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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:02

 

L'HÔTE LOIN DES HOMMES

 

 

« Loin des hommes » est un film de David Oelhoffen, très librement adapté de la nouvelle de Camus « L'Hôte ».
Très, très librement adapté, à tel point qu'on pourrait dire que « L'Hôte » d'Albert Camus et « Loin des hommes » de David Oelhoffen sont deux œuvres à partir d'un même « fait divers » : « En Algérie française, un villageois qui a tué un cousin pour une histoire de grain est confié par un gendarme à l'instituteur qui doit l'amener aux autorités de la ville voisine ».

 

L'HÔTE

 

A partir de là, Albert Camus a écrit une nouvelle de quelques pages, « L'Hôte » dans laquelle on retrouve la beauté d'écriture et du monde de Camus. Et sa solitude écrasée.

 

L'action se déroule dans une école et ses alentours, à l'écart du village, entre trois personnages : Daru, l'instituteur, personnage central qui vit seul dans cette école, désertée de ses élèves par cet hiver enneigé ; le gendarme d'origine corse, Balducci, qui amène avec lui l'Arabe, sans nom, auteur d'un crime de sang.

 

L'instituteur n'est pas seulement l'enseignant qu'il a choisi d'être. Il est aussi un agent de l'administration. En temps « habituel », il distribue une aide alimentaire en grain aux élèves qui viennent en classe. Cette aide alimentaire est nécessaire pour la survie de familles du village, « cette armée de fantômes haillonneux errant dans le soleil ». Elle fait de l'instituteur, qui se veut porteur des lumières du savoir, un auxiliaire social de l'administration coloniale.

Le gendarme vient à l'école pour lui confier l'Arabe qu'il doit convoyer à la ville voisine, le transformant ainsi en auxiliaire de l'autorité policière. Malgré son refus, le gendarme repart aussitôt en lui laissant son revolver et l'Arabe. Le voilà, supplétif ! Malgré lui.

Ayant hébergé, nourri son hôte, tous deux se mettent en route le lendemain matin. Daru conduit l'Arabe jusqu'au carrefour, lui fournit un minimum de survie et lui indique deux possibilités, prendre le chemin de la prison ou celui qui conduit chez les nomades, la survie, la liberté.

L'Arabe choisit la ville et la justice coloniale.

 

« L'Hôte » est l'une des nouvelles de « L'Exil et le Royaume », dernière œuvre d'Albert Camus, publiée de son vivant en 1957. « L'Hôte » a, probablement été écrite entre 1952 et 1954-55. L'action se déroule avant les « événements » d'Algérie, avant le 1er novembre 1954.
Mais les propos du gendarme font penser que la situation est lourde. Que la révolte gronde. Qu'il faut serrer les rangs. Il fournit à Daru qui n'a qu'un fusil de chasse, un revolver pour sa mission.

L'Arabe est-il « contre nous? » demande Daru,« Je ne crois pas. Mais on ne peut jamais savoir ».

Il a commis un crime pour une histoire familiale de grain. Il a fui la justice, protégé par les siens, a été capturé mais au moment du choix qui lui est offert par Daru, il prend le chemin de la soumission à l'autorité de la justice coloniale non celui de la liberté.

Quand il revient dans sa classe, Daru trouve écrit sur le tableau  : « Tu as livré notre frère. Tu paieras. » -

 

Daru, le juste, n'écoute que sa conscience, estime que livrer l'Arabe est contraire à son sens de l'honneur. Il espère qu'il va s'enfuir discrètement et ainsi le délivrer de son problème moral, de la nécessaire décision d'amener ou non l'Arabe à la ville. L'Arabe ne fuit pas. Daru veut continuer à apporter l'autonomie aux enfants par l'enseignement, rester au dessus de la mêlée, y compris en soustrayant un criminel à la justice des hommes. Mais il se trouve pris dans l'engrenage des affrontements à venir.

 

La solitude de Daru va au delà de son isolement politique, de l'incompréhension du gendarme, de l'Arabe ou des « frères ». Il vit seul dans cette école, depuis un an, sans femme, sans enfant, loin du village, sur un plateau désertique, dans un pays « cruel à vivre » « où il était né ». Camus marque cette solitude, en commençant la nouvelle avec une école, « vide et glacée », vidée de ses élèves par le froid et la neige.

 

Si Daru éprouve des sentiments pour le gendarme ou l'Arabe, ils n'apparaissent guère si ce n'est dans ce que nécessite sa dignité : hospitalité pour l'Arabe, quoi qu'il pense de son crime, refus de conduire l'Arabe à la ville, malgré ses liens avec le gendarme. Et s'il ressent, au petit matin, une « sorte de fraternité » avec l'Arabe, celle des «hommes, qui partagent les mêmes chambres, soldats ou prisonniers », il s'en défend car« il n'aimait pas ces bêtises »

 

Mais ce qu'il aime par dessus ces hommes, c'est le pays : « partout ailleurs, il se sentait en exil ». Même si ce pays est décrit comme dur, inhospitalier par sa nature et par ses hommes. Daru est, à la fois, fasciné et écrasé par la beauté de ce paysage inhumain.

 

« Les plateaux calcinés mois après mois, la terre recroquevillée peu à peu, littéralement torréfiée, chaque pierre éclatant en poussière sous le pied. Les moutons mouraient alors par milliers et quelques hommes, çà et là, sans qu'on puisse toujours le savoir. Le pays était ainsi, cruel à vivre, même sans les hommes, qui, pourtant, n'arrangeaient rien ».
« 
Une lumière tendre et vive inondait le plateau désert... Daru buvait, à profondes aspirations, la lumière fraîche.Une sorte d'exaltation naissait en lui devant le grand espace familier, presque entièrement jaune maintenant, sous sa calotte de ciel bleu ».
« Quand toute la neige serait fondue, le soleil régnerait de nouveau et brûlerait une fois de plus les champs de pierre. Pendant des jours, encore, le ciel inaltérable déverserait sa lumière sèche sur l'étendue solitaire où rien ne rappelait l'homme. »
« Dans ce désert, personne, ni lui ni son hôte n'étaient rien. Et pourtant, hors de ce désert, ni l'un ni l'autre, Daru le savait, n'auraient pu vivre vraiment. il se sentait étrangement vide et vulnérable
. »

 

« L’Hôte » s’achève sur  une phrase désespérée qui ne parle pas seulement de sa solitude parmi les hommes mais aussi de la fin d'un monde, de sa disparition dans la terrible grandeur de la nature : « Dans ce vaste pays qu’il avait tant aimé, il était seul. »

 

Vers-El-Marsa-copie-1.jpg

 

LOIN DES HOMMES

 

A partir de ce même « fait divers », David Oelhoffen a imaginé un magnifique western, pétri d'humanisme chrétien, situé en Algérie française, tourné dans l'Ouest (maghrébin, au Maroc, semble-t-il). De très belles images d'un pays désertique servent de décor à une guerre cruelle où s'affrontent les hommes.

 

Le film commence par une vue de l'école isolée dans la montagne mais pleine de la vie, des jeux et des cris des élèves en récréation. Daru enseigne, distribue et grain et galette...

 

Le soir arrivent le gendarme et l'Arabe. Daru semble bien décidé à ne pas livrer l'Arabe aux autorités. L'intervention au petit matin de cavaliers dont les troupeaux ont été décimés dans la nuit, qui viennent pour récupérer l'Arabe et lui faire payer les exactions de « ses frères », conduit l'instituteur, à s'interposer les armes à la main.
Dès lors, Daru devient le héros de ce film d'action. Il est contraint de quitter son école « Pas de classe aujourd'hui » écrit-il sur le tableau, pour partir avec l'Arabe qu'il doit protéger. Et cette protection va s'avérer mouvementée.

 

Car dans cette marche vers la ville, Daru et l'Arabe vont faire des rencontres dangereuses : d'abord un très beau cavalier arabe qui les menace d'un fusil et que Daru est obligé d'abattre ; ensuite, une colonne de rebelles dans laquelle se trouvent engagés des hommes qui ont servi sous les ordres de Daru pendant la campagne d'Italie ; enfin un violent affrontement entre ces rebelles et un important détachement de l'armée française qui ratisse et élimine, « avec ordre de ne pas faire de prisonniers ».
Cette longue marche aboutira à un « saloon » où tous deux approcheront une femme, ce qui n'était pas arrivé à Daru depuis longtemps, une première pour Mohamed.

 

Cette longue marche dangereuse dans de splendides montagnes rouges, arides, inhospitalières, va donner une certaine épaisseur humaine aux deux personnages, notamment à Mohamed. Aux moments de repos, les deux héros vont se parler, se connaître, s'apprécier, au delà des échanges obligés, durs pour survivre.
Daru a vécu sa jeunesse dans le pays, a fait la campagne d'Italie avec des Algériens qui le considèrent comme un frère, qui, cette fois, a choisi le mauvais camp. Daru a perdu sa femme, il y a dix ans. Daru crie quelquefois quand il fait classe...
Mohamed a tué son cousin parce qu'il était l’aîné de sa fratrie et qu'il devait protéger la famille. Mohamed n'a jamais connu de femme. Rêve de se marier. S'il revient au village, la famille du cousin devra le tuer entraînant les deux familles dans une succession de vengeances sans fin... S'il est pris et exécuté par les autorités françaises, la guerre familiale n'aura pas lieu... C'est ce qu'il a choisi.

 

Daru revient pour un dernier cours et faire ses adieux aux élèves. Le dernier en partant lui offre un dessin. Comme, au moment de la séparation, Mohamed lui a offert sa seule richesse matérielle, une pièce de monnaie arabe. Chacun est parti vers un destin différent mais aussi imprévisible, ce sont deux amis qui se quittent. Deux amis qui ont grandi. Deux amis qui s'en remettent à Dieu.

 

PS1 : Alexandre Dumas aurait dit qu'il importe peu de violer l'histoire pourvu qu'on lui fasse un bel enfant. Ici, le gendarme montre à l'instituteur le journal qui annonce les attentats du 1ernovembre 1954. Le lendemain, les deux héros rencontrent un groupe de maquisards et aussitôt après une importante opération de ratissage par l'armée française avec l'ordre de ne pas faire de prisonniers. Il s'agit là d'un « raccourci chronologique ».

 

PS 2 : Pour incarner l'instituteur Daru, le réalisateur David Oelhoffen a choisi le très beau Viggo Mortensen. Malheureusement son accent paraît peu correspondre à ce qu'on attend d'un Français d'Algérie d'origine espagnole !

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Published by Paul ORIOL - dans Cinéma
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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 20:45

 

Compte-rendu de la réunion du Cercle des Chamailleurs

du 20 janvier sur les événements du 7 au 11 janvier 2015 (par Paul)

 

Cette réunion a eu lieu à la demande de Michel qui souhaitait discuter "à tiède" de ses propres réactions et réflexions et de celles de chacun à la suite des derniers événements. Réactions et réflexions qui ne peuvaient être isolées de tout ce que nous avions vu, entendu, lu...

 

Pour Michel, ce fut « un tremblement » par les faits eux-mêmes mais aussi par l'ampleur de leur retentissement national et international, peut être disproportionnée – on a comparé les assassinats des 7 et 9 janvier à Paris au 11 septembre à New York. Avec le succès, ambigu, de « Je suis Charlie » qui pouvait avoir des significations multiples...

 

Ces événements peuvent donner lieu à de multiples questions qu'il est impossible de traiter en une seule réunion. Michel propose de structurer la discussion autour de deux points : la liberté d'expression, l'islam.

 

Dans un article paru dans l'Obs, Delfeil de Ton se demande pourquoi Charb a entraîné l'équipe de « Charlie hebdo » dans la surenchère, comme en 2011, après le premier attentat, avec la sortie du numéro surtitré « Charia Hebdo » et il reprend les propos de Wolinski qu’il avait repris alors dans l’Obs : « Je crois que nous sommes des inconscients et des imbéciles qui avons pris un risque inutile… ». De plus, à la suite de ses prises de position, « Charlie » avait été attaqué par une partie de l'extrême gauche et soutenu par d'autres à droite !

« Charlie » n’a-t-il pas poussé le bouchon trop loin ? Ils se revendiquent comme « irresponsables ». Il est donc parfois difficile « d'être Charlie ».

 

Discussion

 

Sur « Charlie » et la liberté d'expression. 

 

Le rapport à « Charlie » n'est pas le même pour tous les participants : certains n'ont jamais lu « Charlie », d'autres l'ont lu de façon occasionnelle. Mais pour l'une d'entre nous, « Charlie » (et ses prédécesseurs) a accompagné toute sa jeunesse et sa participation aux luttes sociales et surtout sociétales. Et chacun de rappeler les causes défendues par « Charlie », de l'avortement aux sans-papiers en passant par l'antimilitarisme, l’anticléricalisme... Même si, quelquefois, il était difficile d'accepter le second degré de Wolinsnki sur les femmes et le mépris de classe de Cabu avec le « beauf ».

D'où une longue discussion sur « l'humour » de « Charlie ». Qui n'est pas toujours drôle si on n'admet pas le second degré ou si on a des difficultés à passer au second degré pour certains sujets. Mais c'est là tout « Charlie » qui se réclame du « bête et méchant » à travers l'excès, la grossièreté, et surtout de l'opposition à toutes les institutions, toutes les forces d'oppression, de gauche ou de droite mais surtout d'extrême droite.

A travers ces affirmations identitaires, « Charlie » se dit mais ne se croit pas un instant, bête, méchant pas plus qu'irresponsable. Mais prétend exprimer ses convictions au-delà de ce qu'on peut considérer comme « bête, méchant, irresponsable »pour assumer une responsabilité libératrice.

« Charlie » se sent dans le prolongement d'une certaine tradition française de critique radicale des institutions par l'écrit ou la caricature qui remonte loin et a permis, avec d'autres luttes, l'instauration de la laïcité, de la liberté d'expression, du droit au blasphème... Une tradition qu'il faut entretenir sous peine de régression. Ce qui est en jeu dans la situation actuelle en France, sur bien des points régressive.

Depuis la Libération, toutes les lois sur la laïcité ont été des lois portant atteinte à la laïcité (notamment sur l'école) sans parler de la subvention des lieux culturels, qui n'étaient qu'un masque, au financement de lieux cultuels. A l'exception des lois sur le voile prise malgré l'opposition d'une partie de la gauche et de l'extrême gauche.

Depuis la Révolution, sauf un bref passage lors de la Restauration, le blasphème n'est pas interdit en France par la loi. Au contraire de nombreux pays dans le monde, y compris des pays européens. Et certains pensent qu'il faudrait ou l'interdire, ou se l'interdire et qu'il y a des choses sacrées qu'il faut respecter comme le pape François l'a encore récemment rappelé.

 

Le blasphème n'est pas interdit en France, sauf en Alsace-Moselle du fait de la législation concordataire allemande, maintenue après le retour de l'Alsace-Moselle à la France en 1918, et en Guyane.
Alors que la plupart des politiques oublient cette entorse territoriale à la législation française, il se trouve que, le 6 janvier, les autorités religieuses alsaciennes, rassemblées, des 4 cultes reconnus (catholique, protestant réformé, protestant luthérien et israélite) et un représentant du culte musulman, ont demandé la suppression de cet interdit. Que la revue Études, revue des jésuites, a publié récemment sur son site certaines caricatures de «
 Charlie », retirées ensuite. Et les cloches de N.D. de Paris ont sonné pour les assassinés.

C’est un hommage justement rendu à ceux qui se sont battus pour la liberté d'expression hier, bien sûr, et avant hier quand on connaît le nombre de « questionnés », écartelés, brûlés par l'église catholique pour blasphème, de Jeanne d'Arc, « blasphématrice de Dieu et des saints », au Chevalier de la Barre.

 

De son coté, avant les derniers événements, l'UOIF qui est opposé au droit de blasphémer, a porté plainte contre « Charlie hebdo », a perdu son procès et a déclaré vouloir respecter les lois de la République (1).

 

Tout ceci montre que les uns et les autres sont disposés d'une part à respecter les lois mais aussi à élargir le champ de la libre expression parce que c'est un facteur essentiel de la laïcité, fondement du vivre ensemble en France, de leur possibilité d'exercer leurs activités religieuses en toute liberté.

 

C'est autant cette bataille pour la liberté d'expression, notamment à travers les manifestations, que l’horreur des assassinats qui ont valu un retentissement mondial aux récents événements. Avec parfois des difficultés de compréhension, aussi bien ici qu'à l'extérieur, qui tiennent à des cultures, à des histoires différentes...

 

Car il existe des différences entre pays, législatives ou pratiques, qui se réclament de la liberté d'expression. Ainsi, aux États-Unis, la plupart des grands journaux ont refusé de publier les caricatures de « Charlie hebdo » mais ont publié la photo du terroriste tuant le policier à terre. Les caricatures ont été jugées plus choquantes pour la sensibilité des musulmans que le meurtre.

Par ailleurs, les États-uniens s'étonnent que, au lendemain d'une manifestation aussi importante pour la liberté d'expression, le spectacle de Dieudonné soit interdit et qu'il soit traduit en justice pour son « Je suis Charlie Coulibaly » cependant teinté d'un encouragement au meurtre antisémite.

 

En effet, la liberté d'expression est plus limitée par la loi en France qu'aux États-Unis, concernant les propos négationnistes par exemple. Comme si c'était la loi, l’État qui devait dire ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Comme c'était hier l’Église qui s'attribuait ce droit. C'est une limite à la liberté d'expression qui risque de faire plus de mal que de bien et surtout, ce peut être considéré comme un aveu de faiblesse de remplacer le débat par l'interdiction.

 

Mais au-delà des pays qui pratiquent, de façon différente une certaine liberté d'expression, les caricatures de « Charlie hebdo » ont eu des conséquences graves, avec des morts, dans des pays où cette liberté n'existe pas.

D'où l’opposition entre « l'éthique de conviction », le droit de dire ce que l'on pense, quelles qu'en soient les conséquences et « l'éthique de responsabilité », la nécessité de peser avant de parler les conséquences possibles de ses paroles.

 

« Charlie hebdo » s'attaquait hier aux institutions religieuses qui avaient partie liée aux autres institutions dominantes, ici et ailleurs, suivant la tradition satirique, « lesabre et le goupillon », « le trône et l'autel ». Aujourd'hui, il a ajouté l'intégrisme musulman aux autres intégrismes. Touchant par là un nombre important de musulmans de France et d'ailleurs, étrangers à la laïcité, aux gauloiseries et autres traditions qui peuvent apparaître excessives à certains mais qui sont entrées dans les mœurs nationales.

 

D'où l'indignation de nombreux musulmans et la déclaration « nous avons vengé le prophète » lors de l'assassinat des journalistes. Sauf que les commanditaires des vengeurs, s'ils ont utilisé ces caricatures pour réveiller les cellules dormantes en France, ne les avaient pas attendues pour déclencher les assassinats un peu partout dans le monde. Et que les assassinats dans le supermarché casher de Vincennes ou à la synagogue de Bruxelles n'avait rien à voir avec les caricatures et le blasphème et visaient seulement des personnes pour leur judéité.


Depuis quelques années, ce sont d'abord les musulmans qui sont les principales victimes des guerres de religion entre sunnites et chiites, des massacres perpétrés par les islamistes, même s'il ne faut pas oublier les nombreuses victimes non musulmanes, chrétiennes ou non, vivant en terre d'islam. Tout ceci n'a rien à voir avec les caricatures de « 
Charlie hebdo».
De plus, combien, parmi ceux qui manifestent contre « 
Charlie hebdo » le connaissent, l'ont lu ? Y compris parmi les commanditaires ?

 

Dans tout cela, la grande et la petite politique, les grands et les petits intérêts ne sont pas innocents : Afghanistan, Proche Orient et le pétrole, Libye..., les alliances douteuses avec l'Arabie saoudite, le Qatar qui ne financent pas que le sport..., les investissements en France, en Europe, aux États-Unis... et le commerce des armes.

 

Mais, aujourd'hui comme hier, il est inadmissible d'être tué pour un dessin ou un pamphlet. Et censurer ou se censurer, c'est déjà céder un certain pouvoir aux terroristes. Aliéner une part de sa liberté. Ce qui ne fait que conforter l’ordre qui règne dans le monde. Des alliances douteuses qui manipulent les uns et les autres.

 

Reste que les manifestants en France n'ont jamais été aussi nombreux depuis la Libération. Le mercredi soir, les manifestations étaient spontanées, de soutien, de recueillement... Pour les manifestants de dimanche, certains pensent qu'il faudrait faire le tri. Car il y avait, en majorité, ceux qui soutenaient la liberté d'expression, les grandes valeurs affirmées de la République mais aussi ceux qui étaient là pour des raisons plus discutables, qui ne savaient rien de « Charlie hebdo », parce qu'il fallait y être,pour la Marseillaise et le drapeau. Peut-être même certains étaient-ils de droite ou d’extrême droite.
Toutes les couches sociales n'étaient pas représentées et s'il y avait des manifestants noirs ou d'origine maghrébine, ce n'était pas les jeunes des « 
quartiers populaires ». Un habitué des manifestations fait remarquer que cela ne date pas d'aujourd'hui, ce qui n'est pas une consolation, bien au contraire, mais la composition sociologique des manifestations change du tout au tout en fonction des mots d'ordre de la manifestation.

 

Quoi qu'il en soit, les manifestations du dimanche étaient sur des mots d'ordre nationaux qui reprenaient les noms ou les qualités des victimes, « je suis flic, je suis juif », et pour tous « je suis français », et des mots d'ordre républicains « liberté d'expression », « liberté, égalité, fraternité, laïcité »... Et ne rejetaient personne.

 

L'islam

 

Comment parler de l'islam, de l'islamisme, des rapports de l'un avec l'autre, de l'image de l'islam, de la signification de l'islamophobie ?

 

La bataille tourne souvent autour de ce mot « islamophobie » qui, étymologiquement veut dire « peur de l'islam » et que beaucoup interprètent comme « haine de l'islam ». Ce qui est l'interprétation dominante actuellement. Et toute contestation de l'islam religion et souvent de l'islamisme, islam politique, est aussitôt assimilée à cette islamophobie.

 

Comment aborder la question de l'islam, surtout quand on n'est pas musulman, sans être immédiatement stigmatisé, tant les camps sont strictement définis.

D'un côté, il y a l'affirmation par toutes les autorités morales ou politiques que l'islam est une religion de paix, que la civilisation occidentale doit beaucoup à l'apport de la civilisation musulmane, que la religion musulmane est la deuxième religion de France.
Ceci pour combattre ceux qui de l'autre côté prônent le rejet brutal, les discriminations, l'assimilation de tout musulman au terrorisme islamique, dénoncent l'invasion de la France et de l'Europe, annoncent le grand «
 remplacement » de la population européenne par l'arrivée de nouveaux immigrés musulmans et le surplus de naissances...

 

Les terroristes et les musulmans pacifiques disent « Allahou akbar » les premiers quand ils tuent, les seconds quand ils prient ! Affirmer qu'il n'y a rien de commun entre les deux est évidemment peu compréhensible, peu convainquant pour le commun des mortels. Les premiers seraient inspirés par le « Coran de Médine » et les seconds par le « Coran de la Mecque ». Mais « cet appel de Mahmoud Muhammad Taha a été catégoriquement rejeté par… les institutions religieuses musulmanes qui ont ameuté contre lui les autorités soudanaises. Celles-ci ont fini par le condamner àmort par pendaison le 15 janvier 1985 » (2).

Il est tout aussi difficile de dire qu'il n'y a rien commun entre l'islam et l'islamisme. Car tous les islamistes se réclament de l'islam et, fort heureusement, tous les musulmans ne sont pas des islamistes et des terroristes.

 

Une des retombées importantes de ces tristes événements est justement l'apparition d'articles, de pétitions de musulmans appelant à une réforme de l'islam (3). Le temps presse : il est évident que cette réforme ne peut venir que de pays où justement les intellectuels musulmans disposent d'une certaine sécurité que leur assurent la laïcité et la liberté d'expression dont ils ne bénéficieraient pas toujours dans les États musulmans.

 

A défaut, il est à craindre des affrontements plus graves que ceux qu'on a connus jusqu'ici. Car il ne suffit pas de nier le « choc des civilisations ». Il faut demander aux aborigènes d'ici ou là s'il existe ou non un choc des civilisations. La réponse est claire.

On ne la conjure pas par la dénégation mais en la combattant. Dénoncer l'autre, proposer de l'expulser, de le rejeter ne l'évitera pas. Il faut que chacun s'efforce de balayer devant sa porte (4), de comprendre l'autre pour trouver un terrain d'entente. Ce sera difficile car les puissants tirent des bénéfices des conflits dont les peuples paient les frais.

 

Si les intellectuels musulmans ont un importanttravail de déminage à faire, du côté des politiques et des institutions les tâches sont énormes aussi. Plus de trente ans de libéralisme ont accentué la paupérisation de grandes masses abandonnées dans les quartiers populaires quelle que soit leur origine. Les politiques de la ville ont été inefficaces.
Cette politique économique creuse les inégalités, aussi bien au niveau national qu'au niveau mondial et favorise l'individualisme. Ce ne sont pas quelques manifestations «
 républicaines » même si elles sont nécessaires qui vont redonner un sens à la vie des jeunes qui se sentent abandonnés (5).

Il faudra offrir autre chose à leur énergie inemployée, à leurs ambitions déçues, à leurs demandes de reconnaissance, si on ne veut pas qu'ils prennent la seule voie qui leur est aujourd'hui offerte pour aller au bout d'eux-mêmes.

 

Ici aussi la maison brûle et tout le monde regarde ailleurs.

 

1 - «Les musulmans français meilleurs alliés contre le terrorisme» de Amar Lasfar, président de l'Union des organisations islamiques de France www.lefigaro.fr/actualite-france/ 2015/ 01/ 11/ 01016-20150111ARTFIG00171-amarre-lasfar-les-musulmans-francais-meilleurs-allies-contre-le-terrorisme.php

 

2 - http://michelbenoit17.over-blog.com/2014/01/le-coran-sortir-de-l-impasse-sami-aldeeb.html

 

3 – Références de quelques articles sur la nécessité d'une réforme de l'islam.

- Lettre ouverte au monde musulman de Abdennour Bidar : http://www.marianne.net/Lettre-ouverte-au-monde-musulman_a241765.html

-Le réveil des vieux démons de Nour-Eddine Boukrouh ;

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2015/01/11/article.php?sid=173228&cid=41

 

4 – Les versets douloureuxBible, Evangile et Coranentre conflit et dialogueDavid Meyer, Yves Simoens, Soheib Bencheikh Editions Lessius

 

NB : Les Chamailleurs ont consacré une réunion à ce livre dont le compte rendu peut être trouvé sur le blog :

http://cercledeschamailleurs.over-blog.com/article-les-versets-douloureux-76679648.html

 

5 - Farhad Khosrokhavar : « des jeunes radicalisés qui se rêvent en héros négatifs ». http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/09/les-freres-said-et-cherif-kouachi-des-jeunes-radicalises-qui-se-revent-en-heros-negatifs_4552837_3232.html

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 09:42

 

Revue de presse n° 153(Europe)



L'Espagne a intercepté 3 500 migrants en mer en 2014 Libération 14/01/15

 

La veille de l'attentat contre Charlie Hebdo, des représentants des cultes catholique, protestant, juif et musulman ont demandé la suppression du délit de blasphème, hérité du droit allemand, et toujours en vigueur dans trois départements de l'Est de la France. En vigueur mais jamais appliqué : en 2013, une association avait tenté de faire condamner Charlie Hebdo pour blasphème, sans succès... Ce délit existe dans de nombreux pays en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie mais aussi... en Europe. Notamment en Italie et en Allemagne. arretsurimages.net 14/01/15

 

Le mouvement anti-islam Pegida ("Patriotes européens contre l’islamisation du pays"), lancé à Dresde, s’exporte hors d’Allemagne. Sur Facebook et Twitter, des branches locales ont été créées en Norvège, Autriche, Suisse, Suède, Espagne. JDD 15/01/15

 

Bruxelles estime que le Luxembourgoctroie un avantage à Amazon” en infraction avec les règles de l’UE... système d’optimisation fiscale mis en place quand l’actuel président de la CE, J-C Juncker, était Premier ministre. Dans sa lettre, la CE dévoile des montages fiscaux complexes et “estime, à titre préliminaire”, que le traitement fiscal dont bénéficie Amazonconstitue une aide d’État”. Euronews 16/01/15

Rue89 18/01/15

2 %, c'est le taux de taxation d'Apple en Irlande contre 12,5 % selon la législation en vigueur. Alter éco HS Décembre 2014


La fortune des un pour cent les plus riches de la planète dépassera bientôt celle des 99 % restants. Une étude publiée par l'organisation humanitaire britannique Oxfam. La hausse des inégalités génère aussi de graves conflits dans les pays industrialisés, préviennent les commentateurs. Eurotopics 20/01/15

La gauche n'est pas la seule à voir dans la hausse des inégalités l'une des principales sources de menaces pour l'avenir ; c'est aussi le point de vue de la quasi totalité des penseurs, industriels et économistes qui célébreront cette semaine leur grand-messe à Davos." De Morgen (Belgique) eurotopics 20/01/15


"Depuis des années, les États arabes financent les mouvements terroristes pour diversifier leurs possibilités d'action sur les plans intérieur ou régional... Arabie Saoudite, Koweït, Qatar...Ces États sont considérés comme nos amis, nos alliés, nos fournisseurs et nos partenaires économiques. Nous ne voulons pas en faire des ennemis, par intérêt. Mais une cohérence accrue ne serait-elle pas de mise ?" Corriere della Sera 20/01/15


Collecte des données des passagers aériens, collaboration accrue entre les agences de renseignement, déchéance de nationalité pour les djihadistes présumés : propositions évoquées par les ministres des Affaires étrangères de l'UE. Certains commentateurs les trouvent judicieuses et appellent à hausser le ton, d'autres demandent aux autorités de coopérer davantage avec les familles musulmanes pour prévenir la radicalisation des jeunes. Eurotopics 21/01/15


6 États de l’UE dépassent les 200 personnes emprisonnées pour 100 000 h : Lituanie (329), Lettonie (299), ’Estonie (248), République tchèque (220), Pologne (218), Slovaquie (205). 8 pays se situent sous le seuil de 100/100 000 h : Finlande (59), Slovénie (67), Suède (68), Danemark (71), Chypre et Pays-Bas (81).
France
(113)
Taux d’occupation des prisons. Les États baltes affichent des taux inférieurs à 100%. "Mauvais élèves" : Hongrie (taux d’occupation 141,8%), Chypre (140,1%), Grèce (136,5%), Belgique (122,7%), France (118,3%). Au total, 10 États membres sur 28 dépassent le seuil de 100%. Toute l'Europe 22/01/15


35 % de la population suisse de plus de 15 ans était issue de l'immigration en 2013. Libération 23/01/15


J.Stiglitz: "Si ce parti arrive en tête sans parvenir au pouvoir, cela tiendra sans doute à la crainte de la réaction de l'UE... Le problème, ce n'est pas la Grèce, c'est l'Europe. Si l'UEne change pas de politique - si elle ne réforme pas la zone euro et ne renonce pas à l'austérité -, une réaction populiste sera inévitable...Mais combien l'Europe devra-t-elle encore souffrir avant que raison revienne ?" eurotopics Les Echos 22/01/15


L'annonce du rachat de dettes par la BCE, d'un volume de plusieurs milliards, a provoqué l'envolée des cours des bourses. De son côté, l'euro a chuté pour se stabiliser à 1,14 dollars. Cette mesure profitera aux exportations, se réjouissent certains commentateurs. D'autres y voient la fin de la zone euro, estimant que la BCE vient de tirer sa dernière cartouche. Eurotopics 23/01/15


Près de 79 % des joueurs participant à la Coupe d’Afrique des nations évoluent hors de leur pays. Le Monde 23/01/15

 

Dans une lettre aux 28 ministres européens des Finances, plusieurs fédérations bancaires appellent à rejeter la TTF (Taxe sur les transactions financières) qui serait dommageable au marché intérieur et perturberait la guérison de l'UE. Signataires : Association européenne des banques coopératives, Association européenne des banques publiques, Fédération bancaire européenne, Groupe bancaire de détail et de particulier. Euractiv 23/01/15


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François aux Philippines, avec le peuple entre les typhons. Après. "un peu tard" dit-il. Avant le suivant ? Un peu tôt. Pape de sécurité. 17/01/15

 

Le pape ne tend pas la joue : "si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s'attendre à un coup de poing, c'est normal". Zidane justifié ! 18/01/15

 

Tsipras élu du peuple grec contre la Tröika, Merkel, Moscovici. Soutenu par les peuples d'Europe. Hollande avait promis. Tsipras fera-t-il ? 26/01/15

 

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 17:10

 

AIMÉS, SOUTENUS, UTILISÉS ?

 

Même si je n'apprécie pas toujours l'humour de Charlie hebdo et n'en suis qu'un lecteur occasionnel, j'ai décidé d'aller à la manifestation d'hommage à toutes les victimes du terrorisme et en soutien à la liberté d''expression et, surtout, au droit au blasphème.

 

A ma grande surprise, parmi les invités à cet hommage, on trouve des personnalités avec lesquelles je n'ai jamais manifesté, contre lesquelles j'ai pu manifester, dont je ne partage aucune idée. On a beaucoup discuté de la présence de Marine Le Pen et du FN à une telle manifestation. Certaines présences sont au moins aussi discutables.

Je peux manifester avec des personnes dont je ne partage qu'un seul point de vue, celui de la manifestation. Mais aujourd'hui, je crois entendre des voix : « c'est dur d'être aimé par des cons ».

 

Aimés ? C'est beaucoup dire. Aimé post-mortem. Et encore.

 

Soutenus ? On peut en douter quand on voit la brochette d'hypocrites. Pour la liberté d'expression ? Pour le droit au blasphème ? Dans la longue liste des invités, certains ont fait tuer des journalistes et beaucoup auraient facilement embastillé ceux de Charlie dans leur pays. Ce qu'ils font d'ailleurs avec leurs journalistes.
En citer quelques uns ? Une injustice qui ferait des jaloux s'ils lisaient ce billet : le Premier ministre turc, le ministre russe des Affaires étrangères, le président gabonais, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis...

 

Surtout utilisés pour désigner le responsable de tous nos maux, le « terrorisme islamiste » et ainsi se dédouaner de toute responsabilité politique, sociale, économique, militaire dans la situation nationale et mondiale !
Parmi les participants à la courte marche des notable, certains sont en période électorale et le Premier israélien qui avait accepté de ne pas venir, a changé d'idée quand il a su que deux rivaux lors des prochaines élections seraient présents. Ce n'est pas le seul à avoir joué des coudes pour être en première ligne devant les projecteurs.

 

Au delà du rôle qu'il a parfaitement joué, de président de tous les citoyens, de garant de la sécurité de tous les résidents, François Hollande a su, semble-t-il, agir, trouver les mots et les gestes adaptés à la situation. Encore, le président de la République aurait-il pu se rendre dans une institution juive, laïque, plutôt que dans une synagogue.

On peut se demander cependant si les invitations n'ont pas été trop largement lancées. Le nombre est un peu disproportionné avec l'importance de l'événement. Mais la marche de Hollande à la tête de la troupe de chefs d’État et de gouvernement dans les rues de Paris a rappelé que le « capitaine de pédalo » a su tenir la barre dans ces moments difficiles. Ces invitations larges cacheraient-elles quelque machiavélisme pourentraîner publiquement des « amis » sur uneligne qui n'est pas exactement la leur ? Défense de la liberté d'expression, du blasphème, de la laïcité... C'est peut-être ce qui apoussé l'Arabie saoudite et le Qatar à décliner l'invitation.

 

Il est certain que cet « hommage spectaculaire » à Charlie et aux victimes assassinées n'est pas interprété par tous de la même façon. Les uns y voient un soutien à la lutte pour la liberté d'expression, pour la laïcité, pour le droit au blasphème. D'autres, devinent derrière l'affichage de ces valeurs, un soutien à l'interventionnisme occidental, une machine de guerre contre l'islam et les musulmans du monde entier, surtout avec l'invitation faite au secrétaire de l'OTAN. D'autres ont pu y voir l'efficacité de l'action tragique de « 3 Robin des bois » égarés mais déterminés (1).

 

 

Heureusement, le rassemblement de millions de personnes a commencé, avec une 150107République7certaine spontanéité, dès le premier jour, sur de nombreuses places de France. Et le silence qui dominait et englobait les discussions sur la place de la République à Paris, le mercredi, témoignait de la présence nécessaire et consciente de chacun. Il se passait quelque chose.
La naissance et la diffus
ion par la capillarité des réseaux de « je suis Charlie », sans agence de communication, par des personnes qui connaissaient ou non 150111Jer-suisCharlieArabe-copie-1.jpg« Charlie hebdo » ou même qui ne l'aimaient pas particulièrement montre bien que la réaction populaire était encore plus forte que l'événement. Et les politiques n'ont fait que suivre, habilement, avec la présence ostentatoire et, en même temps, bienvenue des gouvernants.

Car il est important d'entendre les mêmes paroles, apaisantes, venant de bouches très différentes, même quand on sait qu'elles sont de circonstance. Un peu contraintes par les millions de personnes descendues dans les rues.

 

Il ne faut pas oublier cependant les incidents qui prouvent l'existence de résistances, de confusions, amenant les uns et les autres à prendre du recul par rapport à un unanimisme soudain : non participation à l'hommage, simplement par peur, par refus de cautionner une certaine « récupération » ou par opposition, actes contres des lieux de culte musulman par confusion entre islam et islamisme ou par rejet de l'islam.

Mais il ne faut pas se mettre martel en tête. A condition de ne pas se laisser entraîner quand reprendront, après demain, les déclarations et les préoccupations politiciennes d'avant hier.

 

150111AfficheRepublique.jpg

 

DES MESURES ! QUELLES MESURES ?

 

Devant l'habileté de François Hollande dans la gestions des événements, qui semble reconnue par tous. Devant l'importance de la mobilisation. Devant la force à la fois indignée et calme qui émanait des manifestations. Devant l'affirmation sereine et l'attachement aux valeurs démocratique, liberté, égalité, laïcité. Politiques et politiciens retiennent leur souffle. Et leurs déclarations. Pour combien de temps ?

 

Car tous pensent que des mesures sont à prendre. Et ce sera alors le moment d'en découdre. Certains commencent à demander un « patriot act » (législation mise en place aux États-Unis après le 11 septembre) « à la française » bien entendu. Dont aussi bien le Figaro que le Monde ont rappelé et les échecs et les excès. Tous imaginent de nouvelles mesures répressives alors que les dernières lois contre le terrorisme datent de quelques mois et ne sont pas toutes entrées en application...

Mais peut-on penser que les futurs Kouachi ou Coulibaly seront arrêtés par une multiplication des lois répressives dont l'échec, parce qu'il ne touche pas aux causes, pousseront à de nouvelles lois répressives qui....

 

Il faut déjà remarquer que dans l'inconscience comptable du moment, quand il n'était question que d'économies, le nombre de fonctionnaires de police a été réduit (12 000 postes supprimés). Aujourd'hui, il est fait appel à l'armée : est-ce un progrès ? Est-ce une économie ?

Les services de police et surtout de renseignements ont été réorganisés récemment. Mais le Premier ministre a du reconnaître, comme tout un chacun, des failles. Les terroristes, de Mohamed Merah aux frères Kouachi en passant par Mehdi Nemmouche, étaient connus des services de police, fichés, « surveillés » et... très actifs. Certes d'autres terroristes potentiels ont été neutralisés, des actions ont probablement été évitées et il n'existe pas de risque zéro. Mais, ces dernières années, les failles ont été payées au prix fort.

Sans compter le nombre de jeunes qui – 3 000 ? - sont partis de France pour aller au Proche-Orient. Comme la compagne de Coulibaly !

 

Tous ces jeunes sont, le plus souvent, nés ici, ont été scolarisés, socialisés ici. Il sont issus des quartiers populaires dont on parle depuis longtemps mais dont la situation ne change guère.

Souvent des délinquants, petits ou grands, dont certains se tournaient vers l'islam et sortaient de la délinquance à la satisfaction des autorités. Tandis que d'autres, insatisfaits, se tournaient vers l'islamisme. Qui leur permet de lutter contre les injustices ressenties, ici dans leur vie quotidienne et là-bas par leurs coreligionnaires. Un islamisme qui donne un sens à leur vie (et à leur mort) et permet à certains d'aller plus loin, dans un engagement, dans une action dangereuse qui les sortira d'un monde qui n'a rien à leur offrir (1). Souvent après des passages par la prison où ils ont pu, semble-t-il, se former et s'aguerrir. Prendre une autre stature.

 

Il est évident et heureux que tous les jeunes placés dans les mêmes conditions ne suivent pas la même route. Mais on a trop tendance à se satisfaire de cette situation tant qu'elle n'explose pas d'une façon ou d'une autre. Or ces conditions favorisent toutes les dérives. Et les circonstances actuelles, exceptionnelles, ne vont pas les changer par la magie du verbe ou d'une manifestation fut-elle exemplaire. Car le chômage est maintenant installé depuis des années et ne cesse de croître. Et les discriminations perdurent.

 

Des millions de personnes sont sorties dans les rues et sur les places publiques pour rappeler les fondamentaux du vivre ensemble en France. C'est important. Mais cela ne suffit pas si cela ne se traduit que par de mesures répressives, par des déclarations de guerre.
Si une partie importante de la société n'est pas capable de se soulever, d'appeler à un changement profond, de montrer que, pour elle, cette situation, du chacun pour soi, est insoutenable.

 

Les discours « bisonours » et les prisons n'y feront pas grand chose. Tout restera comme avant !

 

1 - Le « djihad mondialisé » est pratiquement la seule idéologie globale disponible sur le marché aujourd'hui, comme la révolution était l'idéologie standard des jeunes en rupture dans les années 1970. On ignore simplement la profonde continuité du terrorisme islamique avec cette culture jeune de la violence et du fantasme de toute-puissance, celle de l’effet Columbine aux États-Unis, celle qui explique le succès de films comme Scarface dans les banlieues, sans parler des jeux vidéo ou de Tueurs nés.Olivier Roy: «La communauté musulmane n'existe pas». mediapart 13/01/15

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 19:14

 

Revue de presse n° 152(Europe)



Après l'échec des élections présidentielles fin décembre, il y aura des législatives le 25 janvier en Grèce. Une victoire de l'alliance de gauche Syriza pourrait entraîner une sortie de la Grèce de la zone euro et une grave crise de l'UE, redoutent certains commentateurs. Un scénario qui relève de l'alarmisme pour d'autres, estimant que le moment est venu pour les citoyens de prendre en main le destin de leur pays. Eurotopics 02/01/15


La Lituanie est devenue au 1er janvier le 19e membre de la zone euro. Un motif de réjouissance pour le portail Delfi. Eurotopics 02/01/15


La traite des migrants qui n'a jamais été aussi lucrative, a causé plus de 9 morts en mer par jour en 2014. Libération 3-4/01/15


On aime l'Europe dans son principe, on la déteste dans son application Laurent Joffrin Libération 3-4/01/15


En 1945, France et Allemagne avaient une dette publique dépassant 200 % du PIB. En 1950, elle était tombée à moins de 30 %... C'est par l'inflation et la répudiation pure et simple que Allemagne et France se sont débarrassées de leur dette...
Actuellement, l'Italie consacre près de 6 % du PIB à payer des intérêts de la dette et investit à peine 1 % du PIB dans l'ensemble de ses universités. Thomas Picketty Libération 3-4/01/15


Selon le dernier rapport gouvernemental sur la pauvreté, les 10% les plus riches possèdent 53% des richesses de l’Allemagne pendant que les 50 % les plus pauvres doivent se contenter de 1% des richesses. Mediapart 31/12/14


« Les menaces proférées par Berlin sont un aveu d'impuissance. Elles prouvent que dans le cas de la Grèce, la politique de sauvetage de l'UE a échoué. Il y a longtemps que le verdict des sauveteurs, 'Argent contre réformes', ne vaut plus. Tandis que le coût du sauvetage n'a cessé de gonfler, la disposition d'Athènes à engager des réformes s'est affaiblie. Les Grecs ne sont plus prêts à emprunter la voie prônée par les bailleurs de fonds internationaux, peu importe que le chef du gouvernement s'appelle Tsipras ou Samaras. La Grèce est une débâcle pour l'UE. » eurotopics Die Welt 05/01/15


L'assainissement imposé par l'Allemagne, politique d'austérité, a produit de profondes récessions dans une multitude de pays, d'une longueur qui excède celle connue durant les années trente. Partout en Europe les dettes publiques sont aujourd'hui plus élevées qu'en 2010. Parler d'assainissement est donc bien curieux. Le vilain petit canard grec a tout de même baissé les salaires de quelque 20% en moyenne et conduit plus de réformes que l'Allemagne depuis l'arrivée d'Angela Merkel au pouvoir.Ce que la Grèce n'a pas fait, c'est conduire toutes les réformes imposées par la Troïka, la liste des courses - des centaines de réformes - était irréaliste dès le départ. Charles Wyplosz Figaro 05/01/15


La CE a souligné qu'en vertu des traités européens, l'appartenance de la Grèce à la zone euro était irrévocable. On ne peut dès lors contraindre les États à mener des réformes, estiment certains commentateurs. D'autres affirment que l'Union ne pourra s'en sortir sans accorder une remise de dette intégrale à la Grèce. Eurotopics 06/01/15


Dans plusieurs villes allemandes, des milliers de manifestants ont répondu à l'appel lancé par le mouvement PEGIDA et défilé contre "l'islamisation de l'Occident". A Dresde, près de 18.000 participants. "Les propos virulents tenus par A. Merkel ont étonné tout le monde et déclenché un débat politique. Les prises de positions consécutives creusent un abîme entre les partis mais aussi au sein de ceux-ci. Elles illustrent la confusion quant à l'attitude à adopter face à cette contestation de masse… La plupart des manifestants sont des citoyens qui ont tourné le dos aux partis établis, qui ne sont à leurs yeux qu'une 'élite autoproclamée', sourde aux revendications du citoyen lambda. Les politologues estiment qu'il s'agit du futur électorat du [parti eurosceptique] AfD, ce qui n'est pas sans inquiéter les autres partis." eurotopics NRC Handelsblad – Pays-Bas 06/01/15


La prospérité de ce pays dépendra de la venue d'étrangers disposant des compétences dont l'économie a besoin. Un système d'immigration orienté sur les besoins du marché du travail pourrait par ailleurs sensiblement augmenter l'acceptation par la population des nouveaux arrivants, et sa portée serait comparable à celle des réformes Hartz." eurotopics Frankfurter Allgemeine Zeitung 06/01/15


Le tiers-payant existe dans 24 des 28 pays membres de l'UE... 17% de la population déclare avoir déjà renoncé à ou reporté la consultation d'un médecin du fait de devoir avancer le montant de la consultation. Libération07/01/15


Suite à des manifestations contre le mouvement islamophobe PEGIDA dans plusieurs villes allemandes, des personnalités de la vie politique et économique ont également signé un appel contre la xénophobie. PEGIDA oblige les Allemands à s'investir pour la démocratie, écrivent certains commentateurs. D'autres reprochent à la politique extérieure suivie par Angela Merkel d'attiser l'islamophobie. Eurotopics 07/01/15


Lors de sa rencontre avec D.Cameron, A.Merkel a souligné que la liberté de circulation était un principe européen inaliénable. Elle devra toutefois se montrer conciliante avec les velléités de réformes de Cameron car Berlin ne peut se permettre un Brexit (Sortie de la GB de l'UE) : "Sans la GB, l'UE, dans sa globalité, s'opposera davantage au libre-échange et l'Allemagne perdra son principal contrepoids politique face au bloc protectionniste que forment les pays du Sud… Cela ne veut pas dire que l'Allemagne doit consentir à tout… Mais il est souhaitable, voire indispensable, que l'Allemagne et la GBs'entendent sur de vastes réformes, alors que l'UE est confrontée à une croissance en berne, à de faibles gouvernements et aux populistes." eurotopics Daily Telegraph – Royaume-Uni 07/01/15


Suite à l'attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo, les fédérations et les théologiens musulmans du monde entier condamnent cet acte. Les chroniqueurs y voient une attaque contre l'islam moderne et dénoncent les tentatives de récupération des populistes. Eurotopics 09/01/15


Transformer en enfer l'existence des demandeurs d'asile sape le respect et la loyauté de ces derniers envers le pays qu'ils ont voulu rejoindre. Mais il est surtout inadmissible d'emprisonner des demandeurs d'asile, parfois pendant cinq ans, avant de décider de leur droit à rester ou non. » The evening standard eurotopics 09/01/15


Face aux flux croissant de demandeurs d'asile, le gouvernement danois a conclu un accord avec les collectivités locales pouraugmenter les aides et faciliter l'intégration. "Il semblerait que les politiques aient enfin tiré des enseignements de l'échec de la politique menée ces 20 dernières années, qui cherchait à parquer les réfugiés dans des foyers d'accueil… Dans les trois semaines consécutives à l'arrivée des réfugiés au Danemark, leurs compétences enregistrées pour que, par exemple, un forgeron qualifié soit envoyé dans une commune qui a justement besoin d'un forgeron… L'accord prévoit l'allocation de fonds aux collectivités. Ces fonds devront faciliter le travail des communes, non seulement en matière de logement mais aussi d'apprentissage de la langue et de recherche d'emploi." Politiken (Danemark)eurotopics 12/01/15


Depuis octobre, Pegida qui signifie “Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident” mobilise chaque lundi contre la religion musulmane et les demandeurs d’asile. Avec un succès croissant : de 500 personnes pour le premier défilé en octobre, on est passé à 25.000 dans la soirée.
Face à Pegida, une autre mobilisation, contre l’intolérance cette fois-ci. Des rassemblements dans plusieurs villes d’Allemagne, 100.000 personnes environ. Euronews 13/01/15




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"Charlie, liberté d'expression, droit au blasphème" spectacle organisé par Hollande avec l'internationale hypocrite, militaires en mission. 11/01/15

 

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 20:46

 

Revue de presse n° 151(Europe)


Jean-Marc Ayrault et consort déplorent le fait que c'est la France qui a proposé de réduire l'assiette d'une taxe sur les transactions financières, ce qui la rendrait encore plus limitée que la taxe française créée en 2012. Les signataires font référence à la taxe sur les transactions financières portée par le gouvernement Ayrault et dont François Hollande promettait l'entrée en vigueur en… 2013. Le Figaro 18/12/14


Le Luxembourg a renoncé à son bras de fer avec la CE, à laquelle il refusait des informations sur certaines de ses pratiques fiscales, il fournira la liste des rescrits fiscaux, ou «rulings», et celle des bénéficiaires du régime d’imposition des revenus de la propriété intellectuelle, a annoncé son Premier ministre, X. Bettel, Libération 18/12/14


« Celui qui veut vivre sur le long terme en Allemagne doit parler dans l’espace public et dans le domicile familial en allemand ». Cette proposition, issue du congrès de la CSU, suscite une marée de protestations dans tout le pays. De la classe politique aux réseaux sociaux, en passant même par la presse internationale, ils ont tous critiqué avec véhémence le parti frère de la CDU. Si la CSU s’est empressée de rectifier son propos, la question de l’intégration des étrangers par la langue reste posée. La Gazette de Berlin 18/12/14


Le Figaro 19/12/14

 

Le rouble emporte le tourisme finlandais dans sa chute en raison de la défection des visiteurs russes, le journal redoute une période difficile pour le tourisme et le petit commerce, notamment dans le nord et l'est du pays. eurotopics Lapin Kansa - Finlande22/12/14

 

La généralisation du tiers-payant - mesure déjà en vigueur dans 25 pays d’Europe - lève un obstacle aux soins pour les plus démunis. En facilitant la prévention, elle débouchera, à terme, sur des économies. Libération 23/12/14

 

Allemagne :Tous les lundis, des milliers d’Allemands descendent dans la rue au prétexte de lutter contre l’islamisation. Un mouvement qui cristallise toutes les frustrations. Des milliers de personnes à Dresde via les réseaux sociaux, dans une ville pourtant peu touchée par l’immigration et les violences. Libération 23/12/14



En 1990, la France faisait partie des pays développés où la part des renouvelables dans la consommation énergétique était la plus élevée, grâce à son important patrimoine forestier et à ses nombreux barrages hydroélectriques. Depuis, elle court derrière l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, qui ont su déployer en grand les énergies renouvelables « modernes », solaire photovoltaïque et éolien. Un retard qui s’explique largement par le choix d’accorder une place exceptionnelle au nucléaire (41 % de sa consommation d’énergie), et dont elle peine à se dégager, malgré des impasses écologiques et économiques toujours plus évidentes. 28/12/12


Le Parlement grec a échoué ce lundi 29 décembre à réunir la majorité aux trois cinquièmes nécessaire pour élire le président de la République... L'Assemblée va donc être dissoute ; les élections législatives se tiendront le 25 janvier.
Antonis Samaras, le premier ministre grec, en décidant, de concert avec la CE, d'avancer l'élection présidentielle, a raté son pari, prendre de court l'opposition de Syriza… Il n'a pas réussi à faire élire son candidat à la présidence de la République, Stavros Dimas, vieux routier de la droite de Nouvelle Démocratie et ancien commissaire européen. Mediapart 29/12/14



Au global, si on rapporte ce que les pays dépensent pour leurs chômeurs à leur taux de chômage, la France dépense certes nettement plus que l'Espagne et le Royaume-Uni, mais aussi nettement moins que les Pays-Bas et le Danemark (presque deux fois moins) ou encore moins que l'Allemagne si enviée. 27/12/12



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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 19:09

 

Timbuktu

Timbuktu, salué, comme Palme d'or possible, au début du Festival de Cannes de 2014, n'a finalement recueilli que le Prix du jury œcuménique, jury composé de chrétiens engagés dans le monde du cinéma (journalistes, réalisateurs, enseignants). Mais le film a, rapidement, trouvé son public lors de sa sortie dans les salles par son thème, la tension dramatique de certaines séquences, la beauté de ses images et l'humour d'Abderrahmane Sissako.

Ayant vu 3 fois le film avec plaisir, l'ayant fortement recommandé à tous mes amis, qui l'ont généralement très apprécié, l'un d'eux, GC, s'est étonné que les critiques n'aient été que moyennement enthousiastes. D'où ce bref billet.


Le Prix du jury œcuménique est un prix "idéologique" même s'il ne néglige pas les qualités cinématographiques. Et"Timbuktu" ne peut que plaire aux occidentaux et aux chrétiens qui, les uns et les autres,se trouvent du bon côté face à ces horribles islamistes


"Timbuktu" est un film avec de magnifiques photos, parfois trop "Connaissance du monde", avec clair de lune, belles dunes, beaux nomades, beaux enfants, dromadaires... Mais aussi des images terribles, lapidation, flagellation, assassinats ou porteuses d'un espoir improbable, la survie, la fuite dans le désert des deux jeunes d'une douzaine d'années.


C'est d'abord un documentaire engagé sur une ville du nord du Mali occupée par des étrangers, djihadistes, soit cruels, soit ridicules,qui imposent une pratique intégriste de l'islam : destruction des "idoles", interdiction de la musique, des jeux de ballon, tenue vestimentaire... A l'aide de dures sanctions. Tout en ménageant l'imam traditionnel, bien inséré dans la population et accompagnant sa résistance.
Mais on ignore le pourquoi de l'engagement, de l'égarement de ces djihadistes.

 

Aux abords de cette ville, éclate une mauvaise rixe pour une histoire de vache et de filets. La rixe, le jugement, la sentence, son exécution, l'ensemble de l'histoire se déroule dans un milieu traditionnel aux cultures et langues entremêlées, tamachek et bambara, arabe, français et anglais, à l'équilibre précaire mis en danger par cette meurtrière altercation. Cette rixe est-elle un incident sans signification ? Ou traduit-elle un antagonisme discret mais historique qui perdure ? Ou qu'il faut oublier dans la situation nouvelle qui frappe également tout le monde ? Elle aurait pu donner à voir l'évolution éventuelle des rapports, oppositions, conflits entre le pasteur et le pêcheur, le (semi) nomade et le sédentaire, le blanc et le noir, descendants des seigneurs et des esclaves...



Finalement, "Timbuktu" est plus un beau documentaire à thèse, à voir, qu'un film d'auteur même s'il faut tenir compte de l'humour de Abderrahmane Sissako, avec GPS,  la vache préférée, l'ancien rappeur mauvais acteur du djihad, l'opposition de deux djihadistes sur les qualités respectives de Zidane et de Messi, les normes imposées, robes longues et pantalons courts... et le match de foot sans ballon qui devrait rester dans l'histoire du cinéma.

 

 

Timbuktu de Abderrahmane Sissako, 1h42, Mauritanie, France



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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 13:42

 

 

Kamel Daoud, vos papiers !

 

« Meursault, contre-enquête* » de Kamel Daoud,a été publié en Algérie avec un certain succès puis en France où des prix lui ont été attribués (Prix François Mauriac, Prix des cinq continents de la francophonie) avant d'échouer, de peu, au Goncourt. Cela a valu à son auteur d'être reçu par Jean-Pierre El Kabbach dans « Bibliothèque Médicis » (26/09/14), par Laurent Ruquier dans « On n'est pas couché » (13/12/14)... et aussi une fatwa** (16/12/14) demandant la peine de mort pour le mécréant qui " mène une guerre contre Allah, son prophète, le Coran et les valeurs sacrées de l'islam ".

 

On n'en est que plus peiné, pour Alain Finkielkraut et son comparse, Alain Vircondelet***, du piège inapproprié et mal intentionné qu'ils ont tendu à Kamel Daoud, en l'invitant à « Répliques » (29/11/14), dans l'émission « L’Étranger revisité ». Où ils n'ont eu de cesse, nostalgie ou revanche, de vouloir solidariser Kamel Daoud avec Haroun, le héros de son livre, coupable du meurtre d'un Français et par là avec ceux qui, à Oran, ont assassiné des milliers de pieds-noirs lors de l'été 62...

 

150207KamelDaoudMaghrebLivres4.jpgKamel Daoud, Maghreb des livres, 07/02/15

 

Alain Fienkielkraut n'a fait de Camus qu'une « découverte tardive » : « Je considérais lorsque j'étais en terminale qu'il était un philosophe pour classes terminales et par conséquent, je ne lisais pas, et ce mépris de petit maître [belle autocritique d'un lointain passé] m'a heureusement quitté... ' La Peste ', ' L'Homme révolté ' et surtout ' Le Premier homme '... mais je ne me suis jamais réconcilié avec 'L’Étranger'... »

Ne reconnaissant guère de qualités à « L’Étranger », il a invité un renfort. Alain Vircondelet, « un lecteur... qui a vécu en Algérie, néanmoins très ami des Algériens, et pas du tout colonialiste... » qui a lu « L’Étranger », « lecture obligée » au lycée, pour la première fois, « en exil, [en France] quand j'ai quitté le royaume [l'Algérie]... à 16 ans ». Et qui assure être toujours en exil, en France. Vircondelet n'aime pas non plus « L’Étranger » conçu par Camus quand il avait 25 ans et qu'il avait « besoin de se faire reconnaître ».

 

L'un et l'autre qui reconnaissent n'avoir jamais été intéressés par un livre dont ils ne comprennent ni la grandeur, ni le rayonnement, avaient cependant lu « Meursault, contre-enquête » mais avec de telles œillères et de telles certitudes que cela les a empêchés de se renseigner sur l'auteur, Kamel Daoud, préparation élémentaire pour une telle émission et tâche qui n'est pas insurmontable aujourd’hui pour un critique moyen.

S'ils avaient connu son activité éditoriale au « Quotidien d'Oran », s'ils avaient lu quelques uns de ses articles quotidiens, s'ils avaient consulté un ou deux de leurs amis algériens, cela leur aurait évité des amalgames douteux et des questions injurieuses. « On écrit si facilement dans le confort du bureau » plus à Paris qu'à Oran.

Les articles de Kamel Daoud peuvent être lus, tous les jours, sur le site du « Quotidien d'Oran », articles dans lesquels il prend courageusement parti contre les islamistes, le système et le gouvernement algériens. Mais nos « grands maîtres » n'avaient certainement pas le temps de lire un petit journaliste de province algérien.


Alger l'Amirauté 1967

AlgerAmiaute-0048.jpgOn peut très bien admettre qu'Alain Finkielkraut et Alain Vircondelet n'aiment pas « L’Étranger » de Camus. Mais considérer que son succès ne tient qu'à l'obligation qu'avaient les lycéens d'une certaine époque de l'étudier en classe... Encore un complot des enseignants et de l’Éducation nationale !

Au point que Kamel Daoud a dû rappeler à ces deux intellectuels français que « L’Étranger » était, de toute la littérature française, une des œuvres les plus lues dans le monde. Comment comprendre le succès, « la fascination qu'ont d'autres cultures pour ' L’Étranger '... s'il ne répond pas à un certain archétype de la condition humaine à un certain moment. » Il aurait pu leur rappeler que le prix Nobel de littérature a été attribué à Albert Camus en 1957, malgré (?) « L’Étranger » paru 15 ans plus tôt, et 37 ans avant la parution du « Premier homme », l’œuvre de tous les mérites !

 

Dans « Meursault : contre-enquête », un Français, avec un nom et un prénom, Larquais Joseph, est tué par le narrateur, comme un Arabe anonyme est tué dans « L’Étranger » d'Albert Camus. Mais tous les deux sont tués « hors des heures d'ouverture ». L'Arabe avant la lutte de Libération nationale et le Français après le cessez le feu. La mort de l'Arabe ne vaudra pas à sa mère une reconnaissance et une pension et le meurtre du Français ne permet pas au narrateur de prétendre au titre de « moudjahid » (combattant).

 

Nos deux critiques font un savant parallélisme divergent de ces deux meurtres. A leurs yeux, il est évident que le meurtre de l'Arabe ne peut témoigner d'un racisme même « inconscient » d'Albert Camus, vivant en pleine période coloniale, assumée par presque tout le monde dans ces années là, car il a « consciemment » écrit des articles sur la misère de la Kabylie. Mais, Kamel Daoud est soupçonné, avec insistance, de complicité morale, idéologique, avec les massacres d'Oran, alors qu'il est né 8 ans après. Parce que son héros pense comme l'air du temps de son époque. Kamel Daoud a dû rappeler qu'il avait écrit lui-même « des articles sur ces événements ». Parmi les papiers parus avant, pendant ou après l'écriture de son livre. L'un de ses articles disait : « Et si on avait eu Mandela en 62 et pas Ben Bella ? » Reconnaissant à la fois ce que l'Afrique du sud et Mandela doivent à l'Algérie et ce dont l'Algérie aurait bénéficié si elle avait eu Mandela au lieu de Ben Bella !

 

9AlgerCasbah Jean-Pierre El Kabbach dans « Bibliothèque Médicis » pose honnêtement la question : « L'Arabe, c'est étonnant... Meursault, il [Camus] ne dit pas, c'est le pied noir, c'est le blanc ». Et son « renfort », Agnès Spiquel, présidente de la Société des études camusiennes, d'expliquer : « les Arabes étaient là mais d'une certaine façon, invisibles. Camus dit quelque chose de cette situation coloniale. La situation coloniale est potentiellement meurtrière. On ne peut pas vivre au jour le jour parce qu'on est happé par une situation coloniale ».

Alain Vircondelet en convient presque, « nous avions la coutume d'appeler les Algériens, Arabes... Mais on ne peut pas parler de l'inconscient raciste de Camus qui dès les années trente a dénoncé... » Comme le dit Jean-Pierre El Kabbach : « Un Arabe, pas un Algérien, la dignité est venue plus tard ». Avec l'Indépendance.

 

Pour Kamel Daoud, la guerre est finie. « Meursault,contre-enquête » n'est pas un livre sur cetteguerre. Même s'il en porte les traces. Haroun, le narrateur n'est pas un historien même s'il est façonné par cette histoire. Il ne se situe pas dans le chant héroïque, officiel, de l'après Indépendance.
Il est un Algérien moyen qui vit dans l'Algérie de son temps. Ni traître, ni héros. A l'âge de se battre, il n'a pas rejoint le maquis, ce que ses congénères lui reprochent. Bien sûr, il ne parle pas des massacres d'Oran qui ont précipité le départ des pieds-noirs d'Algérie, suivant nos historiens qui oublient le rôle de l'OAS dans ce départ. Mais il ne parle pas non plus des multiples événements qui ont marqué cette lutte pour l’Indépendance.

Ce qui lui pose problème, ce n'est pas le colonialisme ou même les séquelles du colonialisme, ce n'est pas Camus dont il loue en permanence le génie littéraire qui fait oublier le meurtre, c'est la disparition de son frère que sa mère a recherché pendant des années. C'est le poids d'une mère blessée sur son enfance. S'il tue un Français, c'est surtout sous la pression de cette mère qui n'a pas fait le deuil de son aîné. Et cette mort va le légitimer aux yeux de sa mère. Le libérer.

 

Mais la trame de fond, essentielle, du roman, c'est la situation du narrateur qui se raconte à un inconnu, chaque soir, autour d'une bouteille de vin, dans un des derniers cafés d'Oran. C'est la situation de l'Algérie d'aujourd'hui sous le poids d'une religion qui étouffe toute vie, toute jeunesse, à laquelle le narrateur s'oppose dans le roman. Comme Kamel Daoud, dans Le Quotidien d'Oran. L'un et l'autre utilisant le français pour s'en distancier. A une question du Figaro « Pourquoi écrivez-vous en français et pas en arabe, votre langue maternelle?», Kamel Daoud répond : « La langue arabe est piégée par le sacré, par les idéologies dominantes. On a fétichisé, politisé, idéologisé cette langue. »

Kateb Yacine, lui aussi bilingue et même trilingue avec le berbère, considérait la langue française comme « un butin de guerre » dont il se servait contre le colonialisme français. Kamel Daoud qui n'a pas connu la période coloniale, qui est Algérien, qui dit parler algérien en français, considère que le colonialisme est un crime mais un crime du passé. Il se sert de la langue française pour, après la libération de l'Algérie, conquérir la liberté des Algériens. Cela méritait peut-être d'être mis en relief, d'être approfondi.

 

A l'heure où beaucoup demandent aux « Arabes », aux « musulmans » de se désolidariser des intégristes, quand un Algérien qui l'a déjà fait, avec force et en Algérie, est là, on refuse de l'entendre, on veut l'enfermer dans les « Arabes ». Et Kamel Daoud de répondre, les seuls Arabes que je rencontre, c'est ici, en France !

Au lieu d'essayer de compromettre Kamel Daoud avec les intégristes nationalistes ou religieux algériens, nos nostalgiques de la France colonisatrice auraient pu profiter de la présence d'un intellectuel algérien, arabisant et francisant, pour entreprendre un dialogue véritable sur la place, le rôle d'un intellectuel algérien dans la situation algérienne d'aujourd'hui.

Pour voir avec lui ce que « parler algérien en français » veut dire. Pourquoi il a appelé le Français assassiné Joseph, le héros Haroun (Aaron) et son aîné Moussa (Moïse) dont la tête « heurtait les nuages », qui « était capable d'ouvrir la mer en deux ». « Qui peut, aujourd'hui me donner le vrai nom de Moussa ? Qui sait quel fleuve l'a porté jusqu'à la mer qu'il devait traverser à pied, seul, sans peuple, sans bâton miraculeux ? ».

 

Les « amuseurs » font mieux que les « petits maîtres », ils posent les questions d'aujourd'hui à l'auteur d'aujourd'hui même si elles sont difficiles et non les questions d'hier : N'êtes-vous pas sévère avec les printemps arabes ? N'avez-vous pas peur d'être instrumentalisé ? Les aspects positifs de la colonisation ? La situation en Algérie et dans les pays « arabes » ?

Les réponses sont claires. Face à l'islamisme, « il n'y a pas d'offre... l'islamisme vous prend en charge totalement. Un jeune de 17 ans.. qu'est-ce qui peut l'aider à affronter le monde ou à se l'expliquer ? » « Si on ne parle pas en citoyen mais en croyant, ça sert à quoi de faire tomber des dictateurs ? » « En quoi les musulmans sont-ils utiles à l'humanité. C'est une question que je me pose à moi-même. Qu'est-ce qu'on apporte. Qu'est-ce qu'on partage ». « On ne peut pas en vouloir au monde parce qu'il nous rejette et nous-même rejeter le monde. » « Les gens d'un seul livre deviennent fanatiques. » « Réformes plus profondes... l'école, le livre, les femmes... les dictatures tomberont toutes seules. » « La colonisation c'est important, c'est un crime qui a été commis. On est responsable de ce qu'on est devenu. »

 

Tous finissent par entendre le jugement sévère que Kamel Daoud porte sur son pays au risque d'une récupération mais la peur de la récupération conduit au silence. Kamel Daoud n'est pas indulgent avec l'Algérie mais ne veut pas revenir en arrière, ni rester silencieux ! « Le regard que j'ai sur l'Algérie actuellement ne doit pas me faire absoudre la colonisation. La colonisation fait partie de mon histoire, c'est une blessure qui fait partie de mon histoire. » A tous, il répète sans cesse : « Ce qui m'intéresse, c'est mon propre salut ! ». « Je suis Algérien, j'ai subi le poids d'une histoire que je peux nier mais qui est là. Ce qui m'intéresse [dans L’Étranger], c'est la confrontation avec le prêtre ». « J'essaye de défendre ma liberté ce qui m'importe dans Camus, c'est quand il affronte la croyance. A la fac, les étudiants de gauche reprochaient à Camus l'inconscient colonial, les islamistes non pas le meurtre de l'Arabe mais le meurtre de Dieu dans le mythe de Sisyphe et l'homme révolté. Ça m'avait frappé. » « C'est une question de vie ou de mort maintenant. » C'était avant la fatwa.


Alain Finkielkraut veut opposer le prêtre de « L’Étranger » qui veut réconforter le condamné à mort et les imams qui empêchent l'épanouissement de Haroun. Kamel Daoud a cette réponse terrible, insupportable pour beaucoup : « Ce sont tous deux des voleurs d’âmes... Les deux me dérangent... Mon héros défend sa liberté ».
Quand il parle de « son » salut, de « sa » liberté, c'est bien entendu du salut, de la liberté de l'Algérien qu'il parle, de tous les Algériens.

 

Au delà de la mauvaise bataille idéologique, quel jugement « littéraire » portent Alain Finkielkraut et Alain Vircondelet sur le livre. « Meursault, contre-enquête » est, pour son auteur, un roman. Ce que conteste Alain Vircondelet qui ne voit qu'un essai, un calque de l’œuvre de Camus. Il est logique qu'il n'apprécie pas le calque plus que le modèle. Sauf la mise en abyme des personnages.
Pour Alain Finkielkraut, c'est vraiment un roman avec un personnage, Haroun, « tiraillé, douloureux... une réflexion sur l'échec de la décolonisation ». « Ce n'est pas un roman à thèse ». Contrairement à la démonstration de Camus qui « est plus univoque et non convaincante » avec un « Meursault flasque... qui a quelque chose d'odieux. »

Donnons la conclusion à Jean-Pierre El Kabbach : « Un livre comme un acte de justice... donner un nom, une histoire, une famille... Un livre remarquable ».

 

***

 

* Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Barzakh ; 2013, Actes Sud 2014.

 

**Un imam salafiste, Abdelfattah Hamadache Zeraoui, a appelé sur Facebook à son "exécution", écrivant que « si la charia islamique était appliquée en Algérie, la sanction serait la mort pour apostasie et hérésie ». « Nous appelons le régime algérien à le condamner à mort publiquement, à cause de sa guerre contre Dieu, son Prophète, son Livre, les musulmans et leurs pays. » Le Point 20/12/14

 

*** Alain Vircondelet, né en 1947 à Alger, fils de fonctionnaires,universitaire, apublié, entre autres, « Alger, Alger » Elytis, 2008, « C'était notre Algérie », éd. L'Archipel, 2011, « La Traversée », éd. First, 2011. (départ des pieds-noirs pour la France)

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 15:03

 

Revue de presse n° 150(Europe)

La Lettonie n'a pas besoin de 2 fêtes de Noël. " La proposition d'introduire le Noël orthodoxe est politique, avancée par le parti Saskaņa, proche de Moscou, qui demande l'adoption du russe comme seconde langue officielle… La Biélorussie et la Moldavie sont les seuls pays qui célèbrent les deux fêtes de Noël. Deux pays encore en quête d'identité." eurotopics Latvijas Avīze (national-conservateur) – Lettonie 11/12/14


Le chancelier de l’Échiquier veut imposer une taxe de 25 % aux multinationales sur leurs bénéfices réalisés au Royaume-Uni mais « artificiellement transférés » dans des pays à la fiscalité plus généreuse comme l'Irlande. Le Monde 08/12/14


Les salaires dans le monde développé n'ont augmenté que de 0,2% en 2013 et de 0,1 % en 2012 selon l'OIT. En Italie, au Royaume-Uni et au Japon, les salariés gagnent moins qu'en 2007. Le Monde 08/12/14


Des pays ont réussi, malgré la crise, à diminuer, entre 2008 et 2012, la part des moins de 18 ans sous le seuil de pauvreté : Belgique (17,2% à 16,4%), Pologne (22,4%/14,5%), Finlande (12%/8,8%). Le Portugal limite l’augmentation, 23,8% en 2012 ,22,8% en 2008. Plus inquiétant : en 2008, Italie, 24,7% des moins de 18 ans sous le seuil contre 30,4% en 2012, Espagne, 28,2% à 36,3%, Grèce, le taux a presque doublé, 23% à 40,5%. France, de 15,6% à 18,6%. Allemagne, le taux stagne, 15,2% et 15%, quand le taux de chômage a considérablement diminué.(UNICEF) Sauvons l'Europe 12/12/14


Entre 2013 et 2014, près d'1 million de personnes ont eu recours à une banque alimentaire pendant au moins 3 jours contre 346 000 en 2011 et 2012... C'est surtout le régime des aides de l’État, plus strict qu'auparavant, qui pousse les Britanniques vers la pauvreté. The Guardian CI11-17/12/14


La nouvelle CE a décidé d'exprimer officiellement son soutien à l'un des candidats à l'élection présidentielle grecque du 17 décembre. Une grande première qui concerne l'ex-commissaire européen Stavros Dimas. Euractiv 12/12/14


Forte hausse du montant des exportations d’armes françaises en 2013 (+ 42% ) et « ce sera encore plus cette année » (ministre de la Défense, J-Y. Le Drian). L’offensive de l’État islamique et la recrudescence des conflits régionaux dans le monde ont fait les affaires de nos marchands de canons, EADS, Thales, Safran, Nexter… Pour Le Drian, « cela veut dire qu’il y a des menaces dans le monde, et aussi que les industriels français sont performants ». Libération 14/12/14

La Belgique paralysée par une grève générale,Fonctionnaires, contrôleurs aériens, ouvriers contre les mesures d'austérité du nouveau gouvernement. Le Monde 15/12/14

La Conférence de l'Onu sur le climat a adopté à Lima l'ébauche d'un traité mondial qui doit servir de base aux négociations d'ici la conférence de Paris de décembre 2015. C'est un compromis inquiétant alors que 2014 a été l'année la plus chaude depuis que les relevés météorologiques existent... La protection climatique dépend davantage de la population mondiale que des conférences climatiques. eurotopics 15/12/14


: " La véritable question morale est de savoir si de telles techniques [torture] pourront jamais être justifiées, même si elles s'avèrent productives… Il y a parfois un impératif moral à recourir à la torture de façon limitée, si celle-ci permet de sauver des vies innocentes. Entre la privation de sommeil prolongé d'un détenu enchaîné et l'explosion d'une bombe en plein cœur de Birmingham, que choisiriez-vous ? C'est comme tenter de faire une distinction entre le meurtre et la guerre. Le meurtre est injuste, sauf dans une guerre juste où il devient indispensable pour empêcher la mort d'innocents." eurotopics Times 14/12/14


En octobre 2014, le taux de chômage était à 7,2%, 43,8 millions dans l'OCDE. Dans la zone euro, taux maintenu à 11,5% : plus forte baisse en Irlande (0,2 point à 10,9%), Slovénie (0,2 point à 8,8%). Plus forte hausse, Italie (0,3 point à 13,2%).
Indicateurs composites pour décembre. La croissance continue de ralentir. Plus dans la zone euro. Les autres économies se portent mieux. Croissance ralentie notamment en Italie et Allemagne. La situation de la France se stabilise (croissance prévue, 0,1% au quatrième trimestre). La Fondation Robert Schuman, 15/12/14


Grèves générales contre l'austérité en Grèce, Italie, Belgique. En Suisse, la position inflexible des dirigeants ne laisse pas d'autre choix : " les manifestations, les syndicats ont misé sur des piquets de grève et des barrages... pour paralyser le pays. Les milieux économiques affirment avoir perdu des millions de francs ces dernières semaines à cause des mouvements sociaux... A Genève, en immobilisant trams et bus, les Transports publics genevois ont obtenu un accord après vingt-quatre heures de grève. Face à des pouvoirs publics sourds aux exigences minimales de dignité formulées par la population, seul le rapport de force semble en mesure de les ramener à la raison." eurotopics Le Courrier – Suisse 16/12/14


« C'est le retour de manivelle de la décentralisation asymétrique dont ont bénéficié Écosse, Irlande du Nord et pays de Galles. Les Anglais se sentent perdants d'une union qui profite davantage à l'Écosse, notamment du point de vue de la distribution des deniers publics ». Alors que les Anglais dominent largement le Royaume-Uni, avec 85 % de la population, 6 sur 10 estiment que le Parlement de Westminster ne représente pas leurs intérêts. Cette frustration croissante va de pair avec la montée de la défiance à l'égard de l'Europe. Ce remue-ménage constitutionnel remet en cause les fondements mêmes de l'union entre 4 nations et risque à terme de provoquer son implosion, faute d'une vision positive commune. Le Figaro 17/12/14


Les employés de la compagnie aérienne portugaise TAP ont annoncé un mouvement de grève pour les derniers jours du mois de décembre afin de protester contre le projet du gouvernement de privatiser 66 % des parts de l'entreprise. eurotopics iPortugal 17/12/14


Le PE a affirmé son « soutien » à la reconnaissance d'un État palestinien, dans une résolution de compromis promue par les principaux partis de droite et de gauche, des démocrates-chrétiens aux communistes. Le texte a été adopté par 498 voix pour, 88 contre et 11 abstentions. Le Monde 17/12/14

L’espérance de vie mondiale a progressé, entre 1990 et 2013, de 65,3 à 71,5 ans : femmes (74,3 ans, + 6,6 ans) hommes (68,8 ans, + 5,8). Recul de certaines maladies chroniques dans les pays développés (maladies cardio-vasculaires - 22%, cancers - 15%), des maladies infectieuses dans les pays en développement (diarrhées, tuberculose, pathologies néonatales). La mortalité infantile (moins de 5 ans) est passée de 7,6 millions en 1990 à 3,7 millions en 2013.
Les 3 premières causes de décès sont les mêmes qu'en 1990 (infarctus du myocarde, accidents vasculaires-cérébraux, affections pulmonaires). Ont augmenté : cancer du foie +125%, maladie d'Alzheimer, maladies liées aux drogues +63%, insuffisance rénale, diabète. Les accidents de la route : 7e cause de mortalité dans le monde.
En France, espérance de vie en hausse de 4,6 ans depuis 1990, femmes 85 ans, 3e position dans le monde, hommes 78 ans, 21e position. Mais 1 Français sur 5 meurt avant 65 ans : infarctus et AVC, maladie d’Alzheimer (+ 100% en 23 ans), cancers du poumon (+ 49%) et les diabètes (+ 70%).
L’espérance de vie en bonne santé est en légère baisse en France et en Europe. The Lancet Le Monde18/12/14

Le président américain Barack Obama a annoncé que la circulation des personnes, de l'argent et des marchandises entre les États-Unis et Cuba serait considérablement facilitée. Les deux pays devraient également reprendre des relations diplomatiques. eurotopics 18/12/14


" L'Occident a bien goupillé son coup : la prodigieuse chute du prix du pétrole dont les exportations nourrissent la Russie, tombe à un moment où elle est obligée de débourser un argent qu'elle n'a pas. Comme lors de l'effondrement de l'URSS, le piège a été tendu de sorte que la Russie n'ait pas d'autre choix que de dépenser, jusqu'à ce que faillite s'ensuive. Ce piège est à 30% le fait de la ruse de l'Ouest et à 70% le fait de la bêtise de Poutine… Suite à la chute de l'URSS, 15 États avaient vu le jour. L'effondrement de l'économie russe ne manquera pas d'entraîner un effritement du pouvoir. Pour les différents 'sujets de la Fédération', ce sera une véritable occasion de déclarer leur indépendance par rapport à la Russie." eurotopics Dnevnik - Bulgarie 18/12/14


L’Église d'Angleterre a nommé une révérende évêque de Stockport : 1ère à occuper une telle fonction. Le conservateur The Times salue cette nomination et appelle à de nouvelles réformes : " Les décisions futures de l’Église seront déterminantes pour sa capacité et sa disposition à survivre en tant qu'acteur social moderne… L’Églisea entamé un dialogue interne délicat sur le thème de la sexualité. S'il est mené raisonnablement, il pourrait aboutir, à la fin de la décennie, à la nomination d'un 1er évêque homosexuel. Ce nouveau combat ne sera pas plus simple que celui mené actuellement, il n'en est pas moins important. Les nombreux préjugés dont souffre l’Église ne disparaîtront que lorsque on parlera 'd'évêques', et non d''évêques femmes' ou d''évêques homosexuels'." eurotopics The Times 17/12/14

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Reçu solennellement au Parlement européen, le Pape refuse de recevoir le dalaï-lama, en audience privée. Dalaï-lama, combien de divisions ? 13/12/14

 

VIDOCQ, voleur avant de devenir policier. JUNCKER sera-t - il le VIDOCQ de l'Union européenne. Il ne manque pas de compétences pour cela. 15/12/14

 

 

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 00:00

 

 

LA GUERRE EST FINIE !?

 

L'actualité cinématographique et littéraire offre aux spectateurs et lecteurs français trois œuvres fortes qui viennent de pays, anciennement colonisés par la France, Algérie et Mali, et qui abordent des problèmes que ces pays affrontent aujourd'hui.
« Timbuktu » favorablement accueilli à Cannes au printemps dernier et aujourd'hui, par la critique et le public français.

« L'Oranais », qui a connu une sortie mouvementée en Algérie mais connaît un succès certain dans les salles françaises.

« Meursault : contre-enquête » qui a trouvé ses lecteurs en Algérie et aujourd'hui en France après avoir récolté quelques prix et manqué de peu le dernier Goncourt.

 

« Timbuktu* » se déroule dans une

ville du nord du Mali dont la vie est,

désormais, réglée par la nouvelle administration           Abderrahmane Sissako

SissakoTimbuktu141209-001.jpg

islamiste, venue d'ailleurs, qui impose sa vision intégriste de l'islam : destruction des « idoles », interdiction de la musique, des ballons, tenue vestimentaire de rigueur pour les femmes comme pour les hommes. A l'aide de dures sanctions.
Dans les abords de cette ville, éclate une rixe qui tourne mal entre l'éleveur Kidane, vivant avec sa famille sous la tente et le pêcheur Amadou, pour une histoire de vache détruisant des filets.
Des images magnifiques, le (classique) désert de sable, gazelle et chameaux. Mais aussi des images très dures, lapidation, flagellation, assassinat de Kidane et de Satima, son épouse, ou porteuses d'un espoir improbable, la survie, la fuite éperdue dans le désert de Toya, la fille de Kidane et Satima, et de Issan, leur petit berger, tous deux âgés d'une douzaine d'années.
Il faut aussi ajouter l'humour de Abderrahmane Sissako : Kidane appelle sa vache préférée GPS, le  jeune ancien rappeur incapable de réciter son ralliement au djihad devant une caméra, la discussion de deux djihadistes sur les qualités respective de Zidane et de Messi, l'obligation de porter des robes longues pour les femmes et des pantalons courts pour les hommes...

L’histoire se déroule dans un milieu traditionnel aux langues entremêlées, tamachek et bambara, arabe, français et anglais ; à l'équilibre précaire mis en évidence par la meurtrière altercation entre le pasteur et le pêcheur, le (semi) nomade et le sédentaire, le blanc et le noir, descendants des seigneurs et des esclaves...

L'intrusion extérieure vient imposer les règles d'un islam intégriste et du djihad à un village qui résiste pacifiquement : surtout les femmes par le refus des injonctions aberrantes, obligation, après le voile, de mettre des gants pour vendre le poisson, refus du mariage imposé, avec l'appui de l'imam qui prêche un djihad intérieur, les jeunes qui jouent de la musique ou organisent une partie de football, sans ballon...

Qu'il est loin le temps des colonies. Et l'Occident aussi. Qui n'apparaît que par ses machines, les véhicules de guerre, les armes, le téléphone portable et le football, avec le match entre les jeunes qui restera dans l'histoire du cinéma...

 

Oran 4« L'Oranais » illustre les mœurs politiques de cadres issus de la guerre de libération nationale. Djaffar, l'Oranais (Lyes Salem, le réalisateur), bien que nationaliste, n'est entré dans la lutte armé que par hasard, entraîné, par son ami Hamid, dans une fuite au cours de laquelle il tue involontairement un colon. Il doit rejoindre le maquis où, pendant plusieurs années, il fait ses preuves. L'Indépendance acquise, commandant, il peut rentrer chez lui, en héros pour retrouver un fils qu'il n'a jamais vu et sa femme... dont on lui a caché la mort.

La guerre est finie : « Le colon n'était pas un mauvais homme mais il avait fait le mauvais choix », « Nous n'avons pas combattu les Français mais le colonialisme » disent les politiques... Construire l'Algérie nouvelle est le nouveau combat, avec passion et/ou compromission, dans la fraternité ou l'affrontement des anciens combattants devant les nouveaux problèmes qui peuvent conduire à des dérapages entre « frères »...
La construction nationale, probablement moins meurtrière, est bien difficile. Les amitiés se déchirent devant les questions nouvelles. Les puissances de l'argent. Le commandant Jaffar, l'Oranais, « le commandant est mort en 1962 » dit-il, ne rentrera pas dans le rang, n'épousera pas la belle fille de notable qui le ferait entrer dans un clan. Jaffar et le fils de sa femme assumeront un lien dont ils savent tous les deux qu'il n'est pas celui du sang : « son » fils est le fruit du viol, vengeur, de sa femme par le fils du colon qu'il a tué. La guerre est bien finie. On a besoin de tous pour construire.

Ce film, coproduit par l'Agence algérienne du rayonnement culturel, n'a pas été interdit par les autorités mais sa sortie a créé des remous par l'image qu'il donne à voir du comportement de certains cadres algériens (1) .

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La guerre est finie, aussi, dans « Meursault : contre-enquête » de Kamel Daoud. Certes, un Français, avec un nom et un prénom, Larquais Joseph, est tué par le narrateur, comme un Arabe anonyme est tué dans « L’Étranger » d'Albert Camus. Mais tous les deux sont tués « hors des heures d'ouverture ». L'Arabe avant la lutte de Libération nationale et le Français après le cessez le feu. La mort de l'Arabe ne vaudra pas à sa mère une reconnaissance et une pension et le meurtre du Français ne permet pas au narrateur de prétendre au titre de « moudjahid » (combattant)
« Meursault, contre-enquête » n'est pas un livre sur la guerre d'Algérie. Même s'il en porte les traces. Le narrateur n'est pas un historien même s'il est façonné par cette histoire. Il ne se situe pas dans le chant héroïque, officiel, de l'après l'indépendance. Il est un Algérien moyen qui vit dans l'Algérie d'aujourd'hui. Ni traître, ni héros. A l'âge de se battre, il n'a pas rejoint le maquis, ce que ses congénères lui reprochent.
Ce qui lui pose problème, ce n'est pas le colonialisme ou les séquelles du colonialisme, ce n'est pas Camus dont il loue en permanence le génie littéraire, c'est la disparition de son frère que sa mère a recherché pendant des années. C'est le poids de sa mère sur son enfance. S'il tue un Français, c'est surtout sous la pression de sa mère qui n'a pas fait le deuil de son aîné. Et cette mort va le légitimer aux yeux de sa mère. Le libérer.

Mais la trame de fond, essentielle, du roman, c'est la situation du narrateur qui se raconte à un inconnu, chaque soir, autour d'une bouteille de vin, dans un des derniers cafés d'Oran. C'est la situation de l'Algérie d'aujourd'hui sous le poids d'une religion qui étouffe toute vie, toute jeunesse, à laquelle le narrateur s'oppose dans le roman. En utilisant le français pour s'en distancier.

Comme Kamel Daoud, dans Le Quotidien d'Oran. Quotidiennement. Courageusement. Dangereusement, (2)

 

PS : La guerre est finie. Mais peut-être encore utilisée. Ici et là-bas. « Lalla Fadhma N'Soumer », film en langue kabyle, rappelle l'un des nombreux épisodes de la résistance kabyle à l'occupation française. Ici en 1850-51.

 

(1)- « Cheikh Chemssedine, le plus connu des prédicateurs ' satellitaires ' algériens... attaqua sévèrement le film, le traitant de satanique, critiqua sa manière de «dénigrer» la révolution algérienne, les ' Moudjahidin ' et ' la dignité ' des Oranais, appelant les autorités à interdire le film et les habitants d'Oran à poursuivre son réalisateur en justice ». Faycal Sahbi Le Quotidien d'Oran, 15/12/14

 

* Timbuktu, de Abderrahmane Sissako, 1h37mn, Français-Mauritanien

** L'Oranais, de Lyes Salem, 2h8mn, Français-Algérien

*** Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Barzakh ; 2013, Actes Sud 2014.

**** Lalla Fadhma N'Soumer, de Belkacem Hadjadj, 1h37mn, Algérien

 

 

 

(2) : Ajout du 17/12/14 : Article publié dans Mediapart du 17/12/14 : Un imam salafiste algérien a appelé, mardi 16 décembre, à condamner à mort l’écrivain et journaliste Kamel Daoud. Il était en lice cette année pour le prix Goncourt avec son roman Meursault contre-enquête. La chronique quotidienne qu’il tient depuis 17 ans dans le Quotidien d’Oran a permis à l’écrivain de se glisser dans les interstices du système algérien jusqu’à faire résonner une voix singulière.

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Published by Paul ORIOL - dans Cinéma
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