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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 08:55

 

Revue de presse n° 156(Europe)


Les exportateurs allemands ont enregistré des ventes record en 2014. L'excédent commercial du pays, supérieur à celui de la Chine et de l'Arabie saoudite, inquiète Bruxelles. Euractiv 11/02/15


La consommation énergétique dans l'UE a chuté à son niveau le plus bas depuis plus de 20 ans, selon des statistiques de la CE. Une tendance due à la crise et aux progrès en matière d'efficacité énergétique.
Plus de la moitié de ses besoins en énergie sont fournis par des producteurs étrangers dont le Moyen-Orient et la Norvège. Parmi les grands pays membres de l'UE, le Royaume-Uni était l'un des moins dépendants des importations - grâce à l'énergie fossile de ses installations offshore - avec 46,4 % de l'énergie primaire venant de l'étranger. La France, où les réacteurs nucléaires génèrent la grande majorité des besoins en électricité, est également moins dépendante que la moyenne, avec 48 % d'énergie importée. À l'inverse, environ 63 % de l'énergie allemande vient de l'extérieur du pays et, en Italie, ce pourcentage grimpe à 77 %. Euractiv 11/02/15


Le refus d'une commission d'enquête ambitieuse sur l'évasion fiscale passe mal au PE. « Chaque fois que le PE a l’occasion d’avoir du pouvoir, il recule ! Si ce n’est sur l’évasion fiscale, c’est sur le budget. Ce qui fait du PE un paillasson sur lequel les chefs d’État s’essuient les pieds » P.Lamberts, président des Verts au PE Euractiv 11/02/15


Juncker, s'est entretenu avec Tsipras et fait savoir que leur échange avait eu lieu dans un esprit de coopération. "Le président de la C
Evoit dans le dossier grec l'occasion de remettre en cause le rôle dominateur que Merkels'est arrogé dans les relations européennes. A la différence de Barroso, nommé par les gouvernements, Juncker a remporté les élections européennes, tête de liste des conservateurs européens. Cette légitimation démocratique est une raison décisive pour raboter une hiérarchie dans le système du pouvoir mise en place par les gouvernements nationaux aux pires heures de la crise, désormais dominée par les pays forts de la'créditocratie." eurotopics Il Sole 24 Ore – Italie 11/02/15


Les évêques polonais ont condamné à l'unanimité vendredi la ratification par le Parlement polonais de la "convention sur la lutte contre la violence conjugale". Ils voient dans cette convention une attaque à la famille. Au lieu de vociférer, l'Eglise ferait mieux de prendre des mesures constructives contre la violence. eurtopics Gazeta Wyborcza - Pologne11/02/15


Selon le Guardian,le patron du fisc avait annoncé aux députés en septembre 2011 l’ouverture de milliers d’enquêtes visant des clients d’HSBC-Suisse. Trois ans et demi plus tard, seul un dossier a fait l’objet de poursuites judiciaires. LeMonde.fr 11/02/15


"Parler de 'partage du travail' serait minimiser le conflit transatlantique. Si les États-Unis avancent en force militairement, c'en est fait de l'unité de l'UE sur les sanctions… Ce débat montre clairement à quel point la domination des Américains sur la politique extérieure européenne a influencé la pensée européenne, pendant des décennies… L'impatience des États-Unis n'est pas dirigée contre Poutine, mais contre la chancelière allemande. Ceux qui ne laissent pas au régime de sanctions de l'UE le temps requis pour faire effet font le jeu du Kremlin. S'il doit y avoir une escalade, elle doit se faire par le biais des sanctions ! L'Ouest ne doit pas se laisser diviser. C'est pourquoi, pour une fois, c'est les États-Unis qui doivent se plier au leadership européen." eurotopics Die Zeit – Allemagne 12/02/15


Plus de 300 personnes auraient trouvé la mort en
Méditerranéeentre la Libye et Lampedusa. A la différence de Mare Nostrum, la mission italienne abandonnée, la force d'intervention européenne actuelle n'est pas à la hauteur de la tâche : "On ne peut pas savoir si Mare Nostrum aurait réussi à sauver les 200 ou 300 réfugiés qui ont péri cette semaine. Mare Nostrum aurait tout tenté pour les sauver. Sauver des vies humaines n'est toutefois pas la mission de Triton. L'opération a vocation à sécuriser les frontières européennes contre les réfugiés… Il est parfois même question des coûts entraînés par la protection contre les réfugiés et la protection des réfugiés. Le financement de Mare Nostrum pendant un an s'est chiffré à presque 100 millions d'euros, et a sauvé environ 100.000 vies humaines. Un calcul simple qui se fait de tête. Mais il serait encore plus simple de le faire avec le cœur." eurotopics Tages-Anzeiger – Suisse 12/02/15


'Nous ne sommes pas la Grèce'. Tandis que Tsipras et son ministre des Finances poursuivent leurs gesticulations, le Portugal accélère le rythme du remboursement des crédits du FMI." eurotopics Diário Económico - Portugal 11/02/15


"Lorsque la guerre civile a commencé en Syrie, de nombreux observateurs pensaient que les jours d'Assad étaient comptés. Une prévision erronée. … L'Occident a compris qu'il ne ferait que renforcer les djihadistes s'il s'opposait à Assad. En fin de compte, l'Occident a dû faire un choix. Il s'est résolu, tacitement, à soutenir le régime syrien. Il semble que le président syrien ait conforté son pouvoir. ezurotopics Phileleftheros Chypre 12/02/15


Plus de 6.000 Polonais ont demandé la nationalité britannique, nouveau record, en 2013. " Qu'un nombre aussi important choisisse de s'établir définitivement sur l'île est une gifle pour nos politiques. S'ils sont prêts à renoncer à leur nationalité et à un retour dans leur patrie, c'est le signe que les choses ne sont pas si positives chez nous... Les jeunes, les entrepreneurs, les diplômés préfèrent devenir Britanniques. Une perte irremplaçable pour notre pays, un bénéfice immense pour le Royaume-Uni." eurotopics Rzeczpospolita – Pologne 13/02/15


"Les menaces à l'encontre des journalistes redoublent et entraînent une autocensure, nombreux sont ceux qui estiment qu'il vaut souvent mieux se taire... Il est généralement question de l'interdiction de critiquer certaines positions religieuses, d'un genre d'interdiction informelle du blasphème.La liberté de presse, plus qu'une affaire de journalistes, nous concerne tous. Une société libre a besoin d'une presse libre. eurotopics Sydsvenskan - Suède13/02/5


Colonies en Palestine : l’Europe dans l’illégalité". La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et la FIDH ont lancé la campagne « Made in illegality ». pour faire pression sur l’UE et les gouvernements de l'UE pour qu’ils cessent leurs relations économiques avec les territoires occupés :
- importation de produits fabriqués dans les territoires occupés étiquetés
Made in Israël. (230 millions d’euros) ;
- implantation d’entreprises dans les territoires occupés, investissements, fourniture d'infrastructures ou de services (exemple : Orange a des relations avec un opérateur de téléphonie implanté en Cisjordanie et sur le Golan, Alstom et Veolia et le projet de tramway reliant Jérusalem aux territoires occupés) ;
- signature d’accords d’association entre UE et Israël, accordant aux produits israéliens des tarifs préférentiels.
Les lignes bougent. L’entreprise hollandaise Royal Haskoning DHV a renoncé à un traitement des eaux usées à Jérusalem-Est, sous pression du gouvernement. En 2014, 18 pays européens, dont la France, déconseillent à leurs entreprises d'avoir des activités économiques dans les colonies israéliennes, pour les risques juridiques.
Enfin, septembre 2014, l’UE
a stoppé l’importation de volailles et produits laitiers venant des territoires occupés. Altermondes.orgVendredi 13 février 2015


L'efficacité des systèmes judiciaires en Europe : Chiffres donnés par la CE pour l'efficacité de la justice (CEPEJ). Six pays du Sud de l'Europe trustent le peloton… des retardataires. Au Portugal, avec 860 jours, il faut en moyenne 4 fois plus de temps que dans le reste de l'UE pour voir une affaire résolue. Cette lenteur s'est toutefois significativement restreinte de 236 jours entre 2010 et 2012. Suivent ensuite Malte (707 jours), la Grèce (677), Chypre (534), l'Italie (396) et l'Espagne (264). Loin devant la Suède (149) et la Slovénie (111). Les plus vertueux : Danemark (17 jours), Lituanie et Estonie (44), Pologne (50) et Autriche.
En 2012, en France, la durée moyenne est de 275 jours, en augmentation par rapport à 2010 (256). Toute l'Europe 13.02.2015


Lors du Conseil européen du 12 février, le président de la CE, J-C. Juncker, a avancé l'idée d'une union de la zone euro, un concept de coopération renforcée qui ne fait pas l’unanimité. Il a présenté une note d'analyse sur l'Union économique et monétaire, préparée en collaboration étroite avec D.Tusk, le président du Conseil, J.Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe et M.Draghi, président de la BCE. Euractiv 13/02/15





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Éthique : le groupe UMP du Sénat avait-il un compte à la HSBC ? Si oui, pourquoi ? Pourquoi en Suisse ? Le 12/02/15

 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 21:28

  De façon un peu tardive, quelques photos ramenées de quatre jours en Bretagne pour la fin de l'année : Saint Malo, Saint Michel, Côte émeraude et Dinan.  Avec un temps un peu frais mais ensoleillé.

Cartes postales pour présenter mes meilleurs voeux.

 

 

 

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  Saint-Malo : le port

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  Saint-Malo : le port

 

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  Saint-Malo : Les remparts                                                        Saint-Malo : René Duguay Trouin

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  Saint-Malo : vue des remparts

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  Saint-Malo :  Fort national

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Mont-Saint-Michel

 

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  Mont-Saint-Michel

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  Mont-Saint-Michel

 

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  Grande rue du Mont-Saint-Michel

 

 

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  Mont-Saint-Michel : vue des remparts

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    Mont-Saint-Michel : vue des remparts

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    Mont-Saint-Michel : vue des remparts

 

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  Mont-Saint-Michel : Cloître

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  Mont-Saint-Michel : Cloître 

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  Réfectoire du Cloître

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  Grande Roue pour monter matériaux et provisions

 

 

  Mont-Saint-Michel : Cloître

 

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  Bords de la Rance

 

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    Bords de la Rance

 

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  Bords de la Rance

 

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  Dinan

 

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  Dinan

 

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  Remparts de Dinan

 

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  Dinan Eglise Saint-Sauveur

 

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    Dinan Eglise Saint-Sauveur

 

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  Vitrail église Saint-Malo

 

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  Vitrail église Saint-Malo

 

 

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  Vitrail église Saint-Malo

 

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  Dinan Eglise Saint-Malo

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  Dinan

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  Place des Merciers

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Statue équestre de Du Guesclin

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Dinan Les Remparts

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 17:22

 

Revue de presse n° 155 (Europe)


La Ligue du Nord, un parti anti-immigration, a fait voter une loi rendant «quasi impossible» la construction de lieux de culte musulmans en Lombardie. En Italie, la loi n'a suscité aucune polémique. LeFigaro.fr 03/02/15


La troïka, composée de hauts fonctionnaires dela CE, de la BCE et du FMI, chargée de négocier les programmes de réformes en contrepartie des aides financières, symbole de l’Europe technocratique, a concouru à la montée de l’euroscepticisme. Le PE a réclamé sa suppression, jugeant sa légitimité juridique et démocratique nulle. Le gouvernement Syriza a précipité sa fin. La Grèce discutera avec les ministres des Finances de l’UE, le président de la CE et la directrice générale du FMI. Libération 02/02/15


Tsipras a trouvé en Matteo Renzi un premier allié, à la veille de sa visite à Bruxelles. Le chef du gouvernement italien s’est dit “optimiste sur les chances d’un accord entre la Grèce et ses partenaires européens”, alors qu’Athènes cherche à alléger le fardeau de la dette.“Nous pensons que chacun de nous dans nos pays devons faire des réformes”, a rajouté Renzi. Euronews 04/02/15

 

Une enquête pourrait être ouverte par le Médiateur européen contre la CE qui a refusé l'accès à certains documents du TTIP à  5 ONG. De son côté, l'exécutif européen estime que ces négociations sont les plus transparentes jamais menées. Euractiv 03/02/15


Contrairement à ce qu’Athènes espérait, il ne compte aucun allié dans l’UE, en dehors de Chypre, aussi sous perfusion financière. Tsípras, à Paris, après Bruxelles, Rome, a pu mesurer cet isolement : de la «sympathie», certes, mais pas question «d’annuler» ou de renégocier tout ou partie de la dette grecque voire de relâcher la pression pour que le pays se réforme. Libération 04/02/15


Beaucoup s’inquiètent que l’Europe perde la France comme moteur. C’est plus gravement la France qui perd l’Europe comme horizon. Y.Jadot, Libération 04/02/15


Ce ne sont pas « les Grecs » que les États européens (et le FMI) ont aidés. Ce sont leurs propres banques auxquelles ils ont permis de se désengager en se substituant à elles comme créanciers de la Grèce. Est-ce aux Grecs de supporter pendant des décennies le poids financier du sauvetage des banques françaises, allemandes et autres ? AlterEcoPlus 04/02.15


La part de la valeur ajoutée consacrée au salaire de sociétés non financières américaines s'établit à 57 %, soit le taux le plus bas depuis que ces données sont collectées en 1929. Courrier international/The economist décembre 2014-février 2015


Les banques grecques ne pourront plus donner des titres de la dette grecque lorsqu'elles voudront retirer des liquidités auprès de la BCE. C'est la décision prise par la BCE à l'issue de la rencontre entre Mario Draghi et le ministre grec des Finances. La BCE affirme ainsi clairement qu'elle défendra l'euro, se réjouissent certains commentateurs. Les autres critiquent une position qui suit la ligne allemande et qui ne fera qu'aggraver la crise grecque. Eurotopics 05/02/15


Certaines entreprises helvétiques envisagent de payer dorénavant en euros leurs employés frontaliers - personnes domiciliées dans des pays de l'UE et qui viennent travailler chaque jour en Suisse. Il s'agit là d'une action illégale et discriminatoire, quotidien libéral-conservateur La Tribune de Genève :Eurotopics 05/02/15


C'est en Grèce que la proportion de mineurs emprisonnés est la plus grande ; plus de 4,6% de la population carcérale. En Hongrie, ce pourcentage est de 3%. Avec 1% de mineurs dans sa population carcérale, la France se situe en bas du classement. En Suède, en Espagne et en Pologne, il n'y a presque aucun mineur en prison.

Age de la responsabilité pénale où le mineur peut être considéré responsable de ses actes : de 8 (Ecosse) à 18 ans (Belgique). La majorité des États-membres de l’UE ont convenu d’un âge minimum de la responsabilité pénale fixé à 14 ans.
La responsabilité pénale ne veut pas dire emprisonnement : en Ecosse, les enfants peuvent être reconnus coupables d'une infraction pénale à partir de 8 ans mais ne peuvent pas faire l'objet de poursuites pénales avant l'âge de 12 ans. Entre 8 et 12 ans, les infractions pénales peuvent être inscrites dans le casier judiciaire de l'enfant, sans poursuites pénales. Toute l'Europe 05/02/15


Les trois grandes groupes de la coalition favorable à J-C Juncker se sont mis d'accord pour la création d'une commission spéciale. Un dispositif qui donne moins de pouvoirs pour enquêter sur l'évasion fiscale des entreprises en Europe. Euractiv 05/02/15


A.Merkel rencontre B.Obama pour évoquer la stratégie à adopter en Ukraine. Auparavant, elle avait réitéré son opposition aux livraisons d'armes, défendues aux États-Unis, notamment par les républicains. Pour certains commentateurs, seules les armes occidentales peuvent mettre le holà à Poutine. D'autres font valoir que les tenants de la ligne dure créent une division entre Merkel et Obama. Eurotopics 09/02/15


Première manifestation Pegida en Suède. Une trentaine de personnes venues à l’appel du mouvement anti-islam ont manifesté entourées de barrières et de 3 000 personnes venues dénoncer leur intolérance. Euronews 09/02/15


« Le système bancaire helvétique n'est certainement pas noble et bon... une gigantesque conspiration qui vise à priver les gouvernements de leurs richesses. Il n'est pas vraiment pire que nos lois fiscales, qui, par le biais de combines telles le "Double Irish", permettent aux entreprises et aux particuliers de dissimuler l'argent à leur fisc. C'est ce que font les petits pays : Luxembourg, Liechtenstein, Pays-Bas, Malte, Irlande, Andorre, Suisse. Les grands... adoptent des lois remplies de niches fiscales, afin que leurs grandes entreprises et leurs citoyens les plus riches puissent exploiter des systèmes fiscaux comme ceux de l'Irlande » eurotopics Irish Independent – Irlande 10/02/15


« Face à l'ampleur de l'enjeu, Merkel intervient, et elle a raison de le faire. Il n'y a pas d'alternative au leadership allemand. La chancelière a eu l'intelligence d'accorder à la France un rôle de premier plan et d'associer ses alliés de part et d'autre de l'Atlantique à son initiative. Une division du camp occidental réduirait les chances de succès - des chances déjà bien ténues. » eurotopics NRC Handelsblad - Pays-Bas10/02/15



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L'Allemagne exige une reddition pure et simple. Athènes ne compte aucun allié dans l’UE, sauf Chypre. Renzi offre une cravate ? Hollande ? 03/02/18

 

Merkel remercie la gauche européenne de son soutien. Tsipras remercie la gauche de la gauche européenne massée sur les places publiques. TVB 04/02/15

 

La Grèce victime de son absence d’État, des privilèges des armateurs et des popes orthodoxes (Le Monde). Mais que faisait la troïka ? 04/02/15

 

Banques nationales et BCE, non élues, sont indépendantes des gouvernements. Les Gouvernements élus ne le sont pas. Les peuples. non plus. 05/02/15.

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 23:27

 

Sourires de la ligne 2

 

Elle est assise, jeune, fragile, occupe quatre places avec ses affaires étalées... Qu'elle range, quand deux voyageurs veulent s’asseoir, avec un petit sourire d’excuse, timide. Et libère le dernier siège quand son ami arrive. Je ne le vois que de dos. Mais le sourire de la jeune fille a changé. Totalement. Son regard se concentre. Ses yeux chantent. Son sourire devient accueil, ouverture, offre, don, confiance... Le monde a disparu.

Ils échangent quelques mots. Elle ouvre son sac, en sort un en-cas, le partage en deux. Chacun croque dans sa part. Comme dans une vie partagée. Et ses yeux ne voient qu'un seul regard, ne sourient plus mais éclatent d'un rire silencieux et généreux. Qui abolit le temps inépuisable. Le métro semble immobile et silencieux. Le temps s'est arrêté.

Le sait-elle ?

Cet instant restera-t-il en elle comme un moment parfait ? Lumineux ? Hors monde ?
Ou n'est-il que l'instant imaginaire d'un voyeur sénile ?

 

***

 

Toutes les places sont occupées. Une femme âgée, aux traits marqués, les cheveux enveloppés par un foulard traditionnel, monte avec deux sacs. Au bout des bras. C'est mardi, jour de marché. Un homme d'un certain âge se lève sans rien dire et lui cède sa place. Elle ne semble pas comprendre. Elle hésite, refuse, finit pas s'asseoir, lasse.

Quand une autre place se libère. Elle se précipite. Pour rendre la place – usurpée, pense-t-elle ? - à la personne qui la lui avait cédée.

Quand, trois arrêts plus loin, le passager descend, elle remercie à plusieurs reprises, se confond en sourires. Elle a fait si souvent ce trajet debout, avec ses sacs...

 

***

 

Elle a la soixantaine, entre deux beautés, confortablement habillée. Le sac sur les genoux. Il est plus âgé, à mi-wagon, feuilletant distraitement un magazine. Leurs regards se croisent. Ils se sourient. Des passagers montent, descendent. De mon journal, je peux les voir tous le deux. A quelques mètres l'un de l'autre. Quand il lève les yeux du magazine dont il tourne une page. Leurs regards se croisent à nouveau, leurs sourires s'échangent. De connivence. A plusieurs reprises. Les pages du magazine sont vite parcourues. Peut-être pour revenir au regard. Au sourire. Ils sont trop loin pour pouvoir se parler. Le désirent-ils ?
Un téléphone sonne. Ils lèvent la tête. Un passager se met à parler, à voix forte, mais dans une langue étrangère. Comme moi, ils ne doivent rien comprendre, à cette voix énervée. Les sourires reprennent, avec une autre force, une autre signification entre personnes du même monde qui savent utiliser, discrètement, leur portable. A chaque nouvel éclat de voix au téléphone, la complicité se renforce.

A la station suivante, le « téléphone » s'en va. Toujours « téléphonant ». La dame aussi descend après un dernier sourire et disparaît dans l'anonymat, sur le quai. Sans un regard. Sans un sourire.

 

***

 

Trois jeunes montent, un peu bruyants, discutent de tout, de rien... Un monsieur, probablement d'origine maghrébine, s’assied à coté d'eux. La conversation des jeunes continue, toujours aussi animée, Indifférente à l'entourage.
Un des jeunes sort un paquet de chewing-gum en offre à ses copains et au « quatrième » passager tout surpris qui refuse, poliment, avec un sourire.

Deux stations plus loin, la conversation semble un peu s'apaiser. Le monsieur se lève, salue chaleureusement les jeunes et les remercie. Un sourire heureux sur le visage.

C'est probablement la première fois que des jeunes lui offrent un chewing-gum dans le métro.

 

***

 

Toutes les places assises sont occupées. Il y a même des personnes debout. Appuyé à la porte, un homme, la quarantaine, brun, aux cheveux noirs, la barbe naissante. Le regard vif. Fixe. Semble fixer, sans broncher, derrière moi un groupe qui parle une langue étrangère que je ne comprends pas.
Je n'ose pas me retourner pour voir ce groupe. Est-il avec eux ? Je ne sais. Je l'observe. Il ne me voit pas. Il est tout entier dans son regard. De temps en temps, un sourire s'ébauche sur son visage et anime son œil qui ne bouge pas, devient plus vif. Tranchant. Sur de lui. Dominateur. Ce regard, se sourire s'adressent-ils à quelqu'un ? Communique-t-il ? S'affirme-t-il sur quelqu'un ? Ou seulement sur lui-même ?
Quelques stations plus loin quand je descends, l'homme n'a pas changé de place. Ni de regard. Ni de sourire. Intérieur ? A quelqu'un ?

 

***

 

Belle femme, blanche, la cinquantaine, élégante, bien droite sur son siège, elle est souriante. Femme épanouie. Discrètement, je suis son regard. Au bout de son regard, un homme, noir, plus jeune, beau, fort, dont je ne peux voir le visage et les yeux.

Je ne sais pas s'il y a échange et depuis quand. Le beau noir se prépare à descendre, une discrète invite de la main. Le regard de la femme s'éclaire d'un sourire ravi. Qu'exprime-t-elle ? Seulement la satisfaction d'avoir été vue ? D'avoir retenu l'attention ? Du fugace désir partagé mais irréalisable ? Remerciement heureux pour l'instant donné. Mais enfin, pas ici, pas comme cela ? Dans d'autres circonstances peut-être ? Mais enfin, vous n'y croyez-pas ?

Y penseront-ils encore dans quelques minutes ? Rêveront-ils des hasards de la vie ? Des folies impossibles ? Des sourires qui se frôlent ? De mondes si proches, si lointains ? De tout ce qui sépare ?

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:15

 

20px-Flag_of_Greece.svg.png20px-Flag_of_Europe.svg.pngSyriza triomphe en Grèce
Syriza a nettement remporté les législatives en Grèce. Alexis Tsipras a annoncé la fin de la politique de rigueur, tout en faisant part de sa disposition à négocier avec les créanciers. Cela marque la fin de l'austérité en Europe, se réjouissent certains commentateurs. D'autres estiment qu'il n'aura pas d'autre choix que de maintenir le cap des réformes. Eurotopics 26/01/15


20px-Flag_of_Europe.svg.png"Pour Spiegel-Online, les défenseurs de la ligne dure à Berlin et Bruxelles n’ont plus le choix et doivent abandonner la politique basée exclusivement sur l’intérêt égoïste d’une nation". Selon The Daily Telegraph, "Angela Merkel et les autres leaders européens savent que s’ils accordent des larges concessions à Alexis Tspiras, ils encourageront les mouvements et les révoltes populistes en Europe". Sans surprise, "plusieurs titres allemands se montrent également très réservés sur la victoire de Syriza". Toute l'Europe 26/01/15


20px-Flag_of_Europe.svg.png"Syriza a gagné... Une négociation va s'ouvrir, cruciale pour la Grèce, fondamentale pour l'Europe. Elle promet d'être très dure : la CDU d'A.Merkel a d'ores et déjà posé ses termes, indiquant qu'il fallait se préparer à l'éventualité d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Dans la négociation qui s'ouvre, Hollande se retrouve au centre du jeu, entre une Allemagne arc-boutée sur sa rigidité monétaire et le vent de changement qui souffle en Grèce, en Espagne et ailleurs. De son attitude dépendront les chances de voir l'euro prendre un visage plus humain et plus social." Eurotopics L'Obs 25/01/15


20px-Flag_of_Italy.svg.pngL’Italie songe à créer une structure de défaisance, une « bad bank », afin d’assainir son secteur bancaire. On estime que les prêts irrécouvrables ont plus que doublé depuis 2010 : 181 milliards d'euros. Euractiv 27/01/15


Le 1eramendement (de la Constitution des États-Unis) garantit une liberté totale à la presse, c’est le seul pays au monde où aucun journal n’a jamais été saisi, où toutes les opinions, fussent-elles nazies, sont garanties par la Constitution. Aux États-Unis, il y a très peu de procès en diffamation parce que la Cour suprême, en général, donne raison aux médias : mieux vaut se tromper en cherchant la vérité que de prendre le risque de la cacher. Serge July Libération 31/01/15


20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg.pngM. Carney, Gouverneur de la Banque d'Angleterre, a exhorté la zone euro à s'orienter vers une union budgétaire et à cesser les politiques d'austérité afin de renouer avec la croissance. Euractiv 30/01/15

20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg.pngL'Écosse a imposé un moratoire sur les permis d'exploration pour le gaz de schiste, peu après que le Parlement de Westminster s'est opposé à une interdiction nationale.  Euractiv 30/01/15

20px-Flag_of_Europe.svg.pngLe gouvernement de Tsipras a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de coopérer avec la troïka... J-C Juncker, président de la CE, souhaite la suppression de la "troïka"... L'Allemagne est également prête à revoir les accords qu'Athènes a conclu avec la CE, la BCEet le FMI. Le Figaro.fr 01/02/15.


20px-Flag_of_Spain.svg.pngL’Espagne, avec 1,4 % de croissance économique, l’an dernier, a fait partie des économies les plus dynamiques de la zone euro derrière l’Allemagne (+1,5%), après un recul de 1,2% en 2013 et de 1,6 en 2012. C’est la première fois depuis 2008 que l‘économie espagnole présente une croissance sur une année pleine. Les 2combats que doit mener le pays, sont le chômage, plus de 23% de la population et 51% des jeunes, et la déflation, les prix ont baissé en janvier pour le septièmemois consécutif (1,5% enun an). Euronews 30/01/15


20px-Flag_of_Greece.svg.pngLes économistes sont étonnants. Après avoir majoritairement soutenu les politiques « d’ajustement structurel » du FMI et de « modération salariale », les voilà qui rejoignent les rangs de Syriza ! C'est le cas de Thomas Piketty, Paul de Grauwe, Simon Wren-Lewis, Paul Krugman ou encore James Galbraith. Alterécoplus 01/02/15


20px-Flag_of_Europe.svg.pngLe parti de l’austérité, sur la défensive, va devenir de plus en plus faible, la stratégie européenne va devenir celle d’une politique de croissance keynésienne. Dans ce sens vont les clauses de flexibilité adoptées par la CEsur les investissements publics, encore plus que le plan Juncker pour les investissements. Les conditions sont favorables : le quantitative easing de la BCE, le plan Juncker, la baisse de l’euro et du prix du pétrole… Le nouveau gouvernement grec arrive à temps; c’est bien maintenant le moment de sortir de l’austérité. Sauvons l'Europe 02/02/15


20px-Flag_of_Spain.svg.pngPlus de 100.000 partisans de Podemos ont participé à Madrid à une "marche pour le changement", afin de dénoncer l'austérité. Certains commentateurs optimistes estiment que Syriza et Podemos peuvent transformer l'indignation en politique constructive, d'autres redoutent une montée des partis d'extrême gauche. Eurotopics 02/02/15


20px-Flag_of_Germany.svg.png"Un islam allemand doit être germanophone… doit porter en lui les idées de la liberté de la tolérance… doit mener une réflexion sur l'histoire allemande et ses spécificités… Les pères et les grands-pères [des musulmans] n'ont pas acclamé Hitler et n'ont pas envoyé les juifs aux chambres à gaz… En tant qu'Allemands, les musulmans doivent s'interroger sur l'histoire de ce pays. Ils ont deux raisons de réfléchir à l'antisémitisme. En tant qu'Allemands, en tant qu'immigrés venant de pays musulmans". Mehmet Ata, Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung Eurotopics 02/02/15


20px-Flag_of_Austria.svg.pngPegida, le mouvement islamophobe, qui a connu ses premières manifestations à Dresde en Allemagne il y a trois mois, a rassemblé quelques 400 personnes dans les rues de Vienne. Elles se sont toutefois heurtées à une contre-manifestation de taille, dix fois plus importante selon la police. Euronews 03/02/15


20px-Flag_of_Greece.svg.pngLe nouveau gouvernement à Athènes s'est toujours méfié du partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP) et compte utiliser sa majorité parlementaire pour faire échouer l'accord commercial entre les États-Unis et l'UE. Euractiv 03/02/15


Il n'y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde qu'en 2013

Nombre de demandeurs d'asile pour 1000 habitants en 2013

GB

IT

Finl

GR

UE

FR

PB

DK

ALL

Belg

AUT

Norv

Suèd

0,5

0,5

0,6

0,7

0,9

1,0

1,0

1,3

1,6

1,9

2,1

2,4

6,0

Origine des demandeurs d'asile dans l'UE

Syrie

Russie

Afghanis

Serbie

Pakistan

Kosovo

Somalie

Érythrée

Total

50 435

41 485

26 200

22 375

20 815

20 220

18 560

²14 580

434 450

Donateurs à l'Agence de l'Onu pour les réfugiés en 2013, en millions de dollars

USA

Pays UE

dt FR

Finl

PB

DK

ALL

Suède

GB

Instit UE

Japon

1 042

887

24

27

86

86

117

129

161

213

253

Alternatives économiques janvier 2015



20px-Flag_of_Europe.svg.png20px-Flag_of_Germany.svg.png20px-Flag_of_Austria.svg.png20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg.png20px-Flag_of_Bulgaria.svg.png20px-Flag_of_Cyprus.svg.png20px-Flag_of_Croatia.svg.png20px-Flag_of_Denmark.svg.png20px-Flag_of_Spain.svg.png20px-Flag_of_Estonia.svg.png20px-Flag_of_Finland.svg.png20px-Flag_of_France.svg.png20px-Flag_of_Greece.svg.png20px-Civil_Ensign_of_Hungary.svg.png20px-Flag_of_Ireland.svg.png20px-Flag_of_Italy.svg.png20px-Flag_of_Latvia.svg.png20px-Flag_of_Lithuania.svg.png20px-Flag_of_Luxembourg.svg.png20px-Flag_of_Malta.svg.png20px-Flag_of_the_Netherlands.svg.png20px-Flag_of_Poland.svg.png20px-Flag_of_Portugal.svg.png20px-Flag_of_Romania.svg.png20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg.png20px-Flag_of_the_Czech_Republic.svg.png20px-Flag_of_Slovakia.svg.png20px-Flag_of_Slovenia.svg.png20px-Flag_of_Sweden.svg.png20px-Flag_of_Europe.svg.png

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La Grèce ne pèse que 3% du PIB européen et la victoire de Tsipras est "un véritable séisme" ! Pour qui ? Pourquoi ? Tout allait si bien... 26/01/15

 

12/02 : Tsipras attendu à Bruxelles, pour son premier conseil européen. Pour une manif européenne de soutien à Bruxelles ou partout ailleurs 27/01/15

 

Face à Merkel, Hollande a abandonné, Renzi a échoué. Tsipras réussira-t-il ? 28/01/15

 

Tsipras : un espoir pour la Grèce ! Pour la 1ère fois, l'espoir raisonnable d'une "autre" Europe. Comment améliorer le rapport des forces ? 28/01/15

 

Mercredi, Tsipras à Paris. Quelle solidarité parisienne ? 31/01/15

 

Le ministre des Finances Schäuble, homme politique grec, ne mènerait pas le débat sur l'allègement de la dette. Ministre allemand, il devrait. 31/01/15

 

 Dopé par le succès de Syriza, le parti de la gauche radicale espagnole a mobilisé en masse, samedi à Madrid. Et à Paris ? Quel soutien ? 02/02/15

 

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-20px-Flag_of_Europe.svg.png20px-Flag_of_Germany.svg.png20px-Flag_of_Austria.svg.png20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg.png20px-Flag_of_Bulgaria.svg.png20px-Flag_of_Cyprus.svg.png20px-Flag_of_Croatia.svg.png20px-Flag_of_Denmark.svg.png20px-Flag_of_Spain.svg.png20px-Flag_of_Estonia.svg.png20px-Flag_of_Finland.svg.png20px-Flag_of_France.svg.png20px-Flag_of_Greece.svg.png20px-Civil_Ensign_of_Hungary.svg.png20px-Flag_of_Ireland.svg.png20px-Flag_of_Italy.svg.png20px-Flag_of_Latvia.svg.png20px-Flag_of_Lithuania.svg.png20px-Flag_of_Luxembourg.svg.png20px-Flag_of_Malta.svg.png20px-Flag_of_the_Netherlands.svg.png20px-Flag_of_Poland.svg.png20px-Flag_of_Portugal.svg.png20px-Flag_of_Romania.svg.png20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg.png20px-Flag_of_the_Czech_Republic.svg.png20px-Flag_of_Slovakia.svg.png20px-Flag_of_Slovenia.svg.png20px-Flag_of_Sweden.svg.png20px-Flag_of_Europe.svg.png

 

 

09/02/15

Deux commentaires critiques et mes réponses 

 

 

Commentaire d'un lecteur

 


Le 1eramendement (de la Constitution des États-Unis) garantit une liberté totale à la presse, c’est le seul pays au monde où aucun journal n’a jamais été saisi, où toutes les opinions, fussent-elles nazies, sont garanties par la Constitution. Aux États-Unis, il y a très peu de procès en diffamation parce que la Cour suprême, en général, donne raison aux médias : mieux vaut se tromper en cherchant la vérité que de prendre le risque de la cacher. Serge July Libération 31/01/15


Paul:
  d'abord cela n'est pas vrai (en pratique), ensuite c'est presque le seul pays occidental ou les jounalistes, ont ete souvent emprisonnes (meme recement) longtemps pour les forcer a reveler leur sources, etc...

Ensuite il y a de tres nombreux  "gag orders" par les juges, defendant sous peine d'ennuis serieux de tres nombreux sujets !
Par exemple de degats causes par les armes a feu, si je me souvient, et de pas mal d'autres sujets.

Ecrire avec davantage de precisions me demanderais du travail,  mais de tres nombreux humanistes, journalistes, et activistes denoncent cet etat de fait, frequement !

L'administration Obama, encore davantage de GW Bush a mis en prison, et menace pas mal de journalistes !
Parler de la NSA amene menaces, etc...

Conclusions:
1) Sur quelle planet se trouve donc Serge July ?
2) Ici un comentaire de ta part pourrait etre bien utile

 

A.G.

 

  Non, j'en suis totalement incapable.
Si toi tu ne peux pas, comment veux-tu que je puisse.
Tu devrais envoyer une note brève de trois lignes au journal si tu as un exemple précis ou une citation.

 

Commentaire d'un deuxième lecteru :

 

"Le 1eramendement (de la Constitution des États-Unis) garantit une liberté totale à la presse, c’est le seul pays au monde où aucun journal n’a jamais été saisi, où toutes les opinions, fussent-elles nazies, sont garanties par la Constitution. Aux États-Unis, il y a très peu de procès en diffamation parce que la Cour suprême, en général, donne raison aux médias : mieux vaut se tromper en cherchant la vérité que de prendre le risque de la cacher. Serge July Libération 31/01/15"

Il reprend ce que cet inconnu, Serge July, ecrit pour Liberation, sans etre meme au courant que les EUA duant Obama (en special; mai aussi durant W et bien d'autres) ont poursuivi les journalistes qui ont ose publier des choses qui ne leur conviennent pas. Biensur qu'aux EUA on ne saisit pas les journaux: ils appartiennent, en proportion de 90% ou +, aux memes robber barrons qui sucent le sang de la societe depuis des generations - ceux memes qui votent et qui font des donations pour "ceux qui doivent etre elus". 
Tu pourrais peut-etre signaller a Paul Oriol qu'en ce qui concerne les EUA, il ferait mieux de s'informer d'abord, avant de relayer les "infos" non-machees de quelqu'inconnu - ce serait bien plus utile de ta part, que de faire de la propagande pour son blog qui, franchement, ne nous apporte rien de nouveau. 
Autre idee: il serait peut-etre interessant qu'il s'informe et commence a inclure dans son blog des faits sur l'Europe de l'Est - celle qui fait partie de l'UE. Apres tout, il s'agit d'une partie du monde qu'on ne peut plus se permettre d'ignorer.
De Paul X (que je ne connais pas, transmis par AG que je connais).
Il n'a pas totalement tort.

Le blog sur l'UE vise justement ceux qui ne savent pas. Et je ne suis pas sur qu'il soit utile à quelqu'un. Parmi mes fidèles, j'en ai un qui me répète de le supprimer ou de faire de vrais articles. Et une qui me dit que cela l’informe beaucoup. Les autres, mais ils ne sont pas nombreux, je n'en sais rien.

Sur l'Est de l'Europe, il est possible que j'accorde moins d'importance aux informations qui la concernent parce qu'elles n'influent pas directement sur l'avenir de l'UE, peut-être telle que je la vois.
De toute façon, si j'en parlais ce serait encore moins documenté que l'Europe de l'ouest et satisferait encore moins ton ami qui doit bien la connaître.

Quant à Serge July, il ne fait que confirmer ce que tu m'as écrit.
Tu peux lui dire qu'en France, Serge July est loin d'être un inconnu et que c'est pour cela que je l'ai cité, croyant, à tort semble-t-il qu'il était bien informé. Et comme sur la liberté d'expression, j'ai tendance à reconnaître qu'elle est plus grande aux États-Unis qu'en France...
Ici aussi, ce sont de grands capitaux qui possèdent toute la presse.
Mais il y a, en plus, des lois qui limitent certaines libertés. Je pense que c'est une faiblesse. Hier, c'était l’Église, aujourd'hui, c'est l'État. qui dit ce qu'on doit penser sur certaines questions.

Par ailleurs, tu peux dire à Paul qu'il peut très bien soit sur le blog soit directement me dire ce qu'il te dit...

Paul O.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:15

 

Syriza triomphe en Grèce
Syriza a nettement remporté les législatives en Grèce. Alexis Tsipras a annoncé la fin de la politique de rigueur, tout en faisant part de sa disposition à négocier avec les créanciers. Cela marque la fin de l'austérité en Europe, se réjouissent certains commentateurs. D'autres estiment qu'il n'aura pas d'autre choix que de maintenir le cap des réformes. Eurotopics 26/01/15


"Pour Spiegel-Online, les défenseurs de la ligne dure à Berlin et Bruxelles n’ont plus le choix et doivent abandonner la politique basée exclusivement sur l’intérêt égoïste d’une nation". Selon The Daily Telegraph, "Angela Merkel et les autres leaders européens savent que s’ils accordent des larges concessions à Alexis Tspiras, ils encourageront les mouvements et les révoltes populistes en Europe". Sans surprise, "plusieurs titres allemands se montrent également très réservés sur la victoire de Syriza". Toute l'Europe 26/01/15


"Syriza a gagné... Une négociation va s'ouvrir, cruciale pour la Grèce, fondamentale pour l'Europe. Elle promet d'être très dure : la CDU d'A.Merkel a d'ores et déjà posé ses termes, indiquant qu'il fallait se préparer à l'éventualité d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Dans la négociation qui s'ouvre, Hollande se retrouve au centre du jeu, entre une Allemagne arc-boutée sur sa rigidité monétaire et le vent de changement qui souffle en Grèce, en Espagne et ailleurs. De son attitude dépendront les chances de voir l'euro prendre un visage plus humain et plus social." Eurotopics L'Obs 25/01/15


L’Italie songe à créer une structure de défaisance, une « bad bank », afin d’assainir son secteur bancaire. On estime que les prêts irrécouvrables ont plus que doublé depuis 2010 : 181 milliards d'euros. Euractiv 27/01/15


Le 1eramendement (de la Constitution des États-Unis) garantit une liberté totale à la presse, c’est le seul pays au monde où aucun journal n’a jamais été saisi, où toutes les opinions, fussent-elles nazies, sont garanties par la Constitution. Aux États-Unis, il y a très peu de procès en diffamation parce que la Cour suprême, en général, donne raison aux médias : mieux vaut se tromper en cherchant la vérité que de prendre le risque de la cacher. Serge July Libération 31/01/15


M. Carney, Gouverneur de la Banque d'Angleterre, a exhorté la zone euro à s'orienter vers une union budgétaire et à cesser les politiques d'austérité afin de renouer avec la croissance. Euractiv 30/01/15

L'Écosse a imposé un moratoire sur les permis d'exploration pour le gaz de schiste, peu après que le Parlement de Westminster s'est opposé à une interdiction nationale.  Euractiv 30/01/15

Le gouvernement de Tsipras a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de coopérer avec la troïka... J-C Juncker, président de la CE, souhaite la suppression de la "troïka"... L'Allemagne est également prête à revoir les accords qu'Athènes a conclu avec la CE, la BCEet le FMI. Le Figaro.fr 01/02/15.


L’Espagne, avec 1,4 % de croissance économique, l’an dernier, a fait partie des économies les plus dynamiques de la zone euro derrière l’Allemagne (+1,5%), après un recul de 1,2% en 2013 et de 1,6 en 2012. C’est la première fois depuis 2008 que l‘économie espagnole présente une croissance sur une année pleine. Les 2combats que doit mener le pays, sont le chômage, plus de 23% de la population et 51% des jeunes, et la déflation, les prix ont baissé en janvier pour le septièmemois consécutif (1,5% enun an). Euronews 30/01/15


Les économistes sont étonnants. Après avoir majoritairement soutenu les politiques « d’ajustement structurel » du FMI et de « modération salariale », les voilà qui rejoignent les rangs de Syriza ! C'est le cas de Thomas Piketty, Paul de Grauwe, Simon Wren-Lewis, Paul Krugman ou encore James Galbraith. Alterécoplus 01/02/15


Le parti de l’austérité, sur la défensive, va devenir de plus en plus faible, la stratégie européenne va devenir celle d’une politique de croissance keynésienne. Dans ce sens vont les clauses de flexibilité adoptées par la CEsur les investissements publics, encore plus que le plan Juncker pour les investissements. Les conditions sont favorables : le quantitative easing de la BCE, le plan Juncker, la baisse de l’euro et du prix du pétrole… Le nouveau gouvernement grec arrive à temps; c’est bien maintenant le moment de sortir de l’austérité. Sauvons l'Europe 02/02/15


Plus de 100.000 partisans de Podemos ont participé à Madrid à une "marche pour le changement", afin de dénoncer l'austérité. Certains commentateurs optimistes estiment que Syriza et Podemos peuvent transformer l'indignation en politique constructive, d'autres redoutent une montée des partis d'extrême gauche. Eurotopics 02/02/15


"Un islam allemand doit être germanophone… doit porter en lui les idées de la liberté de la tolérance… doit mener une réflexion sur l'histoire allemande et ses spécificités… Les pères et les grands-pères [des musulmans] n'ont pas acclamé Hitler et n'ont pas envoyé les juifs aux chambres à gaz… En tant qu'Allemands, les musulmans doivent s'interroger sur l'histoire de ce pays. Ils ont deux raisons de réfléchir à l'antisémitisme. En tant qu'Allemands, en tant qu'immigrés venant de pays musulmans". Mehmet Ata, Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung Eurotopics 02/02/15


Pegida, le mouvement islamophobe, qui a connu ses premières manifestations à Dresde en Allemagne il y a trois mois, a rassemblé quelques 400 personnes dans les rues de Vienne. Elles se sont toutefois heurtées à une contre-manifestation de taille, dix fois plus importante selon la police. Euronews 03/02/15


Le nouveau gouvernement à Athènes s'est toujours méfié du partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP) et compte utiliser sa majorité parlementaire pour faire échouer l'accord commercial entre les États-Unis et l'UE. Euractiv 03/02/15


Il n'y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde qu'en 2013

Nombre de demandeurs d'asile pour 1000 habitants en 2013

GB

IT

Finl

GR

UE

FR

PB

DK

ALL

Belg

AUT

Norv

Suèd

0,5

0,5

0,6

0,7

0,9

1,0

1,0

1,3

1,6

1,9

2,1

2,4

6,0

Origine des demandeurs d'asile dans l'UE

Syrie

Russie

Afghanis

Serbie

Pakistan

Kosovo

Somalie

Érythrée

Total

50 435

41 485

26 200

22 375

20 815

20 220

18 560

²14 580

434 450

Donateurs à l'Agence de l'Onu pour les réfugiés en 2013, en millions de dollars

USA

Pays UE

dt FR

Finl

PB

DK

ALL

Suède

GB

Instit UE

Japon

1 042

887

24

27

86

86

117

129

161

213

253

Alternatives économiques janvier 2015



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La Grèce ne pèse que 3% du PIB européen et la victoire de Tsipras est "un véritable séisme" ! Pour qui ? Pourquoi ? Tout allait si bien... 26/01/15

 

12/02 : Tsipras attendu à Bruxelles, pour son premier conseil européen. Pour une manif européenne de soutien à Bruxelles ou partout ailleurs 27/01/15

 

Face à Merkel, Hollande a abandonné, Renzi a échoué. Tsipras réussira-t-il ? 28/01/15

 

Tsipras : un espoir pour la Grèce ! Pour la 1ère fois, l'espoir raisonnable d'une "autre" Europe. Comment améliorer le rapport des forces ? 28/01/15

 

Mercredi, Tsipras à Paris. Quelle solidarité parisienne ? 31/01/15

 

Le ministre des Finances Schäuble, homme politique grec, ne mènerait pas le débat sur l'allègement de la dette. Ministre allemand, il devrait. 31/01/15

 

 Dopé par le succès de Syriza, le parti de la gauche radicale espagnole a mobilisé en masse, samedi à Madrid. Et à Paris ? Quel soutien ? 02/02/15

 

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:02

 

L'HÔTE LOIN DES HOMMES

 

 

« Loin des hommes » est un film de David Oelhoffen, très librement adapté de la nouvelle de Camus « L'Hôte ».
Très, très librement adapté, à tel point qu'on pourrait dire que « L'Hôte » d'Albert Camus et « Loin des hommes » de David Oelhoffen sont deux œuvres à partir d'un même « fait divers » : « En Algérie française, un villageois qui a tué un cousin pour une histoire de grain est confié par un gendarme à l'instituteur qui doit l'amener aux autorités de la ville voisine ».

 

L'HÔTE

 

A partir de là, Albert Camus a écrit une nouvelle de quelques pages, « L'Hôte » dans laquelle on retrouve la beauté d'écriture et du monde de Camus. Et sa solitude écrasée.

 

L'action se déroule dans une école et ses alentours, à l'écart du village, entre trois personnages : Daru, l'instituteur, personnage central qui vit seul dans cette école, désertée de ses élèves par cet hiver enneigé ; le gendarme d'origine corse, Balducci, qui amène avec lui l'Arabe, sans nom, auteur d'un crime de sang.

 

L'instituteur n'est pas seulement l'enseignant qu'il a choisi d'être. Il est aussi un agent de l'administration. En temps « habituel », il distribue une aide alimentaire en grain aux élèves qui viennent en classe. Cette aide alimentaire est nécessaire pour la survie de familles du village, « cette armée de fantômes haillonneux errant dans le soleil ». Elle fait de l'instituteur, qui se veut porteur des lumières du savoir, un auxiliaire social de l'administration coloniale.

Le gendarme vient à l'école pour lui confier l'Arabe qu'il doit convoyer à la ville voisine, le transformant ainsi en auxiliaire de l'autorité policière. Malgré son refus, le gendarme repart aussitôt en lui laissant son revolver et l'Arabe. Le voilà, supplétif ! Malgré lui.

Ayant hébergé, nourri son hôte, tous deux se mettent en route le lendemain matin. Daru conduit l'Arabe jusqu'au carrefour, lui fournit un minimum de survie et lui indique deux possibilités, prendre le chemin de la prison ou celui qui conduit chez les nomades, la survie, la liberté.

L'Arabe choisit la ville et la justice coloniale.

 

« L'Hôte » est l'une des nouvelles de « L'Exil et le Royaume », dernière œuvre d'Albert Camus, publiée de son vivant en 1957. « L'Hôte » a, probablement été écrite entre 1952 et 1954-55. L'action se déroule avant les « événements » d'Algérie, avant le 1er novembre 1954.
Mais les propos du gendarme font penser que la situation est lourde. Que la révolte gronde. Qu'il faut serrer les rangs. Il fournit à Daru qui n'a qu'un fusil de chasse, un revolver pour sa mission.

L'Arabe est-il « contre nous? » demande Daru,« Je ne crois pas. Mais on ne peut jamais savoir ».

Il a commis un crime pour une histoire familiale de grain. Il a fui la justice, protégé par les siens, a été capturé mais au moment du choix qui lui est offert par Daru, il prend le chemin de la soumission à l'autorité de la justice coloniale non celui de la liberté.

Quand il revient dans sa classe, Daru trouve écrit sur le tableau  : « Tu as livré notre frère. Tu paieras. » -

 

Daru, le juste, n'écoute que sa conscience, estime que livrer l'Arabe est contraire à son sens de l'honneur. Il espère qu'il va s'enfuir discrètement et ainsi le délivrer de son problème moral, de la nécessaire décision d'amener ou non l'Arabe à la ville. L'Arabe ne fuit pas. Daru veut continuer à apporter l'autonomie aux enfants par l'enseignement, rester au dessus de la mêlée, y compris en soustrayant un criminel à la justice des hommes. Mais il se trouve pris dans l'engrenage des affrontements à venir.

 

La solitude de Daru va au delà de son isolement politique, de l'incompréhension du gendarme, de l'Arabe ou des « frères ». Il vit seul dans cette école, depuis un an, sans femme, sans enfant, loin du village, sur un plateau désertique, dans un pays « cruel à vivre » « où il était né ». Camus marque cette solitude, en commençant la nouvelle avec une école, « vide et glacée », vidée de ses élèves par le froid et la neige.

 

Si Daru éprouve des sentiments pour le gendarme ou l'Arabe, ils n'apparaissent guère si ce n'est dans ce que nécessite sa dignité : hospitalité pour l'Arabe, quoi qu'il pense de son crime, refus de conduire l'Arabe à la ville, malgré ses liens avec le gendarme. Et s'il ressent, au petit matin, une « sorte de fraternité » avec l'Arabe, celle des «hommes, qui partagent les mêmes chambres, soldats ou prisonniers », il s'en défend car« il n'aimait pas ces bêtises »

 

Mais ce qu'il aime par dessus ces hommes, c'est le pays : « partout ailleurs, il se sentait en exil ». Même si ce pays est décrit comme dur, inhospitalier par sa nature et par ses hommes. Daru est, à la fois, fasciné et écrasé par la beauté de ce paysage inhumain.

 

« Les plateaux calcinés mois après mois, la terre recroquevillée peu à peu, littéralement torréfiée, chaque pierre éclatant en poussière sous le pied. Les moutons mouraient alors par milliers et quelques hommes, çà et là, sans qu'on puisse toujours le savoir. Le pays était ainsi, cruel à vivre, même sans les hommes, qui, pourtant, n'arrangeaient rien ».
« 
Une lumière tendre et vive inondait le plateau désert... Daru buvait, à profondes aspirations, la lumière fraîche.Une sorte d'exaltation naissait en lui devant le grand espace familier, presque entièrement jaune maintenant, sous sa calotte de ciel bleu ».
« Quand toute la neige serait fondue, le soleil régnerait de nouveau et brûlerait une fois de plus les champs de pierre. Pendant des jours, encore, le ciel inaltérable déverserait sa lumière sèche sur l'étendue solitaire où rien ne rappelait l'homme. »
« Dans ce désert, personne, ni lui ni son hôte n'étaient rien. Et pourtant, hors de ce désert, ni l'un ni l'autre, Daru le savait, n'auraient pu vivre vraiment. il se sentait étrangement vide et vulnérable
. »

 

« L’Hôte » s’achève sur  une phrase désespérée qui ne parle pas seulement de sa solitude parmi les hommes mais aussi de la fin d'un monde, de sa disparition dans la terrible grandeur de la nature : « Dans ce vaste pays qu’il avait tant aimé, il était seul. »

 

Vers-El-Marsa-copie-1.jpg

 

LOIN DES HOMMES

 

A partir de ce même « fait divers », David Oelhoffen a imaginé un magnifique western, pétri d'humanisme chrétien, situé en Algérie française, tourné dans l'Ouest (maghrébin, au Maroc, semble-t-il). De très belles images d'un pays désertique servent de décor à une guerre cruelle où s'affrontent les hommes.

 

Le film commence par une vue de l'école isolée dans la montagne mais pleine de la vie, des jeux et des cris des élèves en récréation. Daru enseigne, distribue et grain et galette...

 

Le soir arrivent le gendarme et l'Arabe. Daru semble bien décidé à ne pas livrer l'Arabe aux autorités. L'intervention au petit matin de cavaliers dont les troupeaux ont été décimés dans la nuit, qui viennent pour récupérer l'Arabe et lui faire payer les exactions de « ses frères », conduit l'instituteur, à s'interposer les armes à la main.
Dès lors, Daru devient le héros de ce film d'action. Il est contraint de quitter son école « Pas de classe aujourd'hui » écrit-il sur le tableau, pour partir avec l'Arabe qu'il doit protéger. Et cette protection va s'avérer mouvementée.

 

Car dans cette marche vers la ville, Daru et l'Arabe vont faire des rencontres dangereuses : d'abord un très beau cavalier arabe qui les menace d'un fusil et que Daru est obligé d'abattre ; ensuite, une colonne de rebelles dans laquelle se trouvent engagés des hommes qui ont servi sous les ordres de Daru pendant la campagne d'Italie ; enfin un violent affrontement entre ces rebelles et un important détachement de l'armée française qui ratisse et élimine, « avec ordre de ne pas faire de prisonniers ».
Cette longue marche aboutira à un « saloon » où tous deux approcheront une femme, ce qui n'était pas arrivé à Daru depuis longtemps, une première pour Mohamed.

 

Cette longue marche dangereuse dans de splendides montagnes rouges, arides, inhospitalières, va donner une certaine épaisseur humaine aux deux personnages, notamment à Mohamed. Aux moments de repos, les deux héros vont se parler, se connaître, s'apprécier, au delà des échanges obligés, durs pour survivre.
Daru a vécu sa jeunesse dans le pays, a fait la campagne d'Italie avec des Algériens qui le considèrent comme un frère, qui, cette fois, a choisi le mauvais camp. Daru a perdu sa femme, il y a dix ans. Daru crie quelquefois quand il fait classe...
Mohamed a tué son cousin parce qu'il était l’aîné de sa fratrie et qu'il devait protéger la famille. Mohamed n'a jamais connu de femme. Rêve de se marier. S'il revient au village, la famille du cousin devra le tuer entraînant les deux familles dans une succession de vengeances sans fin... S'il est pris et exécuté par les autorités françaises, la guerre familiale n'aura pas lieu... C'est ce qu'il a choisi.

 

Daru revient pour un dernier cours et faire ses adieux aux élèves. Le dernier en partant lui offre un dessin. Comme, au moment de la séparation, Mohamed lui a offert sa seule richesse matérielle, une pièce de monnaie arabe. Chacun est parti vers un destin différent mais aussi imprévisible, ce sont deux amis qui se quittent. Deux amis qui ont grandi. Deux amis qui s'en remettent à Dieu.

 

PS1 : Alexandre Dumas aurait dit qu'il importe peu de violer l'histoire pourvu qu'on lui fasse un bel enfant. Ici, le gendarme montre à l'instituteur le journal qui annonce les attentats du 1ernovembre 1954. Le lendemain, les deux héros rencontrent un groupe de maquisards et aussitôt après une importante opération de ratissage par l'armée française avec l'ordre de ne pas faire de prisonniers. Il s'agit là d'un « raccourci chronologique ».

 

PS 2 : Pour incarner l'instituteur Daru, le réalisateur David Oelhoffen a choisi le très beau Viggo Mortensen. Malheureusement son accent paraît peu correspondre à ce qu'on attend d'un Français d'Algérie d'origine espagnole !

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 20:45

 

Compte-rendu de la réunion du Cercle des Chamailleurs

du 20 janvier sur les événements du 7 au 11 janvier 2015 (par Paul)

 

Cette réunion a eu lieu à la demande de Michel qui souhaitait discuter "à tiède" de ses propres réactions et réflexions et de celles de chacun à la suite des derniers événements. Réactions et réflexions qui ne peuvaient être isolées de tout ce que nous avions vu, entendu, lu...

 

Pour Michel, ce fut « un tremblement » par les faits eux-mêmes mais aussi par l'ampleur de leur retentissement national et international, peut être disproportionnée – on a comparé les assassinats des 7 et 9 janvier à Paris au 11 septembre à New York. Avec le succès, ambigu, de « Je suis Charlie » qui pouvait avoir des significations multiples...

 

Ces événements peuvent donner lieu à de multiples questions qu'il est impossible de traiter en une seule réunion. Michel propose de structurer la discussion autour de deux points : la liberté d'expression, l'islam.

 

Dans un article paru dans l'Obs, Delfeil de Ton se demande pourquoi Charb a entraîné l'équipe de « Charlie hebdo » dans la surenchère, comme en 2011, après le premier attentat, avec la sortie du numéro surtitré « Charia Hebdo » et il reprend les propos de Wolinski qu’il avait repris alors dans l’Obs : « Je crois que nous sommes des inconscients et des imbéciles qui avons pris un risque inutile… ». De plus, à la suite de ses prises de position, « Charlie » avait été attaqué par une partie de l'extrême gauche et soutenu par d'autres à droite !

« Charlie » n’a-t-il pas poussé le bouchon trop loin ? Ils se revendiquent comme « irresponsables ». Il est donc parfois difficile « d'être Charlie ».

 

Discussion

 

Sur « Charlie » et la liberté d'expression. 

 

Le rapport à « Charlie » n'est pas le même pour tous les participants : certains n'ont jamais lu « Charlie », d'autres l'ont lu de façon occasionnelle. Mais pour l'une d'entre nous, « Charlie » (et ses prédécesseurs) a accompagné toute sa jeunesse et sa participation aux luttes sociales et surtout sociétales. Et chacun de rappeler les causes défendues par « Charlie », de l'avortement aux sans-papiers en passant par l'antimilitarisme, l’anticléricalisme... Même si, quelquefois, il était difficile d'accepter le second degré de Wolinsnki sur les femmes et le mépris de classe de Cabu avec le « beauf ».

D'où une longue discussion sur « l'humour » de « Charlie ». Qui n'est pas toujours drôle si on n'admet pas le second degré ou si on a des difficultés à passer au second degré pour certains sujets. Mais c'est là tout « Charlie » qui se réclame du « bête et méchant » à travers l'excès, la grossièreté, et surtout de l'opposition à toutes les institutions, toutes les forces d'oppression, de gauche ou de droite mais surtout d'extrême droite.

A travers ces affirmations identitaires, « Charlie » se dit mais ne se croit pas un instant, bête, méchant pas plus qu'irresponsable. Mais prétend exprimer ses convictions au-delà de ce qu'on peut considérer comme « bête, méchant, irresponsable »pour assumer une responsabilité libératrice.

« Charlie » se sent dans le prolongement d'une certaine tradition française de critique radicale des institutions par l'écrit ou la caricature qui remonte loin et a permis, avec d'autres luttes, l'instauration de la laïcité, de la liberté d'expression, du droit au blasphème... Une tradition qu'il faut entretenir sous peine de régression. Ce qui est en jeu dans la situation actuelle en France, sur bien des points régressive.

Depuis la Libération, toutes les lois sur la laïcité ont été des lois portant atteinte à la laïcité (notamment sur l'école) sans parler de la subvention des lieux culturels, qui n'étaient qu'un masque, au financement de lieux cultuels. A l'exception des lois sur le voile prise malgré l'opposition d'une partie de la gauche et de l'extrême gauche.

Depuis la Révolution, sauf un bref passage lors de la Restauration, le blasphème n'est pas interdit en France par la loi. Au contraire de nombreux pays dans le monde, y compris des pays européens. Et certains pensent qu'il faudrait ou l'interdire, ou se l'interdire et qu'il y a des choses sacrées qu'il faut respecter comme le pape François l'a encore récemment rappelé.

 

Le blasphème n'est pas interdit en France, sauf en Alsace-Moselle du fait de la législation concordataire allemande, maintenue après le retour de l'Alsace-Moselle à la France en 1918, et en Guyane.
Alors que la plupart des politiques oublient cette entorse territoriale à la législation française, il se trouve que, le 6 janvier, les autorités religieuses alsaciennes, rassemblées, des 4 cultes reconnus (catholique, protestant réformé, protestant luthérien et israélite) et un représentant du culte musulman, ont demandé la suppression de cet interdit. Que la revue Études, revue des jésuites, a publié récemment sur son site certaines caricatures de «
 Charlie », retirées ensuite. Et les cloches de N.D. de Paris ont sonné pour les assassinés.

C’est un hommage justement rendu à ceux qui se sont battus pour la liberté d'expression hier, bien sûr, et avant hier quand on connaît le nombre de « questionnés », écartelés, brûlés par l'église catholique pour blasphème, de Jeanne d'Arc, « blasphématrice de Dieu et des saints », au Chevalier de la Barre.

 

De son coté, avant les derniers événements, l'UOIF qui est opposé au droit de blasphémer, a porté plainte contre « Charlie hebdo », a perdu son procès et a déclaré vouloir respecter les lois de la République (1).

 

Tout ceci montre que les uns et les autres sont disposés d'une part à respecter les lois mais aussi à élargir le champ de la libre expression parce que c'est un facteur essentiel de la laïcité, fondement du vivre ensemble en France, de leur possibilité d'exercer leurs activités religieuses en toute liberté.

 

C'est autant cette bataille pour la liberté d'expression, notamment à travers les manifestations, que l’horreur des assassinats qui ont valu un retentissement mondial aux récents événements. Avec parfois des difficultés de compréhension, aussi bien ici qu'à l'extérieur, qui tiennent à des cultures, à des histoires différentes...

 

Car il existe des différences entre pays, législatives ou pratiques, qui se réclament de la liberté d'expression. Ainsi, aux États-Unis, la plupart des grands journaux ont refusé de publier les caricatures de « Charlie hebdo » mais ont publié la photo du terroriste tuant le policier à terre. Les caricatures ont été jugées plus choquantes pour la sensibilité des musulmans que le meurtre.

Par ailleurs, les États-uniens s'étonnent que, au lendemain d'une manifestation aussi importante pour la liberté d'expression, le spectacle de Dieudonné soit interdit et qu'il soit traduit en justice pour son « Je suis Charlie Coulibaly » cependant teinté d'un encouragement au meurtre antisémite.

 

En effet, la liberté d'expression est plus limitée par la loi en France qu'aux États-Unis, concernant les propos négationnistes par exemple. Comme si c'était la loi, l’État qui devait dire ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Comme c'était hier l’Église qui s'attribuait ce droit. C'est une limite à la liberté d'expression qui risque de faire plus de mal que de bien et surtout, ce peut être considéré comme un aveu de faiblesse de remplacer le débat par l'interdiction.

 

Mais au-delà des pays qui pratiquent, de façon différente une certaine liberté d'expression, les caricatures de « Charlie hebdo » ont eu des conséquences graves, avec des morts, dans des pays où cette liberté n'existe pas.

D'où l’opposition entre « l'éthique de conviction », le droit de dire ce que l'on pense, quelles qu'en soient les conséquences et « l'éthique de responsabilité », la nécessité de peser avant de parler les conséquences possibles de ses paroles.

 

« Charlie hebdo » s'attaquait hier aux institutions religieuses qui avaient partie liée aux autres institutions dominantes, ici et ailleurs, suivant la tradition satirique, « lesabre et le goupillon », « le trône et l'autel ». Aujourd'hui, il a ajouté l'intégrisme musulman aux autres intégrismes. Touchant par là un nombre important de musulmans de France et d'ailleurs, étrangers à la laïcité, aux gauloiseries et autres traditions qui peuvent apparaître excessives à certains mais qui sont entrées dans les mœurs nationales.

 

D'où l'indignation de nombreux musulmans et la déclaration « nous avons vengé le prophète » lors de l'assassinat des journalistes. Sauf que les commanditaires des vengeurs, s'ils ont utilisé ces caricatures pour réveiller les cellules dormantes en France, ne les avaient pas attendues pour déclencher les assassinats un peu partout dans le monde. Et que les assassinats dans le supermarché casher de Vincennes ou à la synagogue de Bruxelles n'avait rien à voir avec les caricatures et le blasphème et visaient seulement des personnes pour leur judéité.


Depuis quelques années, ce sont d'abord les musulmans qui sont les principales victimes des guerres de religion entre sunnites et chiites, des massacres perpétrés par les islamistes, même s'il ne faut pas oublier les nombreuses victimes non musulmanes, chrétiennes ou non, vivant en terre d'islam. Tout ceci n'a rien à voir avec les caricatures de « 
Charlie hebdo».
De plus, combien, parmi ceux qui manifestent contre « 
Charlie hebdo » le connaissent, l'ont lu ? Y compris parmi les commanditaires ?

 

Dans tout cela, la grande et la petite politique, les grands et les petits intérêts ne sont pas innocents : Afghanistan, Proche Orient et le pétrole, Libye..., les alliances douteuses avec l'Arabie saoudite, le Qatar qui ne financent pas que le sport..., les investissements en France, en Europe, aux États-Unis... et le commerce des armes.

 

Mais, aujourd'hui comme hier, il est inadmissible d'être tué pour un dessin ou un pamphlet. Et censurer ou se censurer, c'est déjà céder un certain pouvoir aux terroristes. Aliéner une part de sa liberté. Ce qui ne fait que conforter l’ordre qui règne dans le monde. Des alliances douteuses qui manipulent les uns et les autres.

 

Reste que les manifestants en France n'ont jamais été aussi nombreux depuis la Libération. Le mercredi soir, les manifestations étaient spontanées, de soutien, de recueillement... Pour les manifestants de dimanche, certains pensent qu'il faudrait faire le tri. Car il y avait, en majorité, ceux qui soutenaient la liberté d'expression, les grandes valeurs affirmées de la République mais aussi ceux qui étaient là pour des raisons plus discutables, qui ne savaient rien de « Charlie hebdo », parce qu'il fallait y être,pour la Marseillaise et le drapeau. Peut-être même certains étaient-ils de droite ou d’extrême droite.
Toutes les couches sociales n'étaient pas représentées et s'il y avait des manifestants noirs ou d'origine maghrébine, ce n'était pas les jeunes des « 
quartiers populaires ». Un habitué des manifestations fait remarquer que cela ne date pas d'aujourd'hui, ce qui n'est pas une consolation, bien au contraire, mais la composition sociologique des manifestations change du tout au tout en fonction des mots d'ordre de la manifestation.

 

Quoi qu'il en soit, les manifestations du dimanche étaient sur des mots d'ordre nationaux qui reprenaient les noms ou les qualités des victimes, « je suis flic, je suis juif », et pour tous « je suis français », et des mots d'ordre républicains « liberté d'expression », « liberté, égalité, fraternité, laïcité »... Et ne rejetaient personne.

 

L'islam

 

Comment parler de l'islam, de l'islamisme, des rapports de l'un avec l'autre, de l'image de l'islam, de la signification de l'islamophobie ?

 

La bataille tourne souvent autour de ce mot « islamophobie » qui, étymologiquement veut dire « peur de l'islam » et que beaucoup interprètent comme « haine de l'islam ». Ce qui est l'interprétation dominante actuellement. Et toute contestation de l'islam religion et souvent de l'islamisme, islam politique, est aussitôt assimilée à cette islamophobie.

 

Comment aborder la question de l'islam, surtout quand on n'est pas musulman, sans être immédiatement stigmatisé, tant les camps sont strictement définis.

D'un côté, il y a l'affirmation par toutes les autorités morales ou politiques que l'islam est une religion de paix, que la civilisation occidentale doit beaucoup à l'apport de la civilisation musulmane, que la religion musulmane est la deuxième religion de France.
Ceci pour combattre ceux qui de l'autre côté prônent le rejet brutal, les discriminations, l'assimilation de tout musulman au terrorisme islamique, dénoncent l'invasion de la France et de l'Europe, annoncent le grand «
 remplacement » de la population européenne par l'arrivée de nouveaux immigrés musulmans et le surplus de naissances...

 

Les terroristes et les musulmans pacifiques disent « Allahou akbar » les premiers quand ils tuent, les seconds quand ils prient ! Affirmer qu'il n'y a rien de commun entre les deux est évidemment peu compréhensible, peu convainquant pour le commun des mortels. Les premiers seraient inspirés par le « Coran de Médine » et les seconds par le « Coran de la Mecque ». Mais « cet appel de Mahmoud Muhammad Taha a été catégoriquement rejeté par… les institutions religieuses musulmanes qui ont ameuté contre lui les autorités soudanaises. Celles-ci ont fini par le condamner àmort par pendaison le 15 janvier 1985 » (2).

Il est tout aussi difficile de dire qu'il n'y a rien commun entre l'islam et l'islamisme. Car tous les islamistes se réclament de l'islam et, fort heureusement, tous les musulmans ne sont pas des islamistes et des terroristes.

 

Une des retombées importantes de ces tristes événements est justement l'apparition d'articles, de pétitions de musulmans appelant à une réforme de l'islam (3). Le temps presse : il est évident que cette réforme ne peut venir que de pays où justement les intellectuels musulmans disposent d'une certaine sécurité que leur assurent la laïcité et la liberté d'expression dont ils ne bénéficieraient pas toujours dans les États musulmans.

 

A défaut, il est à craindre des affrontements plus graves que ceux qu'on a connus jusqu'ici. Car il ne suffit pas de nier le « choc des civilisations ». Il faut demander aux aborigènes d'ici ou là s'il existe ou non un choc des civilisations. La réponse est claire.

On ne la conjure pas par la dénégation mais en la combattant. Dénoncer l'autre, proposer de l'expulser, de le rejeter ne l'évitera pas. Il faut que chacun s'efforce de balayer devant sa porte (4), de comprendre l'autre pour trouver un terrain d'entente. Ce sera difficile car les puissants tirent des bénéfices des conflits dont les peuples paient les frais.

 

Si les intellectuels musulmans ont un importanttravail de déminage à faire, du côté des politiques et des institutions les tâches sont énormes aussi. Plus de trente ans de libéralisme ont accentué la paupérisation de grandes masses abandonnées dans les quartiers populaires quelle que soit leur origine. Les politiques de la ville ont été inefficaces.
Cette politique économique creuse les inégalités, aussi bien au niveau national qu'au niveau mondial et favorise l'individualisme. Ce ne sont pas quelques manifestations «
 républicaines » même si elles sont nécessaires qui vont redonner un sens à la vie des jeunes qui se sentent abandonnés (5).

Il faudra offrir autre chose à leur énergie inemployée, à leurs ambitions déçues, à leurs demandes de reconnaissance, si on ne veut pas qu'ils prennent la seule voie qui leur est aujourd'hui offerte pour aller au bout d'eux-mêmes.

 

Ici aussi la maison brûle et tout le monde regarde ailleurs.

 

1 - «Les musulmans français meilleurs alliés contre le terrorisme» de Amar Lasfar, président de l'Union des organisations islamiques de France www.lefigaro.fr/actualite-france/ 2015/ 01/ 11/ 01016-20150111ARTFIG00171-amarre-lasfar-les-musulmans-francais-meilleurs-allies-contre-le-terrorisme.php

 

2 - http://michelbenoit17.over-blog.com/2014/01/le-coran-sortir-de-l-impasse-sami-aldeeb.html

 

3 – Références de quelques articles sur la nécessité d'une réforme de l'islam.

- Lettre ouverte au monde musulman de Abdennour Bidar : http://www.marianne.net/Lettre-ouverte-au-monde-musulman_a241765.html

-Le réveil des vieux démons de Nour-Eddine Boukrouh ;

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2015/01/11/article.php?sid=173228&cid=41

 

4 – Les versets douloureuxBible, Evangile et Coranentre conflit et dialogueDavid Meyer, Yves Simoens, Soheib Bencheikh Editions Lessius

 

NB : Les Chamailleurs ont consacré une réunion à ce livre dont le compte rendu peut être trouvé sur le blog :

http://cercledeschamailleurs.over-blog.com/article-les-versets-douloureux-76679648.html

 

5 - Farhad Khosrokhavar : « des jeunes radicalisés qui se rêvent en héros négatifs ». http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/09/les-freres-said-et-cherif-kouachi-des-jeunes-radicalises-qui-se-revent-en-heros-negatifs_4552837_3232.html

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 09:42

 

Revue de presse n° 153(Europe)



L'Espagne a intercepté 3 500 migrants en mer en 2014 Libération 14/01/15

 

La veille de l'attentat contre Charlie Hebdo, des représentants des cultes catholique, protestant, juif et musulman ont demandé la suppression du délit de blasphème, hérité du droit allemand, et toujours en vigueur dans trois départements de l'Est de la France. En vigueur mais jamais appliqué : en 2013, une association avait tenté de faire condamner Charlie Hebdo pour blasphème, sans succès... Ce délit existe dans de nombreux pays en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie mais aussi... en Europe. Notamment en Italie et en Allemagne. arretsurimages.net 14/01/15

 

Le mouvement anti-islam Pegida ("Patriotes européens contre l’islamisation du pays"), lancé à Dresde, s’exporte hors d’Allemagne. Sur Facebook et Twitter, des branches locales ont été créées en Norvège, Autriche, Suisse, Suède, Espagne. JDD 15/01/15

 

Bruxelles estime que le Luxembourgoctroie un avantage à Amazon” en infraction avec les règles de l’UE... système d’optimisation fiscale mis en place quand l’actuel président de la CE, J-C Juncker, était Premier ministre. Dans sa lettre, la CE dévoile des montages fiscaux complexes et “estime, à titre préliminaire”, que le traitement fiscal dont bénéficie Amazonconstitue une aide d’État”. Euronews 16/01/15

Rue89 18/01/15

2 %, c'est le taux de taxation d'Apple en Irlande contre 12,5 % selon la législation en vigueur. Alter éco HS Décembre 2014


La fortune des un pour cent les plus riches de la planète dépassera bientôt celle des 99 % restants. Une étude publiée par l'organisation humanitaire britannique Oxfam. La hausse des inégalités génère aussi de graves conflits dans les pays industrialisés, préviennent les commentateurs. Eurotopics 20/01/15

La gauche n'est pas la seule à voir dans la hausse des inégalités l'une des principales sources de menaces pour l'avenir ; c'est aussi le point de vue de la quasi totalité des penseurs, industriels et économistes qui célébreront cette semaine leur grand-messe à Davos." De Morgen (Belgique) eurotopics 20/01/15


"Depuis des années, les États arabes financent les mouvements terroristes pour diversifier leurs possibilités d'action sur les plans intérieur ou régional... Arabie Saoudite, Koweït, Qatar...Ces États sont considérés comme nos amis, nos alliés, nos fournisseurs et nos partenaires économiques. Nous ne voulons pas en faire des ennemis, par intérêt. Mais une cohérence accrue ne serait-elle pas de mise ?" Corriere della Sera 20/01/15


Collecte des données des passagers aériens, collaboration accrue entre les agences de renseignement, déchéance de nationalité pour les djihadistes présumés : propositions évoquées par les ministres des Affaires étrangères de l'UE. Certains commentateurs les trouvent judicieuses et appellent à hausser le ton, d'autres demandent aux autorités de coopérer davantage avec les familles musulmanes pour prévenir la radicalisation des jeunes. Eurotopics 21/01/15


6 États de l’UE dépassent les 200 personnes emprisonnées pour 100 000 h : Lituanie (329), Lettonie (299), ’Estonie (248), République tchèque (220), Pologne (218), Slovaquie (205). 8 pays se situent sous le seuil de 100/100 000 h : Finlande (59), Slovénie (67), Suède (68), Danemark (71), Chypre et Pays-Bas (81).
France
(113)
Taux d’occupation des prisons. Les États baltes affichent des taux inférieurs à 100%. "Mauvais élèves" : Hongrie (taux d’occupation 141,8%), Chypre (140,1%), Grèce (136,5%), Belgique (122,7%), France (118,3%). Au total, 10 États membres sur 28 dépassent le seuil de 100%. Toute l'Europe 22/01/15


35 % de la population suisse de plus de 15 ans était issue de l'immigration en 2013. Libération 23/01/15


J.Stiglitz: "Si ce parti arrive en tête sans parvenir au pouvoir, cela tiendra sans doute à la crainte de la réaction de l'UE... Le problème, ce n'est pas la Grèce, c'est l'Europe. Si l'UEne change pas de politique - si elle ne réforme pas la zone euro et ne renonce pas à l'austérité -, une réaction populiste sera inévitable...Mais combien l'Europe devra-t-elle encore souffrir avant que raison revienne ?" eurotopics Les Echos 22/01/15


L'annonce du rachat de dettes par la BCE, d'un volume de plusieurs milliards, a provoqué l'envolée des cours des bourses. De son côté, l'euro a chuté pour se stabiliser à 1,14 dollars. Cette mesure profitera aux exportations, se réjouissent certains commentateurs. D'autres y voient la fin de la zone euro, estimant que la BCE vient de tirer sa dernière cartouche. Eurotopics 23/01/15


Près de 79 % des joueurs participant à la Coupe d’Afrique des nations évoluent hors de leur pays. Le Monde 23/01/15

 

Dans une lettre aux 28 ministres européens des Finances, plusieurs fédérations bancaires appellent à rejeter la TTF (Taxe sur les transactions financières) qui serait dommageable au marché intérieur et perturberait la guérison de l'UE. Signataires : Association européenne des banques coopératives, Association européenne des banques publiques, Fédération bancaire européenne, Groupe bancaire de détail et de particulier. Euractiv 23/01/15


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François aux Philippines, avec le peuple entre les typhons. Après. "un peu tard" dit-il. Avant le suivant ? Un peu tôt. Pape de sécurité. 17/01/15

 

Le pape ne tend pas la joue : "si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s'attendre à un coup de poing, c'est normal". Zidane justifié ! 18/01/15

 

Tsipras élu du peuple grec contre la Tröika, Merkel, Moscovici. Soutenu par les peuples d'Europe. Hollande avait promis. Tsipras fera-t-il ? 26/01/15

 

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 17:10

 

AIMÉS, SOUTENUS, UTILISÉS ?

 

Même si je n'apprécie pas toujours l'humour de Charlie hebdo et n'en suis qu'un lecteur occasionnel, j'ai décidé d'aller à la manifestation d'hommage à toutes les victimes du terrorisme et en soutien à la liberté d''expression et, surtout, au droit au blasphème.

 

A ma grande surprise, parmi les invités à cet hommage, on trouve des personnalités avec lesquelles je n'ai jamais manifesté, contre lesquelles j'ai pu manifester, dont je ne partage aucune idée. On a beaucoup discuté de la présence de Marine Le Pen et du FN à une telle manifestation. Certaines présences sont au moins aussi discutables.

Je peux manifester avec des personnes dont je ne partage qu'un seul point de vue, celui de la manifestation. Mais aujourd'hui, je crois entendre des voix : « c'est dur d'être aimé par des cons ».

 

Aimés ? C'est beaucoup dire. Aimé post-mortem. Et encore.

 

Soutenus ? On peut en douter quand on voit la brochette d'hypocrites. Pour la liberté d'expression ? Pour le droit au blasphème ? Dans la longue liste des invités, certains ont fait tuer des journalistes et beaucoup auraient facilement embastillé ceux de Charlie dans leur pays. Ce qu'ils font d'ailleurs avec leurs journalistes.
En citer quelques uns ? Une injustice qui ferait des jaloux s'ils lisaient ce billet : le Premier ministre turc, le ministre russe des Affaires étrangères, le président gabonais, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis...

 

Surtout utilisés pour désigner le responsable de tous nos maux, le « terrorisme islamiste » et ainsi se dédouaner de toute responsabilité politique, sociale, économique, militaire dans la situation nationale et mondiale !
Parmi les participants à la courte marche des notable, certains sont en période électorale et le Premier israélien qui avait accepté de ne pas venir, a changé d'idée quand il a su que deux rivaux lors des prochaines élections seraient présents. Ce n'est pas le seul à avoir joué des coudes pour être en première ligne devant les projecteurs.

 

Au delà du rôle qu'il a parfaitement joué, de président de tous les citoyens, de garant de la sécurité de tous les résidents, François Hollande a su, semble-t-il, agir, trouver les mots et les gestes adaptés à la situation. Encore, le président de la République aurait-il pu se rendre dans une institution juive, laïque, plutôt que dans une synagogue.

On peut se demander cependant si les invitations n'ont pas été trop largement lancées. Le nombre est un peu disproportionné avec l'importance de l'événement. Mais la marche de Hollande à la tête de la troupe de chefs d’État et de gouvernement dans les rues de Paris a rappelé que le « capitaine de pédalo » a su tenir la barre dans ces moments difficiles. Ces invitations larges cacheraient-elles quelque machiavélisme pourentraîner publiquement des « amis » sur uneligne qui n'est pas exactement la leur ? Défense de la liberté d'expression, du blasphème, de la laïcité... C'est peut-être ce qui apoussé l'Arabie saoudite et le Qatar à décliner l'invitation.

 

Il est certain que cet « hommage spectaculaire » à Charlie et aux victimes assassinées n'est pas interprété par tous de la même façon. Les uns y voient un soutien à la lutte pour la liberté d'expression, pour la laïcité, pour le droit au blasphème. D'autres, devinent derrière l'affichage de ces valeurs, un soutien à l'interventionnisme occidental, une machine de guerre contre l'islam et les musulmans du monde entier, surtout avec l'invitation faite au secrétaire de l'OTAN. D'autres ont pu y voir l'efficacité de l'action tragique de « 3 Robin des bois » égarés mais déterminés (1).

 

 

Heureusement, le rassemblement de millions de personnes a commencé, avec une 150107République7certaine spontanéité, dès le premier jour, sur de nombreuses places de France. Et le silence qui dominait et englobait les discussions sur la place de la République à Paris, le mercredi, témoignait de la présence nécessaire et consciente de chacun. Il se passait quelque chose.
La naissance et la diffus
ion par la capillarité des réseaux de « je suis Charlie », sans agence de communication, par des personnes qui connaissaient ou non 150111Jer-suisCharlieArabe-copie-1.jpg« Charlie hebdo » ou même qui ne l'aimaient pas particulièrement montre bien que la réaction populaire était encore plus forte que l'événement. Et les politiques n'ont fait que suivre, habilement, avec la présence ostentatoire et, en même temps, bienvenue des gouvernants.

Car il est important d'entendre les mêmes paroles, apaisantes, venant de bouches très différentes, même quand on sait qu'elles sont de circonstance. Un peu contraintes par les millions de personnes descendues dans les rues.

 

Il ne faut pas oublier cependant les incidents qui prouvent l'existence de résistances, de confusions, amenant les uns et les autres à prendre du recul par rapport à un unanimisme soudain : non participation à l'hommage, simplement par peur, par refus de cautionner une certaine « récupération » ou par opposition, actes contres des lieux de culte musulman par confusion entre islam et islamisme ou par rejet de l'islam.

Mais il ne faut pas se mettre martel en tête. A condition de ne pas se laisser entraîner quand reprendront, après demain, les déclarations et les préoccupations politiciennes d'avant hier.

 

150111AfficheRepublique.jpg

 

DES MESURES ! QUELLES MESURES ?

 

Devant l'habileté de François Hollande dans la gestions des événements, qui semble reconnue par tous. Devant l'importance de la mobilisation. Devant la force à la fois indignée et calme qui émanait des manifestations. Devant l'affirmation sereine et l'attachement aux valeurs démocratique, liberté, égalité, laïcité. Politiques et politiciens retiennent leur souffle. Et leurs déclarations. Pour combien de temps ?

 

Car tous pensent que des mesures sont à prendre. Et ce sera alors le moment d'en découdre. Certains commencent à demander un « patriot act » (législation mise en place aux États-Unis après le 11 septembre) « à la française » bien entendu. Dont aussi bien le Figaro que le Monde ont rappelé et les échecs et les excès. Tous imaginent de nouvelles mesures répressives alors que les dernières lois contre le terrorisme datent de quelques mois et ne sont pas toutes entrées en application...

Mais peut-on penser que les futurs Kouachi ou Coulibaly seront arrêtés par une multiplication des lois répressives dont l'échec, parce qu'il ne touche pas aux causes, pousseront à de nouvelles lois répressives qui....

 

Il faut déjà remarquer que dans l'inconscience comptable du moment, quand il n'était question que d'économies, le nombre de fonctionnaires de police a été réduit (12 000 postes supprimés). Aujourd'hui, il est fait appel à l'armée : est-ce un progrès ? Est-ce une économie ?

Les services de police et surtout de renseignements ont été réorganisés récemment. Mais le Premier ministre a du reconnaître, comme tout un chacun, des failles. Les terroristes, de Mohamed Merah aux frères Kouachi en passant par Mehdi Nemmouche, étaient connus des services de police, fichés, « surveillés » et... très actifs. Certes d'autres terroristes potentiels ont été neutralisés, des actions ont probablement été évitées et il n'existe pas de risque zéro. Mais, ces dernières années, les failles ont été payées au prix fort.

Sans compter le nombre de jeunes qui – 3 000 ? - sont partis de France pour aller au Proche-Orient. Comme la compagne de Coulibaly !

 

Tous ces jeunes sont, le plus souvent, nés ici, ont été scolarisés, socialisés ici. Il sont issus des quartiers populaires dont on parle depuis longtemps mais dont la situation ne change guère.

Souvent des délinquants, petits ou grands, dont certains se tournaient vers l'islam et sortaient de la délinquance à la satisfaction des autorités. Tandis que d'autres, insatisfaits, se tournaient vers l'islamisme. Qui leur permet de lutter contre les injustices ressenties, ici dans leur vie quotidienne et là-bas par leurs coreligionnaires. Un islamisme qui donne un sens à leur vie (et à leur mort) et permet à certains d'aller plus loin, dans un engagement, dans une action dangereuse qui les sortira d'un monde qui n'a rien à leur offrir (1). Souvent après des passages par la prison où ils ont pu, semble-t-il, se former et s'aguerrir. Prendre une autre stature.

 

Il est évident et heureux que tous les jeunes placés dans les mêmes conditions ne suivent pas la même route. Mais on a trop tendance à se satisfaire de cette situation tant qu'elle n'explose pas d'une façon ou d'une autre. Or ces conditions favorisent toutes les dérives. Et les circonstances actuelles, exceptionnelles, ne vont pas les changer par la magie du verbe ou d'une manifestation fut-elle exemplaire. Car le chômage est maintenant installé depuis des années et ne cesse de croître. Et les discriminations perdurent.

 

Des millions de personnes sont sorties dans les rues et sur les places publiques pour rappeler les fondamentaux du vivre ensemble en France. C'est important. Mais cela ne suffit pas si cela ne se traduit que par de mesures répressives, par des déclarations de guerre.
Si une partie importante de la société n'est pas capable de se soulever, d'appeler à un changement profond, de montrer que, pour elle, cette situation, du chacun pour soi, est insoutenable.

 

Les discours « bisonours » et les prisons n'y feront pas grand chose. Tout restera comme avant !

 

1 - Le « djihad mondialisé » est pratiquement la seule idéologie globale disponible sur le marché aujourd'hui, comme la révolution était l'idéologie standard des jeunes en rupture dans les années 1970. On ignore simplement la profonde continuité du terrorisme islamique avec cette culture jeune de la violence et du fantasme de toute-puissance, celle de l’effet Columbine aux États-Unis, celle qui explique le succès de films comme Scarface dans les banlieues, sans parler des jeux vidéo ou de Tueurs nés.Olivier Roy: «La communauté musulmane n'existe pas». mediapart 13/01/15

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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