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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 23:53

 

Droit du sol, droit du sang :

Quand c'est fini... ça recommence …

 

Périodiquement, la droite attaque le droit du sol. Aujourd'hui, fascinée par le FN , minée par ses divisions, elle remet le couvert avec un point d'accroche peut-être productif mais fantasmatique et totalement absurde. C'est ainsi que Jean-François Copé pose la question sur France Inter  : « Est-il normal qu’un enfant qui naît en France, de parents venus en France irrégulièrement, qui sont donc des clandestins, puisse devenir automatiquement français ? La réponse est non. »


Bien sûr. Mais comment des enfants nés de parents en situation illégale pourraient-ils bénéficier du droit du sol ?


Il existe deux façons de bénéficier du droit du sol en France. D'une part, par la double naissance sur le territoire : sont français à la naissance les enfants nés en France de parents nés en France (art.19-3 du Code civil), ce qui n'est pas le cas d'un étranger entré clandestinement. D'autre part, par la simple naissance sur le territoire : quand les parents sont nés à l’étranger, leurs enfants nés en France deviennent français à leur majorité. Avec la possibilité, pour les parents de demander la nationalité pour leur enfant, avec son consentement, à partir de l'âge de 13 ans, s'il a alors son domicile en France et y a vécu pendant les 5 années qui précèdent ; à partir de l'âge de 16 ans, le jeune lui-même peut la demander, seul, s'il habite en France au moment de la demande et y a résidé pendant 5 ans depuis l'âge de 11 ans (art.21-11).

Dans le cas le plus favorable, la simple naissance, cela suppose que les parents sont sans papiers après 13 ans de présence en France, ou 16 ans, ou 18 ans, ce qui est peu vraisemblable et parfaitement vérifiable par l'administration au moment de l'acquisition de la nationalité.


Il n'est donc nul besoin de changer la loi pour aboutir au résultat officiellement recherché, empêcher les enfants de personnes en situation illégale d’obtenir la nationalité française.

 

Mais est-ce le but réellement recherché ? Par de probables calculs politiciens n'est-ce pas plutôt après avoir fait naître un soupçon imaginaire de fraude, en réalité impossible, de disqualifier le droit du sol tel qu'il existe pour l'ensemble des bénéficiaires potentiels ?

Qui a intérêt à maintenir à l'extérieur de la communauté nationale des jeunes qui sont nés en France ? Qui ont été scolarisés, socialisés en France ? Qui peut le justifier ? Sauf à vouloir mettre un obstacle supplémentaire à l'intégration d'une partie de la population vivant en France et par là ostraciser une partie de la population française de même origine ?


Tout ceci prouve bien que Jean-François Copé ne connaît pas la loi – étonnant – ou que, la connaissant, il invente des situations impossibles pour provoquer – comme avec le pain au chocolat – des affrontements dont il espère recueillir quelques bénéfices personnels au détriment du vivre ensemble, de la paix sociale et même de l'unité de son camp. Et finalement de l'intérêt national.


C'est peut-être ce qu'ont compris les 73% des Français qui ont une mauvaise opinion de Jean-François Copé, selon le sondage du « Parisien-Aujourd'hui en France» .

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 23:24

 

La NSA s'occupe de tout

 

Pour avoir révélé – que les services d'espionnage espionnent – ce que tout le monde savait sauf les citoyens toujours trop confiants, un idéaliste étasunien s'est mis dans une situation impossible. Par la même occasion, il a obligé José Manuel Barroso, le président de la CE à risquer les prochaines fonctions espérées à l'ONU en comparant la NSA à la police politique d'un pays totalitaire : « Nous savons ce qui arrive quand l’État utilise ses pouvoirs pour s'introduire dans la vie des gens ».Alors qu'il a besoin de l'appui des États-Unis.

 

Certes, il y a de quoi être indigné de savoir que le portable d'Angela Merkel était sur écoute ou que 70 millions de données téléphoniques de Français sont enregistrées par mois... Nous ne pouvons que remercier Angela Merkel et François Hollande de bouder pendant quelque temps les négociations euro-atlantiques. Mais cela ne devrait pas gêner beaucoup les États-Unis qui, bien entendu, n'enregistraient pas les conversations entre les différents partenaires européens, tout occupés qu'ils étaient par l'écoute des Français...

 

Si l'épisode Merkel est le plus spectaculaire, ce n'est probablement pas le plus important : « Les morceaux de choix restent toutefois les entreprises stratégiques liées en particulier à la Défense, au spatial, à l'aéronautique mais aussi à la pharmacie et au pétrole... NSA... facilitées par l'aide active des sociétés US telles que Facebook et Microsoft. Il y a 15 ans déjà, la Compagnie Raytheon spécialisée dans les systèmes électroniques, avait ainsi raflé le marché de l'équipement en réseau du bassin amazonien à la surprise générale alors que le Français Thompson était favori... Les US avaient branché leur système d'écoute « Echelon » pour piéger les conversations entre négociateurs du Brésil et la maison mère à Paris (Le Figaro 22/10/13). A la même époque, Echelon a été mis en cause dans d'autres affaires : Airbus-Mc Donnel Douglas, vente d'avions à l'Arabie saoudite, interception de courriels européens dans les accord du GATT... Echelon était un réseau international auquel collaboraient les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, et la Nouvelle Zélande. La plus grosse base extérieure aux États-Unis était au Royaume-Uni où travaillaient 2 000 personnes, dont 1 500 Étasuniens (Wikipedia).

 

Dans le nouvel épisode, il faut ajouter la collaboration public-privé : la complicité des grandes entreprises étasuniennes (Google, Facebook, Amazon, Apple, Twitter,etc) qui, par ailleurs, exploitent leurs données sans aucun contrôle possible des internautes (Libération 25/10/13) et paient le moins d'impôt possible en France et dans d'autres pays où leurs activités sont importantes en jouant de l'optimisation fiscale internationale : « Les stratégies fiscales de ces entreprises , les GAFA, (Google, Apple, Facebook, Amazon) sont sans doute les plus abouties, combinant différents outils pour permettre de loger dans des paradis fiscaux des bénéfices résultant de l’exploitation de données collectées dans le reste du monde (hors États-Unis) ». (Assemblée nationale 1243 Rapport d'information sur l'optimisation fiscale des entre prises dans un contexte international.

 

Il reste à attendre, après les mouvements de menton, les réactions des États européens (Allemagne en particulier) et de l'Union européenne. Et celles des internautes ?

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 23:35

 

 

Revue de presse n°118 (Europe)

 

Le taux de pauvreté en Espagne serait de plus de 21%, et plus d’un quart de la population active est au chômage. Dans son rapport, l’association caritative souligne que 20% de la population ibérique la plus riche concentre sept fois et demie plus de richesse que les 20% les plus pauvres. Euronews 11/10/13

 

Cette semaine, l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste a été confirmée en France et le Parlement européen a exigé que des études d’impact environnemental précèdent tout forage. Des obstacles de plus pour une ressource qui n’est peut-être pas la solution aux problèmes énergétiques de l’Europe. Les Echos presseurope 11/10/13

 

Le col entre l’Autriche et l’Italie est un des points de fracture de la politique d’immigration de l’UE : d’un côté, la police autrichienne tente par tous les moyens de bloquer les migrants qui vont vers le Nord ; de l’autre, les agents italiens ferment volontiers les yeux. L'Expresso presseurop 11/10/13

 

Le 10 octobre, le gouvernement britannique a dévoilé un ensemble de nouvelles mesures pour combattre l’immigration illégale, qui permet notamment aux banques, aux propriétaires et aux autorités qui délivrent les permis de conduire de vérifier le statut des migrants suspects. The Times presseurop 11/10/13.

 

Depuis le mois d’avril, 7 764 personnes — des Russes, des Afghans et des Syriens pour l’essentiel — ont déposé une demande d’asile en Autriche. Ces derniers mois, le flux migratoire a atteint son niveau record depuis la guerre du Kosovo, en 1999. Die Presse europress 11/10/13.

 

Deux cent cinquante passagers seraient tombés à la mer au large de Malte et de la Sicile. Selon le premier ministre maltais, il y aurait au moins vingt-sept morts. Le Monde 12/10/13

 

"L’UE est en train de mettre en place une équipe de personnes dotées d’une importante escorte pour aider la Libye à arrêter les migrants non désirés et à collecter du renseignement".
Le service de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’UE a souligné que cette opération (Eubam Libye) pour un montant de près de 30 millions d’euros par an n’implique pas de fonctionnaires européens. Cette large équipe de sécurité privée... EUobserver presseurop 14/10/13.

 

Environ 880 000 personnes vivent dans des conditions considérées comme de l’esclavage dans l’Union européenne, selon des chiffres récents de la commission Criminalité organisée, corruption et blanchient de capitaux (CRIM) du Parlement européen. Il s’agit notamment "d’enfants forcés à mendier, d’hommes qui travaillent comme des forçats pour un salaire de misère et de femmes obligées de se prostituer". De Morgen presseurop 14/10/13.

 

Les désaccords entre la CE et le FMI sur la manière d’en finir avec la crise de la dette en Europe ne cessent de s’amplifier. Au point qu’à Bruxelles, on commence à envisager doucement son démantèlement.
Alors que le FMI et la BCE tentent de sauver la face devant le fiasco annoncé, il ne reste plus que la CE, stoïque dans la tempête, à assumer le bilan – calamiteux – de trois années de Troïka. À l'approche des élections européennes, Barroso, si prompt à s'inquiéter de la montée des “populismes” sur le continent, s'est-il rendu compte de l'opération ? 16/10/13 Mediapart presseurop

 

La directive sur le détachement permet à un prestataire de service – au hasard polonais - d'envoyer des salariés travailler dans un autre pays de l'UE - par exemple la France. Le travailleur est assuré de percevoir le salaire minimum français. En revanche, les charges sociales sont celles de la Pologne. De quoi réduire le coût du travail de 30 %. Le système est encore plus "pousse-au-crime en Allemagne", où il n'existe pas de salaire minimal national. "Résultat, (…) dans les usines agroalimentaires allemandes, on trouve des travailleurs détachés des pays de l'Est payés entre 3 et 7 euros de l'heure"...
En Europe ils seraient un million à être "détachés". Proportionnellement, la Pologne, l'Allemagne, la France, le Luxembourg et le Portugal sont les États européens qui comptent le plus de travailleurs de ce type... Toute l'Europe 17/10/13.

 

Le plan que l’Espagne a présenté à la CE prévoit des coupes pour un montant de 17,5 milliards d'euros en 2014 et 2015. Ces “deux années de plus de dures coupes” budgétaires seront réparties entre les municipalités et les régions et seront effectuées “en pleine période électorale” avant des scrutins régionaux et locaux. Il s’agit d’augmentations d'impôts, des ventes d'actifs et la suppression de certains services publics. Alors que le plan prévoit un déficit de 5,8% du PIB en 2014 et 4,2% en 2015, il envisage de meilleures perspectives de croissance pour les deux années à venir, avec un PIB en hausse de 1,2 et 1,7% respectivement. presseurop El Païs 18/10/13.

 

M. Jadot s'inquiète du paragraphe 23 du mandat de négociations qui vise à renforcer les droits des investisseurs au détriment des collectivités et des États. Cet article permettrait à des industriels de "contester, et potentiellement obtenir, des dommages et intérêts considérables si des États ou des collectivités décident de nouveaux droits ou normes qui impactent leurs perspectives de profit".
"Toute multinationale pourrait faire appel à un 'tribunal arbitral privé' pour
poursuivre un État dès lors qu'elle contesterait certaines politiques nationales, en matière de droit social ou environnemental ou encore de la politique de santé", a estimé l'eurodéputé Patrick Le Hyaric. "C'est un véritable missile contre les peuples, les travailleurs et les Etats", . Le monde 18/10/13.

 

Le déficit public de l'UE était en 2012 de 3,9% du PIB (3,7% pour la zone euro) et la dette publique de l'UE de 85,1% du PIB (90,2% pour la zone euro).
En 2012, les déficits publics les plus faibles, par rapport au PIB, ont été enregistrés en Estonie et en Suède (-0,2% chacun), au Luxembourg (-0,6%) et en Bulgarie (-0,8%) tandis que l’Allemagne (+0,1%) affichait un excédent public.
Dix-sept États membres ont enregistré un déficit supérieur à 3% du PIB. L'Espagne (10,6%), la Grèce (9 %) et l'Irlande (8,2%) enregistrent les chiffres les plus inquiétants.
Quinze États membres ont enregistré une amélioration de leur solde public, par rapport au PIB, douze une détérioration et un est resté stable. Toute l'Europe 21/10/13.



Alors que l’Allemagne et la France cherchent à réduire leur dépendance à l’énergie nucléaire, le Royaume-Uni a décidé de relancer la construction de deux réacteurs pour la première fois depuis 20 ans. Un choix risqué, dont la pertinence économique peut se comprendre, estime la presse européenne. Presseurop 22/10/13.

 

Les ministres de l'UE chargés des Affaires européennes ont validé mardi la création d'un nouveau système de surveillance des frontières de l'Union. Baptisé Eurosur, ce dispostif a pour objectif de renforcer les contrôles aux frontières extérieures, terrestres et maritimes, de l'espace Schengen, et ainsi de réduire le nombre de migrants illégaux. Une réponse au drame de Lampedusa. JDD 22/10/13.

 

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

 

Roms, intégrez-vos par l'école, comme Leonarda. La police vous y attend. 18/10/13.

Valls expulse la famille. Hollande choisit la fille sans la famille. H.Désir la famille sans le père. La famille PS se décompose. Pathétique ! 20/10/13



 

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:56

 

A propos de...

... Lettres à un ami allemand d'Albert Camus

 

 

Dans la préface à la publication en italien des «Lettres à un ami allemand», 1948, Albert Camus éprouve la nécessité d'expliquer le sens de ces lettres et plus particulièrement de certains mots.

On peut souscrire sans peine que ces lettres constituent «un document de la lutte contre la violence»,dans la droite ligne de sa pensée et qu'il s'agit d'«écrits de circonstances».

Mais Albert Camus est moins convaincant quand il affirme : «Lorsque l'auteur de ces lettres dit « vous », il ne veut pas dire « vous autres Allemands », mais « vous autres nazis ». Quand il dit « nous », cela ne signifie pas toujours « nous autres Français » mais « nous autres, Européens libres ».

 

Ces quatre lettres sont datées de juillet 1943, décembre 1943, avril 1944 et juillet 1944, c'est à dire après la bataille de Stalingrad (17 juillet 1942 - 2 février 1943) et avant le débarquement en Normandie (pour les trois premières), et la Libération de Paris. Au moment où les choses basculent, difficilement.

Elles témoignent de l'engagement et de la foi d'Albert Camus dans la victoire et du besoin d'expliquer son engagement dans la guerre en fonction de ses idées politiques et philosophiques.

 

Ces Lettres sont adressées à «un ami allemand» : non à un ami nazi, ni même à un ami allemand devenu nazi. D'ailleurs, en dehors de la préface de 1948, le mot nazi n'apparaît pas une seule fois dans le texte.

 

Dans ces lettres qui font allusion à d'anciennes conversations, qui ont eu lieu 5 ans auparavant donc en 1938, Camus se souvient de l'amour proclamé de son ami pour l'Allemagne et du reproche qu'il lui portait de ne point aimer le sien, la France. Camus se défend, avec force, d'une telle absence de sentiment et cela le conduit à une comparaison-opposition permanente entre sa vision de l'Allemagne et des Allemands (non des nazis) et sa vision de la France et des Français (non de l'Europe et des Européens). De façon une peu caricaturale, Allemands et Français comme peuples homogènes. Au point qu'on finirait pas croire que tous les Français partagent la philosophie de Camus.

 

Selon Camus, les deux amis partent d'une même constatation mais en tirent des choix politiques totalement opposés : «Ce monde n'a pas de sens supérieur... De la même solitude, d'un même principe nous avons tiré des morales différentes...»

 

L'ami allemand tirait de cette absence de sens que «tout était équivalent, le bien, le mal... En l'absence de morale humaine ou divine, seules valeurs celles qui régissent le monde animal, violence, ruse... Las de lutter contre le ciel, vous avez choisi l'injustice, avec les dieux... Ajouter de l'injustice à l'injustice». Et comme« La grandeur de mon pays n'a pas de prix... Vous en avez conclu que l'homme n'était rien et qu'on pouvait tuer son âme, que dans la plus insensée des histoires la tâche d'un individu ne pouvait être que l'aventure de la puissance, et sa morale, le réalisme des conquêtes».

 

«Et à la vérité, moi qui croyais penser comme vous, je ne voyais guère d'argument à vous opposer, sinon un goût violent de la justice... la justice pour rester fidèle à la terre... Retrouver leur solidarité pour entrer en lutte contre leur destin révoltant... Vous acceptiez de désespérer et... je n'y ai jamais consenti... Si le monde n'a pas de sens, quelque chose en lui a du sens : l'homme, seul être à exiger d'en avoir... L' homme devait affirmer la justice pour lutter contre l'injustice éternelle, créer du bonheur pour protester contre l'univers du malheur... contre le destin qui nous est imposé».

 

Mais le choix de l'ami allemand entraine Camus, pour s'y opposer, à le « suivre dans la guerre, sans oublier le bonheur, le souvenir d'une mer heureuse, d'une colline jamais oubliée, le sourire d'un cher visage».

Pour« ne rien refuser du drame qui est le nôtre, mais en même temps sauver l'idée de l'homme au bout de ce désastre de l'intelligence.... L'homme est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux... Pour avoir dédaigné cette fidélité à l'homme, vous, par milliers, allez mourir solitaires... Vous êtes l'homme de l'injustice... Nous allons vous détruire sans pitié, cependant sans haine contre vous.»

 

Cette opposition frontale entraîne Camus dans des comparaisons stéréotypées où, bien qu'il refuse d'être accusé de nationalisme, tout ce qui est la France ou les Français est idéalisé dans des affirmations discutables : «pas un prêtre français n'aurait accepté de mettre son Dieu au service du meurtre... Nous ne lui avons pas donné d'esclaves... Une nation admirable et persévérante... Entrés dans cette guerre les mains pures...»

 

Bien entendu l'image de l'Allemange et des Allemands est beaucoup moins flatteuse et tout aussi discutable même si Albert Camus déclare dans la préface de 1948, pour s'opposer à ce que certains pourraient penser de ces Lettres, « j'aurais honte aujourd'hui si je laissais croire qu'un écrivain français puisse être l'ennemi d'une seule nation ». Mais c'est bien l'Allemagne, la culture allemande et les Allemands qui sont en cause.

 

Camus reproche à son ami de choisir son pays contre la vérité ou la justice. Ce n'est pas spécifiquement nazi, ni même allemand. C'est même à un officier de marine franco-étasunien, (Stepen Decatur 1779–1820) qu'on doit la phrase célèbre : “ Right or wrong, our country !” C'est probablement la pensée de beaucoup de nationalistes.

 

Les deux icones historiques que cite Albert Camus ne sont pas nazies mais appartiennent à la culture allemande : Siegfried, héros de la Chanson des Nibelungen, composée au XIIIe siècle, devenue épopée nationale allemande ; Faust, personnage d'un conte populaire du XVIème siècle, repris par un des plus grands auteurs allemands, Goethe (1749-1832)qui en a fait une desoeuvres les plus importantes de la littérature allemande.

Dans l'opposition entre la justice et le désordre, on pense encore à Goethe et à une de ses phrases célèbres :«J'aime mieux l'injustice qu'un désordre» " Ce qui peut être fortement contesté mais qui n'en fait pas pour autant un nazi, même avant l'heure.

«Les dieux eux-mêmes chez vous sont mobilisés...», rappelle le fameux «Gott mit Uns» (« Dieu avec nous »), qui ne date pas du IIIème Reich, c'est une devise militaire allemande depuis le Saint Empire romain germanique...

Dans son argumentation, Albert Camus ne met pas en question des valeurs ou des personnages nazis ou de l'Allemagne nazie mais qui appartiennent à la culutre et à l'histoire allemandes. Références peu progressistes, peut-être nationalistes, mais pas spécialement nazies.

 

Quand Camus dit «nous», c'est de la France et des Français qu'il s'agit, rarement des Européens libres ou de l'Europe. D'ailleurs, Camus lui-même l'avoue une première fois : «Pour nous présenter devant vous, nous avons dû revenir de loin. Et c'est pourquoi nous sommes en retard sur toute l'Europe, précipitée au mensonge dès qu'il le fallait, pendant que nous nous mêlions de chercher la vérité...»
Et ailleurs : «Mais lorsque je me laisse aller à penser que mon pays parle au nom de l'Europeet qu'en défendant l'un nous les défendons ensemble...»Il ne s'agit que d'une éventualité, une faiblesse peut-être. Il ne semble pas cependant que ce soit le cas général, comme dans la préface.

 

Cette opposition se retrouve sur la conception de l'Europe «pour vous» «propriété» , «terre à soldats», «grenier à blé»... et «pour nous cette terre de l'esprit où depuis vingt siècles se poursuit la plus étonnante aventure de l'esprit humain. Elle est cette arène privilégiée où la lutte de l'homme d'Occident contre le monde, contre les dieux, contre lui-même, atteint aujourd'hui son moment le plus boule-versé. Vous le voyez, il n'y a pas de commune mesure».


Les Lettres peuvent être lues «comme un document de la lutte contre la violence...» et on peut reconnaître que Camus « ne déteste que les bourreaux» mais il aurait pu se contenter dans la préface de 1948 de reconnaître qu'il s'agissait d' « écrits de circonstances... qui peuvent donc avoir un air d'injustice. Si l'on devait en effet écrire sur l'Allemagne vaincue, il faudrait tenir un langage un peu différent» sans dire «maintenant que je n'en renie pas un seul mot». On lui aurait facilement reconnu des circonstances atténuantes pour ces propos de 1943-44.

 

PS : A la lecture de ces «Lettres à un ami allemand», remonte immédiatement à l'esprit ce que Missak Manouchian(1906-1944), à la prison de Fresnes, écrivait dans sa dernière lettre à sa femme Mélinée, quelques heures avant d'être fusillé, le 21 février 1944. Il y parlait aussi de bonheur, de guerre et de paix, du peuple allemand...  Cette lettre a été reprise en 1955, par Louis Aragon, sous forme de poême «Strophe pour se souvenir». Poême mis en musique et chanté par Léo Ferré en 1959 :  L'Affiche rouge.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 15:22

 

Les sondages de la souffrance


Deux élections nationales dans les 9 mois qui viennent. Quelle aubaine pour les instituts et les commentateurs. Entre concours de pronostics, fabrication et manipulation de l'opinion publique.

Le dernier sondage porte sur les intentions de vote lors des élections européennes, en sautant les élections municipales qui auraient permis des comparaisons intéressantes, et sacre le Front national en premier parti de France en devenir.

Ce résultat va titiller tous les bons esprits, politiques et sondagiers. Entraîner de nouveaux sondages. D’autres chiffres mériteraient pourtant plus d'attention, surtout des politiques. Mais ces chiffres ne sont pas spéculatifs, ils mesurent la situation réelle des Français : chômage, indice de pauvreté, conditions de logements...

Mais pourquoi s'intéresser à de tels chiffres ? Ils ont la pernicieuse manie de ne pas s'améliorer quel que soit le gouvernement. Depuis des années, les politiques affirment qu'il n'y a pas d'autre politique possible. Que de laisser les riches, les très riches devenir de plus en plus nombreux et de plus en plus riches et le nombre de pauvres augmenter. Curieusement comme le nombre d'abstentionnistes, de non inscrits sur les listes électorales, de personnes qui affirment qu'il ne sert à rien de voter.

Quoi d'étonnant à ce que ceux qui ont cru à tel ou tel parti de gouvernement se détournent d'eux et regardent vers ceux qui n'ont jamais été au pouvoir et qui promettent... Ils ont conservé encore une certaine croyance dans l'efficacité du vote... Plus que ceux qui s'abstiennent ou ne s'inscrivent même pas sur les listes électorales.

La montée du FN effraie plus que celle du chômage ou de la pauvreté.

Croit-on en traitant le FN de fasciste qu'on va le disqualifier ? Ou en faisant un « Front républicain » qui ne va que conforter l'image de « tous pareils ». Croit-on que c'est en organisant la confrontation entre pauvres qu'on va rallier les uns au dépens des autres ? Croit-on que la seule façon de traiter la souffrance des uns (les électeurs) c'est de l'orienter vers la détestation des autres (les Roms, les étrangers)... Quand la solution ne peut être que dans l'unité des pauvres, de tous les pauvres contre ceux qui ont le pouvoir réel. C'est beaucoup plus difficile que de faire une liste « front républicain ».

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 18:14

 

 

Revue de presse n°117 (Europe)

 

"Sans aucun doute. Personnellement, je pense que ce que l'on désigne par 'libéralisme sauvage ne fait que rendre plus forts les forts tandis qu'il affaiblit les faibles et aggrave l'exclusion. Il faut une grande liberté, une absence totale de discrimination, pas de démagogie et beaucoup d'amour. Il faut des règles de comportement et aussi, au besoin, des interventions directes de l'État, pour corriger les disparités les plus intolérables." Déclaration du pape François à Scalfari, fondateur du journal de gauche italien La Repubica. Texte intégral de l'entretien, en français : http://www.repubblica.it/cultura/2013/10/01/news/le_pape_a_scalfari_ainsi_je_changerai_l_glise-67693549/?ref=HRER3-1


Après les élections législatives, la Norvège dispose d'un gouvernement minoritaire formé par les conservateurs et les populistes. Anders Breivik, qui a tué 77 personnes lors des attentats d'Oslo en juillet 2011, a été membre du controversé Fremskrittpartiet appelé à gouverner. « La vision du monde dans laquelle 'eux' et 'nous' - c'est-à-dire des personnes de différentes origines, cultures et religions - ne peuvent cohabiter sans que la Norvège ne sombre dans le marasme, a fait son chemin jusqu'à la table gouvernementale à Oslo. Cela ne semble pas déranger grand monde. Breivik doit se frotter les mains dans sa cellule. » eurotopics taz – Allemagne 01/10/13)


Les abattoirs allemandsfont travailler de nombreux salariés étrangers en abusant de possibilités offertes par la directive européenne de 1996 sur les travailleurs détachés originaires de l'Est, salariés à 3 ou 4 euros de l'heure et travaillant dans des conditions... : 75% des effectifs des abattoirs allemands seraient concernés, selon le syndicat NGG.
21 des 28 pays de l'UE ont un salaire minimum. Ce n'est pas le cas de l'Allemagne, de l'Autriche ou des pays scandinaves.
En Allemagne, des négociations sont en cours avec le NGG qui demande un salaire minimum horaire de 8,5 euros (9,43 en France). Alter éco octobre 2013


Travailleurs détachés (déclarés) en France

Nombre

2000

2002

2004

2006

2008

2011

7 485

16 545

26 466

37 824

95 261

144 411

Nationalité

Pologne

France*

Portugal

Roumanie

Allemagne

Espagne

27 726

18 508

16 463

13 160

11 395

9 009

* Un Français peut très bien être embauché dans un pays limitrophe, le Luxembourg par exemple, où les cotisations sociales sont faibles et détaché pour travailler en France.
Alter éco octobre 2013


La BCE s'apprête à prêter des milliards aux banques à des taux très bas afin de soutenir l'activité dans la zone euro. Subventionner les banques tout en privant les gens ordinaires de protection sociale revient pourtant à déprimer l’activité. Alter éco octobre 2013


Au lendemain des élections en Allemagne et en Autriche, « le commissaire européen à l’Emploi et aux Affaires sociales a fait des propositions pour ajouter une dimension sociale à l'Union monétaire», portant notamment sur la création d’une assurance chômage européenne.
Ces mesures, approuvées par le commissaire aux Affaires économiques et monétaires et par le président de la CE, prévoient la création d’un fonds pour aider les pays en crise à payer les allocations chômage, explique le quotidien
La CE souhaite enrayer la baisse du pouvoir d’achat engendrée par les mesures d’austérité qui provoque une spirale [vers la pauvreté]. Mais le quotidien précise qu’une telle mesure nécessiterait la modifications des traités de l’UE, ce qui requiert l’unanimité du Conseil européen. Selon des experts, le projet a donc peu de chance d’aboutir. Presseurop Der Standard 03/10/13


"Pour plus d’un Européen sur deux, l’austérité est un échec. C’est ce que révèle l’institut Gallup qui a interrogé un peu plus de 6000 personnes dans l’ensemble de l’Union européenne" rapporte Euronews. Toute l'Europe 03/10/13


«Dans des pays comme l’Espagne et la Grèce, les jeunes vont dans la rue pour protester. En Irlande, les jeunes émigrent » (journaliste Fintan O’Toole)... Selon une étude du Central Statistic Office, 240 Irlandais quittent leur pays chaque jour soit un toutes les 6 minutes. C’est le taux d’émigration le plus élevé depuis les années 80. Selon le syndicat étudiant, 35 000 avaient abandonné leur pays en 2012.
Les médias, les politiques ne sont pas alertés par des images chocs de révoltes urbaines ou par des manifestions massives. Les jeunes d’Irlande abandonnent et partent en silence. La plupart sont des jeunes travailleurs ou étudiants (plus d’1/3 d’entre eux)...
L’emploi des jeunes est devenu le plus grand défi de l’Irlande dans sa quête du retour à la croissance. Selon Eurostat, le chômage touche 26,5% des jeunes d’Irlande (il est de 25,7% en France) alors qu’il n’est que de 7,5% en Allemagne. Sauvons l'Europe 04/10/13

Israël condamne une résolution définissant la circoncision des garçons pour motifs religieux, pratiquée dans le judaïsme et l'islam, comme une «violation de l'intégrité physique». Le Figaro 04/10/13.

 


Sauvons l’Europe propose un pacte europrogressiste et une alternative face à une tentation de repli national. Sauvons l’Europe refuse que l’UE ne soit qu’un sujet de niche pour spécialistes et que les élections de 2014 deviennent un exutoire populaire où il sera peu question de l’avenir de l’Europe. Six grands principes sont érigés comme cap politique :
- Une Europe démocratique avec une Commission désignée par le Parlement
- Une Europe ambitieuse avec une politique de lutte contre les grandes fraudes financières
- Une Europe des libertés avec une Agence européenne des libertés
- Une Europe écologique avec une PAC biologique à échéance 2035
- Une Europe solidaire avec des critères de convergence sociaux
- Une Europe ouverte avec un Erasmus euromediterranéen

Sauvons l’Europe défendra ces mesures auprès des partis politiques au long de la campagne européenne, et ensuite. Ce Six-Pack s’inscrit dans l’objectif de l’émergence d’une coalition europrogressiste majoritaire au PE. Sauvons l'Europe 07/10/13.


Le FMI doutait du plan de sauvetage de la Grèce. Près d'un tiers des membres du FMI ont exprimé des doutes sur l’efficacité du plan de sauvetage de la Grèce lors de la réunion pendant laquelle il a été discuté le 09/05/10, critiquant l’absence de restructuration de la dette et la décision "d’un ajustement douloureux pour les Grecs sans rien demander aux créditeurs européens". Le quotidien, qui s’est procuré une version des minutes d'une réunion du CA du FMI, révèle que contrairement aux déclarations publiques sur l’absence de doute quant à la façon dont le plan de sauvetage était conduit, de nombreux pays ont exprimé leurs inquiétudes sur les "risques immenses"contenus dans le schéma de renflouement.

Cette fuite intervient à la veille de la réunion du FMI qui se tiendra à Washington le 11 octobre et alors que le FMI accentue la pression sur les gouvernements européens pour qu'ils effacent une partie de la dette grecque, au risque de perdre son soutien pour de futurs plans de sauvetage.
Quelques dissidents, ainsi que quelques employés du FMI croient que les intérêts des gouvernements européens ont été placés au-dessus de ceux de la Grèce, qui a vu son économie se contracter d’1/5ème depuis 2009 et son taux de chômage atteindre 28%. presseurop Financial Times 08/10/13





TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 



Après une vie au ralenti de plusieurs siècles, la machine à transformer les Saints Pères en Saints Papes fait des miracles. Deux en avril 2014.



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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 20:17

 

 

Revue de presse n°116 (Europe)

 

L’influence de Bruxelles sur les 28 membres est supérieure à celle de Washington sur les 50 États américains.... Les discussions sur notre budget national (NL) sont à présent totalement éclipsées par ce que l’Europe permet ou non. Le gouvernement peut désigner avec de grands effets théâtraux un nouveau directeur des chemins de fer..., mais le cadre dans lequel il doit travailler est déterminé par un ensemble de dispositions européennes... Le fonctionnement du marché de la poste ou de l’énergie aussi fixé par la législation européenne. Le prix des appels sur un téléphone portable décidé par les instances européennes. Des milliers d’autres aspects sont réglementés par l’Europe, depuis la définition du chocolat jusqu’à la manière de fixer les yeux d’un ours en peluche...11/09/13 De Standaard presseurop

Notre projet est un plan de stabilisation des finances, faisant d'abord en sorte que les plus riches règlent l'impôt. Je sais bien que c'est difficile aujourd’hui, car nous vivons dans un monde globalisé et que la Grèce est membre de l'UE. Tout ne pourra donc bouger que si nous pesons fortement et obtenons des changements radicaux au niveau de l'Europe. Ce sera sans aucun doute une dure confrontation et nous aurons grand besoin de nouer des alliances.or, nos meilleurs alliés seront les peuples d'Europe. Et pas seulement ceux du Sud mais aussi ceux du Nord. Alexis Tsipras, leader de Syriza. Politis 12/09/13.

397000 personnes ont quitté l'Irlande depuis le début de la crise financière, en 2008. 277 400 sont revenues dans le pays (FT). « Et ce taux d'émigration continue à augmenter. Entre avril 2011 et avril 2012,... une personne quittait l'Irlande toutes les 6 minutes ». Royaume-Uni, Australie, Canada sont les principales destinations. CI 12-18/09/13.,

Les ministres des finances... se sont mis d'accord sur un nouveau versement de 1,5 milliard d'euros à Chypre. Les ministres ont estimé que les autorités chypriotes avaient pris des mesures décisives, stabilisant le secteur financier. Toutefois, les perspectives à court terme sont toujours sujettes à des incertitudes, d'où le soutien européen. Le versement est prévu pour fin septembre, après un accord officiel du Mécanisme européen de stabilité... Fondation Robert Schuman 16/09/13.

Le commissaire européen à la Concurrence et VP de la CE, a déclaré, à Barcelone, que "la partie séparée n'est pas membre de l’UE". De son côté, la porte-parole de la CE a déclaré "qu’un État indépendant sera un État tiers par rapport à l’UE". La Vanguadia presseurop 17/09/13.

Électionseuropéennes : le ministère de l’intérieur serait prêt à supprimer les envois postaux. Ouest France 11/09/13.


L'année de l'élection européenne, le budget de la communication sera amputé a priori d'un cinquième. Sauvons l'Europe 16/09/11.

En réclamant une loi pour encadrer le port de la burqa dans les lieux publics, des élus ébranlent le dogme de tolérance religieuse. Le Figaro.fr 18/09/13.

Concernant les montants déboursés pour la crise en zone euro, les finances publiques (allemandes) n’ont pas fait une si mauvaise affaire. Sur les engagements pris avec la Grèce, l’Irlande et le Portugal, Berlin a mobilisé environ 70 milliards d’euros. Mais cette somme n’est pas un don, c’est un prêt qui rapporte entre 3 et 5%. Si vous faites le parallèle avec le fait que l’État se finance presque gratuitement sur les marchés, le calcul est vite fait. Le HuffPost Grégory Raymond Publication: 22/09/13.

Il n’y a plus que 58 000 habitants à Venise. Les touristes sont eux 20 millions chaque année. Un sur cinq arrive en bateau de croisière. Euronews 23/09/13.

Le FMI a demandé à l'UE d'intervenir davantage au niveau des budgets nationaux, de tisser un filet de sécurité plus solide pour les banques et d'introduire des euro-obligations. Ces recommandations plus que théoriques sont déconnectées de la réalité, estime Die Presse, quotidien libéral-conservateur. La politique européenne relève du compromis permanent. C'est pourquoi le FMI a peut-être raison, mais pas forcément. L'Union monétaire n'atteindra pas son état idéal en avançant vers une union financière. La crise a déjà généré la création d'entités détestables comme le pacte budgétaire et le Mécanisme européen de stabilité… L'avenir de l'euro est moins une question technique que de souveraineté. Les États devraient comprendre qu'ils ne préserveront leur souveraineté qu'en contribuant à stabiliser l'euro, en menant une discipline budgétaire rigoureuse et une politique économique responsable. Le moindre manquement leur ôtera des pans de pouvoir. Eurotopics Die Presse - Autriche 26/09/13.

A propos des Roms : Durant trois mois, tous les citoyens européens peuvent librement circuler dans les 28 pays de l’UE. Les papiers des citoyens bulgares ou roumains seront contrôlés aux frontières externes de l’espace, comme ceux des Britanniques, mais c’est tout.
A
u-delà de 3 mois de séjour, ils doivent prouver qu’ils disposent soit de ressources suffisantes, soit d’un emploi.... Comme ils sont Européens, l’accès à l’emploi ne peut leur être refusé... A partir du 01/01/14, ils pourront librement venir travailler en France. La reconduite à la frontière des Roms n’est donc possible que si le délai de trois mois est dépassé et qu’ils n’ont ni travail, ni ressource.
La CE se dit prête à poursuivre la France si elle ne respecte pas les droits des Roms ou si elle prend de
s mesures d’expulsion collective expressément interdites. Bruxelles a déploré une confusion «volontaire ou involontaire» dans les règles et principes européens faite par les responsables politiques en France.
Viviane Reding, VP de la CE chargée de la Justice, a rappelé que, sur les 7 dernières années, l’UE a mis à la disposition des États 50 milliards d’euros pour aider à l’intégration des personnes défavorisées, dont les Roms. La France aurait pu utiliser 4 milliards d’euros : 
«Nous avons mis l’argent sur la table. Il pourrait servir aux maires et je vois que cet argent n’est pas utilisé», a déploré Reding regrettant l’absence de«projet d’insertion». D'après Jean Quatremer, Les coulisses de Bruxelles 26/09/13.

L'écart entre le Nord (de l'Europe) et les pays latins n'a pas cessé de se creuser: les épargnes nettes moyennes en Grèce atteignent 28 % de la moyenne de la zone euro (contre plus de 50% en 2008), en Espagne, elles sont passés de 61% (avant la crise) à 44% (en 2012).
 «
L'accroissement des écarts de richesse dans la zone euro est préoccupant»(M.Heise, économiste en chef d'Allianz). «Les forces centrifuges de la crise risquent à la longue de faire voler en éclats la cohésion européenne. L'Europe doit trouver une solution au plus vite et redonner à tous les Européens des perspectives de croissance et de prospérité. Des mesures supplémentaires d'intégration sont nécessaires à cet effethttp://www.lagazettedeberlin.de/allianz-rapport-2013-8819.html

Budget : "Responsable et prudent", c’est en ces termes que le commissaire européen a jugé les grandes lignes du projet de budget 2014. Aux côtés de Pierre Moscovici venu présenter sa copie, le VP de la CE a accordé un "bon point" [Le Figaro] à la France lors d’un échange très "amical" . Toute l'Europe 30/09/13.

Mais on peut encore espérer que les électeurs sanctionnent le parti de Berlusconi pour la pagaille dans laquelle il a plongé le pays." europolitics FT 29/.09/13

Autriche : "Le chancelier et le vice-chancelier ont tous deux enregistré le plus mauvais résultat de l'histoire de leur parti. Le pouvoir qu'ils ont réussi à sauver in extremis les obligera l'un envers l'autre. L'issue du scrutin est de mauvais augure. Europolitics Kurier 29/09/13.

Le parti d'extrême droite (FPÖ) est arrivée en troisième position aux législatives autrichiennes. 21,4% des suffrages, une progression de 3,9 points par rapport à 2008... L'Autrichea un niveau de vie élevé et l'un des meilleurs systèmes au monde en termes de santé et de social. Cette situation prédestinerait le pays à se montrer particulièrement tolérant... C'est l'un des 12 pays les plus riches au monde. Et pourtant, un tiers de sa population fait le choix de l'isolement, ce qui équivaut à un suicide économique. L'Autriche se pose en 'victime'du nazisme, n'a jamais été obligée de faire un travail de mémoire. europolitics Hospodárske noviny Slovaquie 30/09/13.

Le Parti social-démocrate (PSD) du PM Pedro Passos Coelho, a subi une défaite humiliante lors des élections locales du 29/09/13. Son dirigeant a reconnu "une défaite nationale" et "le pire résultat" pour son parti.
Selon des résultats provisoires, le PS, principal parti d’opposition, a recueilli 36% des suffrages, remportant 134 municipalités alors que le PSD et ses partenaires n’auraient que 31% des voix et 96 mairies. Les indépendants ont remporté 11 villes dont Porto, la deuxième ville du pays.
Le PSD a également subi une défaite cuisante sur l’île de Madère, bastion historique du parti qui y a perdu 7 des 11 municipalités qu’il contrôlait.
Público estime que la coalition au pouvoir se réveillera affaiblie et divisée. La défaite électorale la prive de cette force nécessaire pour poursuivre les politiques d’austérité et réduit sa marge de négociation avec la troïka. Público, 30/09/13.



TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

Hier, la Légion étrangère en métropole, aujourd'hui les tribunaux d'exception pour étrangers dans les locaux de la police, demain l'armée dans les quartiers ...A suivre !

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 13:38

 

Résignation, indignation... insurrection ?

 

« Le FMI a perdu la foi  en certaines idées» écrit Publico (Portugal) à la suite du rapport interne de la vénérable institution. Le FMI ne croit plus que « la consolidation fiscale peut avoir un effet expansionniste sur l'économie », « que plus vite le déficit est corrigé, mieux c'est », « que la consolidation fiscale doit se concentrer principalement sur les dépenses »...


Malheureusement, si le FMI a perdu la foi, ce n'est pas le cas des gouvernements de l'UE qui continuent à appliquer aux peuples ces conseils désormais désuets. Qui imposent l'austérité. Avec les conséquences que l'on sait en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Irlande.et ailleurs.


Les gouvernements dominants de l'UE, en accord avec le FMI ont appliqué, et continuent d'appliquer, cette politique avec des jugements péremptoires sur ces peuples irresponsables qui dépensaient sans compter, vivaient à ne rien faire, au dessus de leurs moyens. Et qu'il fallait punir.

Ils sont punis. Ils subissent la plus grande contre-réforme, la plus grande régression sociale depuis fort longtemps. Pendant ce temps, tout va très bien : la bourse monte ; les banques se portent bien ; .les riches sont toujours plus riches … et les pauvres toujours plus pauvres.


Les «conseilleurs hautement qualifiées », avec ou sans autocritique, continuent à conseiller avec leur haute qualification. Leurs salaires sont toujours aussi élevés. Ils n'ont pas été sanctionnés pour fautes graves, pour « violences ayant entraîne la mort sans intention de la donner »...

Il serait étonnant que dans son prochain rapport, le FMI prévoie indemnisation ou remboursement des peuples ! Et il est irresponsable devant les peuples.


Par contre, les peuples peuvent sanctionner les politiques au moment des élections. Quand ils l'ont fait, la nouvelle équipe a repris la question où l'ancienne l'avait laissée ! Quand ils ont rejeté cette politique par référendum, il n'en a pas été tenu compte.

 

Faudra-t-il, pour qu'ils se fassent entendre, que cesse la résignation, l’indignation pour passer à la révolte, à l'insurrection ?

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 19:48

 

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  L'ordinateur capricieux ayant choisi quelques images pour illustrer le  rapide compte-rendu de "notre" festival de Venise. Voici quelques vues  supplémentaires.

 

Le Festival se déroule au Lido de Venise auquel on peut accéder par vaporetto. Il faut ensuite se rendre au palais du Festival à pied (30 à 45 mn), en bus ou à bicyclette qui sont assez nombreuses devant le palais du Festival.

 

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Les personnalités préfèrent s'y rendre, bien sûr, par les canaux et débarquer aux pieds de l'Excelsior. 

 

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Hôtel Excelsior

 

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De là, elles peuvent se rendre au Palais du Festival situé à quelques centaines de mètres, en voiture, et être déposées directement sur le tapis rouge où elles sont attendues.

 

 

CIMG5879.JPGDe jour...

 

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... quelquefois par beaucoup de monde...

 

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...pour voir...

 

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... ou de nuit...

 

 

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... ou se faire voir...

 

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... sur le tapis rouge....

 

 

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Lech WALESA

 

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Tinto BRASS

 

 

On vient aussi pour montrer et voir des films à l'ombre du fameux Lion...

 

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  Abdellah TAÏA,  metteur en scène de "L'Armée du salut"...

 

 

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MATEO OLEOTTO, réalisateur de  ZORAN, IL MIO NEPOTE SCEMO

 

 

 

On vient aussi pour se montrer dans la rue

 

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  et même pour promener son chien à bicyclette...

 

 

 

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La rue, par les affihces, parle aussi du cinéma et de films qui sont présentés en concours ou non...

 

 

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  Le Lido de Venise s'étend sur des kilomètres de plages qu'on trouve au pied du Palais du Festival et de l'Hôtel Excelsior... 

 

 

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La plupart des plages sont privées....

 

 

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Et certains prennent le soleil, un peu loin de la mer, entre 2 rangées de cabines. Mais il y a le sable et le soleil...

 

 

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Ce n'est pourtant pas la place qui manque....

 

 

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On peut aussi aller faire une petite promenade à Venise.

Voici donc, en marge du festival, quelques photos pour les amoureux de Venise. Au hasard d'un après-midi, photos sans prétention...


 

  Peut-on encore phorographier Venise quand des millions de photos ont été faites. Mais Venise est si belle... que la photo du presse-bouton d'occasion est toujours belle, que la photographie oblige l'amateur amoureux à s'arrêter un instant pour regarder ce qu'il aurait vu simplement en passant.

Que photographier ? Les palais sur les bords du Grand Canal ? Mais tout autant, ce petit pont qui permet d'aboutir à un autre pont, à une autre canal, à des maisons aux couleurs qui s'effacent magnifiquement, à d'autre ponts et d'autres canaux... on peut se perdre indéfiniment dans la ville en restant dans une beauté vieillie ? Décadente ? Omniprésente.

Avant de mourir, marcher au hasard, s'égarer à Venise....

 

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Le Rialto, pour ne pas vous décevoir....

 

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  ... et un peu de la Place Saint Marc

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... avec gondoliers, touristes et pigeons...

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 13:47

 

Article rédigé à la demande de la Ligue de l'Enseignement  en avril et publié ce jour dans  "L'édition participative «Laïcité» sur Mediapart, publication de la Ligue de l'enseignement associée au site www.laicite-laligue.org" (http://blogs.mediapart.fr/edition/laicite/article/160913/plaidoyer-pour-le-droit-de-vote-des-residents-etrangers-aux-elections-municipales)

 

Plaidoyer pour le droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales

 

Revendication vieille de plus de 30 ans, le droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales est à nouveau dans l'actualité. En effet, le cinquantième engagement du candidat François Hollande disait « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans ».

Le président de la République a renoncé a faire adopter son projet d'attribution du droit de vote aux seules élections municipales (et non locales) par voie parlementaire, faute d'une majorité qualifiée au Congrès. Il a aussi renoncé à un référendum qui ne porterait que sur cette question.

 

Reste la possibilité que le droit de vote soit une des réformes proposées dans le cadre d'un référendum à questions multiples. Ce qui donnerait une grande responsabilité aux partis de gauche qui soutiennent cette revendication depuis longtemps mais surtout aux associations qui ont mené de multiples campagnes. C'est pourquoi il est nécessaire de rappeler et de populariser quelques arguments.

 

Tout commence avec la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui fait partie du bloc constitutionnel de la Cinquième république, « Tous les hommes naissent et demeurent égaux en droits » et avec la devise de la République, « Liberté, Égalité, Fraternité ». Les choses sont claires, les Révolutionnaires 1789 l'ont dit et répété, la Déclaration ne concerne pas seulement les Français mais tous les hommes. C'est en connaissance de cause qu'elle a été mise dans le préambule des constitutions de 1946 et de 1958. De plus, la France est signataire de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) et de la Charte européenne des droits fondamentaux qui reprennent les mêmes valeurs fondamentales.

 

Tous les hommes sont porteurs des mêmes droits. Le principe énoncé, il convient « d'en assurer par des mesures progressives d'ordre national et international la reconnaissance et l'application universelles et effectives »comme le dit le préambule de la DUDH.

 

Droit de vote et citoyenneté : Le droit de vote se rattache à la citoyenneté, il ne la résume pas. Il la fortifie. Avoir le droit de vote, inséparable de l'éligibilité, c'est avoir le droit de penser, d'écrire, de manifester... C'est aussi le droit d'en revendiquer de nouveaux. Pour une résident étranger, c'est, en plus, une confirmation solennelle de son droit au séjour.

 

Le droit de vote ne suffit pas à faire le citoyen : être citoyen, c'est participer à la vie de la cité, c'est prendre ses affaires en main dans le respect du bien commun. Même sans droit de vote, de nombreux résidents étrangers participent à la vie de la cité, de multiples façons, comme tous les autres citoyens à travers la vie associative, culturelle, sportive... D'autres, comme nombre de Français, se contentent d'y vivre.

 

Si le droit de vote est nécessaire pour être citoyen et être reconnu pleinement comme tel, il n'est pas la solution à tous les problèmes. Les ouvriers ont le droit de vote depuis 1848, les femmes depuis 1944, la question ouvrière, la question féminine n'ont pas reçu de réponse satisfaisante pour autant. Mais qui souhaiterait faire marche arrière sur ces droits ?.Le droit de vote des résidents étrangers ne résoudra pas tous leurs problèmes, il leur permettra cependant d'être mieux entendus. Ce sera un nouveau pas vers l'égalité.

 

Le droit de vote se situe au carrefour d'évolutions diverses.


- Évolution des droits des résidents étrangers en France

Alors que les militants sont justement indignés par les difficultés dans la vie quotidienne des résidents étrangers, il ne faut pas oublier le long cheminement vers l'égalité des droits. Pour ne citer que quelques étapes : élection des représentants du personnel sans éligibilité en 1946, éligibilité comme délégués syndicaux en 1968, ouverture des fonctions d'administration ou de direction d'un syndicat en 1975, banalisation du droit d'association en 1981, droit d'être administrateur dans les caisses de sécurité sociale, les OPAC, les OPHLM... (1982), droit de vote (sans éligibilité) aux élections prud'homales... Et pour les citoyens de l'UE droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales et européennes.

 

- Extension progressive du suffrage universel

La route vers un suffrage réellement universel est longue et la France est en retard. Si le suffrage universel « masculin » a été établi en France en 1848, il n'a été étendu aux femmes qu'en 1944 : il était reconnu depuis 1893 en Nouvelle Zélande, 1906 en Finlande...1930 en Turquie, 1931 en Espagne et au Portugal...

Il a ensuite été attribué aux militaires en 1945, aux 18-21 ans en 1974, aux citoyens de l'Union européenne (UE) pour les élections municipales et européennes par le traité de Maastricht de 1992. Une nouvelle étape serait l'ouverture aux résidents étrangers du droit de vote aux élections municipales.

Lors des précédentes extensions, le droit de vote et d'éligibilité a été attribué pour toutes les élections. Pour les citoyens de l'UE vivant en France, ce droit a été limité aux seules élections municipales et européennes. Pour les résidents étrangers non communautaires, il n'est question que des élections municipales.

 

- Une évolution des pays démocratiques.

L'attribution du droit de vote aux résidents étrangers est une question qui se retrouve dans la plupart des pays démocratiques. Au niveau européen, la France, comme pour le droit de vote des femmes, est plutôt en retard.

En effet, le droit de votre des résidents étrangers est reconnu dans le canton de Neuchâtel (Suisse) depuis 1849, en Irlande 1963, en 1975 en Suède pour ne parler que de quelques pays européens... En Suède, les étrangers ont même pu participer en 1980 au référendum sur l'avenir du nucléaire et en 2003 sur l'euro !

 

Le Royaume-Uni est particulièrement intéressant. Les Irlandais et tous les ressortissants du Commonwealth (53 pays) ont le droit de vote et d'éligibilité à toutes les élections. Avec une loi identique en France, tous les ressortissants de l'ancien empire colonial pourraient participer à toutes les élections, de l'Algérie à Madagascar, du Sénégal au Vietnam... Mais la France est un pays universaliste et ne saurait réserver un tel droit aux seuls ressortissants de son ancien empire. Elle préfère ne le donner à aucun.

Pour s'en tenir aux États de l'UE, la France fait partie des 9 pays de l'UE à 25 qui excluent à ce jour les étrangers du droit de vote en dehors des obligations du traité de Maastricht.

 

Dans le monde, 65 États sur 193, ont ouvert le droit de vote à certaines élections au moins sur une partie de leur territoire à des résidents étrangers. C'est dire que le lien nationalité-citoyenneté est une règle qui comporte beaucoup d'exceptions.

Certains États sont allés plus loin que le seul droit de vote aux élections municipales ou intermédiaires, ils ont accordé le droit de vote à tous leurs résidents étrangers pour toutes les élections comme la Nouvelle Zélande, l'Uruguay ou le Chili où les Français ont pu voter y compris sous la dictature de Pinochet !

 

Au total, les Français ont le droit de vote dans tout ou partie du pays, à toutes ou seulement à certaines élections, dans une cinquantaine de pays.

 

La citoyenneté après Maastricht

Toute personne qui a la nationalité de l'un des États membres est citoyenne de l'UE. A ce titre, elle a le droit de vote et d’éligibilité, aux élections municipales et européennes dans le pays de résidence dans les mêmes conditions que les nationaux. En France, dans les mêmes conditions que les Français.
Par ce traité et pour une part, l'exercice de la citoyenneté en France a été détaché de la nationalité française. Mais non de la nationalité de l'un des États membre.

Dans les pays qui avaient donné le droit de vote aux élections municipales ou locales avant le traité, ce droit avait été reconnu à tous les étrangers quelle que soit leur nationalité (quelquefois après une étape intermédiaire comme dans les pays scandinaves). Désormais, le traité a introduit une différence en fonction de la nationalité ce qui aboutit à un système de castes :

  • les nationaux qui ont le droit de vote et d'éligibilité à toutes les élections ;

  • les citoyens de l'UE qui ont le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales et européennes dans les mêmes conditions que les nationaux ;

  • les citoyens étrangers extra-communautaires qui on ou non le droit de vote aux élections municipales ou locales, avec ou sans éligibilité au bout de quelques années de résidence, en fonction de la législation du pays d'accueil ;

  • les sans papiers, les hors castes, totalement exclus du droit de vote.

 

Incohérences constitutionnelles ?

Le Conseil constitutionnel a jugé qu'il fallait modifier la Constitution pour attribuer le droit de vote lors des élections municipales aux citoyens non français de l'UE. Du fait du mode d'élection du Sénat qui « participe à l'exercice de la souveraineté nationale ».
Ce qui a été fait, les citoyens de l'UE peuvent être électeurs et élus lors des élections municipales. Ils ne peuvent être ni maire, ni maire adjoint, ni grand électeur. Mais lors d'une élection municipale, ils peuvent participer à un changement de majorité. Ils peuvent voter pour l'élection du maire, des maires-adjoints... grands électeurs et donc, ils participent à l'élection des sénateurs, indirectement.

Pour le droit de vote et d'éligibilité lors des élections européennes, le Conseil constitutionnel a estimé qu'il n'était pas nécessaire de reformer la Constitution. Il a donc suffi d'une loi pour qu'un citoyen allemand, belge ou polonais vivant en France puisse représenter la France au Parlement européen. C'est par exemple le cas de Daniel Cohn-Bendit qui n'a pas la nationalité française même s'il appartient à l'Histoire de France...

Une loi simple a suffi. Une loi simple suffirait pour donner le droit de vote aux élections européennes. Cela n'a fait bouger aucun parlementaire même pas ceux qui se disent pour le droit de vote des étrangers à toutes les élections.

 

De quelques arguments

Le traité de Maastricht donne un nouvel éclairage à certains arguments.
- Le lien nationalité française-citoyenneté a été rompu puisque des citoyens étrangers peuvent participer, de façon indirecte, à l'élection des sénateurs et représenter la France au Parlement européen. Pourquoi ce qui est possible pour les communautaires ne le serait-il pas pour les non communautaires ?

- Certains invoquent le principe de réciprocité. Effectivement, le traité de Maastricht attribue des droits aux citoyens de l'UE sur le principe de réciprocité. Mais la réciprocité est toujours invoquée pour s'opposer à l'ouverture de la citoyenneté, jamais pour son extension. Quel parlementaire a proposé de donner le droit de vote aux ressortissants des pays qui permettent aux Français de voter aux élections locales ou même nationales ?
Le principe de réciprocité est ici très discutable. La citoyenneté, un droit de l'homme, peut-elle être négociée entre 2 États ? Quel sens peut avoir la réciprocité pour des étrangers ayant quitté ou fui ou combattu une dictature ? Doivent-ils être condamnés à une double peine : pas de droit de vote dans le pays dont ils ont la nationalité, ni dans le pays où ils résident, insuffisamment démocratique ? Combien faudra-t-il de traités de réciprocité pour donner le droit de vote à tous les résidents étrangers ?

 

- Avec le traité de Maastricht et la citoyenneté de l'UE, il n'est plus question ni de durée de résidence, ni d'intégration.
Le texte dit « dans les mêmes conditions que les nationaux ». Les nationaux doivent s'inscrire sur les listes électorales dans les 6 mois qui suivent un changement de domicile. Les citoyens de l'UE peuvent donc s'inscrire sur les listes électorales complémentaires qui sont ouvertes pour eux.
Ils peuvent s'inscrire sur les listes électorales quelle que soit leur connaissance de la langue française, leur degré d'intégration... Ainsi, le 30 avril 2004, les ressortissants de 10 pays européens n'étaient pas digne de voter aux élections municipales et européennes. Mais le sont devenus le 1er mai. Que s'est-il passé cette nuit-là ? Rien, si ce n’est l'entrée en vigueur du traité d'adhésion de ces pays (Pologne, Slovénie, Chypre...) dans l'UE. Et leurs citoyens résidant dans une des États membres de l'UE dont ils n'avaient pas la nationalité ont pu participer, sur leur lieu de résidence, aux élections...
Ce changement de statut, ces nouveaux droits n'était liés en rien à leur situation personnelle. Ils leur ont été attribués parce que les États en avaient décidé ainsi. Quand la politique veut...

 

- Ils ne sont pas plus intégrés mais ils partagent avec les Français le même destin européen... C'est possible au niveau européen. Mais rien ne peut être dit pour le niveau communal. Ils ne s'engagent en rien à demeurer dans la même commune, comme les Français d'ailleurs. Et ils y sont installés depuis moins de temps que beaucoup d'autres à qui le droit de vote est refusé.

 

- Le droit de vote est-il un facteur d'intégration ou doit-il être l'aboutissement d'une intégration réussie ? Il est évident que concernant les citoyens de l'UE, le droit de vote n'est pas un aboutissement mais peut être interprété comme un facteur d'intégration. Pourquoi ce qui est valable pour les uns ne le serait-il pas pour les autres ? Veut-on intégrer les uns et non les autres ?

 

- Le droit de vote pourrait favoriser le communautarisme. Mais où est le risque communautaire, si risque 'il y a ? Dans la nécessité de s'intégrer dans une liste pour se faire élire lors des élections ? Toutes les listes qui se sont constituées sur des bases communautaires ont obtenu de très faibles résultats. Ou dans la proclamation de principes universels, non appliqués qui poussent les personnes discriminées à chercher ailleurs d'autres valeurs qui les intègrent ?

 

- Pourquoi revendiquer l'ouverture d'une citoyenneté partielle quand on peut, facilement (?) obtenir une citoyenneté complète et le droit de vote à toutes les élections en profitant d'une législation favorable à l'acquisition de la nationalité française après 5 ans de présence ?
Façon de remplacer remplacer un droit, le droit à la citoyenneté, par une condition que pour des raisons personnelles, certains peuvent avoir des difficultés à satisfaire.
De plus, la naturalisation n'est pas toujours facile à obtenir même après de nombreuses années de présence sur le territoire. Pour des raisons peu claires. Si environ cent mille personnes obtiennent la nationalité française par naturalisation chaque année, on peut être surpris de voir que le taux d'ajournement ou de refus varie suivant une échelle colorimétrique : plus la peau est sombre, plus ce taux est élevé ! (1,2)

 

Attribuer le droit de vote mettrait en danger la souveraineté nationale ! Parce que des résidents étrangers voteraient aux élections municipales, la patrie serait en danger ! Mais qu'est-ce qui est le plus dangereux ? Participer au souverain et donc y être engagé ou ne pas participer et s'en sentir exclu. ?

Que la moitié du CAC 40 appartienne à des capitaux étrangers, que 75% de l'endettement public soit détenu par des non-résidents, que les PDG de grandes entreprises soient dirigées par des étrangers serait moins dangereux pour la souveraineté ?

Dans les moments décisifs de l'histoire nationale, des étrangers ont joué un rôle important de la Révolution (un trentaine d’étrangers ont été récompensés du titre de vainqueurs de la Bastille) à la Libération (des tankistes espagnols étaient dans les premiers chars de la Deuxième DB entrés dans Paris) en passant par la Résistance ou la Légion comme son nom l'indique.

La nationalité n'est ni nécessaire, ni suffisante pour garantir un comportement exemplaire dans les moments difficiles, l'actualité le prouve encore chaque jour avec l'engouement de certains pour l'émigration fiscale.

Les pays qui ont attribué le droit de vote à leurs résidents étrangers sont-ils moins souverain que la France ? Aucun n'a fait marche arrière lors de changements de majorité. Ils sont surtout plus démocratiques.

 

Le droit de vote, cela a été dit, n'est pas la solution à tous les problèmes. Ce n'est même pas la solution à toutes les difficultés rencontrées par les résidents étrangers en France et il est un peu tard pour dire que cette mesure serait exemplaire. Maisl'attribution du droit de vote renforcerait le poids électoral des couches sociales qui souffrent le plus au lieu de les diviser, diminuerait ainsi certaines tensions sociales et favoriserait la cohésion nationale.

L'ouverture plus que le repliement est une force et un signe de confiance en soi. Le droit de vote reconnu aux résidents étrangers, par référendum, montrerait que les Français sont attachés aux valeurs proclamées, qu'ils veulent encore avancer vers plus de démocratie, vers un suffrage réellement universel.

 

 

 

1 – Les naturalisations de 1992 à 1995. Migrations société n°57 mai-juin 1998

2 – L'autruche républicaine ! Migrations société n°77 septembre octobre 2001.

 

Pour en savoir plus :

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