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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 10:22

 

La "divine surprise" de la Corbeille !


Les résultats électoraux confirment les sondages. La popularité du gouvernement est au plus bas. Y compris auprès de ses électeurs et de ses soutiens. La volonté de rupture est émoussée. Après avoir voulu séduire tout le monde avec des promesses contradictoires, il faut revenir aux fondamentaux.


Recul sur la taxe carbone. Recul sur la suppression du juge d'instruction. Augmentation de la consultation médicale. Proclamations sur la PAC "quitte à mettre l'Union européenne en crise"...


Et mise en avant de la sécurité bien sûr. De la xénophobie malgré l'échec du débat sur l'identité nationale – où est passé le grand discours de Sarkozy ? Reste à satisfaire le Medef qui, après la suppression de la taxe professionnelle, en redemande. Il faut mettre en question les acquis sociaux.


La Grèce est attaquée. Et un peu le Portugal. L'Irlande, l'Espagne, l'Italie sont menacées. Mais la France est à l'abri. La France n'est pas la Grèce, ni le Portugal... Coté pile.
Coté face, la volonté politique de régression sociale existe, il faut trouver le moyen de faire passer la pilule.


A son arrivée, Fillon a proclamé que les caisses étaient vides. Le gouvernement a creusé ce vide en allégeant les impôts. Maintenant, pour le combler, il faut diminuer les dépenses. Pas seulement en France. La crise financière permet de proclamer "urbi et orbi" qu'il n'y a qu'une possibilité pour éviter l'effet "domino" (bien que la France ne soit pas la Grèce...) : attaquer les acquis sociaux simultanément dans tous les pays de l'UE. C'est la divine surprise de la Corbeille !


La politique de régression sociale était en marche, la Corbeille l'accélère. Il est loin le temps où de Gaulle affrimait, la politique ne se fait pas à la Corbeille.


Centre de rétention à ciel ouvert ?


Nicolas Sarkozy voulait mettre à la tête du conseil général de la Seine-Saint-Denis un commandant de police, secrétaire général secrétaire général d'un syndicat policier, "modèle d'intégration réussie", nommé depuis "sous préfet hors cadre" pour s'arranger avec le Code électoral. Au lieu du président de la chambre des métiers qui avait été choisi. Il est clair que pour Nicolas Sarkozy, la Seine-Saint-Denis a plus besoin de police que de développement économique.


Après la casquette des régionales, il a changé le képi de tête. A défaut d'un président de Conseil général policier, il a nommé comme préfet un ancien commandant du Raid. C'est le septième préfet de a Seine-Saint-Denis en 10 ans, le troisième en 3 ans. Le département de la Seine-Saint-Denis serait-il devenu un terrain de stage pour préfet en formation ou en recyclage ?


Avec la nomination d'un ancien commandant du Raid, "au CV parfait", le président veut "affirmer en Seine-Saint-Denis l'autorité de l'Etat", (auto) critique de certains ministres de l'Intérieur qui auraient négligé cette tâche ?


Certains mauvais esprits pensent que Nicolas Sarkozy voit le département comme un grand centre de rétention. Et les écoles du département comme autant de Fort Chabrol. D'où des déclarations sur les «voyous», après la "racaille", la menace de suspension des allocations familiales après le kärcher, l’implantation de policiers dans 53 établissements sensibles, la création d’internats spécialisés pour les «jeunes qui terrorisent les autres élèves».


D'autres avancent que le président va abandonner "La Lanterne" pour s'installer à Saint Denis. Il songerait à utiliser un droit de préemption. Dans cette optique, la tâche essentielle du nouveau préfet serait simplement de veiller sur sa future place dans la nécropole des rois de France.



Les fâcheux


Lors du référendum sur le projet de traité constitutionnel, la participation a été importante et le "non" l'a emporté. Un traité de substitution a été élaboré et il n'a pas été demandé aux citoyens de se déjuger.

Lors des élections régionales, la majorité des citoyens n'a pas pris par au vote. Mais, parmi ceux qui ont voté, la majorité a dit "non" au parti gouvernemental et au président.

D'où une intense réflexion dans le cadre de la réforme territoriale, pour voir quel type de scrutin pourrait assurer une majorité perpétuelle malgré tous ces fâcheux citoyens.



La ligne Maginot


La SEC et la FSA, respectivement gendarme de la bourse aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ont décidé de poursuivre la banque Goldman Sachs. Derrière sa ligne Maginot, la ministre de l'Economie n'a pas rejoint "l'aliance atlantique". En réponse au Figaro (21/04/10), Me Christine Lagarde a déclaré qu'à première vue la France n'était pas touchée par le comportement des cette banque. Et qu'elle attendait l'avis de l'AMF pour prendre une décision fin avril.

La ligne Maginot a encore montré son efficacité. Après avoir bloqué le nuage de Tchernobyl sur le Rhin, elle a arrêté la banque Goldman Sachs sur la Manche. Elle ne laisse passer que les anges et le silence de l'AMF et Me Lagarde.



Pendant la crise, les affaires continuent


Décidément les chose ne tournent pas rond dans la gestion de l'Union européenne. Et les remèdes pour remettre tout en marche sont rudes et complexes. Mais, tout les espoirs sont permis car la cause de ces désordres a été trouvée par le président du Sénat :
" Nous payons les conséquences du non au traité constitutionnel. Tous les bégaiements qui ont eu lieu à ce moment là nous ont empêché d'affirmer une Europe plus forte" (Le Monde 30/04/10).

L'Europe n'est pas assez forte. Mais les banques le sont. Après avoir précipité le monde dans la plus grande crise financière depuis 1929, certaines ont connu un malaise passager, rapidement traité par l'injection de capitaux par les gouvernements. Les bénéfices sont repartis.

Elles ont réussi à mettre la Grèce à genou et l'euro en question. Mais une chaîne de solidarité a été mise ne place. Il est fait appel aux banques pour redresser la situation dont elles sont responsables ! Le mécanisme est complexe mais parfait.

Les grandes banques empruntent de l'argent à la BCE au taux de 1%. Avec cet argent, elles peuvent spéculer et acheter des obligations grecques à 7, 8% ou plus (bénéfice de 6 à 7%... avec risque). Ou le prêter, généreusement, aux Etats, à la France par exemple au taux de 3% (bénéfice 2 % sur les sommes prêtés sans grand risque). La France disposera alors des sommes qu'elle va mettre, généreusement, (bénéfice 2% sur les sommes prêtées) à la disposition de la Grèce à 5% (6% au delà de 3 ans). Ainsi la Grèce ne sera pas obligée d'emprunter directement aux banques à 7, 8% ou plus, l'argent qu'elles ont obtenu à 1% de la BCE !


Le FMI, à la réputation sulfureuse, financé par tous les pays du monde y compris les plus pauvres, prête à la Grèce au taux de 3% ! Il faut être simple d'esprit pour se demander pourquoi la BCE, financée par les Européens solidaires, ne prête pas au même taux ou même au taux de 1%. Elle le fait pour le banques. C'est interdit par les traités !!


Les affaires continuent y compris pour les Grecs (en attendant les autres) : augmentation de la TVA de 2% après une première augmentation de 2% en mars, amputation des pensions et des salaires...



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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 21:04


De Rome à Lisbonne en passant par Maastricht, de l'Europe des 6 à l'Europe à 27, l'unité européenne se construit progressivement sur la base d'un capitalisme libéral discret au départ, du fait notamment de l'existence de l'Union soviétique à l'Est et de la présence d'une classe ouvrière fortement organisée par le parti communiste dans 2 des 6 pays initiateurs : l'Italie et la France.

 

Dans cette conjoncture, une politique social-démocrate paraissait à beaucoup comme un compromis, équilibré, permettant la reconstruction, le rétablissement du capitalisme industriel et un certain degré de neutralisation de la classe ouvrière grâce à l'amélioration des conditions de vie.

 

L'échec multipolaire des utopies communistes, des Khmers rouges à Cuba, de la Chine à la Corée du Nord, avec surtout l'affaiblissement progressif de l'Union soviétique et la chute du mur de Berlin, a signé l'indiscutable victoire des forces capitalistes. Parallèlement, les partis communistes occidentaux disparaissent peu à peu. Et le communisme n'incarne plus ni l'espoir pour les uns, ici ou ailleurs, ni la crainte pour les autres.

 

Désormais, le capitalisme peut prendre son vrai visage. Sans contrepoids. Sans limites. Sans danger. Que lui même. C'est la fin de l'histoire et le règne du capitalisme pour mille ans !

 

L'Europe s'engouffre derrière Thatcher et Reagan dans ce capitalisme de plus en plus financier soutenu par les médias et les élites politiques qui justifient le système contre l'humanisme, au nom d'une modernité abstraite. Le chacun pour soi, la réussite individuelle au lieu de la solidarité. Le chacun pour soi individuel à l'intérieur, plus ou moins collectif à l'extérieur : "I want my money back" de Thatcher : limitation du budget européen malgré l'élargissement, choc des civilisations, lutte des races contre lutte des classes...

 

Le système tourne tout seul. La finance domine l'économique. Les politiques ont abdiqué, comptant sur l'autorégulation d'un marché libre et non faussé, sauf à se mettre au service de ce marché. A la satisfaction impudique des puissants qui s'enrichissent en ignorant les émeutes de la faim, les résistances dispersées et sans projet politique donc peu dangereuses. Ignorant aussi l'impossibilité d'une croissance infinie dans un monde fini, de la généralisation du mode de vie occidental à l'échelle planétaire...

 

Jusqu'à la crise actuelle. Qui donne raison aux "irresponsables" qui l'avaient annoncée et surtout qui refusaient de faire de la bourse la valeur suprême de l'humanité. Les "responsables"  les plus lucides pensent maintenant qu'il faudrait modifier le système pour que des régulations "douces" lui permettent de perdurer. Qu'il faudrait changer pour que rien ne change. Ils rencontrent la forte résistance de ceux qui ne veulent rien lacher. La bataille en France sur le "bouclier fiscal" en est l'illustration typique bien que sa disparition ne porte atteinte qu'à l'argent de poche que quelques milliers de personnes. Quand la crise en touche, de façon vitale, des millions.

 

L'Union européenne dans cette crise joue parfaitement son rôle. Sans gouvernement économique mais avec une monnaie qui en tient lieu, avec des critères de convergence, non respectés mais qui rappellent le but à atteindre par les politiques économiques nationales. Les politiques jouent de cette double contrainte consentie, pour s'attaquer à tous les acquis sociaux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et mettre en concurrence les travailleurs européens de la zone euro entre eux, ceux de la zone euro avec ceux des autres pays de l'Union notamment des nouveaux pays membres, ceux de l'Union avec ceux du reste du monde.

 

C'est cette guerre économique et sociale de tous contre tous au profit de quelques uns qu'il faut arrêter. Et pour cela, c'est tout la politique économique de l'Union qu'il faut changer. Mais cela n'est pas possible avec les institutions actuelles de l'Union européenne qui exigent l'unanimité pour modifier un traité.

Il n'y a donc que deux possibilités : modifier les institutions ou, d'une façon ou d'une autre, échapper aux institutions et sortir de l'euro et, peut-être, de l'Union.

 

Sortir ne sera pas facile. Cela ne sera possible qu'avec un changement de gouvernement. Car dans ou hors de l'Union, celui-ci continuera la politique qu'il soutient actuellement au sein de l'Union et rien ne sera changé. Mais un changement de Gouvernement qui réalise la sortie de l'euro et/ou de l'Union pourra-t-il conduire une politique différente ? L'économie française est-elle suffisamment forte et autonome pour soutenir une politique décalée ou même en contradiction totale avec celle des pays voisins ? Ou faut-il avant tout entraîner les autres pays de l'Union, atteindre une certaine masse critique au niveau mondial pour pouvoir sortir en force ou modifier la politique économique de l'Union ? Cela parait impossible sans changer les institutions.

 

En fait la force des gouvernants et des forces économiques et financières est leur cohérence même concurrentielle. Ils ne sont peut-être pas d'accord entre eux sur les modalités mais ils ont la même politique sociale régressive conduite à des rythmes différents suivant les possibilités nationales, sociales, économiques, culturelles, et en jouant les travailleurs les uns contre les autres. Les contre-réformes ne se produisent pas au même moment dans les différents pays de l'Union. Les réactions à ces contre-réformes se font en ordre dispersé. La Confédération européenne des syndicats incite les gouvernements à ne pas "se précipiter dans une rigueur budgétaire et dans des coupes sombres des dépenses publiques répondant essentiellement aux exigences des marchés. La crise ne doit pas non plus être le prétexte à davantage de déréglementation, de précarisation et de privatisation des services publics". Mais quand a-t-elle appelé au soutien concret, à l'échelle européenne, des travailleurs en lutte dans tel ou tel pays ? Il n'y a pas de réelle solidarité transnationale, européenne entre les travailleurs. Les syndicats ne construisent pas ou n'ont pas encore construit les instruments de cette solidarité.

 

Il n'y a pas non plus de parti politique européen soutenant une telle perspective. L'Union européenne n'existe ni au niveau des travailleurs, ni au niveau des organisations syndicales ou politiques de résistance à la mondialisation libérale.

 

L'idée européenne est trop belle pour être abandonnée à ceux qui en font un instrument de domination interne et externe. Les institutions européennes ne sont guère satisfaisantes sur le plan démocratique. Comme les institutions de la Vème République. Ne faudrait-il pas lutter pour une démocratisation de ces institutions ? Ici, bien sûr, mais aussi et peut-être surtout au niveau européen ?

 

Les traités qui ont construit l'Union européenne sont mauvais.

Parce qu'ils ont institutionnalisé des politiques économiques.

Parce que ces politiques économiques sont mauvaises et la crise actuelle en est une preuve supplémentaire au delà des dégâts humains de cette politique.

Parce que les institutions européennes non démocratiques ne permettent aucune alternance.

Parce qu'ils n'ont pas été élaborés démocratiquement (même s'il y a eu une progrès lors du projet de traité constitutionnel par rapport aux traités antérieurs et au traité de Lisbonne).

 

Il faut donc reprendre les choses à la base. 

Exiger l'élection au suffrage universel, dans les 27 pays de l'Union, d'une assemblée chargée de mettre au point un projet institutionnel. Lors de cette élection, les partis devront exposer leur projet pour l'organisation des pouvoirs en Europe. Ceux qui veulent sortir du projet européen pourront défendre leur position. Et ceux qui veulent une Europe totalement intégrée aussi. L'Assemblée élue après ce large débat mettra au point un nouveau traité. Qui devra être entériné par référendum par les peuples des 27 Etats de l'Union. Ces institutions ne seront appliquées que dans les Etats qui auront accepté le projet. Les autres devront négocier avec l'entité européenne leur degré d'association.

 

Une fois les institutions mises en place, des élections à un parlement européen éventuel permettront de débattre des politiques que cette entité européenne mettra en application. Mais ces deux étapes doivent être nettement séparées. Et permettre la réversibilité des choix politiques. Y compris celui d'entrer ou de sortir de l'entité européenne.

 

A ce jour, en France, lors des référendums pour le traité de Maastricht ou pour le projet de traité constitutionnel européen, avec des réponses différentes, il a été prouvé que les Français n'étaient pas indifférents à la politique. Qu'ils étaient capables de se mobiliser quand on faisait appel à eux (le taux de participation a été particulièrement élevé lors des deux référendums). Pourquoi n'en serait-il pas de même au niveau des autres peuples européens ?

 

Si tous les démocrates européens se mobilisent, tout devient possible et surtout la démocratie.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 13:28


Les personnes qui ont un revenu inférieur à une certaine somme, se voient garanti un revenu minimum variable suivant la situation de famille (le RSA pour un couple sans enfant est, en 2010, de 690,14 euros). C'est le cas de 1,8 millions de foyers. En moyenne, un allocataire a reçu un montant de 371 euros par mois au titre du RSA en 2009. A 14 d'entre eux, l'Etat a reversé, en plus ?, grâce au bouclier fiscal, en moyenne 162 109 euros (Libération 08/04/10) parce qu'ils avaient aussi déclaré un patrimoine supérieur à 16 millions d'euros (et un revenu inférieur au RSA !). De qui s'agit-il ? De rentiers et/ou de contribuables recourant massivement aux niches fiscales pour faire baisser le montant de leurs revenus pris en compte dans le bouclier (Le Monde 03/04/10).

 

Mais 979 foyers ont un patrimoine qui dépasse les 16 millions d'euros et un revenu fiscal supérieur à 43 761 euros. Faut-il croire que ces personnes n'ont pas su utiliser les niches fiscales ou que ce revenu est ce qui reste apparent après utilisation des niches fiscales ? . Quoi qu'il en soit, elles constituent 6 % des bénéficiaires du bouclier mais s'en sont partagé 63 %, soit 368 millions. Dans leur cas, le montant moyen de la restitution atteint 376 134 euros. Un an plus tôt, 5,4 % des plus riches bénéficiaires du bouclier 2008 s'étaient déjà partagé 63 % de son montant (Le Monde 03/04/10)


"
Le "bouclier fiscal", autant que le RSA, symbolisent la réhabilitation de la valeur travail car l'une comme l'autre de ces mesures permettent que le travail paie dans ce pays" (Frédéric Lefebvre).

 

IL faut espérer que le Gouvernement va étendre sa générosité sociale aux 1,8 millions de foyers dont le revenu est inférieur au RSA et qui n'ont aucun patrimoine. A défaut, il s'agirait plus d'une prime au capital qu'au travail.?

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 20:35

Le spectre de la vieillesse miséreuse, encore fréquent dans la France des années 1960, revient hanter les catégories les plus fragiles (Alter éco Hors série n°85).

 

Les difficultés des moins de 25 ans sur le marché du travail. Un quart de ceux qui étaient sur le marché du travail étaient au chômage au dernier trimestre 2009 contre 9% pour les 25-49 ans et 7% pour les plus de 49 ans.... Et lorsqu'ils décrochent un travail..., 23%... en 2008 étaient à temps partiel contre 15,5% pour les 25-49 ans et 18,8% pour les plus de 50 ans. Par ailleurs, 1 jeune sur 4 ...était dans le cadre d'un CDD contre 7% pour les 25-49 ans et 4,4% des plus de 50 ans (Alter éco Hors série n°85).

 

Les jeunes ne sont pas dépolitisés. S'ils sont relativement plus distants de la scène électorale que leurs aînés, en revanche, ils témoignent d'une certaine vitalité pour la mobilisation collective (L'expérience politique des jeunes par Anne Muxel, Presses Sciences Po, 2001, cité par Alter éco Hors série n°85).

 

Vladimir Lissine, le patron de l'aciérie Novolipetsk est devenu, en 2009, l'homme le plus riche de Russie, selon le magazine Forbes. En un an, sa fortune est passée de 5,2 milliards à 15,8 milliards de dollars (Le Monde 18-19/04/10).

 

Le groupe pharmaceutique suisse Novartis a réalisé au premier trimestre un bénéfice net en forte hausse de 49%, par les ventes de vaccin contre la grippe H1N1 (Le Monde 21/04/10).

 

PDG de Goldman Sachs : "Je ne suis qu’un banquier faisant le travail de Dieu". (novembre 2009). «La SEC reproche à Goldman Sachs d’avoir trompé certains de ses gros clients en leur vendant des crédits à risques, subprimes, tout en se débarrassant parallèlement de ces mêmes actifs toxiques… l’enquête a permis d’établir que la banque avait continué à recommander dès la fin 2006 un produit financier pourri, mis au point par un de ses traderscentralien Fabrice Tourre. Alors même que son responsable du contrôle des risques avait ordonné de s’en délester.». vedettes, le «frenchie» et Cynisme absolu... : Fabrice Tourre, ne dédaignant pas de parler de lui comme du «fabuleux Fab», dans un mail adressé à un pote en janvier 2007: «L’édifice tout entier peut maintenant s’effrondrer à chaque instant… le seul survivant éventuel : le fabuleux Fab, debout, au milieu de toutes ces opérations exotiques, complexes, qu’il créa sans forcément saisir toutes les implications de ces monstruosités !!!» Libération : « le gouvernement français reste pour l’heure silencieux, toujours un peu à la remorque de ses partenaires européens sur les sujets de taxation des banques et de régulation financière». (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2937).

 

Quel meilleur thème que l'insécurité pour essayer de se relancer ? Mardi 19 avril, Nicolas Sarkozy était en visite à Tremblay-en-France (93) pour annoncer une série de mesures destinées à lutter (encore et toujours) contre l'insécurité. Suppression d'allocations en cas d'absentéisme scolaire, équipement des bus en GPS pour qu'ils puissent être localisés par la police, création d'établissement spécialisé pour élèves difficiles, Sarkozy a multiplié les annonces choc. Sauf que Lemonde.fr a démontré que toute ses nouvelles mesures... étaient déjà appliquées, ou que l'arsenal législatif existait déjà. Sarkozy a-t-il pensé que ce recyclage allait passer inaperçu ? Sans doute, et avec raison : TF1 ne l'a pas vu ( http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php).

 

On importe près de 70% des produits bios consommés en France, y compris l'alimentation destinée aux élevages... On ne peut plus confectionner des repas tout bios mais au moins il faut solliciter les productions locales et régionales bios... L'Italie est devenue le premier producteur bio européen... 50%, c'est l'offre bio dans les enseignes de hard discount en Allemagne. Clairement, les prix de la bio en grande surface sont définis non pas en fonction du prix d'achat mais en fonction du degré d'acceptabilité de prix élevés par une partie de la clientèle (Politis Hors série mai-juin 2010).

 

Santé :

Au moment de sa création en 1983, son montant (forfait hospitalier) était équivalent à 3,05€ par jour. Donc en fonction de l'augmentation du coût de la vie, aujourd'hui il ne devrait pas dépasser 6€. Or son montant vient d'être fixé à 18€ !

 

6 interventions sur 10 sont réalisées dans le privé où les tarifs pratiqués par les médecins atteignent parfois des sommets : 300€, 1000€, voire 2000 ou 3000€ de dépassement pour la même intervention... En 15 ans, leur montant a doublé, passant de 763 millions d'euros en 1990 à prés de 2 milliards en 2005. (Que choisir N°481 mai 2010).

 

Le parc éolien offshore en Grande-Bretagne a atteint la barre symbolique du gigawatt de puissance installée : 336 turbines sur 11 sites génèrent l'équivalent des besoins électriques de 700 000 foyers... En France, la production offshore est, pour l'heure, nulle (Le Monde25-26/04/10).

 

Autonomie-Solidarité : Pendant les "30 glorieuses", l'aspiration à l'autonomie renvoyait à l'idée d'indépendance (la liberté de choisir sa vie, etc). A partir des année 1980, l'autonomie est devenue également une autonomie de compétition. Or c'est la compétition qui divise la société française, car elle équivaut pour nous à l'abandon des individus aux forces du marché. C'est pourquoi elle semble en contradiction avec nos principes de solidarité (Alain Ehrenberg, Le Monde 24-25/04/10).

 

Le renflouement d'un Etat de la zone euro était en principe interdit par les traités. Rien n'avait été prévu (Le Monde 24-25/04/10).

 

Au Kenya, la production de roses, exportées à 97% vers l'Europe, génère 80 000 emplois directs, 500 000 indirects, et est devenue la première source de devises du pays (Le Monde 24-25/04/10).

 

Au Royaume-Uni où les actifs bancaires ont bondi de 50% à plus de 550% du PIB... (Le Monde 217/04/10).

 

Les revenus des 1% de Terriens les plus riches [sont équivalents] à ceux des 4,275 milliards des plus pauvres (Le Monde 27/04/10).

 

Un an après le passage à 5,6% (au lieu de 19,6%) de la TVA dans la restauration... Les professionnels avaient promis, outre des embauches et des hausses de salaire, de baisser d'au moins 11,8% les prix de 7 produits ou plus de leur carte. Cette baisse a été en réalité, selon le gouvernement, de 3% (Le Monde 127/04/10).

 

Les entreprises d'interim se lancent sur le marché de la fonction publique. Une loi de 2009 autorise le recours à des travailleurs temporaires par des employeurs publics (Le Monde 27/04/10).

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Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 21:33

Les dernières élections, aux seules conséquences régionales, n'en finissent pas d'agiter les pensées de notre petit timonier. Le grand débat national sur l'identité, trop intellectuel pour être mené correctement par le gouvernement,  a manqué sa cible - récupérer les voix de l'extrême droite - malgré quelques dérapages contrôlés (?).

 
Sarkozy a été invité par ses affidés à "revenir aux fondamentaux" simplifiés. Ce qu'il fait au prix de quelques contorsions face à la légalité.


Le président a mobilisé le premier ministre et autres féaux pour se lancer dans l'aventure de l'interdiction totale du voile intégral. Connaissant l'opposition de la majorité de la population à ce voile, il a décidé de passer outre à l'avis du Conseil d'Etat et de la commission ad hoc de l'Assemblée nationale pour suivre ses troupes emmenées par le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.


Face à sa chute dans les sondages, face aux difficultés dans la gestion des contre-réformes, le but est de créer une diversion par l'affrontement. Détourner l'attention des problèmes graves que traversent la France et l'Europe. Tromper de colère ceux qu'il s'apprête à dépouiller. En fabriquant si nécessaire le fait divers : autour de la situation matrimoniale d'une conductrice verbalisée ! Le but n'est pas de faire une loi, une loi applicable...


L'important est de préparer l'élection de 2012 en séduisant l'électorat potentiel de Marine Le Pen, probablement plus dangereuse que le vieux chef du FN. De montrer que 3 ans de Sarkozy valent plus que 50 ans de Le Pen.

 

Si la loi est voté, elle risque fort d'être récusée par le Conseil d'Etat. Le Président, le Gouvernement, la majorité le savent, cela ne semble pas les gêner. François Fillon s'est dit prêt à "assumer le risque juridique" et a choisi de passer outre. Si le Conseil d'Etat revient sur son avis défavorable à l'interdiction générale du voile intégral, ce sera une atteinte grave à la démocratie et à ses institutions.

 

Dans tous les cas, des clivages auront été exacerbés entre différentes parties de la population, clivages qui, un jour ou l'autre, risquent d'avoir des conséquences graves.


Mais il n'est pas sûr qu'il atteigne son but. Il est fort possible que des consciences se réveillent dans toutes les couches de la population, devant l'utilisation partisane et dangereuse de questions qui méritent d'être traitées plus sereinement, au fond. Et qui auraient pu trouver des solutions relativement consensuelles.

Les Français, y compris de droite, ont refusé de se laisser entraîner dans le piège tendu par le débat sur l'identité. Il faut espérer qu'ils vont ici aussi entrer en résistance et indiquer au Président que le matin, en se rasant, il devrait commencer à songer à sa retraite.


 
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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 22:36

Fête de la fratenité , marque déposée

 

A défaut de changer le monde, les politiques s'y adaptent.
Il y a quelques années, ils avaient une gestion patrimoniale des circonscriptions : le fils ou l'épouse succédait au père ou au mari. Parfois, le lien n'était pas immédiatement visible mais n'en existait pas moins.

Ils sont ensuite entrés dans la presse "people". Avec femme et enfants. Nicolas Sarkozy a porté cette pratique de nouveau riche décomplexé à son zénith. Mais il n'est pas le seul à en avoir joué. Il semble d'ailleurs qu'il a pris conscience des retombées négatives de son comportement "bling-bling", mal vu d'une partie de ses électeurs.

Aujourd'hui, Ségolène Royal ouvre une nouvelle voie adaptée à la société libérale : elle a déposé en son nom à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) qui protège les marques, des termes comme "université populaire participative", "ordre juste" ou "fête de la fraternité"... A sa manière, elle ne manque pas d'air, s'approprier une partie de l'histoire de la Révolution.!
Elle ne fait que suivre une entreprise de produits agricoles, horticoles, forestiers... qui a déposé en 1984 "Révolution française". Ségolène Royal a bien fait. Elle pourra contester tous ceux qui voudront désormais utiliser "Fête de la fraternité" et qui l'utilisaient librement jusqu'ici.

Mais dans cette bataille de "marques" Ségolène Royal devrait déposer rapidement "ânesse poitevine" pour s'en réserver l'exclusivité de peur que des adversaires malintentionnés ne l'utilisent à tort et à travers.

 

Il y a Kärcher et Karcher !

Le travail est, de moins en moins, la santé. Certes, il n'est pas question de comparer le XXIème siècle commençant avec le XIXème finissant. Il n'empêche qu'il y a comme un malaise dans le travail qui semble toucher beaucoup de monde. Que le "travailler plus pour gagner plus" (pour qui ?) fait des dégâts dans les entreprises avant même d'avoir été formulé ainsi. Chaque jour, des suicides sont mis en relation avec un travail qui est devenu insupportable à certains. Et tous ne se suicident pas.

Probablement sous pression, M.Karcher, directeur de bureaux de poste, a annoncé à ses mauvais "directeurs de vente" que la "chasse" était "ouverte, jusqu'à épuisement (rapide) des espèces qui ne sont pas protégées" et leur annonce leur "extermination" dans les 15 jours. Ce texte ayant été rendu public, il a été muté. Son hospitalisation a été annoncée.

Certains responsables et salariés de la Poste lui ont apporté leur soutien et ont souligné son «management particulièrement humain», et sa «gestion "très humaine des situations individuelles difficiles». Ce qui ne fait que rendre l'affaire encore plus grave. Si un cadre qui a un comportement exemplaire arrive à un tel langage, on a tout à craindre de ceux qui n'ont pas ce comportement et qui ne se laisseront pas aller à de telles déclarations surtout écrites.

Les déclarations de Sarkozy qui se proposait, il y a quelque temps, de débarrasser les quartiers de la "racaille" au "kärcher", risquent fort de faire des émules volontaires ou sous pression.

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Published by Paul ORIOL - dans Billets
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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 22:56


Dans cette bataille qui vise à profiter de la crise pour revenir sur les acquis sociaux essentiels, tous ceux qui font autorité ont des arguments simples et irréfutables : le nombre de cotisants par retraité diminue, il faut donc soit diminuer ce que touchent les retraités, soit augmenter les sommes perçues auprès des cotisants, soit les deux.


Rien d'autre ne peut être envisagé.


Constatation préliminaire : ce pays n'a jamais été aussi riche qu'aujourd'hui. Comment concevoir que ce qui était possible hier avec moins ne puisse plus être fait aujourd'hui ?


Actuellement, il n'y a pénurie de rien, ni alimentaire, ni de voitures, ni de poussettes d'enfants, ni de nourriture pour les chats..., il y a plutôt des productions inutiles et, périodiquement, des surproductions ! Sauf peut être pour les logements. Encore faudrait-il recenser le nombre de logements vides et de logements manquants. De toute façon, il n'y a aucun facteur technique limitant la production de logements éventuellement nécessaires. Cette production qui ne peut être délocalisée, réduirait le chômage.


Pour l'avenir, il n'est pas annoncé de pénurie de biens produits. D'après le COR (Conseil d'orientation des retraites), il y a actuellement 1,8 "cotisant" pour 1 retraité. En 2050, il n'y aura plus que 1,2 actif pour 1 retraité. Mais le COR prévoit aussi que, dans cette période, la productivité augmentera de 1,5% par an. Ce qui veut dire qu'en 2050, 1 actif produira l'équivalent de ce que produisent 2,2 actifs aujourd'hui ! (Jean-Jacques Chavigné, Démocrate & Socialisme).


Ce n'est donc pas la pénurie qui menace, ce n'est pas la production qui manquerait, c'est l'équilibre financier des caisses de retraite dans son mode actuel de fonctionnement. Les salariés paient, les retraités encaissent. Il faut donc rétablir cet équilibre. Sans chercher de financement ailleurs. Sans faire participer d'autres revenus que les salaires.


Quand les banques ont été défaillantes, personne n'a dit : il faut que les actionnaires des banques, les clients des banques, les gestionnaires des banques (même s'ils étaient responsables de la situation) rééquilibrent leurs comptes en puisant dans leurs poches. Les gestionnaires ont même continué, pour beaucoup, à encaisser des sommes inimaginables pour le commun des citoyens. Il a été fait appel aux caisses de l'Etat. Ce qui a donc largement aggravé un déficit qui avait déjà été creusé par des allègements fiscaux.


En parlant de cotisant et non d'actif, le COR annonce la couleur. Les retraites doivent être payées par les "cotisants", c'est à dire les salariés. Il n'est pas question d'aller chercher ailleurs le financement des retraites. Dans la situation actuelle, il n'est pas question d'augmenter les impôts. Mais les impôts de qui ?


Si au lieu d'impôt, on parlait de prélèvements ou mieux de ponction directe des citoyens. Il n'y a plus d'opposition du gouvernement car c'est ce qu'il compte faire. C'est même ce qu'il fait chaque jour.

En diminuant le remboursement des médicaments (s'ils ne sont pas utiles, il faut les supprimer, s'ils sont utiles, il faut les rembourser), en augmentant le forfait hospitalier...

En diminuant les pensions : reculer l'âge de la retraite ne fera pas travailler davantage les personnes de plus de 60 ans qui ne trouvent pas de travail depuis l'âge de 50 ou 55 ans. Elles pointeront plus longtemps au chômage. Toucheront leur retraite plus tardivement. Une retraite plus faible car elle ne sera plus calculée sur les 10 meilleures années mais sur les 25. Parce qu'elles auront commencé à travailler plus tardivement (les jeunes sont plus frappés par le chômage), qu'elles auront connue des périodes de chômage durant leur vie professionnelle et surtout en fin de vie professionnelle... C'est le but recherché.


Ces retraites diminuées, certains proposent même de supprimer leur indexation sur l'inflation, c'est-à-dire de diminuer encore et progressivement leur valeur.


On augmentera aussi les cotisations : ce n'est pas un impôt, c'est une prélèvement. Sarkozi a promis de ne pas augmenter les impôts, il n'a pas promis de ne pas augmenter les prélèvements. L'augmentation des impôts toucherait ceux qui en paient, non ceux qui ne gagnent pas assez pour en payer. Les prélèvements touchent tous ceux qui ont un salaire.


Le gouvernement pourra même faire une entorse à sa promesse en augmentant la TVA, la "TVA sociale". Sociale ? Cela doit vouloir dire payée par tout le monde. Et relativement plus par ceux qui ont un faible revenu que ceux qui ont un revenu important. C'est, actuellement, l'impôt qui rapporte le plus : 3 fois plus que l'impôt sur le revenu et 30 fois plus que l'ISF (impôt solidarité sur la fortune) !


Diminution de la couverture sociale, diminution des pensions, augmentation des prélèvements, augmentation de la TVA, c'est possible, ce n'est pas considéré comme une hausse des impôts.


Mais ce qui est gravissime, c'est toucher

  • aux niches fiscales : 468 niches fiscales (il y en aurait en réalité 509) ont un coût budgétaire de 75 millions d'euro pour l'Etat, en 2009, alors que l'impôt sur le revenu ne rapportait "que" 51 milliards (Arrêt sur image 10/04/10, Politis 15/04/10).
    Bien sûr, ces "niches" n'ont pas toutes le même intérêt, ni le même rendement et toutes ne peuvent être supprimées par un coup de baguette magique. Mais il n'y en avait
    que 418 en 2003... Jusqu'à maintenant, on a pu y toucher mais à condition d'en augmenter le nombre (7 nouvelles niches en moyenne par an).
    Elles font partie des techniques qui permettent, ce qui est joliment appelé, une "optimisation fiscale" qui réduit à néant la progressivité de l'impôt (Alain Muet, Libération 08/04/10).

    Les choses sont devenues tellement évidentes que même un secrétaire d'Etat en activité est obligé de reconnaître : "Il n'est pas normal que des gros revenus arrivent à se soustraire massivement à l'impôt avec les différentes niches fiscales" (Le Monde 20/04/10).

  • au bouclier fiscal : qui a permis au fisc de rembourser en moyenne 162 109 euros à des contribuables disposant d'un patrimoine de plus de 16 millions et qui ont un revenu déclaré inférieur au RSA (revenu de solidarité active) (Alain Muet, Libération 08/04/10). Ceux qui n'ont pas de patrimoine se conteront du RSA !!!

    En 2007, la ministre de l’économie dit du bouclier fiscal : "On entend souvent dire que cette mesure ne concernerait que la partie la plus riche de la population, mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?" Les riches font tourner l'économie, les salariés constituent un coût de production et ne créent rien !
    Le bouclier fiscal, les niches... sont là pour que nos "riches patriotes" ne partent pas comme "réfugiés fiscaux " à l'étranger. Ils ont été
    846 en 2006,février, de 585,5 millions (Le Monde 08/04/10). Le bouclier 740 en 2007 et 800 en 2008. "Rien de bien significatif pour une mesure dont l'impact budgétaire total était, début ne les a ni retenus, ni fait revenir..

  • à l'impôt sur le revenu : du moins pour l'alourdir. Car son taux marginal s'élevait à 70% pendant les Trente Glorieuses, il est actuellement de 40% avec 189 niches fiscales qui le concernent et permettent d'adoucir encore cette faible progressivité. D'après l'Observatoire des inégalités (n°75, avril 2010), 834 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,6 millions d’euros ont profité en 2008 chacun d’une baisse d’impôt sur le revenu de 368 261 euros grâce au nouveau "bouclier fiscal".

  • Quant à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), il est payé par les foyers détenant un patrimoine supérieur à 790 000 euros au 1er janvier 2010. Il est possible d'y toucher... pour le supprimer. Non pour en élargir l'assiette, pour le rendre plus productif. En 2009, plus de 539 000 foyers français ont réglé 3,13 milliards d'euros au titre de l'ISF. Cet impôt "national" n'a pas cours dans les collectivités locales d'outre-mer. L'estimation du patrimoine, faite par le déclarant, ne prend pas en compte biens professionnels (entreprise dont on est aussi dirigeant par exemple), objets d'antiquité, d'art ou de collection, parts de sociétés civiles propriétaires de tels objets, bois, forêts ou participations dans des groupements forestiers (pour trois quarts de leur valeur), biens ruraux loués à long terme et participation dans des groupements fonciers agricoles, bons anonymes , y compris du Trésor, valeurs de capitalisation des pensions de retraites.
    C'est dire clairement que ce ne sont pas les plus riche qui paient l'ISF.



Quand il est question de retraites, il ne faut pas parler de solidarité nationale mais de solidarité des travailleurs. Ce sont les travailleurs qui paient leur pension aux retraités. Rien n'interdit de faire le saut comme la CSG l'a permis pour la Sécurité sociale. En cette période difficile, augmenter l'impôt sur le revenu et sa progressivité en créant de nouvelles tranches supérieures ne pénaliserait aps les entreprises.


Car l'argument, entreprises, est souvent avancé : il faut diminuer les retraites et autres dépenses sociales plutôt qu'augmenter les charges des entreprises à cause de la concurrence internationale. Cet argument répété dans tous les pays pousse à aligner les acquis sociaux sur les moins disant. A organiser la concurrence entre le travailleurs au sein de l'Union européenne et au delà.


C'est dire que la bataille ne doit pas être limitée au territoire national. Mais portée au minimum à l'échelle européenne. Déjà, les industriels allemands ont réussi à bâtir leur prospérité sur l'austérité imposée aux travailleurs allemands et ce sont les exportations, notamment vers les autre pays européens; non la consommation nationale, qui leur permet de prospérer.


Il faut tout faire pour que le 1er mai soit l'expression massive d'un rejet populaire de la politique de régression sociale. Ce sera difficile car tous les médias sont déjà mobilisés pour rappeler les "évidences". Mais une victoire, seulement ici, ne serait pas une victoire "durable".

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 19:56

 

Mélenchon et le hic informatique

Faute d'avoir conservé les données, l'administration serait [d'après Mélanchon] donc incapable de retrouver toutes les informations nécessaires pour calculer une pension de retraite en prenant les revenus des fonctionnaires des 25 dernières années.
Le ministre du Travail, Eric Woerth a réfuté catégoriquement les informations de Mélenchon.
Le 31 mars dernier, Jean-Yves Raude [directeur du service des retraites de l’Etat] était venu expliquer à la commission des finances de l'Assemblée : "Le service des retraites de l’État ne dispose de données qu’au moment du départ en retraite... On ne peut donc que récupérer des données sur deux ou trois ans, mais pas plus"...
Comment Balladur a-t-il réussi à faire passer une réforme [10 à 25 ans dans le privé] qui s'avère techniquement impossible pour le public ? Il a pris son temps. Si Balladur a fait voter sa réforme en 1993, elle n'est entrée pleinement en vigueur... qu'en 2008...
Faudrait-il plus de vingt ans pour que la mesure soit pleinement appliquée... le directeur du service des retraites de l’Etat devant la commission des finances de l'Assemblée : "tout est envisageable, à condition de procéder de manière progressive. Si l’on voulait passer à cinq ans ou dix ans, plusieurs années seraient nécessaires, de la même manière que le passage des 10 aux 25 meilleures années a été étalé sur 15 ans dans le régime général".
Pour dépasser ces difficultés informatiques, deux choix semblent donc possibles : engranger année après année toutes les informations supplémentaires sur les salaires (il faudrait donc plus de vingt ans) ou financer le traitement de données existantes mais non exploitables informatiquement dans l'immédiat (à condition d'écarter les primes). Dans les deux cas, cela prendra beaucoup de temps. Un temps long que Woerth peut difficilement reconnaître dans le cadre d'un débat sur l'avenir des retraites, placé sous le sceau de l'urgence (15/04/2010 http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2924)

Taux de remplacement pour une retraite à taux plein
(rapport entre la première pension et le dernier salaire net, pour les salariés ayant effectué une carrière complète)



Non cadre privé

Cadre privé

Fonctionnaire

Fonctionnaire avec prime

Génération née en 38
Liquidation en 98

81,5

55

81

67,5

G. née en 55
L. en 2015

66,5

42,5

61

52

G. née en 85
L en 45

47

35

53

55

(Politis 15/04/10)

 

Les valeurs juives sont-elles universelles ?

Lors de la création de l'Etat d'Israël, les pères fondateurs ont pris une décision historique : s'il y a conflit entre les valeurs universelles et les valeurs juives, ce sont ces dernières qui priment (Avigdor Liebrman dans Maariv cité par CI 15-21/04/10).

Le prix de Cécilia

Richard Attias, aujourd'hui époux de Cécilia, se plaint que sa société qui organise des galas et des sommets, ait perdu tous les marchés publics – non seulement avec Paris mais aussi avec les Etats africains et arabes favorables à la France (Frankfurter am Sonntag cité par CI 15-21/04/10).

Présumés innocents ?

61 706 détenus dans les prisons françaises fin mars...(dont)...15 797 en attente de jugement (Le Monde 15/04/10). "Les deux tiers des personnes placées en détention provisoire en France ne devraient pas l'être" (Me Henri Leclerc, Le Figaro15/04/10).

Paradis fiscaux, Tout est réglé... enfin, presque

D’ici là, peut-être sera-t-il davantage possible de juger l’efficacité des listes de « territoires non- coopératifs » publiées par l’OCDE lors du G20 de Londres d’avril dernier. Aujourd’hui, plus aucun pays ne figure sur la liste noire. Et les 17 territoires encore inscrits sur la liste grise « ne pèsent que 0,25 % du marché mondial de la finance offshore », a calculé le CCFD, alors que la moitié du commerce international recourt aujourd’hui aux services des paradis fiscaux (La Croix, 14/04/10 : Le G20 n’a pas éradiqué les paradis fiscaux)

Le premier test pour dépister le cannabis chez son ado

 (après le chien détecteur...)

Déjà en vente sur Internet et très bientôt en pharmacie, N... va séduire les parents curieux de savoir si leur ado fume du cannabis. La plupart des psys et des toxicologues sont hostiles (Le Parisien 14.04.2010, 07h00).

 

Henri Proglio gagne 1,6 M€ chez EDF et siège dans 36 conseils

Fin novembre, Henri Proglio était président exécutif des deux entreprises, fin décembre il était président exécutif d’EDF et non exécutif  de Veolia et à la fin de l’année 2010 il devrait être PDG d’EDF et “simple” administrateur de Veolia.
Pour ses quelques semaines à la tête d’EDF, entre la fin du mois de novembre et le 31 décembre, il a touché 101.370 euros comme fixe et 52.307 euros pour la partie variable et Veolia lui a versé 2,23 millions d'euros pour l’année 2009, soit comme salarié 2,4 millions d’euros l’année dernière.
En 2010, il enregistre une brutale perte de salaire de  33%. Il pourra le compléter avec des cessions de stocks options et la multitude de responsabilités recensées : 36 conseils d’administration ou conseils de surveillance différents...
Les recommandations en matière de bonne gouvernance des entreprises préconisent de limiter à 5 le nombre de fauteuils d’administrateur auxquels il est souhaitable de consacrer 2 semaines de travail pour assumer correctement son rôle. 36 conseils d’un côté, 52 semaines, le compte n’y est pas d’autant qu’il assume aussi la direction d’EDF qui compte 105.000 salariés (D'après
http://blog.slate.fr/phdx/2010/04/10/henri-proglio-gagne-16-me-chez-edf-et-siege-dans-36-conseils/).

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 09:03


I


Des anciens du PSU, 420 participants, se sont réunis samedi 10 et dimanche 11 pour commémorer la naissance du PSU, il y a 50 ans.


On peut ironiser sur ces 2 jours avec leur coté "ancien combattant" ou "nostalgique" ou "ah que nous étions intelligents et beaux dans notre jeunesse", surtout devant l'étonnement à la vue de certaines silhouettes ou visages... On peut aussi rapporter des anecdotes étonnantes, peu connues, historiques ou personnelles. Certains n'ont pas oublié des conflits qui semblent perdurer bien qu'ayant perdu du sens aujourd'hui? Si elles en avaient un alors.


Quoi qu'il en soit, l'essentiel n'est pas là mais dans les retrouvailles de personnes qui avaient forgé un instrument qui donnait un sens à leur vie, à leur volonté de changer le monde. Pour beaucoup de ceux et de celles qui étaient là, ce moment reste encore important et a laissé des traces. Car le PSU a ouvert des brèches, porté des espoirs. A ceux qui étaient là et à bien d'autres.


Mais il faudrait aussi rappeler les questions sur lesquelles le PSU a été insuffisant (cela a été signalé pour les femmes) ou absent (l'Europe par exemple).


Finalement, la question fondamentale n'a pas été posée. Combien d'heures passées en discussions enfumées pour en arriver là ? C'est à dire ouvrir des portes sans débouché réel. Pourquoi le PSU a échoué à transformer la gauche ? Pourquoi est-il mort ?
Peut-être est-ce au delà des possibilités d'anciens militants qui se retrouvent et sont plus aptes à rappeler ce qu'ils avaient entrevu et qui est advenu sans eux, ou presque, qu'à voir où ils ont fait fausse route.


Le moment est probablement venu d'écrire l'histoire. Mais en se demandant quelles leçons tirer aujourd'hui de cette riche période qui puissent être utiles aujourd'hui ? On ne peut se satisfaire d'une simple commémoration.


II


De ces 2 jours, je ne rapporterai, de façon imparfaite, que quelques points qui m'ont intéressé. Ce n'est pas un compte-rendu : je n'ai pas assisté à tout, je ne suis pas une "mémoire du PSU", ni un idéologue qui peut tout décortiquer, qui connaît les courants du passé, les pensées anciennes ou actuelles des uns et des autres...


L'intervention de Jean-François Kessler, président de la Fondation Depreux, intitulée "origine et fondation du PSU" pourrait paraître superflue devant un public averti mais était indispensable à cette occasion. Elle n'était pas inutile pour rafraîchir les mémoires. Mais, même brillante, en quelques minutes, elle ne pouvait que faire des insatisfaits qui ne retrouvaient pas le groupe ou le moment "essentiel" à leurs yeux.


Tous les intervenants ont été brimés par la nécessaire brièveté de leur intervention. Le moins "persécuté" a probablement été Michel Rocard dont les interventions ont eu lieu en assemblée plénière et étaient lumineuses.


De la première, j'ai retenu la nécessité pour le PSU, après la guerre d'Algérie, de tracer une voie nouvelle dans une société qui ne savait peut-être pas qu'elle vivait les "trente glorieuses" mais où la pensée de gauche avait quelque peine à faire une critique adaptée à la situation qui n'était plus celle du 19ème siècle mais guidée par la pensée de Ford : "je paye bien mes ouvriers pour qu'ils achètent mes voitures".


Sur la période de la lutte contre la guerre d'Algérie, la première manifestation, organisée après le 17 octobre 1961 (assassinat de 200 Algériens) à Paris, malgré l'interdiction du gouvernement a donné lieu à un échange qui a montré que des analyses différentes perdurent. Pour l'un, Jean Verger qui avait proposé, au niveau parisien, une manifestation de masse refusée par le national, par lâcheté, par peur d'un affrontement, la manifestation du 1er novembre n'avait eu lieu que sous la pression du FLN. Pour l'autre, Michel Rocard, il était impossible au PSU d'entraîner de larges masses dans une manifestation interdite et le PSU (précisément Charles Hernu) a donc organisé une manifestation "clandestine", avec rendez-vous primaires et secondaires. Cette manifestation a réuni 1000 à 2000 personnes place de Clichy avec prise de parole d'Edouard Depreux, secrétaire national, et dispersion avant que la police ait pu intervenir.

D'un coté, celui qui pensait que la période était favorable à un affrontement pouvant déboucher sur un processus révolutionnaire, de l'autre, celui qui pensait que ce n'était pas possible et qu'il fallait préserver l'outil-PSU.


Dans sa seconde intervention, Michel Rocard a brossé l'histoire du capitalisme de ses origines à nos jours en 15 minutes, il en aurait voulu 90 !!
De cette intervention, j'ai retenu que le marché avait 2 mille ans et le capitalisme 200 ans. Que le capitalisme apparaît quand le marché cesse d'être une rapport entre individus, de l'artisan au client, avec la production de masse. L'usine rassemble des centaines, des milliers de travailleurs et produit des objets en masse. Que le capitalisme avait eu sa phase d'exploitation exacerbée au XIXème et au début du XXème siècle, atténuée ensuite par la diminution constante de la durée du travail. Que cette diminution de la durée du travail devait continuer, qu'avec les progrès de la productivité, on pouvait satisfaire les besoins de tous avec 3 heures de travail par jour.

Mais le capitalisme a libéré la "cupidité" et, à travers les mécanismes très perfectionnés des bourses, a réussi à détourner le fonctionnement de la machine au profit de quelques uns.


Son incrimination de la "cupidité des hommes" a été contestée. Si la cupidité de l'homme est la cause de tout, le mal est dans l'homme, il n'y a rien à faire qu'à se retirer : affrontement entre protestant et "péché originel" et révolutionnaire et "bon sauvage".


Rem : le lendemain, Le Monde publiait un entretien avec Alain Juppé qui parlait de cupidité, terme retrouvé dans l'éditorial du même jour !!!


Patrick Viveret, à l'Atelier sur l'autogestion, reprenant la pensée de Francesco Alberoni, fait un parallèle entre les relations amoureuses et les relations sociales.

Tout commence par "l'énamouration" : la découverte amoureuse qui est réciproque, sans aucun problème. Vient ensuite la prise de conscience de l'altérité. Qui fait difficulté, qui va faire évoluer cette relation amoureuse vers la rupture, la cohabitation ou l'acceptation de l'autre dans son altérité, la compréhension réciproque et qui permet de construire l'amour.


Au niveau collectif, le cheminement est le même entre groupes. Après la période euphorique, l'incapacité à gérer, à accepter l'altérité a les mêmes conséquences. On peut aboutir à des "énamourations" successives, le "don juanisme social" qui fait sauter de la Chine à Cuba, de telle épopée à telle autre, après des ruptures successives. Au niveau social, après l'énamouration, il faut arriver à l'amour, à la compréhension réciproque de l'altérité des groupes sociaux qui est, peut-être, l'autogestion.


A cette intervention de Viveret, je veux rattacher un point important, entre autres, qu'a soulevé Bernard Ravenel à la table ronde à laquelle je participais : la nécessité permanente du refus de l'inconditionnalité dans le soutien à tout mouvement quel qu'il soit. Je rattache ce refus, à la volonté de ne pas abdiquer tout esprit critique au moment de "l'énamouration", qui risque d'entraîner de grandes déceptions au moment du réveil.
Cette question de l'inconditionnalité s'est posée au moment de la Guerre d'Algérie, notamment lors des massacres de Melouza que le FLN voulait attribuer à l'armée française alors qu'il en était l'auteur. Et qui demandait au PSU de le soutenir dans ce mensonge. D'où un débat au sein du PSU.


Lors d'une plénière, un participant a rappelé que pendant son service militaire en Algérie, il avait adhéré au FLN à une condition qu'il n'y ait pas d'attentats contre les civils dans son secteur. Ce qui posait la même question et en introduit une autre que Bernard Ravenel avait aussi abordée dans son intervention : tous les moyens ne se valent pas. Moralement. Politiquement.


III


J'ai participé à la table ronde sur la "solidarité internationale" à laquelle l'immigration était rattachée. Plutôt que de refaire encore une intervention sur le droit de vote pour lequel j'avais été, je crois, sollicité, j'ai décrit mon parcours militant. Cela me semblait coller parfaitement et à la notion de solidarité internationale et à l'histoire du PSU. En 5 minutes.


Mes études universitaires se sont déroulées pendant la Guerre d'Algérie et se terminent au moment de l'indépendance. C'est donc tout naturellement que j'ai adhéré au PSU, 15 jours avant sa création (à l'UGS). J'ai fait mon service militaire en Algérie (juin 1963- avril 1964) et suis parti en coopération à Constantine (juin 1964-juin 1966) et à Alger (jusqu'en juin 1972).
A Alger, j'ai créé un Comité Vietnam qui apportait son aide financière aux Vietnamiens et qui était en liaison avec les mouvements de libération africains alors très nombreux à Alger.

En 1968, nous avions un carnet d'adresses bien fourni que nous avons utilisé pour susciter une manifestation, un peu tardive en mai, devant l'ambassade de France à Alger que nous avons envahi. Pendant quelques jours, l'ambassade nous a été ouverte pour des AG.

De retour d'Algérie, j'aurais pu continuer à militer sur le secteur "tiers-monde". A l'époque, les maoïstes disaient : "le tiers-monde commence dans la banlieue parisienne". Habitant le 20ème arrondissement de Paris, j'étais bien placé pour savoir qu'ils exagéraient : le tiers-monde commençait dans Paris. J'ai donc décidé de militer dans le secteur "immigration".

D'ailleurs, ayant aménagé le 5 décembre, j'ai trouvé dans ma boite aux lettres une invitation du PSU à aller manifester le lendemain matin devant un foyer de travailleurs immigrés de la rue Bisson que je n'ai pas trouvé. Ce qui m'a évité de passer une journée au poste de police.
En mai 1973, 56 travailleurs tunisiens, grévistes de la faim, s'installaient dans la crypte de l'église de Ménilmontant. C'est à cette occasion que j'ai fait la connaissance de Saïd Bouziri que faisait partie des organisateurs.

J'ai constitué le groupe action immigrés de la 20ème section du PSU, un groupe Français-immigrés (qui n'avait rien à voir avec les Cufi et regroupait quelques militants non-PSU du 20ème dont des Cfdt) et ensuite animé la Commission immigrés au niveau national.

Notre action la plus réussie a été la lutte pour la "carte unique". Après la victoire de François Mitterrand, j'ai proposé à la Commission d'avancer une revendication positive, gagnable. Et en contradiction absolue avec cette idée, j'ai avancé la lutte contre l'informatisation des cartes d'identité. Gérard Desbois, ancien président de la Fasti, a aussitôt dit : "non, c'est la carte unique" qu'il faut lancer.

Je ne savais pas ce qu'était la carte unique. Dûment formés, nous avons fait le tour des associations et avons créé un "comité carte unique" avec la Cimade, la Fasti, le Gisti, la Pastorale des migrants.

Quand la Marche de l'égalité est arrivée à Paris, une délégation a été reçue par François Mitterrand qui a demandé qu'elle était la revendication avancée. C'est la carte unique, carte de résident, valable 10 ans, renouvelable automatiquement qui a été obtenue. La délégation partie, Mitterrand est allé demander à Christian Delorme ce qu'était la carte unique !

Cette histoire est intéressante car elle illustre bien les rapports parti-associations-mouvement social-institutions dont il est souvent débattu. Avec au bout la satisfaction de la revendication par le gouvernement, certes dans des circonstances très favorables.

L'intérêt de la carte unique, renouvelée automatiquement, assurait la sécurité du séjour et un pas vers l'égalité. Je me souviens d'avoir dit à Me Georgia Dufoix que, si elle nous proposait une carte de 11 ans, nous la refuserions parce que nous voulions pour les immigrés une carte de 10 ans, durée de validité identique à celle de la carte d'identité des des Français.

Cette volonté d'égalité explique le titre du bouquin que j'ai sorti en 1985 : "Immigrés, métèques ou citoyens ?" et annonce les luttes pour le droit de vote. Auxquelles, nous avons participé en tant que PSU et ensuite au nom des organisations dans lesquelles j'ai milité : 89 pour l'égalité, j'y suis j'y vote...

Après l'échec de ces campagnes et sachant que la revendication risquait d'être abandonnée pour un temps, plus ou moins long, nous avons créé, en 1994, la "Lettre de la citoyenneté". Et commandé, chaque année, un sondage sur le droit de vote aux élections municipales et européennes. Le moment important a été en 1999 quand, pour la première fois, les sondés ont répondu majoritairement de façon favorable à cette question. Nous étions triomphants à la réunion du Conseil de l'Europe qui a lancé l'appel de Strasbourg.

Avec les "3 collectifs", nous avons continué la bataille et obtenu, en mai 2000, grâce à Noël Mamère et à la "niche parlementaire" des Verts, le vote par l'Assemblée nationale d'une loi donnant le droit de vote aux élections municipales, loi qui n'est jamais arrivée à l'ordre du jour du Sénat.

Nous avons essayé de porter la question au niveau européen, en participant aux FSE de Florence, Athènes, Paris (lancement de la pétition européenne, "1 million de signatures pour une citoyenneté européenne de résidence") et Londres, en intervenant à Bruxelles au Comité économique social européen, à la Convention pour l'avenir de l'Europe... L'Acer, (association pour une citoyenneté européenne de résidence), petite organisation de quelques militants, a même eu 2 représentantes à Bruxelles et à Séville sur la question grâce à Echanges et Partenariat.

Bien entendu, nous avons participé à toutes les campagnes nationales de Votation citoyenne.


Finalement, il est possible de dire que nous avons gagné la bataille idéologique car maintenant la citoyenneté de résidence est un acquis dans de nombreuses organisations, car, d'après les sondages, la population est majoritairement favorable au droit de vote surtout quand il se limite au droit de vote aux élections municipale mais aussi quand il s'agit des élections locales et même municipales et européennes.

Si la bataille est gagnée à ce niveau, il reste à nos successeurs à la mener au bout et à obtenir la victoire politique et le droit de vote.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 13:29

Le journal potentiellement de référence


Le 3 mars, le Point publie un article : "Sondage : Fillon, meilleur président qu'Aubry ou Royal, moins bon que DSK" (17 h 08), corrigé ensuite en "Présidentielle – Fillon gagne ses galons d'homme d'Etat" (19 h 59 et le 04/03/10 à 17h15).

Le même jour (03/03/10), le Figaro reprend l'information : "Fillon ferait un meilleur président qu'Aubry et Royal".

Les deux journaux donnent évidemment plus de détail et notamment les résultats chiffrés concernant Fillon contre Aubry (47/31), Fillon contre Royal (57/23) ou... Fillon contre Strauss-Kahn (34/46). Ce dernier résultat qui apparaissait dans le premier titre du Point a ensuite été rectifié !

Le Monde reprend l'information le 04/03/10 (18h 28) : "Fillon ferait un meilleur président qu'Aubry, selon un sondage". Et attend 3 jour de réflexion pour publier dans le journal papier, la même information sous le titre : "M.Fillon jugé meilleur président potentiel que Mmes Aubry et Royal" (Le Monde 06/03/10).

Bien entendu, dans le texte, il est aussi question des résultats concernant Fillon - Strauss-Kahn mais si vous ne lisez que le titre...

Il a donc fallu 3 jours de réflexion pour que le journal de référence nous livre sans commentaire la même information biaisée que le Point (après 24 heures de réflexion) et le Figaro.


C'est Malek Boutih qui a perdu les élections !


Nicolas Sarkozy était assuré d'une nouvelle prise : Malek Boutih , secrétaire national du PS, chargé des questions de société. L'affaire était conclue. Ne restait que la nomination. Arrive la foire aux casquettes et les récriminations de droite. Celles qui demandent une ouverture à droite, celle qui veut pour la fonction quelqu'un qui appartienne au "corps français traditionnel" par exemple à "la vieille bourgeoisie protestante". Ce qui traduit une vue quelque peu réductrice de l'activité de la Halde. En effet si l'origine ethnique était la première cause décrite, elle ne concernait que 27% des saisines en 2007

Malek Boutih est au PS et ne vient pas de la vieille bourgeoisie protestante. Nicolas Sarkozy a nommé une "fille de harkis", elle aussi ancienne de SOS.Racisme.

Pour Malek Boutih, tout ce brouhaha est instrumentalisé "pour éluder les vrais problèmes : la question des ghettos, par exemple".

Il aurait pu rappeler aussi que les amis de Nicolas Sarkozy avaient demandé une diminution du budget de la Halde. Elle dispose de 12 millions d'euros, la même organisation en Grande Bretagne aurait 70 millions (JDD 06/03/10 Le Monde 05/03/10).


Pour avoir du liquide, ils ne manquent pas d'air !


La finance a mis l'imagination au pouvoir pour faire de l'argent : subprimes, titrisation, CDS (en français, CERD, « contrats d’échange sur les risques de défaut »), stock-options, parachutes dorés, retraites chapeau et autres golden hello (prime de recrutement ou de débauchage), sans compter le cumul des mandats et les jetons de présence...

Quant à ceux qui ne sont pas au pouvoir, ils n'ont pas besoin d'imagination. Ils paieront les impots cassés pour les autres ! (Paru dans "courrier des lecteurs" de Politis du 01/04/10).


Sanctions... pour tous


Le président de la République est décidé à s'attaquer à la délinquance. Deux décisions courageuses sont en préparation : supprimer les allocations familiales aux parents qui ne tiennent pas leurs enfants et leur rémunération aux ministres qui ne poursuivent pas les patrons voyous (Publié dans Politis le 08/04/10)


Revenu agricole


Le monde agricole frappé par un effondrement de 34% du revenu moyen en 2009 après une chute de 20% en 2008 (Le Monde 07/04/10) [Est-ce possible ? Quels revenus avaient-ils avant cette baisse ?]


Scolarisation des moins de 3 ans


A l'arrivée de Nicolas Sarkozy, 23,4% des moins de 3 ans étaient scolarisés, ils ne sont plus que 18%. Beaucoup de classes de très petits ont disparu , y compris dans les ZEP où la préscolarisation est pourtant un droit inscrit dans la loi (Le Monde 07/04/09).

Comment Amazon, eBay et iTunes échappent aux impôts



Amazon, eBay ou la plate-forme iTunes d'Apple réalisent des millions d'euros de chiffre d'affaires en France, mais ils n'y paient quasiment pas d'impôts parce qu'ils sont domiciliés au Luxembourg. Google, lui, a préféré l'Irlande. Un rapport du Sénat s'attaque aux paradis fiscaux du Web et une directive européenne prévoit d'y mettre un peu d'ordre d'ici 2015, en obligeant les sites marchands à s'acquitter de la TVA du pays d'achat.

Ce rapport sur "l'impact du développement d'internet sur les finances de l'Etat" est désormais disponible sur le site du Sénat (Eco89 | 07/04/2010). [http://www.senat.fr/commission/fin/evenements/EtudeGreenwichConsulting.pdf ]


Grâce à Baroin, les bandits ne seront plus manchots (Le Monde 06/04/10)


"Avec mes gains au casino, je me suis acheté une casquette de yachtman ; avec mes pertes, j'aurais pu me payer le bateau" (Tristan Bernard, cité par le Monde).


Thons rouges


Il y a autant de thons rouges conservés à -60° C au Japon que dans les mers (Le Monde 06/04/10).


L'Etat prête à la banque à 0% qui prête à 4,5% !


"Tous les Etats du monde et leurs banques centrales ont tout fait pour que les banques puissent reconstruire le plus vite possible leur profitabilité. Comment ? Ils leur ont fourni de la liquidité à un prix très bas, et les mêmes banques ont pu investir en bons du trésor ou obligations d’Etat rémunérées à 4,5 %… Elles font donc 4,5 % de marge". (François Henrot, président de la banque d’affaires Rothschild dans Libération 03/04/10).


Un chien pour vos enfants !


Au RU, une firme privée fait payer 50 livres par heure l’utilisation d’un chien spécialisé pour vérifier s’il y a de la drogue dans la chambre des enfants (Vocable anglais18/02-03/03/10).

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Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
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