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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 23:18

 

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Cannes* 2014 : un bon cru

 

 

 

Plus de 120 longs métrages sont proposés au Festivalier moyen. Nous en avons vu 28 plus une série de courts métrages sous le titre « Les ponts de Sarajevo ». Bien entendu, tous les films présentés ne peuvent être vus, faute de temps. Le choix est fait en fonction des horaires, de l'affluence, des informations publiées dans la presse du festival, disponible ou distribuée gratuitement, des rumeurs qui circulent dans les queues…

Quoi qu'il en soit, même si nous n'avons pas pu tout voir, nous avons vu de très bon films notamment dans les sélections « un certain regard » ou « la quinzaine des réalisateurs**»..

 

Notre palmarès : notessur 20 avec parfois un bref commentaire.

 

18 Timbuktu de Abderrahmane Sissako, 1h42, Compétition. Tombouctou sous la coupe des djihadistes : les jeux de ballon, la musique sont interdits, les femmes doivent être voilées et couvrir leurs bras... La population résiste... Une famille vit sous la tente, en marge de la ville... L'homme tue un pêcheur pour une histoire de vache et de filets rompus... Quelques scènes terribles (flagellation, lapidation), d'anthologie (match de foot sans ballon)…
Très étonnés que ce film n'ait eu aucune récompense. Mais nous n'avons pas vu la plupart des films en compétition. Peut-être répond-il trop à l’attente des spectateurs occidentaux avec de très belles images, gazelles, chameaux, dunes…

 

18 Fehèr Isten (White God) de Kornèle Mundruczo, 1h59, Un certain regard. Film partant d'une loi existant depuis longtemps en Hongrie suivant laquelle doivent être éliminés les chiens « bâtards ». Scénario original qui n'est pas complètement innocent.

Une fillette va être séparée de son chien qui n'est pas de « race hongroise » et donc condamné. Il va être dressé au combat, s'enfuit, devient errant, est mis en fourrière dont il s’échappe avec tous ses congénères, terrorisant la ville…

 

17 National Gallery de Frederick Wiseman, 2h53, Quinzaine des réalisateurs. Documentaire absolument remarquable sur l’accueil du public au musée, la restauration des tableaux, leur mise en valeur, leur interprétation...

 

17 Kaguya-Hime no monogatari (Le conte de la princesse Kaguyja) de Isao Takahata. Quinzaine des réalisateurs. Magnifique film d'animation d'après une très ancienne légende japonaise.

 

16 Run de Philippe Lacôte, 1h40, Un certain regard. Après avoir été disciple du « faiseur de pluie », bateleur sur la place publique pour Gladys, la mangeuse de riz, « jeune patriote », Run (parce qu'il s'enfuit toujours) va tuer le Premier ministre de Côte d'Ivoire... Moins immédiatement lisible que Timbuktu.

 

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Philippe Lacôte

 

 

 

16 Les violons du bal de Michel Drach, 1974, 1h44, Classics. En présence de Marie-José Nat.

 

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15 Les croix de bois de Raymond Bernard, 1931, 1h55, Classics. D'après Dorgelès, avec Charles Vanel. Reconstitution d'un épisode dramatique de la Première guerre mondiale. 

 


 

15 Turist – Force majeure de Ruben Östlund, 1h40, Un certain regard. Prix du Jury. Une famille suédoise aux Arcs pour faire du ski. Une avalanche provoquée menace le chalet. Tout le monde s'affole. Le père s'enfuit, la mère reste avec les enfants... Les retrouvailles sont difficiles.

 


Ruben Östlund et son équipe


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15 Dohee Ya (Une fille à la porte) de July Jung, 1h59, Un certain regard. En Corée, une

jeune policière est sanctionnée par une mutation dans une petite localité, suite à une aventure homosexuelle... Dans sa nouvelle affectation, elle protège une fillette battue par un père qui exploite des travailleurs sans papiers et une grand-mère alcooliques. Elle va la prendre sous sa protection..

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July Jung,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 Le Challat de Tunisde Kaouther Ben Hania, 1h30, ACID : enquête cinématographique sur un fait divers : un homme à moto balafre les fesses des femmes dans la rue. La cinéaste mène l'enquête, cherche dans les archives... La femme dans la société tunisienne.

 

14 Gett, le procès de Viviane Amsalem de Ronit et Shlomi Elkabetz, 1h55, Quinzaine des réalisateurs. En fonction de la loi rabbinique, le divorce n'est possible qu'avec le consentement du mari. Un procès qui va durer 5 ans pour pouvoir divorcer et être répudiée...

 

14 P'tit Quinquin de Bruno Dumont, 3h20, Quinzaine des réalisateurs. Dans un village du nord, des jeunes menés par P'tit Quinquin font les 100 (petits) coups. Une suite de disparitions plus ou moins burlesques... une femme sans tête retrouvée dans le ventred'une vache... Le Commandant de gendarmerie, surnommé Brouillard, mène l'enquête. Tout est clair.

 

14 Jimmy's Hall de Ken Loach, 1h46, Compétition. Jimmy, commmuniste, revient des États-Unis et va remettre en marche la salle de bal et d'éducation populaire du village. L'opposition du clergé et des propriétaires terriens vont le contraindre à un nouvel exil. Film sans scène érotique, sans meurtre et... sans pluie en Irlande. Rare, très rare.

 

12 Bird People de Pascale Ferran, 2h08, Un certain regard. Un cadre étasunien de passage à Paris décide de tout arrêter, son ménage, sa carrière... Une étudiante travaille comme femme de chambre dans l'hôtel... Un moineau… et de belles photos de Roissy.

 

12 Refugiado, de Diego Kerman, 1h35, Quinzaine des réalisateurs. Une femme enceinte avec un enfant fuit un mari violent et finit pas se réfugier chez sa mère...

 

12 Titli de Kanu Behl, 2h04, Un certain regard. Une fratrie indienne vit d'expédients, vole des voitures en tuant le chauffeur... les familles s'entendent pour marier le plus jeune a une jeune femme qui a un riche amant... Le couple finira par se trouver...

 

 

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12Charlies'Country de Rolf De Heer, 1h48, Un certain regard. Charlie, bien vu de tout le monde, est un aborigène, vit d'allocation, a dansé devant la reine d'Angleterre, aide ses amis interdits d’alcool à s'en procurer... Il finira par rentrer au village pour apprendre aux enfants à danser, peut-être un jour devant la Reine. Prix d’interprétation à David Gulpilil (Charlie).

 

11 La chambre bleue de Mathieu Amalric, 1h16, Un certain regard, d'après un livre de Simenon.

 

10 Next Goal Wins/Une équipe de rêve de Mike Brett et Steve Jamison, 1h30. Marché du film. Grâce à un entraineur néerlandais, l'équipe de foot de Samoa américaine dont un(e) transgenre, bien intégré(e) à l'équipe,va marquer le premier but de son histoire...

 

10 Cold in july de Jim Mickle, 1h49, Quinzaine des réalisateurs. Réveillé dans la nuit, un Texan tue en « légitime défense » et est entraîné dans une histoire sordide de trafic de drogue, de crime sadique par le FBI…

 

9 These final hours de Zak Hilditch 1h26, Quinzaine des réalisateurs. La fin du monde annoncée, le désordre s'installe... tout s'exacerbe, suicides, sexe, drogue... Le héros quitte son épouse pour rejoindre sa maîtresse... et finira par revenir vers sa femme.

 

9 Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy, 2h10, Semaine de la critique****. Film ukrainien. Grand Prix Nespresso, Prix Révélation France 4 et Aide Fondation Gan pour la diffusion. La vie dans une institution de sourds-muets, échanges en langage des signes, pas une parole. Bizutage, sorties nocturnes pour détrousser et massacrer des passants, prostituer de jeunes femmes condisciples...
Intérêt du film inventer une narration cinématographique sans parole, par exemple, pas de champ contre-champ...

 

8 Le jour se lève de Marcel Carné, 1939, Classics, 1h31. Prévert, Jean Gabin, Arlety. A beaucoup vieilli.

 

8 Piu buio di mezzanotte de Sebastiano Rizo, 1h34, Semaine de la critique.

 

8 Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur, 1h 33, Quinzaine des réalisateurs.

 

8 Incompresa de Asia Argento, 1h50, Un certain regard. Loin de l'Incompris de Comencini.

 

7 Amour fou de Jessica Hausner, 1h36, Un certain regard. Un poète cherche l'amour d'une femme qui accepterait de se suicider avec lui. Film en costume d'époque, atmosphère de fin du XIXè siècle

 

5 Les Ponts de Sarajevo, 13 courts métrages d'auteurs différents.

 

5 New Territories de Fabianny Deschamps, 1h28, Acid

 

CANNES 2014

 

Films projetés une ou plusieurs fois pendant le Festival dans les différentes sélections.
En Compétition : 19, Hors compétition : 17, Un certain regard : 21, Cannes classics : 21, Courts métrages  : 26, Cinéma de la plage : 10, Quinzaine : 25 + 11 CM, Semaine de la critique : 11 + 2 séances de CM, Acid : 8

Thierry Frémaux a déclaré avoir visionné 1 800 films pour faire la sélection !

 

Le Marché du film 2014

 

Avec 12 000 participants enregistrés au Marché, le rendez-vous cannois poursuit une expansion continue et renforce sa place d'incontournable. Sur ce nombre d'accrédités, 29 % étaient des producteurs, 21 % des distributeurs, 11 % des vendeurs, 4 % des acteurs de l'univers de la VàD (Vidéo à la demande) et des nouveaux. Au total, 1 900 acheteurs avaient répondu à l'appel pour acquérir films et projets. Un catalogue global de 5 200 titres dont 3 100 déjà disponibles, 810 documentaires et 144 films en 3D. 44 % des œuvres viennent d'Europe, 18 % des États-Unis et 18 % de France. Parmi les 1 450 projections organisées dans 37 salles, 79 % des titres accessibles étaient des premières internationales…

Avec 117 pays participants cette année contre 109 en 2013, le Marché continue de tisser sa toile… Le film français 21/05/14

 

Le Festivalier

 

Le Festivalier moyen doit s'armer de patience pour faire la queue qui ne permet pas toujours d'entrer dans la salle, s'équiper de bonnes chaussures, pour aller d'une salle à l'autre, ne pas trop craindre le soleil ou la pluie qui fait surgir des marchands de parapluies, tout aussi prêts à vendre des chapeaux dés que le soleil reparaît…

 

Mais l'attente dans la queue, le voisinage au café ou au restaurant, permettent des échanges avec des personnes de professions, de nationalités diverses. Cette année, nous avons été amenés à discuter avec des Suisses, des Allemands, des Libanais, des Italiens, un Étasunien de Nord Caroline… En français mais aussi, pour Anne en anglais, allemand ou italien et même par signes avec des sourds muets… qui, malheureusement, n'avaient pas encore vu « Tribe ».

Ces moments d'attente sont l'occasion d'échanges d'informations sur les films vus par les uns et les autres, sur les moyens de logement, les restaurants. D'informer les nouveaux sur les différentes salles de projection, où et comment se procurer des invitations…

 

Les motivations des festivaliers peuvent être très différentes. Il y a ceux qui viennent pour voir les stars monter les marches, simple curieux avec un petit appareil ou photographes semi professionnels publiant leurs photos... Ceux qui viennent passer le week-end et aimeraient bien voir des films mais ne savent pas que c'est possible même sans accréditation. Ceux qui se placent devant le Palais du festival en demandant aux plus favorisés s'ils n'ont pas une invitation en trop. Ceux qui sont étudiants ou professionnels du cinéma, ceux qui vont monter un ciné club, ceux qui dirigent un festival dans un région de France ou en Italie. Ceux qui ont des badges parce qu'ils sont animateurs culturels, étudiants, professionnels du spectacle ou amis de…

 

 

 

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Le Festivalier moyen épuisé....

 

 

* Articles sur les précédents Festivals de Cannes 2012, 2011, 2010

** Les films de la Quinzaine des réalisateurs seront présentés au Forum des images à Paris à partir du mercredi 28 mai au 7 juin 2014.

*** Les films de "un certain regard" sont programmés au "reflet MEDICIS" du 28 mai au 3 jiuin 2014

**** Les films de la Semaine de la critique sont visibles à la Cinémathèque à Paris

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 07:36

 

Union européenne : s'emparer du possible !

 

L'Union européenne (UE) boite des deux jambes sur les peuples : manque de démocratie d'une part, ultralibéralisme de l'autre. Les citoyens européens peuvent, peut-être, profiter d'une porte entrouverte pour faire évoluer les choses vers plus de démocratie et contester l'ultralibéralisme.

Des trois institutions - Conseil européen, Commission européenne (CE), Parlement européen (PE) - qui gèrent actuellement l'UE, aucune n'était élue par les peuples jusqu'en 1979. Depuis cette date, le PE, l'institution qui a le moins de pouvoir, est élu au suffrage universel. Et depuis cette date, ses pouvoirs augmentent, même si c'est à pas comptés.

A l'occasion de la présente élection européenne, une nouvelle avancée est possible. Non certaine.

 

L'élection des députés européens et le futur président de la Commission
Depuis le traité de Lisbonne, adopté de manière aussi contestable que l'est son contenu en général, le PE a un nouveau pouvoir. L'article 17 du traité de l'UE (article 9 du Traité de Lisbonne) stipule : « en tenant compte des élections au Parlement européen, et après avoir procédé aux consultations appropriées, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission. Ce candidat est élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent. Si ce candidat ne recueille pas la majorité, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose, dans un délai d'un mois, un nouveau candidat, qui est élu par le Parlement européen selon la même procédure. »

 

Le texte énonce que le Conseil européen doit tenir compte du résultat des élections et le PE peut élire ou non le candidat choisi par le Conseil. Par une véritable tentative de putsch démocratique, les principaux partis européens veulent obliger le Conseil européen à désigner le candidat qu'eux mêmes ont soumis à l'approbation des peuples à travers l'élection du PE. Suivant le parti vainqueur de l'élection : Martin Schulz, actuel président allemand du PE, pour le Parti socialiste européen (PSE) ; Alexis Tsipras, leader grec du mouvement Syriza, pour le Parti de la gauche européenne ; José Bové, Français, et Ska Keller, Allemande, pour Europe-Ecologie-Les Verts ; Guy Verhofstadtle, Belge, pour l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) ; Jean-Claude Juncker, Luxembourgeois, ancien Président de l'Eurogroupe, pour le parti populaire européen (PPE).

 

Angela Merckel, comme d'autres chefs d’État ou de gouvernement mais avec un pouvoir certain, n'est pas favorable à cette interprétation du traité fortement suggérée par les partis européens. Prudente cependant, elle a pesé pour le choix de Claude Juncker contre Michel Barnier comme candidat du PPE...
Dans Le Monde, François Hollande appuie, nettement, les parlementaires européens : « Pour la première fois, les électeurs, par leur vote, désigneront le futur président de la CE ». Il a cependant été moins précis en présence d'Angela Merckel : « le vote des Européens doit être respecté... Une élection au parlement européen doit avoir des conséquences, si nous appelons au vote, c'est bien pour qu'il soit respecté dans ses résultats ».

 

Comme le dit Alain Lamassoure, le mode de désignation dépendra fortement du résultat des élections. Si l'un ou l'autre des partis, PPE ou PSE probablement, obtient une majorité absolue au PE, il sera difficile au Conseil européen de ne pas désigner le candidat choisi par le parti vainqueur. En cas de majorité relative, on entrera dans le jeu habituel des négociations en régime parlementaire et le Conseil aura plus de latitude pour désigner son candidat. Prudemment, Angela Merckel et François Hollande ont annoncé qu'il faudrait du temps au Conseil et au PE pour désigner le président qui devrait prendre fonction le 1er novembre 2014.

 

Si une majorité nette ne sort pas de l'élection européenne, Angela Merckel pourra sortir sa supposée candidate, Christine Lagarde, de sa manche et Guy Verhofstadt jouer un rôle décisif pour constituer une majorité absolue par l'apport des voix des libéraux-démocrates.

Quoi qu'il en soit, le candidat désigné par le Conseil européen devra se présenter devant le PE et recueillir une majorité absolue. A défaut, le Conseil aura un délai d'un mois pour présenter un nouveau candidat.
Le PE votera aussi son mot à dire sur les commissaires européens proposés par le nouveau président de la Commission.


Le résultat de ces élections européennes est donc particulièrement important.
Si la participation électorale est plus importante que lors des élections précédentes, cela montrera que les citoyens s’intéressent davantage aux élections européennes lorsqu'ils pensent qu'il existe un certain enjeu.
La volonté des parlementaires de s’affranchir du Conseil européen dans la désignation du président de la CE en sera renforcée d’autant ainsi que les chances du candidat présenté par le parti majoritaire au PE.

 

Il faut espérer que Conseil et PE ne décevront pas, une fois de plus, les citoyens et qu'ils ne bloqueront pas cette évolution des institutions européennes vers une démocratie de type parlementaire.
Ce n'est peut-être pas LA démocratie mais c'est un pas vers plus de démocratie. Il serait dommage que les citoyens de l'Union ne profitent pas de l'occasion.

 

L'initiative citoyenne européenne (ICE)

Le traité de Lisbonne a prévu une modalité d'interpellation de la CE, l'ICE, instituée par l'article 11 du traité de l'UE, qui est applicable depuis le 1er avril 2012.

 

Par l'ICE, 1 million de citoyens européens, provenant au moins d'un quart des États de l'UE (donc 7 États au moins) peuvent demander à la Commission de faire des propositions dans des domaines qui relèvent de sa compétence. Cependant, la CE n'a aucune obligation de réponse et peut faire la sourde oreille.
Pour pouvoir lancer l'ICE, un comité des citoyens, composé d'au moins sept citoyens résidant dans au moins sept États différents de l'UE, doit être constitué. Une fois enregistrée, l'initiative citoyenne européenne doit recueillir au moins un million de signatures dans l'année suivant la confirmation de l'enregistrement de la proposition par la Commission. Cette collecte des signatures peur être faite sur papier et/ou par voie électronique.

Le nombre minimum de signatures par État est calculé en multipliant son nombre de députés au PE par 750 (ce nombre varie donc de 4 500 signatures à Malte à 74 250 signatures en Allemagne, 55 500 pour la France).

 

Depuis 5 ans maintenant, l'UE subit la crise et certains pays de façon plus brutale. Cette crise est aggravée par une politique imposée de façon peu démocratique notamment par la troïka (Fond monétaire international, Banque centrale européenne, Commission européenne). Mais les critiques de cette politique sont de plus en plus nombreuses venant de la société civile, manifestations, montée de l'euroscepticisme, opposition des syndicats européens, prise de position de nombreux économistes dont plusieurs prix Nobel d'économie et même autocritique de certaines institutions : le FMI a fait entendre, à plusieurs reprises, sa différence.

Tout ceci n'a pas amené la CE, c'est à dire les gouvernements de l'UE, à modifier d'un iota son orientation politique. D'où l'intérêt de l'ICE un New Deal pour l'Europe, « Pour un plan européen extraordinaire de développement durable et de création d'emplois ».

 

Cette ICE part du constat que la politique suivie est un échec douloureux pour les peuples, chômage, baisse des salaires, de la protection sociale... sans venir à bout de l'endettement dont c'était un des buts. Que la poursuite d'une telle politique devient dangereuse pour la cohésion sociale et l'avenir même de l'Union européenne et peut conduire à son éclatement.


Une politique de relance économique est chaque jour plus nécessaire et qui ne peut connaître le succès que si elle est conduite au niveau européen. D'où l'idée d'un plan européen extraordinaire pour relancer la recherche et l’innovation, les énergies renouvelables, les réseaux d’infrastructure, l’agriculture écologique pour défendre la biodiversité et une nourriture de qualité, un Fond Européen de solidarité pour aider les personnes au chômage à retrouver un emploi... Ce plan qui pourrait relancer l'emploi, serait financé par des ressources propres de l’UE, taxe sur les transactions financières, taxe carbone... qui pourraient éventuellement alléger la part des contributions nationales au budget de l'UE.

 

De nombreux citoyens rendent responsable l'UE de mesures qui ont été décidées discrètement par le Conseil européen, c'est à dire par des gouvernements qui refusent de les assumer publiquement. Participer à l'élection du PE, c'est renforcer la seule institution de l'UE élue directement et dont les débats et les votes publics permettraient de donner plus de transparence aux prises de décision.

Interpeller la CE pour une politique de relance, permet aux peuples de prendre l'initiative et de contester la politique suivie jusque là. Même si la CE n'est pas, formellement, obligée de répondre concrètement à une ICE, il n'en demeure pas moins que sa réussite viendrait l'ajouter à tous ceux qui contestent la politique économique actuelle. Et plus le nombre de pétitionnaires sera important, plus il sera difficile à la CE de faire semblant de ne pas entendre.

 

Bien entendu le succès n'est assuré ni au niveau de l'élection du PE et du président de la CE, ni au niveau de l'ICE mais il n'est pas possible de continuer ainsi. De se contenter de protestations verbales. De se replier chacun dans son coin. Seul un important mouvement citoyen peut changer le cours des choses. Deux occasions nous sont ouvertes pour ouvrir une brèche. Ne rien faire serait une faute politique.

 

 

NB : D'autres ICE ont déjà collecté plus d'un million de signatures et attendent la réponse de la Commission comme Right to Water, pour un droit à l'eau et à l'assainissement. D'autres sont en cours de collecte de signatures.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 20:09

 

Albert Camus : De « L'Etranger » au « Choc des civilisations »



Les créations d'Albert Camus s'étalent sur trois décennies, on pourrait même dire, pour l'essentiel, sur une décennie. Camus a parlé, dans ses Carnets, de « trois cycles » : absurde, révolte, amour. Ces cycles coexistent, dans sa tête, même s'ils n'apparaissent pas avec la même intensité au même moment dans l’œuvre et la vie d'Albert Camus.

 


Tout d'abord, l'absurde, avec l'inégalable Étranger (1942). Dans ce livre, Camus porte à l'extrême l'opposition entre l'insignifiance de l'homme, son inéluctable destin, malgré sa volonté de vivre, et la toute puissance du monde qui l'ignore totalement. Rien n'a de sens, rien n’existe en dehors de ce qu'on peut voir, sentir toucher dans l'instant. Et rien n'est plus absurde que la condamnation à mort d'un homme déjà condamné par nature.


Cette platitude, cette banalité, cet insensé du monde humain, ouvre la porte à une humanité sans morale. Ce qui permet à Mersault, après Zagreus, dans La Mort heureuse (écrit en 1936-38), de tout s'autoriser y compris le meurtre pour s'assurer la possibilité d'un bonheur immédiat. Sans remords, sans regret.

Ce sont les mêmes sentiments qui animent Martha, formée par sa mère à la liberté de tout faire, dans Le Malentendu (1944). Toutes deux vont s'engager dans l'assassinat des (in)fortunés voyageurs esseulés pour réaliser leur rêve.


Déjà, dans ce cycle absurde, un grincement est perceptible. Dans La mort heureuse et L’Étranger, l'auteur exalte la puissance de la lumière et de la mer, les odeurs et les couleurs, la beauté du monde, présent, et des femmes...

Le héros de La Mort heureuse commet un meurtre volontaire, crapuleux pour pouvoir profiter pleinement, fortune obtenue, de la beauté du monde et du bonheur. Dans L’Étranger, le meurtrier n'est que l'instrument et la victime de la puissance solaire qui l’entraîne dans un assassinat sans raison, insensé, dont il ne tirera aucun avantage et qui le conduira à l'échafaud.


L'héroïne du Malentendu veut fuir le monde gris qu'elle connaît et déteste, fait de pluie et de tristesse, où sa jeunesse s'étiole. Pour cela, elle se lance, avec l'accord et l'aide de sa mère, dans une série d'assassinats qui vont leur donner les moyens financiers de découvrir un monde rêvé, nouveau, exotique, éclatant de soleil. Martha, contrairement aux héros précédents, a conscience du bien et du mal et l'assume. Elle excuse même la mort qu'elle donne, plus douce que d'autres.

 
Dans Le Malentendu, tous les personnages expriment une forme d'amour que Mersault et Meursault refusent absolument : amour réciproque et proclamé de Maria et de Jan, amour avoué de Martha pour sa mère. Mais la faille qui va entraîner la perte de LA MERE, sans nom,est la découverte tardive d'une certitude supérieure à toutes les autres : l'amour encore, amour inaltérable d'une mère pour son fils, encore plus que pour sa fille, qui va la conduire à rejoindre un fils, inconsciemment assassiné. Ce que Martha ne supportera pas.


La certitude du non-sens du monde percute une autre certitude : la certitude de l'amour, la nécessité, pour l'homme, de se révolter contre ce destin injuste qui lui est fait, de ne pas accepter ou ajouter l'injustice des hommes à celle du monde.

 


L'engagement de Camus dans le parti communiste en Algérie, aux cotés des Républicains espagnols, dans la Résistance, contre la misère, la dictature, l'occupation est en cohérence avec cette nécessaire révolte. Mais ces engagements ont lieu quand Camus est dans son cycle créateur de l'absurde, L'Homme révolté ne paraît qu'en 1949.


L'homme peut être amené à tuer. Mais les causes les plus nobles ne justifient pas de tuer n'importe où, n'importe qui, n'importe comment. C'est ce que montrent, notamment, Lettres à un ami allemand (1943-1945), Les justes (1949)...

 
Dans Lettres à un ami allemand, écrites pendant l'occupation et la Résistance, perce une autre forme d'amour, l'amour exalté de la France qui conduit Camus à construire une France mythique, abstraite, généreuse, immaculée. Une forme de nationalisme dont il s'est défendu dans la préface à l'édition italienne des Lettres.


Dans  Le premier homme , l’œuvre immense qu'il préparait au moment de sa mort, l'amour éclate. Dans les notes, il écrit « En somme, je vais parler de ceux que j'aimais ? Et de cela seulement. Joie profonde ».


Amour de sa mère, bien sûr, qui ne sait pas lire et à qui le livre est dédié : « A toi qui ne pourra jamais lire ce livre ».
 

 

Mais aussi dans cette œuvre, certes littéraire mais surtout autobiographique, il parle de « cette femme qu'il avait aimée, oh oui, il l'avait aimée d'un grand amour de tout le cœur et le corps aussi, oui, le désir était royal avec elle, et le monde, quand il se retirait d'elle avec un grand cri muet au moment de la jouissance, retrouvait son ordre brûlant, et il l'avait aimée à cause de sa beauté et de cette folie de vivre, généreuse et désespérée, qui était la sienne et qui lui faisait refuser, refuser que le temps puisse passer, bien qu'elle sût qu'il passât à ce moment même, ne voulant pas qu'on puisse dire d'elle un jour qu'elle était encore jeune, mais rester jeune au contraire, toujours jeune, éclatant en sanglots un jour où il lui avait dit en riant que la jeunesse passait et que les jours déclinaient.... et, intelligente et supérieure à tant d'égards, peut-être justement parce qu'elle était vraiment intelligente et supérieure, elle refusait le monde tel qu'il était.... et il l'aimait désespérément. »


Enfant d''un père qu'il n'a pas connu, mort des suites d'une blessure de guerre en 1914, et d'une mère illettrée, il se reconnaît dans le peuple pied-noir auquel il appartient charnellement. Au moment d'assumer cette solidarité, il affirme : « J'en ai assez de vivre, d'agir, de sentir pour donner tort à celui-ci et raison à celui-là. J'en ai assez de vivre selon l'image que d'autres me donnent de moi. Je décide l'autonomie, je réclame l'indépendance dans l’interdépendance. »


Evolution sensible par rapport à Lettres à un ami allemand. Dans celles-ci, il lui fallait un long discours pour mettre la justice et la France dans le même camp. Ici, pas de longue réflexion sur la justice et sa solidarité physique avec les Français d'Algérie.
En Algérie, il a bien perçu le danger, pour la France, à ne pas incarner la justice. Et si l'origine sociale, la pauvreté d'une famille de travailleurs lui a permis d'assumer ses prises de position en faveur des plus défavorisées, cette même origine, européenne, française, l'a empêché de comprendre la terrible injustice faite à des générations d'Algériens par des générations d'Européens, des étrangers. Qui ont imposé leur hégémonie militaire, économique, sociale et refusé tout partage.


Après avoir affirmé qu'il avait toujours voulu être du coté des victimes contre les bourreaux, après avoir voulu une Algérie juste pour tous dans le cadre français, que ne voulaient ni les Français d'Algérie, ni les Algériens. Il sera confronté au choix impossible entre la justice et la France.
« Jacques, qui s'était jusque là senti solidaire de toutes les victimes, reconnaît maintenant qu'il est aussi solidaire des bourreaux. Sa tristesse. » Tristesse de se sentir solidaire des Français d'Algérie ?


Mais ce qui peut apparaître comme un repliement sentimental de l'amour de la France et des Français (Lettres à un ami allemand) vers les seuls Français d'Algérie, va beaucoup plus loin. C'est la vision défaitiste d'un monde livré au choc des civilisations : « Demain, six cent millions de Jaunes, des milliards de Jaunes, de Noirs, de basanés, déferleraient sur le cap de l'Europe... et au mieux [la convertiraient]. Alors tout ce qu'on avait appris, à lui et à ceux qui lui ressemblaient, tout ce qu'il avait appris aussi, de ce jour les hommes de sa race, toutes les valeurs pour quoi il avait vécu, mourraient d'inutilité ».


On pourrait croire que c'est la guerre d'Algérie, la situation en Algérie, qui lui font percevoir l'Algérie française comme la pointe avancée face au monde arabe et musulman dans cette confrontation des civilisations.
Ou est-ce l'inverse ? Cette vision du monde qui renforce ses sentiments personnels sur les liens nécessaires entre l'Algérie et la France.


En effet, déjà en 1948, dans Ni victimes, ni bourreaux, il affirmait : « Nous centrons aujourd’hui nos réflexions autour du problème allemand, qui est un problème secondaire par rapport au choc d’empires qui nous menace. Mais si, demain, nous concevions des solutions internationales en fonction du problème russo-américain, nous risquerions de nous voir à nouveau dépassés. Le choc d’empires est déjà en passe de devenir secondaire, par rapport au choc des civilisations. De toutes parts, en effet, les civilisations colonisées font entendre leurs voix. Dans dix ans, dans cinquante ans, c’est la prééminence de la civilisation occidentale qui sera remise en question. Autant donc y penser tout de suite et ouvrir le Parlement mondial à ces civilisations, afin que sa loi devienne vraiment universelle, et universel l’ordre qu’elle consacre. »

La Conférence de Bandoeng aura lieu en 1955. En 1948, il y avait une cinquantaine d’États à l'ONU, il y en a aujourd'hui près de 200 !


Dans son dernier appel pour l'Algérie, comme en 1948, ce qu'il veut, c'est sauvegarder le monde auquel il appartient : l’Algérie française ou liée à la France face aux Arabes, aux musulmans ; dans le monde, la civilisation occidentale face aux civilisations colonisées et pour cela ouvrir un Parlement mondial, à ces civilisations afin que sa loi devienne universelle.

La loi de qui ? De la civilisation occidentale, comme en Algérie la loi de la France ? La loi d'une autre civilisation ? Un compromis entre ces civilisations ? Quel compromis ?

 


Peut-être l'homme cherche-t-il à donner un sens au monde. Mais tous les hommes ne veulent pas lui donner le même sens. Ici encore, la contradiction insurmontable entre l'individu, seul, devant une humanité, innombrable, diverse, foisonnante...

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 23:13

 

Droit de vote des résidents étrangers :

Coucou ! Le revoilà !

 

C'était une des promesses du candidat Mitterrand en 1981 et du candidat Hollande en 2012. Le président de la République nous fait dire qu'il n'a pas oublié.  : « Je n'ai pas voulu introduire ce texte avant les élections municipales, parce qu'on nous en aurait fait le reproche. Ce texte sera de nouveau proposé après les scrutins pour que, dans la préparation (des élections) qui viendront dans six ans, il puisse y avoir cette réforme ».

 

Mais il ne dit pas comment ! En novembre 2012, il avait expliqué : « J'ai dit au gouvernement, aux responsables de groupes de travailler pour constituer cette majorité. Quand cette majorité sera envisagée, je prendrai mes responsabilités. Mais pas avant (...) Présenter un texte avec le risque de diviser les Français pour au bout du compte ne pas le faire passer : je m'y refuse ».Précisant : « Il n'y a pas de majorité aujourd'hui pour voter ce texte… »

 

Pour donner le droit de vote pour les municipales, à des citoyens qui n'ont pas la nationalité française, il faut adopter une loi constitutionnelle. « Pour qu'elle le soit, le Congrès (Sénat et Assemblée nationale rassemblés à Versailles) doit voter le texte aux 3/5e de ses membres ».

 

Rien n'a changé, depuis ces déclarations, rien qui permette de présenter cette loi avec quelque chance d'être adoptée « avant la fin du quinquennat ». Au contraire, la défaite du PS, lors des dernières municipales, va entraîner la perte de sièges au Sénat et donc une difficulté encore plus grande pour obtenir la majorité qualifiée !

 

Alors, pourquoi cette déclaration post-électorale ? François Mitterrand a souvent été accusé d'aborder la question avant des élections. François Hollande le fait après.

 

Exprime-t-il par là un regret ? Celui de n'avoir rien fait au moment où il disposait d'une majorité à la fois à l'Assemblée nationale et au Sénat sans, cependant, avoir la majorité des 3/5e. Il aurait fallu alors convaincre quelques élus de droite. Certains se sont dits favorables dans le passé. Quoi qu'il en soit, s'il disposait au lendemain de son élection d'un rapport de force relativement favorable, les temps ont bien changé et il sera difficile de trouver des opposants acceptantde venir en aide à un président aux sondages éteints.

 

Peut-être regrette-t-il que les citoyens d'origine immigrée qui, dit-on, s'étaient prononcés, massivement, en sa faveur lors de l'élection présidentielle - il leur doit en partie son élection - se soient abstenus lors des municipales, contribuant ainsi à la défaite des socialistes. Les réformes « sociétales » n'ont pas compensé pour eux l'absence des réformes sociales attendues. Certaines, comme « le mariage pour tous », ont peut-être renforcé la décision d'abstention.

 

Peut-il penser que la reprise d'une promesse sans avenir sera suffisante pour réveiller leurs illusions au moment où il nomme un Premier ministre qui n'a jamais montré une ouverture particulière sur la question. Au moment où il vient de supprimer le ministère de la ville...

 

François Hollande admet, aujourd'hui, qu'il n'avait pas apprécié justement l'ampleur de la crise… mais il savait que pour le droit de vote, il fallait réformer la Constitution. En faisant cette promesse tout en sachant qu'il ne pourrait la tenir, il a menti, « les yeux dans les yeux » ! Pour quelques voix de plus. Qu'il a rapidement perdues.

 

Il récidive aujourd'hui. Pourquoi ? Comment s'y prendra-t-il pour «présenter un texte qui risque de diviser les Français » et « le faire passer » entre les gouttes électorales : cantonales et régionales 2015 ou 2016, présidentielle de 2017 ?

 

La voie parlementaire ne semble pas devoir s’ouvrir dans un avenir prévisible. Veut-il s'orienter vers un référendum et soumettre cette seule question au verdict populaire ? Peu probable.
Cependant, décidé à réformer le pays, il pourrait soumettre à référendum, le même jour, diverses propositions de modification de la Constitution. Ces réformes n'étant pas de même nature, les citoyens pourraient voter « oui » à certaines et « non » à d'autres, après un débat national. A la manière suisse, le « oui » ou le « non » n'engageant ni le président, ni le Premier ministre. Cela ne transformerait pas, pour une fois, un référendum en plébiscite et serait un progrès pour la démocratie.
Encore que, en 2005, le président décomplexé ne s'est pas senti obligé de démissionner après l'échec du référendum… mais c'était pratiquement toute la classe politique qui avait été désavouée et qui s'est retrouvée pour faire un bras d'honneur aux citoyens ayant rejeté le projet.

 

Ce renouvellement d'une promesse hautement improbable fait passer le temps en attendant le retournement économique après l'inversion de la courbe du chômage et la reprise...

 

Si le président est décidé à élargir le droit de vote aux résidents étrangers non communautaires, il pourrait le faire pour les élections européennes.

En effet, depuis le traité de Maastricht, les citoyens, qui résident dans un État de l'UE dont ils n'ont pas la nationalité, peuvent voter dans le pays de résidence lors des élections municipales et européennes.

Le Conseil constitutionnel a statué qu'il était nécessaire de réformer la Constitution pour attribuer le droit de vote à des étrangers pour les élections municipales. Mais non pour les européennes.

 

Il n'est donc pas besoin de loi constitutionnelle, une simple loi suffit pour le droit de vote aux élections européennes. Sous réserve que le Conseil constitutionnel, à nouveau consulté, ne change d'avis…

Le droit de vote pour le les élections européennes est déjà reconnu au Royaume-Uni à des sujets de sa Majesté qui n'ont pas la nationalité britannique et ne sont donc pas des citoyens de l'UE.

Pas d'obstacle constitutionnel apparent. Pas d'obstacle européen. Seulement un obstacle politique…

 

Pour les personnes qui obtiennent la nationalité, une réforme s'impose : l'inscription d'office sur les listes électorales de toutes les personnes en âge de voter qui obtiennent la nationalité par naturalisation.

Réforme simple. Qui ne bouleverserait rien. Qui ne demande pas une réforme de la Constitution. Qui n’entraînerait aucune dépense supplémentaire mais ferait économiser paperasse et démarches. Que même l'opposition ne pourrait refuser !

 

En effet, désormais, les nationaux qui arrivent à leur majorité sont inscrits, d'office,à cette date, sur les listes électorales. Cela veut dire que, à terme, tous les Français, de naissance, seront inscrits sur les listes électorales. Seuls les Français par acquisition, par naturalisation, les seuls à avoir demandé la nationalité française, doivent, ensuite, demander la citoyenneté française.

Pourquoi ne pas les inscrire automatiquement sur les listes électorales à l'occasion de leur naturalisation ? Et leur attribuer, dans le même temps et la nationalité, et la citoyenneté ?

Si les formalités sont quelquefois compliquées, pour des questions de changement de résidence par exemple, pour le jeune qui arrive à l'âge de 18 ans, rien de tel au moment de l'acquisition de la nationalité, toutes les informations nécessaires sont alors connues et à jour.

 

Cette petite réforme, simple allègement administratif, montre en passsant que nationalité et citoyenneté ne sont pas synonymes.
Qui pourrait s'opposer à un égal traitement de toutes les personnes qui remplissent les conditions nécessaires pour être inscrites administrativement sur les listes électorales et participer aux élections ?

Aux intéressés, cela montrerait qu'ils sont admis, sans réticence, dans la communauté nationale.

 

 

NB : Dans sa dernière livraison, La Lettre de la citoyenneté fait le point sur la participation des citoyens de l'UE résidant en France aux dernières élections municipales.

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 22:27

 

Dans la zone euro, le chômage, corrigé des variations saisonnières, s’est établi à 11,8% en mars 2014, en recul par rapport aux 12,0% de mars 2013. Dans l'Union européenne (UE) à 28, 10,5% en mars 2014, en baisse par rapport au taux de 10,9% de mars 2013.

En mars 2014, 25,699 millions de personnes au chômage dans l’UE28, dont 18,913 millions en zone euro. Par rapport à mars 2013, baisse de 929 000 dans l’UE28 et de 316 000 dans la zone euro.

Taux les plus faibles en Autriche (4,9%), Allemagne (5,1%), Luxembourg (6,1%). Les plus élevés en Grèce (26,7%, janvier 2014) et en Espagne (25,3%).
Sur un an, le chômage a augmenté dans 10 États, est resté stable dans 3 et a baissé dans 15. Plus fortes hausses : Chypre (de 14,8% à 17,4%), Pays-Bas (de 6,4% à 7,2%), Italie (de 12,0% à 12,7%), Croatie (de 16,6% à 17,3%).
Baisses les plus marquées : Hongrie de 11,2% à 7,9% (février 2013 et février 2014), Lettonie (de 13,9% à 11,6% entre les 4ièmes trimestres 2012 et 2013), Portugal (17,4% à 15,2%), Irlande (13,7% à 11,8%).

En mars 2014, le taux aux États-Unis s’est établi à 6,7%, en baisse par rapport au taux de 7,5% de mars 2013. Eurostat 02/05/14

 


Les États-Unis et l’UE prêts à passer à la “phase 3” des sanctions contre la Russie. Lors de leur conférence de presse, le président, B. Obama, et la chancelière, A. Merkel, ont affiché leur détermination à contraindre V. Poutine à changer de position sur l’Ukraine. Euronews 02/05/14

(Mais où est passée la Baronne Ashton ?)

 


Mon cher excédent ! 1,5 milliard d'euros, excédent budgétaire primaire (hors intérêt de la dette) dégagé par la Grèce pour la première fois depuis 4 ans. Entre 2009 et 2013, le PIB a chuté de 231 à 182 milliards et le chômage a grimpé de 9,5 % à 27,5 %. « Le prix de l'excédent est lourd ». I Efemerida ton Sintakton cité par CI 30-04/06-05/14

 


Salaire minimum : un combat mondial. Après l'Allemagne, la Suisse s'empare du sujet, le 18 mai, les citoyens se prononceront sur l'instauration d'une rémunération plancher de 4000 francs (3281 euros)… De quoi faire rêver les travailleurs cambodgiens du textile qui revendiquent 115 euros par mois.
Depuis des mois, la question de la revalorisation du salaire minimum enflamme les États-Unis…
Les entreprises y trouvent aussi leur compte… permet de fidéliser le personnel et d'améliorer la productivité… Plus de 600 économistes ont publiquement soutenu la hausse du salaire minimum…
90 %, c'est le nombre approximatif de pays dans le monde où les salaires minimum sont appliqués d'une manière ou d'une autre (OIT).

76 % : hausse du salaire minimum légal appliqué en décembre 2013 dans le secteur du textile au Bangladesh… Malgré l'augmentation du salaire minimum, les exportations de vêtements continuent de progresser. Depuis le début de l'année fiscale, le 01/07/13, elles ont augmenté de 15 %… Titre/intertitres de CI 30-04/06-05/14

 


Dans les nouvelles technologies, le retour sur investissement est de 35% plus élevé dans les entreprises dirigées par des femmes.
86 % des 500 plus grandes entreprises étasuniennes de 1955 ont disparu aujourd'hui.
A l'age de 15 ans, 37 % des élèves français ont déjà redoublé. C'est 24 % pour les Allemands et 2 % pour les britanniques. Challenges 30-04/06-05/14



Transports Dantressangle : Nous sommes créateurs net d'emplois en France et sur nos 10 000 conducteurs routiers salariés, 5 000 sont français et 1 400 polonais ou roumains. Challenges 30-04/06-05/14

 


Excédents et déficits publics de la zone euro et du Royaume-Uni en 2013 ; Slovénie (-14,7%), Grèce (- 12,7%), Irlande (-7,2%), Espagne (- 7,1%), Chypre (-5,4%), Portugal (-4,9%), Royaume-Uni (-5,8%), France (-4,3%), Zone Euro et Italie (-3%), Malte (-2,8%), Belgique (-2,6%), Pays-Bas (-2,5%), Finlande (-2,1%), Autriche (-1,5%), Lettonie (-1%), Estonie (-0,2%), Luxembourg (-0,1%), Allemagne (0%).
Entre 2012 et 2013, la dette publique est passée de 90,7 à 92,6 % dans la zone euro.
Moins riche, l'économie européenne est, selon l'Insee, « plus équilibrée que celle des États-Unis ». En 2012, les États-Unis avaient un déficit de 8,3 % du PIB et la dette s'élevait à 102,7 % de la richesse nationale. Le Monde 25/04/14

 


Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, est à la tête d’une richesse 19 millions de fois supérieure à la richesse médiane par individu dans le monde (2 913 euros).
Intéressant de noter les discours qui justifient ces richesses, talent individuel, travail, responsabilités, etc. Les plus fortunés, soit se tiennent à l’écart des médias, soit mettent en avant leur générosité (notamment B. Gates, W. Buffet) par le biais de fondations ou d’actions caritatives, s’attirant un courant de sympathie qui leur permet aussi de légitimer leur fortune. Observatoire des inégalités 29/04/14

 


El País estime que « l’incertitude des sondages, pronostiquant un match nul PP-PSOE, oblige Mariano Rajoy à s’impliquer dans la campagne en participant à 10 meetings en 14 jours ». Revue de presse ambassade de France à Madrid 06/05/14
(En Espagne aussi, l’élection des députés européens est plus une affaire intérieure qu'européenne).

 


Prévisions formulées par le Gouvernement : hausse du PIB de 1,2% en 2014 et 1,8% en 2015 lors de la présentation du Programme de Stabilité. Pour El Mundo , c’est une « croissance trop faible pour réduire le chômage de manière consistante ». Revue de presse ambassade de France à Madrid 06/05/14

 


De mars 2013 à mars 2014, les prix à la production industrielle ont baissé de 1,6% dans les deux zones euro et UE. Eurostat 05/05/14.

 


Drapeau de la NorvègeAucun membre du gouvernement norvégien ne rencontrera le dalaï-lama lors de sa visite à Oslo, et ce, pour tenter de sauver des rapports très tendus avec la Chine. Le pays du prix Nobel de la paix sert une leçon étonnante de lâcheté et d’opportunisme. Cela fait 25 ans que le dalaï-lama a reçu le prix Nobel de la paix en Norvège... Rue 89 05/05/14

 


Temps de travail hebdomadaire : Grecs (42,1 heures) les plus travailleurs, suivis de près par Bulgares, Slovaques et Polonais (40,7). Les Hollandais se situent en bas du classement (30). Les Danois figurent aussi au fond du classement (33,7). Les Français, avec 37,4 heures, se situent juste au-dessus de la moyenne des 28 États membres (37,2).
Alors qu'en 2011, il y avait encore des pays où l'on travaillait 44 heures, aujourd'hui dans la plupart, les Européens travaillent entre 36 et 40 heures par semaine.
Attention, il s'agit de la durée moyenne travaillée par les Européens toutes catégories professionnelles confondues, que ce soit à temps partiel ou à temps complet. Les chiffres tiennent compte des heures supplémentaires. Toute l'Europe 06/05/14

 


«Taxe Tobin, 10 États signent l’accord mais personne n’y croit » : Pour des raisons de campagne électorale, 10 États de l’UE dont l’Allemagne, la France et l’Italie se sont engagés à la mettre en place d’ici 2016. On ne sait ni comment, ni sur quoi. Stampa Revue de Presse Ambassade de France à Rome 07/05/14

 


Au cours des 10 dernières années, le montant des rachats d'entreprises américaines par des sociétés françaises totalise 140 milliards de dollars.
Taux d'admission à Harvard : 6 %. Pour les enfants d'anciens élèves : 30 %.
L'Europe représente 7 % de la population de la planète, 25%de son PNB, 50 % de ses dépenses de protection sociale.
Parmi les 500 groupes mondiaux les plus puissants d'après Fortune, 29 français et 29 allemands. Challenges 07-14/05/14.

 


Le président français a toutefois évoqué les négociations… (sur Tafta, le traité transatlantique) en conférence de presse : il a appelé à les accélérer, pour aboutir à un accord avant la fin du mandat de l’actuelle CE, en octobre 2014. Celle-ci pourrait en effet changer d'orientation politique suite aux élections européennes. Le Monde 19/04/14
NB : Hollande a peur d'une CE qui serait plus à gauche que l'actuelle !!!!)



TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

Promesse des François en 1981, 2012. Patience des Français et résidents étrangers. Quoi qu'il en dise le droit de vote n'est pas pour demain. 07/05/14

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 21:59

 

De l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par l'extrême centre, des extrêmes européistes aux extrêmes anti-européens, tous avec des mots différents, violents ou doucereux, disent que les institutions de l'UE ne sont pas démocratiques ou pas assez démocratiques.

 

 

Et tous ou presque se déclarent de profonds démocrates. Et tous ont la solution en poche pour aboutir à une démocratie européenne parfaite. Malheureusement, chacun a la sienne. Il y a beaucoup de chances pour que les choses continuent ainsi car cela ne gêne nullement les personnes qui détiennent véritablement le pouvoir. Même si elles poussent de grands cris devant la montée des populismes.

Pourtant une solution existe que devraient admettre tous ces démocrates : faire appel aux peuples pour leur demander de trancher. De dire quel type d'institutions, ils souhaitent, et pour cela, élire une assemblée constituante européenne.

 

 

A cette seule idée d'assemblée constituante européenne élue, nombreux sont les « démocrates » qui sautent pour s'y opposer. Parce qu'il n'y a pas de peuple européen mais il y a des peuples européens et il est incompréhensible qu'on ne leur demande pas s'ils veulent s'unir ou non. Il n'y a pas un peuple européen mais il y a une troïka, qui n'a été élue ni par « le » peule européen, ni par « les » peuples européens, troïka qui se promène, par ci, par là pour obliger ces peuples à subir la politique qu'elle a choisie pour tous. Quelle est la légitimité démocratique de la troïka ?

 

 

Comme il n'y a pas « un » peuple européen, il ne peut donc y avoir une constitution européenne. Mais qu'est-ce qu'une constitution ?
C'est un texte qui organise les relations entre pouvoir législatif, exécutif et judiciaire dans un espace donné. Au niveau européen, cette constitution devrait aussi organiser les relations entre les institutions européennes et les institutions correspondantes au niveau national.

Tout ceci existe du fait de traités. Formellement, l'UE n'a pas de constitution, un projet de traité constitutionnel, élaboré par une convention ad hoc, a même été bloqué par des rejets populaires. Mais l'UE a des institutions qui se partagent, plus ou moins bien, les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, sans véritable séparation comme le demandent les canons démocratiques et sans que ces institutions, à l’exception du PE, soient élues au suffrage universel.
C'est une constitution du fait de traités mais que personne n'ose reconnaître comme telle..

 

 

Mais ni « le » peuple, ni « les » peuples n'ont été directement consultés, ensemble ou séparément, sur ces institutions et sur leur agencement. Si certains ont été consultés et n'ont pas approuvé les traités proposés, les gouvernements, « démocratiques », les ont appelés à revoter, convenablement, ou sont passés outre par un subterfuge juridique.

Rien d'étonnant que les citoyens de l'UE méconnaissent ou contestent les institutions européennes et leur fonctionnement, ce qui apparaît clairement à chaque élection européenne avec une participation de moins en moins importante (voir annexes) et souvent moins importante qu'aux élections locales ou nationales.

C'est dire que les démocrates européens se doivent de donner une nouvelle légitimité aux instances européennes. L'élection d'une assemblée constituante européenne le même jour dans tous les pays de l'UE y contribuerait certainement.
Seuls peuvent s’opposer légitimement à l'élection d'une constituante ceux qui se satisfont du fonctionnement actuel des institutions européennes. Tous les autres devraient en appeler aux peuples.

 

 

L'élection d'une constituante n'est pas un vague processus constituant comme celui qu'a présidé Giscard d'Estaing qui, après une consultation restreinte, a mis dans une forme lourde les règles constitutionnelles et les politiques, économiques, sociales qui lui convenaient. D'où ce Projet de Traité Constitutionnel Européen, pavé volontairement indigeste que peu de gouvernements ont soumis à leur peuple estimant qu'ils ne pouvaient pas le comprendre. Dans quelques cas, ils l'ont tellement bien compris qu'ils l'ont rejeté. Mais ces bons gouvernements démocrates se sont empressés de contourner ce rejet des citoyens.

 

 

Le Parlement européen (PE), quoi qu'on pense de celui-ci, ne peut se transformer en Assemblée constituante. Il n'a pas été élu pour cela. Et il existe d'énormes divergences entre les membres d'un même parti sur les institutions nécessaires au niveau européen… les déclarations contradictoires de certains candidats ou responsables le prouvent chaque jour. Il est probable que les vues de l'UDI sont plus proches de celles de EELV que de l'UMP qui, elle même, est très divisée sur sa conception institutionnelle de l'UE.

 

 

L'élection d'une assemblée constituante européenne ne serait pas la continuation ou la revanche d'une élection nationale. Elle aurait sa propre justification. Elle conduirait probablement à des regroupements inattendus entre personnes aux idées politiques bien différentes sur le plan social ou économique, sur la politique étrangère ou militaire… mais qui auraient la même conception sur l'équilibre des pouvoirs au sein de l'UE et entre l'UE et les États membres.

 

 

Ce sont les citoyens qui trancheraient. Car les candidats seraient obligés d'exposer publiquement leurs conception de l'UE et de ses institutions devant les électeurs. Ceux-ci pourraient s'emparer de la question comme ils l'ont fait en France quand la question leur a été posée : traité de Maastricht ou projet de traité constitutionnel. Avec débat télévisé, certes, mais aussi au sein de la population.
Il ne fait guère de doute que la participation électorale serait alors beaucoup plus importante que pour une élection pour le PE. Les référendums sur le traité de Maastricht et le projet ce traité constitutionnel l'ont bien montré.

D'autant que nulle orientation ne serait exclue de cette consultation. Toutes pourraient être présentées aux citoyens. Aussi bien en faveur de la disparition de l'euro, de l'UE, du retour aux États nationaux qu'en faveur d'une organisation nouvelle de l'UE plus inter-étatique ou totalement fédérale...

 

 

Cette assemblée constituante, élue, le même jour, dans les 28 pays de l'UE, aurait alors un ou deux ans pour mettre au point un projet de constitution qui serait ensuite soumis à référendum, le même jour dans tous les pays de l'UE.
Cette constitution s'appliquerait aux seuls pays où le peuple l’aurait acceptée. Ceux qui l'auraient refusée pourraient alors négocier une forme d'association avec possibilité d'adhésion ultérieure ou de renoncement à cette association.

Il faut bien rappeler qu'une constitution fixe les règles de fonctionnement des institutions. Et non la politique suivie ou à suivre sur tous les autres plans, économiques, politiques, internationaux, écologiques, sociaux… qui sont du ressort des parlements nationaux et du PE, élus sur ces questions.
C'est un des reproches faits au projet de traité constitutionnel, vouloir constitutionnaliser la politique suivie par l'UE. Il n'y avait qu'un réponse possible (oui ou non) alors que la question était double sur les les institutions et sur la politique suivie.

 

 

Un texte, réduit aux seules règles constitutionnelles, ne serait pas très long. Les Constitutions de la quatrième et de la cinquième république françaises font moins de trente pages chacune. Celle des États-Unis est encore plus courte. Il n'y a aucune raison que le texte régissant l'UE soit différent.



Il pourrait ainsi être diffusé largement à tous les électeurs et discuté clairement dans tous les pays membres et pourrait même participer à la création d'un espace public européen qui n'existe pas pour le moment.

Par la même occasion, il est probable que le taux de participation qui diminue à chaque élection européenne remonterait nettement comme en France lors des référendums de 1992 et 2005.



Annexes : Élections au Parlement européen

En France, depuis que les députés au PE sont élus au suffrage universel, le taux de participation électorale diminue sauf en 1994 (conséquence de l’adoption du traité de Maastricht par référendum après large discussion ?).

 

Participation pour l’élection des députés du PE en % des inscrits en France

Date

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

Participation

67,76

56,72

48,8

52,71

46,76

42,79

40,63

 

Ce n'est pas un phénomène propre à la France

 

Participation pour l’élection des députés du PE au niveau européen depuis 1979

Date

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

Participation

61,99

58,98

58,41

56,67

49,51

45,47

43

Ce taux est calculé sur les pays membres au moment de l'élection et peut donc être difficilement comparé : 9 pays en 1979, 10 en 1984, 12 en 1989 et 1994, 15 en 1999, 25 en 2004 et 27 en 2009.

 

Il est plus juste de comparer l’évolution de la participation dans les 5 pays fondateurs (avec la France). Le vote est obligatoire en Belgique et au Luxembourg, le niveau de participation demeure très élevé. Dans les 3 autres, la participation différente d'un pays à l'autre subit la même érosion qu'en France.

Participation pour l’élection des députés du PE dans les 5 pays fondateurs

 

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

Belgique

91.36

92.09

90.73

90.66

91.05

90.81

90.39

Allemagne

65.73

56.76

62.28

60.02

45.19

43

43.3

Italie

85.65

82.47

81.07

73.6

69.76

71.72

65.05

Luxembourg

88.91

88.79

87.39

88.55

87.27

91.35

90.75

Pays-Bas

58.12

50.88

47.48

35.69

30.02

39.26

36.75

 

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 22:19

 

MA RUE EST UN MUSEE

 


 

En flânant le long des grands boulevards ou des petites rues de Paris, il y a, en effet, beaucoup de choses à voir. Dans la rue, on peut croiser tout le monde, depuis les yeux angéliques qu'on ne peut plus suivre si ce n'est du regard, jusqu'au quart monde qui ne peut plus suivre.

Fred Cascades 042

 

 

 

 

Dans la rue, on va, on vient, vite vers le métro, vers le bus bondé, école, atelier, bureau, promenade, on crie après son

chien, on rit avec ses copains, d'à côté ou du bout du monde, on soliloque sur un passé éteint. On va, pour quelque chose ou pour rien, on marche sur rien ou… sur quelque chose...

 

 

 

 


Quand le soleil réchauffe, on peut même s’asseoir sur un banc et regarder la rue et les gens. Écouter les conversations sur les prix qui montent ou les escaliers du métro qui montent encore plus durement avec le temps qui passe.

 

 

 

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Le matin, tôt, on peut voir les récupérateurs, avant les éboueurs, pour sauver tout ce qui peut être réparé, revendu, utilisé. Avant les « encombrants » pour récupérer ce qui est abandonné sur le trottoir.

 

Partout, des affiches colorées qui suscitent des rêves ou des fantasmes pour trouver des acheteurs. Au pied de cet avenir exceptionnel, dorment des réfugiés de Syrie ou d'ailleurs, ceux qui ont été jetés à la rue par leur patron, leur logeur ou leur conjoint et qui ne mendient même plus. Ceux qui dorment sur un matelas, un carton, sous un porche, sous une toile, dans leur voiture ou légèrement dissimulés sous quelques branches dans un petit jardin public. Ceux qui réparent des voitures dans un atelier itinérant...


D'autres images murales s'infiltrent sur les murs de la ville et lui donnent une autre couleur. Au delà des petits et grands panneaux publicitaires et là, au coin des rues moins « rentables », des graffiti, des « peintures murales », des « affiches gratuites » qui ne demandent rien à personne, qui s’offrent au regard, au rêve, à la réflexion, à la révolution.

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A ceux qui sont dans la rue, à la rue, par nécessité, pour vivre, ces textes, ces images rappellent que la rue est aussi à eux, à nous, à tous. Qu'elle est à prendre, à partager, à féconder. Qu'elle n'a de sens que par ceux qui se l’approprient et la partagent, non seulement le 1er mai, de la Bastille à la Nation, mais tous les jours...

 

 

Loin du centre policé, dit historique, où courent les touristes romantiques plus ou moins argentés, les photographes géniaux en famille, loin des palais, des bords de Seine ou des canaux aux écluses chargées de nostalgie, ma rue est un musée… ou plutôt mon quartier est un musée,

Belleville-Ménilmontant-Père Lachaise,

historique et vivant, quelquefois trop pour les riverains des bistrots où l'on refait le monde.


Quartier pauvre, riche de petits théâtres, d'ateliers discrets, à la population plus mélangée que celle des touristes, aux murs témoins oubliés d'une histoire mouvementée et voués aux créations éphémères, affiches ou graffiti qui parlent de révolution, d'amour ou de la fin du monde.

 

 

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 21:12

 

Revue de presse n° 134 (Europe)

 

 

 

Visite d'adieu au Portugal de la troïka – composée de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne (CE) et du Fonds monétaire international (FMI).. Cette visite marque la fin de sa tutelle sur le Portugal et le retour du pays sur les marchés. La Croix : "Le Portugal sort du plan d'aide, mais pas de l'austérité". Toute l'Europe 23/04/14.


Dans le Financial Times, le Premier ministre polonais, D.Tusk, réclame la mise en place d'une union énergétique européenne afin de réduire la dépendance de l'UE vis-à-vis de la Russie. Eurotopics 23/04/14


Moins travailler pour résorber le chômage. La ville de Göteborg a annoncé vouloir mettre à l'essai la semaine de 30 heures pour ses employés sans réductions salariales. J.M. Keynes avait prédit que les individus ne travailleraient plus que 15 heures par semaine en 2030... Le choix de l'avenir est le suivant : moins de travail pour tous. Ou bien : pas de travail pour une majorité, parallèlement à beaucoup de travail pour une minorité." Eurotopics Tages-Anzeiger - Suisse 23/04/14


Selon Oxfam, les 1 % les plus fortunés du monde ont vu leurs revenus augmenter de 60 % ces 20 dernières années. Le s240 milliards de dollars gagnés en un an par les 100 personnes les plus riches suffiraient à vaincre... 4 fois la pauvreté dans le monde. CI 24-30/04/14


Laurent Wauquiez propose de constituer un noyau dur capable de décider l'avenir de l'Europe, qui comprendrait la France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et l'Espagne. Pas le Luxembourg, pays fondateur : « Parce qu'il est devenu un paradis fiscal dans lequel il n'y a plus de tissu économique et industriel ». Challenges 24/04/14.


La part des diplômés qui s'installent à l'étranger est de 2 % pour la France, 4 % pour l'Allemagne et 8 % pour le Royaume-Uni.
54 % des Français sont
favorables à l'élection du président de l'UE au suffrage universel, 72 % des Allemands et 79 % des Italiens.
9710 individus sont incarcérés dans les prisons
néerlandaises.Celles-ci emploient 9914 personnes. Challenges 24/04/14


139 établissements belges accueillant exclusivement des Français handicapés étaient recensés en 2013. 27 de plus qu'en 2012. Il existe par ailleurs 154 structures « agréées » hébergeant surtout des Belges mais aussi des Français sans qu'on sache combien... Le taux de rentabilité est frétillant : 31 % en 2013. Libération 25/04/14

La rue grecque sait se faire entendre. Selon un document de la police grecque, publié le25 avril, « 20 210 manifestations, rassemblements ou mobilisations ont eu lieu ces quatre dernières années à travers le pays, dont 6 266 à Athènes », surtout contre les politiques de rigueur. Le Monde 25/04/14

En matière d'opiacés, l’Écosse est l’homme malade de l'Europe. On estime que 1,6 % de la population en consomme, un taux 2 fois supérieur à celui de l'Angleterre et presque 4 fois plus qu'en France. Libération 27/04/14


Dans cette éternelle ambiguïté de la Françafrique, nous en sommes déjà à la cinquantième intervention militaire en Afrique depuis les indépendances. Avec quel résultat ? Libération 27/04/14


Au quatrième trimestre 2013, les recettes publiques totales se sont élevées dans la zone euro à 46,9% du PIB, contre 46,8% au troisième trimestre 2013. Les dépenses publiques totales dans la zone euro se sont quant à elles établies à 49,5% du PIB, en baisse par rapport au trimestre précédent où elles atteignaient 49,9% du PIB.
Au quatrième trimestre 2013, les recettes publiques totales dans l’UE28 représentaient 45,7% du PIB, stables par rapport au troisième trimestre 2013. Les dépenses publiques totales dans l’UE28 se sont quant à elles établies à 48,8% du PIB, en baisse par rapport au trimestre précédent où elles se situaient à 49,2% du PIB. Eurostat 24/04/14


Sur les 6 premiers fabricants d'armes dans le monde, 5 sont étasuniens et 1 britannique. Le 7° est EADS. Algérie-Focus d'après le SIPRI 26/04/14


Les Espagnols ne pourront influencer l'avenir de l'UE que s'ils font campagne pour les élections européennes sur des thèmes européens, argumente le politologue José Ignacio Torreblanca dans le quotidien de centre-gauche El País. Eurotopics 28/04/14


Le 15 mai... grand débat des Européennes. Les 5 candidats à la présidence de la CE (M. Schulz, J-C. Juncker, G. Verhofstadt, A. Tsipras, J. Bové ou S. Keller) s'affronteront. Ce débat utilisera le même réseau technique que l'Eurovision, via l'Union européenne de radiotélévision qui a en son sein notamment France Télévisions.
France Télévisions estimerait que la diffusion sur internet suffit... souhaiterait se concentrer sur des débats "
maisons", probablement avec des candidats "français". Il est inadmissible que le Service public refuse par principe de diffuser un débat si important, de plus fourni gratuitement, alors que l'information sur l'Europe et la promotion du débat démocratique font partie du cœur de ses missions et de son cahier des charges. Huffington Post 29/04/14


Dans le cadre des festivités organisées à Saint-Pétersbourg à l'occasion de son 70e anniversaire, Schröder, ancien chancelier allemand a embrassé Poutine, un geste sévèrement critiqué. « Dans l'opinion publique allemande, on dit que les hommes politiques pro-russes 'comprennent Poutine». Sont visés les ex-chanceliers Schmidt et Schröder. Alors que Schmidt est animé par un certain idéalisme, la position de Schröder est totalement répugnante. Schröder gagne des sous avec Gazprom, l'arme principale du Kremlin pour faire valoir ses intérêts... Angela Merkel a pris ses distances avec Schröder, mais doit se montrer plus ferme. Quitte à imposer des sanctions économiques à chaque effort supplémentaire de la Russie pour aggraver la situation des pays voisins. Il ne s'agit pas 'uniquement' de l'Ukraine, mais de la sécurité de toute la partie orientale de l'UE. Eurotopics Sme - Slovaquie30/04/14


Evolution du degré de confiance dans l'UE entre 2007 et 2013 : Espagne et Chypre, moins 44 %, Grèce -42 %, Portugal -40 %, Italie -35%Pays-Bas et Slovénie -31 %, Allemagne et Tchéquie -27 %,UE28 -26 % Belgique -24 %, France et Pologne -23 , Danemark, Irlande et Luxembourg  -20 %, Slovaquie -17 %, Royaume-Uni, Roumanie -17 %, Estonie, Suède –16 %, Finlande, Hongrie, -14 %, Lituanie -13 %, Autriche -7 %, Lettonie -5 %, Croatie +1 %, Bulgarie +2 %. Alter-éco mai 2014


Sept activistes liés à La Ligue du Nord italienne ont quitté l’extrême sud de la Calabre, à bord d'un canot pneumatique pour rejoindre la Tunisie et montrer qu'il est facile d’immigrer en Italie. A hauteur de Malte, le bateau a pris feu, ils ont failli être noyés...Alter-éco mai 2014


Salaires minimaux bruts en euros 2014 : Bulgarie (174), Roumanie (291), Lituanie (290), Lettonie (320), Tchéquie (328), Hongrie ( 344), Slovaquie (352), Estonie (355), Pologne (387), Croatie (405), Portugal (566), Malte (718), Espagne (753), Slovénie (789), Royaume-Uni (1217), France (1445), Irlande (1462), Pays-Bas (1486), Belgique (1502), Luxembourg (1921). Alter-éco mai 2014


435 000 personnes ont demandé l'asile à l'un des 28 pays de l'UE en 2013, quasiment 2 fois plus qu'en 2008 : Allemagne 127 000 soit 29 %, France 65 000 soit 15 %, Suède 13 %, Royaume-Uni 7 %, Italie 6 %.
Ils viennent de Syrie 12 %, Russie 10 %, Afghanistan 6 %, Serbie 5 %,Pakistan 5 %.
A l'échelle européenne, 65 % de rejetés, en France 83 % Alter-éco mai 2014


Portugal : 700 000 Portugais ont quitté le pays depuis 2005 sur 10,5 millions d'habitants. Alter-éco mai 2014

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 22:55

J'AI BEAU CHERCHER, OÙ DIABLE EST MA PESC ?

 

Comme le prince de Soubise*, la lanterne à la main, la baronne Ashton est à la recherche de la politique étrangère et de sécurité commune (Pesc) de l'Union européenne (UE). Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ne la trouvera pas car elle n'existe pas. Sauf, peut-être, cachée dans un tiroir de l'Otan. Et ce n'est pas, totalement, de sa faute malgré les sarcasmes dont elle est quelquefois victime.

 

Instituée par le traité de Maastricht, la Pesc peine à exister à cause des points de vue quelquefois très différents des États de l'UE en fonction de leur situation, de leur histoire, de leurs intérêts. La question ukrainienne en est une nouvelle illustration.

 

Du temps de la guerre froide, de l'affrontement est-ouest, l'Otan est devenue le bras armé des États-Unis d'Amérique (ÉUA) en Europe face à la menace soviétique. Et les pays européens - incapables de faire face à l'Union soviétique, ensemble ou séparément - ont trouvé commode de s'abriter sous le parapluie, notamment nucléaire, de l'Otan même si de Gaulle se targuait d'une ombrelle pour la France et son indépendance.

 

Aujourd'hui, l'UE sous-traite toujours sa politique extérieure et sa défense à l'Otan dont le secrétaire général est un Danois, l'honneur est sauf ! Mais la négociation, à Genève ou ailleurs, est menée par les ÉUA, le secrétaire d’État, actuellement John Kerry ou même le vice-président des États-Unis, Joe Biden.

C'est évident au Proche-Orient pour le conflit israélo-palestinien, la Syrie ou l'Iran... L’UE peut causer et même payer mais ce sont les ÉUA qui mènent la danse.

Il en est de même en Europe, comme à propos du Kosovo hier, de la question ukrainienne aujourd'hui.

 

Pour la présidence de Barak Obama, l'Europe n'est plus la préoccupation fondamentales des ÉUA, l'Atlantique est remplacé par le Pacifique. L'URSS, plus ou moins démantelée en Russie, n'est plus, avec la « fin de l’Histoire » et surtout du monde communiste, l'ennemie n°1. Remplacée par la Chine « émergente ». D'autant que les anciens membres du Pacte de Varsovie se sont émancipés et se sont tournés vers l'UE et surtout l'Alliance atlantique, à défaut de pouvoir adhérer directement aux États-Unis. Bien conscients que seuls les puissants États-Unis, bien Que lointains, sont plus dignes de confiance que les nains désunis de l'UE.

Désormais, ce sont l'Otan, les ÉUA, qui campent aux frontières de la Russie.

 

Bien entendu, les ÉUA et l'UE n'hésitent pas à pousser leur avantage et aident, de multiples façons, tous ceux qui, dans les marches de la Russie, essaient de se débarrasser des régimes autoritaires pour se rapprocher des normes démocratiques occidentales et, par la même occasion, les détache de l'influence amicale russe. Tout en faisant les yeux doux à Vladimir Poutine qu'ils pensaient incapable de réagir, affaibli par la situation économique de la Russie.

L'accord conclu lors de l’unification allemande est rompu par l'adhésion à l'Otan de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque, dès 1999, puis des autres...
La Russie est encore bernée lors de l'intervention aérienne en Libye ce qui lui donne une bonne raison de s'opposer au bombardement de la Syrie.


Tout le monde convoite l’Ukraine. Les États-membres de l'Otan discutent déjà pour savoir si l'Ukraine peut/doit intégrer l'Otan... La Russie fait valoir ses intérêts sur un pays à ses frontières, peuplé de nombreux Russes ou russophones. Reprenant son rôle de puissance impériale héritée du tsarisme et de l'URSS, elle a facilement récupéré la Crimée, même si Biden affirme que les États-Unis ne le reconnaîtront jamais. Poutine est décidé à pousser son avantage militaire sur le terrain, pour obtenir la mise en place à Kiev d'un gouvernement plus favorable ou une partition fédérale de l'Ukraine ou même une scission.

 

Poutine sait très bien qu'en Occident, personne n'est prêt à « mourir pour Dantzig » même si les États-Unis ont dépêché quelques militaires en Pologne... Et la visite de Biden à Kiev n'est qu'une pâle gesticulation à côté de la visite de Kennedy à Berlin.

 

Devant ce face à face des impérialismes, faute de vision commune, d'unité diplomatique, de moyens militaires, l'UE qui est en première ligne en cas d'affrontement même localisé (rupture d'alimentation en gaz, éventuels réfugiés...) et dont les intérêts ne sont ni ceux des États-Unis, ni ceux de la Russie, n'existe pas si ce n'est comme force d'appoint. Aucun des États membres de l'UE ne s'écarte réellement des États-Unis. Chacun proteste de sa volonté démocratique mais avec une énergie qui dépend notamment de sa dépendance du gaz russe.

L'Allemagne a de fortes positions dans les pays de l'ancienne « Europe de l'est » mais a aussi besoin d'acheter le gaz que la Russie a besoin de vendre. Plus de 40 % du gaz consommé en Allemagne vient de Russie. De plus, l'Allemagne, avec l'arrêt des centrales nucléaires, a quelques problèmes au niveau énergétique.
Les bonnes relations gazières ne datent cependant pas d’aujourd’hui. Gerhard Schröder, quand il était chancelier, a soutenu le projet de gazoduc par la Baltique pour approvisionner l'Allemagne sans passer par l'Ukraine. Il a signé le projet de construction avant les élections de 2005 qui l'ont mis au chômage politique, rapidement reconverti à la tête du consortium chargé de la construction du gazoduc avec Gazprom. Le premier tronçon du gazoduc a été inauguré en 2011, en compagnie d'Angela Merkel, de Dmitri Mervedev (et même de François Fillon). C'est le changement dans la continuité.

 

La dépendance du gaz russe est encore plus forte pour les pays baltes dont la Russie est l'unique fournisseur (l'Ukraine dépend à 60 % du gaz russe). Leur situation se complique avec la présence d'une forte minorité russe sur leur territoire : 350 000 sur une population de 1 350 000 personnes en Estonie, 556 422 sur 2 067 887 habitants en Lettonie.
De quoi faire réfléchir  quand Poutine se pose en protecteur des Russes de l'extérieur au nom d'une unité nationale qu'il place au dessus des conventions internationales, des traités et des frontières étatiques. Et encore plus quand le représentant russe au Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé son inquiétude concernant le sort des Russes d'Estonie. Estonie et Lettonie sont membres de l'Otan...

 

Pour Poutine, la « victoire de Crimée », la question ukrainienne flattent le nationalisme russe et lui assurent une popularité certaine même si les événements peuvent compliquer la vie des Russes de l'extérieur.

Les États-Unis étaient en train de se retirer de l'Europe. Vont-ils revenir sur cette option ou demander aux Européens de prendre en charge leur propre défense et ne se considérer, eux-mêmes, que comme une force d'appoint ?
L'existence de l'UE a joué probablement un rôle pour éviter que l'Allemagne et la France ne cèdent trop à leur tropisme respectif pour la Croatie et la Serbie lors de la dislocation de la Yougoslavie. Ici, elle semble de peu d'utilité. Et l’ombrelle française n'augmente pas le rôle de la France.

Reste à savoir si l'UE tirera une leçon de cette histoire pour en discuter les éléments, définir une ligne commune et se donner les moyens de la faire vivre.

 

Il ne fait guère de doute que les candidats aux élections européennes oublieront d'en parler dans ce mois qui précède les élections européennes. Il s'agit pourtant de la paix en Europe.

 

 

* Poème brocardant le prince de Soubise qui courut les rues de Paris après la défaite de la bataille de Rossbach (5 novepmbre 1757).

 

Soubise dit, la lanterne à la main :
J'ai beau chercher, où diable est mon armée ?
Elle était là pourtant hier matin.
Me l'a t’on prise ou l'aurais-je égarée ?
Prodige heureux ! La voilà, la voilà !
Ô ciel ! Que mon âme est ravie !
Mais non, qu'est-ce donc que cela ?
Ma foi, c'est l'armée ennemie.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 15:21

Revue de presse n° 133 (Europe)

Au premier semestre 2013, le coût de l’électricité en Allemagne était déjà de 46% supérieur à la moyenne européenne. Le fossé est béant entre la France et l’Allemagne : un foyer de trois personnes consommant 3 500 kilowattheures (kWh) par an doit ainsi payer 550 euros en France, contre 1 022 euros outre-Rhin.
L’Allemagne ayant prévu de sortir du nucléaire dès 2022 et d’augmenter la part des énergies renouvelables jusqu’à 60% en 2035, une taxe de 6,24 centimes par kWh a dû être mise en place pour financer l’effort. Une mesure qui alourdit un peu plus la facture énergétique des Allemands. Rue89, 09/04/14

Moment historique. Pour la première fois, les 2 plus grands candidats à la présidence de la CE se sont affrontés, en français, au cours d'un débat télévisé. C'était sur France 24, chaîne bien connue des foules. C'était à 17h10, quand tout le monde travaille. Ce n'était pas annoncé, sauf sur Facebook et Twitter... Il a été ignoré par la grande presse qui n'a pas fait de compte-rendu. Mais le débat a eu lieu et d'autres sont prévus tout au long de la campagne, en progressant vers les heures de grande écoute. Sauvons l'Europe 10/04/14

En France, en Italie, mais aussi aux Pays Bas ou en Finlande ces profits (des entreprises) étaient toujours fin 2012 inférieurs de plus de 5 points à ce qu’ils étaient en 2008 et même en Allemagne, considérée comme LA bonne élève de la zone, ils n'avaient pas encore retrouvé ce niveau.
Tandis que la politique économique moins restrictive menée outre Atlantique a permis au contraire de faire croître ces profits de façon significative : fin 2012, ils étaient supérieurs outre Atlantique de 21 % à leur niveau de 2008. Il faut se rendre à l'évidence : les politiques d'austérité européennes ne servent en réalité même pas les intérêts des capitalistes. Elles sont en fait simplement stupides et motivées avant tout par l’aveuglement idéologique…. Alter éfco 17/04/14

Le travail parlementaire par eurodéputé : nous avons divisé le nombre de rapports, opinions, déclarations... Par le nombre d'eurodéputés français dans chaque groupe parlementaire. Et le résultat est surprenant.
Ce sont les députés centristes qui fournissent le plus de travail par individu. En seconde position, on trouve les eurodéputés PC et Front de gauche réunis au sein du groupe GUE, un chiffre qui contraste avec le manque d'assiduité du plus emblématique d'entre eux, J-L.Mélenchon. Enfin, viennent les socialistes, légèrement devant les eurodéputés UMP et UDI du PPE. Et, bons derniers, les trois parlementaires FN. Le Monde 17/04/14

Comme disent “les économistes” et selon une idée courante, le statut des États-Unis (ÉUA) est en plein processus de dissolution et, par conséquent, la légitimité du FMI... la menace d’une réduction du statut des ÉUA au sein du FMI et l’évolution de l’initiative des BRICS pour la création de leurs propres FMI et Banque Mondiale. Dans les 2 cas, il s’agit de l’illustration d’une courbe de déclin accéléré du statut de la puissance financière structurelle des ÉUA, via les organismes internationaux qu’ils dominent et manipulent à leur gré.

Affrontement sans fin au sein du FMI où les ÉUA bataillent depuis 4 ans pour repousser une réforme structurelle qui les priverait d’une partie de leur pouvoir de décision... situation typique de radicalisation réciproque, le refus radical des ÉUA de perdre une partie de leur pouvoir d’influence aboutit à une offensive contre leur pouvoir de décision. On peut faire l’hypothèse que si les ÉUA se radicalisent encore plus en sabotant ce plan des “émergents”, les BRICS en viendraient rapidement à considérer que leur initiative au départ complémentaire des structures financières en place deviendra une initiative radicale de rupture, – du complément à l’alternative, et bientôt de l'alternative à l'affrontement. Revue de Presse - Euro-BRICS 17/04/14

Découpler l'Europe des États-Unis : Cette idée ne doit pas être confondue avec celle recommandant une rupture avec les Etats-Unis. Il s'agirait seulement de prendre beaucoup plus d'indépendance à leur égard. La politique qu'ils conduisent actuellement dans la crise ukrainienne, en entraînant l'Otan avec eux, ne peut que conduire à des difficultés insurmontables pour l'Europe. Beaucoup d'Européens sensés commencent à s'en rendre compte, mais les vieilles adhérences sont difficiles à dénouer. Jean-Paul Baquiast 15/04/2014 Revue de Presse - Euro-BRICS

La réaction russe aux « sanctions » occidentales : Cette réaction ne sera pas, comme semblait-il les « Occidentaux » l'espéraient, un recul russe dans l'affaire de l'Ukraine, assorti d'excuses. Elle sera d'engager un changement massif dans les équilibres économiques et politiques du monde, en accélérant le rapprochement entre la Russie et la Chine. Ce rapprochement avait toujours été craint par les experts occidentaux, puisque créant un géant euro-asiatique à coté duquel l'Europe avec son petit territoire et son manque de ressources naturelles, ne pèserait plus guère. Contre lequel aussi l'Amérique, considérablement dépendante des prêts et des marchés chinois, se retrouverait subitement fragilisée, ceci malgré toute sa puissance militaire, inutilisable en l'espèce. Revue de Presse - Euro-BRICS Jean-Paul Baquiast 11/04/2014

Les hauts fonctionnaires italiens gagnent 13 fois plus que le salaire moyen national, pour les Britanniques, c'est 8,5 fois plus, pour les Français 6,5 et pour les Allemands 5 fois.
51 milliards de dollars : c'est l'exposition des banques françaises à la Russie, 37 milliards pour les américaines, 19 pour les britanniques.
Les sociétés financières britanniques1,16 millions de personnes fin juin, 26 000 de plus qu'en juin 2013, elles en employaient 1,21 fin 2008. Challenges 17/04/14

La modération ou la baisse des salaires qui a accompagné les politiques d'austérité dans les pays les plus touchés par la crise de l'euro n'a pas porté ses fruits. La Grèce a annoncé son retour triomphal sur le marché de la dette... et un taux de chômage de 26,7 %. Un paradoxe explosif. Challenges 17/04/14

Une mondialisation surestimée. Le stock des investissements étrangers en France était , fin 2011, surestimé de 273 milliards d'euros, soit 60 % de son montant total. Et les investissements français à l’étranger gonflés de 30 % !... Nos entreprises étaient en 2011 à l'origine de 14 % du stock d'investissements étrangers en France !
Le rattrapage salarial en Asie, en particulier en Chine, réduit l'intérêt des délocalisations... 10 % des entreprises ayant récemment délocalisé une partie de leur production ont décidé de revenir.
50 % des transactions commerciales et financières transitent au moins sur le papier par des territoires opaques.
800 millions de personnes souffrent aujourd'hui de la faim dans le monde. Alter éco 3° trimestre 2014

L'Europe ne doit pas compter sur les Etats-Unis La visite à Kiev de Joe Biden et l'annonce par le Pentagone de la participation de troupes étasuniennes à des manœuvres en Estonie et en Pologne pourraient faire penser que les Etats-Unis veulent à nouveau participer activement à la défense de l'Europe. Ce n'est pourtant pas le cas : "Washington a indubitablement revu son image de la Russie. Washington est également consciente de la vulnérabilité de l'Europe et se montre prête à participer à sa défense. Mais il s'agit d'une simple contribution, non d'une garantie pleine et entière. Obama l'a déjà signifié aux politiques européens à Bruxelles. Pour Washington, la défense de l'Europe appartient d'abord à l'Europe. Les États-Unis ne font donc pas leur retour, ils interrompent seulement leur retrait. Lorsque Biden achèvera sa visite de deux jours en Ukraine, Obama effectuera un déplacement d'une semaine auprès de ses alliés en Asie." Eurotopics Hospodářské noviny 22/04/14)


TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

Affaires européennes, tête de liste Île de France, pantoufle pour déchus, à un mois des élections, sans préjuger des qualités, quel signal !  10/04/14

 

Serment de Strasbourg. Tous les parlementaires européens votent pour le candidat à la CE du parti en tête aux prochaines élections. Chiche ! 19/04/14

 

Algérie, vainqueur ?  "80". 80% de boycotteurs d'après les boycotteurs, 80% de wilayas d'après et pour Benfils, 80% de voix pour Bouteflika. 21/04/14

 

Présidentielle en Algérie : 3 vainqueurs à 80%. Le boycott, Benfils, Bouteflika. Des vaincues ? L'Algérie, la démocratie ! 21/04/14

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 



 

 

 

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