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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 23:18

 

 

 

Les États-Unis et l'Allemagne vont conclure un accord où ils s'engagent mutuellement à ne pas s'espionner. Une délégation de la chancellerie allemande et de hauts responsables américains qui se sont rencontrés en milieu de semaine à la Maison Blanche ont convenu de passer un tel accord . Frankfurter Allegmeine Sonntagszeitung 03/11/13.


"Quand un petit est humilié par un grand, le petit ne devrait pas prier le grand de bien vouloir arrêter de l'humilier. Les terroristes ont un argument de poids contre les États-Unis. L'Iran a un argument de poids, il peut menacer Israël. La Chine a un argument de poids, elle détient des devises. L'Europe pour sa part est gentille et inoffensive ; elle n'ose pas. … Il existe de véritables mesures : la création d'une zone de libre-échange avec la Russie, la Chine ou avec le Mercosur, l'Union douanière sud-américaine, ou encore l'imposition de droits de douane sur les exportations américaines. » Der Spiegel 04/11/13 eurotopics



Le PIB de la Pologne en 2013 sera de 19,7% plus élevé en termes réels par rapport à 2007, l’année qui a précédé le début de la crise financière mondiale. “Du fait que nous ne sommes jamais tombés en récession, nous sommes parmi les premiers au sein de l’UE” alors que pour 15 des 28 pays de l’UE, le PIB sera plus bas en 2013 qu’en 2007. L’Union européenne est en train de sortir de la récession, mais il faudra des années pour “compenser les pertes”. Il est surprenant que Danemark, Finlande et Pays-Bas soient encore dans le rouge, alors que la crise y a eu un impact modéré et que les marchés financiers jugent [leurs économies] crédibles. Dziennik Gazeta Prawna presseurop 04/11/13.


A l'occasion de son congrès annuel, le patronat britannique a vigoureusement plaidé en faveur du maintien du Royaume-Uni dans une Union européenne réformée, soulignant les avantages économiques de l'adhésion alors que le gouvernement a promis un référendum sur la question d'ici 2017 [Le Monde]. Toute l'Europe 04/11/13.


Le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les États-Unis pourrait saper les droits des citoyens européens, notamment la possibilité pour les investisseurs d'attaquer en justice les États : "Cela autoriserait un panel confidentiel d'avocats d'affaires à dominer la volonté parlementaire et à détruire nos protections légales. Les règles destinées à préserver les investisseurs pourraient anéantir les efforts visant à protéger le NHS [le système de santé britannique] des atteintes de l'économie, à réguler les banques, à brider la cupidité des groupes énergétiques, à renationaliser le rail, à renoncer à l'exploitation des carburants fossiles. Ces régulations empêchent de choisir des alternatives démocratiques et criminalisent toute politique de gauche". The guardian eurotopics 04/11/13


A la demande des créanciers internationaux, le gouvernement grec a adopté la mesure controversée qui autorise l'ouverture des magasins le dimanche. To vima on line eurotopics 04/11/13


L’exploitation des travailleurs d’Europe centrale et orientale ne concerne pas que les champs de tulipe : dans les services aussi, on trouve des Tchèques ou des Polonais sous-payés, mal logés et travaillant jusqu'à 20 heures par jour avec des contrats douteux. Trouw Presseurop 05/11/13.

Rem :Lors du référendum de 2005, les partisans du « oui » parlaient des fantasmes du plombier polonais. Aujourd'hui, c'est un cauchemar pour les Hollandais comme pour les Bretons.



Drapeau de la Bosnie-HerzégovineDiminution de la population de la Bosnie-Herzégovine de 13% par rapport à celle d’avant la guerre des années 90. Libération 05/11/13.


Six années de récession ont fait exploser le chômage au niveau record de 27%, mais la croissance doit revenir l’an prochain, puisque Athènes, comme Bruxelles, prévoient une progression de 0,6% de l’activité économique. Libération 05/11/13


L’Allemagne pourrait bientôt faire l’objet d’une enquête spéciale de la Commission européenne en raison du surplus de ses comptes courants. Cet indicateur, qui reflète la balance commerciale d’un pays, ne doit pas dépasser 6% du PIB. Or depuis 2007, les comptes courants de l’Allemagne sont en constant dépassement. la Frankfurter Allgemeine Zeitung remarque de son côté, “les critiques de l’excédent commercial allemand reprochent à l’Allemagne de se procurer des avantages concurrentiel en maintenant des salaires bas, ce qui chasse les entreprises d’autres États des marchés ». Die Welt presseurop 06/11/13.

Les chiffres de l'Union européenne sont clairs : 95% des stocks de poisson de la Méditerranée sont menacés par la surpêche et il ne sera plus possible de les reconstituer si la pêche n’est pas réduite de 45 à 50% dans les cinq prochaines années. La Repubblica presseurop 06/11/13.

SerbieLa Serbie cède à la force d’attraction européenne. Belgrade entame les négociations d’adhésion à l’UE et essaye de tourner la page des années Milosevic, notamment en se rapprochant du Kosovo. Libération 06/11/13.

Consommation d'alcool par personne et par an : Polonais 9,5, Français 10,7 l, Slovaque 10,8 l, Allemand 12 l, Tchèque 12,4 l. Gazeta Wyborcza Courrier international 7-13/11/13.


L'Allemagne est devenue la plaque tournante du trafic des femmes en Europe. Le trafic et la prostitution sont indissociables. 65 à 80%des « travailleuses du sexe » ont afflué de l'étranger sous la contrainte ou pour cause de pauvreté. Emma, Courrier international 7-13/11/13.


C'est la quatrième de l'année. Perturbation des transports publics, fermeture des écoles, liaisons maritimes non assurées, la Grèce est à nouveau paralysée par un mouvement social de 24 heures. Toute l'Europe 06/11/13.


Publié par l'ONG Tax Justice Network, un rapport sur l’opacité financière dans 82 pays montre que les États européens sont loin d’être champions dans la lutte contre les paradis fiscaux. La Grande-Bretagne est particulièrement épinglée, tandis que la France fait son entrée dans le classement à la 43e place [Les Echos]. Toute l'Europe 06/11/13.


Contre toute attente, la BCE a abaissé son principal taux directeur à 0,25 pour cent. Un nouveau plus bas historique. Si les commentateurs estiment que cette mesure sera favorable à la reprise en Europe, ils craignent cependant que la BCE ne soit bientôt à court de munitions. Eurotopics 08/11/13.


UkraineL’Ukraine et l’Union européenne doivent signer le 28 novembre prochain, à l’occasion du sommet du Partenariat oriental à Vilnius, un accord d’association. Le courrier de Russie 08/11/13.


Le Conseil et le PE ont trouvé un accord sur le budget 2014, ouvrant la voie à l'adoption du budget pluriannuel de l'UE 2014-2020. Cela équivaut à une baisse de près de 5% des dépenses par rapport au budget 2013. Tous les services de l’UE, à l’exception de l’administration, devront subir des coupes, notamment les fonds de cohésion, dont les fonds structurels versés aux pays les plus frappés par la crise, qui se verront amputés de presque 7 milliards d’euros. Les Etats membres devront remettre au pot pour permettre au fond de solidarité de débloquer les 400,5 millions de compensation promis aux régions d’Autriche, de République tchèque, d’Allemagne et de Roumanie, touchées par les violentes inondations du printemps dernier. L’accord doit encore être approuvé par le Parlement en plénière qui se tiendra à Strasbourg, les 19 et 20 novembre prochains. Presseurop 12/11/13.


TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

 

Merkel ne sera plus surveillée, accord des États-Unis. Les entreprises et autres chefs de gouvernement ? L'UE quel numéro ? Chacun pour soi. 03/11/13.


Hier, pour les « ouistes », le plombier polonais était un fantasme de « noniste ». Aujourd'hui, c'est un cauchemar, pas seulement pour le Bretons ! 05/11/13.

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 22:14

 

Albert Camus écrit son premier roman, La mort heureuse, entre 1936 et 1938 mais ne le termine pas. Le livre en l'état n'était donc pas destiné à être publié car Camus n'en était pas satisfait. A la lecture, on comprend pourquoi : le lecteur pourra trouver ce livre non abouti avec des maladresses, des répétitions et même des incorrections qui auraient pu être corrigées à la relecture avant publication. Cependant, nombreux seront ceux qui seront enchantés de voir un auteur qui se cherche et qui cherche son langage poétique - une poésie «fauve ? ».

 

Camus a abandonné ce livre pour se mettre au travail sur L’Étranger. Ceux qui lisent La mort heureuse après L’Étranger, retrouvent le nom de quelques personnages (Meursault, dans L’Étranger, s'appelle ici Mersault, Céleste le restaurateur) ou la description de certaines situations : l'observation de la rue depuis le balcon, la course pour monter sur un camion qui passe...

Des passages rappellent la vie de l'auteur : la pauvreté, la tuberculose, la cigarette, le voyage en Europe centrale, la place de la mère... Le lecteur ne s'étonnera pas de l'absence, comme dans d'autres livres de Camus, des Algériens qui n'apparaissent que dans le décor sous forme « d'acrobates arabes », « d'arabes montés sur des ânes » ou de « Mina la Mauresque (qui) n'est pas venue ce matin ayant perdu son père pour la troisième fois dans l'année ». Le petit peuple des livres « littéraires » de Camus est d'origine européenne, française ou espagnole.

 

Le roman commence par le meurtre de Zagreus. On peut penser à un crime crapuleux puisque Mersault y gagne une forte somme d'argent qui lui assure un avenir sans problèmes financiers. Mais il s'agit surtout d'une mort « consentie » par Zagreus - deux fois né - symbole de la mort de la végétation en hiver et de sa renaissance au printemps qui met à la disposition de Mersault le revolver, l'argent, l'alibi et même, à travers des confidences sur son passé, quelques bonnes raisons et incitations.

« À vingt-cinq ans, j'ai commencé ma fortune. Je n'ai pas reculé devant l'escroquerie. Je n'aurais reculé devant rien. En quelques années, j'avais réalisé toute ma fortune liquide... Le monde s'ouvrait à moi... La vie que je rêvais dans la solitude et l'ardeur... La vie que j'aurais eue, Mersault, sans l'accident. » Car un accident a privé Zagreus de ses deux jambes et lui a enlevé tout espoir de réaliser ses rêves.

« Les jours où il sentait trop la tragédie qui l'avait privé de sa vie, il posait devant lui cette lettre, qu'il n'avait pas datée, et qui faisait part de son désir de mourir. Puis il posait l'arme sur la table... Il léchait le canon de l'arme, y introduisait sa langue et râlait enfin d'un bonheur impossible. » « Bien sûr, j'ai raté ma vie. Mais j'avais raison alors : tout pour le bonheur, contre le monde qui nous entoure de sa bêtise et de sa violence... Avoir de l'argent, c'est se libérer de l'argent ».

« Ne prenez au tragique que le bonheur. Pensez-y bien, Mersault, vous avez un cœur pur. Pensez-y... Et vous avez aussi deux jambes, ce qui ne gâte rien. »

Mort consentie que Zagreus reçoit les yeux ouverts avec seulement une larme, sur l'échec de sa vie. Passage de relais ? Marthe avait eu Zagreus comme premier amant, avant Mersault... et tous deux l'appelaient «apparence».

 

Ce meurtre maquillé en suicide donne à Mersault l'argent nécessaire, donc le temps pour avancer vers le bonheur, sérénité suprême à laquelle il parviendra dans sa maison au pied du Chenoua, face à la mer, proche de Tipaza, en harmonie totale avec la nature, les yeux ouverts.

 

Auparavant, Mersault part pour un long voyage, à la recherche d'une difficile solitude. Ce voyage, dans la grisaille de la froide Europe centrale, est aussi un voyage utile pour «blanchir» cette fortune soudaine et ainsi vivre à son retour, sans travailler dans un bureau huit heures par jour. Cette fortune va lui permettre d'acheter du temps - « tout s'achète » – pour arriver au bonheur qui n'était pas permis au petit employé.

Mersault a désormais le temps, la liberté, la possibilité de se départir de ce qu'il est ou a été, de « ces lèvres que j'ai baisées, (de) l'enfant pauvre que j'ai été, (de) la folie de vie et d'ambition qui m'emporte à certains moments ». Il peut creuser sa solitude vers le bonheur dans l'Algérie ensoleillée pleine de senteurs et de couleurs, devant le ciel et la mer. S'arracher à ce qui a été sa vie jusque là. Aux amis du petit employé d'Alger, aux femmes qu'il a « aimées », peut-être encore plus aux femmes qui pourraient l'aimer et l'empêcher d'aller vers le bonheur qu'il a choisi. Lui qui aimait les femmes, les belles femmes, a pris conscience que le vrai bonheur ne pouvait naître que « du patient abandon de lui-même qu'il avait poursuivi et atteint avec l'aide de ce monde chaleureux qui le niait sans colère»

 

Il doit même fuir « La maison devant le monde », « tout entière ouverte sur le paysage, elle était comme une nacelle suspendue dans le ciel éclatant au-dessus de la danse colorée du monde ». Mais où ce monde merveilleux n'est qu'un spectacle partagé avec ses amies, potentiellement dangereuses pour le but qu'il s'est fixé. Il doit aller plus loin, plus seul, pour être non pas devant la beauté de la nature mais pour plonger en elle comme dans la mer. Être absorbé par elle.

 

« Changer la vie, oui, mais non le monde dont je faisais ma divinité. » dit Camus dans la préface de l'Envers et l'endroit. Car, fondamentalement, l'homme, Mersault est libre. Ce que Camus montre par la construction du roman, comme Sartre dans son théâtre où le fait initial trouve son sens dans le dénouement. La Mort heureuse commence par un meurtre dont le sens n’apparaît que secondairement.

 

L'homme est libre quelle que soit sa situation. Et peut accéder au bonheur. Si les riches ont peu à faire pour le trouver : « Il suffit de reprendre le destin de tous... avec la volonté du bonheur ». Les pauvres doivent se libérer de la pauvreté : « Cette malédiction sordide et révoltante selon laquelle les pauvres finissent dans la misère la vie qu'ils ont commencée dans la misère ». Sauf à se révolter.

 

C'est cette liberté, cette possibilité de révolte que nient, inconsciemment, ses amis : « On le jugeait selon ce qu'il avait été. Comme un chien ne change pas de caractère, les hommes sont des chiens pour l'homme.» Et le regard, la contrainte des amantes qu'il refuse : « L'amour qu'on me porte ne m'oblige à rien. »

 

Et l’aventure de Mersault commence quand il décide de sortir de sa condition, employé à l'avenir tout tracé, de se libérer de la pauvreté. C'est possible pour tous car chacun est responsable de ses choix : « On ne naît pas fort, faible ou volontaire. On devient fort, on devient lucide». Formule qui vient de l'antiquité par Érasme mais qui connaîtra une certaine notoriété avec Simone de Beauvoir.

 

Mersault a-t-il été heureux dans sa vie ? Peut-être un bonheur dans la pauvreté partagée avec sa mère : « La pauvreté près de sa mère avait une douceur. Lorsqu'ils se retrouvaient le soir et mangeaient en silence autour de la lampe à pétrole, il y avait un bonheur secret dans cette simplicité et ce retranchement.» Mais « la pauvreté dans la solitude était une affreuse misère
Jusque là, « il avait joué à vouloir être heureux. Jamais il ne l'avait voulu d'une volonté consciente et délibérée. Jamais jusqu'au jour... Et à partir de ce moment, à cause d'un seul geste calculé en toute lucidité, sa vie avait changé, et le bonheur lui semblait possible. Sans doute, il avait enfanté dans les douleurs cet être neuf ».

 

«Vous serez seul un jour» avait dit Zagreus. Seul, même avec celle qu'il a épousée, qu'il n'aime pas et pour laquelle il a de l'amitié comme il a de « l'amitié pour la nuit ». Qu'il regarde « du même regard et avec le même désir » que pour la terre. Tendu vers un bonheur dont il n'est pas certain : « Il faut que je le (heureux) sois. Avec cette nuit, cette mer et cette nuque sous mes doigts. »

 

Dans le roman, il y a deux morts, celle de Zagreus, celle de Mersault, laquelle est heureuse ?


Tous deux étaient pauvres. Tous deux, au même âge, prêts à tout pour échapper à cette pauvreté. Sans problème moral. Sans scrupule. L'un a été escroc. L'autre tue. Sans remord. Ce qui en fait des hommes libres de toute préoccupation matérielle. Disponibles pour la seule chose qui compte à leurs yeux, la recherche du bonheur.
Zagreus reconnaît que sa vie a été un échec. Par ses jambes perdues, malgré l'argent accumulé. Il lui reste un fort attachement à une vie désormais sans espoir de bonheur.
En brisant ce lien à la vie, en consentant à mourir, il donne à Mersault la possibilité de réussir là où lui a échoué. Il a raté sa vie mais d'une certaine façon, par son « sacrifice », il lui redonne un sens et réussit sa mort. Zagreus – deux fois né - renaît dans son frère, son semblable, dans le désir de solitude et de bonheur. Mais pour autant, sa mort est-elle heureuse ?

 

Mersault va cultiver la solitude. Il n'est pas fait pour l'amour. Il refuse l'amour. Les liens qui nuisent à la solitude. Il va les rompre, tour à tour. Tous. Avec Marthe, avec Catherine qu'il pourrait aimer, et les filles de « la maison du bonheur ». Avec ses anciens amis qui l'enferment dans le rôle immuable du petit employé. Il a des liens amicaux avec Bernard, le médecin, mais il le maintient à distance, ne le met pas dans la confidence... Il renonce même « aux belles femmes » qu'il n'estime guère mais auxquelles il est lié par la sensualité. Il se coupe de toute relation humaine. Pour entrer en communion avec la nature, les odeurs, les couleurs, la mer, le soleil.

Par les choix qu'il a faits, a-t-il trouvé le bonheur plus que Zagreus ? Quand il fait le bilan, Mersault pense sa vie, et sa mort, réussies. Parce que de tous les hommes qu'il aurait pu être, il a maintenu jusqu'au bout celui qu'il avait choisi d'être et c'est le visage de Zagreux qui apparaît, « dans sa fraternité sanglante. Celui qui avait donné la mort allait mourir. Et comme alors pour Zagreus, le regard lucide qu'il tenait sur sa vie était celui d'un homme. Jusqu'ici il avait vécu. Maintenant on pourrait parler de sa vie. De tous les hommes qu'il avait portés en lui comme chacun au commencement de cette vie, de ces êtres divers qui mêlaient leurs racines sans se confondre, il savait maintenant lequel il avait été : et ce choix que dans l'homme crée le destin il l'avait fait dans la conscience et le courage. Là était tout son bonheur de vivre et de mourir ». « Et dans l'immobilité même de Zagreus en face de la mort, il retrouvait l'image secrète et dure de sa propre vie... avec elle cette certitude exaltante qu'il avait de maintenir sa conscience jusqu'au bout et de mourir les yeux ouverts ».

 

* Publié en 1971

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 20:28

 

POUR LA PREMIÈRE FOIS, DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES ?

 

 

Des élections européennes pour la première fois en 2014, grâce aux « populistes » et autres « européosceptiques » ? C'est ce que pense Enrico Letta, Premier ministre italien, dans un entretien à la presse européenne (Le Monde 02/11/13).

En effet, depuis quelque temps, nombreux sont ceux qui s'inquiètent du résultat des prochaines élections européennes qui pourraient donner « le Parlement le plus eurosceptique ou antieuropéen de l'histoire des institutions européennes ». Pour E.Letta, cela va obliger à faire enfin une campagne européenne ! Et pour lui, « d'une façon paradoxale, c'est une victoire de l'Europe ».

« Cela ne veut pas dire plus d'Europe (prudence) mais une Europe dotée de règles enfin efficaces (aveu ?). C'est le seul moyen de gagner ». L'Europe, ce n'est pas seulement la finance et les services, « l'Europe doit avoir une politique industrielle » (E.Letta).

 

Mais le Premier ministre italien s'arrête en chemin. Ce qui l'inquiète, c'est la présence nombreuse d'eurosceptiques et de populistes au Parlement européen (PE). Il oublie que populistes ou non, les parlementaires européens ne représentent qu'une minorité des citoyens de l'Union européenne (UE). La majorité n'a pas participé aux dernières élections de 2009 ! En sera-t-il de même en 2014 ?

Pire, il se dit favorable à une politique industrielle européenne et ne souffle pas un mot de la nécessaire Europe sociale promise, sans grand effet, depuis fort longtemps. Les voix populistes semblent plus inquiétantes que les voix de la misère.

 

En 1970, Kissinger aurait posé la question « l'Europe, quel numéro de téléphone ? » Il faut croire que peu de progrès ont été faits depuis, puisque E.Letta pense qu'à la question « Qui dirige l'Europe ? » personne n'est capable de répondre précisément.

C'est probablement pour apporter une réponse plus claire à cette question que le président du Parlement, Martin Schulz, a commencé sa campagne électorale en revendiquant le poste de président de la Commission européenne (CE) pour le candidat du parti vainqueur lors des prochaines élections. Membre du SPD allemand, il espère avoir ce poste,en cas de victoire de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au PE. Ce qui est, bien sûr, loin d'être acquis. Pour El País, cette candidature «marque le début d’une rénovation des institutions ».
Car la course est lancée. Les Verts/Alliance libre européenne doivent désigner leur candidat à ce poste, José Bové pourrait se présenter en binôme avec une Allemande des Grünen. Le Groupe Alliance des démocrates et des libéraux hésiterait entre Olli Rehn et Guy Verhofstdt. Pour la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, il est question du Grec, Alexis Tsipras. Et pour le Parti populaire européen (PPE), il est question de Michel Barnier et peut-être aussi de Viviane Reding.

 

Pour le PPE, les choses sont plus compliquées, parce que tout le monde n'approuve pas cette évolution institutionnelle qui n'est d'ailleurs pas totalement conforme aux traités. Certes le PE doit élire le président de la CE, en tenant compte des résultats des élections européennes, mais c'est le Conseil européen (chefs d’État et de gouvernement) qui propose des candidats. Le PPE hésite et ne se décidera que plus tard.

Il s'agit donc de savoir si le PE sera capable de forcer la main aux chefs d’État et de gouvernement, ce qui serait un petit coup d'état vers plus de démocratie. Qui ne leur plaira pas car ils ont le pouvoir actuellement. Et Angela Merkel serait plus favorable à Martin Schulz, un Allemand, fût-il membre du SPD qu'à d'autres, fussent-ils du PPE...

 

Il ne fait pas de doute que la bataille sera rude. Mais il serait positif qu'elle se déroulât sur la place publique au moment des élections. Il serait tout aussi positif que les partis fassent une campagne sur « quelle politique pour l'Union européenne » et pas seulement au niveau institutionnel. Car si, de Kissinger à Letta, on se demande qui commande en Europe, on connaît bien au profit de qui. Mais comme dirait Rudyard Kipling, ceci est une autre histoire. Il faut espérer qu'elle soit abordée pendant la campagne.

 

NB :; Lors de son prochain voyage en Allemagne, E.Letta se propose de rappeler, fort opportunément « aux Allemands qu'ils ne sont pas les seuls à participer au sauvetage de l'euro... L'Italie participe au fonds de sauvetage à hauteur de 18% soit 50 milliards d'euros, l'Allemagne pour 27% et la France 20%... »

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 09:08

 

22% des Européens n'avaient jamais utilisé Internet en 2012. Un chiffre étonnant pour des millions de citoyens connectés mais surtout révélateur d'une réalité : l'Europe peine encore à entrer dans l'ère du numérique. Un défi pour les institutions européennes, qui ont décidé, sous l'impulsion de la CE, de mettre en œuvre une grande stratégie numérique européenne. Toute l'Europe 15/10/13


20 pays européens sur 39 ont mis en place un système de bourses au mérite mais les bourses sur critères sociaux restent les plus répandues. Pays attribuant les bourses sur critères sociaux les plus généreuses : Danemark, Irlande, Espagne, Italie, Autriche, Portugal, Finlande, Pays de Galles, Royaume-Uni et Suisse. Enfin, en Allemagne, en Norvège et au Liechtenstein, il existe un système de prêts et de bourses combinés, où une partie de la somme attribuée doit être remboursée ultérieurement. N’appliquent aucun frais de scolarité dans l’enseignement supérieur : Danemark, Finlande, Suède et Norvège. Les frais de scolarité peuvent atteindre, en premier cycle, plus de 5 000 euros par an : Estonie, Irlande, Lituanie, Hongrie, Slovénie, Royaume-Uni et Turquie. Le Figaro 23/10/13.

 

Le ministre grec de finances a affirmé que la Grèce refuserait un nouveau plan de soutien s'il est accompagné de nouvelles mesures d'austérité. L'endettement public grec, malgré les aides, continue d'augmenter : 157% du PIB. Le Monde 22/10/13.


La CE n'intervient pas lorsque le chômage dépasse un certain plafond mais uniquement en cas de déficit budgétaire voire, dans le cas du pacte de compétitivité, d'âge trop bas de départ à la retraite. Ces deux aspects sont justifiés, mais il existe d'autres problèmes. L'Europe doit devenir une union sociale compétitive, tout autre chose serait se leurrer.Wiener Zeirung eurotopics 24/10/13.


Selon l'agence européenne pour l'environnement, aucun pays de l'UE n'atteindra les objectifs fixés pour 2020 en matière d'énergie verte et d'émissions de CO2. Alors que certains estiment que la barre avait été placée trop haut, d'autre affirment que des progrès même limités constituent déjà un pas en avant. Il Sole 24 Ore Europolitics 24/10/13.


D'après les statistiques de la Banque d'Espagne, l'Espagne est sortie techniquement de la récession, le PIB ayant enregistré une augmentation de 0,1% au troisième trimestre 2013. La Vanguardia Europolitics 24/10/13.


Pour boucher ses trous, l'Etat espagnol, dont le déficit a atteint 70 milliards d'euros en 2012, brade immeubles, propriétés et autres forêts domaniales. Soit quelque 15 000 biens représentant le quart des possessions nationales. Le malheur des uns fait le patrimoine des autres. Lettre Alter éco 24/10/13.


Le champion de la parité (hommes-femmes) reste, comme les 5 années précédentes, l’Islande, toujours en tête devant la Finlande, la Norvège et la Suède. 
La situation en France estt loin d’être aussi brillante. La France, dans les premières places en matière d'accès à l'éducation et à la santé, chute dans le classement général à la 45e place..., en raison de ses mauvais résultats concernant l'égalité professionnelle et économique. Pire, la France rejoint la queue de peloton pour l’égalité salariale (129e rang sur 136 pays), juste avant la Mauritanie. Le Figaro.fr 25/10/13.


Angela Merkel a adressé une fin de non-recevoir aux partisans d’un rôle accru du PE dans le processus de nomination du prochain président de la CE. Elle a déclaré qu’elle ne voyait “aucune automaticité entre ceux qui seront les têtes de liste [aux élections de mai prochain,] ” et ceux qui occuperont les principaux postes de l’UE après 2014.
​“Le traité dit que [le résultat] doit être pris en compte. Et que le président de la CE sera approuvé par le PE, sur proposition [des dirigeants des Vingt-Huit] ”, a-t-elle ajouté. Sur un plan purement juridique, ses propos sont corrects.
Certains responsables politiques caressaient toutefois l’espoir que le prochain chef de l’exécutif européen serait issu du parti vainqueur du scrutin.
L’objectif de cette innovation est une personnalisation accrue de la campagne grâce à des figures bien identifiées pour chaque famille politique du PE afin de montrer aux citoyens que leur vote est pris en compte.
Mme Merkel est la première à dire ce qu’elle pense clairement. Mais, depuis plusieurs semaines, les grandes capitales, dont Paris, font comprendre qu’elles n'envisagent pas de se voir imposer des candidats qui ne seraient pas à leur goût . Contexte 28/10/13.

 

Le nombre de travailleurs portugais qui quittent le pays a atteint un nouveau record l’année dernière, avec le départ de 121 418 personnes – à comparer avec le dernier record enregistré en 1966 avec 120 000 départs (Institut national des statistiques). Ils partent, principalement en France, au Luxembourg, en Suisse, au Royaume-Uni et en Angola. L’exode de 1966 concernait majoritairement des ouvriers sans éducation supérieure. Les émigrants d’aujourd’hui sont de jeunes diplômés de l’éducation supérieure qui partent dans d’autres pays européens après avoir été formés aux frais du Portugal. Presseurop Diario de Noticias 30/10/13

 

L’écotaxe existe depuis 2005 en Allemagne, sans poser aucun problème ni aux entreprises, ni aux transporteurs… De 0,14 euros à 0,28 euros par kilomètre, la « LKW Maut » n’a pas asphyxié le transport routier, bien au contraire. L’autoroute A5 qui traverse le Baden-Würtemberg est élargie à deux fois trois voies, grâce aux recettes de cette écotaxe. Environ la moitié de cet argent est réinvesti dans les infrastructures routières. Un afflux de capitaux qui a notamment permis dans le land voisin du Bade-Wurtemberg d’élargir l’A5 de 4 à 6 voies, un chantier colossal mené depuis trois ans par Vinci… L’autre moitié du produit des redevances est investi dans le développement des infrastructures ferroviaires (35%) et dans le transport fluvial (15%). Pour les écologistes, cette taxe au kilomètre a tout bon, puisqu’elle pénalise le transport routier et favorise en retour les transports doux. Rue 89 31/10/13

 

L'endettement de la zone euro continue de se creuser. Et si ce n'était bientôt plus tenable ? L'endettement de la zone euro passe de 67,3% du PIB en janvier 2008 à 93,4% en juin 2013: Pour Chypre de 71,5% au 4ème trimestre 2011 à 98,3% au deuxième trimestre 2013, Portugal de 108,2 à 131,3 et Grèce de 170,3 à 169,1. Le Monde Sélection hebdomadaire 02/11/13.

 

 

La France est, avec l'Espagne, un des pays d'Europe où la pauvreté et les inégalités ont le plus progressé depuis cinq ans. Alors qu'au Royaume-Uni, par exemple, la pauvreté et les inégalités ont sensiblement reculé. Lettre Alter éco 31/10/13.


La France est derrière l'Espagne, un des pays où le taux de pauvreté a le plus augmenté entre 2008 et 2011, quasiment 3 fois plus que la moyenne de l'UE. Ce taux a sensiblement baissé dans des pays pourtant plus gravement touchés par la crise, comme l'Irlande, le RU, et le Portugal.

Il en va de même pour les inégalités : en moyenne, elles ne se sont pas accrues dans l'UE entre 2008 et 2011. Elles ont diminué un peu en Allemagne, au RU, en Belgique, aux PB. Elles ont augmenté davantage en France qu'en Grèce.

La forte hausse de la pauvreté et des inégalités depuis 2008 ne résulte pas tant de la crise que de l'amplification de ses effets par des politiques qui visaient alors à rendre le système fiscal moins redistributif et à faire la chasse à l'assistanat. Alter éco novembre 2013.


 

Les migrants érythréens, morts en essayant d'atteindre Lampedusa recevront la nationalité italienne a titre posthume. Cette mesure ne s'applique pas aux  255 survivants. Menacés d'expulsion, ils risquent une amende de 5 000 euros… Alter éco novembre 2013.

 

 

La forteresse européenne : en 2012, 473 centres de rétention en Europe et dans les pays méditerranéens, soit 150 de plus qu'en 2000. 570 600 étrangers passés par des centres de rétention dans l'UE. 252 785 personnes expulsées. Alter éco novembre 2013.


Chômage :  Les Pays-Bas et l’Allemagne affichent de loin les meilleurs résultats pour l’Europe, respectivement 5,3 % et 5,5 % de chômeurs selon l’OCDE (données 2012). A l’opposé, l’Espagne avec un taux de 25,1 % figure parmi les mauvais élèves, suivie de la Grèce (24,3 %), du Portugal (15,9 %) et de l’Irlande (14,7 %). La France se classe en-dessous de la moyenne de la zone euro (11,4 %) avec un taux de 10,3 %, mais fait moins bien que la plupart des pays européens comparables comme le Royaume-Uni (7,9 %), hormis l’Espagne et l’Italie (10,7 %). Observatoire des inégalités novembre 2013

 

 

Censée rapporter un milliard d’euros par an, l’écotaxe a été ajournée. Cette taxe vise à inciter les entreprises à choisir des modes de transport moins polluants. Votée au niveau européen, la directive européenne, Eurovignette, permet de faire payer aux utilisateurs les coûts induits de pollution, embouteillages et entretien des infrastructures. Ce texte, voté par le PE et le Conseil, doit être retranscrit dans les lois nationales. Une démarche qui a déjà été accomplie dans 6 pays européens : l’Autriche où la taxation des camions de plus de 3,5 tonnes est effective depuis 2004, l'Allemagne, 2005, pour les véhicules de plus de 12 tonnes qui circulent sur les autoroutes, la Slovaquie en 2010, la Pologne en 2011, la République tchèque 2012, le Portugal en 2013.
En Belgique, le gouvernement a décalé de 2013 à 2016 la mise en place du dispositif. Espagne et Italie se sont prononcées contre son application à l'ensemble de leur territoire. Pays. Benelux, Danemark, Suède utilisent l'eurovignette, droit d'usage journalier, hebdomadaire ou annuel du réseau routier national.
Entre réticences et particularismes donc, le chemin de l'alignement communautaire est encore long. Toute l'Europe 31/10/13.

 



TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

 

Dépités de ne pas avoir été « écoutés «  par la NSA, un certain nombre de chefs d’État s’apprêtent à interpeller les États-Unis à l'ONU. 24/10/13.





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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 16:33

 

 

 

Marine Le Pen a (presque) réussi son coup. Le jour de la libération des 4 otages français, il a été plus question de ses déclarations à leur propos que de leur libération ! Que de la joie de leur retour pour eux-mêmes et leur famille. Que de l'unanimisme qui prévaut, habituellement, dans ces situations. Elle a même fait oublier la question rançon ou pas rançon qui pouvait être embarrassante pour le gouvernement.

Mais pourquoi presque ? Parce que Madame Le Pen a fait des déclarations dans la droite logique de Jean-Marie Le Pen ce qui lui a valu un recadrage rapide par Marine LP.

 

Jean-Marie Le Pen se posait aussi « un certain nombre de questions » sur l'existence des chambres à gaz, sur le nombre de victimes juives durant la seconde guerre mondiale... Contestant le nombre et le fait spécifique, qu'ils avaient été tués parce que juifs. Et rien d'autre. Clin d’œil à tous les négationnistes, à tous les antisémites, à tous les collaborateurs...


Marine Le Pen s'étonne beaucoup :
« Ces images me laissent dubitatives. J'ai trouvé ces images étonnantes, cette extrême réserve étonnante, leur habillement étonnant... une barbe taillée de manière étonnante... » Ainsi donc, des otages revenant de trois ans de captivité, dans le désert, devraient répondre immédiatement aux questions que se pose Marine Le Pen. Pas une parole de compassion. Ces « revenants » sont sommés de s'expliquer, non sur leur survie, sur ce qu'ils viennent de vivre, sur leur souffrance non, ils doivent répondre aux questions qu'elle se pose. Sur leurs vêtement, sur leur barbe...

Et le journaliste compréhensif, essaie de traduire la pensée de Marine Le Pen. « Pense-t-elle qu'ils ont été islamisés pendant la détention ? » Et les voilà transformés de victime en suspects. Séance tenante. Doit-on les soumettre à la question ? Avant qu'ils aient eu le temps de respirer ?

 

Seraient-ils victimes du syndrome de Stockholm, comme d'autres otages ont pu l'être, que la question ne serait pas plus d'actualité. Pour le moment, la question est de permettre à ces hommes de revenir à une vie normale si c'est possible. De se reconstruire. Quelles que soient les conséquences de cette longue captivité.
Mais Marine Le Pen a cédé à sa passion anti-musulmane au moment où seule la compassion avait sa place. Sa nature profonde a resurgi.

 

Ce que le père qui ne voulait pas le pouvoir pouvait dire pour mobiliser les extrêmes derrière lui, Marine Le Pen qui croit arriver un jour au pouvoir ne peut le faire. La situation, par sa volonté a changé. C'est le sens de la dédiabolisation qu'elle a entreprise.

 

Ce que Marine Le Pen, ses partisans peuvent penser ou dire en privé, ils ne peuvent le dire en public. C'est pourquoi elle se désolidarise de ses partisans quand ils prennent des positions trop évidemment racistes, contre les arabes, les musulmans ou les juifs. C'est pourquoi Marine a dû désavouer les propos indécents de Madame.Le Pen. Ces propos contre des otages français que les Français ne pouvaient entendre à ce moment là.

Jean-François Copé qui lui court après a bien compris cela. Bonne occasion pour lui de .se démarquer. C'était le pont trop loin à ne pas franchir.

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 23:53

 

Droit du sol, droit du sang :

Quand c'est fini... ça recommence …

 

Périodiquement, la droite attaque le droit du sol. Aujourd'hui, fascinée par le FN , minée par ses divisions, elle remet le couvert avec un point d'accroche peut-être productif mais fantasmatique et totalement absurde. C'est ainsi que Jean-François Copé pose la question sur France Inter  : « Est-il normal qu’un enfant qui naît en France, de parents venus en France irrégulièrement, qui sont donc des clandestins, puisse devenir automatiquement français ? La réponse est non. »


Bien sûr. Mais comment des enfants nés de parents en situation illégale pourraient-ils bénéficier du droit du sol ?


Il existe deux façons de bénéficier du droit du sol en France. D'une part, par la double naissance sur le territoire : sont français à la naissance les enfants nés en France de parents nés en France (art.19-3 du Code civil), ce qui n'est pas le cas d'un étranger entré clandestinement. D'autre part, par la simple naissance sur le territoire : quand les parents sont nés à l’étranger, leurs enfants nés en France deviennent français à leur majorité. Avec la possibilité, pour les parents de demander la nationalité pour leur enfant, avec son consentement, à partir de l'âge de 13 ans, s'il a alors son domicile en France et y a vécu pendant les 5 années qui précèdent ; à partir de l'âge de 16 ans, le jeune lui-même peut la demander, seul, s'il habite en France au moment de la demande et y a résidé pendant 5 ans depuis l'âge de 11 ans (art.21-11).

Dans le cas le plus favorable, la simple naissance, cela suppose que les parents sont sans papiers après 13 ans de présence en France, ou 16 ans, ou 18 ans, ce qui est peu vraisemblable et parfaitement vérifiable par l'administration au moment de l'acquisition de la nationalité.


Il n'est donc nul besoin de changer la loi pour aboutir au résultat officiellement recherché, empêcher les enfants de personnes en situation illégale d’obtenir la nationalité française.

 

Mais est-ce le but réellement recherché ? Par de probables calculs politiciens n'est-ce pas plutôt après avoir fait naître un soupçon imaginaire de fraude, en réalité impossible, de disqualifier le droit du sol tel qu'il existe pour l'ensemble des bénéficiaires potentiels ?

Qui a intérêt à maintenir à l'extérieur de la communauté nationale des jeunes qui sont nés en France ? Qui ont été scolarisés, socialisés en France ? Qui peut le justifier ? Sauf à vouloir mettre un obstacle supplémentaire à l'intégration d'une partie de la population vivant en France et par là ostraciser une partie de la population française de même origine ?


Tout ceci prouve bien que Jean-François Copé ne connaît pas la loi – étonnant – ou que, la connaissant, il invente des situations impossibles pour provoquer – comme avec le pain au chocolat – des affrontements dont il espère recueillir quelques bénéfices personnels au détriment du vivre ensemble, de la paix sociale et même de l'unité de son camp. Et finalement de l'intérêt national.


C'est peut-être ce qu'ont compris les 73% des Français qui ont une mauvaise opinion de Jean-François Copé, selon le sondage du « Parisien-Aujourd'hui en France» .

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 23:24

 

La NSA s'occupe de tout

 

Pour avoir révélé – que les services d'espionnage espionnent – ce que tout le monde savait sauf les citoyens toujours trop confiants, un idéaliste étasunien s'est mis dans une situation impossible. Par la même occasion, il a obligé José Manuel Barroso, le président de la CE à risquer les prochaines fonctions espérées à l'ONU en comparant la NSA à la police politique d'un pays totalitaire : « Nous savons ce qui arrive quand l’État utilise ses pouvoirs pour s'introduire dans la vie des gens ».Alors qu'il a besoin de l'appui des États-Unis.

 

Certes, il y a de quoi être indigné de savoir que le portable d'Angela Merkel était sur écoute ou que 70 millions de données téléphoniques de Français sont enregistrées par mois... Nous ne pouvons que remercier Angela Merkel et François Hollande de bouder pendant quelque temps les négociations euro-atlantiques. Mais cela ne devrait pas gêner beaucoup les États-Unis qui, bien entendu, n'enregistraient pas les conversations entre les différents partenaires européens, tout occupés qu'ils étaient par l'écoute des Français...

 

Si l'épisode Merkel est le plus spectaculaire, ce n'est probablement pas le plus important : « Les morceaux de choix restent toutefois les entreprises stratégiques liées en particulier à la Défense, au spatial, à l'aéronautique mais aussi à la pharmacie et au pétrole... NSA... facilitées par l'aide active des sociétés US telles que Facebook et Microsoft. Il y a 15 ans déjà, la Compagnie Raytheon spécialisée dans les systèmes électroniques, avait ainsi raflé le marché de l'équipement en réseau du bassin amazonien à la surprise générale alors que le Français Thompson était favori... Les US avaient branché leur système d'écoute « Echelon » pour piéger les conversations entre négociateurs du Brésil et la maison mère à Paris (Le Figaro 22/10/13). A la même époque, Echelon a été mis en cause dans d'autres affaires : Airbus-Mc Donnel Douglas, vente d'avions à l'Arabie saoudite, interception de courriels européens dans les accord du GATT... Echelon était un réseau international auquel collaboraient les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, et la Nouvelle Zélande. La plus grosse base extérieure aux États-Unis était au Royaume-Uni où travaillaient 2 000 personnes, dont 1 500 Étasuniens (Wikipedia).

 

Dans le nouvel épisode, il faut ajouter la collaboration public-privé : la complicité des grandes entreprises étasuniennes (Google, Facebook, Amazon, Apple, Twitter,etc) qui, par ailleurs, exploitent leurs données sans aucun contrôle possible des internautes (Libération 25/10/13) et paient le moins d'impôt possible en France et dans d'autres pays où leurs activités sont importantes en jouant de l'optimisation fiscale internationale : « Les stratégies fiscales de ces entreprises , les GAFA, (Google, Apple, Facebook, Amazon) sont sans doute les plus abouties, combinant différents outils pour permettre de loger dans des paradis fiscaux des bénéfices résultant de l’exploitation de données collectées dans le reste du monde (hors États-Unis) ». (Assemblée nationale 1243 Rapport d'information sur l'optimisation fiscale des entre prises dans un contexte international.

 

Il reste à attendre, après les mouvements de menton, les réactions des États européens (Allemagne en particulier) et de l'Union européenne. Et celles des internautes ?

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 23:35

 

 

Revue de presse n°118 (Europe)

 

Le taux de pauvreté en Espagne serait de plus de 21%, et plus d’un quart de la population active est au chômage. Dans son rapport, l’association caritative souligne que 20% de la population ibérique la plus riche concentre sept fois et demie plus de richesse que les 20% les plus pauvres. Euronews 11/10/13

 

Cette semaine, l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste a été confirmée en France et le Parlement européen a exigé que des études d’impact environnemental précèdent tout forage. Des obstacles de plus pour une ressource qui n’est peut-être pas la solution aux problèmes énergétiques de l’Europe. Les Echos presseurope 11/10/13

 

Le col entre l’Autriche et l’Italie est un des points de fracture de la politique d’immigration de l’UE : d’un côté, la police autrichienne tente par tous les moyens de bloquer les migrants qui vont vers le Nord ; de l’autre, les agents italiens ferment volontiers les yeux. L'Expresso presseurop 11/10/13

 

Le 10 octobre, le gouvernement britannique a dévoilé un ensemble de nouvelles mesures pour combattre l’immigration illégale, qui permet notamment aux banques, aux propriétaires et aux autorités qui délivrent les permis de conduire de vérifier le statut des migrants suspects. The Times presseurop 11/10/13.

 

Depuis le mois d’avril, 7 764 personnes — des Russes, des Afghans et des Syriens pour l’essentiel — ont déposé une demande d’asile en Autriche. Ces derniers mois, le flux migratoire a atteint son niveau record depuis la guerre du Kosovo, en 1999. Die Presse europress 11/10/13.

 

Deux cent cinquante passagers seraient tombés à la mer au large de Malte et de la Sicile. Selon le premier ministre maltais, il y aurait au moins vingt-sept morts. Le Monde 12/10/13

 

"L’UE est en train de mettre en place une équipe de personnes dotées d’une importante escorte pour aider la Libye à arrêter les migrants non désirés et à collecter du renseignement".
Le service de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’UE a souligné que cette opération (Eubam Libye) pour un montant de près de 30 millions d’euros par an n’implique pas de fonctionnaires européens. Cette large équipe de sécurité privée... EUobserver presseurop 14/10/13.

 

Environ 880 000 personnes vivent dans des conditions considérées comme de l’esclavage dans l’Union européenne, selon des chiffres récents de la commission Criminalité organisée, corruption et blanchient de capitaux (CRIM) du Parlement européen. Il s’agit notamment "d’enfants forcés à mendier, d’hommes qui travaillent comme des forçats pour un salaire de misère et de femmes obligées de se prostituer". De Morgen presseurop 14/10/13.

 

Les désaccords entre la CE et le FMI sur la manière d’en finir avec la crise de la dette en Europe ne cessent de s’amplifier. Au point qu’à Bruxelles, on commence à envisager doucement son démantèlement.
Alors que le FMI et la BCE tentent de sauver la face devant le fiasco annoncé, il ne reste plus que la CE, stoïque dans la tempête, à assumer le bilan – calamiteux – de trois années de Troïka. À l'approche des élections européennes, Barroso, si prompt à s'inquiéter de la montée des “populismes” sur le continent, s'est-il rendu compte de l'opération ? 16/10/13 Mediapart presseurop

 

La directive sur le détachement permet à un prestataire de service – au hasard polonais - d'envoyer des salariés travailler dans un autre pays de l'UE - par exemple la France. Le travailleur est assuré de percevoir le salaire minimum français. En revanche, les charges sociales sont celles de la Pologne. De quoi réduire le coût du travail de 30 %. Le système est encore plus "pousse-au-crime en Allemagne", où il n'existe pas de salaire minimal national. "Résultat, (…) dans les usines agroalimentaires allemandes, on trouve des travailleurs détachés des pays de l'Est payés entre 3 et 7 euros de l'heure"...
En Europe ils seraient un million à être "détachés". Proportionnellement, la Pologne, l'Allemagne, la France, le Luxembourg et le Portugal sont les États européens qui comptent le plus de travailleurs de ce type... Toute l'Europe 17/10/13.

 

Le plan que l’Espagne a présenté à la CE prévoit des coupes pour un montant de 17,5 milliards d'euros en 2014 et 2015. Ces “deux années de plus de dures coupes” budgétaires seront réparties entre les municipalités et les régions et seront effectuées “en pleine période électorale” avant des scrutins régionaux et locaux. Il s’agit d’augmentations d'impôts, des ventes d'actifs et la suppression de certains services publics. Alors que le plan prévoit un déficit de 5,8% du PIB en 2014 et 4,2% en 2015, il envisage de meilleures perspectives de croissance pour les deux années à venir, avec un PIB en hausse de 1,2 et 1,7% respectivement. presseurop El Païs 18/10/13.

 

M. Jadot s'inquiète du paragraphe 23 du mandat de négociations qui vise à renforcer les droits des investisseurs au détriment des collectivités et des États. Cet article permettrait à des industriels de "contester, et potentiellement obtenir, des dommages et intérêts considérables si des États ou des collectivités décident de nouveaux droits ou normes qui impactent leurs perspectives de profit".
"Toute multinationale pourrait faire appel à un 'tribunal arbitral privé' pour
poursuivre un État dès lors qu'elle contesterait certaines politiques nationales, en matière de droit social ou environnemental ou encore de la politique de santé", a estimé l'eurodéputé Patrick Le Hyaric. "C'est un véritable missile contre les peuples, les travailleurs et les Etats", . Le monde 18/10/13.

 

Le déficit public de l'UE était en 2012 de 3,9% du PIB (3,7% pour la zone euro) et la dette publique de l'UE de 85,1% du PIB (90,2% pour la zone euro).
En 2012, les déficits publics les plus faibles, par rapport au PIB, ont été enregistrés en Estonie et en Suède (-0,2% chacun), au Luxembourg (-0,6%) et en Bulgarie (-0,8%) tandis que l’Allemagne (+0,1%) affichait un excédent public.
Dix-sept États membres ont enregistré un déficit supérieur à 3% du PIB. L'Espagne (10,6%), la Grèce (9 %) et l'Irlande (8,2%) enregistrent les chiffres les plus inquiétants.
Quinze États membres ont enregistré une amélioration de leur solde public, par rapport au PIB, douze une détérioration et un est resté stable. Toute l'Europe 21/10/13.



Alors que l’Allemagne et la France cherchent à réduire leur dépendance à l’énergie nucléaire, le Royaume-Uni a décidé de relancer la construction de deux réacteurs pour la première fois depuis 20 ans. Un choix risqué, dont la pertinence économique peut se comprendre, estime la presse européenne. Presseurop 22/10/13.

 

Les ministres de l'UE chargés des Affaires européennes ont validé mardi la création d'un nouveau système de surveillance des frontières de l'Union. Baptisé Eurosur, ce dispostif a pour objectif de renforcer les contrôles aux frontières extérieures, terrestres et maritimes, de l'espace Schengen, et ainsi de réduire le nombre de migrants illégaux. Une réponse au drame de Lampedusa. JDD 22/10/13.

 

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

 

Roms, intégrez-vos par l'école, comme Leonarda. La police vous y attend. 18/10/13.

Valls expulse la famille. Hollande choisit la fille sans la famille. H.Désir la famille sans le père. La famille PS se décompose. Pathétique ! 20/10/13



 

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:56

 

A propos de...

... Lettres à un ami allemand d'Albert Camus

 

 

Dans la préface à la publication en italien des «Lettres à un ami allemand», 1948, Albert Camus éprouve la nécessité d'expliquer le sens de ces lettres et plus particulièrement de certains mots.

On peut souscrire sans peine que ces lettres constituent «un document de la lutte contre la violence»,dans la droite ligne de sa pensée et qu'il s'agit d'«écrits de circonstances».

Mais Albert Camus est moins convaincant quand il affirme : «Lorsque l'auteur de ces lettres dit « vous », il ne veut pas dire « vous autres Allemands », mais « vous autres nazis ». Quand il dit « nous », cela ne signifie pas toujours « nous autres Français » mais « nous autres, Européens libres ».

 

Ces quatre lettres sont datées de juillet 1943, décembre 1943, avril 1944 et juillet 1944, c'est à dire après la bataille de Stalingrad (17 juillet 1942 - 2 février 1943) et avant le débarquement en Normandie (pour les trois premières), et la Libération de Paris. Au moment où les choses basculent, difficilement.

Elles témoignent de l'engagement et de la foi d'Albert Camus dans la victoire et du besoin d'expliquer son engagement dans la guerre en fonction de ses idées politiques et philosophiques.

 

Ces Lettres sont adressées à «un ami allemand» : non à un ami nazi, ni même à un ami allemand devenu nazi. D'ailleurs, en dehors de la préface de 1948, le mot nazi n'apparaît pas une seule fois dans le texte.

 

Dans ces lettres qui font allusion à d'anciennes conversations, qui ont eu lieu 5 ans auparavant donc en 1938, Camus se souvient de l'amour proclamé de son ami pour l'Allemagne et du reproche qu'il lui portait de ne point aimer le sien, la France. Camus se défend, avec force, d'une telle absence de sentiment et cela le conduit à une comparaison-opposition permanente entre sa vision de l'Allemagne et des Allemands (non des nazis) et sa vision de la France et des Français (non de l'Europe et des Européens). De façon une peu caricaturale, Allemands et Français comme peuples homogènes. Au point qu'on finirait pas croire que tous les Français partagent la philosophie de Camus.

 

Selon Camus, les deux amis partent d'une même constatation mais en tirent des choix politiques totalement opposés : «Ce monde n'a pas de sens supérieur... De la même solitude, d'un même principe nous avons tiré des morales différentes...»

 

L'ami allemand tirait de cette absence de sens que «tout était équivalent, le bien, le mal... En l'absence de morale humaine ou divine, seules valeurs celles qui régissent le monde animal, violence, ruse... Las de lutter contre le ciel, vous avez choisi l'injustice, avec les dieux... Ajouter de l'injustice à l'injustice». Et comme« La grandeur de mon pays n'a pas de prix... Vous en avez conclu que l'homme n'était rien et qu'on pouvait tuer son âme, que dans la plus insensée des histoires la tâche d'un individu ne pouvait être que l'aventure de la puissance, et sa morale, le réalisme des conquêtes».

 

«Et à la vérité, moi qui croyais penser comme vous, je ne voyais guère d'argument à vous opposer, sinon un goût violent de la justice... la justice pour rester fidèle à la terre... Retrouver leur solidarité pour entrer en lutte contre leur destin révoltant... Vous acceptiez de désespérer et... je n'y ai jamais consenti... Si le monde n'a pas de sens, quelque chose en lui a du sens : l'homme, seul être à exiger d'en avoir... L' homme devait affirmer la justice pour lutter contre l'injustice éternelle, créer du bonheur pour protester contre l'univers du malheur... contre le destin qui nous est imposé».

 

Mais le choix de l'ami allemand entraine Camus, pour s'y opposer, à le « suivre dans la guerre, sans oublier le bonheur, le souvenir d'une mer heureuse, d'une colline jamais oubliée, le sourire d'un cher visage».

Pour« ne rien refuser du drame qui est le nôtre, mais en même temps sauver l'idée de l'homme au bout de ce désastre de l'intelligence.... L'homme est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux... Pour avoir dédaigné cette fidélité à l'homme, vous, par milliers, allez mourir solitaires... Vous êtes l'homme de l'injustice... Nous allons vous détruire sans pitié, cependant sans haine contre vous.»

 

Cette opposition frontale entraîne Camus dans des comparaisons stéréotypées où, bien qu'il refuse d'être accusé de nationalisme, tout ce qui est la France ou les Français est idéalisé dans des affirmations discutables : «pas un prêtre français n'aurait accepté de mettre son Dieu au service du meurtre... Nous ne lui avons pas donné d'esclaves... Une nation admirable et persévérante... Entrés dans cette guerre les mains pures...»

 

Bien entendu l'image de l'Allemange et des Allemands est beaucoup moins flatteuse et tout aussi discutable même si Albert Camus déclare dans la préface de 1948, pour s'opposer à ce que certains pourraient penser de ces Lettres, « j'aurais honte aujourd'hui si je laissais croire qu'un écrivain français puisse être l'ennemi d'une seule nation ». Mais c'est bien l'Allemagne, la culture allemande et les Allemands qui sont en cause.

 

Camus reproche à son ami de choisir son pays contre la vérité ou la justice. Ce n'est pas spécifiquement nazi, ni même allemand. C'est même à un officier de marine franco-étasunien, (Stepen Decatur 1779–1820) qu'on doit la phrase célèbre : “ Right or wrong, our country !” C'est probablement la pensée de beaucoup de nationalistes.

 

Les deux icones historiques que cite Albert Camus ne sont pas nazies mais appartiennent à la culture allemande : Siegfried, héros de la Chanson des Nibelungen, composée au XIIIe siècle, devenue épopée nationale allemande ; Faust, personnage d'un conte populaire du XVIème siècle, repris par un des plus grands auteurs allemands, Goethe (1749-1832)qui en a fait une desoeuvres les plus importantes de la littérature allemande.

Dans l'opposition entre la justice et le désordre, on pense encore à Goethe et à une de ses phrases célèbres :«J'aime mieux l'injustice qu'un désordre» " Ce qui peut être fortement contesté mais qui n'en fait pas pour autant un nazi, même avant l'heure.

«Les dieux eux-mêmes chez vous sont mobilisés...», rappelle le fameux «Gott mit Uns» (« Dieu avec nous »), qui ne date pas du IIIème Reich, c'est une devise militaire allemande depuis le Saint Empire romain germanique...

Dans son argumentation, Albert Camus ne met pas en question des valeurs ou des personnages nazis ou de l'Allemagne nazie mais qui appartiennent à la culutre et à l'histoire allemandes. Références peu progressistes, peut-être nationalistes, mais pas spécialement nazies.

 

Quand Camus dit «nous», c'est de la France et des Français qu'il s'agit, rarement des Européens libres ou de l'Europe. D'ailleurs, Camus lui-même l'avoue une première fois : «Pour nous présenter devant vous, nous avons dû revenir de loin. Et c'est pourquoi nous sommes en retard sur toute l'Europe, précipitée au mensonge dès qu'il le fallait, pendant que nous nous mêlions de chercher la vérité...»
Et ailleurs : «Mais lorsque je me laisse aller à penser que mon pays parle au nom de l'Europeet qu'en défendant l'un nous les défendons ensemble...»Il ne s'agit que d'une éventualité, une faiblesse peut-être. Il ne semble pas cependant que ce soit le cas général, comme dans la préface.

 

Cette opposition se retrouve sur la conception de l'Europe «pour vous» «propriété» , «terre à soldats», «grenier à blé»... et «pour nous cette terre de l'esprit où depuis vingt siècles se poursuit la plus étonnante aventure de l'esprit humain. Elle est cette arène privilégiée où la lutte de l'homme d'Occident contre le monde, contre les dieux, contre lui-même, atteint aujourd'hui son moment le plus boule-versé. Vous le voyez, il n'y a pas de commune mesure».


Les Lettres peuvent être lues «comme un document de la lutte contre la violence...» et on peut reconnaître que Camus « ne déteste que les bourreaux» mais il aurait pu se contenter dans la préface de 1948 de reconnaître qu'il s'agissait d' « écrits de circonstances... qui peuvent donc avoir un air d'injustice. Si l'on devait en effet écrire sur l'Allemagne vaincue, il faudrait tenir un langage un peu différent» sans dire «maintenant que je n'en renie pas un seul mot». On lui aurait facilement reconnu des circonstances atténuantes pour ces propos de 1943-44.

 

PS : A la lecture de ces «Lettres à un ami allemand», remonte immédiatement à l'esprit ce que Missak Manouchian(1906-1944), à la prison de Fresnes, écrivait dans sa dernière lettre à sa femme Mélinée, quelques heures avant d'être fusillé, le 21 février 1944. Il y parlait aussi de bonheur, de guerre et de paix, du peuple allemand...  Cette lettre a été reprise en 1955, par Louis Aragon, sous forme de poême «Strophe pour se souvenir». Poême mis en musique et chanté par Léo Ferré en 1959 :  L'Affiche rouge.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 15:22

 

Les sondages de la souffrance


Deux élections nationales dans les 9 mois qui viennent. Quelle aubaine pour les instituts et les commentateurs. Entre concours de pronostics, fabrication et manipulation de l'opinion publique.

Le dernier sondage porte sur les intentions de vote lors des élections européennes, en sautant les élections municipales qui auraient permis des comparaisons intéressantes, et sacre le Front national en premier parti de France en devenir.

Ce résultat va titiller tous les bons esprits, politiques et sondagiers. Entraîner de nouveaux sondages. D’autres chiffres mériteraient pourtant plus d'attention, surtout des politiques. Mais ces chiffres ne sont pas spéculatifs, ils mesurent la situation réelle des Français : chômage, indice de pauvreté, conditions de logements...

Mais pourquoi s'intéresser à de tels chiffres ? Ils ont la pernicieuse manie de ne pas s'améliorer quel que soit le gouvernement. Depuis des années, les politiques affirment qu'il n'y a pas d'autre politique possible. Que de laisser les riches, les très riches devenir de plus en plus nombreux et de plus en plus riches et le nombre de pauvres augmenter. Curieusement comme le nombre d'abstentionnistes, de non inscrits sur les listes électorales, de personnes qui affirment qu'il ne sert à rien de voter.

Quoi d'étonnant à ce que ceux qui ont cru à tel ou tel parti de gouvernement se détournent d'eux et regardent vers ceux qui n'ont jamais été au pouvoir et qui promettent... Ils ont conservé encore une certaine croyance dans l'efficacité du vote... Plus que ceux qui s'abstiennent ou ne s'inscrivent même pas sur les listes électorales.

La montée du FN effraie plus que celle du chômage ou de la pauvreté.

Croit-on en traitant le FN de fasciste qu'on va le disqualifier ? Ou en faisant un « Front républicain » qui ne va que conforter l'image de « tous pareils ». Croit-on que c'est en organisant la confrontation entre pauvres qu'on va rallier les uns au dépens des autres ? Croit-on que la seule façon de traiter la souffrance des uns (les électeurs) c'est de l'orienter vers la détestation des autres (les Roms, les étrangers)... Quand la solution ne peut être que dans l'unité des pauvres, de tous les pauvres contre ceux qui ont le pouvoir réel. C'est beaucoup plus difficile que de faire une liste « front républicain ».

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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