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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 13:20

Ce film (1), librement inspirée d’une histoire vraie relatée par Gérard Noiriel, fait revivre le premier artiste noir qui a conquis une certaine célébrité, à Paris, au tournant des 19° et 20° siècles puis est tombé dans l'oubli.


 

CHOCOLAT,  une homme oublié

A travers son scénario, ses dialogues, le jeu des acteurs, le film de Roschdy ZEM donne à voir l’état de la France à cette époque, 1897-1917, des limites qu’elle oppose à un Noir qui a quelques ambitions pour sortir de la place, limitée, qui lui est accordée quelle que soit sa valeur personnelle.

C’est l’époque de l’empire français, sur lequel le soleil ne se couche jamais, qui étale, avec bonne conscience, sa suffisance civilisatrice lors de l’Exposition coloniale avec son zoo humain… Une époque où triomphe un racisme polymorphe qui s’exprime dans le film, sous toutes ses facettes, depuis le racisme inconscient, pourquoi le clown noir s’appelait-il Chocolat et son partenaire blanc Footit et non farine ou pot de chambre comme le suggère sa petite amie du moment ? Jusqu’au racisme le plus dur, les policiers qui le passent au balais brosse sous un jet d’eau pour lui montrer que, quoi qu’il fasse, il ne sera jamais qu’un négro. En passant par le racisme bon enfant dont, astucieux, il sait se sortir grâce à son intelligence et ses bons mots.

Trois Noirs sont aperçus dans le film, tous trois sont assignés, enfermés dans un lieu précis : l’un en prison, pour idées subversives, qui préfère regagner Haïti, après avoir tâté du Paris de Liberté, Égalité Fraternité ; l’autre, temporairement, dans une case du zoo humain avant d’être renvoyé quelque part en Afrique, qui interpelle Chocolat dans une langue qu’il ne comprend pas ; Chocolat, clown sur la piste du cirque, le plus favorisé, contesté par les deux autres, le plus intégré, dans un rôle dont il ne sortira que pour son malheur.

Preuve d’une renommée certaine, une séquence du film montre le duo, Footit-Chocolat, filmé par les frères Lumières. Ce film, une séquence de 50 secondes, longueur maximale autorisée à l’époque par la technique des frères Lumières, est projetée à la fin du film (2).

La gloire acquise, dans un rôle assigné, clown de cirque, lui donne l’idée de faire du théâtre. Et il se sert du préjugé racial pour revendiquer le rôle d’Othello : qui d’autre que moi peut jouer Othello avec autant de réalisme. Paradoxalement, il veut incarner un Noir au théâtre pour ouvrir une brèche, comme le lui a soufflé Victor, le Haïtien, pour changer de peau… pour devenir aussi blanc que les blancs, pour échapper à la malédiction d’être né fils d’esclave.
Oubliant que l’art de l’acteur n’est pas d’être mais de paraître, de créer, que dans la tradition théâtrale les acteurs pouvaient avoir des masques, que les hommes ont longtemps joué des rôles féminins ou inversement, à l’époque de Chocolat, avec Sarah Bernhardt jouant Hamlet… Mais surtout que, si l‘époque pouvait faire une gloire à un Noir qui jouait les faire-valoir, à qui on bottait les fesses tous les soirs, qui faisait des grimaces et roulait de gros yeux, elle n’était pas prête à voir un Noir, incarner un personnage, même noir, du répertoire, quel que soit son talent d’acteur.

Le film ne fait pas seulement le portrait dénonciateur d’une société, d’une époque. Il montre aussi que Rafaël – Kananga - Chocolat est un homme complexe qui a une histoire avant, pendant et après la gloire : Rafaël, fils d’esclave ayant vu son père humilié à Cuba, Kananga, cannibale de cirque, aimé d’une jeune écuyère qu’il oublie dès qu’il arrive à Paris et qui, devenu le grand Chocolat, découvre la vie facile, les femmes, l’alcool et même le laudanum, et le luxe, tout ce que l’argent gagné peut lui procurer. Mais aussi, qui aime les enfants et est aimé d’eux. Qui aime, est aimé par celle qui l’aide à réaliser son rêve et le soutien contre amis et famille. Qui finit par se révolter contre son maître, celui qui lui a tout appris, celui qui ne l’abandonnera pas, celui qui l’aime d’amour ce dont il ne s’apercevra jamais.

Dans le film, certaines scènes semblent se répéter avec un éclairage différent.
Les gendarmes viennent dans le petit cirque : Kananga, sans papier, se cache sous une roulotte et ne voit plus son ami Georges que de pieds à la taille comme l’enfant Rafaël avait vu les gardes et leur fouet dans le champ de canne. Fausse alerte.
Mais quand, la police, vient
contrôler ses papiers devant le Nouveau Cirque. Le maintenant célèbre Chocolat leur demande s’ils viennent pour un autographe dans une image en contre plongée qui montre bien qu’il est, désormais, sûr de lui-même. Un peu trop. Il se retrouve en prison.
C’est l’enfant qui, timidement, touche son visage pour vérifier si sa couleur de peau n’est pas un maquillage pendant que Chocolat signe un autographe d’une écriture incertaine… Geste qu’il reproduit au Grand Cirque auprès d’un clown concurrent pour signifier son authenticité.

Il finit par reconnaître qu’il a été chocolat, qu’il n’a pas réussi à changer de peau, à être ce qu’il ambitionnait d’être mais que son nom était finalement Chocolat, celui d’un grand clown.

CHOCOLAT,  une homme oublié

1 – Chocolat, de Roschdy ZEM, 2016, 110 mn. S'inspire librement du livre Chocolat, clown nègre : l'histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française de Gérard Noiriel, Bayard 2012. Interprètes principaux Omar SY (Rafaël Padilla dit Kananga puis Chocolat), Jammes Thierrée (Georges Footit), Clotilde Hesme (Marie).

2 – Lumière ! l’aventure commence, de Thierry Frémaux, 2017, 90 min. Ce film présente 108 films de 50 secondes sur plus de 1 000 tournés entre 1895 et 1905 par les frères Lumière et leurs opérateurs dans le monde.

NB : article proposé à Agoravox. On trouvera sur ce blog un article plus détaillé sur le même sujet.

CHOCOLAT,  une homme oublié
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Published by Paul ORIOL - dans Cinéma Racisme
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 20:34

La nation dans tous ces États

 

La question de la nation est sur la scène politique, impulsée, depuis des années, par le nationalisme de l’extrême droite, relayée par la droite. Une partie de la gauche, par conviction nationaliste ou par calcul électoral, court derrière.

Beaucoup à gauche ont quelque peine, aujourd’hui, à assumer l’idée de nation, ce qui n’a pas toujours été le cas. Ils ont abandonné la nation à sa dérive nationaliste et ont voulu la déconstruire, la nier, au profit de la lutte des classes.

 

La nation dans tous ces États

Les prolétaires n’ont pas de patrie. La nation, le sentiment national, le récit national n’existent pas ou n’ont pas lieu d’être. La nation n’est qu’une construction historique. Bien sûr, la nation, et surtout l’État-nation, sont des constructions historiques. La nation n’a pas toujours existé et, telle quelle, n’existera pas toujours. Comme toute institution, l'État-nation est une construction, elle existe. Historique, elle existe aujourd’hui.


En 1945, 51 États ont participé à la fondation de l’Organisation Nations Unies qui devrait plutôt se nommer Organisations des États Unis (mais le terme était déjà pris). L’ONU en comprend, aujourd’hui, près de 200 et cette multiplication devrait continuer en application du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. De nombreux peuples ont obtenu, souvent avec l’appui de la gauche, la reconnaissance de leur État, de leur État nation, d’autres espèrent y parvenir un jour, y compris en Europe.


A côté des États nations, certains États fédéraux font preuve de stabilité comme la Suisse - 26 cantons, 4 langues officielles – ou l’Inde - 29 États, 23 langues… Dautres États, parfois anciens, semblent avoir des difficultés à perdurer en l’état mais ce n’est pas pour disparaître, simplement, dans le néant... Ils risquent d’être démembrés pour donner naissance à d’autres États nations. Ainsi, l’Espagne, agitée par des volontés séparatistes voulant devenir de nouveaux États nations : Catalogne, Euskadi. Au Royaume-Uni, l’Écosse a échoué de peu au dernier référendum et relance la question à l’occasion du Brexit. La Belgique est en proie à des tentations séparatistes...
Dans le monde, existent de nombreux peuples sans État…


L’État nation est une construction… encore en expansion numérique, d’une certaine façon, on pourrait dire qu’il y a, à ce jour, une tendance à la mondialisation de l’État nation. Même si, à l’avenir, la mondialisation peut le mettre en cause au moins dans sa forme actuelle.


Les constructions historiques supranationales comme l’Union soviétique, la Yougoslavie, la Fédération du Mali, la République arabe unie… ont eu une existence relativement éphémère. Aujourd’hui, l’Union européenne, non aboutie, est mal en point. Avec le Brexit d’abord, avec la montée des nationalismes à l’intérieur de ses différentes composantes. Elle semble plus fragile que bien des États qui la composent… et dont certains lui doivent, en partie, leur existence ou leur renaissance.


Il fut un temps où certains opposaient nation et lutte des classes. Pour nombre de partisans de la lutte des classe, la nation n’existait pas ou était un moment éphémère à dépasser. Ce qui a joué dans le soutien à la patrie du socialisme contre les revendications nationales et dans le retard à reconnaître le moment historique des luttes de libération nationale : elles auraient dû attendre mais ont atteint leur but avant la révolution socialiste libératrice dans les métropoles qui devait leur ouvrir la voie


Plus habiles, ceux qui opposaient contradiction principale et contradiction secondaire, avec l’avantage de pouvoir changer suivant les circonstances. Les révolutionnaires ont essayé d’utiliser les luttes nationales pour déboucher sur le socialisme. Dans les faits, c’est plutôt le nationalisme qui a profité de l’aide des pays et des militants souvent communistes qui l’ont quelquefois payé cher. Les pays sont devenus indépendants, ils sont souvent passé, au moins verbalement, par une période socialiste mais les conditions sociales des couches les plus exploitées ont peu évolué.
L
a domination étrangère, coloniale, a été remplacée par des dominants nationaux souvent soutenus de l’extérieur.

Dans les nouveaux États nations comme dans les anciens, les rapports sociaux, dominants-dominés, sont peu différents. Qu’on l’appelle domination de classe, opposition compétents-exécutants, élites-masses populaires..., la division de la société entre ceux d’en haut et ceux d’en bas demeure.


Ce rapport de domination existe aussi au niveau international : La Lutte des classes existe, nous l’avons gagnée, énonce Warren Buffett, troisième homme le plus riche du monde. En effet, il existe, malheureusement, une internationale des capitaux, des dominants, Davos peut en être le symbole.
Il n’existe pas une internationale des dominés qui soit capable de faire face. Mais des structures internationales cache-misère et des initiatives qui ont peine à déboucher malgré quelques succès ponctuels.


Il en est de même au niveau européen. Les institutions européennes sont aux mains des forces dominantes et de leurs groupes de pression organisés, structurellement. Il n’existe pas de véritable parti ou syndicat européens – la Confédération européenne des syndicats est inaudible. Dans l’Union européenne, les contestations, nombreuses, sont surtout organisées au niveau national et, de plus en plus, avec une connotation nationaliste.
La naissance et le développement de Syriza a pu susciter quelques rencontres d’espoir et quelques manifestations de soutien. Au moment de l’épreuve de force, face à l’étouffement organisé par la troïka, le mouvement populaire est resté étrangement insuffisant à l’échelle européenne.


L’organisation européenne des droites nationalistes serait-elle plus avancée - réunion de Coblence - que celle des syndicats ou des partis de gauche, internationalistes ?


L’État nation est le seul lieu où s’exerce une démocratie incomplète, discutable, locale, régionale, nationale. Les démocraties populaires n’ont pas fait leur preuve. Pour le moment, il n’est rien de mieux que cette démocratie incertaine même si elle est fortement biaisée par des inégalités croissantes aux niveaux économique, social, culturel... La règle est une personne, une voix mais le poids des personnes ne se résume pas au bulletin de vote. Certains n’ont pas besoin de voter pour peser sur les décisions grâce aux moyens matériels et immatériels dont ils disposent… Renforcé par l’organisation institutionnelle de l’Union européenne, structure de démocratie indirecte, voulue par les gouvernements des États membres...


La nation est un lieu d’homogénéisation culturelle, linguistique (homogénéisation de la langue nationale, parfois contre d’autres langues), nationalisation de la société. Cette homogénéisation peut rencontrer des difficultés avec des populations nouvellement arrivées, être en conflit avec des entités locales, régionales – qui revendiquent leur droit à l‘existence culturelle ou même étatique au nom du principe des nationalités. Elle peut être menacée par des tendances supranationales, Europe, mondialisation. Mais cette homogénéisation permet d’assurer le vivre ensemble dans une société relativement pacifiée et un fonctionnement institutionnel dans le respect de certaines règles.


C’est aussi le lieu le plus important de solidarité institutionnelle. Certes la solidarité familiale n’est pas négligeable. Mais la solidarité institutionnelle est essentiellement nationale, solidarité entre communes, départements, régions, même si, à ce niveau, l’Union européenne joue un certain rôle. Solidarité nationale surtout entre individus et générations, solidarité de plus en plus attaquée par la mise en question de tout le système de protection sociale : sécurité sociale, allocations diverses, retraites, chômage… Par sa privatisation, par l’internationalisation de la finance et des assurances et au niveau idéologique.


En France, pour l’Insee, la part des dépenses socialisées dans la consommation des ménages s’élevait à 25 % en 2015. Beaucoup plus dans des secteurs essentiels, aux trois quarts pour les dépenses liées à la santé et lenseignement est financé à 90 % par l’État…


Cette homogénéisation de la nation peut, aussi, être dangereuse si elle est dévoyée dans sa forme nationaliste ce qui a malheureusement souvent été le cas. Quand elle s’éloigne de la légitime satisfaction d’être à la prétention d’être supérieure à toutes les autres : ce qui a été porté à son paroxysme par le nazisme sur le plan intérieur et sur le plan extérieur. Ou quand ce nationalisme a détourné un universalisme proclamé pour exporter la civilisation et la construction d’un empire colonial hier ou promouvoir, aujourd’hui, une politique d’exclusion à l’intérieur : liberté, égalité, fraternité confinées à une partie de la population. Qui divise les couches sociales les plus défavorisées et les entraîne dans des affrontements fratricides.


Faute de proposer un avenir solidaire à tous, l’extrême droite divise en offrant à ceux qui souffrent un exutoire illusoire mais qui assure la poursuite de son développement. Pour paraphraser un ancien président de États-Unis si, faute d’ennemi extérieur vous pouvez convaincre l’homme blanc... qu’il vaut mieux que l’homme de couleur le plus talentueux, de grands espoirs vous sont permis.


La nation a eu de multiples définitions mais c’est, probablement, le sentiment d’appartenance qui la définit le mieux. Or le sentiment d'appartenance à la nation française s'affirme régulièrement au fil des générations, y compris chez les enfants de l’immigration - 93 % d’entre eux se sentent Français d’après l’Insee (Figaro 08/01/16). Mais si la solidarité nationale se délite, elle risque d’être remplacée par d’autres solidarités dangereuses pour l’avenir.
La glorification dangereuse de l'État nation et l'appâtage des minorités qui va avec, libèrent une énergie antidémocratique.

La nation dans tous ces États

Lors de la Conférence de Paris sur le climat, 195 États ont pris, à l’unanimité, des décisions pour faire face au réchauffement climatique. Devant le risque que court l’espèce humaine dans sa survie sur la planète, pour la première fois, ils n’ont pas regardé ailleurs, même si ces décisions peuvent paraître insuffisantes et encore plus leur suivi qui risque fort de ne pas être à la hauteur.


La forme État nation étant la construction historique, pour le moment, la plus répandue, il reste à dire quelle place, quel rôle on veut lui attribuer dans la situation actuelle. Si l’on considère que la question fondamentale aujourd’hui est le dérèglement climatique, l’organisation de la vie de 10 milliards de personnes dans un espace planétaire limitée, avec des ressources limitées dont l’exploitation peut être catastrophique, ce n’est pas un État aussi puissant soit-il ou quelques États qui pourront apporter une réponse efficace.


Cette question ne peut être résolue à l’échelle nationale. Une solution au niveau international, mondial est, évidemment nécessaire.


Dans cette optique, les États nations ont, encore, un rôle fondamental à jouer. Dans le cadre d’institutions telles que l’Organisation des nations unies qui pourrait organiser une réponse cohérente, mondiale dans le respect d’une mondialisation des États-nations, de leurs particularismes qui n’entacheraient pas la poursuite du but commun et qui font le sel de la vie.
A défaut, il est à craindre que particularismes nationaux et démocratie soient peu ménagés par une dérive autoritaire généralisée au nom d’une efficacité nécessaire pour la survie.


Le non respect de la démocratie et de la diversité risque d’entraîner des coûts en vies humaines, déplacements de populations, affrontements, qui viendraient s’ajouter à ceux d’un dérèglement climatique qu’il serait encore plus difficile de juguler.

La nation dans tous ces États
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:11

Laïcité, ensemble

 

 

Laïcité, ensemble

La laïcité, délaissée depuis longtemps par la gauche, a été reprise par ceux qui la combattaient, la droite et l’extrême droite, pour en faire une arme d’exclusion, contre les musulmans.

Article 2 de la Constitution de 1958 : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances…

Sans être juridiquement définie, la laïcité repose sur quelques principes : liberté de conscience, liberté de croire ou non, d’avoir une religion ou non, séparation du pouvoir spirituel et temporel, des Églises et de l’État, refus de la domination de la religion sur la société, neutralité de l'État à l'égard des confessions religieuses.

Le mot laïc est apparu au Moyen Âge pour désigner l'homme du commun non instruit dans la religion, ni clerc, ni religieux. Mais l'idée de laïcité a des sources lointaines, chez les philosophes grecs et romains et même chez Averroès, Ibn Roched, philosophe et théologien musulman du douzième siècle. Certains considèrent qu’elle peut être déduite de l’Évangile selon Marc 12:17 : Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.
A Rome, les empereurs étant considérés comme des dieux, les chrétiens reconnaissaient son pouvoir temporel et non son pouvoir religieux, forme de laïcité qui leur a valu quelques persécutions jusqu’à la conversion de l’empereur ce qui a renversé la situation.

La laïcité n’est pas une invention, une exclusivité françaises, même s’il est souvent dit que cette notion est intraduisible dans de nombreuses langues. Elle a pris, ailleurs, d’autres formes. Mais elle a été et demeure, en France, l’objet d’un long combat… contre la domination de l’Église catholique sur l’État et la société.
Le débat actuel sur la laïcité ne peut s’abstraire de cette histoire et se résumer à la séparation des Églises et de l’État et au statut scolaire qui ont été plus ou moins stabilisés en fonction du rapport des forces à un moment donné. Et qui peut, à tout moment, être modifié, brutalement ou à la marge, en fonction de nouvelles situations. L’Histoire ne s’arrête pas à la fin du dix-neuvième, début du vingtième siècle.

 

Laïcité, ensemble

En France, comme dans bien des pays européens, pendant des siècles, l’Église a exigé la soumission à l’autorité divine. A sa propre autorité. Les rois étaient de droit divin, représentants de Dieu sur terre, leur pouvoir venait de l’Église ou, au moins, était consacré par elle… Cette alliance du trône et de l’autel est bien illustrée par le sacre des rois de France dans la cathédrale de Reims du huitième au dix-neuvième siècle : trente-trois rois en un peu plus de 1000 ans. Leur autorité était liée. Même si ce n’était pas toujours sans conflit.

Napoléon mit les choses au point pour son sacre qui eut lieu à Notre-Dame de Paris, en 1804. Il se couronnerait lui-même et... le pape donnerait seulement sa bénédiction… Après s'être couronné lui-même, Napoléon couronna Joséphine... Le pape durant toute la cérémonie eut toujours un peu l'air d'une victime résignée, mais résignée noblement.

Laïcité, ensemble

Pour la période moderne, c’est au dix-huitième siècle qu’est fortement contestée, notamment par d’Alembert, l'abus de l'autorité spirituelle réunie à la temporelle. Et, si les mots laïcité, laïciser..., sont des mots de la Troisième République, les choses sérieuses ont commencé bien avant et sont devenues très concrètes avec la Révolution de 1789. Décapiter le Roi n’était pas un simple meurtre familial, comme il y en avait eu ici ou là, mais la suppression d’un roi de droit divin, non remplacé, et du pouvoir de l’Église catholique, par la même occasion. Remplacement de la loi divine par la loi des hommes.

D’autres décisions, moins sanglantes mais tout aussi traumatisantes, allaient dans le même sens : déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, abolition des privilèges (1789), proclamation de la liberté de culte, mariage comme contrat civil (1791), laïcisation de l’État civil - alors que, depuis le seizième siècle, baptêmes, mariages et décès étaient inscrits sur les registres paroissiaux - autorisation du divorce dans certaines conditions (1792), calendrier républicain (1793, aboli en 1806 par Napoléon)...
Cela ne s’est pas fait sans résistance de la part de l’Église. Durant l’été 1793, deux lois sont adoptées contre les prêtres qui s’opposeraient à l’état civil et à la loi sur le divorce que l’Église condamne. En 1801, une loi interdit aux prêtres de célébrer le mariage religieux avant le mariage civil...

Après des péripéties diverses, c’est sous la Troisième République que la laïcité reprend sa progression : suppression du repos dominical obligatoire (1879), sécularisation des cimetières (1881), loi Jules Ferry sur l’instruction publique obligatoire (1882), suppression des prières publiques parlementaires (1884), académiques (1875-1886), judiciaires (1883-1900), loi de séparation des Églises et de l’État (1905) : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes… ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte... sauf pour des dépenses relatives à des exercices d’aumônerie.
En 1905, l’Alsace-Moselle était sous autorité allemande. De ce fait, c’est toujours le concordat de 1801 qui s’y applique, à la demande des élus alsaciens, lors du rattachement à la France en 1919.


 

Laïcité, ensemble

La laïcité a été condamnée à maintes occasions par Rome (1832, 1864, 1906, 1925, 1926). Et cet équilibre, si vanté aujourd’hui par certains, est mis en question dès que les circonstances s’y prêtent.
Pendant le régime de Vichy, le cardinal Gerlier, primat des Gaules déclare : Travail, Famille, Patrie, ces trois mots sont les nôtres. La loi du 5 juillet 1904 qui interdisait aux religieux d'enseigner dans le public, est abrogée en septembre 1940 et l'enseignement privé confessionnel reçoit des subventions de l'État (400 millions de francs en 1941).

Les circonstances changent. Après 1945, la position de l’Église sur la laïcité évolue : parce qu'on ne peut demander aux Français ce qu'on exige des Espagnols » (Pie XII). Les évêques, discrédités pour une bonne part d'entre eux - pas tous, le cardinal Saliège est connu pour ses prises de position courageuses pendant l’occupation – par leur soutien au régime de Vichy ou par leur passivité, admettent le principe d'une juste laïcité.

Depuis la Libération, cette juste laïcité a été retouchée à plusieurs reprises : alors que la France se sécularise, l'aide aux écoles religieuses, les subventions déguisées aux lieux de culte et de culture augmentent. La droite n’a cessé de légiférer contre la laïcité pour renforcer l’école privée, catholique essentiellement : décret Poinso-Chapuis (1948), lois Marie (1951), Barangé (1951), Debré (1959), Guermeur (1977). Législation jamais remise en cause…
En 2004, l’extrême droite et la droite découvrent et reprennent à leur compte la laïcité pour faire adopter, à une forte majorité, la loi qui interdit le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse : en fait, le port du voile par de jeunes musulmanes à l’école. Elle sera suivie, en 2010, par la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

La gauche s’est alors divisée entre ceux qui ont approuvé cette loi, pour qui c’était une loi en faveur de la laïcité à l’école, même si elle était présentée par la droite.
Et ceux qui voyaient là essentiellement une loi contre les musulmans, un ersatz de racisme. Parce qu’ils avaient abandonné le combat laïque et n’osaient pas le rependre contre l’islam sur les pas de la droite. Parce qu’ils avaient été incapables de mener à bien la décolonisation. Par paternalisme, faute d’avoir su faire l’unité des travailleurs exploités, de ceux qui croient au ciel et de ceux qui n’y croient pas. Par solidarité avec une partie de la population une fois de plus stigmatisée.

La lutte pour ou contre la laïcité ne se limite pas au vote d’une loi. Elle se continue avec des déclarations comme celles de Nicolas Sarkozy, président de la République, donnant sa version d’une laïcité ouverte et positive en affirmant que dans la transmission des valeurs […] l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. Suivi récemment par son ancien collaborateur qui a utilisé sa foi chrétienne pour authentifier une fibre sociale publiquement discutée – faut-il et suffit-il d’être chrétien pour être social de façon insoupçonnable ? - et, par la même occasion, faire un appel communautariste à l’électorat catholique.

Entendons-nous bien. Un citoyen a le droit, peut-être aussi le devoir, de militer en fonction de ses croyances. François Fillon comme tout autre. Il est plus contestable de suggérer qu’à défaut de foi, il serait difficile d’être social. Il est tout autant discutable de faire campagne en avançant sa foi chrétienne, si on s’oppose à ce que d’autres le fassent en fonction d’une foi différente.
Une telle démarche préfigure une organisation de la vie politique, en fonction des appartenances religieuses et met en question non seulement la laïcité mais aussi le
vivre ensemble. Surtout au moment où Fr. Fillon semble s’aligner sur les positions les plus rétrogrades d’une partie des catholiques français réunis dans la Manifestation pour tous ou Sens commun.

Il faut remarquer une différence fondamentale entre manifester pour le droit à… et manifester contre le droit à… Dans le droit à l’avortement ou au suicide assisté, il ne s’agit en rien d’obliger qui que ce soit à faire quoi que ce soit. Seulement une liberté nouvelle adoptée majoritairement. Ceux, celles qui ne veulent pas utiliser la possibilité ouverte par la loi, n’ont aucune contrainte. Leur liberté est et doit être totalement respectée.
Être contre le droit à…, c’est vouloir limiter la liberté d’autrui. Pourquoi veulent-ils limiter la liberté de ceux qui ne pensent pas comme eux et qui ne leur font aucun tort ?
Tout simplement parce qu’ils veulent mettre la loi divine – leur loi divine, proclamée et interprétée par eux – au dessus de la loi des hommes, démocratiquement adoptée.

La laïcité, c’est aussi cela. Ouvrir au maximum la liberté de chacun tant qu’elle n’empiète pas sur la liberté des autres.

 

François Fillon a déclaré Je suis gaulliste et de surcroît, je suis chrétien. On voit mal de Gaulle, tout aussi gaulliste et chrétien, qui allait à la messe tous les dimanches sans que quiconque y trouvât à redire, faire une telle déclaration ! Des personnalités chrétiennes et/ou de droite se sont étonnés d’une telle déclaration.
Ainsi, le député Les Républicains, Henri Guaino : Répondre à une question sur sa foi et ne pas avoir honte de répondre est une chose, mais en faire un argument électoral me pose un vrai problème.
François Bayrou, connu comme catholique et démocrate chrétien : Je connais François Fillon depuis longtemps, je ne l'ai jamais vu faire de déclaration de cet ordre. Ça doit être lié aux élections d'une manière ou d'une autre, à ce qu'on croit être un corps électoral, et je me refuse à regarder les croyants comme un corps électoral, les athées comme un corps électoral, les agnostiques comme un corps électoral, je ne comprends pas qu'on se laisse aller à ce type de dérive-là, je trouve qu'il faut mettre un terme à ces mélanges déplacés (...) On a l'impression qu'on en est à un point, en raison d'un certain nombre de dérives, où on considère que tout doit être l'objet d'une instrumentalisation politique.

 

Laïcité, ensemble

Dans la situation actuelle, il est difficile de parler de laïcité sans avoir une immédiate montée aux extrêmes quelquefois à front renversé.

D’un coté, il y a ceux qui veulent voir dans la laïcité un rempart contre l’islam au nom de la lutte contre l’islamisme, le djihadisme, le terrorisme islamique. Ceux qui veulent profiter du moment pour défendre la France éternelle, fille aînée de l’Église, l’occident chrétien et même l’occident judéo-chrétien depuis peu. Après la Shoah et près de 2000 ans d’antisémitisme chrétien. S’ajoutent à ceux-ci, les réalistes de gauche qui courent après la droite pour combattre l’extrême droite sur son terrain : sécurité et laïcité.

De l’autre ceux qui espèrent un retour du religieux. Qui, récemment ou depuis toujours, veulent des accommodements raisonnables de la laïcité, toujours plus raisonnables, toujours dans le même sens. Qui utilisent toutes les occasions de revenir en arrière, comme les différentes lois en faveur de l’école privée.
Il en est qui acceptent, difficilement, la moindre visibilité de la religion catholique dans l’espace public et qui s’engagent derrière la visibilité revendiquée par les musulmans pour ouvrir une nouvelle visibilité religieuse.

Pourtant, ce ne sont pas les laïques qui ont obligé les prêtres ou les religieuses à quitter leur uniforme. Le droit à s’habiller à leur convenance leur a été reconnu devant les tribunaux au début du vingtième siècle.
Certains milieux catholiques se sentent en porte-à-faux face à ces musulmans ou musulmanes qui s’affirment comme tels dans la rue. Ils espèrent un retour à une grande visibilité quand d’autres religions qui n’ont pas le même contentieux historique la revendiquent.

Cette sécularisation catholique de la rue – la disparition des soutanes – a probablement joué dans la perception du voile islamique des femmes musulmanes.

On a beau dire que l’islam est présent en France depuis de nombreuses années, il n’a pas participé à l’histoire de la laïcité comme les laïques et les catholiques ou même comme les protestants et les juifs. Il a pu être présent dans les interstices de la société. Et, hélas !, dans l’histoire coloniale de la France.
C’est l’augmentation significative des musulmans en France qui justifie la demande que l’islam soit considéré comme une religion de France comme les autres.
Dans cette optique, il est normal que les musulmans posent certaines revendications qui plaisent ou non et que ces revendications soient discutées pour savoir ce que la société estime acceptable ou non. Il y a là des points de vue différents qui peuvent être gérés et résolus démocratiquement.


 

Laïcité, ensemble

Si les revendications des musulmans posent problème, c’est qu’elles n’apparaissent pas dans une atmosphère apaisée. Qu’elles sont instrumentalisées politiquement de tous les cotés pour transformer des questions qui, souvent, pourraient être résolues sereinement en affrontements plus ou moins énergiques. Qu’elles sont l’occasion pour certains, pas toujours du même coté, de prolonger, de recommencer la Guerre d’Algérie. De les utiliser comme nouvelle forme de racisme. De pousser plus loin les revendications pour exacerber les oppositions.

Ainsi, la loi interdit le port du voile, comme vêtement ostentatoire, au sein des établissements scolaires. Mais reconnaît que les adultes ont le droit de se vêtir librement à condition de ne point cacher le visage.
Ce point acquis, certains ont lancé le burkini, idée remarquable qui peut être considérée comme provocatrice mais qui ne contrevient à aucune loi, ni à celle de l’hygiène, ni à celle de la pudeur, ni à la liberté pour les adultes de se vêtir à leur convenance.
Cette tenue a conduit à l’adoption de quelques arrêtés municipaux dont un pris par une municipalité qui organise sur la commune une plage naturiste. Ces arrêtés contre le burkini ont été annulés juridiquement mais ont conduit à des querelles estivales qui ne vont pas dans le sens de l’apaisement. Et qui risquent de reprendre à la prochaine saison estivale.

D’autres querelles ont déjà été soulevées qui pourraient être réglées si les interlocuteurs avaient le souci du compromis.

Désormais les repas sont souvent pris dans des cantines avec des possibilités de choix des plats. Il ne paraît pas insurmontable d’offrir la possibilité de présenter des repas sans porc ou des repas végétariens. Pendant des années les élèves et étudiants laïques ont été soumis au poisson du vendredi : l’affreux merlan du vendredi au restaurant universitaire !

 

Les tenants de la laïcité, les anciens et les nouveaux, devraient s’étonner qu’en France sur les 11 jours fériés annuels, 6 concernent des fêtes religieuses catholiques – lundis de Pâques et de Pentecôte (?), Ascension, Assomption, Toussaint, Noël (aux États-Unis et en Russie, Noël est la seule fête religieuse). Lors de l’élection présidentielle de 1981, la candidate du PSU, Huguette Bouchardeau, avait proposé que 6 jours mobiles soient mis à la disposition du travailleur qui pourrait les répartir à sa convenance, avec l’accord de l’employeur. C’était un façon laïque de respecter le libre choix des travailleurs en fonction de leurs convictions. Probablement trop simple, trop laïque… En tout cas, pas entendu en 1981, passé inaperçu.
Une telle mesure qui établirait simplement une égalité de traitement de tous, quelle que soit la religion ou l’absence de religion, ne bouleverserait pas grand-chose. Serait le signe d’une volonté d’apaisement. Mais cette proposition serait-elle acceptée sans nouvelles querelles ?

Accepter ou proposer des réformes ne veut pas dire accepter toutes les revendications. La Commission Stasi avait relevé des propositions qu’elle considérait comme acceptables ou non. Malheureusement, le gouvernement, les gouvernements, les politiques ont jugé la question résolue avec le vote de la loi sur le voile. Le reste a été envoyé aux oubliettes. La Commission avait joué son rôle. Et les questions, les solutions remises à plus tard à l’occasion d’une nouvelle montée de fièvre.

Il n’est pas possible de parler, en France, de laïcité vis à vis de l’islam comme cela s’est posé vis à vis de l’Église catholique. L’islam dans le monde est tout aussi opposé à la laïcité que l’était le catholicisme. Mais sa force, en France, n’est pas la même. Il n’en demeure pas moins que certaines revendications avancées par certains musulmans en France sont difficilement admissibles. La condamnation du blasphème ou de l’apostasie est un problème interne à l’islam tant qu’elle ne se traduit pas par des actes contraires à la loi. Le statut de la femme ne concerne pas seulement les musulmanes et le port du voile. Certains comportements – refus de serrer la main, refus d’être soigné par une personne d’un autre sexe - n’enfreignent en rien les lois sur la séparation des Églises et de l’État ou la laïcité de l’école encore que ce soit différent quand il s’agit du refus de reconnaître la supériorité hiérarchique d’une femme, enseignante par exemple, refus de certains cours, de la mixité… Elles n’en demeurent pas moins inacceptables.

Dans cette bataille autour de la laïcité, il est étonnant de voir que certains qui sont en pointe pour revendiquer une laïcité appliquée, quelquefois de façon abusive, aux musulmans de France, sont alliés avec les autorités de pays qui imposent à leur peuple les contraintes religieuses les plus strictes. Il est vrai que ces pays ont des ressources qui leur permettent d’acheter des armes, de faire des investissements et même de financer les tendances les plus intégristes de l’islam.

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 20:12

Guerres du Vietnam et d’Algérie
Deux films

 

Guerres du Vietnam et d’Algérie Deux films

Vus par hasard à trois jours d’intervalle, deux films bien différents sur les guerres des États-Unis au Vietnam par un cinéaste étasunien (1) et de la France en Algérie par un cinéaste français (2).

Le premier est un film de guerre, classique, qui raconte un épisode d’après un fait réel qui s’est déroule en 1966.
Dans un bus, un homme jeune dévisage une jeune asiatique et s'endort.
Il se retrouve dans la guerre du Vietnam. Une permission de sortie ayant été refusée, son supérieur, un sergent, avec trois de ses hommes, enlève une jeune fille dans le but de la violer. Le héros du film ne cesse d'exprimer son désaccord jusqu'à se mettre en danger. Après qu’elle a été violée et blessée, il tente de la soigner mais ne peut la libérer. Au cours d’une attaque contre un groupe vietcong, ils l’assassinent. Le héros du film dénonce ces crimes malgré les tentatives de dissuasion de son commandement hiérarchique. Le sergent et ses complices sont condamnés en cour martiale.
Il
se réveille dans le bus et revoit la jeune asiatique qui a suscité ce retour dans le passé. Vous avez fait un cauchemar mais je pense que c'est terminé maintenant, dit-elle.
C’est la dernière phrase du film. Mais ce n’est terminé ni pour ceux qui ont été au Vietnam, ni pour ceux qui ont été en Algérie.

Le second est un documentaire fait d’entretiens avec des hommes qui, entre 1954 et 1962, ont participé à la Guerre d’Algérie, qui ont connu les tortures, les corvées de bois (exécutions sommaires de prisonniers lors de fuites simulées)… qui n’ont pu oublier et qui, au moment de toucher la retraite d’ancien combattant, décident, enfin, de parler et de donner leur retraite à des associations algériennes. A l’occasion de retours en Algérie, ils retrouvent des anciens combattants de l’autre bord et essaient de nouer une solidarité fraternelle.

 

Guerres du Vietnam et d’Algérie Deux films

Les films étasuniens qui sont arrivés jusqu’ici et qui dénoncent la guerre du Vietnam sont bien plus nombreux que les films français sur la guerre d’Algérie. Les deux films ci-dessus montrent les difficultés que rencontrent ces jeunes de 20 ans mis dans des situations impossibles. Et tout le monde connaît les dégâts que cela a pu entraîner sur des générations. Le cas des Vétérans a été maintes fois signalé. Les témoignages en France sont plus rares, les appelés se sont très souvent enfermés dans le silence.

Les deux films parlent de responsabilité, de culpabilité ?, des blessures chez ceux qui ont participé à ces guerres mais de façon différente. Dans Casualties of War, il s’agit de jeunes engagés et l’épisode décrit est celui d’un sergent qui entraîne ses subordonnés dans une action criminelle. Dont un soldat au nom hispanique, probablement catholique qui avait promis de refuser. Par l’action du héros, luthérien, avec l’aide d’un aumônier méthodiste, le groupe sera condamné malgré les réticences de la hiérarchie, par le tribunal militaire.

Le héros du film n’a pu sauver la jeune vietnamienne. Celle qu’il voit dans le bus est-elle un reproche muet de son impuissance ? Par qui a-t-elle été sauvée ? Par l’État qui lui permet de faire des études sur un beau campus ? L’État sort totalement indemne de ce film.

Dans Retour en Algérie, il ne s’agit pas d’une bavure mais de pratiques couvertes, assumées par une hiérarchie, dénoncées seulement par le général Jacques de Bollardière (dont la femme témoigne dans le film), mis aux arrêts et condamné à 60 jours de forteresse. Il n’a jamais été réhabilité.
Pourtant
le général Massu, responsable de la bataille d’Alger, des années plus tard, a reconnu : on aurait dû faire autrement.

C’est ce que des milliers d’appelés ont essayé de faire à l’époque (3). C’est ce que certains d’entre eux essaient de faire aujourd’hui, regroupés en association (4)


 

Guerres du Vietnam et d’Algérie Deux films

1 - Casualties of War (Outrages) de Brian de Palma,1989, 113 mn, se passe en 1966. Ce film a eu une diffusion normale.

2 – Retour en Algérie de Emmanuel Audrain, 2014, 52 mn. Ce film, produit avec l’aide de France Télévisions, n’est passé sur aucune chaîne. Il est diffusé tous les samedis à 11 heures au cinéma Luminor-Hôtel de ville à Paris pendant les mois de février et mars.

3 – Le nombre d’insoumis, déserteurs ou objecteurs de conscience est estimé à 12 000.

4 - Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre (4acg) : association fondée par 4 appelés du contingent en 2004.

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 16:17
Place Jean Ferrat

Place Jean Ferrat

L’hiver arrive.
Les arbres en bois ne font plus d’ombre malgré les rayons du soleil, sans chaleur, de novembre.

Des jeunes filles, vives, colorées, passent, légèrement vêtues malgré le froid. A leur vue, il se redresse devant la jeunesse qui le frôle, traversé par le nuage parfumé qui les accompagne, pénétré par leurs éclats de rires, étouffés ou aiguës. Une discrète amertume teinte sa salive. Ses doigts frémissent légèrement.

Elles ont disparu dans la bouche de métro. Elles ne l’ont pas vu, pas plus que son ombre. Peut-être pas plus que les autres ombres absentes de la place. La petite tornade de jeunesse s’est évanouie.
Il lutte pour que ses épaules ne s’affaissent pas à nouveau.
Il sort du nuage, reprend possession de son regard qui balaie la place, autour de lui, où les passants, chargés, venant du marché, s’égaillent, dans toutes les directions, pressés, suivant leurs possibilités, sobrement et sombrement vêtus, vers un rendez-vous essentiel et dérisoire. Ou la chaleur d’un appartement obscur.

Il traverse la place. Disparaît dans un café.

Il s’assied à la terrasse, chauffée.
A cette heure, il y a peu de monde et seul, un homme qui regarde les courses dans son journal, a une cigarette au bout des doigts de la main gauche, un crayon dans la main droite.
Plus loin, une jeune femme est plongée dans son ordinateur. Et deux jeunes discutent tout en maniant leur téléphone portable.
A coté de lui, deux femmes, énormes, âgées, probablement plus jeunes que lui, à deux tables différentes, discutent dans une langue qu’il ne comprend pas.

La serveuse dépose, sans rien dire, un jus d’orange pressée, un chocolat chaud, une tartine. A l’abri du froid et du bruit de la rue, il prend un journal du matin, sort son crayon, se plonge dans les mots croisés. Hors du monde.

 

Place Jean Ferrat

******

Sur la place, les bancs sont occupés par des hommes, tassés, chaudement habillés, qui, ensemble, essaient d’extraire un peu de chaleur des rayons d’hiver et des conversations en arabe sur la famille, sur le pays, sur les difficultés du moment.

Une fillette, en patins, passe devant eux, incertaine, jambes et bras écartés pour assurer son équilibre. Ils la suivent du regard. Une irrégularité du terrain, une hésitation, oh ! Elle repart. Et quelques commentaires avec.

Le bus arrive. Trois amis se lèvent du banc et se dirigent vers le bus. Le dernier s’en va avec son sac vide, vers le marché.

******

Au coin de la rue et du boulevard, un homme, grand, solide, brun de peau et de chevelure frisée, avec une barbe de quelques jours, grisonnante. Il est toujours là. Fidèle au poste avec une cannette à la main. Il discute avec les uns et les autres.

Il a beaucoup parlé avec les artistes qui ont peint une magnifique fresque sur le grand mur du garage. Aujourd’hui, c’est avec des jeunes qui veulent, à leur tour, barbouiller cette fresque qu’il parle. Pour en défendre la beauté, l’intégrité. Pour défendre une portion de rue devenue lieu d’exposition temporaire dans un quartier sale, aux trottoirs encombrés de déjections canines, de multiples objets abandonnés, matelas, évier, planches de bureau. Mais visitée par les touristes pour ses fresques. Alors que les gens du quartier passent, aveugles, indifférents à la transformation d’un mur aveugle en hall d’exposition.

******

Après une nuit très froide, avec le lever du jour, un ciel chargé de nuages, le temps s’est un peu radouci. Toutes les chaînes de radio et de télévision répètent le même bulletin, créant l’événement du jour : la neige est annoncée, conditionnant les citadins à s’habiller en skieur, sans ski et sans neige. Mais obéissants au bulletin.

Dans l’abri du magasin abandonné, habitué du lieu qu’il a transformé en chambre à coucher, il n’a pas encore rangé son duvet, ses couvertures. Il n’a pas sa cannette à la main. Il est occupé autour du platane qu’il a adopté.
Dans le cadre de la végétalisation de la ville, la mairie demande aux citoyens d’adopter un arbre, de cultiver, de fleurir la terre qui l’entoure. Peu le font. Mais lui a choisi le platane qu’il connaît depuis des mois. Il a trouvé, on ne sait où, un peu de farine qu’il a répandue autour de son arbre. Le temps, capricieux, n’obéit pas toujours aux bulletins de la météo. Son platane au moins ne sera pas déçu, il aura la neige annoncée. Et comme Noël approche, il a décoré la barrière qui entoure l’arbre de papier argenté.

Pour lui, pour le platane, quoi qu’il arrive, Noël ne sera pas un jour comme les autres.
Il y a les foules qui s’agglomèrent devant les vitrines illuminées des grands magasins. Les yeux des enfants qui brillent. Les adultes qui photographient, se photographient.
Ici, les voisins passent, traversent le boulevard, pressés entre le café du matin et le métro. Aveugles ? Indifférents ? Étonnés ? Humanisés, un instant ?
Par ce sans abri et son platane, liés par le rêve, par un peu de farine et de papier argenté.

Place Jean Ferrat
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 10:41

 

15/03/17 : 1960-2015, l'espérance de vie à la naissance augmente de 13 ans en France de 9 aux États-Unis avec des dépenses de santé par hab. + élevées.

13/03/17 : 21 000 règles devront être examinées dans le cadre des négociations sur le Brexit, d'après Die Welt (DE), ... En 2 ans !!!

10/03/17 : États-Unis, en 15 ans, revenu + 0% pour les 50 % plus pauvres, + 121% pour 10% les plus riches, 205 % pour les 1 %, 636 % pour les 0,001 %.

06/03/17 : Tiercé républicain : ex-président mis en examen, ex-premier ministre candidat attendu pour mise en examen, déjà condamné futur candidat ?

04/03/17 : Pour Fillon, probable vainqueur, les rats quittent le navire devant la défaite et de peur de perdre leur siège. Honnêteté ? Programme ? Bof !

25/02/17 : La culture française n’existe pas, l’art français, je ne l’ai jamais vu. Candidat à la présidence de la République française, l’a-t-il vue ?

21/02/17 : Fillon : Gaulliste mis en examen, avec soutiens légers,ne cèderait pas. Chrétien, antisocial, avec soutiens massifs, cèderait encore moins !

20/02/17 : Contre la corruption : Ne nous fions pas à ceux qui ont trouvé le filon. Qu'ils dégagent !

19/02/17 : Barcelone, manifestation "Chez nous, c’est chez vous". Paris, chez nous, ils ne sont pas chez eux ! Quand serons-nous en masse dans la rue ?

19/02/17 : Contre Sarkozy, ce n'était pas Fillon. mais Jouyet. Contre Fillon, ce n'est pas Sarkozy, mais Jouyet. Jouyet le diable, Fillon, le Bon dieu.

17/02/17 : La culture française existe. Unique. Faite d'apports multiples. Comme toutes les cultures. Uniques et différentes. Quelle découverte !

16/02/17 : De 2005 à 2015, sur 89 cas de blessures policières graves avec 26 décès, 7 ont amené une condamnation des forces de l’ordre, selon l'ACAT.

10/02/17 : La mairie de Paris a donné le nom de Severiano de Heredia à une rue de Paris. Le connaissez-vous ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Severiano_de_Heredia

04/02/17 : Fr. Fillon, en meeting "L’assistance est un droit... l’assistanat est un piège". Qui dira si Fillon était assisté ou assistant ? Les juges ?

03/02/17 :  Le Front national, un parti comme les autres. Il aurait même ses emplois fictifs ! Anti-européen, il les utiliserait pour sa PME nationale.

03/02/17 :  "François Fillon ne peut être candidat à la présidentielle", a déclaré Patrick Balkany, bouche d'or ! Enfin un honnête homme, connaisseur !

31/01/17 : Comme l'Arabie saoudite nie toute implication dans les attentats du 11/09, Trump n’interdit pas l'entrée des musulmans saoudiens aux EUA.

24/01/17 : Donald Trump désengage les États-Unis de l'accord de partenariat transpacifique (TPP), veut renégocier l'Alena. A-t-il oublié TAFTA ?

24/01/17 : Lundi, la sciatique de Martine Aubry va mieux, les aubrystes peuvent se prononcer pour le second tour de la primaire du PS.

24/01/17 : Dimanche, malade, M. Aubry ne peut voter au premier tour de la primaire. Elle ne peut être tenue pour responsable du bricolage des résultats

24/01/17: Pour sa déconstruction du PS, Hollande a deux fers manuels au feu. L'un dedans, l'autre dehors. Et lui, innocent peut partir en voyage..

23/01/17 : Problème mathématique : comment peut-on calculer les pourcentages à la primaire socialiste sans connaître le nombre total de participants ?

22/01/17 : Alain Minc a voté Balladur, Sarkozy, Juppé. Toujours pour le candidat de droite battu. Il vote maintenant Macron. Exemple à suivre ?

20/01/17 :  Bardot : "Je ne suis pas facho, pas plus que Marine Le Pen". C'est déjà pas mal !  

12/01/17 : Malte. Taux d'imposition pour les grandes sociétés, 5% voire 0%. Perte  de 14 milliards d'euros d'impôts pour les pays de l'UE entre 2012-15

08/01/17 : Jeu de piste des paradis fiscaux de Balkany pour les juges : Suisse, Liechtenstein, Maroc, Singapour, République dominicaine, Panama...

06/01/17 : Un jeune homme pressé : Emmanuel Macron naît en 1977, quelques mois après l'adhésion de François Fillon au RPR en 1976.

17/12/16 : Quand je donne 300€ à une action que j’approuve, 200 sont déduits de mes impôts. Dont 180 seraient allés à des actions que je désapprouve.

17/12/16 : Quand je paie 100€ d'impôts, 10 vont à des actions que j'approuve. Si je donne 100€ à des actions que j’approuve, elles en reçoivent 300 !

15/12/16 : Mestrallet :s'adapter au marché bullish  = embaucher facilement, au marché en recul = se réorganiser. Ne pas parler de débaucher facilement.

13/12/16 : Les peuples européens se soulèveront-ils pour soutenir le FMI et le peuple grec contre la dictature austéritaire de A.Merkel et W.Schäuble ?

09/12/16 : Figaro: France, 8,8% des salariés ont de bas salaires. Allemagne 22,50% Royaume-Uni 21,30%. Témoins de la flexibilité du marché de l'emploi.

08/12/16 :Etrange : la majorité du Parlement britannique vote contre elle-même pour respecter la volonté populaire. Ici effacée par l'A.N. en 2005.

06/12/16 : Alternance : Valls, négatif au gouvernement, positif en campagne. Gauche inconciliable hier, gauche unie, aujourd'hui. Derrière moi bien sûr.

06/12/16 : Renouveau ? Fillon, 5 ans premier ministre, Valls, 5 ans ministre/premier ministre. Ils feront ce qu'ils n'ont pas fait. Promis, juré. Votez

03/12/16 : Hollande a manqué la dernière synthèse au PS, l'inversion de la courbe du chômage, l'unité pour la déchéance de la nationalité,

02/12.16 : Hollande : un seul regret... la déchéance de nationalité... nous a divisés. Il regrette la division, non l'infamie de la proposition.

01/12/16 : Différence entre une fausse nouvelle sur réseaux sociaux et officiels ? La seconde dure plus longtemps. Ex : Demain, l'Europe sociale.

27/11/16 : Fillon bat son ex-président Sarkozy. Valls sent pousser ses ailes. A défaut de Hollande-Sarkozy. Y aura-t-il Fillon-Valls ? Pauvre de nous !

26/11/16 : Le mouvement Ensemble ! et le PCF apportent leur soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Un début d'espérance à gauche ?

25/11/16 : Primaire Verte, contre Duflot candidate naturelle 75%. Droite, contre Sarkozy candidat naturel 80%. Gauche, Hollande candidat contre-nature?

10/11/16 : Brexit, Trump, les classes moyennes se "sentent" abandonnées. Elles ne le sont pas ? Et les classes inférieures ? Sont ? Se sentent ?

10/11/16 : Après le Brexit, les compétents-démocrates voulaient supprimer le référendum. Après la victoire de Trump vont-ils supprimer les élections ?

09/11/16 : Suède : le gouvernement social-démocrate veut limiter à 7% du CA les profits des maisons de retraites, écoles, hôpitaux privés. Indignation!

07/11/16 : 2015, le Parlement britannique, aux six septièmes, vote de soumettre  l'appartenance à l’UE au peuple. Qui dit non ! Que faire, se dédire ?

07/11/16 : Selon la Commission européenne la France est la meilleure dans le secteur des chemins de fer. C'est pourquoi il faut les démembrer ?

05/11/16 : 38 assemblées nationales/régionales doivent approuver CETA. Cela prendra des années. Mais il sera appliqué provisoirement ! Et si 1 refuse ?

02/11/16 : "J’ai quitté un pays communiste, la France, pour venir dans un pays libéral, la Chine!". Pierre Gattaz va demander la nationalité chinoise ?

28/10/16 : Pour moi, Daniel Blake, le cinéma, c'est parfois la vie !

 

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 17:39

Comme chaque année, voici, avec mes meilleurs vœux, un rapide bilan des écritures des 12 derniers mois.

Les articles que vous avez pu lire sur ce blog, ouvert depuis avril 2008, sont presque tous publiés simultanément, sans les touits, sur les blogs personnels de wordpress, de Mediapart, depuis décembre 2014 et presque tous, quelques uns ont été refusés, sur Agoravox depuis 2011.

Bilan de la diffusion des articles dans over-blog.fr depuis sa création, le 06/04/08.

Tableau 1 : Nombre de visiteurs uniques, page vues, articles par année

Année

Visiteurs

Pages vues

Articles

(dt Revue de presse)

Visiteurs/Article

2008

318

953

12 (0)

27

2009

751

1 406

40 (0)

19

2010

2 702

5 237

56 (12)

49

2011

5 019

10 762

92 (35)

55

2012

8 308

16 330

137 (46)

61

2013

6 126

10 699

75 (32)

82

2014

5 212

8 715

81 (29)

64

2015

6 690

9 311

79 (13)

85

2016

8 011

10 150

49 (0)

163

Total

35 151

63 624

491

72

 

Remarques

- Le nombre de visiteurs uniques a augmenté de façon nette par rapport aux 2 années précédentes sans atteindre le nombre de 2012. Année où le nombre d’articles publiés a été le plus important dont 1/3 de Revues de presse. A partir de 2013, les articles publiés ont été moins nombreux, notamment du fait de la suppression progressive des Revues de presse.

Pour les pages vues l’augmentation de ces deux dernières année est moins importante.

 

- Chaque personne a vu, en moyenne, 1,81 pages depuis le début, 2,9 en 2008, entre 1,9 et 2,1 en 2009, 2010, 2011 et 2012. Mais seulement 1,75 pages en 2013, 1,63 en 2014, 1,39 en 2015 et 1,27 en 2016. Cette diminution progressive de pages vues par visiteur unique tient probablement à la proportion plus importante des visiteurs qui connaissent déjà le blog et viennent seulement pour un article.

 

- Chaque article a été vu, depuis le début, en moyenne, par 72 visiteurs Ce nombre augmente progressivement avec un bond en 2016 avec 163 visiteurs par article. Audience très faible par rapport à celle obtenue par les même articles sur Agoravox.

 

- Il n'est pas possible de connaître les articles les plus lus depuis le début du blog, seulement les 10 articles les plus lus chaque mois. En 2016, en reprenant les 10 articles les plus lus chaque mois, les 5 articles les plus consultés apparaissent dans le tableau 2. Ils sont anciens, concernent l'immigration et la bio-éthique (PMA, Race humaines).

 

- Le nombres d'abonnés au blog est inchangé : 13. Quel est l’intérêt de cet abonnement ?
Les abonnés devraient recevoir une information à l'occasion de chaque nouvel article. Ce n'est pas le cas, semble-t-il, car Anne ne reçoit rien. Je me suis abonné pour contrôler et je reçois un avis. J’ai protesté. Mystère.

 

Tableau 2 – Articles les plus lus pendant l’année 2016

Titre de l’article

Nombre de visiteurs

Date de publication

Nationalité, citoyenneté, droit de vote des résidents (2art.)

1687

29/10/09

Peut-on parler de races humaines

1045

16/10/10

Droit du sol/Droit du sang en Italie

561

13/02/12

Pourquoi n’avons-nous pas pu obtenir le droit de vote

564

14/12/09

Procréation médicalement assistée

405

19/04/15

 

Wordpress : En principe (!? les données ne correspondent pas exactement), tous les articles sont aussi publiés sur le blog hébergé par wordpress. Voici les résultats du bilan établi par wordpress.

Tableau 3 : Nombre de visites, de visiteurs, d’articles publiés.

Année

Visites

Visiteurs

Articles Publiés

Visites par article

2012

344

28

28

12,3

2013

550

257

70

7,8

2014

431

300

80

5,4

2015

279

212

71

3,9

2016

128

88

46

2,8

Total

1732

885

295

5,9

 

- Le blog wordpress est peu visité et son audience semble se restreindre.

- Sur ce blog, il est possible de connaître l’origine nationale des visiteurs pour les 10 premiers pays. Les plus nombreux de 2012 à 2016 sont, sur 1774 visiteurs, France 1442, États-Unis 108, Brésil 39, Roumanie 34 (en 2013), Royaume-Uni 32, Allemagne et Belgique 25, Italie 17, Algérie 15, Suisse 10, Espagne 8, Canada et Thaïlande (2013) 5, Russie (2013) 3, Inde (2016) 2, Indonésie, Irlande, Liban 1.

 

Mediapart : Les articles sont aussi publiées sur le blog personnel de Mediapart, (8 abonnés, 12 contacts). Depuis sa création, le 22 décembre 2014, 72 billets ont été publiés. Le nombre de lecteurs n'est pas connu. Pour chaque article, le lecteur peut laisser un commentaire ou le recommander.

Tableau 4 : Nombre d’articles publiés, de commentaires et de recommander.

Année

Articles publiés

Commentaires

Recommandés

2014

2

2

4

2015

30

52

57

2016

40

16

41

 

Agoravox- Comme les années précédentes, la plupart des articles ont été publiés sur Agoravox. Il est possible de connaître le nombre de personnes qui ont consulté ces articles.

 

Du 2 juin 2011 au 22 décembre 2016, 186 articles publiés, 274 202 visiteurs, 2333 commentaires. En moyenne, chaque article a été vu 1 474 fois (et commenté 13 fois), de 379 pour Pas de vie sans frontière à 10 203 pour A propos de l’Étranger d'Albert Camus.

Cette moyenne varie d'une année à l'autre, sans tendance nette à la croissance ou à la décroissance : 1 606 lecteurs par article en 2016, 1 603 en 2015, 1 370 en 2014, 1 742 en 2013, 1 170 en 2012, 1 477 en 2011.

 

Le tableau 5 permet de voir les articles qui ont eu plus de 3 000 lecteurs, 4 portent sur l’UE, 3 sur des livres d'Albert Camus, 4 étaient déjà dans les 10 premiers de 2014.

Sur les 186 articles, 113 ont eu plus de 1 000 lecteurs et 7 moins de 500.

Tableau 5Articles ayant eu la plus forte audience sur Agoravox.

Titre

Date

Nomb. de lecteurs

A propos de L’Étranger d'Albert Camus

03/12/13

10203

Immigration et UE : La crise migratoire

22/10/15

6183

Comparaison de journaux français/étrangers du 25/09/14

04/11/14

6080

A propos de La Mort heureuse d'Albert Camus

12/11/13

5909

L'Union européenne ébranlée

17/07/11

4628

Démocratie directe. Démocratie indirecte. Démocratie !

21/02/14

4505

A propos de Lettres à un ami allemand d’Albert Camus

17/10/13

4233

Touchée ! Coulée ? L’UE et les réfugiés

17/03/16

4178

Ségolène Royal : parachutage ou chute aidée ?

18/06/12

3730

Après les attentats

22/11/15

3669

Les étrangers dans l’UE

26/07/11

3669

Gouverner, c’est choisir

30/07/16

3110

Boulevard Marine Le Pen

09/07/11

3092

Mélenchon part en campagne

12/06/16

3028

 

Publier dans Agoravox a plusieurs intérêts : une audience incomparablement plus importante que celle des blogs personnels. Ces articles peuvent toucher des lecteurs beaucoup plus variés que ceux qui viennent sur les blogs. Ceci se voit à travers les réactions qui sont plus vives que les commentaires le plus souvent amicaux ou posés des blogs. Quelquefois, les réactions débordent et partent sur des aspects qui ont peu à voir avec l'article.

 

Twitter, Facebook, Linkeln : Lors de leur publication, tous les articles sont annoncés sur Twitter (45 abonnés), Facebook (152 amis) et Linkedln (40 relations). Pour essayer d'élargir l'audience.


Sur Twitter sont aussi publiés, au jour le jour, 84 en 2016, les touits d'humeur (mauvaise) qui sont ensuite regroupés dans le blog (overblog) sous le titre touits et maintenant touits 2, mis à jour régulièrement.

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 23:32
Le Cercle des poètes disparus

L’arrivée d’un nouveau professeur de littérature anglaise dans l’école de Welton, dans le Vermont (États-Unis), réputée comme étant l’une des plus fermées du pays, va bouleverser le fonctionnement traditionnel d’une classe avec des conséquences dramatiques.
Le cercle des poètes disparus (1) est sorti en 1989. Les premières minutes du film décrivent la préparation et le déroulement de la cérémonie d’ouverture de l’année scolaire 1959. Cérémonie quasiment religieuse dans un bâtiment qui fait penser à un temple ou à un collège anglais, avec grands tableaux allégoriques édifiants… Dans le chœur siègent l’encadrement et le corps professoral. Dans la nef, élèves et parents. Tandis qu’arrive la procession de trois jeunes et nouveaux élèves, suivis de plus anciens avec bannières proclamant les valeurs de l’école, Tradition, Honneur, Discipline, Excellence, un sonneur de cornemuse en kilt et un membre de l’administration porteur d’une bougie, Lumière du savoir, qu’il va transmettre à un jeune et nouvel élève qui, lui même…
Le directeur délivre son message sur l’excellence de son établissement qui ravit les parents assurés qu’ils ont fait le bon choix en confiant leur progéniture à cette école : 75 % d’admissions aux universités de l’Ivy League, les plus prestigieuses des États-Unis… Et annonce que M. Keating, le nouveau professeur d’anglais, ancien brillant élève de Welton, venant de l’université de Chester à Londres remplacera son prédécesseur parti à la retraite...

Dernières salutations, derniers conseils, dernières mises au point. Les élèves s’égaillent dans leur chambre, les anciens se retrouvent, avec les nouveaux, allument des cigarettes, parodient la cérémonie : Travesti, Horreur, Décadence, Excrément… Contestation potache, le moule n’a pas encore fait totalement son effet... Mais le père de Neil revient pour lui rappeler qu’il ne peut s’écarter du chemin qu’il a tracé pour lui.

Dehors, la campagne est belle, vêtue des couleurs de l’automne, parcourue par d’innombrables oiseaux qui virevoltent, libres. Leurs cris se mêlent à ceux des élèves qui, dedans, presque aussi nombreux, parcourent bruyamment la « cage » d’escalier. Prisonniers. De l’ambition de l’école et de leurs parents. Vus en contre plongée. Ici c’est la caméra qu virevolte. Comme elle virevolte quand les élèves sautent d’un lit à l’autre se poursuivant pour une feuille, un essai d’écriture d’un poème, dérobée.

Si des activités extrascolaires sont nombreuses – journal, jeux d’échecs, escrime, bicyclette, fléchettes, expériences scientifiques personnelles – le but de l’école est de transmettre le maximum de connaissances, « le reste viendra ensuite » dit le directeur M.Nolan.

Le Cercle des poètes disparus

Alors que les trois professeurs classiques, entrevus, font leur cours debout au milieu des élèves assis à leur table, imposent le travail, l’ennui, la discipline menaçante, le nouveau professeur les amène en bras de chemise, sifflotant, dans le hall de l’école. Professeur et élèves, également dominés et réduits par la puissance de l’établissement et la force de la vue plongeante du haut de l’escalier, annonce de leur écrasement.

Face aux photos des générations précédentes et glissé au milieu des élèves, le nouveau professeur fait entendre la voix de ces anciens qui ont, eux aussi, été jeunes et ambitieux, qui maintenant nourrissent les vers… Keating leur prête sa voix : carpe diem… profitez du moment... soyez extraordinaires… Avec l’espoir d’encourager le refus du conformisme, l’épanouissement des personnalités, le goût de la liberté… Ce qu’il essaie de faire, aussi, à travers diverses activités, peu habituelles pour un professeur de lettres : arracher la préface de leur livre de littérature due à un éminent professeur, marcher dans la cour pour trouver sa voie, monter sur la table pour voir le monde sous un autre angle, jouer au football pour l’émulation, réciter son propre poème face à la classe…

Le plus souvent filmé parmi les élèves, à leur niveau, Keating les oblige à s’approcher de lui quand il parle : dans le hall - face aux photos -, dans la classe – quand il leur glisse qu’on fait des poèmes par amour, parce qu’on est membre de l’humanité - , dans le pré quand il révèle le cercle des poètes disparus......

Ayant fouillé dans les archives de l’école, les élèves découvrent en effet que M.Keating, élève, était, à son époque, l’animateur du cercle des poètes disparus, romantiques qui se réunissaient dans une grotte des environs. Ils se retrouvent à sept, pour redonner vie à ce cercle, dans cette grotte inspirée, caverne de Platon ? Contre-image de l’école-temple ? Foyer de créativité ?

Dans cet espace restreint, secret, ils vont recréer les vieux rites, fumer, boire, pique niquer, raconter des histoires, réciter des poèmes, jouer du saxophone, faire venir des filles… goûter à la liberté clandestine. C’est dans cet espace libéré que trois d’entre eux puiseront le courage de dévoiler et d’assumer leur rêve.

L’un décide de se déclarer, avec risques, à la plus belle fille jamais vue… Quand il enfourche la bicyclette pour aller la rejoindre dans l’école voisine, follement, à travers près, il soulève des nuées d’oiseaux qui témoignent de la liberté conquise…
C’est là que le plus brillant d’entre eux, qui été à l’initiative de ce nouveau cercle des poètes disparus, annonce sa décision de devenir acteur envers et contre tout.
C’est dans
cette grotte qu’un autre annonce qu’il a publié, dans le journal de l’école, un article non autorisé, signé le cercle des poètes disparus et qu’il assumera sa vocation de poète en prenant le nom de Nuwanda.

Dans la grande salle voûtée de l’établissement où s’était déroulée la cérémonie d’ouverture emplie de parents satisfaits, de jeunes assurés ou inquiets devant l’année nouvelle, dans cette salle sont solennellement réunis tous les élèves de l’établissement. Là où le défilé de quelques élèves avait rempli de sympathie heureuse l’assistance au son de la cornemuse, déboulent le directeur et tout l’encadrement avec la détermination bruyante d’un commando. Menaçant. Pour connaître l’auteur de l’article non autorisé.
Un téléphone sonne,
Nuwanda se lève, annonce une communication téléphonique pour le directeur ! Dieu demande la mixité dans l’école ! Châtiment corporel et expulsion seront la réponse.

Le combat le plus dur, qui finira mal, est celui de Neil qui veut devenir acteur contre la volonté non de l’établissement mais de son père, rigide, inflexible, qui veut en faire un médecin. La royale couronne de théâtre sera sa couronne d’épines.

Ce film, enlevé, dramatique mais réjouissant, se déroule en 1959, bien avant la révolte estudiantine de 1968 qui a aussi commencé en France autour d’une revendication de mixité. Mais ici, la révolte ne touchera que la moitié des élèves d’une classe et tout rentrera, pour cette fois, dans l’ordre. Avec cependant de graves dégâts...

Sorti à une époque de forte contestation de l’enseignement traditionnel, le film a reçu un bon accueil auprès de la critique et du public.

Le Cercle des poètes disparus

1 - Le Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society), Réalisation : Peter Weir, Scénario : Tom Schulman, Musique originale : Maurice Jarre, États-Unis, 128 mn, 1989, ressorti en 2004

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Published by Paul ORIOL - dans Cinéma
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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 20:08
Étendre le dialogue

Dans trois mois, élection présidentielle : politiques, observateurs, commentateurs discutent du tiercé gagnant. Pourtant facile à prévoir.
Le premier parti de France sera celui des non participants, non inscrits et abstentionnistes, suivi de celui des contestataires et, en dernière position, celui des partis de gouvernement qui se disputeront les restes. Même si, comme lors des élections précédentes, le nombre d’inscriptions de dernière minute a été important, même si la participation est toujours plus forte lors des élections présidentielles.
Se fiant aux sondages, pourtant malmenés ces derniers temps, la sphère médiatique spécule sur le candidat qui, ayant obtenu le plus fort reste, sera face à Marine Le Pen, avec de fortes probabilités d’arriver à la présidence de la République.

La faiblesse chronique de la participation ne chagrine guère politiques et journalistes. Seule question soulevée : qui bénéficiera de la plus ou moins grande participation ?
Pourtant le taux de participation devrait être la principale préoccupation de tous les démocrates. Une faible participation traduit un rejet, un dégoût des politiques ou, au moins, un sentiment de l’inutilité du choix, une indifférence à tout projet commun. Une négation de la démocratie.

A la vue des élections à l’étranger, aux États-Unis et dans plusieurs Länder en Allemagne, des référendums, au Royaume-Uni, le Brexit et, en Italie, l’échec de Mateo Renzi, il est permis de penser que la majorité des peuples des démocraties occidentales désapprouvent, plus ou moins largement, les politiques suivies ou proposées par les partis de gouvernement.
La plupart des gouvernements démocratiques tiennent leur pouvoir d’une minorité de la population de leur pays. Cela devrait les amener à en gommer les aspérités les plus blessantes. Au lieu de quoi, ils semblent s’aligner les uns sur les autres pour aller chaque jour plus loin.
Ils poussent les citoyens à s’enfermer davantage dans un isolement, individuel ou collectif, aux sombres perspectives. Dans un ressentiment qui risque, un jour, d’être explosif.

Pourtant face à ces gouvernements, à ces politiques, la société civile n’est pas sans réactions. La France a connu d’importantes manifestations de masse, répétées, pour exprimer le rejet de la loi travail, rejet confirmé par le Parlement qui a conduit le gouvernement a utiliser l’article 49-3 pour la faire adopter.
Il fut un temps où le gouvernement tenait compte de l’importance des manifestations, de l’opinion du parlement et retirait ou modifiait en conséquence son projet de loi pour obtenir un relatif consensus.
Il n’en est plus de même sous la direction du
faible président de la République et de son gouvernement. Qu’en sera-t-il demain avec son successeur ?

A coté des manifestations traditionnelles, de multiples initiatives prenant des formes diverses s’efforcent de contester les politiques suivies, considérées comme illégitimes. Depuis Nuit debout jusqu’à des actions de désobéissance civile, heureusement non violentes. Ces actions, sans entraîner de larges masses, trouvent des appuis dans une partie significative de la population et, bien que formellement illégales, un commencement de légitimité devant certains tribunaux.

Récemment, lors du procès intenté par BNP Paribas, Jon Palais était jugé pour le vol de 14 chaises, à visage découvert, dans une agence parisienne de la banque, en octobre 2015. Devant le concept de réquisition citoyenne de chaises contre l’évasion fiscale - rendez les milliards, nous rendrons les chaises ! - invoqué par Jon Palais, le procureur a confirmé la légitimité de ces actions en demandant la relaxe alors que BNP Paribas, non représentée au procès, demandait 1 € de dommages et intérêts. Le verdict sera rendu le 23 janvier prochain.

A Nice, Pierre Alain Mannoni était poursuivi pour avoir transporté, dans sa voiture, trois Érythréennes. C’est à dire pour avoir favorisé l’aide à l’entrée et au séjour sur le territoire national d’étrangers en situation irrégulière. Il a été relaxé par le tribunal correctionnel des Alpes Maritimes qui considère qu’il n’avait fait que préserver la dignité de ces personnes. Le parquet a fait appel (1) une dizaine de procès sont prévus à Nice dans les 3 mois qui viennent).

Devant le grand froid annoncé, une réquisition de salles de l’Hôtel Dieu à Paris a été organisée par le DAL (Droit au logement) pour mettre à l’abri des personnes sans logement et une aile de l’hôpital leur a été attribuée. Ce dont le DAL se félicite qui rappelle que des milliers de m2 sont toujours vacants à l’Hôtel Dieu, dans les locaux de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris et dans les hôpitaux en général, tandis que le nombre de sans abris ne cesse d’augmenter.
A Toulouse, le DAL local a annoncé la réquisition du pavillon de dermatologie de l’hôpital de La Grave, avec des sans toit, et invite à apporter des matelas, couvertures, matériel de cuisine, nourriture…

 

Étendre le dialogue

Si des actions de désobéissance civile, non violente, sont conduites dans plusieurs domaines – résistance à l’agression publicitaire, lutte contre les grands projets inutiles et imposés, réquisitions de logement vacants - c’est dans le domaine de l’accueil des étrangers en situation irrégulière que les actions de solidarité, légales ou non, sont le plus fréquentes depuis le réseau éducation sans frontière, la défense des mineurs étrangers isolés, l’aide à ceux de Calais, aux réfugiés voulant passer la frontière italienne...
On assiste depuis plusieurs mois à la recrudescence de cas où la solidarité est légalement organisée par des citoyens regroupés en comités d’accueil pour réfugiés délocalisés qui se forment malgré l’opposition de certains politiques et même d’élus.
Une centaine d’organisations associatives ou syndicales, locales ou nationales, ont publié un manifeste pour préserver le droit de regard, le droit de critique, le droit de s’opposer à des politiques qu’on désapprouve, le droit de se conduire autrement qu’en agent de politiques de fermeture : le droit d’agir en toute humanité (2 L’Humanité 12/01/17).

C’est un phénomène identique à celui observé en Allemagne au moment où de nombreux réfugiés arrivaient mais, là-bas, avec le soutien d’Angela Merkel, alors qu’ici le chef du gouvernement, laïque, et le prétendant, chrétien, à la présidence de la République font un concours à celui qui rejettera le plus de demandeurs d’asile.

Reste que ces manifestations, ces comités, ces collectifs, ces organisations qui montrent la voie, qui s’engagent réellement, personnellement, sont encore minoritaires dans la population comme le gouvernement avec la loi travail, et que leur volonté, leur courage n’a pas l’efficacité du 49.3 pour modifier la loi ou la pratique générale. Qu’ils n’ont pas trouvé la forme politique, la voix, les voix pour toucher la majeure partie de la population. Pour faire comprendre que la solidarité n’est pas la charité, que la mobilisation pour les uns et les autres, aujourd’hui les réfugiés ou les sans abri, est le chemin vers une solidarité plus grande et pour entraîner tous ceux qui s’enferment aujourd’hui et qui sont, peut-être, déjà victimes de certaines exclusions ou qui les craignent, demain.

Le succès de leurs engagements n’est possible que s’ils s’adressent au cœur de tous les Français et s’ils savent les mobiliser, au moment des élections - on aimerait entendre des voix de candidats qui rejettent les rejets - ou hors élection. S’ils arrivent à convaincre, largement au-delà des sphères politiques, militantes, humanitaires que la vie des gens, ici ou ailleurs, est plus importante qu’un pourcentage. Que l’accueil peut même être, comme on est en train de s’en apercevoir en Allemagne, un facteur positif au point de vue économique (3 Le Monde 13/01/17). Certes dans des circonstances différentes.

Pour cela, il faut inventer un nouveau langage, sortir de l’entre soi militant, pour prendre en compte la situation difficile dans laquelle bien des Français sont enfermés. Pour montrer que cette situation n’est le fruit ni des réfugiés, ni des sans abri, ni des sans papier, ni de la fatalité mais d’une politique nationale et internationale qui organise la montée des inégalités, la lutte de tous contre tous, la division de ceux qui ont intérêt à lutter ensemble contre les politiques austéritaires.

Ce sont les mêmes forces qui organisent les interventions extérieures, économiques et financières qui appauvrissent les populations ! Et militaires pour défendre les intérêts de qui ? Avec pour conséquence des millions de malheureux qui fuient misère et conflits. Tandis qu’ici, les mêmes forces politiques, économiques et financières rognent les dépenses publiques entraînant la diminution et la qualité des services publics dans tous les domaines santé, école, justice, sécurité publique, logements sociaux…

Étendre le dialogue

1 - Une dizaine de procès sont prévus à Nice dans les 3 mois qui viennent.

2 - L’Humanité 12/01/17

3 - Le Monde 13/01/17

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 21:20

 

Denis Sieffert, dans son éditorial à propos du bilan tiré par François Hollande, écrit : « Tout était positif dans le bilan qu’il a égrené, hormis la déchéance de la nationalité ». En réalité, la phrase exacte de François Hollande est : « Sur tous ces sujets, je n’ai qu’un seul regret, et je veux ici l’exprimer : c’est d’avoir proposé la déchéance de la nationalité parce que je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés. » Ce qu’il regrette, ce n’est donc pas sa position sur la « déchéance de la nationalité » mais le fait qu’il pensait « qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés ». Si elle n’avait pas divisé, si le PS avait voté la déchéance comme un seul homme, il en aurait été heureux ! Personnellement, je ne voterai ni au premier, ni au second tour pour un candidat qui a soutenu cette initiative. Constitutionnaliser une infamie pour des raisons politiciennes ! Hollande regrette la division, non l’infamie de la proposition. Paru dans Politis, Courrier des lecteurs 05/01/17

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