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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 19:10

 

Sarkozy, bateleur en liberté

 

Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, lors du second tour de l'élection présidentielle de 2012 ont été refusés pour quelques dizaines de milliers d'euros. Quelle sanction ? Sarkozy, le justicier contre la “racaille”, pour les peines “plancher”, pour les peines exemplaires, s'en est tiré avec un sarkoton que ses soutiens ont suffisamment abondé...

 

Aujourd’hui, il s'avère que le dépassement serait en millions d'euros, 10 ou 20, on ne sait... Quelle sanction... ? Des doubles factures... Quelle sanction ? On attend le résultat de l'enquête et ce qu'en dira la justice.

 

Mais Sarkozy serait en droit de se plaindre de ce traitement injuste. « Porte-parole et pas que cela » de Balladur lors de la campagne électorale de 1995, il était bien placé pour connaître les dépassements de son patron. "Les comptes du candidat Balladur accusaient 10 millions de francs de recettes d'origine inconnue. Ils étaient donc irréguliers. " L'origine inconnue de ces millions de francs fait encore l'objet de recherches... De fausses factures sont peu de choses à coté des morts de Karachi... Et les comptes de Balladur n'ont pas été invalidés...Pourtant, on vient, aujourd’hui, chercher des poux à Sarkozy...

 

Pour le moment, continuant sur sa sa lancée quinquennale, une annonce par jour, avec le soutien de son clan, des agences de sondage, de la presse, Sarkozy parle ou ne parle pas, inutile, tout le monde parle de lui et pour lui...

 

Sarkozy ne sera pas candidat à la présidence de l'UMP, sera candidat mais ne passera pas par la primaire, ne sera pas candidat en 2017, sera candidat mais ne passera pas par la primaire, sera candidat et passera par la primaire, ne prépare pas un programme mais réfléchit à préparer un programme, se penche sur l'avenir de la France...

 

Bien entendu, chacune de ces annonces est appuyée par un sondage qui montre que Sarkozy est soutenu par le peuple ou les militants ou... et surtout par une série de commentaires dans la presse audiovisuelle, parlée...

 

Quelle différence entre Berlusconi et Sarkozy ? En Italie, ils ont Mattéo Renzi, en France, nous avons Marine Le Pen !

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 19:52

Ma rue est un musée (2)

 

 

 

CIMG7247

 

 

 

 

Ma rue est un musée

ou plutôt mon quartier,

ma ville est un musée.

 


 

Musée ouvert à tous les vents,

d'est et d'ouest,

à tous les temps, à tous les camps,

à tous les clans,

à tous les courants...

 

 

LycéeEupat5125

 

Art éphémère et souvent anonyme,

soumis au regard quotidien,

des pairs et des passants

qui ignorent ou s'imprègnent dicrètement.

Expositions permanentes et temporaires,

expositions recomposées chaque jour,

surchargées, déchirées, complétées,

dénaturées...

 

 

 

 

 

 

Belvedere7188-copie-1.JPG

 

 

Fleurs sauvages,

écloses dans un printemps perpétuel,

chaque jour renouvelées,

 produites pour la rue,

quelquefois dans la rue...

au pochoir, papiers découpés, collés,

fresques picturales.

 

 

 

 

 

 

Ailé5364

 

 

 

 

 

Musée populaire sans conservateur,

 

 

sans conservation possible, ni restauratioon 

où le photographe s'improvise galériste

qui peut déconsturire, reconstruire, recadrer, séparer, regrouper,

 

 

jouer des associations, des oppositions, suivre les fantasmes des autres,

les recombiner,

conserver ces images toujours vivantes

parfois disponibles pour tous, sur écran,

longtemps, longtemps après que les images ont disparu de la rue...,

bouquets rétrospectifs de fleurs éparses.

 

 

 


 

EcoJourda7197

Chaise Accroupis 5974

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Photographe sacrilège ? Voleur d'images ? Compositeur floral ? Créateur ?  Conservateur ? Diffuseur ?

 


 

Rue Desnoyez,75020 Paris

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 Belvédère du Parc de Belleville, 75020 Paris

 

 

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Belvedere-CIMG6593.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 16:53

 

PSU et Algérie, D. Barret, J. Devos, C. Fiquet, A. Grivel, F. Le Huérou, J. Lhopital, M. Lallaoui, P. Oriol, J. Thenaisy, témoignent. Fragments biographiques filmés par Hubert Rouaud et Jacques Sauvageot.

 

Le groupe de travail "Algérie" de l'Institut Tribune Socialiste (ITS) qui regroupe des anciens membres ou sympathisants du Parti Socialiste Unifié (PSU) a fait un double constat:

- l'opposition à la guerre d'Algérie est un des éléments fondateurs du PSU qui s'est beaucoup investi dans ce combat et dans les années qui ont suivi l'indépendance;

- de nombreuses questions posées par l'indépendance de l'Algérie restent d'actualité : racisme, décolonisation, importance de l'Islam, nationalisme arabe, statut de la femme etc...

 

Il a donc souhaité recueillir des témoignages écrits et filmés de militants dont le parcours a croisé l'Algérie et le PSU (avant, pendant ou après la guerre). En les interrogeant aussi sur leur appréciation actuelle de la politique en France et en Algérie...et sur l'état de leurs engagements d'aujourd'hui.

 

ITS veut articuler l’histoire du PSU (à constituer, ré-interpréter, interroger…) et une action dans le temps présent. Il s’agit de se servir de « l’histoire » pour agir aujourd’hui...

Il ne s’agit pas de recréer le PSU. Mais connaître, rendre compte et enrichir les idées qu’il a cherché à développer et à mettre en œuvre, participe du débat et de la construction de la démocratie aujourd’hui, d’une recherche et de tentatives pour une société plus juste, plus égalitaire.

L’objectif de l’ITS est de développer autour de ces axes un centre de documentation et de recherches.

 

Filmographie sur le PSU, réalisés en 2010, à l’occasion du cinquantenaire de sa fondation :

- 30 ans d’utopies réalistes : un film d’archives de 7 minutes.

- Le PSU… 50 ans plus tard : panorama (57 minutes) des manifestations des 10 et 11 avril 2010, qui se sont tenues à Issy-les-Moulineaux et Paris.

 

Quelques références sur l'après guerre d'Algérie :

- Ma mère, pied rouge en Algérie, documentaire de Claire Zalamansky et Christine Robert, France-Culture, Sur les docks, 2007

- Algérie, les années pieds rouges : des rêves de l'indépendance au désenchantement (1962-1969), Catherine Simon La Découverte 2009

- L'Algérie nouvelle, on y croyait de Chloé Hunzinger, 52 mn, film télévision, 2011

- Le temps de la coopération. Sciences sociales et décolonisation au Maghreb sous la direction de Jean-Robert Henry et Jean-Claude Vatin, ed. Khartala-Irémam, 2012, avec un DVD de 86 mn d'entretiens

 

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 13:13

Revue de presse n° 137 (Europe)



  "L'unification européenne, et notamment la coopération franco-allemande, n'a pu démarrer qu'en tant que projet d'élites. Faisons en sorte qu'elle devienne enfin l'Europe des citoyens... La fraude électorale n'y a pas de place. J-C Juncker a remporté les élections comme l'ont reconnu des sociaux-démocrates, tels le président Hollande ou le chancelier [autrichien] Faymann. Seuls les perdants du scrutin ne peuvent faire avec, tel D.Cameron... ou A. Merkel, qui craint l'Européen convaincu Juncker. Les stratagèmes de pouvoir primitifs, façon Merkel, nuisent à l'Europe." Eurotopics Kurrier Autriche 29/05/14


"Aux reproches selon lesquels l'UE souffrirait d'un déficit démocratique, les députés réclament plus d'influence… Il est impossible de parvenir à l'équilibre du pouvoir entre la CE, le PE et le Conseil européen comme au niveau national... Un président de la CE élu serait un pas vers le fédéralisme. De plus, la position serait alors de plus en plus dictée par la politique des partis... C'est pourquoi, il n'existe pas d'autre voie que de pourvoir le poste en accord avec le PE et les chefs de gouvernement. Si le PE n'est pas prêt à reculer, il n'y aura que des perdants." Eurotopics Dagens Nyheter – Suède 30/05/14


Le pays devrait toucher 106 milliards d’euros entre 2014 et 2020, soit plus de 11 % du total des aides prévues par la CE. Dix ans après son entrée dans l’UE, la Pologne l’un des pays les plus affûtés pour attirer la manne européenne. Acteurs publics 03%06/14

 

"A Bruxelles, on souffre de Londres, laquelle a toujours mis en échec l'unification de l'Europe, a freiné toute progression et n'a cessé d'empêcher tout approfondissement… L'Europe a suffisamment longtemps respecté les particularités et les états d'âme des Britanniques. Elle s'est prêtée à leur chantage et a enduré leurs remontrances. Elle a été patiente jusqu'à la douleur… L'heure est venue de tirer les choses au clair. Peut-être l'UE doit-elle désormais décider de ce qui lui importe le plus : une Europe démocratique ou le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE. Cette décision doit être prise maintenant..." eurotopics Der Spiegel – Allemagne 02/06/14

 

"Cameron aimerait conserver le système secret et inexplicable des tractations par lesquelles les chefs d’État et de gouvernement de l'UE négocient à huis clos pour savoir qui assurera la présidence de l'organe exécutif de l'UE. Il est vrai qu'en Grande-Bretagne, personne n'a pu voter pour Juncker… Les conservateurs s'étaient retirés du PPE pour former un petit groupe et avaient refusé de nommer un candidat que les Tories auraient pu présenter aux électeurs britanniques." Eurotopics The Guardian – Royaume-Uni 03/06/14

 

Les sociaux démocrates allemands se félicitent que Merkel ait changé de point de vue "sous la pression du SPD" et soutienne maintenant Juncker. Il est inadmissible que Cameron se soit arrogé un droit de veto" (Yasmin Fahimi, secrétaire du SPD). Soutenir Juncker ne lui parait pas contradictoire avec la campagne du PSE, dont le candidat, Martin Schulz... J-C Juncker doit proposer un programme qui soit acceptable pour les sociaux-démocrates... Les banques devront être tenues en laisse, les paradis fiscaux mis hors d'état de nuire et un programme social adopté pour lutter contre le chômage des jeunes. Revue de presse 2007/2013 BerlinBlog

 

« Le prochain président de la CE devra changer de politique pour les 5 prochaines années ou alors il n’aura pas l’appui de l’Italie» (Matteo Renzi). «Personne n’a obtenu la majorité au PE. Donc on est obligé de passer un accord. Ils veulent présenter Juncker, très bien. Qu’il dise alors ce qu’il pense des cinq prochaines années». Libération 07/06/14.


La Fifa a le pouvoir de faire suspendre les lois de l’économie. En effet, le Parlement brésilien a voté, volonté de la Fifa, une «loi générale de la Coupe » afin que les gains de la Fifa, des sponsors et partenaires ne soient pas imposables... La sacro-sainte règle de la libre concurrence sera suspendue au sein des quartiers où se trouvent les stades par l’interdiction faite à de nombreux commerçants locaux et ambulants de vendre certains de leurs produits, afin que les sponsors puissent distribuer les leurs en toute tranquillité. Cet interdit – commeà Pékin – attaque directement la survie professionnelle de nombreuses personnes, ceci afin de contenter les multinationales comme Anheuser-Busch, qui commercialise la bière Budweiser, Coca-Cola ou McDonald’s. La Croix 05/06/14

 

En 2012, le PIB par habitant en standard de pouvoir d'achat. varie de 47 à 263 % par rapport à la moyenne de l'UE, selon les États. Luxembourg, plus de deux fois et demi supérieur à la moyenne. Ensuite, Autriche avec un PIB supérieur à 30 % de la moyenne européenne. Le Royaume-Uni, l'Italie et la France légèrement au-dessus. L'Espagne et Chypre légèrement en dessous tandis que Grèce, Slovaquie, Lituanie, Estonie et Portugal se situent entre 20% et 30% en dessous de cette moyenne. En fin de classement, Roumanie, Bulgarie : PIB/h 50 % inférieur à la moyenne des 28. Toute l'Europe 06/06/14

 

« On avait promis... avant les élections européennes : la fin du déficit démocratique, l'accroissement du pouvoir du PE et la capacité pour les électeurs européens d'exercer une influence directe sur toutes les décisions. Le président de la CE serait le candidat de la formation victorieuse. Après cela, on nous propose l'image de trois premiers ministres et d'une chancelière en barque au milieu d'un lac, sur le point de contourner la volonté des électeurs et de rompre leurs propres promesses. » 11/06/14 eurotopics Sme – Slovaquie

 

"Merkel ne peut s'opposer facilement à Juncker, candidat que CDU/CSU ont soutenu... D'un autre côté, elle préfère une Europe du Conseil à une Europe du Parlement. Entre gouvernements nationaux... l'Allemagne est mieux à même d'imposer ses intérêts que dans l'assemblée de représentation du peuple, toujours un peu imprévisible. Pendant la crise de l'euro, c'est la chancelière qui a insisté pour que les décisions importantes soient adoptées par le Conseil. De surcroît, un affaiblissement de Cameron ne peut être dans son intérêt, attendu qu'il doit mener le combat pour maintenir le Royaume-Uni dans le giron de l'UE. Or une UE privée de la Grande-Bretagne serait pour l'Allemagne un scénario catastrophe, car sur les questions économiques et financières, Berlin a plus en commun avec Londres qu'avec Paris et les pays du Sud." 11/06/14 eurotopics Neue Zürcher Zeitung - Suisse

 

« En plus de nuire à l'aura d'évidence historique qui nimbe le projet européen, un retrait britannique altérerait également l'équilibre interne de l'UE. L'Allemagne hériterait d'une position hégémonique qu'elle refuse d'assumer et qui pervertirait la cohésion européenne. Cela rendrait la subordination française encore plus difficile à supporter et inciterait le camp souverainiste à envisager d'autres options. Les États néolibéraux du nord et de l'est de l'Europe, derrière la G-B, perdraient leur point d'appui. Toute l'entreprise deviendrait encore plus instable, à une époque où elle a déjà perdu son attrait d'idée motrice pour les peuples européens. »" 10/06/14 eurotopics The Daily Telegraph - Royaume-Uni

 

Drapeau de la Russie Résident fiscal de Mordovie, Depardieu est imposé à 6 % de ses revenus 2013. La moyenne du pays est 24%.


Drapeau de l'AllemagneDans les villes allemandes de plus de 500 000 habitants, 30 % des foyers n'utilisent que la bicyclette pour leurs déplacements. Challenge 5-8/06/14

 

Les conservateurs britanniques se sont marginalisés eux-mêmes il y a 5 ans quand ils ont quitté le groupe conservateur, pour braver aujourd'hui l'UE avec les populistes. Le trio présent au sommet suédois semble constituer un péril bien plus grave aujourd'hui que les extrémistes stupides, de Le Pen à l'Aube dorée."Postimees - Estonie eurotopiccs 12/06/14)

 

Annoncées hier par le commissaire européen chargé de la Concurrence, des enquêtes ont été ouvertes sur l'optimisation fiscale de firmes multinationales (Apple, Starbucks et Fiat) dans certains États membres – Irlande, Pays-Bas, Luxembourg. En effet, en 2013, Apple – dont le siège européen est en Irlande – n'a payé que 2% d'impôt sur son chiffre d'affaires hors États-Unis (74 milliards d'euros). Toute l'Europe 12/06/14



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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 15:05

 

Les dernières élections européennes vont-elles changer quelque chose ?

 

Les élections européennes sont, désormais, entrées dans la routine. Le 25 mai, ont-elles été différentes des précédentes ? C'était la huitième fois que les citoyens de l'Union européenne (UE) élisaient les députés du Parlement européen (PE) au suffrage universel direct. Pour la cinquième fois, des citoyens de l'UE, vivant dans un pays de l'UE dont ils n'avaient pas la nationalité, pouvaient voter dans le pays de résidence, ce qui est devenu une banalité. Tandis que les résidents étrangers, non ressortissants d'un État-membre, en étaient exclus, sauf au Royaume-Uni pour les ressortissants du Commonwealth. Pour la première fois, cette élection se déroulait dans 28 pays.

 

Les abstentionnistes : premier parti dans l'UE et en France.

Ce n'est qu'une confirmation des consultations antérieures. Mais, pour la première fois depuis 1979, à l'échelle de l'UE, le taux de participation qui diminuait à chaque nouvelle élection, s'est stabilisé. Bien que toujours faible. Cette année, la participation a été de 43,1% contre 43% en 2009.

 

Pour faire une analyse pertinente, il faudrait traiter les résultats et leur évolution, pays par pays car les abstentions varient beaucoup d'un État à l'autre : cette année de 10% en Belgique et au Luxembourg (vote obligatoire dans ces 2 pays) à 87 % en Slovaquie. Dans les pays de l'Europe de l'Est, l'abstention a été massive en Slovaquie mais aussi en Tchéquie 80,5 %, Slovénie 79 %, Pologne 77,3 %.

Elles diminuent par rapport à 2009 en Allemagne (48% d'abstentions), Roumanie (32,2 %), Finlande, Suède, de façon plus importante en Lituanie (79,02% en 2009 à 55,09%) et en Grèce (de 47,39% à 41,80%). Mais augmentent en Tchèquie (+9% par rapport à 2009), Danemark (+4%), Estonie (+8%), Irlande (+7%), Italie (+5%), Hongrie (+6%) et Slovénie (+8%). (Toute l'Europe 26/05/14).

 

En France, les abstentions ont légèrement diminué alors que les inscrits sur les listes électorales étaient plus nombreux. Au 1er mars 2014, l’Insee comptabilise 44,6 millions de Français inscrits : 700 000 électeurs ont été radiés mais 1 117 000 nouveaux électeurs ont été inscrits. Le nombre a donc augmenté de 417 000. Les jeunes inscrits sont plus nombreux (+179 000), notamment grâce à la procédure d’inscription d’office. Cette augmentation du nombre d’inscrits est moins forte qu'avant les élections présidentielle et législatives de 2012 mais, pour l’Insee, elle témoigne d’une volonté de participation aux élections municipales et européennes de 2014.

 

Des élections européennes ?

Pour une fois, les questions européennes ont été présentes lors de la campagne électorale : sortie de la zone euro, sortie de l'UE. Mais surtout parce que les 5 partis européens, les plus importants, ont désigné leur candidat à la présidence de la Commission européenne (CE) en cas de victoire. Ces candidats sont d'ailleurs intervenus dans la campagne électorale hors de leur pays, phénomène nouveau qui ne semble avoir posé de problème à personne.
Cet aspect de la campagne explique peut-être que certains électeurs ont pris conscience que cette élection, estimée habituellement sans importance, pouvait avoir des conséquences au niveau européen et a, probablement, contribué à enrayer la chute, jusque là constante, de participation.

Bien sûr, la situation politique à l'intérieur de chaque pays de l'UE, et particulièrement en France, a joué un rôle dans le choix des électeurs.

 

Personnellement, pour la première fois, j'ai voté « utile », quoique sans illusion, j'ai voté pour Martin Schulz, le candidat du Parti socialiste européen (PSE) à la présidence de la CE et, par la même occasion, pour Pervenche Bérès.

On ne peut pas se plaindre de l'absence de démocratie au niveau européen et ne pas appuyer les partis européens quand ils exigent que le candidat arrivé en tête à cette élection devienne président de la CE. Alors que ce n'est pas formellement dans les textes (1).

Malheureusement, le PSE est arrivé en deuxième position. Et c'est J-C. Juncker, libéral à à l’excès, ancien premier ministre d'un paradis fiscal européen, qui est en position de revendiquer le poste de président de la CE. Comme il n'a qu'une majorité relative au PE, les consultations-tractations ont commencé comme dans tout régime parlementaire dans la même situation. A.Merkel, après avoir tergiversé, ayant dans sa manche d'autres candidats dont Christine Lagarde, a fini par déclarer soutenir J-C Juncker.

Pour être élu à la présidence de la CE, ce dernier doit obtenir une majorité qualifiée de 73,9 %, soit 255 voix sur 352, au Conseil européen où chaque État a un nombre de voix en fonction de l'importance de sa population : Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni 29 voix chacune, Espagne, Pologne, 27 voix…
Il devra ensuite être élu par le PE à la majorité des voix, ce qui suppose, le PPE n'ayant pas la majorité, une probable grande coalition à l'allemande PPE-PSE.

 

Si J-C Juncker est, ainsi, élu président de la CE, cela devrait faire jurisprudence pour l'avenir et le PE aurait arraché une nouvelle parcelle de pouvoir. Malheureusement, les citoyens européens ont majoritairement voté pour le PPE.

 

Un tsunami relatif et annoncé

En France, la victoire du Front national est incontestable : ce n'est cependant pas le tsunami proclamé même si elle traduit la gravité de la situation politique, économique, sociale… Ce n'est qu'une victoire par abstention. Certes le FN a fait un bond par rapport aux élections européennes de 2009 mais près de 2 millions d'électeurs qui avaient voté pour Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2012 n'ont pas voté pour les listes du FN le 25 mai. L'abstention a cepednat moins frappé le FN que les autres partis politiques.

 

Les citoyens ont pensé, majoritairement, que leur vote n'influencerait en rien ni l'évolution de la politique et des institutions européennes ce qui était l'objet de la consultation. Ni l'évolution de la politique intérieure de la France, les municipales étaient passées par là et le gouvernement avait décidé qu'il devait persister dans sa politique…


Pour expliquer cette résistance relative du vote FN quand tous les autres partis s'affaissaient, bien des raisons ont été avancées. Les partis de gouvernement, conduisant des politiques sensiblement identiques, ont été traités par l'électorat de façon similaire. Et les démêlés multiples d'élus avec la justice n'ont pas arrangé pas les choses.

 

Le principal parti d'opposition, UMP, n'a pas profité, quelques semaines après les élections municipales du désenchantement vis à vis du président de la République et de sa politique. Et des électeurs déçus ont pu se reporter sur le FN.

Pouria Amirashi dit dans Politis (29 mai 2014), les électeurs socialistes « font grève ». Leur désarroi est tel qu'ils n'ont même pas voté pour les autres partis de gauche.
La logique erratique de EELV passant, sans transition, du gouvernement à l'opposition n'a pas convaincu de sa vocation à gouverner avec une politique cohérente et durable. Quant au Front de gauche, parti aux municipales avec le PS (pour le PC) et contre le PS (pour le PG), il a continué à étaler la mésentente de son duumvirat, prouvant bien par là qu'il n'était pas une solution de rechange sérieuse au gouvernement socialiste.

 

La victoire du FN n'a été une surprise pour personne sauf pour ceux qui commandent les sondages, ceux qui les font et ceux qui les commentent qui claironnaient depuis des semaines le FN premier parti de France. Ils parlent mais ne semblent pas écouter ou croire ce qu'ils disent !

Ils continuent d'ailleurs. Si la victoire électorale du FN est incontestable, elle ne suffit pas encore à faire de lui, le « premier parti de France ». Il n'a aujourd'hui ni les électeurs, ni les cadres, ni les militants, ni les élus en nombre et qualité suffisants pour pouvoir y prétendre. C'est de bonne guerre, pour lui, moins pour les sondeurs, commanditaires, commentateurs et concurrents, de le proclamer. Cela lui permet d'avancer sur son chemin avec l'appui de tous les autres.

 

Une exception française ?

Cette victoire électorale du FN en France a un retentissement au niveau européen. Pour des raisons européennes. La France fait partie des pays fondateurs de l'UE, est la seconde puissance économique de l'UE et le fonctionnement de l'UE a été bâti et repose sur l'équilibre relatif entre l'Allemagne et la France… Une France moins européenne, avec un gouvernement affaibli, une économie à la traîne, n'est pas satisfaisante pour le fonctionnement de l'UE.

 

Mais cet affaissement des partis de gouvernement, cette poussée contre l'UE est-elle un phénomène local ? Ce n'est pas certain à l'examen des résultats électoraux de partis clairement opposés à l'UE dans différents pays, même si les situations politiques, économiques ne sont pas les mêmes. Des partis de droite, anti-européens, font souvent de meilleurs résultats que lors d'élections antérieures et quelques-uns ont des résultats comparables à ceux du FN. Mais, leurs divergences sont telles qu'il n'est pas sûr qu'ils se retrouvent dans le même groupe au PE. Quelques partis à gauche de la gauche ont aussi de bons résultats.

Au Royaume-Uni, Nigel Farage, lui même, « avait promis un séisme politique et il a tenu promesse » (The Guardian, cité par Courrier international n°1230). A la tête de l'UKIP (United Kindom Indépendence Party), il a recueilli 27,5 % (3,1 % en 2010) des suffrages devenant comme le FN, le « premier parti » du Royaume-Uni devant le parti travailliste 25,4 % et les conservateurs au pouvoir 23,9 % dont le penchant pro-européen est, pour le moins, limité. Au Danemark, le Parti populaire (DF) de Kristian Thulesen Dahl est arrivé en tête avec 26,6 % (12,3 % en 2011) devant les sociaux-démocrates au pouvoir (19,1 %). Ces deux pays ne font pas partie de la zone euro. En Autriche, où le taux de chômage tourne autour de 5 %, le FPÖ n'arrive qu'en troisième position mais avec 19,7 % des voix contre 12,7 en 2009…
Le pourcentage de voix est moindre mais significatif dans plusieurs autres pays : le Jobbik 14,68 % en Hongrie alors que le parti de Viktor Orban récolte déjà 51,49 % des voix ; Ordre et Justice 14,27 % en Lituanie, le Parti pour la liberté (PVV), en baisse, 13,2 % aux Pays-Bas, Les vrais Finlandais 12,9 %, Les démocrates suédois 9,7 %, Aube dorée 9,38 % et les Grecs indépendants (ANEL) 3,45 % en Grèce, le Congrès de la nouvelle droite (KNP) 7,06 en Pologne, Alternative für Deutschland (AfD) 7 % en Allemagne (qui envoie en plus le premier néonazi au PE), la Ligue du nord 6,15 % en Italie (sans compter le Mouvement 5 étoiles à 21,15 %). (Le Monde 28 mai 2014).

 

Ces résultats disparaissent quelque peu devant l'importance accordée aux résultats du FN en France. Ils n'en traduisent pas moins un malaise européen qui dépasse les clivages ressassés d'opposition entre pays du nord et du sud, ils ne peuvent être liés de façon simple à la situation sociale, au chômage… L'Espagne, le Portugal, l'Irlande dans des situations sociales difficiles ne connaissent pas une telle poussée des partis de droite europhobes. En Espagne, la Gauche unie réalise un 9,99 % et Podémos, issu du mouvement des indignés 7,97 %, au Portugal, la Coalition démocratique 12,69 % avec les socialistes en tête (31%) et le Sinn Fein 17 % en Irlande..

 

Et en Grèce, le pays le plus touché par la crise et la troïka, malgré les résultats des partis europhobes, Syriza, avec à sa tête Alexis Tsipras, allié du Front de Gauche et candidat de la GUE (Gauche unie européenne) à la présidence de la CE arrive en tête avec 26,57 % (« premier parti » de Grèce ?) devant la Nouvelle démocratie (22,75%), parti du Premier ministre.

 

Au total, il semble que le vote protestataire « nationaliste » s'est exprimé pus fortement que le vote « protestataire » social ou a mieux su capter ces deux protestations.

 

Enfin, vint Le Pen…

La politique n'est pas rationnelle et les commentaires bruyants faits autour des résultats de ces élections sont peut-être plus importants que les résultats eux-mêmes. Le « tsunami » français, le « séisme » britannique et leurs répliques dans différents pays européens ont-ils été le véritable « vote utile » de ces élections ? Ils traduisent, avec la baisse significative des partis de gouvernement, de gauche ou de droite, qui suivent la même politique, une souffrance et une défiance de plus en plus grandes des citoyens, que tout le monde connaît depuis des lustres, qui s'exprime à travers les manifestations, grèves.. Mais que les politiques et les « élites » ne veulent pas entendre. Souffrance et défiance qu'ils semblent enfin découvrir à travers les votes cntestataires !.

Après les hauts cris du soir des élections, défiance e t souffrance ont-elle été entendues ? Seront-t-elles écoutées ?

 

Le second tour des élections européennes.

Le PE a su utiliser le traité de Lisbonne pour lui faire dire que le président de la CE devait être le candidat désigné par le parti qui gagnerait ces élections. Le président de la CE serait ainsi élu, au suffrage universel indirect, par les peuples de l'UE, mettant ainsi hors jeu le Conseil.

Suivant cette logique, J-C Juncker devrait devenir le prochain président de la CE. Même A.Merkel qui avait quelques réticences à cette évolution et avait plusieurs candidats de substitution dans la manche, dont Christine Lagarde, semble s'être ralliée à cette solution.
Mais, le futur président doit, en premier, être adoubé par une majorité qualifiée au sein du Conseil des chefs d’État et de gouvernement.

Et David Cameron, le Premier ministre britannique, a fait savoir qu'il s'opposerait à la candidature de J-C Junker : sa nomination pourrait entraîner le départ du Royaume-Uni de l'UE.

Si certains se réjouissent de cette déclaration pour des raisons différentes, les uns souhaitant barrer le candidat du PE pour maintenir la prééminence du Conseil, entraver le chemin vers une UE plus intégrée, les autres avec l'espoir de voir sortir le Royaume-Uni de l'UE, il n'est pas certain que les majorités du Conseil et du PE soient prêtes à ce bras de fer.
Le Royaume-Uni avec ses 29 voix au Conseil aurait déjà le soutien des Pays-Bas (13 voix), de la Hongrie (12 voix), la Suède (10 voix), la Finlande (7 voix), soit 71 voix quand il en faut 92 voix pour bloquer le mécanisme à ce niveau. Il est remarquable que des pays réputés pour leur système démocratique représentatif comme la Suède, la Finlande suivent le Royaume-Uni. Cela prouve à quel point l'image de l'Europe s'est dégradée surtout quand on voit dans ce groupe les Pays-Bas qui faisaient partie des six pays fondateurs.

 

Lors de la première réunion du Conseil après les élections, pour tenir compte de leurs résultats, il a été question d'une réorientation des priorités de l'UE. Mais comme on vient de le voir tout le monde ne met pas les mêmes choses quand il s'agit de progresser vers plus de démocratie et, éventuellement, mobiliser les citoyens.


Reste la question économique et sociale. François Hollande, au lendemain de son élection, n'a pas su faire entendre la nécessité d'une nouvelle orientation. En position de faiblesse aujourd'hui, malgré son effort d'alignement budgétaire, il aurait déclaré que « l'Europe doit entendre ce qui s'est passé en France ».Et plaidé pour une autre politique économique.

 

Pour sa part, Matteo Renzi qui va présider l'UE à partir du 1er juillet, fort de sa victoire en Italie, refuse de se prononcer sur un nom, demande « un programme et un agenda » tout en refusant habilement d'entrer dans « un conflit entre PE et Conseil » : « Tant que l’Europe ne se dote pas d’une méthode pour combattre le chômage, toute discussion sur les postes sera inutile et inefficace ». (Matteo Renzi Le Monde 31/05/1).

 

La partie est loin d'être jouée, les tractations continuent. Des nombreux noms ont été avancés. Le risque est grand que, de compromis en compromis, soit désigné la personnalité la plus insignifiante... mais pour une fois, une partie des choses se passe sur la place publique et pas seulement dans le huis clos du Conseil.


J-C Juncker n'a pas la majorité absolue au PE. Il est possible qu'on s'oriente vers une grande coalition que A.Merkel connaît bien. Dans cette optique, Martin Schulz pose ses conditions : lutte contre le chômage, contre l'évasion fiscale... Jusque là A.Merkel s'entête :  « Il s'agit de reconquérir les électeurs » qui se sont portés sur les extrêmes, a-t-elle expliqué, affirmant qu'une « politique de compétitivité, de croissance et d'emplois est la meilleure réponse au mécontentement ». Jusqu'à quand ?

La décision des 28 sera connue lors du prochain Conseil des 26 et 27 juin prochain.

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 20:42

Revue de presse n° 136 (Europe)



Drapeau de la Suisse En signant un texte promettant de s'engager dans l'échange automatique d'informations fiscales, le ministre suisse de l'économie conclut symboliquement une longue transition. La Suisse admet officiellement la fin du secret bancaire qui a fait sa fortune. Mediapart 08/05/14

L'Union européenne (UE) possède une Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) mais ne possède pas de véritable armée européenne : les dépenses militaires sont toujours l'apanage des États membres.
C'est la Grèce qui a les plus importantes dépenses militaires : 2,4% du PIB, par suite des tensions avec la Turquie. Suivent Royaume-Uni (2,3% du PIB), Portugal (2,2%), France (2,2%), Chypre (2,1%) et Estonie (2%).
En valeur absolue, France (46,105 milliards d'euros) et Royaume-Uni (37,121) en tête, mais aussi République tchèque (42,053), Allemagne (36,739) et Italie (24,591). A l'inverse, Irlande (0,5% du PIB), Luxembourg (0,5%) et Malte (0,6%) ont les dépenses militaires les plus faibles. Toute l'Europe 08/05/14

En 2013, les émissions de CO2 ont baissé de 2,5% par rapport à 2012 dans l’UE28 ; Eurostat 07/05/14

L'accord de libre-échange transatlantique menace l’État de droit. Il prévoit de confier à des tribunaux arbitraux privés de départager des litiges commerciaux. « Les États-Unis et l'UE concentrent près d'un tiers du commerce mondial... A cette échelle, confier à des avocats du privé la possibilité de trancher dans des procédures non publiques (sans procès) revient à quitter l’État de droit… Le libre-échange est une bonne chose s'il se déroule de manière transparente et s'il entraîne une amélioration des normes écologiques et sociales dans le monde. Dans le cas contraire, ce n'est qu'une arnaque." Eurotopics Wiener Zeitung (quotidien public d'obédience libérale) – Autriche 08/05/14

A Athènes, les plus pauvres peuvent mourir… Quand la mère ne peut pas payer, certains hôpitaux gardent le bébé jusqu'à ce que les parents s'acquittent des 700 euros impayés. Libération 22/05/14

Le néolibéralisme remplit les prisons - Rôle préventif des dépenses sociales – Forte imposition, peu d incarcérations - Limiter les inégalités freine la criminalité – La pauvreté, facteur de risque – Le taux de chômage ne joue pas. Titres d'un dossier de Libération comparant les pays de l'OCDE 24-25/05/14

Nombre de prisonniers pour 100 places : Turquie 86, Allemagne 89, France 117, Italie 145… En 20 ans, L'UE a perdu 12 millions d'emplois manufacturiers.
En 6 ans, les Etats-Unis ont multiplié par 10 la production d'énergie solaire. Challenge15-21/05/14

Élections européennes. Le taux d'abstentions varie, selon les États, de 10% en Belgique et au Luxembourg (vote obligatoire) à 87 % en Slovaquie. Depuis les premières élections de 1979, participation de plus en plus faible. 2014, stabilisation à 43,09% (43% en 2009).
Dans quelques États, le taux d'abstentions a diminué par rapport à 2009 : Allemagne, France, Roumanie, Finlande, Suède. De façon plus importante en Lituanie, de 79,02% en 2009 à 55,09%. et en Grèce de 47,39% à 41,80%.
Abstention en forte hausse : Tchèquie (+9% par rapport à 2009), Danemark (+4%), Estonie (+8%), Irlande (+7%), Italie (+5%), Hongrie (+6%) et Slovénie (+8%).
Moyenne de l'abstention dans l'UE à 28 s'établit à 56,91% environ. Toute l'Europe 26/05/14

2014, huitième élection du PE au suffrage universel. Pour les citoyens européens habitant un autre pays de l’UE dont ils n'ont pas la nationalité, c’est la cinquième fois qu’ils peuvent voter dans le pays de résidence.
Les comparaisons sont difficiles. Le nombre d’États est passé de 15 à 28 et le nombre d’Européens expatriés dans un autre État de l’UE de moins de 5 millions en 1994 à plus de 12 millions en 2014. Les conditions d’inscription ne sont pas strictement les mêmes. Après un faible taux en 1994, le nombre d’inscrits a nettement augmenté ; par exemple trois fois plus nombreux en Belgique et au Luxembourg, près de cinq fois en France, vingt ans après.
Le choix croissant de voter plutôt dans le pays de résidence que dans le pays d’origine témoigne en faveur d’une citoyenneté de résidence. D’ailleurs l’écart des taux d’inscription entre les élections municipales et européennes se réduit. Les Européens veulent garder leur nationalité d’origine mais être citoyens là où ils résident.
Plus de 20 millions d’étrangers non européens résidant en Europe restent encore exclus de cette élection. La démocratie ne peut s’en satisfaire. L’UE doit les intégrer dans ses élections, ils font partie de l'Europe qu’ils contribuent à construire. Lettre de la citoyenneté mai-juin 2014

Il y a eu 1807 cas d'euthanasie en Belgique en 2013 en augmentation de 27 % par rapport à 2012. Libération 29/05/14

« Ma voix compte dans l'UE ». Êtes-vous d'accord ou non avec cette affirmation ?

En %

DK

BE

DE

FR

UK

ESP

IT

GR

CHY

UE

D'accord

57

47

41

36

19

18

17

13

11

29

Pas d'ac

41

51

54

59

74

80

79

86

85

66

Eurobaromètre.El Païs Octobre 2013.CI 23-27 mai 2013

En 10 ans, la production de fraises a baissé de 30 % en France et augmenté de 70 % en Allemagne. Challenge 22 mai 2014

Chaque année, au moins 60 milliards d'euros sont soustraits au Trésor public. Exemple : Starbucks possède 87 établissements en France… n'y dégage aucun bénéfice, malgré un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros. Planifie une dizaine d'inaugurations dans les mois qui viennent… champion de l'optimisation fiscale… Challenge 22 mai 2014

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

 

Le président du Medef va-t-il donner l'exemple et limiter toutes les hausses de salaire – dont la sienne – à 1 % ? (11/05/14)

 

Élection à la présidence de l'UMP contestée. Comptabilité de l'UMP, contestée. Malhonnête ? Incompétent ? Que peut faire l'UMP de Coppé ? 28/05/14

 

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 23:18

 

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Cannes* 2014 : un bon cru

 

 

 

Plus de 120 longs métrages sont proposés au Festivalier moyen. Nous en avons vu 28 plus une série de courts métrages sous le titre « Les ponts de Sarajevo ». Bien entendu, tous les films présentés ne peuvent être vus, faute de temps. Le choix est fait en fonction des horaires, de l'affluence, des informations publiées dans la presse du festival, disponible ou distribuée gratuitement, des rumeurs qui circulent dans les queues…

Quoi qu'il en soit, même si nous n'avons pas pu tout voir, nous avons vu de très bon films notamment dans les sélections « un certain regard » ou « la quinzaine des réalisateurs**»..

 

Notre palmarès : notessur 20 avec parfois un bref commentaire.

 

18 Timbuktu de Abderrahmane Sissako, 1h42, Compétition. Tombouctou sous la coupe des djihadistes : les jeux de ballon, la musique sont interdits, les femmes doivent être voilées et couvrir leurs bras... La population résiste... Une famille vit sous la tente, en marge de la ville... L'homme tue un pêcheur pour une histoire de vache et de filets rompus... Quelques scènes terribles (flagellation, lapidation), d'anthologie (match de foot sans ballon)…
Très étonnés que ce film n'ait eu aucune récompense. Mais nous n'avons pas vu la plupart des films en compétition. Peut-être répond-il trop à l’attente des spectateurs occidentaux avec de très belles images, gazelles, chameaux, dunes…

 

18 Fehèr Isten (White God) de Kornèle Mundruczo, 1h59, Un certain regard. Film partant d'une loi existant depuis longtemps en Hongrie suivant laquelle doivent être éliminés les chiens « bâtards ». Scénario original qui n'est pas complètement innocent.

Une fillette va être séparée de son chien qui n'est pas de « race hongroise » et donc condamné. Il va être dressé au combat, s'enfuit, devient errant, est mis en fourrière dont il s’échappe avec tous ses congénères, terrorisant la ville…

 

17 National Gallery de Frederick Wiseman, 2h53, Quinzaine des réalisateurs. Documentaire absolument remarquable sur l’accueil du public au musée, la restauration des tableaux, leur mise en valeur, leur interprétation...

 

17 Kaguya-Hime no monogatari (Le conte de la princesse Kaguyja) de Isao Takahata. Quinzaine des réalisateurs. Magnifique film d'animation d'après une très ancienne légende japonaise.

 

16 Run de Philippe Lacôte, 1h40, Un certain regard. Après avoir été disciple du « faiseur de pluie », bateleur sur la place publique pour Gladys, la mangeuse de riz, « jeune patriote », Run (parce qu'il s'enfuit toujours) va tuer le Premier ministre de Côte d'Ivoire... Moins immédiatement lisible que Timbuktu.

 

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Philippe Lacôte

 

 

 

16 Les violons du bal de Michel Drach, 1974, 1h44, Classics. En présence de Marie-José Nat.

 

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15 Les croix de bois de Raymond Bernard, 1931, 1h55, Classics. D'après Dorgelès, avec Charles Vanel. Reconstitution d'un épisode dramatique de la Première guerre mondiale. 

 


 

15 Turist – Force majeure de Ruben Östlund, 1h40, Un certain regard. Prix du Jury. Une famille suédoise aux Arcs pour faire du ski. Une avalanche provoquée menace le chalet. Tout le monde s'affole. Le père s'enfuit, la mère reste avec les enfants... Les retrouvailles sont difficiles.

 


Ruben Östlund et son équipe


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15 Dohee Ya (Une fille à la porte) de July Jung, 1h59, Un certain regard. En Corée, une

jeune policière est sanctionnée par une mutation dans une petite localité, suite à une aventure homosexuelle... Dans sa nouvelle affectation, elle protège une fillette battue par un père qui exploite des travailleurs sans papiers et une grand-mère alcooliques. Elle va la prendre sous sa protection..

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July Jung,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 Le Challat de Tunisde Kaouther Ben Hania, 1h30, ACID : enquête cinématographique sur un fait divers : un homme à moto balafre les fesses des femmes dans la rue. La cinéaste mène l'enquête, cherche dans les archives... La femme dans la société tunisienne.

 

14 Gett, le procès de Viviane Amsalem de Ronit et Shlomi Elkabetz, 1h55, Quinzaine des réalisateurs. En fonction de la loi rabbinique, le divorce n'est possible qu'avec le consentement du mari. Un procès qui va durer 5 ans pour pouvoir divorcer et être répudiée...

 

14 P'tit Quinquin de Bruno Dumont, 3h20, Quinzaine des réalisateurs. Dans un village du nord, des jeunes menés par P'tit Quinquin font les 100 (petits) coups. Une suite de disparitions plus ou moins burlesques... une femme sans tête retrouvée dans le ventred'une vache... Le Commandant de gendarmerie, surnommé Brouillard, mène l'enquête. Tout est clair.

 

14 Jimmy's Hall de Ken Loach, 1h46, Compétition. Jimmy, commmuniste, revient des États-Unis et va remettre en marche la salle de bal et d'éducation populaire du village. L'opposition du clergé et des propriétaires terriens vont le contraindre à un nouvel exil. Film sans scène érotique, sans meurtre et... sans pluie en Irlande. Rare, très rare.

 

12 Bird People de Pascale Ferran, 2h08, Un certain regard. Un cadre étasunien de passage à Paris décide de tout arrêter, son ménage, sa carrière... Une étudiante travaille comme femme de chambre dans l'hôtel... Un moineau… et de belles photos de Roissy.

 

12 Refugiado, de Diego Kerman, 1h35, Quinzaine des réalisateurs. Une femme enceinte avec un enfant fuit un mari violent et finit pas se réfugier chez sa mère...

 

12 Titli de Kanu Behl, 2h04, Un certain regard. Une fratrie indienne vit d'expédients, vole des voitures en tuant le chauffeur... les familles s'entendent pour marier le plus jeune a une jeune femme qui a un riche amant... Le couple finira par se trouver...

 

 

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12Charlies'Country de Rolf De Heer, 1h48, Un certain regard. Charlie, bien vu de tout le monde, est un aborigène, vit d'allocation, a dansé devant la reine d'Angleterre, aide ses amis interdits d’alcool à s'en procurer... Il finira par rentrer au village pour apprendre aux enfants à danser, peut-être un jour devant la Reine. Prix d’interprétation à David Gulpilil (Charlie).

 

11 La chambre bleue de Mathieu Amalric, 1h16, Un certain regard, d'après un livre de Simenon.

 

10 Next Goal Wins/Une équipe de rêve de Mike Brett et Steve Jamison, 1h30. Marché du film. Grâce à un entraineur néerlandais, l'équipe de foot de Samoa américaine dont un(e) transgenre, bien intégré(e) à l'équipe,va marquer le premier but de son histoire...

 

10 Cold in july de Jim Mickle, 1h49, Quinzaine des réalisateurs. Réveillé dans la nuit, un Texan tue en « légitime défense » et est entraîné dans une histoire sordide de trafic de drogue, de crime sadique par le FBI…

 

9 These final hours de Zak Hilditch 1h26, Quinzaine des réalisateurs. La fin du monde annoncée, le désordre s'installe... tout s'exacerbe, suicides, sexe, drogue... Le héros quitte son épouse pour rejoindre sa maîtresse... et finira par revenir vers sa femme.

 

9 Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy, 2h10, Semaine de la critique****. Film ukrainien. Grand Prix Nespresso, Prix Révélation France 4 et Aide Fondation Gan pour la diffusion. La vie dans une institution de sourds-muets, échanges en langage des signes, pas une parole. Bizutage, sorties nocturnes pour détrousser et massacrer des passants, prostituer de jeunes femmes condisciples...
Intérêt du film inventer une narration cinématographique sans parole, par exemple, pas de champ contre-champ...

 

8 Le jour se lève de Marcel Carné, 1939, Classics, 1h31. Prévert, Jean Gabin, Arlety. A beaucoup vieilli.

 

8 Piu buio di mezzanotte de Sebastiano Rizo, 1h34, Semaine de la critique.

 

8 Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur, 1h 33, Quinzaine des réalisateurs.

 

8 Incompresa de Asia Argento, 1h50, Un certain regard. Loin de l'Incompris de Comencini.

 

7 Amour fou de Jessica Hausner, 1h36, Un certain regard. Un poète cherche l'amour d'une femme qui accepterait de se suicider avec lui. Film en costume d'époque, atmosphère de fin du XIXè siècle

 

5 Les Ponts de Sarajevo, 13 courts métrages d'auteurs différents.

 

5 New Territories de Fabianny Deschamps, 1h28, Acid

 

CANNES 2014

 

Films projetés une ou plusieurs fois pendant le Festival dans les différentes sélections.
En Compétition : 19, Hors compétition : 17, Un certain regard : 21, Cannes classics : 21, Courts métrages  : 26, Cinéma de la plage : 10, Quinzaine : 25 + 11 CM, Semaine de la critique : 11 + 2 séances de CM, Acid : 8

Thierry Frémaux a déclaré avoir visionné 1 800 films pour faire la sélection !

 

Le Marché du film 2014

 

Avec 12 000 participants enregistrés au Marché, le rendez-vous cannois poursuit une expansion continue et renforce sa place d'incontournable. Sur ce nombre d'accrédités, 29 % étaient des producteurs, 21 % des distributeurs, 11 % des vendeurs, 4 % des acteurs de l'univers de la VàD (Vidéo à la demande) et des nouveaux. Au total, 1 900 acheteurs avaient répondu à l'appel pour acquérir films et projets. Un catalogue global de 5 200 titres dont 3 100 déjà disponibles, 810 documentaires et 144 films en 3D. 44 % des œuvres viennent d'Europe, 18 % des États-Unis et 18 % de France. Parmi les 1 450 projections organisées dans 37 salles, 79 % des titres accessibles étaient des premières internationales…

Avec 117 pays participants cette année contre 109 en 2013, le Marché continue de tisser sa toile… Le film français 21/05/14

 

Le Festivalier

 

Le Festivalier moyen doit s'armer de patience pour faire la queue qui ne permet pas toujours d'entrer dans la salle, s'équiper de bonnes chaussures, pour aller d'une salle à l'autre, ne pas trop craindre le soleil ou la pluie qui fait surgir des marchands de parapluies, tout aussi prêts à vendre des chapeaux dés que le soleil reparaît…

 

Mais l'attente dans la queue, le voisinage au café ou au restaurant, permettent des échanges avec des personnes de professions, de nationalités diverses. Cette année, nous avons été amenés à discuter avec des Suisses, des Allemands, des Libanais, des Italiens, un Étasunien de Nord Caroline… En français mais aussi, pour Anne en anglais, allemand ou italien et même par signes avec des sourds muets… qui, malheureusement, n'avaient pas encore vu « Tribe ».

Ces moments d'attente sont l'occasion d'échanges d'informations sur les films vus par les uns et les autres, sur les moyens de logement, les restaurants. D'informer les nouveaux sur les différentes salles de projection, où et comment se procurer des invitations…

 

Les motivations des festivaliers peuvent être très différentes. Il y a ceux qui viennent pour voir les stars monter les marches, simple curieux avec un petit appareil ou photographes semi professionnels publiant leurs photos... Ceux qui viennent passer le week-end et aimeraient bien voir des films mais ne savent pas que c'est possible même sans accréditation. Ceux qui se placent devant le Palais du festival en demandant aux plus favorisés s'ils n'ont pas une invitation en trop. Ceux qui sont étudiants ou professionnels du cinéma, ceux qui vont monter un ciné club, ceux qui dirigent un festival dans un région de France ou en Italie. Ceux qui ont des badges parce qu'ils sont animateurs culturels, étudiants, professionnels du spectacle ou amis de…

 

 

 

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Le Festivalier moyen épuisé....

 

 

* Articles sur les précédents Festivals de Cannes 2012, 2011, 2010

** Les films de la Quinzaine des réalisateurs seront présentés au Forum des images à Paris à partir du mercredi 28 mai au 7 juin 2014.

*** Les films de "un certain regard" sont programmés au "reflet MEDICIS" du 28 mai au 3 jiuin 2014

**** Les films de la Semaine de la critique sont visibles à la Cinémathèque à Paris

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 07:36

 

Union européenne : s'emparer du possible !

 

L'Union européenne (UE) boite des deux jambes sur les peuples : manque de démocratie d'une part, ultralibéralisme de l'autre. Les citoyens européens peuvent, peut-être, profiter d'une porte entrouverte pour faire évoluer les choses vers plus de démocratie et contester l'ultralibéralisme.

Des trois institutions - Conseil européen, Commission européenne (CE), Parlement européen (PE) - qui gèrent actuellement l'UE, aucune n'était élue par les peuples jusqu'en 1979. Depuis cette date, le PE, l'institution qui a le moins de pouvoir, est élu au suffrage universel. Et depuis cette date, ses pouvoirs augmentent, même si c'est à pas comptés.

A l'occasion de la présente élection européenne, une nouvelle avancée est possible. Non certaine.

 

L'élection des députés européens et le futur président de la Commission
Depuis le traité de Lisbonne, adopté de manière aussi contestable que l'est son contenu en général, le PE a un nouveau pouvoir. L'article 17 du traité de l'UE (article 9 du Traité de Lisbonne) stipule : « en tenant compte des élections au Parlement européen, et après avoir procédé aux consultations appropriées, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission. Ce candidat est élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent. Si ce candidat ne recueille pas la majorité, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose, dans un délai d'un mois, un nouveau candidat, qui est élu par le Parlement européen selon la même procédure. »

 

Le texte énonce que le Conseil européen doit tenir compte du résultat des élections et le PE peut élire ou non le candidat choisi par le Conseil. Par une véritable tentative de putsch démocratique, les principaux partis européens veulent obliger le Conseil européen à désigner le candidat qu'eux mêmes ont soumis à l'approbation des peuples à travers l'élection du PE. Suivant le parti vainqueur de l'élection : Martin Schulz, actuel président allemand du PE, pour le Parti socialiste européen (PSE) ; Alexis Tsipras, leader grec du mouvement Syriza, pour le Parti de la gauche européenne ; José Bové, Français, et Ska Keller, Allemande, pour Europe-Ecologie-Les Verts ; Guy Verhofstadtle, Belge, pour l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) ; Jean-Claude Juncker, Luxembourgeois, ancien Président de l'Eurogroupe, pour le parti populaire européen (PPE).

 

Angela Merckel, comme d'autres chefs d’État ou de gouvernement mais avec un pouvoir certain, n'est pas favorable à cette interprétation du traité fortement suggérée par les partis européens. Prudente cependant, elle a pesé pour le choix de Claude Juncker contre Michel Barnier comme candidat du PPE...
Dans Le Monde, François Hollande appuie, nettement, les parlementaires européens : « Pour la première fois, les électeurs, par leur vote, désigneront le futur président de la CE ». Il a cependant été moins précis en présence d'Angela Merckel : « le vote des Européens doit être respecté... Une élection au parlement européen doit avoir des conséquences, si nous appelons au vote, c'est bien pour qu'il soit respecté dans ses résultats ».

 

Comme le dit Alain Lamassoure, le mode de désignation dépendra fortement du résultat des élections. Si l'un ou l'autre des partis, PPE ou PSE probablement, obtient une majorité absolue au PE, il sera difficile au Conseil européen de ne pas désigner le candidat choisi par le parti vainqueur. En cas de majorité relative, on entrera dans le jeu habituel des négociations en régime parlementaire et le Conseil aura plus de latitude pour désigner son candidat. Prudemment, Angela Merckel et François Hollande ont annoncé qu'il faudrait du temps au Conseil et au PE pour désigner le président qui devrait prendre fonction le 1er novembre 2014.

 

Si une majorité nette ne sort pas de l'élection européenne, Angela Merckel pourra sortir sa supposée candidate, Christine Lagarde, de sa manche et Guy Verhofstadt jouer un rôle décisif pour constituer une majorité absolue par l'apport des voix des libéraux-démocrates.

Quoi qu'il en soit, le candidat désigné par le Conseil européen devra se présenter devant le PE et recueillir une majorité absolue. A défaut, le Conseil aura un délai d'un mois pour présenter un nouveau candidat.
Le PE votera aussi son mot à dire sur les commissaires européens proposés par le nouveau président de la Commission.


Le résultat de ces élections européennes est donc particulièrement important.
Si la participation électorale est plus importante que lors des élections précédentes, cela montrera que les citoyens s’intéressent davantage aux élections européennes lorsqu'ils pensent qu'il existe un certain enjeu.
La volonté des parlementaires de s’affranchir du Conseil européen dans la désignation du président de la CE en sera renforcée d’autant ainsi que les chances du candidat présenté par le parti majoritaire au PE.

 

Il faut espérer que Conseil et PE ne décevront pas, une fois de plus, les citoyens et qu'ils ne bloqueront pas cette évolution des institutions européennes vers une démocratie de type parlementaire.
Ce n'est peut-être pas LA démocratie mais c'est un pas vers plus de démocratie. Il serait dommage que les citoyens de l'Union ne profitent pas de l'occasion.

 

L'initiative citoyenne européenne (ICE)

Le traité de Lisbonne a prévu une modalité d'interpellation de la CE, l'ICE, instituée par l'article 11 du traité de l'UE, qui est applicable depuis le 1er avril 2012.

 

Par l'ICE, 1 million de citoyens européens, provenant au moins d'un quart des États de l'UE (donc 7 États au moins) peuvent demander à la Commission de faire des propositions dans des domaines qui relèvent de sa compétence. Cependant, la CE n'a aucune obligation de réponse et peut faire la sourde oreille.
Pour pouvoir lancer l'ICE, un comité des citoyens, composé d'au moins sept citoyens résidant dans au moins sept États différents de l'UE, doit être constitué. Une fois enregistrée, l'initiative citoyenne européenne doit recueillir au moins un million de signatures dans l'année suivant la confirmation de l'enregistrement de la proposition par la Commission. Cette collecte des signatures peur être faite sur papier et/ou par voie électronique.

Le nombre minimum de signatures par État est calculé en multipliant son nombre de députés au PE par 750 (ce nombre varie donc de 4 500 signatures à Malte à 74 250 signatures en Allemagne, 55 500 pour la France).

 

Depuis 5 ans maintenant, l'UE subit la crise et certains pays de façon plus brutale. Cette crise est aggravée par une politique imposée de façon peu démocratique notamment par la troïka (Fond monétaire international, Banque centrale européenne, Commission européenne). Mais les critiques de cette politique sont de plus en plus nombreuses venant de la société civile, manifestations, montée de l'euroscepticisme, opposition des syndicats européens, prise de position de nombreux économistes dont plusieurs prix Nobel d'économie et même autocritique de certaines institutions : le FMI a fait entendre, à plusieurs reprises, sa différence.

Tout ceci n'a pas amené la CE, c'est à dire les gouvernements de l'UE, à modifier d'un iota son orientation politique. D'où l'intérêt de l'ICE un New Deal pour l'Europe, « Pour un plan européen extraordinaire de développement durable et de création d'emplois ».

 

Cette ICE part du constat que la politique suivie est un échec douloureux pour les peuples, chômage, baisse des salaires, de la protection sociale... sans venir à bout de l'endettement dont c'était un des buts. Que la poursuite d'une telle politique devient dangereuse pour la cohésion sociale et l'avenir même de l'Union européenne et peut conduire à son éclatement.


Une politique de relance économique est chaque jour plus nécessaire et qui ne peut connaître le succès que si elle est conduite au niveau européen. D'où l'idée d'un plan européen extraordinaire pour relancer la recherche et l’innovation, les énergies renouvelables, les réseaux d’infrastructure, l’agriculture écologique pour défendre la biodiversité et une nourriture de qualité, un Fond Européen de solidarité pour aider les personnes au chômage à retrouver un emploi... Ce plan qui pourrait relancer l'emploi, serait financé par des ressources propres de l’UE, taxe sur les transactions financières, taxe carbone... qui pourraient éventuellement alléger la part des contributions nationales au budget de l'UE.

 

De nombreux citoyens rendent responsable l'UE de mesures qui ont été décidées discrètement par le Conseil européen, c'est à dire par des gouvernements qui refusent de les assumer publiquement. Participer à l'élection du PE, c'est renforcer la seule institution de l'UE élue directement et dont les débats et les votes publics permettraient de donner plus de transparence aux prises de décision.

Interpeller la CE pour une politique de relance, permet aux peuples de prendre l'initiative et de contester la politique suivie jusque là. Même si la CE n'est pas, formellement, obligée de répondre concrètement à une ICE, il n'en demeure pas moins que sa réussite viendrait l'ajouter à tous ceux qui contestent la politique économique actuelle. Et plus le nombre de pétitionnaires sera important, plus il sera difficile à la CE de faire semblant de ne pas entendre.

 

Bien entendu le succès n'est assuré ni au niveau de l'élection du PE et du président de la CE, ni au niveau de l'ICE mais il n'est pas possible de continuer ainsi. De se contenter de protestations verbales. De se replier chacun dans son coin. Seul un important mouvement citoyen peut changer le cours des choses. Deux occasions nous sont ouvertes pour ouvrir une brèche. Ne rien faire serait une faute politique.

 

 

NB : D'autres ICE ont déjà collecté plus d'un million de signatures et attendent la réponse de la Commission comme Right to Water, pour un droit à l'eau et à l'assainissement. D'autres sont en cours de collecte de signatures.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 20:09

 

Albert Camus : De « L'Etranger » au « Choc des civilisations »



Les créations d'Albert Camus s'étalent sur trois décennies, on pourrait même dire, pour l'essentiel, sur une décennie. Camus a parlé, dans ses Carnets, de « trois cycles » : absurde, révolte, amour. Ces cycles coexistent, dans sa tête, même s'ils n'apparaissent pas avec la même intensité au même moment dans l’œuvre et la vie d'Albert Camus.

 


Tout d'abord, l'absurde, avec l'inégalable Étranger (1942). Dans ce livre, Camus porte à l'extrême l'opposition entre l'insignifiance de l'homme, son inéluctable destin, malgré sa volonté de vivre, et la toute puissance du monde qui l'ignore totalement. Rien n'a de sens, rien n’existe en dehors de ce qu'on peut voir, sentir toucher dans l'instant. Et rien n'est plus absurde que la condamnation à mort d'un homme déjà condamné par nature.


Cette platitude, cette banalité, cet insensé du monde humain, ouvre la porte à une humanité sans morale. Ce qui permet à Mersault, après Zagreus, dans La Mort heureuse (écrit en 1936-38), de tout s'autoriser y compris le meurtre pour s'assurer la possibilité d'un bonheur immédiat. Sans remords, sans regret.

Ce sont les mêmes sentiments qui animent Martha, formée par sa mère à la liberté de tout faire, dans Le Malentendu (1944). Toutes deux vont s'engager dans l'assassinat des (in)fortunés voyageurs esseulés pour réaliser leur rêve.


Déjà, dans ce cycle absurde, un grincement est perceptible. Dans La mort heureuse et L’Étranger, l'auteur exalte la puissance de la lumière et de la mer, les odeurs et les couleurs, la beauté du monde, présent, et des femmes...

Le héros de La Mort heureuse commet un meurtre volontaire, crapuleux pour pouvoir profiter pleinement, fortune obtenue, de la beauté du monde et du bonheur. Dans L’Étranger, le meurtrier n'est que l'instrument et la victime de la puissance solaire qui l’entraîne dans un assassinat sans raison, insensé, dont il ne tirera aucun avantage et qui le conduira à l'échafaud.


L'héroïne du Malentendu veut fuir le monde gris qu'elle connaît et déteste, fait de pluie et de tristesse, où sa jeunesse s'étiole. Pour cela, elle se lance, avec l'accord et l'aide de sa mère, dans une série d'assassinats qui vont leur donner les moyens financiers de découvrir un monde rêvé, nouveau, exotique, éclatant de soleil. Martha, contrairement aux héros précédents, a conscience du bien et du mal et l'assume. Elle excuse même la mort qu'elle donne, plus douce que d'autres.

 
Dans Le Malentendu, tous les personnages expriment une forme d'amour que Mersault et Meursault refusent absolument : amour réciproque et proclamé de Maria et de Jan, amour avoué de Martha pour sa mère. Mais la faille qui va entraîner la perte de LA MERE, sans nom,est la découverte tardive d'une certitude supérieure à toutes les autres : l'amour encore, amour inaltérable d'une mère pour son fils, encore plus que pour sa fille, qui va la conduire à rejoindre un fils, inconsciemment assassiné. Ce que Martha ne supportera pas.


La certitude du non-sens du monde percute une autre certitude : la certitude de l'amour, la nécessité, pour l'homme, de se révolter contre ce destin injuste qui lui est fait, de ne pas accepter ou ajouter l'injustice des hommes à celle du monde.

 


L'engagement de Camus dans le parti communiste en Algérie, aux cotés des Républicains espagnols, dans la Résistance, contre la misère, la dictature, l'occupation est en cohérence avec cette nécessaire révolte. Mais ces engagements ont lieu quand Camus est dans son cycle créateur de l'absurde, L'Homme révolté ne paraît qu'en 1949.


L'homme peut être amené à tuer. Mais les causes les plus nobles ne justifient pas de tuer n'importe où, n'importe qui, n'importe comment. C'est ce que montrent, notamment, Lettres à un ami allemand (1943-1945), Les justes (1949)...

 
Dans Lettres à un ami allemand, écrites pendant l'occupation et la Résistance, perce une autre forme d'amour, l'amour exalté de la France qui conduit Camus à construire une France mythique, abstraite, généreuse, immaculée. Une forme de nationalisme dont il s'est défendu dans la préface à l'édition italienne des Lettres.


Dans  Le premier homme , l’œuvre immense qu'il préparait au moment de sa mort, l'amour éclate. Dans les notes, il écrit « En somme, je vais parler de ceux que j'aimais ? Et de cela seulement. Joie profonde ».


Amour de sa mère, bien sûr, qui ne sait pas lire et à qui le livre est dédié : « A toi qui ne pourra jamais lire ce livre ».
 

 

Mais aussi dans cette œuvre, certes littéraire mais surtout autobiographique, il parle de « cette femme qu'il avait aimée, oh oui, il l'avait aimée d'un grand amour de tout le cœur et le corps aussi, oui, le désir était royal avec elle, et le monde, quand il se retirait d'elle avec un grand cri muet au moment de la jouissance, retrouvait son ordre brûlant, et il l'avait aimée à cause de sa beauté et de cette folie de vivre, généreuse et désespérée, qui était la sienne et qui lui faisait refuser, refuser que le temps puisse passer, bien qu'elle sût qu'il passât à ce moment même, ne voulant pas qu'on puisse dire d'elle un jour qu'elle était encore jeune, mais rester jeune au contraire, toujours jeune, éclatant en sanglots un jour où il lui avait dit en riant que la jeunesse passait et que les jours déclinaient.... et, intelligente et supérieure à tant d'égards, peut-être justement parce qu'elle était vraiment intelligente et supérieure, elle refusait le monde tel qu'il était.... et il l'aimait désespérément. »


Enfant d''un père qu'il n'a pas connu, mort des suites d'une blessure de guerre en 1914, et d'une mère illettrée, il se reconnaît dans le peuple pied-noir auquel il appartient charnellement. Au moment d'assumer cette solidarité, il affirme : « J'en ai assez de vivre, d'agir, de sentir pour donner tort à celui-ci et raison à celui-là. J'en ai assez de vivre selon l'image que d'autres me donnent de moi. Je décide l'autonomie, je réclame l'indépendance dans l’interdépendance. »


Evolution sensible par rapport à Lettres à un ami allemand. Dans celles-ci, il lui fallait un long discours pour mettre la justice et la France dans le même camp. Ici, pas de longue réflexion sur la justice et sa solidarité physique avec les Français d'Algérie.
En Algérie, il a bien perçu le danger, pour la France, à ne pas incarner la justice. Et si l'origine sociale, la pauvreté d'une famille de travailleurs lui a permis d'assumer ses prises de position en faveur des plus défavorisées, cette même origine, européenne, française, l'a empêché de comprendre la terrible injustice faite à des générations d'Algériens par des générations d'Européens, des étrangers. Qui ont imposé leur hégémonie militaire, économique, sociale et refusé tout partage.


Après avoir affirmé qu'il avait toujours voulu être du coté des victimes contre les bourreaux, après avoir voulu une Algérie juste pour tous dans le cadre français, que ne voulaient ni les Français d'Algérie, ni les Algériens. Il sera confronté au choix impossible entre la justice et la France.
« Jacques, qui s'était jusque là senti solidaire de toutes les victimes, reconnaît maintenant qu'il est aussi solidaire des bourreaux. Sa tristesse. » Tristesse de se sentir solidaire des Français d'Algérie ?


Mais ce qui peut apparaître comme un repliement sentimental de l'amour de la France et des Français (Lettres à un ami allemand) vers les seuls Français d'Algérie, va beaucoup plus loin. C'est la vision défaitiste d'un monde livré au choc des civilisations : « Demain, six cent millions de Jaunes, des milliards de Jaunes, de Noirs, de basanés, déferleraient sur le cap de l'Europe... et au mieux [la convertiraient]. Alors tout ce qu'on avait appris, à lui et à ceux qui lui ressemblaient, tout ce qu'il avait appris aussi, de ce jour les hommes de sa race, toutes les valeurs pour quoi il avait vécu, mourraient d'inutilité ».


On pourrait croire que c'est la guerre d'Algérie, la situation en Algérie, qui lui font percevoir l'Algérie française comme la pointe avancée face au monde arabe et musulman dans cette confrontation des civilisations.
Ou est-ce l'inverse ? Cette vision du monde qui renforce ses sentiments personnels sur les liens nécessaires entre l'Algérie et la France.


En effet, déjà en 1948, dans Ni victimes, ni bourreaux, il affirmait : « Nous centrons aujourd’hui nos réflexions autour du problème allemand, qui est un problème secondaire par rapport au choc d’empires qui nous menace. Mais si, demain, nous concevions des solutions internationales en fonction du problème russo-américain, nous risquerions de nous voir à nouveau dépassés. Le choc d’empires est déjà en passe de devenir secondaire, par rapport au choc des civilisations. De toutes parts, en effet, les civilisations colonisées font entendre leurs voix. Dans dix ans, dans cinquante ans, c’est la prééminence de la civilisation occidentale qui sera remise en question. Autant donc y penser tout de suite et ouvrir le Parlement mondial à ces civilisations, afin que sa loi devienne vraiment universelle, et universel l’ordre qu’elle consacre. »

La Conférence de Bandoeng aura lieu en 1955. En 1948, il y avait une cinquantaine d’États à l'ONU, il y en a aujourd'hui près de 200 !


Dans son dernier appel pour l'Algérie, comme en 1948, ce qu'il veut, c'est sauvegarder le monde auquel il appartient : l’Algérie française ou liée à la France face aux Arabes, aux musulmans ; dans le monde, la civilisation occidentale face aux civilisations colonisées et pour cela ouvrir un Parlement mondial, à ces civilisations afin que sa loi devienne universelle.

La loi de qui ? De la civilisation occidentale, comme en Algérie la loi de la France ? La loi d'une autre civilisation ? Un compromis entre ces civilisations ? Quel compromis ?

 


Peut-être l'homme cherche-t-il à donner un sens au monde. Mais tous les hommes ne veulent pas lui donner le même sens. Ici encore, la contradiction insurmontable entre l'individu, seul, devant une humanité, innombrable, diverse, foisonnante...

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 23:13

 

Droit de vote des résidents étrangers :

Coucou ! Le revoilà !

 

C'était une des promesses du candidat Mitterrand en 1981 et du candidat Hollande en 2012. Le président de la République nous fait dire qu'il n'a pas oublié.  : « Je n'ai pas voulu introduire ce texte avant les élections municipales, parce qu'on nous en aurait fait le reproche. Ce texte sera de nouveau proposé après les scrutins pour que, dans la préparation (des élections) qui viendront dans six ans, il puisse y avoir cette réforme ».

 

Mais il ne dit pas comment ! En novembre 2012, il avait expliqué : « J'ai dit au gouvernement, aux responsables de groupes de travailler pour constituer cette majorité. Quand cette majorité sera envisagée, je prendrai mes responsabilités. Mais pas avant (...) Présenter un texte avec le risque de diviser les Français pour au bout du compte ne pas le faire passer : je m'y refuse ».Précisant : « Il n'y a pas de majorité aujourd'hui pour voter ce texte… »

 

Pour donner le droit de vote pour les municipales, à des citoyens qui n'ont pas la nationalité française, il faut adopter une loi constitutionnelle. « Pour qu'elle le soit, le Congrès (Sénat et Assemblée nationale rassemblés à Versailles) doit voter le texte aux 3/5e de ses membres ».

 

Rien n'a changé, depuis ces déclarations, rien qui permette de présenter cette loi avec quelque chance d'être adoptée « avant la fin du quinquennat ». Au contraire, la défaite du PS, lors des dernières municipales, va entraîner la perte de sièges au Sénat et donc une difficulté encore plus grande pour obtenir la majorité qualifiée !

 

Alors, pourquoi cette déclaration post-électorale ? François Mitterrand a souvent été accusé d'aborder la question avant des élections. François Hollande le fait après.

 

Exprime-t-il par là un regret ? Celui de n'avoir rien fait au moment où il disposait d'une majorité à la fois à l'Assemblée nationale et au Sénat sans, cependant, avoir la majorité des 3/5e. Il aurait fallu alors convaincre quelques élus de droite. Certains se sont dits favorables dans le passé. Quoi qu'il en soit, s'il disposait au lendemain de son élection d'un rapport de force relativement favorable, les temps ont bien changé et il sera difficile de trouver des opposants acceptantde venir en aide à un président aux sondages éteints.

 

Peut-être regrette-t-il que les citoyens d'origine immigrée qui, dit-on, s'étaient prononcés, massivement, en sa faveur lors de l'élection présidentielle - il leur doit en partie son élection - se soient abstenus lors des municipales, contribuant ainsi à la défaite des socialistes. Les réformes « sociétales » n'ont pas compensé pour eux l'absence des réformes sociales attendues. Certaines, comme « le mariage pour tous », ont peut-être renforcé la décision d'abstention.

 

Peut-il penser que la reprise d'une promesse sans avenir sera suffisante pour réveiller leurs illusions au moment où il nomme un Premier ministre qui n'a jamais montré une ouverture particulière sur la question. Au moment où il vient de supprimer le ministère de la ville...

 

François Hollande admet, aujourd'hui, qu'il n'avait pas apprécié justement l'ampleur de la crise… mais il savait que pour le droit de vote, il fallait réformer la Constitution. En faisant cette promesse tout en sachant qu'il ne pourrait la tenir, il a menti, « les yeux dans les yeux » ! Pour quelques voix de plus. Qu'il a rapidement perdues.

 

Il récidive aujourd'hui. Pourquoi ? Comment s'y prendra-t-il pour «présenter un texte qui risque de diviser les Français » et « le faire passer » entre les gouttes électorales : cantonales et régionales 2015 ou 2016, présidentielle de 2017 ?

 

La voie parlementaire ne semble pas devoir s’ouvrir dans un avenir prévisible. Veut-il s'orienter vers un référendum et soumettre cette seule question au verdict populaire ? Peu probable.
Cependant, décidé à réformer le pays, il pourrait soumettre à référendum, le même jour, diverses propositions de modification de la Constitution. Ces réformes n'étant pas de même nature, les citoyens pourraient voter « oui » à certaines et « non » à d'autres, après un débat national. A la manière suisse, le « oui » ou le « non » n'engageant ni le président, ni le Premier ministre. Cela ne transformerait pas, pour une fois, un référendum en plébiscite et serait un progrès pour la démocratie.
Encore que, en 2005, le président décomplexé ne s'est pas senti obligé de démissionner après l'échec du référendum… mais c'était pratiquement toute la classe politique qui avait été désavouée et qui s'est retrouvée pour faire un bras d'honneur aux citoyens ayant rejeté le projet.

 

Ce renouvellement d'une promesse hautement improbable fait passer le temps en attendant le retournement économique après l'inversion de la courbe du chômage et la reprise...

 

Si le président est décidé à élargir le droit de vote aux résidents étrangers non communautaires, il pourrait le faire pour les élections européennes.

En effet, depuis le traité de Maastricht, les citoyens, qui résident dans un État de l'UE dont ils n'ont pas la nationalité, peuvent voter dans le pays de résidence lors des élections municipales et européennes.

Le Conseil constitutionnel a statué qu'il était nécessaire de réformer la Constitution pour attribuer le droit de vote à des étrangers pour les élections municipales. Mais non pour les européennes.

 

Il n'est donc pas besoin de loi constitutionnelle, une simple loi suffit pour le droit de vote aux élections européennes. Sous réserve que le Conseil constitutionnel, à nouveau consulté, ne change d'avis…

Le droit de vote pour le les élections européennes est déjà reconnu au Royaume-Uni à des sujets de sa Majesté qui n'ont pas la nationalité britannique et ne sont donc pas des citoyens de l'UE.

Pas d'obstacle constitutionnel apparent. Pas d'obstacle européen. Seulement un obstacle politique…

 

Pour les personnes qui obtiennent la nationalité, une réforme s'impose : l'inscription d'office sur les listes électorales de toutes les personnes en âge de voter qui obtiennent la nationalité par naturalisation.

Réforme simple. Qui ne bouleverserait rien. Qui ne demande pas une réforme de la Constitution. Qui n’entraînerait aucune dépense supplémentaire mais ferait économiser paperasse et démarches. Que même l'opposition ne pourrait refuser !

 

En effet, désormais, les nationaux qui arrivent à leur majorité sont inscrits, d'office,à cette date, sur les listes électorales. Cela veut dire que, à terme, tous les Français, de naissance, seront inscrits sur les listes électorales. Seuls les Français par acquisition, par naturalisation, les seuls à avoir demandé la nationalité française, doivent, ensuite, demander la citoyenneté française.

Pourquoi ne pas les inscrire automatiquement sur les listes électorales à l'occasion de leur naturalisation ? Et leur attribuer, dans le même temps et la nationalité, et la citoyenneté ?

Si les formalités sont quelquefois compliquées, pour des questions de changement de résidence par exemple, pour le jeune qui arrive à l'âge de 18 ans, rien de tel au moment de l'acquisition de la nationalité, toutes les informations nécessaires sont alors connues et à jour.

 

Cette petite réforme, simple allègement administratif, montre en passsant que nationalité et citoyenneté ne sont pas synonymes.
Qui pourrait s'opposer à un égal traitement de toutes les personnes qui remplissent les conditions nécessaires pour être inscrites administrativement sur les listes électorales et participer aux élections ?

Aux intéressés, cela montrerait qu'ils sont admis, sans réticence, dans la communauté nationale.

 

 

NB : Dans sa dernière livraison, La Lettre de la citoyenneté fait le point sur la participation des citoyens de l'UE résidant en France aux dernières élections municipales.

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