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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:13

 

 

 

 

Les parlementaires européens ont approuvé à une très forte majorité (506 voix contre 161 et 23 abstentions), une résolution présentée par le PPE, le PSE, les Libéraux, les Verts et la GUE qui rejette le budget européen adopté, après de longues négociations, par le Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement.

 

Les chefs d'Etat et de gouvernement affirment que la réponse à la crise doit être un renforcement de l'Union et proposent un budget d'affaiblissement de cette Union ! Même si le montant de ce budget reste, dans toutes les propositions, à la limite du ridicule : 0,9%, 1%, 1,1% ou 1,2% du PIB européen, 67 centimes par Européen et par jour (Libération 23/11/12.). Mais les variations gardent leur importance au niveau symbolique.

 

Ce coup d'éclat du PE n'est pas anecdotique. Il a été rendu possible par le traité de Lisbonne qui donne au PE un pouvoir de codécision sur le budget européen. Malgré toutes les pressions, officielles ou discrètes, à un an des prochaines élections, les parlementaires ont désavoué leurs chefs de gouvernement.

 

Le contrôle du budget est la « mère » des batailles politiques et démocratiques. Les Parlements ont souvent été institués pour consentir à l'impôt au nom des peuples qu'ils représentent et la discussion du budget est l'instrument essentiel d'élaboration des politiques et de contrôle de l'exécutif. La PE est-il sur cette voie ?

Au delà du rejet du budget qui a fait événement, en parcourant la résolution, il apparaît que le PE soulève des questions essentielles :

  • Et tout d'abord le rôle du Parlement lui-même qui refuse de n'être qu'une chambre d'enregistrement : « les négociations sur des éléments soumis à la procédure législative ordinaire ne sauraient être préemptées par les conclusions du Conseil européen ».
    Il affirme sa détermination « d'exercer pleinement ses prérogatives législatives, telles qu'elles sont fixées par le traité de Lisbonne » et vouloir « de véritables négociations avec le Conseil », le vote ne venant « qu'après la conclusion heureuse de négociations substantielles avec le Conseil ».
     

  • Le deuxième point porte sur la nature même du budget et on s'éloigne quelque peu de la bataille de boutiquiers qu'a donné à voir le Conseil.
    Le budget doit être « 
    un budget moderne, prévoyant, souple et transparent, qui puisse produire de la croissance et des emplois et combler le fossé entre les engagements politiques de l'UE et ses moyens budgétaires », en augmentant « substantiellement ses investissements dans l'innovation, la recherche et le développement, les infrastructures et la jeunesse... le changement climatique et l'énergie... l'inclusion sociale... »

  • Un troisième point porte sur la nécessité d'un « accord sur une réforme en profondeur du système de ressources propres »; qui « réduise la part dans le budget de l'Union des contributions fondées sur le revenu national brut (RNB) à un maximum de 40 % et mette fin à tous les actuels rabais et autres mécanismes de correction » notamment avec « la taxe sur les transactions financières devraient être affectées, du moins en partie, au budget de l'Union, en formant de véritables ressources propres ».

Avec ces prises de position, le PE joue pleinement son rôle en faveur d'un budget européen contrairement à celui présenté par le Conseil et il n'est guère étonnant que celui-ci ait reçu le soutien essentiellement des eurosceptiques et autres conservateurs....

 

Ce n'est pas un coup d'Etat démocratique. Il n'y a pas eu de déclaration fracassante, type « serment du jeu de paume » et le PE se place dans le cadre des institutions, c'est à dire d'une nouvelle négociation entre le Conseil et le Parlement pour aboutir à un compromis. Le Parlement avance des conditions qui n'ont rien de révolutionnaire mais qui promettent, si le Parlement maintient ses positions, un véritable bras de fer.

 

Le moment est favorable au Parlement. En l'absence de compromis, le budget de 2012 serait reconduit pour 2013 et serait dans le débat des prochaines élections européennes avec les questions politiques importantes que pose la résolution : rôle du PE, ressources propres pour le budget, mise en cohérence du budget avec les propos sur l'avenir de l'Union...

 

Le moment est, peut-être, moins favorable pour les parlementaires qui, bien qu'appartenant au même parti, votent contre la politique de leur gouvernement ce qui risque de peser lourdement sur leur désignation comme candidats aux prochaines élections avec un scrutin de liste...

Si un compromis n'est pas trouvé, cette opposition du PE et du Conseil pourrait être mis sur sur la place publique et faire entrer en jeu les peuples de l'UE qui sont les grands absents du débat.

On peut tenir pour négligeable la lutte de la Confédération européenne des syndicats aussi discrète qu'un lobby et beaucoup moins efficace, qui « réussit » à rassembler quelques milliers de personnes à Bruxelles contre l'austérité quand de vraies manifestations de masse se déroulent dans de multiples pays de l'UE.



Le Parlement européen est la seul instance européenne élue au suffrage universel direct avec une participation populaire qui diminue à chaque nouvelle consultation. Probablement sensible à cette progressive désaffection, le Parlement pense améliorer sa « légitimité démocratique »en demandant qu'après la consultation de 2014, le PE et la CE puissent « reconfirmer les priorités budgétaires de l'Union » et même envisager une « révision complète et obligatoire ».

Le projet de budget du Conseil, compromis entre chefs d'Etat et de gouvernement, a été présenté comme LE budget qu'allait adopter le Parlement alors que celui-ci avait annoncé son opposition « en l'état ». Le passage en force a échoué.
Dans la résolution du PE, l'accent a été mis sur le REJET. Mais le ton, le contenu de la résolution sont au moins aussi importants que le rejet et, au moins, donnent un sens à ce rejet.
Quelle peut être la ligne du compromis entre ce budget et cette résolution ? Si le PE veut persister non seulement dans le paraître mais dans sa recherche d'une voie démocratique pour l'UE, il faut espérer qu'il refusera un compromis - une des 50 nuances du gris – incompréhensible.

A défaut sa relative légitimité comme celle du Conseil continuera à faiblir. Et les peuples à se détacher de l'Union européenne. Jusqu'à l'explosion ?

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Published by Paul ORIOL - dans Europe
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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 10:16

François Hollande n'a pas voulu faire la même erreur que François Mitterrand : « la relance dans un seul pays », ce qui l'avait rapidement conduit à un virage et à rentrer dans le rang.

Comme Mitterrand, il n'a pas voulu rompre avec l'Union européenne. Il a annoncé qu'il refuserait de soumettre le pacte fiscal dans sa forme originale à l’Assemblée nationale et qu'il obtiendrait auparavant un volet «  relance  ». M. Schockenhoff, député allemand et vice-président du groupe CDU/CSU, président du groupe franco-allemand, a répondu que le pacte pouvait être modifié « dans sa rhétorique », non dans sa « substance  ». « Nous pouvons y mettre un beau paragraphe sur la croissance. Nous pouvons aussi répéter de nouveau ce qui y est déjà dit avec d’autres mots et en expliquant que nous nous engageons aussi à nous préoccuper de la croissance. Comme ça, Hollande pourra dire chez lui : ’J’ai fait en sorte que le pacte budgétaire traite de croissance’. » http://www.euractiv.fr/election-presidentielle/pacte-budgetaire-allemagne-prepare-arrivee-hollande-14444.html

 

C'est effectivement ce qu'il s'est passé. François Hollande a, finalement, assumé au nom de la France la signature, par son prédécesseur, du Pacte de solidarité et de croissance. Sans pouvoir réellement l'infléchir. Ce que, fraîchement élu, il disait avoir réussi au sommet de juin 2012 et qui n'a été entériné ni en novembre ni, encore moins, en janvier 2013.

 

Pour avancer, il a rompu son isolement en constituant un front de la relance avec, essentiellement, Mario Monti (pourtant un eurocrate) et Mariano Rajoy (pourtant un conservateur) face à la coalition libéro-vertueuse regroupée derrière Angela Merkel : coalition renforcée par le Royaume-Uni et David Cameron. Dont l'énergie a été récompensée, faisant de cette alliance un groupe plus libéral qu'européen.

 

En plus, au delà de leurs sentiments personnels, Angela Merkel comme David Cameron, pour gagner les prochaines élections, doivent tenir compte de la montée de l'euroscepticisme dans leur propre camp : UKIP (United Kingdom Independence Party = Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni ) et Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne)..http://www.endzeit-news.org/neue-partei-alternative-fur-deutschland-will-euro-abschaffen/

 

François Hollande a refusé l'affrontement et la croissance reste un voeu pieux. Il a accepté le pacte que beaucoup, non seulement à gauche, estiment catastrophique pour la croissance et pour les peuples de l'Union.

 

Face au R-U de Cameron et à l'Allemagne de Merkel, la France de Hollande ne fait pas le poids. N'est pas de Gaulle qui veut. L'Europe et la France d'aujourd'hui ne sont pas celles d'hier.

La seconde guerre mondiale est finie. Et l'après guerre aussi. Les politiques au pouvoir aujourd'hui sont nés après la guerre ! Le passé historique a cédé au présent économique. La solidarité de l'après-guerre a fait place à l'individualisme, la vision communautaire de l'Europe aux égoïsmes nationaux. Et le libéralisme triomphe..
Le dernier sommet européen en est la preuve évidente. Pour la première fois le budget de l'Union européenne a été revu à la baisse. Et chaque chef d'Etat n'a parlé que de ses intérêts d'Etat réels ou supposés. Aucun n'a incarné une vision à long terme de l'Union européenne et aucune instance européenne. Reste, peut-être, le Parlement européen.

 

Hollande, sans dire ouvertement qu'il ne respectera pas le pacte, avance en traînant les pieds. Il sait qu'il a des alliés. Les « pays du club med », mais aussi la politique économique des États-Unis, les déclarations des plus grands économistes et même, dans une certaine mesure, le FMI.

 

N'ayant pas réussi à entraîner l'Union européenne dans une politique de relance, il doit élargir le nombre de ses alliés, notamment les PECO (pays de l'Europe centrale et orientale), ces alliés traditionnels de la France, bêtement méprisés par Jacques Chirac. Ils ont adhéré à l'UE à défaut de pouvoir adhérer directement aux États-Unis, ils sont séduits par la puissance allemande et sa réussite économique dont, comme les autres, ils pâtiront un jour.

 

François Hollande espère dans une reprise qui tarde mais qui lui permettrait une autre politique économique et d'avancer vers le respect des critères de Maastricht, de façon peut-être plus efficace et surtout moins douloureuse.

Cette reprise pourrait venir des États-Unis ! « Avec les nouvelles surprenantes qui s'accumulent, l'économie américaine semble se relever de la crise plus vite que prévu. Chômage en nette baisse, des indices boursiers en pleine forme... Cette semaine a vite chassé les inquiétudes occasionnées par le déclenchement des coupes budgétaires automatique. Malgré une alerte avec une chute de la croissance du dernier trimestre 2012, la première puissance mondiale a retrouvé une forme de tous les diables. » http://www.huffingtonpost.fr/2013/0...

 

Jusqu'à maintenant, au niveau institutionnel, seul le Parlement européen a joué son rôle dans le débat sur le budget. Traduira-t-il ses déclarations fortes par un rejet du budget européen ? Etant donné que la presque totalité des gouvernements sont de droite, le risque est grand que les députés refusent de déjuger leurs gouvernements !


Refuser de voter le budget serait loin d'être une catastrophe. Ce serait même un bienfait à plusieurs titres.
Comme l'a fait remarquer Cohn-Bendit, si le vote du PE est positif, le budgets annuel de l'UE est adopté pour 7 ans ! Deux mandatures du PE. Avec une législation de ce type, le budget de la France voté en 2012 par la majorité UMP serait valable pour toute la présente mandature et le début de la suivante !

Plus grave, en adoptant ce budget pour 7 ans, le Conseil semble dire que la crise va durer 7 ans et qu'il ne faut pas prévoir un développement budgétaire de l'Union européenne pendant cette même période ! C'est un message clair de régression européenne. Budget de crise ou budget de croisière anti européen ?

 

Si le PE rejette le budget adopté par les le Conseil, le budget de 2012 sera reconduit en 2013, puis, éventuellement, en 2014... Ceci aurait l'énorme intérêt de placer le budget de l'UE au centre du débat des élections européennes de 2014. Enfin, une élection européenne pourrait avoir comme objet central l'Union européenne et son budget ! Ce serait donner aux peuples de l'Union une partie du pouvoir qui leur a toujours été refusé. Ce pourrait être l'occasion de l'ouverture d'un espace public européen !

 

Perspective intéressante. Mais les peuples auront-ils la patience d'attendre et de subir jusque là. A chaque fois qu'ils en ont la possibilité, ils disent leur opposition à la politique suivie : en votant pour l'opposition ou en s'abstenant parce qu'ils pensent que l'opposition ne fera pas mieux ou en votant pour ceux que les « compétents » qui ont la solution à tous les problèmes depuis des années, appellent des « clowns »...

Et, au delà des élections, les peuples de l'Union se révoltent tour à tour, de la Grèce au Portugal, de l'Italie à la Bulgarie, séparément dans de nombreux pays de l'Union. Mais ces révoltes sont séparées. Dispersées. L'indignation est partout. Sans véritable printemps européen. Pour tout chambouler. Jusqu'à quand ?

 

Car si malgré une crise financière qui dure maintenant depuis 5 ans , l'euro se porte bien grâce notamment à une décision de Mario Draghi, la cure d'austérité entraîne de lourds sacrifices pour les populations sans ouvrir de perspectives, d'espérance pour les peuples.

 

Il n'y a pas d'espace politique européen, les élections européennes de 2014 pourraient ouvrir un tel espace. Il n'y a pas « d'espace social » européen. Mais de multiples espaces nationaux politiques ou sociaux. Les peuples du nord de la Méditerranée sauront-ils créer des réseaux sociaux européens nécessaires pour aller au delà des « indignés » et ouvrir la voie à une Europe de la solidarité.

 

Paradoxalement, le salut viendra-t-il de la révolte des peuples contre les gouvernements fossoyeurs de l'Europe au profit du libéralisme ? Sur quelles forces peuvent-ils compter ?

 

Il est permis de rêver.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 10:28

 

 

Le pays plongé dans la récession et soumis à un effort de rigueur sans précédent établit un nouveau record de demandeurs d'emploi. Cela représente plus de 26% de la population active.
5.040.222 chômeurs. Pour la première fois, le nombre d'Espagnols inscrits aux Services publics de l'emploi (SPE, l'équivalent de Pôle emploi) a franchi la barre des 5 millions. Le Fgaro 04/03/13.

Le monde n'a jamais compté autant de milliardaires... 1 426 cette année, 200 de plus que l'an dernier, dont le plus riche est toujours le Mexicain Carlos Slim, selon le classement annuel 2013 Forbes.
Deux Français se hissent à la 9eet 10eplaces... Liliane Bettencourt (L'Oréal) est désormais la femme la plus riche au monde (9e, 30 milliards de dollars, soit environ 23 milliards d'euros) et Bernard Arnault... 10eavec une fortune estimée à 29 milliards de dollars.
Les quatre pays qui comptent le plus de milliardaires sont les Etats-Unis (442), la Chine (122), la Russie (110) et l'Allemagne (58). Le Monde.fr 04/03/13.

 

La Lettonie officiellement candidate à l'euro : les 17 pays de la zone euro devront donner leur accord après une étude approfondie. En mai 2012, la Commission européenne a jugé que le pays n’était pas encore prêt. Euractiv 05/03/13.

 


Le syndicat allemand IG Metall revendique des augmentations de salaire allant jusqu'à 5,5% pour les 3,7 millions d'employés de la métallurgie. Libération 05/03/13.

 

  "Le plébiscite helvétique a porté le coup de grâce aux minces espoirs britanniques. … La préoccupation des Britanniques, à savoir que le plafonnement des bonus chasse les banques et banquiers d'Europe, vient de la crainte que Londres soit la première à en pâtir... Londres s'achemine vers une défaite qui risque d'éloigner un peu plus la G-B de l'UE. L'isolement est manifestement un prix que Londres est prêt à payer pour un euroscepticisme qui a gagné sapolitique gouvernementale." Il Sole Eurotopics 05/03/13.

 

Portugal :Plus d’un million de personnes sont descendues dans les rues du pays pour demander la fin de l’austérité. Un mécontentement croissant qui pourrait bouleverser le système politique en place depuis la chute de la dictature...
Si l’opposition ne parvient pas à donner corps à une alternative crédible et si le principal parti de la droite portugaise entre en désagrégation, les premiers qui en profiteront, sérieux ou populistes, comédiens ou hommes d’état, pourront provoquer un séisme politique. Parce que le séisme social, lui, est en train d’avoir lieu. Sans que, apparemment, les institutions et les partis réagissent. Presseurop Expresso 05/03/13.

 

  Car, comme avec le cholestérol, il faut distinguer le bon populisme (proche du “capital social” universaliste, source de confiance) du mauvais populisme (capital social mis au profit d'intérêts particuliers, source de méfiance). Le mauvais populisme, c'est celui de Berlusconi et des caudillos de son acabit : un parrain mafieux qui prend ses partisans en otage pour les exploiter pour son seul intérêt personnel. Presseurop El Païs 05/03/13.

 

Le Financial Times annonce... le projet des grandes banques de la City londonienne de poursuivre l’UE en justice sur la question de la limitation des bonus. Revue de presse ambassade de France à Londres 05/03/13.

 

  Selon plusieurs quotidiens allemands, un parti anti-euro devrait participer aux élections fédérales de septembre 2013 : Alternative pour l’Allemagne. Le parti serait conduit par un ancien patron de la fédération allemande des industries. Le programme d’Alternative pour l’Allemagne se fonderait sur deux « constats » : l’économie allemande se porterait mieux avec le Deutschmark et le pays n’a pas à éponger les dettes de pays de l’eurozone peu soucieux de l’équilibre de leurs finances publiques. http://www.euractiv.fr/institutions/analyse/euroscepticisme-touche-t-il-allemagne-18344.html

Le PIB de la zone euro en baisse de 0,9% et celui de l’UE27 de 0,6% par rapport au quatrième trimestre 2011 Eurostat 06/03/13.

 

Réunion, à Varsovie, du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie), le 6 mars : les dirigeants des pays de l’alliance d’Europe centrale ont discuté, avec François Hollande et Angela Merkel, des projets destinés à coordonner la politique de défense du groupe. 07/03/13 Presseurop Gazeta Wyborcza, Pravda

 

Depuis 2011, les entreprises allemandes, grandes consommatrices d’électricité, sont exemptées de la redevance sur le réseau électrique. Un avantage fiscal qui leur a permis d’économiser environ 805 millions d’euros. La CE a ouvert cette procédure suite à des plaintes d’associations de consommateurs et de fournisseurs d’énergie. 07/03/13 Presseurop Süddeutsche Zeitung


Défense européenne : Dans le cadre la réforme du Livre blanc, les Français sont à 90% d’accord avec l’idée d’intensifier les « efforts de collaboration entre les armées européennes » (37% totalement, 53% plutôt d’accord). Avec 2% totalement contre, on pourrait presque parler d’un plébiscite ! Ils sont aussi une nette majorité (79%) à vouloir réviser la politique d’intervention extérieure (79%) comme de moderniser les équipements (80%) ou de soutenir l’industrie française de défense (83%). On est ainsi dans une posture socialo-gaulienne, révisée Monnet, si on peut dire. http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/armees-europeennes/les-francais-aiment-larmee-quand-elle-seuropeanise-et-quand-elle-defend-les-interets-francais.html

 

 

Les aides astronomiques consenties aux banques européennes n’ayant pas permis de relancer la croissance, le climat change en Europe. La grogne monte contre les abus du secteur privé. L’opinion a soif de vengeance... Les banques ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes. Elles ont voulu voler trop près du soleil et l’ire [du peuple] a fait fondre leurs ailes dorées. Elles n’ont qu’une excuse. La cupidité de la City n’était rien comparée à l’insanité de la Banque d'Angleterre et du ministrère des Finances, qui ont accepté d’ouvrir leurs caisses. Jamais, dans l’histoire de l’économie britannique, on n’aura jeté autant d’argent par la fenêtre pour une cause aussi vaine. Et toujours sans l’ombre d’un remords. Presseurop Guardian 08/03/13.

 

  Le discours de politique économique de David Cameron suscite un grand nombre de commentaires très critiques. Comparé à Me Thatcher célèbre pour sa petite phrase « there is no alternative » (Tina), le Premier ministre a affirmé qu’il ne changerait pas de cap, car il n’y a pas d’autre solution que l'austérité actuelle. Le Daily Telegraph se déclare déçu (pas d’annonce de réduction d’impôts). Le TIimes estime que Cameron se trompe : si la réduction du déficit doit rester une priorité, il faut aussi penser à la croissance. Le FT assure que prétendre que des plans mis en place il y trois ans ne peuvent pas être changés, est de la folie. The Economist réclame des investissements dans les infrastructures. Revue de presse de l'ambassade de France à Londres 08/03/13.

 

  La note de crédit de l’Italie a été abaissée par l’agence Fitch Ratings qui l’a ramené de A- à BBB+. Fitch étaye sa décision par des élections législatives qui n’ont pas abouti à une majorité claire et le risque d’une récession plus longue que prévu. L’agence a assorti sa note d’une perspective négative et pourrait donc abaisser cette note si la récession devait s’aggraver. Fitch anticipe une contraction de 1,8% du PIB italien cette année. Euronews 08/03/13.

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit

 

 

La France, Libé vont mal. Demorand, revendicateur-chef pour une + grande hiérarchie des salaires à Libé, pour l'augmentation de son salaire ? 05/03/13.

 

Le Pape s'en va ! Chavez meurt ! Après 10 mois d'un presque silence, c'est reparti pour une sarko-dose mensuelle, hebdomadaire, quotidienne. 06/03/13.

 

Chérèque parti, Thibault partant, tout est précaire, Parisot, dégage ! 07/03/13.

 

Israël : Palestiniens, bus séparés. Paris : taxis roses pour femmes (Bournazel). Petit ou grand, chacun son mur ! 10/03/13.

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 09:27

 

A travers sondages, promesses électorales de gauche, déclarations de droite ou de gauche, le droit de vote revient périodiquement dans l'actualité : on pourrait même dire qu'il n'en est jamais sorti depuis plus de trente ans.

 

De 1999 à 2011, le sondage de la Lettre de la citoyenneté(1) a posé, 11 fois, la même question : « Les étrangers des pays de l'UE résidant en France ont désormais le droit de vote aux élections municipales et européennes. Personnellement, seriez-vous très favorable, assez favorable, assez opposé ou très opposé à l'extension du droit de vote pour les élections municipales et européennes aux résidents étrangers non-membres de l'Union européenne vivant en France ».Dans 8 cas, les réponses ont été majoritairement favorables. Elles ont été défavorables seulement après les attentats du 11 septembre à New York et du 11 mars à Madrid.

 

Tous les partis de gauche se sont déclarés favorables au droit de vote, de l'extrême gauche jusqu'aux radicaux de gauche. Récemment, Jean-Michel Baylet déclarait encore : « Je suis un fervent partisan du droit de vote des immigrés – d’ailleurs, je vais plus loin que les textes actuels – non seulement aux élections locales mais aussi aux élections nationales. »Et de préciser : « J’étais il y a quelque temps au Chili avec le Premier ministre. Dans ce pays qui était dirigé par Pinochet il y a encore 15 ans, les étrangers votent aux élections présidentielles »(2).

 

Des personnalités de droite, non des moindres, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Louis Borloo et autres... se sont, à certaines occasions, prononcées pour. Nombreux sont à droite ceux qui sont contre seulement parce que la gauche est pour ! Ce n'est plus une question de principe mais d'opportunité politicienne.


Pour faire cette réforme, il faut modifier la Constitution. Pour cela, dans le rapport des forces actuel, les voix d'un certain nombre de parlementaires de droite est nécessaire. C'est la droite qui détient la possibilité-clef. Pour ceux qui, à droite, veulent réellement attribuer le droit de vote aux résidents étrangers – y en-a-t-il ? - deux solutions :

  • ou ils prennent l'initiative de le faire contre la majorité de leur camp, avec l'appui de la gauche. A ce jour, ils n'ont jamais essayé.

  • ou il soutiennent un projet de la gauche. Lors du dernier vote sur la question au Sénat, 25 des 31 centristes, se sont prononcés contre, aucun pour, et l'UMP a été contre à l'unanimité.

Dans cette situation, le rôle du mouvement associatif ne semble pas de crier à la trahison. Mais de faire le siège des députés de droite les plus ouverts pour les amener à se prononcer publiquement en faveur de cette réforme. Avec peu de chances, il est vrai, de rallier la quarantaine de parlementaires nécessaires.

 

Que peut faire la majorité ?
Faire voter le texte à l'Assemblée nationale et au Sénat et mettre en évidence qu'il n'existe pas de « majorité constitutionnelle » pour cette réforme sans la soumettre au vote du Congrès. Elle peut aussi profiter d'une réunion du Congrès programmée pour plusieurs réformes et soumettre ce projet pour ne pas être accusée de ne pas être allée aller au bout du combat.

 

Des tentatives de négociation sont possibles pour rallier des suffrages. Certaines ont été suggérées comme mettre dans le texte constitutionnel la condition de réciprocité. Peut-être a-t-elle été faite sans obtenir les voix nécessaires. Cette condition avancée souvent par la droite ne l'est que pour justifier le refus de réforme, jamais pour attribuer le droit de vote aux ressortissants des pays où les Français peuvent voter..
Ou a-t-elle divisé la majorité car c'est une dénaturation du projet qui vise à attribuer de nouveaux droits aux résidents quelle que soit leur nationalité ? La réciprocité diviserait les résidents étrangers en autant de catégories que d'origines nationales. Elle ajouterait une nouvelle discrimination entre résidents étrangers. Quel sens peut avoir la réciprocité avec des pays qui ne sont pas démocratiques ?

 

La voie parlementaire semble fermée, probablement pour longtemps. Car c'est une première, sous la 5ème République, d'avoir une majorité de gauche au Sénat. Et sauf réforme du mode d'élection des sénateurs, il faudra attendre longtemps avant de connaître à nouveau cette situation. On peut espérer ne pas revoir de si tôt une nouvelle présidence du type Sarkozy qui a conduit, par son rejet, à cette situation !

A défaut du vote de parlementaires de droite, il ne reste plus que le référendum. Comme l'avait annoncé, imprudemment, le président de la République.


Mais est-il prêt à engager un référendum sur cette seule question, au moment où la popularité du Président et du Premier ministre est au plus bas et sachant que ce référendum peut-être difficile ou même dangereux pendant la campagne du fait de dérapages hélas prévisibles et incertain au niveau du résultat ?

On peut aussi imaginer d’organiser un référendum avec une seule réponse à un ensemble de réformes dont le droit de vote. Mais est-ce constitutionnellement faisable ? Et démocratiquement souhaitable ?

 

Reste un référendum sur différentes réformes que les citoyens pourraient adopter ou refuser, séparément : limitation du cumul des mandats, de leur renouvellement, statut du président de la République, droit de vote des résidents étrangers, mise en place d'un véritable doit au référendum d'initiative populaire... Une telle démarche est utilisée dans certains pays, elle a plusieurs avantages.

 

 

Soumettre des questions diverses auxquelles les citoyens pourraient répondre de façon différente, acceptant les unes, refusant les autres, serait une démarche éminemment démocratique. Elle ouvrirait une nouvelle forme de participation de la société civile et banaliserait le référendum en cassant le lien référendum-plébiscite souvent utilisé ou critiqué en France.



Établir un nouveau mode de décisions multiples avec participation de la société civile serait bien dans l'esprit de François Hollande qui cherche à faire évoluer la démocratie française vers des formes plus « apaisées ».

 

 

 

 

1 - http://www.lettredelacitoyennete.org/sondage114.htm

2 - http://lelab.europe1.fr/t/jean-michel-baylet-rappelle-a-francois-hollande-sa-promesse-et-veut-ouvrir-le-droit-de-vote-des-etrangers-aux-elections-nationales-7759





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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:23

 

 

 

« Le G20 ne veut pas entendre parler de guerre des monnaies »Die Welt et le Handelsblatt. Revue hebdomadaire de la presse allemande 22/02/13.

 

Le président allemand a appelé à s'engager davantage pour l'Europe : "Si l'Europe veut être cohérente, elle doit oublier les altercations inutiles de Premiers ministres vaniteux, et se concentrer sur sa tache réelle, qui consiste à concevoir une société vivable et plus heureuse… L'UE devra reconnaître que les déficits et la dette publique ne constituent pas un programme en soi, et devra accorder plus d'importance… aux citoyens... En finir avec les débats budgétaires bornés... Il est inacceptable que la France soit seule à combattre les terroristes au Mali. Le PE et la CE doivent s'exprimer clairement à ce sujet..." Wiener Zeitung Eurotopics 22/02/13.

 

Moody's retire à la G-B. sa note maximale. En cause, la croissance en berne et la dette élevée."D'après Moody's, l'austérité est également responsable des mauvaises perspectives de croissance... Si l'on veut éliminer le surendettement, l'une des raisons de cette note dégradée, l'austérité est inévitable. On peut demander un mélange d'incitations conjoncturelles et de mesures d'austérité, mais dans les pays surendettés, la suppression progressive de la dette est indubitablement la condition préalable à une croissance solide. On peut ne pas être d'accord avec le gouvernement libéral-conservateur de Londres, mais sa volonté de réduire la dette en pratiquant des coupes dans les dépenses publiques, notamment, n'est pas injustifiée." Corriere del Ticino Eurotopics 25/02/13

 

P-B : L’exploitation du gisement dans le Nord du pays rapporte des milliards d’euros à l'État néerlandais. Mais les séismes de plus en plus fréquents qu’elle génère et l’absence d’investissements à long terme attisent le débat sur son intérêt. Trouw Presseurop 25/02/13.

 

Un rapport des Programme des Nations Unies pour l’environnement (Our Nutrient World) appelle à une réduction aux États-Unis et en Europe de la consommation de viande pour diminuer les dommages environnementaux. http://www.vegactu.com/actualite/les-nations-unies-appellent-a-une-reduction-de-50-de-la-consommation-de-viande-3553/ 22/02/13.

 

Suisse : "Contre les rémunérations abusives". L'initiative de Minder donne le pouvoir aux actionnaires de décider des salaires de leurs patrons et interdit les parachutes dorés. En cas de non-respect des décisions prises par les assemblées générales, les dirigeants s'exposent à des sanctions pénales pouvant aller jusqu'à trois ans de prison. Le Monde .fr 25/02/13.
Pour la Tribune de Genève, l'organisation patronale economiesuisse «s'est décrédibilisée par une campagne aussi bien dotée que mal menée, métaphore du dirigeant surpayé et peu efficient», 04/03/13.

 

Angela Merkel en Turquie a annoncé son intention d’ouvrir un nouveau chapitre des négociations tout en ajoutant qu’un long chemin restait à parcourir, elle a surtout redit son scepticisme quant à leur issue. Un pas néanmoins qualifié de positif par les autorités turques. Euronews 25/02/13.

 

Dans le Corriere, la France est comparée à une banque "too big to fail" ce qui expliquerait que la CE « n’élève pas la voix ». Revue de la presse italienne par l'Ambassade de France à Rome 25/02/13.

 

L'UE a donné jusqu'à mai à l'Ukraine pour que celle-ci mette en œuvre des réformes liées à l'Etat de droit. C'est la condition préalable à la signature du traité d'association, a déclaré le président de l'UE Herman Van Rompuy, au terme du sommet UE-Ukraine lundi à Bruxelles. Gazeta Wyborcza Eurotopics 26/02/13.

 

La troïka (FMI-UE-BCE) évalue à Lisbonne, pour la 7e fois, les efforts de réforme entrepris par le Portugal. Le quotidien libéral Público appelle à un réajustement du programme d'adaptation portugais : « Le programme a lamentablement échoué … » Eurotopics 26/02/13.

 

Le gouvernement allemand favorable à la fracturation hydraulique... pour exploiter le gaz de schiste... dans le souci de rassurer l'opinion, le texte de loi prévoit d'interdire la fracturation hydraulique dans les zones où existent des nappes d'eau potable. Une étude d'impact environnemental sera obligatoire avant tout projet industriel. Pour O. Krischer, député vert, «l'exclusion des zones d'eau potable est pour la galerie», «la fracturation hydraulique sera autorisée sur 80% du territoire». Le Figaro 27/02/13.

 

En 2011, 27% des enfants de moins de 18 ans étaient menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale. Eurostat 26/02/13.

 

Les États de l'UE et le PE ont trouvé un accord... Les primes ne devront plus excéder le double du salaire de l’employé. Ces réglementations dans le cadre des accords ce Bâle III, augmentent également le montant de la trésorerie que les banques doivent conserver et prévoient un mécanisme de levier pour limiter les emprunts sur les bilans bancaires. “Peu de lois européennes ont provoqué autant d’agitation, notamment en GB”... évoquant la résistance farouche à la limitation des bonus. Presseurop Financial Times 28/02/13.

 

Les diplomates européens recommandent à l'Union de prendre des sanctions économiques contre les colonies israéliennes. Le Figaro 28/02/13.

 

P-B : La plupart des quotidiens spéculent sur les prévisions 2013 et 2014 du Bureau central de planification. Celui-ci prévoit un déficit budgétaire de 3,3% en 2013 et de 3,4% en 2014. Le recul économique continuera en 2013 avec 0,5%, bien qu’une reprise économique soit attendue au deuxième semestre. Revue de presse de l'ambassade de France à La Haye 28/02/13.

 

Bulgarie : Le gouvernement démissionne sous la pression des manifestants. Leurs revendications ? Qu'aucun des partis ayant pris part à la gouvernance du pays ces 20 dernières années ne forme le prochain gouvernement ; que le pays soit géré par des comités citoyens ; qu'une Assemblée constituante soit convoquée ; que les députés, au nombre de 240, soient élus au scrutin majoritaire ; que les entreprises monopoliste soient nationalisées... Kultura CI 28/02-06/03/13.

 

L’Italie a clôturé l’année 2012 avec un déficit de 2,9% sur le PIB... Pour 2013, le déficit de l’Italie est estimé à 2,2%. Cela grâce à la manœuvre du gouvernement de grande coalition qui a augmenté les recettes de 13Md€, par le biais d’une opération structurelle sur l’IMU, avec un excédent de 4Md€ par rapport à ce qui était nécessaire. Cette manœuvre a déterminé une réduction de 2,2% du PIB qui se projette sur 2013 en générant une autre réduction qui s’élèvera à environ 1%... Désormais, le surplus du budget primaire au net des intérêts sur la dette s’élève à 2,8%. Il s’agit maintenant de réaliser la politique en faveur de la croissance, qui met à profit la solidité du budget, au lieu de s’accompagner de chômage et d’une désindustrialisation. Il foglio Revue de presse de l'ambassade de France à Rome 01/03/13.

 

Malgré l'austérité forcenée imposée à la Grèce depuis 4ans, sa dette publique est passée de 239 milliard d'euros en 2007 à 348 milliards en 2012, soit de 107% à 188% du PIB grec. En dépit de l'annulation de quelques 100 milliards d'euros de dette en 2012 ! De même, la dette espagnole s'est accrue de 146 milliards d'euros l'an dernier, + 17 points de PIB par rapport à 2011 ! Alter éco mars 2013.

 

Part en % des femmes membres et présidentes du Conseil d'administration des plus grandes entre prises cotées en bourse en octobre 2012.

 

Finlande

Lettonie

Suède

France

P-B

DK

R-U

Allemagne

Tchéquie

UE27

Membr

29

28

26

25

22

21

19

18

16

15

Pte

4

13

0

6

0

0

0

3

17

3

 

Belgique

Autriche

Bulgarie

Espagne

Pologne

Roumanie

Italie

Luxembourg

Irlande

Grèce

 

13

12

12

12

13

12

11

10

9

8

 

0

0

7

3

5

0

0

0

0

0

Alter éco mars 2013.

 

Rémunération des dirigeants européens en 2010 (base 100 = France)

Scandinavie

Irlande

Belgique

Pays-Bas

France

Allemagne

Espagne

Italie

Royaume-Uni

40

86

86

86

100

125

125

143

200

Alter éco mars 2013.

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT  

 

25/02/13 : Le cardinal O'Brien contre le mariage des homosexuels et des prêtres... Logique.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 09:09

 

 

Les résultats des élections en Italie sont une réponse claire et nette à Angela Merkel et à tous les eurocrates européens qui avaient mis en selle et soutenaient le seul Monti, technocrate certifié.

 

Quand ils le peuvent les peuples de l'UE disent leur opposition à la politique suivie en Europe. Ils l'ont dit quand ils ont été consultés par référendum. On n'en a pas tenu compte. Ils le disent lors de toutes les élections en votant pour l'opposition qui, arrivée au gouvernement, fait, malheureusement, la même politique que la majorité sortie. Ou s'en éloigne peu.

 

C'est Viviane Reding, commissaire à la justice, eux droits fondamentaux et à la citoyenneté qui constate :« Plus de la moitié des Européens (68%) estiment que leur voix ne compte pas en Europe – cela doit changer. » (Toute l'Europe 10/01/13).

 

Mais cela ne change pas. Dans tous les résultats des différentes consultations, les eurocrates ne veulent voir que l'expression d'un vote contre l'Europe alors qu'il s'agit surtout d'un vote contre la politique européenne. Et ils persistent dans cette politique, néolibérale qui sévit d'ailleurs à l'échelle mondiale, ils vont droit vers une explosion sociale généralisée qui aboutira à l'explosion de l'Union européenne.

 

C'est cette cécité des « compétents » de droite ou de gauche, qui conduit les électeurs à donner leur voix, quand c'est possible, à des candidats hors système tandis que le taux d’abstentions augmente : de 5 points lors des dernières élections italiennes. Le taux de participation diminue de façon constante à l'échelle de l'UE, lors des élections européennes.

La participation aux élections de 2014 sera probablement plus élevée, étant donné le degré d'exaspération sociale dans tous les pays, et le nombre d'eurosceptiques, pour rester modéré, au futur parlement.

L'alliance des eurocrates et des néolibéraux risque de défaire la belle idée d'Union européenne.

 

Taux de participation aux élections au PE, en moyenne, sur l'UE et %

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

63

61

58,5

56,9

49,8

45,6

43

Alter éco Hors série 2° trimestre 2013

 

En Italie, aux dernières élections, s'il n'y a pas de vainqueur qui puisse exercer, seul, le pouvoir, il est un vaincu indiscutable : le sérieux Mario Monti avec 9,13% des voix aux élections sénatoriales et 10,53 aux élections à la Chambre (1).


Le M 5 Stelle de Beppe Grillo fait une percée remarquée : premier à la Chambre, devant le Parti démocrate, et deuxième au Sénat, derrière ce même parti, pour le nombre de voix : finalement battu à la Chambre et au Sénat par les deux coalitions de gauche (Bersani) et de droite (Berlusconi).

Mais faute d'une majorité absolue au Sénat, la coalition de gauche ne pourra former qu'un gouvernement minoritaire et devra, pour gouverner, avoir l'appui de sénateurs d'autres organisations. Cela vaut la peine d'aller voir le programme de ce mouvement « populiste » (2).

 

Devant cette situation, certains parlent de probables nouvelles élections dans les mois qui viennent, après une réforme du mode de scrutin (3), et même d'une possible mise sous tutelle (Corriere della Sera) de la part de la troïka UE-BCE-FMI (Sole 24 Ore)  de ce peuple ingouvernable. Comme si Mario Monti n'avait pas été mis là, déjà, comme « tuteur » probablement pour une durée trop brève.

Comme si les tutelles rencontraient ailleurs des succès incontestables comme au Portugal... La troïka évalue, pour la 7e fois, les efforts de réforme entrepris par le Portugal alors que le quotidien libéral Público estime qu'il faut réajuster un programme qui « a lamentablement échoué… » (Eurotopics 26/02/13).

Comme si l'austérité forcenée imposée à la Grèce depuis 4ans était un succès :« sa dette publique est passée de 239 milliard d'euros en 2007 à 348 milliards en 2012, soit de 107% à 188% du PIB grec. En dépit de l'annulation de quelques 100 milliards d'euros de dette en 2012 ! De même, la dette espagnole s'est accrue de 146 milliards d'euros l'an dernier, plus 17 points de PIB par rapport à 2011 ! » (Alter éco mars 2013.). Sans parler des effets de ces mesures sur l'ensemble de la population.

 

Bien entendu, les « compétents » s'empressent de dénoncer comme « populistes » tous ceux qui n'acceptent pas « tina » (there is not alternative, il n'y a pas d'alternative). Ils mettent en place les anciens de Godman Sachs (en Grèce comme en Italie) qui, bien évidemment, donnent satisfaction aux marchés. Et apportent l'austérité aux peuples.

Mais ce sont les électeurs qui, encore, votent pour leur gouvernement, ils répondent comme ils peuvent face au « diktat austéritaire européen». L'essayiste Stefano Casertano traduit la réponse du peuple italien  : « Le principe est simple : que détestent les Italiens ? L'austérité. Qu'a promis Berlusconi ? La fin de l'austérité. … Voter pour Berlusconi, c'est s'exprimer contre l'Allemagne… Vous nous avez apporté l'austérité, nous vous apportons Berlusconi ». (The European (26/02/13) et Beppe Grillo, aurait-il pu ajouter.

 

Les choses sont dites clairement : "la méfiance à l’égard de la monnaie unique et à l’égard des sacrifices imposés par l’UE (ou par l’Allemagne ?) a produit une nouveauté sans précédent dans notre histoire politique : un Parlement dans lequel le sentiment anti-européen devient pour la 1ère fois majoritaire. (..). Cette convergence singulière sous le signe d’une autre Europe est possible’ est très significative. Parce que, en attendant de trouver cette autre Europe, elle se traduit en hostilité à l’égard des institutions communautaires actuelles" (Sole 24 Ore)

Croire que ce désamour de l'Union européenne et de sa politique, est un phénomène réservé à quelques pays du sud de l'Union serait une erreur. Aucun pays de l'Union européenne ne peut aujourd’hui lancer un référendum sur l'Union ou sur l'euro. Ils le perdraient dans probablement tous les pays de l'Union. Parce que la politique de l'Union est mauvaise.

Et les gouvernements eux-mêmes voteraient non. Ils ont d'ailleurs voté non au dernier sommet de Bruxelles avec, pour la première fois, un budget en retrait. Avec une réunion de chefs d’État ou de gouvernement qui n'ont pensé qu'à défendre ce qu'ils appellent leurs « intérêts nationaux », qui ne sont que les intérêts de certains. La défense par la France de la PAC (politique agricole commune) est elle la défense des agriculteurs ou de certains agriculteurs ? Nul n'a fait entendre la voix de l'Europe. Nul n'a montré la voie européenne.

L'euro est le plus fort. Le marché européen est le plus important. Mais l'idée européenne s'affaiblit de jour en jour. Le scrutin italien est le dernier avertissement en date, venant du plus européophile des peuples de l'Union.

 

1 – Résultat des élections italiennes

Chambre (assemblée nationale)

Coalition de centre gauche de Pier Luigi Bersani : 29, 54 % (340 sièges) Parti démocrate (PD, social démocrate) : 25, 4 % (292 sièges) Gauche, écologie et liberté (SEL, gauche radicale) : 3, 2 % (37 sièges) Centre démocrate : 0, 5 % (6 sièges) Parti populaire du Tyrol du Sud (SVP, conservateur et régionaliste) : 0, 4 % (5 sièges)

Coalition de droite de Silvio Berlusconi : 29, 18 % (124 sièges) Peuple de la Liberté (PdL, conservateur) : 21, 6 % (97 sièges) Ligue du Nord (LN, extrême droite, régionaliste) : 4, 1 % (18 sièges) Frères d’Italie (issu d’une scission du PdL) : 1, 95 % (9 sièges) Les autres formations de la coalition n’ont pas obtenu suffisamment de votes pour prétendre à un siège.

Mouvement 5 étoiles de Giuseppe Piero Grillo : 25, 55 % (108 sièges)

Coalition de centre droit de Mario Monti : 10, 56 % (45 sièges) Choix civique avec Mario Monti pour l’Italie : 8, 3 % (37 sièges) Union du Centre (UDC) : 1, 8 % (8 sièges) Futur et Liberté (FIL) : 0, 46 % (0 siège)

Révolution civile d’Antonio Ingroia (centre gauche) : 2, 24 % (0 siège). Agir pour arrêter le déclin (libéraux) : 1, 1 % (0 siège)

Sénat (315 sièges)

Coalition de droite de Silvio Berlusconi : 30, 72 % (116 sièges) Peuple de la Liberté (PdL, conservateur) : 22, 3 % (98 sièges) Ligue du Nord (LN, extrême droite, régionaliste) : 4, 33 % (17 sièges) Frères d’Italie (issu d’une scission du PdL) : 1, 92 % (0 siège) Le Grand Sud (autonomistes) : 0, 39 % (1 siège) Les autres formations de la coalition n’ont pas obtenu suffisamment de votes pour prétendre à un siège.

Coalition de centre gauche de Pier Luigi Bersani : 31, 63 % (113 sièges) Parti démocrate (PD, social démocrate) : 27, 43 % (105 sièges) Gauche, écologie et liberté (SEL, gauche radicale) : 3 % (7 sièges) Centre démocrate : 0, 53 % (0 siège) Le mégaphone - Liste Crocetta : 0, 45 % (1 siège) Parti socialiste italien : 0, 18 % (0 siège) Moderati : 0, 04 % (0 siège)

Mouvement 5 étoiles de Giuseppe Piero Grillo : 23, 79 % (54 sièges)

Coalition de centre droit de Mario Monti : 9, 13 % (18 sièges)

Révolution civile d’Antonio Ingroia (centre gauche) : 1, 79 % (0 siège). Agir pour arrêter le déclin (libéraux) : 0, 90 % (0 siège) Les autres listes n’ont pas obtenu suffisamment
Source : http://www.euractiv.fr/institutions/elections-italie-resultats-monti-berlusconi-grillo-bersani-18236.html

 

2 - Les vingt propositions principales du programme des grillini.
L'introduction d'un revenu de citoyenneté.
Des mesures immédiates pour les PME et les TPE.
Une loi anti-corruption plus forte.
La numérisation et la simplification de l’État
L'abolition du financement public des partis politiques.
L'introduction d'un "polito-mètre",
pour mesurer les éventuels détournements d'argent des hommes politiques pendant les 20 dernières années.
L'introduction du référendum propositif et sans quorum nécessaire. Les Italiens ne peuvent proposer que des référendums pour abroger une loi existante.
Un référendum sur la sortie de l'euro.
L'obligation de discuter et de voter au parlement toute loi proposée par les citoyens.
La création d'une seule chaîne télévisée publique, sans publicité et indépendante du gouvernement.

L'élection directe des parlementaires à la Chambre des députés et au Sénat.
L'introduction d'une limite maximum de deux mandats pour les élus. L'interdiction d'exercer une autre profession durant le mandat électoral et de cumuler plusieurs charges. Tout citoyen qui a été condamné civilement ou pénalement ne peut pas être élu.
Une loi sur le conflit d'intérêts.
La réintroduction des financements des secteurs de la Santé et de l’Éducation publique.
L'abolition des financements publics de la presse.
L'accès gratuit à Internet.
L'abolition de l'impôt foncier (IMU) sur la première maison de propriété.
L'interdiction de recours à l'hypothèque de la maison principale pour garantir un prêt.
La suppression des provinces, les 110 départements italiens et la fusion des municipalités limitrophes de moins de 5 000 habitants. 
L'abolition d'Equitalia, la société publique et chargée de percevoir les impôts et taxes.

http://www.touteleurope.eu/fr/organisation/etats-membres/italie/actualite/actualite-vue-detaillee/afficher/fiche/6273/t/99832/from/4783/breve/les-vingt-idees-de-beppe-grillo.html?cHash=59f70ea97f

 

3 - Le mode de scrutin : La coalition de gauche est arrivée en tête, en voix, au Sénat et à la Chambre des députés. Mais la loi électorale du Sénat attribue les sièges sur une base régionale. La liste qui arrive en tête dans les régions dotées d’un grand nombre de sièges y obtient plus d’élus, même si, à l’échelle nationale, elle n’a pas la majorité des votes.
La coalition de gauche a la majorité absolue à la Chambre (340 élus sur 630, grâce à la prime de majorité) mais seulement 113 sénateurs alors que la majorité est de 158.

La coalition de droite n’a que 124 élus à la Chambre des députés et 116 sénateurs. Elle n’a aucune chance de réaliser une alliance qui puisse lui donner la majorité au Sénat et ni à la chambre. Mediapart 28/02/13.http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/270213/en-italie-la-gauche-tout-fait-pour-ne-pas-gagner

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 14:59

  Avant-Propos : L'Union européenne malade en Italie (pas seulement)

 

A l'approche des élections italiennes, il est beaucoup question de l'Italie, "homme malade de l'Europe". C'est possible.


Il faudrait aussi parler de l'Union européenne, gravement malade en Italie. Jusqu'ici, le peuple italien était réputé le peuple le plus europhile de l'Union européenne. Après 1 an du régime du "technicien" Monti, loué dans toutes les chancelleries, les choses ont tellement changé qu'aucune et surtout pas la chancelière Merkel n'ose se prononcer sur en sa faveur. Hier, Berlusconi faisait rire conjointement Merkel et Sarkozy.


Aujourd'hui, suivant les sondages, Berlusconi et  Grillo, avec des campagnes très eurosceptiques pour ne pas dire plus, seraient devant Monti. Et que le vainqueur de l'élection serait Bersani, peu prisé de Merkel,  à la tête d'une coalition de centre gauche.

Toutes choses qui ne font guère plaisir à tous ceux qui veulent imposer l'austérité aux peuples de l'Union européenne.

 

Revue de presse n°98 (Europe)<

 

 

Pays-Bas : L’économie néerlandaise a reculé de 0,9% en 2012... « Les P-B se retrouvent de nouveau en récession ». Trouw : « C’est important de mettre de l’ordre dans le budget de l'Etat, mais il y a des moments où les intérêts à longue échéance sont contraires aux intérêts à court terme. On a de plus en plus l’impression que l’économie sombre davantage à cause de l’obsession de la politique par rapport au déficit budgétaire ». Le Financieele Dagblad : Appel du VP du Conseil d'Etat au gouvernement afin qu'il gère pas les P-B comme une société, mais comme un État... Les lois et les mesures ne devraient pas seulement viser l’efficacité, le rendement ou les résultats mais elles devraient également répondre aux sentiments de justice des citoyens. Revue de presse de l'ambassade de France à La Haye 15/02/13.

 

Grèce : L’ensemble de la presse se réfère au taux record de chômage qui a atteint 27% en novembre selon les données de l'office national des statistiques ainsi qu’au taux élevé de récession qui a atteint 6,45% en 2012. Revue de presse de l'ambassade de France à Athènes 15/02/13.

 

Budget de l’UE : en Europe tous les pays sont « gagnants ».David Cameron principal vainqueur du sommet. Son parti conservateur a qualifié le résultat de « victoire historique ». L’Allemagne salue la discipline. L’Italie reçoit des « fonds supplémentaires ». L’Espagne reste bénéficiaire net. La Bulgarie, « plus grand bénéficiaire net ». La République tchèque : 900 millions d’euros en plus. « Succès unique et important » pour la Pologne. Euractiv : http://www.euractiv.fr/institutions/consequences-du-sommet-sur-le-budget-de-lue-tout-le-monde-gagnant-18120.html  


L'Europe n'en reste pas moins la plus grande zone économique de la planète et surtout celle où la richesse est la mieux partagée. L'Europe est aussi la première en nombre de prix Nobel et de brevets, en budget total de recherche et développement ou en nombre de docteurs en sciences issus chaque année de l'université. Libération 18/02/13....

 

G20 : Les ministres des Finances et banquiers centraux des 20 pays le plus riches ont appelé à un assouplissement des politiques de rigueur qui menacent de dégénérer en une nouvelle récession... Le G20 a unanimement déclaré la guerre aux multinationales que le raffinement croissant des montage fiscaux à laissé payer toujours moins d'impôts. Libération 18/02/13.

 

R-U : Financial Times avec un sondage Harris Interactive qui montre que seul un Britannique sur trois souhaite que le R-U reste dans l’Union. Revue de presse ambassade française à Londres 18/02/13.

 

Allemagne : La Bavière et la Hesse vont déposer plainte devant la Cour de Kalrsruhe pour contester le mécanisme de péréquation qui régit les transferts de ressource des Länder riches vers les régions pauvres... Bavière où la Cour des comptes a révélé que les recettes pourraient être augmentées de 30 milliards d'euros par an si seulement le Land embauchait plus de contrôleurs fiscaux... La politique de la... (de droite) n'est pas d'augmenter l'emploi public mais de le diminuer. Libération 19/02/13.

Il n'est pas non plus d'augmenter la solidarité mais de la diminuer.Ni à l'intérieur du Land en poursuivant les fraudeurs, ni entre les Länder.Ni, bien sûr, entre les pays au sein de l'Union européenne.

 

UE : La Cour européenne des droits de l'homme et la Cour constitutionnelle allemande ont renforcé mardi dans deux verdicts les droits à l'adoption pour les couples homosexuels en Autricheet enAllemagne. Si certains commentateurs y voient un progrès, d'autres craignent que les enfants souffrent de cette tendance. Eurotopics 20/02/13.

 

Le 01/01/14, la Lettonie deviendra le 18 ème pays à utiliser la monnaie unique. Un choix de raison qui n'est pas sans risque et que ne partagent pas la plupart des Lettons. IQ The economist presseurop 20/02/13

 

UE : 8,6% c'est la baisse des immatriculations de voitures neuves dans l'Union européenne au mois de janvier.... En France, la baisse a été de 15,1%, en Espagne de 9,1% en Allemagne de 8,6%. Libération 20/02/13.

 

Grèce : Au moins 50 000 manifestants sont descendus dans les rues d’Athènes mercredi à l’occasion de la grève générale. Ils ont répondu à l’appel des deux principaux syndicats représentant la moitié des travailleurs grecs. Leur cortège a été grossi par les troupes de Syriza, le principal parti d’opposition. Leur message était le suivant: “Stop, nous n’en pouvons plus de l’austérité.” Euronews 21/02/13.

 

EU : La production dans le secteur de la construction en baisse de 1,7% dans la zone euro, de 2,7% dans l'UE27. Parmi les États membres pour lesquels les données sont disponibles pour le mois de décembre 2012, la production dans la construction a diminué dans douze États membres et a augmenté dans deux. Les baisses les plus marquées ont été en Pologne (-23,7%), au Portugal (-18,2%), en Bulgarie (-15,1%) ainsi qu'au Royaume-Uni (-15,0%), et les hausses en Suède (+5,2%) et en Espagne (+4,5%). Eurostat 21/02/13.

 

Allemagne : Les grèves d'avertissement dans la fonction publique se poursuivent. En Rhénanie du nord Westphalie les aides soignantes, les personnes de service et des cuisines de nombreux hôpitaux universitaires étaient en grève aujourd'hui. En Saxe-Anhalt 60 écoles et six services régionaux participaient au mouvement. Des grèves d'avertissement étaient également annoncées à Brème, en Basse-Saxe ou en Sarre.

Le syndicat Ver.di de la fonction publique et des services revendique une hausse de salaire de 6,5 % pour les 800 000 fonctionnaires des Länder... A Berlin lundi 5000 professeurs et éducateurs étaient en grève.

Après l'aéroport de Hambourg, ce sont eux de Düsseldorf et de Cologne/Bonn qui seront touchés par la grève des personnels de contrôle des passagers... A Hambourg... 115 vols sur 181 ont dû être annulés.

A l'appel du syndicat de la fonction publique et des services, Ver.di, les personnels revendiquent une hausse de 30 % des salaires. Les employeurs proposent de 5 à 9 %. A Hambourg, les grévistes revendiquent 14,5 euros de l'heure, les employeurs proposent jusqu'à présent 12,75 euros seulement. Revue de la presse allemande 20/02/13.

 

UE :Avant chaque élection, on réévalue le nombre de députés européens élus dans chaque État membre, pour tenir compte des dernières évolutions démographiques. On doit également tenir compte de l’adhésion de nouveaux Etats. La prochaine élection 2014 ne devrait pas faillir à cette tradition. L’entrée de la Croatie qui la dote d’une dizaine de députés tout comme l’entrée en vigueur de la réduction à 96 députés du plafond attribué au plus grand pays, oblige à faire des modifications à la règle actuelle... Pour une fois, c’est le PE qui a... le droit d’initiative. Le Conseil européen devra ensuite se prononcer à l’unanimité. Normalement l’évolution se fait au ratio de la population... Mais bizarrement, les deux eurodéputés rapporteurs... en ont décidé autrement. Avec des arguments... qu’on peut résumer ainsi : ne pas fâcher l’Allemagne, ni les petits et moyens pays... http://www.bruxelles2.eu/europe-pouvoir-traite-de-lisbonne/la-bataille-du-parlement.html

 

 

UE : Plus de 40 plans de rigueur en zone euro depuis 2010. Le Monde 22/02/13.

 

 

 

 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 21:13

 

Les derniers films de 2 des plus grands réalisateurs étasuniens actuels occupent les écrans avec un succès certain : Django Unchained de Quentin Tarantno et Lincoln de Steven Spielberg. Tous deux se situent au milieu du XIX° siècle : le premier, à la veille de la guerre de Sécession, en pleine période esclavagiste, est l'histoire de la lutte d'un ancien esclave pour libérer sa bien aimée ; le second, à la fin de cette guerre, narre le combat de Lincoln pour l'abrogation de l'esclavage. 


 

Django Unchained se présente comme un western. Deux ans avant la Guerre de Sécession, le Dr Schultz, allemand soi-disant dentiste mais réel chasseur de primes, achète un esclave noir à qui il promet la liberté s'il l'aide à reconnaître les frères Brittle, meurtriers qu'il doit ramener morts ou vifs. Dans ce rôle invraisemblable dans le sud des États-Unis à cette époque, Django va, rapidement, devenir l'égal de son maître. La mission accomplie, émancipé, avec l'aide de son ancien maître, il va libérer sa femme, maintenue en esclavage dans une plantation aux mains d'un propriétaire sadique.
Si les scènes de western sont conventionnellement invraisemblables, Noir montant à cheval et le faisant danser devant la plantation en feu, portant des lunettes de soleil, libérant sa bien aimée seul contre tous. Ces scènes sont, aussi, sanguinolentes, dignes du grand-guignol.

On aimerait être certain que le traitement des esclaves, tout aussi invraisemblable à nos yeux, soit imaginaire : la femme de Django « au four » pendant huit jours pour avoir voulu s'échapper, moindre mal car ses 2 compagnons de fuite sont livrés aux chiens et déchiquetés, combat à mort entre 2 esclaves dans le salon pour le plaisir du seigneur des lieux...

L'histoire est dans la lignée politique et morale de la plupart des westerns et des États-Unis : la réussite par le combat solitaire du héros, sous le regard quelquefois satisfait d'esclaves craintifs et malgré l'opposition perspicace du majordome noir au service du maître de céans.


 

Lincoln est un biopic, un film biographique qui relate les derniers mois du président des Etats-Unis qui fait voter l'abolition de l'esclavage, au prix de sa vie. Lincoln est un fim « historique » qui donne libre cours à l'interprétation de l'événement, personnage et circonstances, par le réalisateur.

Ici, l'esclavage est invisible. Les Noirs sont au combat dans l'armée ou serviteurs. On ne saura rien des activités abolitionnistes connues du majordome, ici réduit à ce seul rôle : le service du bon génie. Comme l'autre, dans Django, l'était du mauvais. Ou spectateurs invités dans les travées ouvertes au public le jour du vote. Toute trace de la lutte des Noirs pour leur émancipation a été, volontairement (1) gommée pour magnifier, une fois encore, la rôle du héros solitaire.

Lincoln ne manie pas le pistolet. Seulement, l'intrigue parlementaire, la corruption au service de sa détermination qui permettra le vote de la loi, qu'il arrachera, avec l'aide de ses collaborateurs, en arrivant à convaincre ou à corrompre les quelques voix nécessaires pour obtenir le vote du 13° amendement à la majorité qualifiée nécessaire à son adoption.

 


Alexandre Dumas aurait dit « Qu'importe qu'on viole l'Histoire si on lui fait un bel enfant ». A vous de juger.Mais au-delà de la vérité historique, dans Django comme dans Lincoln, la fin justifie les moyens employés s'ils sont mis par le héros au service de la juste cause. Que faut-il en penser au moment où des États font des meurtres ciblés, notamment avec des drones ? Ou autrement.

(1) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/070213/avec-lincoln-spielberg-blanchit-le-combat-abolitionniste

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 21:42

 

 

Une récente étude de Deutsche Bank établit à 1, 22-1, 24 dollar le niveau de l’euro à partir duquel l’économie française est fragilisée. Pour l’Italie, ce niveau serait de 1, 16-1, 17 dollar, tandis qu’il serait de 1, 54-1, 94 dollar pour l’Allemagne et de 1, 83-1, 90 dollar pour l’Espagne. EurActiv.fr 11/02/13.

 

Pendant sa première campagne présidentielle, Barack Obama s’interrogeait sur la nature des activités exercées dans un bâtiment connu sous le nom de « Ugland House », situé à George Town, dans les Iles Caïmans. 18 857 sociétés sont enregistrées à cette adresse, ce qui faisait dire à Obama qu’il s’agissait là, « soit du plus grand immeuble du monde, soit de la plus grande escroquerie fiscale au monde ». Médiapart 11/02/13.

 

Dans le cadre de "l'examen annuel de la croissance 2013", les députés européens se sont prononcés sur 3 résolutions : l'accent mis par la commission des affaires économiques et monétaires européenne sur l'austérité a été vivement contesté par plusieurs députés, mais la résolution a été adoptée par 329 voix, contre 271 et 13 abstentions. La résolution de la commission de l'emploi et des affaires sociales, qui insiste sur la nécessité d'évaluer l'impact à court terme des mesures d'assainissement budgétaire, a été adoptée par 483 voix, contre 104 et 20 abstentions. La gouvernance du marché unique a été adoptée par 527 voix, contre 30 et 31 abstentions. Lettre de la Fondation Robert Schuman 11/02/13.

 

Taux de participation aux élections au PE, en moyenne, sur l'UE et %

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

63

61

58,5

56,9

49,8

45,6

43

Alter éco Hors série 2° trimestre 2013

 

La production électrique mondiale, en plein essor dans les pays émergents, reste principalement assurée par le charbon (46%)... le gaz (23%), le nucléaire 16%, les renouvelables (10%). Alter éco Hors série 2° trimestre 2013

 

Le parc éolien mondial équivaut à 175 réacteurs nucléaires type EPR... il a crû de 19% en 2012... en Chine (+30%), aux États-Unis (+29%), en UE (+26%), Inde (+5%), Brésil, Canada. En parcs installés, l'UE est en tête (37,5%), suivie de la Chine (26,8%), des États-Unis (21,2%), de l'Inde (6,5%) et du Canada (2,2%). Libération 12/02/13.

 

Le jeune et ambitieux sénateur républicain... Marco Rubio a donné la réplique à Obama, critiquant sans surprise son plaidoyer pour une action accrue de l'État... Le fait qu'il ait prononcé son discours en anglais et en espagnol - un geste fort vers la communauté latino - n'a échappé à personne. Le Figaro 13/02/13.

 

La CE présente, le 14/02, son projet de taxe sur les transactions financières. A partir de 2014, une grande partie des banques, assurances et fonds d’investissements européens doivent participer “aux coûts de la crise financière dont ils sont co-responsables”. Bruxelles estime le montant des recettes de la taxe sur différents produits financiers, dont les actions (0,1%) et les dérivés (0,01%), à 31 voire 35 milliards d’euros par an. La taxe s’applique à partir du moment où soit le vendeur, soit l’acheteur, soit le produit en question, vient d’un des 11 pays participants. Süddeutsche Zeitung presseurop 13/02/13.

 

Les 5 principaux consommateurs d'énergie en 2011dans l'UE27 étaient l'Allemagne (316 millions de tep, -7,7% par rapport à 2008), la France (260 millions de tep, -4,6%), le Royaume-Uni (199 millions de tep, -9,4%), l'Italie (173 millions de tep, -4,8%) et l'Espagne (129 millions de tep, -9,4%). Ensemble, ils représentaient près des deux tiers de la consommation totale de l'UE27.

Vingt-trois États ont enregistré une baisse de consommation énergétique entre 2008 et 2011 et 4 des augmentations. Les plus marquées ont été : Lituanie (-24,5%), Irlande et Grèce (-12,3% chacun), Roumanie (-10,2%) Espagne et Royaume-Uni (-9,4% chacun), et les plus fortes hausses, Malte (+16,9%) et Estonie (+4,8%).

En 2011, les moins dépendants des importations d'énergie étaient l'Estonie (12%), la Roumanie (21%), la République tchèque (29%), les Pays-Bas (30%), la Pologne (34%) et le Royaume-Uni (36%). Le Danemark (-9%) était un exportateur net d'énergie et, par conséquent, présentait un taux de dépendance énergétique négatif. Les taux les plus élevés de dépendance énergétique étaient relevés à Malte (101%), au Luxembourg (97%), à Chypre (93%) et en Irlande (89%). Eurostat 13/02/13.

 

La France a reconnu qu'elle ne pourra pas respecter l'objectif d'un déficit budgétaire réduit à 3% du PIBcette année. Le même jour, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a rendu publique une lettre adressée aux ministres des Finances de l'UE rappelant que le pacte de l'euro permet un sursis, au cas par cas, dans un scénario de récession. En privé, pourtant, les dirigeants européens s'inquiètent de voir F. Hollande chercher à fédérer les mécontents de la zone euro pour affaiblir, voire renverser, tout le dogme du redressement budgétaire, imposé depuis 3 ans par Angela Merkel et ses alliés du Nord. Presseurop Figaro 14/02/13.

 

Le Bureau central des statistiques a publié les derniers chiffres selon lesquels l’économie néerlandaise a reculé de 0,9% en 2012... « La consommation des ménages diminue depuis presque deux ans, avec, au quatrième trimestre 2012, moins 9% de produits durables, notamment voitures et meubles. Le nombre d’emplois a diminué de 63000 en 2012 (par rapport à 2011), rejoignant ainsi le niveau d’avant 2009 ». « La Banque centrale néerlandaise et le Bureau central de planification avaient déjà prévu un déficit budgétaire de respectivement 3,3 et 3,5% pour 2013. Ces prévisions correspondant à peu près aux chiffres... Volkskrant relève un taux d’inflation aux P-B qui est un des plus élevés des pays de la zone euro,  3% en janvier 2013.

Volkskrant note les « Pertes record » de PSA tandis que l’AD combine cette annonce avec celle du Premier ministre concernant le respect de la règle des 3% sous le titre : « La France au bord du gouffre ».

Volkskrant signale la disparition de l’expression « allochtone » du vocabulaire de la mairie d’Amsterdam : « Nous voulons indiquer que les habitants de notre ville sont avant tout des Amstellodamois ». Revue de presse de l'Ambassade de France à la Haye 14/02/13.


Sur l'ensemble de l'année 20123, le PIB de la zone euro a diminué de 0,5% et celui de l’UE27 de 0,3%. Eurostat 14/02/13.

 

La zone euro s’est enfoncée dans la récession au quatrième trimestre 2012 avec un PIB qui s’est replié de 0,6%. Les chiffres de croissance allemand : -0,6% et français -0,3% au 4ème trimestre ne sont guère meilleurs. La zone euro était entrée en récession au troisième trimestre avec un recul de 0,1% pour le PIB.


La baisse de l’activité en France au 4ème trimestre : -0,3% par rapport au troisième... Mais les chiffres sont plus dramatiques en Italie dont l’économie s’est contractée de 0,9% et en Espagne de 0,7%. Pour ces deux économies, la baisse de l’activité sur un an est respectivement de 2,7% et de 1,8%. Le Portugal affiche une activité économique en baisse de 3,8% sur un an. La Grèce accuse une contraction de 6%. Euronews 14/02/13.

 

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 21:00

 

Avoir 20 ans en 1955, c'est appartenir à la « génération guerre d'Algérie », comme d'autres avant ont appartenu à la « génération front populaire », « guerre d'Espagne » ou « résistance ». Avec obligation de prendre position. Même sans formation politique particulière. Il était difficile de rester indifférent à ce qui se faisait là-bas, au nom du peuple français, quelques années après la défaite du nazisme.

En milieu étudiant, la discussion pouvait commencer sur les cours, les vacances, le temps, le dernier match ou le dernier film. Très souvent, elle débouchait sur « Pour ou contre la guerre d'Algérie ».

C'était particulièrement clair au niveau de l'Association générale des étudiants (Unef) : quand le point à l'ordre du jour était l'Algérie, l'assistance était multipliée par dix et la salle toujours trop petite.


 

De gauche, cette opposition à la guerre d'Algérie m'a conduit à adhérer au PSU, « le parti de la paix en Algérie », puis « le parti de la paix avec l'Algérie », adhésion 15 jours avant sa création à l'une de ses composantes. Et l’indépendance obtenue, les études terminées, à vouloir partir en Algérie, dés que possible.

Depuis toujours, je rêvais de partir. En Afrique noire. Les circonstances politiques m'ont conduit en Algérie !


 

De la guerre d'Algérie à l'Algérie nouvelle...


Le service militaire a été la première occasion, avec l'espoir de participer à la coopération technique dont on commençait à parler : de juin 1963 à avril 1964 à Mostaganem, dix mois dans une infirmerie à soigner les pieds de chasseurs portés !

En fait, une colonie de vacances au Maroc, comme infirmier, quelques années plus tôt, avait été le premier contact avec le Maghreb. Et même avec l'Algérie car la colonie était sur la plage de Saïdia, à quelques centaines de mètres des barbelés de la frontière algéro-marocaine : chaque nuit, les projecteurs du barrage promenaient leur faisceau lumineux jusque sur les tentes de la colonie. On entendait les échanges d'armes automatiques. Un ami, appelé, était là quelque part de l'autre coté.


 

Le véritable contact avec l'Algérie, c'est juin 1964, comme coopérant, en poste à Constantine puis de 1966 à 1972 à Alger. Pendant cette période, des milliers de jeunes et de moins jeunes, beaucoup de Français mais aussi des personnes de toute nationalité sont allées travailler à la construction de l'Algérie nouvelle. On les appelle parfois les « pieds rouges » par opposition aux « pieds noirs », les Français de la période coloniale.


 

Leur degré d'engagement était très variable. Les vrais « pieds rouges » venaient participer directement à la révolution algérienne. Certains avaient fait de l'aide au FLN, d'autres avaient déserté... Ils étaient venus au lendemain de l'indépendance (5 juillet 1962), quelquefois même, dès le cessez-le- feu (19 mars 1962) pour faire face à l'urgence. Dans une vision internationaliste, ils participaient aux niveaux politique et technique.

Mais les arrivants les plus nombreux étaient des jeunes, sensibilisés par la guerre, venant simplement apporter leurs compétences techniques. Après l'enthousiasme des débuts, les engagés parmi les nouveaux venus étaient moins nombreux, les motivation sont devenues plus diverses : éviter le service militaire, voir du pays, apprendre le métier...


 

Les Français n'étaient pas le seuls étrangers, toutes les nationalités étaient présentes. Malgré la proximité de la guerre, les Français n'étaient pas les plus mal accueillis, loin de là.
Par ailleurs, se retrouvaient à Alger tous les anti-colonialistes, les anti-impérialistes, les tiers-mondistes. Tous les mouvements qui luttaient, quelque part dans le monde, pour l'indépendance de leur pays ou la révolution étaient représentés et, notamment, à coté du Front national de libération du Sud-Vietnam tous les mouvements de libération africains : Angola, Mozambique, Guinée Bissau, Namibie, Afrique du sud, Zimbabwe...

Alger était ainsi le « centre du monde ». En effervescence. Où se rêvait le monde nouveau.
Coopérants, notre militance était, par obligation, limitée : groupe de réflexion sur le développement, comité de solidarité avec le Vietnam étendu aux mouvements africains de libération. Utilisé pour déclencher notre petit mois de mai 68 avec invasion de l'ambassade de France...

Le Festival culturel panafricain est l'événement emblématique de cette période avec l'activité soutenue de la cinémathèque algérienne, ouverture sur tous les cinémas du monde, classiques ou nouveaux...


 

Mais, à mes yeux, dans ce climat un peu euphorique, l'essentiel était la participation à une activité professionnelle adaptée à la situation du pays.

Dans le désert médical des premières années de l'indépendance, il y avait beaucoup à faire : et d’abord réfléchir et participer à une médecine adaptée au pays, de façon à toucher le plus grand nombre, et non se contenter d'une simple reproduction, impossible, de la médecine française, réservée à quelques privilégiés. Médecine qui fascinait de nombreux Algériens, aussi bien les patients, pour sa qualité, que nombre de médecins qui pensaient continuer la médecine libérale...

Mais comment faire quand il n'y a ni médecins, ni personnel paramédical, infirmières, laborantins... C'est à cette pénurie de personnel, à ce besoin de prise en charge de la population qu'il fallait répondre, le plus rapidement possible.


 

Au niveau local et au niveau national. A Constantine, le centre paramédical formait des infirmiers, des laborantins mais aussi des aides-soignants ruraux ou des accoucheuses rurales..., jeunes n'ayant souvent pas le certificat d'études primaires mais combien enthousiastes. Après avoir reçu une formation de base comportant notamment le maniement d'une cinquantaine de médicaments, ils étaient nommés dans un village pour assurer les premiers soins, les accouchements normaux, déceler les signes de gravité leur permettant de diriger les patients vers le centre le plus proche où pouvait se trouver une personne qualifiée.


 

A Alger, à une autre échelle, la chaire de pneumologie réfléchissait, planifiait, organisait une lutte antituberculeuse, adaptée au manque de médecins, de techniciens, d’hôpitaux spécialisés, permettant le dépistage, la prise en charge et le traitement ambulatoire et contrôlé des patients atteints de tuberculose avec une remarquable efficacité.


 

Cet engagement professionnel quotidien, 2 ans à Constantine, 6 ans à Alger, était, à mes yeux, profondément politique. Au point qu'il m'a conduit à partir quand, à la suite d'un remaniement administratif, il m'est apparu que mon travail servirait d'alibi pour l'activité libérale de certains. Aidé en cela par ma compagne qui parfaitement satisfaite dans son travail d'enseignante, supportait de plus en plus difficilement sa condition de femme.


 

C'est dire que le retour, en 1972, n'était pas lié à un jugement direct sur la situation politique nationale. Alors que certains, dès 1965, après le renversement de Ben Bella par le colonel Boumediene, les « pieds rouges » notamment, sont partis, par décision ou par contrainte. Malgré l'évolution politique, par suite d'une cécité bienveillante, par insuffisante formation politique, par optimisme ou par suite d'un moindre engagement, d'autres ont pensé que leur présence était utile, que leur travail participait au cheminement, long, difficile, contradictoire, avec ses avancées et ses reculs, vers une société nouvelle. Les retours se sont ainsi échelonnés...


 

Le tiers-monde commence au centre de Paris.


 

A l'époque, certains maoïstes proclamaient : « Le tiers monde commence dans la banlieue ! ».Il commençait en réalité au centre de Paris.



Arrivé à Paris, en décembre 1972, dans un 20ème arrondissement à forte composante immigrée, happé dés le premier jour, au sens littéral du mot, par la lutte déjà ancienne du Foyer Bisson, c'est tout naturellement que l'immigration est devenu le secteur principal de mon engagement militant au sein du PSU. Et en mai 1973, dans le soutien de lutte des 56 Tunisiens en grève de la faim dans la crypte de ND de Ménilmontant pour leur régularisation et l’obtention de papiers. Quarante ans plus tard, les protagonistes ont changé : la revendication demeure !


 

Lors de l'élection de François Mitterrand en 1981, il est apparu qu'il fallait aller au delà de ces luttes défensives, renouvelées sans cesse d'un groupe à l'autre. Et profiter de l'arrivée de la gauche au pouvoir pour avancer une revendication significative et gagnable qui assurerait une stabilité du séjour pour tous les étrangers résidant en France. Ce fut la campagne pour « la carte unique, valable 10 ans, renouvelable automatiquement », entreprise, à l'initiative de la commission Immigrés du PSU avec la Cimade, la Fasti, le Gisti, la Pastorale des migrants, rejoints ensuite par de nombreuses autres organisations.


 

Cette lutte ne fut victorieuse que grâce au succès de la « Marche pour l'égalité et contre le racisme », partie de Marseille et qui connut un énorme succès, en particulier lors de l'arrivée des marcheurs à Paris accompagnés de plus 100 000 manifestants. Quand le président de la République, recevant les marcheurs à l’Élysée, le 2 décembre 2003, leur a demandé quelles étaient leurs revendications concrètes, Toumi Djaija, l'un des initiateurs de la marche répondit : « la carte unique ». « Va pour la carte unique » répliqua François Mitterrand avant de s'enquérir auprès du père Christian Delorme de quelle carte il s'agissait.


 

C'était l'aboutissement de la campagne qui avait préparé le dossier et popularisé la revendication mais c'était surtout la victoire des Marcheurs et des militants qui les accompagnaient et qui l'avaient reprise. Avancée importante vers l'égalité des droits, carte « renouvelable automatiquement », qui assurait la sécurité du séjour et donc éloignait les menaces d'expulsion. Mais la carte unique, officiellement devenue « carte de résident », votée à l'unanimité en 1984 à l'Assemblée nationale, a beaucoup souffert des successifs ministres de l'intérieur. Il n'en reste plus que des lambeaux.


 

Du droit au séjour, au droit de vote...


 

Une certaine sécurité du séjour assurée, le moment était venu de reprendre et d'amplifier la revendication du droit de vote, étape emblématique vers l’égalité des droits de tous les résidents quelle que soit leur nationalité. Avec l'insuccès bien connu : au programme de François Mitterrand en 1981 (Proposition 80 : Droit de vote aux élections municipales après cinq ans de présence sur le territoire français ), elle était aussi au programme de François Hollande (Engagement 50 : J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans). Et semble devoir être remise à plus tard, faute d'une majorité constitutionnelle des trois cinquième au Congrès qui nécessite le vote favorable d'un nombre significatifs de parlementaires de droite... ou d'un référendum.


 

La revendication du droit de vote a fait l'objet depuis 30 ans de multiples campagnes, avec beaucoup d'espoirs et d'illusions, notamment, magie des anniversaires, avec le bicentenaire de la Révolution : certains pensaient que 1989 pouvait être le moment d'une avancé démocratique, ce ne fut que l'occasion d'une belle parade sur les Champs Élysées.


 

L'événement important de cette période est le traité de Maastricht qui instaure la citoyenneté de l'Union européenne, attribuée à tous les nationaux de l'un des États de l'Union.


 

Du point de vue de la lutte pour l'égalité, c'est à la fois une ouverture et une régression.
Une ouverture : Désormais, les citoyens de l’Union vivant dans un État de l'Union dont ils n'ont pas la nationalité pourront voter et être élus aux élections municipales et européennes dans les mêmes conditions que les nationaux. Ce droit n'est plus réservé aux seuls nationaux.

Une régression : Car le droit de vote reste attaché à la nationalité, non à celle du pays de résidence mais à celle de l'un des pays membres de l'Union. Jusque là, quand les pays avaient ouvert le droit de vote aux élections municipales ou locales, tous les étrangers en avaient bénéficié quelle que soit leur nationalité. Le traité de Maastricht a institutionnalisé une hiérarchie dans la citoyenneté dans l’immigration en fonction de la nationalité.


 

De la citoyenneté européenne à la citoyenneté européenne de résidence ?


 

Il n'y a pas de nationalité européenne. Avec le traité de Maastricht, une occasion a été manquée : créer une citoyenneté de l'Union détachée de toute référence nationale, une citoyenneté européenne, de résidence, ouverte à toute les personnes qui travaillent, vivent, résident sur le territoire de l'un des États membres. Une citoyenneté ouverte à tous, inclusive et non discriminante.

 

 

C'est devant cette conception, fermée, de la citoyenneté européenne et face à un certain découragement militant que la Lettre de la citoyenneté a été créée en 1994. C'est avec l'idée d'égalité de tous les étrangers que, à partir de 1994, presque chaque année, La Lettre de la citoyenneté a commandé un sondage avec, la même question, posée par le même institut : «  Les étrangers des pays de l'Union européenne résidant en France ont désormais le droit de vote aux élections municipales et européennes. Personnellement, seriez vous très favorable, assez favorable, assez opposé ou très opposé à l'extension du droit de vote pour les élections municipales et européennes aux résidents étrangers non membres de l'Union européenne vivant en France ? »

Si les réponses favorables tournaient autour de 30% lors des premiers sondages, elles dépassent 50% à partir de 1999, à l'exception des sondages réalisés aux décours des attentats du 11 septembre 2001 à New-York et du 11 mars 2004 à Madrid.


 

Parallèlement, d'autres initiatives ont été prises : réflexion sur la citoyenneté de résidence, interpellation de parlementaires européens, de l'ONG européenne ENAR (European network against racism), campagne « un million de signatures pour une citoyenneté européenne de résidence » et multiples interventions dans différents pays de l'Union et au niveau des Forums sociaux européens... avec, il faut le dire, un succès d'estime, souvent une approbation de principe mais qui n'a pas entraîné de mobilisations à la hauteur de l'enjeu. Les préoccupations varient suivant les pays avec une priorité urgente, les sans papiers.


 

La citoyenneté européenne de résidence et l'Union européenne


 

Au niveau de l'Union, le Comité économique et social européen, le Parlement européen ont pris position clairement, à plusieurs reprises, pour le droit de vote de tous les résidents étrangers aux élections municipales et européenne et même pour la citoyenneté européenne de résidence.
Ils peuvent pour cela prendre appui sur les textes fondamentaux de l'Union. Particulièrement la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (1).


 

Dès le Préambule, la Charte place « la personne au cœur de son action en instituant la citoyenneté de l’UE… » et affirme  « Toutes les personnes sont égales en droit » (Charte 20). Mais en conservant les critères du traité de Maastricht (2) « Est citoyen de l’Union européenne, toute personne qui a la nationalité de l’un de États membres » (Maastricht 17), elle exclut de la citoyenneté des millions de personnes (des non personnes ?) qui ont la nationalité d’un État tiers.


La Charte reconnaît de nombreux droits à toutes les personnes y compris des droits qui sont nommément attribués aux citoyens de l’Union, comme le droit de pétition : « Tout citoyen de l’Union ainsi que toute personne… résidant… dans un État membre, a le droit de présenter…une pétition au Parlement européen… » (Charte 44, Maastricht 21).


La possibilité de s’adresser au médiateur « habilité à recevoir les plaintes émanant de tout citoyen ou de toute personne… résidant… dans un État membre… » (Charte 43, Maastricht 21).



« Le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres » n’est reconnu qu’aux citoyens (Maastricht 18, Charte 45-1) mais la libre circulation des personnes « peut être accordée… aux ressortissants des pays tiers résidant légalement sur le territoire d’un État membre » (Charte 45-2).


Le droit de participer aux décisions politiques, attribut essentiel de la citoyenneté, est réservé aux citoyens de l’Union, droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes (Maastricht 19, Charte 39-40). Mais la Charte (art.12) affirme « Toute personne a droit … à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'association à tous les niveaux, notamment dans les domaines politique, syndical et civique… ». Ainsi, un étranger extra-communautaire est exclu du droit de vote mais peut être membre ou même président d’un parti politique !

En fait, ce sont les États qui attribuent la citoyenneté à travers leur législation sur la nationalité : un Marocain vivant en Belgique pourra obtenir la nationalité belge, donc la citoyenneté de l’Union, plus aisément que son frère en Autriche. Et ce sont encore les États qui attribuent le droit de vote aux élections locales. Au total, sur le territoire de l’Union, la population est divisée en « castes » en fonction de la nationalité des personnes et de la législation de l’État de résidence :

  • nationaux qui peuvent participer à toutes les élections,

  • citoyens de l’Union avec droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes,

  • ressortissants des États tiers qui ont, ou n’ont pas, le droit de vote aux élections municipales ou locales, avec ou sans éligibilité, en fonction de la législation du pays de résidence,

  • Sans compter les hors caste que sont les sans papiers.


Cette hiérarchisation institutionnelle légitime d’une certaine façon les nombreuses discriminations de droit ou de fait dont sont déjà victimes ces personnes.

 

 

 

Quand, en 1976, la Commission européenne s’est préoccupée du droit de vote, c'était pour les « migrants », non les migrants européens : « L'objectif à atteindre est celui d'accorder aux migrants, au plus tard en 1980, la participation complète aux élections locales sous certaines conditions à définir, notamment du temps de résidence préalable… » (3). Au plus tard en 1980 !!!

Car pour la Commission, « …l'octroi de droits civils et politiques aux immigrés titulaires d'un titre de séjour de longue durée… favorise l'intégration » (4).

Dans le même esprit, depuis le Forum des migrants en 1995, nombreuses sont les associations (dont Enar et l’Appel de Madrid en 2002) qui demandent l’attribution de la citoyenneté européenne à tous les résidents quelle que soit leur nationalité.


Et aussi les Institutions comme le Comité économique et social européen en 2002 : « Le Comité demande que la Convention étudie la possibilité d'accorder la citoyenneté de l'UE aux ressortissants des pays tiers ayant le statut de résident de longue durée » (5) ou en 2003 : «  Propose à la Convention que l'article 7 accorde la citoyenneté de l'UE non seulement aux ressortissants des États membres mais aussi à toutes les personnes qui résident de manière stable ou depuis longtemps dans l'UE. » (6)


Le Parlement européen, particulièrement intéressé car élu au suffrage universel, a voté de multiples résolutions depuis 1993, demandant le droit de vote ou la citoyenneté de l’Union pour tous les résidents : « 8. demande au Conseil, à la Commission et aux États membres de mettre fin à la discrimination à l'égard des citoyens "extracommunautaires" par rapport aux citoyens communautaires en accordant le droit de vote aux élections municipales aux personnes qui résident légalement depuis cinq ans dans un État membre ; 9. charge sa commission compétente d'élaborer le plus tôt possible un rapport sur les conditions d'accès au droit de citoyenneté pour les citoyens extracommunautaires ; 10. demande à la Commission d'élaborer une proposition sur cette question importante pour l'avenir de la Communauté et invite le Conseil à se prononcer en la matière lors du prochain Conseil européen. » (7)


La citoyenneté européenne de résidence est dans l’esprit des conclusions de Tampere qui proposait d’octroyer aux résidents « un ensemble de droits uniformes aussi proches que possible de ceux dont jouissent les citoyens de l'Union européenne, par exemple le droit de résider, d'étudier, de travailler à titre de salarié ou d'indépendant, ainsi que l'application du principe de non-discrimination par rapport aux citoyens de l’État de résidence. » (8)


L’Union s'est construite sur les principes de liberté, d’égalité, de justice. Son évolution récente tend à s'en écarter surtout si on tient compte de la montée des populismes dans différent pays d'Europe. Surtout si on considère la place que prennent les questions qui touchent aux immigrés et à l'immigration dans les batailles électorales et les querelles post-électorales.

Pourtant, nul n'ignore le besoin d'immigration, au point de vue démographique ou économique de tous les pays de l'Union. Il faut donc réfléchir à la place qu'on veut faire à ces nouveaux Européens ! Qui peut avoir intérêt à maintenir des millions de personnes dans la discrimination en contradiction avec les principes proclamés ? Pourquoi ne pas faire d'une citoyenneté ouverte le ciment de l’« Européanité » ?

Mais pour cela, il faut que la France comme l'Union européenne mettent leur législation en accord avec les principes proclamés dans les textes fondamentaux. Pour le moment, avec la montée des populismes, elles n'en prennent pas le chemin.




1 Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000/C 364/01)

2 Version consolidée du traité instituant la communauté européenne 24.12.2002 FR Journal officiel des Communautés européennes C 325/35

3 Programme d'action en faveur des travailleurs migrants et de leurs familles présenté le 18/11/74 à la Commission des communautés européennes, CEE Bruxelles COM (74) 22.50 Transformé en résolution le 9/02/76

4 Communication de la Commission au Conseil et PE : Une politique communautaire en matière d’immigration Bruxelles, le 22.11.2000 COM(2000) 757 final

5 Résolution à l'intention de la Convention européenne – CES 1069/2002)

6 Avis d’initiative sur « La citoyenneté de l'UE » Bruxelles 14-15/05/03 CESE 593/2003).

7 Résolution A3-0127/93 du 21/04/1993 sur la résurgence du racisme et de la xénophobie en Europe et le danger de la violence extrémiste de droite.

8 Le Programme de Tampere : vers une Union de Liberté, de Sécurité et de Justice, Conclusions de la Présidence, Conseil Européen de Tampere du 15-16 Octobre 1999.

 

 

 

 

 

 

a/ Commandé par et publié dans la revue Fédéchoses n°158

b/ Partiellement reproduit dans Taurilloneuromagazine 15/02/13 http://www.taurillon.org/De-la-guerre-d-Algerie-a-la-citoyennete-europeenne-de-residence,05474

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Published by Paul ORIOL - dans Immigration
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