Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 10:30

 

 

J'ai décidé d'appeler Moussa (a), ce corps dont le membre inférieur était désolidarisé. Moussa n'a jamais existé. Ce corps n'appartenait pas à Moussa. A moins d'un hasard, extraordinaire et absurde. Je l'ai appelé Moussa parce que ce corps en deux parties, qui a réellement existé, lui donnait une personnalité. Qui le faisait sortir de l'anonymat. Était prêt à recevoir un nom que je n'avais qu'à formuler pour donner vie.


Tous ces corps allongés sur les tables avaient une histoire singulière, inconnue. Mais le corps blessé de Moussa témoignait obligatoirement d'un passé autre. Pas besoin d'imagination. Son corps, ce corps parlait, disait une histoire.


A l'époque, je ne l'ai pas nommé. Mais il est toujours dans ma mémoire. Et, si aujourd'hui, je l'ai appelé Moussa, c'est pour qu'il ne reste pas éternellement étranger. Mort anonyme. C'est parce que j'ai rencontré un autre mort longtemps anonyme, nouvellement devenu Moussa (1), sous une plume talentueuse.

Il est classique de déshumaniser les gens pour les tuer plus facilement. Tuer une silhouette plutôt qu'une personne,les yeux dans les yeux. Un Noir, un juif ou un Arabe plutôt que Babacar, Samuel ou Moussa. Parmi ceux qu'on tue, « Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou. D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel... »


Je ne sais si Moussa priait ou non. Seule chose importante, il était mort, plusieurs fois. Administrativement car sans papier sur lui. Accidentellement, sans raison. Mais y-a-t-il des raisons pour mourir ? Sans être nommé après sa mort.

Étranger à tous. Au moment de sa mort et après.
Il ne pouvait que s'appeler Moussa.


Que devenaient ensuite ces corps éclatés par le scalpel, scrutés au delà de leur intimité. Peu importe. Par leur dernier rôle, ils étaient réintégrés à l'universelle humanité. Nommé, un demi-siècle plus tard, Moussa renaît dans son humaine singularité, certes fictive, mais encore présente dans ma mémoire et dans l'esprit de quelques rares lecteurs. Peut être est-il plus vivant que bien de ses contemporains. Qui ont été pleurés. Accompagnés. Et aujourd'hui, oubliés de tous.





(1) « Meursault Contre-enquête » deKamel Daoud Editions Barzakh (Alger) octobre 2013 ;  Actes Sud (Arles), mai 2014

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Souvenirs
commenter cet article
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 09:04

 

Revue de presse n° 145 (Europe)



La nouvelle CE a obtenu la confiance du PE, avec le soutien du PPE (centre-droit), des socialistes et démocrates ainsi que du groupe des libéraux et démocrates. Elle entrera en fonction le 1er novembre. JDD 22/10/14

 

En dépit de ses limites, cette nouvelle CEest la plus «politique»de l’histoire de l’UE, puisqu’elle s’appuie sur un contrat de gouvernement négocié avec les trois grands groupes du PE, ce qui a permis aux socialistes de peser sur la tonalité du futur «gouvernement» de l’Europe... moins austéritaire que la Commission Barroso, Juncker n’ayant jamais partagé les vues d’Angela Merkel, qui estimait qu’il fallait «punir» la Grèce. Libération 22/10/14

 

Demandes d'asile dans l'UE : plus de 434 000 en 2013 contre 332 000 en 2012. Venant principalement de Syrie (50 470, 12 %), de Russie (41 270, 10 %), d'Afghanistan (26 290, 6 %).
En 2013, les 28 États de l'UE ont accordé la protection à 112 730 demandeurs d'asile contre 71 580 en 2012 : Allemagne (126 705 demandes contre 77 540), France (64 760), Suède (54 270), Royaume-Uni (29 875), Italie (27 930).
Taux de demandeurs d'asile en fonction de la population : Suède (5 680 par million d'h), Malte (5 330), Autriche (2 070), Luxembourg (1 990), Hongrie (1 905).
Taux de réponses positives : Bulgarie (84,5 % de réponses positives), Malte (84,2 %), Italie (64,1 %)... Grèce (3,8 %), Hongrie (7,9 %), Luxembourg (10,4 %), France 17 %, Allemagne 26,4 %, Royaume-Uni 38,1 %, Suède 53,9 %. Toute l'Europe 22/10/14.


Les eurodéputés ont voté pour une rallonge du budget européen 2015. 2 milliards d'euros les séparent du projet du Conseil, ce qui augure de négociations difficiles. Euractiv 23/10/14

 

« Les débuts de Juncker montrent que les choses évoluent : l’austérité n’amène pas la croissance, il faut changer de route. Le changement sera-t-il assez rapide pour éviter un affrontement politique entre les plus importants pays de la zone euro ? Un compromis est déjà en vue sur les comptes et le plan d’investissement, mais les risques sont élevés. Le gouvernement italien doit montrer qu’il est capable de réformer l’Italie. A Paris, on n’arrive plus à décider de rien, la faute à une « gauche passéiste », comme la nomme Valls. A Berlin, on fait comme si de rien n’était, prêchant des recettes obsolètes et bloquant toutes les initiatives de Draghi. Pourtant l’espoir unique est de faire fonctionner ensemble tous les instruments, réformes, investissements, politique monétaire ». La Stampa Revue de presse de l'ambassade de France à Rome

 

Les titres de séjour octroyés dans l'UE restent inférieurs à ceux de 2008 : baisse du nombre de nouveaux permis liées à l'emploi (0,8 million en 2008 et 0,5 million en 2013).
Titres les plus délivrés sont ceux en raison de motifs familiaux (28,5 %), l'emploi (22,7 %) et les raisons d'éducation (19,7 %).
Les motifs familiaux sont les plus nombreux dans 18 États membres : Croatie (64,9 % des titres délivrés), Grèce (59,3 %), Espagne (54,8 %), Belgique (52,4 %). L'emploi arrive en tête dans 6 États membres : Lituanie (61,3 %), Chypre (57,7 %), Pologne (51,7 %). L'éducation est le motif principal dans deux pays : Irlande (65,3 %), Hongrie (32,8 %).
Par rapport au nombre d'habitants : Malte (24,1 titres par milliers d'habitants), Chypre (13,3), Royaume-Uni (11,3), Suède (10,3). Ont délivré le moins de titres de séjour : Roumanie (0,6), Croatie et Slovaquie (0,8), Bulgarie (0,9). La moyenne de l'UE est à 4,7 titres de séjour accordés par milliers d'habitants.
La France est en dessous de la moyenne européenne avec 3,2 titres de séjour par milliers d'habitants, pour motifs familiaux (43 %), éducation 29,6 % et emploi 8,2 %, bien en dessous de la moyenne européenne à 22,7 %.Toute l'Europe 23/10/14.


lemonde.fr 23/10/14

 

Le flot des réfugiés qui partaient jadis d'Europe s'élevait en moyenne à un demi million de personnes/an. Et ce pendant un siècle entier, entre 1824 et 1924. Au total, 52 millions d'Européens ont quitté leur terre natale. Le Monde 21/10/14

 

« La gifle de Renzi à Barroso : ‘que l’Europe soit plus transparente’ » : « Renzi : ‘on nous demande 2 milliards ? Nous les trouverons dès demain’ et ‘le temps des lettres secrètes est fini, nous publierons tout.. ce sera amusant’ » - « Colère en coulisses à Bruxelles : ce dépassement est ‘prémédité’ » Corriere della Sera Ambassade de France 24/10/14

 

Jyrki Katainen demande à Michel Sapin comment la France "prévoit de se conformer à ses obligations de politique budgétaire en 2015, conformément au pacte de stabilité et de croissance". 4autres pays ont reçu une lettre de remontrance de Bruxelles : Autriche, Italie, Malte, Slovénie. Seule l'Italie de Matteo Renzi a jusqu'à présent rendu le document public. JDD 24/10/14

 

"Cameron a transformé une question subalterne sur les finances de l'UEen un conflit avec ces alliés mêmes dont il a pourtant besoin pour réformer l'Europe. S'il remporte les prochaines législatives, il organisera un votesur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE. Il a déclaré l'an dernier qu'il s'investirait 'de tout son cœur et de toute son âme' pour que la Grande-Bretagne demeure dans l'UE. Son discours n'est guère plus crédible aujourd'hui. Il nous fait l'effet d'être prêt à tout pour sauver son poste de Premier ministre et son parti, quel que soit le prix que son pays doive payer." eurotopics FT 26/10/14

 

"Cinq ans après l'adoption d'un premier plan d'action qui doit conduire à une réduction de 20 % des émissions polluantes d'ici à 2020, cette décision ouvre une deuxième étape dans la lutte contre le changement climatique. Elle était indispensable... . Le travail ne fait que commencer et l'Europe n'est qu'à l'aube de la profonde mutation qui doit la conduire à un modèle économique décarboné. " eurotopics Le Monde 26/10/14

 

L’envie des entreprises allemandes à investir est actuellement freinée :(Klaus Wohlrabe, expert de l’Ifo). Les entreprises en relations avec la Russie - importateurs, exportateurs – ont tendance à être plus pessimistes que les entreprises qui n’ont rien à faire avec la Russie. La zone euro n’est toujours pas dans les starting blocks et l’administration publique ne propose pas de bonnes conditions pour relancer les investissements privés ”. Euronews 27/10/14

 

Soucieux de limiter l’immigration, le gouvernement britannique pourrait adopter des mesures limitant le nombre de citoyens européens autorisés à travailler au Royaume-Uni. Le ministre de la Défense, Michael Fallon, estime que son pays est « assiégé » de travailleurs étrangers.  Euractiv 27/10/14

 

-

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
commenter cet article
25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 23:00

 

  La rue Dénoyez, Paris XXème

(Ma rue est un musée 4)

 

Libération a publié récemment, un article sur la "rue Dénoyez, paradis des graffeurs de Belleville... dans le vingtième arrondissement de Paris, havre artistique menacé par un projet immobilier". Cet article ne comportait qu'une photo de la rue, en voici une cinquantaine pour illustrer le "déchaînement de couleurs".


La rue Dénoyez apparait sur le plan cadastral de la commune de Belleville en 1812. La Folie Dénoyez était un bal public de Belleville en vogue dans les années 1830. On y venait de Paris parce que le vin y était moins cher. Aujourd'hui, la terrasse du bistrot du coin de la rue de Belleville déborde dans la rue Dénoyez... qui est un musée (1, 2, 3)

 

LafolieDénoyez141005

 

  Les artistes en action ou... en discussion

Denoyez1410059.jpgSauvonsDenoye-Artiste-Casquette141005_1.jpg

 

La rue Dénoyez (ici vue de la rue de Belleville) s'étend de la rue Ramponneau à la rue de Belleville. Devenue le royaume de peintres des rues, elle attire, désormais, des artistes qui viennent d'un peu partout, de France et de l'étranger, des touristes, des photographes amateurs et même au delà...

CIMG8488.JPG

 

Tournage

141026DénoyezFilm

Mais c'est aussi une rue, presque comme les autres, riche de sa divertité ethnique, artistique, commerciale... 

CendrierDenoyez141005_05.jpg

 

CIMG7879.JPG

 

 

 

 

 

 

 

CendrierDénoyez141005 532

 

 

DenoyezOB141014.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MaisondelaplageDénoyezCIMG7871

 

 

 

Il y a même un piscine dans la rue Dénoyez

(Centre sportif et piscine Alfred Nakache)

  20141024_113149.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20141024 111606-copie-1

Matoub Lounès, chanteur algérien assassiné

 


CactusDénoyez141005-4

 

CendrierDénoyez141005 31-001

 

 

 

 

 

 

 

 

20141019 182219

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20141019_182536.jpg

 

 

20141019_182431.jpg

 

 

 

AurevoarParisDenoyez141005.jpg

CactusDenoyez141005_1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                20141019_182356.jpg20141024_112056.jpg20141024_113023.jpg

 

 

AurevoarParisDenoyez141005-copie-1.jpg

 

CIMG7877.JPGCIMG7878.JPG

 

 

 

CIMG7880.JPGCIMG7883.JPG

 

 

 

CIMG7881.JPGCIMG7884.JPG

 

 

CIMG7887.JPGCIMG7890.JPG

 

 

 

CIMG7961-001.JPGCIMG7962.JPG

 

 

 

 

CIMG7964CIMG8494.JPG

 

 

 

CIMG8493.JPGCIMG8487.JPG

  Tout le monde n'est pas d'accord avec "Free Gaza !" (taches de peinture jaune)

 

CIMG7886.JPG

 

Dénoyez141005 161324

 

 

 

 

DenoyezCagoule14-10-06-.jpgVisagesFemmPeurorngeHommeDenoyez140512.JPG

 

 

 

DenoyezToile141014.jpgDesnoyezBouddaRouge14.jpg

 

 

 

       DesnoyezRoi32014             VisageauchapeauDenoyezCIMG7778-001.JPGVisagenoirDenoyez140512CIMG7247.JPG     

VisagesDénoyez1405127

 

 

 

       GrandMasqueDenoyez1410057.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MonReveDenoyez141005.jpg

 

 

 

 

 

 

DesnoyezCerf2014.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PeintureDenoyez7248.JPG

141026Denoyez-Cueillirune-fleurPeidro-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

 

DesnoyezMort2014.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Montages.jpg

20141024_113229.jpg

 

 

 

 

 

La rue Dénoyez lors du vide-grenier

 

BalRuDes5182.JPG

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Le Quartier
commenter cet article
22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 10:25

 

Revue de presse n° 144 (Europe)



C'est un changement majeur pour les Google, Apple et autres multinationales dans le collimateur des États depuis plusieurs années pour leurs pratiques d'optimisation fiscale. Sous la pression de Washington et de l'UE, le gouvernement irlandais met fin au «double irlandais», ce dispositif fiscal qui permet aux grands groupes internationaux de réduire leur niveau d'imposition. lefigaro.fr 14/10/14

 

« La reconnaissance de l’État palestinienn’aura aucune valeur substantielle mais elle est pleine de signification politique. Le résultat de la motion (274 voix favorables, 12 contraires) est un encouragement au gouvernement pour qu’il favorise la négociation de la « solution à deux États » tandis qu’à Paris arrivent les propos possibilistes de L. Fabius. Ce sont des avertissements gentils à Israël au moment où le MO brûle ». Sole 15/10/14

 

L’Organisation Internationale pour les Migrations a établi un bilan de l’immigration clandestine depuis 2000 : plus de 22 000 personnes ont perdu la vie lorsqu’elles cherchaient à rejoindre l’Europe. Toute l'Europe 15/10/14

 

« Depuis que la fin de la Seconde Guerre mondiale a accéléré la dissolution de l'Empire colonial, une question identitaire plane au-dessus de la politique britannique. » eurotopics The Daily Telegraph 15/10/14

 

Cela faisait 32 ans que cela ne s’était pas produit. Le personnel du service de santé publique du Royaume-Uni s’est mis en grève le 13/10, pendant 4 heures. Ce mouvement, auquel ont participé 6 syndicats, sera suivi jusqu’au 17/10 par une grève du zèle et une interdiction des heures supplémentaires pour les services ambulanciers. Acteurs publics 16/10/14

 

Les ministres européens des Finances sont parvenus à un accord pour pratiquer, dès 2017, l’échange automatique d’informations pour lutter contre l’évasion fiscale. La crise en Europe a soulevé des récriminations à l'encontre du monde de la fiscalité. Banques et évadés fiscaux sont en première ligne. Toute l'Europe 16/10/14

 

Drapeau de l'Albanie Le match Serbie Albanie, qualificatif pour l'Euro 2016, disputé à Belgrade a été arrêté prématurément. L'apparition au-dessus du terrain d'un drone portant un drapeau de la Grande Albanie a provoqué de violents affrontements entre joueurs et spectateurs

 

"Abstraction faite de l'Allemagne, dont les vicissitudes actuelles s'expliquent par les tensions avec ma Russie, et de l'éternel problème de la Grèce, c'est l'immobilisme de la France et de l'Italie qui est le plus inquiétant. Malgré toutes les promesses, leur gouvernemens n'a toujours pas adopté de mesures adéquates contre la crise. eurotopics ABC Espagne 16/10/14

 

Il n’existe nulle part de « comités climat » ou autre structure militante un tant soit peu massive. Le plus probable est que l’articulation entre la vision globale de la nécessité de changer radicalement nos modèles de développement et la diversité des mobilisations concrètes qu’il faudra développer amènera à un mouvement en réseau où, comme à New York, toutes les luttes locales et sectorielles convergeront avec les différents mouvements sociaux et citoyens qui ont l’environnement et le climat comme une de leurs préoccupations. Médiapart 16/10/14


« Avec ce sommet [de Milan], l’Europe lance un message bien fort : nous sommes encore là, même si les vieux interlocuteurs s’éloignent. Les rapports avec les États-Unis sont désormais sérieusement détériorés pour trois raisons : 1/ l’affaire du Datagate 2/ la lenteur de la négociation sur le Traité transatlantique 3/ la pression d’Obama pour un appui militaire majeur en Irak. » Revue de presse Ambassade de France à Rome Corriere della sera 16/10/14

 

L’OCDE s’est fendue d’un encouragement à F. Hollande en jugeant que les réformes auraient un impact «significatif» sur la croissance. Mais elle a souhaité que le gouvernement aille plus loin en ce qui concerne le marché du travail. «Significatif» ne veut pas dire spectaculaire : l’OCDE estime que les réformes engagées et annoncées, si elles sont menées à terme, pourraient augmenter le PIB de 3,7 % en 10 ans, c’est-à-dire générer 0,4 point de croissance de plus par an. Un apport non négligeable. Libération 17/10/14.

 

Des dizaines de milliers de personnes manifestaient samedi à Londres pour protester contre l’érosion des salaires qui ont baissé de 50 livres (63 euros) par semaine depuis 2008, selon les organisateurs, malgré la bonne tenue de l’économie britannique. Le cortège, constitué de fonctionnaires et de salariés du privé... Cette marche intitulée «Les Britanniques ont besoin d’une augmentation» était organisée par la confédération syndicale britannique (TUC ). libération.fr 18/10/14

 

Les chemins de fer allemands ont entamé samedi leur plus grosse grève depuis 2008, jusqu’à lundi et sur tous les types de lignes, sur fond de conflit salarial et de lutte de pouvoir entre syndicats. Depuis le début du mouvement, 30% seulement des trains grandes lignes circulent. La grève doit s’achever lundi à 4h. Les perturbations touchent également les trains régionaux et urbains, ainsi que le transport de marchandises, «fortement»atteint. Libération.fr 18/10/14


Allemagne  :  Après avoir annoncé dimanche un nouvel arrêt de travail sur les vols commerciaux à partir du 20/10 13 heures, le syndicat des pilotes de Lufthansa a indiqué que les vols long-courriers seront à leur tour touchés mardi, de 6 heures à minuit. Cette grève n'affectera que les vols Lufthansa, pas ceux des filiales Austrian Airlines, Brussels Airlines, SWISS, Air Dolomiti et Germanwings. Lemonde.fr 19/10/14


« L’Europe vers l’autodestruction... Matteo Renzi a eu une approche originale et hétérodoxe. Dommage que Hollande n’ait pas eu davantage de courage. Une alliance franco-italienne, avec deux grands partis de gauche, aurait pu combattre les dogmes dangereux de la CDU allemande. La zone euro est devenue le maillon faible de la croissance mondiale. Il est urgent d’abandonner le dogme de l’austérité ». A. Montebourg Repubblica 18/10/14


Irlande : Au bord de la faillite il y a quatre ans, le pays entrevoit la sortie de crise. En écho à des signes de reprise de l’activité, le gouvernement a présenté un budget prévoyant baisses d’impôt et hausse des dépenses. Libération 21/10/14


La demande de la France - des investissements allemands en contrepartie de coupes françaises - est une véritable impudence. Le ministre de l’Économie E. Macron pense que "les Allemands sont responsables du malaise français, par leur austérité implacable. Il n'y a jamais eu une telle austérité en Allemagne. Tout ce qu'il y a eu, c'est un budget équilibré, qui a insufflé une nouvelle confiance au milieu de la pire des crises de la dette. C'est à cet équilibre budgétaire que l'Allemagne doit sa situation économique exceptionnelle, qui a longtemps fait office de locomotive pour la zone euro. La maintenir est l'unique et la meilleure aide que les Allemands puissent apporter aux Français. L'idée saugrenue que l’État puisse débloquer 50 milliards d'euros pour les injecter à l'économie ne vient à l'esprit de personne en Allemagne, pas même dans l'aile gauche du SPD." eurotopics Die Presse - Autriche 21/.10/14

 

"L'ensemble de la zone euro souffre du cap d'austérité imposé par A. Merkel pendant la crise de l'euro. Seule l'Allemagne pourrait encore se permettre de changer de cap et d'investir dans la croissance et l'emploi. L'Allemagne a le plus besoin d'investissements. De ce point de vue, l'initiative de Paris s'avère tout à fait judicieuse. Certes, il ne peut s'agir de conditionner des coupes en France à des investissements en Allemagne. Leur objectif principal, c'est que la zone euro se mette rapidement au chevet de la demande. La zone euro a besoin d'une politique économique qui génère la croissance et non d'une politique budgétaire uniquement basée sur les coupes. Par sa provocation, Paris a fait avancer le débat - merci !" eurotopics taz - Allemagne 21/10/14

 

Italie : Selon les résultats d'une étude menée en 2012 par un institut privé, l'économie souterraine (travail au noir, activités mafieuses ou locations immobilières au noir) a représenté en 2011 environ 35% du PIB italien. Lefigaro.fr 21/10/14


En Autriche, une salariée sur deux est à temps partiel, un des chiffres les plus élevés d’Europe. Passé cinq ans en dehors du marché du travail, on ne peut prétendre qu’à 40 % du salaire initial. Libération 21/10/14


-

tweet tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet

 

Macron libéralise les cars, Royal instaure la gratuité des autoroutes, oubliée la gratuité du diesel, vive la route... écologique bien sûr ! 15/10/14

tweet tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet - tweet

-

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
commenter cet article
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 08:11

 

J'ai reconnu Moussa

 

Ils étaient vingt, nus, alignés, allongés, dans cette grande salle blanche. Un sur chaque table. Tous de sexe masculin. Nous étions quatre-vingts, quatre par table, quatre par cadavre. Par « macab ». Un membre était attribué à chaque étudiant ou étudiante. Le "mien" était le membre inférieur droit de la table 2 , Michel avait le membre inférieur gauche. Nous étions face à face.


Tous étaient anonymes. Inconnus de tous. Morts sans laisser d'adresse. Sans vie antérieure. Ils étaient là. Ils avaient toujours été là. Ils attendaient pour être utiles que les étudiants en médecine arrivent. Ils n’avaient jamais vécu. Ils accomplissaient leur destin de cadavre à disséquer.

Sans parents, sans amis, sans connaissances pour les nommer, les reconnaître. Pour les réclamer. Pour les enterrer. Pour susciter une dernière pensée. Un dernier souvenir. Une dernière parole. Souvent hypocrite mais qui témoigne d'un lien. Morts sans sépulture. Sans deuil de quiconque.


Ils étaient là. Niés. Objets. Disponibles pour la dissection. Après le premier effet de saisissement devant ces corps inertes, formolés dans la salle déserte. Chacun prend sa place, numérotée, au cadavre et au membre assignés. Réactions diverses. Masquées quelquefois par des réflexions plus ou moins hasardeuses.


Qui se souvient d'eux aujourd'hui ? Certains se souviennent peut-être de l'odeur quand ils étaient penchés sur l'artère fémorale ou humérale. Du doigt qu'ils, elles le plus souvent, ont retrouvé dans la poche ou dans le sac à main. Ou d'un projectile non identifié...

 

J'ai reconnu Moussa, tout de suite. Il n'était pas comme les autres. Il avait eu des joies et des peines. Quelqu'un devait l'attendre quelque part.

Akila peut-être, dans son village de Kabylie, à qui il envoyait une faible somme chaque mois. Son fils qu'il avait quitté pour lui permettre d'aller à l'école ce que lui n'avait pu faire. Ou son frère avec qui il s'était disputé et qu'il n'avait pas revu depuis des années.

Nul ne sait. Il n’avait pas de papier sur lui. Papiers oubliés. Papiers perdus. Ou tout simplement, sans papier. Inexistant.

 

Pourtant, il avait vécu. Il avait marché, il avait couru. La preuve était là. Évidente. « Sa jambe », séparée de son corps. « Mon membre inférieur ». Sa jambe séparée comme un bref CV, anonyme, posé sur la table, à coté de son corps.

 

Le tramway avait bruyamment agité sa cloche. Moussa s'était retourné. Avait essayé de courir. Pas assez vite, cette fois, Étonné devant le monstre qui fondait sur lui. Et tout avait chaviré. Un heurt puissant, une grande douleur de tout le corps et puis plus rien.

 

Et maintenant, il était là. La jambe détachée de son corps. A coté de lui.

Mon membre inférieur.

 

Mort sans nom, sans age, sans état civil. Quelque part, un jour, déclaré disparu. Détaché de son humanité.

 

Pourtant, c'était Moussa. Je l'ai reconnu. Je m'en souviens.

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Souvenirs
commenter cet article
14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 17:29

 

 

Revue de presse n° 143 (Europe)



L’UE impose désormais d’inclure les revenus des drogues et de la prostitutiondans le calcul du produit intérieur brut. La France rechigne. Libération 03/10/14

 

12 femmes, 12 hommes, le gouvernement suédois, social-démocrate, La Suède est le premier pays européen à reconnaître l’État palestinien. Euronews 04/101/14

 

 

Dans son "roadshow" londonien, Matteo Renzi n'a cessé d'apporter son soutien à Paris. S'il ne prétend pas s'inspirer de la France, il approuve néanmoins la décision de reporter à 2017 l'objectif de 3% de déficit : "Nous respectons les décisions d’un pays libre et ami comme la France... Si c'est ce que la France a décidé, et je ne doute pas qu'elle ait ses raisons, je soutiens Emmanuel Macron, Manuel Valls et François Hollande", a-t-il ajouté. Huffington Post 08/10/14

 

Principaux pays destinataires d'investissements directs américains en 2012, stocks en milliards d'euros Politis octobre 2014

Italie

Lux

Suèd

Autrich

Belg

Esp

P-B

Fr

Allem

Irl

GB

8

10

11

12

17

26

37

49

52

56

304

 

Le pacte budgétaire, aberrant, doit être supprimé : La CE menace de recaler les budgets de la France et de l'Italie pour non respect du pacte budgétaire et d'exiger leur révision. Les 2 pays ont raison de faire fi de ce pacte (W. Münchau)  : "Si [comme dans le cas de l'Italie] les économies imposées par l’État entraînent un plus fort recul du PIB que ne le ferait l'endettement, la dette augmentera... L'Italie a décidé de mettre fin à cette aberration. La France est arrivée à la même conclusion. Il est grand temps de le reléguer définitivement aux oubliettes. " eurotopics Spiegel Online – Allemagne 08/10/14

 

Le FMI évoque un risque de fléchissement de croissance en Europe et d'une nouvelle crise mondiale. Le journal public, libéral, préconise l'émission d'eurobonds pour relancer les investissements : " L'Europe souffre d'un énorme déficit des investissements dans les infrastructures. L'Allemagne, par exemple, devrait investir plus de six milliards d'euros d'ici 2020 pour combler les lacunes dans ses lignes haute tension… L'Italie et la France pourraient être interdites d'investissements, leur déficit étant trop élevé. La CE devrait retoquer à l'automne les projets budgétaires des deux pays. Situation curieuse : l'argent n'a jamais été disponible à des taux aussi bas, et pourtant, on n'effectue pas ces investissements qui créeraient des emplois… Les euro-obligations seraient une solution au dilemme du financement. "eurotopics Wiener Zeitung – Autriche 08/10/14)

 

En août, la production industrielle allemande a reculé de 4 % par rapport au mois précédent, la chute la plus importante depuis 2009.Deux raisons principales à cette chute : " L'économie allemande connaît un ralentissement notoire. Au dernier trimestre, la croissance se limitait à 1,2 % : moitié moins qu'en début d'année. Ce fléchissement est dû à la faiblesse de la zone euro… La demande de produits 'made in Germany' a reculé. De plus, les exportations à destination de l'Est se sont contractées. Notamment suite aux sanctions contre la Russie. eurotopics Newsweek Polska – Pologne 08/10/14)

 

Selon les 4 instituts nationaux de conjoncture (Ifo, DIW, RWI et IWH), la croissance de l'économie allemande ne sera que de 1,3% en 2014 et 1,2% en 2015, au lieu de 1,9% et 2% prévus. Berlin doit absolument investir davantage, comme le réclament ses partenaires de l’UE. Pour Fichtner, du DIW, l’équilibre du budget est «un objet de prestige qui ne fait pas forcément sens économiquement». Les experts évaluent à 6 milliards d’euros les marges budgétaires de Berlin pour baisser les impôts et augmenter ses dépenses dans les infrastructures, recherche et éducation. Réaction de Angela Merkel : le gouvernement «réfléchit». Libération 10/10/14

 

Investissements publics en % du PIB en 2013 Eurostat CI 9-15/10/14

PL

FR

NL

UE28

Zone €

UK

GR

IT

DE

ESP

PT

3,9

3,2

3,2

2,2

2,1

2

1,9

1,7

1,6

1,5

1,4

 

Pour les 28 membres de l’UE, les dépenses publiques ont représenté en moyenne 49% du PIB en 2013, soit une progression de 3,5 points par rapport à 2007. Et dans la zone euro... la dépense publique a représenté 50% du PIBen 2013 contre 46% en 2007.
L’exemple des 2 économies malades de l’Europe est encore plus parlant. La dépense publique est passée en France depuis 7 ans de 52,6% à plus de 57% de la richesse nationale et en Italie de 47,6% à 50,6%.

Le problème est celui de l’inefficacité grandissante de la dépense publique.C’est ce que la CEsouligne dans une étudepubliée il y a quelques mois. Slate 11/10/14


En Espagne, au Royaume-Uni, à Malte, en Slovénie, en France, des groupes, plus ou moins étoffés, d'Européens étaient dans la rue pour protester contre l'accord de libre-échange entre l'UE et les États-Unis, appelé TTIP. C'est la première fois qu'un mouvement citoyen traverse toute l'UE, même si la mobilisation n'était pas tout à fait à la hauteur des espérances des organisateurs. Toute l'Europe 13/10/14

 

Transparency Lesdéputés européensde droite et les centristes affichent les ressources les plus élevées. A partir des déclarations d’intérêt des 751 nouveaux députés européens, les eurodéputés touchent en moyenne un minimum de 646 euros par mois du fait de leurs activités parallèles, les Français gagnent au moins 1821 euros, juste derrière les Autrichiens, grands gagnants du palmarès avec un minimum de 2400 euros par mois en moyenne.
On trouve 4 Français sur les 12 eurodéputés déclarant les plus hauts revenus issus d’activités parallèles à leur mandat, soit plus de 10.000 euros par mois : Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati, Renaud Muselier du PPE et Sylvie Goulard, Alliance des Libéraux et démocrates européens. Euractiv 13/10/14

 

Paradoxalement, la question se pose (pour lesBritanniques : rester ou sortir de l’UE)au moment où le Royaume-Uni a atteint la plupart de ses objectifs en matière de politique européenne : élargir l’UE, sans la renforcer et sans changer ses institutions ; bénéficier pleinement des avantages du marché intérieur en dépit de nombreuses dérogations dans d’autres domaines ; garder un contrôle strict de sa défense et de sa politique étrangère, tout en libéralisant le commerce extérieur ; se débarrasser de tout symbole de fédéralisme, etc. Fondation Robert Schuman : Question d'Europe °328 13/10/14

 

Deux économistes - le Français Jean Pisani-Ferry et l'Allemand Henrik Enderlein - ont été chargés par les ministres E. Macron et S. Gabriel d'élaborer des propositions communes qui stimuleraient la croissance dans les deux pays, notamment en favorisant l'investissement. JDD 14/10/14

 

Partie, engagée en coulisses, directement entre Paris et Berlin. « La France déficitaire ne cédera rien aussi longtemps que l'Allemagne excédentaire ne s'engagera pas clairement à soutenir l'investissement et la croissance» dans l'UE... C'est précisément ce que demandent avec insistance le FMI, la BCE et l'OCDE ». Le Figaro 14/10/14

 

La Commission Européenne vient d'ouvrir une enquête contre l'optimisation fiscale de la société Apple en Irlande: il s'agirait d'une aide d’état illégale au regard du droit européen. Sauvons l'Europe 14/10/14

 

L'agence de notation Standard & Poor's a abaissé vendredi dernier la note souveraine finlandaise d'un cran, la faisant passer de AAA, la plus forte valeur possible, à AA+.14/10/14.eurotopics Lapin Kansa - Finlande

 

-

 

 

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
commenter cet article
13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 14:27

 

MERCI, POUR LA COMMISSION !

 

La composition de la Commission européenne (CE), mise en place sous la présidence de Jean-Claude Juncker, pour les années 2014-2019, est maintenant connue. Les péripéties, depuis la campagne électorale des européennes, ont montré que les principes ne sont pas toujours respectés ni par le Parlement européen (PE), ni par les gouvernements de façon plus ou moins publique.
L'audition par le PE des commissaires nommés a permis de mettre en évidence des incompétences et des conflits d'intérêt qui n'ont pas empêché des prises de fonction discutables.
De même, si l’organigramme de la CE a été conçu pour éviter les incohérences trop voyantes de l'équipe des commissaires, rien n'a percé sur les futures initiatives...

 

Selon les textes, le Conseil européen, les 28 chefs d’État ou de gouvernement de l'Union européenne (UE), proposent un candidat à la présidence de la Commission, en tenant compte du résultat des élections européennes, et le Parlement doit voter pour accepter ou refuser cette nomination.
Chaque État désigne ensuite un commissaire. Le président élu, sans interférence des États, constitue son équipe en attribuant des fonctions à chacun des 27 commissaires.
Enfin, après avoir réalisé l'audition de chacun des commissaires pour examiner son aptitude aux fonctions qu'il devra assumer, le PE doit accepter ou refuser, en bloc, par un seul vote, l'ensemble de la commission telle que présentée par le président.

 

Cette procédure théorique a subi quelques accrocs.

Lors de la préparation des élections européennes, Martin Schulz, député allemand du PSE (Parti socialiste européen), président du PE, propose que le président de la CE soit le candidat présenté par le parti européen arrivé en tête aux élections. C'est une façon de tenir compte du résultat de ces élections, en tirant un peu le texte vers plus de démocratie. En votant pour un parti européen, les citoyens de l'UE, élisent ainsi le président de la CE. Peu à peu, les gouvernements de l'UE se rallient à cette idée, avec quelques réticences mais seuls le Britannique David Cameron et le Hongrois Viktor Orban maintiennent leur opposition jusqu'au bout. Du coté des partis européens, le Parti populaire européen (PPE) est le dernier à désigner son candidat, Jean-Claude Juncker, au poste de président de la CE en cas de victoire électorale.

Angela Merkel, d'abord opposée à la procédure qui diminue le pouvoir du Conseil européen (et donc la gouvernance intergouvernementale) et au candidat, a dû céder sous la pression de l'évidence démocratique et de ses troupes de la CDU (parti démocrate chrétien allemand).

Par un double paradoxe, c'est finalement, Jean-Claude Juncker, non candidat aux élections européennes et présenté par le PPE, parti le plus réticent à la procédure, qui a été proposé par le PE, accepté par le Conseil européen et finalement élu au poste de président de la CE.
La procédure a donc été inversée : c'est le PE et, de façon indirecte, les électeurs européens qui ont choisi et élu le président de la CE.

 

Le président élu de la Commission a, ensuite, constitué son équipe en attribuant des fonctions à chacun des commissaires nommés par les 27 États. Il n'a pas le choix des personnes de son équipe, seulement des fonctions qu'il leur attribue.

Pour mettre en place un collectif politique, donner de la cohérence à une équipe disparate (14 PPE, 8 PSE, 5 libéraux, 1 eurosceptiques), le président Juncker a donné une structure pyramidale à la CE en nommant 7 vice-présidents chargés de superviser un ou plusieurs commissaires.

 

Les chefs d’État ou de gouvernement n'ont pas leur mot à dire sur l'attribution des fonctions. Mais Matteo Renzi et François Hollande ont proclamé, haut et fort, les fonctions qu'ils voulaient voir attribuées, respectivement, à Federica Mogherini, ministre italienne des Affaires étrangères, et à Pierre Moscovici, ancien ministre français de l’Économie et des Finances, opportunément non reconduit dans cette fonction lors du dernier remaniement ministériel.

 

Federica Mogherini, nommée Vice-président Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, a montré ses compétences lors de son audition par le PE, malgré jeunesse et peu d'expérience qui lui étaient reprochées.

Pour Pierre Moscovici, les choses ont été plus compliquées. Nommé commissaire aux Affaires économiques et financières, Fiscalité et Union douanière, malgré Angela Merkel, ce ne sont pas ses compétences qui ont été mises en question par le PPE, les Libéraux, les non inscrits. Mais sa neutralité et sa capacité, en tant que commissaire, à faire respecter par la France une politique qu'il n'avait pas suivie quand il était ministre ! Pierre Moscovici s'est, bien sûr, engagé à respecter les règles, sans traitement de faveur pour la France..

A sa façon, le président de la CE avait circonscrit le risque et Pierre Moscovici, malgré l'importance de son poste, n'est pas vice-président et sera supervisé par deux vice-présidents acquis à la rigueur, comme le Letton Valdis Dombrowskis,vice-président chargé de l’Euro et du Dialogue social, qui a soumis son pays à de strictes et douloureuses réformes.

 

Pierre Moscovici n'est pas le seul commissaire nommé à contre emploi ou au risque de conflit d’intérêts, politiques dans son cas, contradiction entre ses anciennes et ses nouvelles fonctions.
Ainsi, Jean-Caude Juncker a confié l’Emploi, la Croissance, l’Investissement et la Compétitivité à Jyrki Katainen, ministre finlandais. Cet adepte de la rigueur sera chargé de mettre en œuvre le programme d’investissements de 300 milliards d’euros annoncé par le président Juncker.

 

L'audition des futurs commissaires permet de connaître le degré de compétence et les éventuels conflits d’intérêts des candidats. Transposée au niveau national, cette procédure aurait peut-être permis d'éviter certaines déconvenues récentes avec des ministres de la République. A condition qu'il soit tenu compte des faits révélés à l'occasion de ces auditions. Ce qui, malheureusement, n'a pas toujours été le cas au niveau de la CE.

 

Certains commissaires ont « passé leur examen » de façon satisfaisante : le premier vice-président, le socialiste néerlandais Frans Timmermans, appelé à remplacer le président Juncker en cas d'empêchement et à coordonner le travail de l'ensemble de l'équipe, la socialiste italienne Federica Mogherini qui va succéder à Catherine Ashton, la libérale danoise Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence,...

 

D'autres ont eu plus de difficultés soit avec des réponses qui montraient quelques défaillances dans leurs compétences, soit que leurs activités passées ou leurs intérêts soient peu compatibles avec leurs nouvelles fonctions...

Ce sont surtout trois personnalités qui ont posé problème.

- Tibor Navracsics, l’ancien garde des Sceaux hongrois, qui a mis au pas la justice et les médias dans son pays, s'est vu attribuer l’Éducation et à la Culture et la Citoyenneté. Il a été refusé par la commission culture et éducation du PE car en tant que ministre de la Justice en Hongrie, il a contribué à l'instauration de lois considérées comme liberticides. La gauche du PE a seulement obtenu que la Citoyenneté soit retirée à ce proche de Viktor Orban.

- Jonathan Hill, eurosceptiquebritannique, a été nommé commissaire à la Stabilité financière, aux Services financiers et Union du marché des capitaux ! Cet ancien président de la chambre des Lords a étéfortement contesté en raison de son passé de lobbyiste et des soupçons de conflitsd’intérêts. Ce proche des milieux financiers britanniques a bénéficiéd'un fort soutien de David Cameron.

- Miguel Arias Cañete a été chargé de l’Énergie et du Climat alors que la gauche et les écologistes lui reprochent d'avoir des intérêts personnels (déclarés revendus) et familiaux dans l’industrie pétrolière. En tant que ministre espagnol de l’Agriculture et de l’Environnement, il s’est prononcé en faveur du gaz de schiste et a autorisé les forages en Méditerranée.  Le Parti populaire européen (PPE) a fortement pesé en sa faveur. Il est cependant confié à l'attention de Frans Timmermans, premier vice-président de la CE.

 

Finalement, la seule véritable « victime » des ces auditions est la libérale slovène Alenka Bratusek, ancienne Premier ministre slovène, pressentie pour le poste de vice-présidente, chargée de l’Énergie. Elle s'était « autonommée » candidate de la Slovénie, avant de perdre les élections dans son pays mais n'a pas réussi son examen. Ses compétences techniques ont été prises en défaut lors de son audition mais, ce qui lui a coûté son siège, c'est aussi la faiblesse du soutien des Libéraux (et probablement du nouveau gouvernement slovène).Le gouvernement slovène a nommé Violeta Bulc pour la remplacer. Ce qui risque d'entraîner un retard dans la mise en place de la CE car la nouvelle candidate doit se soumettre à une audition par le PE.

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette...

Le PPE n'ayant obtenu qu'une majorité relative lors des élections, un pacte de non agression a été conclu avec le PSE. Lors des auditions, les candidats des deux partis aux postes de commissaire ont pu être soumis à la question, par écrit ou par oral, avec session de rattrapage..., il n'était pas question de refuser tel ou tel candidat... sans s'exposer à des mesures de rétorsion. C'est ainsi que, en échange de la confirmation de Pierre Mocovici, Miguel Arias Cañete, Tibor Navracsics et Jonathan Hill ont conservé leur poste alors que, dans d’autres circonstances, il leur aurait probablement été refusé. Cependant, le commissaire espagnol sera supervisé directement par le premier vice-président, Frans Timmermans, tandis que la Citoyenneté a été retirée des compétences du commissaire hongrois.


Cet accord de non-agression a neutralisé le processus démocratique des auditions. C'est d'autant plus regrettable qu'il était possible de demander aux gouvernements de remplacer les candidats incompétents ou soupçonnés de conflits d'intérêts en désignant des candidats au dessus de tout soupçon sans modifier l'équilibre politique. Mais il fallait aussi ménager les susceptibilités des gouvernements.
Quoi qu'il en soit, les commissaires vont prendre en charge leurs fonctions supervisés par des vice-présidents et sous l’œil averti des députés qui doivent, chaque année, leur donner un quitus sur leurs activités...


Les partis politiques avaient bien commencé en poussant un peu les institutions et les gouvernements vers plus de démocratie. Ils ont terminé en montrant ce qu'il y a de plus discutable dans une solidarité mal venue.

Reste à souhaiter que l'équipe mise en place par Jean-Claude Juncker, qui se dit social-chrétien mais qui a été de longues années Premier ministre de l'un des paradis fiscaux de l'UE, mettra en œuvre une politique économique, plus courageuse que celle de son prédécesseur, politique attendue par les millions de chômeurs de l'UE.

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Europe
commenter cet article
3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 10:40

 

Revue de presse n° 142 (Europe)



Seuls les Pays-Bas travaillent moins que les Allemands ! Les organismes qui ont établi cette comparaison totalisent toutes les heures travaillées, supplémentaires payées ou non. Ils totalisent également les activités de ceux qui ont deux, voire trois jobs pour vivre. C'est pour cette raison que dans les pays en crise comme la Grèce ou l'Espagne, le nombre d'heures travaillées est largement supérieur à ce qu'il est en Allemagne où un deuxième job est l'exception.Source OCDE-


"A partir d'aujourd'hui, plus rien ne sera comme avant en Grande-Bretagne. Le résultat du référendum... pèsera à l'avenir aussi bien sur les conservateurs que sur le Labour. Car le Premier ministre britannique et le leader de l'opposition ont tous deux... sous-estimé les séparatistes. Si l'on est parvenu à éviter une sécession, il sera néanmoins inévitable d'accorder davantage de compétences à l’Écosse, à commencer par les impôts et les prestations sociales. Cela signifie adopter une structure étatique fédérale. Un beau chapitre de l'histoire britannique s'achève. Un autre commence." eurotopics Corriere della Sera – Italie 19/09/14

 


L'OCDE présente un plan contre l’évasion fiscale des entreprises internationales… L'application du plan qui concerne 44 pays, ceux de l'OCDE et du G20, dépend de leur bonne volonté. La Croix 17/06/14

 


Contrairement à ce que prétendent les institutions européennes, la neutralisation du pouvoir des États membres n'est pas liée à la nécessité de combattre la crise financière. D'autant plus que les super-bureaucrates de la CE, de la BCE et du FMI se sont avérés totalement incompétents… Le véritable objectif n'est pas de lutter contre la crise, comme le montre très clairement la réforme du marché du travail, qui aurait pu être rédigée à Bruxelles... L'objectif est de soumettre les États membres à la 'discipline' des marchés… Le véritable ennemi des institutions européennes, c'est l’État-providence et son fondement - l'essence de la démocratie." eurotopics Repubblica 23/09/14

 


Près d'un tiers des 3 millions de jeunes qui ont étudié à l'étranger depuis le lancement du projet, il y a 25 ans, ont indiqué y avoir trouvé leur compagnon. Le million de 'bébés Erasmus' issus de ces relations sont la preuve que l'Europe est bien vivante et qu'elle a un avenir devant elle… Et si les étudiants peuvent clamer haut et fort qu'ils sont européens, rien ne devrait empêcher les États de l'UE d'en faire de même." eurotopics. Diario de noticias 23/09/14 Rem : Les étudiants sont d'une remarquable fécondité !

 


Le Conseil d’éthique allemand, à la majorité de 14 contre 9, propose de dépénaliser les relations sexuelles consenties entre frère et sœur adultes, estimant que «protéger un tabou social» et «fixer des barrières morales» ne relève pas du droit pénal qui vise seulement à protéger «les individus» et «l’ordre social» contre les atteintes graves. Les sages allemands jugent que ces objectifs sont garantis par la Code pénal, qui réprime les viols, agressions et atteintes sexuelles, et par la pénalisation de l’inceste entre ascendants et descendants, même majeurs.
En Espagne ou en France, il ne constitue pas une infraction autonome, mais aggrave la peine encourue en cas de relation avec un mineur ou de relation non consentie. A l’inverse, l’Allemagne mais aussi l’Angleterre, le Danemark, la Grèce ou la Suisse en font une infraction pénale spécifique. Libération 24/09/14.

 


Dans l'UE28 en 2012, l'anglais était toujours la langue étrangère la plus étudiée au premier cycle du secondaire, avec 96,7%, loin devant le français (34,1%), l’allemand (22,1%) et l’espagnol (12,2%). L’importance de l’anglais en tant que langue étrangère dans l’UE est confirmée dans presque tous les États membres.
Depuis l’adhésion de la Croatie, 24 langues officielles sont reconnues dans l’UE. Y sont également parlées des langues minoritaires, régionales et autochtones, ainsi que des langues introduites par les populations de migrants. Eurostat 25/04/14.

 


. Le Royaume-Uni est aujourd'hui l'un des États les plus centralisés du monde riche : les dépenses du gouvernement central sont plus élevées que dans les autres pays de l'OCDE ou presque. Et ses institutions locales sont plus faibles que dans n'importe quel pays comparable, y compris la France. The Independent 21/09/14 cité par CI

 


Effondrement des naissances, manque cruel d'investissements, répercussions du conflit entre l'Ukraine et la Russie... Le PIB allemand a été revu à la baisse. Certains économistes parlent ouvertement d'échec, de déclin et même de chute du pays. Le Figaro 29/09/14

 

 

Candidat de la France au poste de commissaire aux Affaires économiques à Bruxelles, Pierre Moscovici signe une profession de foi écrite où il s'engage à n'accorder aucun traitement de faveur à la France sur ses déficits. Le Figaro 29/09/14*

 

 

Les Français accordent plus d'importance au travail que les autres Européens même si les loisirs occupent de plus en plus de place. Alter éco septembre 2014


 

"Au bord du précipice, l'Irlande a dû être sauvée de la faillite à grand renfort de fonds européens... Les accords fiscaux passés par les Irlandais avec Apple, par les Néerlandais avec Starbucks ou par les Luxembourgeois avec Amazon n'ont plus rien à voir avec une concurrence loyale. Il s'agit d'une compétition sauvage... Les grands groupes peuvent monter les États les uns contre les autres. Au bout du compte, les caisses de l’État sont vides. Les contribuables normaux ou les PMEen font les frais. Les pays commencent à comprendre qu'ils doivent mettre le holà à cette spirale de la fiscalité qui les tire vers le bas." Tages-Anzeiger - Suisseeurotopics 01/10/14.


 

La ministre britannique des Transports, a proposé lundi d'introduire des wagons réservés aux femmes dans le train pour les protéger d'agressions sexuelles. The Independent – Royaume-Uni eurotopics 01/10/14


 

73 Européens meurent chaque jour sur les routes, soit 52 décès par million d'habitants et par an. Avec environ 30 décès par million d'habitants en 2012, c'est au Royaume-Uni, en Suède et au Danemark qu'elle est la plus faible.
A l'inverse, la
Roumanie, la Lettonie et la Lituanie sont les pays qui enregistrent le plus grand nombre de tués Toutefois, la Lituanie est le deuxième pays, après la Slovaquie, à avoir fait le plus de progrès en terme de vies épargnées, avec une baisse de 15% depuis 2012. D'autres pays, en revanche, ont vu le nombre de tués sur leurs routes augmenter. C'est le cas de Malte, du Luxembourg, de l'Irlande et du Danemark.
La
France quant à elle se situe légèrement au dessus de la moyenne européenne avec une baisse de 8 % par rapport à 2011.
Il y a 20 ans, avant l'introduction de la politique européenne sur la sécurité routière dans le traité de Maastricht, l'UE comptait
160 tués sur les routes par million d'habitants. Toute l'Europe 02/10/14

 


Un homme seul. Sans parti, sans organisation, sans argent, sans lobby, il sera peut-être celui qui aura permis d'en finir avec l'interdiction, en France, des syndicats dans l'Armée... Le long combat du colonel de gendarmerie (et chercheur) Jean-Hugues Matelly a abouti à la condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, pour l'interdiction faite aux militaires de se syndiquer. Si la syndicalisation des militaires est autorisée en Allemagne, en Belgique, aux Pays Bas ou au Royaume Uni, elle reste interdite en Espagne, en Italie ou au Portugal. Une juridiction européenne aura permis une avancée des libertés en France. Exemple des bienfaits des institutions européennes.

Dans le même temps, le PE a auditionné les candidats aux postes de commissaire, dans la nouvelle commission Juncker. Le PE est cette instance réélue au printemps, lors d'une morne campagne dans laquelle on s'est évertué à expliquer que les institutions européennes devaient être plus "lisibles" pour les citoyens...La France y présente, au poste de commissaire européen à l’Économie (chargé de faire respecter leurs "engagements" aux pays membres) l'ancien ministre français P. Moscovici. Hollande a bataillé ferme pour faire passer sa candidature. Or Moscovici est auditionné le lendemain du jour où le gouvernement de Hollande annonce que la France, budget 2015, ne respectera pas le plafond des 3% de déficit. Moscovici pose sa candidature à un job dont l'essentiel consistera à taper sur les doigts de Hollande, qui l'a fait ministre, puis commissaire européen...

Cette comédie se double d'un apparent chantage entre droite et sociaux-démocrates (qui pourtant soutiennent tous Juncker). La droite présente au poste de commissaire à l'action climatique et à l'énergie un Espagnol, Miguel Canete, dont la femme détient des intérêts dans des compagnies pétrolières. Si la gauche devait faire obstacle à sa nomination, la droite, en vertu du fameux principe de la barbichette,  promet de se venger sur Moscovici. La question est donc de savoir si Mosocovici, au final, sera victime d'un chantage à la barbichette, sous couvert de vigilance sur les comptes publics, ou l'inverse... De la lisibilité variable des institutions européennes. Neuf quinze Daniel Schneidermann

 

 

t -

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
commenter cet article
27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 08:43

 

Le FN, thermomètre politique de la gauche ?

 

Il y a une « explosion du vote FN parmi les fonctionnaires de catégorie C ». Cela inquiète Maryse Lebranchu, militante politique depuis 1972, successivement maire, députée, ministre… Elle ne serait pas la seule : « Les syndicats eux-mêmes en parlent et sont inquiets », a-t-elle confié à Libération.

Cette découverte, cette inquiétude l'amène, justement, à se poser des questions. Et pour cela, chose étrange, malgré l'expérience de plus de 40 années de vie politique, elle doit faire appel à des chercheurs, en l’occurrence à des sociologues, pour comprendre le comment et le pourquoi ! Cette demande, aussi légitime qu'elle puisse paraître, est un aveu grave. Me la Ministre, comme de nombreux politiques, comme les syndicalistes qui partagent son inquiétude, semble si loin de la population dont elle a la charge (elle est, depuis mai 2012, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique) qu'elle doit faire appel à des spécialistes pour essayer de les comprendre.

 

En démocratie, on pourrait croire, naïvement, que les corps intermédiaires, syndicaux, politiques, représentant la population, étaient représentatifs. Il ne le semble pas. Évidemment, il ne leur viendra pas à l'esprit de se remettre en question, de remettre en question le système qui les a produits, en instaurant un non cumul des mandats rigoureux, une limitation stricte du renouvellement des mandats…

Il n'était pas besoin de la montée du FN pour avancer de telles propositions : il suffit de dire que la moitié du corps électoral potentiel est exclu ou s'exclut de lui même des consultations. Que la composition sociologique des élus est assez proche de la pyramide sociologique de la population à condition de la mettre sur sa pointe…


Les choses sont plus graves qu'on ne le pensait. Le PS a perdu depuis longtemps une bonne partie de son électorat populaire, notamment ouvrier. Certains ont même théorisé, dès 2011, la nécessité d'accompagner cette mutation, d'abandonner les classes populaires et de chercher l'appui de «la France de demain», faite des diplômés, des jeunes, de la «France de la diversité» et des femmes. La logique de classe caractérisait le monde ouvrier et on sait que la lutte des classes n'existe plus*, il est logique de ne plus s'intéresser à une « classe » qui n'existe plus. Mais pourquoi donc s'inquiéter de ce qui apparaît comme un succès rapide, sinon dans la conquête de la « France de demain », du moins dans l'abandon des (ou par les) classes populaires !.

 

Aujourd'hui, en attendant la « France de demain », le PS est encore, pour l'essentiel, un parti de fonctionnaires. Il est difficile de savoir si ce sont les adhérents de ce parti qui ont perdu tout contact avec la masse des électeurs fonctionnaires ou les élus et ministres qui ont perdu le contact avec les adhérents de leur parti.

 

A défaut d'avoir des antennes, d'être en contact direct avec la population, le scrutin à la proportionnelle pour l'élection des assemblées, au niveau local et national, aurait permis aux politiques de prendre conscience de la montée du mécontentement, du désenchantement, de la déception des électeurs.

 

Certes l’adoption de quelques mesures ne suffirait pas à résoudre tous les problèmes. Il ne peut pas y avoir de vrai démocratie politique sans démocratie économique. On en est loin quand les grands groupes d'information appartiennent aux industriels du bâtiment ou de l'armement et que toutes les équipes ont la même origine sociale et sont formées par le même moule. Il suffit de voir avec quel mépris, toutes les « élites » politiques, journalistiques.... ont traité les résultats du dernier référendum et comment elles se sont bien entendues pour en effacer les résultats.
De plus, reprenant une phrase célèbre, il est possible de dire que la démocratie dans un seul pays est tout aussi impossible que le socialisme dans un seul pays, surtout dans un monde interconnecté et financiarisé comme celui d'aujourd'hui.

 

Quant au thermomètre « FN », il indique des poussées de fièvre. Depuis les élections européennes de 1984, le FN a enregistré, au premier tour des élections nationales (européennes, présidentielles ou législatives) un résultat supérieur à 10 % dans 13 scrutins sur 19, dont 5 à 15 % ou plus. Ces résultats ne semblaient pas « inquiétants », ce qui est inquiétant c'est que les fonctionnaires des catégories C votent de moins en moins pour le parti des fonctionnaires.

Alors on va demander aux sondages, aux sociologues, ce que la sensibilité des élus, des militants du parti, ne peut saisir. Et tout à coup, on découvre qu'il est loin le temps où le FN attaquait les fonctionnaires« Le FN est un parti qui a un langage de défense absolue des fonctionnaires, y compris des enseignants »... qu'il y a un malaise « derrière les guichets des caisses de la Sécurité sociale, à l'hôpital ou dans les services sociaux ». Les grèves et manifestations n'ont alarmé personne.

C'est, bien sûr, au guichet que la situation est la plus difficile. Entre ceux qui, d'un coté du guichet, sont victimes de cette politique et viennent solliciter le secours de l’État, de l'administration et de l'autre coté du guichet ceux qui sont chargés d’exécuter une politique dont ils sont à la fois les agents et les victimes et quelquefois tenus pour responsables !
Ni le gouvernement, ni le PS ne peuvent incarner l'espoir au guichet. Ni d'un coté, ni de l'autre.

 

Cette rupture du lien entre les fonctionnaires et la gauche daterait de 2012 mais comme chacun sait, il ne s'est rien passé en 2012, ni depuis, qui puisse expliquer ce basculement… Sauf peut-être une certaine continuité. Bien entendu, la politique gouvernementale n'y est pour rien : coupes budgétaires, mal-être et absence de mobilité au travail, suppression de postes de fonctionnaires, baisse du pouvoir d'achat, chômage, recrutement et renouvellement de CDD.

Ceux qui l'avaient cru, ont été déçus par Sarkozy, certains ont encore voté pour Hollande en 2012 et on leur dit, aujourd'hui comme hier, qu'une seule politique est possible. Qu'il faut continuer, accentuer, avec les résultats connus et dont même Madame la Ministre semble douter qu'ils puissent être différents à l'avenir : «Et si [et non quand] nos politiques produisent des résultats, est-ce qu’on réussira à le [FN] faire refluer ?»

 

Il ne reste plus qu'à aller chercher un bon conseiller en communication pour trouver « des mots pour s’adresser à ces fonctionnaires qui basculent de plus en plus... ». Des mots, non des mesures. Pour faire avaler la politique actuelle, non pour la changer.

 

 

 

* Tout le monde n'est pas d'accord avec cette affirmation, notamment Warren Buffet qui affirme : « la lutte des classes existe, nous l'avons gagnée » (Warren Buffett, 4ième fortune mondiale en 2013)

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité
commenter cet article
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 23:35

 

La couleur des Parisiens


Dans le train qui nous amène au Festival de cinéma de Venise, nous partageons le compartiment avec un couple argentin, d'origine italienne. Nous échangeons quelques mots dans un sabir quadrilingue... Ils font le tour des grandes villes d'Europe. Ils vont à Venise puis iront à Rome, Florence... Ils viennent de Londres une belle ville, bien propre et de Paris, ville sale, ce que je concède, où il y a beaucoup d'étrangers...

Naïvement, je leur dis que Paris est une des villes les plus visitées du monde et que, bien sûr, il y a toujours beaucoup d'étrangers... mais, dans leur esprit, il ne s'agit pas des touristes mais des « «étrangers de France »... Plus précisément des étranges étrangers de France... Noirs, Maghrébins et autres Orientaux, identifiés à l’œil.
Je me contente de leur signaler que la moitié de ces « 
étrangers » sont français mais cela ne semble ni les convaincre, ni les intéresser. Faut dire que notre expertise linguistique, aux uns et aux autres, ne nous permet guère d'avancer dans la subtilité...

 

Rentrés dans leur foyer, nos amis argentins ont peut-être vu à la télévision la manifestation « Paris marche pour le climat ».

 

Une manifestation avec beaucoup de jeunes, de femmes, aux vêtements, aux cheveux, aux banderoles colorés. Ils n'ont pas pu voir les deux femmes, peut-être y en avait-il d'autres, munies d'un sac poubelle, qui ramassaient les papiers, négligemment abandonnés sur la chaussée par les « marcheurs pour le climat ».

Surtout, ils n'ont pas dû reconnaître les Parisiens vus lors de leur court séjour à Paris. Si la manifestation était colorée, elle était très homogène au point de vue ethnique, probablement la population parisienne de leur rêve. Pas du nôtre.

 

Quand les manifestations portent sur l'immigration, sur le Proche-Orient, sur le Maghreb, sur la Palestine, la dominante est « colorée ». Quand il s'agit de questions économiques, sociales, sociétales, on peut noter une certaine mixité, à travers syndicats, associations ou partis. Avec souvent la présence de sans papiers.
Ce n'était pas le cas dans la « Marche sur le climat ». On peut le comprendre. A première vue, leurs problèmes sont bien différents et plus urgents. Encore que le nombre de réfugiés climatiques est en augmentation constante*.


Mais nos amis argentins n'auront probablement pas remarqué que la diversité politique était tout aussi limitée, à trois formations arborant leurs couleurs respectives : Europe-Écologie la plus importante en nombre, c'est bien le moins, le Parti de gauche et Nouvelle donne. Les autres brillaient par leur absence, les organisations de droite bien sûr mais aussi de gauche, du PS (Ségolène Royal et Laurent Fabius défilaient à New York) aux Anarchistes en passant par LO, le NPA ou le PC. Tous probablement noyés, de façon anonyme dans la masse des marcheurs, peut-être, étaient-il à Gonesse-Alternatiba... ou ailleurs


En tout cas, ils n'étaient pas à la « Marche pour le climat ». Les choses avancent très lentement. Trop lentement. Le « penser global » n'entraîne pas obligatoirement  le « agir local ».
Mais la « Marche » n'était qu'un premier pas. La France accueillera et présidera la Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu au Bourget du 30 novembre au 11 décembre 2015 (COP21). D'autres marches, d'autres manifestations sont prévisibles d'ici là. Pour rappeler à tous les gouvernements et particulièrement au gouvernement français que le dérèglement climatique concerne toutes les classes sociales et tous les pays...

 

Il est fort probable que, lors des prochaines manifestations, la participation sera beaucoup plus importante, plus diversifiée et ne se limitera pas aux seuls Parisiens.



*Selon un rapport de l'organisation humanitaire britannique Christian Aid, il y aurait déjà 163 millions de personnes ayant dû quitter leur foyer suite aux conflits, catastrophes naturelles et grands projets de développement : mines, barrages, périurbanisation, cultures d'agrocarburants... (Wikipedia).

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Diversité
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche