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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 12:54

Des photos d'affiches ont été ajoutées le 28/12/10 en fin d'article

 

Le foyer culturel le plus important et le plus animé, pendant mon séjour à Alger (1966-1972), était la cinémathèque algérienne de la rue Larbi Ben M'Hidi, créée en 1964 par Ahmed Houcine et Jean Michel Arnold, secrétaire général de la cinémathèque française. Le programme était très éclectique et permettait de voir des films qui ne passaient ni dans les salles, ni à la télévision. La cinémathèque n'était pas fréquentée seulement par des intellectuels, algériens ou étrangers, mais attirait aussi des personnes de milieux plus populaires, probablement du quartier. Les débats étaient fréquents avec des invités, réalisateurs, acteurs, critiques (Claude Chabrol, Joris Yvens, Melvin Van Peebles, Jean-Luc Godard, Alain Robe-Grillet, Jean-Louis Bory...) qui venaient présenter un film. Ces discussions étaient souvent très animées. Elles l'étaient aussi dans les "chaines" d'attente avant le film.

 

Bien sûr, c'est à la Cinémathèque d'Alger que j'ai pu voir tous les très intéressants films algériens de l'époque. En 1969, pour les faire connaître, nous avons organisé à Carcassonne un "festival du cinéma algérien", terme un peu prétentieux pour l'importance de la manifestation.


C'est aussi à la cinémathèque que j'ai découvert le cinéma de différents pays d'Afrique noire et aussi certains films militants comme ceux du Mouvement pour la libération de l'Angola... Parmi les films d'Afrique noire, ceux de Sembène Ousmane méritent une mentions spéciale.

 

Anecdotes :

Ce doit être au moment du festival panafricain, je ne sais pour lequel des films de Sembène Ousmane que nous avons fait la "chaîne" sans succès. La salle était pleine et de nombreux spectateurs attendaient au guichet mécontents.

Nous étions désespérés quand Sèmbène Ousmane est arrivé et voyant une telle foule refusée et déçue, s'est assis sur les marches en exigeant une séance supplémentaire qui eut lieu après minuit !!!

 

Parmi les discussions un peu vives, certaines me sont restées en mémoire. La première a du avoir lieu lors du Festival panafricain. Où ldes spectateurs ont reproché aux cinéastes d'Afrique noire d'utiliser encore la langue du colonisateur alors que les Algériens avaient retrouvé leur langue, la langue arabe.


Une autre avait porté sur la religion. Lors de la prière à la grande mosquée de Dakar (?), on voyait un adulte pousser un gamin à faire comme les adultes alors qu'il gardait la tête en l'air. Cette obligation lui avait été reprochée. Mais pour le cinéaste, la seule religion non importée en Afrique noire était l'animisme.

Cet animisme qu'on pouvait voir pratiqué par une militante maoïste dans un autre film et qui avait étonné, pour ne pas dire plus, certains amis français. Maoïste et animiste !!

 

Une séance mémorable fut celle où le malheureux Yves Montand était venu présenter un film quelque temps après avoir signé un "manifeste d'intellectuels" dont je ne me souviens pas l'objet exact mais qui devait être peu favorable aux Palestiniens. Il a été sommé de s'expliquer et s'en est tiré par des pirouettes peu élégantes. Du genre : "on est sollicité presque chaque jour et on signe un peu rapidement", "ce n'est pas moi, c'est Simone qui donne notre signature"...

 

Ce qui caractérisait la cinémathèque, c'était le nombre de spectateurs avides de voir des films, de tout genre, et d'écouter, de discuter, et surtout la liberté de ton des intervenants, le plus souvent de gauche.

 

On ne peut parler de la cinémathèque et du cinéma à Alger pendant cette période sans signaler l'important travail du critique cinématographique de l'époque, au Moudjahid, Halim Chergui (Guy Hennebelle). De retour en France, Guy, avec son épouse Monique Martineau, a continué son travail de critique en créant la revue CinémAction en 1978 (et plus tard Panoramiques) par laquelle il a contribué à faire connaître le cinéma algérien, le cinéma "djedid", le cinéma de l'immigration et au delà le cinéma militant ou du Tiers-Monde.

 

Pas loin de la cinémathèque, il y avait le "petit théâtre", derrière les Galeries algériennes (transformées, depuis, en musée). Une troupe de jeunes, parmi lesquels Slimane Benaïssa, y montait des pièces qui étaient de véritables manifestes et, quelquefois, l'objet de manifestations contradictoires, notamment, à l'occasion d'une magnifique spectacle sur la situation de la femme.

 

Grâce à la Cinémathèque d'Alger, nous avons organisé  (au nom d'une association que nous avions appelé "Action et nouvelle culture") en septembre 1969 une semaine algérienne avec conférences et  films algérien, la salle étant décorée d'affiches de a Cinémathèque algérienne, retrouvées et photographiées par Jean Clauson.

L'année suivante (je crois), nous avons organisé une manifestation du même type sur le cinéma cubain que nous avions découvert à la Cinémathèque d'Alger.

Voir les affichettes annonçant ces deux programmes.


 

polo 003

 

cinémathèque Alger30ans (15)-copie-1

 

 

cinémathèqueAgerItalien(1)

 

cinémathèque AlgerAllemand (10)-copie-1

 

cinémathèque AlgerAutantLara (14)-copie-1cinémathèque AlgerAsie (12)-copie-1

 

 

cinémathèque AlgerAvantGarde (6)-copie-1

 

cinémathèque AlgerCherchell (11)-copie-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 cinémathèque AlgerFairbanks (17)cinémathèque AlgerFrancaiscinémathèque AlgerGodard (4)

 

 

 

 

 

 

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cinémathèque AlgerSoviet(4)

 

 

 

 

 

cinematheque-AlgerComMusicale--8-.JPG

cinémathèque AlgerPabst (2)

cinémathèque AlgerSternberg (5)

 

 

cinémathèque AlgerIndien (9)cinémathèque AlgerGremillon (7)

cinémathèque AlgerEgyptien (6)

cinémathèque AlgerFord (3)

 

 

 

 

 

cinémathèque AlgerKeaton (3)

Affiches-Algerien-Carca-Rouge--18-.JPG

 

 

 

 

 

 

 


 

Affiches-Algeren-CarcasVert--19-.JPG

 

CinéAlgérien2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CinéCubain1

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 17:09

 Le remaniement est terminé... pour le moment, car des menaces planent... Les affaires continuent et au feuilleton Woerth-Bettancourt viennent se joindre l'affaire Woerth-Compiègne et les rétrocommissions avec une distribution exceptionnelle : Balladur-Chirac, Sarkozy-Villepin, Millon-Juppé... Qui aura le premier prix ?

 

La conjonction de la contre-réforme sociale et des ennuis judiciaires d'une bonne partie de la nomenklatura en place, ouvre l'appétit de tous les candidats potentiels à l'élection présidentielle de 2012.
Le candidat naturel de la droite décomplexée est désormais sous l'étroite surveillance de Copé qui, bien sûr, ne pense qu'à 2017 et de Fillon qui, bien sûr, ne pense à rien... tandis que le centre se démultiplie pour exister : Bayrou, Borloo, Morin...

 

Oublions pour le moment la candidature d'extrême-droite (Marine Le Pen, par le droit du sang, après cependant un contrôle de succession), les candidats à la candidature de EELV (Joly, Cochet... ?) et de la "gauche de gauche" (Arthaud, Besancenot, Chassaigne, Mélenchon...?), le PS, à lui seul, aligne pour ses primaires au moins 9 candidats à la candidature si..., ou au cas où..., en attendant que..., à moins que... (Aubry, Bianco, Hamon, Hollande, Moscovici, Montebourg, Mezrag, Royal, Valls...).

 

Plus un.

 

Qui ne peut faire acte de candidature par suite du devoir de réserve que lui imposent ses fonctions au FMI. Dont il joue à merveille avec l'aide de ses amis, les sondeurs; les journalistes, une grande partie du microcosme. Tous ces gens qui voient clair dans notre avenir sans avoir jamais rien prévu dans le passé. Le plus emblématique étant Duhamel qui a commis avant la précédente présidentielle un livre où il passait en revue tous les candidats potentiels du PS et oubliait celle qui, finalement, a été désignée. Il faut croire qu'il n'avait pas compris grand-chose, à Ségolène Royal ou aux adhérents du PS. Ou aux deux.

 

Tous voient voit en lui la personnalité idéale pour faire passer la pilule. Une compétence mondialement reconnue, lui qui, au moment de prendre les rênes du FMI déclarait, en octobre 2007 : "La crise financière ne devrait pas avoir d'effet dramatique sur la croissance mondiale. La situation est maintenant sous contrôle" (Le Monde 24-25/10/10). Et de gauche ! Son épouse est venue en témoigner : membre depuis 35 ans du PS, ancien ministre de Mitterrand et de Jospin.: " Faut vraiment être tordu pour se dire que Dominique n'est pas de gauche". De gauche comme Pascal Lamy, membre du PS (depuis combien d'années ?), directeur général de l'OMC. Comme Trichet, qui serait un ancien membre du PSU...

 

C'est d'ailleurs ce que confirme Claude Bébéar qui rappelle : " Il y a 30 ans, nous, les assureurs, avions confié à 2 jeunes économistes, Denis Kessler et DSK, une étude sur le financement des retraites. Ils concluaient à la nécessité de créer des fonds de pension" (Le Monde 31/10-01/11/2010). Il n'était pas seulement de gauche mais à l'avant-garde de la gauche.

 

Ce qu'il confirme en disant que le FMI est de gauche et en confiant les rênes du département Europe de cette organisation à un ancien dirigeant de Golden-Sachs... (Politis 04/11/10). Comme est de gauche Georgios Papandréou qui applique la politique du FMI à la Grèce. Comme Nicolas Srkozy qui applique la même politique à la France avant d'y être obligé par le FMI. La seule chose que le directeur du FMI a conseillé au président de la République, au micro de France Inter, c'est d'améliorer sa communication : "Dans les pays où il a fallu tailler le plus durement dans le dépenses... les nouveaux programmes du FMI sont bien acceptés par les populations" en Grèce, "la gauche au pouvoir a gagné les élections régionale et locales"... la population a accepté de " remettre en cause le système de retraite... Selon les pays, cela s'est passé plus ou moins facilement selon que ça a été plus ou moins bien expliqué" (Politis 18/11/10).

 

Tenu au devoir de réserve, quand il vient à Paris, c'est pour rencontrer, officiellement, Sarkozy, le président du G20. Ce n'est que, par hasard, qu'il rencontre, secrètement mais de façon à ce que tout le monde le sache, Aubry, Fabius, Royal et quelques autres pour discuter... "de la situation internationale et de la guerre des monnaies" (Ségolène Royal). Ou déjà pour négocier la composition du futur gouvernement.

 

Sarkozy se voyait en DRH du PS quand il débauchait Besson, Amara... Il aurait du proposer à DSK de devenir son conseiller en communication plutôt que de le laisser partir au FMI. Aujourd'hui, c'est peut-être un peu tard. Car si le devoir de réserve empêche à DSK de se déclarer candidat à la présidence de la République, d'autant que l'appel d'offre par le PS n'est pas encore ouvert, il ne lui interdit pas de déclarer qu'il n'est pas candidat.

 

Ce qu'il n'a pas fait.

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 00:48

 

Trente ministres (plus un Premier) : 28 UMP (90%)dont 16 ex.RPR (52%)

 

sortants

entrants

UMP

ex-RPR

14

30

37%

79%

16

28

52%

90%

ex-DL

5

13%

2

6%

ex-UDF

2

5%

1

3%

ex-non encartés

6

16%

6

19%

ex-société civile

2

5%

2

6%

ex-PS

1

3%

1

3%

Nouveau centre

3

8%

1

3%

en congé du MoDem

1

3%

1

3%

société civile

1

3%

1

3%

Gauche moderne

1

3

3%

8%

0

0

0%

0%

ouverture à gauche

2

5%

0

0%

 

38

 

31

 

(http://www.ipolitique.fr/archive/2010/11/15/gouvernement-fillon.html)

 

Trente ministres (plus un Premier), 12 cumulards

Alain Juppé, en 2008 : "Je serai un maire à plein temps, je n'exercerai pas de fonction gouvernementale". Deux ans plus tard, le maire de Bordeaux arrive à la Défense, tout en rassurant ses administrés : «Entre Bordeaux et Paris, il n'y a que 50 minutes de vol.»
Juppé n’est pas le seul...


Ils sont huit (maires)... : Nathalie Kosciusko-Morizet (Écologie, maire de Longjumeau), Xavier Bertrand (Travail, Saint-Quentin), Luc Chatel (Éducation, Chaumont), François Baroin (Budget, Troyes), Patrick Ollier (Relations avec le parlement, Rueil-Malmaison), Eric Besson (Industrie, Donzère), Laurent Wauquiez (Affaires européennes, Le Puy) et Georges Tron (Budget, Draveil).

Deux ministres sont présidents de conseil général : Michel Mercier (Justice, Rhône) et Maurice Leroy (Ville, Loir-et-Cher).

Un président de région, Philippe Richert (Collectivités territoriales)    dirige la seule région à droite en métropole, l’Alsace.


Le cumul entre un poste de ministre et un mandat exécutif local, qui concerne plusieurs membres du nouveau gouvernement, n’est pas interdit (Libération15/11/2010).


Trente ministres (plus un Premier), 11 femmes (soit 35,5 % de femmes). 

 

Trente ministres (plus un Premier) : 5 nés à Neuilly-sur-Seine. Un gouvernement du 9.2 (15/11/10, Mediapart).



Trente ministres (plus un Premier) et combien de problèmes ?


Rappel : Alain Juppé a été condamné en 2004 à quatorze mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité. Il est ministre de la Défense.


Des profils risqués

Brice Hortefeux a été condamné le 4 juin 2010, par le tribunal correctionnel de Paris "pour injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine". II a fait appel. Il est ministre de l'Intérieur et de l'immigration.

Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée de la Santé, médecin, a travaillé pour trois groupes pharmaceutiques, ce qui peut être embarrassant à l'heure où l'on parle de conflits d'intérêts : Boehringer Ingelheim, de 1999 à 2001, Bristol Myers Squibb, de 2001 à 2006, Sanofi Pasteur, de 2006 à 2009.

Frédéric Lefebvre,   secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions libérales et de la Consommation, domaines sur lesquels il a pu travailler lorsqu'il était lobbyiste, co-fondateur du cabinet Pic Conseil. Frédéric Lefebvre explique qu'il n'y travaille plus depuis dix ans mais en demeure actionnaire et continue à toucher des dividendes. Sous son nouveau nom, "Domaines publics", le cabinet annonce parmi ses « domaines d'intervention » l'artisanat, le tourisme ou l'hôtellerie.


Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat chargée de la jeunesse, est membre du Cora, un « conseil d'orientation et de réflexion de l'assurance » créé par le lobby des assureurs, notamment, sur la dépendance (http://www.rue89.com/2010/11/15/casseroles-et-conflits-dinterets-cinq-ministres-a-surveiller-176017)

 

Un classement sans suite opportun

Michel Mercier, nouveau ministre de la Justice, était visé dans une enquête pour favoritisme...

"Lyon capitale" pose la question, dimanche soir (14/11/10)  : "Comment le parquet de Lyon va-t-il pouvoir légitimement enquêter sur une affaire politico-financière dans laquelle est mêlé leur patron-ministre?"

Lundi matin, le parquet explique que "l’enquête préliminaire suit son cours" et que, bien entendu, la nomination de Michel Mercier au ministère de la Justice, "ne changerait rien aux investigations en cours" .

A midi, le parquet annonce à "Lyon capitale" un classement sans suite. Douze heures à peine après la nomination de Mercier (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3528).


Nicolas Sarkozy pense qu'il est un bon directeur des ressources humaines, il connaît bien sa famille (RPR, Neuilly-sur-Seine), c'est ce qui lui permet de dire, lors de son intervention à la télévision du 16/11/2010, qu'il envisageait de garder ce gouvernement jusqu'en 2012... «sauf imprévu». Prudence.

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 20:07

 

 

La presse, ce matin, ne parle que de remaniement. Depuis des mois, le remaniement n'intéresse personne, dit-on. Et on ne parle que de cela. On distrait la galerie. Mais Nicolas Sarkozy a perdu la main et ce qui s'est passé à Lyon est peut-être plus significatif que ce qui s'est passé à Paris.

 

Sarkozy a perdu la main

Depuis 2007, avec un gouvernement dit d'ouverture, Nicolas Sarkozy faisait sa politique de droite sans complexe (sécurité, identité, contre-réforme), la seconde partie du quinqennat devait être plus sociale pour reconquérir une base populaire qui, d'après les sondages, semble lui échapper.

 

Lors du remaniement, les tendances lourdes ont contraint Nicolas Sarkozy à :

  • reprendre François Fillon face aux sondages et à l'UMP. Finalement, le "collaborateur" était-il devenu indispensable ?

  • faire sa place, en embuscade, à Jean-François Copé, à la tête du parti. La candidat pour 2017 sera peut-être prêt avant !

  • recentrer le gouvernement sur l'UMP, départ de Borloo, prééminence de la vielle garde ave Alain Juppé et Michèle Alliot-Marie comme ministres d'Etat, embaucher les marqueurs les plus droitiers, Thierry Mariani, Frédéric Lefebvre.

  • désavouer Pierre Lellouche, face à l'Europe.

 

Tout ceci ne doit pas gâcher le plaisir de voir Woerth enfin remercié et le ministère de l'identité rangé dans les initiatives avortées même si l'immigration est rattachée au ministère de l'Intérieur et à son, toujours, titulaire, sous le coup d'une condamnation par la justice pour des propos peu en accord avec ses fonctions.

 

Il faut ajouter les palinodies autour de la date du remaniement, annoncée, reculée, et tout à coup précipitée, lors d'un long week-end, peut-être pour occuper les médias en lieu et place du second événement.

 

Lyon ou Paris

 

Car l'essentiel pour les équilibres politiques - aussi bien dans les rapports majorité- opposition que dans les rapports interne à l'opposition parlementaire - s'est peut-être passé à Lyon où a été mise en place la deuxième étape de l'écologie politique.

 

La première étape a été la création d'Europe écologie à l'initiative de Daniel Cohn-Bendit contre une bonne partie des Verts qui, cependant raisonnables, ont bien compris qu'après les multiples échecs électoraux, l'arrivée de DCB pouvait être à l'origine d'un bon score même si tous n'approuvaient pas ses positions. En contre-partie, le programme d'Europe écologie, rédigé par des Verts, n'était pas exactement celui de DCB.

Il a alors réussi à faire une large unité du monde écologiste en mêlant les "oui" et les "non" au projet de traité constitutionnel et en allant chercher Eva Joly, icône indiscutable de la lutte contre la corruption. Sur la liste Europe écologie se sont retrouvés des "non" et des "oui" et, à parts égales, des Verts et des non-Verts, là encore malgré la résistance de certains.

 

Les résultats ont confirmé la justesse électorale de cette association et le lancement de la deuxième étape avec la mise sur orbite de la candidature à la candidature d'Eva Joly, finalement admise par Cécile Duflot, en attendant la primaire qui, pour le moment, devrait l'opposer à Yves Cochet. A Lyon, c'est Europe Ecologie- les Verts (EELV) qui a été inauguré, encore à frottements durs que la presse a bien notés en remarquant le coté peu innovant du nom de la nouvelle formation que DCB n'appelle que Europe écologie et que la salle complète en ajoutant "Les Verts".

Mais DCB qui avait parlé, la semaine précédente, du sectarisme des Vert, a fait le voyage de Lyon; en désaccord avec son frère, pour prendre acte, malgré les réticences des certains, du nouveau pas en avant.

 

Dans ce congrès qui aurait pau avoir, sans lui, l'allure d'une messe apparemment consensuelle traversée par quelques réticences, il a avancé les axes de l'étape suivante. Par quelques phrases que la presse a relevées et qui ont dû être appréciées de façon diverse.

 

1 - "Nous ne sommes ni de droite, ni de gauche".  Cela veut dire que l'écologie politique n'est pas basée sur les clivages du 18 ème ou 19 ème siècles mais sur ceux du 21ème. Surtout qu'il ne faut pas se gargariser de mots "de bois" qui évitent de penser . Enfin l'écologie politique doit être ouverte à tous. Waechter est content, sourit, suit et DCB ouvre EELV à d'autres ralliements... Corine Lepage, centristes ?

2 - "Nous sommes antiproductivistes"; Et la gauche (surtout le PC) comme la droite sont productivistes. C'est une façon claire de compléter la proposition précédente et de rappeler que l'axe central de l'écologie politique n'est pas la lutte des classes, n'est pas seulement social mais planétaire, c'est l'écologie. Car le productivisme de droite ou de gauche va dans le mur. Mais il est prudent et n'emploie pas le mot "décroissance" qui ferait plaisir aux écolos les plus radicaux mais ferait fuir certains et surtout la masse des électeurs à séduire.

3 - "Nous sommes contre cette réforme des retraites", "Il faut battre Sarkozy". Ce qui répond probablement au désir d'une large majorité des membres de EELV et qui implique une alliance avec la gauche contre la droite.

4 - "Nous sommes les meilleurs défenseurs des droits de l'homme". Donc à gauche de la gauche sur la question. Ce qui ne peut que réjouir tous les militants.

Ce dont il n'a pas parlé, et c'est une habileté, c'est de l'Union européenne. Tout le monde sait qu'il est très européiste. Au point qu'il a voté "oui" au traité en dépit de son contenu "libre et non faussé" et de son soutien au capitalisme tel qu'il est et tel qu'il veut être. Il accepte l'Union européenne telle qu'elle est.

Le discours de DCB est un discours "attrape-tout" pour battre le PS en attirant tous les électeurs que l'écologie n'effraie plus, alors que droite et gauche ne font que repeindre en vert les murs de leur vieille maison parce que c'est la mode.

Par ailleurs, les rôles semblent bien répartis au sein du mouvement entre Eva Joly à la candidature, Cécil Duclos à la tête du parti, DCB à la manoeuvre, mais aussi dans les structures dirigeantes.

 

Quant à la gauche. La "gauche de gauche" poursuit sa longue marche sur place depuis 2005... Aura-t-elle en 2012, 2, 3 ou 4 candidats à une élection que tous disent vouloir supprimer ?

De son côté, le PS est pris dans la querelle des "écuries" qui sous-tend toutes les prises de position. En attendant, il se divise entre ceux qui suivent son aile gauche et "l'égalité réelle", pour faire le plein à gauche et réduire la "gauche de gauche" au premier tour avant de s'adresser au second tour aux centristes. Et ceux qui veulent profiter, dés maintenant du désarroi de ces centristes et sont prêts à les accueillir comme Ségolène Royal ou au moins à ne pas les effrayer. Le tout sous le contrôle des médias qui ne manquent pas de stigmatiser la non adaptation des socialistes au monde moderne et à la mondialisation. Et qui ont bien entendu le directeur du FMI comme candidat idéal de gauche.

 

Pour le moment, la presse et les élites tolèrent le discours de ces petits écolos bien sympathiques. Surtout qu'ils vont gêner le PS. Dans quelque temps, si EELV monte dans les sondages, comme die Grünen en Allemagne, il n'est pas sûr qu'il en soit de même. Et on verra les "compétents" poser des questions sur le réalisme des programmes. Sur les contradictions qu'il peut y avoir entre certaines propositions programmatiques et un européisme acritique.

Le remaniemnt un peu pécipité, après une si longue absence, témoigne-t-il de la volonté de Nicolas Sarkozy de rendre inaudible les Congrès de Lyon alors quand son centre se dérobe. En d'autres temps, il avait donné un petit coup de pouce en laissant programmer certins films écologiques à la télvision.

 

L'écologie politique, EELV, réussira-t-ellenà se hisser sur le podium ? A quelle place ? La réussite est loin d'être assurée.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 13:53

 

 

Impôt sur le infortunés. Les étrangers titulaires d'une carte de séjour temporaire devront désormais s'acquitter chaque année d'une somme de 110 euros (au lieu de 70 euros). Pour les familles dont les membres sont généralement soumis à la même précarité administrative, c'est énorme. Lorsque l'on sait que plus de 450 000 personnes sont en possession de ce titre et qu'elles ont peu de chance de sortir de ce statut précaire... (Plein droit, n°86, octobre 2010).

Soit une augmentation de 57% de la redevance pour une recette annuelle de 49,5 millions d'euros. Va-t-on augmenter l'ISF dans les mêmes proportions ? Ou le supprimer ?

 

La France, quatrième exportateur d'armes en 2009 avec 7,2% du marché, après les États-Unis (52,4%), le Royaume-Uni (13,4%) et la Russie (8,4%) (Le Monde 07/10/10).

 

Retraites. M.Sarkozy a atteint l'essentiel, faire passer une réforme qui préserve la notation financière de la France. La vraie réforme reste à faire. Le Parlement a donné un rendez-vous en 2013 (Le Monde 27/10/10). A partir de 2020, dans les hypothèses les plus optimistes, la question du financement du système des retraites par répartition sera de nouveau posé (Le Monde 28/10/10).

 

L'année dernière, 23% des Français auraient renoncé à des soins médicaux pour des raisons d'argent. Dépassement d'honoraires, frais dentaires mal remboursés, tarifs des mutuelles à la hausse... (Le Monde 31/10-01/11/10).

 

Aux Etats-Unis....la productivité du travail a augmenté de 25% en 10 ans..., hélas, sur cette même période, selon USA Today, le revenu réel des employés américains a baissé de 5% (Le Monde Magazine, 30/10/10).

 

Pour satisfaire différents lobbies... ne ont pas soumis à l'ISF les biens professionnels, les antiquités, les objets d'art, les bois et les forêts, les participations à des groupements fonciers agricoles... Au total,... il épargne... largement les grandes fortunes du pays... Plutôt que de supprimer l'ISF, il conviendrait d'en élargir la base en supprimant les multiples exonérations actuelles, tout en abaissant les taux d'imposition (Alter. Éco. Novembre 2010).

 

Niches fiscales. Le Conseil des prélèvements obligatoires propose de réduire les 172 milliards d'euros des déductions fiscales consenties aux entreprises... Dans sa ligne de mire, plusieurs mesures phares de de la présidence Sarkozy : TVA réduite pour la restauration et exonératon des cotisations sociales des heures supplémentaires sont proposées à la suppression (Alter. Éco. Novembre 2010).

 

L'éléphant blanc du Cap. Ecrin de la Coupe du monde de football sud-africaine, le stade du Cap flambant neuf de 68 000 places est déjà un fardeau financier pour la ville... Sur les 10 enceintes du Mondial, 6 ont été construites pour l'occasion... à un prix 10 fois supérieur au montant initialement prévu... Ces villes n'ont; pour la pluaprt, pas de club de football ou de rugby résident... Pour organiser la coupe du monde 2014, la FIFA a réclamé au Brésil non pas 10 stades mais 12 (Le Monde 02/11/10).

 

(La France) aurait dû consacrer 0,51% de son revenu national brut (à l'aide au développement) : son effort sera limité à 0,47 en 2011. Elle pointera en la matière à la dernière place des pays riches de l'UE (Le Monde 03/11/10).

 

On ne sait que faire des déchets nucléaires dont la radioactivité durera des miliers d'années. Pourtant, preque tous les gouvernements encouragent la "renaissance du nucléaire" en repoussant aux petits-enfants le soin de se débrouiller avec ce tas de déchets (Le Monde 03/11/10).

 

Il (André Santini) confesse ne se fier qu'à la graphologie, son intuition et à l'astrologiepour embaucher des collaborateurs... Il avoue cependant être traversé de doutes depuis qu'il a appris que Domenech se fiait aux astres pour composer son équipe de France (Rue 89 03/11/2010).

Pascal Lamy s'interroge sur le capitalisme. En marge de la cérémonie de remise des insignes d'un doctorat honoris causa qui lui a été décerné par l'université de Montréal, il a indiqué,"Depuis quelques années, je m'interroge sur les racines culturelles et anthropologiques du capitalisme de marché qui est intrinsèquement injuste et stresse toujours plus les ressources humaines et naturelles",a dit M. Lamy.
M. Lamy a donné... une conférence sur la globalisation, affirmant qu'elle n'était pas nécessairement irréconciliable avec la protection de l'identité de chacun. Il a estimé en substance qu'une globalisation respectueuse de tous contribuait à la diffusion de valeurs universelles, telles que les droits humains (LeMonde.fr 05/11/10).

Le directeur général adjont de LVMH, Antonio Belloni, a empoché en une journée, le 26/10/10, une plus value de 17,6 millions d'euros après avoir revendu des actions acquises grâce à ses stock-options selon le document publié par l'Autorité des marchés financiers (Le Monde 09/11/10).

Un jeune sur cinq vit sous le seuil de pauvreté : De la France, qui compte 6,7 millions d’immigrés, sortent 5,2 milliards de dollars, ce qui la place au 14e rang des États expéditeurs (Parisien 09/11/10).

Les émigrés envoient toujours plus d’argent vers le Sud : La France, 5e bénéficiaire des transferts de fonds. En valeur, l’Inde, deuxième nation pour le nombre de ressortissants travaillant à l’étranger (11,4 millions), après le Mexique (11,9 millions), reçoit le plus d’argent de ses émigrés (55 milliards de dollars), suivie de la Chine (51 milliards), du Mexique (22,6 milliards) et des Philippines (21,3 milliards).
De la France, qui compte 6,7 millions d’immigrés, sortent 5,2 milliards de dollars, ce qui la place au 14e rang des États expéditeurs. Plus surprenant, la France, avec 1,7 million de ressortissants travaillant à l’étranger, principalement en Europe, se place en 5e position avec 15,9 milliards de dollars de transferts de fonds en sa faveur (La Croix 09/11/10).

Si les taux d’imposition de l’an 2000 étaient encore en vigueur aujourd’hui, l’Etat aurait perçu en 2009 plus de 100 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Un chiffre produit par Gilles Carrez... Rapporteur général de la Commission des Finances à l’AN. Le déficit public serait autour de 50 milliards d’euros (et non de 150 milliards comme aujourd’hui) et le gouvernement ne serait pas obligé de mettre en péril le modèle social français en rognant dans les dépenses (http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2010/11/eva-joly-ringarde-et-populiste-.html).


Conseil économique, social et environnemental. Parmi ces élus UMP nommés «au titre de la vie économique et du dialogue social», certains ont même rendu des services directs à l’Elysée: Hervé Marseille, maire de Meudon, avait ainsi laissé sa place au conseil d’administration de l’Epad à Jean Sarkozy quand celui-ci en briguait la présidence, tandis qu’Yves Urieta s’était allié à l’UMP pour empêcher François Bayrou d’être élu maire de Pau en 2008. «Pierre Charon est conseiller en “tout et rien” du président, c’est surtout son ami et il travaille à l’Elysée. Il était déjà, en même temps, au conseil économique et social (il n’y mettait d’ailleurs quasiment jamais les pieds) ! Toujours est-il que Pierre Charon est nommé, à nouveau, au CESE».
Outre l’indemnité de 3.768 bruts mensuels que touchent ses membres... Tous les anciens membres touchent... une pension d’environ 800 euros par mois (1.200 pour deux mandats), «une pension additionnelle, bien sûr, puisque les ex-membres du CESE touchent déjà une retraite due à leur activité principale» (http://www.slate.fr/story/30021/a-quoi-sert-le-conseil-economique-social-environnemental).

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 22:09

 

Après 40 ans d'absence, le film* de Luchino Visconti, inspiré de "L'ETRANGER" d'Albert Camus, vient de ressortir.

Lors de ma première lecture de l'Etranger, j'avais été frappé, et séduit, à la lecture du livre par la parfaite adéquation de la forme et du fond. Peut-être aussi parce que j'étais prêt à accueillir cette impression d'extériorité sinon au monde, du moins à un certain monde dont je ne voulais pas qu'il soit le mien.

 

Durant mon séjour en Algérie, j'ai eu connaissance de 2 critiques qui m'ont paru fort intéressantes que je rapporte ici avec mes mots.

La première d'Alain Robbe-Grillet qui montrait justement que par la forme, Meursault n'était pas aussi étranger au monde que cela et que tout un vocabulaire subjectif semblait dire le contraire.

En effet, il y a un certain contraste entre les phrases simples, évidentes, factuelles qui décrivent les événements, les personnages, les sentiments dont l'importance est encore relativisée par une incidente qui en dit la banalité ou l'évidence. Au contraire, la nature, notamment le soleil et la mer, sont quasiment des personnages : "la campagne lumineuse, gorgée de soleil", "les vague longues et paresseuses", " la mer immobile et plus loin un cap somnolent"... Comment les protagonistes du procès pourront-ils comprendre et la banalité du quotidien, y compris la mort d'une mère, et le rôle d'un personnage comme le soleil !

Cette critique m'a fait apprécier une qualité de "l'étranger" que je n'avais pas pu ou voulu voir, alors que la première et la dernière phrase du livre conservent toute l'intensité que j'avais ressentie lors de la première lecture.

 

La seconde critique importante a été faite par le Dr Ahmed Taleb Ibrahimi , plusieurs fois ministre, qui montrait que le livre était l'oeuvre d'un pied-noir, d'un étranger à l'Algérie. D'autres l'ont dit aussi. Mais on peut prétendre que Camus ne fait que décrire une situation. Celle de Meursault. Quand Meursault parle des personnages, tous ont un nom, le plus souvent à consonance espagnole ou italienne (Figeac, Masson mais aussi Perez, Cardona, Salamano, Sintès) sauf l'Arabe qui, bien sûr, a un couteau (Raymond a un révolver et une maitresse mauresque) et ses amis, les Arabes, qui restent anonymes.

Ces personnes peuvent être considérées comme le monde et la vision du monde de Meursault. C'est plus difficile quand Meursault relate son procès. A aucun moment, il n'est question de la personnalité de la victime, les témoins "arabes" ne sont pas cités... Ne défilent que les témoins "européens". C'est effectivement l'âme du criminel qui est jugée et non son crime qui, finalement, a peu d'importance. Un Arabe est tué !

 

Finalement, ces critiques sont justifiées et si la situation du personnage et de l'auteur peut expliquer la génèse de l'Etranger, cela n'enlève rien à la qualité de ce livre et à son universalité.

Les Algériens sont certainement plus étrangers à Meursault que la nature algérienne. Mais Meursault est surtout étranger à lui-même. A ses propres sentiments qu'il refuse ou qu'il examine aussi froidement que ceux des autres ou les événements banals de la vie quotidienne comme la mort de sa mère ou le retour des sportifs du stade. Ce n'est que dans sa cellule qu'il reconnaît avoir eu des moments heureux.

 

De son vivant, Camus s'est opposé à l'adaptation de son livre au cinéma. Visconti a dû attendre 1967 pour pouvoir faire le film avec l'obligation de respecter le livre. Ce qu'il a fait. Je ne doute pas que Visconti ait essayé d'ajouter sa touche personnelle. Ce n'est pas à cela que j'ai été sensible. L'image ajoute de la chair a un texte dont la richesse était justement la sécheresse apparente. Lors de sa sortie, cela m'avait énormément géné. Je trouvais les images en contradiction avec le texte. Aujourd'hui, je n'y vois qu'une banale illustration d'un texte qui n'en demandait pas tant.

 

Les seules images que je retiendrai sont le visage de Mastroïani-Meursault en prison et son tête à tête avec le prêtre, après sa condamnation à mort.

 



* Lo straniero ( L'Étranger ), 1967, réalisé par : Luchino Visconti, d'après le roman d'Albert Camus avec Marcello Mastroianni, Anna Karina, Bernard Blier, Georges Wilson, Bruno Cremer.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 21:52

 

"Notre terreur", "Buon giorne, notte", "Des hommes et des dieux"

 

Décisions collectives à huis clos

 

A quelques jours d'intervalle, nous avons vu 3 spectacles (une pièce de théâtre "Notre terreur" et 2 films ("Buongiorno, notte" et "Des hommes et des dieux") sur des événements historiques différents, dans le temps, dans les lieux, dans les motivations historiques des protagonistes : la Terreur en France en 1793-94*, l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro en Italie en 1978**, l'enlèvement et l'assassinat des moines de Tibhirine en Algérie en 1996***.

Il peut paraître étrange de parler en même temps de ces 3 oeuvres et événements. Mais elles se déroulent dans un huis clos relatif où un groupe engagé est confronté à des incertitudes qui pèsent sur les décisions à prendre, en principe collectivement.

 

Dans "notre terreur", tout se passe en réunion au niveau du Comité de salut public. Le monde extérieur n'apparaît que par les récits de l'un ou l'autre des personnages : l'agitation de la Convention, la guerre aux frontières. Les décisions sont difficiles à prendre, des hésitations apparaissent et des affrontements. Mais, à chaque fois, Robespierre entraîne par sa détermination, même si sa prééminence est quelquefois discutée. Quand il se retire, pendant une longue période, son absence même pèse sur des décisions qui ne peuvent être prises.

 

L'essentiel du film sur l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro se passe dans un appartement-prison. L'extérieur ici apparaît, notamment, par la télévision dont chacun attend la justification de l'action entreprise (l'enlèvement avec menace d'exécution) par la nouvelle du soulèvement populaire qui ne vient pas. Les conjurés sont, finalement, prisonniers de leur piège. Seule la jeune femme du groupe qui poursuit ses activités professionnelles, maintient un contact direct avec le monde extérieur. Ce contact avec la réalité, la persistance de son humanité, de son histoire personnelle, lui font comprendre l'inanité de cette action. Dont elle ne peut s'abstraire que par des issues imaginaires.

Un autre des protagonistes doute aussi au point de faire une tentative de sortie, de revoir son amie : il revient, incapable de résister à l'engrenage, à la machine logique autojustificative, bien qu'il soit persuadé de son échec.

Seul, le responsable de l'opération continue à justifier la nécessité de son entreprise et pèse de tout le poids de sa rationalité verbale sur les velléités réalistes de ses compagnons.

 

A Tibhirine , les moines sont en contact avec la population, ils ne disposent, apparemment, de pouvoir que sur eux-mêmes. Ils n'ont pas d'armes. Ils sont au service pacifique de leur engagement par leur seule présence, leur activité quotidienne. La population vient consulter l'un d'eux, médecin, ils sont invités à certaines fêtes par les villageois. Mais ils savent que leur présence est précaire, comme "l'oiseau sur la branche" même si la population leur témoigne un certain attachement. Ils savent que leur vie est en danger : des chrétiens de la population ont été assassinés, seulement parce que chrétiens (dans le film, il n'est pas fait allusion à ce fait que les moines de Tibhirine connaissaient). Ils le savent encore plus quand une bande armée veut réquisitionner le médecin ou des médicaments. Et surtout quand le chef de ce groupe qui avait respecté la volonté de moines est tué par l'armée.

Ce jour-là, ils savent qu'en restant, ils se condamnent au martyre. Et les autres au crime. Sont-ils venus pour être martyrs ? ou témoigner ? Témoigner jusqu'au martyre ?

De multiples discussions les partagent sur le sens de leur présence. Sur le degré de leur engagement. Certains doutent. Ont peur. Mettent en question certaines décisions de celui qu'ils ont désigné pour parler en leur nom. Mais dans le huis-clos, c'est sa parole qui l'emporte. Il sent bien les résistances. Il ne ferme jamais vraiment la porte. Il se contente de ne pas l'ouvrir.

 

Dans ces 3 oeuvres, vues sous un seul angle, artificiellement réunies ici par le hasard, sont posées les questions du doute, de la profondeur, du prix de l'engagement, de la difficulté de la prise de décision collective, de la liberté individuelle, de la démocratie. Questions exacerbées par, à l'extérieur, le "moment historique" et, à l'intérieur du groupe, par l'enfermement à la fois physique, psychologique et politique des protagonistes. Sous l'influence d'un citoyen, d'un camarade, d'un frère.

 

* Notre terreur, 2009, création collective "d’ores et déjà ", mise en scène Sylvain Creuzevault avec Samuel Achache, Benoit Carré, Antoine Cegarra, Éric Charon, Pierre Devérines, Vladislav Galard, Lionel Gonzalez, Arthur Igual, Léo-Antonin Lutinier.

** Buongiorno, notte, 2003, réalisé par Marco Bellocchio avec Maya Sansa, Luigi Lo Cascio..

***Des hommes et des dieux, 2010, réalisé par Xavier Beauvois  avec Lambert Wilson, Michael Londsdale, Olivier Rabourdin.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 16:59

 

 

Depuis quelque temps, deux graves dangers menacent l'Europe : la régression sociale et la montée de l'extrême-droite et de la droite extrême. En réponse, les luttes restent essentiellement nationales. Est-ce suffisant si on veut faire reculer la Commission européenne (CE) et les gouvernements des 27 pays de l'Union européenne (UE) et construire une Europe démocratique, sociale, écologique...?

 

Un pacte de stabilité intermittent

 

Depuis Maastricht, la politique des États européens est en pilotage automatique : pacte de stabilité sous contrôle d'agences privées de notation. Les gouvernements ont organisé leur impuissance et leur irresponsabilité.

 

Quand la crise survient, oubliant contrôles et contraintes, gouvernants, fonctionnaires internationaux, financiers trouvent l'argent nécessaire pour remettre à flot les établissements bancaires ou les entreprises, sous les yeux attendris des commentateurs. Le système est sauvé, au moins momentanément, les responsables de la crise aussi, avec bonus et retraite chapeau.

 

Le chant des contraintes réapparaît alors. La proximité du pouvoir et de l'argent permet de trancher rapidement la question de savoir qui paiera : les victimes de la crise. D'où la remise en cause de la protection sociale dans tous les pays de l'UE.

 

Hier, Sarkozy, l'Américain, se voulait l'ami de Bush. Aujourd'hui, l'ami de Merkel. Dans tous les cas, l'ami de ceux sur lesquels il peut s'appuyer pour faire avancer sa politique libérale. En effet, le modèle est la rigueur imposée depuis dix ans aux salariés allemands.

Sur cette voie, les gouvernements de l'UE appliquent des règles similaires : diminution de la durée d'indemnisation du chômage (Danemark) et des allocations familiales (Danemark, Espagne), licenciement de fonctionnaires (Roumanie) ou non remplacement lors de départ à la retraite (Espagne, Portugal), recul de l'âge de départ à la retraite (Espagne, Grèce), gel des retraites (Espagne), augmentation de la TVA (Espagne, Grèce, Hongrie, Portugal, Roumanie,Slovaquie), suppression du 13ème mois des retraites (Grèce, Hongrie), baisse des subventions à l'agriculture et aux transports publics (Hongrie) ou à la culture (Lituanie), augmentation des taxes sur le tabac, l'alcool (Grèce, Slovaquie), les carburants (Grèce), diminution ou blocage du traitement des fonctionnaires (Irlande, Italie, Lituanie, Portugal, Roumanie, Tchéquie), diminution des pensions vieillesse (Lettonie, Lituanie, Roumanie), des dépenses santé et des investissements (Portugal)...

 

En France, la situation est caricaturale. Quand Fillon arrive à Matignon, il déclare l'État au bord de la faillite. Depuis, il a fait un grand bond en avant en distribuant les réductions d'impôt : bouclier fiscal, allègement des droits de succession, défiscalisation des heures supplémentaires, création de nouvelles niches fiscales... Les seules 468 niches fiscales amputent les recettes de 75 milliards d'euros au moins... En 2003, le Conseil des impôts en recensait 418... Plus de 200 ont été crées depuis 2000.

 

Les mésaventures de la femme la plus riche de France et ses relations avec d'innocents gouvernants qui ne la connaissaient pas ou si peu qu'ils ne correspondent que par enveloppes est un des feuilletons de l'été... Pendant ce temps, le chômage touche 10% de la population, 23% des jeunes, 13% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, 23% des Français ont ajourné des soins pour des raisons financières. Pour améliorer la situation, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n'est pas remplacé et on propose de reculer l'âge de la retraite de façon à payer des pensions moindres, tout en augmentant le nombre chômeurs, notamment de jeunes de plus en plus en chômage de longue durée !

 

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les manifestations du 24 juin, des 7 et 23 septembre, des 2 et 28 octobre soient, au delà des chiffres avancés ici ou là, des succès. Mais l'attaque des droits sociaux n'est pas réservée à la France. Et c'est dans l'Europe entière que la grogne sociale se manifeste.

 

En Europe, le taux de chômage est le plus élevé depuis 10 ans. Il a augmenté de 36% depuis 2007. Pour John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), le danger de la politique d'austérité des mesures gouvernementales est d'entraîner la récession quand l'économie en est déjà très proche. C'est aussi l'opinion du Fonds monétaire international (FMI), qui a lancé plusieurs avertissements en ce sens au cours des derniers mois !

 

Cette situation a entraîné la CES, pourtant très modérée, à lancer une euro-manifestation à Bruxelles, le 29 septembre. A la veille de la réunion des 27 ministres de l'économie, à quelques jours de la présentation des plans de la CE pour examiner les budgets nationaux et sanctionner les pays trop « laxistes » et définir les orientations pour les 10 ans qui viennent.

Cette manifestation a réuni 100.000 personnes venues de toute l'Europe pour dire "non à l'austérité". Cette journée d'action – la plus importante depuis 2001 (80 000 participants) à Bruxelles – était accompagnée ou précédée de multiples rassemblements ou manifestations : Lisbonne, Porto, Helsinki, Dublin, Rome, Riga, Varsovie, Bucarest, Prague (40 000 fonctionnaires dans la rue, le 21 septembre, plus grande manifestation depuis la chute du communisme), Athènes...

 

Mais l'événement le plus important de cette journée est la grève générale en Espagne contre le plan de rigueur : baisse des salaires des fonctionnaires de 5%, gel des retraites, suppression de certaines prestations comme le "chèque-bébé" pour les nouveaux parents ou l'aide aux chômeurs de longue durée et, surtout, réforme du marché du travail avec diminution des indemnités de licenciement et réforme des retraites avec report du départ à la retraite de 65 à 67 ans. C'est la première grève générale sous Zapatero, grève décidée par les deux centrales syndicales CCOO et UGT. Cette grève était soutenue par 54,6% des Espagnols. Tandis que les socialistes de Zapatero ne sont soutenus que par 28,5% des sondés contre 32,9 en septembre. Le niveau le plus bas depuis 2008.

 

Des luttes au niveau national peuvent avoir des résultats locaux : les travailleurs d'IG Metal, en Allemagne, ont obtenu une augmentation des salaires de 3,6% (ils demandaient 6%) par les grèves dans la sidérurgie des 22, 23, 24 septembre. En France, le gouvernement a fait de petits reculs sur la retraite des handicapés (de plus de 10% au lieu de 20) ou les mères de 3 enfants ou plus. Il est possible que devant la force des manifestations et les résultats des sondages tout au long du conflit, Sarkozy, pensant à 2012 et ayant montré à la droite sa détermination, ouvre des négociations sur d'autres questions sociales pour récupérer quelques voix "sociales".

 

Mais la question est européenne et un front revendicatif européen est nécessaire pour mettre en échec les projets de la Commission et s'opposer au front des 27 gouvernements de l'Union.

 

Une montée de l'extrême droite

 

Un autre grave danger menace les pays d'Europe, la montée de l'extrême-droite. Certains pouvaient croire que l'histoire du XXème siècle avait vacciné définitivement l'Europe, que l'extrême-droite n'existerait plus que sous forme d'un mauvais souvenir et d'un résidu.

 

Les Français sont bien placés pour savoir qu'il n'en est rien avec la carrière de son chef en France depuis plus de 50 ans, après d'autres comme Tixier-Vignancourt qui avait transmis le flambeau... Même s'il est difficile de l'imaginer dans le rôle de Hitler et de la solution finale, ses plaisanteries douteuses montrent bien qu'il en assume la filiation. Son dernier voyage au Japon aussi.

 

Mais la France n'est pas la seule à être atteinte. Dans certains pays comme l'Italie, l'Autriche, la Hongrie (parti Jobbik), des forces politiques se rattachent à une tradition nationale d'extrême-droite. Beaucoup plus étonnante est l'apparition de tels courants dans des sociétés que l'on croyait, ignorant peut-être leur histoire, au dessus de tout soupçon.

Aujourd'hui, des forces significatives d'extrême-droite existent dans différents pays en Europe :

  • En Autriche, l'extrême-droite fait un retour en force aux législatives de 2008 avec le Parti autrichien de la liberté (FPÖ) et un score de 18 % et l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) avec 11 % des voix, soit un total cumulé record de 29 % des suffrages exprimés.

  • En Belgique, le Vlaams Belang, parti flamand a recueilli 11,7% des voix en 2007, tandis que le Front national francophone obtenait 1,9%.

  • Au Danemark, depuis 2001, le pays est gouverné par le Parti libéral et le Parti populaire conservateur avec l'appui des parlementaires du Part populaire danois (Dansk Folkeparti), formation connue pour ses prises de positions très dures en matière d'immigration. Le DF a amélioré encore ses résultats en 2007 avec 13,2% des voix et 24 sièges de députés.

  • En Finlande, l'extrême-droite a obtenu de plus de 4 % des suffrages aux législatives de 2007 et 10% aux européennes de 2009. C'est maintenant la cinquième force politique du pays

  • En Norvège, présent au Parlement depuis 1973, le Parti du progrès (FrP) a obtenu près de 23 % des suffrages aux législatives de 2009.

  • En Suède, l'extrême-droite est entrée au Parlement en juin avec 5,7% des voix et 20 sièges qui lui donnent un position clé dans un parlement sans majorité de gouvernement.

  • Aux Pays-Bas, le populiste xénophobe Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté (PVV), vient de passer un accord de soutien sans participation au gouvernement.

Mais l'extrême-droite n'est pas tout. Certains, par conviction ou par électoralisme s'emparent du discours de l'extrême-droite notamment sur l'immigration. « Au Danemark, les sociaux démocrates ont perdu le pouvoir en 2001, après avoir, face au parti xénophobe et populiste... durci la politique de l'immigration ». « L'ancien Premier ministre travailliste, Gordon Brown, n'avait-il pas emboîté le pas du parti d'extrême droite BNP, en 2007, en pointant du doigt les immigrés polonais ?» (Le Monde 23 septembre 2010).

 

En France, c'est l'opération qu'a tenté et assez bien réussi Nicolas Sarkozy en 2007 pour s'emparer des voix du Front national. Mais ce n'est pas le premier à jouer de ce jeu... Il suffit de se souvenir des « chiites » de l'automobile ou « du bruit et des odeurs »...

En fait, depuis 1974, les Français sont soumis de façon régulière, en dehors de quelques accalmies, à des déclarations contre les immigrés responsables de tous nos maux, Nicolas Sarkozy et son équipe prétendent au titre de champion « toutes catégories ».

 

Élu en 2007, notamment grâce à un discours sécuritaire, voyant sa côte baisser dans les sondages, il a voulu repartir à la conquête de l'opinion en jouant sur des sentiments d'exclusion, de racisme... Mais il aurait dû se méfier. Car s'il est possible de drainer quelques voix du Front national, il n'est pas sûr que ce soit la bonne solution pour se faire réélire. Il risque de perdre au centre les voix qu'il gagne à l'extrême-droite par un alignement trop dur.

 

Le risque de ce matraquage permanent est qu'il n'entraîne, à la longue, une évolution de la population vers des sentiments de rejet. Cependant, on peut constater que ce n'est pas encore le cas.

Malgré un discours contre les immigrés qui dure depuis plus de 30 ans, les sondages de la "Lettre de la citoyenneté" montrent que le taux des réponses favorables au droit de vote aux élections municipales et européennes des résidents étrangers ont progressé de 32-28% en1992/94 à 50% lors des derniers sondages. Que dans tous les sondages, la question qui préoccupe le plus les Français, ce n'est pas l'immigration mais les difficultés sociales et notamment le chômage. Et les personnalités les plus prisées s'appellent Noah, Bon, El Maleh ou Zidane...

 

Malgré cela, Sarkozy a nommé son besson au ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire pour lancer un grand débat sur l'identité nationale qui a fait un grand flop conclu par un silence présidentiel. Les Français n'ont pas mordu malgré de multiples dérapages verbaux qui indiquaient bien la direction à suivre.

 

Devant ce échec et une chute continue dans les sondages, il a été décidé de reprendre le discours sur la sécurité qui avait déjà si bien servi agrémenté d'un énième projet de loi sur l'immigration qui choque même ses électeurs traditionnels et la hiérarchie catholique (d'où un voyage de notre chanoine du Latran à Rome) et d'une circulaire discriminatoire épinglée par les organisations de solidarité, ce qui est habituel, par les autorités religieuses et aussi par la Commission européenne ce qui l'est beaucoup moins. Circulaire qui a d'ailleurs été remplacée, à la suite de ces protestations, par une circulaire plus acceptable dans la forme sans que son auteur ait démissionné, ni son ministre de tutelle déjà condamné en correctionnelle pour des propos racistes.

 

Mais là encore, le but recherché n'a pas été atteint. Le "président outragé d'un grand pays" n'a pas réussi à faire naître une solidarité dans l'indignation nationaliste. Mais un courant d'indignation contre l' arrogance d'un chef d'État qui méprise le règles d'un traité qu'il a fait adopter contre la volonté de son peuple. Et par la même occasion le mépris pour le « petit » État du Luxembourg. Pour les commissaires aux ordres du gouvernement de leur pays d'origine... Finalement, Sarkozy a cependant reçu un soutien important, celui de Berlusconi qui a du renoncer de son coté à relever les empreintes digitales et à photographier tous roms en Italie !!

 

Il n'est pas sûr que les Français soient d'accord pour retirer leur nationalité à ceux qui l'ont choisie et non héritée. Si Brice Hortefeux veut faire la liste des Français qui portent un préjudice grave à la France et auxquels on pourrait retirer la nationalité, il devrait essayer de mettre Nicolas Sarkozy en première ligne. Peut-être ferait-il un bond personnel dans les sondages.

 

(Article, avec quelques petites modifications, déjà publié dans Rouge et Vert n°313 du 07/10/10)

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 19:35

 

 

Guerlain, le travail et le nègres...

 

La déclaration de Paul Guerlain, le 15 octobre, sur France 2, a été reprise par tous les médias : « Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin...».

Tout le monde s'est insurgé contre le coté raciste de cette déclaration. Curieusement, personne n'a relevé la première partie de la phrase : "Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre".

Si Paul Guierlain émet des doutes sur le fait que les nègres aient "toujours tellement travaillé", il avoue clairement que ce n'est pas son cas.

Et personne ne relève que c'est une insulte à tous ceux qui travaillent dur. On nous serine même : "Travailler plus pour gagner plus".

Paul Guerlain montre bien que cet axiome est faux.

 

Vive les riches... car ils sont généreux !

 

Bill Gates a fait fortune, surtout, en obligeant tous les acheteurs d'un PC a acheter, en même temps, ses logiciels. C'est une vente liée, interdite par la loi. Mais la loi ne s'applique pas à Bill Gates. Cela a fait de lui un des hommes les pus riches du monde.

Son ami, Warren Buffet, lui dispute ce titre. Grâce à ses succès dans ses choix financiers qui l'ont fait surnommer "l'oracle d'Omaha".

Georges Soros est devenu célèbre pour avoir contraint, pas ses spéculations, la livre à sortir du SME en 1992, ce qui lui vaut le surnom de "homme qui a fait sauter la banque d'Angleterre".

Fortune faite, ils se refont une santé morale en devenant philanthropes : les premiers à travers la Fondation Bill et Melinda Gates, le dernier pour le développement des pays les plus pauvres.

Ils repennent ainsi une vieille tradition du XIXème siècle où le châtelain ou le patron d'usine exploitaient les travailleurs pendant que leur épouse s'occupait des bonnes oeuvres.

Ah, les braves gens !

 

Pour sa part, Warren Buffet est d'une lucidité et d'un cynisme redoutables. N'a-t-il pas dit : « Une personne très riche doit laisser suffisamment à ses enfants pour qu'ils fassent ce qu'ils veulent mais pas assez pour qu'ils ne fassent rien ».

« Le système des impôts a complètement dévié en faveur des riches aux dépens des classes moyennes au cours des 10 dernières années. C'est dramatique ».

« Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n'avons jamais été aussi prospères. C'est une guerre de classes, et c'est ma classe qui est en train de gagner ».

 

Qui en tirera la conclusion logique : l'augmentation confiscatoire de l'impôt sur les successions à partir d'un certain seuil de richesse ?

 

Certainement pas Jean-François Copé qui sent monter comme un dangereux parfum de Nuit du 4 Août.

 

Prêtres, pédophilie

 

En 2007 (dernière statistique de la Conférence des évêques de France), il y avait en France 15 341 prêtre diocésains (exerçant dans une paroisse). Ce nombre diminue en moyenne de 600 par an (Blog de laïcs catholiques 26/06/09*). Il y aurait donc 13 500 prêtres en 2010.

Neuf prêtres sont emprisonnés en France pour actes de pédophilie et 51 mis en examen selon la brochure de l'Église catholique intitulée "Lutter contre la pédophilie" (Le Monde 22/10/10). Ce qui donne un taux de 4,4 pédophiles pour 1000 prêtres.

 

 

* http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/06/la-fin-du-mois-juin-est-traditionnellement-une-p%C3%A9riode-faste-pour-les-ordinations-sacerdotales-qui-sont-souvent-conf%C3%A9r%C3%A9es.html)

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 15:53

 

 

Obtention du bac selon la catégorie sociale et la génération

(Ministère de l’Education nationale, l’état de l’école. Edition 2009 http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=272)

NB : la différence entre enfants de cadres et enfants d'ouvrier n'a pas évolué : elle est toujours de 39 poins !!!

 

En1990, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques dénombrait seulement 28 partis politiques. Au 30 juin 2009, elle en dénombrait 283. Depuis le 1er janvier 2009, pas moins d'une quarantaine de petits partis ont été créés... Presque tous les membres du gouvernement ont un parti ! (Le Monde 07/07/10)

 

Les principales mesures fiscales décidées depuis 2007ont fortement grèvé nos comptes publics : 3 milliards en 2010 pour la baisse de la TVA sur la restauration ; 1,5 milliard pour le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier ; 4,1 milliards pour les heures supplémentaires ; 600 millions pour le bouclier fiscal ; 2 milliards pour les droits de succession et les donations ; 670 millions pour la réduction d'impôt sur la fortune en cas d'investissement dans les PME non cotées.

Selon le Conseil national des impôts, laFrance est le pays du G7 qui compte le plus de niches fiscales avec, en 2003, 200 dispositifs de plus que le Canada, l'Allemagne ou encore le Royaume-Uni !

Le système fiscal français est peu redistributif,du fait du poids important de la CSG (impôt proportionnel) par rapport à l'impôt sur le revenu (impôt progressif) et du poids encore plus important de la fiscalité indirecte – principalement la TVA- qui, elle, est régressive (Le Monde 06/07/10).

 

Genève, havre des fortunes françaises en exil... "Plus de 50% de la bourgeoisie française dispose d'un compte en Suisse, au delà des quelques centaines de grandes fortunes"affirme Me Dominique Warluzel, avocat... Les Allemands déposent leur fric à Zurich, les Italiens à Lugano, les Français à Genève"(Le Monde12/07/10).

*

Deux ans et demi après la panique qui a suivi la chute de Lehman Brothers, qu'est-ce-qui a changé ? A priori, rien. Les banques se sont hâtées de rembourser l'aide des États – accordée quasiment sans condition – et se retrouvent les mains libres. Les marchés continuent de spéculer à coeur joie. Ils profitent d'une instabilité qu'ils sont les premiers à entretenir, car plus il y a de volatilité, plus il y a de paris à faire et plus il y a d'argent à gagner (Alter éco juillet-août 2010).

 

Le nombre d'exploitations (agriculture bio)a progressé de 23,7% en 2009 par rapport à 2008, portant leur total à 16 446, soit 2,45% de la surface agricole utile. Après la stagnation des années 2002-2008, la filière semble repartir. Il serait temps : l'objectif du Grenelle de l'environnement était de faire passer de 2 à 6% la surface en bio avant 2012 (Alter éco juillet-août 2010).

 

Pauvreté au RU : D'après une étude en cours, portant sur 19 000 Britanniques nés en 2000-2001, les enfant de parents diplômés ont, à 3 ans, un vocabulaire en avance de 10 mois en moyenne, par rapport à ceux dont les parents sont moins diplômés. A 5 ans, les enfants de parents sans qualifications ont 6 fois plus de problèmes comportementaux, 3 fois plus de problèmes de santé et 2 fois plus de cas d'obésité. Dans cette enquête, le taux de pauvreté des enfants est de 38%.

En 2008, les statistiques officielles montrent que les inégalités de revenus sont plus grandes que sous l'époque de Margaret Thatcher (London Evening standard 21/07/10).

 

Cocorico : la France compte plus de millionnaires que les autres
... la France compte beaucoup de riches : 1 millionnaire sur 11 (en dollars) dans le monde est français. La France serait le troisième pays au monde par le nombre de millionnaires, alors qu'elle n'est « que » la sixième ou septième puissance économique mondiale.

La France compte 2,2 millions de millionnaires, 9% du total mondial : moins que les Etats-Unis et le Japon, plus que les autres pays d'Europe. La France a le quart des riches d'Europe, et dépasse, dans un ordre surprenant, Italie, GB, Allemagne, ce qui ne correspond pas à la richesse nationale globale ni à l'ordre du PIB par habitant... Elle est... loin devant la Chine qui ne compte « que » 3% des millionnaires du monde alors qu'elle est la deuxième puissance économique globale et compte 20% de la population mondiale.

L'Insee, pas le Crédit suisse (chacun son boulot), a publié une autre statistique... : celle du nombre de pauvres, 8 millions... pas moins de 13% de la population française dispose de moins de 949 euros par mois pour vivre.

Evolution au cours de la dernière décennie dans ces deux extrêmes de la société.

  • Chez les riches : selon le Crédit suisse, la richesse par adulte en France a triplé entre 2000 et 2007, avant de refluer de 15% depuis...

  • Chez les pauvres : selon l'Insee, « le taux de pauvreté a décru de 1996 à 2004 pour se stabiliser ». Entre 2007 et 2008, le nombre de pauvres a légèrement diminué (de 13,4% à 13% de la population), mais uniquement grâce à l'augmentation du nombre de bénéficiaires d'allocations d'aides sous condition de ressources.

Dans un pays qui compte un quart des millionnaires en dollars d'Europe, comment se fait-il que la perception d'une grande majorité des Français soit celle d'une menace de déclassement, d'une dégradation progressive de leur niveau de vie, d'entorses aux principes d'égalité qui fondent la République ? (Pierre Haski | Rue89 )


Licencier pour gagner plus : aux Etats-Unis, les dirigeants des 50 entreprises qui ont le plus diminué leurs effectifs en 2009 ont gagné en moyenne 12 millions de dollars, soit 42% de plus que la moyenne des patrons du Standard & Poor's 500, selon une étude de l'Institute for policy studies (Alter éco octobre 2010).


Les Français ne sont pas réacs... à en croire le Credoc. L'enquête "conditions de vie et aspirations" indique que 61% de la population est favorable au mariage homosexuel et que près de la moitié soutient l'homoparentalité... Les Français sont également très attachés aux valeurs de solidarité, à l'Etat-providence et à l'aide en faveur des plus démunis. La crise ne s'est donc pas traduite par un repli vers des valeurs traditionalistes, comme on aurait pu le craindre (Alter éco octobre 2010).


Les entreprises sont désormais obligées de s'endetter pour payer leurs dividendes. En 30 ans, le résultat d'exploitation des entreprises (en euros 2009) a été multiplié par 3 et les dividendes versés... par 10 !! (Alter éco octobre 2010)


Le phénomène de renoncement aux soins ... concerne, à ce jour, près de 9 millions de personnes à la limite du point de rupture dans le respect du principe fondamental de l'accès aux soins (Que choisir ? Novembre 2010).

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Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
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