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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 10:01

A propos du terrorisme endogène, un éditorial récent de Libération* citait Albert Camus : « Le terrorisme ne mûrit pas tout seul. Il faut le fruit amer des humiliations accumulées par une population marginalisée  ». (Note en fin d'article)

 


Malheureusement après cet excellent diagnostic emprunté, l'éditorialiste ne propose pas une remède souverain. S'il évite de faire référence au « kärcher  » envisagé naguère contre la «  racaille  », il se contente de proposer : « A nos sociétés, aux communautés musulmanes de convaincre ceux qui s'en sentent exclus que la violence au nom d'une religion dévoyée est une impasse personnelle et un suicide politique ». Si on ose cette transposition hasardeuse, il propose après le sabre sarkozien le goupillon.


 

Est-ce plus efficace ? Il aurait du auparavant méditer la parole non d'un philosophe mais d'un maître du football parisien** : « On peut sortir un garçon de Rosengård mais on ne peut pas sortir Rosengård d'un garçon  ». Car on peut gagner des millions et être encore prisonnier du quartier de son enfance.


 

Contre l'accumulation des humiliations, contre la marginalisation de populations, le prêche sociétal ou religieux sera-t-il suffisant pour ramener la tranquillité. Car ce n'est pas le sentiment d'exclusion qu'il faut combattre mais l'exclusion elle même ! Ce n'est pas seulement les actes de violences qu'il faut traiter mais les situations de violence. Et c'est bien plus difficile.


 

Ce qui gène la sphère des compétents, ce n'est pas l'impasse personnelle et le suicide politique dont tout le monde se moque bien. Mais la révolte qu'il génère. Que comptent les dizaines de milliers d'humiliés, de marginalisés, silencieux et pacifiques, eux aussi enfermés dans des impasses sans aucun avenir politique ? Les petites mains dans les ateliers asiatiques ? Les suicides physiques sur les lieux de travail de ceux qui n'en peuvent plus ?

Les actes de violence contre le autres ou contre soi-même sont intolérables. Les situations de violence sont elles bien tolérées par ceux qui n'en soufrent pas ou même qui en vivent. Ce sont les politiques qui attaquent toutes les sociétés européennes, y compris le paradis social-démocrate suédois, et bien au delà, qu'il faut combattre.


 

La révolte individuelle des « terroristes endogènes  » de Londres ou de Paris, viennent s'ajouter aux révoltes des banlieues suédoises, britanniques ou françaises et aux révoltes populaires grecques, portugaises, italiennes, françaises pour crier, qu'il n'y a qu'une solution à ces révoltes multiformes : TINA : changer de cap, maintenant !

 

Note : Un ami lecteur me signale un article et des référeces sur Camus à partir du texte de cette citation

http://bonheurdelire.over-blog.com/article-le-terrorisme-vu-par-albert-camus-56459055.html.

 

 

 

* TINA, « there is no alternative », « il n'y a pas d'autre choix », attribué à Margaret Thatcher et repris par tous les compétents de la planète.

** Libération, 29/05/13

*** Rosengård , quartier populaire de Malmö. Zlatan Ibrahimovic CI 30/05-05/06/13.


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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 18:46

 

 

Le SPD veut s’éloigner de l’Internationale socialiste... Officiellement, il ne s’agit pas d’enterrer la vieille Internationale socialiste dont Willy Brandt... fut un président éminent. Mais l’IS est maintenant présidée par G. Papandreou qui sent le soufre après sa gestion de la crise grecque et surtout elle a longtemps toléré en son sein des dirigeants peu recommandables... d'Hosni Moubarak ou Ben Ali à Daniel Ortega. Slate 24/05/13.


 

Le rapport du FMI engage G.Osborne à relancer l’économie par des investissements dans les infrastructures. Selon le FT, le Chancelier de l’échiquier doit tenir compte de l’avis du FMI mais le plus urgent reste la réforme des banques. Le GUARDIAN relève l’échec de la politique d’austérité alors que la stimulation budgétaire a donné de meilleurs résultats aux États-Unis. Le DAILY MIRROR demande « un plan B, maintenant ». http://www.ambafrance-uk.org/Jeudi-23-mai-2013-Royaume-Uni


 

« Letta a convaincu l’Europe : Sommet de juin sur jeunes et emploi » (Stampa). « Emploi, victoire en Europe pour Letta. Le jeu d’équipe avec Schulz porte le premier succès européen du nouveau gouvernement » (Repubblica). Si le Corriere insiste sur les « obligations de l’Italie en Europe », et souligne le « premier oui UE à Letta sur l’emploi ». http://www.ambafrance-it.org/Jeudi-23-mai-2013


 

Parmi les 34 pays membres de l’OCDE, la Suède est celui où les écarts de revenus croissent le plus vite... Même si la Suède demeure parmi les 10 pays les plus égalitaires. Svenska Dagbladet presseurop 15/05/13.


 

Les eurodéputés ont endossé le mandat de négociation préparé par la CE. Hormis l’audiovisuel, la résolution est peu stricte sur les autres sujets « sensibles » de l’accord. EurActiv.fr 24/03/13.


 

Dans un rapport au PM, le président de la BCE, demande au banques espagnoles de ne pratiquer qu’en "dernier recours" les expulsions des familles qui ne peuvent rembourser les crédits hypothécaires de leur logement. El Païs presseurop 27/05/13


 

Le SE aux AE, chargé de l’organisation de la présidence grecque de l’UE au premier semestre 2014, indique les grandes lignes des priorités grecques : « l’accent sera mis sur des questions de croissance et d’emploi, sur l’accélération des réformes institutionnelles de l’UEM et sur des questions de mobilité, y compris la question des migrants illégaux. Étant donné l’impact de la crise, non seulement pour la Grèce mais pour la plupart des pays-membres, la priorité première est l’adoption de mesures et les initiatives sur l’emploi, tant sur le plan national que sur le plan européen ». Revue de la presse hellénique Ambassade de France à Athènes 27/05/13.


 

Le prix du gaz pour les ménages a augmenté de 10,3% dans l’UE27 entre le deuxième semestre 2011 et le deuxième semestre 2012, après une augmentation de 12,6% entre le deuxième semestre 2010 et celui de 2011.
Exprimés en standards de pouvoir d’achat, le prix de l’électricité domestique était les plus faible en Finlande (12,7 SPA pour 100 kWh), France (13,0), Luxembourg(14,0) et Suède(15,5), et le plus élevé à Chypre (32,9), en Allemagne et Pologne (25,9 chacun), au Portugal (25,7) et en Hongrie(25,5).

Après ajustement pour tenir compte du pouvoir d’achat, les prix du gaz domestique étaient les plus bas au Luxembourg (4,9 SPA pour 100 kWh), au Royaume-Uni (5,3), en Roumanie(5,5), en France(6,1) et en Irlande(6,2), et les plus hauts en Bulgarie (12,3), en Grèce(11,3), au Portugal(10,6), en Hongrie(10,4) ainsi qu’en Espagne et en Lituanie (10,0 chacun). Eurostat 27/05/13.


 

Ceux qui s'endettent dans leur propre monnaie... c'est le cas des États-Unis, du Royaume-Uni ou du Japon qui empruntent à des taux encore plus bas que la France malgré des comptes publics plus dégradés. Alter éco Juin 2013


 

Le Royaume-Uni a enregistré une croissance de 0,3% au premier trimestre, lui permettant d'éviter sa troisième récession depuis le début de la crise financière en 2008, a confirmé l'Office des statistiques nationales . Fondation Robert Schuman 27/05/13.


 

Le Conseil européen a décidé de maintenir un Commissaire par État membre, malgré les dispositions initiales du Traité de Lisbonne qui prévoyait la réduction du collège des Commissaires. Fondation Robert Schuman 27/05/13.


 

Selon un sondage réalisé par la BBC, l'Allemagne serait le pays le plus apprécié du monde devant le Canada, le Royaume-Uni, le Japon et la France. Fondation Robert Schuman 27/05/13.


 

Le 22 mai 2013, le FMI a publié son rapport annuel sur le Royaume-Uni. Il appelle le pays à prendre de nouvelles mesures pour encourager la reprise de son économie, en profitant notamment du faible coût du crédit pour augmenter ses investissements. Fondation Robert Schuman 27/05/13.


 

Etrangement passée sous silence par la majorité des médias,la marche planétaire contre Monsanto du 25/05/13 représentait une incroyable mobilisation transversale, inédite et puissante. Dans 436 villes, 52 pays, sur tous les continents, plus de deux millions d'individus selon les organisateurs. Un mouvement massif, tant par sa dissémination géographique que par sa méthode, internet et réseaux sociaux de la toile mondiale. http://gastronomie.blog.lemonde.fr/2013/05/28/la-planete-en-marche-contre-monsanto/ 


 

"Dans le cadre de la contestation en Europe, insatisfaction et populisme peuvent surgir à tout instant (pendant les législatives en Allemagne ou les européennes de 2014, par exemple, une grève serait suffisante) : une étincelle... L'UE doit de toute urgence assurer la satisfaction sur les plans économique et social, surtout dans les pays où la chute du niveau de vie se fait durement ressentir. C'est le seul moyen pour l'UE de survivre comme une idée prisée de ses propres citoyens, et non comme une idée jugée hostile... Contributors.ro eurotopics 29/05/13


 

Le FMI estime que la restructuration de la dette souveraine en Grèce a échoué car elle était “trop petite et trop tardive”. Le retard et le manque de réponse suffisante à la crise ont conduit à l’insoutenabilité de la dette et ont empêché un retour durable sur les marchés. Le rapport, qui critique également le rôle joué par les institutions européennes et renforce“l’idée selon laquelle le Portugal est sur l’inévitable voie de la restructuration”. Presseurop 29/05/13.

 


Dans son évaluation des budgets des 27 États membres, la CE permet à 3 des 5 plus grosses économies de l’UE de ne pas satisfaire à l’objectif de 3% de déficit : France, Espagne et Pays-Bas. L’Italie sera épargnée par les plans de surveillance budgétaire et ce en dépit des promesses du PM italien d’annuler des augmentations d’impôts de Mario Monti. La CE approuve ces concessions à une condition : que les gouvernements nationaux lancent une réforme de leur marché du travail. FT presseurop 29/05/13.


 

"La Commission européenne n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire, elle a rappelé que la France doit rétablir les comptes publics. Elle a simplement à dire que la France doit rétablir ses comptes publics", " F.Hollande, JDD 30/05/13.


 

Le fait que la CE accorde à plusieurs pays européens davantage de temps pour réduire leurs déficits est la preuve que l'on commence à revenir de l'austérité, écrit le Financial Times, saluant cette évolution : " Il est vrai que certains pays, la Grèce notamment, ont vécu au-dessus de leurs moyens et n'ont pas eu d'autre choix que de combler les trous de leurs finances publiques. Mais dans l'ensemble de la zone euro, le niveau du déficit et de la dette était contrôlable, et il l'est encore aujourd'hui. Les véritables problèmes résidaient dans le déséquilibre excessif de sa balance des paiements, un secteur bancaire paneuropéen lors du boom mais national lors de la crise, et une croissance faible ou non durable. … Le revirement relatif à l'austérité dans la zone euro doit être salué." FT eurotopics 29/05/13.

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 14:34

 

 

Il y a pire que ne pas tenir ses promesses : faire des promesses en sachant qu'on ne les tiendra pas. Avec ses dernières déclarations sur le droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales, François Hollande semble l'avoir compris. C'est pourquoi, il n'a rien promis sur le droit de vote des résidents étrangers non communautaires.

 

 

 

En 1981, dans la 80ème proposition de François Mitterrand pour la France, il y avait : « Droit de vote aux élections municipales après cinq ans de présence sur le territoire français ». François Mitterrand n'a pas mené à bien cette réforme en déplorant « personnellement que l’état de nos mœurs ne nous la permette pas ».

Depuis « 
l'état des mœurs »a bien changé : lors des sondages réalisés depuis 1999 par la Lettre de la citoyenneté, les personnes interrogées se sont déclarées favorables, 9 fois sur 12 , y compris ce mois-ci - sondage à paraître - à l'extension du droit de vote pour les élections municipales et européennes aux résidents étrangers non communautaires,. Et ce, malgré la xénophobie entretenue, depuis 10 ans au moins, par les gouvernements.

 

 

Dans son 50ème engagement, le candidat François Hollande a mis : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales auxétrangers résidant légalement en France depuis cinq ans ». Avec un double abus de langage ! Car la formulation suggère l'attribution du droit de vote, à tous les étrangers, communautaires et extra-communautaires, pour les élections locales donc municipales, cantonales, régionales... Quand l'intention était beaucoup plus limitée : l'extension aux étrangers non communautaires du droit de vote pour les seules élections municipales qu'ont déjà les communautaires.

 

Pour mener à bien une telle réforme, il faut une modification de la Constitution soit par un référendum, soit par un projet de loi constitutionnelle voté dans les mêmes termes à l'Assemblée nationale et au Sénat et, en plus, adopté par une une majorité des 3/5èmes de ces 2 assemblées réunies en Congrès.

 

Cette réforme avait annoncée pour 2013 et les 2 procédures avaient été envisagées. Faute d'une majorité qualifiée assurée au Congrès, le Premier ministre a été chargé de sonder les parlementaires de droite ou du centre qui pourraient fournir le complément de voix nécessaires. Il n'était pas sorcier de prévoir son échec après le vote d'une proposition de loi sur la question au Sénat : aucun sénateur centriste ou de droite n'a voté en faveur de ce texte.

 

En novembre, le président déclarait  : «Présenter un texte avec le risque de diviser les Français pour au bout du compte ne pas le faire passer : je m’y refuse.». Division qu'il n'a pas refusée, avec succès il est vrai, pour le « mariage pour tous » car « la France est capable d’assumer de grands débats sur des questions de société.» La promessedu droit de vote semblait enterrée.

 

 

Lors de la dernière conférence de presse, François Hollande, reprenant la question, a voulu montrer que l'idée, sinon le projet, n'était pas abandonnée. Mais il a avancé un nouveau prétexte pour reculer : «Je ne veux pas donner l’impression que nous chercherions avant les municipales à utiliser cette question du droit de vote des étrangers pour entretenir je ne sais quel malentendu». Après les municipales de 2014, «comme il n’y aura plus d’enjeu », un texte «sera soumis au Parlement et le Parlement en fera l’adoption s’il le souhaite». Les circonstances, le rapport de forces seront-ils plus favorables pour autant ?

 

De l'engagement « j'accorderai... » du candidat, le président de la République se défausse sur le Parlement et n'engagera cette réforme que s'il est assuré d'avoir une majorité suffisante au Parlement : "Ce n'est pas le président de la République qui décide du droit de vote. Aujourd'hui, cette majorité n'est pas constituée, et donc j'ai dit au gouvernement qu'il travaille pour constituer cette majorité".

 

 

Comment espérer que cette majorité sera constituée après les élections municipales du printemps et surtout des sénatoriales de septembre 2014 ? Car il sera toujours nécessaire d'avoir une majorité qualifée pour modifier la Constitution par voie parlementaire.

 

La dernière élection des sénateurs a été un succès plus fort que prévu pour la gauche, ce qui lui a permis, pour la première fois sous la Vème République, d'avoir la majorité au Sénat. Il est fort probable que la majorité gouvernementale n'améliorera pas sa représentation au Sénat à cette occasion, loin de là.
Comment obtenir une majorité qualifée au Congrès ? Comment obtenir un appui significatif des élus centristes ou de droite favorables au droit de vote ?
 

 

 

Cet ajournement ressemble beaucoup à un renoncement. A moins que François Hollande envisage, à l'occasion d'un important remaniement, un grand marchandage avec le centre ! Dont certains éléments, dans le passé, ont déclaré être favorables à cette réforme.

 

 

La voie parlementaire étant pour le moins incertaine, reste le référendum et, 30 ans après Mitterrand, « l'état des moeurs ». "Si nous n'aboutissons pas par la voie parlementaire, je verrai dans quel état est la société pour éventuellement aller dans cette direction...Mais aujourd'hui, ce n'est pas mon intention ». François Hollande n'a pas cédé sur le «  mariage pour tous » malgré une opposition virulente mais qui n'a pas réussi à entrainer l'opinion publique. Osera-t-il demain faire pour le droit de vote ce qu'il ne fait pas aujourd'hui « présenter un texte avec le risque de diviser les Français » ? Ou pense-t-il ne faire passer que des réformes qui ne divisent pas les Français ?

 

 

 

« Tout ce que j'ai dit dans mon projet et dans mes 60 engagements, ça sera fait dans le quinquennat ». François Hollande fait encore semblant d'y croire.

 

 


 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 20:29

 

 

1,08 millions de personnes ont immigré en Allemagne en 2012, 13 % de plus qu'en 2011, un tel flux n'avait pas été enregistré depuis 17 ans. « Bénéfique pour tous », selon la ministre du travail, « la nouvelle vague est plus jeunes et plus formée que la moyenne de la population ».

Dans le même temps 712 000 personnes ont quitté l'Allemagne en 2012, 5 % de plus qu'en 2011. Le solde n'en est pas moins un record depuis 1995, avec 369 000 personnes - un solde positif de 200 000 est la seule façon pour limiter décroissance démographique, chute de la natalité depuis le début des années 1970. http://www.michel-verrier.com/revue-presse-allemagne/?2013/05/08/1332-immigration-un-record-depuis-1995


 

Les gréves pour l’augmentation de salaire se multiplient en Allemagne : Après les années 2002-2008 marquées par une forte rigueur – le coût unitaire de la main-d'œuvre n'a augmenté que de 2 %, contre 18 % dans l'UE – les salaires réels ont progressé de 1,5 % en 2010, de 1 % en 2011 et de 0,6 % en 2012. Cette augmentation du pouvoir d'achat des Allemands est souhaitée non seulement par la France, mais aussi par le secrétaire au Trésor américain et par plusieurs commissaires européens. Le très orthodoxe Olli Rehn, commissaire chargé des affaires économiques, juge qu'"un renforcement de la demande intérieure" contribuerait au "rééquilibrage nécessaire de l'économie de la zone euro, dans l'intérêt même de l'Allemagne". L'adversaire social-démocrate d'Angela Merkel, tient ce même discours. C'est l'une des justifications qu'il donne à sa proposition de créer un salaire minimum en Allemagne de 8,5 euros de l'heure. Le Monde 09/05/13.



Catherine Ashton souhaite que tous les pays des Balkans intègrent l'UE. Libération 17/05/13.



Nous devons revenir vers l'économie sociale de marché... abandonnée depuis 30 ans au profit d'une ligne ultralibérale... la préservation d'un certain modèle économique et social de protection. Il faut dans chaque pays, dans chaque branche un salaire minimum. La convergence fiscale et l'harmonisation sociale, évidemment qu'il faut les faire. La CE a fait des propositions... l'harmonisation des bases de l'impôt sur les sociétés. Trop souvent, nous nous heurtons à la règle de l'unanimité, qu'il faut changer. Michel Barnier JDD 19/05/13.


 

Les repères historiques - l'Allemagne championne de l'industrie, la France première puissance agricole - se brouillent. En termes d'exportations agroalimentaires, les agriculteurs allemands sont passés devant les Français en 2011 et l'écart se creuse. JDD 19/05/13.


 

L’Europe et la France doivent-elles s’inspirer de la façon dont les économies japonaise et américaine... redémarrent ? Oui.
Que devrait faire l’exécutif en France ? Deux choses difficiles politiquement et apparemment contradictoires. Réduire d’abord les impôts - à commencer par la CSG - pour relancer la consommation, même si cela rend les Allemands furieux. Et s’engager à baisser le déficit public dès que le chômage redescend. Et seulement là. Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève. Libération 20/05/13.


 

David Cameron a exhorté les territoires britanniques d’outre-mer de régulariser le partage d’informations fiscales. Il a notamment appelé les 10 destinataires à signer la convention multilatérale sur l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale - un protocole établi par le Conseil de l’Europe et l’OCDE facilitant la coopération fiscale internationale.
A ce jour, Anguilla, les Bermudes, les îles Vierges, Montserrat, les îles Turques-et-Caïques ont rejoint les îles Caïman et Gibraltar et coopèrent avec le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne en matière de renseignement sur les comptes détenus sur leurs territoires. EurActiv.fr 21/05/13



Le 20 mai, et pour la deuxième nuit consécutive, des émeutes ont eu lieu à Husby, une banlieue de Stockholm à majorité immigrée. Plusieurs voitures ont été incendiées et les forces de l’ordre ont été attaquées à coups de pierres par des bandes de jeunes masqués.

Ces émeutes surviennent après la mort d’un homme de 69 ans tué par la police qu’il avait menacée. Mais la ségrégation et le chômage sont également les causes de ces débordements.
La police est en outre accusée d’avoir utilisé un langage raciste envers les habitants du quartier. "On nous a traités de ‘nègres’ et de ‘singes’", déplore le porte-parole de l’association engagée auprès des jeunes de la banlieue de Stockholm. Presseurop Gagens Nyheter 21/05/13.


 

La bataille de l'Europe, c'est aussi l’Écosse contre l'Angleterre. Scénario évoqué:la GB sort de l'UE, l’Écosse sort du Royaume-Uni et devient membre de l'UE. Aujourd'hui, à Londres, personne ne jure plus de rien. Le Monde 21/05/13.


 

477 personnes se sont suicidées en Grèce en 2011, hausse de 26 % sur un an, a indiqué le service des statistiques Elstat, évolution largement imputée dans le pays aux effets de la crise économique. Libération 21/05/13.


 

L'évasion et la fraude fiscales coûteraient près de 1.000 milliards d'euros aux États membres chaque année, comme l'a rappelé le PE. Toute l'Europe 22/05/13.


 

En 2012, les taux de chômage ont de fortes disparités parmi les 270 régions de l'UE27. Les plus bas sont dans les régions de Salzburg et du Tirol (2,5%) en Autriche et de Tübingen, d'Oberbayern et de Trier (2,7%) en Allemagne ; les plus élevés dans les régions de Ceuta (38,5%), d'Andalucía (34,6%), des Canarias et d’Extremadura (33,0%) en Espagne et dans la Dytiki Makedonia (29,9%) en Grèce.
53 avaient un taux inférieur à 5,2%, soit la moitié du taux moyen de l'UE27 : 22 régions d'Allemagne, 8 des 9 régions d'Autriche, 7 des P-B, 5 du Royaume-Uni, 4 de Belgique, 3 de Roumanie, 2 de Tchèquie, 1 d'Italie ainsi que le Luxembourg. À l'opposé, 25 avaient un taux supérieur à 20,8%, le double de celui de l'UE27 : 11 d'Espagne, 10 de Grèce et 4 DOM français. Eurostat 22/05/13.


 

L’échange automatique d’information devrait devenir, d’ici la fin de l’année 2013, la norme dans l’UE. Même s’il pose encore ses conditions, le Luxembourg a déjà cédé en acceptant les conditions posées par les Américains.
Le gouvernement luxembourgeois a accepté, en avril, de ratifier l’accord d’échange de données automatiques avec les États-Unis (Fatca). Or, le droit européen prévoit que si un pays accorde des conditions plus favorables à un tiers, il doit faire de même avec ses partenaires.

Le Luxembourg acceptera-t-il de céder sur l’ensemble des parties ? Demandera-t-il des exceptions ? Réponse en décembre. EurActiv.fr 22/05/13.



Les révoltes qui ont éclaté dans la banlieue de Stockholm montrent que l’intégration des nombreux immigrés qui y habitent ne s’est pas faite. En cause, le manque de volonté du gouvernement d’agir sur le front de l’éducation et de l’emploi. Presseurop 23/05/13 

 


TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit

 


 

Bercy est trop riche. L'augmentation de la taxe sur les cigarettes a été ajournée de 3 mois. Pour que les cigarettiers puissent se refaire. 09/05/13.

 

Antiracistes satisfaits : le mot race disparaît, le racisme continue. Demain, suppression du mot "sexe", heureusement, il restera la chose ! 18/05/13.

 

Reconversion : DSK dans le rôle de Depardieu ! 18/05/13.

 

Après DSK, en cas de démission forcée de Christine Lagarde, le gouvernement français a un candidat de remplacement en réserve Jérôme Cahuzac 22/05/13.


 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 21:00

 

 

La loi sur l'ouverture du mariage aux homosexuels a été votée sans problème au Parlement, le gouvernement disposait d'une large majorité. Mais une minorité d'opposants a réussi à multiplier les manifestations de rue plus ou moins spectaculaires.

 

Descendre dans la rue n'est pas dans la tradition de la droite, même si l'extrême droite.... Ainsi à « Manifestation » de Wikipedia, on trouve, pour la droite de 1971 à aujourd'hui, seulement les « manifestations pour tous » de mai 2013 et la grande manifestation du 24 juin 1984 « pour la défense de l'école privée » contre le projet de loi d'Alain Savary pour un « grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale »

 

Toutes les autres - à l'exception de celles du 1er mai 2002 contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle et du 14 mai 1990 contre la profanation du cimetière de juif de Carpentras qui peuvent être considérées comme bipartisanes - toutes les autres (25) ont eu lieu à l’initiative d'organisations de gauche, associatives, syndicales ou partisanes, sur des thèmes de gauche : « indignés », retraites, emploi, pouvoir d'achat, CPE, Sécurité sociale, financement de l'école privée, sidérurgie ; nucléaire, avortement...

 

Les « manifestations pour tous » ont essayé de retourner des images, des valeurs, des mots de gauche. « Mariage pour tous » n'était pas juste (il n'est pas question d'imposer le mariage à quiconque mais d'étendre le droit au mariage). Et « manifestations pour tous » reprenait cette forme mais n'était en réalité que la descente dans la rue de personnes qui découvraient ce type d'action souvent critiquées chez les autres et auxquelles elles ont toujours eu droit. Elles reprenaient des images et des mots de la Révolution que bien des participants détestent : bonnet phrygien, appels contre la dictature, pour la démocratie alors qu'elles s'élevaient contre des mesures approuvées par la majorité des électeurs et qu'approuvaient une large majorité de sondés.

 

Les deux manifestations de droite de 1984 et de 2013 ont un point commun : un engagement remarqué de la hiérarchie catholique mais plus important en 2013. Qui a légitimé ces manifestations.

En 1984, la hiérarchie catholique défendait un important moyen d'influence à travers les établissements qu'elle gérait au nom de la « liberté » de l'enseignement. En 2013, elle s'oppose à un « droit-liberté », l'extension du droit au mariage pour les personnes de même sexe. Cette loi porte sur le mariage civil, ne lui enlève rien et ne l'engage en rien.

 

Le Danemark a été le premier pays à permettre aux couples homosexuels une union civile (1989). Les couples homosexuels peuvent adopter et ont obtenu le droit de faire bénir ce «partenariat enregistré» à l’Église. La nouvelle loi, qui entrera en vigueur le 15 juin, leur donne droit à une véritable cérémonie rituelle religieuse (Libération 07/06/12).
Le 1er avril 2009, la Suède a voté une loi autorisant le mariage homosexuel. C'est le premier pays qui a inclus dans la législation l'obligation du mariage religieux pour les homosexuels. Les pasteurs ont le droit de refuser mais l'Église luthérienne (religion majoritaire du pays) a l'obligation de trouver un pasteur pour procéder au mariage homosexuel (Wikipedia).

 

En France, l’Église a dû accepter, en son temps, de perdre l'état civil et d'être seconde dans le mariage. Il ne dérogeait pas à sa vision même si tous les nouveaux mariés ne demandaient pas obligatoirement son sacrement ou sa bénédiction...

Elle aurait pu accepter le mariage homosexuel que personne ne lui demandait de « sacrer » ou de « bénir », ce à quoi elle arrivera peut-être un jour suivant l'exemple des protestants, pour lesquels le mariage n'est pas un sacrement. Les pasteurs bénissent un mariage.

 

Dans son argumentation contre le mariage civil des homosexuels, l’Église appuie son opposition sur le « but » du mariage, la procréation, et la préoccupation de l'avenir des enfants. Mais pour faire des enfants, il n'a jamais été nécessaire d'être marié... et les enfants sont de plus en plus conçus en dehors du mariage : 54,8 % des naissances ont eu lieu hors mariage en 2010. Même si l’Église réprouve, elle n'a plus de pouvoir sur ces conceptions hors mariage, y compris d'ailleurs parmi ses ouailles. D'autre part, le mariage n'est pas interdit par la hiérarchie catholique aux couples catholiques, dont la procréation ne peut être la finalité pour des raisons physiologiques (âge) ou pathologiques (stérilité...).

Il n'en reste pas moins qu'en avançant la question des enfants et l’Église et la droite espéraient toucher bien au delà de leur clientèle habituelle. Ce qui ne semble pas avoir été le cas quand on regarde les résultats des sondages malgré toutes les manifestations et prises de position.

 

L'enfant étant considéré comme «  un don de Dieu », l’Église est opposée à la procréation médicalement assistée (PMA), à l’insémination artificielle. Mais en France, chaque année, « près de 50 000 enfants naissent grâce aux techniques de procréation médicalement assisté » Dans 6 % des cas, la PMA fait appel à des spermatozoïdes, des ovocytes ou des embryons issus d’un don : l'enfant n'est plus le fruit d'un père et d'une mère au sens traditionnel, fruit de la relation sexuelle d'un couple marié. Libre aux catholiques de respecter ces préceptes, sans les imposer aux autres. Quant aux familles..., le famillles monoparentales étaient au nombre de 2 263 100 soit 8,2% en 2009... Et les familles recomposées...

Depuis longtemps, on annonce la destruction de la famille par le divorce, la contraception, l'avortement... Le mariage des homosexuels peut plutôt être considéré comme une nouvelle forme de famille surtout avec le droit à l'adoption et à la PMA !

 

Dans cette bataille contre le mariage homosexuel, parmi les religions de France, la hiérarchie catholique est la seule à s'être engagée aussi fortement. Pourtant, elle n'a pas été la seule à prendre position contre. Quelquefois dans des termes tout aussi excessifs, comme ceux de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Le cardinal Philippe Barbarin a vu derrière « le droit au mariage pour tous » l'inceste ou la polygamie. Pour l'UOIF, il pourrait légitimer « la zoophilie, la polyandrie au nom du sacro-saint amour »...

Les prises de position des autres religions sont restées plus discrètes. Un front des intégristes religieux ne s'est pas constitué. Seul lerecteur de la grande mosquée de Lyon a appelé les fidèles musulmans à rejoindre la manifestation anti-mariage pour tous.
Les autres se sont abstenus.
Par difficulté à se situer, à manifester aux cotés de la droite extrême française ? Par un positionnement différent dans la société française ?

 

Ceux qui se disent les champions de la laïcité - depuis peu et quand il est question de l'islam – ont oublié ces jours-ci que la laïcité, c'est la séparation de l’Église et de l’État.

C'est la laïcité qui permet de légiférer sur le mariage civil en fonction de l'évolution de la société, sans toucher au mariage religieux.

C'est la laïcité qui exclut pour le clergé l'obligation de bénir ou marier les homosexuels comme en Suède ou au Danemark.

C'est la laïcité qui exclut aussi toute prétention des Églises à légiférer pour l'ensemble de la population même si elles peuvent donner des lignes de conduite à leurs fidèles.

 

La laïcité, c'est la séparation des Églises et de l’État. Chacun maître chez soi.

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 18:06

 

Cette question ne se pose pas dans les mêmes termes au niveaux externe et interne.

 

Ces derniers jours, la politique économique européenne amorce un léger virage avec deux décisions attendues qui n'impliquent pas un changement profond mais qui n'en sont pas moins significatives.

 

Alors que la Commission européenne prévoit une contraction de 0,4% des économies de la zone euro en 2013, Mario Draghi a déclaré : « Dans ce contexte d’austérité, la lutte pour arriver à des décisions communes a eu un impact négatif sur les sentiments du marché. Mais désormais nous sommes arrivés à un point où l’Union monétaire, pour survivre, a besoin d’un pacte de croissance parallèlement au pacte fiscal bien connu »(Euronews 06/05/13). Et logiquement, il a ramené le taux de la BCE de 0,75 à 0, 50%.

C'est bien un signe en faveur de la relance mais sera-t-elle vraiment favorisée  ? Cela dépend des banques. Car la BCE ne prête pas aux États mais aux banques et la question n'est pas le coût de l'argent ou le manque de liquidités mais leur faible propension à jouer leur rôle et à utiliser leurs fonds pour répondre aux besoins des acteurs économiques, individus ou entreprises.

 

De son coté la CE a reculé la date à laquelle certains pays, dont la France, devraient être rentrés dans les clous et revenir en deçà des fameux 3% de déficit. Mais pouvait-elle faire autrement quand 23 des 27 pays de l'Union ne pourront pas respecter le pacte de stabilité en 2013 (Politis 02/05/13) ? Quand la France a reconnu qu'elle n'arriverait pas à ce résultat cette année ?

 

Il est vraisemblable que ces mesures ont bénéficié du tacite accord allemand traduisant une évolution discrète qui ne peut être assumée publiquement à 5 mois des élections. En tout cas, on n'a pas entendu de véhémente protestation de Berlin bien que Angela Merkel ait déclaré quelques jours auparavant que pour l'Allemagne le taux devrait être augmenté (Les Echos 27/04/13). Autre et récente évolution : le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble pourrait s'engager en faveur d'une mise en œuvre de l'Union bancaire sans demander une révision des traités comme il le faisait jusque là pour la différer (Les Échos 07/05/13).

 

Il semble que gouvernements et institutions européennes approchent d'un accord, lentement comme d'habitude, après l'élection allemande probablement. Pour tous, politique de rigueur et croissance sont indispensables. Pour l'Allemagne de Merkel, primauté de la diminution du coût du travail, des dépenses sociales. Pour la France de Hollande, éviter aux peuples l’accentuation d'une insupportable austérité, la rigueur n'étant possible qu'avec une reprise économique. Sans laquelle, la situation risque de devenir explosive et, en ce sens, les protestations sociales en France et dans les différents pays européens sont un appui indirect à François Hollande.

 

Les mesures de la BCE et de la CE, une certaine reprise avec baisse du chômage aux États-Unis et l'espoir d'un assouplissement du gouvernement allemand, dès aujourd'hui et peut-être plus demain quel que soit le résultat des élections, peuvent encourager François Hollande à persévérer dans sa politique de « tension amicale ».

 

Le choix de la « tension amicale », plutôt que de l'affrontement, au niveau européen peut s'expliquer par le tempérament de François Hollande et par l'appréciation du rapport de forces. Il y a un an, seul le gouvernement français a changé de majorité et les promesses du candidat n’engageaient pas les autres chefs d’État et de gouvernement. Même si la politique suivie jusque là n’entraînait pas d'amélioration et enfonçait les États « aidés » dans la crise et les peuples dans la souffrance.
Le rapport de forces entre gouvernements n'avait pas changé. Il n'est pas le même au niveau mondial avec les positions plus favorables à la relance du FMI ou des États-Unis, les gouvernements même de droite confrontés à des situations intenables, la colère des peuples... renforcent la position de Hollande. Face à l'entêtement idéologique de la droite allemande de Merkel

 

Mais le temps presse et Hollande ne peut rester les bras croisés en se satisfaisant des réformes qu'il a réussies à faire admettre et des évolutions lentes. Car la baisse du taux de la BCE, même judicieusement utilisée par les banques, la reprise aux États-Unis, même si elle se confirme, n'auront pas d'effet immédiat sur l'économie française et européenne. Ni sur le chômage et le niveau de vie. Des mesures sont nécessaires au niveau de l'économie nationale. Et plus encore de la politique nationale pour redonner l'espoir.

 

La politique de « tension amicale » a-t-elle le même avenir au niveau national. Rien n'est moins sûr. Pour le moment, elle a fait descendre dans la rue et la droite de droite et la gauche de gauche. On peut croire que, la loi sur le droit au mariage pour tous votée, la mobilisation va être plus difficile à maintenir.

Il n'est pas sûr que le compromis entre le Medef et les syndicats réformistes se traduise par une reprise rapide. Le gouvernement ne peut guère compter sur l'activité affichée des ministres de l'économie sociale et solidaire, du logement, du redressement productif pour faire patienter ceux qui se sentent abandonnés, trompés...

 

Le rapport de forces pouvait faire espérer un plus grand respect des promesses électorales. Car la gauche n'a jamais eu autant de pouvoir institutionnel en France. Le parti socialiste détient la majorité absolue, à lui seul, à l'Assemblée nationale, et avec ses alliés au Sénat. Il dirige la presque totalité des régions. Seules limites à son pouvoir, Il ne dispose pas, même avec l'aide de ses alliés, de la majorité qualifiée pour modifier la Constitution.
Rien ne l'empêche cependant de mener, par la loi, les réformes qu'il estime nécessaires et de tenir les promesses du candidat Hollande.

 

Toutes les promesses ne peuvent être tenues le lendemain de l'élection : quelques unes l'ont été durant la première année de gouvernement dont la plus bruyante a été le droit au mariage pour tous mais le gouvernement n'a pas profité de son immense pouvoir pour entreprendre les réformes fondamentales qui, sans être socialistes, auraient donné tout son sens à un gouvernement de gauche.

 

Ce qui est le plus inquiétant, c'est de voir avec quelle rapidité, François Hollande a reculé devant les groupes de pression. Exemples.

 

François Hollande affirmait « mon ennemi c'est la finance », « Je séparerai les activités des banques utiles à l’investissement de leurs opérations spéculatives ». Il a rapidement battu en retraite face aux banques. Cette réforme a été abandonnée. Certains s'en réjouissent ouvertement : « Le fantôme de Franklin Roosevelt étant devenu le guide de l’opinion publique, il est heureux que la guerre déclarée aux banques par le candidat Hollande se limite aux apparences, et que la réforme proposée par le gouvernement soit essentiellement inexistante » (Atlantico 08/02/13).

 

Dans la foulée,François Hollande qui voulait « faire payer les riches » a certes modifié la loi sur l'ISF qui n'est pas la loi la plus adaptée pour cela mais a annoncé une augmentation de la TVA, « sociale » et injuste sous Sarkozy et juste et socialiste sous Hollande ? Mais il a abandonné « la mère » des réformes, la réforme fiscale dont on pouvait penser qu'elle était toute prête dans les cartons du candidat. Elle avait été bien préparée par un petit livre remarquable « Pour une révolution fiscale »* paru il y a quelques années. Elle a été abandonnée.

 

François Hollande voulait lutter contre les inégalités et avait retenu le droit de vote des résidents étrangers non communautaires. Ce projet a été abandonné, faut de majorité « constitutionnelle ».

Mais pour lutter « contre le "délit de faciès "dans les contrôles d’identité par une procédure respectueuse des citoyens », il disposait d'une large majorité. Il a cependant reculé dans « la mise en place d'un système de récépissé remis lors des contrôles de police, » annoncé par le Premier ministre et rapidement retiré à la demande de la police et de son ministre ! Pourtant, les expériences menées au Royaume-Uni, en Espagne et en Hongrie ont entraîné une diminution des discriminations et une plus grande efficacité des contrôles !



Si au niveau européen, François Hollande peut avoir le bénéfice du doute, au niveau national, sa « souplesse » malgré sa majorité au Parlement, lui a fait abandonner des réformes importantes.

Reste maintenant pour le gouvernement et le patronat, pas brillants jusqu'ici, à promouvoir une nouvelle politique industrielle et commerciale qui respecte et favorise la transition énergétique. Mais ceci est une autre histoire..

 

 

* Pour une révolution fiscale Camille Landais, Thomas Picketty, Emmanuel Saez http://www.revolution-fiscale.fr/Pour_une_revolution_fiscale.pdf

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 11:08

 

Estimation de dollars dissimulés dans lles paradis fiscaux : 26 000 milliards. La moitié de cette fortune serrait détenue par 90 000 personnes soit 0,001% de la population mondiale. L'autre moitié par 8,4 millions d'individus, soit 0,14% des habitants du monde...
Grâce à leur présence dans les paradis fiscaux, les grandes entreprises affichent des taux d'imposition ridicules au niveau mondial : 2,3% pour General electric, 2,4% pour Google...
En France, pour un taux d'imposition sur les sociétés de 33,3%, les entreprise paient en moyenne un taux de 18%... 30% pour les entreprises de moins de 20 salariés, 8% pour les entreprises du CAC 40, certaines d'entre elles ne payant absolument pas d'impôts. Alter éco mai 2013.



Avec la probable désignation automatique du président de la CE, les élections européennes de 2014 devraient donner davantage de légitimité démocratique à l’exécutif bruxellois. Mais est-ce vraiment souhaitable ? Pas sûr.
Ancrez la démocratie européenne à l’échelle nationale en renforçant le rôle du PE. Oui, acceptez davantage de candidats dans la course à la succession de J.M. Barroso et organisez des auditions publiques. Mais ne faites pas comme si la CE était le gouvernement de l’UE. Dagens Nyheter presseurop 03/05/13.

 

 

Les pressions exercées par le parti eurosceptique Ukip pourraient pousser David Cameron, le PM britannique, à soumettre aux députés l’idée d’un référendum sur une sortie de l’UE avant la prochaine élection de 2017. The Times presseurop 03/05/13. 

 

 

Il y a urgence à infléchir la politique européenne, mais il ne faut pas simplement se plaindre de l’attitude d’Angela Merkel : il faut faire des propositions à l’Allemagne, sous peine de la braquer inutilement. Lettre d'Alter éco 02/05/13.

 

 

Oskar Lafontaine, fondateur de die Linke, ancien président du PSD, est maintenant favorable à la fin de l'euro. Si la monnaie unique ne peut plus être dévaluée ou ré-évaluée à sa valeur réelle dans les pays concernés, il faut l'abandonner, explique-t-il. L'Euro a échoué selon lui parce qu'il n'existe pas de politique salariale coordonnée dans les différents pays qui l'utilisent.

Une position que semble partager sa compagne, Sarah Wagenknecht,VP du groupe parlementaire de die Linke au Bundestag, économiste, qui ne cache pas ses convergences avec nombre de critiques de la monnaie unique avancées par l'Alternative für Deutschland (Afd).
Une évolution qui ne fait pas du tout l'affaire de la direction de die Linkequi ne milite pas pour la fin de l'euro, "en dépit des graves erreurs de sa conception", au contraire, assure Katia Kipping, présidente du parti -originaire de l'ex RDA. Sortir de l'euro serait une « erreur fatale » affirmait également il y a peu Gregor Gysi, chef du groupe parlementaire de die Linke au Bundestag, qui isolerait l'Allemagne et serait fatal pour les exportations allemandes. http://www.michel-verrier.com/revue-presse-allemagne/?2013/05/02/1329-lafontaine

 

 

L’État grec est en train de redevenir solvable. Mais le pays va connaître en 2013 sa sixième année consécutive de récession et la paupérisation est massive. Slate.fr 03/05/13.

 

La prise en compte des prêts accordés aux pays en difficulté ne change rien à l’affaire : l’euro reste très avantageux pour l’économie allemande, selon une étude de la fondation Bertelsmann. 03/05/2013 Euractiv.fr

Dans une entrevue accordée au Financial Times, le président irlandais a formulé une critique sévère de la politique d'austérité de l'UE et de la BCE, appelant à "repenser entièrement" les stratégie de gestion de crise. Eurotopics 03/05/13.

 

En 2013, 24 pays sur 27 ne pourront respecter le pacte de stabilité. Politis 02/05/13.

 

Bermudes ou Anguilla: les dépendances britanniques passent à l’échange automatique. En Suisse, les milieux financiers doutent de l’efficacité réelle de ces accords. Le Temps 04/05/13.

 

Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer infiniment est soit un fou, soit un économiste. Keneth Boulding Libération 06/05/13.

 

L'économie parallèle représentait 19% du PIB européen l'an passé contre 19,3% un an plus tôt...
La part représentée par les activités non déclarées par rapport aux activités connues a ainsi atteint son niveau le plus bas depuis 10 ans dans les 31 pays du continent européen pris en compte. En valeur absolue, les transactions légales mais non déclarées et le travail au noir représentaient 2 175 milliards d'euros en 2012.
Les experts expliquent la baisse de ces activités notamment par les nouvelles mesures de lutte contre la fraude mises en place par les États.
En France, en 2011, le poids des activités non déclarées représentait 11% du PIB puis elles ont diminué à 10,8% en 2012... devrait passer cette année, à 9,9%. L'Hexagone se situe derrière la Suisse à 7,6% en 2012, l'Autriche (7,6%), le Luxembourg (8,2%) et les Pays-Bas (9,5%).
En Bulgarie, les activités non déclarées représentaient 31,9% du PIB en 2012, en Estonie, 28,2%, en Croatie 29%, en Espagne à 19,2%.
L'Italie est l'un des rares pays où la proportion d'activités non déclarées a augmenté entre 2011 et 2012. Le Figaro 06/05/13.



Dans ce contexte d’austérité, la lutte pour arriver à des décisions communes a eu un impact négatif sur les sentiments du marché. Mais désormais nous sommes arrivés à un point où l’Union monétaire, pour survivre, a besoin d’un pacte de croissance parallèlement au pacte fiscal bien connu”.Mario Draghi Euronews 06/05/13.

 

"Rappelons que selon les critères de Maastricht, la limite maximale pour la dette publique est de 60% du PIB. Toute la zone euro a dépassé ce palier. … Seuls cinq pays d'Europe respectent les critères de Maastricht et seraient autorisés à intégrer la zone euro aujourd'hui : Luxembourg, Estonie, Slovénie, Slovaquie et Finlande ! … Les Européens souffrent. Leurs revenus et leurs retraites stagnent ou diminuent. La réduction des déficits fait chuter leur niveau de vie. Comment se fait-il donc que la dette publique continue d'augmenter ?" To Ethnos Eurotopics 05/05/13.

 

Dettes publiques en 2012 en % du PIB : Japon 214,3, Grèce 156,9, Italie 127, Islande 124,7, Irlande 117,6, États-Unis 109,8, Belgique 99,6, France 90,2, GB 90, Chypre 85,8, Canada 85, 8, Espagne 84,2, Allemagne 81,9, Hongrie 79,2. Libération 07/05/13.



Une ville "ultra-métissée qui peine à gérer sa diversité". "Avec 75,6% de sa population directement issue de l’immigration, la capitale est trois fois plus métissée que la Wallonie, et cinq fois plus que la Flandre". Le Soir, presseurop 07/05/13,

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 19:41

 

Élections européennes de 2014 : Pour la 1ère fois, le Président de la CE sera élu par le PE, sur proposition du Conseil faite à la lumière de la majorité issue des urnes. Les grands partis ont donc la possibilité de proposer aux électeurs leur candidat à la Présidence. Le Parti socialiste européen organisera des primaires pour choisir son candidat. Cette réforme peut contribuer à politiser le débat en permettant l’incarnation d’une ligne politique pour l’Europe et renforcer la légitimité démocratique de la CE. Terra nova 16/04/13.

A Washington, le G20 a franchi un nouveau cap en plaidant pour «l'échange automatique d'information» : décision prise à l'unanimité avec la présence exceptionnelle de la Suisse, invitée par la Russie qui préside cette année le G20. Le Figaro 20/04/13.

A cause de la crise et du manque de croissance dans la zone euro, "l’Europe est descendue à la dernière place d’une économie mondiale à trois vitesses. Loin derrière les pays émergents comme la Chine, le Brésil et l’Inde, mais aussi à distance respectueuse des États-Unis". De Volkskrant presseurop 22/04/13.

 

Ratios dette publique/PIB fin 2012 :Estonie 10,1%, Bulgarie 18,5, Luxembourg 20,8, Roumanie 37,8, Suède 38,2, Lettonie/Lituanie 40,7, Tchéquie/Danemark, 45,8, Slovaquie 52,1, Finlande 53,0, Slovénie 54,1, Pologne 55,6. 14 États membres ont affiché un ratio supérieur à 60% du PIB dont 12 de la zone euro : Grèce 156,9%, Italie 127,0, Portugal 123,6, Irlande 117,6, Belgique 99,6, France 90,2, Royaume-Uni 90,0, Chypre 85,8, Espagne 84,2, Allemagne 81,9, Hongrie 79,2, Autriche 73,4, Malte 72,1 et Pays-Bas 71,2. En 2012, par rapport à 2011, 6 États ont enregistré une amélioration de leur dette publique en pourcentage du PIB et 21 une détérioration. Eurostat 22/04/13.

 

«Tout ce que nous avons fait n'était pas juste» (J.M. Barroso), les prescriptions pour enrayer la crise de la dette, recommandées principalement par Berlin, ne sont pas efficaces.
La publication de statistiques (Eurostat) démontre que dans de nombreux pays de la zone euro en difficulté, les déficits publics se sont nettement améliorés depuis 2008, à coup de coupes budgétaires sans précédent et de hausses d'impôts drastiques. La dette continue de flamber. Des 4 pays de la zone euro qui ont bénéficié de l'aide de l'UE en contrepartie de mesures d'austérité, seule la Grèce à vu le niveau de sa dette dégonfler, passant de 170% du PIB en 2011 à 157% l'an passé - le niveau le plus élevé en Europe… Les dettes de l'Irlande, l'Espagne, du Portugal ont atteint des sommets l'an passé. En moyenne, la dette souveraine des pays de la zone euro a atteint 90,6% du PIB, du jamais vu sur le vieux continent. LE FIGARO 23 /04/13 .

 

Plusieurs parlementaires de la majorité conservatrice de David Cameron et de l'opposition demandent que Schmidt, patron de Google, ne soit plus conseiller économique du gouvernement britannique... Les investissements de Google en G-B sont dérisoires et Schmidt a "beaucoup trop d'influence" sur Cameron. Arrêt sur image 23/04/13.



Obtenue par le biais d'une coopération renforcée de 11 pays de l'UE, le projet de Taxe sur les transactions financières (Taxe Tobin) se voit attaqué par le R-U. Le gouvernement de David Cameron a officiellement lancé un recours auprès de la Cour de Justice de l'Union pour contester la légitimité du projet de directive. Toute l'Europe 23/04/13.

 

Face à l’augmentation exponentielle des demandes de permis de séjour, la Suissea décidé de limiter l’immigration européenne. 8 pays européens, principalement d’Europe de l’Est, étaient concernés par ces restrictions depuis 2012. A partir du 1er mai, elles seront étendues à tous les Européens malgré l’opposition des milieux économiques suisses. Euronews 25/04/13.

 

Deux ministres britanniques ont évoqué le souhait de voir le R-U quitter la Convention européenne des droits de l'homme après les élections de 2015 afin de s'affranchir de cette tutelle perçue comme une immixtion dans les affaires intérieures. Downing Street a confirmé la possibilité d'un retrait temporaire... Comment, comme dans le combat du Premier ministre pour renégocier certaines compétences européennes avec Bruxelles, un pays peut s'affranchir d'institutions supranationales quand cela l'arrange avant de les réintégrer (à propos de l'expulsion de l'islamiste Abou Qatada). Le Figaro.fr 25/04/13.

 

Enquête auprès des lycéens allemands de 14-16 ans. Un tiers ne savait pas qui était Hitler et 40% étaient persuadés que les droits de l'homme étaient respectés sous tous les gouvernements depuis 1933. Kultura (Sofia) cité par CI 25/04-01/05/13.

 

Eurobabel : Au sein de l’UE, la traduction est revient cher en temps et en argent. Pourquoi, ne pas économiser quelques milliards et faire de l’anglais la langue officielle de l’Union ? Malheureusement, cela se ferait au détriment de la démocratie et de l’intégration – et soulèverait un tollé chez les Français. The Guardian Presseurop 29/04/13.

 

Le montant total des impôts et des cotisations sociales, s'est établi à 38,8% du PIB en 2011 dans l'UE, contre 38,3% en 2010 et 38,4% en 2009... la zone euro 39,5% du PIB en 2011 contre 39% en 2010 et 39,1% en 2009. En 2011, la charge diffère d'un État à l'autre, de moins de 30% en Lituanie (26), Bulgarie (27,2), Lettonie (27,6), Roumanie (28,2), Slovaquie (28,5) et Irlande (28,9), à plus de 40% au Danemark (47,7), Suède (44,3), Belgique (44,1), France (43,9), Finlande (43,4), Italie (42,5) et Autriche (42)... Fondation Robert Schuman 29/04/13

 

Après les dures critiques des socialistes français vis-à-vis de la chancelière, les deux gouvernements ont tenté de limiter la casse” mais “à présent, le numéro deux d’Angela Merkel vient jeter de l’huile sur le feu” : le ministre de l’Economie, P. Rösler, a réalisé un rapport dans lequel “il énumère les fautes économiques et politiques du pays voisin”. Parmi elles, “l’augmentation du coût du travail et les charges élevées”, “le nombre d’heures travaillées le plus bas de l’UE”, “le poids de la fiscalité et de la protection sociale le plus élevé de la zone euro”.
Selon Rösler, la compétitivité de la France est en baisse et les industries, plombées par les impôts, quittent le pays. "La France dérive vers le sud", la France pourrait ne plus jouer son rôle de stabilisateur dans la crise de l'euro. Handesblatt Presseurop 30/04/13.

 

Chiffres de la CE pour l'efficacité de la justice (CEPEJ) : Pour obtenir des réparations ou être condamnés dans des affaires non criminelles il faut au Portugal 1096 jours, à Malte 866 jours, à Chypre 545, en Grèce 510, en Espagne 473, en Italie 395, en France, 256 jours, en Suède 185, en Slovénie 180. Du côté des plus vertueux, le Danemark 27 jours, la Lituanie 43 et la Pologne 49. Toute l'Euirope 30/14/13.


TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT 

 

L'Union européenne a encore des charmes et vaut bien un accord serbo-kosovar. 22/04/13.

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 20:40

 

De gauche, de droite, du centre et même du PS, des déclarations plus ou moins fracassantes se bousculent à propos des politiques économiques opposées au moins partiellement, française et allemande, sans qu'on puisse vraiment discerner le rôle de chacune.

 

Ainsi, ont déjà paru 2 versions du projet socialiste de sa « Convention Europe » : la seconde a été expurgée à la demande de Jean-Marc Ayrault ou de Jean-Christophe Cambadélis. On ne sait.

Mais on ne sait pas non plus le statut de ce document fuité. Surveillé par Matignon et l’Élysée, ce texte est-il un signe de la cacophonie souvent reprochée au gouvernement et au parti socialistes, de l'opposition entre parti et gouvernement ou un partage des tâches avant les négociations européennes ?

 

Tout le monde connaît les différences entre les politiques économiques de Angela Merkel et de François Hollande. Qui a intérêt à les dramatiser ? A en faire un affrontement personnel Merkel-Hollande ou, pire, national Allemagne-France ?

 

Hier Angela Merkel apportait son soutien à Nicolas Sarkozy et refusait de recevoir le candidat socialiste pendant la campagne électorale française. Aujourd'hui, François Hollande apporte le sien à Peer Steinbrück (SPD). Le résultat des élections françaises oblige Angela Merkel à faire avec François Hollande. Après les élections allemandes. François Hollande devra faire avec quel qu'en soit le résultat.
Qu'y a-t-il là d'extraordinaire dans ces soutiens croisés, au sein de l'Union européenne ?

 

Tout le monde reproche à François Hollande son manque d'esprit de décision. Pour l'intervention au Mali, sa rapidité de décision a été saluée, y compris à droite, même si tout le monde n'était pas d'accord avec cette expédition.
Lors des derniers sommets, il a essayé de rallier les gouvernements européens à une relance sans modifier le traité signé par son prédécesseur et sans affrontement violent. Il n'y est pas arrivé face à l'alliance d'une majorité de gouvernements de droite conduits par Angela Merkel et David Cameron.

Aujourd'hui, le texte du Parti socialiste semble vouloir rappeler qu'il n'a pas renoncé. Une fois de plus, François Hollande n'est pas Charles de Gaulle ou même David Cameron. Il ne claque pas la porte. Il rappelle sa position. Battu lors des précédents sommets, il repose le mêmes questions.

Entre temps, il a perdu une partie du poids que lui avait donné sa récente élection malgré une marge assez faible. Il aura en face après les élections allemandes une Angela Merkel, légitimée par un résultat électoral plus favorable si on en croit les prévisions sondagières. Dans cette optique-là, un peu de doigté ne nuirait pas de façon à ne pas renforcer cette légitimité politique par une poussée de nationalisme allemand.

 

Car ce qui est en cause, ce n'est pas le peuple allemand mais la politique économique de son gouvernement. Il serait plus judicieux d'attaquer cette politique au nom de l’égoïsme de la classe des rentiers qui gouverne l'Allemagne au détriment non seulement des peuples du sud de l'Union mais aussi des classes allemandes défavorisées. Relâcher l'austérité intéresse aussi le peuple allemand. Et l'Allemagne a les possibilités financières et économiques d'une relance qui donnerait du pouvoir d'achat à l'intérieur et une nouvelle marge de manœuvre aux pays qui en ont le plus besoin.

C'est d'ailleurs ce que demandent les États-Unis (à l'Allemagne et à la Chine), les instances européennes, dont la Commission de façon discrète, et de nombreux économistes. C'est ce que refuse, pour le moment Angela Merkel coincée par le soutien qu'elle reçoit, à quelques mois des élections, de ses électeurs de ce que l'Union compte de néo-libéraux.

 

Il suffit de voit François Fillon se précipiter à Berlin pour apporter son soutien à cette politique. Pour essayer de substituer Merkillon à Merkozy et continuer la politique dont les succès sont tout sauf évidents en France comme dans le reste de l'Union européenne.

La position de Bruno Le Maire est plus ambiguë : « Nous avons depuis longtemps trois sujets de divergence importants avec les Allemands : la convergence sociale et le salaire minimum, car nous ne pouvons pas accepter le dumping salarial ; la politique monétaire, car nous devons éviter une surévaluation de l’euro ; et la politique commerciale européenne, qui suppose la mise en place de règles de réciprocité. Sur ces trois sujets, nous ne pourrons discuter d’égal à égal avec les Allemands que si nous retrouvons notre crédibilité économique ». On croirait entendre François Hollande. Qui veut retrouver une crédibilité économique, ce que lui reprochent d'ailleurs la gauche du PS et le Front de gauche, et non « les fameux marchés » d'après le taux des emprunts actuels de la France.

 

Mais François Hollande n'est pas isolé dans sa mise en cause de l'austérité généralisée en période de récession. Au niveau européen, le président de la CE commence à reconnaître qu'elle à « atteint ses limites ». C'est aussi ce que pense le G20. Et le FMI.

La dernière déclaration en date est celle du nouveau président du Conseil italien, M. Letta dans son discours-programme  : « L’Italie se meurt par la faute de la seule austérité. Les politiques en faveur de la relance ne peuvent plus attendre". M. Letta se propose de respecter les engagements européens de l'Italie mais veut pouvoir financer une politique de relance. Il effectue à Berlin sa première visite à l'étranger. Il

 

Au total, il ne s'agit pas d'opposer deux personnalités, deux pays mais deux politiques qu'il faut énoncer clairement sans tomber dans le nationalisme, le populismes ou la xénophobie. Sous peine de voir apparaître des affrontements qui dépasseront les chefs d’État et de gouvernement.

On ne peut pas se satisfaire du chemin qu'a pris le débat ces derniers jours.

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Published by Paul ORIOL - dans Europe
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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 13:22

 

A travers sondages, promesses électorales de gauche, déclarations de droite ou de gauche, le droit de vote revient périodiquement dans l'actualité : on pourrait même dire qu'il n'en ait jamais sorti depuis plus de 30 ans.

 

De 1999 à 2011, le sondage de la Lettre de la citoyenneté(1) a posé, 11 fois, la même question et dans 8 cas, les réponses ont été majoritairement favorables. Elles sont été défavorables seulement après les attentats du 11 septembre à New York et du 11 mars à Madrid.

 

De l'extrême gauche jusqu'aux radicaux de gauche , tous les partis de gauche se sont déclarés favorables au droit de vote des résidents étrangers, et récemment encore, Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) déclarait : « Je suis un fervent partisan du droit de vote des immigrés – d’ailleurs, je vais plus loin que les textes actuels – non seulement aux élections locales mais aussi aux élections nationales »en ajoutant  : « J’étais il y a quelque temps au Chili avec le Premier ministre. Dans ce pays qui était dirigé par Pinochet il y a encore 15 ans, les étrangers votent aux élections présidentielles »(2).

 

Des personnalités de droite, - et non des moindres, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Louis Borloo – pour ne citer que ceux-là - se sont, à certaines occasions, prononcées en faveur de ce droit de vote, quitte à se dédire par la suite. Et nombreux sont à droite ceux qui sont contre seulement parce que la gauche est pour ! Ce n'est plus une question de principe mais d'opportunité politicienne.


Quoi qu'il en soit, pour que le droit de vote puisse devenir une réalité en France, il est indispensable de procéder à une modification de la Constitution. Or, compte tenu de la majorité qualifiée requise et du rapport des forces actuel, il serait nécessaire qu'un certain nombre de parlementaires de droite ne participent pas au vote, s'abstiennent ou votent en faveur de la réforme (3). C'est donc la droite qui détient la clef de la question


A droite, ceux qui veulent réellement attribuer le droit de vote aux résidents étrangers – en reste-t-il ? - peuvent emprunter deux voies :

  • soit ils prennent l'initiative de le faire contre la majorité de leur camp, avec l'appui de la gauche (mais à ce jour, ils n'ont jamais essayé même quand la droite était au pouvoir) ;.

  • soit ils soutiennent un projet de la gauche (lors du dernier vote sur la question au Sénat, 25 des 31 centristes, se sont prononcés contre, aucun pour, et l'Union pour une majorité populaire a voté contre à l'unanimité).

Face à une telle situation, nous pensons que le rôle du mouvement associatif ne devrait pas consister à crier à la « trahison de la gauche », mais de faire le siège des députés de droite les plus ouverts pour les amener à se prononcer publiquement en faveur de cette réforme ou, au pire, pour s'assurer de leur neutralité, par le biais de l'abstention ou de la non-participation au vote lors de la séance du Congrès qui voterait la réforme constitutionnelle. .Il est difficile d’évaluer les chances de réussir à de rallier ainsi la quarantaine de parlementaires de droite requise.

 

Que peut faire la majorité ?
Dans un tel contexte, la majorité parlementaire actuelle pourrait faire voter une réforme constitutionnelle à l'Assemblée nationale et au Sénat et mettre en évidence qu'il n'existe pas de « majorité constitutionnelle » pour que cette réforme soit adoptée, sans toutefois la soumettre au vote du Congrès.

La majorité pourrait aussi profiter d'une réunion du Congrès convoquée en vue de l'examen de plusieurs autres réformes de la Constitution pour soumettre également la réforme relative au droit de vote des étrangers lors des élections municipales de façon à ne pas être accusée de ne pas aller au bout du combat pour tenter de tenir sa promesse électorale.

Par ailleurs, des tentatives de négociation sont possibles pour rallier des suffrages-et certaines ont été suggérées comme celle d'inclure dans le texte constitutionnel la condition de réciprocité. Peut-être, cela a-t-il été tenté sans obtenir les résultats escomptés car, pensons-nous, cette condition, souvent avancée par la droite, ne l'est que pour justifier le refus pratique de la réforme, jamais pour attribuer le droit de vote aux ressortissants des pays où les Français peuvent voter...


Peut-être aussi, cette idée a-t-elle divisé la majorité car c'est une dénaturation du projet qui vise à attribuer de nouveaux droits aux résidents quelle que soit leur nationalité... La réciprocité diviserait les résidents étrangers en autant de catégories que d'origines nationales et ajouterait une nouvelle discrimination entre résidents étrangers. En outre, quel sens peut avoir la réciprocité avec des pays qui ne sont pas démocratiques ?

 

Un référendum ?

La voie parlementaire semble fermée, probablement pour longtemps, car c'est une première, sous la 5ème République que d'avoir une majorité de gauche au Sénat et sauf réforme du mode d'élection des sénateurs, il faudra attendre longtemps avant de connaître à nouveau cette situation. En effet, on peut espérer ne pas revoir de sitôt une nouvelle présidence du type de celle de Nicolas Sarkozy qui a conduit, par son rejet, à cette situation sénatoriale hors norme...

A défaut du vote positif de parlementaires de droite ou de leur « neutralité », il ne reste plus comme voie pour l'adoption d'une réforme constitutionnelle que le référendum, comme l'avait annoncé Le candidat François Hollande (6) mais que le même, devenu président de la République, a refusé d'envisager (7).



Dans le faits, ,peut-on envisager que les dirigeants en place soient prêts à engager un référendum sur cette seule question, au moment où la popularité du Président et celle du Premier ministre sont au plus bas, selon les sondages d'opinion, et sachant que ce référendum peut-être difficile – voire même dangereux pendant la campagne référendaire du fait de dérapages hélas prévisibles - et incertain au niveau du résultat ?

Il est également possible d’organiser un référendum avec une seule réponse à un ensemble de réformes dont le droit de vote. Mais est-ce constitutionnellement faisable ? Et démocratiquement souhaitable ?

Reste la solution d'un référendum sur différentes réformes que les citoyens pourraient adopter ou refuser, séparément : limitation du cumul des mandats, de leur renouvellement, statut du président de la République, droit de vote des résidents étrangers, mise en place d'un véritable doit au référendum d'initiative populaire... Mais, là encore, serait-ce constitutionnellement faisable ?

En tout cas, une telle démarche utilisée dans certains pays, a plusieurs avantages. Soumettre des questions diverses auxquelles les citoyens pourraient répondre de façon différente, acceptant les unes, refusant les autres, serait une démarche éminemment démocratique. Elle ouvrirait une nouvelle forme de participation de la société civile et banaliserait le référendum en cassant le lien référendum/plébiscite souvent utilisé ou critiqué en France.

Établir un nouveau mode de décisions multiples avec participation de la société civile ne serait-ce pas quelque chose dans l'esprit affiché du président François Hollande qui affirme chercher à faire évoluer la démocratie française vers des formes plus « apaisés ».

Si une telle procédure était mise en place à l'occasion de l'attribution du droit de vote aux résidents étrangers, ce serait là une nouvelle importante contribution de ces derniers à une avancée de la démocratie en France.

 

Paul ORIOL

* Un de premiers militants en France pour le droit de vote des étrangers, ancien responsablede l'Association pour une citoyenneté européenne de résidence (ACER), ancien membre du conseil scientifique de Migrations société.

Le présent texte a été élaboré par l'auteur à partir d'un article qu'il a publié dans son blog (pauloriol.over-blog.fr) le 8 mars 2013.

 

 

 

1 - http://www.lettredelacitoyennete.org/sondage114.htm Voir également, dans le présent dossier, la contribution de Bernard Delemotte, page 129

2 - http://lelab.europe1.fr/t/jean-michel-baylet-rappelle-a-francois-hollande-sa-promesse-et-veut-ouvrir-le-droit-de-vote-des-etrangers-aux-elections-nationales-7759

3 – Voir dans le présent dossier la contribution de Jean-Pierre Dubois, page 79

4 – Il s'agit de points suivants envisagés par le gouvernement : adaptation du statut juridictionnel du chef de l’État, incompatibilité des fonctions de membre du gouvernement avec une fonction exécutive locale, réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), suppression de la Cour de justice de la République (CJR), suppression de la catégorie des membres de droit au Conseil constitutionnel, constitutionnalisation du dialogue social, ratification de la Charte des langues régionale. http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/02/18/le-gouvernement-anticipe-l-echec-de-la-reforme-constitutionnelle_1834223_823448.htm

5 – Voir dans le présent dossier la contribution de Jean-Pierre Dubois page 79

6 – Voir par exemple http://lci.tf1.fr/politique/elections-presidentielles/vote-des-etrangers-hollande-ira-jusqu-au-referendum-7212673.html

7 – Voir, par exemple, http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Droit-de-vote-des-etrangers-Hollande-exclut-tout-referendum-575326

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Article paru dans MIGRATIONS SOCIÉTÉ(Vol.25. N°146 mars-avril 2013) qui contient un dossier : Droit de vote des étrangers Où en sommes-nous ?

Dossier coordonné par Catherine Wihtol de Wenden, contributions de Catherine Wihtol de Wenden, Jean-Pierre Dubois, Pierre Barge, Hervé Andrès, Fiona Barker, Bernard Delemotte, Frédéric Tiberghien.

 

L'article original paru dans le blog a été adapté avec l'importante collaboration de Pedro Vianna

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