Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 21:51
Second tour et après ?

In English

 

Au premier tour de l’élection présidentielle, 4 candidats obtiennent autour de 20 % des suffrages exprimés. Les autres derrière Benoît Hamon (6,36%) et Nicolas Dupont-Aignan (4,7%), obtiennent chacun moins de 2 %.
Ces 20 % n’ont pas la même signification pour tous les candidats. Ils donnent aux seuls Emmanuel Macron et Marine Le Pen la possibilité de participer au second tour.

C’est un remarquable succès personnel pour Emmanuel Macron, inconnu, il y a quelques années, n’ayant jamais affronté le suffrage universel, sans aucun appareil. Il a su créer autour de sa personne avec un programme flou, une dynamique impressionnante par les supports médiatiques et politiques qu’il a suscités. Soutiens que le jeune candidat récolte sur tout l’échiquier politique. Auprès des médias. Aidé par la grand’peur que suscite la victoire sondagière possible de Marine Le Pen et les flottements dans la droite extrême, désorientée par les mésaventures de son champion entêté.

Atout et problème pour Emmanuel Macron : le trop plein de ralliements hétéroclites, en vue des élections législatives. Candidats, plus ou moins connus, d’aujourd’hui et d’hier, du centre, de droite ou de gauche, prêts à poursuivre la politique des Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande mais qui attendent quelques gratifications...
Peur-être,
Emmanuel Macron pourrait il engager François Hollande comme conseiller à la synthèse…

Marine Le Pen n’est pas arrivée, comme elle l’espérait et comme beaucoup l’annonçaient, en tête de ce premier tour. Il n’en demeure pas moins qu’elle continue de progresser en nombre de voix et en pourcentage par rapport aux élections présidentielles antérieures.
Considérant son assise populaire assurée, elle mène une politique de second tour en élargissant son assise vers la droite avec Nicolas Dupont-Aignan et en revenant sur ses promesses de retraite à 60 ans, sur la sortie de l’euro qu’elle éloigne...

 

Il faut remercier François Fillon. D’avoir, par son entêtement et son programme social fracassant, éliminé la droite de la présidence. D’avoir dévoilé avec quelle facilité la vertueuse droite est prête à devenir la droite extrême quand elle trouve un champion, apparemment propre sur lui, avec la juste ostentation qui permet de reconnaître la bonne société. Pourfendeuse de la fraude sociale, elle n’est nullement gênée, par les petits arrangements familiaux, les petits cadeaux entre amis.
Éternelle contradiction entre le moralisme affiché pour le bas peuple et la morale pratiquée entre soi.

La progression la plus importante est celle de Jean-Luc Mélenchon, passé de 11,10 % en 2012 (3 984 822voix) à 19,58 % (7 060 885 ) en 2017 alors qu’il ne pouvait compter ni sur un parti décidé et efficace, ni sur un important réseau d’élus motivés, la difficulté dans la collecte des signatures l’a bien montré. Et avec des médias plus intéressés, dans un premier temps, par son caractère, ensuite par ses qualités d’orateur, enfin par ses tropismes internationaux mais beaucoup plus rarement par le travail dans l’élaboration de son programme, par la nouveauté de l’alliage qu’il a construit entre le social et l’écologique, par sa volonté de reconstruire une nouvelle démocratie avec la participation du maximum de citoyens, par sa volonté de s’attaquer au vote d’extrême droite et à l’abstention (caravanes pour l’inscription sur les listes électorales). Les médias ont fini, face aux mobilisations qu’il a suscitées, par découvrir qu’il les avait en partie contournés par ses propres moyens.

Lors de ce premier tour, il a déjà été question du vote utile en faveur d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas étranger au fait que Jean-Luc Mélenchon ne peut participer au second tour, il ne lui a manqué que 600 000 voix. Nationalement, il recueille 19,58 % des voix. Ce pourcentage est entre 27 et 30 %, suivant les sondages, chez les 18-24 ans, soit le double de 2012, 24 % chez les ouvriers, 22 % chez les employés.
Chez les musulmans, le candidat le plus laïque de la présidentielle, obtient 37 % des voix (20 % en 2012) contre 24 % pour Emmanuel Macron, 17 % pour Benoît Hamon, 10 % pour François Fillon et 5 % pour Marine Le Pen (sondage Ifop – Le Pèlerin).
 

Second tour et après ?

Depuis le début de la campagne électorale, nombreux sont ceux qui donnent des conseils avisés à Jean-Luc Mélenchon : participer à la brillante primaire de la Belle alliance populaire, rallier Benoît Hamon avant qu’il ne soit abandonné par le PS et ses électeurs, maintenant rejoindre le camp de la peur.
Hier, la peur
de tout avait mauvaise presse parce qu’elle poussait les citoyens à voter Le Pen, aujourd’hui la peur de Marine Le Pen a bonne presse pour faire voter Macron. Mais la presse est toujours la presse, elle va toujours dans le même sens. Hier et aujourd’hui ! Faire rentrer dans le rang et dans le cas présent, voter Emmanuel Macron !

Connaissant la diversité des points de vue des partisans de la France insoumise sur le vote au second tour, Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il voterait mais n’a pas dit comment. Il ne donne pas de consigne de vote pour préserver l’unité des Insoumis avant les législatives. Tout en rappelant que voter Front national n'était pas une option. Ni pour lui, ni pour les Insoumis consultés.
La France insoumise a organisé une consultation ouverte à tous les Insoumis pour qu’ils disent ce qu’ils allaient faire au second tour, sans que cette consultation soit normative.
Il a tendu une perche à Emmanuel Macron, en lui demandant de faire un geste sur la loi travail que Macron a immédiatement rejeté.
C’était prévisible. Peut-être aurait-il pu demander un geste sur l’usage du 49-3 et des ordonnances dont Emmanuel Macron a dit qu’il les utiliserait dés cet été pour aller plus vite. Et court-circuiter, bon début, tout débat démocratique !
 

Second tour et après ?

Le résultat de la consultation des Insoumis est maintenant connu. 243.000 personnes ont donné leur avis, soit environ 55% des 440.000 inscrits pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, des personnes peuvent changer entre le moment où elles ont donné leur avis et le jour du scrutin. Mais ce n’est pas un sondage, c’est le résultat d’une consultation : vote blanc ou nul, 36,12 %, vote Emmanuel Macron 34,83%, abstention 29,05% (1). Les deux tiers, 65,17%, ne voteront pas pour Emmanuel Macron. D’après un sondage Elabe BFMTV, 44% des électeurs de Mélenchon au premier tour voteraient pour Emmanuel Macron.
Ces résultats permettent de penser que les Insoumis vont compter dans les semaines qui viennent. Une première indication sera donnée dimanche par le taux d’abstentions, de bulletins blancs ou nuls : en 2012, il y a eu 9 049 998 abstentions (19,65%), et 2 154 956 bulletins blancs ou nuls (5,82%)...

Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, on va parler du triomphe de la démocratie, de la République, de l’Union européenne (qu’on appellera Europe) alors qu’on aura simplement élu le gendre idéal pour continuer, plus ou moins habilement, la politique suivie pendant des années – avec le succès que l’on sait aussi bien au point de vue socio-économique qu’au point de vue politique avec le vote Marine Le Pen - par les gouvernants successifs dont les artisans se retrouvent dans En Marche ! l’UMPS, comme disait le Front national, officialisée… !

Reste que les résultats du second tour ne vont pas tout régler. Mais servir de base aux discussions, déjà engagées dans tous les camps pour les investitures législatives. La victoire à la présidentielle donnera, certes, une dynamique. Il n’est pas certain qu’elle soit suffisante pour obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Encore moins une majorité cohérente.

De ce point de vue, Jean-Luc Mélenchon fait des calculs risqués quand il annonce que, avec les résultats de la présidentielle, la France insoumise peut espérer être présente dans 451 des 577 circonscriptions où il a dépassé le seuil de 12,5% nécessaires pour se qualifier pour le deuxième tour dont les 67 où il est arrivé en tête. Certes ils est probable qu’il y aura beaucoup de triangulaires ou même de quadrangulaires mais ces multiples candidatures risquent de diviser autant la gauche que la droite.

C’est cependant un motif pour dynamiser les Insoumis surtout si le taux d’abstention, de votes blancs ou nuls est important. Abstentions, votes blancs ou nuls de résistance, d’espoir. Ils ne seront pas comptabilisés pour l’élection mais seront examinés de près et pèseront dans la mobilisation.

L’espoir maintenant est dans une refondation de la gauche autour de la France insoumise et un groupe de députés aussi étoffé que possible. C’est ce que les résultats de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle permet d’espérer...

Tout en sachant que cela ne sera pas suffisant. Et qu’il faudra d’autres mobilisations. Mais c’est la première lueur en Europe pour une contestation qui ne soit pas nationaliste mais pour un changement d’orientation économique et sociale.


 


 

1 - Noter que ces Insoumis n’ont pas suivi Jean-Luc Mélenchon qui votera dimanche et qui veut rendre le vote obligatoire.

Second tour et après ?
Repost 0
2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 22:10

Here in english

Hommage à Brahim Bouarram

Comme tous les ans, le matin du 1er mai, un hommage est rendu à Brahim Bouarram, jeté dans la Seine, le 3 mai 1995, par 3 jeunes en marge d’une manifestation organisée par Jean-Marie Le Pen entre les 2 tours de l’élection présidentielle. A l’époque, le président Mitterrand était venu se recueillir au Pont du Carrousel.

Le rassemblement annuel était prévu à 11 heures. Cette année, sont passés, Emmanuel Macron accompagné de Bertrand Delanoë qui a fait poser une plaque commémorative en 2003, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon.

 

Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris

La manifestation syndicale de l’après-midi

Le départ de la manifestation était prévue de la place de la République à 14 heures 30. Mais quand nous sommes arrivés, venant du pont du Carrousel, vers midi, la place était couverte de stands, de banderoles et de drapeaux d’organisations de travailleurs turcs.

Traditionnellement, les travailleurs turcs participent en rangs serrés à la manifestation du 1er mai. Cette année, tout se passait sur la place.



 

Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris

Mais le 1er mai est la fête internationale des travailleurs. Les Turcs n'étaient pas les seuls sur la place ou dans le défilé. Plusieurs nationalités étaient représentées, notamment les indépendantistes kabyles et les Rifains que je voyais pour la première fois et d’autres qui étaient sur la place ou dans le défilé.



.

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris

L'actualité du jour était aussi présente.

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris

Dans le défilé ou en bord de boulevard, les syndicat, les travailleurs, notamment les sans papiers bien sûr, mais aussi toute sorte de pancartes, d'associations différentes.

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris

Certaines personnes avaient des mots d'ordre divers et contradictoires qui montraient bien la préoccupation du moment sans qu'il y ait semble-t-il de disputes ou d'affrontements.

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris

Sur le boulevard de Beaumarchais, la manifestation a été arrêtée à un moment par une rangée de CRS tandis que derrière eux, d’autres CRS affrontaient des manifestants à l’aide de grenades lacrymogènes contre des pétards et des cocktails Molotov.

Le pantalon d’un CRS brulait, rapidement maîtrisé, tandis que nous étions obligés de reculer sous les gaz lacrymogènes qui étaient rabattus sur nous par le vent.


 

 

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris

Quelques photos supplémentaires prises lors de cette retraite en remontant la manifestation vers la place de la République.

Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à ParisLes photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris

Les organisations politiques étaient rares

Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Les photos du jour : premier mai à Paris
Peinture murale sur le boulevard
Peinture murale sur le boulevard

Peinture murale sur le boulevard

Repost 0
28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 11:11
Munich, cube blanc, années noires

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/emissions/les-documentaires-en-aquitaine/gurs-silence-assourdissant-film-ne-jamais-oublier-1240321.htmlMunich, cube blanc, années noires

Munich, capitale de la Bavière, connue pour ses musées, ses monuments, ses industries, ses manifestations festives et sa bière..., est la deuxième ville allemande par le nombre de touristes…
Munich occupe, aussi, une place exceptionnelle, et peu enviable, dans l'histoire du vingtième siècle ! C'est là que le national-socialisme est né et a pris son essor. C'est là que Daladier et Chamberlain se sont inclinés devant Hitler croyant sauver la paix... La suite est connue…

En juillet 2014, nous avons passé quelques jours à Munich (1) et première question, peu diplomatique, à des amis allemands : Où est le nazisme à Munich ? Réponse immédiate : Partout.
Pendant ce bref séjour, nous avons eu l'occasion de visiter plusieurs musées mais aussi un certain nombre de lieux de mémoire. Nous avons aussi appris qu'un Centre munichois de documentation sur l'histoire du national-socialisme était en construction.

Ce centre existe désormais sous forme d'une imposante bâtisse blanche, de 4 étages, construite sur l'emplacement de l'ancienne Braunes Haus (siège du parti nazi) sur la Königsplatz. C’est de ce centre de documentation qu’il sera d’abord question ici, suivi de quelques images plus classiques de Munich et des environs.

Le Centre est remarquable ! Avec une très riche documentation, bien présentée, en panneaux muraux, commentés sur audioguide, en diverses langues dont le français. Et de multiples vitrines pour ceux qui veulent en savoir plus. Avec textes, affiches, photos, films de l’époque…
Le seul parcours principal nous a pris 4 heures (2)... pendant lesquelles nous avons pu suivre l'évolution de la situation politique à Munich depuis la fin de la Première guerre mondiale jusqu'à nos jours (3).

Ce centre a été conçu comme un lieu pédagogique et mémoriel et veut répondre aux questions : Comment ? Pourquoi ? Pourquoi à Munich ? Sans éviter les questions douloureuses : Car nous sommes politiquement responsables et c'est la raison pour laquelle nous devons réfléchir aux crimes et à leurs auteurs... Et de préciser : le Centre se trouve ainsi au cœur du quartier du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, Parti national-socialiste des travailleurs allemands) où environ 6000 personnes ont permis de faire fonctionner les diverses organisations du parti et leurs activités jusqu'à la fin de la guerre… Dans la ville de Munich, des graines de criminels ont pu croître.

Des groupes de jeunes accompagnés et de moins jeunes visitent le centre : travail de mémoire, travail de transmission.

Trente trois panneaux se succèdent du quatrième étage au rez-de-chaussée, de la Première guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui : 1 - 1914-1918, Guerre et révolution ; 2 - 1918-1919, Kurt Eisner et l’État libre de Bavière ; 3 - 1919, La période des conseils et la contre-révolution ; 6 - 1919-1923, Les débuts du mouvement hitlérien à Munich ; 11 - Munich, capitale du mouvement ; 14 -A contre-courant : refus, opposition, résistance ; 16 – 1933-1939, La vie quotidienne : détourner le regard, être spectateur, participer ; 25 – 1939-1945, Résistance,courage et civisme pendant la guerre ; 28 – 1945-1948, Dénazification et nouveau départ : 30 – Entre travail de mémoire, continuité et refoulement ; 31 – L’héritage nazi : survie et renaissance ; 32 – Contre l’oubli ; 33 – Retard et cheminement du souvenir.

Par ailleurs, l'attention est attirée sur les Zettel, mots anonymes qu'on peut trouver, ici ou là, et qui témoignent de la persistance d'un certain racisme.

Le 29 avril 1945, les Américains libèrent le camp de Dachau, situé à 17 km de Munich, premier camp de concentration mis en place par les nazis, ouvert du 20 mars 1933 au 29 avril 1945. Tout d'abord le lieu d'internement des opposants politiques, il a accueilli par la suite des juifs de Bavière, des prisonniers de guerre soviétiques et des femmes, des homosexuels et des Tziganes. Au total, plus de 200 000 personnes de plus de 30 pays sont passés par ce camp.
La ville de Munich était recouverte d’un réseau de plus de 400 camps et hébergements. Fin 1944, près de 120 000 travailleurs civils étrangers, prisonniers de guerre et détenus des camps de concentration étaient employés de force dans toute l’agglomération...

Libérés par les Américains le 30 avril 1945, les Munichois ont voulu, comme beaucoup d'autres, en Allemagne et ailleurs, oublier leurs responsabilités dans ce qui s'était passé dans leur ville, sous leurs yeux…
La dénazification est d’abord entreprise par les Américains et poursuivie par les Allemands. Mais dans les années 1947-48, l’énergie diminue notamment avec le début de la guerre froide et le retour d’anciens membres du NSDAP dans leurs anciens postes.
Dans les années qui suivent, des groupes néo-nazis sont apparus, ont pu avoir quelques élus dans les assemblées des États régionaux (Länder) mais n’ont pas réussi à percer vraiment.
A partir des années 1980-1990, des initiatives citoyennes, ateliers historiques, conseils de quartier ont intensifié la culture du souvenir. Elles aboutissent à ce qu’en 2001, le conseil municipal et, en 2002, le parlement de Bavière décident de construire le centre de documentation. Financé par le gouvernement fédéral, le Land de Bavière et le Conseil municipal de Munich. La première pierre a été posée en 2012 et le centre inauguré en 2016.

 

Munich, cube blanc, années noires
Munich, cube blanc, années noires

Pour les responsables de la construction du centre, il s’agit d’un lieu pédagogique et mémoriel dédié à l’histoire du national socialisme à Munich. Contre l’oubli, pour la démocratie. Avec la phrase de Primo Levi, affichée au dessus du Centre : C'est arrivé, cela peut donc arriver à nouveau.
A Munich ou ailleurs.

Il ne s’agit pas de repentance, il ne s’agit pas de punir. Repentance de qui ? Punir qui ? Mais de ne pas oublier, de prendre conscience que la démocratie est fragile, qu’elle peut avoir des faiblesses. Que la démocratie ne peut réussir que si elle est ancrée dans les institutions, soutenue par la société civile et vécue au quotidien. Qu’il faut que les choses soient dites ! Comme dans les familles, les faits douloureux ne peuvent être occultés sans risque pour l’avenir (4).

***

Dachau est devenu une étape pour les organisations de tourisme

Dachau est devenu une étape pour les organisations de tourisme

Aujourd'hui : Manifestation en faveur d'une voie routière autour de Munich  contre un tunnel.

Aujourd'hui : Manifestation en faveur d'une voie routière autour de Munich contre un tunnel.

Aujourd'hui : Manifestation de Pegida (une dizaine de personnes), un trentaine de contre-manifestants du SPD et une cinquantaine de policiers.

Aujourd'hui : Manifestation de Pegida (une dizaine de personnes), un trentaine de contre-manifestants du SPD et une cinquantaine de policiers.

***

La France est-elle prête à regarder son histoire, ses parts de lumière et ses parts d’ombre ? Ce n’est pas certain. Il suffit de voir qu’il a fallu attendre le 16 juillet 1995, 53ème anniversaire de la rafle du Vel d'hiv, pour que le Président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse la responsabilité de l’État français dans la déportation et l'extermination de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Et d’entendre, ces jours-ci, cette responsabilité niée à nouveau.

A l’opposé de la démarche d’un Nelson Mandela, vérité et réconciliation, dialogue sans exclusion, concernant la longue nuit de l’apartheid en Afrique du sud, on préfère dissimuler les choses sous le tapis d’une amnistie qui permet de recycler des compétences comme Maurice Papon, de Bordeaux à Paris en passant par l’Algérie. Amnistie non assumée, qui ignore le devoir de mémoire et de justice.

Récemment, un candidat à la présidence de la République française, peut-être prochain président, a parlé du colonialisme, de la guerre d’Algérie comme crime contre l’humanité. S’il est élu, fera-t-il un acte de conscientisation qui pourrait permettre à la France, à tous les Français de condamner des actes condamnables. Et ensuite, avancer vers la réconciliation des Français, de tous les Français, quelle que soit leur origine et quel que soit le comportement passé de leurs parents ou grands parents.
Pourra-t-on ainsi signer un jour la fin de la guerre d’Algérie ?
Faute d’avoir examiné lucidement son histoire, les mauvais côtés de son histoire, l’opinion française est perpétuellement divisée par des souvenirs douloureux non partagés (4).


 

1 - Cinq jours à Munich (en 2014)

2 – Le Centre prête des sièges pliants qui permettent de faire la visite confortablement.

3 – Toutes les informations de cette note sont tirées de la brochure : NS- Dokumentationszentrum München. Centre munichois de documentation sur l’histoire du national-socialisme. Livret guide de l’exposition 84 pages.

4 - Une émission de France 3 Nouvelle Aquitaine a été diffusée le 24 avril 2017 sur le Camp de Gurs : Gurs, un silence assourdissant, film d'Antoine Laura et Pierre Laval , existe aussi en DVD.

Le Muca (Museum of Urban and Comtemporary Art), premier musée allemand des arts de la rue, était fermé

Le Muca (Museum of Urban and Comtemporary Art), premier musée allemand des arts de la rue, était fermé

Peintures de rue à Solin (banlieue de Münich)
Peintures de rue à Solin (banlieue de Münich)
Peintures de rue à Solin (banlieue de Münich)

Peintures de rue à Solin (banlieue de Münich)

Tableaux de Frantz Marc (1), August Macke (2), Alexej Jawlensky (3 et 4), Elfriede Schroter (5)
Tableaux de Frantz Marc (1), August Macke (2), Alexej Jawlensky (3 et 4), Elfriede Schroter (5)
Tableaux de Frantz Marc (1), August Macke (2), Alexej Jawlensky (3 et 4), Elfriede Schroter (5)
Tableaux de Frantz Marc (1), August Macke (2), Alexej Jawlensky (3 et 4), Elfriede Schroter (5)
Tableaux de Frantz Marc (1), August Macke (2), Alexej Jawlensky (3 et 4), Elfriede Schroter (5)

Tableaux de Frantz Marc (1), August Macke (2), Alexej Jawlensky (3 et 4), Elfriede Schroter (5)

La Villa Lehnbach (Städtlische Galerie in Lehnbachhaus) présente la célèbre collection du Cavalier bleu (Blaue Reiter), avec des tableaux de Kandinsky, Klee, Frantz Marc, August Macke, Alexej Jawslensky,  Elfriede Schroter.

Parc olympique

Parc olympique

Ammersee Andechs
Ammersee Andechs

Ammersee Andechs

Ammersee Diessen

Ammersee Diessen

La Fuggerei à Augsburg

La Fuggerei à Augsburg

La Fuggerei est la plus ancienne cité sociale du monde. Elle a été fondée en 1521 par Jacob Fugger pour les citoyens nécessiteux d'Augsburg. Elle loge encore 150 personne dans 67 maisons pour un loyer symbolique et l'obligation morale de prier 3 fois par jour pour le fondateur et sa famille.
Le locataire le plus célèbre est le maître maçon Franz Mozart, arrière-grand-père de Wolfgang Amadeus Mozart.

Augsburg : La salle dorée de l'Hôtel de ville ( Goldener Saal Rathaus)
Augsburg : La salle dorée de l'Hôtel de ville ( Goldener Saal Rathaus)
Augsburg : La salle dorée de l'Hôtel de ville ( Goldener Saal Rathaus)

Augsburg : La salle dorée de l'Hôtel de ville ( Goldener Saal Rathaus)

Augsburg ; Eglise Ste Anne. Les moines de ce couvent ont accueilli Martin Luther en 1518.
Augsburg ; Eglise Ste Anne. Les moines de ce couvent ont accueilli Martin Luther en 1518.

Augsburg ; Eglise Ste Anne. Les moines de ce couvent ont accueilli Martin Luther en 1518.

Neuschwanstein, les châteaux de Louis II de Bavière
Neuschwanstein, les châteaux de Louis II de Bavière

Neuschwanstein, les châteaux de Louis II de Bavière

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Voyages Démocratie racisme
commenter cet article
27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 13:11

11/05/17 : Allemagne, France, Pays-Bas, Luxembourg, Finlande profitent de 90% de l'excédent de liquidités injecté par la BCE pour soutenir l'économie.

27/04/17 : Arabie saoudite élue à la Commission de la condition de la femme, à l'ONU. Pour l'égalité des sexes et la promotion des droits des  femmes.

Repost 0
Published by Paul ORIOL
commenter cet article
25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 21:38

De 13 à 14 heures, un petit rassemblement a été organisé par Attac  à Paris, à quelques centaines de mètres du siège de la Société générale et du commissariat où des militants avaient été convoqués pour une audition libre, à la suite du badigeonnage d'une agence de cette banque.

Attac veut attirer l'attention sur le fait que Frédéric Oudéa, le DG de la Société générale, a nié, lors d'une audition devant le Sénat, toute activité de sa société dans des paradis fiscaux : or, la Société générale a 136 filiales dans les paradis fiscaux, 1005 sociétés offshore et réalise 30% de ses bénéfices dans des paradis !.

Des militants sont fichés et entendus parce qu'ils ont badigeonné des agences, à visage découvert, pacifiquement, pour dénoncer une banque dont les pratiques visent à ne pas payer d'impôts en France. La banque et son DG n'ont pas été convoqués !

Aux yeux de la Justice, il est dangereux, pour la société française, que des militants dénoncent les activités lucratives d'une banque dans les paradis fiscaux. Beaucoup moins que son DG organise la fuite devant l'impôt et le nie devant le Sénat !

Ce qui est certain, c'est fructueux pour la Société générale !!

Pour plus d'infos :https://france.attac.org/se-mobiliser/occupons-la-societe-generale/

Les militants avant ou après être passé au Commissariat.
Les militants avant ou après être passé au Commissariat.
Les militants avant ou après être passé au Commissariat.
Les militants avant ou après être passé au Commissariat.

Les militants avant ou après être passé au Commissariat.

Au micro, Aurélie Trouvé, coprésidente d'ATTAC et Dominique Plihon, coprésident d'Attac.Au micro, Aurélie Trouvé, coprésidente d'ATTAC et Dominique Plihon, coprésident d'Attac.

Au micro, Aurélie Trouvé, coprésidente d'ATTAC et Dominique Plihon, coprésident d'Attac.

Repost 0
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:36
Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !


 

Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour de cette élection présidentielle (2) : Emmanuel Macron, ancien banquier, champion de l’alignement sur les politiques européennes a le soutien d’Angela Merkel ; Marine Le Pen, opposée à l’Union est soutenue par toutes les forces européennes d’extrême droite.

 

Les deux partis de gouvernement, Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR), qui ont successivement conduit la même politique depuis des années, sont exclus, officiellement et pour la première fois, du second tour d’une présidentielle. Mais tous leurs dirigeants apportent, paradoxalement, leur soutien à Emmanuel Macron, ancien conseiller, ancien ministre et candidat de François Hollande. Qui n’a pu se présenter à cette élection à cause d’une opposition aussi importante dans son parti qu’à droite et surtout à cause d’une impopularité inédite pour un président sortant !
 

Face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron reçoit le soutien de la droite et de la gauche qui confirme bien qu’il y a une continuité politique quel que soit le gouvernement et sa couleur affichée. Cette politique aboutit à un progrès des résultats de la firme Le Pen à chaque élection présidentielle. Et il n’y a aucune raison pour que cela change.
Avec presque 7,6 millions de voix et 21,53 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen a obtenu le meilleur résultat de l’extrême droite à une présidentielle, en progression par rapport à ses résultats de 2012, 17,9 % et à ceux de Jean-Marie Le Pen, 16,9 % à l’élection présidentielle de 2002.
A terme, l’indifférence au mécontentement de la population, la certitude d’être dans le vrai quoi que disent les urnes, ici ou ailleurs, la persévérance sans infléchissement de la politique menée, conduit à creuser un fossé de plus en plus profond entre les politiques et les peuples. Qui, un jour ou l’autre, risque d’être explosif.

 

Cette élection présidentielle a connu de nombreuses premières, autant d’avertissements : un président de la République qui ne se représente pas en fin de mandat ; une première primaire de la droite qui élimine un ancien président de la République au premier tour et un ancien premier ministre au second ; une primaire de la gauche qui élimine plusieurs anciens ministres au premier tour et un ancien premier ministre au second ; un premier tour de la présidentielle qui élimine un ancien premier ministre de droite et un ancien ministre de gauche ; un premier tour qui voit arriver en tête du scrutin, un jeune candidat, sans aucun mandat électif, sans parti politique, se réclamant de l’extrême centre, entraînant dans son sillage une kyrielle d’anciens ministres et premiers ministres, permettant à François Bayrou de réaliser enfin son rêve centriste par personne interposée et de se faire un trou ministériel à défaut d’un mandat présidentiel, ce qu’il n’avait pas réussi en 2012.
Le dégagisme n'est pas seulement le fait de la France insoumise !

 

L’irruption du vote Mélenchon qui s’est invité dans la cour des Grands, montre que les choses pourraient changer. Ses résultats témoignent d’une progression importante, il passe de 11,1 % en 2012 à 19,6 % en 2017.
Mais cela n’a pas été suffisant. C’est donc un échec relatif par rapport au but recherché : il n’a pas réussi à détourner, à son profit, comme il se le proposait, une nombre significatif d’électeurs de Marine Le Pen et il n’arrive pas au second tour. Au niveau européen, le premier résistant de gauche à la politique austéritaire n’a probablement pas atteint le seuil nécessaire pour faire des émules. Même si la France insoumise constitue avec Podemos en Espagne une des rares forces organisées d’opposition de gauche à la politique des États de l’Union.

 

Quant aux petits candidats, deux se distinguent : à droite, Nicolas Dupont-Aignant qui avec ses 4,75 % aide l’obstiné François Fillon à n’arriver qu’en troisième position ; à gauche, Benoît Hamon avec le soutien douteux, on pourrait dire négatif, de son parti et l’alliance de EELV obtient les plus mauvais résultats du PS depuis sa création et retrouve presque les résultats de Gaston Defferre à la présidentielle de 1969 (5%).


 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Pour le PS comme pour l’UMP, les lendemains du scrutin sont aussi douloureux avec des règlements de compte pour définir la ligne du parti et pour désigner les candidats aux élections législatives qui auront lieu dans quelques semaines.
Les résultats définitifs n’étaient pas encore annoncés que le procès en responsabilité de François Fillon était lancé. Par lui-même d’abord mais avec une autre tonalité que lors de la manifestation du Trocadéro. Ce n’était pas repentance absolution. Peut-être, repentance retraite ?  Aujourd’hui, les dents des jeunes loups qui avaient commencé à grincer au moment du doute, apparaissent sans fard.

Au PS, les choses ont commencé plus discrètement. Mais il est déjà question d’un nouveau congrès d’Épinay. Autour de qui ? Sur quelle ligne ? Il y a peu de chances que ce soit autour du candidat Benoît Hamon et de sa ligne. Alors, deux partis ? Un parti social-libéral et un parti social-écologiste ?

 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il ressort de ce scrutin une accentuation de clivage entre les villes et les campagnes qui votent plus à droite. Mais la droite a laissé échapper une présidence qui lui était largement promise après un quinquennat que François Hollande a avoué indéfendable devant ses électeurs mais il a, d’une certaine façon, repris la main en contribuant à l’élection de Emmanuel Macron qui va continuer sa politique.
La droite a été exclue de la course à la présidence mais l’ensemble des voix de droite et d’extrême droite est largement supérieure à celui des voix de gauche, sauf à considérer toutes les voix de Macron comme des voies de gauche ! (3)

 

La désignation des candidats pour les législatives est la prochaine tourmente. Ce sont les législatives qui donneront ou non, au président de la République, les moyens de gouverner. Rien n’est acquis. C’est, probablement, au FN qu’il y aura le moins de remous. Même s’il peut y avoir, au-delà des concurrences ou des sentiments personnels, des divergences entre ceux qui veulent faire cavalier seul et ceux qui pensent que, pour arriver au pouvoir, il faut des alliances et donc des compromis.

 

Par contre, il faut s’attendre à d’âpres combats pour les places dans toutes les autres familles politiques.
Juppéistes et sarkozystes sont déjà à la manœuvre mais l’élimination de François Fillon fait naître de grands espoirs chez les quinquagénaires.
Il est fort probable que le PS va se déchirer et que les apparatchiks vont tout faire pour éliminer les frondeurs.
En marche va bénéficier du dynamisme des résultats électoraux mais souffrir des ralliements hétéroclites de notables qui ne veulent pas rester sur la touche.
Il y a fort à parier que le nombre de candidats, avec ou sans investiture d’un parti ou mouvement, sera élevé, dans chaque circonscription.


 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il y a peu de chances qu’il en soit autrement parmi les soutiens de Jean-Luc Mélenchon.

Pourtant, il peut aussi bénéficier d’une certaine dynamique à la suite de ses résultats. Surtout dans les villes, ces résultats peuvent faire espérer une présence significative à l’Assemblée nationale, à condition qu’il y ait des candidats uniques dans chaque circonscription et que les déchirements ne soient pas les mêmes que dans les autres familles politiques.
Est-ce possible ? C’est nécessaire pour que les résultats de Jean-Luc Mélenchon à ce premier tour de la présidentielle ne soit pas le chant du cygne de la gauche.

On peut déjà regretter que Jean-Luc Mélenchon, au-delà de la déception de ne pas être présent au second tour, n’ait pas trouvé dans les résultats plus qu’honorables obtenus, la force, dés dimanche soir, de lancer un appel mobilisateur pour les législatives en continuation de la campagne présidentielle.

Les résultats de la présidentielle ne l’ont pas qualifié pour le second tour mais qualifient la France insoumise pour les troisième et quatrième tours et pour être la charpente de la gauche nouvelle, française d’abord et peut-être européenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 - http://pauloriol.over-blog.fr/2017/04/le-tsunami-de-la-presidentielle.html

 

2 - JDD 7h16, résultats quasi-définitifs, Emmanuel Macron 23,75%, Marine le Pen 21,53%, Fillon 19,91%, Mélenchon 19,64%, Hamon 6,35%. Nicolas Dupont-Aignan 4,75%, Jean Lassalle 1,22%, Philippe Poutou 1,10%, François Asselineau 0,92%, Nathalie Arthaud 0,65%, Jacques Cheminade 0,18%. Le taux d'abstention s'est élevé à 21,31%.

 

3 - Droite : Le Pen, 21,53, + Fillon 19,91 % + Dupont-Aignan 4,75 % +Lassalle 1,22 % + Asselineau 0,92 % + Cheminade 0,18 % : soit 48,51 %
Gauche : Mélenchon 19,64 % +Hamon 6,35 %, Pouto 1,1, Arthaud 0,45 : soit 27,74 %

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !
Repost 0
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 22:00
Europe : dernière issue ?

Europe : dernière issue ?

Les questions européennes ont rarement été aussi présentes dans une élection française, y compris pour le Parlement européen.
Depuis quelque temps, l’Union européenne (UE) est un sujet à chaque élection nationale dans les États membres. Toute élection est devenue un test, un référendum pour ou contre l’appartenance à l’UE.

C’était un murmure, cela devient un grondement tant le mécontentement monte devant la politique suivie par les gouvernements. Et leur persévérance à faire la sourde oreille ne peut qu’accentuer la tendance.
Malgré les résultats aux référendums et élections, ils croient régler le problème en ignorant la volonté populaire. Ils ont raison, à court terme.

Le référendum sur le projet de constitution européenne de 2005 est exemplaire. Ayant perdu le référendum, la nomenclature politique nationale, aidée par la médiatique, a réparé prestement les errements du suffrage universel. Aujourd’hui, 8 candidats sur 11 sont classés eurosceptiques. Deux sont dans le quatuor pouvant parvenir au second tour, d’après les sondages.

Europe : dernière issue ?

Partout, la grogne monte et s’exprime, le plus souvent, à travers un vote favorable à la droite ou à l’extrême droite, raciste ou xénophobe. Ce que démontre une étude sur les résultats de près de 250 élections nationales en 15 ans, depuis 2001, l'extrême droite gagne du terrain. Jusque dans la très vertueuse Scandinavie : en Suède, Parti des Démocrates à 13 % et les Vrais Finlandais à 18 % en 2014 (1).

Au Danemark, le Parti populaire, d'extrême droite, confirme en 2014 et 2015 sa progression. Arrivé en tête avec 26,6 % (4 sièges au lieu de 2), lors des élections européennes de 2014, il arrive en deuxième place, aux élections législatives de 2015, avec plus de 21 % des voix et 37 sièges (+15), devenant pour la première fois, la principale force politique du bloc des droites.

Les résultats des dernières élections en Europe témoignent de la distance entre l’opinion populaire et les gouvernants qui l’ignorent. L’aveuglement de Cameron au Royaume-Uni est démonstratif. Le référendum qu’il a, malicieusement, suscité l’a éliminé en juin 2016.

Lors de la dernière présidentielle, autrichienne, en décembre 2016, l’élection du candidat vert a été célébrée comme une grande victoire parce que le jeune (45 ans) candidat d’extrême droite (FPÖ) n’avait obtenu que 46,4 % des suffrages !

Aux Pays-Bas, en mars 2017, le parti pour la liberté, PVV, de Geert Wilders, n’a pas obtenu les résultats que la presse annonçait. Il a seulement progressé de 15 à 20 sièges, devenant le deuxième parti au Parlement. Le parti libéral, VVD, du premier ministre, Mark Rutte, a perdu 8 sièges (33 au lieu de 41) et son allié le PvDA, 29 sièges (9 au lieu de 38). Il passe de la deuxième à la septième place au Parlement !
Mais la peur a été si grande que la presse transforme en un succès cette humiliante défaite, les partis gouvernementaux chutent de 79 à 42 sièges !
Les autres bénéficiaires du scrutin sont des partis ne participant pas au gouvernement.

Les eurocrates sont satisfait. La majorité n’a pas encore basculé. Aucune raison de changer de politique…

Mais les angoisses reviennent : des élections auront lieu dans les mois qui viennent : présidentielle et législatives en France, régionales en Allemagne au Schleswig-Holstein et en Rhénanie-du-nord-Westphalie en mai, législatives au Royaume-Uni, en juin, législatives en septembre en Allemagne et en Tchéquie, en octobre. Toutes ces élections vont peser, de façon différente, sur l’avenir de l’UE.

 

Europe : dernière issue ?

Dans l’actuelle élection présidentielle en France, 4 candidats qui ont des lignes politiques différentes, recueilleraient, chacun, autour de 20 % des suffrages.
Emmanuel Macron, souverainiste européen, ancien ministre de l’Économie du président Hollande et François Fillon, partisan d’une Europe intergouvernementale, ancien premier ministre du président Sarkozy. Et deux candidats, classés, Europe-sceptiques, l’une de droite, Marine Le Pen, et l’autre de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Cette configuration à 4 candidats, ayant à peu près autant de chances d’arriver au second tour et d’être éventuellement élus, si l’on en croit les sondages, n’est pas banale. Les choses sont habituellement plus simples : un candidat de gauche, l’autre de droite ou un européiste, face à un Europe-sceptique.

Les favoris des chancelleries sont Emmanuel Macon et François Fillon. Tous deux favorables à la politique du pacte de Deauville de 2010, c’est à dire à l’application énergique des Traités notamment au point de vue budgétaire, déficit public inférieur à 3 %, convergence, harmonisation des fiscalités…
Avec des nuances dans la gouvernance de la zone euro qui pourrait nécessiter un nouveau traité : ministre de l’Économie et des Finances de la zone euro, sous le contrôle d’un parlement de la zone euro, constitué de parlementaires européens des différents États (E.Macron), tropisme positif pour l’énergie nucléaire civile et militaire, et pour la Russie (Fr.Fillon)… Mais avec patience et souplesse, et nos ministres n’en manquent pas, les problèmes pourraient se résoudre ou rester en l’état…

L’élection de Marine Le Pen poserait d’autres problèmes. Car son programme comporte la reconquête de la souveraineté notamment monétaire, avec le retour à une monnaie nationale tout en maintenant l’euro comme monnaie commune. Marine Le Pen veut mener à bien des négociations en 6 mois - il est prévu 2 ans pour le Brexit - suivi d’un référendum…
Cette séparation sur une base d’indépendance nationale est une éventualité à laquelle l’UE devrait s’être préparée car c’est la question qui est soulevée par le Brexit, et dans de nombreux pays. L’organisation européenne est riche en compromis de tous genres sur toutes les questions… sur toutes les exceptions…

La question posée par Jean-Luc Mélenchon n’est pas dans le même registre. Il ne veut pas sortir de l’UE. Il veut abolir ou, au moins, modifier la politique socio-économique, austéritaire de l’Union. Ce qui ne peut se faire sans modification des traités. Il n’avance la sortie de l’Union que comme menace, pour dire qu’il ne fera pas comme Alexis Tsypras ou François Hollande, qu’il ne cédera pas au premier froncement de sourcil…
Les cartes sont sur la table. Plan A, plan B ? En sachant que la sortie de la France, que ce soit pour des raisons nationalistes ou des désaccords sur la politique socio-économique, sonnerait la fin de l’UE telle qu’elle s’est construite jusqu’ici.Les termes de la négociation sont connus de tous. Il est évident que s’il y a négociation, cela veut dire que tout n’est pas à prendre ou à laisser. Que l’issue de la négociation dépendra du rapport de force qui s’établira au lendemain de l’élection. De la fermeté des négociateurs. Des alliés éventuels. De la mobilisation des opinions publiques dans les différents pays.
La Grèce a été bien seule dans son bras de fer avec la Troïka. Les gouvernements de l’UE n’ont pas bougé. Et les opinions publiques si peu. Il n’existe pas d’espace public européen. Pourrait-il apparaître à cette occasion ? Que le tout sera entériné par référendum.

Europe : dernière issue ?

L’arrivée de Mélenchon au second tour, ou son élection, sont peut-être moins dangereuses que l’élection de M. Macron ou de Fr. Fillon. Celle-ci risque d’encourager la nonchalance des gouvernements européens dans leurs certitudes avec, à terme, le risque d’explosion de l’UE dans des circonstances imprévisibles. Une explosion des nationalismes serait catastrophique.

Une négociation avec J-L. Mélenchon, soutenu par l’opinion publique et plusieurs gouvernements, pourrait aboutir à une évolution de l’esprit des traités et à des politiques qui mettraient l’UE sur une autre voie et amélioreraient la situation des plus défavorisés.

C'est peut-être la seule solution pour l'Union européenne de ne pas sombrer.

1 - http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/02/01003-20161202ARTFIG00108-que-pese-reellement-l-extreme-droite-en-europe.php

Europe : dernière issue ?
Repost 0
Published by Paul ORIOL
commenter cet article
16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 07:26

Second tour de la Présidentielle

06/05/17 : Avant hier, Trosky, Mao, Guevara, hier Mélenchon, non, imparfait, aujourd’hui, Macron, les intellectuels de gauche toujours sûrs d'eux-mêmes

01/05/17 : Pour concilier les amis de Fillon, Valls, Sarkozy, E. Macron pourrait prendre comme conseiller à la présidence F. Hollande le synthétiseur !

28/04/17 : Vote eurosceptique, vote utile ? Juncker veut promouvoir l'Europe sociale pour aider Macron au 2nd tour. Demain, on rase gratis !

28/04/17 : Juncker, 1er ministre, Luxembourg 1995-2013, président de l'Eurogroupe, 2005-13, Macron, banquier d'affaire, 2009-12, pour l'Europe sociale.

26/04/17 : Les politiques, PS/LR, coupables de la montée du FN, votent pour Macron. Faut-il voter pour/contre la cause ou pour/contre la conséquence ?

Touit 3 : Volée de Touits de la Présidentielle

Sont regroupés ici tous les Touits émis durant la campagne électorale de la présidentielle 2017.

21/04/17 : Face à Marine Le Pen, la trique, Emmanuel Macron, le fric et François Fillon, le fric, le frac, Jean-Luc Mélenchon, le bon choix !

 

20/04/17 : En Europe, les gouvernements ont peur. Les peuples regardent. Voter Mélenchon, c’est ouvrir une brèche dans la politique austéritaire !

20/04/17 : Voter Mélenchon pour l’Europe des peuples, y compris le peuple allemand, contre l’Europe austéritaire de Schäuble, Macron, Fillon...

20/04/17 : Choisir entre un candidat de la droite extrême, de l’extrême droite et de l’extrême centre ? Non merci, Mélenchon !

19/04/17 : Aux deux tours, vote agréable, utile, nécessaire ? Mélenchon, pour éliminer la droite, un financier et deux mis en examen !

19/04/17 : Voter Mélenchon au premier tour pour pouvoir voter Mélenchon au second ! Peut-être, envoyer deux candidats devant les juges. La joie !

19/04/17 : Hollande, champion de la synthèse, soutient Macron, champion du synthétique !

18/04/17 : Voter Mélenchon au premier tour, pour avoir un candidat de gauche au second.

18/04/07 :Hollande pour Macron : Est-ce la corde qui soutient le pendu ? Le baiser de Judas ? Le coup de pied de l’âne ? Le coup de grâce ?

17/04/17 : Le Pen est, dans les sondages, au dessus de 20%. Le quinquennat de Hollande n’y est pour rien. C’est la faute à Voltaire ou à Mélenchon !
 

17/04/17 : Hollande 2012 : un seul ennemi, la finance. 2017, un seul ami, le financier Macron ! Déçu par 2012-17 ? Votez Macron, vous ne le serez pas !

 

16/04/17 : François Hollande a trompé ses électeurs en 2012. En soutenant Macron, il passe aux aveux.

 

16/04/17 :Taillez un costard sur mesure à Fr. Fillon, cela lui fera plaisir. Il sera bien habillé pour se rendre à la convocation des juges.

 

15/04/17 : J’ai fait voter Guy Mollet. J’ai voté Mitterrand, Hollande. Dans les quelques années que j’ai à vivre, je ne voterai pas socialiste.

15/04/17 : Au premier tour, choisir Mélenchon (pour éliminer 2 candidats de droite). Au second tour, éliminer le troisième (pour choisir Mélenchon).

 

07/04/17 : Vive le roman national. Les profs font bien leur boulot. Fillon se prend pour Vercingetorix. Il ne connaît pas la fin. Vivement Alesia.

 

06/04/17 : Laurence Rossignol dit que Mélenchon ne veut pas gouverner. Pas avec elle et avec ses collègues. C'est pour cela que nous votons pour lui.

 

30/03/17 : Hamon est central.
Si Mélenchon le rejoint, les macroniens reviennent ? Ou les radicaux partent ?
Si Hamon rejoint Mélenchon qui partira ?

 

27/03/17 : Faut-il "expatrier" E.Macron dans "l'île" de la Guyane ? Ce serait plus facile pour apprendre la géographie que de réformer l'école et l'ENA

 

24/03/17 : Frère Fillon à confesse. Il a pris sa femme comme attachée parlementaire, a accepté des costumes d'un ami. Sera-t-il pardonné ? Vox populi...?

 

24/03/17 : François Fillon a rendu ses costumes qu'il a mis. Il devrait de rendre son tablier avant de le mettre !

15/03/17 : Fr. Fillon et Me Le Pen, même combat. Contre la justice. Séparés ? Unis ?

 

24/03/17 : François Fillon a rendu ses costumes qu'il a mis. Il devrait de rendre son tablier avant de le mettre !

14/03/17 :Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? Un gaulliste, catholique, social, peut l'être. Cela dépasse l'imagination !

14/03/17 : Fr. Fillon, mis en examen, élu président de la République, ne prendra pas comme ministre une personne mise en examen. Deux, c'est trop !

13/03/17 : Qui a dit ? «Si je suis président de la République, il n'y aura jamais de responsables politiques, de ministres qui soient mis en examen».

Repost 0
Published by Paul ORIOL
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 17:59
Le tsunami de la présidentielle

Le tsunami de la présidentielle


 

L'élection présidentielle n’a pas encore eu lieu. Elle est déjà un tsunami qui bouleverse le paysage politique. Notamment les partis dits de gouvernement. Et ce n'est pas fini...

L’autodestruction du Parti socialiste.

Ne tient pas seulement au manque de résultats de la politique suivie pendant son mandat par François Hollande.
La coïncidence de la durée des mandats, cinq ans, du président de la République et des députés, voulue par Lionel Jospin, a piégé François Hollande. Le septennat présidentiel lui aurait permis de continuer à présider comme François Mitterrand dans une cohabitation éventuelle de deux ans qui lui aurait, peut-être, permis de reconstituer sa popularité et de se présenter pour un nouveau mandat.

Son échec à faire reculer le chômage, notamment chez les jeunes, priorité affichée de son quinquennat, la faiblesse de sa cote de popularité dans les sondages et la pression d’ambitieux amis l’a conduit à ne pas se représenter.

Par un optimisme excessif, il a attendu le dernier moment pour prendre sa décision. Ce qu’avait fait François Mitterrand pour se débarrasser de ses concurrents éventuels et notamment de Michel Rocard. Mais, appliquant la même tactique, se prononcer le plus tard possible mais en renonçant, il a contribué à retarder, exagérément, la primaire du parti socialiste et de ses alliés. Il a empêché une préparation sérieuse, au niveau équipe, programme, matériel... des candidats à sa succession.
C’est particulièrement visible dans l’impréparation de Benoît Hamon qui est obligé d’ajuster, en quelques semaines, son programme après des annonces
flamboyantes mais insuffisamment élaborées.
Jean-Luc Mélenchon ayant annoncé, très tôt, sa candidature a eu plus d’un an pour élaborer, collectivement, son programme et les moyens de sa ca
mpagne.

Lors de la tardive primaire du PS et de ses alliés, Manuel Valls, premier ministre qui se croyait le prétendant légitime à la charge présidentielle, a suivi son président dans le désamour populaire. Et subi un cuisant échec.
Dans une primaire
réservée aux adhérents socialistes, François Hollande et Manuel Valls avaient une chance, si on en croit les sondages. La primaire étant ouverte, de nombreux électeurs de gauche de 2012 déçus par François Hollande et son influent premier ministre se sont déplacés pour éliminer Manuel Valls même s’ils pensaient ne pas voter pour le vainqueur de cette primaire, lors du scrutin présidentiel.

Au delà des promesses et des serments d’ivresse préélectorale, il est évident que l’opposition de Benoît Hamon au gouvernement ne pouvait qu’entraîner une opposition de nombreux ministres à sa candidature. Face à l’indiscipline partidaire de Benoît Hamon, dans son soutien au gouvernement Valls et à ses critiques, l’indiscipline dans le soutien et la critique de nombreux ministres à sa candidature n’a rien d’étonnant. Ils pouvaient difficilement se flageller par Benoît Hamon interposé !

Ainsi, Benoît Hamon se trouve abandonné sur sa droite par ceux auxquels il s’est opposé quand ils étaient au gouvernement et, sur sa gauche, par ceux qui l’ont soutenu, seulement pour éliminer Manuel Valls.

Il ne fait pas de doute que cette primaire, éliminatoire pour le président de la République, pour l’ancien premier ministre et autres anciens ministres, fera l’objet de nombreuses réflexions au PS maintenu quel qu’il soit. Après son adoption triomphale en 2012 et sa nouvelle édition moins glorieuse en 2017, il n’est pas sûr qu’une primaire du même type soit organisée en 2022…

Les résultats de cette primaire ont touché, par ricochet, Jean-Luc Mélenchon. Il pensait avoir comme adversaire François Hollande ou Manuel Valls. La désignation de Benoît Hamon, par le tout sauf Manuel Valls, avec la participation de certains de ses partisans, a perturbé sa campagne et lui a fait perdre, probablement, quelques points.
 


 

 

Le tsunami de la présidentielle

La droite dans la tourmente

Après le succès de la primaire socialiste de 2012, la droite a repris la méthode. Là encore avec des résultats inattendus. D’abord l’élimination dès le premier tour de de l’ancien président de la République et de quelques anciens ministres. Avec l‘aide de certains électeurs de gauche qui ont apporté leur bulletin à Alain Juppé et leur obole à François Fillon. Décidément, le billard politique est un art difficile.

Mais l’histoire n’était pas terminée et, au second tour, un ancien premier ministre, déjà condamné par la justice mais favori de de la gauche, du centre et du tout politique était sèchement éliminé par le sévère, sérieux, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, soutenu par la droite catholique.
Finalement un honnête notable, mis en examen, aux multiples déclarations contradictoires et inexactes, est proposé pour succéder à un mis en examen qui avait choqué la bonne société par son coté clinquant. Pour conduire, sans états d’âme, une politique vraiment de droite.

Avec quelques troubles parmi ses soutiens. Mais par sa repentance toute chrétienne et sa persévérance toute diabolique, François Fillon a su retourner la situation. S’il n’a pas devant lui l’avenue vers l’Élysée, largement ouverte, qui lui était promise, il reste toujours dans la course. Il a réussi à être le candidat, mal aimé peut-être, d’une droite dure.
Quel que soit le résultat de l’élection, l’aventure Fillon, les aventures Fillon, pèseront sur l’avenir de la droite.

Le tsunami de la présidentielle

D’autres changements s’installent dans le paysage politique.

Les commentateurs ont répété, pendant des années, que le système électoral français, notamment le scrutin uninominal à deux tours pour la présidentielle et les législatives, structurait les échéances électorales et bloquait l’émergence de tout autre offre politique.

Pourtant, dans les autres démocraties occidentales, quel que soit le mode de scrutin, avec ou sans élection présidentielle, la situation est peu différente : travaillistes/conservateurs au Royaume-Uni, CDU-CSU/SPD en Allemagne, Démocrates/Républicains aux États-Unis...

Paradoxalement, il y a quelque temps que la France, échappant à ce schéma, est passé du bipartisme au tripartisme PS, LR et… FN. Sauf à reprendre le discours du FN, UMPS/FN. Ce qui serait plus applicable à l’Allemagne avec une Grande coalition, CDU-SPD qui n’a pas, encore favorisé l’émergence d’une troisième force crédible, ni libérale, ni verte, ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche.

Enfin, qui peut dire aujourd’hui quelle configuration va s’installer en France avec l’apparition, en plus des FN, LR et PS, de En-Marche et de la France insoumise ?

Tout ne dépend pas seulement de l’élection présidentielle qui va désigner deux concurrents à l’issue du premier tour et un seul président. Mais aussi des élections législatives qui vont renouveler très fortement la composition de l’Assemblée nationale. Avec une importante dispersion des candidatures, au risque d’une assemblée sans majorité.
Dispersion de la droite et du centre, dispersion
des PS, dispersion de Gauche de Gauche, inconnu d’En-Marche.

Ce renouvellement du personnel politique lors des législatives sera accentué par les effets de la loi sur le non cumul des mandats. De nombreux députés-maires choisiront de conserver leur mandat local en sacrifiant un mandat de député devenu incertain pour beaucoup de sortants.

 

 

Le tsunami de la présidentielle

Pour terminer sur une note optimiste, on peut espérer qu’il en sortira un rajeunissement et une féminisation de l’Assemblée nationale. Avec un degré d’optimisme supplémentaire, des parlementaires qui, connaissant la législation anti-corruption et sentant la diligence des juges seront plus scrupuleux dans l’utilisation des deniers de l’impôt.
Pour cela, les électeurs ont un rôle à jouer : sanctionner les candidats mis en examen.
Ce serait un tsunami dans le tsunami !

Le tsunami de la présidentielle
Repost 0
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 21:06
Faucheurs de chaises contre BNP

 

Florent Compain, président des Amis de la Terre France, est poursuivi en justice, à Bar-le-Duc, par la BNP Paribas pour avoir participé à une réquisition citoyenne de chaises dans une agence de la banque en novembre 2015.
À l’occasion de ce second procès d’un Faucheur de chaises, un rassemblement public devant le siège national de la BNP Paribas à Paris a été organisé. Pour rappeler que c’est BNP Paribas, non les Faucheurs de chaises, qui devrait être sur le banc des accusés pour son rôle dans l’évasion fiscale et le financement de projets climaticides.

Lors du Sommet citoyen pour le climat, Alternatiba et la Coalition Climat 21, ont réuni sur la place publique, à Montreuil (93), les 196 chaises « réquisitionnées » dans des succursales de banques en France, Belgique, Suisse. Sur ces chaise avaient pris place 196 personnes de la société civile, venant des 5 continents et engagées dans les luttes pour « changer le système, non le climat ».
Depuis, ces 196 chaises ont été restituées, devant le Palais de justice, à Paris, lors du procès de Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale et blanchiment.

Faucheurs de chaises contre BNP

Aujourd'hui, à l'occasion du procès de Florent Compain, à Bar le Duc, les Faucheurs de chaise ont voulu rappeler que réquisitionner ces chaise, à visage découvert et sans violence, était un acte citoyen, transparent, nécessaire.
Tandis que les milliards sont détournés, discrètement, vers les paradis fiscaux par les grandes banques dont le première banque de France, la BNP.
L'évasion fiscale s'élèverait en France à 60-80 milliards d'euros.
Ce ne sont pas les faucheurs de chaise qu'il faut poursuivre mais la BNP. Pour ses activités dans les paradis fiscaux.

Faucheurs de chaises contre BNP

Une première victoire a été obtenue : la BNP Paribas a mis fin à ses soutiens directs à de nouveaux projets charbon mais elle continue ses activités de financement et d’investissement dans les énergies fossiles qui contribuent aux perturbations climatiques. En opposition à ses promesses et à ses engagements dans le cadre de la COP 21! La BNP cherche aussi à financer d’autres projets comme le terminal d’exportation de gaz de schiste Texas LNG, aux États-Unis, alors que les gaz de schiste sont interdits en France !
Les choix de la BNP Paribas aggravent la crise climatique.

L’argent qui est aujourd’hui dissimulé dans les paradis fiscaux et qui sert à financer les entreprises les plus polluantes doit être réorienté, de façon urgente, vers une transition écologique et sociale qui permette de relever le défi climatique.
 

 

Faucheurs de chaises contre BNP

Ce ne sont pas les Faucheurs de chaises, les lanceurs d’alerte ou les militants écologistes qu’il faut poursuivre mais les puissantes multinationales qui organisent le système de l’évasion fiscale, la destruction de l’environnement et des conditions de vie des populations partout dans le monde.
C’est la BNP Paribas qu’il faut mettre sur le banc des accusés !

Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNPFaucheurs de chaises contre BNPFaucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche