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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 18:31

 

Bertrand Delanoé : un maire normal.

 

Les choses normales passent inaperçues même quand elles sont exceptionnelles.
Ainsi, Bertrand Delanoé termine-t-il son second mandat à la mairie de Paris. Il n'a probablement pas tenu toutes les promesses qu'il avait faites lors de ses campagnes électorales pour devenir maire de Paris. Il aurait certainement pu faire plus ou mieux.
Il a cependant tenu parole sur deux questions qui ne dépendaient que de sa volonté : il n'a pas cumulé les mandats, il n'a pas cherché à se faire élire pour une troisième mandature.
Peut-être ce comportement n'est-il pas réellement « exceptionnel » mais la fonction de maire de Paris devrait lui donner un éclat particulier et exemplaire.

 

Bertrand Delanoé, né en 1950, a adhéré au PS en 1971 et est élu Conseiller de Paris pour la première fois en 1977, député de Paris en 1981 puis sénateur.
En 1993, il devient chef du groupe socialiste, le plus important de l'opposition au Conseil de Paris, et, en 1995, mène la bataille contre Jean Tibéri, candidat à la succession de Jacques Chirac qui vient d'être élu à la présidence de la République. La gauche remporte six arrondissements sur les vingt.

En 2001, devant la division de la droite, une victoire de la gauche pour la mairie de Paris semble possible. Une primaire est organisée par le PS pour savoir qui serait maire de Paris dans cette éventualité. Jack Lang, m'as-tu-vu et pigeon voyageur, alors maire de Blois, se sent une irrésistible vocation pour devenir le flamboyant maire de la ville lumière, Et disputer la primaire socialiste au relativement inconnu Delanoé. Il renonce quand, fort opportunément, Lionel Jospin le désigne comme ministre de l’Éducation nationale. Les militants socialistes peuvent désigner Delanoé comme candidat à la mairie de Paris.

 

Bertrand Delanoë est favorable au raccourcissement de tous les mandats électifs à cinq ans, à l'interdiction d'enchaîner trois mandats consécutifs à un même poste exécutif ou parlementaire et à la limitation stricte du cumul de mandats. C'est la règle qu'il s'est appliquée.

Dès son élection, « maire à temps plein », il démissionne de son mandat de sénateur de Paris. Il ne nomme aucun maire d'arrondissement comme adjoint et prend des élus des arrondissements, y compris des arrondissements où la droite est restée majoritaire dont Anne Hidalgo comme Première Adjointe.

Arrivé à la fin de sa seconde mandature, il ne se présente pas pour un troisième mandat. Il propose, pour lui succéder, Anne Hidalgo qui a été sa première adjointe pendant ses deux mandatures. Acceptée par les socialistes, elle refuse à son tour tout cumul pour les candidats qu'elle a choisis pour être tête de liste et donc maire d'arrondissement en cas de victoire à la présente élection.

Ce comportement « normal » n'est hélas pas la règle au PS où les barons sont nombreux qui cumulent et les mandats et les renouvellements de mandats : certains occupent le même poste depuis des dizaines d’années... Ni dans les autres organisations politiques.

Si tous les élus faisaient de même, ce ne serait pas la révolution mais un petit pas en avant vers plus de démocratie. Et peut-être le regard des citoyens sur leurs élus en serait-il un peu amélioré.

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Published by Paul ORIOL - dans Billets
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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 00:00

 

 

Une fête en l'honneur du Nouvel an chinois (année du cheval) a été organisée  à la station de métro de Belleville, carrefour de 4 arrondissements (10°, 11°, 19°, 20°) en présence de  Me Hidalgo, première adjointe et candidate à la mairie de Paris et des élus des 4 arrondissements...

 

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.... d'une représentante de la  Chine

 

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Voir Paysages de Chine dans Paris 13° (Images de Gilles Walusinski)

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Published by Paul ORIOL - dans Le Quartier
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 17:55

 

LE MALENTENDU

note critique

 

 

Dans « Le Malentendu » (1), Jan revient incognito,après une longue absence, dans l'auberge que gèrent sa mère et sa sœur, pour partager avec elles la fortune et le bonheur qu'il est allé chercher à l'étranger. Mais celles-ci assassinent les clients fortunés et isolés avec l'espoir de partir un jour vers un pays de mer et de soleil. Il sera leur dernière victime.

Dans un huis clos (2) essentiellement à 3 personnages - la mère, la fille, le frère - le malentendu repose sur la situation : la mère et la sœur ne savent pas qu'elles vont tuer le malheureux enfant prodigue, à cause de sa richesse et de sa difficulté à dire simplement les choses.
Les dialogues illustrent le malentendu : Jan ne comprend pas le danger qui le menace dans certaines phrases de sa sœur, la mère ne perçoit pas les élans du fils qui veut être reconnu... Toutes choses qu'intègre le spectateur ou le lecteur, qui connaît le dénouement. Cette difficulté, à entendre l'autre ou à se faire comprendre de lui, conduit à la mort des trois protagonistes.

 

Cette histoire est inspirée d'un fait divers que Meursault raconte dans «  L'Etranger » (3) : « Entre ma paillasse et la planche du lit, j'avais trouvé, en effet, un vieux morceau de journal presque collé à l'étoffe, jauni et transparent. Il relatait un fait divers dont le début manquait, mais qui avait dû se passer en Tchécoslovaquie. Un homme était parti d'un village tchèque pour faire fortune. Au bout de vingt-cinq ans, riche, il était revenu avec une femme et un enfant. Sa mère tenait un hôtel avec sa sœur dans son village natal.
Pour les surprendre, il avait laissé sa femme et son enfant dans un autre établissement, était allé chez sa mère qui ne l'avait pas reconnu quand il était entré. Par plaisanterie, il avait eu l'idée de prendre une chambre. Il avait montré son argent. Dans la nuit, sa mère et sa
sœur l'avaient assassiné à coups de marteau pour le voler et avaient jeté son corps dans la rivière. Le matin, la femme était venue, avait révélé sans le savoir l'identité du voyageur. La mère s'était pendue. La sœurs'était jetée dans un puits. ». (4)

Contrairement à Meursault qui est condamné parce qu'il parle peu, s'attache à la sèche vérité factuelle, Jan n'est pas capable de dire les choses simplement. Cette incapacité à s'exprimer « comme tout le monde » les condamne.

 

Ici, le personnage central est, comme rarement chez Camus, une femme, Martha, la sœur de Jan, interprétée lors de la création par Maria Casarès. C'est sa volonté de se procurer l'argent nécessaire à un nouveau départ qui la pousse, avec l'aide de sa mère, à tuer les riches clients esseulés de l'auberge.

 

Pour Camus, l'homme« sent en lui son désir de bonheur et de raison. L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde » (5). Dans ce monde, rien n'a de sens si ce n'est cette pulsion de vie en l'homme, cette exigence du bonheur. Qui est la même pour Zagreus, pour Mersault, dans « La mort heureuse » (6), premier roman de Camus,pour Martha dans « Le malentendu ».
Leur motivation les conduit à tuer pour être riches, libres et connaître le bonheur. Dans « La mort heureuse », Zagreus dit  : « À vingt-cinq ans, Mersault, j'avais déjà compris que tout être ayant le sens, la volonté et l'exigence du bonheur avait le droit d'être riche. L'exigence du bonheur me paraissait ce qu'il y a de plus noble au cœur de l'homme. À mes yeux, tout se justifiait par elle. Un cœur pur y suffisait... À vingt-cinq ans, j'ai commencé ma fortune. Je n'ai pas reculé devant l'escroquerie. Je n'aurais reculé devant rien. »

Martha ne dit rien d'autre : « Ce que j'ai d'humain, c'est ce que je désire, et pour obtenir ce que je désire, je crois que j'écraserais tout sur mon passage ».
Mais elle le dit à celui qu'elle va tuer qui ne peut l'entendre. Elle ne le dit pas, « avec un cœur pur » mais avec le sentiment du bien et du mal qu'elle assume, avec force. Tout en disant à sa mère que la mort qu'elles donnent n'est certainement pas la pire :« Vous savez bien qu'il ne s'agit même pas de tuer. Il boira son thé, il dormira, et tout vivant encore, nous le porterons à la rivière. On le retrouvera dans longtemps, collé contre un barrage, avec d'autres qui n'auront pas eu sa chance et qui se seront jetés dans l'eau, les yeux ouverts. Le jour où nous avons assisté au nettoyage du barrage, vous me le disiez, mère, ce sont les nôtres qui souffrent le moins, la vie est plus cruelle que nous. ».

 

Ce noir désir du bonheur que Martha pense trouver sur des rives lointaines gorgées de soleil et qui la font rêver, la pousse aux crimes répétés. Ce rêve proclamé peut faire croire,un instant,à Jan qu'il va trouve run chemin vers le cœur de sa sœur. C'est, en réalité, sa condamnation à mort annoncée : «  Je vous remercie seulement de m'avoir parlé des pays que vous connaissez et je m'excuse de vous avoir peut-être fait perdre votre temps.

Je dois dire cependant que, pour ma part, ce temps n'a pas été tout à fait perdu. Il a réveillé en moi des désirs qui, peut-être, s'endormaient. S'il est vrai que vous teniez à rester ici, vous avez, sans le savoir, gagné votre cause. J'étais venue presque décidée à vous demander de partir, mais, vous le voyez, vous en avez appelé à ce que j'ai d'humain, et je souhaite maintenant que vous restiez. Mon goût pour la mer et les pays du soleil finira par y gagner ».

 

Dans « Lettres à un ami allemand » (7), 1943-45,Camus écrit : L'Europe, « C'est une terre magnifique faite de peine et d'histoire...les roses dans les cloîtres de Florence, les bulbes dorés de Cracovie, le Hradschin et ses palais morts, les statues contorsionnées du pont Charles sur l'Ultava, les jardins délicats de Salzbourg. Toutes ces fleurs et ces pierres, ces collines et ces paysages où le temps des hommes et le temps du monde ont mêlé les vieux arbres et les monuments ! »
Camus peut avoir une description moins poétique de l'Europe, notamment des pays non-méditerranéens, par exemple comme Saint-Brieuc (8) : « Il parcourait maintenant les rues étroites et tristes, bordées de maisons banales aux vilaines tuiles rouges. Parfois, de vieilles maisons à poutres apparentes montraient leurs ardoises de guingois.. De rares passants ne s'arrêtaient même pas devant les devantures qui offraient la marchandise de verre, les chefs-d’œuvre de plastique et de nylon, les céramiques calamiteuses qu'on trouve dans toutes les villes d'Occident moderne »

 

Pour Maria, l'épouse, ou pour Martha, la sœur, c'est cette Europe qu'elles sentent. Cette Europe, triste, où le bonheur est impossible. Maria :,« Je me méfie de tout depuis que je suis entrée dans ce pays où je cherche en vain un visage heureux. Cette Europe est si triste. Depuis que nous sommes arrivés, je ne t'ai plus entendu rire, et moi, je deviens soupçonneuse. Oh ! pourquoi m'avoir fait quitter mon pays ? Partons, Jan, nous ne trouverons pas le bonheur ici. »

Martha : « Je n'ai plus de patience en réserve pour cette Europe où l'automne a le visage de printemps et le printemps odeur de misère. Mais j'imagine avec délices cet autre pays où l'été écrase tout, où les pluies d'hiver noient les villes et où, enfin, les choses sont ce qu'elles sont. »

Pour Jan aussi, le pays de son bonheur et de son amour n'est pas en Europe. Et s'il a voulu revenir, ce n'est pas par nostalgie de la beauté de son pays d'enfance mais par sentiment de culpabilité, avoir abandonné, d'un cœur léger, sa mère pour la fortune et le bonheur personnels, teintée d'une conscience tardive de son amour filial.

 

Camus a, personnellement, fait le parcours dans l'autre sens. Il a quitté sa mère, les siens et aussi son pays de lumière pour connaître la promotion sociale, la fortune et la gloire et il en conçoit peut-être quelques remords : 

- « Non, je ne suis pas un bon fils : un bon fils est celui qui reste. Moi j'ai couru le monde, je l'ai trompée avec les vanités, la gloire, cent femmes.

- Mais tu n'aimais qu'elle ?

- Ah ! Je n'ai aimé qu'elle ! » (7).

 

La plate banalité de tout dans la vie imprègne Meursault dans « L’Étranger », l'indifférence aux sentiments, le non-sens des sentiments :

« Un moment après, elle m'a demandé si je l'aimais. Je lui ai répondu que cela ne voulait rien dire, mais qu'il me semblait que non ».

Et aussi, dans « La mort heureuse » où s'exprime plutôt la volonté de nier l'amour :

« Tu m'aimes », dit Marthe sans transition.
Mersault soudain s'anima et rit très fort.
« Voilà une question bien grave.
- Réponds
.
- Mais à notre âge, on n'aime pas, voyons. On se
plaît, c'est tout. C'est plus tard, quand on est vieux et impuissant qu'on peut aimer. À notre âge, on croit qu'on aime. C'est tout, quoi. »

 

Dans « Le malentendu »,il ne s'agit pas d'indifférence, d'incapacité à sentir mais d'incapacité à faire sentir. Y compris entre la mère et la fille, enfermées dans des années de vie commune, de crimes communs, d'un projet commun. Que le temps érode peu à peu. Le temps et la vieillesseet la fatigue de vivre. Tous aiment, à leur façon ; l'amour est au cœur de tous les personnages, même s'ils sont incapables ou refusent de l'exprimer.

 

Jan est probablement parti de la maison familiale le cœur suffisamment léger pour passer de longues années sans donner de ses nouvelles malgré sa réussite. Avec le temps, il a éprouvé le besoin de ce retour auprès des siens. Besoin qu'il ne sait exprimer. Mais qui le fait sursauter, d'espoir, quand sa mère parle de fils.

 

Martha est très dure. Se défend de tous lessentiments, les nie, dessèche toutes ses relations y compris professionnelles : « Le cœur n'a rien à faire ici ».

Prête à tout. Laissant à peine apparaître un certain amour pour sa mère qu'elle bouscule un peu quand elle sent trop affleurersa faiblesse dans la poursuite de leur entreprise et son amour altéré mais persistant pour un fils qui est parti, n'a jamais donné de nouvelles, les a abandonnées....

 

« La mère : '' Les femmes désapprennent même d'aimer leur fils. Le cœur s'use, Monsieur.''
Jan. ''Il est vrai. Mais je sais qu'il n'oublie jamais.''
M
artha, se plaçant entre eux et avec décision : '' Un fils qui entrerait ici trouverait ce que n'importe quel client est assuré d'y trouver : une indifférence bienveillante. Tous les hommes que nous avons reçus s'en sont accommodés. Ils ont pavé leur chambre et reçu une clé. Ils n'ont pas parlé de leur cœur''.(Un temps.) ''Cela simplifiait notre travail''. »

 

La mère qui a appris à sa fille à ne rien respecter, bute sur une découverte simple mais tardive ; « Oui, mais, moi, je viens d'apprendre que j'avais tort et que sur cette terre où rien n'est assuré, nous avons nos certitudes...L'amour d'une mère pour son fils est aujourd'hui ma certitude. » Un fils qu'elle vient de tuer.
Illustration de ce que dit Camus dans « Lettres à un ami allemand » (7) : « Je continue à croire que ce monde n'a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c'est l'homme, parce qu'il est le seul être à exiger d'en avoir. »



Pour ce frère qu'elle vient de tuer, ce qu'elle ne regrette pas, Martha a surtout de la haine. Parce que sa mère préfère sonfils qui les a abandonnées pendant des années à sa fille qui a partagé sa vie et ses peines. Amour jaloux, désespéré, quand elle se voit abandonnée, doublement, dans son projet et dans le choix de sa mère de rejoindre son fils dans la rivière. « Que ferais-je sans vous à mes côtés, que deviendrais-je loin de vous ? Moi, du moins, je ne saurais pas vous oublier... »

 

Seule Maria, l'épouse de Jan qui craignait ce voyage, qui regrette le pays d'où ils viennent, n'hésite pas à parler à Jan d'amour, du bonheur vécu, pour le pousser à parler clairement. Elle laisse éclater son énorme désespoir quand elle apprend sa disparition et se tourne alors vers Dieu : !
« 
''Oh ! mon Dieu ! je ne puis vivre dans ce désert ! C'est à vous que je parlerai et je saurai trouver mes mots''. (Elle tombe à genoux.) ''Oui, c'est à vous que je m'en remets. Ayez pitié de moi, tournez-vous vers moi ! Entendez-moi, donnez-moi votre main ! Ayez pitié, Seigneur, de ceux qui s'aiment et qui sont séparés !'' »
Celui-ci, par la voix d'un serviteur, toujours présent, toujours à l'écoute et toujours muet tout au long des événements, a une réponse brève, nette, définitive : « Non  » 

 

 

 

1 - Pièce en 3 actes, d'Albert Camus, créée en juin 1944, « Le Malentendu » fait partie du « cycle de l'absurde » avec le « Mythe de Sisyphe » (1942), « L’Étranger » (1942) et « Caligula » (1944).

2 - La pièce « Huis clos » de Sartre a été créée en mai 1944

3 - « L’Étranger » 1942

4 - Ce thème rappelle, « L'Auberge rouge », un film d'Autant Lara de 1951, à partir d'une histoire criminelle : en 1833, trois aubergistes ont été exécutés après procès, à Peyrebeille, accusés d'avoir assassiné, en 23 ans plus de 50 voyageurs, pour les voler.

5 – « Le Mythe de Sisyphe » 1942
6 - « 
La mort heureuse », 1971.
7- « Lettres à un ami allemand »1943-44
8 - « Le Premier homme »1994

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Published by Paul ORIOL - dans Note de lecture
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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 13:11

 

Revue de presse n° 128 (Europe)


20px-Flag_of_Europe.svg.pngLes dirigeants de l'UE, tous des nuls : Le président de la Commission européenne (CE) J.M. Barroso a menacé l’Écosse d'exclusion de l'UE si ses citoyens se disaient majoritairement favorables à l'indépendance. Pour le quotidien de gauche Pravda : "Comment se peut-il que Barroso assure deux mandats à la tête de la CE ? D'une manière générale, l'UE est dirigée par des faibles. L'opinion publique a rapidement oublié Herman van Rompuy élu en 2009. Secondé par une ministre des Affaires étrangères, Lady Ashton, complètement dépassée. A la tête du Parlement européen, la figure autoritaire de H-G Pöttering a été remplacée par celle, bien terne, de J. Buzek, puis par Martin Schulz. Il manque d'autorité et de capacité à diriger les débats importants. Un temps, les États déléguaient à Bruxelles de fortes personnalités : Walter Hallstein, Roy Jenkins ou Jacques Delors. Europolitics Pravda – Slovaquie 24/02/14)


20px-Flag_of_Poland.svg.pngLa Pologne ne sera bientôt plus dépendante du gaz russe : Sur la période 2011-2018, la Pologne aura déboursé quelque 2,7 milliards d'euros pour financer des projets visant à atténuer sa dépendance énergétique de la Russie. La crise ukrainienne révèle la nécessité de ces projets : "Dans tout juste un an, le premier méthanier chargé de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar entrera dans le port de Świnoujście. Les contrats signés prévoient que ces livraisons couvrent dix pour cent de la consommation polonaise, voire plus d'un tiers des besoins. Les conflits récurrents avec le Kremlin et Gazprom sur les prix et les conditions de livraison ces dernières années prouvent le bien fondé de ces investissements. La situation actuelle ne fait que confirmer la nécessité absolue de ces projets." Eurotopics Rzeczpospolita – Pologne 05/03/14

 

20px-Flag_of_Germany.svg.pngLe fournisseur énergétique allemand RWE dans le rouge en 2013, pour la première fois dans l'après-guerre. Ces pertes de 2,8 milliards d'euros révèlent un malaise sur le marché de l'électricité : Deux options . 1 après avoir subventionné la construction de centrales solaires et éoliennes avec des centaines de milliards d'euros, subventionner les centrales électriques à charbon et à gaz déficitaires. … 2 repenser le tournant énergétique de fond en comble. On en arriverait à la fâcheuse conclusion que le tournant allemand n'a pratiquement aucune incidence sur la protection du climat On peut donc mettre fin aux subventions de l'éco-électricité … Il est certes douloureux de renoncer à une illusion collective, mais c'est tout de même moins onéreux qu'une spirale de subventions qui ne cesse de s'amplifier." Europolitics Neue Zürcher Zeitung – Suisse 05/03/14

 

20px-Flag_of_Europe.svg.pngLe nombre de travailleurs détachés au sein de l'UE atteindrait 1,5 million. Rien qu'en France, jusqu'à 350 000 personnes seraient concernées, et seulement une partie déclarées : 170 000 en 2012 et 210 000 en 2013 (+ 23 %), selon des chiffres du ministère français du travail. Le Monde 05/03/14

 

20px-Flag_of_Europe.svg.pngLe choix de J-C Juncker comme tête de liste du Parti populaire européen (PPE : la droite européenne) est la consécration idéologique de la défense des privilèges financiers des classes aisées. Affirmation officielle de cette politique résolument antisociale. Que le PPE incarne depuis des dizaines d'années sans oser le revendiquer. Mediapart 08/03/14


20px-Flag_of_Europe.svg.pngDes candidats soporifiques : Le choix de Jean-Claude Juncker comme tête de liste des conservateurs européens est une régression : "Un dicton veut que les peuples n'aient jamais que les dirigeants qu'ils méritent. Or quand on voit les candidats à la présidence de la CE, on se demande de quel crime le peuple européen doit se racheter. Juncker, Guy Verhofstadt et Martin Schulz. … Nul ne doute de leur compétence. Or ils sont issus d'une ère de l'UE dans laquelle tout ce qui était bleu avec des étoiles jaunes était accueilli sans grande résistance et souvent même acclamé avec jubilation. … Pourquoi nous donne-t-on le choix entre trois dinosaures ? Pense-t-on vraiment que ces candidats, qui sont tout sauf pétillants, innovants et rebelles, nous inciteront à nous rendre aux urnes ?" Europolitics De Volkskrant – Pays-Bas 10.03.14

 

20px-Flag_of_Europe.svg.png Déçus par l'Europe, les citoyens ne sont pas encore prêts pour une campagne électorale des têtes de liste européennes: "Les partis traditionnels se défendent contre les tendances antieuropéennes par une fuite en avant. Ils essaient de porter la joute politique à un niveau européen et de s'adresser à un peuple européen qui n'existe pas, mais qu'ils veulent créer en lui faisant élire le futur président de la CE… Cette innovation peut-elle réellement éveiller l'intérêt du peuple et amener les gens à aller voter ?… Compte tenu de la réalité [politique] de l'Europe, l'élection du président de la CE par le PE apparaît comme une décision prématurée, et on est en droit de se demander si les élections ont vraiment le pouvoir de réconcilier les citoyens courroucés avec une Europe qui les a déçus."Europolitics Il Sole 24 Ore – Italie 09.03.14

 

20px-Flag_of_Europe.svg.pngJ-C Juncker est le candidat de la droite européenne, rien ne dit qu'il dirigera la CE. Parmi les questions brûlantes figure celle de la légitimité du candidat en cas de succès des conservateurs aux européennes. Contrairement à M. Schulz, il ne compte pas participer activement au scrutin européen... J-C Juncker devra trouver les arguments pour convaincre les chefs d’État et de gouvernement de le nommer à la tête de la CE." Europolitics Le Quotidien – Luxembourg 07.03.14

 

20px-Flag_of_Europe.svg.pngTraité commercial transatlantique :La ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq « La France n’est pas favorable à l’inclusion d’un tel mécanisme, qui suscite beaucoup de préventions, mais pas que de la France. » Les Allemands sceptiques Fin janvier, le ministre de l’Environnement Sigmar Gabriel s’en était inquiété : « Beaucoup de gens, aussi en Allemagne craignent qu’avec ces procédures d’arbitrage certains États soient mis sous pression et que des objectifs politiques dans le domaine de la protection de l’environnement et des consommateurs soient contournés. »
Mais le projet d’accord, contient bel et bien des dispositions qui permettraient aux investisseurs, sous certaines conditions, de se servir de l’arbitrage afin de défendre leurs intérêts économiques face aux États.
Il s’agit notamment d’une demande des Américains, qui craignent d’avoir des difficultés pour imposer ce mécanisme dans d’autres accords commerciaux s’il n’est pas inclus dans le TTIP.
Nicole Bricq a rappelé « La Commission européenne devra revenir vers les États membres qui devront voter à l’unanimité »... « Quand l’Australie a négocié avec les États-Unis un accord de libre-échange, elle a refusé d’avoir un tel mécanisme. Et les Américains l’ont accepté. Donc, c’est possible. »
Face à la contestation publique, la Commission européenne a décidé de suspendre les négociations sur le dispositif et d’organiser une consultation d’ici le mois de juin. Contexte 10/03/14

 

A la question d'un journaliste sur le refus de certaines administrations  de recruter des femmes voilées, M. Ghlamallah,ministre des Affaires religieuses  et des wakfs, a indiqué: "il faut respecter  la tenue de travail" ajoutant que "le véritable voile est dans les valeurs morales". El Watan Algérie 09/03/14







20px-Flag_of_Europe.svg.pngNombre et pourcentage de femmes ministres au sein des 28 gouvernements de l'UE (les ministres délégués et les secrétaires d’État ne sont pas comptabilisés).

 

 

 

 

20px-Flag_of_Europe.svg.png20px-Flag_of_Germany.svg.png20px-Flag_of_Austria.svg.png20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg.png20px-Flag_of_Bulgaria.svg.png20px-Flag_of_Cyprus.svg.png20px-Flag_of_Croatia.svg.png20px-Flag_of_Denmark.svg.png20px-Flag_of_Spain.svg.png20px-Flag_of_Estonia.svg.png20px-Flag_of_Finland.svg.png20px-Flag_of_France.svg.png20px-Flag_of_Greece.svg.png20px-Civil_Ensign_of_Hungary.svg.png20px-Flag_of_Ireland.svg.png20px-Flag_of_Italy.svg.png20px-Flag_of_Latvia.svg.png20px-Flag_of_Lithuania.svg.png20px-Flag_of_Luxembourg.svg.png20px-Flag_of_Malta.svg.png20px-Flag_of_the_Netherlands.svg.png20px-Flag_of_Poland.svg.png20px-Flag_of_Portugal.svg.png20px-Flag_of_Romania.svg.png20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg.png20px-Flag_of_the_Czech_Republic.svg.png20px-Flag_of_Slovakia.svg.png20px-Flag_of_Slovenia.svg.png20px-Flag_of_Sweden.svg.png20px-Flag_of_Europe.svg.png

TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT

 

Un Buisson à dent dure. Guaino violé, MAM triste, Sarkozy colère, ils s'en aperçoivent l'ami Buisson n'était pas le bon choix.Nous on savait 05/03/14

 

TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT TOUIT

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Classement

Pays

Date élection

Nombre de ministres

Nombre de femmes


Pourcentage

1

Suède

2010

24

13

54,17

2

Italie

2014

16

8

50,00

3

France

2012

21

10

47,62

4

Finlande

2011

19

9

47,37

5

Pays-Bas

2012

15

7

46,67

6

Danemark

2011

20

8

40,00

6

Allemagne

2013

15

6

40,00

7

Bulgarie

2013

18

7

38,89

8

Belgique

2011

13

5

38,46

9

Lettonie

2011

14

5

35,71

10

Autriche

2013

14

4

28,57

10

Espagne

2011

14

4

28,57

11

Luxembourg

2013

15

4

26,67

12

Slovénie

2012

14

3

21,43

13

Portugal

2011

15

3

20,00

14

Croatie

2011

21

4

19,05

15

Royaume-Uni

2010

22

4

18,18

16

Rép. tchèque

2013

17

3

17,65

17

Estonie

2011

13

2

15,38

18

Irlande

2011

15

2

13,33

18

Malte

2013

15

2

13,33

19

Pologne

2011

19

2

10,53

20

Hongrie

2010

10

1

10

21

Chypre

2013

12

1

8,33

21

Roumanie

2012

12

1

8,33

22

Lituanie

2012

15

1

6,67

22

Slovaquie

2012

15

1

6,67

23

Grèce

2012

19

1

5,26

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 20:15

CRITERIUM SAUVAGE DES CASCADES

29 septembre 2013

 

 

 

 

 

 

Criterium-Cascades-Depart-001.jpg

 

 

 

Criterium-Cascades-013.jpg

 

 

 

 

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Criterium Cascades 002

 

 

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 23:35

 

Référendum en Suisse : réaction en chaîne en Europe ?

 

 

Quelles sont les conséquences pour l'Union européenne (UE) du référendum suisse du 9 février 2014 ? Est-ce le premier signe de sa dislocation ?

 

Ce référendum présente trois particularités :

  • Il vise à limiter l'immigration pour les étrangers qui s'installent en Suisse et pour les frontaliers qui résident à l'extérieur de la Suisse et franchissent la frontière pour aller à leur travail, quotidiennement.

  • Quand un référendum d'initiative populaire, présenté sous forme de texte écrit, est voté par le peuple, son introduction, tel quel, dans la Constitution est obligatoire. Et sa force est supérieure à la loi, y compris aux traités.
    Or le contenu de l'initiative est clair :

    • Le nombre des autorisations délivrées pour le séjour des étrangers est limité par des plafonds et des contingents annuels. Les plafonds valent pour toutes les autorisations délivrées en vertu du droit des étrangers, asile inclus. Le droit au séjour durable, au regroupement familial et aux prestations sociales peut être limité.

    • Les plafonds et les contingents pour les étrangers exerçant une activité lucrative doivent être fixés en fonction des intérêts économiques globaux de la Suisse et dans le respect du principe de la préférence nationale ; ils doivent inclure les frontaliers. Les critères déterminants pour l’octroi d’autorisations de séjour sont en particulier la demande d’un employeur, la capacité d’intégration et une source de revenus suffisante et autonome.

    • Les traités internationaux doivent être renégociés et adaptés dans un délai de trois ans...


      Ce référendum a fait grand bruit dans les « hautes sphères politiques, gouvernementales et européennes », non parce que la Suisse va limiter son immigration, avec contingents ou plafonds. Tous les gouvernements de l'UE sont favorables à la limitation de l'immigration, quotas ou non, demandeurs d'asile ou non. Mais parce que cette législation va toucher surtout des ressortissants de l'UE qui voudraient s'installer ou qui franchissent la frontière quotidiennement pour aller travailler en Suisse.

      Les étrangers installés en Suisse sont,, à plus de 80%, ressortissants de l'Union. En effet, nombreux sont les Italiens 301 254 (soit 16.0%), les Allemands 293 156 (15.5 %); les Portugais 253 769 (13.5), les Français 110 190 (5.8), les Espagnols 75 387 (4.0 ), les Britanniques 40 405 (2.1)... A ces résidents, il faut ajouter les frontaliers, plus de 270 000 : Français (143 000), Italiens (62 000), Allemands (56 000) et Autrichiens (8 100).

     

    Les réactions à ce référendum ont été rapides. Certains ont avancé que la Suisse devait remplir les conditions de toute nouvelle adhésion à l'UE et « accepter tous les acquis de l'UE ». La Suisse ne pouvait choisir dans l'UE ce qui lui plaisait et refuser le reste.
    La Suisse n'appartient pas formellement à l'UE, le peuple a, déjà, dit non par référendum à la participation de la Suisse à l'EEE, en 1992. En réalité, même les adhésions formelles permettent aussi de petits arrangements discrets.

     

    A la place de l'adhésion formelle, la Suisse a signé, des années 90 à 2013, plus de 20 traités bilatéraux sur la facilitation et la sécurité douanières, la libre circulation, le commerce, les marchés publics, l'agriculture, la recherche, les transports terrestres, la fiscalité de l'épargne, les produits agricoles transformés, les média, l'environnement, la lutte contre la fraude, les pensions, europol, eurojust, l'éducation, la formation professionnelle, la jeunesse,, la coopération avec l'AED, la concurrence.
    C'est dire qu'on est loin de la loi du tout ou rien ! Les choses avançaient traité par traité.

 

Mais, revoir des traités qui lient la Suisse et l'UE peut donner des idées à des pays adhérents, anciens ou futurs, de l'Union. C'est ce que semble vouloir prévenirDaniel Cohn-Bendit quant il demande de faire un exemple avec la Suisse. « La Suisse a parfaitement le droit de se refermer sur elle-même. Mais nous n’avons pas à lui céder, sinon nous y perdrons tous ». C'est ce que Angela Merckel vient de refuser à Londres.

 

Le « non » des Suisses à la libre circulation des ressortissants de l'UE va, probablement, au delà des questions d'immigration et indique un rejet ou, au moins, une certaine méfiance vis à vis de l'UE. Ce n'est pas le premier « non » de peuples à l'évolution de l'Union. A plusieurs occasions, des peuples ont refusé d'avancer, y compris parmi les peuples fondateurs. Mais aujourd'hui, il s'agit pour la première fois, d'un pas en arrière, à la demande de citoyens !

 

Lors des précédents référendums rejetant un nouveau traité, comme aux Pays-Bas, en France (pour le projet de Traité constitutionnel) et en Irlande(pour le traité de Lisbonne), deux solutions ont été trouvées pour contourner l'opposition populaire. Renégocier le traité en apportant des modifications marginales (Traité de Lisbonne pour remplacer le projet de traité constitutionnel) et le faire entériner par les « représentants » du peuple que l'on savait majoritairement favorables, sans soumettre la nouvelle version au peuple dont la réponse était incertaine (France et Pays-Bas, référendums en2005, adoption par le Parlement en 2008). Ou organiser un nouveau référendum avec des annexes valables pour le pays mais non incluses dans le traité lui-même (Irlande, référendums sur le traité de Lisbonne en 2008 et 2009).

 

Quelle voie sera choisie avec laSuisse ? L'arrivée en Suisse d'une troïka ou d'un G20 qui viendrait, comme en Grèceen 2011, dicter sa conduite au peuple suisse pour empêcher le référendum, est peu probable !

Restent deux possibilités :

- Le gouvernement suisse a trois ans pour mettre la Constitution en conformité avec le vote du peuple,Il semble vouloir boucler les choses avant la fin de l'année. Il peut cependant faire traîner et susciter une nouvelle initiative pour obtenir un résultat différent, avec des moyens adéquats. L'inconscience des « compétents » les a empêchés de prévoir la victoire du « oui ». Il ne fait pas de doute que leur mobilisation serait différente lors d'un nouveau référendum sur la même question aidés par les pressions européennes.

- Les esprits européens calmés, pourraient accepter, discrètement, l'exception suisse, dans un nouveau traité. Malgré quelques déclarations plus menaçantes que diplomatiques comme celles de la Commissaire européenne à la Justice, Viviane » Reding : « Ce n’est pas possible. Vous prenez tout ou vous laissez tout ». Ou de Joseph Daul, le président du Parti populaire européen (PPE, conservateur) qui rappelle aussi qu’il « n'y a pas de place pour la négociation, car les règles ne peuvent être changées unilatéralement (…) La Suisse (…) doit accepter et garantir la libre circulation de tous les citoyens de l'UE ».

 

D'autres déclarations sont déjà plus nuancées et visent surtout à faire pression. Le ministre français des Affaires étrangères a rappelé que la Suisse effectue 60 % de ses échanges avec l’Europe et ne constitue pas « une puissance économique considérable ». Et le ministre allemand a fait remarquer que la Suisse sera « pénalisée en premier lieu », car elle « bénéficie économiquement de son image de pays au cœur de l'Europe et ouvert sur le monde ». « La liberté de circulation est pour nous un bien de haute valeur, la chancelière l'a toujours souligné, il appartient désormais à la Suisse, au gouvernement suisse, après le résultat de ce référendum, de se rapprocher de l'UE et d'expliquer comment elle entend composer avec ce résultat.Les institutions européennes tireront alors toutes les conséquences politiques et juridiques de ce vote »... L'Allemagne est le premier partenaire commercial de la Suisse.

 

Pour le moment, les choses n'en sont pas là.

  • La Suisse ne signera pas l'accord prévu de libre circulation avec la Croatie.

  • Bruxelles a indiqué que mettre fin à l'accord de libre circulation, tous les autres accords liant Berne à l'UE seraient dénoncés ipso facto.

  • L'UE a gelé la participation suisse à deux accords : Erasmus pour les échanges d’étudiants et Horizon 2020 sur la recherche.

  • Des négociations en cours, concernant un accord sur l'électricité, ont été suspendues unilatéralement par Bruxelles, à titre de représailles, alors qu'elles étaient presque achevées. Ce qui risque de poser un problème important pour l'Allemagne engagée dans la transition énergétique car elle est « encore dépendante des montagnes suisses ».


    Il est probable que les négociations seront difficiles pour aboutir, plus ou moins démocratiquement, à un accord entre la Suisse et l'UE. Ce n'est pas impossible car le plus important, pour les gouvernements de l'UE, c'est la préservation du marché unique. Pour le reste des accommodements sont toujours possibles.

    Jusqu'à maintenant, l'immigration faisait l'objet de querelles essentiellement nationales. Elle devrait devenir un sujet de débat des prochaines élections européennes avec la question de la libre circulation des ressortissants européens : liberté d'installation, frontaliers et peut-être aussi « travailleurs détachés » alors qu'une directive est en préparation. Elle vient s'ajouter à la crise, à l'euro, à la politique austéritaire de la troïka et des gouvernements. En attendant l'Ukraine ?

    Ces élections européennes seront peut-être les premières à se dérouler sur des thèmes envisagés à l'échelle européenne et non plus simplement nationale. D'autant qu'elles joueront un rôle important dans la désignation du prochain président de la Commission européenne.



    Cette
    européanisation des élections européennes est un progrès. Il faut espérer qu'il sera accompagné d'un large débat sur la nécessaire démocratisation des décisions.
    A défaut, les peuples continueront à se détacher chaque jour davantage de la chose politique. A se replier sur eux mêmes.
    A dire « non » quand ils pourront s'exprimer librement. Et finalement à chercher d'autres moyens de s'exprimer.

 

 





 

 

 

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 15:36

 

La pierre qui pousse d'Albert Camus : note critique

 

« La pierre qui pousse »est la dernière nouvelle du recueil « L'exil et le royaume » (1), elle s'accorde bien avec le titre du recueil.

« La pierre qui pousse » est une pierre dont les fidèles de la ville vont détacher, à coups de marteau, quelques menus fragments qui vont leur servir de talisman. Mais cette pierre n'est pas endommagée pour autant, elle est vivante et se reconstitue.

Il est une autre pierre dans la nouvelle, celle de cinquante kilos que « le coq » a promis de porter sur la tête lors de la prochaine procession comme remerciement pour un miraculeux sauvetage. Cette lourde pierre va permettre l'intégration du héros de la nouvelle à la population pauvre de la ville.

 

 Une fois de plus, l'écriture d'Albert Camus est remarquable mais sa prose poétique n'est plus celle solaire et désespérée de «  La mort heureuse » ou de certains passages de « L'Étranger  » ; c'est une prose fluide, obscure, sombre, de nuit, de pluie et de bruit « dont on ne pouvait dire s'il était fait du froissement des eaux ou des arbres ».

  • Les phares éteints, le fleuve était presque visible ou, du moins, quelques-uns de ses longs muscles liquides qui brillaient par intervalles. De chaque côté de la route, les masses sombres de la forêt se dessinaient sur le ciel et semblaient toutes proches. La petite pluie qui avait détrempé la piste, une heure auparavant, flottait encore dans l'air tiède, alourdissait le silence et l'immobilité de cette grande clairière au milieu de la forêt vierge. Dans le ciel noir tremblaient des étoiles embuées ».

  • « Un sourire épanoui sur son visage tout plissé malgré sa jeunesse, il regardait sans les voir les étoiles exténuées qui nageaient encore dans le ciel humide ».

 

Alors que Camus est « allé au peuple » en Kabyle pour décrire et dénoncer son extrême misère sans avoir jamais pu s'intégrer aux « Arabes » d'Algérie. Alors qu'il s'est exilé de son pays natal, de mer et de lumière, pour aller à la conquête du monde dans une France, froide et sale, sans avoir pu, malgré son succès mondial, se sentir totalement accepté. D'Arrast, le héros de « La Pierre qui pousse » va réaliser ce rêve dans un pays auquel il est totalement étranger.

 

Le « colosse » qui se découpe en haut d'un monticule dans les phares d'une voiture, au bord du fleuve, va plonger dans l'obscurité de la nuit, de la forêt et du fleuve pour rejoindre la ville où il doit faire construire une digue protectrice. Dans ce monde très hiérarchisé en fonction de la couleur – sur le bac, les métis sont à la manoeuvre et les Noirs à la peine, en ville la couleur des notables, le juge, le maire, n'est pas signalée, ils sont donc blancs, sauf le commandant du port, « un gros noir rieur vêtu d'un uniforme blanc », mais les plus pauvres sont tous noirs – et D'Arrast est l'ingénieur, le capitaine, le seigneur, – comme son nom l'indique. Il se défend d'être seigneur, il vient d'un pays où ils ont disparu au profit des marchands et des policiers et reconnaît cependant que son grand-père l'était, et le père du grand-père et encore avant. D'Arrast n'en est pas moins un seigneur, un puissant, un compétent qui vient de loin, de France, immédiatement reconnu comme tel par les notables avec déférence et par les Noirs avec méfiance. Camus, le premier homme, donne à son héros les ancêtres qu'il n'a pas eus.

 

D'Arrast, reçu avec respect par les notables, demande rapidement à descendre dans les bas quartiers, souvent inondés, les plus pauvres, pour voir la vie des gens les plus défavorisés. Grâce à son chauffeur, Socrate, il fait connaissance du coq « à la peau plutôt jaune que noire », un cuisinier sauvé miraculeusement lors du naufrage du bateau sur lequel il travaillait et qui a fait la promesse, « au bon Jésus », de transporter une pierre de cinquante kilos sur la tête lors la procession.

 

Pendant la procession, le coq qui a participé toute la nuit aux danses rituelles, est épuisé et s'effondre à mi-parcours, désespéré de ne pouvoir honorer sa promesse. D'Arrast se précipite, en bon samaritain, pour l'encourager, l'aider et finalement, allant plus loin, le remplacer, porter la pierre pour que la promesse soit tenue. Ainsi chargé, il rejoint le cortège et, sur la place, au lieu d'obéir à la foule des fidèles et à Socrate, au lieu de porter la pierre dans l'église, il se dirige vers la maison du coq et jette la pierre sur le foyer. De la maison de Dieu auquel il ne croit pas à la maison du peuple auquel il veut s'intégrer.

 

Hier, ce peuple ne lui ouvrait la case familiale que par soumission à l'autorité, ne le tolérait dans « la grande case où on danse et on prie » que pour le début de la fête de Saint Georges et lui demandait ensuite de sortir alors que les danses continuaient toute la nuit et que la musique agitait, involontairement, ses jambes. En même temps, l'odeur, la chaleur lui donnaient la nausée.

 

Maintenant, seul dans la case, il attendait, debout, sans savoir quoi.« Quand les habitants de la case arrivèrent », le coq et son frère qui le soutenait, la vieille femme et la jeune fille entrevue la nuit précédente, tous s'assirent. Et le frère dit, désignant la place vide dans le cercle:
« Assieds-toi avec nous. »

D'Arrast avait trouvé, dans l'exil, le royaume qu'il cherchait.

 

1 - L'EXIL ET LE ROYAUME, nrf, 1957

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 10:58

 

DÉMOCRATIE DIRECTE, DÉMOCRATIE INDIRECTE, DEMOCRATIE TOUT COURT !

 

Récemment, les Suisses ont voté sur 3 initiatives fédérales qui portaient sur un «plan de financement de l’infrastructure ferroviaire» (approuvée par 60% des votants), «financer l'avortement est une affaire privée» (repoussée par 70%), retour à un système de quotas pour «l'arrêt de l'immigration de masse» (adoptée par 50,3%).

 

Si le « oui » à la troisième initiative a été très commenté en France, la deuxième initiative - à cause de son résultat ? - n'a pas retenu l'attention. Les Français ne sauront pas que les Suisses ont rejeté le déremboursement de l'interruption volontaire de grossesse, ce qui ne manque pourtant pas d'intérêt au moment où le gouvernement espagnol veut l'interdire. A la grande satisfaction de certains en France.
Quant à l'idée même que le peuple puisse décider, par référendum, des investissements dans les infrastructures ferroviaires...

 

Avant de parler des résultats et des conséquences du référendum sur «l'arrêt de l'immigration de masse», il est intéressant de regarder ce qui se passe chez nos voisins helvètes qui ont une grande expérience des consultations populaires dont on parle en France essentiellement quand elles concernent les immigrés ou les populations issues d'immigration : droit de vote municipal ou cantonal, interdiction des minarets...

 

La démocratie directe a été la première forme de la démocratie. Par la suite, la démocratie indirecte, représentative s'est généralisée. La démocratie suisse combine les deux : les citoyens élisent leurs représentants aux différents conseils (communes, cantons, confédération) mais peuvent se prononcer également, par référendum, sur des textes législatifs ou constitutionnels adoptés par ces conseils ou proposer des modifications constitutionnelles ou légales par le biais de l'initiative populaire. Ces consultations sont organisées en général quatre fois par an au niveau fédéral. Les citoyens sont appelés à se prononcer sur un ou plusieurs sujets...

 

Pour qu'un référendum d'initiative populaire fédérale soit organisé, il faut que « 100 000 citoyens ayant le droit de vote » demandent par écrit« à l'Assemblée fédérale la révision totale de la Constitution ou l'adoption, l'abrogation ou la modification de dispositions constitutionnelles ou législatives ». L'initiative dispose de 18 mois pour obtenir les 100 000 signatures. Si cette initiative est présentée sous forme d'un projet rédigé, il ne peut être modifié ni par le Parlement, ni par le Conseil fédéral. Pour être adopté, ce projet doit obtenir une double majorité, du peuple et des cantons. Le résultat acquis, le Conseil fédéral dispose de trois ans pour modifier la législation, la Constitution, renégocier les traités si nécessaire.

La participation lors de ces consultations a beaucoup varié, passant de presque 70 % lors du début du XX° siècle à moins de 30 % un siècle plus tard. Mais elle tend à remonter : dans les années 2000, elle a été en moyenne de 47,2% variant entre 38,7% et 53,8%.



En France, les référendums ont mauvaise presse. Le premier date de 1793, pour l'adoption de la constitution jacobine qui n'a jamais été appliquée. Ils ont été utilisés comme instrument d'accession au pouvoir par les Bonaparte sous la forme plébiscitaire ce qui va entraîner une certaine méfiance des démocrates pour cette procédure.
Le référendum a servi pour enterrer la III° République et mettre en place la IV° et la V°. Il est inscrit dans la Constitution de la V° République comme un des moyens d'exercer la souveraineté mais son usage est restreint, constitutionnellement, à des domaines précis et l'initiative appartient toujours à l'exécutif.

 

Le général de Gaulle s'en est servi, à plusieurs reprises, pour obtenir le soutien à sa politique et à sa personne. C'est l'échec d'une réforme constitutionnelle par référendum qui l'a conduit à démissionner de président de la République. Depuis, l'exécutif a, à plusieurs reprises, pris l'initiative de soumettre une question à référendum, de façon moins personnalisée, sans poser la question de confiance et sans s'engager à démissionner en cas de résultat négatif.

 

En 2008, une « importante » réforme a introduit dans la Constitution ce que certains ont appelé, de façon un rien exagéré, un référendum d'initiative populaire, d'autres plus modestes, un référendum d'initiative partagée.

« Un référendum... peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales ». Il peut porter « sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions... »
« Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi... Si la proposition de loi n’a pas été examinée par les deux assemblées dans un délai fixé par la loi organique, le Président de la République la soumet au référendum.»
«
Les conditions de sa présentation et celles dans lesquelles le Conseil constitutionnel contrôle le respect des dispositions de l’alinéa précédent sont déterminées par une loi organique. »

Tout ceci est très éloigné du modèle suisse. Il ne s'agit pas d'un initiative populaire mais d'une initiative parlementaire qui doit rassembler 185 députés ou sénateurs, donc réservée en fait aux gros groupes parlementaires. Soutenus par 10% du corps électoral, environ 4,5 millions électeurs. Si ces conditions sont remplies et si la proposition de loi n'a pas été examinée - non adoptée - seulement examinée, le président de la République la soumet à référendum ! 

 

Faut-il ajouter que les lois organiques nécessaires pour mettre en place ce faux semblant de réforme démocratique de 2008 n'ont pas été adoptées à ce jour ? Tout ceci traduit la grande méfiance du législateur devant l'exercice du pouvoir par les citoyens. 

 

L'initiative citoyenne européenne, prévue par le traité de Lisbonne, sans être contraignante pour la Commission européenne est plus ouverte : la Commission peut être amenée à rédiger de nouvelles propositions d'actes juridiques sans y est forcée, à la demande deseulementun million de citoyens de l'Union européenne. 

 

Le référendum a pu paraître en voie de normalisation en France quand il a porté sur les statuts de la Nouvelle Calédonie (1988) ou de la Corse (2003), sur le traité de Maastricht (1992), le passage au quinquennat (2000) ou le projet de constitution européenne (2005). A chaque fois, la question était claire et n'engageait pas le gouvernement en place.

 

La participation a été inégale, particulièrement importante quand les référendums ont donné lieu à un véritable débat national comme lors des deux traités européens, Maastricht et projet de constitution européenne, avec des discussions qui ont montré que les Français pouvaient s'intéresser à la politique, y compris aux questions européennes pourtant négligées par les politiques lors de toutes les élections, y compris européennes. 

 

Malheureusement, les résultats n'ont pas toujours été ceux qui étaient attendus par les compétents politiques. Ce qui a encore augmenté leur méfiance envers les référendums.

Il y a pourtant place pour un référendum dans une république apaisée et qui veut progresser vers plus de démocratie. Encore faut-il vouloir la participation, le débat démocratique et tenir compte du résultat, sans considérer les élus comme un recours contre le peuple !

 

Quand on parle de référendum et surtout de référendum d'initiative populaire certains « défenseurs de la démocratie » montent aussitôt au créneau. Mais ces « défenseurs de la démocratie » ne sont pas les mêmes suivant les questions envisagées.

Nombre de ceux qui voudraient soumettre à référendum les questions touchant l'immigration se sont organisés pour contourner le résultat du référendum sur la Constitution européenne en rédigeant un fac-similé, le traité de Lisbonne, qu'ils ont fait entériner par voie parlementaire. Inversement ceux qui veulent des référendums sur les questions institutionnelles, souvent, n'en veulent pas sur les questions de société.

Tous préfèrent les manipulations sondagières aux consultations populaires précédées de débats.

 

Il est certain que la question n'est pas simple car certains problèmes sont propres à déclencher des querelles passionnelles et il n'est pas sûr que des règles aujourd'hui évidentes auraient trouvé facilement une solution par référendum : ainsi du droit de vote des femmes (seuls les hommes auraient été consultés) ou suppression de la peine de mort qui semblent aujourd’hui largement acceptés...
Mais le débat n'est-il pas en démocratie la seule façon de faire avancer les questions qui divisent : questions concrètes comme choix des représentants, encore que le tirage au sort peut être envisagé pour la désignation de ceux-ci ?

 

La réponse à une question concrète est probablement plus facile et plus démocratique que l'élection d'un représentant.
Quand il s'agit d'une question concrète, aussi complexe soit-elle, elle est débattue à l'échelle de la collectivité locale ou nationale. Les raisons et les conséquences de cette décision sont avancées publiquement par les partisans et les adversaires et portées à la connaissance des citoyens.

Malgré les apparences, la chose est beaucoup plus complexe quand il s'agit d'élire un représentant. Tout d'abord le représentant est pré-choisi, le plus souvent par des organisations politiques. Qui, d'une certaine façon, apparaissent comme les garants du candidat. Mais l’électeur ne connaît pas toutes les transactions qui ont conduit à cette désignation. Il doit voter pour une personne sans être certain de sa fiabilité, sans être en accord avec la totalité de son programme. Sans avoir aucun recours en cas de non-respect, individuel ou collectif, des engagements. Sans connaître les questions imprévues sur lesquelles le représentant peut être amené à se prononcer.
Le seul recours possible est le vote lors de l'élection suivante. Un couperet pour lequel la réponse est binaire alors que le représentant aura fait adopter ou repousser des dizaines de décisions.

 

Les choses seraient bien différentes si existait la possibilité au recours par un référendum d'initiative populaire. Qui pourrait faire annuler une décision sans mettre en question l'ensemble du travail du représentant. Ou faire adopter par la voie populaire une mesure qui ne trouve pas sa majorité dans les assemblées par suite des divisions ou des combinaisons partidaires.

 

Mais les politiques considèrent les électeurs compétents pour qu'ils leur délèguent, abandonnent le pouvoir de décision, non pour qu'ils prennent les décisions eux-mêmes. C'est forts de ce pouvoir reçu qu'ils amputent celui des citoyens !

 

La France a déjà une constitution qui fait de son système de gouvernement une monarchie républicaine où le président de la République jouit de plus de pouvoir que la plupart des autres chefs d’État ou de gouvernement de pays démocratiques. La démocratie française admet la liberté d'expression, de manifestation, ce qui est loin d'être négligeable. Mais pourquoi ne pas introduire un droit d'initiative populaire qui serait une importante avancée vers une démocratie pacifiée ?
La démocratie directe n'est pas contraire mais complémentaire à la démocratie représentative.

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 09:17

 

MEURSAULT : CONTRE ENQUÊTE*

 

150207KamelDaoudMaghrebLivres2.jpgKamel Daoud, Maghreb des livres, 07/02/15

 

 

Du nouveau sur un crime commis en 1942 sur une plage algéroise où un « Arabe » avait été tué de plusieurs balles de revolver. Par le frère du jeune assassiné.

 

A l'époque, nul n'avait connu le nom de la victime et son cadavre avait disparu. Tandis que l'auteur, un certain Meursault, condamné à mort mais jamais exécuté, avait relaté son crime dans un livre qui lui a valu, quelques années plus tard, un prestigieux prix littéraire mondial.

 

La mère et le frère de la victime sont partis, pendant des années, à la recherche du corps de leur fils et frère. Celui-ci retrace cette longue quête peu fructueuse mais qui leur a permis, sans être reconnus officiellement, de témoigner de leur situation à l'époque et de leur situation actuelle en Algérie.

 

Cela permet, aujourd'hui, de donner un nom à la victime : Moussa Ouled el Assasse, Moussa, « le fils du gardien. Du veilleur pour être plus précis », parce que le père « travaillait dans une usine de je ne sais quoi ». Père qui, lui aussi a disparu, on ne sait ni pour où, ni pourquoi.

 

La victime n'a pas eu droit à une reconnaissance comme chahid (martyr) et la famille n'a eu aucune indemnisation de la part du Gouvernement algérien : le crime avait eu lieu bien avant le déclenchement de la lutte de libération nationale. Et le frère qui a tué un Français n'a pas reçu le titre d'ancien moudjahid (combattant) : le meurtre a eu lieu quelques jours après la proclamation de l'Indépendance.

 

Le frère de Moussa qui en a été l'ombre, la doublure auprès de sa mère, pendant des années, n'en a tiré qu'un seul bénéfice personnel : la rencontre éphémère d'une jeune étudiante libérée de l'Algérie nouvelle, Mériem (Marie), qui faisait un travail universitaire sur cet événement.

 

Bien sûr, l'Algérie nouvelle lui a permis aussi d'aller à l'école, d'obtenir un emploi de petit fonctionnaire tandis qu'avec sa mère ils pouvaient bénéficier de l'occupation d'un bien vacant, une maison abandonnée par une famille française chez laquelle la mère travaillait.

 

Dans les faits, Meursault ne risquait pas grand chose en tuant, sous l'effet brutal du soleil, un « Arabe » sur une plage. C'est surtout son comportement lors de l'enterrement de sa mère et dans les jours qui ont suivi sa mort qui lui ont valu une condamnation à mort, jamais exécutée d'ailleurs. Le jeune algérien ne risquait guère plus pour le meurtre d'un Français.

 

Mais si l'écriture du livre a valu un prix fabuleux, au premier, il risque de faire du second, pour sa description du monde dans lequel il vit, l'objet, un jour ou l'autre, une condamnation qui a beaucoup plus de chances d'être suivie d'effet.

 

* « Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud, [barzakh], Alger 2013

 

NB : Le livre publié en français et édité en Algérie a été traduit en plusieurs langues. Pour le moment, il n'est, malheureusement, pas encore diffusé en France.

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 15:43

 

 

France En bleu les riches, en rouge les pauvres... Les inégalités dans les 100 plus grandes villes de France Faites le test dans votre quartier http://rue89.nouvelobs.com/2013/12/19/bleu-les-riches-rouge-les-pauvres-faites-test-quartier-248481


Union bancaire : Opposition de Paris et de Berlin sur la proposition de la Commission européenne (CE) de séparer les activités bancaires de dépôt de celles d’investissement. Corriere della sera cité par la revue de presse de l'ambassade de France à Rome 28/01/14

Après la chute de 2012 à 4,8 milliards d'€, avec 6,3 milliards, les commandes d'armes à la France reviennent à leur niveau de 2011 (6,5 milliards), ce qui permet à la France de se maintenirau quatrième rang mondial des exportateurs d'armes derrière les États-Unis, le Royaume-Uniet la Russie, talonnée par Israël et l'Allemagne. Le Monde 29/01/14


Espagne : Certains l'appellent la petite Chine d'Europe du Sud. D'autres constatent l'apparition d'une classe de travailleurs touchant des salaires de misère... Ceux qui rêvaient que les réformes structurelles génèrent un pays modernisé, qui monterait progressivement les échelons pour se hisser en première division seront amèrement déçus. En Europe, l'Espagne est vouée à jouer les seconds couteaux. Il y a une poignée de grands groupes, mais ils ne laisseront pas beaucoup d'argent dans le pays. Le secteur industriel doit avant tout sa croissance aux capitaux étrangers : il profite d'un droit du travail qui courtise de plus en plus les employeurs et de la compétitivité croissante créée par la compression des salaires." eurotopics El Periódico de Catalunya 31/01/14


Vers une nouvelle politique étrangère allemande ? Dans le discours inaugural du Forum de Munich sur les politiques de défense, le président allemand, Joachim Gauck, a demandé que l'Allemagne s'engage davantage en matière de défense et de politique étrangère. Un changement de paradigme qui pourrait marquer la fin de la réserve traditionnelle allemande, estiment les éditorialistes. Eurotopics 03/02/14


Sur le blog EUROPP de la London School of Economics, l'économiste P. Van Parijs revendique un revenu de base d'un montant de 200 euros pour tous les résidents de l'UE. Sous la forme d'un modeste revenu de base, ce serait l'association de tous les résidents de l'Union européenne (UE) à une partie des bénéfices résultant de l'intégration européenne. Nous ne devons pas préparer ou mener de guerres contre nos voisins, combien d'économies réalisées ? Combien du fait de la hausse de compétitivité de nos entreprises ou grâce à la possibilité d'implanter les facteurs de production dans les régions de l'UE où ils sont les plus productifs ? Jamais personne ne le saura... Un eurodividende d'un montant modeste garantirait de façon simple que certains de ces avantages profitent à chaque européen de manière tangible. 24/07/13 eurotopics 03/02/14

Dans l'UE28, le nombre de chômeurs est constant par rapport à l'année dernière. Dans la zone euro(sans la Lettonie), le taux de chômage a progressé de11,7% à 12,0%, de décembre 2012 à décembre 2013. Taux de chômage le plus bas en Autriche (4,9%), et les plus élevés en Grèce (27,8% en octobre 2013) et en Espagne (25,8%).

En France, il a augmenté depuis un an : 10,8 % en décembre 2013 (contre 10,6% en décembre 2012). En un an, Allemagne (5,3 à 5,1%), République tchèque (7,5 à 6,7%), Danemark (8 à 6,9%), Estonie (9,9 à 9,3% en novembre 2013), Irlande (14,7 à 12,1%), Lettonie (14,1 à 12,1%), Lituanie (12,3 à 11,4%), Hongrie (10,9 à 9,3% en novembre 2013), Pologne (10,6 à 10,1%), Portugal (16,6 à 15,4%), Slovaquie (14,7 à 13,8%) et Royaume-Uni (7,8 à 7,2% en octobre 2013) l'ont vu diminuer. Malte a gardé son taux de 6,7% entre décembre 2012 et 2013. La Suède a enregistré une légère hausse de 7,8 à 8%. La Croatie, 28e État de l'UE depuis le 01/07/13, a 18,6 % dechômage en décembre 2013.

Les gouvernements s'inquiètent du chômage qui touche les jeunes. 23,2 % des moins de 25 ans (en décembre 2013) sont à la recherche d'un emploi dans l'UE, soit 5,54 millions de personnes : Espagne 54,3% de jeunes au chômage, Grèce 59,2% en octobre 2013 et Croatie 49,2% au quatrième trimestre 2013. Toute l'Europe 31/01/14


Économie :  il Sole annonce des chiffres record pour l’export italien en 2013, l’Italie 5ème au niveau mondial : « l’export continue de récompenser l’industrie italienne, mais la demande interne stagne ».
La moitié de la corruption européenne est la faute de l’Italie : 60 milliards dans un rapport de la Cour des comptes italienne sur les 120 milliards d’euros du rapport de la CE poids total de la corruption en Europe. Compte rendu de la presse italienne par l'Ambassade de France à Rome 04/02/14


Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker retrouve une place importante dans la course à la présidence de la CE, depuis qu'Angela Merkel lui a apporté son soutien face à Michel Barnier. Revue de presse Toute l'Europe 05/02/14


La menace de l'hégémonie allemande : Jürgen Habermas accuse le gouvernement allemand de mener une politique européenne inappropriée et lui impute la responsabilité de l’État critique de l'UE : « Depuis le mois de mai 2010, il a imposé [aux autres États membres] sa propre vision de sortie de crise et contraint les pays concernés à mener des 'réformes' drastiques. Il est dans notre intérêt national de ne pas retomber dans la position semi-hégémonique qui avait déjà ouvert la voie à deux guerres mondiales, et que l'unification européenne avait permis de surmonter. Sans revirement politique tangible au niveau européen, nous ne pourrons plus compter sur la bonne volonté de nos voisins, éprouvés par la rude politique de crise que nous professons. Nous devons signaler notre disposition à rendre le leadership allemand structurellement superflu, et recourir à d'autres initiatives loyales envers les petits États membres." Eurotopics La Repubblica 07/02/14

Dans son rapport Vers une reprise sans emplois ?, l’Organisation internationale du Travail note que  « le déficit de la demande globale ralentit la reprisedes marchés du travail mondiaux ». Le directeur de l’OIT, à Davos : « Relancer la demande de biens et services contribuerait grandement à donner aux entreprises l’élan nécessaire pour qu’elles se développent et créent des emplois. Ce qui implique de renoncer à la politique d’assainissement brutal des finances publiquesconduite dans de nombreux pays… et de remédier au déclin de la part de croissance économique allouée aux travailleurs. » La Lettre de "Démocratie & Socialisme" - N°182 - 7 février 2014


Un nouveau maïs OGM, le TC1507, va être autorisé à la culture dans l'UE malgré l'opposition de 19 pays et du Parlement européen, quatre États ayant refusé de se joindre aux opposants malgré les effets négatifs éventuels de la décision sur l'opinion à 100 jours des élections européennes. JDD 11/02/14


"Il avait été reproché que tout fût soumis à l'Allemagne lors de la grande crise de l'euro. L'exécutif européen ? C'était Merkel. Le seul Parlement qui vaille ? Le Bundestag. Le juge en dernier ressort ? Karlsruhe. Quant à la BCE, elle était le faux nez de la Bundesbank. Tout cela se révèle inexact. L'Allemagne ne décide plus en dernier ressort... L'Europe allemande, c'est fini." Le Monde 11/02/14


Ils mettent leurs enfants dans des écoles privées parce qu'elle ne fait pas d'éducation, religieuse, mais enseigne mieux les mathématiques ! 13/02/14

 

Rajoy et Hollande, même combat ? Libéralisme socio-économique. Mais, sur le sociétal,  Rajoy satisfait ses troupes. Hollande les mécontente. 05/02/14

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

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