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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 11:39

DE L'INDIGNATION À LA RÉVOLTE ! (Photos)

 

 

En Islande, par deux fois – deux référendums - le peuple a refusé les compromis entre banques et gouvernement visant à faire payer par la population les conséquences des aventures financières des banques.

 

En Espagne, des jeunes et des moins jeunes se sont installés sur les places des grandes villes pour demander « une démocratie réelle, maintenant ». Dans un pays démocratique ! Un jour d'élections parfaitement libres ! Parce qu'il est évident que les gouvernements ne répondent pas aux désirs et aux besoins de la population. Gouvernements de gauche (comme en Espagne, en Grêce, au Portugal), ou de droite (ailleurs) font la même politique. Les « indignés » ne demandent pas la démocratie. Mais une démocratie réelle !

 

En effet, depuis des années, et encore plus depuis la crise, les peuples européens sont soumis à une dictature financière qui enrichit les riches, appauvrit les pauvres et laisse les jeunes sans avenir.

 

Dans cette situation, les pouvoirs stimulent la remontée des égoïsmes nationaux, des nationalismes, détournent le mécontentement vers le rejet de l'autre – immigré, rom, exclu. Ils cherchent à diviser ceux qui subissent la crise au bénéfice de ceux qui en profitent.

 

Face à cela, un espoir se lève. Après la révolte pacifique des jeunes Tunisiens, Egyptiens, Yéménites, Libyens, Syriens... contre les dictatures violentes, voici la révolte pacifique des « indignés » dans les démocraties trompeuses en Espagne, en Grêce, au Portugal, et aujourd'hui en France.

 

Conscients que la démocratie « réellement existante » est faite pour que rien ne change, les jeunes, en occupant les places publiques ne se trompent pas d'adversaire. Ce n'est pas les peuples qu'il faut monter les uns contre les autres. Ce n'est pas les immigrés, les roms ou les pauvres qu'il faut chasser mais les gouvernements. Tous les gouvernements européens. De droite ou de gauche. Tous ceux qui font la même politique de soumission aux puissances financières.

 

Ce mouvement ne se lève pas avec un programme de plus mais avec une revendication fondamentale : changer les règles du jeu, mettre en place une nouvelle constitution. Au niveau national. Au niveau européen. Organiser non la division au sein du peuple et entre le peuples mais la solidarité dans le peuple et entre les peuples.

 

« Ne nous empêchez pas de rêver ou nous vous empêcherons de dormir » donne au mai 2011, un parfum de mai 1968. A nouveau, la révolte gronde, en dehors des institutions ou même contre les institutions. En France, mai 68 a débouché sur juin 68 et 13 ans de droite au pouvoir. Les grandes manifestations contre les retraites de 2010 n'ont débouché sur rien. Si le mouvement réussit à prendre de l'ampleur ici et encore plus en Europe, il faut réfléchir, ensemble, aux suites du mouvement.

 

Si mai-juin 2011 s'amplifie au niveau national et européen, comment faire pour ne pas déboucher sur le maintien au pouvoir de la camarilla qui détient aujourd'hui tous les pouvoirs financiers, médiatiques, politiques.

 

Les forces politiques qui avaient pour fonction de défendre les plus défavorisés ont abdiqué. Seul le président de la République d'Islande a jugé nécessaire de demander leur avis aux citoyens islandais. Il y a fort à parier que son exemple ne fera pas école. En Europe, pas plus que dans les pays arabes, il n'y a de débouché politique évident, préparé. Comment faire pour qu'ils dégagent ? Tous !

 

L'indignation ne suffit pas. Dans certains pays, un pas important a été fait, en passant à la révolte. Son extension en Europe est maintenant nécessaire. Face à la situation économique et politique. Face à la montée de populismes.

 

Mis pour que ce ne soit pas une révolte « pour rien », elle devra déboucher sur une auto-organisation.

 

Ce ne sera pas le plus facile.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 21:25

Les guerres civiles sont bien plus meurtrières que les guerres interétatiques, avec plus de 16 millions de morts en 120 conflits depuis 1945, sans compter les décés induits, par exemple, par la dégradation des conditions sanitaires. Le Monde 24/05/11.


Une étude de la prostitution à Chicago en 2007 a montré qu'une prostituée a une probabilité plus élevée de devoir fournir des services sexuels gratuits à la police que d'être arrêtée. Le Monde 24/05/11.


"L’affaire DSK est aussi intense médiatiquement que le tremblement de terre et l’accident nucléaire au Japon". Chaque Français y a été exposé 137 fois. Arrêt sur image 26/05/11.


Record historique : les nombre de détenus dans les prisons françaises s'élevait au 1er mai à 64 584 détenus. Le Monde 19/05/11.


Le blanchiment à grande échelle ne s'effectue pas aux îles Caïman, à l'île de Man ou à Jersey mais à la City de Londres et à Wall Street. CI 12-18/05/11 (d'après Observer)


Un grand patron du CAC40 perçoit en moyenne 8 millions d'euros par an... un petit nombre de vedettes... gagnent également des sommes faramineuses... « aucun PDG français en activité d'une entreprise du CAC 40 n'a jamais été débauché pour devenir patron dans un grand groupe étranger ». Le marché du travail des grands patrons n'est qu' « une fausse barbe créée par les grands patrons eux-mêmes pour justifier leurs propres rémunérations ». Alter éco Mai 2011.


Les sociétés non financières qui emploient 14 des 16 millions de salariés du secteur marchand (ont augmenté) de 4 milliards les dividendes... entre 2008 et 2009 alors même qu'ils réduisaient de 7 milliards les rémunérations versées à leurs salariés. Alter éco mai 2011.


Alors que (la Chine) ne comptait que 7 villes de plus d'un million d'habitants en 1950, elles sont 89 aujourd'hui. Alter éco mai 2011.


Fini le chauffage au gaz – jugé trop polluant – sur les terrasses des cafés parisiens. La municipalité a décidé que d'ici 2013, les fumeurs seraient chauffés exclusivement à l'électricité. Et tant pis pour les déchets nucélaires. Alter éco mai 2011.


Principales contributrices aux excédents de la balance comerciale jusqu'en 2006, (les multinationales françaises de l'automobiles) ont commencé à la plomber à partir de 2008, en raison de leur choix de fabriquer de plus en plus leurs véhicules dans les pays à bas coûts pour les réimporter ensuite sur le marché français. Alter éco mai 2011.


Les entreprises du CAC 40 affichent en moyenne un taux d'impôt de 8% quand celui-ci atteindrait 30% pour les PME de moins de 10 salariés. Alter éco mai 2011.


Les parachutes dorés... « la couche la plus écoeurante du mille-feuilles des rémunérations » qui récompense « l'échec ou l'incompétence ». Le Monde 17/05/11.


Et si la mondialisation n'était qu'un mythe ?
Nombre d'indicateurs de l'intégration mondiale sont étonnamment bas. Seuls 2% des étudiants sont inscrits dans une université à l'étranger et 3% des habitants de la planète vivent hors du pays où ils sont nés. Le riz ne fait l'objet d'échanges transfrontaliers qu'à hauteur de 7%... moins de 1% des entreprises américaines sont implantées hors des États-Unis. Les exportations sont équivalentes à 20% du PIB mondial seulement. CI 5-11/05/11


Trois députés d'origine algérienne ont été élus au parlement canadien.  http://oumma.com/Canada-trois-deputes-d-origine06/05/111

 

De Djibouti au Togo et du Burkina Faso au Gabon, des présidences sont peuplées de « Gbagbo »,sur lesquels la communauté internationale ferme les yeux, par lâcheté, intéérêt, ou les deux... Or, il se trouve que pas moins de 18 scrutins présidentiels sont programmés sur le continent pour la seule année 2011.... Le Monde 28/04/11.


Au mois de mars, 129 491 véhicules sont sortis des usines japonaises de Toyota, soit un plongeon de 62,7% de sa production... Nissan a du faire face à une chute de 52,4%.. Quant à Honda... c'est quasiment 63% de sa production qui s'est envolée. Le Monde 27/04/11.


Le tout répressif vient remplacer les politiques sociales comme traitement privilégié des effets sociaux du néolibéralisme. Alter éco. Hors série n°89.

Une action décidée pour surmonter la crise écologique doit aller de pair avec une action tout aussi décidée pour réduire les inégalités au sein de nos sociétés comme à l'échelle de la planète. Alter éco. Hors série n°89.


En 2010, la moyenne des salaires des PDG du CAC 40 s'élève à 2,46 millions d'euros par dirigeant, une hausse de 24% par rapport à 2009. Le Figaro 26/04/11.


Cette gigantesque vague démocratique (arabe) ne doit rien aux démocraties occidentales qui, au contraires, soutenaient les despotismes qu'elles tenaient à pérenniser. Mais elle doit tout aux idées démocratiques nées en Occident. Edgar Morin, Le Monde 26/04/11.


Les paradis fiscaux, c'est terminé (209, Nicolas Sarkozy)... les 50 principales sociétés européennes possèdent toutes des filiales dans les paradis fiscaux (96 chacune en moyenne)... BNP Parisbas qui en compte 347. Alter éco. janvier 2011.


Un fils d'enseignant a 14 fois plus de chances d'obtenir le bac qu'un lycéen dont le père est ouvrier non qualifié. Alter éco. janvier 2011.


La crise a montré à quel point les systèmes de sécurité sociale sont un stabilisateur social et politique irremplaçable. Rapport mondial sur la sécurité sociale 2010-2011, OIT.


267 Français dans les états-majors de l'Otan, en 2012. Dix-sept postes de généraux ont été attribués... La mécanique de l'Otan prévoit qu'à chaque étoile correspondent 50 postes d'officiers et de sous-officiers que le pays doit fournir à l'organisation militaire intégrée.

Faisons les comptes : 25 étoiles X 50 postes = 1250 postes + 17 généraux = 1267 Français otanisés. Les 1250 postes se répartissent entre 375 officiers et 875 sous-officiers et militaires du rang.
Actuellement, les Français sont environ 200 "insérés" dans les différentes structures : l'effort sera donc d'un millier d'hommes et de femmes, l'équivalent d'un régiment de l'armée de terre. Mais si l'on réfléchit en terme de masse salariale...., c'est l'équivalent de deux ou trois régiments d'infanteriequi vont être absorbés par le retour dans l'Otan.
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/06/1-267-fran%C3%A7ais-dans-les-%C3%A9tatsmajors-de-lotan-en-2012.html


Le refus de toute immigration est une aberration intellectuelle et politique, une sorte d'utopie fasciste mais, à l'inverse, le « laissez faire, laissez passer» est le signe d'une totale irresponsabilité. Il faut donc gérer au quotidien, dans l'inconfort moral, et mettre le paquet sur les efforts d'intégration. Jean-Louis Bourlanges, Le Monde 24-25/04/11.


Il existe peut-être une trentaine de banques d'envergure mondiale... (qui) abritent sans doute quelques milliers d'individus qui ont pris des décisions dont les conséquences accumulées se sont révélées avoir des effets mondiaux. Curieusement....personne ne sait très bien de qui il s'agit... Maurice Godelier L'Économie politique n°49 Janvier 2011.


Des 2 côtés de l'Atlantique, la question... est la même : qui va payer ?... Tout le monde, aux États-Unis comme en Europe, y sera, tôt ou tard, de sa poche : les salariés (qui ont déjà beaucoup donné), les investisseurs, les contribuables, les banquiers peut-être, etc. Le Monde 20/04/11.


Sans les baisses d'impôt décidées par les gouvernements successifs depuis 2000, nous aurions 400 milliards d'euros, soit 20 points de PIB de dette publique en moins. Alter-éco Hors série n°88.

 

Comme le dit Warren Buffet, farouche partisan d'une taxation substantielle de l'héritage, il serait absurde « de choisir l'équipe olympique de 2020 en sélectionnant les fils aînés des médaillés d'or des Jeux de l'an 2000. » Alter-éco Hors série n°88.

 

Tchernobyl a inauguré une catastrophe de type tellement inédit qu'elle a laissé l'État, les techniciens et les habitants littéralement démunis pour faire face à l'adversité. Tel n'est plus a priori le cas pour Fukushima, dans la mesure où « la bataille de Tchernobyl » a bien eu lieu, où aussi 8 millions de personnes continuent à vivre dans des zones officellement contaminées pour plusieurs centaines d'années encore. Frédérick Lemarchand, Le Monde 19/04/11.

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 23:22

 

Lors de l'élection de 2007, Nicolas Sarkozy avait trouvé des thèmes qui ont marqué la campagne électorale : immigration et sécurité pour les uns, « travailler plus pour gagner plus », « le président du pouvoir d'achat »... pour les autres. Avec ces thèmes, il avait su faire oublier qu'il avait occupé de postes ministériels importants dans les gouvernements précédents.

À un an de la nouvelle élection présidentielle, la campagne électorale a commencé. Une brochure faisant le bilan du gouvernement est déjà sortie. Assez loin de l'élection pour qu'elle soit oubliée au moment décisif de la campagne ? Car ce n'est pas sur un bilan qu'on gagne, dit-on, une élection surtout s'il est loin d'être glorieux et en contradiction avec les promesses.

En attendant de lancer les 3 ou 4 idées forces qui seront la base de la campagne et qui donneront éventuellement un sens à la candidature. Il faut occuper le terrain médiatique de façon à « oublier » de répondre aux préoccupations des Français notamment sur le terrain social.

La semaine dernière, c'était la prime de 1000 euros pour les travailleurs, dont il est apparu rapidement qu'elle ne serait pas de 1000 euros et qu'elle n'intéresserait pas tous les salariés. Façon de ne pas parler d'augmentation des salaires. Prime qui, finalement, a été rejetée aussi bien par le patronat que par les syndicats. Elle a joué son rôle une semaine !

Cette semaine, c'est Laurent Wauquiez qui a été chargé d'occuper le terrain en parlant de « contrepartie » pour les « bénéficiaires » du RSA. Idée qui n'ira pas loin, rejetée unanimement par la gauche et par un forte partie de la droite y compris de membres éminents du gouvernement comme le Premier ministre.

En attendant la prochaine idée hebdomadaire. Seront-ils capables de lancer pendant un an, chaque semaine, une idée nouvelle propre à occuper le terrain sans aucune conséquence ?
Sans aucune conséquence parce que l'opposition syndicale, politique n'est pas capable de sortir des clous et de faire des contre-propositions simples, mobilisatrices.

A partir d'une apparente idée de bons sens et propre à satisfaire les « honnêtes gens » - « tout travail mérite salaire », « tout salaire mérite travail » - Laurent Wauquiez propose de demander aux bénéficiaires du RSA une contrepartie : « un travail de 5 heures par semaine ».
Ainsi, Laurent Wauquiez veut s'attaquer, à une mesure du gouvernement qui participe à ses yeux aux « dérives de l'assistanat », « cancer de la société française ».

Réponse bienvenue de l'Uniopss qui regroupe les principales associations du secteur socio-sanitaire : «Le cancer de la société, ce n'est pas l'assistanat, mais le chômage». «Les cinq heures de service social proposées s'adressent soit à des personnes qui peuvent travailler, mais qui ont d'abord besoin d'un emploi, soit à des personnes qui ne peuvent pas travailler et qui ont besoin d'un accompagnement social».
Il faut ajouter que les tâches proposées sont déjà souvent accomplies par des travailleurs qu'il faudrait... Payer à ne rien faire ? Payer au tarif RSA ? Licencier ?

Les réponses de la gauche ont souvent été moins pertinentes. Elles se sont contentées, en guise de défense, d'expliciter la pensée benoîte du ministre au cas où certains n'auraient pas compris. Le ministre ne l'a pas dit, les opposants le disent :

  • «stigmatiser toute une frange de la population» (mouvement national des chômeurs et précaires) ;

  • «laisser penser que les chômeurs seraient des profiteurs» (Laurent Berger, secrétaire national à la CFDT) :

  • «dire que les gens qui vivent du RSA sont des gens qui ont les bras ballants qui attendent et sont très heureux de vivre de l'assistance, c'est vraiment ne rien connaître à la réalité des choses» (Martine Aubry) ;

  • «désigner les chômeurs, ceux qui bénéficient du RSA comme les responsables, comme les coupables, comme les boucs-émissaires de la crise» (Manuel Valls,) ;

  • « montrer les gens du doigt» et les «pourchasser en disant 'vous voulez rien faire, feignants'» (Jean-Luc Mélenchon ) ;

  • «de rameuter l'électorat d'extrême droite en montrant du doigt les Français qui vivraient de l'assistanat» (Marie-George Buffet) ;

  • «après avoir stigmatisé l'étranger et ouvert un débat sur l'identité nationale, le gouvernement met maintenant les plus fragiles dans le débat pour aller chercher les voix du Front National».(François Hollande) ;

  • «Laurent Wauquiez passe à droite de Marine Le Pen» (Cécile Duflot,).

Ces réponses ont l'inconvénient de dire en langage commun ce que le ministre a dit en langage académique et contribuent à renforcer l'association entre une population et un comportement qu'elles veulent dénoncer.

Le ministre a voulu chasser à droite en s'attaquant aux pauvres en général et aux pauvres étrangers en joutant une condition pour qu'ils puissent bénéficier du RSA, ils devront être là depuis 5 ans. Ce que les déclarations citées ne relèvent pas. Il ne va pas asse loin. Il n'ira jamais assez loin. Marine Le Pen exclut les étrangers du RSA.

La gauche attaque l'extrême-droite avec un train de retard. Marine Le Pen défend le rôle protecteur de l'État et les bénéficiaires français du RSA, divise les couches défavorisées et dédouane les responsables.

Elle gagne sur les 2 tableaux : elles défend les Français pauvres, attaqués par le gouvernement et surenchérit sur la droite concernant les résidents étrangers.

La gauche a perdu une occasion de défendre toutes les vicimes de la politique actuelle - Français et étrangers - en avançant des solutions positives qui n'intéressent pas seulement ceux qui doivent avoir recours au RSA pour survivre mais tous ceux qui ont besoin de travailler pour vivre et qui sont réduits au chômage par la politique du gouvernement.

 
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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 18:07

 L'Union européenne (UE) a mal à son immigration. D'où l'émotion soulevée par l'arrivée de 25 000 Tunisiens à Lampedusa. Car ces quelques milliers d'arrivants ne constituent en rien un problème insurmontable, pour une UE qui ccmpte 500 millions d'habitants et accueille, chaque année, 1,5 millions de personnes. Cette question a été montée en épingle par des gouvernements sous influence populiste, interne ou externe.

Dans les événements de Tunisie et de Libye, les gouvernements français et italien ont vu surtout la chûte de complices dans la gestion policière de l'immigration en provenance de l'Afrique. Les quelques milliers de nouveaux arrivants confirmaient la grand'peur annoncée. Et si Nicolas Sarkozy a fait beaucoup d'efforts pour entraîner les Européens dans une intervention musclée, il s'est beaucoup moins préoccupé des conséquences qu'elle aurait sur les millions de travailleurs étrangers en Libye.

Lampedusa a été utilisé conjointement par Berlusconi et Sarkozy pour montrer à leur opinion publique qu'ils agissaient même si, apparemment, c'était l'un contre l'autre. Ils posaient, en même temps, une question qui aurait dû être réglée par les accords de Schengen, mais rien n'avait été prévu en cas d'urgence. Ou qui aurait du l'être par une adaptation sans gesticulation outrancière, mais la gesticulation s'adresse à l'opinion publique.

Sans juger sa qualité, la politique de l'immigration ne peut être conduite que collectivement par les pays signataires des accords de Schengen. Ils ne peuvent laisser le contrôle de la frontière de l'UE et l'accueil des immigrants à la charge des seuls pays qui ont une « frontière extérieure » ; actuellement, l'Italie, l'Espagne et la Grèce, Grèce par où passeraient 80% des entrées dans l'UE.

Ces questions sont facilement considérées comme des questions intérieures des pays en première ligne. Elles préoccupent peu les autres. Sauf quand Berlusconi délivre des titres de séjour valant droit de circuler au sein de l'espace Schengen. Tous les pays se sentent alors concernés et la Commission européenne. Pas seulement la France mais aussi l'Allemange (particulièrement la Bavière), l'Autriche, la Belgique, les Pays-Bas,... qui ont menacé de rétablir les contrôles frontaliers.

Étant donné le climat actuel, il est probable que l'UE autorisera des contrôles temporaires aux frontière internes. Ce qui ne règlera pas la question en cas d'arrivée importante de migrants dans un des États et sera un recul de l'esprit européen au profit des égoïsmes nationaux ; chacun se « mettant à l'abri » derrière ses frontières.

Le ministre Maroni a justement remarqué : « L'UE est active pour sauver les banques, déclarer la guerre mais quand il s'agit d'exprimer concrètement sa solidarité avec un pays en difficulté comme aujourd'hui l'Italie, elle se cache ». L'Italie recevra cependant une aide financière et un renforcement de Frontex (agence qui coordonne le contrôle des frontières extérieures de l'UE), avec l'appui de la France. Quant à l'accueil volontaire de personnes, une dizaine d'États (Allemagne, Belgique, Espagne, Portugal, Suède,..) ont accepté de recevoir quelques centaines d'Africains arrivés de Libye... surl'île de Malte.

Contre une aide de 140 millions d'euros, le président de la CE a demandé au nouveau gouvernement tunisien de prendre le relais du précédent et d'entreprendre "une action forte et claire en acceptant la réadmission de ses ressortissants qui se trouvent de manière irrégulière en Europe, ainsi que dans la lutte contre la migration irrégulière.”La Tunisie pourrait être invitée à renforcer sa coopération avec Frontex.

Ces arrivées à Lampedusa font plus de bruit que les centaines qui n'arrivent pas. Et qui périssent noyés, chaque année, en Méditerranée, entre la Tunisie et l'Italie, le Maroc et l'Espagne.

Elles font aussi plus de bruit que l'ouverture à l'Est. Or, depuis le 1er mai, les frontières de l'Allemagne et de l'Autriche sont ouvertes aux ressortissants des 8 pays qui ont adhéré à l'UE en 2004 : Estonnie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie. L'Allemagne et l'Autriche étaient les seuls pays de l'UE à 15 à avoir ajourné cette ouverture pendant le temps maximum possible, 7 ans.

Dans ces pays, certains craignent la grande invasion. Ce n'est pas le cas du patronat, notamment des PME qui regrettent, aujourd'hui, que leur pays ait retardé de 7 ans cette ouverture. Ils ont peur que les cadres et ouvriers qualifiés dont ils ont besoin ne viennent pas car ils sont, déjà, légalement ou clandestinement sur place (400 000 en Allemagne) et surtout parce qu'ils ont eu le temps d'aller dans des pays qui ont ouvert leurs frontières dès 2004 ou dans les années qui ont suivi... au RU, en Irlande, en Suède... A l'époque, 60% des émigrants de l'Est voulaient aller en Allemagne. Ils ne seraient plus que 23%.

Des chiffres divers sont avancés. Certains parlent de 800 000 arrivées en Allemagne dans les deux prochaines années et 400 000 pourraient s’ajouter d’ici 2020. Aussi importants que puissent paraître ces chiffres, loin des 25 000 Tunisiens, ils sont à comparer aux trois millions d’immigrés arrivés en Allemagne entre 1991 et 2000.
Et 60 % d’Allemands seraient favorables à une immigration d’étrangers très diplômés mais non de demandeurs d’emploi peu qualifiés.

Il faut prendre ces prévisions avec prudence. Avant l’adhésion de la Pologne à l'UE, les experts avaient annoncé une émigration vers la Grande-Bretagne de 40 000 Polonais. Ils ont été 10 fois plus nombreux.
Le gouvernement néerlandais avait prévu l'arrivée de 15 000 travailleurs de l'Est. Ils seraient 200 000 aujourd'hui. Les PB pensent maintenant remettre en cause le droit des migrants européens au sein de l'Union et voudraient expulser un travailleur de l'Est qui commettrait un délit ou qui perdrait son emploi.

Le patronat polonais craint de voir les travailleurs les plus qualifiés quitter le pays car l’Allemagne recherche des professionnels dans des secteurs qui manquent également en Pologne.
Ces dernières années, la Pologne a connu le plus grand exode de son histoire : dans les années 80, 1 million, de Polonais sont partis et presque 2 millions après l’adhésion à l'UE : 550 000 au Royaume-Uni, 140 000 en Irlande, 90 000 en Italie, 80 000 en Espagne. 50 000 en France...


L'UE est dans un situation où les multiples clivages laissent apparaître des intérêts et des préoccupations divergentes. La crise de l'euro oppose l'Allemagne et les pays du « nord » à l'Irlande et aux pays du « sud ». L'intervention en Libye a ébranlé le tandem franco-allemand. L'arrivée de quelques Tunisiens oppose France et Italie. A un moment où l'UE aurait besoin d'une forte unité pour affronter les questions difficiles...

À chaque nouvelle question, réponse « égoïste », nationale ou nationaliste qui sépare les États y compris ceux qui ont longtemps constitué le socle de l'unité européenne. L'Europe mythique à 6, au sortir de la guerre, survivra-t-elle avec l'Union à 27 et le réalisme de la mondialisation ? Il y faudrait une volonté politique dont on cherche dans les différents États les inspirateurs. On y trouve plutôtdes partis « populistes » qui font du refus de l'immigration et de l'Union européenne leurs thèmes principaux avec un certain succès.

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 19:09

Paru, légèrement modifié, dans le courrier des lecteurs du Monde daté du 8-9 mai 2011.

 

Il fut un temps où Le Monde avait un titre farfelu à l'occasion du 1er avril, l'époque permet des titres étonnants même le 4 mai : "trains à horaires variables et courriers à deux vitesses".


Longtemps, la fierté de la SNCF était le respect scrupuleux des horaires. Aujoud'hui, n'ayant pas peur de faire technocratique dans la médiocrité, elle lance le « concept » de trains « à horaires variables » !
«Afin d'ouvrir des réservations plus tôt », le voyageur sera averti 7 jours maximum (!) avant le départ prévu. Les horaires pourront varier de 30 minutes pour les TGV à 120 minutes pour les « Lunea ». Rien n'est dit sur la variabilté des tarifs du « concept ».
Nous avions des tarifs différents pour aller de A à B et de B à A, des tarifs différents mais en bleu, blanc, rouge suivant les horaires, nous aurons peut-être des tarifs arc-en-ciel pour les horaires variables. Ou verts, écologiques.


Il fut un temps, lointain, où la Poste distribuait, au moins en ville, le courrier matin et soir. Avec un tarif unique sur tout le territoire. Et le même tarif pour les pays européens.

Après la disparition de la seconde distribution journalière, les progrès de la libéralisation européenne ont entraîné une augmentation du tarif suivant le pays destinataire de l'Union européenne.

Aujourd'hui, il existe un courrier à deux vitesses : avec le « timbre rouge traditionnel » (0,58 €) et courrier écologique, forcément écologique car le timbre est vert (0,53 €). Lors du lancement de ce double courrier, sauf erreur, l'un avait été qualifié de normal et l'autre de rapide...
Demain, il y aura deux courriers « écologiques », le courrier à timbre vert à 0,53 € et distribué à J+4 et un nouveau courrier écologique distribué à J+2 dont on ne dit pas de quel vert il sera fait mais qui coutera plus cher 0,57 €. Pour ne pas être en reste le timbre rouge (J+1) passera à 0,60 €.


Il reste à la SNCF à inventer le « concept » du train à destination inconnue et à la Poste, le timbre blanc de la lettre à distribution aléatoire.


N'est-ce pas conceptuel, moderne et écologique de partir « on ne sait où » et d'écrire à « on ne sait qui» ?



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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:40

 

Observatoire des inégalités 19/04/11: Le salaire mensuel moyen brut est de 3 118 euros au Royaume-Uni contre 688 euros en Bulgarie. Les écarts de salaires sont énormes en Europe.

Les écarts de salaires [1] entre pays européens sont conséquents. En moyenne à équivalent temps plein, les habitants du Royaume-Uni gagnent par mois 3 118 euros [2], soit quatre fois plus que les Bulgares, qui eux sont rémunérés à hauteur de 688 euros. A l’exception de la Finlande, les pays du Nord et de l’Ouest de l’Europe affichent tous des salaires mensuels supérieurs à la moyenne européenne, estimée à 2 395 euros. Les disparités entre les pays sont tout aussi conséquentes lorsqu’on tient compte du salaire horaire. En moyenne, les Danois bénéficient du taux horaire le plus élevé, 22,32 euros, contre 4,71 euros seulement pour les Bulgares.

Avertissement

Les comparaisons de ces données brutes sont à prendre avec précaution, notamment parce que les niveaux de prélèvements diffèrent d’un pays à l’autre. Ces prélèvements offrent des protections (chômage, maladie, retraite, etc.) inégales selon les pays. Bien entendu, ces écarts ne préjugent pas des inégalités qui existent à l’intérieur de chaque pays.

Les salaires mensuels bruts moyens en Europe
Unité : euros Standard de pouvoir d'achat

Salaire moyen par mois, équivalent temps plein

Salaire moyen par heure, équivalent temps plein

Royaume-Uni

3 118

17,75

Pays-Bas

3 007

21,29

Allemagne

2 980

21,63

Danemark

2 947

22,32

Belgique

2 784

21,83

Autriche

2 736

18,55

Irlande

2 639

21,41

Suède

2 576

18,41

France

2 462

18,73

Union européenne

2 395

16,46

Finlande

2 364

17,22

Italie

2 344

17,39

Espagne

2 260

15,61

Grèce

2 161

15,14

Portugal

1 712

11,97

Pologne

1 320

9,22

Hongrie

1 213

8,17

Roumanie

880

5,71

Bulgarie

688

4,71

Source : Eurostat. Année des données : 2008

[1] Les données proposées ici correspondent aux salaires et traitements, équivalents aux salaires bruts français (salaire avant cotisations sociales).
[2] Toutes les données sont calculées en Standard de pouvoir d’achat (SPA), procédé qui permet de tenir compte des différences de niveaux de vie entre pays.



Le 29 avril, la Haute Représentante Catherine Ashton a indiqué que l'UE avait l'intention de décréter un embargo sur les armes et de préparer d'autres sanctions contre le régime syrien en réponse à la répression sanglante des manifestations dans le pays. Lettre 485 Fondation Robert Schuman.

 

Le 29 avril, la directive "médicaments à base de plante", adoptée par la Commission en 2004, est entrée en vigueur après la période transitoire de 7 ans prévue afin de permettre aux producteurs et importateurs de démontrer la sécurité et l'efficacité de leurs produits. Lettre 485 Fondation Robert Schuman.

Le 1er mai, les mesures limitant la libre circulation des travailleurs en provenance de 8 États ayant rejoint l'UE en 2004 (République tchèque, Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, Slovénie et Slovaquie), ont pris fin. Ces mesures... réées lors du Traité d'adhésion en 2003, autorisaient les États membres à refuser les travailleurs... de ces 8 pays durant une période transitoire de 7 ans. A l'exception de l'Autriche et de l'Allemagne, tous les membres de l'UE appliquaient déjà la législation européenne sur la libre circulation des travailleurs. Lettre 485 Fondation Robert Schuman.

Une mission du FMI et de l'UE a entamé le 27 avril une visite d'évaluation en Roumanie, la première après la conclusion d'un nouvel accord accompagné d'une ligne de crédit de 3,6 milliards euro, auxquels s'ajouteront 1,4 milliard de l'UE et 0,4 milliard de la Banque mondiale.... Aux termes de l'accord conclu fin mars, Bucarest s'engage à réduire le déficit public de 6,5% en 2010 à 4,4% cette année, en tenant sous contrôle les salaires de la fonction publique --amputés de 25% l'année dernière-- et les retraites. Lettre 485 Fondation Robert Schuman.

Pour 2010 - Déficit public de la zone euro et de l’UE27, respectivement de 6,0% et 6,4% du PIB . Dette publique à 85,1% et 80,0% . Eurostat 26/04/11.

La banque suisse UBS est aussi discrète sur l'origine des fortunes de ses clients qu'intrusive envers ses salariés... elle leur impose la couleur de leurs sous-vêtements, la longueur d'ongles autorisée ou encore le temps de repos nécessaire au cuir de leurs chaussures. Alternatives économiques janvier 2011.

Mais si la sortie de crise semble toujours aussi lointaine en Europe, ce n'est pas simplement du fait des pays périphériques. C'est aussi à cause de la stagnation enregistrée dans le reste de la zone. Depuis la création de l'euro, les pays aujourd'hui en crise avaient tiré l'économie européenne. Comme ils sont désormais condamnés à une austérité durable, il faudrait que d'autres prennent le relais pour que l'Europe sorte du marasme. Alternatives économiques janvier 2011.

Résolution :Le PE recommande la mise en place d'une Taxe des transactions financières qui améliorerait le fonctionnement du marché en réduisant la spéculation et en contribuant à financer les biens publics mondiaux et à diminuer les déficits publics  ; estime que l'introduction d'une TTF doit être aussi large que possible et que l'UE devrait encourager l'instauration d'une TTF à l'échelle mondiale ; que, à défaut, l'UE devrait appliquer dans un premier temps une TTF à l'échelle européenne ; invite la CE à produire rapidement une étude de faisabilité intégrant la nécessité de conditions égales au niveau mondial et à présenter des propositions législatives concrètes... 08/03/11.

 

Quand l'euro prend 10%, on perd 0,3 à 0,4% de croissance. Le Monde 19/04/11.

 

En clair, lorsque les Américains ne sont pas aux commandes, les Européens se chamaillent et sont incapablesd’utiliser la machinerie huilée de l’OTAN, c’est-à-dire les moyens américains....La défense européenne ne fonctionne donc ni en dehors de l’OTAN, ni dans l’OTAN, les Européens étant structurellement trop divisés. Jean Quatremer, Coulisse de Bruxelles 18/04/11.

 

La dette totale des différents acteurs économiques en Islande était passée de 289% du PIB à 1 189% entre 2000 et 2008. En Irlande, elle avait doublé entre 2001 et 2008 pour dépasser 700% ; dans les 10 plus grosses économies développées prises globalement, elle s'établissait à 200% en 1995 et à plus de 300% en 2008. La crise a brisé partout les espoirs fous placés dans l'endettement privé... auquel il a fallu substituer l'endettement public pour éviter le pire. Alter-éco Hors série n°88

 

La balance des opérationscourantes en % du PIB est plus favorable dans la zone euro que dans l'UE à 27. Source Eurostat 19/04/11.

 

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 22:26

 

Nicolas Sarkozy a retenu 2 choses de l'élection présidentielle de 2002.

  • Pour être président de la République, il faut d'abord gagner le premier tour de l'élection présidentielle.
    Jean-Marie Le Pen a éliminé Lionel Jospin en 2002, il pourrait donc être éliminé en 2007.
    Nicolas Sarkozy a donc adopté le programme de Jean-Marie Le Pen pour lui prendre des voix. Son passage au ministère de l'Intérieur portait témoignage de bonnes dispositions pour appliquer ce programme et il avait plus de chances d'être élu au second tour que Jean-Marie Le Pen.

  • Jacques Chirac en 2002 avait habilement fait campagne sur la « fracture sociale ». Une partie des électeurs « naturels » de Lionel Jospin a pu se laisser abuser par ce juste diagnostic quand Lionel Jospin comptait sur son bilan et n'offrait aucune vision d'avenir.
    En 2007, NicolasSarkozy a utilisé, de la même façon, « travailler plus pour gagner plus », « je serai le président du pouvoir d'achat »... Et séduit les « honnêtes gens » qui n'attendent pas tout des allocations familiales et qui croient à la valeur travail. Soit une bonne partie des électeurs.

 

Nicolas Sarkozy a éliminé Jean-Marie Le Pen, au premier tour, en ralliant une partie importante de ses voix potentielles. Et, finalement, remporté l'élection.

Arrivé au pouvoir, il a suivi sa pente naturelle, décomplexée, et a commencé par se servir en augmentant son salaire de président de la République et continué en remerciant ses amis, ouvertement affichés, « en augmentant leur pouvoir d'achat », avec de multiples cadeaux, niches fiscales, bouclier... Ce coté « bling, bling » a choqué.

Et si les caisses étaient vides quand François Fillon est arrivé au gouvernement (où étaient-ils auparavant ?), l'amicale générosité a creusé le trou. Il ne restait plus qu'à colmater les brèches en s'attaquant aux acquis sociaux. Au diable, le point de croissance que Nicolas Sarkozy devait aller « chercher avec les dents »... el les emplois qui devaient tomber du ciel...

 

Certes, les patrons voyous ont été vertement fustigés mais banques et entreprises ont été aidées sans contrepartie (Total peut augmenter dividendes et, pour la deuxième année consécutive, ne pas payer d'impôts !) ; « les paradis fiscaux, c'est terminé » (Nicolas Sarkozy en 2009) mais « les 50 principales sociétés européennes possèdent toutes des filiales dans les paradis fiscaux (96 chacune en moyenne). Avec une mention spéciale pour BNP Parisbas qui en compte 347 (Alternatives économiques janvier 2011).

 

Devant une telle politique, c'est un véritable boulevard vers la présidence qui est offert à la gauche. Les candidats potentiels du PS en ont parfaitement conscience, c'est pourquoi ils passent leur temps non à s'adresser aux victimes de la politique sarkozyenne, non à proposer des mesures fortes pour redresser la situation économique et sociale mais au combat politicien pour savoir qui sera présent pour finalement se faire battre au second tour si ce n'est au premier !
Quant à la « vraie gauche », elle n'est que la parodie de la « fausse gauche ». Le PS se déchire pour présenter un candidat potentiel à la victoire. La « gauche de gauche » se déchire pour en présenter plusieurs qui tous feront moins de 5% !!!

De quoi mobiliser les masses populaires !!!

 

La tactique victorieuse utilisée en 2007 par Nicolas Sarkozy ne garantit pas le succès en 2012. Parce que la situation a changé. Sur plusieurs points.

  • Ayant repris les thèmes de l'extrême droite, Nicolas Sarkozy les a légitimés. Mais il n'a pas satisfait l'extrême droite qui en demande toujours plus. Désormais, la musique du gouvernement et du parti gouvernemental n'est guère différente de celle du Front national, dérapages compris. Les électeurs de droite qui n'osaient pas faire le pas et voter pour l'extrême droite s'y sentent autorisés, au plus haut niveau. Comment leur expliquer que c'est bien de voter pour l'extrême droite aux régionales et moins bien à la présidentielle ?

  • Sarkozy pouvait cacher, hier, ses intentions derrière des promesses ou des déclarations. C'est plus difficile aujourd'hui. Le FN tient les mêmes propos depuis 40 ans sur l'immigration ? Propos hier iconoclastes, aujourd'hui légitimés. En quoi devrait-il être exclu du pouvoir s'il a raison depuis 40 ans.
    D'autant que sur un certain nombre de points les propos de Marine Le Pen se démarquent de ceux de son père et s'alignent, apparemment, sur les valeurs de la République. Hier Nicolas Sarkozy utilisait Jean Jaurès ou Guy Moquet. Marine Le Pen utilise la laïcité et la République, assume la souffrance populaire induite par la politique de Nicolas Sarkozy et de ses collègues européens.

  • Et ce n'est pas la gauche, vraie ou fausse, qui va être capable de répondre. Elle n'a pas su faire face, efficacement, au père, caricatural, comment fera-t-elle face à la fille qui s'appuie sur les acquis du Front national tout en lui donnant un nouveau visage.
    Le père a cédé un matelas électoral important qui s'appuyait sur la vieille droite nostalgique avec des jeux de mots douteux que la gauche, indignée, popularisait par son explication de texte...

  • Aujourd'hui, assurée de ce bloc de voix inaltérable, Marine Le Pen peut s'avancer vers le pouvoir (paradoxalement en prônant la politique que Megret a tenté trop tôt et sans la légitimité filiale).

    Finalement, le boulevard vers le pouvoir, Sarkozy l'a surtout ouvert à l'extrême droite en la légitimant face à l'incapacité des gauches. Il reste à espérer que le peuple sera plus intelligent que les « élites ». Jusqu'à maintenant, il a su résister à la démagogie.

     

    Résistera-t-il longtemps encore ou fera-t-il tout sauter. Et comment ?

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