Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 22:51

Le Bas Belleville de Paris 20ème est un quartier trés vivant, trés diversifié à la fois historique, notamment du fait de toutes les immigrations depuis des lustres et aussi totalement dans l'actualité. On trouvera ci-après quelques photos de la rue Dénoyez, dans laquelle, humour, se trouve une très belle piscine.

Mais aujourdh'ui, seulement quelques photos des décorations plus ou moins réussies, arts de la rue,  et du vide-greniers de juin 2013.

 

 

 

Café au coin de la rue de Belleville

Denoyez-1-2013-080.jpg

 

 

Denoyez2-.JPG

 

Denoyez-3-5050.JPG

 

 

Denoyez-4-5051.JPG

 

Denoyez-5-5053.JPG

 

Denoyez-6-5054.JPG

 

Vide greniers de la rue Desnoyez

Denoyez-7-5182.JPG

 

Denoyez-7a-5186-copie-1.JPG

 

 

 

Denoyez-7a-5186.JPG

 

 

Denoyez-8-5181.JPG

 

 

 

Denoyez-9-5185-001.JPG

 

 

Denoyez-10-5185.JPG

 

 

 

Denoyez-11-5171.JPG

 

 

Denoyez-12-5170.JPG

 

Denoyez-13-5173.JPG

 

 

Denoyez-14--5169.JPG

 

 

Denoyez-15-5174.JPG

 

 

Rue Lemon

Denoyez-16-5168.JPG

 

 

Denoyez-17-5175.JPG

 

 

 

 

Lemon-1--5172.JPG

 

 

 

 

Lemon-2-5177.JPG

 

 

 

Lemon-3-5188.JPG

 

 

Lemon-4-5167.JPG

 

 

Lemon-6-5166.JPG

 

 

 

Lemon-7-5190.JPG

 

 

 

Lemon-8-5187.JPG

 

 

Lemon--5-5178.JPG

 

 

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Le Quartier
commenter cet article
27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 19:22

 

Revue de presse n° 126 (Europe)

De 64 pour cent du PIB en 2009, la dette irlandaise atteignait l'an dernier le pic de 125 pour cent. Elle a été multipliée par deux alors que les dépenses publiques ont subi des coupes draconiennes. Si l'Irlande a un exemple à donner, c'est bien celui d'un pays qui souffre pour entretenir l'image fictive d'une perfection dégraissée." Irish Time Eurotopics 13/01/14

« Si je suis choisi par le Parti populaire européen, je suis prêt à m'engager », annonce Michel Barnier dans le Figaro. Le candidat du PPE se retrouve pour l'instant face à son collègue du même groupe, Jean-Claude Juncker. Toute l'Europe 14/01/14

Jusqu'à mardi encore, elle pouvait se complaire dans l'illusion d'avoir à ses côtés la France réticente de François Hollande, l'Irlande et l'ensemble des pays européens ayant capitulé l'un après l'autre devant la troïka européenne. … Le rêve est révolu. L'ultime bastion, celui de la France, est tombé. … L'Italie ne peut davantage rester spectatrice Il Sole 24 Ore Eurotopics 16/01/14

http://www.slate.fr/sites/default/files/photos/renoncement-soins.png

La province de Groningue exige une indemnisation pour les nombreux tremblements de terre provoqués par l'extraction de gaz. On a l'impression que les Pays-Bas ont empoché des centaines de milliards d'euros de avec le gaz naturel, laissant à la province le soin de ramasser les pots cassés. Au souci des séismes s'ajoute un taux de chômage structurel supérieur à celui de la conurbation de Randstad [regroupant Amsterdam et d'autres grandes villes]. Eurotopics De Volkskrant 17/01/14

La Serbie ouvre ce mardi à Bruxelles ses négociations d'adhésion à l'UE. Tandis que le gouvernement serbe y voit un succès historique, la population se montre plutôt indifférente, Eurotopics Večer – Slovénie 21/01/14

Les ministres des Affaires étrangères des 28 se sont mis d'accord sur l'envoi de 500 soldats européens en soutien à l'opération française en Centrafrique. Décidé à "huit clos", cet envoi de forces en renfort des troupes françaises et africaines déjà présentes sur place interviendra d'ici fin février et ne concernera que la ville de Bangui. Toute l'Europe 21/01/14.

L'Allemagne premier producteur européen de bière (100 millions d'hectolitres/an), loin devant le Royaume-Uni (45 millions) et la Pologne (35 millions). Plus d'un tiers des brasseurs dans le monde sont Allemands.... Chaque année, l'Allemagne exporte 14 millions d'hl (3e derrière le Mexique et les Pays-Bas).

Depuis 1991, la consommation intérieure a chuté de 20%. En 2007, un Allemand ingérait en moyenne 120 litres de bière. En 2012, cette moyenne atteignait 100 litres. Le vieillissement de la population est notamment en cause. En conséquence, les Allemands se placent à la troisième place au classement mondial derrière les Tchèques (145 l) et les Autrichiens (110 l). La Gazette de Berlin. 23/01/14

 

Les jeunes 25-34 ans qui sont encore chez leurs parents en Europe (Quartz) Rue 89 26/01/14

 

Le président du Parlement européen (PE) Martin Schulz sera la tête d'affiche des socialistes au niveau européen... et candidat à la présidence de la Commission européenne (CE). Désigné le 6/11/13 par le SPD allemand, il a reçu le soutien de 19 des 28 partis membres du parti socialiste européen.

Le Parti populaire européen (PPE, dont l’UMP est membre) annoncera le nom de son prétendant au poste de président de la CE lors du Congrès à Dublin les 6 et 7 mars 2014. 2 commissaires européens intéressées par ce poste : Viviane Reding et Michel Barnier.

Les écologistes organisent des primaires ouvertes transnationales pour désigner leurs 2 chefs de file à l’échelle européenne. Du 10/11/13 au 28/01/14, tous les citoyens européens âgés de 16 ans et plus sont invités à choisir les 2 têtes de liste de la campagne verte européenne par vote électronique. En lice : José Bové, l’Allemande Rebecca Harms, co-présidente du groupe des Verts – ALE au PE, l’Italienne Monica Frassoni, co-présidente du Parti Vert européen, et l’Allemande Ska Keller. Toute l'Europe 23/01/14

UkraineLa situation à Kiev ressemble à une guerre civile. L'actuelle émigration économique des Ukrainiens vers l'Ouest pourrait n'être qu'un avant-goût de ce qui va suivre. Si le régime de Viktor Ianoukovitch continue, l'Ukraine pourrait fort bien devenir une 'zone interdite' pour des millions de personnes, de par leur appartenance politique. . Si la situation explose en Ukraine, Bruxelles en portera une part de responsabilité : elle a contribué à ce que Ianoukovitch se tourne vers Moscou. L'UE a été incapable de se mettre d'accord sur un rapprochement avec l'Ukraine. 23/01/14 europolitics Hospodářské noviny - République tchèque



En Espagne, le chômage a baissé en 2013 de 69.000 chômeurs par rapport à l'année précédente n'est pas à mettre sur le compte de la politique du gouvernement. La véritable cause de la baisse du nombre de chômeurs est le départ à l'étranger des jeunes et des immigrés. Le vieillissement de la population génère une réduction du nombre des demandeurs d'emploi. eurotopics El Mundo 24/01/14

 

Le règlement de 1974 modifié en 2004 maintient l’affiliation du travailleur détaché au

régime de sécurité sociale de l’État d’envoi et la directive de 1996 l’application du salaire, du

temps de travail et des conditions de travail du pays d’accueil. La multiplication des fraudes

dans le recours accru aux travailleurs détachés depuis l’élargissement de 2004 ont conduit la

CE à présenter un projet de directive pour prévenir les contournements de la directive de 1996.


Garantissant aux travailleurs le droit social le plus avantageux et permettant de répondre aux pénuries de main d’œuvre, cette loi communautaire ne vise pas à une harmonisation du coût du travail : elle ne change pas le principe d’une affiliation du travailleur détaché à la sécurité sociale de l’État dont il est ressortissant. Fondation Robert Schuman 27/01/14

 

 

La dette publique en baisse dans la zone euro, mais en hausse dans l'UE
Le 22 janvier 2014, Eurostat a précisé que la dette publique de la zone euro était en baisse et s'élevait à 92,7% du produit intérieur brut (PIB), au 3e trimestre 2013 contre 93,4% au 2e trimestre 2013. La dette de la zone euro n'avait plus été en baisse depuis le 4e trimestre 2007. Fondation Robert Schuman 27/01/14

 

 

La Banque centrale européenne (BCE) indique que le nombre d'établissements financiers dans la zone euro était en baisse en 2013 de 3,8% par rapport à 2012. La zone euro avait 6 790 instituts financiers contre 7 059. Ces institutions ont diminué en France (-76), au Luxembourg (-70), en Espagne et à Chypre (-36). En terme relatif, cette baisse est plus importante à Chypre (-26%), en Grèce (-17%), Fondation Robert Schuman 27/01/14

 

 

 

Rebsamen : Hollande bien protégé. Le photographe n’a pas vu la protection.  La protection a-t-elle vu le photographe ? Et s'il avait tiré ? 14/01/14

 

François aux deuxièmes bureaux : en scooter, au Cirque, en père Noël au Bosquet (Medef). Craintes pour sa sécurité et pour la nôtre. 16/01/14

 

Casse de l’Élysée : Cirque ? Bagatelle, sérieux ? Bosquet en bande organisée du Medef bien connu des quartiers beaux et des services sociaux 17/01/14

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
commenter cet article
23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 17:24

 

Une révision déchirante

A propos du « Premier homme » d'Albert Camus .

 

 

« Le premier homme » est une autobiographie romancée écrite par Albert Camus. Le lecteur peut apprécier les qualités d'écriture de ce roman, ébauche probable d'une grande fresque sur l'Algérie depuis 1830. Dernier texte de Camus, il n'a été publié qu'en 1994 bien après sa mort en 1960. Comme «  La mort heureuse », son premier roman, commencé en 1936 et publié en 1971.
« 
La mort heureuse » peut être considéré comme un livre pratiquement terminé même si l'auteur ne l'a pas estimé satisfaisant pour publication. « Le premier homme » est une œuvre en cours d'écriture. Il est impossible de savoir quelle aurait été la place de ce qui a été publié dans l’œuvre telle que l'auteur l'imaginait ou l'aurait réalisée.

 

Pour Camus, « Le livre doit être inachevé », par une phrase en suspens, comme : « Et sur le bateau qui le ramenait en France...». Par évidence, toute autobiographie est inachevée. Mais du fait de la mort accidentelle de l'auteur, celle-ci l'est, malheureusement, plus qu'il n'était prévu. Elle n'a été que partiellement rédigée et porte essentiellement sur l'histoire familiale et l'enfance d'Albert Camus. Elle n'a pas été relue, ponctuée par l'auteur.
Dans la dernière partie du livre, des notes sont publiées qui devaient servir à l'auteur dans son travail et qui peuvent éclairer le lecteur.

 

Toute autobiographie pose les mêmes questions : quelle est la part réalité ? quelle est la part reconstruction, volontaire ou non, de la réalité ? Accentuées, ici, par le caractère romancé.La réponse peut paraître évidente pour les événements auxquels Camus n'a pu assister, beaucoup moins dans la présentation de souvenirs de son enfance ou de faits anciens ou récents comme son séjour à Alger dans le cadre de la préparation du livre.

 

Avec « Le premier homme », Camus livre au lecteur le terreau reconstitué, au moins partiellement, d'où il a tiré ses œuvres. Ce livre peut être lu pour ses qualités intrinsèques littéraires, historiques, personnelles... Mais pas seulement. Bien qu'il n'ait pas été écrit pour cela, il donne aussi à voir les alluvions d'où l'orpailleur a su tirer les pépites, la gangue dont le mineur a extrait le diamant... La vie d'où est né « L’Étranger  ».

 

Dans le « Premier homme », le lecteur retrouve des situations, des faits, des anecdotes, des détails, des scènes déjà présents dans des œuvres antérieures, notamment dans « L'envers et l'endroit ». Dans la préface à la réédition de ce dernier, en 1958, Camus écrit  : « Pour moi, je sais que ma source est dans ''L’Envers et l’Endroit'', dans ce monde de pauvreté et de lumière où j’ai longtemps vécu ». Au point qu'il est permis de penser que « Le premier homme », en cours de rédaction lorsqu'il publie cette préface, est la réécriture annoncée : « Si, malgré tant d’efforts pour édifier un langage et faire vivre des mythes, je ne parviens pas un jour à récrire ''L’Envers et l’Endroit'', je ne serai jamais parvenu à rien, voilà ma conviction obscure. » C'est dire l'importance aux yeux de Camus de l’œuvre à laquelle il travaillait alors.

 

Pourquoi l'auteur, encore jeune – quarante-six ans au moment de son accident mortel - a-t-il éprouvé le besoin d'écrire ce livre – de récrire « L'envers et l'endroit » - dans lequel il va retracer l'histoire d'une famille dont il a dit, à plusieurs reprises, qu’elle n'a pas d'histoire, par comparaison aux familles de certains de ses condisciples. Et qui fait de lui le premier homme et non le fils de...

 

Auteur d'une œuvre universellement connue et reconnue, il a reçu le prix Nobel de littérature en 1957, qu'est-ce qui peut pousser Camus à entreprendre cet important travail ?

Considérait-t-il son œuvre de fiction comme terminée ? Après avoir arraché à sa jeunesse et craché à la face du monde sa soif « avide de vivre, révolté contre l'ordre mortel du monde ». Après « tant d’efforts pour édifier un langage et faire vivre des mythes ». Après les combats politiques et éthiques de l'homme mûr qui devait « essayer d'être juste » au moment de la guerre et de l'immédiate après-guerre.

Camus, devenu silencieux en pleine guerre d'Algérie, a-t-il pensé le moment venu de faire le point sur le sens de sa vie, de revenir aux sources quand son rêve pour l'Algérie semble définitivement hors champ politique, inaudible par tous ? Après s'être « jusque là senti solidaire de toutes les victimes », il admet être devenu « aussi solidaire des bourreaux ».
Il doit abandonner le personnage qu'il est, aux yeux de beaucoup, pour aller chercher sa profonde vérité, quoi qu'il en coûte. C'est ce qu'il semble dire quand il écrit :
« On vit. Et les autres rêvent votre vie » ou « J'en ai assez de vivre, d'agir, de sentir pour donner tort à celui-ci et raison à celui-là. J'en ai assez de vivre selon l'image que d'autres me donnent de moi. Je décide l'autonomie, je réclame l'indépendance dans l'interdépendance. » Clin d’œil à la formule employée par Edgar Faure, en 1955, à propos de l'indépendance du Maroc... Mais surtout volonté de dire sa vérité.

 

Le jeune qui se croyait sans passé, serait-il devenu, tout à coup et paradoxalement, sans avenir ? Il découvre qu'il avait été heureux sur la terre algérienne dans la misère et le soleil dont il ne partagerait pas le destin, comment pourrait-il l'être loin d'elle, dans la richesse et les villes sales et tristes. Dans sa soif de tout vivre pleinement, il avait tout quitté, sa mère, sa terre, avec le sentiment d'avoir tout abandonné - « un bon fils est celui qui reste. Moi, j’ai couru le monde, je l’ai trompée avec les vanités, la gloire, cent femmes » - mais rien oublié. D'où cette volonté de revenir vers la mère et le père, vers son peuple, vers sa terre...

Là où la jeunesse lui avait permis de se créer un présent exaltant, exalté, face au soleil, à la mer, face au monde, se sentait-il obligé de se rattacher à une histoire dont il pressentait la fin ? Après « l'amour de vivre... le désespoir de vivre »...

 

L'identité est un projet politique. A défaut de pouvoir se projeter dans un avenir, de plus en plus improbable, une Algérie française ou, au moins, liée étroitement à la France, Camus va rechercher cette identité dans le passé. Dans ses souvenirs, dans le passé qu'il a vécu, d'où les pages sur son enfance, sa jeunesse, sa famille, son quartier, ses années lycéennes. Pages admirables qui montrent la précarité matérielle dans laquelle il a vécu et ses attaches familiales non seulement à sa mère, souvent rappelée, mais aussi à son oncle et à travers lui au milieu ouvrier. Dans un quartier populaire où une certaine mixité ne voulait pas dire mélange. Et finalement, dans une communauté, celle des Français d'Algérie :«  il n'était pas sûr que ces souvenirs si riches, si jaillissants en lui, fussent vraiment fidèles à l'enfant qu'il avait été. Bien plus sûr au contraire qu'il devait en rester à deux ou trois images privilégiées qui le réunissaient à eux, qui le fondaient à eux, qui supprimaient ce qu'il avait essayé d'être pendant tant d'années et le réduisaient enfin à l'être anonyme et aveugle qui s'était survécu pendant tant d'années à travers sa famille et qui faisaient sa vraie noblesse. » Révision déchirante, pour laquelle, il ne pouvait se contenter de ses seuls souvenirs. Mais devait aller vers un passé plus ancien.

« Le premier homme » est une essai romanesque pour clarifier l'algérianitéde Camus.
Dans
son œuvre littéraire, les Arabes, comme il les appelle, sont absents comme dans « La Peste », ou appartiennent au paysage dans « La mort heureuse » ou « L’Étranger ». Mais, dans « La mort heureuse », Mersault tue un Français pour accomplir son projet, dans « L’Étranger », Meursault tue un Arabe pour un coin de plage à l'ombre. Cette vie, en terre algérienne et à coté des Arabes-Algériens, est confirmée par « Le premier homme ».

 

Dans « Le premier homme »,l'Algérien, c'est Camus : « Ce qu’ils n’aimaient pas en lui, c’était l’Algérien ». Les Algériens, ce sont essentiellement les Européens d'Algérie, les Français d'Algérie. Et c'est des Français d'Algérie, de sa famille bien sûr, mais aussi de tous les autres qu'il parle : « En somme je vais parler de ceux que j’aimais. Et de cela seulement. Joie profonde ». « Tous tonneliers ou ouvriers du port ou des chemins de fer... entre hommes... »

Même s'il est possible de trouver « des vagues d'Algériens arabes et français ». Des « Arabes », il ne parle guère. Ils ne sont pas, en tout cas, l'objet du livre. Comme dans cette dernière phrase, ce qui ne fait aucun doute, c'est que les Arabes ne sont pas français ! Non dans la bouche d'un Français d'Algérie, anonyme, dans le cadre d'une histoire rapportée, mais dans les mots de Jacques Cormery (alias Albert Camus) : « des centaines d'orphelins naissaient dans tous les coins d’Algérie, arabes et français », « les spectateurs arabes et français », « chargement d'ouvriers arabes et français », « équipes de gosses arabes et français », «  une bagarre éclatait entre un Français et un Arabe,de la même manière qu'elle aurait écarté entre deux Français et deux Arabes ».

 

Si Camus décrit longuement la pauvreté de sa famille, il n'oublie pas la pauvreté – séparée – des Arabes : « l’immense troupe des misérables, la plupart arabes, et quelques uns français ». Rares à l'école communale, quasi absents au lycée : « Du reste, alors qu'ils avaient des camarades arabes à l'école communale, les lycéens arabes étaient l'exception et ils étaient toujours des fils de notables fortunés. »

Mais l'égale ou l'inégale pauvreté ne suffit pas a créer des liens de solidarité : « dans ce pays d'immigration... les frontières entre les classes étaient moins marquées qu'entre les races » d'où le fait que « ces ouvriers... qui toujours dans la vie quotidienne étaient les plus tolérants des hommes, fussent toujours xénophobes dans les questions de travail, accusant successivement les Italiens, les Espagnols, les Juifs et les Arabes et finalement la terre entière de leur voler leur travail... attitude déconcertante certainement pour les intellectuels qui font la théorie du prolétariat, et pourtant fort humaine et bien excusable » et qui conduit « ces nationalistes inattendus »à disputer « aux autres nationalités » (sic) «  le privilège de la servitude ».

 

Les Arabes, présents dans la vie quotidienne, vivent dans un monde séparé : « se retiraient pourtant dans leurs maisons inconnues, où l'on ne pénétrait jamais, barricadés aussi avec leurs femmes qu'on ne voyait jamais ou, si.on les voyait dans la rue, on ne savait pas qui elles étaient, avec leur voile à mi-visage et leurs beaux yeux sensuels et doux au dessus du linge blanc, et ils étaient si nombreux dans les quartiers où ils étaient concentrés, que par leur seul nombre, bien que résignés et fatigués, ils faisaient planer une menace invisible qu'on reniflait dans l'air des rues certains soirs... »

La vision n'est pas loin de l'orientalisme, la beauté sensuelle, mystérieuse de la femme et la menace invisible, diffuse. Deux communautés se côtoient sans se mêler vraiment et, lors d'un des rares dialogues avec un Arabe, c'est le repli identitaire qui est mis en relief. Saddok se marie suivant la tradition : « Parce que mon peuple est identifié à cette tradition, qu’il n’a rien d’autre, qu’il s’y est figé, et que se séparer de cette tradition c’est se séparer de lui. C’est pourquoi j ‘entrerai demain dans cette chambre et je dénuderai une inconnue, et je la violerai au milieu du fracas des fusils… ». Comme Camus choisit de revenir à la communauté des Français d'Algérieen entreprenant de raconter, avec tout son talent, l'arrivée des colons parisiens et alsaciens, exilés et révolutionnaires, dans un pays qui n'a ni les senteurs, ni les miroitements de Tipaza. Mais « la pluie algérienne », la chaleur, le paludisme, le choléra et l'hostilité silencieuse, pas toujours résignée, d'un peuple à qui on n'a rien demandé.

 

Car Camus affirme : « J'ai besoin que quelqu'un me montre la voie et me donne blâme et louange... J'ai besoin d'un père ». Ce besoin d'un père qui lui a manqué, qui montre le chemin, Camus va le rechercher dans la mémoire défaillante des siens et encore plus défaillante de sa mère. En vain. La visite, rendue à la tombe de son père, à la demande de sa mère, à Saint-Brieuc, ville sans attrait, aux « rues étroites et tristes » ne saurait répondre à ce besoin. Là, il prend, subitement, conscience que « l'homme enterré sous cette dalle, et qui avait été son père, était plus jeune que lui ». Devant cette tombe sans voix, au milieu de toutes les autres, celles d’hommes qui n'avaient pas eu le temps de vivre, « révolté contre l'ordre mortel du monde »comme dans sa jeunesse, il comprend que pour connaître son père, pour comprendre les siens, il lui faut aller ailleurs, plus loin. Et d'abord, dans ce coin d'Algérie où son père a vécu et où lui-même est né.

 

Parti à la recherche des traces éventuelles laissées par son père, dans une saga décomplexée, Camus remonte très loin pour faire le récit du long voyage depuis Paris, de l'arrivée à Bône, de l'installation difficile en Algérie, de ces colons qui, poussés par des promesses gouvernementales, débarquent dans un pays inconnu : « à chacun, on promettait une habitation et 2 à 10 hectares... Ils sont partis en 49 et la première maison, construite en 54 ».

C'est dans la migration anonyme de ces pauvres envoyés par le gouvernement de Paris où le lecteur peut retrouver les dures conditions de vie de tous ceux qui ont émigré ou émigrent vers un monde inconnu, tout simplement pour vivre. C'est dans ces colons pauvres, engagés dans une aventure involontaire qui les dépasse, qu'il trouvera les siens, ceux de sa classe et de sa race. Parmi tous ces Parisiens, ces quarante-huitards, embarqués en fanfare sur « six péniches traînées par des chevaux de halage avec Marseillaise et Chant du départ... bénédictions du clergé sur les rives de la Seine... pendant un mois sur les rivières et le fleuves couverts des dernières feuilles mortes … les conquérants au fond de ses cales, malades à crever, vomissant les uns sur les autres et désirant mourir jusqu'à l'entrée du port de Bône, avec toute la population sur les quais pour accueillir en musique les aventuriers verdâtres, venus de si loin... les hommes à pied, coupant à vue de nez à travers la plaine marécageuse ou le maquis épineux, sous le regard hostile des Arabes groupés de loin en loin et se tenant à distance... pendant qu'aux quatre coins du campement, la garde veillait pour défendre les assiégés contre les lions à crinière noire, les voleurs de bétail, les bandes arabes et parfois aussi les razzias d'autres colonies françaises qui avaient besoin de distractions ou de provisions... Les deux tiers des émigrants étaient morts, là comme dans toute l'Algérie, sans avoir touché la pioche et la charrue... Oui, comme ils étaient morts ! Comme ils mourraient encore ! Silencieux et détournés de tout, comme était mort son père dans une incompréhensible tragédie loin de sa patrie de chair, après une vie tout entière involontaire, depuis l'orphelinat jusqu'à hôpital en passant par le mariage inévitable ».

 

Colonisation organisée par le gouvernement français, à l'abri des militaires français, c'est de ces hommes et ces femmes « réfractaires prenant la place chaude des rebelles... persécutés-persécuteurs d'où était né son père... Et ainsi de leurs fils. Et les fils et les petits fils de ceux-ci... sans passé, sans morale, sans leçon, sans religion mais heureux de l'être et de l'être dans la lumière... d'une vie commencée sans racine... qui bâtissaient de fugitives cités pour mourir ensuite à jamais en eux mêmes et dans les autres... la vie en laissant si peu de traces ». « Sur 600 colonnes envoyées en 1831, 150 meurent sous les tentes ».

 

En toile de fond de cette vie, « il avait senti la pesée avec l'immense mer devant lui, et derrière lui cet espace interminable de montagnes, de plateaux et de déserts qu'on appelait l'intérieur, et entre les deux le danger permanent dont personne ne parlait parce qu'il paraissait naturel », ce danger avait accompagné l'installation des colons et persistait depuis des dizaines d'années, qui naissait de la simple présence d'une population qui était exclue, qui se sentait exclue, tantôt passive, tantôt rebelle « ce peuple attirant et inquiétant, proche et séparé », toujours autre. Mais qui ne saurait rester éternellement l'autre, l'Arabe.

 

Par ce récit, loin des discours hagiographiques ou anticolonialistes, Camus semble vouloir réhabiliter la colonisation par les pauvres et affirmer sa solidarité avec un monde qu'il sait désormais condamné, désespérément, à ces yeux. Mais ce n'est là qu'une toute petite partie de son désespoir. Dans ses notes, il prévoyait, rêve ou plutôt cauchemar lors d'une sieste de son héros : « Demain, six cent millions de Jaunes, des milliards de Jaunes, de Noirs, de basanés, déferleraient sur le cap de l’Europe… et au mieux la convertiraient. Alors tout ce qu’on avait appris, à lui et à ceux qui lui ressemblaient, tout ce qu’il avait appris aussi, de ce jour les hommes de sa race, toutes les valeurs pour quoi il avait vécu, mourraient d’inutilité. »


La fin de sonAlgérie n'est, pour Camus, que le commencement d'un bouleversement beaucoup plus important. On n'est pas loin du choc des civilisations et même de la mort de la civilisation occidentale telle que Camus l'a vécue.

 

 

« Le premier homme » Albert Camus, Gallimard, 1994, 336 pages

 

Les citations sont extraites du « Premier homme ».

 

Un ami me signale un lien interessant, sur  L'Afrique du nord illustrée 1907-1937  Si ce lien ne fonctionne pas tapez sur votre fureteur : "L'Afrique du nord Illustrée" Gallica.

Il s'agit d'une revue de l'Afrique du nord pendant la période "Camus".

 

Sur les oeuvres de Camus, voir :

- Lettres à un ami allemand

- La mort heureuse

- L'Etranger

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Note de lecture
commenter cet article
20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 22:15

 

 

 

 

Quatre jours à Valence (València en valencien, Valencia en espagnol) permettent seulement de rapporter quelques images que vous trouverez ci-dessous


Troisième ville d'Espagne avec 797 028 habitants en 2102, 1 875 691 pour Valencia-Métropole, elle est aujourd'hui la capitale de la Communauté valencienne. .

 

Quelques images du centre historique de jour et de nuit.

 

Plazza de la Virgen

 

Basilica de la Virgen de los Desamparados                          Catedral

 

Valence-blog-25-12-2013-11-20-28.jpg

 

 

 

Basilica de la Virgen de los Desamparados

 

 

Valence-blog-25-12-2013-11-19-49.jpg

 

La  Lonja de la Seda

 

Valence blog 22-12-2013 12-39-49

 

 

Valence blog 22-12-2013 12-26-22

 

Valence-blog-22-12-2013-12-25-35.jpg

 

Valence-blog-22-12-2013-12-40-18.jpg

 

 

 

 

Valence-blog-25-12-2013-11-18-33.jpg

 

 

Valence blog 25-12-2013 11-24-25

 

 

 

  Valence-blog-24-12-2013-21-36-03.jpg

 

 

Valence-blog-21-12-2013-17-30-31.jpg

Valence blog 21-12-2013 17-30-54

 

Valence blog 21-12-2013 17-29-48

 

 

 

 

 

Valence-blog-21-12-2013-17-43-29.jpg

 

 

Valence-blog-21-12-2013-17-31-49.jpg

 

 

 

Noël

 

 

Valence-blog-22-12-2013-13-07-03.jpg

 

Valence-blog-22-12-2013-13-06-44.jpg

 

 

 

 

 

La veille de Noël, des voitures, banales ou de collection, viennent à l'Ayuntamento (mairie)  pour faire des dons

 

 

Valence-blog-22-12-2013-11-24-33.jpg

 

Valence-blog-22-12-2013-11-25-30.jpg

 

 

 

 

Valence-blog-22-12-2013-11-30-13.jpg

 

Valence-blog-22-12-2013-11-25-52.jpg

 

Valence-blog-22-12-2013-11-30-37.jpg

 

 

Valence-blog-22-12-2013-11-28-34.jpg

 

Devant le Marché Central

 

Valence blog 22-12-2013 11-40-52

 

Le Marché central

 

Valence blog 22-12-2013 12-10-30

 

 

 

 

 

Valence-blog-22-12-2013-11-46-14.jpg

 

 

Valence blog 22-12-2013 11-57-08

 

 

Valence-blog-22-12-2013-11-56-51.jpg

 

Magnifique crêche dans le Marché central qui reconstitue tout un village avec ses habitants en pleine activité, les enfants qui jouent... (Incapable de mettre la vidéo sur le blog)

 

Valence-blog-22-12-2013-11-47-35.jpg

 

 

 

 

Le quartier Cabanyal

maisons traditionnelles avec nombreux azulejos

Depuis des années, problème de réhabilitation

avec luttes pour ou contre des destructions d'immeubles

 

 

 

Valence-blog-23-12-2013-11-15-08.jpg

 

 

Valence-blog-24-12-2013-21-38-17.jpg

 

 

Valence-blog-23-12-2013-11-02-48.jpg

 

 

 

Valence-blog-23-12-2013-11-31-44.jpg

 

 

 

Valence-blog-23-12-2013-11-11-06.jpg

 

Valence-blog-23-12-2013-11-09-31.jpg

 

 

 

 

 

 

Valence-blog-23-12-2013-11-03-48.jpg

 

 

Le Port

 

 

Valence-blog-23-12-2013-13-14-23.jpg

QG de l' America'scup

 

Valence-blog-23-12-2013-13-15-25.jpg

 

Ensemble architectural de Santiago Calatrava

 

 

Palais des Arts de la Reine Sofia

 

Valence blog 24-12-2013 11-12-08

 

 

 

 

Valence-blog-24-12-2013-11-28-51.jpg

Valence-blog-24-12-2013-11-25-03.jpg

 

  Cité des Arts et des Sciences

 

Valence-blog-24-12-2013-13-00-53.jpg

Valence-blog-24-12-2013-13-00-23.jpg

 

Valence-blog-24-12-2013-11-47-22.jpg

 

Valence-blog-24-12-2013-11-43-50.jpg

 

 

 

Hemisferic

Valence-blog-24-12-2013-11-42-02.jpg


Valence-blog-24-12-2013-11-38-03.jpg

Valence-blog-24-12-2013-11-44-54.jpg

 

Valence-blog-24-12-2013-11-34-49.jpg

 

Valence-blog-24-12-2013-11-34-07.jpg

 

 

 

 

 

Valence-blog-24-12-2013-11-47-57.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Valence-blog-24-12-2013-13-44-43.jpg

 

  Pont

 

Valence-blog-24-12-2013-14-03-44.jpg

 

 

  Serre

 

Valence-blog-24-12-2013-14-50-00.jpg

Valence-blog-24-12-2013-14-47-17.jpg

Valence-blog-24-12-2013-14-46-27.jpg

Valence-blog-24-12-2013-14-46-13.jpg

Valence-blog-24-12-2013-14-44-56.jpg

Valence-blog-24-12-2013-14-32-13.jpg

 


Valence-blog-24-12-2013-14-29-22.jpg

Valence-blog-24-12-2013-14-28-38.jpg

Valence-blog-24-12-2013-14-12-58.jpg

  Oceanogràfic

 

Valence-blog-24-12-2013-13-54-18.jpg

 

Valence blog 24-12-2013 19-11-14

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Voyages
commenter cet article
16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 11:49

 

L'esprit du Malin souffle sur l’Élysée

 

Quelques mois après avoir fait installer son Premier bureau à l’Élysée, le malin M.Petite Bague s'empressait d'en installer un second à quelques centaines de tours de roue de scooter afin de pouvoir y aller discrètement casqué ! Sans être contrôlé de façon intempestive par la police pour avoir caché son visage dans la rue.

Discrétion telle que l'endormeur du Valls, chargé de sa sécurité, ne s'est aperçu de rien, surtout pas que des tireurs d'élites, postés au coin de la rue, pouvaient, à défaut de l'exécuter, le photographier. Que les photographes n'aient rien vu est à l'honneur de la discrétion des services de sécurité (Rebsamen). Que les services de sécurité n'aient pas vu et empêché de nuire le photographe témoigne soit de leur profond respect de la liberté de la presse, ce qui est tout à leur honneur, soit de leur incompétence ou de leur volonté de nuire, ce qui l'est moins. Aux ordres de qui ? De quel ministre de l'Intérieur, l'ancien ou le nouveau ?

Faut-il prévoir un double remaniement à prévoir ? Dans les services de protection et à quel niveau ? Dans l'ordre des bureaux ?

Mais son deuxième bureau, avenue Bosquet, siège du Medef, fait craindre beaucoup plus pour notre sécurité (sociale) que pour celle du président. Ici le remaniement est déjà fait.

 

Pendant ce temps, le chômage, l'écart entre riches et pauvres augmentent. La question qui se pose est de savoir quelle forme prendra sa prochaine explosion ?

 

Ce respect de la liberté d'expression ne semble pas une donnée constante des circulaires. Cette inconstance a d'autres conséquences que celles du théâtre de boulevard de l’Élysée. Notamment auprès de ceux qui fréquentent peu et le théâtre et l’Élysée mais trouvent que toutes les libertés ne sont pas traitées de la même façon. Qu'il est plus facile, Dieu seul sait pourquoi, de bloquer le spectacle d'un histrion noir, que la sortie d'un journal s'attaquant à une ministre noire ! Est-ce du fait du tireur, de la cible ou des deux ?

En tout cas la publicité, au frais du ministère de l'Intérieur, permettra peut-être de faire passer de la Main d'or aux mains du Trésor certains impayés accumulés depuis des années.

 

Pendant ce temps, le chômage augmente et l'écart entre riches et pauvres. La question qui se pose est de savoir quelle forme prendra sa prochaine explosion ?

 

M. Petite Blague a pu remarquer, très astucieusement devant une assemblée adéquate et ravie, que le ministre de l'Intérieur, peu tendre sur les questions d'immigration, avait même endormi le gouvernement et la presse d'Alger. Et en revenir vivant ! Il est vrai que c'est surtout les immigrés de l'est qui sont visés. Les expulsions de Roms ont été, cette année, deux fois plus nombreuses que l'année précédente.

 

Pendant ce temps, le chômage augmente et l'écart entre riches et pauvres. La question qui se pose est de savoir quelle forme prendra sa prochaine explosion ?

 

 

Tous ces fins amusements du microcosme cumulés font que, « sans bavure... le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a tout simplement explosé sa visibilité médiatique, mesurée sur les radio, les télés, les sites d'info et les réseaux sociaux ». A lui seul, il est à peu près autant cité que tous le ministres du gouvernement réunis !

 

Qu'avons-nous fait pour courir le risque d'avoir à choisir à la prochaine présidentielle, entre Sarkozy, Valls et le Pen ? Pouvez-vous nous éviter ce choix SVP ?

 

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité
commenter cet article
13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 21:51

 

Revue de presse n° 126 (Europe)

 

Le Royaume-Uni dépassera la France et l'Allemagne et sera la première puissance économique d'Europe à l'horizon 2030, selon une étude du Centre pour la recherche économique et commerciale.
Le Royaume-Uni passera devant la France en 2018 avant de doubler l'Allemagne vers 2030, au niveau mondial, il sera dépassé par l'Inde et le Brésil.
"Une Allemagne basée sur le Deutsche Mark ne serait pas rattrapée par le Royaume-Uni avant des années". "A court terme, l'impact (d'une sortie de l'UE) serait sans aucun doute négative" "mais passé une quinzaine d'années, il deviendrait probablement positif" Daily Telegraph Le Figaro 27/12/13.


L'Irlande est devenue le premier pays à sortir d'un programme de «sauvetage» de la Troïka - Commission européenne (CE), Banque centrale européenne (BCE) et FMI. Attac publie une étude à partir de chiffres officiels. Alors que l'Irlande a reçu 67,5 milliards € de prêts pour son renflouement depuis la fin de 2010, le pays a transféré 89,5 milliards € à son secteur financier au cours de la même période. 55,8 de ces milliards aux banques créancières, toutes étrangères et certaines françaises. La situation économique et sociale de l'Irlande demeure désastreuse : ces milliards n'ont en rien profité aux Irlandais, broyés par la politique d'austérité infligée à leur pays pour payer ces dettes illégitimes.



Bruxelles a défendu la levée des dernières restrictions relatives à la circulation des travailleurs bulgares et roumains dans l'UE. Bloquer le marché du travail ne résoudra pas la crise, a déclaré le commissaire européen aux Affaires sociales. Interdire les allocations chômage aux travailleurs immigrés en Grande-Bretagne est une mesure populiste, estiment les commentateurs, rappelant que la libre circulation de la main d'œuvre favorise l'économie. Eurotopics 02/01/14


Le soir de la Saint Sylvestre, comme les années précédentes, les Pays-Bas ont été le théâtre d'une vague de violence principalement dirigée contre les forces de l'ordre et les services de secours. Des centaines de personnes ont été blessées par des feux d'artifice, une personne a trouvé la mort et environ 800 ont été arrêtées. De Telegraaf Eurotopics 02/01/14


A partir du 1er janvier, les bonus bancaires seront limités. Une réforme qui concerne au premier chef les hauts salaires banquiers français – et britanniques – dopés aux bonus. Selon l’Autorité des banques européennes, il y a en Europe plus de 3500 banquiers millionnaires. A Londres, 2.714 banquiers ont gagné plus d'un million d'euros en 2012, soit trois quart des « riches » banquiers européens. Ils ne sont « que » 212 en Allemagne, 177 en France, 109 en Italie et 100 en Espagne.
En moyenne, un « riche » banquier gagnait en 2012 presque 2 millions d’euros par an au Royaume-Uni et 1,56 millions d’euros en France : la part des bonus et autres montants variables de la rémunération (intéressement à la vente, pourcentage sur le chiffre d'affaires, stocks options sur des actions, retraite privée...) atteint 370% de la rémunération. Il s’agit d’une prime sans risques : c’est la banque qui prend les risques... et le banquier qui gagne.
La nouvelle législation européenne, au 1er janvier 2014, plafonne la rémunération variable au maximum à hauteur de la rémunération fixe (100%) et de façon exceptionnelle au double de la rémunération fixe (200%). Journal de bord 28/12/13

Les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres se sont encore accentuées l’an dernier. Aux États-Unis, les plus fortunés détiennent plus de la moitié des revenus nationaux, une concentration inégalée depuis 1917. Mediapart 08/01/14

Faute de places, 6500 handicapés mentaux français sont accueillis en Belgique, dans des structures soumises à peu de normes. Le Monde 04/01/14

 

Optimisme dans la zone euro : l'Irlande a réussi son retour sur les marchés, les primes de risque ont nettement baissé en Grèce, Italie, Espagne. Cela ne change rien au chômage record et à la crise de la dette. Eurotopics 10/01/14

Les faibles taux auxquels les pays méditerranéens peuvent se financer sont liés à la recherche , par les investisseurs, de placements rentables quand le coût de l'argent est comprimé par les politiques expansionnistes à des niveaux quasi nuls. Ce résultat en apparence positif ne peut masquer la réalité dominée par des hordes de chômeurs qui ont dépassé la barre des 19 millions. Ceci, probablement loin de refléter la réelle gravité de la situation, dissimule des réalités très disparates entre des pays 'vertueux' comme Allemagne, Autriche et pays en difficulté. Corriere del Ticino Eurotopics 10/01/14


Pauvres en millions

Europe, Asie centrale

Afrique Nord,Moyen Orient

Amérique latine et Caraïbes

Afrique subsaharienne

Asie du sud

Asie occident. Pacifique

Total monde

% pop mond

1990

8,6

13

53

394

617

926

1900 43%

2013

2,8

10

29

290

415

113

964 13,5%

Personnes vivant dans l'extrême pauvreté en millions Courrier international 09-15/01/14


Allemagne. Le débat sur les inégalités fiscales monte... Amazon qui ne paye pratiquement pas d'impôts... En matière de fiscalité écologique, il existe des taxes sur les carburants et des prélèvements sur le prix de l'électricité qui financent les énergies renouvelables...Avec la sortie programmée du nucléaire, les subventions aux énergies renouvelables et donc les taxes sur l »électricité.. Les secteurs de l'industrie bénéficient d'exceptions, ce sont au final les familles qui payent. Lignes d'Attac janvier 2014

 

Le débat sur la réduction du temps de travail gagne l'Allemagne. La ministre sociale-démocrate de la Famille, a évoqué l'idée d'une semaine de 32 heures pour les parents d'enfants en bas âge dans le Tagesspiel Figaro 10/01/14.

 


PIB à prix constant en 2014 (prévisions) par rapport à 2008. : États-Unis 108,7, Allemagne 104,9, France 101,7, GB 101,1, Zone euro 98,9, PB 96,8, Irlande 96,7, Espagne 93,7, Portugal 93,6, Italie 93,1, Chypre 85,4, Grèce 77,3. Alter-éco janvier 2014

Le fossé entre riches et pauvres s'est agrandi depuis le début de la crise financière Le continent régresse en matière d'égalité des chances . En 1976, le revenu d'un riche Espagnol était huit fois supérieur à celui d'un salarié moyen. En 2014, le même individu gagne 44 fois plus en moyenne. Le plus préoccupant est qu'un nombre croissant de jeunes sont exclus du travail ou privés d'une formation convenable. De Morgen Eurotopics 13/01/14

Les Écossais voteront à une large majorité pour rester dans le Royaume-Uni. Ils ne veulent ni l'indépendance, ni le statu quo. Ils souhaitent que leur pays ait davantage d'autonomie. De toute manière, l’Écosse est en train d'acquérir discrètement son autonomie fiscale. Courrier international HS 47

Il est dans l'intérêt stratégique de l'Europe de pouvoir fournir aux citoyens et aux entreprises des services d'informatique en nuages sécurisés.
Un cercle de réflexion de Washington calcule que ce scandale (NSA) pourrait faire perdre au secteur américain du
cloud de 21 à 35 milliards de dollars sur la période 2014-16. Courrier international HS 47


Taux de participation des Européens aux élections européennes

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

2014

62%

59%

58%

57%

50%

45%

43%

?

Courrier international HS 47



 

Le nouveau Messie : " soyez certains que je serai toujours là parmi vous." Sarko y ose. C'est à cela qu'on le reconnaît ! 17/12/13

 

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
commenter cet article
20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 22:05

 

Mandela le jeune, Mandela le vieux

 

Toute unanimité est suspecte. Cet hommage unanime à Nelson Mandela, comme les autres. Voir se précipiter en Afrique du Sud tous ces chefs d’État ou de gouvernement qui se sont opposés à l'Apartheid ou l'ont soutenu, à l'exception notable du Nétanyahou qui s'est abstenu d'un tel déplacement par souci d'économies, pourrait faire penser que c'est le dernier triomphe de Mandela, de la réconciliation, malheureusement sans l'aveu des crimes passés. C'est, avant tout, un bal des hypocrites recherchant un éclairage mondial, un moment flatteur.

 

Cet hommage « universel », mérité, va à Mandela le vieux. Qui a évité un bain de sang à l'Afrique du Sud. Qui a fait sombrer l'apartheid sans guerre civile. Sans vengeance.Sans chasse au blanc. Reste qu'une part de l'engagement de Mandela le jeune est encore à faire. La justice sociale. Ce poing levé, symbole de la lutte sociale, de la lutte des classes, abandonnée en cours de route. Devenu symbole de la victoire sur l'apartheid. Mais cette victoire sur l'apartheid, victoire politique fondamentale, a permis seulement l'accès partiel à un pouvoir partiel d'une bourgeoisie noire à coté du pouvoir de ceux qui ont, intelligemment, lâché l'apartheid pour conserver l'essentiel suivant le vieil adage, changer pour que rien ne change. C'est peut-être un peu schématique parce qu'une petite bourgeoisie noire s'est aussi constituée, parce que tous les Noirs ont retrouvé une certaine dignité avec le bulletin de vote et que le pouvoir apparent est aux mains des Noirs. Comme l'élection de Barak Obama est un pas immense pour l'ensemble des Noirs américains.

Mais élection d'un Noir à la tête des États-Unis, d'un Noir et de toute une équipe à la tête de l'Afrique du Sud, en quoi ces élections ont-elles changé la situation des millions de Noirs qui demeurent au bas de l'échelle sociale ? Les États-Unis, l'Afrique du Sud ont des raisons de ressentir une certaine fierté. Mais la situation des Noirs de la base aux États-Unis comme en Afrique du sud n'est guère changée.

 

Pour l'Afrique du Sud, il est malheureusement possible que la transition démocratique dont Mandela a été le garant ne soit qu'un moment heureux de son histoire. Car les masses noires ne pourront se contenter, à perpétuité, de cette situation. Aujourd’hui, « le chômage touche plus de la moitié des jeunes Noirs du pays » (Le Monde 12/12/13).. Et le jour où les masses se soulèveront pour demander une participation aux décisions, au partage des richesses qui leur permettraient de vivre décemment, ce jour là le pouvoir noir aura le choix entre réprimer la révolte comme c'est déjà le cas quand des grèves éclatent ici ou là, ou détourner la vindicte populaire vers le pouvoir économique blanc mis alors en accusation. On peut espérer, rêver, qu'un nouveau Mandela se lève pour que cette transition sociale soit aussi peu douloureuse que la transition politique. Que le nouveau Mandela vienne tenir la partie oubliée des promesses de Mandela le jeune.

On peur rêver. Mais le père Noël passe rarement deux fois.

 

On peut cependant rêver que Mandela ne soit pas seulement une icône apaisante, pour ne pas dire un sédatif pour le temps présent. Mais un exemple qui suscite d'autres vocations. En Afrique du Sud ou ailleurs.

 

Au milieu de tous ses hommages, des déclarations des uns et des autres, y compris en Algérie que Mandela avait dit être sa seconde patrie, un journaliste algérien se pose une question iconoclaste : « Mandela Nelson est mort. Le monde va saluer sa vie, son œuvre, son sourire, sa mort et sa philosophie. Et nous Algériens ? Faire de même dans la longue procession de l'hommage. Mais au-delà ? Un regret secret, une amertume. Le chroniqueur l'avait écrit un jour : Et si on avait eu Mandela en 62 et pas Benbella ?
Un Mandela algérien nous aurait évité le pays actuel, ses mauvaises convictions, nos mauvais jours et des molles dictatures et ses gabegies. Nous aurions perdu moins de vies et moins de temps et nous aurions été un grand pays. Car cet homme est l'un des très rares à avoir donné sens à la décolonisation. Toutes les autres épopées ont mal fini : la décolonisation glorieuse y a été menée à la dictature hideuse ou sournoise. Au massacre, aux caricatures sanguinaires et au sous-développement. C'est dire que l'on ne décolonise pas avec les armes, mais avec l'âme. Décoloniser n'est pas vaincre le colon mais le démon en soi. Adieu l'homme au sourire qui dénoue. ».
Tout ceci, même pour le chroniqueur, « c'est un grand rêve éveillé » (Quotidien d'Oran 14/12/13).

 

Mais cette question est incomplète, unilatérale. Car Mandela n'a été possible que parce que, en face de lui, il y avait Frederik de Klerk. Où était, ici, de Klerk ? L'Algérie française a su bloquer toutes les évolutions. Jusqu'à l'explosion. Et si les Blancs d'Afrique du sud ont su choisir, à temps, la transition pacifique, les Blancs en Algérie ont profité de la faiblesse et/ou de la complicité des gouvernements français pour refuser les réformes de la Troisième et de la Quatrième république et aboutir finalement à la politique de la terre brûlée de l'OAS. Peut-être savaient-ils, inconsciemment, que l'Algérie n'était pas française.

 

Malheureusement, tous comptes faits, de façon pacifique ou non, la situation est-elle si différente pour les masses sud-africaines et algériennes ? Une bourgeoisie plus ou moins petite, plus ou moins grande, s'est mise en place, dans les deux cas, et gère, à son profit exclusif. En Algérie, l'expropriation des colons, les nationalisations et surtout la rente pétrolière permettent au pouvoir en place de corrompre les uns et de calmer momentanément les autres. Tandis que la masse des jeunes rêvent d'un visa en regardant la mer. En Algérie, comme en Afrique du sud, le changement s'est arrêté en chemin.

 

L'enterrement discret de Mandela le jeune, il y a longtemps, a permis à tous les chefs de d’État et de gouvernement de la planète de faire de Mandela le vieux une image pieuse qui ne fera de mal à personne.

Les questions posées par Mandela le jeune demeurent, en Afrique du Sud, en Algérie et ailleurs.

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité
commenter cet article
20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 21:43

 

Revue de presse n° 125 (Europe)

 

C’est par près de 76% des voix que les 470.000 adhérents du SPD ont adhéré au projet de grande coalition : mesures de progrès social du contrat de coalition annoncé f: salaire minimum horaire de 8,50 euros, amélioration des petites retraites, mécanisme de limitation des hausses de loyer… Les mesures sociales et les investissements, évalués à 23 milliards d'euros d'ici 2017, ont été éreintés par les milieux patronaux et une grande partie de la presse. Les analystes s'attendent en tout cas à un nouveau gouvernement "très stable" grâce à sa majorité écrasante au parlement. JDD 14/12/13.


«Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons établie avec l'argent, puisque nous acceptons paisiblement sa prédominance sur nous et sur nos sociétés. La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu'elle a, à son origine, une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l'être humain ! Nous avons créé de nouvelles idoles. » Pape François Le Figaro 15/12/12


L'Irlande connaît une embellie en devenant, le premier État membre de la zone euro à s'affranchir d'un plan d'aide international. Mais l'heure n'est pas à la fête car la demande intérieure est déprimée par un chômage élevé. La Grèce réclame pour sa part une réduction de sa dette tandis qu'en France, Mario Draghi estime que, bien que le pays ait fait de "gros efforts", il doit "continuer sur le chemin des réformes". Toute l'Europe Revue de presse 16/12/13.


Alexis Tsipras, président de l'alliance de gauche grecque Syriza, sera le candidat de la gauche européenne au poste de président de la Commission européenne (CE). C'est ce qu'a décidé le parti européen, dimanche à Madrid. Tvxs - Grèce Eurotopics 16/12/13


Toutes les horreurs qu’ils annonçaient se sont passées en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande ou à Chypre. Comment imaginer décemment aujourd’hui que ces pays se porteraient plus mal s’ils étaient sortis de l’euro ? Et plus le temps passe, plus les preuves s’accumulent, plus les économistes renommés deviennent critiques à l’égard de cette expérience hasardeuse et artificielle de l’unification monétaire de la zone euro. Mais plus nos dirigeants européens refusent de regarder la réalité en face, préférant torturer les peuples pour essayer de sauver le veau d’or auquel ils ont lié leur destin. Observatoire de l'Europe 16/12/13

 

Partisanes de la concurrence et adversaires résolues des cartels et des monopoles, les institutions européennes sont pourtant liées par des contrats opaques au géant américain du logiciel. Le passage à des logiciels “open source”, qu’elles encouragent pourtant, serait trop compliqué et trop coûteux. Presseurop d'après Médiapart 17/12/13


Bouteflika ne pourra se présenter à sa propre succession qu'avec la preuve d'une bonne santé. Qui va lui délivrer le document de sa quinzième jeunesse ? Ses médecins, son hôpital, la France. En Algérie, un certificat médical coûte entre 200 et 600 euros. Celui de l'actuel Président va nous coûter quelques milliards de dollars, la France vient de voter, et chez nous donc. C'est le chiffre dit ou supposé des contrats promis... Donc la France a voté. Le certificat vient d'être acheté... Le Quotidien d'Oran 18/12/13.


La pétition européenne « Let me vote » vise à donner à tout citoyen européen résidant dans un État membre autre que son pays de naissance le droit de vote aux communales/municipales, nationales, voire régionales, selon les pays. Pour signer la pétition : www.letmevote.eu/


Drapeau de l'ArménieRéunis en sommet ce jeudi à Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement de l'UE doivent discuter de l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Albanie. Europoitics Expressen 19/12/13


Les immigrés issus d'autres pays européens n'auront pas droit au chômage dans les 3 premiers mois consécutifs à leur entrée sur le sol britannique. La peur du "tourisme social" européen est dénuée de tout fondement. Si une vague risque de submerger la Grande-Bretagne, c'est bien celle de la peur et de la stupidité. Eurotopics The Independent  19/12/13.


La CE ouvre une procédure contre l’Allemagne en raison des exemptions de taxes pour financer les énergies vertes. 2 300 entreprises à forte consommation, chimie, métallurgie, sont exemptées de la taxe payée par les particuliers et autres secteurs économiques à hauteur de 23 milliards d’euros par an. La CE juge cette exemption non conforme à la législation européenne sur la concurrence. Pressseurop Die Welt, 19/12/13

 

Le gouvernement suisse a mandaté le président de la Confédération pour reprendre les négociations avec l'UE “dans le domaine de la fiscalité de l’épargne et des relations institutionnelles”à partir du 01/01/14. Presseurop Corriere del Ticino 19/12/13


Pour contrôler les banques de la zone euro et empêcher que l'une entraîne les autres dans sa chute, les dirigeants de l'UE ont trouvé un accord : un monstre bureaucratique.
Selon le Financial Times, jusqu'à 126 personnes devront être consultées sur la manière d'aider une banque. Même pendant un week-end quand les marchés financiers sont fermés.
Dans le pire des cas, dirigeants en désaccord, cela pourra nécessiter 9 réunions à travers l'Europe et 143 votes pour obtenir une résolution. Rappelons que des établissements sous pression peuvent s'écrouler en quelques heures seulement. Huffington post 19/12/13

 

La Cour constitutionnelle portugaise a apposé son veto au projet de loi dit de convergence entre les retraites privées et publiques grâce auquel le gouvernement entendait économiser 710 millions d'euros. C'est la quatrième fois que le gouvernement se voit refuser une importante mesure d'austérité - et cette fois, à l'unanimité… Eurotopics Diário de Notícias :20/12/13


Martin Schulz, président du Parlement européen, menace de faire capoter l'accord des ministres des Finances de l'UE sur la gestion des banques en difficulté. Selon lui, ce projet est un processus lent et inefficace. Cette Union bancaire rejette la charge de la restructuration et de la modernisation du secteur sur les investisseurs privés et les États, ne lutte pas efficacement contre la fragmentation du marché financier européen et n'élimine pas le lien pervers entre dettes privées et dettes publiques. Eurotopics Il Sole 24 Ore 20/12./13


Les circonvolutions de Claude Bartolone pour ne pas dire qu’il soutient Jean-Marc Ayrault (Le Lab) :

 

Pas besoin de circonlocutions, super, le Lab a disséqué les "circonvolutions" du cerveau de Bartolone. On va tout savoir. (18/12/13)

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

 

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
commenter cet article
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 14:56

 

 

L'Hexagone est le deuxième pays européen, après l'Allemagne pour le nombre de demandeurs d'asile (55 000 en 2012). Mais la France n'a accordé le statut de réfugié qu'à 9 976 personnes l'an passé. Nettement moins qu'en Suède (12 400), en Allemagne (17 140) ou en Italie (22 030). En proportion, la Suède est 10 fois plus généreuse que la France, l'Autriche et la Belgique 4 fois, plus, l'Italie 3 fois...La France' n'arrive qu’au dixième rang de l'Union.


L'Espagne est redevenu un pays d'émigration nette. Entre janvier et septembre 2012, 420 000 personnes l'ont quittée contre 282 000 entrées dont 55 000 Espagnols, un nombre en hausse mais relativement faible.


Le nombre d'étrangers légaux en Grèce est passé de 611 000 en 2009 à 440 000 en 2012. Altrer éco décembre 2013


Goldman Sachs prête à délaisser la City si les Britanniques décidaient de sortir de l’Union européenne (UE) à la suite d’un référendum, déclare à Londres le vice-président de la banque et co-directeur général de ses activités internationales. Contexte 04/12/13.

 

En Irlande, l'état de santé des enfants issus de familles défavorisées s'est nettement détérioré ces dernières années par rapport à celui des enfants de familles plus aisées. 03/12/13 The Irish Times eurotopics


 Les autorités financières (Europe, États-Unis, Asie) enquêtent contre les banques agissant au niveau international et soupçonnées d’avoir manipulé les taux de change à grande échelle. Süddeutsche Zeitung presseurop 04/12/13.

 

L’agence de notation a fait passer la note “Baa3” attribuée à Madrid de “négative” à “stable”. Moody’s évoque un net rééquilibrage de l‘économie ibérique et une amélioration de ses perspectives à moyen terme. Elle ajoute que le royaume a un meilleur accès aux marchés financiers.
Selon l’indice de la corruption dans le monde, calculé par Transparency International l’Espagne en proie aux affaires et qui passe de la trentième à la quarantième place. Euronews 05/12/13.

 

La Commission européenne (CE) a infligé des sanctions financières records à des banques accusées d'entente et de manipulation des taux interbancaires. Six devront payer en tout 1,7 milliards d'euros. Les analystes appellent à réformer le secteur financier. Eurotopics 05/12/13.


Drapeau de la TurquieA partir de la mi-décembre, l'UE et la Turquie engagent des négociations sur la suppression du visa obligatoire pour les Turcs. Süddeutsche Zeitung Eurotopics 05/12/13


Les Pays-Bas enterrent l'interdiction du blasphème NRC Handelsblad Eurotopics 05/12/13


 

La Cour constitutionnelle italienne a jugé inconstitutionnel le système électoral en vigueur durant trois législatures et plonge la classe politique dans le désarroi. Le M5S de Beppe Grillo et Silvio Berlusconi lancent un appel à des élections anticipées. Les Échos 05/12/13.


La Banque centrale européenne (BCE) est disposée à prêter massivement aux banques de la zone euro mais elle veut s’assurer que cet argent profitera à l‘économie” (Mario Draghi). “La BCE est toujours déterminée à soutenir la reprise de l‘économie européenne. Nous sommes prêts à envisager la mise en œuvre de tous les instruments à notre disposition. Le chômage dans la zone euro reste élevé... Euronews 05/12/13.

 

Il faudra des décennies avant que des pays comme Ukraine, Turquie, Serbie se soient transformés au point de satisfaire réellement aux critères d'adhésion. Pourtant, Bruxelles ne veut pas les perdre, et elle a raison. Il faut donc réfléchir à des formes d'appartenance à l'UE, en distinguant États membres de catégories A et B, une Europe à 2 vitesses. Ceci est inévitable pour poursuivre l'élargissement, sans pour autant perdre le soutien des Européens de l'Ouest." Eurotopics De Volkskrant 06/12/13.

 

 Soumis à une violente guerre fiscale américaine et aux pressions de l'OCDE, les banquiers suisses voient désormais dans l'échange automatique d'informations fiscales un moindre mal, alors qu'ils le refusaient catégoriquement il y a un an. Ce virage à 180 degrés conditionne la survie de la place financière suisse.  Médiapart 09/12/13.


Les départs de jeunes à l’étranger ont augmenté de 28,8% en 2012. Les Italiens à l’étranger sont désormais 4,3 millions. La Repubblica Revue de presse ambassade de France à Rome09/12/13.


Agriculteurs, camionneurs, chômeurs ont protesté contre l’austérité et se revendiquent du mouvement des “Forconi”, les fourches, lancé par des agriculteurs de Sicile pour réclamer des aides gouvernementales. Il s’est étendu à d’autres régions et à catégories sociales. Certains policiers se sont joints aux manifestants devant le Conseil régional à Turin. De la mondialisation au prix des carburants, pression fiscale, euro et UE, cibles du mouvement ,trouvent un large écho dans l’Italie en récession. Euronews 09/12/13.

 

Espagne : l’aéroport de Ciudad Real mis en vente pour 100 millions d’euros, 10 fois moins que son coût original en 2008. Le premier aéroport international privé du pays a déposé le bilan en 2010 et n’a plus accueilli de vol commercial depuis 2011. Il reste le symbole des excès de la bulle immobilière. Euronews 09/12/13.

 

Compréhensifs (centre-droit, anti-système Fatto quotidiano) ou non (Unità, Sole 24 Ore) à l’égard du mouvement, les commentateurs invitent à le prendre au sérieux. Il révèle le malaise profond de catégories socio-professionnelles (routiers, artisans, agriculteurs) et les risques de coagulation et d’extension (la Stampa : « il n’est pas possible de liquider les désordres comme un simple incident ». L’origine est à trouver dans la détérioration des conditions économiques d’une partie non négligeable des Italiens, éditorial du catholique Avvenire sur la possibilité que la protestation devienne le catalyseur du mal-être social ou du conservateur Libero : « dans les rues la protestation de ceux qui n’en peuvent plus »). Revue de presse ambassade de France à Rome 10/12/13


UkraineDepuis le début des manifestations pro-européennes, Klichko, l'ancien boxeur s'est imposé comme l'un des principaux opposants au président Ianoukovitch. Formé par les chrétiens-démocrates de la chancelière allemande, il pourrait bientôt être adoubé par d'autres dirigeants européens. Spiegel Presseurop 11/12/13.


Remarquables progrès dans l’union bancaire : un premier accord a été conclu par les ministres des Finances de la zone euro pour créer une autorité européenne pouvant décider la fermeture ou l’aide aux banques en difficulté. Vanguardia Presseurop 11/12/13.

 

Lors du Conseil européen des Ministres des Finances, Autriche et Luxembourg ont bloqué un accord sur l'échange automatique de données bancaires. Les membres de l’UE ont vivement critiqué Luxembourg et Vienne, dénonçant que leur veto bénéficie aux fraudeurs fiscaux. En outre, Vienne s’est mis d’accord avec Washington sur l’échange des données quasi automatique entre les deux pays, la CE “réclame à l’Autriche une égalité de traitement”. Der Standard Presseurop 11/12/13.


En Grèce, le coût du travail a baissé mais le chômage a continué sa progression : 27,4% de la population active grecque est sans emploi. Pour les plus jeunes, ce taux monte à plus de 50%. Euronews 13/12/13

 

Depuis quatre jours, les « forconi» , mouvement de contestation, organise des manifestations à travers toute l’Italie, de Milan à Turin en passant par Florence ou encore Palerme, est arrivé à Rome. Euronews 13/12/13.


Les ministres européens de l’Énergie ne sont pas parvenus à se mettre d’accord pour donner un coup de frein aux biocarburants. Aucun durcissement de la législation ne verra le jour avant 2015. Contexte 13/12/13.





TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

 

Pour le JDD, le pape François est pressé, il pourrait démissionner, j'ai touité : « Mon cousin m'a dit qu'il avait un cancer du gros orteil gauche ! ». 05/12/13.

 

Désir lance la campagne électorale du PS "un maire pour six ans" et de la droite "fiscalité et la sécurité". A-t-il honte du gouvernement ? 08/12/13.

 

Se croyant héritier de la mairie du Vème, le fils Tibéry, trahi par le parachuté Fillon : Combine et/ou ingratitude. 12/12/13.

 

Économie Prix Mandela : Netanyaou (n'a pu affréter d'avion pour rendre hommage à Mandela) et Hollande (en a affrété deux). Dur d'économiser. 14/12/13.

 

Les hommages à Mandela ne coûtent pas beaucoup. Mais qui lancera la Mandelle face à la quenelle ? 13/12/13.

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
commenter cet article
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 23:52

 

Il y a trois ans, l'immolation d'un marchand de fruits de Sidi Bouzid déclenchait, en Tunisie, une révolution qui étonna le monde.

Plus particulièrement, ceux qui pensaient les peuples du Maghreb endormis pour l'éternité grâce à l'efficacité des régimes en place, militaires ou policiers, soutenus par les gouvernements occidentaux qui voyaient dans ces dictatures des alliés efficaces contre les islamistes. Se souvenir de la ministre des Affaires étrangères, Me Michèle Alliot-Marie, de retour de vacances en Tunisie, qui proposait à la police tunisienne, quelques jours avant la fuite de Ben Ali, « le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, (qui) permette de régler des situations sécuritaires de ce type ».

D'autres pensaient que le peuple tunisien ayant vaincu la peur et donné l'exemple, ce printemps allait mettre le feu à la plaine maghrébine et, au delà, pour une révolution par procuration qui tardait ici.

 

Malheureusement, la progression de la démocratie, fut-elle révolutionnaire, est plus tortueuse, plus difficile. Même si la plupart des régimes de la région ont connu des mouvements d'intensité variable suivant les situations locales. Le chemin sera encore long pour arriver à la démocratie.

 

Dans tous les pays du Maghreb, les conditions sont sensiblement les mêmes : misère, chômage, manque de liberté, de démocratie, jeunesse sans avenir, pouvoir politique et économique aux mains de quelques uns, cooptés, absence totale de renouvellement des dirigeants, même à l'intérieur du système... Un incident ici, une répression de trop là, l'exemple à coté, peuvent mettre en marche le mouvement « dégage »... avec les moyens de communications modernes, difficilement contrôlables par les autorités et bien connus de la jeunesse pour coordonner des rassemblements traditionnels, pacifiques.

 

Si les conditions se ressemblent, les événements et encore plus leur évolution est différente d'un pays à l'autre en fonction, notamment, de leur histoire, des institutions et des politiques locales.

 

Tout a commencé en Tunisie. Ben Ali, jusque là soutenu par l'occident comme rempart contre l'islamisme, membre de l'Internationale socialiste (!), gouvernait au profit d'une famille élargie, d'une caste de profiteurs.

Il ne faut pas oublier que si l'acte de Mohamed Bouazizi a été le facteur déclenchant de la révolution tunisienne, de nombreuses manifestations avaient eu lieu auparavant traduisant un activité civique importante contre les atteintes à la liberté de la presse, à la liberté d'association. Ainsi que sur le plan social avec, notamment, les manifestations de la région minière de Gafsa...

Après la fuite de Ben Ali et de son clan, la bataille pour le pouvoir va opposer les forces démocratiques et les « islamistes modérés » de « Ennahda ». Ceux-ci, bien que persécutés sous le régime de Ben Ali, étaient la seule force politique organisée à l'échelle nationale avec le syndicat, UGTT. Après avoir remporté les premières élections libres face aux démocrates divisés, les islamistes ont voulu s'autoriser de leur victoire électorale pour modifier le rapport des forces tandis que la population attendait des mesures concrètes au niveau économique et social.
D'autre part, les cousins bien moins modérés, les «
 salafistes », profitent du chaos en Libye pour s'approvisionner en armes. Bénéficiant d'une certaine bienveillance des nouvelles autorités, ils tentent de s'imposer par la force, allant jusqu'aux assassinats de leader de gauche et, plus récemment, à des attaques contre les forces armées, police, gendarmerie...

La bataille politique continue donc entre les islamistes modérés qui font preuve de laxisme face aux extrémistes et qui n'admettent pas la sécularisation de la société. Et les démocrates, la jeunesse, la population qui demandent de meilleures conditions de vie, des emplois, l’instauration d’une réelle démocratie, la liberté et la dignité.

 

A ce jour, l'armée tunisienne s'est toujours tenue en dehors des conflits politiques. Après Bourguiba, « père de l’Indépendance », aucune personne, aucune force politique, aucune institution ne peut se réclamer d'une légitimité face à la légitimité populaire, encore faut-il que celle-ci puisse s'exprimer.

C'est le sens de la bataille actuelle, essentiellement politique pour le moment.

 

En Libye, Kaddhafi est arrivé au pouvoir avec le renversement de la royauté. Bénéficiant de la rente pétrolière, il a réussi à se maintenir au pourvoir avec l'appui de l'armée et de la police, en assurant un équilibre entre les différentes régions. La contestation, malgré quelques tentatives de Kadhafi pour la désamorcer, va mettre en danger son pouvoir après 44 ans de règne sans partage.

Devant la brutalité de ses menaces d'extermination des rebelles, la réaction internationale a été aussi rapide en Libye que lente en Tunisie pour décider une intervention militaire, notamment sous l'impulsion de la France et avec le soutien de l'ONU. Cette intervention a contribué à l'arrêt des massacres par les forces loyalistes, au sauvetage de la rébellion et à la chute du dictateur. Mais ce renversement de Kaddhafi, non prévu dansle mandat de l'ONU, sert de fondement ou de prétexte aux réticences de la Russie et la Chine face à une intervention en Syrie.

L'armée et la police sont disqualifiées, au moins pour quelque temps, suite à leur fidélité au régime et à l'utilisation de mercenaires. La chute du régime a conduit à l’éclatement du pouvoir et à la dissémination des armes et des hommes dans le Sahel et en Tunisie avec les conséquences connues.
Aucune force politique, civile ou armée, n'a assez de légitimité intérieure ou extérieure pour
organiser ou imposer un gouvernement transitoire avant l'adoption d'une constitution, pour rétablir un semblant d'unité du pays, désarmer ou intégrer les différentes milices en présence.

La partie n'est pas terminée et la démocratie semble encore loin.

 

Au Maroc, après les dures années Hassan II, son successeur sur le trône en 1999, Mohamed VI a fait de nombreuses promesses, peu mises en pratique, et, au début de 2011, suite au printemps tunisien, des revendications politiques, sociales, constitutionnelles ont été avancées.

Devant ces manifestations, Mohamed VI a su manœuvrer habilement pour canaliser la contestation vers une réforme constitutionnelle qui ne change rien à la nature politique et économique du régime. La nouvelle constitution a été largement approuvée par référendum en juillet 2011 et suivie par des élections législatives. Malgré cela, le mouvement contestataire, contre la corruption, l'affairisme, les abus de pouvoir, le manque de démocratie, continue, mais de plus en plus affaibli par la répression. Cette contestation n'est pourtant pas éteinte et est encore marquée par des manifestations ponctuelles

Le régime monarchique n'est pas mis en cause. Ce n'est probablement pas par hasard que le roi actuel a pris le nom de Mohamed VI, à la suite de son grand père, Mohamed V, qui a été le roi de l'indépendance marocaine après un exil, du temps du protectorat, d'abord en Corse puis à Madagascar, avant d'être rétabli sur son trône.

Mais le roi tire surtout son autorité, sa légitimité de sa prétendue origine chérifienne, «Chérif de la Mecque», « Commandeur des Croyants », descendant du Prophète, et à ce titre, pour le moment, difficilement contestable quelle que soit sa politique.

 

Beaucoup se sont étonnés que l'Algérie, la combative, soit passée à coté de ce printemps qui a débuté à sa frontière orientale. En réalité, la contestation est constante en Algérie même si elle n'a pas pris, dans les derniers mois, la même intensité qu'en Tunisie. Elle est constante et a lieu dans différentes localités du pays, du nord comme du sud. Il y a eu aussi des immolations par le feu dont une tout récemment encore (en plus des 11 dénombrées par Wikipedia dont 4 décès). « Cette énième tentative d’immolation par le feu traduit l’extrême détresse d’une jeunesse perdue qui voit dans ce geste de désespoir l’ultime mode d’expression pour dénoncer leur situation précaire et interpeller les gouvernants sur leur sort. Faut-il rappeler que cela se passe malheureusement dans un pays riche où les réserves de change débordent de quelque 182,2 milliards de dollars. » (LeMatin.dz 07/12/13).

Pour le moment, le mécontentement diffus n'a pas débouché sur une révolte généralisée. En réalité, la tentative de démocratisation, en 1988, a précédé le printemps tunisien et maghrébin. Les premières élections libres, de 1989, ont donné une victoire aux islamistes. Interrompue par l'Armée nationale populaire. Elles ont été suivies par une guerre civile qui n'est pas encore complètement éteinte. Après plus de 7 ans de guerre de libération (750 000 morts), plus de 10 ans de guerre civile (100 000 morts, 10 à 15 000 disparus), la mobilisation populaire est difficile. Alors que la liberté de la presse permet la dénonciation permanente des turpitudes et de l'incapacité du gouvernement.

La rente pétrolière permet d'acheter les opposants et de calmer les mécontentements quand ils deviennent dangereux (« On ne mène pas un peuple avec de la semoule et de l’huile » proteste un journaliste algérien).

Le pouvoir est entre les mains d'une armée qui tire sa légitimité de la lutte pour l'indépendance qui date maintenant de plus de 50 ans, mais n'est porteuse d'aucune perspective si ce n'est la conservation de biens mal acquis....

Va-t-elle maintenir à la présidence, pour un quatrième mandat, l'ombre figée de Bouteflika, ou les forces occultes de l'armée seront-elles capables de se retrouver sur le nom d'un nouvel « équilibriste » ?

Encore loin du printemps ?

 

En Egypte, le soulèvement populaire et la Révolution de la place Tahrir ont suivi au plus près le «modèle» tunisien et réussi à renverser le général Moubarak (autre membre de l'internationale socialiste !), sans toucher cependant à l'armée. Avec, ici aussi, la victoire électorale des islamistes, une des forces politiques les plus anciennes et les plus réprimées du temps de la dictature militaire. Avec le même penchant à vouloir instaurer un régime islamiste (modéré ?). Mais l'armée, dont la légitimité remonte au renversement de la royauté, au prestige de Nasser, à son rôle (ambigu) contre Israël et l'Occident, a vu le danger pour ses intérêts propres et est intervenue pour appuyer la résistance populaire.

Bien entendu, ce coup d’État a été discrètement condamné et tout aussi discrètement et rapidement amnistié par les démocraties occidentales. Les apparences sont sauves. Les intérêts des uns et de autres aussi. Un projet de Constitution, approuvé le 01/12/13 par la Commission constituante devrait être soumis à référendum, probablement en janvier 2014. Le projet de nouvelle Constitution donne aux militaires des pouvoirs étendus et protège leur vaste empire économique, soumis ni à un contrôle civil, ni à l'impôt.

Le printemps égyptien se contentera-t-il du remplacement d'un général par un autre général ?


 

Pour la première fois, des soulèvements populaires ont réussi à renverser des régimes dictatoriaux dans 3 pays du Maghreb (Tunisie, Libye, Égypte). Mais sans changement réel, pour le moment au niveau économique et social (chômage, coût de la vie), tandis que libertés démocratiques, droits de l'homme, démocratie sont peu à peu remis en question, à la grande désillusion de leurs initiateurs.

Rien n'est encore complètement joué dans les affrontements entre islamistes et démocrates sous l’œil attentif de forces qui pourraient renvoyer les uns et les autres pour instaurer à nouveau des régimes autoritaires donnant satisfaction aux occidentaux. Pour un journaliste algérien, « Aujourd'hui, la dictature chez les peuples d'Allah est vue comme une nécessité, une norme et une fatalité douce et utile. » (Kamel Daoud Le quotidien d'Oran 01/12/13.).
Jusqu'à quand ?

 



Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche