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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 23:35

 

Référendum en Suisse : réaction en chaîne en Europe ?

 

 

Quelles sont les conséquences pour l'Union européenne (UE) du référendum suisse du 9 février 2014 ? Est-ce le premier signe de sa dislocation ?

 

Ce référendum présente trois particularités :

  • Il vise à limiter l'immigration pour les étrangers qui s'installent en Suisse et pour les frontaliers qui résident à l'extérieur de la Suisse et franchissent la frontière pour aller à leur travail, quotidiennement.

  • Quand un référendum d'initiative populaire, présenté sous forme de texte écrit, est voté par le peuple, son introduction, tel quel, dans la Constitution est obligatoire. Et sa force est supérieure à la loi, y compris aux traités.
    Or le contenu de l'initiative est clair :

    • Le nombre des autorisations délivrées pour le séjour des étrangers est limité par des plafonds et des contingents annuels. Les plafonds valent pour toutes les autorisations délivrées en vertu du droit des étrangers, asile inclus. Le droit au séjour durable, au regroupement familial et aux prestations sociales peut être limité.

    • Les plafonds et les contingents pour les étrangers exerçant une activité lucrative doivent être fixés en fonction des intérêts économiques globaux de la Suisse et dans le respect du principe de la préférence nationale ; ils doivent inclure les frontaliers. Les critères déterminants pour l’octroi d’autorisations de séjour sont en particulier la demande d’un employeur, la capacité d’intégration et une source de revenus suffisante et autonome.

    • Les traités internationaux doivent être renégociés et adaptés dans un délai de trois ans...


      Ce référendum a fait grand bruit dans les « hautes sphères politiques, gouvernementales et européennes », non parce que la Suisse va limiter son immigration, avec contingents ou plafonds. Tous les gouvernements de l'UE sont favorables à la limitation de l'immigration, quotas ou non, demandeurs d'asile ou non. Mais parce que cette législation va toucher surtout des ressortissants de l'UE qui voudraient s'installer ou qui franchissent la frontière quotidiennement pour aller travailler en Suisse.

      Les étrangers installés en Suisse sont,, à plus de 80%, ressortissants de l'Union. En effet, nombreux sont les Italiens 301 254 (soit 16.0%), les Allemands 293 156 (15.5 %); les Portugais 253 769 (13.5), les Français 110 190 (5.8), les Espagnols 75 387 (4.0 ), les Britanniques 40 405 (2.1)... A ces résidents, il faut ajouter les frontaliers, plus de 270 000 : Français (143 000), Italiens (62 000), Allemands (56 000) et Autrichiens (8 100).

     

    Les réactions à ce référendum ont été rapides. Certains ont avancé que la Suisse devait remplir les conditions de toute nouvelle adhésion à l'UE et « accepter tous les acquis de l'UE ». La Suisse ne pouvait choisir dans l'UE ce qui lui plaisait et refuser le reste.
    La Suisse n'appartient pas formellement à l'UE, le peuple a, déjà, dit non par référendum à la participation de la Suisse à l'EEE, en 1992. En réalité, même les adhésions formelles permettent aussi de petits arrangements discrets.

     

    A la place de l'adhésion formelle, la Suisse a signé, des années 90 à 2013, plus de 20 traités bilatéraux sur la facilitation et la sécurité douanières, la libre circulation, le commerce, les marchés publics, l'agriculture, la recherche, les transports terrestres, la fiscalité de l'épargne, les produits agricoles transformés, les média, l'environnement, la lutte contre la fraude, les pensions, europol, eurojust, l'éducation, la formation professionnelle, la jeunesse,, la coopération avec l'AED, la concurrence.
    C'est dire qu'on est loin de la loi du tout ou rien ! Les choses avançaient traité par traité.

 

Mais, revoir des traités qui lient la Suisse et l'UE peut donner des idées à des pays adhérents, anciens ou futurs, de l'Union. C'est ce que semble vouloir prévenirDaniel Cohn-Bendit quant il demande de faire un exemple avec la Suisse. « La Suisse a parfaitement le droit de se refermer sur elle-même. Mais nous n’avons pas à lui céder, sinon nous y perdrons tous ». C'est ce que Angela Merckel vient de refuser à Londres.

 

Le « non » des Suisses à la libre circulation des ressortissants de l'UE va, probablement, au delà des questions d'immigration et indique un rejet ou, au moins, une certaine méfiance vis à vis de l'UE. Ce n'est pas le premier « non » de peuples à l'évolution de l'Union. A plusieurs occasions, des peuples ont refusé d'avancer, y compris parmi les peuples fondateurs. Mais aujourd'hui, il s'agit pour la première fois, d'un pas en arrière, à la demande de citoyens !

 

Lors des précédents référendums rejetant un nouveau traité, comme aux Pays-Bas, en France (pour le projet de Traité constitutionnel) et en Irlande(pour le traité de Lisbonne), deux solutions ont été trouvées pour contourner l'opposition populaire. Renégocier le traité en apportant des modifications marginales (Traité de Lisbonne pour remplacer le projet de traité constitutionnel) et le faire entériner par les « représentants » du peuple que l'on savait majoritairement favorables, sans soumettre la nouvelle version au peuple dont la réponse était incertaine (France et Pays-Bas, référendums en2005, adoption par le Parlement en 2008). Ou organiser un nouveau référendum avec des annexes valables pour le pays mais non incluses dans le traité lui-même (Irlande, référendums sur le traité de Lisbonne en 2008 et 2009).

 

Quelle voie sera choisie avec laSuisse ? L'arrivée en Suisse d'une troïka ou d'un G20 qui viendrait, comme en Grèceen 2011, dicter sa conduite au peuple suisse pour empêcher le référendum, est peu probable !

Restent deux possibilités :

- Le gouvernement suisse a trois ans pour mettre la Constitution en conformité avec le vote du peuple,Il semble vouloir boucler les choses avant la fin de l'année. Il peut cependant faire traîner et susciter une nouvelle initiative pour obtenir un résultat différent, avec des moyens adéquats. L'inconscience des « compétents » les a empêchés de prévoir la victoire du « oui ». Il ne fait pas de doute que leur mobilisation serait différente lors d'un nouveau référendum sur la même question aidés par les pressions européennes.

- Les esprits européens calmés, pourraient accepter, discrètement, l'exception suisse, dans un nouveau traité. Malgré quelques déclarations plus menaçantes que diplomatiques comme celles de la Commissaire européenne à la Justice, Viviane » Reding : « Ce n’est pas possible. Vous prenez tout ou vous laissez tout ». Ou de Joseph Daul, le président du Parti populaire européen (PPE, conservateur) qui rappelle aussi qu’il « n'y a pas de place pour la négociation, car les règles ne peuvent être changées unilatéralement (…) La Suisse (…) doit accepter et garantir la libre circulation de tous les citoyens de l'UE ».

 

D'autres déclarations sont déjà plus nuancées et visent surtout à faire pression. Le ministre français des Affaires étrangères a rappelé que la Suisse effectue 60 % de ses échanges avec l’Europe et ne constitue pas « une puissance économique considérable ». Et le ministre allemand a fait remarquer que la Suisse sera « pénalisée en premier lieu », car elle « bénéficie économiquement de son image de pays au cœur de l'Europe et ouvert sur le monde ». « La liberté de circulation est pour nous un bien de haute valeur, la chancelière l'a toujours souligné, il appartient désormais à la Suisse, au gouvernement suisse, après le résultat de ce référendum, de se rapprocher de l'UE et d'expliquer comment elle entend composer avec ce résultat.Les institutions européennes tireront alors toutes les conséquences politiques et juridiques de ce vote »... L'Allemagne est le premier partenaire commercial de la Suisse.

 

Pour le moment, les choses n'en sont pas là.

  • La Suisse ne signera pas l'accord prévu de libre circulation avec la Croatie.

  • Bruxelles a indiqué que mettre fin à l'accord de libre circulation, tous les autres accords liant Berne à l'UE seraient dénoncés ipso facto.

  • L'UE a gelé la participation suisse à deux accords : Erasmus pour les échanges d’étudiants et Horizon 2020 sur la recherche.

  • Des négociations en cours, concernant un accord sur l'électricité, ont été suspendues unilatéralement par Bruxelles, à titre de représailles, alors qu'elles étaient presque achevées. Ce qui risque de poser un problème important pour l'Allemagne engagée dans la transition énergétique car elle est « encore dépendante des montagnes suisses ».


    Il est probable que les négociations seront difficiles pour aboutir, plus ou moins démocratiquement, à un accord entre la Suisse et l'UE. Ce n'est pas impossible car le plus important, pour les gouvernements de l'UE, c'est la préservation du marché unique. Pour le reste des accommodements sont toujours possibles.

    Jusqu'à maintenant, l'immigration faisait l'objet de querelles essentiellement nationales. Elle devrait devenir un sujet de débat des prochaines élections européennes avec la question de la libre circulation des ressortissants européens : liberté d'installation, frontaliers et peut-être aussi « travailleurs détachés » alors qu'une directive est en préparation. Elle vient s'ajouter à la crise, à l'euro, à la politique austéritaire de la troïka et des gouvernements. En attendant l'Ukraine ?

    Ces élections européennes seront peut-être les premières à se dérouler sur des thèmes envisagés à l'échelle européenne et non plus simplement nationale. D'autant qu'elles joueront un rôle important dans la désignation du prochain président de la Commission européenne.



    Cette
    européanisation des élections européennes est un progrès. Il faut espérer qu'il sera accompagné d'un large débat sur la nécessaire démocratisation des décisions.
    A défaut, les peuples continueront à se détacher chaque jour davantage de la chose politique. A se replier sur eux mêmes.
    A dire « non » quand ils pourront s'exprimer librement. Et finalement à chercher d'autres moyens de s'exprimer.

 

 





 

 

 

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 15:36

 

La pierre qui pousse d'Albert Camus : note critique

 

« La pierre qui pousse »est la dernière nouvelle du recueil « L'exil et le royaume » (1), elle s'accorde bien avec le titre du recueil.

« La pierre qui pousse » est une pierre dont les fidèles de la ville vont détacher, à coups de marteau, quelques menus fragments qui vont leur servir de talisman. Mais cette pierre n'est pas endommagée pour autant, elle est vivante et se reconstitue.

Il est une autre pierre dans la nouvelle, celle de cinquante kilos que « le coq » a promis de porter sur la tête lors de la prochaine procession comme remerciement pour un miraculeux sauvetage. Cette lourde pierre va permettre l'intégration du héros de la nouvelle à la population pauvre de la ville.

 

 Une fois de plus, l'écriture d'Albert Camus est remarquable mais sa prose poétique n'est plus celle solaire et désespérée de «  La mort heureuse » ou de certains passages de « L'Étranger  » ; c'est une prose fluide, obscure, sombre, de nuit, de pluie et de bruit « dont on ne pouvait dire s'il était fait du froissement des eaux ou des arbres ».

  • Les phares éteints, le fleuve était presque visible ou, du moins, quelques-uns de ses longs muscles liquides qui brillaient par intervalles. De chaque côté de la route, les masses sombres de la forêt se dessinaient sur le ciel et semblaient toutes proches. La petite pluie qui avait détrempé la piste, une heure auparavant, flottait encore dans l'air tiède, alourdissait le silence et l'immobilité de cette grande clairière au milieu de la forêt vierge. Dans le ciel noir tremblaient des étoiles embuées ».

  • « Un sourire épanoui sur son visage tout plissé malgré sa jeunesse, il regardait sans les voir les étoiles exténuées qui nageaient encore dans le ciel humide ».

 

Alors que Camus est « allé au peuple » en Kabyle pour décrire et dénoncer son extrême misère sans avoir jamais pu s'intégrer aux « Arabes » d'Algérie. Alors qu'il s'est exilé de son pays natal, de mer et de lumière, pour aller à la conquête du monde dans une France, froide et sale, sans avoir pu, malgré son succès mondial, se sentir totalement accepté. D'Arrast, le héros de « La Pierre qui pousse » va réaliser ce rêve dans un pays auquel il est totalement étranger.

 

Le « colosse » qui se découpe en haut d'un monticule dans les phares d'une voiture, au bord du fleuve, va plonger dans l'obscurité de la nuit, de la forêt et du fleuve pour rejoindre la ville où il doit faire construire une digue protectrice. Dans ce monde très hiérarchisé en fonction de la couleur – sur le bac, les métis sont à la manoeuvre et les Noirs à la peine, en ville la couleur des notables, le juge, le maire, n'est pas signalée, ils sont donc blancs, sauf le commandant du port, « un gros noir rieur vêtu d'un uniforme blanc », mais les plus pauvres sont tous noirs – et D'Arrast est l'ingénieur, le capitaine, le seigneur, – comme son nom l'indique. Il se défend d'être seigneur, il vient d'un pays où ils ont disparu au profit des marchands et des policiers et reconnaît cependant que son grand-père l'était, et le père du grand-père et encore avant. D'Arrast n'en est pas moins un seigneur, un puissant, un compétent qui vient de loin, de France, immédiatement reconnu comme tel par les notables avec déférence et par les Noirs avec méfiance. Camus, le premier homme, donne à son héros les ancêtres qu'il n'a pas eus.

 

D'Arrast, reçu avec respect par les notables, demande rapidement à descendre dans les bas quartiers, souvent inondés, les plus pauvres, pour voir la vie des gens les plus défavorisés. Grâce à son chauffeur, Socrate, il fait connaissance du coq « à la peau plutôt jaune que noire », un cuisinier sauvé miraculeusement lors du naufrage du bateau sur lequel il travaillait et qui a fait la promesse, « au bon Jésus », de transporter une pierre de cinquante kilos sur la tête lors la procession.

 

Pendant la procession, le coq qui a participé toute la nuit aux danses rituelles, est épuisé et s'effondre à mi-parcours, désespéré de ne pouvoir honorer sa promesse. D'Arrast se précipite, en bon samaritain, pour l'encourager, l'aider et finalement, allant plus loin, le remplacer, porter la pierre pour que la promesse soit tenue. Ainsi chargé, il rejoint le cortège et, sur la place, au lieu d'obéir à la foule des fidèles et à Socrate, au lieu de porter la pierre dans l'église, il se dirige vers la maison du coq et jette la pierre sur le foyer. De la maison de Dieu auquel il ne croit pas à la maison du peuple auquel il veut s'intégrer.

 

Hier, ce peuple ne lui ouvrait la case familiale que par soumission à l'autorité, ne le tolérait dans « la grande case où on danse et on prie » que pour le début de la fête de Saint Georges et lui demandait ensuite de sortir alors que les danses continuaient toute la nuit et que la musique agitait, involontairement, ses jambes. En même temps, l'odeur, la chaleur lui donnaient la nausée.

 

Maintenant, seul dans la case, il attendait, debout, sans savoir quoi.« Quand les habitants de la case arrivèrent », le coq et son frère qui le soutenait, la vieille femme et la jeune fille entrevue la nuit précédente, tous s'assirent. Et le frère dit, désignant la place vide dans le cercle:
« Assieds-toi avec nous. »

D'Arrast avait trouvé, dans l'exil, le royaume qu'il cherchait.

 

1 - L'EXIL ET LE ROYAUME, nrf, 1957

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 10:58

 

DÉMOCRATIE DIRECTE, DÉMOCRATIE INDIRECTE, DEMOCRATIE TOUT COURT !

 

Récemment, les Suisses ont voté sur 3 initiatives fédérales qui portaient sur un «plan de financement de l’infrastructure ferroviaire» (approuvée par 60% des votants), «financer l'avortement est une affaire privée» (repoussée par 70%), retour à un système de quotas pour «l'arrêt de l'immigration de masse» (adoptée par 50,3%).

 

Si le « oui » à la troisième initiative a été très commenté en France, la deuxième initiative - à cause de son résultat ? - n'a pas retenu l'attention. Les Français ne sauront pas que les Suisses ont rejeté le déremboursement de l'interruption volontaire de grossesse, ce qui ne manque pourtant pas d'intérêt au moment où le gouvernement espagnol veut l'interdire. A la grande satisfaction de certains en France.
Quant à l'idée même que le peuple puisse décider, par référendum, des investissements dans les infrastructures ferroviaires...

 

Avant de parler des résultats et des conséquences du référendum sur «l'arrêt de l'immigration de masse», il est intéressant de regarder ce qui se passe chez nos voisins helvètes qui ont une grande expérience des consultations populaires dont on parle en France essentiellement quand elles concernent les immigrés ou les populations issues d'immigration : droit de vote municipal ou cantonal, interdiction des minarets...

 

La démocratie directe a été la première forme de la démocratie. Par la suite, la démocratie indirecte, représentative s'est généralisée. La démocratie suisse combine les deux : les citoyens élisent leurs représentants aux différents conseils (communes, cantons, confédération) mais peuvent se prononcer également, par référendum, sur des textes législatifs ou constitutionnels adoptés par ces conseils ou proposer des modifications constitutionnelles ou légales par le biais de l'initiative populaire. Ces consultations sont organisées en général quatre fois par an au niveau fédéral. Les citoyens sont appelés à se prononcer sur un ou plusieurs sujets...

 

Pour qu'un référendum d'initiative populaire fédérale soit organisé, il faut que « 100 000 citoyens ayant le droit de vote » demandent par écrit« à l'Assemblée fédérale la révision totale de la Constitution ou l'adoption, l'abrogation ou la modification de dispositions constitutionnelles ou législatives ». L'initiative dispose de 18 mois pour obtenir les 100 000 signatures. Si cette initiative est présentée sous forme d'un projet rédigé, il ne peut être modifié ni par le Parlement, ni par le Conseil fédéral. Pour être adopté, ce projet doit obtenir une double majorité, du peuple et des cantons. Le résultat acquis, le Conseil fédéral dispose de trois ans pour modifier la législation, la Constitution, renégocier les traités si nécessaire.

La participation lors de ces consultations a beaucoup varié, passant de presque 70 % lors du début du XX° siècle à moins de 30 % un siècle plus tard. Mais elle tend à remonter : dans les années 2000, elle a été en moyenne de 47,2% variant entre 38,7% et 53,8%.



En France, les référendums ont mauvaise presse. Le premier date de 1793, pour l'adoption de la constitution jacobine qui n'a jamais été appliquée. Ils ont été utilisés comme instrument d'accession au pouvoir par les Bonaparte sous la forme plébiscitaire ce qui va entraîner une certaine méfiance des démocrates pour cette procédure.
Le référendum a servi pour enterrer la III° République et mettre en place la IV° et la V°. Il est inscrit dans la Constitution de la V° République comme un des moyens d'exercer la souveraineté mais son usage est restreint, constitutionnellement, à des domaines précis et l'initiative appartient toujours à l'exécutif.

 

Le général de Gaulle s'en est servi, à plusieurs reprises, pour obtenir le soutien à sa politique et à sa personne. C'est l'échec d'une réforme constitutionnelle par référendum qui l'a conduit à démissionner de président de la République. Depuis, l'exécutif a, à plusieurs reprises, pris l'initiative de soumettre une question à référendum, de façon moins personnalisée, sans poser la question de confiance et sans s'engager à démissionner en cas de résultat négatif.

 

En 2008, une « importante » réforme a introduit dans la Constitution ce que certains ont appelé, de façon un rien exagéré, un référendum d'initiative populaire, d'autres plus modestes, un référendum d'initiative partagée.

« Un référendum... peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales ». Il peut porter « sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions... »
« Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi... Si la proposition de loi n’a pas été examinée par les deux assemblées dans un délai fixé par la loi organique, le Président de la République la soumet au référendum.»
«
Les conditions de sa présentation et celles dans lesquelles le Conseil constitutionnel contrôle le respect des dispositions de l’alinéa précédent sont déterminées par une loi organique. »

Tout ceci est très éloigné du modèle suisse. Il ne s'agit pas d'un initiative populaire mais d'une initiative parlementaire qui doit rassembler 185 députés ou sénateurs, donc réservée en fait aux gros groupes parlementaires. Soutenus par 10% du corps électoral, environ 4,5 millions électeurs. Si ces conditions sont remplies et si la proposition de loi n'a pas été examinée - non adoptée - seulement examinée, le président de la République la soumet à référendum ! 

 

Faut-il ajouter que les lois organiques nécessaires pour mettre en place ce faux semblant de réforme démocratique de 2008 n'ont pas été adoptées à ce jour ? Tout ceci traduit la grande méfiance du législateur devant l'exercice du pouvoir par les citoyens. 

 

L'initiative citoyenne européenne, prévue par le traité de Lisbonne, sans être contraignante pour la Commission européenne est plus ouverte : la Commission peut être amenée à rédiger de nouvelles propositions d'actes juridiques sans y est forcée, à la demande deseulementun million de citoyens de l'Union européenne. 

 

Le référendum a pu paraître en voie de normalisation en France quand il a porté sur les statuts de la Nouvelle Calédonie (1988) ou de la Corse (2003), sur le traité de Maastricht (1992), le passage au quinquennat (2000) ou le projet de constitution européenne (2005). A chaque fois, la question était claire et n'engageait pas le gouvernement en place.

 

La participation a été inégale, particulièrement importante quand les référendums ont donné lieu à un véritable débat national comme lors des deux traités européens, Maastricht et projet de constitution européenne, avec des discussions qui ont montré que les Français pouvaient s'intéresser à la politique, y compris aux questions européennes pourtant négligées par les politiques lors de toutes les élections, y compris européennes. 

 

Malheureusement, les résultats n'ont pas toujours été ceux qui étaient attendus par les compétents politiques. Ce qui a encore augmenté leur méfiance envers les référendums.

Il y a pourtant place pour un référendum dans une république apaisée et qui veut progresser vers plus de démocratie. Encore faut-il vouloir la participation, le débat démocratique et tenir compte du résultat, sans considérer les élus comme un recours contre le peuple !

 

Quand on parle de référendum et surtout de référendum d'initiative populaire certains « défenseurs de la démocratie » montent aussitôt au créneau. Mais ces « défenseurs de la démocratie » ne sont pas les mêmes suivant les questions envisagées.

Nombre de ceux qui voudraient soumettre à référendum les questions touchant l'immigration se sont organisés pour contourner le résultat du référendum sur la Constitution européenne en rédigeant un fac-similé, le traité de Lisbonne, qu'ils ont fait entériner par voie parlementaire. Inversement ceux qui veulent des référendums sur les questions institutionnelles, souvent, n'en veulent pas sur les questions de société.

Tous préfèrent les manipulations sondagières aux consultations populaires précédées de débats.

 

Il est certain que la question n'est pas simple car certains problèmes sont propres à déclencher des querelles passionnelles et il n'est pas sûr que des règles aujourd'hui évidentes auraient trouvé facilement une solution par référendum : ainsi du droit de vote des femmes (seuls les hommes auraient été consultés) ou suppression de la peine de mort qui semblent aujourd’hui largement acceptés...
Mais le débat n'est-il pas en démocratie la seule façon de faire avancer les questions qui divisent : questions concrètes comme choix des représentants, encore que le tirage au sort peut être envisagé pour la désignation de ceux-ci ?

 

La réponse à une question concrète est probablement plus facile et plus démocratique que l'élection d'un représentant.
Quand il s'agit d'une question concrète, aussi complexe soit-elle, elle est débattue à l'échelle de la collectivité locale ou nationale. Les raisons et les conséquences de cette décision sont avancées publiquement par les partisans et les adversaires et portées à la connaissance des citoyens.

Malgré les apparences, la chose est beaucoup plus complexe quand il s'agit d'élire un représentant. Tout d'abord le représentant est pré-choisi, le plus souvent par des organisations politiques. Qui, d'une certaine façon, apparaissent comme les garants du candidat. Mais l’électeur ne connaît pas toutes les transactions qui ont conduit à cette désignation. Il doit voter pour une personne sans être certain de sa fiabilité, sans être en accord avec la totalité de son programme. Sans avoir aucun recours en cas de non-respect, individuel ou collectif, des engagements. Sans connaître les questions imprévues sur lesquelles le représentant peut être amené à se prononcer.
Le seul recours possible est le vote lors de l'élection suivante. Un couperet pour lequel la réponse est binaire alors que le représentant aura fait adopter ou repousser des dizaines de décisions.

 

Les choses seraient bien différentes si existait la possibilité au recours par un référendum d'initiative populaire. Qui pourrait faire annuler une décision sans mettre en question l'ensemble du travail du représentant. Ou faire adopter par la voie populaire une mesure qui ne trouve pas sa majorité dans les assemblées par suite des divisions ou des combinaisons partidaires.

 

Mais les politiques considèrent les électeurs compétents pour qu'ils leur délèguent, abandonnent le pouvoir de décision, non pour qu'ils prennent les décisions eux-mêmes. C'est forts de ce pouvoir reçu qu'ils amputent celui des citoyens !

 

La France a déjà une constitution qui fait de son système de gouvernement une monarchie républicaine où le président de la République jouit de plus de pouvoir que la plupart des autres chefs d’État ou de gouvernement de pays démocratiques. La démocratie française admet la liberté d'expression, de manifestation, ce qui est loin d'être négligeable. Mais pourquoi ne pas introduire un droit d'initiative populaire qui serait une importante avancée vers une démocratie pacifiée ?
La démocratie directe n'est pas contraire mais complémentaire à la démocratie représentative.

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 09:17

 

MEURSAULT : CONTRE ENQUÊTE*

 

150207KamelDaoudMaghrebLivres2.jpgKamel Daoud, Maghreb des livres, 07/02/15

 

 

Du nouveau sur un crime commis en 1942 sur une plage algéroise où un « Arabe » avait été tué de plusieurs balles de revolver. Par le frère du jeune assassiné.

 

A l'époque, nul n'avait connu le nom de la victime et son cadavre avait disparu. Tandis que l'auteur, un certain Meursault, condamné à mort mais jamais exécuté, avait relaté son crime dans un livre qui lui a valu, quelques années plus tard, un prestigieux prix littéraire mondial.

 

La mère et le frère de la victime sont partis, pendant des années, à la recherche du corps de leur fils et frère. Celui-ci retrace cette longue quête peu fructueuse mais qui leur a permis, sans être reconnus officiellement, de témoigner de leur situation à l'époque et de leur situation actuelle en Algérie.

 

Cela permet, aujourd'hui, de donner un nom à la victime : Moussa Ouled el Assasse, Moussa, « le fils du gardien. Du veilleur pour être plus précis », parce que le père « travaillait dans une usine de je ne sais quoi ». Père qui, lui aussi a disparu, on ne sait ni pour où, ni pourquoi.

 

La victime n'a pas eu droit à une reconnaissance comme chahid (martyr) et la famille n'a eu aucune indemnisation de la part du Gouvernement algérien : le crime avait eu lieu bien avant le déclenchement de la lutte de libération nationale. Et le frère qui a tué un Français n'a pas reçu le titre d'ancien moudjahid (combattant) : le meurtre a eu lieu quelques jours après la proclamation de l'Indépendance.

 

Le frère de Moussa qui en a été l'ombre, la doublure auprès de sa mère, pendant des années, n'en a tiré qu'un seul bénéfice personnel : la rencontre éphémère d'une jeune étudiante libérée de l'Algérie nouvelle, Mériem (Marie), qui faisait un travail universitaire sur cet événement.

 

Bien sûr, l'Algérie nouvelle lui a permis aussi d'aller à l'école, d'obtenir un emploi de petit fonctionnaire tandis qu'avec sa mère ils pouvaient bénéficier de l'occupation d'un bien vacant, une maison abandonnée par une famille française chez laquelle la mère travaillait.

 

Dans les faits, Meursault ne risquait pas grand chose en tuant, sous l'effet brutal du soleil, un « Arabe » sur une plage. C'est surtout son comportement lors de l'enterrement de sa mère et dans les jours qui ont suivi sa mort qui lui ont valu une condamnation à mort, jamais exécutée d'ailleurs. Le jeune algérien ne risquait guère plus pour le meurtre d'un Français.

 

Mais si l'écriture du livre a valu un prix fabuleux, au premier, il risque de faire du second, pour sa description du monde dans lequel il vit, l'objet, un jour ou l'autre, une condamnation qui a beaucoup plus de chances d'être suivie d'effet.

 

* « Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud, [barzakh], Alger 2013

 

NB : Le livre publié en français et édité en Algérie a été traduit en plusieurs langues. Pour le moment, il n'est, malheureusement, pas encore diffusé en France.

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 15:43

 

 

France En bleu les riches, en rouge les pauvres... Les inégalités dans les 100 plus grandes villes de France Faites le test dans votre quartier http://rue89.nouvelobs.com/2013/12/19/bleu-les-riches-rouge-les-pauvres-faites-test-quartier-248481


Union bancaire : Opposition de Paris et de Berlin sur la proposition de la Commission européenne (CE) de séparer les activités bancaires de dépôt de celles d’investissement. Corriere della sera cité par la revue de presse de l'ambassade de France à Rome 28/01/14

Après la chute de 2012 à 4,8 milliards d'€, avec 6,3 milliards, les commandes d'armes à la France reviennent à leur niveau de 2011 (6,5 milliards), ce qui permet à la France de se maintenirau quatrième rang mondial des exportateurs d'armes derrière les États-Unis, le Royaume-Uniet la Russie, talonnée par Israël et l'Allemagne. Le Monde 29/01/14


Espagne : Certains l'appellent la petite Chine d'Europe du Sud. D'autres constatent l'apparition d'une classe de travailleurs touchant des salaires de misère... Ceux qui rêvaient que les réformes structurelles génèrent un pays modernisé, qui monterait progressivement les échelons pour se hisser en première division seront amèrement déçus. En Europe, l'Espagne est vouée à jouer les seconds couteaux. Il y a une poignée de grands groupes, mais ils ne laisseront pas beaucoup d'argent dans le pays. Le secteur industriel doit avant tout sa croissance aux capitaux étrangers : il profite d'un droit du travail qui courtise de plus en plus les employeurs et de la compétitivité croissante créée par la compression des salaires." eurotopics El Periódico de Catalunya 31/01/14


Vers une nouvelle politique étrangère allemande ? Dans le discours inaugural du Forum de Munich sur les politiques de défense, le président allemand, Joachim Gauck, a demandé que l'Allemagne s'engage davantage en matière de défense et de politique étrangère. Un changement de paradigme qui pourrait marquer la fin de la réserve traditionnelle allemande, estiment les éditorialistes. Eurotopics 03/02/14


Sur le blog EUROPP de la London School of Economics, l'économiste P. Van Parijs revendique un revenu de base d'un montant de 200 euros pour tous les résidents de l'UE. Sous la forme d'un modeste revenu de base, ce serait l'association de tous les résidents de l'Union européenne (UE) à une partie des bénéfices résultant de l'intégration européenne. Nous ne devons pas préparer ou mener de guerres contre nos voisins, combien d'économies réalisées ? Combien du fait de la hausse de compétitivité de nos entreprises ou grâce à la possibilité d'implanter les facteurs de production dans les régions de l'UE où ils sont les plus productifs ? Jamais personne ne le saura... Un eurodividende d'un montant modeste garantirait de façon simple que certains de ces avantages profitent à chaque européen de manière tangible. 24/07/13 eurotopics 03/02/14

Dans l'UE28, le nombre de chômeurs est constant par rapport à l'année dernière. Dans la zone euro(sans la Lettonie), le taux de chômage a progressé de11,7% à 12,0%, de décembre 2012 à décembre 2013. Taux de chômage le plus bas en Autriche (4,9%), et les plus élevés en Grèce (27,8% en octobre 2013) et en Espagne (25,8%).

En France, il a augmenté depuis un an : 10,8 % en décembre 2013 (contre 10,6% en décembre 2012). En un an, Allemagne (5,3 à 5,1%), République tchèque (7,5 à 6,7%), Danemark (8 à 6,9%), Estonie (9,9 à 9,3% en novembre 2013), Irlande (14,7 à 12,1%), Lettonie (14,1 à 12,1%), Lituanie (12,3 à 11,4%), Hongrie (10,9 à 9,3% en novembre 2013), Pologne (10,6 à 10,1%), Portugal (16,6 à 15,4%), Slovaquie (14,7 à 13,8%) et Royaume-Uni (7,8 à 7,2% en octobre 2013) l'ont vu diminuer. Malte a gardé son taux de 6,7% entre décembre 2012 et 2013. La Suède a enregistré une légère hausse de 7,8 à 8%. La Croatie, 28e État de l'UE depuis le 01/07/13, a 18,6 % dechômage en décembre 2013.

Les gouvernements s'inquiètent du chômage qui touche les jeunes. 23,2 % des moins de 25 ans (en décembre 2013) sont à la recherche d'un emploi dans l'UE, soit 5,54 millions de personnes : Espagne 54,3% de jeunes au chômage, Grèce 59,2% en octobre 2013 et Croatie 49,2% au quatrième trimestre 2013. Toute l'Europe 31/01/14


Économie :  il Sole annonce des chiffres record pour l’export italien en 2013, l’Italie 5ème au niveau mondial : « l’export continue de récompenser l’industrie italienne, mais la demande interne stagne ».
La moitié de la corruption européenne est la faute de l’Italie : 60 milliards dans un rapport de la Cour des comptes italienne sur les 120 milliards d’euros du rapport de la CE poids total de la corruption en Europe. Compte rendu de la presse italienne par l'Ambassade de France à Rome 04/02/14


Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker retrouve une place importante dans la course à la présidence de la CE, depuis qu'Angela Merkel lui a apporté son soutien face à Michel Barnier. Revue de presse Toute l'Europe 05/02/14


La menace de l'hégémonie allemande : Jürgen Habermas accuse le gouvernement allemand de mener une politique européenne inappropriée et lui impute la responsabilité de l’État critique de l'UE : « Depuis le mois de mai 2010, il a imposé [aux autres États membres] sa propre vision de sortie de crise et contraint les pays concernés à mener des 'réformes' drastiques. Il est dans notre intérêt national de ne pas retomber dans la position semi-hégémonique qui avait déjà ouvert la voie à deux guerres mondiales, et que l'unification européenne avait permis de surmonter. Sans revirement politique tangible au niveau européen, nous ne pourrons plus compter sur la bonne volonté de nos voisins, éprouvés par la rude politique de crise que nous professons. Nous devons signaler notre disposition à rendre le leadership allemand structurellement superflu, et recourir à d'autres initiatives loyales envers les petits États membres." Eurotopics La Repubblica 07/02/14

Dans son rapport Vers une reprise sans emplois ?, l’Organisation internationale du Travail note que  « le déficit de la demande globale ralentit la reprisedes marchés du travail mondiaux ». Le directeur de l’OIT, à Davos : « Relancer la demande de biens et services contribuerait grandement à donner aux entreprises l’élan nécessaire pour qu’elles se développent et créent des emplois. Ce qui implique de renoncer à la politique d’assainissement brutal des finances publiquesconduite dans de nombreux pays… et de remédier au déclin de la part de croissance économique allouée aux travailleurs. » La Lettre de "Démocratie & Socialisme" - N°182 - 7 février 2014


Un nouveau maïs OGM, le TC1507, va être autorisé à la culture dans l'UE malgré l'opposition de 19 pays et du Parlement européen, quatre États ayant refusé de se joindre aux opposants malgré les effets négatifs éventuels de la décision sur l'opinion à 100 jours des élections européennes. JDD 11/02/14


"Il avait été reproché que tout fût soumis à l'Allemagne lors de la grande crise de l'euro. L'exécutif européen ? C'était Merkel. Le seul Parlement qui vaille ? Le Bundestag. Le juge en dernier ressort ? Karlsruhe. Quant à la BCE, elle était le faux nez de la Bundesbank. Tout cela se révèle inexact. L'Allemagne ne décide plus en dernier ressort... L'Europe allemande, c'est fini." Le Monde 11/02/14


Ils mettent leurs enfants dans des écoles privées parce qu'elle ne fait pas d'éducation, religieuse, mais enseigne mieux les mathématiques ! 13/02/14

 

Rajoy et Hollande, même combat ? Libéralisme socio-économique. Mais, sur le sociétal,  Rajoy satisfait ses troupes. Hollande les mécontente. 05/02/14

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 22:51

Le Bas Belleville de Paris 20ème est un quartier trés vivant, trés diversifié à la fois historique, notamment du fait de toutes les immigrations depuis des lustres et aussi totalement dans l'actualité. On trouvera ci-après quelques photos de la rue Dénoyez, dans laquelle, humour, se trouve une très belle piscine.

Mais aujourdh'ui, seulement quelques photos des décorations plus ou moins réussies, arts de la rue,  et du vide-greniers de juin 2013.

 

 

 

Café au coin de la rue de Belleville

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Vide greniers de la rue Desnoyez

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Rue Lemon

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 19:22

 

Revue de presse n° 126 (Europe)

De 64 pour cent du PIB en 2009, la dette irlandaise atteignait l'an dernier le pic de 125 pour cent. Elle a été multipliée par deux alors que les dépenses publiques ont subi des coupes draconiennes. Si l'Irlande a un exemple à donner, c'est bien celui d'un pays qui souffre pour entretenir l'image fictive d'une perfection dégraissée." Irish Time Eurotopics 13/01/14

« Si je suis choisi par le Parti populaire européen, je suis prêt à m'engager », annonce Michel Barnier dans le Figaro. Le candidat du PPE se retrouve pour l'instant face à son collègue du même groupe, Jean-Claude Juncker. Toute l'Europe 14/01/14

Jusqu'à mardi encore, elle pouvait se complaire dans l'illusion d'avoir à ses côtés la France réticente de François Hollande, l'Irlande et l'ensemble des pays européens ayant capitulé l'un après l'autre devant la troïka européenne. … Le rêve est révolu. L'ultime bastion, celui de la France, est tombé. … L'Italie ne peut davantage rester spectatrice Il Sole 24 Ore Eurotopics 16/01/14

http://www.slate.fr/sites/default/files/photos/renoncement-soins.png

La province de Groningue exige une indemnisation pour les nombreux tremblements de terre provoqués par l'extraction de gaz. On a l'impression que les Pays-Bas ont empoché des centaines de milliards d'euros de avec le gaz naturel, laissant à la province le soin de ramasser les pots cassés. Au souci des séismes s'ajoute un taux de chômage structurel supérieur à celui de la conurbation de Randstad [regroupant Amsterdam et d'autres grandes villes]. Eurotopics De Volkskrant 17/01/14

La Serbie ouvre ce mardi à Bruxelles ses négociations d'adhésion à l'UE. Tandis que le gouvernement serbe y voit un succès historique, la population se montre plutôt indifférente, Eurotopics Večer – Slovénie 21/01/14

Les ministres des Affaires étrangères des 28 se sont mis d'accord sur l'envoi de 500 soldats européens en soutien à l'opération française en Centrafrique. Décidé à "huit clos", cet envoi de forces en renfort des troupes françaises et africaines déjà présentes sur place interviendra d'ici fin février et ne concernera que la ville de Bangui. Toute l'Europe 21/01/14.

L'Allemagne premier producteur européen de bière (100 millions d'hectolitres/an), loin devant le Royaume-Uni (45 millions) et la Pologne (35 millions). Plus d'un tiers des brasseurs dans le monde sont Allemands.... Chaque année, l'Allemagne exporte 14 millions d'hl (3e derrière le Mexique et les Pays-Bas).

Depuis 1991, la consommation intérieure a chuté de 20%. En 2007, un Allemand ingérait en moyenne 120 litres de bière. En 2012, cette moyenne atteignait 100 litres. Le vieillissement de la population est notamment en cause. En conséquence, les Allemands se placent à la troisième place au classement mondial derrière les Tchèques (145 l) et les Autrichiens (110 l). La Gazette de Berlin. 23/01/14

 

Les jeunes 25-34 ans qui sont encore chez leurs parents en Europe (Quartz) Rue 89 26/01/14

 

Le président du Parlement européen (PE) Martin Schulz sera la tête d'affiche des socialistes au niveau européen... et candidat à la présidence de la Commission européenne (CE). Désigné le 6/11/13 par le SPD allemand, il a reçu le soutien de 19 des 28 partis membres du parti socialiste européen.

Le Parti populaire européen (PPE, dont l’UMP est membre) annoncera le nom de son prétendant au poste de président de la CE lors du Congrès à Dublin les 6 et 7 mars 2014. 2 commissaires européens intéressées par ce poste : Viviane Reding et Michel Barnier.

Les écologistes organisent des primaires ouvertes transnationales pour désigner leurs 2 chefs de file à l’échelle européenne. Du 10/11/13 au 28/01/14, tous les citoyens européens âgés de 16 ans et plus sont invités à choisir les 2 têtes de liste de la campagne verte européenne par vote électronique. En lice : José Bové, l’Allemande Rebecca Harms, co-présidente du groupe des Verts – ALE au PE, l’Italienne Monica Frassoni, co-présidente du Parti Vert européen, et l’Allemande Ska Keller. Toute l'Europe 23/01/14

UkraineLa situation à Kiev ressemble à une guerre civile. L'actuelle émigration économique des Ukrainiens vers l'Ouest pourrait n'être qu'un avant-goût de ce qui va suivre. Si le régime de Viktor Ianoukovitch continue, l'Ukraine pourrait fort bien devenir une 'zone interdite' pour des millions de personnes, de par leur appartenance politique. . Si la situation explose en Ukraine, Bruxelles en portera une part de responsabilité : elle a contribué à ce que Ianoukovitch se tourne vers Moscou. L'UE a été incapable de se mettre d'accord sur un rapprochement avec l'Ukraine. 23/01/14 europolitics Hospodářské noviny - République tchèque



En Espagne, le chômage a baissé en 2013 de 69.000 chômeurs par rapport à l'année précédente n'est pas à mettre sur le compte de la politique du gouvernement. La véritable cause de la baisse du nombre de chômeurs est le départ à l'étranger des jeunes et des immigrés. Le vieillissement de la population génère une réduction du nombre des demandeurs d'emploi. eurotopics El Mundo 24/01/14

 

Le règlement de 1974 modifié en 2004 maintient l’affiliation du travailleur détaché au

régime de sécurité sociale de l’État d’envoi et la directive de 1996 l’application du salaire, du

temps de travail et des conditions de travail du pays d’accueil. La multiplication des fraudes

dans le recours accru aux travailleurs détachés depuis l’élargissement de 2004 ont conduit la

CE à présenter un projet de directive pour prévenir les contournements de la directive de 1996.


Garantissant aux travailleurs le droit social le plus avantageux et permettant de répondre aux pénuries de main d’œuvre, cette loi communautaire ne vise pas à une harmonisation du coût du travail : elle ne change pas le principe d’une affiliation du travailleur détaché à la sécurité sociale de l’État dont il est ressortissant. Fondation Robert Schuman 27/01/14

 

 

La dette publique en baisse dans la zone euro, mais en hausse dans l'UE
Le 22 janvier 2014, Eurostat a précisé que la dette publique de la zone euro était en baisse et s'élevait à 92,7% du produit intérieur brut (PIB), au 3e trimestre 2013 contre 93,4% au 2e trimestre 2013. La dette de la zone euro n'avait plus été en baisse depuis le 4e trimestre 2007. Fondation Robert Schuman 27/01/14

 

 

La Banque centrale européenne (BCE) indique que le nombre d'établissements financiers dans la zone euro était en baisse en 2013 de 3,8% par rapport à 2012. La zone euro avait 6 790 instituts financiers contre 7 059. Ces institutions ont diminué en France (-76), au Luxembourg (-70), en Espagne et à Chypre (-36). En terme relatif, cette baisse est plus importante à Chypre (-26%), en Grèce (-17%), Fondation Robert Schuman 27/01/14

 

 

 

Rebsamen : Hollande bien protégé. Le photographe n’a pas vu la protection.  La protection a-t-elle vu le photographe ? Et s'il avait tiré ? 14/01/14

 

François aux deuxièmes bureaux : en scooter, au Cirque, en père Noël au Bosquet (Medef). Craintes pour sa sécurité et pour la nôtre. 16/01/14

 

Casse de l’Élysée : Cirque ? Bagatelle, sérieux ? Bosquet en bande organisée du Medef bien connu des quartiers beaux et des services sociaux 17/01/14

 

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 17:24

 

Une révision déchirante

A propos du « Premier homme » d'Albert Camus .

 

 

« Le premier homme » est une autobiographie romancée écrite par Albert Camus. Le lecteur peut apprécier les qualités d'écriture de ce roman, ébauche probable d'une grande fresque sur l'Algérie depuis 1830. Dernier texte de Camus, il n'a été publié qu'en 1994 bien après sa mort en 1960. Comme «  La mort heureuse », son premier roman, commencé en 1936 et publié en 1971.
« 
La mort heureuse » peut être considéré comme un livre pratiquement terminé même si l'auteur ne l'a pas estimé satisfaisant pour publication. « Le premier homme » est une œuvre en cours d'écriture. Il est impossible de savoir quelle aurait été la place de ce qui a été publié dans l’œuvre telle que l'auteur l'imaginait ou l'aurait réalisée.

 

Pour Camus, « Le livre doit être inachevé », par une phrase en suspens, comme : « Et sur le bateau qui le ramenait en France...». Par évidence, toute autobiographie est inachevée. Mais du fait de la mort accidentelle de l'auteur, celle-ci l'est, malheureusement, plus qu'il n'était prévu. Elle n'a été que partiellement rédigée et porte essentiellement sur l'histoire familiale et l'enfance d'Albert Camus. Elle n'a pas été relue, ponctuée par l'auteur.
Dans la dernière partie du livre, des notes sont publiées qui devaient servir à l'auteur dans son travail et qui peuvent éclairer le lecteur.

 

Toute autobiographie pose les mêmes questions : quelle est la part réalité ? quelle est la part reconstruction, volontaire ou non, de la réalité ? Accentuées, ici, par le caractère romancé.La réponse peut paraître évidente pour les événements auxquels Camus n'a pu assister, beaucoup moins dans la présentation de souvenirs de son enfance ou de faits anciens ou récents comme son séjour à Alger dans le cadre de la préparation du livre.

 

Avec « Le premier homme », Camus livre au lecteur le terreau reconstitué, au moins partiellement, d'où il a tiré ses œuvres. Ce livre peut être lu pour ses qualités intrinsèques littéraires, historiques, personnelles... Mais pas seulement. Bien qu'il n'ait pas été écrit pour cela, il donne aussi à voir les alluvions d'où l'orpailleur a su tirer les pépites, la gangue dont le mineur a extrait le diamant... La vie d'où est né « L’Étranger  ».

 

Dans le « Premier homme », le lecteur retrouve des situations, des faits, des anecdotes, des détails, des scènes déjà présents dans des œuvres antérieures, notamment dans « L'envers et l'endroit ». Dans la préface à la réédition de ce dernier, en 1958, Camus écrit  : « Pour moi, je sais que ma source est dans ''L’Envers et l’Endroit'', dans ce monde de pauvreté et de lumière où j’ai longtemps vécu ». Au point qu'il est permis de penser que « Le premier homme », en cours de rédaction lorsqu'il publie cette préface, est la réécriture annoncée : « Si, malgré tant d’efforts pour édifier un langage et faire vivre des mythes, je ne parviens pas un jour à récrire ''L’Envers et l’Endroit'', je ne serai jamais parvenu à rien, voilà ma conviction obscure. » C'est dire l'importance aux yeux de Camus de l’œuvre à laquelle il travaillait alors.

 

Pourquoi l'auteur, encore jeune – quarante-six ans au moment de son accident mortel - a-t-il éprouvé le besoin d'écrire ce livre – de récrire « L'envers et l'endroit » - dans lequel il va retracer l'histoire d'une famille dont il a dit, à plusieurs reprises, qu’elle n'a pas d'histoire, par comparaison aux familles de certains de ses condisciples. Et qui fait de lui le premier homme et non le fils de...

 

Auteur d'une œuvre universellement connue et reconnue, il a reçu le prix Nobel de littérature en 1957, qu'est-ce qui peut pousser Camus à entreprendre cet important travail ?

Considérait-t-il son œuvre de fiction comme terminée ? Après avoir arraché à sa jeunesse et craché à la face du monde sa soif « avide de vivre, révolté contre l'ordre mortel du monde ». Après « tant d’efforts pour édifier un langage et faire vivre des mythes ». Après les combats politiques et éthiques de l'homme mûr qui devait « essayer d'être juste » au moment de la guerre et de l'immédiate après-guerre.

Camus, devenu silencieux en pleine guerre d'Algérie, a-t-il pensé le moment venu de faire le point sur le sens de sa vie, de revenir aux sources quand son rêve pour l'Algérie semble définitivement hors champ politique, inaudible par tous ? Après s'être « jusque là senti solidaire de toutes les victimes », il admet être devenu « aussi solidaire des bourreaux ».
Il doit abandonner le personnage qu'il est, aux yeux de beaucoup, pour aller chercher sa profonde vérité, quoi qu'il en coûte. C'est ce qu'il semble dire quand il écrit :
« On vit. Et les autres rêvent votre vie » ou « J'en ai assez de vivre, d'agir, de sentir pour donner tort à celui-ci et raison à celui-là. J'en ai assez de vivre selon l'image que d'autres me donnent de moi. Je décide l'autonomie, je réclame l'indépendance dans l'interdépendance. » Clin d’œil à la formule employée par Edgar Faure, en 1955, à propos de l'indépendance du Maroc... Mais surtout volonté de dire sa vérité.

 

Le jeune qui se croyait sans passé, serait-il devenu, tout à coup et paradoxalement, sans avenir ? Il découvre qu'il avait été heureux sur la terre algérienne dans la misère et le soleil dont il ne partagerait pas le destin, comment pourrait-il l'être loin d'elle, dans la richesse et les villes sales et tristes. Dans sa soif de tout vivre pleinement, il avait tout quitté, sa mère, sa terre, avec le sentiment d'avoir tout abandonné - « un bon fils est celui qui reste. Moi, j’ai couru le monde, je l’ai trompée avec les vanités, la gloire, cent femmes » - mais rien oublié. D'où cette volonté de revenir vers la mère et le père, vers son peuple, vers sa terre...

Là où la jeunesse lui avait permis de se créer un présent exaltant, exalté, face au soleil, à la mer, face au monde, se sentait-il obligé de se rattacher à une histoire dont il pressentait la fin ? Après « l'amour de vivre... le désespoir de vivre »...

 

L'identité est un projet politique. A défaut de pouvoir se projeter dans un avenir, de plus en plus improbable, une Algérie française ou, au moins, liée étroitement à la France, Camus va rechercher cette identité dans le passé. Dans ses souvenirs, dans le passé qu'il a vécu, d'où les pages sur son enfance, sa jeunesse, sa famille, son quartier, ses années lycéennes. Pages admirables qui montrent la précarité matérielle dans laquelle il a vécu et ses attaches familiales non seulement à sa mère, souvent rappelée, mais aussi à son oncle et à travers lui au milieu ouvrier. Dans un quartier populaire où une certaine mixité ne voulait pas dire mélange. Et finalement, dans une communauté, celle des Français d'Algérie :«  il n'était pas sûr que ces souvenirs si riches, si jaillissants en lui, fussent vraiment fidèles à l'enfant qu'il avait été. Bien plus sûr au contraire qu'il devait en rester à deux ou trois images privilégiées qui le réunissaient à eux, qui le fondaient à eux, qui supprimaient ce qu'il avait essayé d'être pendant tant d'années et le réduisaient enfin à l'être anonyme et aveugle qui s'était survécu pendant tant d'années à travers sa famille et qui faisaient sa vraie noblesse. » Révision déchirante, pour laquelle, il ne pouvait se contenter de ses seuls souvenirs. Mais devait aller vers un passé plus ancien.

« Le premier homme » est une essai romanesque pour clarifier l'algérianitéde Camus.
Dans
son œuvre littéraire, les Arabes, comme il les appelle, sont absents comme dans « La Peste », ou appartiennent au paysage dans « La mort heureuse » ou « L’Étranger ». Mais, dans « La mort heureuse », Mersault tue un Français pour accomplir son projet, dans « L’Étranger », Meursault tue un Arabe pour un coin de plage à l'ombre. Cette vie, en terre algérienne et à coté des Arabes-Algériens, est confirmée par « Le premier homme ».

 

Dans « Le premier homme »,l'Algérien, c'est Camus : « Ce qu’ils n’aimaient pas en lui, c’était l’Algérien ». Les Algériens, ce sont essentiellement les Européens d'Algérie, les Français d'Algérie. Et c'est des Français d'Algérie, de sa famille bien sûr, mais aussi de tous les autres qu'il parle : « En somme je vais parler de ceux que j’aimais. Et de cela seulement. Joie profonde ». « Tous tonneliers ou ouvriers du port ou des chemins de fer... entre hommes... »

Même s'il est possible de trouver « des vagues d'Algériens arabes et français ». Des « Arabes », il ne parle guère. Ils ne sont pas, en tout cas, l'objet du livre. Comme dans cette dernière phrase, ce qui ne fait aucun doute, c'est que les Arabes ne sont pas français ! Non dans la bouche d'un Français d'Algérie, anonyme, dans le cadre d'une histoire rapportée, mais dans les mots de Jacques Cormery (alias Albert Camus) : « des centaines d'orphelins naissaient dans tous les coins d’Algérie, arabes et français », « les spectateurs arabes et français », « chargement d'ouvriers arabes et français », « équipes de gosses arabes et français », «  une bagarre éclatait entre un Français et un Arabe,de la même manière qu'elle aurait écarté entre deux Français et deux Arabes ».

 

Si Camus décrit longuement la pauvreté de sa famille, il n'oublie pas la pauvreté – séparée – des Arabes : « l’immense troupe des misérables, la plupart arabes, et quelques uns français ». Rares à l'école communale, quasi absents au lycée : « Du reste, alors qu'ils avaient des camarades arabes à l'école communale, les lycéens arabes étaient l'exception et ils étaient toujours des fils de notables fortunés. »

Mais l'égale ou l'inégale pauvreté ne suffit pas a créer des liens de solidarité : « dans ce pays d'immigration... les frontières entre les classes étaient moins marquées qu'entre les races » d'où le fait que « ces ouvriers... qui toujours dans la vie quotidienne étaient les plus tolérants des hommes, fussent toujours xénophobes dans les questions de travail, accusant successivement les Italiens, les Espagnols, les Juifs et les Arabes et finalement la terre entière de leur voler leur travail... attitude déconcertante certainement pour les intellectuels qui font la théorie du prolétariat, et pourtant fort humaine et bien excusable » et qui conduit « ces nationalistes inattendus »à disputer « aux autres nationalités » (sic) «  le privilège de la servitude ».

 

Les Arabes, présents dans la vie quotidienne, vivent dans un monde séparé : « se retiraient pourtant dans leurs maisons inconnues, où l'on ne pénétrait jamais, barricadés aussi avec leurs femmes qu'on ne voyait jamais ou, si.on les voyait dans la rue, on ne savait pas qui elles étaient, avec leur voile à mi-visage et leurs beaux yeux sensuels et doux au dessus du linge blanc, et ils étaient si nombreux dans les quartiers où ils étaient concentrés, que par leur seul nombre, bien que résignés et fatigués, ils faisaient planer une menace invisible qu'on reniflait dans l'air des rues certains soirs... »

La vision n'est pas loin de l'orientalisme, la beauté sensuelle, mystérieuse de la femme et la menace invisible, diffuse. Deux communautés se côtoient sans se mêler vraiment et, lors d'un des rares dialogues avec un Arabe, c'est le repli identitaire qui est mis en relief. Saddok se marie suivant la tradition : « Parce que mon peuple est identifié à cette tradition, qu’il n’a rien d’autre, qu’il s’y est figé, et que se séparer de cette tradition c’est se séparer de lui. C’est pourquoi j ‘entrerai demain dans cette chambre et je dénuderai une inconnue, et je la violerai au milieu du fracas des fusils… ». Comme Camus choisit de revenir à la communauté des Français d'Algérieen entreprenant de raconter, avec tout son talent, l'arrivée des colons parisiens et alsaciens, exilés et révolutionnaires, dans un pays qui n'a ni les senteurs, ni les miroitements de Tipaza. Mais « la pluie algérienne », la chaleur, le paludisme, le choléra et l'hostilité silencieuse, pas toujours résignée, d'un peuple à qui on n'a rien demandé.

 

Car Camus affirme : « J'ai besoin que quelqu'un me montre la voie et me donne blâme et louange... J'ai besoin d'un père ». Ce besoin d'un père qui lui a manqué, qui montre le chemin, Camus va le rechercher dans la mémoire défaillante des siens et encore plus défaillante de sa mère. En vain. La visite, rendue à la tombe de son père, à la demande de sa mère, à Saint-Brieuc, ville sans attrait, aux « rues étroites et tristes » ne saurait répondre à ce besoin. Là, il prend, subitement, conscience que « l'homme enterré sous cette dalle, et qui avait été son père, était plus jeune que lui ». Devant cette tombe sans voix, au milieu de toutes les autres, celles d’hommes qui n'avaient pas eu le temps de vivre, « révolté contre l'ordre mortel du monde »comme dans sa jeunesse, il comprend que pour connaître son père, pour comprendre les siens, il lui faut aller ailleurs, plus loin. Et d'abord, dans ce coin d'Algérie où son père a vécu et où lui-même est né.

 

Parti à la recherche des traces éventuelles laissées par son père, dans une saga décomplexée, Camus remonte très loin pour faire le récit du long voyage depuis Paris, de l'arrivée à Bône, de l'installation difficile en Algérie, de ces colons qui, poussés par des promesses gouvernementales, débarquent dans un pays inconnu : « à chacun, on promettait une habitation et 2 à 10 hectares... Ils sont partis en 49 et la première maison, construite en 54 ».

C'est dans la migration anonyme de ces pauvres envoyés par le gouvernement de Paris où le lecteur peut retrouver les dures conditions de vie de tous ceux qui ont émigré ou émigrent vers un monde inconnu, tout simplement pour vivre. C'est dans ces colons pauvres, engagés dans une aventure involontaire qui les dépasse, qu'il trouvera les siens, ceux de sa classe et de sa race. Parmi tous ces Parisiens, ces quarante-huitards, embarqués en fanfare sur « six péniches traînées par des chevaux de halage avec Marseillaise et Chant du départ... bénédictions du clergé sur les rives de la Seine... pendant un mois sur les rivières et le fleuves couverts des dernières feuilles mortes … les conquérants au fond de ses cales, malades à crever, vomissant les uns sur les autres et désirant mourir jusqu'à l'entrée du port de Bône, avec toute la population sur les quais pour accueillir en musique les aventuriers verdâtres, venus de si loin... les hommes à pied, coupant à vue de nez à travers la plaine marécageuse ou le maquis épineux, sous le regard hostile des Arabes groupés de loin en loin et se tenant à distance... pendant qu'aux quatre coins du campement, la garde veillait pour défendre les assiégés contre les lions à crinière noire, les voleurs de bétail, les bandes arabes et parfois aussi les razzias d'autres colonies françaises qui avaient besoin de distractions ou de provisions... Les deux tiers des émigrants étaient morts, là comme dans toute l'Algérie, sans avoir touché la pioche et la charrue... Oui, comme ils étaient morts ! Comme ils mourraient encore ! Silencieux et détournés de tout, comme était mort son père dans une incompréhensible tragédie loin de sa patrie de chair, après une vie tout entière involontaire, depuis l'orphelinat jusqu'à hôpital en passant par le mariage inévitable ».

 

Colonisation organisée par le gouvernement français, à l'abri des militaires français, c'est de ces hommes et ces femmes « réfractaires prenant la place chaude des rebelles... persécutés-persécuteurs d'où était né son père... Et ainsi de leurs fils. Et les fils et les petits fils de ceux-ci... sans passé, sans morale, sans leçon, sans religion mais heureux de l'être et de l'être dans la lumière... d'une vie commencée sans racine... qui bâtissaient de fugitives cités pour mourir ensuite à jamais en eux mêmes et dans les autres... la vie en laissant si peu de traces ». « Sur 600 colonnes envoyées en 1831, 150 meurent sous les tentes ».

 

En toile de fond de cette vie, « il avait senti la pesée avec l'immense mer devant lui, et derrière lui cet espace interminable de montagnes, de plateaux et de déserts qu'on appelait l'intérieur, et entre les deux le danger permanent dont personne ne parlait parce qu'il paraissait naturel », ce danger avait accompagné l'installation des colons et persistait depuis des dizaines d'années, qui naissait de la simple présence d'une population qui était exclue, qui se sentait exclue, tantôt passive, tantôt rebelle « ce peuple attirant et inquiétant, proche et séparé », toujours autre. Mais qui ne saurait rester éternellement l'autre, l'Arabe.

 

Par ce récit, loin des discours hagiographiques ou anticolonialistes, Camus semble vouloir réhabiliter la colonisation par les pauvres et affirmer sa solidarité avec un monde qu'il sait désormais condamné, désespérément, à ces yeux. Mais ce n'est là qu'une toute petite partie de son désespoir. Dans ses notes, il prévoyait, rêve ou plutôt cauchemar lors d'une sieste de son héros : « Demain, six cent millions de Jaunes, des milliards de Jaunes, de Noirs, de basanés, déferleraient sur le cap de l’Europe… et au mieux la convertiraient. Alors tout ce qu’on avait appris, à lui et à ceux qui lui ressemblaient, tout ce qu’il avait appris aussi, de ce jour les hommes de sa race, toutes les valeurs pour quoi il avait vécu, mourraient d’inutilité. »


La fin de sonAlgérie n'est, pour Camus, que le commencement d'un bouleversement beaucoup plus important. On n'est pas loin du choc des civilisations et même de la mort de la civilisation occidentale telle que Camus l'a vécue.

 

 

« Le premier homme » Albert Camus, Gallimard, 1994, 336 pages

 

Les citations sont extraites du « Premier homme ».

 

Un ami me signale un lien interessant, sur  L'Afrique du nord illustrée 1907-1937  Si ce lien ne fonctionne pas tapez sur votre fureteur : "L'Afrique du nord Illustrée" Gallica.

Il s'agit d'une revue de l'Afrique du nord pendant la période "Camus".

 

Sur les oeuvres de Camus, voir :

- Lettres à un ami allemand

- La mort heureuse

- L'Etranger

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 22:15

 

 

 

 

Quatre jours à Valence (València en valencien, Valencia en espagnol) permettent seulement de rapporter quelques images que vous trouverez ci-dessous


Troisième ville d'Espagne avec 797 028 habitants en 2102, 1 875 691 pour Valencia-Métropole, elle est aujourd'hui la capitale de la Communauté valencienne. .

 

Quelques images du centre historique de jour et de nuit.

 

Plazza de la Virgen

 

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Basilica de la Virgen de los Desamparados

 

 

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La  Lonja de la Seda

 

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Noël

 

 

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La veille de Noël, des voitures, banales ou de collection, viennent à l'Ayuntamento (mairie)  pour faire des dons

 

 

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Devant le Marché Central

 

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Le Marché central

 

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Magnifique crêche dans le Marché central qui reconstitue tout un village avec ses habitants en pleine activité, les enfants qui jouent... (Incapable de mettre la vidéo sur le blog)

 

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Le quartier Cabanyal

maisons traditionnelles avec nombreux azulejos

Depuis des années, problème de réhabilitation

avec luttes pour ou contre des destructions d'immeubles

 

 

 

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Le Port

 

 

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QG de l' America'scup

 

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Ensemble architectural de Santiago Calatrava

 

 

Palais des Arts de la Reine Sofia

 

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  Cité des Arts et des Sciences

 

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Hemisferic

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  Pont

 

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  Serre

 

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  Oceanogràfic

 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 11:49

 

L'esprit du Malin souffle sur l’Élysée

 

Quelques mois après avoir fait installer son Premier bureau à l’Élysée, le malin M.Petite Bague s'empressait d'en installer un second à quelques centaines de tours de roue de scooter afin de pouvoir y aller discrètement casqué ! Sans être contrôlé de façon intempestive par la police pour avoir caché son visage dans la rue.

Discrétion telle que l'endormeur du Valls, chargé de sa sécurité, ne s'est aperçu de rien, surtout pas que des tireurs d'élites, postés au coin de la rue, pouvaient, à défaut de l'exécuter, le photographier. Que les photographes n'aient rien vu est à l'honneur de la discrétion des services de sécurité (Rebsamen). Que les services de sécurité n'aient pas vu et empêché de nuire le photographe témoigne soit de leur profond respect de la liberté de la presse, ce qui est tout à leur honneur, soit de leur incompétence ou de leur volonté de nuire, ce qui l'est moins. Aux ordres de qui ? De quel ministre de l'Intérieur, l'ancien ou le nouveau ?

Faut-il prévoir un double remaniement à prévoir ? Dans les services de protection et à quel niveau ? Dans l'ordre des bureaux ?

Mais son deuxième bureau, avenue Bosquet, siège du Medef, fait craindre beaucoup plus pour notre sécurité (sociale) que pour celle du président. Ici le remaniement est déjà fait.

 

Pendant ce temps, le chômage, l'écart entre riches et pauvres augmentent. La question qui se pose est de savoir quelle forme prendra sa prochaine explosion ?

 

Ce respect de la liberté d'expression ne semble pas une donnée constante des circulaires. Cette inconstance a d'autres conséquences que celles du théâtre de boulevard de l’Élysée. Notamment auprès de ceux qui fréquentent peu et le théâtre et l’Élysée mais trouvent que toutes les libertés ne sont pas traitées de la même façon. Qu'il est plus facile, Dieu seul sait pourquoi, de bloquer le spectacle d'un histrion noir, que la sortie d'un journal s'attaquant à une ministre noire ! Est-ce du fait du tireur, de la cible ou des deux ?

En tout cas la publicité, au frais du ministère de l'Intérieur, permettra peut-être de faire passer de la Main d'or aux mains du Trésor certains impayés accumulés depuis des années.

 

Pendant ce temps, le chômage augmente et l'écart entre riches et pauvres. La question qui se pose est de savoir quelle forme prendra sa prochaine explosion ?

 

M. Petite Blague a pu remarquer, très astucieusement devant une assemblée adéquate et ravie, que le ministre de l'Intérieur, peu tendre sur les questions d'immigration, avait même endormi le gouvernement et la presse d'Alger. Et en revenir vivant ! Il est vrai que c'est surtout les immigrés de l'est qui sont visés. Les expulsions de Roms ont été, cette année, deux fois plus nombreuses que l'année précédente.

 

Pendant ce temps, le chômage augmente et l'écart entre riches et pauvres. La question qui se pose est de savoir quelle forme prendra sa prochaine explosion ?

 

 

Tous ces fins amusements du microcosme cumulés font que, « sans bavure... le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a tout simplement explosé sa visibilité médiatique, mesurée sur les radio, les télés, les sites d'info et les réseaux sociaux ». A lui seul, il est à peu près autant cité que tous le ministres du gouvernement réunis !

 

Qu'avons-nous fait pour courir le risque d'avoir à choisir à la prochaine présidentielle, entre Sarkozy, Valls et le Pen ? Pouvez-vous nous éviter ce choix SVP ?

 

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