Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 22:16
VACANCES VENITIENNES, des images et des films

Dix jours au Lido de Venise, pour la 73e édition du plus ancien festival de cinéma, est l'occasion de voir beaucoup d’images et d’en faire quelques unes ! Car comment résister avec une tablette photographique dans les mains ? Au Lido, le Festival mais aussi la mer et le ciel et le soleil. Et Venise à un saut de vaporetto et Murano et Burano....
Au risque de manquer le train du retour.

Il y avait aussi des films. Plus de 160, projetés en dix jours dans une dizaine de salles. Quelques lignes sont consacrées aux films considérés comme les plus intéressants parmi les 36 vus cette année, insérées entre des photos du Lido pendant le Festival et des vues de Venise, Murano et Burano, à l’occasion de trois escapades buissonnières.

Comme chaque année, le rouge est mis au Palais du Festival avec en plus, le grand cube de la nouvelle « Sala Giardino ».

Le rouge et...le noir, nuée de photographes à l’affût des personnalités invitées... Il y a aussi le rouge et le bleu de la mer et du ciel. Et, en ce début septembre, l'immense plage de sable, déserte, quelques mouettes et de rares baigneurs. Mais interdite par un garde nonchalant qui demande aux festivaliers égarés, venus se détendre entre deux séances de cinéma, de s'éloigner de « sa concession ».c

Le Lido,

Le Festival

La Plage

VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films

Pendant le diner...

19h32.......19h4719h32.......19h47

19h32.......19h47

Notes sur quelques films de la Sélection officielle :

EL CIUDADANO ILUSTRE de Mariano Cohn et Gastón Duprat (Argentine, Espagne) a reçu le prix du meilleur acteur pour Oscar Martínez dans le rôle d’un écrivain argentin, prix Nobel de littérature, qui revient dans la petite ville de son enfance après un séjour de 40 ans en Europe.
Ce retour se voulait discret. Mais sa présence est déjà signalée dans l’avion… et il est sollicité par le maire pour de multiples activités auxquelles il ne peut se dérober : réception solennelle en mairie, présidence du jury d’un concours de peinture local, conférences diverses... Il refuse l'invitation d'un inconnu à un repas familial, le financement d'un fauteuil pour un handicapé... Il retrouve aussi les lieux de sa jeunesse et même son meilleur ami de l’époque qui a épousé celle qu’ils se disputaient.
Pour respecter ses principes, il se heurte à des personnalités locales mais aussi à ceux qui lui reprochent d’avoir établi sa notoriété sur une mauvaise image du pays, de ne montrer que les choses négatives…
Sans concession, au village comme à l’académie lors de l’attribution du prix Nobel. Il répond honnêtement, avec le même langage d’intellectuel. Il surprend mais est applaudi à l'Académie. Ce langage passe plus difficilement ici et montre à quel point sa réussite l'a coupé de son pays, de son enfance... Et même à ses amis.
La réussite a un prix.

Le prix Marcello Mastroianni pour une jeune actrice a été attribué à: Paula Beer dans FRANTZ de François Ozon (France, Allemagne) dont le fiancé a été tué pendant la guerre de 14-18. Elle a la surprise de découvrir un jeune, venu de France pour fleurir la tombe de Frantz. Ils font connaissance, elle l’introduit chez les parents de Frantz... Elle ira en France...
Ce film, un peu froid, témoigne de l'état d'esprit des sociétés allemande et française de l'après-guerre et montre l’émancipation progressive d'une jeune femme de son conditionnement social...

Pour son rôle dans LA LA LAND de Damien Chazelle (États-Unis), Emma Stone a obtenu le prix de la meilleure actrice. C'est une comédie musicale, très bien accueillie par le public et encore plus par les critiques, même si le rythme du film faiblit un peu après un début bien enlevé.

Le Lion d’argent, Grand prix du jury, a été attribué à NOCTURNAL ANIMALS de Tom Ford (États-Unis). Le film commence par une "performance", lors du vernissage d'une exposition dans une galerie, bien sûr d'avant garde, dont Suzan est la directrice : des femmes vivantes, allongées, monstrueusement obèses...
Suzan reçoit le manuscrit d'un roman "natural animals" que lui dédie son ex-mari. Une famille part en vacances et, sur l'autoroute, est agressée par une bande de jeunes, "nocturnal animals", qui violent et tuent femme et fille.
Elle est profondément troublée par ce roman. Les "nocturnal animals" ne sont pas seulement les voyous de l’autoroute mais aussi tous ceux qui ont détourné Suzan de son ex-mari et de la création au profit d'un nouveau conjoint qui la trompe, d'une vie mondaine qui n'a pas de sens, de la gestion d'une galerie à laquelle elle ne croit pas.
Le même acteur joue le rôle du père de famille et de l'auteur du roman.
Dans le roman, le mari se fera justice avec l'aide d'un policier en fin de vie, il a un cancer du poumon, qui va se substituer à une justice rendue impuissante par les procédures et les avocats.

Le Lion d’argent de la mise en scène a été remis à :Andrei Konchalovsky pour PARADISE (Fédération russe, Allemagne) et à Amat Escalante pour LA REGIÓN SALVAJE (Mexique, Danemark, France, Allemagne, Norvège, Suisse).

Dans des entretiens "post-mortem", PARADISE donne la parole à un employé de préfecture français, collaborateur durant la Seconde guerre mondiale, à une aristocrate russe, membre d'une réseau parisien d'aide aux enfants juifs, à un noble officier allemand de la SS dans un camp d'extermination où se retrouve l'aristocrate russe.
Le petit fonctionnaire sait ce qu'il fait mais n'en est pas fier. Il est rapidement exécuté par la Résistance. La noble russe est arrêtée et déportée. Du fait de ses relations anciennes avec l'aristocrate officier allemand, elle pourrait être sauvée. Elle choisit la chambre à gaz et se sacrifie au profit d'une femme et deux enfants juifs.
Dans ce film dédié à ceux qui, partout, ont résisté à l"entreprise nazie, l'officier nazi affirme qu'il n'y a pas de paradis sans enfer. Actif dans l'enferi, il sait que, demain, d'autres se lèveront pour réaliser le paradis allemand..

Le prix du meilleur scénario a été attribué à Noah Oppenheim pour JACKIE de Pablo Larraín, (Royaume-Uni). JACKIE raconte les quatre journées de Jackie Kennedy qui ont suivi l'assassinat du président des États-Unis.

THE BAD BATCH de Ana Lily Amirpour (États-Unis) a obtenu le Prix spécial du jury. Une jeune et belle femme est expulsée d'un camp du Texas et se retrouve seule dans le désert. Elle aboutit dans une décharge enfermée derrière des barrières où elle est amputée d'une jambe et d'un bras par des cannibales... Elle s'en sort en abattant sa geôlière et s'enfuit en planche à roulette...
Évocation de la situation d'un certain nombre d'immigrants ou de marginaux aux États-Unis dans un film grand-guignolesque réalisé par une femme que certains ont qualifié de "Tarentino en jupons".

THE LIGHT BETWEEN OCEANS de Derek Cianfrance. A la fin de la Première guerre mondiale, Tom devient gardien de phare temporaire sur un îlot. Au moment d'embarquer pour rejoindre son poste, il croise une jeune et belle femme, Isabel, qui l'épousera et le rejoindra.Isabel est très perturbée par deux heureux événements qui tournent à la catastrophe.. Quand un canot échoue sur l’ilot avec, à son bord, un homme mort et un enfant bien vivant... Sur la pression d'Isabel, Tom enterre l'homme et ils adoptent l'enfant de substitution.
Tom supporte difficilement ce mensonge, surtout quand il apprend l'origine de l’enfant. Il s'arrange pour que la justice rende l'enfant à sa mère légitime...
Le sujet classique du combat entre deux mères n'est pas traité sur le mode larmoyant...

EL CRISTO CIEGO de Christopher Murray. Le jeune Michael est convaincu que "Dieu est en nous". Que Dieu est en lui. Il part, pieds nus, à travers le désert chilien pour rejoindre un ami et le guérir, "miraculeusement". Ceux qui le voient passer, pieds nus, pensent peu à peu qu'il est le Christ. Le miracle n'aura pas lieu.

AUTRES FILMS :

BRIMSTONE de Martin Koolhoven, UNE VIE de Stéphane Brizé, Prix Fipresci (critique internationale), d'après la nouvelle de Guy de Maupassant, VOYAGE OF TIME : LIFE JOURNEY de Terence Malick, Prix Future Film Festival avec mention spéciale, LES BEAUX JOURS D'ARANJUEZ (3D) de Wim Wenders, PIUMA de Roan Johnson, QUESTI GIORNI de Giuseppe Piccioni.

Notes sur quelques films de la Sélection "Orizzonti"

WHITE SUN de Deepak Rauniyar, Népal, raconte le retour d'un combattant maoïste dans son village à la suite de la mort de son père. La paix est revenue, non la réconciliation. Dans le village, tous les adultes ont disparu. Ne restent que les deux frères pour transporter le corps du père jusqu'au lieu de la cérémonie. Une dispute éclate entre les deux frères porteurs et le corps est abandonné au milieu du chemin. Notre héros va chercher de l'aide auprès de ses camarades qui ne peuvent intervenir sur un territoire qui ne dépend pas d'eux administrativement, auprès du camarade ministre qui doit se consacrer au mariage de son fils... Finalement, le cortège pourra reprendre après un bref affrontement entre militaires gouvernementaux et maoïstes. Ce sont les enfants qui ont amassé le bois qui servira à l'incinération. La réconciliation viendra...

RÉPARER LES VIVANTS de Katell Quillévéré.d'après un roman à succès de 2014 (200 000 exemplaires vendus). Un jeune est victime d'un accident de la circulation au Havre. Déclaré en état de mort de mort cérébrale, les parents doivent donner rapidement leur accord pour un éventuel prélèvement d'organe sur le corps de leur fils.
Le film, quasiment documentaire, montre la difficulté de la décision pour les parents, le prélèvement du cœur au Havre et son implantation à Paris sur une femme de la cinquantaine qui attend une greffe, seule possibilité de survie.

LIBERAMI de Federica Di Giacomo (Italie, France), documentaire sur les prêtres exorcistes a été reconnu comme "meilleur film",

AUTRES FILMS :

HOME (Belgique) a valu à Fien Troch le prix du meilleur réalisateur, Ruth Díaz a reçu le prix de la meilleure actrice dans TARDE PARA LA IRA de Raúl Arévalo (Espagne), IL PIU GRANDE SOGNO de Michele Vanucci, MAUDITE POUTINE de Karl Lemieux, DARK NIGHT de Tim Sutton, Orizzonti-fuori concorso

Fuori concorsi

HACKSAW RIDGE de Mel Gibson. Ce film qui sortira en France sous le titre "Tu ne tueras point", est basé sur une histoire réelle. Celle de Desmond Doss, objecteur de conscience pour des raisons religieuses mais volontaire pour servir dans l'armée des États-Unis.

A son arrivée à l'armée, il est victime de nombreuses brimades, d'abord par la hiérarchie lors de la formation militaire qu'il reçoit comme les autres, avec refus du maniement des armes,. Mais aussi par ses camarades qui le traitent de lâche... Il n'est sauvé d'une condamnation par le tribunal de guerre que par l'entregent de son père, ancien combattant.

Il participe dans l'équipe de secours en première ligne à la bataille d'Okinawa et sauve de nombreux soldats.

Mel Gibson montre aussi bien la dureté de l'entrainement militaire que celle de la bataille contre les Japonais. Son opposition à la guerre peut être résumée, en dehors de l'étalement des combats sanglantes, des souffrances, des blessures, des cadavres... par l'image de deux soldats ennemis qui se retrouvent face à face et poussent le même cri bestial.

OUR WAR de Bruno Chiaravalloti, Claudio Jampaglia, Bernadetta Argentieri. Documentaire sur des volontaires étrangers participant à la lutte contre Daech avec les Kurdes.

I CALLED HIM MORGAN de Kasper Collin. Long-métrage documentaire sur le célèbre jazzman et trompettiste américain.

AUSTERLITZ de Sergei Loznitsa, Prix Mouse d’Argento, Non fiction, THE BLEEDER de Philippe Falardeau, PLANETARIUM de Rebecca Zietowski

Cinema nel Giardino

L'ESTATE ADDOSSO de Gabriele Muccino, Prix de la meilleure musique de film (Jovanotti).

Giornata degli autori

PARIENTE de Ivan D. Gaona

Ommagio a Abbas Kiarostami

FRAMES de Abbas Kiarostami (CM), TAKE ME HOME de Abbas Kiarostami (CM), 76 MINUTES AND 15 SECONDS WITH KIAROSTAMI de Samadian Seifollah

LION D’OR pour sa carrière : Jean-Paul Belmondo

avec projection du film de Louis Malle LE VOLEUR

Jean-Paul Belmondo et Sophie Marceau lors de la remise du Lion d'or à Jean-Paul Belmondo pour l'ensemble de sa carrière.

Jean-Paul Belmondo et Sophie Marceau lors de la remise du Lion d'or à Jean-Paul Belmondo pour l'ensemble de sa carrière.

Venise et la lagune vues du Lido.

VACANCES VENITIENNES, des images et des films  VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films  VACANCES VENITIENNES, des images et des films

Venise

VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films

Murano

VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films

Burano

VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
VACANCES VENITIENNES, des images et des films
Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Cinéma Voyages
commenter cet article
26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 16:27

Sur le pont

… du bateau qui mène aux calanques pour une brève promenade, un jeune couple discrètement amoureux, enlacé. Elle brune, fine, épaules nues, à la peau blanche, qui n’a pas encore subi l’influence d’un soleil pénétrant. Peau lisse, uniforme, sans grain. Une main brune passe, légère, tapote discrètement, rebondit de saillances en saillances vertébrales déclenchant un regard souriant, confiant, apaisé. A côté, le décolleté offre une peau brune, enrobant une femme d’âge mûr, toute en rondeur. Le temps et le soleil ont déjà fait leur œuvre. Sous le bruni homogène, le regard peut saisir les grains de la peau qui n’en ont pas encore détruit la douceur. Derrière elle, un monsieur ventripotent, à casquette et appareil photographique. Plus loin, un autre couple : une mère, toute de noir vêtue, assise, silencieuse à côté de son mari. Un jeune enfant accroché affectueusement à son père : énorme, aux seins lourds, au ventre débordant. Et l’enfant s’élance, courant partout, variant sans cesse ses « pourquoi » encyclopédiques, avec une voix aiguë, aigrelette, curieux de tout. Questions qui doivent rester sans réponse d’un père qui ne peut suivre le rythme.

Scènes du bord de l’eau

Sur la plage

… un couple arrive. Une vieille dame, aux vêtements traditionnels, très colorés, accompagnée de celui qui doit être son fils, la cinquantaine en tee-shirt orange et short noir. Il installe la vieille dame, face à la mer, proche de l’eau sur un pliant, à l’abri d’un parasol.

Derrière nous, un couple, tout juste centenaire à deux, debout, bat largement le plus long baiser du cinéma, entre dans l’eau et, après quelques brasses, debout, l’eau à la taille, reprend la scène qu'ils avaient interrompue avant de partir en tournée présenter leur performance dans d’autres décors.

A côté, une famille de femmes : la grand-mère assise sur une chaise pliante, toute de noir vêtue, confortablement, foulard sur la tête et jambes écartées. La mère, cheveux à l’air, robe noire mi-longue et des enfants qui jouent, essaient de remplir un trou en vidant la mer, passent en criant, faisant sauter du sable ou quelques gouttes d’eau… qui ne gênent personne sauf les parents qui leur demandent de s’éloigner. La mère va se baigner en robe. Trempe dans l’eau le plus petit qui ne marche pas encore. Change les enfants après les avoir essuyés, tout nus, dans une grande serviette.

Le monsieur qui vient d’arriver avec sa mère, la prend par le bras et tous deux s’avancent lentement vers la mer, pénètrent doucement dans l’eau qui baigne maintenant leurs pieds, leurs jambes jusqu’aux genoux. Ils reviennent vers le parasol, c’est l’heure du selfie…

Scènes du bord de l’eau

Et pour nous, l’heure de quitter la plage. Pour l’agitation de la ville. Les affrontements en Corse médiatisés autour d’une fausse information. Les jeunes femmes qui, par pudeur, se baignent en « burkini » et montrent, complaisamment, sur les journaux, leur beau visage maquillé aux journalistes. Mais ces photos ont-elles été prises en France ? (1). Les arrêtés municipaux. Dont celui du maire de Leucate. Selon le texte transmis à l’AFP, l’accès aux plages de la commune sera « interdit à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades ». « Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation à ces principes y est également interdit » (2). Il existe, à Leucate, une plage naturiste. Par définition, les vêtements des nudistes n’ont aucune connotation !

Pour respecter le principe d’égalité, de neutralité, pour éviter tout incident, le maire de Leucate va, peut-être, susciter à coté de la plage naturiste un espace burkiniste ? Après la décision du Conseil d’État d’annuler les arrêtés.

1 - http://www.slate.fr/story/122563/photos-burkini-france

2 - 20 minutes 16/08/16

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité
commenter cet article
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 21:04

Face au terrorisme

La France est confrontée à des attaques terroristes depuis des mois. Elle n’est pas la seule même si elle est le pays le plus touché en Europe. Cela justifie que chacun se pose des questions sur les causes, les motivations, les réponses à leur apporter... Dans ces circonstances, il serait souhaitable de réfléchir ensemble, ce qui ne veut pas dire de penser la même chose mais de s’écouter. Chose difficile, à quelques mois de l’élection présidentielle, chez un peuple querelleur, avec des moyens techniques qui permettent de répliquer avant même d’avoir réfléchi.

En faisant une comptabilité macabre même approximative, la France est le pays le plus touché en Europe mais il ne faut pas oublier que les victimes sont beaucoup plus nombreuses en Asie du Sud-Est, au Proche ou Moyen-Orient, en Afrique qu’en Europe et les musulmans plus nombreux que les chrétiens même si ces derniers peuvent être des cibles privilégiées dans certains pays. Enfin, dans cette « guerre qui n’est pas religieuse », on ne dénombre jamais les victimes qui ne sont ni musulmanes ni chrétiennes, ni juives.

Quant aux « donneurs d’ordre », des bailleurs de fonds aux organisateurs, et aux exécutants, ils sont tous musulmans quelquefois de fraîche date pour ces derniers, du moins en France. Certains le nient par souci de diplomatie, d’apaisement. D’autres le reconnaissent à demi-mot qui se disent salis par de tels actes. Cela ne veut pas dire, loin de là, que tous les musulmans sont des terroristes ou même des sympathisants de terroristes.

Lors de son voyage en Pologne, le pape François a tenu, sur la question, des propos au moins discutables, même si on comprend son intention, à son poste, ne pas exacerber les oppositions.
Il a comparé les guerres de 14-18 et 39-45 avec la « guerre » actuelle, semblant oublier que depuis 1945 de multiples conflits ont fait des dizaines de milliers de morts en Asie, en Europe, en Afrique et même en Amérique latine dont il est originaire. Avec dans certains cas des pratiques terroristes.

Pour lui, la « guerre » actuelle n’est pas religieuse car toutes les religions veulent la paix. Mais qui ne veut la paix ? « Le terrorisme prospère quand le dieu de l'argent est placé en premier », semble vouloir dire que le dieu argent n’est placé en premier que dans certains pays qui utilisent le terrorisme… Et encore plus discutable : « Tous les jours quand j'ouvre les journaux, je vois des violences en Italie, quelqu'un qui tue sa petite amie, un autre qui tue sa belle-mère, et ce sont des catholiques baptisés. » Est-ce à dire que terrorisme et crimes passionnels ou crapuleux sont à mettre sur le même plan ? Que ces derniers n’existent pas dans les pays qui utilisent le terrorisme ?

On ne peut pas dire qu’il s’agit, à proprement parler, d’une guerre de religions.

Même si certaines religions en sont la cible désignée, les « croisés », encore récemment désignés par Daech et les juifs : collège-lycée juif Ozar Hatorah, musée juif de Bruxelles, Hyper Cacher. Mais ces religions n’ont pas déclaré la guerre à l’islam.

Reste que dans un numéro récent de sa revue, Dabiq, cité par Charlotte Pudlowski (1), Daech avance les 6 raisons qui expliquent ses actes terroristes en Occident : « Nous vous haïssons, avant tout, parce que vous êtes des mécréants ; vous rejetez l'unicité d'Allah – que vous en ayez conscience ou non. » « Nous vous haïssons parce que vous êtes laïcs ». Viennent ensuite : les crimes commis envers l'islam, ceux commis envers les musulmans et en sixième position, « nous vous haïssons parce que vous envahissez nos terres ». Désormais, Daech met en avant les raisons religieuses et en dernier, les raisons politiques.
Mais étant donné le public visé par la publication, il n’est pas question de la guerre entre les différentes obédiences musulmanes, notamment sunnites et chiites.

De son coté, le pape reconnaît qu’il y a des « petits groupes de fondamentalistes » dans toutes les religions, heureusement, pour le moment, les fondamentalistes catholiques se contentent de manifester. Mais pourquoi parler des fondamentalistes puisque la religion n’a rien à voir avec le terrorisme ?

S’il ne fait pas de doute que des intérêts financiers, stratégiques... jouent un rôle important, non seulement du coté terroriste, il n’en reste pas moins que la mobilisation se fait au nom de Dieu. Et certains regrettent le silence de nombreux hommes de Dieu (2).

Il faut cependant noter que des organisations ou de personnalités musulmanes ou « d’origine musulmane » ont se sont exprimées sur sur l’islam, sur l’islamisme et sur la solidarité avec les victimes du terrorisme, si elles n’ont pas eu un très grand retentissement médiatique.

Devant le Bataclan 22/11/15


Des organisations (non religieuses) de travailleurs immigrés en France, originaires du Maghreb, notamment d’associations de Tunisiens : ainsi plus de 50 organisations ont appelé le 11 janvier 2015 à former un cortège des associations de l' Immigration et des organisations des droits de l'Homme en Solidarité avec Charlie Hebdo. Et place de la République à Paris, le 21 mars 2015, après l’attentat du Bardo, à Tunis qui a fait 21 morts dont 17 touristes. Et le 18 juillet 2016, après l’attentat de Nice.

Le dimanche 13 décembre 2015, un mois pile après les attentats de Paris, une manifestation était organisée au Trocadéro à Paris rassemblant des citoyens musulmans désireux de se désolidariser du groupe djihadiste : « Tous unis contre la barbarie » (3).


18/07/16 Place de la République


Des intellectuels maghrébins, musulmans ou de culture musulmane, dans leur diversité, ont écrit des articles : Waleed Al-Husseini, Andenour Bidar, Azzouzi Abdel-Rahmène, Camel Bechikh, Salem Ben Amar, Malik Bezouh, Malek Chebel, Magyd Cherfi, Mohamed Chirani, Fatou Diome, Hassen Chalghoumi, Mezri Haddad, Boualem Sansal, Haoues Seniguer, Soufiane Zitouni...

Une déclaration « Notre responsabilité à l’égard du terrorisme au nom de l’islam » a été signée par 629 intellectuels maghrébins ou franco maghrébins et publiée le 11 janvier 2015 (4).

Il y a eu aussi des articles ou des déclarations de philosophes, théologiens ou imams comme Ghaleb Bencheikh, Tareq Oubrou mais aussi des attitudes ou des activités quotidiennes d’imams peu connus...

La fondation internationale Al Kawakibi a été instituée, le 27 avril 2015, (par Félix Marquardt, Adnan Ibrahim, Ghaleb Bencheikh, Mohamed Bajrafil et Omero Marongiu-Perria), elle se propose d’organiser en 2016 un Forum mondial pour une réforme islamique…

Mais après l’assassinat du père Jacques Hamel, les rassemblements de croyants ont pris une autre dimension avec l’ouverture réciproque d’églises et de mosquée à des rassemblements œcuméniques. Dont il faut espérer qu’ils perdureront et feront tâche d’huile.

D’autant que la population n’a pas cédé, à ce jour, comme certains le craignaient ou même l’annonçaient, à des mouvements racistes de grande ampleur. Ou à des affrontements inter-communautaires comme les annonçait en mai 2015 le directeur de la DGSI en cas de nouveaux attentats (5). Même si une recrudescence d’actes racistes a pu être notée.

Comme dans les querelles enfantines, après les attentats, il faut convaincre que c’est l’autre qui a commencé. Comme l’a fait le Monde dans un récent éditorial (6). Il semble cependant difficile de dire que c’est Ben Laden ou les Afghans ou Saddam Hussein ou Abou Bakr Al-Baghdadi qui ont attaqué les premiers les États-Unis ou la France ou les États membres de la coalition. Malgré les « preuves » avancées par George H. Bush et Tony Blair en leur temps.
Il ne faut pas oublier que, aussi atroces que soient les attentats terroristes, le nombre de victimes est cependant loin de celui des victimes civiles directes ou « collatérales » lors des interventions occidentales… sans oublier les exodes provoqués et les personnes qui meurent sur terre et en mer dans leur recherche d’une terre d’asile.

Désormais, le cercle vicieux, le talion, est enclenché, les arguments sont les mêmes : il faut punir l’Occident, la France... par des attentats pour les interventions aériennes et terrestres, il faut punir Daech pour ses attentats en augmentant les interventions aériennes…
Pour le moment et vu d’ici, la méthode ne semble pas être très efficace. Le mode opératoire de Daech a peut-être changé : opérations complexes type Bataclan, remplacées ou complétées par des opérations n’engageant que peu d’effectifs ou purement individuelles. Traduisant peut-être un affaiblissement de l’organisation mais rendant plus difficile le dépistage préventif des actes terroristes au moment de la préparation...

Sur cette activité de dépistage, il est difficile de porter un jugement serein. La seule chose qui est sure, les attentats du 13 novembre 2015 sont un échec sévère pour les services de renseignement. Il n’est pas facile de déjouer tous les attentats en préparation surtout quand il s’agit d’attentats individuels. Mais le 13 novembre, il s’agissait d’une entreprise d’envergure. Il est encore plus difficile d’être efficace quand les effectifs sont réduits, pour des raisons budgétaires et que la police et la gendarmerie de proximité sont supprimées. Elles ne peuvent être remplacées par la vidéo-surveillance.
Cela devrait rendre plus modestes les politiques d’hier responsables de ces réductions d’effectifs. Et les politiques d’aujourd’hui qui traitent avec un certain mépris (plum-pudding) le rapport de la commission d’enquête parlementaire mise en place à la suite des attentats (7).

Pour prendre la question à la racine, il ne faut pas parler, seulement, de la prévention, indispensable, des attentats en préparation, ni même de la déradicalisation mais se poser la question : concernant les attentats perpétrés en France, comment se fait-il que des jeunes nés ici, éduqués ici, socialisés ici, à qui la famille, l‘école, la société ont essayé d’apprendre, d’aimer les valeurs fondamentales de la société, en viennent à penser que leur salut ne peut venir que de barbares attentats ?
Bien sûr, certains, mais pas tous, ont eu des problèmes sociaux, familiaux graves, des questions d’identité, étrangers ici, étrangers là-bas, des problèmes psychologiques… Mais de tout temps, de jeunes adolescents ont eu ces types de problèmes et qui voulaient en découdre et ne versaient pas dans la barbarie ou de façon plus exceptionnelle.
Ils trouvaient, plus souvent, dans la société des structures pour les accueillir, canaliser leur énergie, voire leur violence. Qu’ils ne trouvent pas aujourd’hui.

Il faut arriver à penser, à accepter que Daech apporte une réponse à leurs angoisses, à leur incompréhension du monde, à leur non insertion dans la société, dans leur famille…
C’est à cette question qu’il faudrait arriver à répondre. Qu’est-ce qui peut donner un sens à leur vie ? En dehors de la mort donnée et reçue comme une récompense. Et s’il n’est pas possible de répondre à cette question pour certains, n’est-il pas possible d’y répondre pour ceux qui les aident, leur donnent les moyens sans oser eux-mêmes faire le saut, les entourent, les connaissent...

Qu’est-ce qui peut donner un sens à la vie de ces jeunes aujourd’hui ? Quel rêve personnel, quelle utopie collective ? Pourquoi faut-il qu’il y ait des jeunes à ce point perdus et en conflit avec la société pour que la question soit posée ? Peut-on penser qu’on peut passer à coté de la question et ne répondre que par la répression, même si elle est nécessaire ?

Place de la République 05/01/16

1 - Charlotte Pudlowski Daech a-t-il changé de raisons pour haïr l'Occident Slate.fr 01/08/16

2 – Amine Zaoui Liberté, Journal algérien 28 /07/16 « Aucune institution religieuse à l’image d’Al Azhar n’a appelé à une marche contre Daech. Aucune institution n’a émis une fatwa qui condamne religieusement la secte de Daech et ses dérivées. »

3 – Le Figaro 10/12/2015

4 - Monica M. Blog : Le blog de Monica M. Médiapart15/01/16

5 - http://www.20minutes.fr/societe/1887531-20160712-prediction-sombre-patron-dgsi-affrontements-intercommunautaires

6 - Mathias Delori Le Monde Journal en guerre, 27/07/16, Blog : Le blog de Mathias.delori « Le journal Le Monde a énoncé une contre-vérité ce matin dans son éditorial: l'idée selon laquelle Daech aurait, le premier, attaqué la France. S'agit il d'une erreur ou d'un mensonge? Le propos est, en tout cas, politiquement irresponsable. »

7 - Jim Jarrassé Le Figaro 08/07/2016

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité événements
commenter cet article
29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 22:42

Gouverner, c’est choisir*. Avec ce critère, on ne peut pas dire que Hollande ne gouverne pas. Il avait le choix entre le programme du candidat François Hollande à l’élection présidentielle de 2012 (25,63 % de voix au premier tour, 51,64 % au second), le programme du François Hollande de la primaire socialiste (39,17 % au premier tour, 56,57 % au second), il a choisi celui de Manuel Valls à la primaire (5,63%). C’est un choix, on peut même dire que c’est un choix courageux : contre lui-même, contre son programme, contre son parti, contre ses électeurs… Mais est-ce un bon choix ?

C’est un choix dans la tradition « socialiste » : choix de Guy Mollet, élu pour faire la paix qui a enfoncé la France dans la poursuite et l’aggravation de la guerre d’Algérie ; choix de François Mitterrand, élu pour « changer la vie », qui a enfermé la politique économique française pour des années dans les critères de Maastricht ; choix de François Hollande qui devait renégocier les traités européens et qui s’est coulé dans ces traités comme François Mitterrand dans un régime présidentiel qu’il avait fortement critiqué.

Gouverner, c’est choisir

Mais choix funeste pour la démocratie. Car de nombreux électeurs ont voté François Hollande pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy. Dans la forme, c’est un succès : les tics, les gesticulations ont disparu : quant à la politique, la différence est moins nette.
Le chef de guerre Nicolas Sarkozy a fait intervenir l’armée française en Libye et renverser le colonel Khadafi avec pour résultat l’éclatement de la Libye et la contamination du Sahel. Ce qui a permis à François Hollande de paraître, un instant, en chef de guerre acclamé au Mali. Mais non en chef de paix.

Qu’importe, le voici encore (sous-) chef de guerre au Proche-Orient avec le succès que l’on connaît, notamment en France.

Maintenant, chef de guerre en France, car « la France est en guerre», comme il l’a déclaré devant le Congrès, trois jours après les attentats du 13 novembre.
De « Vigipirate » à « Vigipirate renforcé » (opération « Sentinelle », un million d'euros par jour). De l’« état d’urgence » à « état d’urgence prolongé », jusqu’à la fin de la guerre (?)… Avec toujours le même succès.

A cela, il faudrait ajouter les discours, les textes législatifs et les initiatives qui, même si elles n’ont pas toujours abouti, poussent droite et extrême droite à faire de la surenchère répressive : tout ceci de plus en plus dangereux pour les libertés démocratiques.

Ainsi on a vu des députés faire des propositions « détonantes », pour respecter l’orthographe du Figaro (20/07/16) : Georges Fenech (LR) : « Un Guantanamo à la française serait la solution la plus simple ». Alain Marsaud (LR): « Je me défends, je porte une arme… On ne peut pas laisser seulement les violents, les assassins, porter des armes ». Jacques Bompard : « Faire sauter l'État de droit ». Henri Guaino (LR) « Il suffit de mettre à l'entrée de la Promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquettes et il arrêtera le camion ». Marie-Christine Arnautu, eurodéputée, suspendue du bureau exécutif du FN : « peine de mort… et fin de l'immigration ». Olivier Dassault (LR) déjà pour le rétablissement de la peine de mort depuis 2004 : peine capitale en France « pour les auteurs d'actes terroristes ».

Pour être un chef de guerre efficace, il faut s’assurer bien sûr de la victoire à l’extérieur et prévoir une suite politique à cette victoire éventuelle mais aussi se préoccuper du soutien et de l’unité de la base arrière : être un chef de la paix extérieure et de la paix intérieure. Ce ne semble pas être le cas de François Hollande dont les deux préoccupations majeures demeurent les interventions extérieures et l’impossible respect des critères de la politique économique européenne, difficilement réalisable sans augmenter les impôts ou diminuer les budgets sociaux qui assurent le lien social, la cohésion sociale...

Gouverner, c’est choisir

Restent possibles des déclarations ou des mesures symboliques qui doivent s’adresser à tous et notamment aux couches les plus fragiles de la population. On ne peut se contenter des incantations sur le refus des amalgames, sur la nécessité de l’unité nationale. On ne peut se contenter de satisfaire le Medef avec des mesures fiscales, sans contre-partie, et la mise en question du Code du travail contre l’avis de la population (si l’on en croit les sondages), contre l’avis de la majorité des syndicats (gréves et manifestations), contre l’avis des députés (utilisation du 49-3). Quand on diminue les subventions aux associations, quand on refuse de tenir ses promesses de codifier les contrôles d’identité, quand on veut constitutionnaliser la déchéance de la nationalité, mesure inefficace mais combien symbolique ! Quand on traite le Congrès de Versailles comme un banal congrès du parti socialiste, terrain de manœuvre pour piéger, d’ailleurs sans succès, ses adversaires politiques !

Avec pour effet de stigmatiser et d’exacerber les sentiments d’exclusion des uns et des autres.
Au lieu de faire monter, par des déclarations, par des mesures inefficaces, les tensions au sein de la population, le gouvernement comme l’opposition, devraient se préoccuper de construire l’unité populaire. A défaut, les uns et les autres seront responsables de la montée des affrontements aujourd’hui verbaux. Sans donner un coup d’arrêt aux vocations criminelles.

Le pays, il n’est pas le seul, traverse des moments difficiles avec de nombreux problèmes : en plus de la vague d’attentats, chômage de masse depuis trois ou quatre décennies et augmentation des inégalités quel que soit le gouvernement ; interventions militaires qui jettent sur les routes (ou à la mer) des milliers de candidats à l’émigration et à l’asile ; perte d’influence au niveau européen et mondial ; mise en question du système social par la suprématie du capital financer, développement de l’individualisme et affaiblissement de la solidarité et des sentiments démocratiques…

Dans cette situation, il n’y a pas de projet politique qui donne un sens à la vie des gens et notamment des jeunes en dehors de la consommation. Il n’y a aucune proposition politique en dehors de l’ultralibéralisme ambiant (la lutte de tous contre tous, le culte de la réussite individuelle) et le repliement sur soi, sur la grandeur passée, sur la nostalgie. Aucune utopie créatrice, propre à développer un engagement.

Pour s’adapter à la modernité proclamée, la gauche, pas seulement la gauche de gouvernement, a déconstruit ou abandonné toutes ses valeurs : classes sociales, lutte des classes, nation, laïcité, liberté, égalité, solidarité…

Gouverner, c’est choisir

La catastrophe n’est pas la défaite électorale annoncée de la gauche en 2017. C’est l’absence de toute espérance dans un avenir meilleur pour de larges couches de la population. C’est la prise de conscience, par beaucoup, de la vanité de la démocratie proclamée quand les politiques « compétents » contestent la démocratie directe et annulent les résultats du référendum comme en 2005 ou déconsidèrent la démocratie représentative quand les politiques se font élire sur un programme et en appliquent un autre.

Désespérance, démocratie bafouée, apparaît alors la menace de l’autoritarisme qui pointe derrière des mesures de plus en plus sécuritaires, toujours aussi peu efficaces.

* Pierre Mendès-France

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité Démocratie
commenter cet article
28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 18:43

Trois jours à Francfort pour retrouver un compagnon de voyage au Sahara algérien (Djanet*) en 1969, pour visiter quelques musées et se promener au hasard dans la ville...

A Francfort, sont nés Mayer Amscher Rotschild en 1744, premier de la dynastie, et Johann Wolfgang von Goethe en 1749.
Francfort est la capitale financière et commerciale de l'Allemagne, elle héberge, entre autres, le siège de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque fédérale d'Allemagne (DBB), la Foire du livre, la plus importante du monde (300 000 visiteurs, 7 000 exposants)...

Elle a été la ville du couronnement des rois et des empereurs de1562 à 1806.

Francfort a été presque entièrement détruite en 1943-44, une partie a été reconstituée autour du Römerberg. Mais le plus spectaculaire, c'est le nombre de tours qui augmente régulièrement...

Elle est actuellement peuplée de 731 095 Francfortois, son aire urbaine compte 2 517 561 habitants dont un tiers ne possède pas la nationalité allemande (Wikipedia).

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

La Cathédrale était restée debout en 1945 comme le montre la photo suivante.

Francfort, au hasard des promenades...

Devant la prolifération des tours, certains surnomment Francfort sur le Main, "Mainhattan".

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

L'ancien siège et le nouveau siège de la BCE qui était déjà estimé trop petit avant le Brexit.

Et la course à la hauteur continue...

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Une partie de la vieille ville a été reconstruite ainsi que la maison de Goethe...

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Et il n'y a pas que des tours érigées par les banques et les grandes entreprises...

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

... de nombreux musées aux riches collections

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Le Musée d'art moderne

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Au hasard des promenades...

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Quelques enseignes traditionnelles...

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Le Main, Eiserner Treg (la passerelle d'acier), la Rive des Musées...

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Des affiches... pour l'égalité, bornes électriques en ville, publicité pour le condom

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Des revendications "Les vies des noir comptent", "la ville pour tous", "Et que l'Europe...'

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

Des peintures murales

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

... et un clin d'oeil dans une vitrine de marchand de fourrure grec...

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

A quelques kilomètres de Francfort, à Saalburg, un camp romain reconstruit

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...

* En souvenir du voyage à Djanet en 1969

Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Francfort, au hasard des promenades...
Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Voyages
commenter cet article
19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 22:53

Totems du Carnaval de Rio exposés au parc de la Villette à Paris

Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Images du jour
commenter cet article
18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:07
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

RASSEMBLEMENT DE RECUEILLEMENT A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

PLACE DE LA RÉPUBLIQUE - Paris

LUNDI 18 JUILLET 2016 - 18H30

 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

Associations ayant appelé à

RASSEMBLEMENT DE RECUEILLEMENT A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

Altercarto, Arts et Cultures des deux Rives - ACDR, Association de Parents et Amis de disparus au Maroc, Association Démocratiques des Tunisiens en France - ADTF , Association des Marocains en France – AMF, Association des Travailleurs Maghrébins en France - ATMF, Association des Tunisiens de Loire Atlantique, Association des Tunisiens du Maine et Loire- ATML, Association des Tunisiens du Nord de la France - ATNF, Association Interculturelle de production de Documentation et de Diffusion - AIDA , Association PER A PACE CORSE (POUR LA PAIX), Association populaire des tunisiens en corse - APTC, Association Vérité et Justice pour Farhat Hached - AVJFH , Citoyennes des deux Rives - CDR, Coalition Internationale des Sans Papiers et Migrants - CISPM, Collectif 3C , Collectif des Femmes Tunisiennes – CFT , Collectif des Sans Papiers – 75 – CSP-75, Comité Développement Patrimoine - CDP, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie –CRLDHT, Dynamique Citoyenne des Tunisiens à l’ Etranger - DCTE, Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives - FTCR , Forum Marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ-France), Imagecom , Mouvement Citoyen des Tunisiens en France – MCTF, Réseau Euro-Maghrébins Culture et Citoyenneté - REMCC, Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens - UTIT , Union des Tunisiens de la Sarthe - UTS, Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne - UTAC , Younga Solidaire, Zembra.

Le même jour à la même heure

 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

Et la vie continue avec les enfants de la place de la République qui viennent profiter de l'eau et du soleil...

 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Images du jour
commenter cet article
15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 21:14
Cannes 2016 : Festivalier en immersion

Passer dix jours à Cannes, pendant le Festival de cinéma, en voyant 3 ou 4 films par jour, c'est un peu se mettre en retrait du monde !
Malgré la télévision qu'on n'allume pas le soir et la tablette qui permet de jeter un œil sur la presse du jour, on vit en réalité hors du monde – de l’actualité du monde – alors que dans la journée d'un film à l'autre, on découvre des mondes d'hier, d'aujourd'hui ou de demain, passant de la Corée, au Brésil, de la Roumanie aux États-Unis ou aux Philippines…

Errant et aberrant, le festivalier.

Pour arriver à ces 3 ou 4 séances de cinéma par jour, suivant la carte d'accréditation qu'il a ou non, le festivalier doit trouver des billets qu'il peut acheter ou des invitations. Ceux qui n'en ont pas, des dizaines de personnes, agitent un panneau, « un billet, s'il vous plaît », « a ticket, please » pour tel ou tel film auprès de privilégiés qui en ont… De 8 heures à 22 heures ! Du lever au coucher du soleil… « De sol a sol » !

Cannes 2016 : Festivalier en immersion

Avec le fameux billet ou « un badge », différent suivant le type d'accréditation, le festivalier doit ensuite faire la queue à la salle qui projette le film, avec le risque, suivant le nombre d'invités, de journalistes, d'accrédités de plus haut niveau, d'attendre une heure et de ne pouvoir entrer. De plus, l'accès à certaines salles est fermé 45 minutes avant la projection !

Au total, pour voir un film qui dure de 90 minute à 3 heures, il faut consacrer plus d'une heure à l'attente !!! Qui accepterait de faire cela dans la vie quotidienne. On est à Cannes ! On est festivalier ! Et quel bonheur quand il ne pleut pas !! Cette année, il n’a pas plu ! La queue alors peut devenir une foire aux potins ou un mini-ciné-club !
Autrefois, certains allaient en famille au cinéma voisin, le samedi, sans rien savoir du film qui était programmé. Nous n'étions pas de la même catégorie : avertis, nous choisissions nos films !
A Cannes, festivalier de base, on va voir assez souvent le film qu'on peut voir, pas toujours celui qu'on voudrait voir. Cela peut conduire à de bonnes surprises.

Cannes 2016 : Festivalier en immersion

Le soleil illumine la Croisette et magnifie le bleu de la mer, peuplée d'énormes immeubles blancs de croisière et de bateaux plus modestes, y compris de navires militaires cette année. Le festivalier s'enferme dans des salles plus ou moins grandes, aux fauteuils rouges, après une longue attente, avant d’être plongé dans l'obscurité. Quel que soit le temps à l'extérieur, le festivalier, hors sol, voit alors apparaître, en musique, à l’écran le tapis de 22 marches rouges, dans le bleu de la mer et du ciel, surmontées de la palme d'or. La découverte commence.

Dés la première journée, tandis que défilent en boucle sur les écrans extérieurs tous ceux qui ont monté, montent ou vont monter les marches…, les spéculations, les discussions vont bon train : dans la presse, dans les queues, dans les salles… Le film qu'il faut voir ou ne pas voir, la qualité, la palme possible…

Plus de 1500 films ont été visionnés par les sélectionneurs, 167, sans compter les courts métrages, ont été diffusés, cette année, dans les différentes sélections du festival et les cinémas de la ville : compétition, un certain regard, hors compétition, classics, cinéma de la plage, semaine de la critique, quinzaine des réalisateurs, acid... Le festivalier ne peut tout voir. Ses jugements ne peuvent porter que sur la cinquantaine de films que les plus fous peuvent voir durant le festival…

Si Cannes demeure le plus important Festival de Cinéma, cette année, il a commencé avec de mauvaises nouvelles : Canal + a réduit de 90 % sa participation à la fête, ce qui augure mal pour l'avenir et un cinéma de Cannes (Le Star) a fermé… Par ailleurs, il y aurait eu une moindre fréquentation, ressentie par les restaurateurs, et « l'absence des Américains » a été signalée en rapport avec la crainte d’attentats...

Si on parlait cinéma ?

Ni revue complète de la trentaine de films vus, ni jugement sur le palmarès, voici de brèves notes sur quelques films (A la "demande" de Marie-Claude et de Pierre).

« Églantine d’or » pour « Ma Loute » de Bruno Dumont, (2h02) pour son inventivité cinématographique, déjà annoncée dans « P’tit Quinquin ». Des acteurs célèbres (Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni-Tedeschi) valorisés et disciplinés, au point que le cabotin Luchini est accompagné d'un cousin avec lequel on pourrait le confondre. Des acteurs non professionnels que Bruno Dumont dirige, avec maîtrise, et rend aussi talentueux que les professionnels. Peut-être faudrait-il remplacer les prix d’interprétation par le prix de la direction d’acteurs…
Dans « Ma Loute », Bruno Dumont illustre le rapport de classes, jusqu'à l'anthropophagie, dans les années 1900, entre une grande famille du Nord en vacances et les pêcheurs du quartier St Michel qui leur font passer le gué, en barque ou dans leurs bras suivant la marée. Des personnes disparaissent... Et les pêcheurs se pourlèchent les babines... Ce qui n'empêche pas une idylle, momentanée, entre le fils aîné des pêcheurs et l'aîné(e) des bourgeois au sexe incertain... Mais la police enquête sous la forme de deux policiers, type Laurel et Hardy, un brin automates.
Certains auront quelques difficultés à entrer dans un film déjanté, burlesque, poétique, excessif… ce qui fait son charme. Il aura ses inconditionnels et ceux qui ne pourront suivre le délire de Dumont.

« Rester vertical » d'Alain Guiraudie (1h40) est aussi un film puissant qui en dérangera plus d'un et plus d’une. Dans « L'inconnu du lac », un crime était commis sur un lieu traditionnel de drague homosexuelle. « Rester vertical » qui se déroule en milieu paysan sur un causse de Lozère, est beaucoup plus complexe.

Le héros, scénariste, est à la recherche des loups, d'aventures et d’inspiration sur le Causse. Il rencontre une bergère qui n'aime guère les loups, prédateurs de son troupeau. Une relation s'établit. Notre héros découvre la beauté naturelle de « l'origine du monde » et la paternité, tandis qu'elle vit l'animalité de l'accouchement dont rien ne nous est épargné, et le refus de cette maternité… Tout ceci n'empêche pas notre scénariste de continuer sa recherche d'aventures, même si cela ne favorise guère son travail d'écriture.
Alain Rigaudie reprend la question de l'homosexualité, dans le quotidien paysan. Non dans un lieu de drague traditionnel. Le héros et les personnages sont socialement situés, le scénariste un peu paumé, bisexuel, attaché à son enfant que la mère lui abandonne. Après plusieurs épisodes – il est dépouillé à nu sous un pont - il participe activement au « suicide assisté » d'un vieil homosexuel, associant sodomisation terminale et cocktail létal - il revient chez son « beau-père », dont il refuse les avances, pour s'occuper, seul, de son enfant, des troupeaux et des loups.
Alain Rigaudie ne recule pas devant des scènes, des situations d'un réalisme, d’un naturalisme qui peut paraître insupportable (accouchement très réaliste, sodomisation terminale). La femme, absente dans « L’inconnu du lac », est ici réduite à son utilité !

Dans la cuvée Cannes 2016, « Ma Loute » n’est pas le seul film à parler de classes, de lutte des classes. Dans « L'économie du couple » de Joachim Lafosse (1h40, titre anglais, "After love"), elle apparaît, après l’amour, quand vient le moment de la séparation... Tout ce qui avait fait le bonheur de la rencontre, des premières années du couple, va faire l'objet de la lutte. Bérénice a aimé Boris, l'architecte polonais sans travail qui a refait la belle maison dans laquelle ils ont vécu, heureux avec leurs deux enfants. À l'heure de la séparation et du partage, ils se disputent tout, même le fromage du frigo. Bérénice ne veut prendre en compte dans le partage que son apport en capital fourni par ses parents et Boris revendique son apport en travail.

« Money Monster », (1h39) de Jodie Forster, avec Georges Clooney et Julia Roberts, est plus directement politique : un boursicoteur malheureux fait irruption sur le plateau de l'émission phare "Money Monster " et prend en otage, en direct, l'animateur vedette qui a ruiné des milliers de téléspectateurs par ses conseils spéculatifs. Menaçant de tout faire sauter… Mais l'animateur est sauvé par une équipe remarquable qui permet de démasquer le vilain coupable. Tout rentre dans l’ordre. La morale est sauve : le méchant spéculateur qui a tout truqué est arrêté, le terroriste amateur est abattu, le couple animateur se reconstitue, tout cela en direct. Il n'y a plus qu'à préparer l'émission de la semaine prochaine.
Le capitalisme n'est pas si mauvais que cela sous l’œil du journalisme télévisé, revu par le cinéma. Un bon film étasunien « de gauche » tonique, efficace...

Dés la fin de la projection, « Tony Erdmann », (2h42) de l'Allemande Maren Ade, très applaudi par la salle, bien chauffée par la présence de nombreux Allemands, est apparu comme candidat à la palme. Ce film, hilarant, n'a eu aucune récompense mais s'est largement vendu et est assuré d'un succès d'audience mérité.
Ici, il n’est pas question de classes et de lutte des classes. Mais du bonheur et du sens de la vie. C’est cette question qu’un père, philosophe et facétieux, pose à sa fille, cadre très professionnel d'une entreprisse allemande qui essaie de conquérir un marché en Roumanie, au prix de quelques licenciements... Lors d’une visite, un rien dérangeante, à Bucarest où elle travaille, son père se déguise en divers personnages qui perturbent son emploi du temps, ses prestations et sa sérénité.
Que va-t-elle faire ?

« Aquarius » (2h20) de Kleber Mendonca Filho : Clara, belle femme, personnalité à la retraite, mère de famille de la bonne société, occupe un bel appartement sur le bord de l’océan à Recife. Tous les autres copropriétaires ont accepté les substantielles indemnisations de promoteurs immobiliers. Clara résiste pour sauvegarder son lieu de vie. Elle devra faire face à tout ce que les promoteurs peuvent inventer pour faire céder une faible femme… qui ne cédera pas.
La présentation du film a été l'occasion, pour l'importante assistance brésilienne, de dire son soutien à Dilma Rousseff et à la démocratie brésilienne.
Dans la sélection « classics », un autre film brésilien a été présenté : « Cinema novo » (1h30) d’Eryk Rocha, fils de Glauber Rocha. « Avec le « Cinema novo » est apparue une nouvelle grammaire cinématographique spécifique capable de penser le Brésil nouveau des années 1960, pays qui était alors en train de passer d'un mode rural à un mode urbain à travers de fortes mutations. » (Eryk Rocha). Film du siècle dernier, plein de bruit et de fureur, de violence et de sang.... La vieille révolution latino-americaine... De « Cinema novo » à « Aquarius », de la révolution à la spéculation… changement de siècle..

Cannes 2016 : Festivalier en immersion

Actes de violence, situation de violence

Le cinéma, art du mouvement, de l'action, de la violence et de la couleur, est bien équipé pour montrer les explosions de violence. Parfois, pour s'y complaire. Mais il peut tout aussi bien explorer des situations de violence, de tension.

« The last face » (2h11) de Sean Penn avec Charlize Theron, Javier Bardem, Adèle Exarchopoulos, raconte la rencontre d'une responsable internationale de l'humanitaire et d'un urgentiste de « médecins du monde » sur le terrain, au milieu de guerres sanglantes en Afrique (Nigeria, Soudan). Ce film, fait par des occidentaux blancs, pleins de bonnes intentions, a été sifflé à certaines séances, probablement pour le contraste entre la situation amoureuse, les dialogues conflictuels de généreux occidentaux et la cruauté de la guerre africaine avec des scènes difficilement soutenables. Vision quasiment néocolonialiste de l’Afrique.

Des films montrant des situations de violence plus que des actes de violence ont été présentés, venant des autres continents, Amérique, Europe, Asie, tournés par des autochtones.

Ainsi, « Loving » (2h03) de Jeff Nichols qui se déroule aux États-Unis (Virginie) en 1958. Première image, un visage de femme qui tourne lentement son regard, suivi par la caméra, vers le visage d’un homme, Loving, à qui elle déclare : « je suis enceinte ». Et lui, de répondre, on va se marier.
Elle est noire, il est blanc, et le mariage interracial est interdit en Virginie. Pour se marier, ils vont à Washington où le mariage interracial est possible. A leur retour en Virginie, les ennuis vont commencer.
Cette histoire, vraie, très étasunienne, est traitée à l'européenne, avec seulement une violence légale, latente. Sans acte de violence.
Aucun personnage n'est le mal absolu, ni le bien absolu. Chacun est enfermé dans son rôle ou ses croyances. Le juge, comme Dieu, est pour la séparation des races mais accepte un compromis, sévère ; l'avocat qui obtient ce compromis avertit que c'est sa dernière intervention, le policier donne des conseils menaçants. Se croyant suivi par une voiture alors qu’il rentre chez lui, Loving s’arme. Mais il ne se passe rien.
La mère de Loving accouche blanches et noires mais reproche à son fils d'avoir bafoué la loi ; un beau-frère, noir, lui montre sa position en porte-à-faux de blanc, bien intégré parmi les noirs, qui travaille chez les blancs… Les avocats de la cause, comme les journalistes favorables, sont aussi ambigus.
Mais, tout finit bien, devant la Cour suprême, pour ce couple qui ne veut pas faire l'Histoire mais seulement vivre.
Le montage est assez rapide, soutient le rythme de l'histoire avec des transitions superposant l'image avec les dialogues de la scène suivante ce qui rend les enchaînements plus vivants.

« La fille inconnue » (1h53) de Luc Dardenne et Jean-Pierre Dardenne avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud et Louka Minnella.
Une très jeune médecin, très compétente, très consciencieuse, n'ouvre pas sa porte, quand la sonnette retentit, une heure après la fermeture de son cabinet. Une « jeune fille inconnue », noire, le paiera de sa vie. A partir de cette erreur et du sentiment de culpabilité qu'elle éprouve, elle va mener l'enquête pour retrouver l'identité de l'inconnue et lui donner une sépulture.
L'histoire se déroule dans un quartier populaire de Liège, pluriethnique. L'atmosphère est parfois tendue, la violence affleure. Dans cette histoire où il n’y a que des personnes imparfaites, par petites touches, les frères Dardenne nous font connaître le monde des gens simples et nous amène, sans cris, vers le dénouement.

« Forushande » (Le Client) d'Asghar Farhadi (2h05).
A Téhéran, un jeune couple du milieu du spectacle déménage car leur immeuble a de sérieux problèmes. Un ami leur trouve un nouvel appartement, autrefois habité par une prostituée.
On sonne à la porte, la jeune femme, croyant que son mari revient, ouvre. L’irréparable est commis : un homme est entré dans l’appartement. On ne saura pas ce qui s’est passé. Il n’y a pas de discussion entre le mari et la femme. Il n’est pas question de porter plainte et de faire ainsi de la publicité. Le mari va mener son enquête pour retrouver le « coupable ». L’humilier avec cruauté. Devant sa famille. Apparemment ouvert, moderne, il exprime par ses actes la violence des normes sociales qu’il a intégrées et qu’il doit appliquer.

Dans « Ma' Rosa » (1h50) de Brillante Mendoza, c’est la classique violence sociale, ici aux Philippines. Une petite famille de commerçants complète ses revenus avec le commerce de la drogue. Sur probable dénonciation, ils sont embarqués par la police et n’obtiendront leur libération que contre la dénonciation de leur fournisseur et une somme d’argent pour convaincre les policiers. Les enfants arriveront à récolter cette somme, difficilement, auprès de membres de la famille : misère, corruption , trafic de drogue, solidarité familiale....

Fuchi Ni Tatsu (Harmonium, 1h58) de Koji Fukada.
Un artisan vit paisiblement, en famille, en banlieue. Jusqu’au jour où débarque un « ami », « yakusa », repris de justice qui est embauché, nourri, logé… L’ami sort d’un long séjour en prison à la suite d’une affaire dont l’artisan était le complice et qu’il n’a pas dénoncé. Cet ami agresse la fillette qui reste paralysée et s’enfuit… Des années plus tard, l’artisan embauche un jeune apprenti qui n’est que le fils de l’ami qui recherche son père… Ils partiront tous à la recherche… qui finira mal. Finalement, la mère se jettera avec sa fille dans le torrent.
L’angoisse, la violence viennent d’un passé caché.

« Agassi » (Mademoiselle, 2h25) de Chan-Wook Park.
Dans le contexte de la Corée colonisée par les Japonais, un jeune et ambitieux coréen se propose d'épouser une riche héritière japonaise, plus ou moins séquestrée par son oncle, libertaire, émule du « divin marquis ». Pour cela, il s'assure la complicité d'une jeune et belle coréenne qu'il fait embaucher au service de Mademoiselle...
Finalement, c'est lui qui sera trahi par les deux jeunes femmes. Ici, l'homosexualité féminine, interclassiste, l'emporte sur le machisme arriviste et anticolonialiste.

« Paterson » de Jim Jarmusch (1h55), avec Adam Driver et Golshifteh Farahani décrit la vie quotidienne d'un jeune couple étasunien, mixte, lui, chauffeur de bus, blanc, qui rêve d'être poète et écrit dans son carnet secret, elle qui rêve de réussite comme chanteuse et guitariste ou par la grâce de ses qualités de pâtissière, et leur chien qui aime aussi dévorer les poèmes de son maître.
Les jours de la semaine passent dans leur banalité, le jeune chauffeur écoute les histoires vraies ou fantasmées des passagers, va promener le chien et prendre sa bière au bistrot du coin, à la clientèle métissée, où se jouent les petits drames de la vie.

« Olli Mäki » (1h32) de Juho Kuosmanen.
Été 1962, Olli Mäki prétend au titre de champion du monde poids plume de boxe. Il ne lui reste qu’une marche à franchir pour connaître la gloire suprême. Pour cela, il doit se préparer intensément, perdre quelques kilos, se concentrer sur son entraînement, sur son combat. Mais, tombé amoureux, il a l’esprit ailleurs, néglige quelque peu les exigences sportives. Le combat du triomphe se termine, par KO à la deuxième manche. C’est le combat le plus court et le jour le plus beau. Car il repart avec la femme de sa vie.


Contraste entre le rêve américain du jeune couple Paterson dont les deux membres sont pleins d’ambitions. Et le jeune couple nordique à la recherche d’un bonheur simple, illustré par la dernière image où, quittant la capitale pour revenir chez eux, ils croisent un couple âgé. Symbole de la banalité d’un bonheur tranquille ?

Deux films roumains

La Roumanie n’est pas simplement un terrain de jeux pour entreprises allemandes en expansion. Régulièrement, des films roumains abordent, souvent de façon réussie, les questions qui se posent au pays.

« Sieranevada » de Cristi Puiu.

Toute la famille roumaine élargie est réunie pour la commémoration du décès du père, un an auparavant. C'est l'occasion d'un repas familial qui tarde à se mettre en place dans l'attente du pope qui doit venir bénir la cérémonie. C'est aussi l'occasion de la mise à jour de tous les conflits de la société roumaine, conflits familiaux ou politiques : complotisme, nostalgies contradictoires dans une société postcommuniste qui n’a rien réglé...
Encore un film un peu trop long (2h53), la cérémonie religieuse n'en finit pas (c'est un peu le ressort de l'histoire), la suppression d’une scène, en extérieur, non nécessaire (ennuis de stationnement) aurait pu alléger le film qui est sauvé par la description de la société roumaine et l'humour de l'auteur.

Baccalauréat (2h08) de Cristian Mungiu.
Dans une famille de la bonne société roumaine, père chirurgien de renom, honnête, la fille, élève brillante, est victime d'une agression à la veille du baccalauréat qui lui permettra de partir à Birmingham pour poursuivre ses études. Passer le bac avec le bras dans le plâtre est difficile. Le père décide de l'aider par ses relations comme il est de coutume en Roumanie. Finalement, elle aura son bac sans tricherie.
Vision très pessimiste, très réaliste, de la société roumaine où les parents regrettent d'être rentrés au pays et où les jeunes ne pensent qu'à partir. Dans une corruption généralisée.

Deux films remarquables

IKARIE XB 1 (1h 28) de Jindrich Polak, film de science-fiction tchécoslovaque de 1963, numérisé, a une importante postérité, notamment « 2001: l’Odyssée de l’espace » (1968) de Stanley Kubrick mais aussi pour des raisons techniques ou le scénario « La Guerre des étoiles (1977), « Alien » (1979) ou « Sunshine » (2007). Il a longtemps été connu en occident, trafiqué et doublé en anglais, sous le nom de « Voyage to the End of the Universe », avec une fin qui le dénaturait complètement.
La version, restaurée, projetée à Cannes permet de voir le film dans sa forme originale.

Le film raconte l'aventure d'un vaisseau spatial, parti en 2163, à la recherche de la vie, de la société idéale, bien au delà du système solaire. Ce film, optimiste dans la veine réaliste - socialiste, va rencontrer quelques difficultés, notamment une épave spatiale que deux astronautes vont visiter et où ils ne trouveront que les cadavres des criminels du XX ème siècle responsables de Hiroshima, Nagasaki, Ouradour, les camps d extermination. En plus la navette a une charge nucléaire qui la fait exploser entraînant la mort de nos deux astronautes.
L'expédition rencontrera une autre difficulté naturelle mais imprévue dont ils sortiront grâce à leur décision humaine contre l'avis des robots qui guident le véhicule et, finalement, avec la protection des habitants de l'heureuse « planète blanche » que nous ne verrons pas.

Et la femme créa Hollywood (52 mn) de Clara Kupperberg et Julia Kupperberg. Ce film montre que, dans les 30 premières années du cinéma, à Hollywood, les films étaient faits essentiellement par des femmes : du scénario à la réalisation en passant par le montage (normal, les femmes sont couturières)...
Petit à petit, le cinéma est devenu plus « professionnel » et les travailleurs du cinéma mieux payés. Alors les hommes ont commencé à arriver et le syndicat… Progressivement les femmes ont été et éliminées du métier mais aussi de l’histoire du cinéma. Quelques unes ont surnagé comme Lillian Gisch, actrice, ou, plus rarement, comme productrices, distributrices. C'est ainsi que la société United Artists, connue en français sous le nom de sa filiale Les Artistes associés, société de distribution puis de production, a été fondée en 1919 par Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D.W.Griffith…


Ce film, déjà diffusé à a télévision en mai et juin, sera visible à nouveau, le dimanche 21 août 2016 sur la chaîne télévisée OCS Géants

Les sœurs Kupperberg travaillent à une série télévisée sur la question.

Autres films vus

« Julietta » de Pedro Almodovar, « Un homme et une femme » de Claude Lelouch 1966, « Voyage au Groenland » de Sébastien Betbeder, « Voir du pays » de Delphine Coulin et Muriel Coulin, « Le cancre » de Paul Vecchiali, « La larga noche » de Francisco Santiago, « The Neon Demon » de Nicolas Winding Refn, « Mal de pierres » de Nicole Garcia, « Elle » de Paul Verhoeven, « Isola » de Fabianny Deschamps, « Goksung » de Na Hong Jin.

Post scriptum : « L’effet aquatique »

Film projeté à Cannes et actuellement dans les salles, à voir absolument : « L’effet aquatique », un très beau film (1h23), français-islandais, de Solveig Anspach qui montre que l’Islande n’a pas seulement une bonne équipe de footballeurs avec des supporteurs...

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Cinéma
commenter cet article
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 19:59

La population s'est approprié la place de la République.

Les jeux pour les enfants
Les jeux pour les enfants
Les jeux pour les enfants
Les jeux pour les enfants
Les jeux pour les enfants

Les jeux pour les enfants

Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants
Les militants

Les militants

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Images du jour
commenter cet article
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 18:59
Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…

La France semble coupée d'une partie importante de sa jeunesse.

Il ne peut y avoir, ces temps-ci, de manifestation populaire à Paris sans que des groupes de jeunes ne l'utilisent et prennent la tête du cortège pour s'attaquer aux vitrines des banques, des assurances puis du mobilier urbain et finalement de n'importe quoi avec notamment l'Hôpital Necker qui a soulevé une large indignation, pas toujours désintéressée.

Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…

Une autre partie de la jeunesse de ce pays est séduite par Daech et, avec ou sans séjour au Proche-Orient, s'engage dans des attentats de masse dont le plus meurtrier a été celui du Bataclan. Avec un nouveau développement, l'attaque individuelle, comme celle des policiers de Magnanville.

Il va de soi que ces actes ne sont pas de même nature, sauf peut-être pour Manuel Valls qui a parlé de « volonté de tuer », à propos des certains « casseurs ». Pour les uns comme pour les autres, il ne peut être question, aux yeux de Manuel Valls, de chercher à comprendre : « J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé », avait déclaré le premier ministre au Sénat, deux semaines après les attaques de novembre 2015 (Le Monde 03/03/16). Et fier de sa trouvaille, il n'a pas manqué de la répéter à d'autres occasions.
Disqualifiant ainsi le travail fait dans le cadre du CNRS sur les questions des violences urbaines depuis les années 1980 et sur les attentats depuis janvier 2015.

De même, il doit être inutile de comprendre les événements qui se sont déroulés dans les banlieues en 2005 à la suite de la mort des jeunes Zyed et Bouna. Les dégâts matériels avaient été très importants touchant des voitures, incendiées, des entreprises mais surtout des établissements publics au service de la populations (écoles, gymnases, maisons de quartier...). Ce qui avait entraîné une importante répression policière avec la proclamation de l'état d’urgence, déjà, et l’interpellation de milliers de personnes dont 600 avaient été écrouées (Le Monde 26/10/15). Ici encore, il ne doit pas être nécessaire de comprendre pourquoi et comment.

Cependant, à la suite de ces événements, un important travail de rénovation a été entrepris qui a considérablement modifié le bâti. Malheureusement, cet effort, indispensable, n'a pas modifié fondamentalement la vie des jeunes. Leur taux de chômage est de 45 % contre 23 % dans les quartiers hors ZUS. 72 % des habitants de ces territoires considèrent que la rénovation urbaine n’a pas changé leurs conditions de vie.
Les dégâts d'un chômage qui dure maintenant depuis des dizaines d'années ont été en partie « compensés » par une économie de survie : travail au noir et trafic de drogues. Tandis que la vie associative était remise en question par les restrictions budgétaires, favorisant le repli et le développement de l'influence religieuse.
Bien entendu, le gouvernement connaît largement ces informations qui n'excusent peut-être pas le comportement des jeunes mais mettent en question la politique des gouvernements de droite et de gauche…
Manuel Valls a raison, comprendre ou ne pas comprendre ne change pas beaucoup le comportement des gouvernements.

Les gouvernements, d'hier et d’aujourd’hui, connaissent très bien les taux d’abstentions à toutes les élections qui sont particulièrement élevés chez les jeunes qui estiment - à tort ? - que le monde politique, journalistes et politiciens confondus, est à des années-lumière de leurs préoccupations. Aux dernières élections régionales, le premier parti de France était celui des abstentionnistes : 50 %. Mais concernant les 18-24 ans, il était de 64 % et les 25-34 ans, 65 %. Les ouvriers sont aussi les plus touchés par abstention : 61 %
Certains politiques ont trouvé le remède : rendre le vote obligatoire ! Sauf que lorsqu'ils votent, les jeunes comme les ouvriers votent plus que les autres pour les partis de contestation que pour les partis de gouvernement.
Dans cette « démocratie représentative », une bonne partie de la population n'est pas représentée au Parlement, se sent exclue. Et ce n'est qu'une petite minorité qui vote pour les partis de gouvernement.

Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…

Il est certain que les choses vont changer profondément lors de la prochaine élection présidentielle. Qui se prépare déjà. A droite comme à gauche, dans la presse écrite ou radio-télévisée, cette élection est d'une actualité permanente. Dans la primaire de droite, dans la primaire de gauche, les paris couplés ou gagnants sont ouverts. Mais la politique ? Le sort des jeunes ?
Dérisoire !

A cela, va, probablement, s'ajouter le débat sur l'Union européenne. Avec l'affrontent de ceux qui veulent en sortir ou non mais, au Royaume-Uni, le cafouillage touche aussi bien ceux qui sont pour le Brexit que ceux qui sont contre. La confusion est moins spectaculaire en France et dans l'Europe mais tout aussi importante. Ceux qui veulent continuer l'aventure européenne vont parler de réformes comme ils l'ont toujours fait, comme en 1992 ou en 2005, au moment des référendums, sans que les choses s’améliorent beaucoup, car la politique économique n'a rien changé pour les couches sociales les plus défavorisées.

Les « casseurs » et les « radicalisés » ne sont que la pointe extrême d'une jeunesse dont la majorité ne se voit aucun avenir, que les politiques abandonnent sans scrupule à tous les niveaux économique, social, politique… Quand on ne voit pas d'avenir possible, la tentative est grande du retour à un passé mythifié, national ou religieux.

Qui peut s'enthousiasmer, même légèrement, pour la « politique réelle », comme on dit « socialisme réel » quand on voit ce qui se passe au niveau de la politique nationale ou européenne ? Il n'y a pas là de quoi donner un sens à la vie des jeunes… et de bien d'autres.

Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…
Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…
Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Actualité Démocratie
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche