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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 09:27

 

A travers sondages, promesses électorales de gauche, déclarations de droite ou de gauche, le droit de vote revient périodiquement dans l'actualité : on pourrait même dire qu'il n'en est jamais sorti depuis plus de trente ans.

 

De 1999 à 2011, le sondage de la Lettre de la citoyenneté(1) a posé, 11 fois, la même question : « Les étrangers des pays de l'UE résidant en France ont désormais le droit de vote aux élections municipales et européennes. Personnellement, seriez-vous très favorable, assez favorable, assez opposé ou très opposé à l'extension du droit de vote pour les élections municipales et européennes aux résidents étrangers non-membres de l'Union européenne vivant en France ».Dans 8 cas, les réponses ont été majoritairement favorables. Elles ont été défavorables seulement après les attentats du 11 septembre à New York et du 11 mars à Madrid.

 

Tous les partis de gauche se sont déclarés favorables au droit de vote, de l'extrême gauche jusqu'aux radicaux de gauche. Récemment, Jean-Michel Baylet déclarait encore : « Je suis un fervent partisan du droit de vote des immigrés – d’ailleurs, je vais plus loin que les textes actuels – non seulement aux élections locales mais aussi aux élections nationales. »Et de préciser : « J’étais il y a quelque temps au Chili avec le Premier ministre. Dans ce pays qui était dirigé par Pinochet il y a encore 15 ans, les étrangers votent aux élections présidentielles »(2).

 

Des personnalités de droite, non des moindres, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Louis Borloo et autres... se sont, à certaines occasions, prononcées pour. Nombreux sont à droite ceux qui sont contre seulement parce que la gauche est pour ! Ce n'est plus une question de principe mais d'opportunité politicienne.


Pour faire cette réforme, il faut modifier la Constitution. Pour cela, dans le rapport des forces actuel, les voix d'un certain nombre de parlementaires de droite est nécessaire. C'est la droite qui détient la possibilité-clef. Pour ceux qui, à droite, veulent réellement attribuer le droit de vote aux résidents étrangers – y en-a-t-il ? - deux solutions :

  • ou ils prennent l'initiative de le faire contre la majorité de leur camp, avec l'appui de la gauche. A ce jour, ils n'ont jamais essayé.

  • ou il soutiennent un projet de la gauche. Lors du dernier vote sur la question au Sénat, 25 des 31 centristes, se sont prononcés contre, aucun pour, et l'UMP a été contre à l'unanimité.

Dans cette situation, le rôle du mouvement associatif ne semble pas de crier à la trahison. Mais de faire le siège des députés de droite les plus ouverts pour les amener à se prononcer publiquement en faveur de cette réforme. Avec peu de chances, il est vrai, de rallier la quarantaine de parlementaires nécessaires.

 

Que peut faire la majorité ?
Faire voter le texte à l'Assemblée nationale et au Sénat et mettre en évidence qu'il n'existe pas de « majorité constitutionnelle » pour cette réforme sans la soumettre au vote du Congrès. Elle peut aussi profiter d'une réunion du Congrès programmée pour plusieurs réformes et soumettre ce projet pour ne pas être accusée de ne pas être allée aller au bout du combat.

 

Des tentatives de négociation sont possibles pour rallier des suffrages. Certaines ont été suggérées comme mettre dans le texte constitutionnel la condition de réciprocité. Peut-être a-t-elle été faite sans obtenir les voix nécessaires. Cette condition avancée souvent par la droite ne l'est que pour justifier le refus de réforme, jamais pour attribuer le droit de vote aux ressortissants des pays où les Français peuvent voter..
Ou a-t-elle divisé la majorité car c'est une dénaturation du projet qui vise à attribuer de nouveaux droits aux résidents quelle que soit leur nationalité ? La réciprocité diviserait les résidents étrangers en autant de catégories que d'origines nationales. Elle ajouterait une nouvelle discrimination entre résidents étrangers. Quel sens peut avoir la réciprocité avec des pays qui ne sont pas démocratiques ?

 

La voie parlementaire semble fermée, probablement pour longtemps. Car c'est une première, sous la 5ème République, d'avoir une majorité de gauche au Sénat. Et sauf réforme du mode d'élection des sénateurs, il faudra attendre longtemps avant de connaître à nouveau cette situation. On peut espérer ne pas revoir de si tôt une nouvelle présidence du type Sarkozy qui a conduit, par son rejet, à cette situation !

A défaut du vote de parlementaires de droite, il ne reste plus que le référendum. Comme l'avait annoncé, imprudemment, le président de la République.


Mais est-il prêt à engager un référendum sur cette seule question, au moment où la popularité du Président et du Premier ministre est au plus bas et sachant que ce référendum peut-être difficile ou même dangereux pendant la campagne du fait de dérapages hélas prévisibles et incertain au niveau du résultat ?

On peut aussi imaginer d’organiser un référendum avec une seule réponse à un ensemble de réformes dont le droit de vote. Mais est-ce constitutionnellement faisable ? Et démocratiquement souhaitable ?

 

Reste un référendum sur différentes réformes que les citoyens pourraient adopter ou refuser, séparément : limitation du cumul des mandats, de leur renouvellement, statut du président de la République, droit de vote des résidents étrangers, mise en place d'un véritable doit au référendum d'initiative populaire... Une telle démarche est utilisée dans certains pays, elle a plusieurs avantages.

 

 

Soumettre des questions diverses auxquelles les citoyens pourraient répondre de façon différente, acceptant les unes, refusant les autres, serait une démarche éminemment démocratique. Elle ouvrirait une nouvelle forme de participation de la société civile et banaliserait le référendum en cassant le lien référendum-plébiscite souvent utilisé ou critiqué en France.



Établir un nouveau mode de décisions multiples avec participation de la société civile serait bien dans l'esprit de François Hollande qui cherche à faire évoluer la démocratie française vers des formes plus « apaisées ».

 

 

 

 

1 - http://www.lettredelacitoyennete.org/sondage114.htm

2 - http://lelab.europe1.fr/t/jean-michel-baylet-rappelle-a-francois-hollande-sa-promesse-et-veut-ouvrir-le-droit-de-vote-des-etrangers-aux-elections-nationales-7759





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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:23

 

 

 

« Le G20 ne veut pas entendre parler de guerre des monnaies »Die Welt et le Handelsblatt. Revue hebdomadaire de la presse allemande 22/02/13.

 

Le président allemand a appelé à s'engager davantage pour l'Europe : "Si l'Europe veut être cohérente, elle doit oublier les altercations inutiles de Premiers ministres vaniteux, et se concentrer sur sa tache réelle, qui consiste à concevoir une société vivable et plus heureuse… L'UE devra reconnaître que les déficits et la dette publique ne constituent pas un programme en soi, et devra accorder plus d'importance… aux citoyens... En finir avec les débats budgétaires bornés... Il est inacceptable que la France soit seule à combattre les terroristes au Mali. Le PE et la CE doivent s'exprimer clairement à ce sujet..." Wiener Zeitung Eurotopics 22/02/13.

 

Moody's retire à la G-B. sa note maximale. En cause, la croissance en berne et la dette élevée."D'après Moody's, l'austérité est également responsable des mauvaises perspectives de croissance... Si l'on veut éliminer le surendettement, l'une des raisons de cette note dégradée, l'austérité est inévitable. On peut demander un mélange d'incitations conjoncturelles et de mesures d'austérité, mais dans les pays surendettés, la suppression progressive de la dette est indubitablement la condition préalable à une croissance solide. On peut ne pas être d'accord avec le gouvernement libéral-conservateur de Londres, mais sa volonté de réduire la dette en pratiquant des coupes dans les dépenses publiques, notamment, n'est pas injustifiée." Corriere del Ticino Eurotopics 25/02/13

 

P-B : L’exploitation du gisement dans le Nord du pays rapporte des milliards d’euros à l'État néerlandais. Mais les séismes de plus en plus fréquents qu’elle génère et l’absence d’investissements à long terme attisent le débat sur son intérêt. Trouw Presseurop 25/02/13.

 

Un rapport des Programme des Nations Unies pour l’environnement (Our Nutrient World) appelle à une réduction aux États-Unis et en Europe de la consommation de viande pour diminuer les dommages environnementaux. http://www.vegactu.com/actualite/les-nations-unies-appellent-a-une-reduction-de-50-de-la-consommation-de-viande-3553/ 22/02/13.

 

Suisse : "Contre les rémunérations abusives". L'initiative de Minder donne le pouvoir aux actionnaires de décider des salaires de leurs patrons et interdit les parachutes dorés. En cas de non-respect des décisions prises par les assemblées générales, les dirigeants s'exposent à des sanctions pénales pouvant aller jusqu'à trois ans de prison. Le Monde .fr 25/02/13.
Pour la Tribune de Genève, l'organisation patronale economiesuisse «s'est décrédibilisée par une campagne aussi bien dotée que mal menée, métaphore du dirigeant surpayé et peu efficient», 04/03/13.

 

Angela Merkel en Turquie a annoncé son intention d’ouvrir un nouveau chapitre des négociations tout en ajoutant qu’un long chemin restait à parcourir, elle a surtout redit son scepticisme quant à leur issue. Un pas néanmoins qualifié de positif par les autorités turques. Euronews 25/02/13.

 

Dans le Corriere, la France est comparée à une banque "too big to fail" ce qui expliquerait que la CE « n’élève pas la voix ». Revue de la presse italienne par l'Ambassade de France à Rome 25/02/13.

 

L'UE a donné jusqu'à mai à l'Ukraine pour que celle-ci mette en œuvre des réformes liées à l'Etat de droit. C'est la condition préalable à la signature du traité d'association, a déclaré le président de l'UE Herman Van Rompuy, au terme du sommet UE-Ukraine lundi à Bruxelles. Gazeta Wyborcza Eurotopics 26/02/13.

 

La troïka (FMI-UE-BCE) évalue à Lisbonne, pour la 7e fois, les efforts de réforme entrepris par le Portugal. Le quotidien libéral Público appelle à un réajustement du programme d'adaptation portugais : « Le programme a lamentablement échoué … » Eurotopics 26/02/13.

 

Le gouvernement allemand favorable à la fracturation hydraulique... pour exploiter le gaz de schiste... dans le souci de rassurer l'opinion, le texte de loi prévoit d'interdire la fracturation hydraulique dans les zones où existent des nappes d'eau potable. Une étude d'impact environnemental sera obligatoire avant tout projet industriel. Pour O. Krischer, député vert, «l'exclusion des zones d'eau potable est pour la galerie», «la fracturation hydraulique sera autorisée sur 80% du territoire». Le Figaro 27/02/13.

 

En 2011, 27% des enfants de moins de 18 ans étaient menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale. Eurostat 26/02/13.

 

Les États de l'UE et le PE ont trouvé un accord... Les primes ne devront plus excéder le double du salaire de l’employé. Ces réglementations dans le cadre des accords ce Bâle III, augmentent également le montant de la trésorerie que les banques doivent conserver et prévoient un mécanisme de levier pour limiter les emprunts sur les bilans bancaires. “Peu de lois européennes ont provoqué autant d’agitation, notamment en GB”... évoquant la résistance farouche à la limitation des bonus. Presseurop Financial Times 28/02/13.

 

Les diplomates européens recommandent à l'Union de prendre des sanctions économiques contre les colonies israéliennes. Le Figaro 28/02/13.

 

P-B : La plupart des quotidiens spéculent sur les prévisions 2013 et 2014 du Bureau central de planification. Celui-ci prévoit un déficit budgétaire de 3,3% en 2013 et de 3,4% en 2014. Le recul économique continuera en 2013 avec 0,5%, bien qu’une reprise économique soit attendue au deuxième semestre. Revue de presse de l'ambassade de France à La Haye 28/02/13.

 

Bulgarie : Le gouvernement démissionne sous la pression des manifestants. Leurs revendications ? Qu'aucun des partis ayant pris part à la gouvernance du pays ces 20 dernières années ne forme le prochain gouvernement ; que le pays soit géré par des comités citoyens ; qu'une Assemblée constituante soit convoquée ; que les députés, au nombre de 240, soient élus au scrutin majoritaire ; que les entreprises monopoliste soient nationalisées... Kultura CI 28/02-06/03/13.

 

L’Italie a clôturé l’année 2012 avec un déficit de 2,9% sur le PIB... Pour 2013, le déficit de l’Italie est estimé à 2,2%. Cela grâce à la manœuvre du gouvernement de grande coalition qui a augmenté les recettes de 13Md€, par le biais d’une opération structurelle sur l’IMU, avec un excédent de 4Md€ par rapport à ce qui était nécessaire. Cette manœuvre a déterminé une réduction de 2,2% du PIB qui se projette sur 2013 en générant une autre réduction qui s’élèvera à environ 1%... Désormais, le surplus du budget primaire au net des intérêts sur la dette s’élève à 2,8%. Il s’agit maintenant de réaliser la politique en faveur de la croissance, qui met à profit la solidité du budget, au lieu de s’accompagner de chômage et d’une désindustrialisation. Il foglio Revue de presse de l'ambassade de France à Rome 01/03/13.

 

Malgré l'austérité forcenée imposée à la Grèce depuis 4ans, sa dette publique est passée de 239 milliard d'euros en 2007 à 348 milliards en 2012, soit de 107% à 188% du PIB grec. En dépit de l'annulation de quelques 100 milliards d'euros de dette en 2012 ! De même, la dette espagnole s'est accrue de 146 milliards d'euros l'an dernier, + 17 points de PIB par rapport à 2011 ! Alter éco mars 2013.

 

Part en % des femmes membres et présidentes du Conseil d'administration des plus grandes entre prises cotées en bourse en octobre 2012.

 

Finlande

Lettonie

Suède

France

P-B

DK

R-U

Allemagne

Tchéquie

UE27

Membr

29

28

26

25

22

21

19

18

16

15

Pte

4

13

0

6

0

0

0

3

17

3

 

Belgique

Autriche

Bulgarie

Espagne

Pologne

Roumanie

Italie

Luxembourg

Irlande

Grèce

 

13

12

12

12

13

12

11

10

9

8

 

0

0

7

3

5

0

0

0

0

0

Alter éco mars 2013.

 

Rémunération des dirigeants européens en 2010 (base 100 = France)

Scandinavie

Irlande

Belgique

Pays-Bas

France

Allemagne

Espagne

Italie

Royaume-Uni

40

86

86

86

100

125

125

143

200

Alter éco mars 2013.

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT  

 

25/02/13 : Le cardinal O'Brien contre le mariage des homosexuels et des prêtres... Logique.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 09:09

 

 

Les résultats des élections en Italie sont une réponse claire et nette à Angela Merkel et à tous les eurocrates européens qui avaient mis en selle et soutenaient le seul Monti, technocrate certifié.

 

Quand ils le peuvent les peuples de l'UE disent leur opposition à la politique suivie en Europe. Ils l'ont dit quand ils ont été consultés par référendum. On n'en a pas tenu compte. Ils le disent lors de toutes les élections en votant pour l'opposition qui, arrivée au gouvernement, fait, malheureusement, la même politique que la majorité sortie. Ou s'en éloigne peu.

 

C'est Viviane Reding, commissaire à la justice, eux droits fondamentaux et à la citoyenneté qui constate :« Plus de la moitié des Européens (68%) estiment que leur voix ne compte pas en Europe – cela doit changer. » (Toute l'Europe 10/01/13).

 

Mais cela ne change pas. Dans tous les résultats des différentes consultations, les eurocrates ne veulent voir que l'expression d'un vote contre l'Europe alors qu'il s'agit surtout d'un vote contre la politique européenne. Et ils persistent dans cette politique, néolibérale qui sévit d'ailleurs à l'échelle mondiale, ils vont droit vers une explosion sociale généralisée qui aboutira à l'explosion de l'Union européenne.

 

C'est cette cécité des « compétents » de droite ou de gauche, qui conduit les électeurs à donner leur voix, quand c'est possible, à des candidats hors système tandis que le taux d’abstentions augmente : de 5 points lors des dernières élections italiennes. Le taux de participation diminue de façon constante à l'échelle de l'UE, lors des élections européennes.

La participation aux élections de 2014 sera probablement plus élevée, étant donné le degré d'exaspération sociale dans tous les pays, et le nombre d'eurosceptiques, pour rester modéré, au futur parlement.

L'alliance des eurocrates et des néolibéraux risque de défaire la belle idée d'Union européenne.

 

Taux de participation aux élections au PE, en moyenne, sur l'UE et %

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

63

61

58,5

56,9

49,8

45,6

43

Alter éco Hors série 2° trimestre 2013

 

En Italie, aux dernières élections, s'il n'y a pas de vainqueur qui puisse exercer, seul, le pouvoir, il est un vaincu indiscutable : le sérieux Mario Monti avec 9,13% des voix aux élections sénatoriales et 10,53 aux élections à la Chambre (1).


Le M 5 Stelle de Beppe Grillo fait une percée remarquée : premier à la Chambre, devant le Parti démocrate, et deuxième au Sénat, derrière ce même parti, pour le nombre de voix : finalement battu à la Chambre et au Sénat par les deux coalitions de gauche (Bersani) et de droite (Berlusconi).

Mais faute d'une majorité absolue au Sénat, la coalition de gauche ne pourra former qu'un gouvernement minoritaire et devra, pour gouverner, avoir l'appui de sénateurs d'autres organisations. Cela vaut la peine d'aller voir le programme de ce mouvement « populiste » (2).

 

Devant cette situation, certains parlent de probables nouvelles élections dans les mois qui viennent, après une réforme du mode de scrutin (3), et même d'une possible mise sous tutelle (Corriere della Sera) de la part de la troïka UE-BCE-FMI (Sole 24 Ore)  de ce peuple ingouvernable. Comme si Mario Monti n'avait pas été mis là, déjà, comme « tuteur » probablement pour une durée trop brève.

Comme si les tutelles rencontraient ailleurs des succès incontestables comme au Portugal... La troïka évalue, pour la 7e fois, les efforts de réforme entrepris par le Portugal alors que le quotidien libéral Público estime qu'il faut réajuster un programme qui « a lamentablement échoué… » (Eurotopics 26/02/13).

Comme si l'austérité forcenée imposée à la Grèce depuis 4ans était un succès :« sa dette publique est passée de 239 milliard d'euros en 2007 à 348 milliards en 2012, soit de 107% à 188% du PIB grec. En dépit de l'annulation de quelques 100 milliards d'euros de dette en 2012 ! De même, la dette espagnole s'est accrue de 146 milliards d'euros l'an dernier, plus 17 points de PIB par rapport à 2011 ! » (Alter éco mars 2013.). Sans parler des effets de ces mesures sur l'ensemble de la population.

 

Bien entendu, les « compétents » s'empressent de dénoncer comme « populistes » tous ceux qui n'acceptent pas « tina » (there is not alternative, il n'y a pas d'alternative). Ils mettent en place les anciens de Godman Sachs (en Grèce comme en Italie) qui, bien évidemment, donnent satisfaction aux marchés. Et apportent l'austérité aux peuples.

Mais ce sont les électeurs qui, encore, votent pour leur gouvernement, ils répondent comme ils peuvent face au « diktat austéritaire européen». L'essayiste Stefano Casertano traduit la réponse du peuple italien  : « Le principe est simple : que détestent les Italiens ? L'austérité. Qu'a promis Berlusconi ? La fin de l'austérité. … Voter pour Berlusconi, c'est s'exprimer contre l'Allemagne… Vous nous avez apporté l'austérité, nous vous apportons Berlusconi ». (The European (26/02/13) et Beppe Grillo, aurait-il pu ajouter.

 

Les choses sont dites clairement : "la méfiance à l’égard de la monnaie unique et à l’égard des sacrifices imposés par l’UE (ou par l’Allemagne ?) a produit une nouveauté sans précédent dans notre histoire politique : un Parlement dans lequel le sentiment anti-européen devient pour la 1ère fois majoritaire. (..). Cette convergence singulière sous le signe d’une autre Europe est possible’ est très significative. Parce que, en attendant de trouver cette autre Europe, elle se traduit en hostilité à l’égard des institutions communautaires actuelles" (Sole 24 Ore)

Croire que ce désamour de l'Union européenne et de sa politique, est un phénomène réservé à quelques pays du sud de l'Union serait une erreur. Aucun pays de l'Union européenne ne peut aujourd’hui lancer un référendum sur l'Union ou sur l'euro. Ils le perdraient dans probablement tous les pays de l'Union. Parce que la politique de l'Union est mauvaise.

Et les gouvernements eux-mêmes voteraient non. Ils ont d'ailleurs voté non au dernier sommet de Bruxelles avec, pour la première fois, un budget en retrait. Avec une réunion de chefs d’État ou de gouvernement qui n'ont pensé qu'à défendre ce qu'ils appellent leurs « intérêts nationaux », qui ne sont que les intérêts de certains. La défense par la France de la PAC (politique agricole commune) est elle la défense des agriculteurs ou de certains agriculteurs ? Nul n'a fait entendre la voix de l'Europe. Nul n'a montré la voie européenne.

L'euro est le plus fort. Le marché européen est le plus important. Mais l'idée européenne s'affaiblit de jour en jour. Le scrutin italien est le dernier avertissement en date, venant du plus européophile des peuples de l'Union.

 

1 – Résultat des élections italiennes

Chambre (assemblée nationale)

Coalition de centre gauche de Pier Luigi Bersani : 29, 54 % (340 sièges) Parti démocrate (PD, social démocrate) : 25, 4 % (292 sièges) Gauche, écologie et liberté (SEL, gauche radicale) : 3, 2 % (37 sièges) Centre démocrate : 0, 5 % (6 sièges) Parti populaire du Tyrol du Sud (SVP, conservateur et régionaliste) : 0, 4 % (5 sièges)

Coalition de droite de Silvio Berlusconi : 29, 18 % (124 sièges) Peuple de la Liberté (PdL, conservateur) : 21, 6 % (97 sièges) Ligue du Nord (LN, extrême droite, régionaliste) : 4, 1 % (18 sièges) Frères d’Italie (issu d’une scission du PdL) : 1, 95 % (9 sièges) Les autres formations de la coalition n’ont pas obtenu suffisamment de votes pour prétendre à un siège.

Mouvement 5 étoiles de Giuseppe Piero Grillo : 25, 55 % (108 sièges)

Coalition de centre droit de Mario Monti : 10, 56 % (45 sièges) Choix civique avec Mario Monti pour l’Italie : 8, 3 % (37 sièges) Union du Centre (UDC) : 1, 8 % (8 sièges) Futur et Liberté (FIL) : 0, 46 % (0 siège)

Révolution civile d’Antonio Ingroia (centre gauche) : 2, 24 % (0 siège). Agir pour arrêter le déclin (libéraux) : 1, 1 % (0 siège)

Sénat (315 sièges)

Coalition de droite de Silvio Berlusconi : 30, 72 % (116 sièges) Peuple de la Liberté (PdL, conservateur) : 22, 3 % (98 sièges) Ligue du Nord (LN, extrême droite, régionaliste) : 4, 33 % (17 sièges) Frères d’Italie (issu d’une scission du PdL) : 1, 92 % (0 siège) Le Grand Sud (autonomistes) : 0, 39 % (1 siège) Les autres formations de la coalition n’ont pas obtenu suffisamment de votes pour prétendre à un siège.

Coalition de centre gauche de Pier Luigi Bersani : 31, 63 % (113 sièges) Parti démocrate (PD, social démocrate) : 27, 43 % (105 sièges) Gauche, écologie et liberté (SEL, gauche radicale) : 3 % (7 sièges) Centre démocrate : 0, 53 % (0 siège) Le mégaphone - Liste Crocetta : 0, 45 % (1 siège) Parti socialiste italien : 0, 18 % (0 siège) Moderati : 0, 04 % (0 siège)

Mouvement 5 étoiles de Giuseppe Piero Grillo : 23, 79 % (54 sièges)

Coalition de centre droit de Mario Monti : 9, 13 % (18 sièges)

Révolution civile d’Antonio Ingroia (centre gauche) : 1, 79 % (0 siège). Agir pour arrêter le déclin (libéraux) : 0, 90 % (0 siège) Les autres listes n’ont pas obtenu suffisamment
Source : http://www.euractiv.fr/institutions/elections-italie-resultats-monti-berlusconi-grillo-bersani-18236.html

 

2 - Les vingt propositions principales du programme des grillini.
L'introduction d'un revenu de citoyenneté.
Des mesures immédiates pour les PME et les TPE.
Une loi anti-corruption plus forte.
La numérisation et la simplification de l’État
L'abolition du financement public des partis politiques.
L'introduction d'un "polito-mètre",
pour mesurer les éventuels détournements d'argent des hommes politiques pendant les 20 dernières années.
L'introduction du référendum propositif et sans quorum nécessaire. Les Italiens ne peuvent proposer que des référendums pour abroger une loi existante.
Un référendum sur la sortie de l'euro.
L'obligation de discuter et de voter au parlement toute loi proposée par les citoyens.
La création d'une seule chaîne télévisée publique, sans publicité et indépendante du gouvernement.

L'élection directe des parlementaires à la Chambre des députés et au Sénat.
L'introduction d'une limite maximum de deux mandats pour les élus. L'interdiction d'exercer une autre profession durant le mandat électoral et de cumuler plusieurs charges. Tout citoyen qui a été condamné civilement ou pénalement ne peut pas être élu.
Une loi sur le conflit d'intérêts.
La réintroduction des financements des secteurs de la Santé et de l’Éducation publique.
L'abolition des financements publics de la presse.
L'accès gratuit à Internet.
L'abolition de l'impôt foncier (IMU) sur la première maison de propriété.
L'interdiction de recours à l'hypothèque de la maison principale pour garantir un prêt.
La suppression des provinces, les 110 départements italiens et la fusion des municipalités limitrophes de moins de 5 000 habitants. 
L'abolition d'Equitalia, la société publique et chargée de percevoir les impôts et taxes.

http://www.touteleurope.eu/fr/organisation/etats-membres/italie/actualite/actualite-vue-detaillee/afficher/fiche/6273/t/99832/from/4783/breve/les-vingt-idees-de-beppe-grillo.html?cHash=59f70ea97f

 

3 - Le mode de scrutin : La coalition de gauche est arrivée en tête, en voix, au Sénat et à la Chambre des députés. Mais la loi électorale du Sénat attribue les sièges sur une base régionale. La liste qui arrive en tête dans les régions dotées d’un grand nombre de sièges y obtient plus d’élus, même si, à l’échelle nationale, elle n’a pas la majorité des votes.
La coalition de gauche a la majorité absolue à la Chambre (340 élus sur 630, grâce à la prime de majorité) mais seulement 113 sénateurs alors que la majorité est de 158.

La coalition de droite n’a que 124 élus à la Chambre des députés et 116 sénateurs. Elle n’a aucune chance de réaliser une alliance qui puisse lui donner la majorité au Sénat et ni à la chambre. Mediapart 28/02/13.http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/270213/en-italie-la-gauche-tout-fait-pour-ne-pas-gagner

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 14:59

  Avant-Propos : L'Union européenne malade en Italie (pas seulement)

 

A l'approche des élections italiennes, il est beaucoup question de l'Italie, "homme malade de l'Europe". C'est possible.


Il faudrait aussi parler de l'Union européenne, gravement malade en Italie. Jusqu'ici, le peuple italien était réputé le peuple le plus europhile de l'Union européenne. Après 1 an du régime du "technicien" Monti, loué dans toutes les chancelleries, les choses ont tellement changé qu'aucune et surtout pas la chancelière Merkel n'ose se prononcer sur en sa faveur. Hier, Berlusconi faisait rire conjointement Merkel et Sarkozy.


Aujourd'hui, suivant les sondages, Berlusconi et  Grillo, avec des campagnes très eurosceptiques pour ne pas dire plus, seraient devant Monti. Et que le vainqueur de l'élection serait Bersani, peu prisé de Merkel,  à la tête d'une coalition de centre gauche.

Toutes choses qui ne font guère plaisir à tous ceux qui veulent imposer l'austérité aux peuples de l'Union européenne.

 

Revue de presse n°98 (Europe)<

 

 

Pays-Bas : L’économie néerlandaise a reculé de 0,9% en 2012... « Les P-B se retrouvent de nouveau en récession ». Trouw : « C’est important de mettre de l’ordre dans le budget de l'Etat, mais il y a des moments où les intérêts à longue échéance sont contraires aux intérêts à court terme. On a de plus en plus l’impression que l’économie sombre davantage à cause de l’obsession de la politique par rapport au déficit budgétaire ». Le Financieele Dagblad : Appel du VP du Conseil d'Etat au gouvernement afin qu'il gère pas les P-B comme une société, mais comme un État... Les lois et les mesures ne devraient pas seulement viser l’efficacité, le rendement ou les résultats mais elles devraient également répondre aux sentiments de justice des citoyens. Revue de presse de l'ambassade de France à La Haye 15/02/13.

 

Grèce : L’ensemble de la presse se réfère au taux record de chômage qui a atteint 27% en novembre selon les données de l'office national des statistiques ainsi qu’au taux élevé de récession qui a atteint 6,45% en 2012. Revue de presse de l'ambassade de France à Athènes 15/02/13.

 

Budget de l’UE : en Europe tous les pays sont « gagnants ».David Cameron principal vainqueur du sommet. Son parti conservateur a qualifié le résultat de « victoire historique ». L’Allemagne salue la discipline. L’Italie reçoit des « fonds supplémentaires ». L’Espagne reste bénéficiaire net. La Bulgarie, « plus grand bénéficiaire net ». La République tchèque : 900 millions d’euros en plus. « Succès unique et important » pour la Pologne. Euractiv : http://www.euractiv.fr/institutions/consequences-du-sommet-sur-le-budget-de-lue-tout-le-monde-gagnant-18120.html  


L'Europe n'en reste pas moins la plus grande zone économique de la planète et surtout celle où la richesse est la mieux partagée. L'Europe est aussi la première en nombre de prix Nobel et de brevets, en budget total de recherche et développement ou en nombre de docteurs en sciences issus chaque année de l'université. Libération 18/02/13....

 

G20 : Les ministres des Finances et banquiers centraux des 20 pays le plus riches ont appelé à un assouplissement des politiques de rigueur qui menacent de dégénérer en une nouvelle récession... Le G20 a unanimement déclaré la guerre aux multinationales que le raffinement croissant des montage fiscaux à laissé payer toujours moins d'impôts. Libération 18/02/13.

 

R-U : Financial Times avec un sondage Harris Interactive qui montre que seul un Britannique sur trois souhaite que le R-U reste dans l’Union. Revue de presse ambassade française à Londres 18/02/13.

 

Allemagne : La Bavière et la Hesse vont déposer plainte devant la Cour de Kalrsruhe pour contester le mécanisme de péréquation qui régit les transferts de ressource des Länder riches vers les régions pauvres... Bavière où la Cour des comptes a révélé que les recettes pourraient être augmentées de 30 milliards d'euros par an si seulement le Land embauchait plus de contrôleurs fiscaux... La politique de la... (de droite) n'est pas d'augmenter l'emploi public mais de le diminuer. Libération 19/02/13.

Il n'est pas non plus d'augmenter la solidarité mais de la diminuer.Ni à l'intérieur du Land en poursuivant les fraudeurs, ni entre les Länder.Ni, bien sûr, entre les pays au sein de l'Union européenne.

 

UE : La Cour européenne des droits de l'homme et la Cour constitutionnelle allemande ont renforcé mardi dans deux verdicts les droits à l'adoption pour les couples homosexuels en Autricheet enAllemagne. Si certains commentateurs y voient un progrès, d'autres craignent que les enfants souffrent de cette tendance. Eurotopics 20/02/13.

 

Le 01/01/14, la Lettonie deviendra le 18 ème pays à utiliser la monnaie unique. Un choix de raison qui n'est pas sans risque et que ne partagent pas la plupart des Lettons. IQ The economist presseurop 20/02/13

 

UE : 8,6% c'est la baisse des immatriculations de voitures neuves dans l'Union européenne au mois de janvier.... En France, la baisse a été de 15,1%, en Espagne de 9,1% en Allemagne de 8,6%. Libération 20/02/13.

 

Grèce : Au moins 50 000 manifestants sont descendus dans les rues d’Athènes mercredi à l’occasion de la grève générale. Ils ont répondu à l’appel des deux principaux syndicats représentant la moitié des travailleurs grecs. Leur cortège a été grossi par les troupes de Syriza, le principal parti d’opposition. Leur message était le suivant: “Stop, nous n’en pouvons plus de l’austérité.” Euronews 21/02/13.

 

EU : La production dans le secteur de la construction en baisse de 1,7% dans la zone euro, de 2,7% dans l'UE27. Parmi les États membres pour lesquels les données sont disponibles pour le mois de décembre 2012, la production dans la construction a diminué dans douze États membres et a augmenté dans deux. Les baisses les plus marquées ont été en Pologne (-23,7%), au Portugal (-18,2%), en Bulgarie (-15,1%) ainsi qu'au Royaume-Uni (-15,0%), et les hausses en Suède (+5,2%) et en Espagne (+4,5%). Eurostat 21/02/13.

 

Allemagne : Les grèves d'avertissement dans la fonction publique se poursuivent. En Rhénanie du nord Westphalie les aides soignantes, les personnes de service et des cuisines de nombreux hôpitaux universitaires étaient en grève aujourd'hui. En Saxe-Anhalt 60 écoles et six services régionaux participaient au mouvement. Des grèves d'avertissement étaient également annoncées à Brème, en Basse-Saxe ou en Sarre.

Le syndicat Ver.di de la fonction publique et des services revendique une hausse de salaire de 6,5 % pour les 800 000 fonctionnaires des Länder... A Berlin lundi 5000 professeurs et éducateurs étaient en grève.

Après l'aéroport de Hambourg, ce sont eux de Düsseldorf et de Cologne/Bonn qui seront touchés par la grève des personnels de contrôle des passagers... A Hambourg... 115 vols sur 181 ont dû être annulés.

A l'appel du syndicat de la fonction publique et des services, Ver.di, les personnels revendiquent une hausse de 30 % des salaires. Les employeurs proposent de 5 à 9 %. A Hambourg, les grévistes revendiquent 14,5 euros de l'heure, les employeurs proposent jusqu'à présent 12,75 euros seulement. Revue de la presse allemande 20/02/13.

 

UE :Avant chaque élection, on réévalue le nombre de députés européens élus dans chaque État membre, pour tenir compte des dernières évolutions démographiques. On doit également tenir compte de l’adhésion de nouveaux Etats. La prochaine élection 2014 ne devrait pas faillir à cette tradition. L’entrée de la Croatie qui la dote d’une dizaine de députés tout comme l’entrée en vigueur de la réduction à 96 députés du plafond attribué au plus grand pays, oblige à faire des modifications à la règle actuelle... Pour une fois, c’est le PE qui a... le droit d’initiative. Le Conseil européen devra ensuite se prononcer à l’unanimité. Normalement l’évolution se fait au ratio de la population... Mais bizarrement, les deux eurodéputés rapporteurs... en ont décidé autrement. Avec des arguments... qu’on peut résumer ainsi : ne pas fâcher l’Allemagne, ni les petits et moyens pays... http://www.bruxelles2.eu/europe-pouvoir-traite-de-lisbonne/la-bataille-du-parlement.html

 

 

UE : Plus de 40 plans de rigueur en zone euro depuis 2010. Le Monde 22/02/13.

 

 

 

 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 21:13

 

Les derniers films de 2 des plus grands réalisateurs étasuniens actuels occupent les écrans avec un succès certain : Django Unchained de Quentin Tarantno et Lincoln de Steven Spielberg. Tous deux se situent au milieu du XIX° siècle : le premier, à la veille de la guerre de Sécession, en pleine période esclavagiste, est l'histoire de la lutte d'un ancien esclave pour libérer sa bien aimée ; le second, à la fin de cette guerre, narre le combat de Lincoln pour l'abrogation de l'esclavage. 


 

Django Unchained se présente comme un western. Deux ans avant la Guerre de Sécession, le Dr Schultz, allemand soi-disant dentiste mais réel chasseur de primes, achète un esclave noir à qui il promet la liberté s'il l'aide à reconnaître les frères Brittle, meurtriers qu'il doit ramener morts ou vifs. Dans ce rôle invraisemblable dans le sud des États-Unis à cette époque, Django va, rapidement, devenir l'égal de son maître. La mission accomplie, émancipé, avec l'aide de son ancien maître, il va libérer sa femme, maintenue en esclavage dans une plantation aux mains d'un propriétaire sadique.
Si les scènes de western sont conventionnellement invraisemblables, Noir montant à cheval et le faisant danser devant la plantation en feu, portant des lunettes de soleil, libérant sa bien aimée seul contre tous. Ces scènes sont, aussi, sanguinolentes, dignes du grand-guignol.

On aimerait être certain que le traitement des esclaves, tout aussi invraisemblable à nos yeux, soit imaginaire : la femme de Django « au four » pendant huit jours pour avoir voulu s'échapper, moindre mal car ses 2 compagnons de fuite sont livrés aux chiens et déchiquetés, combat à mort entre 2 esclaves dans le salon pour le plaisir du seigneur des lieux...

L'histoire est dans la lignée politique et morale de la plupart des westerns et des États-Unis : la réussite par le combat solitaire du héros, sous le regard quelquefois satisfait d'esclaves craintifs et malgré l'opposition perspicace du majordome noir au service du maître de céans.


 

Lincoln est un biopic, un film biographique qui relate les derniers mois du président des Etats-Unis qui fait voter l'abolition de l'esclavage, au prix de sa vie. Lincoln est un fim « historique » qui donne libre cours à l'interprétation de l'événement, personnage et circonstances, par le réalisateur.

Ici, l'esclavage est invisible. Les Noirs sont au combat dans l'armée ou serviteurs. On ne saura rien des activités abolitionnistes connues du majordome, ici réduit à ce seul rôle : le service du bon génie. Comme l'autre, dans Django, l'était du mauvais. Ou spectateurs invités dans les travées ouvertes au public le jour du vote. Toute trace de la lutte des Noirs pour leur émancipation a été, volontairement (1) gommée pour magnifier, une fois encore, la rôle du héros solitaire.

Lincoln ne manie pas le pistolet. Seulement, l'intrigue parlementaire, la corruption au service de sa détermination qui permettra le vote de la loi, qu'il arrachera, avec l'aide de ses collaborateurs, en arrivant à convaincre ou à corrompre les quelques voix nécessaires pour obtenir le vote du 13° amendement à la majorité qualifiée nécessaire à son adoption.

 


Alexandre Dumas aurait dit « Qu'importe qu'on viole l'Histoire si on lui fait un bel enfant ». A vous de juger.Mais au-delà de la vérité historique, dans Django comme dans Lincoln, la fin justifie les moyens employés s'ils sont mis par le héros au service de la juste cause. Que faut-il en penser au moment où des États font des meurtres ciblés, notamment avec des drones ? Ou autrement.

(1) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/070213/avec-lincoln-spielberg-blanchit-le-combat-abolitionniste

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 21:42

 

 

Une récente étude de Deutsche Bank établit à 1, 22-1, 24 dollar le niveau de l’euro à partir duquel l’économie française est fragilisée. Pour l’Italie, ce niveau serait de 1, 16-1, 17 dollar, tandis qu’il serait de 1, 54-1, 94 dollar pour l’Allemagne et de 1, 83-1, 90 dollar pour l’Espagne. EurActiv.fr 11/02/13.

 

Pendant sa première campagne présidentielle, Barack Obama s’interrogeait sur la nature des activités exercées dans un bâtiment connu sous le nom de « Ugland House », situé à George Town, dans les Iles Caïmans. 18 857 sociétés sont enregistrées à cette adresse, ce qui faisait dire à Obama qu’il s’agissait là, « soit du plus grand immeuble du monde, soit de la plus grande escroquerie fiscale au monde ». Médiapart 11/02/13.

 

Dans le cadre de "l'examen annuel de la croissance 2013", les députés européens se sont prononcés sur 3 résolutions : l'accent mis par la commission des affaires économiques et monétaires européenne sur l'austérité a été vivement contesté par plusieurs députés, mais la résolution a été adoptée par 329 voix, contre 271 et 13 abstentions. La résolution de la commission de l'emploi et des affaires sociales, qui insiste sur la nécessité d'évaluer l'impact à court terme des mesures d'assainissement budgétaire, a été adoptée par 483 voix, contre 104 et 20 abstentions. La gouvernance du marché unique a été adoptée par 527 voix, contre 30 et 31 abstentions. Lettre de la Fondation Robert Schuman 11/02/13.

 

Taux de participation aux élections au PE, en moyenne, sur l'UE et %

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

63

61

58,5

56,9

49,8

45,6

43

Alter éco Hors série 2° trimestre 2013

 

La production électrique mondiale, en plein essor dans les pays émergents, reste principalement assurée par le charbon (46%)... le gaz (23%), le nucléaire 16%, les renouvelables (10%). Alter éco Hors série 2° trimestre 2013

 

Le parc éolien mondial équivaut à 175 réacteurs nucléaires type EPR... il a crû de 19% en 2012... en Chine (+30%), aux États-Unis (+29%), en UE (+26%), Inde (+5%), Brésil, Canada. En parcs installés, l'UE est en tête (37,5%), suivie de la Chine (26,8%), des États-Unis (21,2%), de l'Inde (6,5%) et du Canada (2,2%). Libération 12/02/13.

 

Le jeune et ambitieux sénateur républicain... Marco Rubio a donné la réplique à Obama, critiquant sans surprise son plaidoyer pour une action accrue de l'État... Le fait qu'il ait prononcé son discours en anglais et en espagnol - un geste fort vers la communauté latino - n'a échappé à personne. Le Figaro 13/02/13.

 

La CE présente, le 14/02, son projet de taxe sur les transactions financières. A partir de 2014, une grande partie des banques, assurances et fonds d’investissements européens doivent participer “aux coûts de la crise financière dont ils sont co-responsables”. Bruxelles estime le montant des recettes de la taxe sur différents produits financiers, dont les actions (0,1%) et les dérivés (0,01%), à 31 voire 35 milliards d’euros par an. La taxe s’applique à partir du moment où soit le vendeur, soit l’acheteur, soit le produit en question, vient d’un des 11 pays participants. Süddeutsche Zeitung presseurop 13/02/13.

 

Les 5 principaux consommateurs d'énergie en 2011dans l'UE27 étaient l'Allemagne (316 millions de tep, -7,7% par rapport à 2008), la France (260 millions de tep, -4,6%), le Royaume-Uni (199 millions de tep, -9,4%), l'Italie (173 millions de tep, -4,8%) et l'Espagne (129 millions de tep, -9,4%). Ensemble, ils représentaient près des deux tiers de la consommation totale de l'UE27.

Vingt-trois États ont enregistré une baisse de consommation énergétique entre 2008 et 2011 et 4 des augmentations. Les plus marquées ont été : Lituanie (-24,5%), Irlande et Grèce (-12,3% chacun), Roumanie (-10,2%) Espagne et Royaume-Uni (-9,4% chacun), et les plus fortes hausses, Malte (+16,9%) et Estonie (+4,8%).

En 2011, les moins dépendants des importations d'énergie étaient l'Estonie (12%), la Roumanie (21%), la République tchèque (29%), les Pays-Bas (30%), la Pologne (34%) et le Royaume-Uni (36%). Le Danemark (-9%) était un exportateur net d'énergie et, par conséquent, présentait un taux de dépendance énergétique négatif. Les taux les plus élevés de dépendance énergétique étaient relevés à Malte (101%), au Luxembourg (97%), à Chypre (93%) et en Irlande (89%). Eurostat 13/02/13.

 

La France a reconnu qu'elle ne pourra pas respecter l'objectif d'un déficit budgétaire réduit à 3% du PIBcette année. Le même jour, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a rendu publique une lettre adressée aux ministres des Finances de l'UE rappelant que le pacte de l'euro permet un sursis, au cas par cas, dans un scénario de récession. En privé, pourtant, les dirigeants européens s'inquiètent de voir F. Hollande chercher à fédérer les mécontents de la zone euro pour affaiblir, voire renverser, tout le dogme du redressement budgétaire, imposé depuis 3 ans par Angela Merkel et ses alliés du Nord. Presseurop Figaro 14/02/13.

 

Le Bureau central des statistiques a publié les derniers chiffres selon lesquels l’économie néerlandaise a reculé de 0,9% en 2012... « La consommation des ménages diminue depuis presque deux ans, avec, au quatrième trimestre 2012, moins 9% de produits durables, notamment voitures et meubles. Le nombre d’emplois a diminué de 63000 en 2012 (par rapport à 2011), rejoignant ainsi le niveau d’avant 2009 ». « La Banque centrale néerlandaise et le Bureau central de planification avaient déjà prévu un déficit budgétaire de respectivement 3,3 et 3,5% pour 2013. Ces prévisions correspondant à peu près aux chiffres... Volkskrant relève un taux d’inflation aux P-B qui est un des plus élevés des pays de la zone euro,  3% en janvier 2013.

Volkskrant note les « Pertes record » de PSA tandis que l’AD combine cette annonce avec celle du Premier ministre concernant le respect de la règle des 3% sous le titre : « La France au bord du gouffre ».

Volkskrant signale la disparition de l’expression « allochtone » du vocabulaire de la mairie d’Amsterdam : « Nous voulons indiquer que les habitants de notre ville sont avant tout des Amstellodamois ». Revue de presse de l'Ambassade de France à la Haye 14/02/13.


Sur l'ensemble de l'année 20123, le PIB de la zone euro a diminué de 0,5% et celui de l’UE27 de 0,3%. Eurostat 14/02/13.

 

La zone euro s’est enfoncée dans la récession au quatrième trimestre 2012 avec un PIB qui s’est replié de 0,6%. Les chiffres de croissance allemand : -0,6% et français -0,3% au 4ème trimestre ne sont guère meilleurs. La zone euro était entrée en récession au troisième trimestre avec un recul de 0,1% pour le PIB.


La baisse de l’activité en France au 4ème trimestre : -0,3% par rapport au troisième... Mais les chiffres sont plus dramatiques en Italie dont l’économie s’est contractée de 0,9% et en Espagne de 0,7%. Pour ces deux économies, la baisse de l’activité sur un an est respectivement de 2,7% et de 1,8%. Le Portugal affiche une activité économique en baisse de 3,8% sur un an. La Grèce accuse une contraction de 6%. Euronews 14/02/13.

 

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 21:00

 

Avoir 20 ans en 1955, c'est appartenir à la « génération guerre d'Algérie », comme d'autres avant ont appartenu à la « génération front populaire », « guerre d'Espagne » ou « résistance ». Avec obligation de prendre position. Même sans formation politique particulière. Il était difficile de rester indifférent à ce qui se faisait là-bas, au nom du peuple français, quelques années après la défaite du nazisme.

En milieu étudiant, la discussion pouvait commencer sur les cours, les vacances, le temps, le dernier match ou le dernier film. Très souvent, elle débouchait sur « Pour ou contre la guerre d'Algérie ».

C'était particulièrement clair au niveau de l'Association générale des étudiants (Unef) : quand le point à l'ordre du jour était l'Algérie, l'assistance était multipliée par dix et la salle toujours trop petite.


 

De gauche, cette opposition à la guerre d'Algérie m'a conduit à adhérer au PSU, « le parti de la paix en Algérie », puis « le parti de la paix avec l'Algérie », adhésion 15 jours avant sa création à l'une de ses composantes. Et l’indépendance obtenue, les études terminées, à vouloir partir en Algérie, dés que possible.

Depuis toujours, je rêvais de partir. En Afrique noire. Les circonstances politiques m'ont conduit en Algérie !


 

De la guerre d'Algérie à l'Algérie nouvelle...


Le service militaire a été la première occasion, avec l'espoir de participer à la coopération technique dont on commençait à parler : de juin 1963 à avril 1964 à Mostaganem, dix mois dans une infirmerie à soigner les pieds de chasseurs portés !

En fait, une colonie de vacances au Maroc, comme infirmier, quelques années plus tôt, avait été le premier contact avec le Maghreb. Et même avec l'Algérie car la colonie était sur la plage de Saïdia, à quelques centaines de mètres des barbelés de la frontière algéro-marocaine : chaque nuit, les projecteurs du barrage promenaient leur faisceau lumineux jusque sur les tentes de la colonie. On entendait les échanges d'armes automatiques. Un ami, appelé, était là quelque part de l'autre coté.


 

Le véritable contact avec l'Algérie, c'est juin 1964, comme coopérant, en poste à Constantine puis de 1966 à 1972 à Alger. Pendant cette période, des milliers de jeunes et de moins jeunes, beaucoup de Français mais aussi des personnes de toute nationalité sont allées travailler à la construction de l'Algérie nouvelle. On les appelle parfois les « pieds rouges » par opposition aux « pieds noirs », les Français de la période coloniale.


 

Leur degré d'engagement était très variable. Les vrais « pieds rouges » venaient participer directement à la révolution algérienne. Certains avaient fait de l'aide au FLN, d'autres avaient déserté... Ils étaient venus au lendemain de l'indépendance (5 juillet 1962), quelquefois même, dès le cessez-le- feu (19 mars 1962) pour faire face à l'urgence. Dans une vision internationaliste, ils participaient aux niveaux politique et technique.

Mais les arrivants les plus nombreux étaient des jeunes, sensibilisés par la guerre, venant simplement apporter leurs compétences techniques. Après l'enthousiasme des débuts, les engagés parmi les nouveaux venus étaient moins nombreux, les motivation sont devenues plus diverses : éviter le service militaire, voir du pays, apprendre le métier...


 

Les Français n'étaient pas le seuls étrangers, toutes les nationalités étaient présentes. Malgré la proximité de la guerre, les Français n'étaient pas les plus mal accueillis, loin de là.
Par ailleurs, se retrouvaient à Alger tous les anti-colonialistes, les anti-impérialistes, les tiers-mondistes. Tous les mouvements qui luttaient, quelque part dans le monde, pour l'indépendance de leur pays ou la révolution étaient représentés et, notamment, à coté du Front national de libération du Sud-Vietnam tous les mouvements de libération africains : Angola, Mozambique, Guinée Bissau, Namibie, Afrique du sud, Zimbabwe...

Alger était ainsi le « centre du monde ». En effervescence. Où se rêvait le monde nouveau.
Coopérants, notre militance était, par obligation, limitée : groupe de réflexion sur le développement, comité de solidarité avec le Vietnam étendu aux mouvements africains de libération. Utilisé pour déclencher notre petit mois de mai 68 avec invasion de l'ambassade de France...

Le Festival culturel panafricain est l'événement emblématique de cette période avec l'activité soutenue de la cinémathèque algérienne, ouverture sur tous les cinémas du monde, classiques ou nouveaux...


 

Mais, à mes yeux, dans ce climat un peu euphorique, l'essentiel était la participation à une activité professionnelle adaptée à la situation du pays.

Dans le désert médical des premières années de l'indépendance, il y avait beaucoup à faire : et d’abord réfléchir et participer à une médecine adaptée au pays, de façon à toucher le plus grand nombre, et non se contenter d'une simple reproduction, impossible, de la médecine française, réservée à quelques privilégiés. Médecine qui fascinait de nombreux Algériens, aussi bien les patients, pour sa qualité, que nombre de médecins qui pensaient continuer la médecine libérale...

Mais comment faire quand il n'y a ni médecins, ni personnel paramédical, infirmières, laborantins... C'est à cette pénurie de personnel, à ce besoin de prise en charge de la population qu'il fallait répondre, le plus rapidement possible.


 

Au niveau local et au niveau national. A Constantine, le centre paramédical formait des infirmiers, des laborantins mais aussi des aides-soignants ruraux ou des accoucheuses rurales..., jeunes n'ayant souvent pas le certificat d'études primaires mais combien enthousiastes. Après avoir reçu une formation de base comportant notamment le maniement d'une cinquantaine de médicaments, ils étaient nommés dans un village pour assurer les premiers soins, les accouchements normaux, déceler les signes de gravité leur permettant de diriger les patients vers le centre le plus proche où pouvait se trouver une personne qualifiée.


 

A Alger, à une autre échelle, la chaire de pneumologie réfléchissait, planifiait, organisait une lutte antituberculeuse, adaptée au manque de médecins, de techniciens, d’hôpitaux spécialisés, permettant le dépistage, la prise en charge et le traitement ambulatoire et contrôlé des patients atteints de tuberculose avec une remarquable efficacité.


 

Cet engagement professionnel quotidien, 2 ans à Constantine, 6 ans à Alger, était, à mes yeux, profondément politique. Au point qu'il m'a conduit à partir quand, à la suite d'un remaniement administratif, il m'est apparu que mon travail servirait d'alibi pour l'activité libérale de certains. Aidé en cela par ma compagne qui parfaitement satisfaite dans son travail d'enseignante, supportait de plus en plus difficilement sa condition de femme.


 

C'est dire que le retour, en 1972, n'était pas lié à un jugement direct sur la situation politique nationale. Alors que certains, dès 1965, après le renversement de Ben Bella par le colonel Boumediene, les « pieds rouges » notamment, sont partis, par décision ou par contrainte. Malgré l'évolution politique, par suite d'une cécité bienveillante, par insuffisante formation politique, par optimisme ou par suite d'un moindre engagement, d'autres ont pensé que leur présence était utile, que leur travail participait au cheminement, long, difficile, contradictoire, avec ses avancées et ses reculs, vers une société nouvelle. Les retours se sont ainsi échelonnés...


 

Le tiers-monde commence au centre de Paris.


 

A l'époque, certains maoïstes proclamaient : « Le tiers monde commence dans la banlieue ! ».Il commençait en réalité au centre de Paris.



Arrivé à Paris, en décembre 1972, dans un 20ème arrondissement à forte composante immigrée, happé dés le premier jour, au sens littéral du mot, par la lutte déjà ancienne du Foyer Bisson, c'est tout naturellement que l'immigration est devenu le secteur principal de mon engagement militant au sein du PSU. Et en mai 1973, dans le soutien de lutte des 56 Tunisiens en grève de la faim dans la crypte de ND de Ménilmontant pour leur régularisation et l’obtention de papiers. Quarante ans plus tard, les protagonistes ont changé : la revendication demeure !


 

Lors de l'élection de François Mitterrand en 1981, il est apparu qu'il fallait aller au delà de ces luttes défensives, renouvelées sans cesse d'un groupe à l'autre. Et profiter de l'arrivée de la gauche au pouvoir pour avancer une revendication significative et gagnable qui assurerait une stabilité du séjour pour tous les étrangers résidant en France. Ce fut la campagne pour « la carte unique, valable 10 ans, renouvelable automatiquement », entreprise, à l'initiative de la commission Immigrés du PSU avec la Cimade, la Fasti, le Gisti, la Pastorale des migrants, rejoints ensuite par de nombreuses autres organisations.


 

Cette lutte ne fut victorieuse que grâce au succès de la « Marche pour l'égalité et contre le racisme », partie de Marseille et qui connut un énorme succès, en particulier lors de l'arrivée des marcheurs à Paris accompagnés de plus 100 000 manifestants. Quand le président de la République, recevant les marcheurs à l’Élysée, le 2 décembre 2003, leur a demandé quelles étaient leurs revendications concrètes, Toumi Djaija, l'un des initiateurs de la marche répondit : « la carte unique ». « Va pour la carte unique » répliqua François Mitterrand avant de s'enquérir auprès du père Christian Delorme de quelle carte il s'agissait.


 

C'était l'aboutissement de la campagne qui avait préparé le dossier et popularisé la revendication mais c'était surtout la victoire des Marcheurs et des militants qui les accompagnaient et qui l'avaient reprise. Avancée importante vers l'égalité des droits, carte « renouvelable automatiquement », qui assurait la sécurité du séjour et donc éloignait les menaces d'expulsion. Mais la carte unique, officiellement devenue « carte de résident », votée à l'unanimité en 1984 à l'Assemblée nationale, a beaucoup souffert des successifs ministres de l'intérieur. Il n'en reste plus que des lambeaux.


 

Du droit au séjour, au droit de vote...


 

Une certaine sécurité du séjour assurée, le moment était venu de reprendre et d'amplifier la revendication du droit de vote, étape emblématique vers l’égalité des droits de tous les résidents quelle que soit leur nationalité. Avec l'insuccès bien connu : au programme de François Mitterrand en 1981 (Proposition 80 : Droit de vote aux élections municipales après cinq ans de présence sur le territoire français ), elle était aussi au programme de François Hollande (Engagement 50 : J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans). Et semble devoir être remise à plus tard, faute d'une majorité constitutionnelle des trois cinquième au Congrès qui nécessite le vote favorable d'un nombre significatifs de parlementaires de droite... ou d'un référendum.


 

La revendication du droit de vote a fait l'objet depuis 30 ans de multiples campagnes, avec beaucoup d'espoirs et d'illusions, notamment, magie des anniversaires, avec le bicentenaire de la Révolution : certains pensaient que 1989 pouvait être le moment d'une avancé démocratique, ce ne fut que l'occasion d'une belle parade sur les Champs Élysées.


 

L'événement important de cette période est le traité de Maastricht qui instaure la citoyenneté de l'Union européenne, attribuée à tous les nationaux de l'un des États de l'Union.


 

Du point de vue de la lutte pour l'égalité, c'est à la fois une ouverture et une régression.
Une ouverture : Désormais, les citoyens de l’Union vivant dans un État de l'Union dont ils n'ont pas la nationalité pourront voter et être élus aux élections municipales et européennes dans les mêmes conditions que les nationaux. Ce droit n'est plus réservé aux seuls nationaux.

Une régression : Car le droit de vote reste attaché à la nationalité, non à celle du pays de résidence mais à celle de l'un des pays membres de l'Union. Jusque là, quand les pays avaient ouvert le droit de vote aux élections municipales ou locales, tous les étrangers en avaient bénéficié quelle que soit leur nationalité. Le traité de Maastricht a institutionnalisé une hiérarchie dans la citoyenneté dans l’immigration en fonction de la nationalité.


 

De la citoyenneté européenne à la citoyenneté européenne de résidence ?


 

Il n'y a pas de nationalité européenne. Avec le traité de Maastricht, une occasion a été manquée : créer une citoyenneté de l'Union détachée de toute référence nationale, une citoyenneté européenne, de résidence, ouverte à toute les personnes qui travaillent, vivent, résident sur le territoire de l'un des États membres. Une citoyenneté ouverte à tous, inclusive et non discriminante.

 

 

C'est devant cette conception, fermée, de la citoyenneté européenne et face à un certain découragement militant que la Lettre de la citoyenneté a été créée en 1994. C'est avec l'idée d'égalité de tous les étrangers que, à partir de 1994, presque chaque année, La Lettre de la citoyenneté a commandé un sondage avec, la même question, posée par le même institut : «  Les étrangers des pays de l'Union européenne résidant en France ont désormais le droit de vote aux élections municipales et européennes. Personnellement, seriez vous très favorable, assez favorable, assez opposé ou très opposé à l'extension du droit de vote pour les élections municipales et européennes aux résidents étrangers non membres de l'Union européenne vivant en France ? »

Si les réponses favorables tournaient autour de 30% lors des premiers sondages, elles dépassent 50% à partir de 1999, à l'exception des sondages réalisés aux décours des attentats du 11 septembre 2001 à New-York et du 11 mars 2004 à Madrid.


 

Parallèlement, d'autres initiatives ont été prises : réflexion sur la citoyenneté de résidence, interpellation de parlementaires européens, de l'ONG européenne ENAR (European network against racism), campagne « un million de signatures pour une citoyenneté européenne de résidence » et multiples interventions dans différents pays de l'Union et au niveau des Forums sociaux européens... avec, il faut le dire, un succès d'estime, souvent une approbation de principe mais qui n'a pas entraîné de mobilisations à la hauteur de l'enjeu. Les préoccupations varient suivant les pays avec une priorité urgente, les sans papiers.


 

La citoyenneté européenne de résidence et l'Union européenne


 

Au niveau de l'Union, le Comité économique et social européen, le Parlement européen ont pris position clairement, à plusieurs reprises, pour le droit de vote de tous les résidents étrangers aux élections municipales et européenne et même pour la citoyenneté européenne de résidence.
Ils peuvent pour cela prendre appui sur les textes fondamentaux de l'Union. Particulièrement la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (1).


 

Dès le Préambule, la Charte place « la personne au cœur de son action en instituant la citoyenneté de l’UE… » et affirme  « Toutes les personnes sont égales en droit » (Charte 20). Mais en conservant les critères du traité de Maastricht (2) « Est citoyen de l’Union européenne, toute personne qui a la nationalité de l’un de États membres » (Maastricht 17), elle exclut de la citoyenneté des millions de personnes (des non personnes ?) qui ont la nationalité d’un État tiers.


La Charte reconnaît de nombreux droits à toutes les personnes y compris des droits qui sont nommément attribués aux citoyens de l’Union, comme le droit de pétition : « Tout citoyen de l’Union ainsi que toute personne… résidant… dans un État membre, a le droit de présenter…une pétition au Parlement européen… » (Charte 44, Maastricht 21).


La possibilité de s’adresser au médiateur « habilité à recevoir les plaintes émanant de tout citoyen ou de toute personne… résidant… dans un État membre… » (Charte 43, Maastricht 21).



« Le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres » n’est reconnu qu’aux citoyens (Maastricht 18, Charte 45-1) mais la libre circulation des personnes « peut être accordée… aux ressortissants des pays tiers résidant légalement sur le territoire d’un État membre » (Charte 45-2).


Le droit de participer aux décisions politiques, attribut essentiel de la citoyenneté, est réservé aux citoyens de l’Union, droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes (Maastricht 19, Charte 39-40). Mais la Charte (art.12) affirme « Toute personne a droit … à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'association à tous les niveaux, notamment dans les domaines politique, syndical et civique… ». Ainsi, un étranger extra-communautaire est exclu du droit de vote mais peut être membre ou même président d’un parti politique !

En fait, ce sont les États qui attribuent la citoyenneté à travers leur législation sur la nationalité : un Marocain vivant en Belgique pourra obtenir la nationalité belge, donc la citoyenneté de l’Union, plus aisément que son frère en Autriche. Et ce sont encore les États qui attribuent le droit de vote aux élections locales. Au total, sur le territoire de l’Union, la population est divisée en « castes » en fonction de la nationalité des personnes et de la législation de l’État de résidence :

  • nationaux qui peuvent participer à toutes les élections,

  • citoyens de l’Union avec droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes,

  • ressortissants des États tiers qui ont, ou n’ont pas, le droit de vote aux élections municipales ou locales, avec ou sans éligibilité, en fonction de la législation du pays de résidence,

  • Sans compter les hors caste que sont les sans papiers.


Cette hiérarchisation institutionnelle légitime d’une certaine façon les nombreuses discriminations de droit ou de fait dont sont déjà victimes ces personnes.

 

 

 

Quand, en 1976, la Commission européenne s’est préoccupée du droit de vote, c'était pour les « migrants », non les migrants européens : « L'objectif à atteindre est celui d'accorder aux migrants, au plus tard en 1980, la participation complète aux élections locales sous certaines conditions à définir, notamment du temps de résidence préalable… » (3). Au plus tard en 1980 !!!

Car pour la Commission, « …l'octroi de droits civils et politiques aux immigrés titulaires d'un titre de séjour de longue durée… favorise l'intégration » (4).

Dans le même esprit, depuis le Forum des migrants en 1995, nombreuses sont les associations (dont Enar et l’Appel de Madrid en 2002) qui demandent l’attribution de la citoyenneté européenne à tous les résidents quelle que soit leur nationalité.


Et aussi les Institutions comme le Comité économique et social européen en 2002 : « Le Comité demande que la Convention étudie la possibilité d'accorder la citoyenneté de l'UE aux ressortissants des pays tiers ayant le statut de résident de longue durée » (5) ou en 2003 : «  Propose à la Convention que l'article 7 accorde la citoyenneté de l'UE non seulement aux ressortissants des États membres mais aussi à toutes les personnes qui résident de manière stable ou depuis longtemps dans l'UE. » (6)


Le Parlement européen, particulièrement intéressé car élu au suffrage universel, a voté de multiples résolutions depuis 1993, demandant le droit de vote ou la citoyenneté de l’Union pour tous les résidents : « 8. demande au Conseil, à la Commission et aux États membres de mettre fin à la discrimination à l'égard des citoyens "extracommunautaires" par rapport aux citoyens communautaires en accordant le droit de vote aux élections municipales aux personnes qui résident légalement depuis cinq ans dans un État membre ; 9. charge sa commission compétente d'élaborer le plus tôt possible un rapport sur les conditions d'accès au droit de citoyenneté pour les citoyens extracommunautaires ; 10. demande à la Commission d'élaborer une proposition sur cette question importante pour l'avenir de la Communauté et invite le Conseil à se prononcer en la matière lors du prochain Conseil européen. » (7)


La citoyenneté européenne de résidence est dans l’esprit des conclusions de Tampere qui proposait d’octroyer aux résidents « un ensemble de droits uniformes aussi proches que possible de ceux dont jouissent les citoyens de l'Union européenne, par exemple le droit de résider, d'étudier, de travailler à titre de salarié ou d'indépendant, ainsi que l'application du principe de non-discrimination par rapport aux citoyens de l’État de résidence. » (8)


L’Union s'est construite sur les principes de liberté, d’égalité, de justice. Son évolution récente tend à s'en écarter surtout si on tient compte de la montée des populismes dans différent pays d'Europe. Surtout si on considère la place que prennent les questions qui touchent aux immigrés et à l'immigration dans les batailles électorales et les querelles post-électorales.

Pourtant, nul n'ignore le besoin d'immigration, au point de vue démographique ou économique de tous les pays de l'Union. Il faut donc réfléchir à la place qu'on veut faire à ces nouveaux Européens ! Qui peut avoir intérêt à maintenir des millions de personnes dans la discrimination en contradiction avec les principes proclamés ? Pourquoi ne pas faire d'une citoyenneté ouverte le ciment de l’« Européanité » ?

Mais pour cela, il faut que la France comme l'Union européenne mettent leur législation en accord avec les principes proclamés dans les textes fondamentaux. Pour le moment, avec la montée des populismes, elles n'en prennent pas le chemin.




1 Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000/C 364/01)

2 Version consolidée du traité instituant la communauté européenne 24.12.2002 FR Journal officiel des Communautés européennes C 325/35

3 Programme d'action en faveur des travailleurs migrants et de leurs familles présenté le 18/11/74 à la Commission des communautés européennes, CEE Bruxelles COM (74) 22.50 Transformé en résolution le 9/02/76

4 Communication de la Commission au Conseil et PE : Une politique communautaire en matière d’immigration Bruxelles, le 22.11.2000 COM(2000) 757 final

5 Résolution à l'intention de la Convention européenne – CES 1069/2002)

6 Avis d’initiative sur « La citoyenneté de l'UE » Bruxelles 14-15/05/03 CESE 593/2003).

7 Résolution A3-0127/93 du 21/04/1993 sur la résurgence du racisme et de la xénophobie en Europe et le danger de la violence extrémiste de droite.

8 Le Programme de Tampere : vers une Union de Liberté, de Sécurité et de Justice, Conclusions de la Présidence, Conseil Européen de Tampere du 15-16 Octobre 1999.

 

 

 

 

 

 

a/ Commandé par et publié dans la revue Fédéchoses n°158

b/ Partiellement reproduit dans Taurilloneuromagazine 15/02/13 http://www.taurillon.org/De-la-guerre-d-Algerie-a-la-citoyennete-europeenne-de-residence,05474

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Published by Paul ORIOL - dans Immigration
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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 22:41

 

UN CARCASSONNAIS A LA DÉCOUVERTE DE L'AFRIQUE

 

UN VOYAGE, UN MONDE NOUVEAU... ET DES PROBLÈMES

 

 

Avertissement : J'ai retrouvé les coupures du « Midi Libre », édition de Carcassonne, à qui j'avais proposé le récit de notre traversée du Sahara. J'ai aussi retrouvé le texte original : une seule modification par rapport au texte proposé que je signale dans le texte et des erreurs sur les noms de localité et sur la date du début de la guerre en Guinée Bissau. J'ai fait les corrections.

 

Le titre est de la rédaction du Midi Libre

 

Bien entendu, les souvenirs sont toujours « inoubliables » mais pas toujours d'un grand intérêt pour les lecteurs... C'est pourquoi je les mets sur le blog mais sans avertir de la publication comme je le fais pour les autres articles, laissant le hasard trouver des lecteurs éventuels...

 

J'ai relu ce texte. J'avais oublié totalement qu'il y avait aussi une 3 CV. A la fin des articles, j'ai ajouté quelques anecdotes et quelques photos, de qualité incertaine, non publiées en 1970.

 

 

LE VOYAGE

Midi Libre 12/05/70

 

Sur la piste saharienne, des carcasses desséchées de moutons et des touffes d'herbes appelées pompeusement « pâturages »

 

Quel Carcassonnais n'a pas rêvé au moins une fois dans sa vie de s'évader pour un lointain voyage hors de son univers quotidien, d'abandonner l'ankylosante routine pour vivre des aventures originales avec, comme dans toute aventure, les imprévus qui en font justement le charme et la découverte d'impressions encore inconnues.

Arracher enfin quelque temps sa vie à l'uniformité de l'habitude pour s'insérer dans un monde nouveau, au milieu d'un peuple différent par sa mentalité, son mode de vie et ses coutumes.

Peut-être, est-ce pour cette raison que les manifestations culturelles qui concourent artificiellement à ce but – elles sont rares, hélas – connaissent toujours un réel succès. Nous n'en voulons pour preuve que les « semaines africaines » qui se tiennent actuellement dans notre ville, et qui sont l'occasion pour tous ceux qui n'ont pas la possibilité de faire de tels voyages, de fondre pour quelques instants leur rêve et la réalité.

Il est cependant un Carcassonnais qui a réussi à concrétiser cet espoir et ce désir que chacun porte en soi. Il s'agit d'un de nos lecteurs qui a été, il est vrai, favorisé par les circonstances.

M.Paul Oriol, originaire de Carcassonne où réside sa famille, est en effet, phtisiologue (traitement de la tuberculose) à Alger où il travaille au titre de la coopération. Au début de cette année, il a entrepris une longue randonnée, à travers l'Afrique avec trois camarades : Jean-Robert Henry, de Maubeuge, assistant à la faculté de droit d'Alger ; Yves Jarry, de Bordeaux, administrateur civil, travaillant au ministère de l'Agriculture à Alger également ; et Jean Mogès, rhumatologue à Hyères. Deux d'entre eux, d'ailleurs, sont venus à Carcassonne pour participer à des activités culturelles organisées en collaboration avec M.Paul Oriol.

Au fil de leur périple, 17 jours qui les a menés d'Alger à Dakar. Ils ont tenu un journal dans lequel ils consignaient tous ces petits événements qui font le pittoresque d'un tel voyage et les impressions qu'ils ont ressenties au contact d'une autre civilisation.

C'est le récit de ces aventures que nous publions à partir d'aujourd'hui en une série d'articles qui constitueront une première approche aux conférences que comptent faire les quatre hommes en septembre prochain dans notre cité, conférences qui seront agrémentées de projections cinématographiques dont nous aurons l'occasion de reparler.

Et maintenant, en route !

Depuis longtemps, nous en rêvions, depuis des mois nous en parlions, depuis quinze jours nous ne pensions qu'à ce voyage et nous le préparions. Et nous voici partis, deux par voiture, une Renault « 4L » et une Peugeot « 204 ».

La nuit vient de tomber sur Alger, quelques voitures se pressent pour le « ftor » (rupture du jeûne). Nous allons pouvoir quitter Alger sans être gênés par la circulation que nous ne retrouverons qu'à Bamako.

Nos voitures sont chargées au maximum. Les sièges arrière ont été enlevés et nous avons entassé alimentation, couchage, pièces de rechange, roues de secours, pneus et chambres neufs, outils, appareils de photo, jumelles... sans compter les bidons d’essence encore vides. Tout y est ! Les voitures semblent ramper, écrasées de chargement, et nous devons encore faire le plein d'eau et d'essence (30 litres d’eau par personne et 200 litres d'essence par véhicule). Les vieux amortisseurs de la 4L tiendront-ils ? Espérons.

De toute façon, le départ est donné.Nous n'avons qu’un désir, couvrir au pus vite les 1 6000 km de route goudronnée qui nous séparent d'Adrar. C'est chose facile, car si les quatre cents premiers sont relativement accidentés à cause de la traversée de l'Atlas, les routes du Sahara nous permettent ensuite de rouler assez rapidement. Partis le vendredi d'Alger à la tombée de la nuit, nous arriverons le dimanche après-midi à Adrar. A pied d’œuvre.

 

Premières difficultés

 

Adrar, ville rouge, dernière étape avant d'affronter la piste, le Tanezrouft. C'est ici que nous ferons les dernières provisions d'eau et d'essence pour faire les 1 400 km qui nous séparent de Gao. C’est ici que les premières difficultés commencent.

Difficultés administratives essentiellement, car il est interdit de traverser le Tanezrouft sans prendre certaines précautions qui paraissent ridicules à tout le monde. Et pourtant... Depuis deux jours, deux véhicules sont bloqués, une « 2 CV » et une « 3 CV » car on ne peut partir qu'en convoi. Notre arrivée ramène l’optimisme. A quatre voitures, nous pourrons peut être obtenir l'autorisation de départ. Heureusement, une Land Rover apparaîtra lundi matin. A cinq véhicules, la route nous est ouverte.

Nous ne tarderons pas, cependant, à comprendre les contrôles tatillons d'Adrar. A Reggan, un moment célèbre pour ses expériences atomiques, nous verrons notre « Land Rover » s'ensabler lamentablement où notre « 4L » est passée allègrement. Et nos compagnons de voyage, mécaniciens heureusement, passeront une partie de la nuit à démonter le pont avant qui a cassé au premier essai ! « Elle est vieille cette « Land Rover » nous avait dit le contrôleur (français) de la sous-préfecture qui en avait vu d'autres !

 

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Heureusement, le Tanezrouft ne présente pas de difficultés majeures, si on prend un minimum de précautions. Au mois de mars, un galop d'essai jusqu’à Djanet (Tassili), nous avait montré les difficultés que nous pouvions rencontrer. Ici, finalement, tout est plus simple. En voiture, le Tanezrouft n'est redoutable que par son immensité... et la folie de certains farfelus.

Sept cents kilomètres de plateau, sans le moindre relief ! Sans la moindre végétation ! Un désert de gravier sur lequel on peut rouler à 50-60 km/heure, à quelques centaines de part et d'autre de la piste. Sans relief, n'exagérons rien. Sur le bord de la piste, de temps en temps, de petits monticules, isolés ou groupés, montrent les étapes des camions. Ici , on s'est débarrassé de quelques moutons maliens qui n'ont pas supporté la traversée. Et qui dessèchent doucement au soleil. La quelques touffes d'herbe que le « guide bleu » appelle pompeusement pâturages !

Durant cette traversée, trois grands événements : le poste 230 (ex-poste Weygand), quelques baraquements abandonnés ! Le tropique du Cancer, une plaque ! Bidon V qui a hanté nos rêves d'enfance, quelques baraques abandonnées et un phare qui ne fonctionne plus  depuis des lustres !


250 km entre deux points d'eau

 

Mais pour goûter l'immensité de ce plateau, pour juger réellement son étendue, nous sommes mal placés. Il faut imaginer le long cheminement des nomades qui remontent du Mali. Les points d'eau sont séparés de deux cent cinquante kilomètres qu'ils doivent faire à pied ou à dos de chameau ! Trente jours de traversée pour troquer quelques moutons contre du tabac ou des dattes ! Tout cela sous un soleil qu'il est difficile de fuir. Nous sommes début décembre et tous en tenue ultra-légère !

Par ailleurs, nous ne manquons pas de distractions pour rompre la monotonie ! Grâce à nos compagnons de route. Celui-ci arrive du Canada en stop ! Pour tout équipement, il a acheté à Adrar un bidon de cinq litres d'eau et un pain ! Les nomades sont battus pour l'austérité. Nous devrons lui fournir l'eau, l’alimentation et le couchage. Car si le jour, le soleil n'épargne rien, il ne fait pas bon passer la nuit à la belle étoile sans un sac de couchage efficace.

Parti de Reggan, accompagnés d'une « L R » de la Gendarmerie, nous sommes assurés de ne pas perdre la piste qui est par ailleurs bien balisée. Mais il ne faut pas tenter le diable. Nous faisons voiture-balai. Tout à coup, une roue passe tranquillement, à coté de nous ! Insolite rencontre ! Nous récupérons la roue de secours de nos compagnons de route. Cinquante kilomètres plus loin, nous voyons la « L R » s'arrêter, un passager descendre et partir en arrière à la course à pied ! Vers une roue de secours qu'il trouverait difficilement en courant de cadavre de mouton en cadavre de mouton.


Sous les feux du soleil africain

 

Quelques ensablements sans gravité nous permettent d’expérimenter nos échelles qui, placées sous les roues motrices et une bonne poussée aidant, permettent de relancer la voiture. C'est ici qu’on apprécie le nombre.. Au 4ème ou 5ème, sous les feux du soleil saharien, cela devient rapidement une pénible corvée.

Durant toute la traversée, peu de rencontres. A une centaine de kilomètres au sud de Reggan, une carcasse de « 2 CV », immatriculée 64 ! Nos compatriotes palois n'ont pas dû aller plus loin. De la voiture, tout ce qui pouvait être récupéré a été démonté, il ne reste plus que la tôle.

Plus loin, un camion remonte son chargement de moutons maliens. Et un singe, ce qui est interdit et entraîne un procès.

Enfin non loin du poste frontière, un couple de Britanniques revient d'Afrique Noire avec un fourgon « Volkswagen ». Ceux-là semblent bien équipés et arriveront à Adrar. Car sur les pistes, les fantaisistes abondent : les uns comptent tranquillement que quelqu'un résoudra leurs problèmes éventuels, comme notre Canadien, sans bagage, sans couverture, sans nourriture qui se lance pour une traversée de cinq jours. Comme ce Français que nous avons rencontré dans le train Bamako-Dakar et qui faisait le voyage en utilisant sa blancheur tour à tour auprès de tous les blancs du train.

Les villes sahariennes foisonnent d'histoires de gens qui partent traverser le désert à pied, à bicyclette (une Anglaise qu'il a fallu rapatrier en état de déshydratation), à dos de chameau (un géologue qui traversait seul le désert avec son chameau) ou en voiture plus ou moins bien équipée.

C'est sans difficulté que nous atteindrons Bordj Moktar, poste frontière algérien autour duquel se fixent quelques nomades, une école... Nous y fêterons l'Aïd (qui rappelle le sacrifice d’Abraham) avec nos amis gendarmes après avoir joui du super-luxe d'une douche !

Le lendemain, nous passerons la frontière algéro-malienne !

 

 

Nous passons le Niger, 50 mètres plus loin,

nous sommes ensablés : 110 km en 12 heures.

Midi Libre du 15/05/70

 

Nous poursuivons aujourd'hui le récit de l'aventure africaine vécue au début de l'année par un Carcassonnais, M.Paul Oriol et trois de ses camarades. Nous le retrouvons à la frontière algéro-malienne qu'ils viennent de franchir après un certain nombre de péripéties.

 

Le changement est rapide.Nous voyons apparaître successivement le premier arbre, les premières touffes d'herbe, les premiers troupeaux. C'est alors que le Tanezrouft nous paraît vaincu que nous allons rencontrer les premières difficultés. Avant d'arriver à Gao, les freins de la voiture cèdent ; un tuyau usé laisse échapper le lockheed. Un manchon en caoutchouc n'améliore pas la situation. Il faudra faire 200 kilomètres absolument sans frein. Évidemment la circulation n'est pas un lourd handicap.mais on est à la merci d'un trou, d'une pierre ou d'un tournant maintenant que la piste court entre les arbres.


Pousser... réparer

 

Le sable, les crevaisons commencent. Et tour à tour, nous devrons pousser, réparer, pousser, réparer... Mais Gao approche et tout le monde est pressé d'arriver. Nous roulons de nuit sans frein... C'est à ce moment-là que les difficultés psychologiques apparaissent. Quand le but parait atteint, quand la fatigue commence à se faire sentir, aussi bien chez les passagers que pour les véhicules. Tour à tour la batterie de la « L.R. » flanche, elle peut repartir grâce à la « 204 », puis ce sera la « 2CV » qui sera dépannée par la « 3CV ».
Gao n'est plus très loin. Dernier campement. Nos amis allemands, pressés d'aller boire une bière nous quittent pour continuer de nuit... jusqu'au prochain passage de sable où nous les retrouvons au petit matin, ensablés.

Après 1 400 kilomètres de désert ou de savane semi-désertique, Gao apparaît comme une capitale débordant de luxe ! Un hôtel, 300 mètres d'asphalte, des voitures, des bicyclettes... Mais pas de mécanicien pour réparer notre frein. Et nous avons encore 1 1 100 kilomètres dont 600 de piste pour atteindre Bamako.


Le Tanezrouft vaincu

 

Certes nous avons vaincu le Tanezrouft , nous sommes les rois du désert ! Mais un mécanicien ferait bien notre affaire. C'est dans un garage de l'administration que nous pourrons faire notre réparation. Après 24 heures de repos, nous pouvons repartir tranquillement !TraverséeNiger13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La traversée du Niger à Gao

 

Quelle rapide déception ! Nous passons le Niger sur un bac et, 30 mètres plus loin, la « 4 L » et la « 204 » sont ensablées ! Et ce n'est que le commencement. Ce jour là, de 7 heures du matin à 7 heures du soir, nous ne ferons que 110 kilomètres ! D'ailleurs, la journée avait mal commencé, la « 204 » refusait de démarrer ! Ce n'est qu'après avoir démonté, nettoyé, démonté, nettoyé... que nous avons pu partir avec une bonne heure de retard. Et sur les bords du fleuve, nous voilà déjà ensablés ! Il n'est que 9 heures, le soleil est déjà très chaud ; Au bout d'une dizaine d'ensablements quand tout le monde est épuisé, la « 204 » chauffe puis flanche carrément, posée doucement sur le sable.


Minute de désespoir

 

Notre mécano se remet au travail, sous l'oeil indifférent de trois touaregs qui ont abandonné un instant leurs troupeaux. Moment crucial quand un petit ressort du carburateur qui était plein de sable échappe aux doigts de notre mécano ! Il est 4 heures de l'après midi à 900 kilomètres de Bamako, sous un soleil qui nous paraît de plus en plus brûlant. Le petit ressort est quelque part dans le sable... C'est la minute de désespoir.

Le ressort retrouvé, le carburateur nettoyé et remonté, nous pouvons repartir pour quelques kilomètres avant la nuit. Mais cette journée a été très dure et nous avons pensé rester là , sur un bout de piste, ensablés.


A Hombori, l'unique puits est le salon de toilette

 

Le jour suivant sera encore une journée difficile surtout pour notre mécano épuisé. Et quand nous arrivons à Hombori, nous nous précipitons vers le puits pour la grande douche rafraîchissante. Je crois que ce jour-là nous fûmes la grande attraction du village car le puits est le rendez-vous, le salon de toilette. Notre arrivée en a fait un théâtre. A la grande joie de tout le monde.

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Jean-Robert et Jean

 

Après ce bain public et une bonne sieste, nous repartons pour affronter les pierres, le chemin de pierre où il faut rouler à 10 à l'heure, où nous crevons une dizaine de fois. La savane nous parait de moins en moins belle.

Enfin, nous voici à Mopti, sur la route goudronnée ! Nous sommes maintenant certains d'arriver à Bamako, 600 kilomètres de route nous apparaissent comme une petite promenade.


Après 17 jours, nous retrouvons la mer

 

A Bamako, nous mettrons nos voitures sur le train et c'est en train que nous rejoindrons Dakar. Cette partie du trajet ne sera pas la moins intéressante ! Et la moins riche en incidents. Depuis les deux vieilles femmes qui occupent huit places avec leurs multiples bagages, leurs fagots, leurs fruits qu'elles achètent ici et vendent là, se disputant tour à tour avec tout le monde. Depuis l'arrêt forcé, une machine est en panne, cela nous vaut d'attendre plus de deux heures sur le bord de la voie où s'installent les jeux de dames (qui semblent ici une véritable passion et où certains excellent). Jusqu'à l'alerte à la fièvre jaune qui entraîne le passage de tout le train à la poudre de DDT.

Au bout du compte,nous arrivons à Dakar avec quelques heures de retard. Mais la vue de la mer que nous avons laissée derrière nous, il y a dix sept jours nous apparaît merveilleuse. Après 5 000 kilomètre dont la moité de piste, après 1 200 kilomètres de train, nous voici disponibles pour jouer les touristes.

 

 

 

« LE FLEUVE NOIR,C'EST LA RUE PRINCIPALE

LE CENTRE COMMERCIAL, LE LIEU DE RENCONTRE

MAIS EGALEMENT L'ARTERE NOURRICIERE »
Midi Libre du 16/05/70


En réalité, touristes nous le sommes déjà depuis longtemps, car si nous vivons en Algérie depuis plusieurs années, si nous connaissons l'Afrique blanche dans notre travail quotidien, dans nos amitiés , dans nos multiples déplacements, nous sommes en Afrique Noire pour la première fois. Le monde noir est pour nous absolument nouveau et le premier contact avec ce monde a eu lieu à Tessalit, poste frontière malien.

Nous sommes assis à l'ombre du réservoir d'eau, nous attendons nos amis allemands qui sont allés acheter de l'essence au camp militaire. Avec un jour de décalage sur l'Algérie, c'est ici l'Aïd. Nous voyons arriver, d'un pas nonchalant, trois jeunes filles de 15 à 16 ans, fines, élégamment drapées dans leur boubou multicolore, la tête surmontée d'un foulard. La démarche cambrée. Elles viennent nous saluer, nous faire un brin de conversation, souriantes. Et repartent lentement de leur pas majestueux. En quelques minutes, nous venons de pénétrer dans un monde absolument différent de l'Afrique du nord. Pour nous, quoi qu'il puisse arriver, le Mali, le Sénégal, ce sera longtemps ces trois jeunes filles, dans leur sourire et leur beauté.


La beauté des Sénégalaises

 

Cette beauté, cette simplicité que nous retrouverons tout au long de notre voyage jusqu'à Dakar. Et la dernière image que nous emporterons sera aussi celle d'une femme au boubou rouge, étincelant, en parfaire harmonie avec le décor moderne de l'aéroport de Dakar.

Nous avions déjà apprécié dans les films de Sémbène Ousmane la beauté des Sénégalaises. Mais trop habitués au faux réalisme des productions cinématographiques, nous étions sceptiques. Tout au long de notre voyage, nous avons pu vérifier que ce n'était que réalité, sauf peut-être à Bamako qui nous a donné la pénible impression d'une ville en voie de paupérisation. Même le Niger est triste à Bamako !

Et pourtant à Gao, à Mopti, nous avons passé des heures sur le bord du Niger. Certes nous avons flâné dans les rues de Gao, nous nous sommes promenés dans de petits villages comme celui de Bouré avec sa belle mosquée soudanaise ou celui de Kiloanba, nous avons pu voir piler le mil, tisser les longues bandes multicolores. Mais rien n'égale les bords du Niger.

De Gao (capitale de la province orientale du Mali), partent 3 pistes qui vont vers Niamey (Niger), Adrar (Algérie) et Mopti (Mali). Nous avons vu les difficultés des pistes d'Adrar (1 400 kilomères) et Mopti (620 kilomètres). Niamey est plus proche, mais au Niger. L'artère nourricière, c'est le fleuve qui apporte le mil des USA, la farine d'Europe et tous les objets fabriqués sur un bateau au nom du général...

 

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Arrivée du bateau à Gao


Une variété de races, de couleurs, de cris


Le Niger, grâce à son immense delta intérieur permet la culture du riz et les pêches y sont miraculeuses. Le Niger, c'est la rue principale, le centre commercial, le lieu de rencontre. On y parle quatre ou cinq langues ou plus depuis le tamasheq jusqu'au français... On y trouve le poisson séché et les plaques de sel, les pileuses de mil et les forgerons, les tanneurs et les coiffeurs... C'est dans le Niger qu'on fait sa vaisselle ou sa toilette, c'est sur le bord du Niger qu'on lave son linge. Et tout cela dans une variété de races, de couleurs, de cris. A l'arrivée du bateau qui va décharger ses passagers et ses marchandises, la foule devient plus dense, le bruit des voix s'amplifie, les couleurs semblent s'aviver. Un instant l'image de je ne sais quel film traverse nos esprits devant ce spectacle des bords du Mississippi : quelques Blancs au pont supérieur, la masse des passagers noirs au pont inférieur, des sacs qui écrasent des épaules, des cris, des rires, des couleurs.

A l'hôtel où Benoît écrivit l'Atlantide, nous retrouvons le vieux monde autour de la bière allemande ou hollandaise. Pour le fuir, nous nous réfugions dans nos chambres où la musique « du petit bal du samedi soir » viendra nous tirer. A Gao, à Bamako comme à Ziguinchor (ville principale du sud du Sénégal), nous serons surpris le samedi soir par la musique afro-cubaine du bal hebdomadaire. Et encore plus surpris par la tristesse et l'ennui qui semblent y régner. Nous sommes très loin de la joie et du rythme qui accompagnent les luttes sénégalaises que nous avons pu voir aussi bien à Dakar qu'en Casamance.

 

Tourisme à l'américaine

 

Après une visite éclair chez les Dogons où tout est prévu pour le tourisme à l'américaine : motel à Mopti voyage organisé à partir de Mopti et pour les francs-tireurs guide Dogon avec meilleur angle de prise de vue pour la photo de la falaise et des villages, nous retrouverons à Mopti, construite sur 3 ilôts reliés par des digues, la luxuriance des bords du Niger. Faire 2 000 km de piste à travers la savane desséchée (la saison des pluies ou hivernage a lieu en août) aux arbres rabougris, aux multiples termitières (nous pensions que c'était des balises et nous avons failli perdre nos compagnons de route pour suivre une piste imaginaire) et sentir tout à coup l'odeur de la terre mouillée, la fraîcheur du Niger, puis se mêler à la foule animée. La foule des marchands de toutes sortes, poisson séché étalé sur une dizaine de mètres de toiles, dans des paniers, vannerie, bois, ferraille, pirogues...et partout la foule vivante, bruyante, colorée...

De Tessalit à Gao, comme de Gao à Bamako, le paysage change peu. Au début l'herbe est rare puis, peu à peu, plus dense, les arbres plus nombreux et bientôt apparaissent les énormes baobabs. La seule richesse est l'élevage des bovins (ici essentiellement des zébus).

Dès qu'on approche de l'eau, la vie reprend ses droits : le Niger au Mali, la mer au Sénégal donnent le poisson en abondance et permettent l'importation de toutes les marchandises qui en sont pas produites sur place.


La pêche du soir

 

Nous n'avons pu voir Djénné et sa mosquée d'où est né le style soudanais. Il aurait fallu faire une journée de pirogue et le temps nous manquait. Mais sur la digue nous avons pu voir les pêcheurs jeter et ramener leurs filets abondamment garnis.
A Kayar, petit port de pêche à quelques kilomètres au nord de Dakar, c'est encore plus fascinant. Alors que le soleil se couche lentement à l'horizon, nous assistons à la pêche du soir.

Sur la plage, muni de son filet, le pêcheur fouille l'eau de son oeil exercé, sous le regard des gens du village. Le pêcheur est immobile, évitant instinctivement la vague qui meurt à ses pieds, tout entier tendu dans son regard. Soudain, une légère agitation anime ses doigts, la tension augmente, le filet part. Et ramène un poisson de 30 à 40 centimètres. A plusieurs reprises, le même lancer, le même résultat devant les gens du village assemblés et qui discutent et qui conseillent.


Une ile de coquillages

 

Nous partons dans la brume du soir accompagnés des enfants du village qui nous racontent leur vie scolaire. Mais pour nous, c'est les vacances.Nous partirons demain pour de nouvelles plages. : Joal, village natal du « petit sérère » (président Senghor) avec ses barques multicolores et ses pêcheurs qui vendent le poisson... Fadiouth , village construit sur une île de coquillages où nous sommes surpris de trouver une multitude de porcs (le Sénégalais est essentiellement musulman et le porcs ne peuvent se voir que dans les villages de chrétiens). Il nous faudra ensuite passer le bac de Gambie et ceux de Casamance pour arriver à la merveilleuse plage de cap Skirring.

Sur le bord de la plage des huttes pour prendre le repas. C'est le 25 décembre, les Toubabs (les Blancs) sont descendus de Ziguinchor, de Kaolak pour visiter la Casamance et pour goûter en plein air des charmes de la plage et de la mer. Sur le sable une centaine de personnes. Mais derrière les rochers, une autre plage de sable blanc, très fin, bordée de cocotiers ! La plage exotique par excellence ! Et absolument déserte ! Un kilomètre de sable pour deux personnes et la mer tropicale qui déroule ses petites vagues. Heure de calme, de solitude, de douceur de vivre. Pourtant à 200 mètres de là, des militaires construisent un aéroport et à 2 ou 3 kilomètres au sud commence la Guinée Bissau où se poursuit depuis déjà sept ans une lutte de libération nationale.

Au delà de la plage, il y a les pavés.

 

 

 

Au Sénégal , le troisième plan prévoit

deux fois moins d'investissements

pour l'industrie que pour l'agriculture.
Midi Libre du 21/05/70

 

Nous poursuivons aujourd'hui la publication de la série d'articles relatant l'aventure africaine d'un Carcassonnais, M.Paul Oriol, qui, en compagnie de ses deux camarades, a parcouru ce continent pendant un mois et qui en revient avec d'inoubliables souvenirs. Nous avons suivi les trois hommes tout au long de leur voyage plein d'imprévus, de difficultés mais aussi de riches impressions. Le coté touristique ne doit pas faire oublier cependant l'aspect économique et humain de l'Afrique. Paul Oriol s'est penché plus particulièrement sur celui du Sénégal. C'est ce que cet article tente de faire ressortir.

 

Comme le dit la chanson, « il y a des cactus partout ». Sur les frontières du sud du Sénégal, en Guinée Bissau, la lutte dure maintenant depuis 1963 entre les maquisards du PAIGC et les troupes portugaises. Pendant notre séjour, un nouvel incident de frontière est venu nous le rappeler et nous avons pu visiter nous-mêmes un village détruit l'année dernière par des bombardements portugais. Mais si on a parlé de mouvements de troupes sénégalaises en direction de la frontière, ils étaient très discrets car nous n'avons rien vu lors de notre voyage en Casamance.


La Casamance : province espoir

 

La Casamance est la province frontière coincée entre « le doigt gambien » et la Guinée Bissau. C'est aussi la province espoir. De nombreuses expériences agricoles y sont réalisées. Et le Sénégal est un pays essentiellement agricole. Le président Senghor, lors du VII° Congrès de l'Union progressiste sénégalaise (parti unique du Sénégal) qui avait lieu pendant notre séjour, le rappelait dans son rapport de politique générale : « Il est question de donner la priorité au investissements productifs sur les autres, singulièrement, parmi ceux-là au secteur rural sur l'industrie, aux études et recherches sur les infrastructures ». Effectivement du Ier au III° plan, la part de l'investissement dans l'agriculture a presque doublé, tandis que celle de l'industrie diminuait de moitié.

Des recherches pour l'amélioration des rendements ont été poursuivies avec succès au Centre national de la recherche agronomique. Dans les parcelles expérimentales, on a pu multiplier les rendements traditionnels par quatre (pour le sorgho et l'arachide), par dix (pour le coton) et même par douze (pour le riz). Or le Sénégal retire la plupart de ses devises de l'exportation de l'arachide (78%) et doit importer des produits alimentaires.


Diffusion difficile dans les campagnes

 

Mais qu'en est-il en réalité dans la pratique ? Il semble qu'à l'aide de capitaux publics européens et grâce aux jeunes de l'animation rurale formés par l'École nationale d'économie appliquée que nous avons pu visiter, le gouvernement essaie d'insuffler le changement en milieu rural. Mais il semble que l'animation rurale est beaucoup moins active depuis la chute de Mamadou Dia et le progrès rencontre beaucoup de difficultés pour se diffuser dans les campagnes.
Par ailleurs, même si, par bonheur, plusieurs bonnes récoltes se succèdent, les problèmes de commercialisation se posent, aussitôt, certains milieux ruraux ayant pour coutume beaucoup plus d'accumuler que de vendre.

Pour l'arachide, le problème est encore plus dramatique. Base essentielle des exportations sénégalaises, son cours mondial a baissé de « 20% en deux ans », autrement dit la seule chute des cours a largement absorbé les gains éventuels de productivité. C'est tout le problème de la détérioration des termes de l'échange que posent les pays sous développés à chaque saison de conférence internationale et qui chaque fois évolue à leur désavantage.

 

Nationalisation...

 

Que faire ? C'est là que les critiques des opposants affluent. Et leur liberté de parole est aussi grande que leur nombre... Certes, il faut s'occuper de l'agriculture, certes il faut développer la production d'arachide tout en diversifiant les productions pour éviter d'importer des produits alimentaires qui peuvent et doivent être produits sur place . Nous avons vu qu'au Mali comme au Sénégal, une part importante de l'alimentation de base doit être importée (riz notamment). Mais un pays ne peut sortir du sous-développement en comptant uniquement sur son agriculture. Il faut qu'il prenne en charge son développement industriel et tout d'abord en nationalisant, (et en récupérant les richesses nationales comme disent les Algériens). (supprimé par le ML).
« Parler de la perspective de l'an 2000, comme le fait le président Senghor, c'est mystifier le présent, investir les fonds publics dans l'agriculture, dans le secteur rural et abandonner l'industrie aux investissements privés étrangers. Le plus important, c'est renoncer à toute volonté de développement réel : cela peut entraîner une certaine croissance économique, cela entraîne plus certainement une plus grand dépendance. »

 

...et investissements privés


Si on regarde les chiffres du III° plan quadriennal, on voit que l'industrie recevra de 1969 à 1973 deux fois moins d'investissements que l'agriculture et 80% de ses investissements au moins seront d'origine privée. Par ailleurs, conformément à « la planification partielle, indicative, incitative et participante » (président Senghor), ces capitaux seront essentiellement dirigés ou se dirigeront vers la transformation des produits de l'agriculture (laiteries, conserveries, rizeries, égrenage du coton... placements immédiatemnt rentables.

De plus, rapidement, dans toute conversation, dans le rapport du président Senghor lui-même, se trouve posé le problème de la sénégalisation : à la faculté (récemment encore l'université de Dakar était une université française) par les étudiants qui, depuis mai 1968, sont entrès dans l'ère de la contestation et demandent une sénégalisation de l'enseignement... dans l'administration où chacun accuse les étrangers d'occuper des postes que ne peuvent revendiquer, à titres égaux, des nationaux, au niveau du commerce et des entreprises industrielles.

 

 

 

En l'an 2000, le revenu national sénégalais pourrait atteindre 3 000F par habitant

Midi Libre XX/05/70

 

Il faut remarquer que 700 000 étrangers vivent actuellement au Sénégal pour une population de 3 600 000 habitants (soit environ 20% de la population). Rappelons pour mémoire qu'en France les étrangers ne représentent que 6% de la population et cela pose déjà pas mal de problèmes. Or au Sénégal si certains étrangers peuvent constituer une couche sous privilégiée (Il y a aussi des réfugiés de la Guinée Bissau), un certain nombre occupent des postes importants dans toutes les branches de l'activité nationale. A tout cela, le président Senghor essaye de répondre dans le cadre de l'humanisme libéral avec plus ou moins de bonheur (volonté de création d'une classe d'hommes d'affaires sénégalais, africanisation de l'Université sous la pression des étudiants...) surtout quand il s'agit de réforme de l'enseignement (« de même que les Français ont leur raison pour repousser en cinquième l'initiation au latin, nous avons des raisons politiques semblables pour commencer en sixième, au cours de l'année d'orientation, non seulement du latin mais encore de l'arabe »).

 

Le franc C.F.A


Parallèlement au problème des étrangers du commerce et de l'industrie se pose celui du franc C.F.A. Quand on connaît la rapidité avec laquelle les capitaux ont tendance à retourner se mettre à l'abri en Europe occidentale. Un restaurant libanais ne nous le cachait nullement au Mali, et s'étonnait de nous voir échanger des dollars à la banque, regrettant la bonne affaire qu'il venait de manquer. Or si les Libanais sont nombreux dans toute l'Afrique occidentale, ils sont loin d'être les seuls venus pour « faire du C.F.A. » comme on dit ici. Cela, une fois de plus rejoint le problème de tous les pays sous-développés où les capitaux ne viennent pas pour développer mais pour faire des bénéfices qui sont rapatriés aussi rapidement que possible dans des endroits plus rentables et plus sûrs. Certes ces capitaux entraînent une certaine croissance mais cette croissance est-elle un vrai développement ? Accentue-t-elle la dépendance ou l'indépendance vis à vis de l'ancienne métropole ou de ce que le président Senghor appelle : « La domination concertée que pratiquent les grandes puissances » ?


La poussée des jeunes

 

Les jeunes que nous avons pu rencontrer sont catégoriques et leur choix est fait. Mais tout n'est pas aussi simple qu'ils veulent bien le croire. L'échec du «  socialisme malien », les difficultés guinéennes sont là pour le prouver. Le Sénégal est un pays agricole, son sous-sol, comme ils l'espèrent, est peut-être riche, il reste à trouver ces richesses, à le exploiter.

Il serait intéressant de montrer et de comparer les solutions choisies par l'Algérie, pays aux richesses importantes ayant acquis son indépendance après une longue pénétration et exploitation (mise en valeur) coloniales et le Sénégal, essentiellement agricole, finalement peu pénétré par la colonisation et ayant retrouvé son indépendance politique sans lutte armée.

Si nous suivons le président Senghor dans la « Perspective de l'an 2000 », à cette date et par les voies tracées, le Sénégal aura 7 400 000 habitants et un revenu par tête d'habitant de 3 000 francs. D'ici là, nous pensons que beaucoup de choses auront changé dans ce pays, soit sous la poussée de l'opposition et le président Senghor a pris lui-même un certain nombre de mesures pour répondre à cette pression, soit même par l'irruption de la jeunesse actuellement sur les bancs des écoles, des lycées, des facultés.

 

 

Bonus

 

 

  • Nous étions recommandés à un officier de l'ANP (Armée algérienne) par un de ses parents, professeur de médecine avec qui je travaillais à Alger. Ce qui nous a peut-être valu un surcroit de protection, retardant notre départ de Réggan et l'accompagnement d'un véhicule militaire pour la traversée.

  • Dans notre convoi, il y avait donc un 4 X 4 avec 2 ou 3 Allemands, une 2 CV avec une personne qui allait en Afrique noire et qui n'en était pas à sa première expérience et le jeune Canadien qui allait en... Afrique du Sud en stop...

  • A Bordj Moktar, nous avons passé la soirée avec des militaires de l'ANP. L'un de nous a lâché que nous avions une bouteille de whisky... « Une bouteille de whisky ? » a sursauté l'adjudant qui n'a pas eu besoin d'une grande aide pour la boire dans la soirée.
    L'un de nous médecin est allé faire une visite de nuit pour voir une femme malade. Il n'a pu faire grand chose pour elle.

  • Nous circulions plus ou moins en convoi mais quand les freins de la 4L ont laché, les autres voitures allaient beaucoup plus vite. Quand la nuit est tombée, c'était encore plus dangereux sans frein. Au regroupement, j'ai fait une grosse colère, en leur disant que bière ou pas bière à Gao. Je ne bougeais plus delà jusqu'à l'aube.
    Seuls les Allemands alléchés par la bière de Gao, ont alors continué...

  • Après Gao, nos avons suivi une piste qui, à un moment, bifurquait. Notre mécano-guide décide de prendre une de ces pistes. Je n'étais pas très sûr de son choix « elles mènent au même endroit »... Nous avons un peu avancé, établi notre campement. Au matin, j'entends le trot d'un âne. Je me lève aussitôt et avec les quelques mots d'arabe que je connaissais je demande si c'était la bonne direction. La réponse m'a tranquillisé. Je ne sais pas si la question avait été comprise. C'était la bonne direction.

  • La piste passait à l'écart d'un village. Par curiosité, nous décidons d'aller voir le village. Il y avait un poste de l'armée malienne. Contrôle.
    En tant que Français, nous n'avions pas besoin de visa mais nous avons été soumis à des formalités qui ont pris un certain temps.
    Les Allemands avaient besoin d'un visa. Qu'ils n'avaient pas. Ils ont donc été expulsés, vers le pays le plus proche - ils allaient en Cote d'Ivoire – sans aucune formalité. Ils nous ont simplement attendu.

  • Dans un village, nous nous sommes arrêtés pour nous reposer. Quelques villageois sont venus parler avec nous. "Comment ça va ? Et Vous comment ça va ? Et là-bas, comment ça va ? Ou ça là-bas, là d'où vous venez..."
    On s'approche près d'une case où il y avait une réunion. On entre, je fais le tour pour serrer la main à tout le monde. Et l'un de villageois me demande : « Tu n'es pas un peu africain ? » « Pourquoi ? » « Tu dis bonjour à tout le monde ».

  • A Bamako, nous avons voulu mettre les voitures sur le train pour Dakar. Nous allons vers un bureau en passant devant un groupe d'hommes qui discutent. Le bureau, une centaine de mètre plus loi, est ouvert et vide. Nous attendons un moment. Puis repartons. Au groupe qui discutait, nous demandons où sont les fonctionnaires. C'était eux . Mais ils ne se sont pas déplacés et nous ont reproché de ne pas les avoir salués au passage.

  • Parmi les plus beaux souvenir : Mopti. Le plus grand regret : Ne pas être allé à Djéné.

  • Epilogue : à Dakar, une amie infirmière que nous avions connue en coopération à Constantine, nous hébergeait et a mis sa 2CV à notre disposition. Ce qui nous a permis de mettre nos voitures sur le bateau, la "4L" pour Casablanca et la « 204 » pour la France. Nous avons rejoint Casablanca par avion et quand nous sommes allés récupérer la 4L sur le port. Elle était seule dans un énorme parking, abandonnée, les pneus à plat... une vrai épave. Nous sommes cependant rentrés avec, à Alger.
    Par la suite, nous l'avons vendue à des coopérants.
    L'année suivante, sommes partis en vacances avec des amis jusqu'en Ecosse et tout à coup, arrêtés en pleine nature, que voyons-nous ? Notre ancienne 4L - l'immatriculation n'avait pas changé - qui passe...

 

Quelques images

 

 

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Les anges gardiens

 

 

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Le convoi

 

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Camion venant du Mali

 

 

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Bords du Niger

 

 

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Troupeau de zébus

 

 

 

 

 

 

 

 

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La pêche au filet sur la plage

 

Luttes casamancaises à Dakar

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Les lutteurs et leurs soutiens arrivent en dansant

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Le lutteur invoque les esprits

 

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Le combat

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Le vainqueur

 

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Published by Paul ORIOL - dans Souvenirs
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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 22:22

 

 

 

« Plus que l’Irak et l’Afghanistan, le Mali représentait un « testcase » pour l’Europe. Les Français l’ont bien compris. Avec leur action ils ont évité que le pays tombe sous le contrôle des rebelles et d’Al-Qaïda (…) Il est incontestable que des intérêts européens sont en jeu au Sahel, (…) mais la région est un paradis pour les terroristes et autres criminels. La faiblesse des États rend les frontières inefficaces et Al-Qaïda peut opérer librement au Maghreb. La situation au Sahel est grave et déstabilise en fait tout le Nord de l’Afrique et le Moyen-Orient avec des conséquences importantes pour la sécurité en Europe. Cela pourrait éventuellement exiger une mobilisation à grande échelle des armées européennes à condition que celles-ci soient encore mobilisables après toutes les coupes budgétaires ». Trouw Revue de Presse Ambassade de France à La Haye 01/02/13.


 

FINANCIAL TIMES appelle le gouvernement à réduire l’aide au développement pour financer l’armée, choisir une option moins onéreuse pour la dissuasion nucléaire et repenser sa coopération avec les partenaires européens. DAILY TELEGRAPH estime que « si M. Cameron veut battre les islamistes, il doit donner à l’armée les ressources nécessaires ». Revue de Presse Ambassade de France à Londres 01/02/13.


 

Le ministre de la Défense : « Le processus de réconciliation nationale au Mali doit reconnaître la spécificité des Touaregs qui pour leur part doivent se prononcer contre le terrorisme et contre toute intention de secession ». Le ministre « soutient le déploiement d’une force de paix de l’ONU dans laquelle la France, ‘évidemment’, aura un rôle à jouer ». L'agence informe que l’UNESCO aidera à « reconstruire et sauvegarder son patrimoine culturel ». Europa Press Revue de Presse Ambassade de France à Madrid 01/02/13.


 

Annonçant 2,2 milliards de pertes pour son dernier exercice, la Deutsche Bank...affiche un chiffre d'affaire de 2200 milliards d'euros avec un capital propre de 60 milliards seulement. Son bilan est équivalent au PIB de l'Allemagne... Son gigantisme est mis en cause, par le candidat chancelier social-démocrate notamment, auteur d'un texte de 30 pages sur la régulation bancaire, qui propose notamment la séparation des banques « universelles »...en deux établissements, l'un consacré aux investissements sur les marchés financiers, l'autre aux métiers de la banque classique. Revue de la presse allemande 01/02/13.

 


Six mois durant, les forces de l'axe (Allemagne-Italie-Japon) et l'armée soviétique totalisant plus de 3 millions d'hommes s'affrontent avec une violence inouïe lors des combats sanglants dans les ruines de Stalingrad et sur les immenses étendues alentour... 700 000 morts. CI 31/01-06/02/13.


 

De grandes multinationales ont installé dans le royaume (belge) leur "banque interne" qui joue le rôle de centrede financement et acquitte, en moyenne, 0,4 % d'impôt. Un chiffre étonnant pour un pays qui détient, en revanche, le record européen des charges sociales et de la taxation sur le travail, selon l'OCDE...
Le quotidien économique De Tijd a publié lei 2 février une longue enquête sur ces "véhicules financiers" très rémunérateurs. Elle conclut que la Belgique est réellement un paradis fiscal pour quelque 20 % des 100 plus grandes sociétés au monde.

Au total, le hit parade établi par le journal indique que les 25 premières sociétés de ce classement disposent, en Belgique, de 336 milliards de fonds propres, sur lesquels elles acquittent ensemble 180 millions d'euros d'impôts, réalisant un bénéfice global estimé de 25,4 milliards. Le volume d'emplois créés grâce à ce mécanisme est de... 760 unités.
C'est Arcelor Mittal Finance qui, avant sa récente annonce d'un déménagement vers Luxembourg, disposait des fonds propres les plus importants en Belgique... Le Monde.fr 03/02/13.

 

 

« Et encore une : deux des quatre grandes banques néerlandaises appartiennent maintenant à l'Etat » Volkskrant Revue de presse de l'ambassade de France à la Haye 05/02/13.

 

 

De l’aveu de ses propres concepteurs (FMI), ce programme s’est trompé sur ses deux composantes principales. Il a ... considéré que la dette grecque était viable, alors qu’elle ne l’était pas ; il a... estimé que l’impact de l’adaptation budgétaire sur l’économie serait limité et ordonné et s’est encore trompé. La CE et la BCE en sont également responsables, de même que le gouvernement grec de l’époque, qui s’est embarqué insouciant et frivole sur le mauvais bateau, avec le mauvais équipage, vers la mauvaise destination. Revue de presse de l'ambasade de France à la Haye 05/02/13.


 

Banques : Le gouvernement britannique envisage une séparation des activités de marché et de détail. Libération 05/02/13 (p15)
Des amendements en faveur d'une vraie séparation des banques ont été déposés et cette solution n'a rien d'utopique : entre 1933 et le milieu des années 90, c'est comme cela qu'a fonctionné le système bancaire mondial...
Quand les 4 présidents des banques universelles françaises et leurs cheveau légers vous disent que c'est impossible, trop dangereux... Libération 05/02/13 (p21).


Le gouvernement allemand entend élaborer d'ici 2014 une loi qui prévoit d'imposer aux banques de séparer leurs transactions à risque de leurs activités traditionnelles de dépôt et de crédit.

Le rapport Liikanen (ancien président de la banque centrale finlandaise) prévoit de séparer banques d'investissement et banques de dépôt... 07/02/13 Il sole 24 Ore Eurotopics

 

 

Après la nationalisation de la banque SNS, la grogne grandit aux Pays-Bas quant aux revenus et aux bonus élevés des anciens banquiers.… la nationalisation de SNS montre une nouvelle fois que les grands banquiers prennent des risques dont ils profitent eux-mêmes quand tout va bien, et dont les citoyens normaux doivent se porter garants financièrement quand les choses vont de travers. 07/02/13 De Groene Amsterdammer Eurotopics


 

Budget européen : Le contributeur français donne donc plus qu'il ne reçoit de l'Europe, 80 euros par habitant et par an. Un Allemand 110 euros, un Britannique 90 euros, à l'autre bout, un Grec reçoit 323 euros, un Polonais 220 euros et un Espagnol 90 euros. Huffington Post 07/02/13.


 

L’UE disparaît des nouveaux programmes de l'EN pour répondre à ceux qui craignent que leur contenu donne une vision trop favorable de l’intégration européenne”... toutes références économique ou politique à l’UE ont été effacées... Le gouvernement considère l’UE comme un bloc politique et économique qui ne doit pas être inclus dans les cours de géographie.The Daily Telegraph presseurop 08/02/13.

 

 

Que faut-il retenir de l'accord qui régira l'UE jusqu'à la fin de la décennie ? D'abord, la première baisse d'un budget pluriannuel dans l'histoire de l'UE, illustrant le regain d'euroscepticisme sur le continent. En second lieu, la préservation des intérêts nationaux, ce qui correspond peu ou prou à la même chose.
François Hollande a donc sauvé les meubles, enfin les bijoux de famille français, avec le maintien de la PAC. Huffington Post 08/02/13.

 

 

 

TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit TOUIT touit

 


126 députés de droite ont disparu au moment du vote sur le "mariage". Combien étaient là pour légaliser l'inceste/la polygamie proposés ? 05/02/13.


 

Dialogue français ou européen au Parlement européen ? 7 des 11 députés qui ont interpellé F. Hollande, étaient français ! 05/02/13


 

Montebourg n'y a pas pensé ! Investir dans les claques et comme à Augsbourg (Bavière), offrir des emplois aux jeunes femmes ! 06/02/13 

 


Le gouvernement britannique, de droite ; envisage une séparation des activités de marché et de détail en 2014. 07/02/13

 

 

Le gouvernement allemand, de droite, veut imposer aux banques de séparer leurs activités à risque des activités de dépôt et de crédit…*07/02/13

 


En Finlande, l'ancien président de la banque centrale prévoit de de séparer banques d'investissement et banques de dépôt... 07/02/13

 


En France, un gouvernement de gauche, prétend que ce n'est pas possible... 07/02/13.

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Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 07:24

 

Dans son discours de Londres, David Cameron a annoncé que le peuple britannique serait consulté sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne d'ici 2017. On ne peut que se féliciter qu'un gouvernement consulte son peuple sur l'UE. C'est si rare. Et si la question et les débats sont clairs, si on tient compte des résultats du vote, ce sera exceptionnel.

Pour le moment, cela apparaît d'abord comme une manœuvre pour gagner les élections législatives de 2015. Car David Cameron consultera le peuple britannique après ces élections. Or, pour les gagner, il a absolument besoin de l'appui de l'UKIP (United Kingdom Indipendence Party), parti antieuropéen qui a fait une percée significative lors des dernières partielles.

S'il gagne les élections, le référendum aura lieu... avant 2017. Mais après négociation avec l'UE pour s'attaquer à l'unité européenne et la pousser plus encore à être une zone de libre-échange, lignes constantes de la politique britannique.

 

N'ayant pas participé aux premiers pas de l'unité européenne et devant un certain succès, imprévu, de cette entreprise qui réunissait Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas (1957), les Britanniques ont tenté de la contrer en créant l'Association européenne de libre échange (AELE), en 1960, avec le Danemark, la Norvège, la Suisse, le Portugal, l'Autriche et la Suède, formant une Zone de Libre Échange sans barrière extérieure commune. Sans grand succès !

Ils se sont donc résolus à présenter leur candidature, refusée par de Gaulle, à deux reprises, 1963 et 1967, bien que, lui aussi, défavorable à une Europe supranationale, mais méfiant devant l'atlantisme du R-U. Qui a finalement adhéré en 1973 avec l'Irlande et la Suède.

Dès lors, sa politique a consisté à freiner tout approfondissement de l'union, notamment en poussant à l'élargissement. A saper toute solidarité (I want my money back). A revendiquer le droit de retrait (opting out) de l'application des décisions communautaires.
Façon habile d'influencer les décisions sans s'y soumettre : dedans pour les négociations, dehors pour l'application des décisions.

 

Dans sa volonté d'avancer dans la libéralisation de la zone euro, Angela Merkel veut mettre en place, sous sa férule, avec la complicité de certains gouvernements une coordination plus étroite des politiques pour forcer le peuples à accepter l'austérité, la flexibilité... Devant les difficultés dans les prises de décision à 27, demain à 28, certains proposent des « coopérations renforcées». Ce qui ne plaît pas à Londres..

 

Mais, hors zone euro, pour mener la même politique économique, il n'est étonnant que Angela Merkel ait déjà parlé de « fair compromise » avec David Cameron. La politique est la même si les moyens sont différents.

 

La crise et son traitement libéral entraînent la grogne dans tous les peuples de l'UE qui se traduit par une montée des populismes dans les partis d'opposition mais aussi de gouvernement. Jouant sur ce repli national, David Cameron propose la rétrocession des compétences de Bruxelles à Londres et veut réduire le budget de l’UE.

 

Le référendum britannique est une menace de sortie de l'UE si certaines revendications de Londres ne sont pas satisfaites. Il y a fort à parier qu'elles le seront (« fair comproise »). Londres obtiendra encore des reculs, des ajournements, des exceptions non dans sa participation aux décisions mais dans ses engagements. Et restera au sein de l'UE. David Cameron l'a dit. Il souhaite " une Europe plus compétitive, plus ouverte et plus flexible ». Angela Merkel aussi. Dans laquelle le R-U aurait pleinement sa place ! Il veut seulement réussir à 27 ce que Londres n'a pu réaliser avec l'AELE.

Faire de l'UE simplement une zone de libre échange.

 

A moins que ceux qui sont pour une Europe de la croissance durable et solidaire ne se fassent entendre. Mais en France, la finance ennemie, c'était l'an dernier. Et ailleurs, les gouvernements sont plus tentés par le populisme que par la solidarité.

 

A moins que la colère des peuples réussisse à se faire entendre. Que les peuples refusent de subir le néolibéralisme, l'austérité, la flexibilité, sous la forme européiste (Angela Merkel) ou à la sauce antieuropéenne (David Cameron, populistes).

Tous ensemble.

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Published by Paul ORIOL - dans Europe
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