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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 21:06
Faucheurs de chaises contre BNP

 

Florent Compain, président des Amis de la Terre France, est poursuivi en justice, à Bar-le-Duc, par la BNP Paribas pour avoir participé à une réquisition citoyenne de chaises dans une agence de la banque en novembre 2015.
À l’occasion de ce second procès d’un Faucheur de chaises, un rassemblement public devant le siège national de la BNP Paribas à Paris a été organisé. Pour rappeler que c’est BNP Paribas, non les Faucheurs de chaises, qui devrait être sur le banc des accusés pour son rôle dans l’évasion fiscale et le financement de projets climaticides.

Lors du Sommet citoyen pour le climat, Alternatiba et la Coalition Climat 21, ont réuni sur la place publique, à Montreuil (93), les 196 chaises « réquisitionnées » dans des succursales de banques en France, Belgique, Suisse. Sur ces chaise avaient pris place 196 personnes de la société civile, venant des 5 continents et engagées dans les luttes pour « changer le système, non le climat ».
Depuis, ces 196 chaises ont été restituées, devant le Palais de justice, à Paris, lors du procès de Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale et blanchiment.

Faucheurs de chaises contre BNP

Aujourd'hui, à l'occasion du procès de Florent Compain, à Bar le Duc, les Faucheurs de chaise ont voulu rappeler que réquisitionner ces chaise, à visage découvert et sans violence, était un acte citoyen, transparent, nécessaire.
Tandis que les milliards sont détournés, discrètement, vers les paradis fiscaux par les grandes banques dont le première banque de France, la BNP.
L'évasion fiscale s'élèverait en France à 60-80 milliards d'euros.
Ce ne sont pas les faucheurs de chaise qu'il faut poursuivre mais la BNP. Pour ses activités dans les paradis fiscaux.

Faucheurs de chaises contre BNP

Une première victoire a été obtenue : la BNP Paribas a mis fin à ses soutiens directs à de nouveaux projets charbon mais elle continue ses activités de financement et d’investissement dans les énergies fossiles qui contribuent aux perturbations climatiques. En opposition à ses promesses et à ses engagements dans le cadre de la COP 21! La BNP cherche aussi à financer d’autres projets comme le terminal d’exportation de gaz de schiste Texas LNG, aux États-Unis, alors que les gaz de schiste sont interdits en France !
Les choix de la BNP Paribas aggravent la crise climatique.

L’argent qui est aujourd’hui dissimulé dans les paradis fiscaux et qui sert à financer les entreprises les plus polluantes doit être réorienté, de façon urgente, vers une transition écologique et sociale qui permette de relever le défi climatique.
 

 

Faucheurs de chaises contre BNP

Ce ne sont pas les Faucheurs de chaises, les lanceurs d’alerte ou les militants écologistes qu’il faut poursuivre mais les puissantes multinationales qui organisent le système de l’évasion fiscale, la destruction de l’environnement et des conditions de vie des populations partout dans le monde.
C’est la BNP Paribas qu’il faut mettre sur le banc des accusés !

Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
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Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
Faucheurs de chaises contre BNP
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 22:20
Unir le peuple !

Marine Le Pen affirme Avec moi, celui qui déballera ses cartons à l'Élysée, ce sera le peuple. Seule contre tous, elle met en évidence, de façon imagée, sa prétention à parler au nom du peuple. Suggérant que les autres candidats à la présidentielle débattent en comparses, en connivence. Derrière cet apparent isolement, elle conduit à lancer des œillades vers une certaine droite qui ne comprend pas pourquoi cette séparation invisible, cette fragile paroi de verre, entre droite extrême et extrême droite, ne pourrait pas sauter pour établir enfin un gouvernement de rêve. Devant les évolutions convergentes de l'extrême droite dédiabolisante et la droite de plus en plus extrême et divisée.

 

Marine Le Pen, seule contre tous. Contre tous les étrangers, enfin contre tous les étrangers visibles. Le racisme est un délit, elle sait manier l’euphémisme. Et personne contre elle, contre ce qu’elle dit. Parce qu’elle est difficile à contrer. Comme son père que seul Bernard Tapie avait su renvoyer dans les cordes lors d’un tête à tête.
Ou bien on discute, pas à pas, les simplismes avancés et on la met en vedette en se mettant sur son terrain. Ou on ne lui répond que par des généralités éculées, reprises depuis des dizaines d’années face au père et à la fille, avec toujours les mêmes résultats. Ce qui commence à inquiéter beaucoup de monde au point de vue électoral.

Car ce qui inquiète, ce sont les résultats électoraux plus que la situation des électeurs, des citoyens, de ceux qui votent pour le Front national, insatisfaits d’avoir voté pour les uns ou pour les autres…

 

Lors du grand débat, chacun a fait, justement, ce qu’il sait faire. Chacun a mis en avant son programme. Quel programme ? Celui mené, à ce jour, par les gouvernements de droite ou de gauche, - aggravé ou amélioré ? - qui fait que, en France comme dans toute l’Europe, les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus nombreux ?
Jusque là, pour faire barrage aux candidats du Front national ou à Le Pen, père ou fille, il y avait le Front républicain – l’UMPS - maintenant, il y a l’UMPS en un seul candidat, le jeune Emmanuel Macron !
Non pour résoudre les problèmes, traiter le mal à la source. Entendre la plainte de ceux qui votent pour et leur parler, leur faire des propositions qui soient audibles par tous.

 

Certes, le dérèglement climatique met en question la survie de l’humanité. Et les institutions nationales et européennes sont un obstacle qui rend impossible tout changement de politique sans intervention massive des citoyens.

Mais cela ne répond pas à leur problème immédiat. L’élection présidentielle est l’occasion de mobiliser ceux qui ont le plus intérêt au changement de politique économique, sociale. Ici. Changement, aussi, de politique étrangère et ses aventures militaires qui ne sont pas sans conséquence.


 

Unir le peuple !
Unir le peuple !

Faut-il enfin rappeler que, pour la première fois dans une élection présidentielle, deux candidats ont des problèmes avec la justice. Ce sont les deux candidats qui prônent la tolérance zéro pour les délinquants ! L’un a annoncé qu’il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle en cas de mise en examen. Il fait le contraire une semaine plus tard ! L’autre refuse de répondre à une convocation du juge !
Espèrent-ils, tous les deux, que leur élection éventuelle les mettra à l’abri de toute poursuite ?
 

Unir le peuple !

Des choses ont été dites, discrètement, lors du grand débat à la télévision. Mais qui s’est adressé, directement au cœur des 10 millions de téléspectateurs et, à travers eux, à tous ceux qui vivent dans un pays de plus en plus inégalitaire.

Qui leur a dit clairement que leurs problèmes ont les mêmes causes. Qu’aller les uns contre les autres les affaiblit ! Que c’est leur union qui fait leur force ! Sans distinction d’origine, de race ou de religion comme il est écrit dans l’article 2 de la Constitution de la V° République.

Si cet appel n'est pas lancé, fortement, s'il n'est pas entendu, le peuple marinera, longtemps.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 10:54
Ménages de printemps... et d'automne

La route est désormais dégagée pour les onze candidats à l'élection présidentielle (1). Les candidats ont été nombreux mais beaucoup éliminés soit, pour la grande majorité, parce qu'ils n'ont pas obtenu le nombre de parrainages nécessaires, soit parce qu'ils ont été écartés lors de la primaire à laquelle ils ont participé.

 

Bien que concourant tous, officiellement, pour l’élection présidentielle, leur place dans l'élection n'est pas exactement la même, ni leur but.

 

Certains, Jean Lassalle, Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, François Asselineau, Jacques Cheminade utilisent cette élection qui leur donne l’occasion, rare pour ces candidats disposant de faibles moyens, de s’adresser à toute la population dans l’élection la plus suivie par les médias et les citoyens en espérant élargir l’audience de leurs idées, de leur organisation.


 

Les autres, François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, espèrent réunir suffisamment de suffrages (ou font comme si...) pour pouvoir participer au second tour et affirment viser, réellement, la présidence de la République.
Ils poursuivent, dans le même temps, d'autres buts : comme les précédents, renforcer leur audience et celle de leur organisation, souvent aussi renforcer leur place dans leur propre organisation, préparer les élections législatives qui suivront la présidentielle, restructurer l'espace politique, préparer la rentrée d’automne. Avec des possibilités qui dépendent des résultats de la présidentielle.

 

 

Marine Le Pen est, parmi ces candidats, celle qui risque le moins, personnellement. Même si elle n’est pas élue pour participer au second tour, sa place à la tête du Front national ne sera pas remise en question. Il n’est pas certain qu’il en soit de même pour des personnalités, déjà contestées, dans son entourage.
Il est aussi difficile de prévoir ce que feront des militants, discrets pour ne pas gêner la dédiabolisation recherchée de l’organisation mais qui pourraient se sentir libérés par son échec.

 

Ménages de printemps... et d'automne

Pour François Fillon, une victoire, devenue plus difficile à cause de multiples affaires, le mettrait à l’abri de la justice, pour de nombreuses années sauf nouvel événement particulièrement grave. Ce serait bien différent s’il n’est pas élu…
Par ailleurs, u
ne défaite sévère déclencherait une bataille sanglante au sein de la droite. On a bien vu, lors de la semaine du doute, que nombreux étaient ceux qui pensaient avoir un destin national.

 

Entre les clans, elle est, déjà, en cours pour s’assurer un groupe plus ou moins important, plus ou moins homogène à l’Assemblée nationale et pour le contrôle du parti. Les compromis passés avant le scrutin risquent d’être remis en question... Son élection aiderait François Fillon à renforcer son autorité. En cas d’échec et surtout s’il n’est pas retenu pour participer au second tour, la bataille s’ouvrirait dans un parti éclaté.

 

Emmanuel Macron doit, dès maintenant, faire le tri parmi les nombreuses personnalités de droite, de gauche ou d’ailleurs qui se précipitent, pas toujours désintéressées, sous son aile. Beaucoup seront déçus de n’avoir pas la place espérée.
La question est d’autant plus complexe qu’il n’a probablement pas une équipe prête à former un gouvernement relativement homogène, qu’il doit, dans les jours qui viennent, essayer de nommer 577 candidats pour les élections législatives en espérant emporter ce troisième tour de la présidentielle et obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Tout en mettant en place une ébauche de structure plus ou moins proche de la forme parti-attrape-tout-droite-gauche - avec quels équilibres ? - dont il s’est passé jusqu’ici.
Si de bons résultats et surtout une élection peuvent créer une dynamique, il n’est pas certain qu’elle soit suffisante pour faire céder les barons locaux et lui donner une majorité stable à l’Assemblée nationale.

 

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont un électorat qui se chevauche partiellement et qui rend improbable la présence de l’un de deux au second tour. D’où des pressions, notamment par pétition, pour que les deux candidats s’entendent. Il est fort probable que cette entente n’aura pas lieu pour de raisons qui ne tiennent pas seulement à des raisons psychologiques
Leur entente entraînerait une dynamique dont il est difficile de dire si elle serait positive ou négative... La politique a inventé les mathématiques post-modernes où 1000 + 1000 font rarement 2000, peuvent faire 2500 mais plus souvent 1500.
L
e demi-ralliement du PC à la candidature insoumise en est un exemple. Plus difficilement appréciable, le nombre des socialistes qui désapprouvent le programme trop écologique de l’accord Benoît Hamon avec EELV. Et ceux qui ont pris acte du programme écologiste de Jean-Luc Mélenchon, le rejoignent, comme Sergio Coronado dont la candidature était pourtant préservée dans le cadre de l’accord Benoît Hamon-EELV...

 

A tout ceci, il faut ajouter le peu denthousiasme de certains participants à la primaire citoyenne de la Belle Alliance populaire, partisans des deux gauches inconciliables, qui refusent de soutenir Benoît Hamon ou soutiennent Emmanuel Macron… Ils seraient encore plus nombreux et véloces en cas d’entente avec Jean-Luc Mélenchon… sans parler du cas où L’insoumis serait le titulaire. Ce dernier a quitté le PS en 2008 et Benoît Hamon, le gouvernement seulement en 2014 et sans jamais le censurer !!!
Sans oublier, de l’autre côté, les réticences qu’auraient les insoumis à se mobiliser derrière Benoît Hamon !

 

Toutes ces tractations tournent autour de questions que le rattachement des élections législatives, un mois seulement après la présidentielle, vient compliquer.

Les programmes des candidats aux primaires, aussi bien celles de la droite et du centre que celles de la Belle Alliance populaire, ont montré qu’il pouvait y avoir des différences significatives entre les concurrents. Entre François Fillon et d’Alain Juppé d’un coté. Entre Manuels Valls et de Benoît Hamon de l’autre. Et encore plus entre Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon.
Ajouté aux querelles personnelles, cela rend difficile ensuite de parler d’unité.

 

La question des législatives et la répartition des 577 circonscriptions est un autre point central des discussions. On le voit aussi bien au niveau de la droite et du centre qu’à gauche. Circonscriptions réservées à EELV ou aux radicaux de gauche... Querelles entre la la France insoumise et le PCF…
Car la victoire à la présidentielle n’est rien sans une majorité à l’Assemblée nationale. La désignation des candidats à la députation est d’autant plus difficile qu’il n’y a, ni à droite, ni à gauche, de personnalité qui fasse consensus. Et qu’une telle personnalité à peu de chance de se dégager avant la présidentielle. D’où une distribution des sièges qui risque d’être remise en cause après la présidentielle.

Tout ceci risque d’aboutir à une multiplication des candidats pour chaque siège et à une chambre ingouvernable ?

Sans oublier les questions d’argent : depuis 1988, le financement public des partis politiques dépend des résultats aux élections législatives et du nombre de parlementaires, ce qui peut mettre en question la survie de certains.

 

Ménages de printemps... et d'automne

La restructuration de la gauche, peu discutée pour le moment, dépend en partie du résultat de la présidentielle, derrière la bataille fraternelle entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Autour du PS ? Celui de Benoît Hamon ou celui de Manuel Valls ? Ou celui d’Emmanuel Macron ? Autour de la France insoumise ? Avec quelle participation du PCF ?
Cette question ne se pose pas qu’en France
mais de façon différente, en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni… L’élection présidentielle, le poids de l’extrême droite la rendent peut-être plus aiguë, plus évidente, plus nécessaire.

Après les dégagements du printemps, bien des feuilles risquent de tomber à l’automne.

 

1 - Environ 70 personnes ont annoncé, à un moment ou à l'autre, leur candidature. Le Conseil constitutionnel a validé François Fillon (2953 signatures), Benoît Hamon (1717), Emmanuel Macron (1548),Jean Lassalle (708), Nicolas Dupont-Aignan (672), Jean-Luc Mélenchon (666), Nathalie Arthaud (623), Marine Le Pen (618), Philippe Poutou (573), François Asselineau (569), Jacques Cheminade (528).

Ménages de printemps... et d'automne
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 20:58

Suite aux violences policières, une manifestation Justice et Dignité était organisée de la place de la Nation à la place de la République à Paris, le dimanche 19 mars, à l'appel de nombreuses organisations.

La participation était plus importante que pour nombre de manifestations de ce type, avec beaucoup de jeunes, plus bigarrée qu'à l'ordinaire, même si les Asiatiques étaient absents.

J'ai quitté la manifestation avant la place de la République. Je n'ai pas assisté à la partie artistique qui se préparait et n'ai rien vu des incidents... que j'ai appris pas la radio.

Quelques images.

JUSTICE ET DIGNITE, manifestation
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JUSTICE ET DIGNITE, manifestation
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Lors de la Marche pour l'égalité et contre le racisme, au PSU, nous avions fait une banderole du même type  mais encore plus dure qui était affiché à l'arrivée à Montparnasse. Une chose a changé : à l'époque, les jeunes tués étaient, essentiellement d'origine maghrébine aujourd'hui, ils sont plus souvent d'origine subsaharienne.
Cela m'a rappelé que Sally N'Dongo m'avait dit, dans cette période, nous ne voulons pas que ce qui arrive aujourd'hui aux enfants maghrébins arrive un jour à nos enfants...

JUSTICE ET DIGNITE, manifestation
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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 22:47

Suite au rassemblement à la Bastille, le 18 mars 2012, Jean-Luc Mélenchon avait appelé les soutiens de la France Insoumise à sa candidature pour une marche de la Bastille à République, ce 18 mars 2017.

 

 

 

Voici quelques images sur le parcours ...

Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France InsoumiseBastille République de la France InsoumiseBastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France InsoumiseBastille République de la France InsoumiseBastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France InsoumiseBastille République de la France InsoumiseBastille République de la France Insoumise

Quelques images plus personnalisées.

Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
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Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
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Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise

Des points du programme repris par de nombreux manifestants.

Bastille République de la France Insoumise

Place de la République

Bastille République de la France Insoumise
Bastille République de la France Insoumise
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 17:21
Les urnes de Pandore

Tout était prévu pour ces printanières élections. La campagne électorale n’a pas commencé, déjà, sur le bord de la route, quelques dégagés, en attendant l’ouverture des urnes de Pandore de la présidentielle et des législatives dont personne ne peut dire ce qui en sortira.

 

Surtout pas les sondeurs. Leur prudence apparaît après les déboires en France lors des primaires de droite et de gauche et lors du référendum britannique et de l’élection présidentielle aux États-Unis.

Désormais un sondage sur les élections ne peut être publié sans qu’il soit précisé : attention, il ne s'agit pas d'une prédiction du vote des Français mais d'une photographie des intentions à la date de réalisation du sondage (1).


Les sondeurs ne présentent pas encore correctement leurs résultats qui devraient être, par exemple : candidat A, 26 +/–3 %, candidat B, 23 +/-3 %. Ceci conduirait à reconnaître que ces résultats sont quasiment identiques pour A entre 23 et 29 % et pour B entre 20 et 26 %. Cela anéantirait la pertinence de maintes discussions, notamment sur les avancées ou les reculs de 1 ou 2 % de tel ou tel candidat.
 

Le second tour de la présidentielle 2017 devait être identique à celui de 2012.
 

Le président sortant, candidat naturel malgré les statuts de son parti, une politique rejetée dans les urnes aux élections intermédiaires, dans la rue (manifestations à répétition), au parlement (49-3), dans la courbe du chômage qui refusait de plier à ses injonctions depuis 2013 et même dans son impopularité lue... dans les sondages et la volonté d’exfiltration bienveillante de certains de ses amis qui avaient inspiré sa politique...
Finalement, François Hollande a pris la décision unique dans l’histoire de la V° République de renoncer à défendre son bilan dans la primaire de gauche d’abord et dans une éventuelle candidature à la présidentielle.

 

Après cette historique abdication, la primaire citoyenne de la Belle Alliance populaire, le parti socialiste et ses alliés du gouvernement, a entraîné un deuxième dégagement, celui du Grand Vizir qui voulait être Calife à la place du Calife, mis benoîtement sur la touche.

Petite tempête, chez EELV, troisième dégagement, l’ancienne ministre qui se croyait candidate légitime, dés le premier tour de la primaire écologiste.

 

Dégagement dès le premier tour de la primaire de la droite et du centre : l’ancien président de la République, doublement légitime, en tant qu’ancien président et tête du parti d’opposition, malgré un bruit de fond de casserole. Suivi, au second tour, du meilleur d’entre nous, ancien premier ministre, malgré le soutien de généreux contributeurs de la gauche, du centre, de la droite. Éliminé au profit du Premier-ministre-collaborateur-honnête-notable-discret mais résilient pendant cinq ans d’un président de la République parvenu et m’as-tu-vu.


 

Les urnes de Pandore

Avec le changement climatique, les perturbations sont quelquefois soudaines. Le notable, honnête, catholique, gaulliste, qui ne pouvait imaginer la candidature de son ancien chef de service, mis en examen, se retrouve quelque jours plus tard dans cette situation. Face à la perfidie de ses adversaires, de ses amis, de la presse et des juges, il n’hésite pas à faire appel au peuple de droite, contre tout le monde, pour renverser le vent de destitution annoncée. Appel gaullien et mea culpa, devant ses troupes catholiques, le voila transformé, obligeant tous, amis et ennemis, fidèles et traîtres, à se rallier car il y aura plus de joie à l’Élysée pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance.

 

Finalement, le désir de changement a, déjà, emporté deux anciens présidents de la République, deux anciens premiers ministres et une ancienne ministre. Tout ceci parfaitement imprévu par ceux qui savent, dont les déclarations remplissent quotidiennement la presse sous toutes ses formes. Et, bien sûr, imprévu par les sondages.


 

Les urnes de Pandore

Tous aux abris. Des dégagements, importants par le nombre, sont à prévoir avec les élections législatives : ceux qui annoncent leur renoncement, leur retraite et ceux qui, du fait de la limitation du cumul des mandats, donneront leur préférence à un mandat local sûr, qui n’est pas en jeu pour le moment, plutôt qu’à un mandat national incertain…

 

Il est possible d’annoncer un certain renouvellement du personnel politique au niveau national qui ne préjuge en rien d’un changement de ligne. Mais aussi des sondages toujours aussi intéressants à commenter. Par les mêmes toujours aussi compétents.

 

Reste qu’à ce jour, et le présent article n’y échappe pas, il a été beaucoup plus discuté des affaires que de la politique, de la ligne politique des candidats. On est cependant en droit de se poser la question de savoir si c’est une qualité ou un défaut.

Car l’impression qu’on peut avoir d’assister à la fin d’un régime, d’un système tient à plusieurs choses :

- la multiplication des affaires qui arrivent sur la place publique, qui témoignent d’un changement d’époque, même si beaucoup se terminent par un non-lieu dont chacun sait qu’il est dû surtout aux qualités procédurières des avocats ;

 

- la parole changeante d’un candidat d’une semaine à l’autre : je ne serai pas candidat si je suis mis en examen suivi d’un je serai candidat même si je suis mis en examen avec quelques hésitations mais sans aucune sanction des éléphants de son clan, ni semble-t-il de ses potentiels électeurs – encore faut-il attendre, prudemment, le résultat de l’élection ;

 

- le candidat élu ne suit que de très loin le programme qu’il a annoncé. La primaire, relativement réussi de la gauche en 2012, a permis de voir que la politique suivie par le président élu n’était pas celle attendue, notamment avec l’arrivée comme premier ministre de celui qui n’avait recueilli que 5 % des voix à cette primaire !

 

- l’apparition de concurrents qui ont été membres d’un même gouvernement, l'un ne s'est pas présenté à la primaire pour faire cavalier seul ou les autres se sont présentés avec des propositions complètement différentes en annonçant qu’ils se désisteraient en faveur du gagnant et qui refusent, ensuite, de le suivre parce qu’il maintient les propositions annoncées...

 

Seule espérance que cette déliquescence morale et politique soit sanctionnée par les électeurs à l'élection présidentielle et aux législatives..

 

 

Les urnes de Pandore

1 – Ces précautions n’existent toujours pas dans les autres sondages. Pour une raison simple : il est possible de comparer les résultats des sondages et de l’élection. Les erreurs apparaissent alors.
Ce moment de vérité n’existe pas devant tous les sondages qui assurent que les Français pensent telle ou telle chose. La qualité du sondage peut être difficilement estimée.

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 22:38

Il y a un an, jour pour jour, disparaissait Jacques Salvator.

Aujourd'hui, 11 mars 2017, son nom a été donné à une rue d'Aubervilliers dont il a été maire-adjoint puis maire de 2008 à 2014, en présence du président de la République, de plusieurs ministres, de nombreux élus de la municipalité, du département... et de son épouse Évelyne Yonnet-Salvator, sénatrice.

J'ai connu Jacques Salvator au PSU.
Membre, pendant plusieurs années, de la commission immigration du PSU et de ses avatars, Arev, Les Alternatifs, nous avons toujours eu des relations amicales.
Il nous a apporté son soutien au PSU où il avait des responsabilités. Quand il est devenu maire, socialiste, à Aubervilliers, j'ai animé, à plusieurs reprises, des réunions sur l'immigration et plus particulièrement sur le droit de vote des résidents étrangers non communautaires aux élections municipales et européennes.

Voici quelques photos en témoignage de cette amitié pour Jacques et Évelyne.

Rue Jacques Salvator à Aubervilliers
Rue Jacques Salvator à Aubervilliers
Évelyne Yonnet-Salvator

Évelyne Yonnet-Salvator

François Hollande,président de la République, Évelyne Yonnet-Salvator, Meriem Derkaoui, maire d'Aubervilliers

François Hollande,président de la République, Évelyne Yonnet-Salvator, Meriem Derkaoui, maire d'Aubervilliers

Rue Jacques Salvator à Aubervilliers
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Published by Paul ORIOL - dans L'événement du jour
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 00:01
L’identité est un projet politique

Les prochaines élections se feront en partie sur la notion d’identité nationale, de défense de l’identité nationale. Thème, depuis des années, de l’extrême droite et de la droite, sur lequel la gauche n’apporte pas de contribution satisfaisante.

 

Le débat sur l’identité nationale.
La première contribution est simple. Il suffit que l’extrême droite dise l’Angleterre est une île, pour entraîner une réponse fulgurante, l’Angleterre n’est pas une île ! Cette fausse réponse n’a pas plus d’effet sur la montée de l’extrême droite et de ses idées que sur les moyens de communication entre le continent et les Îles britanniques.

 

Répondre à une question en la niant. Malheureusement, la droite martèle sa réponse et, comme aucune réponse claire ne vient de la gauche, la seule entendue, de droite, devient l’évidente vérité.

 

En suivant cette voie, certains croient résoudre le problème en affirmant : l’identité nationale, ça n’existe pas. Parce que l’identité n’existe pas. Parce que la nation n’existe pas. Ce ne sont que des constructions historiques. Déconstruire, disent-ils, et l’identité et la nation. Sans rien proposer de positif. Par de longs articles et de gros livres qui n’atteignent en rien le cœur qu’ils visent : le sentiment national reste intact dans la grande masse des gens. Peut-être même quelquefois, négligé, brocardé, ce sentiment national en est-il exacerbé.

 

De façon triviale, il suffit de voir l’augmentation du nombre de licenciés dans tel sport, hier pratiquement inconnu, à la suite des succès de l’équipe nationale ou l’audience des reportages télévisées lors des grands matches d’une équipe nationale… Bien entendu, cela n’a rien à voir avec le sentiment national, avec l’identité nationale, c’est seulement l’amour du sport… Il suffit de ne pas mettre de réunion politique ces jours là…

 

Emmanuel Macron, et-gauche-et-droite, a prononcé, le 10 janvier à Berlin, un discours entièrement en anglais, par facilité et pour que nous nous comprenions sur la relation franco-allemande et le futur de l’Union européenne. Il a affirmé, la culture française n’existe pas, le 5 février à Lyon, l’art français, je ne l’ai jamais vu, le 21 février à Londres. Emmanuel Macron est candidat à la présidence de la République française ? L’a-t-il vue ? Existe-t-elle ? A-t-elle besoin d’un président ? Ce n’est, après tout, qu’une construction historique !

L’identité est un projet politique

Identité nationale et immigration
Ce débat sur l'identité nationale se double de celui sur l'immigration. Sur l’immigration et l'identité nationale, l'immigration comme danger pour l'identité nationale (1).

 

La réponse de la gauche à cette mise en question de l’identité nationale par l’immigration suit la rhétorique bien connue : la vieille casserole trouée que tu ne m'as jamais prêtée, je te l'ai rendue neuve. L’identité nationale n’existe pas et voyez comment l’immigration, qui ne touche en rien à l’identité nationale, a participé et participe à son enrichissement, à son rayonnement depuis Marie Curie jusqu’à Zinedine Zidane, l’équipe black-blanc-beur et le couscous.

 

Il est évident que l'immigration a une relation avec l'identité nationale. De même que Europe ou la mondialisation. Et que l'identité nationale a été, est et sera modifiée par l'immigration, par l'Europe et la mondialisation. En bien et en mal. Cela dépend beaucoup de comment ces questions sont traitées à l'intérieur. L'identité nationale d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier. Ou plutôt, c'est celle d'hier modifiée par de multiples contacts avec le monde dont l’immigration, l’Europe, la mondialisation...
Car l'identité nationale n'est pas définie
scientifiquement. Ni pour l’éternité. Elle évolue en fonction des faits historiques. De leur interprétation. De l’image de la France qui est renvoyée de l’extérieur.

 

L’identité nationale inclut, parfois de manière conflictuelle, les multiples appartenances individuelles et collectives qui, finalement, la constituent : identités régionales, professionnelles, religieuses, linguistiques, sociales, ethno-raciales… Elle peut être niée, refusée par des individus ou des communautés tout en y participant, volontairement ou non (2).

 

L'histoire française, comme l'histoire de tout pays, il n’y a pas de pays élu, est aussi riche de choses admirables que de choses épouvantables. C'est un bloc dans lequel il est nécessaire de faire le tri. Mais dont les cotés positifs ou négatifs imprègnent tout le monde, différemment. Il n'est pas possible d'effacer totalement l'Histoire mais on peut la relire en fonction de ce que l’on en sait à un moment donné, des questions qui se posent, de l’avenir qu’on envisage…
L'identité nationale n’est pas donnée, n’est pas achevée. Elle n’est pas totalement homogène. Elle contient des contradictions. Et à partir de ces contradictions, elle est toujours en construction. C’est la volonté de construire un avenir en s’appuyant sur les faits historiques qui sont porteurs de tel avenir. C'est un projet politique.

L’identité est un projet politique

L’anti-France
Évidemment, chacun peut avoir des idées différentes de l’identité nationale, des valeurs qui la fondent : officiellement, les valeurs qui fondent l’identité nationale sont Liberté, Égalité, Fraternité. Ce sont des valeurs inclusives. Valables pour tous. Inscrites dans la Constitution, sur les frontispices.
Cela ne veut pas dire
qu’elles sont correctement appliquées mais que chacun peut s’en réclamer. Cela ne veut pas dire qu’elles sont pleinement reconnues par tous. Elles sont combattues par certains.

 

Léon Daudet, en 1918 : Il faut qu'on le dise : l'affaire du traître Dreyfus a eu comme premier résultat une première invasion, la formation chez nous d'une anti-France.
Charles Maurras parle des quatre États confédérés, protestants, juifs, francs-maçons et métèques.
Le régime de Vichy s’identifie à Travail, Famille, Patrie et le communiste, le juif, le franc-maçon et l’étranger sont les forces de l'Anti-France. Aujourd’hui encore, les intégristes catholiques interprètent ainsi l’avènement de la France moderne comme le triomphe du complot mené par l’Anti-France constituée par les « juifs, protestants, métèques et franc-maçons » contre la chrétienté (3).
Pendant la guerre d’Algérie, ceux qui luttaient contre cette guerre et contre le colonialisme français étaient aussi qualifiés d’anti-France. Voici que maintenant, pour un candidat à la présidence de la République, la colonisation française est un crime contre l’humanité ! (4)

 

La droite reproche aux bien-pensants d’enfermer les Français, en permanence, dans la culpabilisation et la repentance. Elle exige que l’on regarde, que l’on enseigne l’Histoire de France comme un roman national, l’excellence incarnée : My country, right or wrong ! Bon ou mauvais, mon pays !
Contre certaines vérités dérangeantes. Comme des familles vivent sur un secret malheureux qui les marque perpétuellement. La France officielle n’a pas toujours été du bon coté. N’a pas toujours appliqué les principes qu’elle proclame. Et quand son gouvernement a fait un choix pour le moins discutable, il y a toujours eu, heureusement, des Français, plus ou moins connus, plus ou moins nombreux, pour ne pas le suivre et choisir l’anti-France.

 

Le plus célèbre hérétique, dans l’histoire moderne, est le général De Gaulle, avec bien d’autres, en France, à Londres ou ailleurs, minoritaires, condamnés par le gouvernement officiel de la France, qui ont refusé de suivre le maréchal Pétain, dans l’armistice et la collaboration. Tous les deux, Pétain et De Gaulle, ont été au pouvoir avec l’aide d’armées étrangères, le premier avec l’aide de l’armée allemande nazie et des collaborateurs, le second avec celle des armées alliées et des Résistants.
Tout le monde aujourd’hui se glorifie, officiellement, de l’appel du 18 juin, de la Résistance, de la République restaurée… Tout est bien qui finit bien !

 

La colonisation, elle, n’a pas bien fini ! Elle n’est pas encore finie dans touts les têtes.
Si dans un premier temps, le jeune Jean Jaurès pensait comme Jules Ferry que les peuples supérieurs ont le droit et même le devoir de civiliser les peuples inférieurs. Peut-être pensait-il que la colonisation allait leur apporter, de façon un peu forcée, dévoyée, l’universalisme français, Liberté, Égalité, Fraternité... Il ne tarda pas à comprendre : La politique coloniale [...] est la conséquence la plus déplorable du régime capitaliste, [...] qui est obligé de se créer au loin, par la conquête et la violence, des débouchés nouveaux. Et, paroles prémonitoires ? Mais si les violences du Maroc et de Tripolitaine achèvent d’exaspérer, en Turquie et dans le monde, la fibre blessée des musulmans, si l’islam un jour répond par un fanatisme farouche et une vaste révolte à l’universelle agression, qui pourra s’étonner ? Qui aura le droit de s’indigner ? »(5).
Est-ce ce Jean Jaurès que Nicolas Sarkozy voulait récupérer ?

De même, Georges Clemenceau répond à Jules Ferry : Non, il n’y a pas de droits de nations dites supérieures contre les nations dites inférieures ; il y a la lutte pour la vie, qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation, nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit ; mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation ; ne parlons pas de droit, de devoir ! La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires, pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit : c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie (6).

C’est le même général De Gaulle qui a refusé d’approuver la signature de l’armistice quand la France était militairement vaincue, qui signe la fin de la guerre d’Algérie alors qu’elle ne l’était pas. Mettant fin à l’empire colonial qui avait survécu, en partie grâce à lui, à la seconde guerre mondiale !

Le général De Gaulle a su transformer le récit national, recréer l’unité nationale, revivifier l’identité nationale, en faisant de la guerre de 1940-45 une victoire française grâce à la résistance intérieure et extérieure, en oubliant, en intégrant ceux qui avaient été du mauvais coté. Ce qu’il a su faire après la Seconde guerre mondiale qui avait pourtant profondément divisé les Français, il ne l’a pas réussie avec la décolonisation, après l’indépendance de l’Algérie.

L’identité est un projet politique

Esclavage et traite des Noirs
La droite veut gommer l’esclavage et la traite des Noirs. Il est impossible d’oublier que l’État a souvent, pas toujours, soutenu l’esclavage ou la traite dont certains ont tiré de gros profits. Il faut dire clairement qui a favorisé, entretenu, tiré bénéfice de l’esclavage et de la traite. Et qui n’y est pour rien et qui l’a combattue.

Louis X dans un édit de 1315, le sol de France affranchit l’esclave qui le touche. Louis XIII autorise la traite en 1642 et surtout le grand Louis XIV l’organise, fonde la Compagnie du Sénégal pour fournir des esclaves à Saint-Domingue. Il promulgue en 1685 le fameux Code noir qui range l’esclave au rang de meuble qui peut être vendu ou transmis par héritage. L’autorisation de la traite permet de faire librement le commerce des nègres. Le profitable commerce triangulaire : plus de 3300 expéditions négrières à partir des ports français.

Tout le monde, en France, n’est pas responsable de la traite et de l’esclavage. On connaît le vœu de Champagney, un de ces villages qui, dans son cahier de doléances de 1789, demande l’abolition de l’esclavage. D’autres cahiers contiennent des revendications équivalentes. En 1788, est fondée la Société des amis des Noirs, pour l’égalité, l’abolition de la traite et de l’esclavage, présidée par Jacques Pierre Brissot et Étienne Clavière puis par Condorcet et Jérôme Pétion de Villeneuve.
L’esclavage est aboli en 1794… La France
est le premier pays à abolir l’esclavage dans ses colonies… rétabli en 1802 par Napoléon Bonaparte… et heureusement aboli à nouveau en 1848. Cette abolition est alors inscrite dans la Constitution (7).

Si la notion de crime contre l’humanité n’est entrée dans le droit positif qu’en 1945, lors du procès de Nuremberg pour juger le nazisme, Patrick Weil rappelle... en 1848, le décret qui abolit l'esclavage le déclare déjà « crime de lèse-humanité » et prévoit la déchéance de nationalité pour tout Français qui se livrerait à la traite ou achèterait un esclave. Il ne faisait que reprendre le dispositif voté en 1794. La République française a donc été la première à inscrire le concept de crime contre l'humanité dans son droit appliqué à l’esclavage. Toute cette histoire, liée à nos colonies, fait partie intégrante de l'histoire de France. Il faut l'enseigner, ce qui permet de faire une histoire commune qui parle à tous les Français (8).
Le pape François a repris, récemment, le terme de lèse-humanité dans un message du 8 décembre 2014. Aujourd’hui, suite à une évolution positive de la conscience de l’humanité, l’esclavage, crime de lèse- humanité, a été formellement aboli dans le monde. Le droit de chaque personne à ne pas être tenue en état d’esclavage ou de servitude a été reconnu dans le droit international comme norme contraignante (9)..

Cette brève histoire de l’abolition de l’esclavage et de la traite, qui ne rappelle pas les multiples révoltes des intéressés dans les territoires français, avec notamment, Le Noir des Lumières, Toussaint Louverture (10), montre bien qu’il n’est pas possible d’en faire porter la responsabilité à tout le monde et qu’elle mériterait d’être enseignée dans les écoles. Tous les Français, encore moins les contemporaine, ne sont pas responsables de l’esclavage et de la traite mais tous méritent de savoir. Il y a eu l’esclavage et la traite, et des opposants, cela fait partie de l’Histoire de France.

On peut rappeler et raconter cette histoire sans haine et sans fausse culpabilisation. Comme l’a fait la commune de Champagney en érigeant un mémorial de l'esclavage, la Maison de la Négritude et des Droits de l’Homme en 1971 ou la ville Nantes avec le Mémorial de l’abolition de l’esclavage d’Europe ouvert en 2012. Alors que Nantes est le port le plus important de la traite négrière, du commerce triangulaire, responsable du transport de 450 000 Noirs, soit 42 % de la traite française du XVIII°siècle… qui ne finira qu’en 1831 malgré les interdictions. Nantes lui doit théâtre, bourse, places, hôtels particuliers, folies.
Il est possible d’échapper au roman national[de Nicolas Sarkozy] pas forcément la vérité historique dans son détail ( vous avez dit détail ? 430 000 Noirs déportés par les navires français ?) et le remplacer par un récit historique. Il n’est pas question de faire croire, accusation de Dimitri Casali, que les Français ont tous été d'horribles esclavagistes au XVIIIe siècle, d'infâmes colonisateurs au XIXe siècle et uniquement des collabos au XXe siècle... (11). Ni de dire que l’histoire de France est une large avenue pavée de roses. Seulement rétablir les faits dans leur complexité.

Il a fallu attendre 1995, 50 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour que Jacques Chirac, président de la République, reconnaisse la responsabilité de l’État français dans la déportation et l’anéantissement de près de 76 000 juifs de France. Les mots de Jacques Chirac, la reconnaissance de la responsabilité de l’État français ne sont pas une atteinte à l’identité de la France, bien au contraire : Il est, dans la vie d’une nation, des moments qui blessent la mémoire et l’idée que l’on se fait de son pays... Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français. Ce qui est une atteinte à l’identité de la France, ce sont les faits. La négation des faits. La non-reconnaissance des faits. Tout de qui donne à penser qu’il existe toujours une solidarité de la France, du gouvernement de la France avec ceux qui ont commis de telles actions.
D’autres Français ont commis le crime de solidarité avec les juifs pourchassés pendant l'occupation, car c’était un crime, dangereux pour ceux qui se sont alors engagés. Aujourd’hui, ils sont reconnus comme des justes parmi les nations.
Sans pousser la comparaison trop loin, les risques ne sont pas les mêmes, aujourd’hui, la solidarité avec les sans papiers est un délit. Comment seront perçus demain ces actes de solidarité ?

L’identité est un projet politique

Alors qui défend l’identité nationale ? Qui est l’anti-France ?
Les dreyfusards ou les anti-dreyfusards ? Les résistants ou les collaborateurs ? Les anticolonialistes ou les colonialistes ? Tout dépend, évidemment, de l’idée qu’on se fait de la France, de l’identité nationale, du projet politique que l’on a pour la France. L’identité nationale dans chaque période, douloureuse ou non, dépend de choix politiques. Elle guide, elle est construite, à chaque instant, par des choix politiques. Elle est la charpente d’une certaine continuité.

A travers ces quelques exemples, on voit qu’il est possible de tenir un autre langage que le déni de vérité ou la culpabilisation de tout le monde. De reconnaître les faits dans leur complexité, leur contexte. Et, peut-être, permettre à chacun de mieux se situer dans cette Histoire de France.

Les risques de l’identité nationale
L’identité nationale n’est pas faite seulement de valeurs proclamées, imparfaitement assumées, même si elle sont officielles. C’est aussi la langue, la culture, la grandeur passée, contestée aujourd’hui, grandeur en partie liée à des guerres, à des conquêtes coloniales, aux anciens empires. Le poids de l’histoire politique que tout le monde ne lit pas de la même façon. Lectures contradictoires, obscurément mêlées.
Et de l’image renvoyée par les regards extérieurs . La France, c’est alors la Tour Eiffel, Zinedine Zidane… De Gaulle, les philosophes du XVIII° siècle, les Lumières et la Révolution,
le pays qui a inventé les Droits de l’Homme et du Citoyen, non le pays des droits de l’Homme car il ne les respecte pas toujours, ni dedans, ni dehors...

Un risque important pour tout pays est de proclamer son identité nationale comme supérieure à toutes les autres et d’entraîner vers le nationalisme et l’affrontement avec les autres nations.
Ce risque est
important pour la France. Parce que l’identité nationale s’appuie, pour les uns sur la nostalgie d’une grandeur passée, pour les autres sur des valeurs à prétention universelle. Qui ont pu être dévoyées pour justifier des aventures extérieures, mélangeant vrai nationalisme et faux universalisme : exporter militairement les Droits de l’Homme ou civiliser les races inférieures.
Dans tous les cas, il ne s’agissait pas de faire le bonheur des peuples, contre leur volonté, mais de s’assurer d’avantages économiques, de débouchés et de sources de matières premières. Comme le disaient à leur époque et Jean Jaurès et Georges Clemenceau.

Ce qui est un danger pour l’identité nationale, plus que l’immigration elle-même, c’est la manière dont elle est traitée, c’est la contradiction lancinante entre les textes sacrés et les paroles, les actes de ceux qui gouvernent ! La manière dont est conduit le débat sur l’immigration, les réfugiés, les sans papiers, la nationalité. Faute d’un avenir solidaire pour tous, proposer à ceux qui souffrent un exutoire illusoire contre ceux qui sont encore plus démunis. Remplacer les clivages sociaux, par des clivages raciaux. La lutte des classes par la lutte des races.

Les populations défavorisées ont toujours été concentrées dans des banlieues, des quartiers stigmatisés : hier, banlieues ouvrières, contestation sociale, politique incarnée par le PCF, de ce fait appelées banlieues rouges ; aujourd’hui qualifiées par l’origine des habitants et non par leur statut social et stigmatisés comme banlieues ou quartiers immigrés.

On aimerait entendre des voix politiques plus fortes pour unir ceux qui souffrent plutôt que les diviser. Quelles que soient leurs origines. S’inspirer du passé pour préparer l’avenir et réunir autour des principes fondamentaux les enfants de ceux qui, hier, ont pu être sur des positions différentes mais qui, aujourd’hui, doivent se retrouver dans la lutte pour l’égalité, la solidarité.

En 1983, à la suite d’une flambée de crimes racistes, des jeunes de la banlieue de Lyon ont lancé la Marche contre le racisme et pour l’égalité, revendication politico-sociale transformée par la presse en Marche des beurs ! Marche ethnique. Communautaire ?
Reçus à l’Élysée par le président Mitterrand, les marcheurs obtiennent la carte unique, valable 10 ans, renouvelable automatiquement, pour les résidents étrangers alors qu’ils étaient conduits par Toumi Djaïdja, français, fils de harki, qui n’avait pas besoin de cette carte. Ils s’étaient réunis, quel que soit le parcours de leurs parents, dans une revendication de dignité, d’égalité plus que de contestation.
Ce titre de résident a été démantelé progressivement dans les années suivantes, par les gouvernements successifs.

L’identité est un projet politique

Comment faire adopter et croire à des principes affichés quand ils sont bafoués, tous les jours, ouvertement ? Les jeunes chanteront peut être La Marseillaise mais que pensent-ils quand ils sont victimes de plaisanteries douteuses, du plafond de verre, des contrôles au faciès. Quand les auteurs de bavures s’en tirent toujours avec un non lieu ? On ne peut pas mettre tous les policiers dans le même sac : tous ne sont pas des baveurs. On ne peut pas mettre tous les députés dans le même sac : tous ne font pas profiter leur famille d’emplois fictifs ! Pourquoi tous les jeunes sont-ils mis si facilement sur le même plan ?

 

Une lecture dépassionnée de l’Histoire est nécessaire pour former le citoyen moderne qui ne peut être étroitement nationaliste mais qui, fort d’une ouverture compréhensive du passé national, sera mieux armé pour comprendre sa place en Europe et au Monde.

 

Malgré les déclarations stigmatisantes, répétées depuis des dizaines d’années, contre l’immigration non seulement par la droite et l’extrême droite mais aussi par de nombreux politiciens de gauche, il faut remarquer la résistance, la tolérance du peuple français. Il faut remarquer les sondages sur les personnalités les plus populaires, les plus aimées des Français, les résultats favorables au droit de vote des résidents étrangers.


L’absence d’agressions irréparables qui auraient pu passer comme des actes de vengeance, d’une partie de la population sur une autre à la suite des attentats (12).
La population résiste à ceux qui voudraient réserver la solidarité nationale aux seuls Français. A ceux qui voudraient l’entraîner dans une bataille des civilisations.
Exclure certains de la solidarité nationale, c’est pousser à la recherche de solidarités subsidiaires, c’est pousser à des regroupements communautaires. Qui ont toujours existé de façon temporaire mais qui disparaissent dés que la solidarité institutionnelle répond aux besoins.
C
e pays est plus riche que jamais mais la politique d’austérité creuse de plus en plus les inégalités et encourage la concurrence entre les plus défavorisés. Il faut faire l’unité contre l’austérité, contre les inégalités.

 

Il faudrait aller plus loin, trouver les mot pour parler à la raison mais aussi au cœur. On voit bien que, malgré le climat anti-immigrés, anti-réfugiés, sans aucun appui d’aucun parti national, de nombreux actes de solidarité s’organisent ici et là pour aider ou accueillir.

 

Un simple coup d’œil sur la presse permet de voir que les élus ne sont pas à la hauteur du peuple ! Ils se préoccupent plus de la montée de l’extrême droite dans les sondages que de la situation qui fait que des citoyens en arrivent à voter pour elle. Ils voient que d’autres enfreignent la loi par solidarité mais ils sont incapables de prendre les mesures, de prononcer les mots qu’il faudrait pour réintégrer tous ceux qui se sentent exclus.

L’identité est un projet politique

1 - Le Musée de l'histoire de l'immigration a été ouvert en 2007, il n’a été inauguré qu’en 2014… enthousiasme.

2 – Quand je suis parti en coopération en Algérie, en 1964, je disais je ne suis pas français, je suis socialiste (pas à la manière SFIO). J’ai rapidement changé d’idée et j’ai alors dit, je suis socialiste français.

3 – https://fr.wiktionary.org/wiki/anti-France

4 - L’Allemagne a édifié un centre de documentation sur le nazisme, inauguré, en présence de la ministre fédérale de la Culture, de vétérans américains et de survivants de l'Holocauste, sur le site de l'ancien QG du parti nazi à Munich, le 30 avril 2015, jour anniversaire de la libération de la capitale bavaroise par les troupes américaines et du suicide de Hitler, dans son bunker berlinois (Le Figaro 30/04/2015). Y-aura-t-il un jour, en France, un centre de documentation sur le colonialisme français ?

5 - http://www.jaures.eu/syntheses/jaures-et-le-colonialisme/

6 – http://www.lecanardrépublicain.net/spip.php?article31

7 - http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/france-negriere/france-negriere.htm

8 - Alter éco septembre 2015

9 - http://www.hommenouveau.fr/1141/rome/l-esclavage-un-crime-de-lese-humanite.htm

10 - https://www.herodote.net/Toussaint_Louverture_1743_1803_-synthese-403.php

11 – Le Figaro Vox, 20/09/16

12 - Rachid Benzine Politis 13/10/16

L’identité est un projet politique
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 22:33

Quelques images du Carnaval 2017 sur le Boulevard de Belleville à Paris

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Published by Paul ORIOL - dans Images du jour
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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 13:22

CHOCOLAT
ou 2 clowns pour le prix d’un

Ce film narre l’histoire, au tournant du 19° et 20° siècles, d’un duo de clowns, Footit et son comparse Chocolat (1), premier clown noir qui eut son heure de gloire, à Paris, avant de tomber complètement dans l’oubli.


 

CHOCOLAT ou 2 clowns pour le prix d’un

Deux clowns pour le prix d’un, c’est ainsi que le patron et maître Jacques du Cirque Delvaux présente la première apparition de Footit et Chocolat sur la piste. Pour le film Chocolat, on pourrait dire deux films pour le prix d’un. En effet, Chocolat présente la vie du fameux clown dans l’atmosphère raciste de l’époque mais aussi l’histoire de son ambition, stimulée par son statut et conclue par l’échec : devenir un homme comme les autres.

C’est sous le nom de Kananga, que le héros apparaît dans un petit cirque où il est présenté comme le roi du pays des mille collines, chaînon manquant (sous entendu entre l’homme et le singe), avec ses cris gutturaux, ses roulement d’yeux, un fémur au poing, un collier de dents humaines, effrayant femmes et enfants et… gagnant de quoi vivre et perdre au jeu.

Après cette entrée spectaculaire, bien connotée, apparaissent les multiples facettes du racisme que subit le héros et auquel d’une certaine façon il se prête. Au cirque, avec ses camarades de jeu – tu finiras à poil comme en Afrique, en Afrique ce n’est pas avec des dés qu’on joue mais avec les os des blancs – plus subtil quand Georges-Footit qui va l’embaucher, lui demande avec une certaine bienveillance, en parlant du singe qu’il est en train de caresser : c’est un garçon ou une fille ?... Tu me comprends ? Un léger temps mort, Kananga se retourne, brutalement, poussant un cri menaçant, effrayant Georges et répond doucement c’est une femelle, on ne dit pas fille chez les singes.
Dans cette scène, l’image en 3 plans illustre la phrase du directeur du cirque sur le chaînon manquant : Georges au premier plan, le singe au fond et Kananga entre les deux.
Racisme inconscient accepté quand, sur l’injonction de Delvaux, – Kananga c’est bon pour un roi nègre, pas pour un clown – Georges le baptise Chocolat et lui explique son rôle dans le duo : tu es le pitre, l’idiot...


 

CHOCOLAT ou 2 clowns pour le prix d’un

Après avoir, pour gagner sa vie, joué les cannibales, il devient le partenaire de Footit et reçoit, tous les soirs, sa ration de coups de pied au cul qui vont satisfaire la clientèle et conduire le duo à une importante promotion : se produire dans le Nouveau Cirque à Paris. Où la bonne société se presse et où ils connaissent la gloire et, pour Chocolat, le même racisme ambiant auquel il sait répondre. Au Musée Grévin où il a sa statue de cire, des journalistes : Il paraît que vous ne savez pas écrire. Il paraît aussi que je suis incapable de faire rire. Comment se nomme votre prochain numéro ? C’est Guillaume Tell, un lointain cousin suisse. Mais nettement moins beau que moi… Et, dans la presse, Footit et son nègre triomphent au Nouveau Cirque.

Ce succès sur la piste le fait rêver de passer à la scène pour interpréter Roméo et Juliette que Camille, la jeune et belle écuyère du cirque Delvaux, lui a fait découvrir et qu’il a lu plusieurs fois. Victor, un Haïtien, compagnon de cellule, emprisonné pour propos subversifs lui conseille plutôt de jouer Othello qui n’a jamais été joué par un Noir en France.

Cette idée souterraine va rejaillir quand le duo est sollicité pour une campagne publicitaire où, sur un affiche pour le chocolat Félix Potin, avec un contrat fort lucratif, il va apparaître caricaturé, simiesque, à coté de Footit : Chocolat Félix Potin : battu mais content…

Magnifique. On est tous d’accord, se félicitent Georges, le directeur du cirque, le directeur de Félix Potin, sans demander son avis à Chocolat qui s’insurge : Vous faites de moi, une attraction, un animal de foire. Pourquoi vous me dessinez comme ça. C’est moi ? C’est mon visage ?

Sa révolte va se concrétiser sur la piste quand Chocolat donne un coup imprévu à Footit qui en tombe à la renverse, physiquement et mentalement. Chocolat, sous les éclats de rire : Eh oui M Footit, vous ne rêvez pas. Et en aparté. Tu vois, ça marche aussi dans ce sens ! C’est fini, Georges.
Il quitte, triomphant, la piste. Tandis que Footit, effondré, salue tristement et se retire vers les coulisses où la caméra l’attend, en contre-plongée, le montre désemparé, écrasé par la masse du cirque et des spectateurs hilares, sur les épaules.


 

CHOCOLAT ou 2 clowns pour le prix d’un

Pour être Othello, il joue, avec le directeur du Théâtre Antoine, de la couleur de sa peau - Qui d’autre que moi peut jouer Othello avec autant de réalisme. Il est présenté comme un Othello, plus vrai que nature à l’acteur qui va jouer Iago : avec lui, le public ne sera pas chocolat et trompé sur la marchandise.

Il a connu et connaît aussi le racisme dur, celui qu’ont subi ses parents à Cuba, la mère dans les champs de canne à sucre, le père serviteur, humilié, faisant le caniche, sous ses yeux ; son arrestation par la police parisienne, comme sans papier, sur dénonciation de son ancienne patronne ; le traitement violent par les policiers en prison qui le passent au balais brosse sous un jet d’eau pour lui montrer qu’il ne sera toujours qu’un négro.
Le racisme dur, institutionnel, lors de l’Exposition coloniale qu’il visite avec Marie et ses enfants où, devant le zoo humain, on entend la voix d’un guide : Vous êtes en présence de sauvages les plus primitifs... mission civilisatrice tandis que des enfants blancs jettent des pièces que se disputent les enfants exposés. Un jeune Noir, en colère, sort d’une case et interpelle, dans un champ-contre champ qui devient de plus en plus vif, un Chocolat muet, interloqué, dans une langue qu’il ne comprend pas, à coté d’un panneau : Défense de donner à manger aux indigènes, ils sont nourris.

Le plus douloureux est l’échec final dans son rôle d’Othello, hué, par un public raciste : scandaleux, reviens au cirque.
Fuyant alors le théâtre, il est rattrapé par une bande de nervis qui massacrent sa main droite, la main qui vient d'étrangler Desdémone, la femme blanche, la main du joueur qui n'a pas payé ses dettes : c’est celui qui a voulu jouer Othello, il en porte encore l’habit et  le joueur pour ses dettes de jeu, qui est puni.
Kananga-Chocolat, Rafaël Padilla, son véritable nom qu’il espérait pouvoir porter un jour, a définitivement perdu sur tous les plans. Il finit balayeur dans un cirque misérable, atteint de tuberculose, avant d’être arrivé à la cinquantaine.

Il n’a pas connu que le racisme. Il se sent bien dans le petit cirque Delvaux où il a connu l’amour de Camille qu’il oubliera en profitant de sa richesse nouvelle, des femmes, de la vie facile de Paris. L’amour aussi de Marie qui le soutiendra jusqu’au dernier jour, elle même en butte au racisme de la voisinetraînée - d’une cliente au marché – c’est la femme du nègre. C’est elle, infirmière qui a fait jouer le duo des clowns dans un hôpital pour enfants et l’a présenté à un directeur de théâtre qui accepte sa proposition de jouer Othello : C’est gonflé. C’est sacrément gonflé. Le rôle n’a jamais été tenu par un acteur de couleur... ce sera un sacré coup de projecteur pour le théâtre… Mais je compte sur vous pour le remplir, ce théâtre.

S’il veut jouer ce rôle, c’est qu’il l’a très bien compris que toute la pièce, c’est l’échec d’Othello à devenir un homme comme les autres. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est à quel point il est Othello : un homme peu accessible à la jalousie. Et qui, une fois, excité par elle a été entraîné jusqu’aux derniers excès.

Car dans son entourage, s’il y avait le racisme auquel il savait répondre, il y avait aussi la jalousie des ambitions contre laquelle il était moins armé. Et qui a, aussi, nourri son ambition.
Jalousie de Camille qui le voit partir avec Footit : C’est quoi ton vrai nomEt lui, pourquoi il ne s’appelle pas Farine ou Pot de chambre ? Fais gaffe aussi, tu n’es pas sa chose à Footit…
Jalousie d’un clown concurrent du Nouveau Cirque qui dévaste la loge du duo.
Jalousie de Georges, qui lui reproche
d’en faire un peu trop, voiture, costumes, ses retards, de négliger son travail pour faire le joli cœur avec Camille puis pour Marie, mais qui cache probablement derrière ces remontrances un penchant homosexuel – on le voit dans un bistrot refuser une proposition, plus tard, lisant un journal avec un ongle verni. Dans un dialogue où Marie est dans l’axe de la caméra et il n’est vu que dans un miroir, il avoue : Moi aussi, je l’ai aimé, nourri, choyé. On m’a regardé comme si j’avais perdu la raison... Tout ça, pour quoi ? Pour qu’il me lâche en peine course. Pour vous plaire. Pour faire le beau au théâtre...
Jalousie chatouillée par Victor, le Haïtien subversif, pour la bonne cause : C’est toi l’artiste qui se fait botter le cul tous les soirs par un blanc ?... Il a peur de te perdre ton Footit. Sans son faire valoir, sa victime préférée, il redevient banal, à pleurer.
Jalousie qui s’exprime finalement dans la colère quand il dit à Georges : quand on touche la paie. C’est toi qui empoche le double. Le double du négro et tu n’es même pas sur l’affiche.

Chocolat qui avait une idée en tête. Il voulait changer. Changer quoi ? J’ai voulu changer de peau, stupide négro. J’étais pas mauvais. Tu étais mieux que ça. Tu étais un prince. J’ai pas trop su aller plus loin. Ensemble, on était les rois. On n’avait pas de limite.
Il restera Chocolat. Avec une ambiguïté souriante, Victor lui avait dit que Chocolat était son identité dans cette société et qu’il était chocolat, pris au piège.
Phrase qu’il assume,
au moment de mourir, devant Georges : il était Chocolat, le grand clown mais aussi chocolat, la victime. L’aventure est finie. Il ne sera jamais reconnu comme Rafaël Padilla.


 

CHOCOLAT ou 2 clowns pour le prix d’un

1 – Chocolat, réalisé par Roschdy ZEM, 2016, 110 mn. S'inspire librement du livre Chocolat, clown nègre : l'histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française de Gérard Noiriel, Bayard 2012. Interprètes principaux Omar SY (Rafaël Padilla dit Kananga puis Chocolat), Jammes Thierrée (Georges Footit), Clotilde Hesme (Marie).

NB : Une scène du film montre les frères Lumière en train d’enregistrer le duo des clowns. La séquence authentique, filmée par les Lumière est projetée en fin du film.
Actuellement sur les écrans, on peut voir,
Lumière ! l’aventure commence. Un film de Thierry Frémaux qui présente 108 films de 50 secondes sur les plus de 1 000 réalisés par les frères Lumière et leurs opérateurs envoyés à travers le monde.

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Published by Paul ORIOL - dans Cinéma racisme
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