards d'euros avec une TVA à 10 % contre 14 milliards en France avec TVA à 2,1 % : 85 % de plus en hors taxe et à population égale ! Politis 09/04/15

Bon élève de la troïka, une reprise en trompe l’œil... 128 000 Portugais ont quitté le pays en 2013, un nombre inégalé depuis les années 1960. Politis 09/04/15

Génocide arménien : « Il est temps de reconnaître que la Turquie ne peut intégrer l'UE et... que les raisons en sont profondément laïques et politiques. La Turquie se considère aujourd'hui comme une puissance régionale... pas prête à contenir ses aspirations et ses ambitions dans le cadre défini par les pays européens. Il faudra trouver un mode différent d'adhésion à l'UE. » Eurotopics Corriere della Sera, libéral-conservateur, Italie15/04/15

Le Parti conservateur britannique... propose de supprimer la loi sur les droits de l'Homme qui oblige les tribunaux britanniques à prendre en compte les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme. Euracriv 17/04/15

La CE est passée à l'offensive contre Google, suspecté d'abus de position dominante. Le géant s'est vu adresser une communication de griefs et pourrait être sanctionné d'une amende record de 6 milliards d'euros. Derrière ce contentieux, se cachent les questions du retard européen dans le numérique, de la protection des données personnelles ou encore de l'optimisation fiscale. Toute l'Europe 18/04/15

« La stratégie de l'Europe ne consiste pas à exclure la Grèce de la zone euro mais à pousser les Grecs à se débarrasser de Tsipras. S'ils ne le font pas, la zone euro pourra malgré tout décider de se défaire de la Grèce. » Eurotopics Club Z - Bulgarie 16/04/15

Classement des 10 premiers pays sur 69 dans l'Index de capacité d'innovation par Bloomberg (Recherche et développement, Industrie, Entreprises High-tec, Éducation, Chercheurs, Brevets) : 1 - Corée du Sud, 2 – Japon, 3 - Allemagne, 4 - Finlande, 5 - Israël, 6 – États-Unis 7 - Suède, 8 - Singapour, 9 - France, 10 - Royaume-Uni. http://www.bloomberg.com/graphics/2015-innovative-countries/

Le 20 avril, une délégation de rabbins d’Europe, composée pour moitié de représentants du Congrès juif russe, sera reçue par le pape François. Elle a l’intention de débattre de la façon dont ils pourraient, par des efforts conjoints, tenter de normaliser les relations entre la Russie et les pays occidentaux. Courrier de Russie 15/04/15

D'après un rapport de l’OCDE (Organisation de Coopération et Développement Economique), la part des dépenses publiques consacrée à l’éducation dans les pays de l’OCDE est, en moyenne, à 12,9% duPIB. Avec des différences importantes : Nouvelle-Zélande 21,6%, Mexique 20,5%, Brésil 19,2%, États-Unis 13,6%, France 10,2%, Japon 9,1% et Italie 8,6% ferment la marche. Slate.fr 18/04/15

« Les différences entre Vrais Finlandais (populistes), Parti de la coalition et sociaux-démocrates sont si infimes que ce n'est pas le score qui dictera la composition du gouvernement. Le, président du Parti du centre a déclaré que le programme électoral serait décisif. Les Vrais Finlandais sont entrés dans la cour des grands pour y rester. La politique finlandaise a atteint un nouvel état normal. Peut-être les autres grands partis lorgneront-ils désormais moins du côté des Vrais Finlandais et suivront leur propre agenda. Ils seront nombreux à se demander si l'heure est venue d'intégrer les Vrais Finlandais au gouvernement. » Eurotopics Helsingin Sanomat – Finlande 20/04/15


Les Européens semblent vouloir abandonner une de leurs principales armes de négociation, les deadlines, qui n’ont pas permis d’accélérer les choses. Mais, renoncer aux discussions pour boucler le 2ème plan d’aide et passer à la négociation de la mise en œuvre d’un 3ème s’annonce tout, sauf simple. Cela voudrait dire qu’Européens et Grecs devraient à la fois terminer la discussion sur le programme de réformes mais aussi discuter une renégociation de la dette grecque... Le Monde 21/04/15

L'ancien SS O. Gröning s'est déclaré moralement coupable à l'ouverture de son procès. Il est accusé de complicité de meurtre dans 300.000 cas, au camp d'extermination d'Auschwitz. L'aveu de cet homme de 93 ans est aussi important pour le travail de mémoire sur l'époque nazie que les monuments commémoratifs et les musées, estiment certains. D'autres pensent ce procès absurde, 70 ans après les faits. Eurotopics 22/04/15

22 000 migrants morts en tentant de gagner l'Europe depuis 2000, principalement en Méditerranée, soit 1 500/an. En 2014, plus de 75 % des migrants morts dans le monde ont péri en Méditerranée. 1 776 disparus depuis le 1er janvier 2015, sur les 36 390 arrivés par bateau dans le sud de l'Europe. 8 865 Syriens en Italie depuis le 1er janvier, première nationalité, suivent Érythrée, Somalie et Afghanistan (3 363 et 2 908). 150 000 personnes ont été secourues par l'opération Mare Nostrum entre octobre 2013 et octobre 2014, soit plus de 400 personnes par jour en moyenne et 351 passeurs ont été arrêtés.

[Capture d'écran du Monde. L'opération européenne Triton a succédé à l'opération italienne Mare Nostrum.

« Il faut une opération Mare Nostrum européenne. » (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés). Gérée par Frontex, l’agence de protection des frontières, Triton n’a pas pour priorité de sauver les migrants mais de surveiller les frontières. « Frontex est accusée d’empêcher les migrants d’arriver sur le territoire européen en les interceptant et en les refoulant, afin qu’ils ne soient pas soumis au droit d’asile, imposé à tous les membres de l’UE », explique C. Rodier, juriste [du Gisti] et cofondatrice du réseau Migreurop. Les ONG sont d’autant plus remontées qu’elles contestent l’argument de l’appel d’air, régulièrement avancé par les pays européens – dont l’Allemagne et la France – selon laquelle le sauvetage des migrants en haute mer encouragerait les traversées clandestines et profiterait aux passeurs. En effet, le nombre des candidats à l’exil n’aurait pas diminué depuis la fin de l’opération Mare Nostrum. Le Monde 23/04/15.

Les chefs d’État et de gouvernement devraient lancer les «préparatifs pour une possible opération de sécurité et de défense», autrement dit une opération militaire. Ce serait une première dans la lutte contre l’immigration clandestine. «Ce ne sera pas une guerre, mais des actions ciblées».
Le plan soumis aux dirigeants européens prévoit de doubler de 3 à 6 millions d’euros le budget mensuel de Frontex, l’agence chargée de la surveillances des frontières. Il propose aux États d’accueillir au moins 5 000 personnes ayant obtenu le statut de réfugiés, dans le cadre d’un projet de réinstallation. Libération 23/04/15


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Les citoyens insatisfaits des politiques ne votent pas. Par le vote obligatoire, Bartolone pense-t-il réenchanter la politique ? 15/04/15

Les instituts de sondage paient les sondés pour participer. Au lieu de rendre le vote obligatoire, Bartolone payant les votants. Succès assuré ! 19/04/156

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Published by Paul ORIOL - dans Revue de Presse
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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 04:56
L'Homme aux mains des sciences biologiques ?

Dans la préface de l'édition du Meilleur des mondes, en 1946 (1), Aldous Huxley critiquait les prévisions contenues dans son livre lors de sa parution en 1932. Au vu de la situation actuelle, 70 ans plus tard, le Meilleur des mondes publié en 1932 semble plus proche des préoccupations d'aujourd'hui que de la préface de 1946.

L'énergie atomique que Aldous Huxley pensait avoir négligée à tort, comme futur moyen de motorisation des transports, fusées, hélicoptères... risque fort de ne pas être utilisée pour cela avant longtemps. Il est vrai que nous ne sommes pas encore au « septième siècle de Notre Ford ». Cette surestimation, en 1946, du nucléaire comme banale source d'énergie est probablement due à la démonstration de puissance de Hiroshima.

Ni en 1932, ni en 1946, Aldous Huxley n'a imaginé l'importance du numérique qui a envahi toutes les activités humaines, changeant l'organisation de la société, de la recherche, de la production, de la commercialisation, des communications... Au point que les robots et l'intelligence artificielle, couplés ou non aux sciences biologiques, font naître le même type d'inquiétude chez les cyberanthropologues (2) que les sciences biologiques chez Huxley..
Il n'est pas plus question de l'épuisement des réserves de matières premières, il y a peu, principale objection à la croissance infinie, ou des conséquences des activités humaines sur le réchauffement climatique qui préoccupe davantage le monde d'aujourd'hui.

C'est le risque de mise en servitude de l'être humain qui intéresse Huxley : « A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s’accroître en compensation. Et le dictateur… fera bien d'encourager cette liberté-là. Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l'influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier les sujets avec la servitude qui sera leur sort ». Huxley cite la radio et non la télévision, pourtant présente dans le Meilleur des mondes. Peut-être un souvenir du génial Orson Welles qui, avec son émission La Guerre des mondes, en 1938, aurait causé la panique aux États-Unis. Radio, télévision, cela ne change rien à son propos.

Car, pour Aldous Huxley :« Le thème du 'Meilleur des mondes' n'est pas le progrès scientifique en tant que tel ; c'est le progrès de la science en tant qu'il affecte les individus humains. » Autrement dit, les sciences et techniques biologiques qui permettent de manipuler le vivant.

Cette question est-elle d’actualité ?


L'existence d'une Commission Nationale de Santé Publique et de Bioéthique et ses travaux, les lois adoptées ou en discussion ces dernières années sur la Procréation médicalement assistée (PMA), la Gestion pour autrui (GPA), la fin de vie, les soins palliatifs, les prélèvements d'organes... montrent que la période de l'utopie ou de la dystopie (contre-utopie) est dépassée et qu'il s'agit d'une réflexion sur notre présent et notre avenir proche.

Grâce à la science, les hommes, du moins ceux qui profitent de ses bienfaits, bénéficient d'un bien-être inconnu jusque là. Mais, à chaque pas, la querelle renaît entre les anciens et les modernes. Adversaires et partisans du progrès. Peu à peu, le nouveau devient la norme. Les découvertes sont intégrées et le progrès scientifique est accepté par tous, devenu synonyme de bien-être social pour le plus grand nombre.

Cette peur classique de la science a pris un cours nouveau, plus argumenté. Enrichie par la réflexion écologique et la prise conscience de l’impossible croissance infinie dans un monde fini. Même si l'épuisement des réserves, maintes fois annoncé, courbe et pic de Hubert, est toujours repoussé par la découverte de ressources ou de techniques nouvelles. Plus récemment, le changement climatique est venu s’ajouter à l'épuisement des ressources, pour peser sur l'avenir de la l'homme sur la planète.

L'Homme aux mains des sciences biologiques ?

Tout cela n'empêche pas les multinationales de continuer leurs activités et de préparer leur avenir par des investissements pour prospérer avec le traitement des dégâts qu'elles ont créés et les énergies renouvelables qui remplaceront les énergies extractives en cas d'épuisement ou de rejet. En attendant la prochaine crise qu'elles entraîneront.

S'il y a une prise de conscience généralisée des risques écologiques, elle est bien moindre face au développement des sciences du vivant malgré les alertes (3), les refus de personnalités ou associations sur certains points (4) et les traditionnels partisans des médecines douces ou ceux qui, depuis toujours, s'opposent à tout changement de la société au nom des textes sacrés... Mais il n'y a pas de grand mouvement d’opposition au Meilleur des mondes annoncé.

Pourtant, les progrès des sciences médicales et biologiques posent des questions différentes des questions écologiques et graves. Il ne s'agit plus, simplement, d'épuisement des ressources naturelles ou de conséquences des activités humaines sur la nature, questions que les optimistes peuvent espérer résoudre par de nouveaux progrès. Mais de la manipulation du vivant. De fabriquer et de façonner un homme nouveau, toujours plus conforme aux attentes de chacun et de tous. Que le progrès scientifique favorisera.

Il n'est plus question, seulement, d'améliorer les conditions économiques et sociales pour permettre l'épanouissement des hommes, de tous les hommes. Ni d'imposer, par un eugénisme totalitaire, négatif, l'élimination des hommes inférieurs et la sélection de la race (aryenne, blanche) supposée supérieure à toutes les autres conformément à une idéologie totalitaire.

Mais par la sélection et des modifications génétiques d'arriver à la production et à la reproduction d'êtres humains parfaits avec, à son insu de son plein gré, un consentement populaire comme toujours dans les sociétés démocratiques habilement manipulées par les dominants.

Cette explosion des possibilités des techniques biologiques amène à se poser, de façon pratique aujourd'hui, la question : Qu'est ce que la personne humaine ? Un amas de cellules, d'organes dont l'agencement n'est guère différent d'une machine un peu compliquée. Dont on peut changer les pièces (don d’organes, prothèse artificielle). Augmenter (clonage), standardiser (sélection) la production. Améliorer les performances (manipulations génétiques) ?

Pour l'homme de la rue, pour l'honnête homme, la science a apporté des bienfaits indiscutables à l'humanité. Le recul des maladies endémiques, l'augmentation de l'espérance de vie, la croissance démographique confortent cette opinion. Mais pointe ce que Ivan Illich annonçait : le développement d'un outil entraîne des améliorations pour l'homme mais son développement extrême peut être contre-productif, priver l'être humain de son autonomie, de son savoir-faire, lui dicter ses besoins et, au lieu de le libérer, l'enchaîner au corps social.

De la lutte contre la stérilité...

La stérilité touche un couple sur sept dans le monde : en augmentation du fait de l’utilisation de plus en plus importante de nombreux polluants : pesticides, vernis, perturbateurs endocriniens, hormones... Et aussi de l'âge plus tardif de la première grossesse.

L'Homme aux mains des sciences biologiques ?

Traditionnellement, la réponse à la stérilité des couples était la résignation ou l'adoption.
L'adoption n'est pas un traitement de la stérilité. Elle permet cependant à des couples de construire une famille. Comme le dit Pagnol : « Hé alors qui c’est le père ? Celui qui donne la vie ou celui qui paie les biberons ? ». L'adoption se fait au double bénéfice des parents et de l'enfant. Et les enfants à adopter ne manquent pas, même si les démarches sont difficiles.

La résignation n'est pas satisfaisante, surtout pour l'homme moderne. Aujourd'hui, il est possible d'avoir son enfant, génétique ou non, grâce à des techniques qui font naître un nouveau besoin : le droit à l'enfant. Sur commande. Avec ou sans lien génétique. Et bientôt, le droit à l'enfant choisi, amélioré, parfait.

L'Homme aux mains des sciences biologiques ?

Dans ce monde très inégal, parents potentiels et enfants sont nombreux dans la souffrance. Devant ce besoin, cette volonté de créer une famille, d'avoir un enfant, les enfants adoptables ou les enfants à venir n'ont pas la possibilité de s'exprimer.

Longtemps en France, l'accouchement sous X a été admis. Plus récemment, il a été remis en question pour préserver le droit de l'enfant à connaître son origine. Avec le don ou l'achat, anonymes, de gamètes, que devient ce droit ?

En cas de stérilité, deux possibilités, imparfaites, existent. Fascination scientifique ? Fantasme de paternité, de maternité ? D'enfant parfait ? Choix égoïste, intime des futurs parents ? La balance semble pencher vers la procréation, quelle qu'en soit la modalité, avec lien génétique ou non. De plus, les difficultés juridiques et sociales constituent un obstacle qui détourne bien des couples de l'adoption.

Les merveilles conjuguées de l'ingénierie du droit, de la science et du commerce semblent plus mobilisées pour faciliter la procréation que l'adoption.

L'Homme aux mains des sciences biologiques ?

Les merveilles conjuguées de l'ingénierie du droit, de la science et du commerce semblent plus mobilisées pour faciliter la procréation que l'adoption.

Autour de la GPA, de la PPA, existe déjà un marché international : aux États-Unis, environ 25 000 enfants seraient nés par GPA, avec, dans de nombreux États, rémunération de la mère porteuse. En Inde, le seul marché des mères porteuses atteindrait le chiffre d'affaires d'un milliard d'euros ! La première entreprise mondiale du marché exporte des spermatozoïdes dans plus de 70 pays...

Les femmes ont conquis, par la lutte, la libre disposition de leur corps : liberté sexuelle, contraception, avortement. Pourquoi ne peuvent-elles pas disposer de leur ventre, de leur utérus ? Porter des enfants pour une autre femme ? Par altruisme ou avec rémunération ? Alors que hommes et femmes peuvent librement louer leurs bras, leur intelligence...

Mais peut-on s'abstraire, au nom de la liberté des conditions internationales du marché ? En Inde, la mère porteuse (pour des raisons financières), est souvent logée, collectivement, en clinique pendant la grossesse, sa nourriture, ses déplacements surveillés... par les médecins et les clients, obligée parfois de s'occuper et d'allaiter quelque temps le bébé..
Peut-on s’indigner des conditions de travail des ouvrières du textile au Bangladesh et fermer les yeux sur les ateliers de fabrication des enfants en Inde ?

La liberté absolue et les possibilités techniques de la PMA peuvent conduire à des situations étonnantes comme celles récemment annoncées dans la presse.
A 65 ans, une Allemande, mère de treize enfants et sept fois grand-mère, est à nouveau enceinte de quadruplés ! Une Anglaise de 46 ans a accepté d'être la mère porteuse d'un enfant conçu par FIV pour son fils homosexuel de 24 ans. Elle est, à la fois, la mère porteuse et la grand-mère de cet enfant ! Son fils en est biologique et aussi son demi-frère (même mère). Il vient d'être autorisé à adopter cet enfant par un tribunal britannique !!

Dans la volonté de lutter contre les inégalités, certain(e)s féministes en arrivent à nier les différences : « le but final de la révolution féministe doit être, non seulement l'élimination du privilège masculin mais l'abolition de la distinction entre les sexes elle-même ». Pour en arriver là, reste à mettre au point le chaînon manquant entre fivète et couveuse, l'utérus artificiel prévu par Aldous Huxley pour parfaire l'ectogenèse, la reproduction artificielle de l’être humain (3).
En attendant de supprimer la différence physiologique, il est possible d'envisager l'utilisation du marché ! « Libérées de cette horreur qu'est la maternité, les femmes pourraient se consacrer corps et âme à leur carrière en sous-traitant leur grossesse à des femmes dont le métier serait d'enfanter pour les autres » (Marcella Jacub Magazine Libération 12-13/01/13). Féminisme ? Exploitation de classe ?

pour l'enfant parfait...

En France, le diagnostic prénatal de la trisomie 21, suivi d'un avortement dans 96 % des cas, a pratiquement permis sa disparition. Ailleurs, il permet, toujours par diagnostic prénatal suivi d'un avortement, d'éliminer la naissance de filles non désirées... Premiers pas vers un eugénisme socialement accepté.

Avec la fécondation in vitro et le diagnostic préimplantatoire (DPI), il est permis de sélectionner parmi les embryons le plus performant. L'étape suivante est le séquençage de l'ADN qui permettrait de connaître les caractéristiques génétiques du futur bébé .

Cette élimination des trisomiques est une forme d'eugénisme socialement admise par 96 % des parents confrontés au problème. Demain, d'autres affections pourront être décelées. Pendant la grossesse ou avant implantation de l'embryon. Donnant le choix d(interrompre la grossesse ou d'éliminer l'embryon. En fonction de quels critères choisis par qui ? Acceptables par qui ? Où se situera la limite admise de cet eugénisme ?

L'Homme aux mains des sciences biologiques ?

Le Conseil d’État avance à pas feutrés : « l'eugénisme peut être désigné comme l'ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l'espèce humaine. Il peut être le fruit d'une politique délibérément menée par un État et contraire à la dignité humaine. Il peut aussi être le résultat collectif d'une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de 'l'enfant parfait' ou du moins indemne de nombreuses affections ».

Pour le Conseil d’État, seul l'eugénisme d’État, autoritaire, est condamnable comme atteinte à la liberté et à la dignité. Non l'eugénisme consensuel qui pourrait être décidé, démocratiquement, pour empêcher la naissance de telle ou telle catégorie d'enfants.
En dehors de l'Allemagne nazie, stigmatisée pour son eugénisme, surtout pour son eugénisme dictatorial, des pratiques eugénistes ont existé dans des pays démocratiques.
Aux États-Unis, les criminels récidivistes, les violeurs, divers types de malades et parfois les alcooliques et les toxicomanes étaient visés par des lois de stérilisation dans 33 États en 1950, pratiquée dans l'état de Virginie jusqu'en 1972. La Suède avait un programme eugéniste de 1936 à 1976 : près de 63 000 personnes auraient été stérilisées durant cette période.

La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne adoptée en 2000, interdit les pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes (Art. 3). Mais est-elle respectée ?

Avec la DPI et des possibilités de détection plus étendues (maladies héréditaires, infirmités, caractéristiques physiques, intellectuelles), on pourra tester plusieurs embryons et choisir celui qui seul sera implanté. Le meilleur ? A quel prix ?

Au nom de la liberté, l'eugénisme dit libéral est déjà accepté implicitement par le Conseil d’État. Et par la société française concernant la trisomie 21. Qu'en sera-t-il demain pour d'autres affections, d'autres caractéristiques ? Quelles affections ? Quelles caractéristiques ? Qui en décidera ? Pour le Conseil d’État, « une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents ». Que se passera-t-il pour les parents qui ne voudront pas « converger » et des enfants qui naîtront ?

La mondialisation n'est pas seulement économique et sociale. Elle est aussi scientifique et sociétale. Les débats, la législation ne pourront se limiter à la seule sphère nationale.
Les progrès scientifiques et techniques ouvrent de multiples possibilités qui posent des questions aux valeurs communément admises dans les sociétés démocratiques. Il est évident que la liberté individuelle absolue entre en contradiction, à certains moments, avec d'autres valeurs et que la société devra trouver un compromis, probablement insatisfaisant pour tous.

La loi reconnaît déjà les effets d'une gestation pour autrui pratiquée à l'étranger alors qu'elle est interdite en France. D'autres questions se poseront demain, il sera nécessaire pour y répondre de prévoir une législation nationale mais aussi et, peut-être, surtout des conventions internationales. Sauf à abandonner tout aux forces du marché.

1 - Le Meilleur des mondes de Aldous Huxley - Editions Stock

2 - Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ? Pierre Haski, Tue89, 11/04/15

3- La Reproduction Artificielle de l'Humain de Alexis Escudero - Le Monde à l'envers 2014. De nombreuses informations de cet article sont tirées de ce livre qui en contient bien d'autres.

4 – GPA : abolissons le trafic des mères Libération 24 mars 2015

NB : Les illustrations sont des photographies de peintures ou affiches murales prises dans le vingtième arrondissement de Paris

L'Homme aux mains des sciences biologiques ?
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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 10:37

Mystères de la procréation d'hier et d'aujourd'hui

Hier ? Marie, mère porteuse de Jésus ?

Aujourd'hui ? Je m'appelle Miles, né de mère inconnue, je suis le fils de mon frère, âgé de 24 ans à ma naissance, de ma grand mère, 46 ans à ma naissance, et de mon grand père. Qui suis-je ? Œdipe y-es-tu ? Où te caches-tu ?

Définitions

Procréation médicale assistée ou Assistance médicale à la procréation (PMA-AMP) :

ensemble de pratiques cliniques et biologiques où la médecine intervient plus ou moins directement dans la procréation.

- Moyens « classiques » de lutte contre la stérilité.
1 Détection de la période favorable : surveillance hormonale (le plus souvent par test urinaire) pour détecter l'imminence de l'ovulation et le moment de fécondité maximale.

2 Ovulation provoquée : stimulation hormonale par injection d'hormone (par exemple HCG) pour obtenir une ovulation de meilleure qualité à un moment connu.

- Techniques de PMA proprement dites.

  1. Insémination artificielle : injection artificielle de sperme au moment de l'ovulation détectée par tests urinaires.

    • avec sperme frais : pratiquée à la maison par les femmes désirant être enceintes sans avoir de rapport sexuel avec le géniteur.
      Don de sperme informel pour un couple hétérosexuel dont l'homme souffre d'infertilité ou pour un couple lesbien ou femme célibataire.

    • avec sperme préparé : fréquemment pour couples dont l'infertilité n'est pas monocausale (cas général) ou est inexpliquée. En première intention car moins contraignante pour la femme qu'une FIV.

    • avec sperme congelé : généralement dans le don de sperme ou plus rarement pour préserver le sperme d'un homme qui doit subir un traitement mettant en jeu sa fécondité.

  2. Fécondation invitro

    • FIV classique : après stimulation ovarienne, prélèvement d'ovocytes par ponction par voie vaginale ou par coelioscopie. Les ovocytes sont mis en présence de spermatozoïdes. Fécondés, ils sont cultivés (2 à 6 jours) et un ou deux implantés dans l'utérus (transfert).

    • Injection directe, intracytoplasmique, d'un spermatozoïde dans un ovule.

  3. Transfert d'embryon congelé : embryons surnuméraires décongelés et transférés dans l'utérus.

  4. Congélation d'ovaires : Avant un traitement potentiellement stérilisant des échantillons d'ovaires sont prélevés.

  5. Les dons d'ovule, de sperme, d'embryon,

Gestation pour autrui (GPA) :

la mère porteuse ou la gestatrice, porte l'enfant pour une personne ou un couple qui a fourni l'embryon. Elle prend en charge le développement utérin de l'embryon sans fournir de contribution génétique, c-à-d. un ovule, et remet, à sa naissance, l'enfant à la personne ou au couple commanditaire.

1 - Indications médicales de la GPA : absence d'utérus, par ablation chirurgicale ou dans le cadre d'un syndrome de Rokitansky (absence congénitale partielle ou totale du vagin et de l'utérus avec ovaires fonctionnels). Qui touche environ une jeune fille sur 4500 ou utérus endommagé par des cicatrices (suite de curetage), léiomyome ou enfants de mère traitée au Distilbène pendant la grossesse.

Remarque : en France, la GPA étant interdite. En cas d'utérus absent ou endommagé, l'adoption est la seule façon de créer une famille

2 - Les célibataires ou couples homosexuels masculins qui veulent un enfant, peuvent utiliser GPA et fécondation in vitro (FIV, Fivète) avec don d'ovule par une donneuse anonyme ou la mère porteuse. Si les spermatozoïdes viennent de l'un des membres du couple, il est le père génétique, l'autre, parent social, ne possède aucune autorité légale, aucun droit sur l'enfant.
3 - Les femmes célibataires ou les couples homosexuels féminins peuvent utiliser les banques de spermatozoïdes. Il ne s'agit pas alors de GPA.

4 – Procréation pour autrui (PPA) : embryon obtenu par FIV avec don de gamètes (spermatozoïdes, ovule) implanté dans l'utérus de la mère porteuse.

5 - Le « bébé à 3 ADN » : quand une femme a des ovules avec ADN des mitochondries du cytoplasme susceptibles de transmettre une grave pathologie, il est possible de transférer le noyau (ADN nucléaire) de son ovule dans celui d’une autre femme aux mitochondries normales. L'enfant a, alors, trois parents génétiques (ADN du père et de deux femmes).

Dons de gamètes France

- Pour les spermatozoïdes, les besoins sont couverts avec 235 donneurs en 2012. Un seul donneur permet au maximum - c’est la loi - dix grossesses .
- La collecte des ovocytes est plus difficile. La femme n'en produit qu'un par cycle. Par stimulation ovarienne, on peut en obtenir une dizaine. C'est un protocole lourd, d’où une pénurie d'ovocytes : 422 femmes en 2012 ont permis 164 naissances. Des couples (2 110 ) sont officiellement en attente pendant trois ou quatre ans.
- Don relationnel : la femme en attente d’ovocyte trouve dans son entourage une donneuse non pour elle-même, ce qui est interdit, mais pour une autre femme en attente. Ceci réduit les délais à 12-18mois mais ne suffit pas à couvrir la demande.
- Les dons de gamète ne peuvent donner lieu à aucune transaction. Pour les ovules, les examens, les frais de garde des enfants, les interruptions de travail sont pris en charge.
- Du fait de la pénurie d'ovocyte, de nombreux couples vont à l’étranger (Espagne, Belgique...) où la rémunération est autorisée et où il n'y a pas de pénurie d’ovocytes,.

- Donneurs de bonheur, Les plus beaux cadeaux ne sont pas forcément les plus gros. En décembre 2014, l’Agence de biomédecine a lancé une campagne de 4 ans pour le don d'ovocytes et de spermatozoïdes. Elle cherche 900 femmes-donneuses de 18 à 37 ans. Chacune peut permettre, légalement, 2 grossesses maximum.

Gestation pour autrui sur internet

De nombreuses informations de cette présentation ont été recueillies sur internet et notamment sur Wikipedia.
Sur internet, à la demande « Gestation pour autrui », 3 ou 4 réponses sur les 5 premières étaient commerciales les 20/02/15 et 18/03/15, Wikipedia est toujours en 5ème position. Deux facteurs peuvent jouer dans ce classement : les recherches des internautes et la publicité payée par les sites commerciaux.

Aperçu de législations dans quelques pays

Union Européenne

- GPA Interdite :

Allemagne (ne reconnaît pas la parentalité acquise par GPA à l'étranger.), Autriche (la reconnaît), Bulgarie, Croatie, Espagne (depuis 2010 possibilité d'inscrire à l'état civil les enfants nés à l'étranger par GPA), France, Italie, Malte, Portugal, Suède (le conseil d'éthique médicale s'est prononcé pour la légalisation de la GPA dite altruiste).

- GPA Non interdite :

Belgique, Danemark, Estonie, Finlande, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tchéquie.

- GPA Autorisée

- Royaume-Uni (1985) : remise de l'enfant actée par une décision de justice, aucune rémunération, compensations pour dépenses liées à la grossesse.
En 1990, la loi crée un organisme pour réguler les activités de FIV, d'insémination artificielle, de stockage de sperme et d'embryons et de recherche sur l'embryon humain. Cet organisme informe et conseille le public.
Une agence, à but non lucratif, met en relation gestatrice et parents commanditaires. Toute publicité est interdite.

- Grèce (2002, 2005): les parents demandeurs doivent apporter la preuve de leur incapacité à procréer. La gestatrice doit être autorisée par le tribunal qui vérifie l'absence de rémunération, autre que le remboursement des frais médicaux et l'indemnisation du manque à gagner (plafonné à 10.000 euros).
- Roumanie, autorisée depuis 2004.

- Remarques : 1 - Les échecs de la PMA augmentent avec l'âge.
La majorité des États de l'UE imposent une limite d'âge : 40 ans en la Finlande et aux Pays-Bas, 43 en Slovénie, Luxembourg, 45 en Belgique, Bulgarie, Danemark, Irlande, 50 en Grèce et en Estonie.
Allemagne, Espagne, France, Portugal, Royaume-Uni, République tchèque, Suède parlent « d’âge naturel de reproduction ».
Pas de limite en Autriche, Chypre, Hongrie, Italie, Lettonie,Lituanie, Malte, Pologne, Roumanie, Slovaquie.
2 - Pas de prise en charge financière dans 8 États de l’UE : Chypre, Estonie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Roumanie.
En France, la SS la rembourse (coût entre 3 000 et 5 000 € ) pour les femmes de moins de 43 ans, jusqu’à la 4ième tentative.
Depuis 2004, le nombre de naissances par PMA a fortement chuté en Allemagne par restriction de la prise en charge financière.

Hors de l'UE

– Autorisation avec encadrement législatif : Afrique du Sud, Argentine, Australie (selon les États), Brésil, Canada, États-Unis, Géorgie, Inde, Iran, Israël, Russie, Thaïlande, Ukraine.
Suisse interdit la GPA, punit le praticien, non la mère porteuse qui reste la mère légale de l'enfant.

Situation dans quelques pays

États-Unis : environ 25 000 enfants nés par GPA aux États-Unis, 2000 par an. New-York, Arkansas, Californie, Floride, Illinois, Nevada, New Hampshire, New Jersey, Oregon, Texas, Utah, Virginie, Washington permettent la rémunération de la mère porteuse (20 000 euros environ).

Contrat établi par les avocats des 2 parties. La mère porteuse et son conjoint doivent se soumettre au dépistage du sida et de l'hépatite C. Souvent, elle « doit s'abstenir de toute activité sexuelle avec une autre personne que son mari ou son partenaire désigné ». Une totale abstinence peut être exigée au dernier trimestre pour limiter les risques de prématurité.
Ce document est un simple accord, il n'est pas opposable devant un tribunal.
La gestatrice accepte tous les risques liés au transfert des embryons, à la grossesse et à la naissance, ne peut rien réclamer pour une maladie, un handicap, la mort...
Les agences exigent la souscription d'une assurance pour les frais d'hôpital en cas de complications et d'une assurance-vie au profit des enfants de la mère porteuse.

Inde : La mère porteuse est recrutée selon des critères d'âge, d’obéissance. Elle doit avoir le consentement de son époux, signer un contrat. Souvent logée, collectivement, par la clinique pendant 9 mois, elle doit se soumettre aux règles imposées par les médecins et le couple commanditaire pour sa nourriture, ses déplacements, les visites de ses enfants. Elle doit allaiter le bébé et s'en occuper les premières semaines suivant la demande.
En 2008, un couple japonais divorce, pendant la gestation. Mère porteuse et mère génétique refusent l'enfant. La grand-mère paternelle génétique a récupéré l'enfant.

Législation en France

Maternité pour autrui (GPA et PPA) interdite (Cassation 1991).
Pour le Code civil « Toute convention portant sur la gestation pour le compte d'autrui est nulle » (art. 16-7). Le Code pénal sanctionne la provocation à l’abandon d’enfant, l’entremise en vue de l’adoption ou de la GPA (art. 227-12) et l’atteinte à l’état civil d’un enfant ou simulation d'enfant, un accouchement qui n’a pas eu lieu ((art. 227-13)).
Un groupe de travail du Sénat s'est prononcé en 2008 pour la GPA seulement en cas d'infertilité sous certaines conditions. Et l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques s'y est opposé. Le Conseil d’État a préconisé, en 2009, le maintien de l'interdiction.

GPA à l'étranger des Français

Chaque année, 200 bébés par GPA entrent en France, venant surtout des États-Unis, du Canada et aussi d'Inde, d'Ukraine, de Grèce. Les parents sont des homosexuels ou des couples dont la femme ne peut porter d'enfant.
Depuis 2002, les tribunaux sont saisis de demandes de transcription à l'état civil des actes de naissance de ces enfants. La Cour d'appel de Paris a accepté, en 2007, dans l'« intérêt supérieur de l'enfant », décision cassée par la Cour de cassation qui, en 2011, a refusé de reconnaître la filiation d'un enfant né par GPA. En 2013, la « circulaire Taubira » a demandé de délivrer un certificat de nationalité française aux enfants nés à l'étranger par GPA en appliquant la loi : Est français à la naissance, tout enfant né d'au moins un parent français.
Pour la Commission européenne des droits de l'homme (26/06/14), « interdire totalement l'établissement du lien de filiation entre un père et ses enfants biologiques nés d'une GPA à l'étranger » est « contraire » à la Convention européenne des droits de l'homme. La France n'a pas contesté, la décision qui est donc définitive.
Plus récemment, la cour d'appel d'Aix a validé l'adoption par l'épouse de la mère, d'un enfant né par PMA (par insémination artificielle avec donneur anonyme) à l'étranger. Certains regrettent la reconnaissance de « la fabrication d'enfant sans père ».

Incohérence : La France ne peut interdire la GPA dans les autres pays, ni interdire aux Français de s'y rendre ! Cela a conduit à reconnaître les effets d'une GPA faite à l'étranger et interdite ici !

Arguments POUR la GPA

Les adultes ont le droit de s’engager dans un accord librement consenti qui ne nuit pas à des tiers.
La femme a conquis la libre disposition de son corps : liberté sexuelle, contraception, avortement. Il doit pouvoir décider si elle veut porter un enfant pour une autre.

Certaines femmes sont prêtes à être mères-porteuses par altruisme : sœur, belle sœur, parfois la propre mère peut-être par culpabilité. C'est un acte de solidarité humaine, féminine. Cela ne prive la femme porteuse de rien alors que le don d'ovule...

Les hommes, les femmes peuvent louer librement leur bras , leur intelligence, leur savoir-faire. Pourquoi les ne pas louer son utérus ? Pour une procréation.

Cela touche-t-il les intérêts de l'enfant ? Ces enfants fortement désirés, ils ont une famille comme les autres. Leur intérêt est d’abord et surtout d'avoir des parents aimants. Ils ont autant de chances d'en trouver y compris en cas homoparentalité.

La famille a beaucoup changé, elle s'est adaptée. La famille nucléaire – papa, maman et moi (au pluriel d'abord, au singulier ensuite) – n'est pas éternelle et invariante comme le montrent les familles recomposées ou monoparentales dont les difficultés,, certaines, tiennent surtout aux conditions sociales. Des formes plus complexes s'annoncent. Une fois de plus, les enfants et la société trouveront un nouvel équilibre.

Pour certaines féministes, il n'y a mère que s'il y a projet d'enfant. Le porter ne fait une mère que légalement. Elle n'est pas mère si elle n'en veut pas. C'est un problème, une catastrophe mais pas un enfant.
En droit, la femme n'est pas mère parce qu'elle veut ou qu'elle reconnaît un enfant mais seulement parce qu'elle accouche. L'homme exprime sa volonté d'être père par la reconnaissance ou le mariage.

Pour les plus dures, « le but final de la révolution féministe doit être, non seulement l'élimination du privilège masculin mais l'abolition de la distinction entre les sexes elle-même ». Est-ce possible sans PMA ? En allant plus loin, l’ectogenèse (reproduction avec utérus artificiel) « apporte une égalité de plus entre l'homme et la femme qui est l'égalité face au fait de porter un enfant ».

Marcella Jacub y voit la possibilité pour des femmes de faire carrière dans l'horreur quand les femmes se consacreraient à de plus nobles tâches ! « Libérées de cette horreur qu'est la maternité, les femmes pourraient se consacrer corps et âme à leur carrière en sous-traitant leur grossesse à des femmes dont le métier serait d'enfanter pour les autres » avance Marcella Jacub (Magazine Libé 12-13/01/13).

Ce n'est pas naturel mais les vaccins, les antibiotiques, les greffes d’organe non plus. Cela brouille la filiation ? Pas d’avantage que l’adoption. Cela permet à des couples de même sexe de fonder une famille ? Pourquoi le leur refuser ?

La fivète permet le diagnostic préimplantatoire et ouvre la porte à l'eugénisme. Mais en 30 ans, avec le diagnostic prénatal (DPN) de la trisomie 21, suivi dans 96 % des cas d'un avortement, la France l'a presque éradiquée. Sans émouvoir grand monde ! Faut-il le regretter ?

Pour le Conseil d’État : « l'eugénisme peut être désigné comme l'ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l'espèce humaine. Il peut être le fruit d'une politique délibérément menée par un État et contraire à la dignité humaine. Il peut aussi être le résultat collectif d'une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de 'l'enfant parfait' ou du moins indemne de nombreuses affections ».

Seul l'eugénisme d’État est donc condamnable.

Arguments CONTRE la GPA

La location de l'utérus comme celle du vagin fait de la femme une « esclave des temps modernes », une couveuse avec « une tuyauterie très compliquée ». Peu importent ses sentiments. Les relations établies avec l'enfant qu'elle porte, qui apprend à la connaître, qui entend sa voix... La grossesse ou plutôt la gestation est un mode de production, la femme un instrument de production aux mains de techniciens.

PMA et GPA ouvrent le droit à l'enfant pour tous, ensuite le droit à l'enfant porteur de ses propres gènes, le « pedigree » (Fridman), bientôt à l'enfant parfait. Pour tous.

Quelles conséquences psychologiques pour les enfants ? Ne devrait-on appliquer ici où le principe de précaution ? Ne sera-t-il pas trop tard quand on en mesurera les dégâts ? Une fois dans l'engrenage, il sera difficile de redresser la barre. Déjà l'exemple de Miles (voir ci-dessus) permet d'imaginer les difficultés que pourront rencontrer ces enfants dans leur construction même si la loi peut limiter les pratiques les plus aberrantes.

José Bové, logique : « Je suis contre toute manipulation sur le vivant. Je ne crois pas que le droit à l’enfant soit un droit. Tout ce qui est manipulation sur le vivant, qu’il soit animal, végétal et encore plus humain, est quelque chose qui doit être combattu. »

Dans son livre, auxquels de nombreux emprunts ont été faits ici, Alexis Escudero (1) replace la question dans une perspective politique plus générale, prend les choses à la racine et rejette toute PMA.

Il part d'un constat : la diminution de la fertilité de l'homme (qualité du sperme) et de la femme (perturbations de la fonction ovarienne, de l'implantation utérine après fécondation, de la gestation), associée au recul de l'âge auquel les femmes décident de faire un enfant, entraînent un besoin croissant de PMA.
Diminution de la fertilité due au mode de vie mais surtout à la pollution notamment perturbateurs endocriniens, utilisation des hormones en médecine, élevage industriel...

Tout bénéfice pour le capitalisme moderne qui fournit le poison et le contre-poison : « La reproduction artificielle de l'humain est un gigantesque business : 650 millions d'euros au R-U (2009), plus de 3 milliards de dollars aux E-U (2006) ».

Les nouvelles techniques de PMA ne satisfont pas des besoins : elles les créent. Parti du traitement de la stérilité, on aboutit au droit à l'enfant, à un enfant porteur des gènes des parents puis à l'enfant choisi, à la carte, à l'enfant parfait.
Les manipulations ont conduit aux OGM, aux AGM, animaux génétiquement modifiés : un saumon, plus rentable, est en cours d'évaluation aux États-Unis. D'après l'INRA, « il est possible d'agir par transgenèse sur la qualité du lait de vache... pour le materniser... le rendre plus digestible pour les adultes ».
Par sélection des donneurs, par DPN, par DPI, par manipulation génétique avec modification, ajout, suppression de certaines séquences d'ADN, on aura, bientôt, les êtres humains génétiquement modifiés.

Le DPN permet d’éliminer la trisomie 21 (et les filles), par avortement. Avec la DPI et des critères de sélection plus étendus (maladies héréditaires, infirmités, sexe, caractéristiques physiques, intellectuelles), on sélectionne le meilleur qui sera implanté. Aux E.-U, de plus en plus de couples fertiles et riches choisissent la FIV pour pouvoir recourir au DPI, pratiqué dans 42 % des cliniques, et de garantir le meilleur potentiel génétique, l'enfant parfait.

La Chine a une législation eugéniste, elle vient de lancer un programme de séquençage de l'ADN de surdoués, 2200 individus ayant un QI supérieur à 160...

Dans un monde où les inégalités n'ont jamais été aussi grandes, les technocrates et, surtout, les technocrates de la finance ont le pouvoir. Le développement de la PMA ouvre de nouveaux marchés, de nouvelles formes d'exploitation, notamment des femmes les plus pauvres du monde (en Inde, le marché des gestatrices atteindrait le chiffre d'affaires d'un milliard d'euros). La tranquille affirmation de Marcella Jacub montre que l'exploitation ne menace pas que les femmes du tiers-monde mais aussi celles vouées à « l'horreur de la maternité » au profit d'élues qui pourrraient se consacrer « corps et âme à leur carrière » ! Jusqu'au jour où un utérus artificiel assurera le passage de la fivète à la couveuse sans besoin de femme porteuse. L'ectogenèse pour tous.

Classiquement, les conservateurs justifient les inégalités sociales et leur pouvoir par les inégalités « naturelles ». Les progressistes luttent contre ces inégalités par l'égalité politique : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » (Déclaration universelle des droits de l'Homme).
En cherchant « l'abolition de la distinction entre les sexes », la lutte pour l'égalité devient la lutte pour supprimer la différence. Qui ne supprimera pas les inégalités sociales.

L'eugénisme d’État est une atteinte à la liberté individuelle et oblige à sélectionner et/ou d'éliminer les individus en fonction de critères qu'il définit. Au nom de la liberté, l'eugénisme libéral est déjà accepté implicitement par le Conseil d’État. Mais cette liberté deviendra rapidement une obligation de conformité à la norme sociale. Car la sélection se fera en fonction des critères que les classes au pouvoir imposeront librement. La liberté de choisir deviendra une injonction de conformité, une contrainte sociale à laquelle nul ne pourra se soustraire.

Ces dernières années, la proximité des politiques suivies par les gouvernements de droite ou de gauche au point de vue économique et social ont conduit au remplacement de la lutte contre les inégalités sociales par la lutte contre les inégalités sociétales : euthanasie, mariage homosexuel, GPA... ne gênent en rien les élites technocrates du progrès et de la finance. Bien au contraire, elles leur ouvrent de nouveaux domaines.

Dans ce monde très inégal où des multitudes d'enfants sont dans la souffrance, les difficultés juridiques et sociales restent un obstacle majeur qui détourne bien des couples de l'adoption. Mais l'ingénierie des juristes et des biogénéticiens trouvera les « solutions favorables adaptées » à un progrès toujours plus acrobatique pour satisfaire les fantasmes des dominants.

Dans le paysage politique, la résistance vient surtout des milieux conservateurs plus que des progressistes qui ont reporté sur les question sociétales la lutte abandonnée sur les questions sociales et économiques.

1 - La Reproduction Artificielle de l'Humain (Le Monde à l'envers 2014),

Peinture de rue relevée dans le 13ième arrondissement de Paris

Peinture de rue relevée dans le 13ième arrondissement de Paris

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 14:28
L'austérité en chiffres en GRECE

L'austérité en chiffres en GRECE

Revue de presse n° 162 (Europe)

L’Institut Gallup a interrogé 64 000 personnes dans 65 pays en 2013 et a demandé quel est le pays qui menace le plus la paix mondiale.
Pour les États-Unis, c'est l’Iran. Dans le reste du monde, le nom le plus cité : les États-Unis... Dès leur frontière sud et dans toute l’Amérique latine. Et chez certains alliés : Australie, Allemagne, Espagne, Scandinavie. Et, plus prévisible, en Chine et en Russie.
Les Français placent la Syrie comme principale menace. En Pologne, c'est la Russie.
Tunisie et Maroc nomment Israël, l’Algérie place les États-Unis en tête. Rue 89 22/03/15

La roissance du secteur privé dans la zone euro s’est accélérée plus que prévu en mars. Premiers résultats de l’enquête mensuelle de Markit : la politique d’achats massifs d’emprunts d’État lancée par la BCE porte déjà ses fruits. La croissance du secteur privé allemand a atteint son plus haut niveau depuis juillet dernier, en France, l’activité a augmenté pour le deuxième mois consécutif. Euronews 24/03/15

L'échec de Syriza fera le lit de l'extrême droite « La porte de gauche étant fermée par l'échec grec, les peuples risquent de chercher des solutions de l'autre côté.... Lors des prochains scrutins, les Grecs seront tentés de voter Aube dorée qui prône la sortie de l'euro et l'expulsion des immigrés. Dans les 3 plus grands pays de l'UE, cette mouvance s'affirme avec le FN, Alternative für Deutschland en Allemagne et l'Ukip au Royaume-Uni (qui veut carrément la sortie de l'UE). » Eurotopics Les Echos 25/03/15

En 2013, plus de 434 000 demandeurs d'asile dans l'UE contre 332 000 en 2012. Surtout Syriens (50 470, 12 % de l’ensemble), Russes (41 270, 10 %), Afghans (26 290, 6 %). Demandeurs en Allemagne (126 705, 77 540 en 2012), France (64 760, 4 200 de plus qu'en 2012), Suède (54 270), R-U (29 875), Italie (27 930). Ramené aux populations des États : Suède (5 680/million d'h), Malte (5 330), Autriche (2 070), Luxembourg (1 990), Hongrie (1 905).
Plus de 326 000 décisions en 2013 soit 112 730 réponses favorables contre 71 580 en 2012. Bulgarie (84,5 % de réponses positives), Malte (84,2 %), Italie (64,1 %) alors que le pays fait partie de ceux traitant le plus de dossiers par an. Très peu de décisions positives : Grèce (3,8 % en 2013), Hongrie (7,9 %), Luxembourg (10,4 %). France (17 %), Allemagne 26,4 %, Royaume-Uni 38,1 %, Suède 53,9 %. Toute l'Europe 26/03/15

Une sortie de la Grèce de la zone euro pourrait être salutaire à la monnaie unique, (Stefan Fölster, du Reforminstitut, organisation favorable aux salariés) : « Tandis qu'on privilégie la politique de l'autruche, comme les Grecs, la crise se poursuit. Car une majorité de Grecs vivent dans un monde imaginaire, dans lequel on génère la croissance et les emplois d'une façon bien particulière, telle que la concevaient de nombreux Suédois avant la crise des années 1990… Si la Grèce parvenait à mettre en œuvre des réforme, ce serait un véritable succès pour la collaboration au sein de l'Union monétaire. Si la Grèce était exclue de cet ensemble, ce serait également une réussite. La zone euro constaterait alors qu'elle forme un club de pays susceptible d'imposer les réformes lorsque celles-ci sont nécessaires. » Eurotopics Svenska Dagbladet - Suède30.03.2015)

Les négociations patinent entre Athènes et Bruxelles. La chancelière, Angela Merkel résume : « La Grèce a le choix des réformes à prendre mais, à la fin, les mesures prises doivent s'additionner, pour arriver à un résultat chiffré.» Il n'est pas question pour les créanciers d'Athènes de dicter les réformes mais de regarder si les réformes permettent à la Grèce d'assurer sa survie économique et financière. Le Figaro30/03/15

Ces 5 dernières années, les Européens de l'Ouest ont tendance à émigrer davantage en G-B que les Européens de l'Est. « L'économie britannique dépend de la capacité du Royaume-Uni à attirer un nombre important de travailleurs qualifiés à la City, dans le monde des affaires et dans le milieu de la recherche. Les récents flux d'immigrés en provenance de la Vieille Europe permettent l'apport de compétences et d'une expérience recherchées par les entreprises et l'industrie britanniques. Si les Tories renonçaient à leur politique par trop simpliste de l'immigration zéro, ils seraient mieux à même d'en faire la promotion » Eurotopics Financial Times – Royaume-Uni 30/03/15)

1er avril, disparition des quotas laitiers européens qui existaient depuis 1984. Objectif : exporter plus pour répondre à l'explosion de la demande des pays du Sud. Conséquence : exacerbation de la course à la taille des exploitations. La concentration de la production est déjà à l’œuvre : ferme des « mille vaches » dans la Somme, projets de « méga-fermes » de plus en plus nombreux en France et dans le monde. Alter éco + 31/03/15

Classement de la richesse par habitant en 2014 dans l'UE : Lux 75 400, P-B 37 500, Irl 36 800, Autriche 36 000, Finl 34 100, Belg 33 800, Allemagne 33 100, Fr 31 100, IT 25 300, Esp 22 700, Chypre 20 200, Slovénie 17 500, Malte 17 200, Grèce 17 000, PT 16 400, Slovaquie 13 400, Est 13 100, Lituanie 11 200, Lettonie 10 600. Figaro n31/03/15

44,5 % des exportations britanniques sont à destination de l'Europe l'UE : 60,5 % de l'agro-alimentaire, 56,6 % de la chimie, 44,6 % de l'aéronautique, 41,4% des services financiers, 35 % de l’automobile, 30,7 % de la machinerie... Figaro 31/03/15

Les Portugais ne bénéficient pas de la reprise « Le fait que le taux de chômeurs reste à deux chiffres est pour le moins préoccupant, en particulier au moment où l'économie commence à montrer des signes d'une certaine reprise... Le chômage structurel est justement celui qui persiste malgré l'inversion du cycle économique et qui ne pourra être combattu qu'après de nombreuses années... Il est injuste que, pour plus de 10 % de la population portugaise en âge de travailler, cette 'reprise' ne soit qu'une expression creuse sans signification concrète. » eurotopics Público – Portugal 30/03/15

Le 7 mai, les Britanniques renouvelleront les 650 membres de la Chambre des Communes. Aucun parti ne devrait avoir la majorité absolue, les spéculations concernent les coalitions. La future majorité constitue le véritable enjeu du scrutin. Tous les sondages donnent Conservateurs et Travaillistes au coude-à-coude. Le débat télévisé du 2 avril entre les 7 principaux candidats n'a pas donné de gagnant. Économie, santé, immigration sont les sujets prioritaires, et l'Europe puisque Cameron a annoncé un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE. info@newsletter.robert-schuman.eu 07/04/15

Dans le programme de réformes adopté le 1er avril, l'Allemagne rappelle que sa dette dépasse toujours 60 % du PIB. Une politique budgétaire expansive aurait un effet pro-cyclique sur l'économie allemande. Cela ne serait pas souhaitable estime Berlin, en raison du taux de chômage historiquement bas. info@newsletter.robert-schuman.eu 07/04/15

Le ministre de l’Économie Sigmar Gabriel a qualifié de « stupides » les demandes grecques : « L'attitude hautaine de l'Allemagne, qui déclare classé un conflit pourtant manifeste, est inacceptable quand on pense à l'origine de ces revendications… Après l'accord de 1990, qui avait prétendument réglé les demandes d'indemnités, l'Allemagne a passé des conventions spéciales pour indemniser les injustices des nazis, notamment sous forme de fondations pour les travailleurs forcés. Pourquoi exclure la possibilité de trouver un modèle comparable pour la Grèce ? Les exigences de remboursement des dettes présentées à la Grèce n'ont rien à voir avec les réparations historiques que la Grèce réclame. Une compensation financière paraît impossible. La question morale mérite une autre réponse. » 08/04/15 eurotopics Frankfurter Rundschau - Allemagne

« Tony Blair a bien fait de défendre l'Europe et d'attirer l'attention sur la récession et le chaos qui pourraient s'emparer du Royaume-Uni dans l'hypothèse d'un Brexit. En voulant céder à un fantasme, notre pays opérerait un déni historique des réalités, avec des conséquences déstabilisatrices sur les plans national et extérieur. » eurotopics The Guardian - Royaume-Uni 07/04/15

PS : Toutes mes excuses pour la disparition des petits drapeaux. Je n'arrive pas à les mettres avec la nouvelle configuration du Blog. De même je n'arrive pas à mettre le tableau sur la Grèce, justa avant ou après le texte et je ne sais pas le centrer !!!

Ca viendra peut être ?

L'austérité en chiffres

L'austérité en chiffres

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 09:09

Peuples éclatés

Entre les 7 et 9 janvier, 17 personnes assassinées à Charlie Hebdo, à la supérette cacher, à Montrouge. Le 9, le 11, place de la République. Et 4 millions d’autres, ici ou ailleurs..


« Je suis Charlie »

,

Peuples éclatés

Le 18 mars, 19 personnes assassinées au Bardo, à Tunis.. Place de la République, le 21 mars. Quelques centaines de personnes, des Maghrébins surtout, des drapeaux tunisiens : « Terrorisme dégage ».

« Je suis Bardo », « Je suisTunisie »

Peuples éclatés

Le 21 mars, manifestation contre le racisme en souvenir des massacrés de 1960 à Sharpeville. De Barbès à la Bastille en passant par … la place de la République : « Contre tous les racismes et contre le fascisme », « Légalité ou rien ».


« Je suis sans papier », « Je suis mineur dans la rue »…

Peuples éclatés

Dimanche, les Français votent.

Je suis parisien.

Lundi, Alexis Tsipras rencontre Angela Merkel.

« Je suis grec ! »

Mardi, Comme des millions d’autres !

« je suis français, » je suis blanc », « je suis vieux »,

« je suis seul ! ».

Comme des millions d’autres !

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 16:10

Revue de presse n° 161 (Europe)


L'Eurogroupe a peur des gouvernements de gauche. L'enjeu de la joute entre la Grèce et les autres États n'est pas de nature financière : « Les gestionnaires de la crise de l'euro redoutent plus qu'un gouvernement de gauche réussisse que de perdre des milliards, conséquence inévitable d'un échec du gouvernement Tsipras. L'exemple pourrait faire école... Car une victoire sur les rebelles grecs émettra un signal dévastateur à l'échelle européenne : soit les pays économiquement faibles passeront sous les fourches caudines des Allemands et de leurs agents bruxellois. Soit ces derniers les réduiront à la faillite économique. Or, ceci serait la meilleure campagne électorale imaginable pour Marine Le Pen, son Front National et les anti-européens de tous bords. » Eurotopics Der Tagesspiegel – Allemagne 16/03/15

Un euro faible qui trahit la médiocrité européenne. L'euro a atteint un plus bas historique, à tout juste plus de 1,05 dollar. Si un taux de change faible de l'euro est une bonne nouvelle à court terme, il n'en dénote pas moins une faiblesse fondamentale de l'UE : « Pourquoi une chute si soudaine ? On pourrait fournir l'explication hâtive de la Grèce. Mais indépendamment de la Grèce, on constate une 'maussaderie européenne' largement répandue. Ses origines sont à Bruxelles et Strasbourg. L'idéal d'une maison commune pour les Européens perd de son attrait, remplacée par une bureaucratie dans laquelle s'affrontent les intérêts nationaux… La dévaluation de l'euro se double d'une myopie et d'une médiocrité de la société et de la politique européennes, qui ne se limitent pas à la seule économie. » Eurotopics La Stampa – Italie 16/03/15

Avec un prix de « 55 dollars le baril pendant un an, la Russie gagnerait quelque 135 milliards de dollars de moins en 2015 qu'en 2014 », « l'équivalent de 10% du PIB ». « Le pays fait face à de grands défis en raison des sanctions, de la dévaluation du rouble et de la chute des prix du pétrole ». Les hydrocarbures représentent 70% des exportations de Moscou, « chaque baisse de 1 dollar du prix du pétrole représente un manque à gagner de 3 milliards pour les exportations annuelles de la Russie », (Opep). Le Figaro 16/03/15

Sur les deux premiers mois de l'année, les immatriculations européennes d'automobiles neuves ont augmenté de 7 % par rapport à la même période de 2014. En janvier, la hausse avait été de 6,7 %. Le Monde 17/03/15

Manque de volonté politique pour soutenir les énergies renouvelables. Entre 2000 et 2013, la production française n’a été multipliée que par 1,46, contre 2 en moyenne dans l’UE et 3,7 en Allemagne. Jusqu’ici, François Hollande n’a pas fait mieux que Sarkozy pour rattraper le retard français en matière de transition énergétique… Alter éco + 17/03/15

Les dépenses publiques pour la santé calculées par Eurostat incluent hôpitaux, praticiens, services de soin, transport des patients, prescription de médicaments, sécurité sociale etc. Pays-Bas et Danemark 10 et 9 % du PIB consacré à la santé .la France en troisième position (8,7 %), suivie par Allemagne 8,4 %, Belgique 8,2 %, Suède 7,4 % et Espagne 6,6 %. Le Royaume-Uni, bien classé avec presque 8 % de son PIB. Si en 2012, la Grèce dépensait 6,2 %, cette part a diminué aujourd’hui.
Sur 28 pays, 16 y consacrent plus de 6 % du PIB. La moyenne de l’UE s’élève à 6,2 %. 12 dépensent moins de 6 %. Mis à part le Luxembourg (5,6 %), la grande majorité d’entre eux font partie des derniers pays entrant dans l’UE : Slovaquie, Croatie (5,6 %), Hongrie (4,8 %), Lituanie (4,6 %), Estonie (4,6 %), Pologne (4,4 %), Roumanie (4,3 %). Malte (5,4 %). Les moins dépensiers : Lettonie et Chypre 3,6 et 3,4 %. Toute l'Europe 17/03/15

Plus de 240 000 Irlandais dont 165 000 de moins de 25 ans ont quitté l'île de »puis 2008, sur une population totale de 4,5 millions. Le Monde18/03/15

Israël : « Un pays qui assujettit pendant plusieurs décennies un peuple entier par le biais d'une occupation illégale n'a rien d'une démocratie. Même constat pour un État qui déclare n'appartenir qu'aux seuls juifs, foulant aux pieds les droits de sa population non-juive. Israël n'appartient pas à tous ses citoyens et à toutes les personnes qu'il contrôle. Ce pays est une ethnocratie (understatement ?], un État colonialiste qui bafoue le droit international en opprimant les Palestiniens par différentes formes d'occupation. Avec la complicité de l'Europe et des États-Unis »." Eurotopics The Independent – Royaume-Uni17/03/15

« En Allemagne, le voile est devenu un symbole religieux aussi banal que la croix... Conformément à la Constitution, l’État est le garant de la liberté religieuse et du libre exercice de toute religion. Pour remplir cette mission, il doit considérer toutes les observances religieuses sur un pied d'égalité... Cette position de l'Allemagne, qui n'est pas un État laïc, remet en question la situation en Turquie qui en est un. Comme vous le savez, la Turquie laïque n'est pas totalement neutre. L’État ignore les autres groupes religieux et va même jusqu'à les exclure... Étant donné que les tribunaux en Allemagne sont très à cheval sur l'application des droits fondamentaux, des positions arbitraires comme en Turquie sont presque impossibles. » Eurotopics Zaman – Turquie19/03/01

La dernière estimation du syndicat des impôts Solidaires de 2012, fait état de 60 à 80 milliards de recettes fiscales perdues chaque année, soit de l'ordre de 20 % des rentrées. Les entreprises seraient responsables des deux tiers (impôt sur les sociétés et TVA), loin devant les particuliers (impôt sur le revenu, sur le patrimoine et locaux). A comparer aux 2 à 4 milliards d'euros de fraude aux prestations sociales en 2011. Entre les deux, la fraude aux cotisations sociales des employeurs était comprise en 2012 entre 20 et 25 milliards d'euros. Alteréco+ 20/03/15

Pertes de recettes fiscales en 2011, en % du PIB : Italie 11,6 % du PIB, Espagne 7,5, France 6,n7, Allemagne 6,5, Royaume-Uni 4,9, Etatsd-Unis 2,3 %. Alteréco+ 20/03/15

« La Tunisie était en passe de devenir une excellente alternative au djihadisme radical et la preuve qu'il était possible de conjuguer monde arabe, islam et démocratie. La réaction la plus absurde de la part de l'Occident serait de laisser tomber les pays pauvres et de baisser les bras. Bien au contraire, il est impératif d'envoyer un message fort de solidarité : Je suis Charlie doit devenir Je suis Bardo... Tourner le dos au pays, en l'excluant comme destination de vacances, est une réaction émotionnelle compréhensible mais ce n'est pas une solution... Après les attentats qu'ont connus Bruxelles, Paris et Copenhague, tout le monde n'a pas annulé son séjour touristique dans ces capitales. Si nous coupions les ponts avec le monde arabe, les fanatiques de l'EI auraient remporté leur pari. » Eurotopics De Morgen – Belgique 20/03/15.

Combien gagnent-ils par an ? Barack Obama (États-Unis) 376.800 euros, Stephen Harper (Canada) 244.900 euros, Angela Merkel (Allemagne) 216.000 euros, Jacob Zuma (Afrique du Sud) 210.600 euros, David Cameron (Grande Bretagne) 201.600 euros, Shinzo Abe (Japon) 187.000 euros, François Hollande (France) 179.000 euros, Vladimir Poutine (Russie) 128.000 euros, Matteo Renzi (Italie) 117.400 euros, Dilma Rousseff (Brésil) 113.000 euros, Narendra Modi (Inde) 28.500 euros, Xi Jinping (Chine) 20.300 euros. BMF TV 13/03/15

Des dizaines de milliers de manifestants à Dublin contre la facturation de l'eau JDN 21/03/15

Allemands, Anglais et Français, champions de l’immobilier vert au premier baromètre (Baker & Mc Kenziee), tenant compte de plusieurs critères : émissions de CO2, bail vert, certification environnementale, énergies renouvelables. Pourquoi ces bons résultats des pays européens? Principalement par l’influence de l’UE qui impose à ses États membres un grand nombre de directives en matière d'environnement. Le Figaro 20/03/15


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Place de la République. Hier Charlie et Bardo. La manifestation contre le racisme passe. Grecs oubliés. Chacun son coin. Peuples éclatés ! 22/03/15

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 23:05

La Grèce ne pourra pas participer au programme de rachat d'emprunts d’État par la BCE (Banque centrale européenne) car elle ne remplit pas les conditions définies pour pouvoir solliciter les crédits de la BCE. To Vima Online – Grèce
Et en vertu des règles instaurées par la BCE pour solliciter cette manne monétaire, c'est l'Allemagne qui se taillera la part du lion, alors que le pays bénéficie déjà de taux d'intérêt négatifs pour ses émissions obligataires. Der Standard - Autriche eurotopics 06/03/15

Portugal : des milliers de manifestants réclament la fin de l'austérité. La CGTP, principale confédération syndicale du pays, a appelé, samedi 7 mars, les Portugais à manifester dans chaque région, de Porto, la grande ville du nord, à Faro, capitale de l'Algarve à l'extrême sud. JDN 07/03/15

En 2011, 353 000 « navetteurs » habitaient en France, en hausse de 42 % depuis 1999 et travaillaient en Suisse (160 000), au Luxembourg (70 000), en Allemagne, Belgique, Monaco. A l'inverse, les flux vers la France étaient de 30 000. Alter éco mars 2015

« Onex ville de progrès: commune zéro frontalier ». Provocateur avant tout, mais penseur du Mouvement Citoyen Genevois, le député suisse Eric Stauffer a déposé un projet de loi pour créer un label qui mettrait en valeur les entreprises helvètes "vertueuses" qui n'emploient que des travailleurs du cru !
Dans certains communes du Tessin suisse, des entreprises affichent déjà des autocollants où le pourcentage des employés du cru est indiqué. FR3 Alpes 10/05/15.

La France en tête des pays européens pour le volume des exportations de déchets dangereux : 985 000 tonnes en 2012, 3 fois plus que l'Allemagne. Alors quelles auraient augmenté d'un quart depuis les années 2000 en Allemagne, elles ont été multipliées par 6 dans l'hexagone. Alter éco mars 2015

Alors que le conseil européen des ministres des Finances émet, ce 10 mars, une recommandation sur le délai accordé à la France pour corriger son déficit, un rapport de l’institut de recherche économique allemand DIW révèle que la taxe sur les transactions financières (TTF) rapporterait, si elle était en vigueur, 36 milliards d’euros à la France. Acteurs publics 10/03/15

Stockholm prend ses distances par rapport à l'Arabie saoudite Le gouvernement ne prolongera pas sa coopération militaire avec l'Arabie après que le pays a interdit à la ministre des Affaires étrangères de prononcer un discours lors du sommet de la Ligue arabe. La ministre avait préalablement dénoncé les violations des droits de l'homme par Riyad. « La particularité du différend qui oppose Riyad - appuyée par la ligue Arabe - à Stockholm est le statut de héros dont bénéficie le gouvernement suédois dans le monde arabe : la Suède est l'unique pays de l'UE à avoir reconnu la Palestine. Après cette décision, Israël avait rappelé son ambassadeur en Suède et une visite de la ministre en Israël avait été annulée. Il n'est pas impossible qu'elle ait tenu à ne pas ménager Riyad, pour ne pas passer pour trop pro-arabe. » Eurotopics Der Standard - Autriche 13/03/15

Un modèle pour la France. Au pouvoir depuis un an, Renzi a fait adopter un train de réformes considérable : « Il a réussi à convaincre le Sénat de se transformer en une assemblée de moins de 100 membres sans pouvoir de veto dans l'adoption des lois, une sorte de monocamérisme plus efficace. A supprimé les 110 provinces qui se superposaient à la vingtaine de régions... le populisme de Grillo s'est effiloché devant cette volonté réformatrice, les Français ont de quoi rêver. » Eurotopics Les Echos 13/03/15

« Tsipras veut une remise de dette. C'est pourquoi il remet la Deuxième Guerre mondiale sur le tapis. Quelqu'un qui s'endette en permanence et demande l'annulation de ses dettes a quelque chose d'une petite gamine arrogante. Mais le rôle de victime de la guerre non indemnisée lui confère une supériorité morale. Tsipras remet en cause le comportement de l'Allemagne sur le plan moral. Mais cette interrogation suscite immédiatement une autre question : est-il légitime de ne pas payer ses dettes ?... En 1953, un ajournement du paiement de réparations a été accordé à l'Allemagne en attendant la signature d'un traité de paix, tout le monde se doutait que ces paiements ne seraient jamais effectués. Mais tout le monde pouvait aussi se douter que la Grèce ne paierait jamais ses dettes. Devant cette prise de conscience, la rigueur allemande face à Athènes est hypocrite." Eurotopics Lidové noviny - République tchèque 12/03/15

Le ministre de la Justice veut autoriser la confiscation de biens immobiliers allemands en Grèce si l'Allemagne ne donne pas suite à sa demande de réparations de guerre. Le blogueur Pitsirikos : « C'est la première fois depuis des années que le gouvernement allemand est sur la défensive face à la Grèce. Ce jeu a un nom, il s'appelle 'la politique'… Pour la première fois, la Grèce réclame officiellement des réparations parce que, désormais, elle a un gouvernement que les Allemands ne peuvent télécommander à leur guise… L'Allemagne a commis une grave erreur : elle a exercé une pression telle sur la Grèce qu'elle a contraint les politiques et les partis grecs acquis à sa faveur à rejoindre le camp de l'opposition. De ce point de vue, le gouvernement allemand a perdu la partie. » Eurotopics Blog Pitsirikos - Grèce 11/03/15

« L'intégration sera d'autant plus efficace si les musulmans ont le sentiment d'appartenir à une entité nationale plutôt que d'en être exclus... Lorsque l'on souhaite obtenir un islam national efficace, il faut faire en sorte que la loi relative à la nationalité repose sur le droit du sol. » Eurotopics La Repubblica – Italie 12/03/15

Les efforts demandés à la Grèce en matière de réformes sont irréalisables : « Surtout l'Allemagne a insisté pour un retour de la troïka et a imposé sa volonté. Elle s'est également imposée en demandant à Athènes de passer à l'acte et de mettre en œuvre les réformes convenues... Or c'est impossible. Aucun gouvernement du monde ne peut réorganiser de fond en comble toute son administration et faire une analyse complète des coûts et des avantages en 20 jours. Ce n'est pas Varoufakis qui débloque mais tous ceux qui ont imposé cette condition irréaliste... Nous ne pouvons rien attendre des défenseurs de la ligne dure au sein du club de l'euro. Certes, l'Eurogroupe parle sans cesse de réformes, mais n'a pas l'audace d'en adopter. Le retour de la troïka est suffisamment éloquent. » Eurotopics taz – Allemagne 11/03/15

La création d'une armée européenne proposée par J-C Juncker a amorcé un débat sur la politique sécuritaire de l'UE. Le président de la CE disait voir dans une armée commune la réponse appropriée aux menaces actuelles, émanant surtout de la Russie. Certains commentateurs abondent en son sens, soulignant que seule une Europe unie peut défendre ses valeurs. Pour d'autres, un renforcement de l'OTAN serait une réaction plus judicieuse à la politique hégémonique de Moscou. Eurotopics 10/03/15

La prochaine crise globale n'est pas loin : 7 ans après le déclenchement de la crise financière de 2007, la dette globale atteint en 2014, 3 fois le le PIB mondial. Elle touche les nations en développement (121 % du PIB) et les pays dits avancés (280%)
En Chine, depuis 2007, elle a quadruplé pour atteindre 282 % du PIB. Elle a alimenté une gigantesque bulle immobilière, selon un processus comparable à celui qui a conduit à la crise des subprimes aux États-Unis. C'est peut-être en Chine que la situation est la plus explosive. (d'après Dominique Plihon) Politis 12/0
3/15

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 00:00

 

 

 

DROIT DE VOTE DES RÉSIDENTS ÉTRANGERS,

QUE FAIRE ? (1)

 

Après l'échec de la revendication du droit de vote pour les résidents étrangers en vue des élections municipales de 2014, la question a disparu de l'actualité politique. Elle réapparaîtra probablement avec la mise au point des programmes en vue de la présidentielle et au mois de juin avec le référendum sur l'ouverture du droit de vote aux résidents étrangers pour les élections législatives au Luxembourg..

 

Égalité, socle fondamental de la revendication

 

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. ». La revendication du droit de vote pour tous n'est qu'une application de ce principe. Elle n'est légitimée ni par ce que font les autres pays, ni par ce que veulent les pays d'origine, ni par ce que pensent les gens de droite ou de gauche. Ni même par ce que veulent les résidents étrangers.
L'application du principe d'égalité, et donc le droit de vote, ne dépend que des possibilités politiques du moment.

 

Quel droit de vote ?

Droit de vote et d'éligibilité à toutes les élections. C'est l'égalité pure et simple au niveau des élections : le suffrage réellement universel.

 

 

AfF-Aubervilliers060624Reste la faisabilité. Lors du sondage de La Lettre de la citoyenneté de 2006, 50 % des sondés étaient favorables au droit de vote pour les élections municipales et européennes, 41 % pour les législatives, 37 % pour les présidentielles. Ce qui donne une idée de la « difficulté ajoutée » en fonction du type d'élection. Ce n'est pas, cependant, une mauvaise base de départ. Les résultats des premiers sondages de La Lettre de la citoyenneté sur le droit de vote pour les municipales et européennes étaient bien moins favorables.

 

Le droit de vote aux élections nationales existe dans certains pays, notamment en Nouvelle-Zélande depuis 1975. Il va faire l'objet d'un référendum au Luxembourg.

 

En France, peu d'organisations sont prêtes à s'engager réellement au delà du principe. Les chances de voir naître une telle campagne sont faibles et encore plus faibles de la voir aboutir. Rien n'empêche cependant une nouvelle réflexion, un nouveau travail théorique.

 

Droit de vote aux élections municipales et européennes

 

AffStemrchtLe traité de Maastricht a créé la citoyenneté de l'Union européenne (UE) : les citoyens de pays de l'UE résidant en France ont désormais le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales et européennes. C'est la première fois que la citoyenneté, le droit de vote ne sont reconnus que pour certaines élections. D'autre part, la nationalité est le seul critère retenu. Peu importent le degré d'intégration, l'ancienneté de résidence...

 

D'où l'idée de La Lettre de la citoyenneté de lancer, en 1994, le premier sondage sur l'extension éventuelle à tous les résidents étrangers, quelle que soit leur nationalité, du droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes. Qui met en évidence une discrimination, une hiérarchie créées par le traité, en fonction de la nationalité.

 

Cette référence au traité de Maastricht a probablement favorisé l’évolution des mentalités mais commentateurs, militants, journalistes, politiques n'ont jamais voulu voir dans les résultats de ces sondages que le mot « municipales », oubliant « européennes ».

Les tentatives pour étendre la campagne aux pays de l'UE, et la « pétition du million », lancée de façon trop artisanale, n'ont pas été fructueuses malgré l'existence dans plusieurs pays de campagnes nationales pour le droitd e vote aux élections municipales. Seuls le Conseil économique et social européen et le Parlement européen (PE), directement concerné, ont pris position en ce sens.


 

Au niveau européen, la citoyenneté est divisée en castes : les citoyens à part entière (nationaux avec le droit de vote à toutes les élections), les citoyens de l'UE qui résident dans un pays de l'UE dont ils n'ont pas la nationalité (droit de vote aux élections municipales et européennes), les citoyens des États tiers qui ont ou n'ont pas le droit de vote avec ou sans éligibilité aux élections municipales suivant la législation de leur pays de résidence.

 

Droit de vote aux élections municipales.AfE-Aquivivo-copie-1


Les campagnes en faveur du droit de vote ont toujours porté seulement sur le droit de vote aux élections municipales que certains, par un glissement sémantique qui se veut rusé, qualifient de « locales ». Ce qui a pu entraîner des inepties car les élections locales sont les élections municipales, cantonales et régionales. L'extension du droit de vote à ces élections locales, donnerait de nouveaux droits à tous les résidents étrangers, citoyens de l'UE ou non. Les citoyens de l'UE ayant en plus le droit de vote aux européennes.

 

L'obtention du droit de vote aux municipales ou locales serait un progrès, elle n'effacerait pas la hiérarchie de citoyenneté entre nationaux, européens et non européens.

 

Les obstacles

 

Quelle que soit la revendication, les obstacles sont les mêmes plus ou moins difficiles à franchir, suivant le type d'élection d'élection retenue.

 

1 – Il faut réformer la Constitution.

 

- Réformer la Constitution n'a pas été nécessaire pour attribuer les droit de vote aux élections européennes (2). Mais, le PE a de nouveaux pouvoirs. Que dirait le Conseil constitutionnel aujourd'hui ? Aucun texte n'a été adopté à l'Assemblée nationale (AN) pour étendre ce droit de vote aux résidents non européens. La majorité de gauche pouvait le faire. Elle ne l'a pas fait. Le véritable obstacle est politique.

 

- Une loi simple suffit pour modifier les textes sur la nationalité et ainsi, élargir ou restreindre le corps électoral. La droite dit souvent préférer « faciliter l'acquisition de la nationalité à donner le droit de vote » : à ce jour, toutes ses propositions de loi visent à rendre plus difficile l'attribution ou d'acquisition de la nationalité.

 

- Pour toutes les autres élections politiques, locales ou nationales, il faut réformer la Constitution. Parce que les conseillers municipaux et autres élus locaux élisent les sénateurs ce qui a donc une incidence sur la politique nationale.


Dans de certains pays, les municipales sont des élections administratives, ne jouent pas sur les pouvoirs au niveau national. Ceci rend plus facile la réforme du corps électoral.

 

- Connaissant cette difficulté, il n'est plus possible, après plus de 30 ans de déclarations, articles, promesses, motions, programmes, engagements, de se satisfaire encore de déclarations, articles, promesses, motions, programmes, engagements. Ou même de propositions de loi. Il faut exiger des politiques une réponse précise à la question : COMMENT ?
 

2- Comment réformer la Constitution

 

A défaut de réponse précise des politiques sur le comment, il est possible de faire des suggestions.

 

- Par référendum
Aucun président de la République ne prendra l'initiative d'un référendum sur la question  s'il n'est pas assuré du succès. D'autant que les citoyens ne se déterminent pas seulement en fonction de la question posée et profitent du scrutin pour voter pour ou contre le président.


Deux possibilités :
- Comme lors du traité de Maastricht, la question pourrait être comprise dans une refonte importante, éventuellement consensuelle, de la Constitution. C'est ce que semble suggérer M. Aubry : « recours à un référendum en juin 2016 » sur « le droit de vote des étrangers mais aussi le service civique, la protection des ressources naturelles ou encore la lutte contre l'évasion fiscale » (3).
- Organiser un référendum à questions multiples : lors d'une même consultation, plusieurs réformes sont proposées dont le droit de vote. Le citoyen peut répondre « oui » à certaines, « non » à d'autres, sans que cela entraîne désaveu, démission... Cette méthode a l'avantage de libérer le référendum de son aspect plébiscitaire. Ce serait un progrès démocratique.

 

AfF-Affiche 2008

 

- Par voie parlementaire

- Une loi constitutionnelle doit être adoptée, à la majorité simple, à l'AN et au Sénat et à la majorité des trois cinquièmes, par ces deux assemblées réunies en Congrès.

Ces conditions n'ont jamais été remplies pour le droit de vote des résidents étrangers. Il est fort peu probable pour qu'elles le soient dans un avenir prévisible.

 

- Il n'y aura pas de majorité « constitutionnelle » pour le droit de vote, sans une participation de parlementaires de droite.


- La tâche est donc de convaincre des parlementaires de droite. D'interroger les parlementaires favorables, de droite et de gauche, pour voir s'ils sont prêts à s'engager publiquement. A signer un texte commun. A constituer un intergroupe. A voter une réforme de la Constitution.
Ce travail a été ébauché dans des rencontres avec Yves Jégo ou des centristes, favorables au droit de vote. Il n'a pas abouti.

 

- A défaut, faudra-t-il attendre qu'un président de droite impose à ses troupes cette réforme ?

 

3 - La France est un pays modérément démocratique.

 

AfF-Quand.jpg

 

 

 

Pour obtenir le suffrage un universel masculin, il a fallu deux révolutions, 1789-1848. La Résistance et la Libération pour son extension aux femmes. L'adoption du traité de Maastricht pour le droit de vote aux élections municipales et européennes des citoyens européens non français.

Seule, l'extension aux 18-21 ans a été obtenue de façon « démocratique » même si le président Valéry Giscard d'Estaing a un peu forcé la main de certains.


Que faudra-t-il pour que soit attribué u n droit de vote à tous les résidents quelle que soit leur nationalité ?

 

 

 

4 - La mobilisation a été insuffisante.

 

Bien que les organisations favorables au droit de vote des résidents étrangers pour les élections municipales soient nombreuses, leur engagement n'a jamais été réellement important. Pour de multiples raisons.

- C'est une revendication symbolique qui touche essentiellement les principes à un moment de forte désaffection pour la participation électorale.

- Ce n'est une question de vie ou de mort ou de survie pour personne. Quand des milliers de personnes sans papiers vivent sur le territoire national, quand des milliers meurent en Méditerranée, quand le chômage, la situation dans les quartiers populaires....

- Les intéressés et les associations « issues de l'immigration » se mobilisent peu, même si toutes soutiennent la revendication.
- Il n'y a pas eu de mouvement fort comme « la marche pour l'égalité et contre le racisme », partie sans revendication et obtenant la carte de résident ; ou comme « touche pas à mon pote ».

- Les campagnes sont restées relativement discrètes, malgré le succès relatif de « votation citoyenne »

- Lors des Congrès des partis, syndicats, associations, les déclarations et les motions en faveur du droit de vote sont largement adoptées et fortement applaudies... Peu suivies d'effets, en dehors de deux propositions de loi votées à l'AN.

- Aucune personnalité d'envergure nationale ne s'est réellement engagée.

 

AfF-2005votation

 

 

 

Que faire ?

 

 

AfF-Futursvotants1983

Il faut un travail important pour faire aboutir une revendication déjà ancienne.

- Trouver la ou les personnalités, politiques, intellectuelles, d'envergure nationale qui accepteraient de s’engager, « corps et biens », seules ou collectivement.

- Susciter des prises de position, des articles, des rencontres pour faire avancer la réflexion surtout sur le comment.

- Avancer le droit de vote chaque fois qu'il est question d'égalité, de citoyenneté, active, participative, de démocratie en posant sans répit le Quand ? Le Comment ? Surtout quand il est question de citoyenneté des jeunes, de vote obligatoire.

- S'insérer, à temps et à contre-temps, dans toute campagne surtout concernant les résidents étrangers.

- Profiter de tous les événements qui montrent l'engagementdans la cité de ceux à qui la citoyenneté n'est pas reconnue commelors de l'attentat du supermarché casher de Vincennes, la découverte d'un président des jeunes UMP aux papiers incertains, la reconnaissance comme meilleurapprenti de France d'une jeunesans papiers...

- Promouvoir la citoyenneté de résidence comme facteur favorisant l'inclusion, le vivre ensemble, la démocratie.

- Les sondages de La Lettre de la citoyenneté malgré leurs qualités (continuité de la méthode, évolution des réponses), n'ont pas eu l'accueil mérité, sauf en 1999. Leurs résultats doivent mis en relief.

- Les réseaux sociaux ne sont pas utilisés. Ni en propre, par un blog ou un site affecté, ni par des interventions régulières dans les réseaux existants

 

Des facteurs favorables

 

2006ParisLa situation peut être ressentie comme un retour à la case départ. Sans beaucoup de perspectives. Et pourtant.


- La résistance de la population est remarquable malgré tout ce qui est fait pour stigmatiser l'immigration : déclarations, campagnes sur l'identité nationale, mesures gouvernementales, enracinement de l'extrême droite, libération de la parole raciste, proposition de débat sur l'islam...


- Les déclarations ou motions en faveur du droit de vote recueillent toujours un soutien important et enthousiaste, dans les partis de gauche, les syndicats...


- Les résultats des sondages de La Lettre de la citoyenneté sont bien meilleurs 59, 54, 47 % pour les 3 derniers sondages que 32, 30, 28 % pour des 3 premiers (1994, 1995, 1996).


- La bataille idéologique a été gagnée : la droite a renoncé aux arguments de principe et n’avance que des arguments de circonstance (après 10 ans de présence), pour retarder la décision (ce n'est pas le moment)... Depuis Maastricht, le lien nationalité-citoyenneté a perdu son évidence face à résidence-citoyenneté avec la le droit de votre des citoyens de l'UE.


- Le droit de vote a un énorme défaut, une énorme qualité : c'est une des rares revendications offensives dans un période difficile.

 

Bonus !

 

A côté du droit de vote, de mesures positives, simples, qui ne nécessitent pas la réforme de la Constitution pourraient être prises pour favoriser la citoyenneté

 

- Inscrire d'office sur les listes électorales les nouveaux Français au moment de leur naturalisation. Désormais, les jeunes qui arrivent à la majorité sont inscrits d'office sur les listes électorales avec quelques difficultés. Ils n'habitent pas obligatoirement dans la commune où ils sont nés. A terme, tous les Français de naissance seront inscrits sur les listes électorales. Seuls ne le seront pas les Français par acquisition. Il ne serait pas difficile de les inscrire lors de leur naturalisation. Les seuls qui sont français par choix doivent demander aussi la citoyenneté !

 

- Rendre obligatoire, au niveau municipal, sous quelque forme que ce soit, la consultation des résidents qui n'ont pas le droit de vote

 

- Permettre la consultation des habitants « sur les décisions que les autorités municipales sont appelées à prendre pour régler les affaires de la compétence de la commune », actuellement réservé aux seuls électeurs. Ce qui veut dire remettre en cause la loi votée par la gauche, relative à l’organisation territoriale de la République (4).


 

La situation est difficile, elle a toujours été difficile. Les bases de départ sont cependant bonnes même si certaines constatations sont inquiétantes. Le droit de vote aura d'autant plus de chance qu'il s’insérera dans la dynamique d'un projet politique de renouvellement d'une démocratie qui se cherche.

 

Photo0000Banderole.jpg
 

1 – Reprise d'un article demandé et à paraître dans La Lettre de la citoyenneté.

 

2 - Décision duConseil constitutionnel : le PE ne constitue pas une assemblée souveraine dotée d’une compétence générale et qui aurait vocation à concourir à l’exercice de la souveraineté nationale ; que le PE appartient à un ordre juridique propre qui, bien que se trouvant intégréau système juridique des différents États-membres des communautés, n’appartient pas à l’ordre institutionnel de la République française” (Décisionn°92-308 du 6 avril 1992).

 

3 - LeLab 06/02/12

 

4 - Loi d’orientation 92-125 du 06/02/92

 

5 - Pour en savoir plus : " Résidents étrangers, Citoyens ! Plaidoyer pour une cityenneté européenne de résidence ".

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 11:43

 

Revue de presse n°159 (Europe)



Les partenaires européens ne traitent pas la France avec la même sévérité qu'ils le font avec d'autres pays en crise. Parce qu'un État membre important ou du 'cœur de l'Europe' a plus de poids... Et il y a la menace du Front national (FN). C'est pour ne pas provoquer la rue ni renforcer le FN que les gouvernements français, de droite ou socialistes, reportent les mesures difficiles. Et c'est au nom de cette menace éternellement agitée par Paris que la Communauté européenne (CE), Allemagne… finissent toujours par céder. En détournant un peu la phrase attribuée à Churchill : à force de ne pas avoir choisi entre les réformes et le Front national, la France ne pourra éviter à la fin ni les réformes ni le Front. 27/02/15 Eurotopics Le Soir – Belgique


Italie L'Union européenne (UE) a enfin renoncé à une mise en œuvre rigide de l'austérité. "Le verdict sur notre politique économique confirme l'amorce d'un changement positif dans la zone euro. Au lieu de s'en tenir à une discipline budgétaire schématique et contre-productive, le pays est appelé à se renouveler. Conformément aux règles initiales du pacte budgétaire.. 'Italie aurait été recalée, au motif d'une politique d'austérité insuffisante. Grâce à la nouvelle interprétation du pacte de stabilité, élaborée par J-C. Juncker et ses collègues pendant la présidence italienne de l'UE, nous sommes recevables." 27/02/15 eurotopics La Stampa – Italie

De 1 à 14 en 2008, les différences entre les salaires minimum européens sont passées de 1 à 10 en 2015. En standards de pouvoir d’achat, c’est-à-dire en relativisant ce montant en fonction de ce que peut effectivement consommer chaque smicard, les écarts de se réduisent de 1 à 4 contre 1 à 6 il y a 7 ans.
Ce resserrement est dû au rattrapage des pays de l’Est. Le Smic bulgare a bondi de 64%, le slovaque de 58%, le letton et le roumain de 57%, l’estonien de 40%. Seul pays qui a subi une baisse durant cette période, la Grèce, avec une chute de 14%. L’Irlande, elle, a connu une stagnation. Libération 27/02/15.

La Federal Communications Commission, autorité éta&sunienne de régulation des télécoms, a voté - 3 voix contre 2 - une nouvelle réglementation qui reclassifie l’accès à l’Internet haut débit en « service de télécommunications », autrement dit en service d’utilité publique. Ce qui donne au régulateur la capacité de faire appliquer le principe d’égal accès de tous au réseau, dit de « neutralité du Net ». Libération 27/02/15.


Le Parlement européen (PE) se prépare à réformer l'initiative citoyenne européenne (ICE = pétition européenne). : « Je crains que nous n'ayons pas encore intégré le fait que les citoyens sont sur un pied d'égalité avec le Parlement et le Conseil au moment de demander à la CE d'introduire une proposition législative. C'est pourtant une révolution copernicienne dans le paysage institutionnel européen ». Danuta Hübner, présidente de la commission des affaires constitutionnelles
En 2012 et 2013, sur les 46 ICE qui ont été soumises à la CE seulement 26 ont été enregistrées, 3 ont été approuvées et aucune n'a mené à des actions concrètes. Le nombre d'ICE s'est donc effondré en 2014. Aujourd'hui, seules trois initiatives sont en cours. Euractiv 27/02/15


Après l'Autriche et la Suède, le mouvement islamophobe Pegida, né en Allemagne, a organisé le 28 février son premier rassemblement au Royaume-Uni : 400 personnes à Newcastle. Avec une contre-manifestation de près de 2 000 « Newcastle Uni », pour dénoncer l'importation du mouvement sur le territoire britannique. Le Monde.fr 28/02/15


Les pays européens les plus riches sont en échec dans leur lutte contre la pauvreté – contrairement aux dix pays d’Europe centrale et orientale (PECO) : « le nombre de pauvres et d’exclus sociaux est en diminution dans les PECO depuis 10 ans (moins 11,5 millions) tandis qu’il a augmenté dans l’UE-15 (plus 8,5 millions), surtout depuis le début de la crise ». Altereco+ 01/03/15


Égalité entre hommes et femmes. Chiffres à l'appui, Pascale Joannin cible la présence féminine au PE, dans les gouvernements nationaux (régression dans 3 États membres) ou dans les parlements, ainsi que dans les entreprises. C'est dans le secteur économique que les progrès sont les plus sensibles. Que font les politiques ? A l'approche de la journée des femmes le 8 mars, l'Europe doit aller encore plus loin pour conserver son avance. Lettre de la Fondation Robert Schuman mars 2015


En 2011, les transferts de fonds des Marocains résidant à l'étranger représentaient 7,3 % du PIB, 31,9 % du déficit commercial, 99,2 % des recettes touristiques, 2,3 fois le volume des investissements directs étrangers. Migrations société sept-oct 2014


 

La Pologne s'affranchit de Gazprom. Pour la 1ère fois en février, la Pologne a importé davantage de gaz liquide en provenance de l'UE que de la Russie. "Il y a quelques années encore, cela aurait été impensable. C'est la société russe Gazprom elle-même qui a amorcé la tendance, en ne remplissant pas à 100 % son contrat avec [le fournisseur polonais. Peut-être la dépendance totale par rapport aux livraisons de gaz russe est-elle une page tournée ?" eurotopics Dziennik Gazeta Prawna – Pologne 03/03/15


38 % des investisseurs pensent que la zone euro ne passera pas l'année. Ils étaient 24,3 % en janvier, 73 % en juillet 2012, 7,6 % en juillet 2014. euractiv 04/03/15


13 pays européens (11 de l'UE) reconnaissent le mariage homosexuel : Pays-Bas (2001), Belgique (2003), Espagne (2005), Suède (2009, l'Eglise doit trouver un pasteur pour célébrer le mariage religieux), Norvège (2009), Portugal (2010), Islande (2010), Danemark (2012), France et Angleterre/ Pays de Galles (2013), Luxembourg (2014), Slovénie (2015). En Finlande, premières cérémonies à partir de 2017.
Dans l'UE, Belgique, Danemark, France, Malte, Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni, Suède, Estonie, Autriche autorisent aux couples homosexuels une adoption conjointe.
23 pays européens (19 de l'UE) ont une forme d'union civile (partenariat enregistré, partenariat civil) : Danemark (1989), Suède (1995), Espagne (1998), Pays-Bas (1998), France (1999), Belgique (2000), Allemagne, Portugal (2001), Finlande (2002), Royaume-Uni (2005), Hongrie (2007), République tchèque (2006), Luxembourg (2010), Slovénie (2010), Irlande (2010), Autriche (2010), Malte, Croatie, Estonie (2014).
Albanie, Grèce projet de loi est en discussion.
Les pays européens non membres de l'UE, Norvège (1993), Islande (1996), Suisse (2007), Liechtenstein (2011) ont adopté une forme d'union civile.
Enfin, 9 pays de l'UE ne reconnaissent aucune forme d'union pour les couples homosexuels (Italie, Grèce, Chypre, Slovaquie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Bulgarie, Pologne). Toute l'Europe 05/03/15


Allemagne : augmentation de 3,4 % des salaires annuels pour les 4 millions de métallurgistes, plus forte augmentation depuis des décennies. Le volume d’heures travaillées en Allemagne n'a jamais ét aussi élevé depuis 1992. Le Monde 06/03/15.


France : Les profits du CAC40 augmentent de 33 % en 2014. Le Monde 06/03/15


Suite à une décision de la Cour de justice de l'Union européenne la France et le Luxembourg doivent supprimer la taxe réduite sur le livre numérique. Le Monde 06/03/15



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Devant la révision des taxes locales prévues pour 2018, le patronat inquiet demande l’application de la loi sur le préjudice d'anxiété. 03/03/15

 

Syriza pour tous, tous les Européens pour la Grèce de Syriza ! 04/03/15

 

Élections candidats % ouvriers/employés PS 0/13,UMP 1/14,EELV 1/15,FG 3/23,FN 4/26. Cadres prof.libérales : UMP 40,PS 35,EELV 33,FG 15 FN 14. 05/03/15

 

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Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 00:15

 

La Grèce : l'Europe, les Européens

 

Le gouvernement grec d'Alexis Tsipras, à peine formé, a trouvé en face de lui ceux qui, avant les élections, avaient pris position contre Syriza, quelquefois même en se déplaçant à Athènes pour soutenir ses adversaires. Et maintenir en place socialistes du Pasok et conservateurs de Nea Dimokratia qui, au pouvoir alternativement de 1974 à 2012, avaient mis le pays en faillite avec leur complicité. Depuis l'éclatement de la crise, les uns et les autres s'entendaient pour en faire supporter les conséquences aux plus défavorisés.

 

Cette complicité ne date pas d'hier. Qui a admis la Grèce et d'autres pays, dans l'UE et dans la zone euro, en sachant qu'ils ne remplissaient pas les conditions requises ? Qui a trafiqué les comptes avec l'aide des banques dans lesquelles certains ont occupé de hautes fonctions ?
Les électeurs ont sanctionné électoralement les gouvernants grecs. Ils n'ont aucun pouvoir sur les banques qui ont aidé ces gouvernants, les institutions et les gouvernements européens qui n'ont rien voulu voir si ce n'est l'élargissement infini de l'UE.

 

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  Place de la République à Paris

 

Quel crime a commis le peuple grec pour être sanctionné ? Si ce n'est d'élire des représentants qui l'ont trahi ? Par des mensonges, de la corruption, largement tolérés au niveau international. Bien des peuples de l'UE commettent la même erreur depuis des années.

 

Depuis la crise qui a tout fait éclater, la politique imposée par la troïka a permis aux banques européennes de ne pas trop souffrir et conduit à un budget grec enfin en excédent primaire (hors paiement des intérêts de la dette) depuis 2013 et à un retour à la croissance en 2014. La CE se félicite de ces progrès accomplis mais « cet ajustement s'est fait au prix d'une compression des dépenses qui a touché les plus vulnérables, plutôt que de réformes structurelles » (FMI). En effet, le chômage frappe 26% de la population active et, quand tous les pays de l'UE ont augmenté leur salaire minimum depuis 2008, celui des Grecs a diminué de 14%.
Sur sa lancée, la troïka propose d'accentuer cette politique antisociale en reculant l'âge de départ à la retraite, en diminuant les pensions, en « réformant » le système de santé et de l'éducation nationale, en augmentant la TVA (déjà à 23%), en supprimant 25.000 postes de fonctionnaires alors que plus de 160 000 personnes, 20% de la fonction publique grecque, ont déjà été licenciées ou non remplacées depuis 2010.

 

Cette fois, la troïka est allée trop loin. Les électeurs ont signifié leur congé aux « partis de gouvernement », qu'ils se réclament de la gauche ou de la droite. Ils ont mis leur espoir dans un parti, une équipe qui refuse la poursuite de cette austérité injuste.

Pour la première fois dans l’histoire de l'Europe en construction, un gouvernement veut respecter le mandat que lui ont donné les électeurs. Il y a là, pour tous les gouvernements en place, quelque chose de proprement stupéfiant. Par cette volonté, ce gouvernement incarne l'espoir non seulement des électeurs grecs mais aussi de tous ceux qui ont été trompés à la suite d'élections ou de référendums dont les résultats n'ont pas été respectés.

 

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Manifestation de solidarité à Paris

 

Le gouvernement, nouvellement élu, a dû négocier, difficilement, pour trouver un accord, un premier compromis, sous peine de faillite immédiate, suite à la politique de ses prédécesseurs. Il a négocié non avec les technocrates anonymes de la troïka (BCE, FMI, CE), répudiés mais avec le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Et Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, parce qu'il est l'inspirateur de la politique économique de l'UE, parce que l'Allemagne est la première puissance économie et le premier, mais non le seul, on l'oublie toujours, pays contributeur au niveau européen.

 

Ces négociateurs sont soutenus, avant tout début de discussion, par le président de la BCE qui a fermé le robinet. Plus discrètement par le FMI et le président de la CE. Par les pays nordiques alignés sur l'Allemagne. Et aussi par les gouvernements du sud, en difficulté, Portugal et Espagne. Ceux-ci, ayant imposé la politique de la troïka à leur peuple, se sentiraient désavoués par une victoire même partielle du gouvernement grec. D'autant que les élections législatives approchent en Espagne où le PPE comme le PSOE risquent d'avoir des difficultés face à un « Podemos » qui monte en puissance.
Quant aux partis de gauche qui gouvernent, SPD allemand, Parti démocrate italien de Matteo Renzi, PS de François Hollande, la possibilité d'un soutien, d'une coalition at-elle été une brève illusion contre compensation ?

 

Bien entendu, le gouvernement Tsipras ne pourra imposer, au niveau européen, tout le programme de Syriza. Mais un premier compromis a été passé qui donne quelques mois de répit pour avancer au delà de l'ultimatum européen initial. Dans l'accord, le gouvernement a fait figurer une certain nombre des mesures promises par Syriza :accès gratuit à des repas, aux services de santé fourniture d’électricité gratuite aux foyers les plus démunis, aide au logement…


A coté de ces mesures humanitaires qu'il a dû accepter, l'Eurogroupe pourrait être satisfait d'avoir à traiter avec un gouvernement qui veut s'attaquer au système clientéliste, rendre plus efficace et plus juste la collecte des impôts, entreprendre la chasse aux gros fraudeurs, la rationalisation des dépenses, la réorganisation de l'administration...


La partie la plus difficile a été recouverte d'un silence pudique ou de phrases diplomatiques lors de ce premier face à face : la dette. Tout le monde sait que la dette ne sera jamais intégralement remboursée. Mais aussi qu'elle ne sera pas purement et simplement annulée. Reste à formuler le compromis qui permette, à travers adaptation du taux et allongement de la maturité, de la rendre supportable sans empêcher la reprise des investissements. L'Eurogroupe semble aller dans ce sens qui dit que la Grèce devra « assurer les excédents primaires appropriés pour garantir la soutenabilité de la dette en ligne avec les déclarations de novembre 2012 de l'Eurogroupe ». Sans donner trop de précisions.


S'ils veulent maintenir l'euro et l'UE, les négociateurs européens devraient saisir cette possibilité car c'est probablement la dernière chance. La politique de l'UE sous la conduite de l'équipe Merkel suscite une opposition de plus en plus forte dans la plupart des États membres : opposition d'une droite nationaliste qui prône la sortie de l'euro et même l'éclatement de l'UE - FN qui monte en France, United Kindom Independance Party qui menace Cameron au Royaume-Uni, Alternativ für Deutschland qui inquiète le parti d'Angela Merkel - et opposition d'une gauche « antiaustéritaire » mais encore proeuropéenne (Syriza, Podemos...). Choisir la rupture avec le gouvernement grec serait, pour l'UE, choisir la disparition de l'euro et de l'UE tels qu'ils existent aujourd'hui. C'est un choix probablement envisagé par certains au sein de l'UE et de l'Eurogroupe mais encore non assumé.

Ce serait une erreur de voir seulement dans l'épreuve de force actuelle un duel du jeune économiste grec Yanis Varufakis contre le gardien des traités Wolfgang Schaübe, un affrontement de la Grèce avec l'Allemagne et, encore moins, du peuple grec et du peuple allemand, même si certains veulent monter les uns contres les autres. Il s'agit de bien autre chose : « La vraie ligne de fracture - la seule qui compte et qui doit être clairement identifiée afin d'être mieux combattue - est celle qui sépare et qui oppose le monde des affaires et l'élite de la finance (ayant largement profité avant, pendant et après la crise) à la masse des salariés et des travailleurs de la classe moyenne allemande, française, grecque et autres » (La Tribune 23/02/15).

La « petite Grèce » (2 % de la population, 2 % du PIB de l'Europe) a enrayé, peut-être seulement pour un temps, le rouleau compresseur. Dans le dure partie qui se joue, le silence des peuples de l'UE est inquiétant. Lors de la bataille contre Hartz IV, quelques dizaines de militants se retrouvaient, tous les lundis, à « La rotonde de la Villette » à Paris pour exprimer leur solidarité des travailleurs allemands !!! Cela n'a pas beaucoup aidé les travailleurs allemands !!!

 

150215GreceSyrizaParis.jpg

Manifestation de solidarité à Paris

 

Aujourd'hui, le peuple grec a besoin d'un tout autre soutien.

Les 3 mois qui viennent vont être décisifs pour le peuple grec mais aussi pour les peuples de l'UE. Peuples, syndicats, partis vont-ils se contenter d'observer le spectacle, de compter les points, de critiquer tel ou tel renoncement ? N'y a-t-il pas mieux à faire pour aider « Syriza » aujourd'hui et « Podemos » demain ?

Y aura-t-il une mobilisation européenne des peuples suffisante pour entrainer une réorientation de la politique européenne ?

 

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Manifestation de solidarité à Paris

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