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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 21:33

Les dernières élections, aux seules conséquences régionales, n'en finissent pas d'agiter les pensées de notre petit timonier. Le grand débat national sur l'identité, trop intellectuel pour être mené correctement par le gouvernement,  a manqué sa cible - récupérer les voix de l'extrême droite - malgré quelques dérapages contrôlés (?).

 
Sarkozy a été invité par ses affidés à "revenir aux fondamentaux" simplifiés. Ce qu'il fait au prix de quelques contorsions face à la légalité.


Le président a mobilisé le premier ministre et autres féaux pour se lancer dans l'aventure de l'interdiction totale du voile intégral. Connaissant l'opposition de la majorité de la population à ce voile, il a décidé de passer outre à l'avis du Conseil d'Etat et de la commission ad hoc de l'Assemblée nationale pour suivre ses troupes emmenées par le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.


Face à sa chute dans les sondages, face aux difficultés dans la gestion des contre-réformes, le but est de créer une diversion par l'affrontement. Détourner l'attention des problèmes graves que traversent la France et l'Europe. Tromper de colère ceux qu'il s'apprête à dépouiller. En fabriquant si nécessaire le fait divers : autour de la situation matrimoniale d'une conductrice verbalisée ! Le but n'est pas de faire une loi, une loi applicable...


L'important est de préparer l'élection de 2012 en séduisant l'électorat potentiel de Marine Le Pen, probablement plus dangereuse que le vieux chef du FN. De montrer que 3 ans de Sarkozy valent plus que 50 ans de Le Pen.

 

Si la loi est voté, elle risque fort d'être récusée par le Conseil d'Etat. Le Président, le Gouvernement, la majorité le savent, cela ne semble pas les gêner. François Fillon s'est dit prêt à "assumer le risque juridique" et a choisi de passer outre. Si le Conseil d'Etat revient sur son avis défavorable à l'interdiction générale du voile intégral, ce sera une atteinte grave à la démocratie et à ses institutions.

 

Dans tous les cas, des clivages auront été exacerbés entre différentes parties de la population, clivages qui, un jour ou l'autre, risquent d'avoir des conséquences graves.


Mais il n'est pas sûr qu'il atteigne son but. Il est fort possible que des consciences se réveillent dans toutes les couches de la population, devant l'utilisation partisane et dangereuse de questions qui méritent d'être traitées plus sereinement, au fond. Et qui auraient pu trouver des solutions relativement consensuelles.

Les Français, y compris de droite, ont refusé de se laisser entraîner dans le piège tendu par le débat sur l'identité. Il faut espérer qu'ils vont ici aussi entrer en résistance et indiquer au Président que le matin, en se rasant, il devrait commencer à songer à sa retraite.


 
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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 22:36

Fête de la fratenité , marque déposée

 

A défaut de changer le monde, les politiques s'y adaptent.
Il y a quelques années, ils avaient une gestion patrimoniale des circonscriptions : le fils ou l'épouse succédait au père ou au mari. Parfois, le lien n'était pas immédiatement visible mais n'en existait pas moins.

Ils sont ensuite entrés dans la presse "people". Avec femme et enfants. Nicolas Sarkozy a porté cette pratique de nouveau riche décomplexé à son zénith. Mais il n'est pas le seul à en avoir joué. Il semble d'ailleurs qu'il a pris conscience des retombées négatives de son comportement "bling-bling", mal vu d'une partie de ses électeurs.

Aujourd'hui, Ségolène Royal ouvre une nouvelle voie adaptée à la société libérale : elle a déposé en son nom à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) qui protège les marques, des termes comme "université populaire participative", "ordre juste" ou "fête de la fraternité"... A sa manière, elle ne manque pas d'air, s'approprier une partie de l'histoire de la Révolution.!
Elle ne fait que suivre une entreprise de produits agricoles, horticoles, forestiers... qui a déposé en 1984 "Révolution française". Ségolène Royal a bien fait. Elle pourra contester tous ceux qui voudront désormais utiliser "Fête de la fraternité" et qui l'utilisaient librement jusqu'ici.

Mais dans cette bataille de "marques" Ségolène Royal devrait déposer rapidement "ânesse poitevine" pour s'en réserver l'exclusivité de peur que des adversaires malintentionnés ne l'utilisent à tort et à travers.

 

Il y a Kärcher et Karcher !

Le travail est, de moins en moins, la santé. Certes, il n'est pas question de comparer le XXIème siècle commençant avec le XIXème finissant. Il n'empêche qu'il y a comme un malaise dans le travail qui semble toucher beaucoup de monde. Que le "travailler plus pour gagner plus" (pour qui ?) fait des dégâts dans les entreprises avant même d'avoir été formulé ainsi. Chaque jour, des suicides sont mis en relation avec un travail qui est devenu insupportable à certains. Et tous ne se suicident pas.

Probablement sous pression, M.Karcher, directeur de bureaux de poste, a annoncé à ses mauvais "directeurs de vente" que la "chasse" était "ouverte, jusqu'à épuisement (rapide) des espèces qui ne sont pas protégées" et leur annonce leur "extermination" dans les 15 jours. Ce texte ayant été rendu public, il a été muté. Son hospitalisation a été annoncée.

Certains responsables et salariés de la Poste lui ont apporté leur soutien et ont souligné son «management particulièrement humain», et sa «gestion "très humaine des situations individuelles difficiles». Ce qui ne fait que rendre l'affaire encore plus grave. Si un cadre qui a un comportement exemplaire arrive à un tel langage, on a tout à craindre de ceux qui n'ont pas ce comportement et qui ne se laisseront pas aller à de telles déclarations surtout écrites.

Les déclarations de Sarkozy qui se proposait, il y a quelque temps, de débarrasser les quartiers de la "racaille" au "kärcher", risquent fort de faire des émules volontaires ou sous pression.

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Published by Paul ORIOL - dans Billets
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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 22:56


Dans cette bataille qui vise à profiter de la crise pour revenir sur les acquis sociaux essentiels, tous ceux qui font autorité ont des arguments simples et irréfutables : le nombre de cotisants par retraité diminue, il faut donc soit diminuer ce que touchent les retraités, soit augmenter les sommes perçues auprès des cotisants, soit les deux.


Rien d'autre ne peut être envisagé.


Constatation préliminaire : ce pays n'a jamais été aussi riche qu'aujourd'hui. Comment concevoir que ce qui était possible hier avec moins ne puisse plus être fait aujourd'hui ?


Actuellement, il n'y a pénurie de rien, ni alimentaire, ni de voitures, ni de poussettes d'enfants, ni de nourriture pour les chats..., il y a plutôt des productions inutiles et, périodiquement, des surproductions ! Sauf peut être pour les logements. Encore faudrait-il recenser le nombre de logements vides et de logements manquants. De toute façon, il n'y a aucun facteur technique limitant la production de logements éventuellement nécessaires. Cette production qui ne peut être délocalisée, réduirait le chômage.


Pour l'avenir, il n'est pas annoncé de pénurie de biens produits. D'après le COR (Conseil d'orientation des retraites), il y a actuellement 1,8 "cotisant" pour 1 retraité. En 2050, il n'y aura plus que 1,2 actif pour 1 retraité. Mais le COR prévoit aussi que, dans cette période, la productivité augmentera de 1,5% par an. Ce qui veut dire qu'en 2050, 1 actif produira l'équivalent de ce que produisent 2,2 actifs aujourd'hui ! (Jean-Jacques Chavigné, Démocrate & Socialisme).


Ce n'est donc pas la pénurie qui menace, ce n'est pas la production qui manquerait, c'est l'équilibre financier des caisses de retraite dans son mode actuel de fonctionnement. Les salariés paient, les retraités encaissent. Il faut donc rétablir cet équilibre. Sans chercher de financement ailleurs. Sans faire participer d'autres revenus que les salaires.


Quand les banques ont été défaillantes, personne n'a dit : il faut que les actionnaires des banques, les clients des banques, les gestionnaires des banques (même s'ils étaient responsables de la situation) rééquilibrent leurs comptes en puisant dans leurs poches. Les gestionnaires ont même continué, pour beaucoup, à encaisser des sommes inimaginables pour le commun des citoyens. Il a été fait appel aux caisses de l'Etat. Ce qui a donc largement aggravé un déficit qui avait déjà été creusé par des allègements fiscaux.


En parlant de cotisant et non d'actif, le COR annonce la couleur. Les retraites doivent être payées par les "cotisants", c'est à dire les salariés. Il n'est pas question d'aller chercher ailleurs le financement des retraites. Dans la situation actuelle, il n'est pas question d'augmenter les impôts. Mais les impôts de qui ?


Si au lieu d'impôt, on parlait de prélèvements ou mieux de ponction directe des citoyens. Il n'y a plus d'opposition du gouvernement car c'est ce qu'il compte faire. C'est même ce qu'il fait chaque jour.

En diminuant le remboursement des médicaments (s'ils ne sont pas utiles, il faut les supprimer, s'ils sont utiles, il faut les rembourser), en augmentant le forfait hospitalier...

En diminuant les pensions : reculer l'âge de la retraite ne fera pas travailler davantage les personnes de plus de 60 ans qui ne trouvent pas de travail depuis l'âge de 50 ou 55 ans. Elles pointeront plus longtemps au chômage. Toucheront leur retraite plus tardivement. Une retraite plus faible car elle ne sera plus calculée sur les 10 meilleures années mais sur les 25. Parce qu'elles auront commencé à travailler plus tardivement (les jeunes sont plus frappés par le chômage), qu'elles auront connue des périodes de chômage durant leur vie professionnelle et surtout en fin de vie professionnelle... C'est le but recherché.


Ces retraites diminuées, certains proposent même de supprimer leur indexation sur l'inflation, c'est-à-dire de diminuer encore et progressivement leur valeur.


On augmentera aussi les cotisations : ce n'est pas un impôt, c'est une prélèvement. Sarkozi a promis de ne pas augmenter les impôts, il n'a pas promis de ne pas augmenter les prélèvements. L'augmentation des impôts toucherait ceux qui en paient, non ceux qui ne gagnent pas assez pour en payer. Les prélèvements touchent tous ceux qui ont un salaire.


Le gouvernement pourra même faire une entorse à sa promesse en augmentant la TVA, la "TVA sociale". Sociale ? Cela doit vouloir dire payée par tout le monde. Et relativement plus par ceux qui ont un faible revenu que ceux qui ont un revenu important. C'est, actuellement, l'impôt qui rapporte le plus : 3 fois plus que l'impôt sur le revenu et 30 fois plus que l'ISF (impôt solidarité sur la fortune) !


Diminution de la couverture sociale, diminution des pensions, augmentation des prélèvements, augmentation de la TVA, c'est possible, ce n'est pas considéré comme une hausse des impôts.


Mais ce qui est gravissime, c'est toucher

  • aux niches fiscales : 468 niches fiscales (il y en aurait en réalité 509) ont un coût budgétaire de 75 millions d'euro pour l'Etat, en 2009, alors que l'impôt sur le revenu ne rapportait "que" 51 milliards (Arrêt sur image 10/04/10, Politis 15/04/10).
    Bien sûr, ces "niches" n'ont pas toutes le même intérêt, ni le même rendement et toutes ne peuvent être supprimées par un coup de baguette magique. Mais il n'y en avait
    que 418 en 2003... Jusqu'à maintenant, on a pu y toucher mais à condition d'en augmenter le nombre (7 nouvelles niches en moyenne par an).
    Elles font partie des techniques qui permettent, ce qui est joliment appelé, une "optimisation fiscale" qui réduit à néant la progressivité de l'impôt (Alain Muet, Libération 08/04/10).

    Les choses sont devenues tellement évidentes que même un secrétaire d'Etat en activité est obligé de reconnaître : "Il n'est pas normal que des gros revenus arrivent à se soustraire massivement à l'impôt avec les différentes niches fiscales" (Le Monde 20/04/10).

  • au bouclier fiscal : qui a permis au fisc de rembourser en moyenne 162 109 euros à des contribuables disposant d'un patrimoine de plus de 16 millions et qui ont un revenu déclaré inférieur au RSA (revenu de solidarité active) (Alain Muet, Libération 08/04/10). Ceux qui n'ont pas de patrimoine se conteront du RSA !!!

    En 2007, la ministre de l’économie dit du bouclier fiscal : "On entend souvent dire que cette mesure ne concernerait que la partie la plus riche de la population, mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?" Les riches font tourner l'économie, les salariés constituent un coût de production et ne créent rien !
    Le bouclier fiscal, les niches... sont là pour que nos "riches patriotes" ne partent pas comme "réfugiés fiscaux " à l'étranger. Ils ont été
    846 en 2006,février, de 585,5 millions (Le Monde 08/04/10). Le bouclier 740 en 2007 et 800 en 2008. "Rien de bien significatif pour une mesure dont l'impact budgétaire total était, début ne les a ni retenus, ni fait revenir..

  • à l'impôt sur le revenu : du moins pour l'alourdir. Car son taux marginal s'élevait à 70% pendant les Trente Glorieuses, il est actuellement de 40% avec 189 niches fiscales qui le concernent et permettent d'adoucir encore cette faible progressivité. D'après l'Observatoire des inégalités (n°75, avril 2010), 834 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,6 millions d’euros ont profité en 2008 chacun d’une baisse d’impôt sur le revenu de 368 261 euros grâce au nouveau "bouclier fiscal".

  • Quant à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), il est payé par les foyers détenant un patrimoine supérieur à 790 000 euros au 1er janvier 2010. Il est possible d'y toucher... pour le supprimer. Non pour en élargir l'assiette, pour le rendre plus productif. En 2009, plus de 539 000 foyers français ont réglé 3,13 milliards d'euros au titre de l'ISF. Cet impôt "national" n'a pas cours dans les collectivités locales d'outre-mer. L'estimation du patrimoine, faite par le déclarant, ne prend pas en compte biens professionnels (entreprise dont on est aussi dirigeant par exemple), objets d'antiquité, d'art ou de collection, parts de sociétés civiles propriétaires de tels objets, bois, forêts ou participations dans des groupements forestiers (pour trois quarts de leur valeur), biens ruraux loués à long terme et participation dans des groupements fonciers agricoles, bons anonymes , y compris du Trésor, valeurs de capitalisation des pensions de retraites.
    C'est dire clairement que ce ne sont pas les plus riche qui paient l'ISF.



Quand il est question de retraites, il ne faut pas parler de solidarité nationale mais de solidarité des travailleurs. Ce sont les travailleurs qui paient leur pension aux retraités. Rien n'interdit de faire le saut comme la CSG l'a permis pour la Sécurité sociale. En cette période difficile, augmenter l'impôt sur le revenu et sa progressivité en créant de nouvelles tranches supérieures ne pénaliserait aps les entreprises.


Car l'argument, entreprises, est souvent avancé : il faut diminuer les retraites et autres dépenses sociales plutôt qu'augmenter les charges des entreprises à cause de la concurrence internationale. Cet argument répété dans tous les pays pousse à aligner les acquis sociaux sur les moins disant. A organiser la concurrence entre le travailleurs au sein de l'Union européenne et au delà.


C'est dire que la bataille ne doit pas être limitée au territoire national. Mais portée au minimum à l'échelle européenne. Déjà, les industriels allemands ont réussi à bâtir leur prospérité sur l'austérité imposée aux travailleurs allemands et ce sont les exportations, notamment vers les autre pays européens; non la consommation nationale, qui leur permet de prospérer.


Il faut tout faire pour que le 1er mai soit l'expression massive d'un rejet populaire de la politique de régression sociale. Ce sera difficile car tous les médias sont déjà mobilisés pour rappeler les "évidences". Mais une victoire, seulement ici, ne serait pas une victoire "durable".

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 19:56

 

Mélenchon et le hic informatique

Faute d'avoir conservé les données, l'administration serait [d'après Mélanchon] donc incapable de retrouver toutes les informations nécessaires pour calculer une pension de retraite en prenant les revenus des fonctionnaires des 25 dernières années.
Le ministre du Travail, Eric Woerth a réfuté catégoriquement les informations de Mélenchon.
Le 31 mars dernier, Jean-Yves Raude [directeur du service des retraites de l’Etat] était venu expliquer à la commission des finances de l'Assemblée : "Le service des retraites de l’État ne dispose de données qu’au moment du départ en retraite... On ne peut donc que récupérer des données sur deux ou trois ans, mais pas plus"...
Comment Balladur a-t-il réussi à faire passer une réforme [10 à 25 ans dans le privé] qui s'avère techniquement impossible pour le public ? Il a pris son temps. Si Balladur a fait voter sa réforme en 1993, elle n'est entrée pleinement en vigueur... qu'en 2008...
Faudrait-il plus de vingt ans pour que la mesure soit pleinement appliquée... le directeur du service des retraites de l’Etat devant la commission des finances de l'Assemblée : "tout est envisageable, à condition de procéder de manière progressive. Si l’on voulait passer à cinq ans ou dix ans, plusieurs années seraient nécessaires, de la même manière que le passage des 10 aux 25 meilleures années a été étalé sur 15 ans dans le régime général".
Pour dépasser ces difficultés informatiques, deux choix semblent donc possibles : engranger année après année toutes les informations supplémentaires sur les salaires (il faudrait donc plus de vingt ans) ou financer le traitement de données existantes mais non exploitables informatiquement dans l'immédiat (à condition d'écarter les primes). Dans les deux cas, cela prendra beaucoup de temps. Un temps long que Woerth peut difficilement reconnaître dans le cadre d'un débat sur l'avenir des retraites, placé sous le sceau de l'urgence (15/04/2010 http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2924)

Taux de remplacement pour une retraite à taux plein
(rapport entre la première pension et le dernier salaire net, pour les salariés ayant effectué une carrière complète)



Non cadre privé

Cadre privé

Fonctionnaire

Fonctionnaire avec prime

Génération née en 38
Liquidation en 98

81,5

55

81

67,5

G. née en 55
L. en 2015

66,5

42,5

61

52

G. née en 85
L en 45

47

35

53

55

(Politis 15/04/10)

 

Les valeurs juives sont-elles universelles ?

Lors de la création de l'Etat d'Israël, les pères fondateurs ont pris une décision historique : s'il y a conflit entre les valeurs universelles et les valeurs juives, ce sont ces dernières qui priment (Avigdor Liebrman dans Maariv cité par CI 15-21/04/10).

Le prix de Cécilia

Richard Attias, aujourd'hui époux de Cécilia, se plaint que sa société qui organise des galas et des sommets, ait perdu tous les marchés publics – non seulement avec Paris mais aussi avec les Etats africains et arabes favorables à la France (Frankfurter am Sonntag cité par CI 15-21/04/10).

Présumés innocents ?

61 706 détenus dans les prisons françaises fin mars...(dont)...15 797 en attente de jugement (Le Monde 15/04/10). "Les deux tiers des personnes placées en détention provisoire en France ne devraient pas l'être" (Me Henri Leclerc, Le Figaro15/04/10).

Paradis fiscaux, Tout est réglé... enfin, presque

D’ici là, peut-être sera-t-il davantage possible de juger l’efficacité des listes de « territoires non- coopératifs » publiées par l’OCDE lors du G20 de Londres d’avril dernier. Aujourd’hui, plus aucun pays ne figure sur la liste noire. Et les 17 territoires encore inscrits sur la liste grise « ne pèsent que 0,25 % du marché mondial de la finance offshore », a calculé le CCFD, alors que la moitié du commerce international recourt aujourd’hui aux services des paradis fiscaux (La Croix, 14/04/10 : Le G20 n’a pas éradiqué les paradis fiscaux)

Le premier test pour dépister le cannabis chez son ado

 (après le chien détecteur...)

Déjà en vente sur Internet et très bientôt en pharmacie, N... va séduire les parents curieux de savoir si leur ado fume du cannabis. La plupart des psys et des toxicologues sont hostiles (Le Parisien 14.04.2010, 07h00).

 

Henri Proglio gagne 1,6 M€ chez EDF et siège dans 36 conseils

Fin novembre, Henri Proglio était président exécutif des deux entreprises, fin décembre il était président exécutif d’EDF et non exécutif  de Veolia et à la fin de l’année 2010 il devrait être PDG d’EDF et “simple” administrateur de Veolia.
Pour ses quelques semaines à la tête d’EDF, entre la fin du mois de novembre et le 31 décembre, il a touché 101.370 euros comme fixe et 52.307 euros pour la partie variable et Veolia lui a versé 2,23 millions d'euros pour l’année 2009, soit comme salarié 2,4 millions d’euros l’année dernière.
En 2010, il enregistre une brutale perte de salaire de  33%. Il pourra le compléter avec des cessions de stocks options et la multitude de responsabilités recensées : 36 conseils d’administration ou conseils de surveillance différents...
Les recommandations en matière de bonne gouvernance des entreprises préconisent de limiter à 5 le nombre de fauteuils d’administrateur auxquels il est souhaitable de consacrer 2 semaines de travail pour assumer correctement son rôle. 36 conseils d’un côté, 52 semaines, le compte n’y est pas d’autant qu’il assume aussi la direction d’EDF qui compte 105.000 salariés (D'après
http://blog.slate.fr/phdx/2010/04/10/henri-proglio-gagne-16-me-chez-edf-et-siege-dans-36-conseils/).

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Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 09:03


I


Des anciens du PSU, 420 participants, se sont réunis samedi 10 et dimanche 11 pour commémorer la naissance du PSU, il y a 50 ans.


On peut ironiser sur ces 2 jours avec leur coté "ancien combattant" ou "nostalgique" ou "ah que nous étions intelligents et beaux dans notre jeunesse", surtout devant l'étonnement à la vue de certaines silhouettes ou visages... On peut aussi rapporter des anecdotes étonnantes, peu connues, historiques ou personnelles. Certains n'ont pas oublié des conflits qui semblent perdurer bien qu'ayant perdu du sens aujourd'hui? Si elles en avaient un alors.


Quoi qu'il en soit, l'essentiel n'est pas là mais dans les retrouvailles de personnes qui avaient forgé un instrument qui donnait un sens à leur vie, à leur volonté de changer le monde. Pour beaucoup de ceux et de celles qui étaient là, ce moment reste encore important et a laissé des traces. Car le PSU a ouvert des brèches, porté des espoirs. A ceux qui étaient là et à bien d'autres.


Mais il faudrait aussi rappeler les questions sur lesquelles le PSU a été insuffisant (cela a été signalé pour les femmes) ou absent (l'Europe par exemple).


Finalement, la question fondamentale n'a pas été posée. Combien d'heures passées en discussions enfumées pour en arriver là ? C'est à dire ouvrir des portes sans débouché réel. Pourquoi le PSU a échoué à transformer la gauche ? Pourquoi est-il mort ?
Peut-être est-ce au delà des possibilités d'anciens militants qui se retrouvent et sont plus aptes à rappeler ce qu'ils avaient entrevu et qui est advenu sans eux, ou presque, qu'à voir où ils ont fait fausse route.


Le moment est probablement venu d'écrire l'histoire. Mais en se demandant quelles leçons tirer aujourd'hui de cette riche période qui puissent être utiles aujourd'hui ? On ne peut se satisfaire d'une simple commémoration.


II


De ces 2 jours, je ne rapporterai, de façon imparfaite, que quelques points qui m'ont intéressé. Ce n'est pas un compte-rendu : je n'ai pas assisté à tout, je ne suis pas une "mémoire du PSU", ni un idéologue qui peut tout décortiquer, qui connaît les courants du passé, les pensées anciennes ou actuelles des uns et des autres...


L'intervention de Jean-François Kessler, président de la Fondation Depreux, intitulée "origine et fondation du PSU" pourrait paraître superflue devant un public averti mais était indispensable à cette occasion. Elle n'était pas inutile pour rafraîchir les mémoires. Mais, même brillante, en quelques minutes, elle ne pouvait que faire des insatisfaits qui ne retrouvaient pas le groupe ou le moment "essentiel" à leurs yeux.


Tous les intervenants ont été brimés par la nécessaire brièveté de leur intervention. Le moins "persécuté" a probablement été Michel Rocard dont les interventions ont eu lieu en assemblée plénière et étaient lumineuses.


De la première, j'ai retenu la nécessité pour le PSU, après la guerre d'Algérie, de tracer une voie nouvelle dans une société qui ne savait peut-être pas qu'elle vivait les "trente glorieuses" mais où la pensée de gauche avait quelque peine à faire une critique adaptée à la situation qui n'était plus celle du 19ème siècle mais guidée par la pensée de Ford : "je paye bien mes ouvriers pour qu'ils achètent mes voitures".


Sur la période de la lutte contre la guerre d'Algérie, la première manifestation, organisée après le 17 octobre 1961 (assassinat de 200 Algériens) à Paris, malgré l'interdiction du gouvernement a donné lieu à un échange qui a montré que des analyses différentes perdurent. Pour l'un, Jean Verger qui avait proposé, au niveau parisien, une manifestation de masse refusée par le national, par lâcheté, par peur d'un affrontement, la manifestation du 1er novembre n'avait eu lieu que sous la pression du FLN. Pour l'autre, Michel Rocard, il était impossible au PSU d'entraîner de larges masses dans une manifestation interdite et le PSU (précisément Charles Hernu) a donc organisé une manifestation "clandestine", avec rendez-vous primaires et secondaires. Cette manifestation a réuni 1000 à 2000 personnes place de Clichy avec prise de parole d'Edouard Depreux, secrétaire national, et dispersion avant que la police ait pu intervenir.

D'un coté, celui qui pensait que la période était favorable à un affrontement pouvant déboucher sur un processus révolutionnaire, de l'autre, celui qui pensait que ce n'était pas possible et qu'il fallait préserver l'outil-PSU.


Dans sa seconde intervention, Michel Rocard a brossé l'histoire du capitalisme de ses origines à nos jours en 15 minutes, il en aurait voulu 90 !!
De cette intervention, j'ai retenu que le marché avait 2 mille ans et le capitalisme 200 ans. Que le capitalisme apparaît quand le marché cesse d'être une rapport entre individus, de l'artisan au client, avec la production de masse. L'usine rassemble des centaines, des milliers de travailleurs et produit des objets en masse. Que le capitalisme avait eu sa phase d'exploitation exacerbée au XIXème et au début du XXème siècle, atténuée ensuite par la diminution constante de la durée du travail. Que cette diminution de la durée du travail devait continuer, qu'avec les progrès de la productivité, on pouvait satisfaire les besoins de tous avec 3 heures de travail par jour.

Mais le capitalisme a libéré la "cupidité" et, à travers les mécanismes très perfectionnés des bourses, a réussi à détourner le fonctionnement de la machine au profit de quelques uns.


Son incrimination de la "cupidité des hommes" a été contestée. Si la cupidité de l'homme est la cause de tout, le mal est dans l'homme, il n'y a rien à faire qu'à se retirer : affrontement entre protestant et "péché originel" et révolutionnaire et "bon sauvage".


Rem : le lendemain, Le Monde publiait un entretien avec Alain Juppé qui parlait de cupidité, terme retrouvé dans l'éditorial du même jour !!!


Patrick Viveret, à l'Atelier sur l'autogestion, reprenant la pensée de Francesco Alberoni, fait un parallèle entre les relations amoureuses et les relations sociales.

Tout commence par "l'énamouration" : la découverte amoureuse qui est réciproque, sans aucun problème. Vient ensuite la prise de conscience de l'altérité. Qui fait difficulté, qui va faire évoluer cette relation amoureuse vers la rupture, la cohabitation ou l'acceptation de l'autre dans son altérité, la compréhension réciproque et qui permet de construire l'amour.


Au niveau collectif, le cheminement est le même entre groupes. Après la période euphorique, l'incapacité à gérer, à accepter l'altérité a les mêmes conséquences. On peut aboutir à des "énamourations" successives, le "don juanisme social" qui fait sauter de la Chine à Cuba, de telle épopée à telle autre, après des ruptures successives. Au niveau social, après l'énamouration, il faut arriver à l'amour, à la compréhension réciproque de l'altérité des groupes sociaux qui est, peut-être, l'autogestion.


A cette intervention de Viveret, je veux rattacher un point important, entre autres, qu'a soulevé Bernard Ravenel à la table ronde à laquelle je participais : la nécessité permanente du refus de l'inconditionnalité dans le soutien à tout mouvement quel qu'il soit. Je rattache ce refus, à la volonté de ne pas abdiquer tout esprit critique au moment de "l'énamouration", qui risque d'entraîner de grandes déceptions au moment du réveil.
Cette question de l'inconditionnalité s'est posée au moment de la Guerre d'Algérie, notamment lors des massacres de Melouza que le FLN voulait attribuer à l'armée française alors qu'il en était l'auteur. Et qui demandait au PSU de le soutenir dans ce mensonge. D'où un débat au sein du PSU.


Lors d'une plénière, un participant a rappelé que pendant son service militaire en Algérie, il avait adhéré au FLN à une condition qu'il n'y ait pas d'attentats contre les civils dans son secteur. Ce qui posait la même question et en introduit une autre que Bernard Ravenel avait aussi abordée dans son intervention : tous les moyens ne se valent pas. Moralement. Politiquement.


III


J'ai participé à la table ronde sur la "solidarité internationale" à laquelle l'immigration était rattachée. Plutôt que de refaire encore une intervention sur le droit de vote pour lequel j'avais été, je crois, sollicité, j'ai décrit mon parcours militant. Cela me semblait coller parfaitement et à la notion de solidarité internationale et à l'histoire du PSU. En 5 minutes.


Mes études universitaires se sont déroulées pendant la Guerre d'Algérie et se terminent au moment de l'indépendance. C'est donc tout naturellement que j'ai adhéré au PSU, 15 jours avant sa création (à l'UGS). J'ai fait mon service militaire en Algérie (juin 1963- avril 1964) et suis parti en coopération à Constantine (juin 1964-juin 1966) et à Alger (jusqu'en juin 1972).
A Alger, j'ai créé un Comité Vietnam qui apportait son aide financière aux Vietnamiens et qui était en liaison avec les mouvements de libération africains alors très nombreux à Alger.

En 1968, nous avions un carnet d'adresses bien fourni que nous avons utilisé pour susciter une manifestation, un peu tardive en mai, devant l'ambassade de France à Alger que nous avons envahi. Pendant quelques jours, l'ambassade nous a été ouverte pour des AG.

De retour d'Algérie, j'aurais pu continuer à militer sur le secteur "tiers-monde". A l'époque, les maoïstes disaient : "le tiers-monde commence dans la banlieue parisienne". Habitant le 20ème arrondissement de Paris, j'étais bien placé pour savoir qu'ils exagéraient : le tiers-monde commençait dans Paris. J'ai donc décidé de militer dans le secteur "immigration".

D'ailleurs, ayant aménagé le 5 décembre, j'ai trouvé dans ma boite aux lettres une invitation du PSU à aller manifester le lendemain matin devant un foyer de travailleurs immigrés de la rue Bisson que je n'ai pas trouvé. Ce qui m'a évité de passer une journée au poste de police.
En mai 1973, 56 travailleurs tunisiens, grévistes de la faim, s'installaient dans la crypte de l'église de Ménilmontant. C'est à cette occasion que j'ai fait la connaissance de Saïd Bouziri que faisait partie des organisateurs.

J'ai constitué le groupe action immigrés de la 20ème section du PSU, un groupe Français-immigrés (qui n'avait rien à voir avec les Cufi et regroupait quelques militants non-PSU du 20ème dont des Cfdt) et ensuite animé la Commission immigrés au niveau national.

Notre action la plus réussie a été la lutte pour la "carte unique". Après la victoire de François Mitterrand, j'ai proposé à la Commission d'avancer une revendication positive, gagnable. Et en contradiction absolue avec cette idée, j'ai avancé la lutte contre l'informatisation des cartes d'identité. Gérard Desbois, ancien président de la Fasti, a aussitôt dit : "non, c'est la carte unique" qu'il faut lancer.

Je ne savais pas ce qu'était la carte unique. Dûment formés, nous avons fait le tour des associations et avons créé un "comité carte unique" avec la Cimade, la Fasti, le Gisti, la Pastorale des migrants.

Quand la Marche de l'égalité est arrivée à Paris, une délégation a été reçue par François Mitterrand qui a demandé qu'elle était la revendication avancée. C'est la carte unique, carte de résident, valable 10 ans, renouvelable automatiquement qui a été obtenue. La délégation partie, Mitterrand est allé demander à Christian Delorme ce qu'était la carte unique !

Cette histoire est intéressante car elle illustre bien les rapports parti-associations-mouvement social-institutions dont il est souvent débattu. Avec au bout la satisfaction de la revendication par le gouvernement, certes dans des circonstances très favorables.

L'intérêt de la carte unique, renouvelée automatiquement, assurait la sécurité du séjour et un pas vers l'égalité. Je me souviens d'avoir dit à Me Georgia Dufoix que, si elle nous proposait une carte de 11 ans, nous la refuserions parce que nous voulions pour les immigrés une carte de 10 ans, durée de validité identique à celle de la carte d'identité des des Français.

Cette volonté d'égalité explique le titre du bouquin que j'ai sorti en 1985 : "Immigrés, métèques ou citoyens ?" et annonce les luttes pour le droit de vote. Auxquelles, nous avons participé en tant que PSU et ensuite au nom des organisations dans lesquelles j'ai milité : 89 pour l'égalité, j'y suis j'y vote...

Après l'échec de ces campagnes et sachant que la revendication risquait d'être abandonnée pour un temps, plus ou moins long, nous avons créé, en 1994, la "Lettre de la citoyenneté". Et commandé, chaque année, un sondage sur le droit de vote aux élections municipales et européennes. Le moment important a été en 1999 quand, pour la première fois, les sondés ont répondu majoritairement de façon favorable à cette question. Nous étions triomphants à la réunion du Conseil de l'Europe qui a lancé l'appel de Strasbourg.

Avec les "3 collectifs", nous avons continué la bataille et obtenu, en mai 2000, grâce à Noël Mamère et à la "niche parlementaire" des Verts, le vote par l'Assemblée nationale d'une loi donnant le droit de vote aux élections municipales, loi qui n'est jamais arrivée à l'ordre du jour du Sénat.

Nous avons essayé de porter la question au niveau européen, en participant aux FSE de Florence, Athènes, Paris (lancement de la pétition européenne, "1 million de signatures pour une citoyenneté européenne de résidence") et Londres, en intervenant à Bruxelles au Comité économique social européen, à la Convention pour l'avenir de l'Europe... L'Acer, (association pour une citoyenneté européenne de résidence), petite organisation de quelques militants, a même eu 2 représentantes à Bruxelles et à Séville sur la question grâce à Echanges et Partenariat.

Bien entendu, nous avons participé à toutes les campagnes nationales de Votation citoyenne.


Finalement, il est possible de dire que nous avons gagné la bataille idéologique car maintenant la citoyenneté de résidence est un acquis dans de nombreuses organisations, car, d'après les sondages, la population est majoritairement favorable au droit de vote surtout quand il se limite au droit de vote aux élections municipale mais aussi quand il s'agit des élections locales et même municipales et européennes.

Si la bataille est gagnée à ce niveau, il reste à nos successeurs à la mener au bout et à obtenir la victoire politique et le droit de vote.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 13:29

Le journal potentiellement de référence


Le 3 mars, le Point publie un article : "Sondage : Fillon, meilleur président qu'Aubry ou Royal, moins bon que DSK" (17 h 08), corrigé ensuite en "Présidentielle – Fillon gagne ses galons d'homme d'Etat" (19 h 59 et le 04/03/10 à 17h15).

Le même jour (03/03/10), le Figaro reprend l'information : "Fillon ferait un meilleur président qu'Aubry et Royal".

Les deux journaux donnent évidemment plus de détail et notamment les résultats chiffrés concernant Fillon contre Aubry (47/31), Fillon contre Royal (57/23) ou... Fillon contre Strauss-Kahn (34/46). Ce dernier résultat qui apparaissait dans le premier titre du Point a ensuite été rectifié !

Le Monde reprend l'information le 04/03/10 (18h 28) : "Fillon ferait un meilleur président qu'Aubry, selon un sondage". Et attend 3 jour de réflexion pour publier dans le journal papier, la même information sous le titre : "M.Fillon jugé meilleur président potentiel que Mmes Aubry et Royal" (Le Monde 06/03/10).

Bien entendu, dans le texte, il est aussi question des résultats concernant Fillon - Strauss-Kahn mais si vous ne lisez que le titre...

Il a donc fallu 3 jours de réflexion pour que le journal de référence nous livre sans commentaire la même information biaisée que le Point (après 24 heures de réflexion) et le Figaro.


C'est Malek Boutih qui a perdu les élections !


Nicolas Sarkozy était assuré d'une nouvelle prise : Malek Boutih , secrétaire national du PS, chargé des questions de société. L'affaire était conclue. Ne restait que la nomination. Arrive la foire aux casquettes et les récriminations de droite. Celles qui demandent une ouverture à droite, celle qui veut pour la fonction quelqu'un qui appartienne au "corps français traditionnel" par exemple à "la vieille bourgeoisie protestante". Ce qui traduit une vue quelque peu réductrice de l'activité de la Halde. En effet si l'origine ethnique était la première cause décrite, elle ne concernait que 27% des saisines en 2007

Malek Boutih est au PS et ne vient pas de la vieille bourgeoisie protestante. Nicolas Sarkozy a nommé une "fille de harkis", elle aussi ancienne de SOS.Racisme.

Pour Malek Boutih, tout ce brouhaha est instrumentalisé "pour éluder les vrais problèmes : la question des ghettos, par exemple".

Il aurait pu rappeler aussi que les amis de Nicolas Sarkozy avaient demandé une diminution du budget de la Halde. Elle dispose de 12 millions d'euros, la même organisation en Grande Bretagne aurait 70 millions (JDD 06/03/10 Le Monde 05/03/10).


Pour avoir du liquide, ils ne manquent pas d'air !


La finance a mis l'imagination au pouvoir pour faire de l'argent : subprimes, titrisation, CDS (en français, CERD, « contrats d’échange sur les risques de défaut »), stock-options, parachutes dorés, retraites chapeau et autres golden hello (prime de recrutement ou de débauchage), sans compter le cumul des mandats et les jetons de présence...

Quant à ceux qui ne sont pas au pouvoir, ils n'ont pas besoin d'imagination. Ils paieront les impots cassés pour les autres ! (Paru dans "courrier des lecteurs" de Politis du 01/04/10).


Sanctions... pour tous


Le président de la République est décidé à s'attaquer à la délinquance. Deux décisions courageuses sont en préparation : supprimer les allocations familiales aux parents qui ne tiennent pas leurs enfants et leur rémunération aux ministres qui ne poursuivent pas les patrons voyous (Publié dans Politis le 08/04/10)


Revenu agricole


Le monde agricole frappé par un effondrement de 34% du revenu moyen en 2009 après une chute de 20% en 2008 (Le Monde 07/04/10) [Est-ce possible ? Quels revenus avaient-ils avant cette baisse ?]


Scolarisation des moins de 3 ans


A l'arrivée de Nicolas Sarkozy, 23,4% des moins de 3 ans étaient scolarisés, ils ne sont plus que 18%. Beaucoup de classes de très petits ont disparu , y compris dans les ZEP où la préscolarisation est pourtant un droit inscrit dans la loi (Le Monde 07/04/09).

Comment Amazon, eBay et iTunes échappent aux impôts



Amazon, eBay ou la plate-forme iTunes d'Apple réalisent des millions d'euros de chiffre d'affaires en France, mais ils n'y paient quasiment pas d'impôts parce qu'ils sont domiciliés au Luxembourg. Google, lui, a préféré l'Irlande. Un rapport du Sénat s'attaque aux paradis fiscaux du Web et une directive européenne prévoit d'y mettre un peu d'ordre d'ici 2015, en obligeant les sites marchands à s'acquitter de la TVA du pays d'achat.

Ce rapport sur "l'impact du développement d'internet sur les finances de l'Etat" est désormais disponible sur le site du Sénat (Eco89 | 07/04/2010). [http://www.senat.fr/commission/fin/evenements/EtudeGreenwichConsulting.pdf ]


Grâce à Baroin, les bandits ne seront plus manchots (Le Monde 06/04/10)


"Avec mes gains au casino, je me suis acheté une casquette de yachtman ; avec mes pertes, j'aurais pu me payer le bateau" (Tristan Bernard, cité par le Monde).


Thons rouges


Il y a autant de thons rouges conservés à -60° C au Japon que dans les mers (Le Monde 06/04/10).


L'Etat prête à la banque à 0% qui prête à 4,5% !


"Tous les Etats du monde et leurs banques centrales ont tout fait pour que les banques puissent reconstruire le plus vite possible leur profitabilité. Comment ? Ils leur ont fourni de la liquidité à un prix très bas, et les mêmes banques ont pu investir en bons du trésor ou obligations d’Etat rémunérées à 4,5 %… Elles font donc 4,5 % de marge". (François Henrot, président de la banque d’affaires Rothschild dans Libération 03/04/10).


Un chien pour vos enfants !


Au RU, une firme privée fait payer 50 livres par heure l’utilisation d’un chien spécialisé pour vérifier s’il y a de la drogue dans la chambre des enfants (Vocable anglais18/02-03/03/10).

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 21:58

Nicolas Sarkozy et les femmes de la diversité

 

Il n'est pas question d'aborder ici la vie privée du président de la République. Encore qu'il est possible de constater que, issu de l'immigration hongroise, sur 3 mariages, il a conclu le deuxième avec une femme d'origine espagnole et le troisième avec une Italienne, naturalisée après son mariage. Ce tropisme pour la "diversité" se retrouve dans le choix des femmes appelées au gouvernement.

 

Il a beaucoup été question des "jupettes" quand Alain Jupé a constitué un gouvernement avec une proportion relativement élevée dans son gouvernement (13 femmes soit 27,9%). Mais cela n'a pas duré et ce pourcentage a été revu à la baisse (12%) au premier remaniement ministériel. Avant d'avoir des problèmes ?

 

En effet, il semble que Nicolas Sarkozy a surtout des problèmes avec ses ministres femmes. Surtout femmes sans passé d'élues et/ou femmes de la "diversité". Qu'il a choisies pour en faire des ministres. Les gazettes rapportent quelques uns de ces frottements.

 

Avec Rachida Dati, les choses sont allées aux extrêmes. Un moment du premier cercle, elle a été nommée à l'important ministère de la Justice. A en croire Philippe Bilger, avocat général près de la Cour d'appel de Paris, lors d'un Forum du Nouvel Observateur (1), Mme Dati n'avait pas assez d'expérience pour diriger un ministère d'une telle importance : " elle n'a pas été choisie par le président pour sa compétence. C'est une femme, un symbole et le chouchou du couple présidentiel". Tombée en disgrâce, elle a été orientée vers le Parlement européen où elle s'ennuierait et à la mairie du VIIème. Récemment, elle a été accusée par une rumeur partie de l'Elysée d'être à l'origine de "la" rumeur. Et punie en conséquence.

 

Quand Clara Bruni-Sarkozy, au nom de son mari (la Première dame de France, porte-parole du président de la République ?), a, intelligemment, voulu calmer le jeu avec des déclarations apaisantes sur cette affaire ridicule qui prenait les proportions d'une affaire d'Etat, elle a été contredite par un haut fonctionnaire de la police.

 

D'autres ministres, femmes surtout de la "diversité", ont fait courageusement entendre leur différence avec moins de conséquence.

 

Fadela Amara a réprouvé "l'instrumentalisation de l'immigration" et trouvé "dégueulasse" (terme que, dans la majorité, certains ont trouvé "injurieux") l'utilisation éventuelle des test ADN pour identifier les enfants d'immigrés.

 

Rama Yade a déclaré, de façon peu appréciée en haut lieu (parce que juste ?), que Khadafi devait "comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". Ce qui lui a valu un entretien particulier avec le président de la République.
Très appréciée des Français, elle n'a été que rétrogradée du secrétariat des Droits de l'Homme à celui du Sport.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, seule élue (comme suppléante d'un député devenu ministre), était secrétaire d'État chargée de l'écologie. A la suite d'un débat à l'Assemblée nationale sur les OGM au cours duquel elle s'est retrouvée un peu isolée, elle a parlé d' « un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum ». Recadrée par le Premier ministre..., elle a été nommée secrétaire d'État à l'économie numérique.

 

Elle n'a pas encore tout oublié. Et s'est solidarisée de Chantal Jouanno qui lui a succédé comme secrétaire d'Etat à l'Ecologie, quand celle-ci s'est dite, lors de l'annonce de l'abandon de la taxe carbone, "désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l'écolo-scepticisme qui l'emporte" et "pas en phase avec cette décision".

Pour le moment, le président de la République s'est contenté de rappeler à Chantal Jouanno qu'un ministre n'avait pas à être "désespéré mais à travailler".

 

Comment faut-il interpréter ces incartades ? Tous ces déboires qu'a connus Nicolas Sarkozy avec des ministres qu'il a promues ? Ces femmes sont-elles plus courageuses, plus dangereuses, moins carriéristes que les hommes ? Ont-elles été promues avant d'avoir été formatées par la politique et le fonctionnement institutionnel ?

 

En tous cas, le président de la République risque fort d'être tenté par un retour aux normes traditionnelles et constituer un ministère homogène constitué seulement d'hommes, issus des élections, blonds, aux yeux bleus, agés de 60 ans et plus, anciens enarques... Enfin la tranquillité assurée !


Où sont passées les notations de ministres ?

 

Ces différentes tensions, cette cacophonie, rappellent que Nicolas Sarkozy avait fait une annonce bruyante, il y a plus de 2 ans. Il souhaitait mettre en place un système de notation de ses ministres en fonction de leurs résultats.

Et l'obéissant Fillon, pour obtenir des critères objectifs, avait demandé à une entreprise privée de lui faire des propositions. Il en a beaucoup été question, à l'époque. Pendant 15 jours..., le temps d'amuser politiques, journalistes, citoyens et enfants des écoles.
Comme souvent avec Nicolas Sarkozy, l'annonce fait événement et cela suffit.

 

A l'occasion des élections régionales, Nicolas Sarkozy a demandé à 20 ministres ou secrétaires d'Etat de partir à l'assaut des forteresses socialistes. Il n'était plus question de notation mais des récompenses attendaient ceux qui se seraient bien battus.

En fait, les récompenses, sous forme d'un maroquin, sont allées à un villepiniste, à un chiraquien, à un ancien centriste qui ne s'étaient pas beaucoup dépensés...

C'est la conséquence d'un constat : les ministres se sont peut-être bien battus, ils ont surtout été bien battus et mal élus. Au point que le président songerait à ouvrir pour eux une chaîne de magasins franchisés "aux casquettes régionales".

 

Finalement, un seul ministre a été remercié. Il faut dire que les résultats de l'ancien ministre du travail ne venaient pas renforcer sa légitimité dans les discussions qui commencent avec les syndicats sur les retraites.

1 - Nouvel Obs http://tchat.nouvelobs.com/politique/la_justice_sous_pression_s,20081204113226440.html

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 16:20

  Les patrons des hedge-funds empochent 25 milliards de dollars en 2009

Les 25 dirigeants de fonds spéculatifs les mieux payés au monde ont perçu 25,33 milliards de dollars (18,6 milliards d’euros), soit plus du double de ce qu’ils avaient gagné en 2008, selon le classement annuel du magazine AR Absolute Return+Alpha dévoilé par le New York Times.
La rémunération individuelle des sept premiers dépasse le milliard de dollars et le dernier de la liste a perçu 350 millions de dollars... «Les chiffres sont certes choquants mais logiques quand on est dans le monde de la finance», a commenté Sophie van Straelen, de Asterias, une société d’analyse sur les hedge funds. Selon elle, ces «golden boys»«simplement» profité des opportunités d’investissement générées par la dévalorisation de nombreux actifs. Libération 02/04/10

Pape, pédophilie, excommunications

Au cours de son mandat, il (Benoit XVI quand il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, autrement dit l'institution qui a succédé à l'Inquisition en 1965) a mis un point d'honneur à combattre les dissidents libéraux : étaient désignés ainsi tous ceux qui osaient rendre publics les innombrables cas de pédophilie pendant des décennies. C'est la raison pour laquelle il a exigé dans une circulaire confidentielle de 2001 qu'on observe les bonnes vieilles vertus mafieuses que sont "le secret" et la "discrétion", avertissant que toute "trahison" [serait] punie d'excommunication". En revanche, on n'a encore jamais entendu parler de violeurs d'enfants frappés d'excommunication (Die Welt, cité par C.I. n°1013 01-07/04/10).

Erudition = lien ?

Après Google, il n'y a pas d'érudition, mais des liens (Perfil, cité par C.I. n°1013 01-07/04/10).

Tant qu'on a la santé

L'ancien numéro 2 du Leem (syndicat de l'industrie pharmaceutique) a dit "l'indépendance totale d'un expert est le gage de son incompétence" et son successeur un " expert sans conflit d'intérêt est un expert sans intérêt" (cités par Politis 01/04/10).

 

Selon vous (Stéphane Horel, auteure de "Les médicamenteurs", Ed du Moment), 96% des nouveaux médicaments présents sur le marché n'apportent rien en termes de santé mais beaucoup d'argent aux labos (Politis 01/04/10).

 

Les États-Unis sont classés vingt-deuxième sur vingt-six pays rcihes étudiés dans le dernier bilan "santé" de l'OCDE (Le Monde 31/03/2010).

 

Le commerce des armes ne connaît pas la crise.

Le Stocholm International Peace Research Institue (Sipri) pointe du doigt une hausse des ventes d'armes de 22% entre la période 2000-2004 et 2005-2009. En 2005, c'est le prix Nobel de la paix, Barack Obama lui même qui donnera l'exemple avec un budget militaire record de 755 milliards de dollars (Alter éco Avril 2010).

 

Actionnaires du CAC 40 dans la crise

Malgré le recul de leurs profits, les entreprises du Cac 40 verseront quasiment autant de dividendes à leurs actionnaires cette année, environ 35 milliards d'euros. Soit un taux de distribution avoisinant 56% des bénéfices (hors éléments exceptionnels) contre 40% en moyenne ces dernières années (Alter éco Avril 2010).

 

Banquiers multicartes

Les îles Caïman comptent sur leur territoire 8000 banques, sociétés d'assurances et fonds spéculatifs qui emploient seulement 5 400 personnes ! (Alter éco Avril 2010).

 

Inflation

Mais si l'inflation est refusée, c'est sans doute aussi parce qu'elle redistribue les revenus des prêteurs vers les emprunteurs, des propriétaires de logement et de titres financiers vers les ménages endettés. Keynes souhaitait l'inflation car elle permet de ruiner les rentiers... (Alter éco Avril 2010).

 

Cochon qui s'en dédit !

"Je ne comprends pas comment on peut avoir signé le pacte Nicolas Hulot, au printemps 2007, et aujourd'hui renier sa parole et ne pas faire ce que l'on a dit que l'on ferait. C'est une question d'honnêteté. Si on ne le fait pas, on n'est pas honnête. La démocratie républicaine et parlementaire ne peut pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas la signature donnée" (Nicolas Sarkozy 10/09/09, cité par Le Monde 28-29/03/10.

 

Libéralisme autoritaire

Triomphe d'un libéralisme autoritaire qui exige, en même temps, la liberté absolue pour les marchands d'excitants et la répression féroce pour les excités : c'est le signe de notre incapacité à construire démocratiquement le bien commun. (Philippe Méirieu Le Monde 03/04/10)

 

Qui profite du bouclier fiscal ?

L’Assemblée nationale avait estimé que 234 000 contribuables bénéficieraient en année pleine de 810 millions d’euros (coût total du bouclier). En fait, seuls 14 000 contribuables ont été concernés, pour un coût total de 458 millions d’euros. Le bouclier a été justifié de la façon suivante : il fallait éviter que des ménages aux bas revenus ne soient imposés du seul fait de leur patrimoine. C’est le fameux cas de la veuve de l’Ile de Ré (information largement médiatisée), dont les maigres terres ont pris tellement de valeur qu’elle est soumise à l’impôt sur la fortune...

Parmi ces 14 000 foyers fiscaux, 9 000 déclarent des revenus très faibles (inférieurs à 7 338 euros annuels). Mais les cas de foyers effectivement pauvres et lourdement imposés sont rares, du fait des exonérations et dégrèvements de la taxe d’habitation. Ces cas isolés servent de paravent à des ménages qui déclarent artificiellement des bas revenus parce qu’ils déduisent de leurs ressources des dépenses que les salariés ne peuvent pas comptabiliser (automobile, équipements divers) ou utilisent les niches fiscales. Leur niveau de vie réel n’a pas grand chose à voir avec ce qui est affiché fiscalement.
Quoi qu’il en soit... 3 894 foyers au revenu annuel supérieur à 42 507 euros ont touché 105 907 euros de ristourne en moyenne par foyer. Pour eux seuls, le coût pour la collectivité est de plus de 412 millions d’euros au total. Pour les plus gros patrimoines, c’est une vraie aubaine. Ainsi, 834 foyers au patrimoine supérieur à 15,6 millions d’euros ont touché 368 261 euros en moyenne par foyer. La collectivité a dépensé plus de 307 millions d’euros pour eux.
Lors de la présentation du texte en 2007, la ministre de l’économie avait reconnu à l’Assemblée nationale la véritable portée du texte : "On entend souvent dire que cette mesure ne concernerait que la partie la plus riche de la population, mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?", avait-elle déclaré. Il faut aider les plus riches parce qu’ils créent la valeur. Louis Maurin et Pascale Delhaye
L'Observateur des inégalités, n°74, avril 2010

Des pieds et des mains

On pourrait naivement se dire que percevoir par an 17 000 smic, 4 fois plus que le patron du CAC 40 le mieux rémunéré (Frack Riboud, Danone) dont les décisions engagent le sort de dizaines de milliers de salariés, c'est un peu beaucoup pour quelqu'un qui passe l'essentiel de son temps assis sur le banc des remplaçants et utilise sa main pour qualifier la France à la Coupe du Monde... Le Monde 4-5/04/10

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 14:32

En quelques semaines de campagne, les citoyens ont appris bien des choses :

  • un policer déclaré « décédé » par le premier ministre le vendredi, est ressuscité le dimanche (et cela quelques semaines avant Pâques),

  • un Noir peut être autre chose qu'un footballeur de série B ou un délinquant récidiviste et nien que fils d'immigrés soninkés battre un prince issu de la noblesse polonaise,

  • tous les pompiers catalans ne sont pas des terroristes basques,

  • un candidat, raciste et pas de gauche avant le premier tour des régionales, n'est ni raciste, ni de droite après le second,

  • les Corses ne valent guère mieux que les Auvergnats.

Surtout, nul ne peut ignorer qu'il y aura une élection présidentielle en 2012.


Qui porte le chapeau?

Pas moins de vingt ministres ou secrétaires d'Etat du gouvernement Fillon ont été engagés dans les élections régionales, dites locales. Aucun n'a connu le succès. Mais, le Président a assuré en Conseil des ministres que ceux qui se seraient bien battus ne courraient pas le risque de perdre leur portefeuille en cas de défaite.

A voir le remaniement, ils se sont tous bien battus sauf un. Faut croire que la tâche était impossible. C'est un aveu présidentiel de responsabilité ?

Tiré à la courte-paille, le ministre du Travail a été désigne comme victime expiatoire. Avec son résultat électoral, il n'était, effectivement, pas le mieux placé pour négocier des contre-réformes face aux syndicats. Il était le troisième ministre du travail depuis le 18 juin 2007 après X. Bertrand et B. Hortefeux, il sera peut-être le troisième ancien ministre nommé président de l’établissement public du musée et du domaine national de Versailles après C. Albanel et J.-J. Aillagon, tous deux anciens ministres de la Culture et de la Communiation !

Quant à Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, n'ayant d'yeux que pour Nicolas, elle ne s'est pas aperçue qu'on lui faisait les poches et son portefeuille était vide quand elle l'a retrouvé !



TOUT LE MONDE GAGNE

enfin presque

Les grands gagnants sont le abstentionnistes, plus d'un citoyen sur deux : indifférence apparente, en réalité lucide, justifiée par le déroulement d'une campagne électorale dont le niveau ne méritait guère mieux. Cette importance de l'abstention relativise tout ce qui va être dit ici.


Parce que les sondages se sont trompés et que les comparaisons sont mauvaises, le score du Front national est apparu comme une surprise et en a fait un des grands gagnants de ces élections.
Les sondages prévoyaient entre 8,5 et 9,5%, le FN a recueilli 11,6% des sondages. Ce n'est pas une victoire du FN, c'est une erreur des sondeurs. On a beaucoup plus parlé de la surprise que des erreurs !

Avec 11,6% en 2010, contre 14,7% en 2004, ce n'est pas la victoire éclatante médiatisée. Conséquence, le FN perd 1 siège sur 4, 118 en 2010 au lieu de 156 en 2004. Certes, il fait mieux qu'aux européennes. Et c'est toujours trop. Mais il n'a pas de quoi pavoiser. Sauf que sa "victoire" est réelle puisqu'elle a été présentée comme telle (1).


Après les élections de 2004, la droite gérait 2 régions (Alsace et Corse) sur 26, 24 étaient à gauche (y compris le Languedoc-Roussillon avec Georges Frêche). Lors des élections de 2010, la droite a gagné dans 3 régions (Alsace, Guyane, Réunion) et perdu la Corse. La gauche gérera donc 21 régions. Le Languedoc-Roussillon est toujours avec Frêche qui n'est plus à gauche puisqu'il a gagné contre tous les partis de gauche désunis !!!! Faut-il en conclure qu'une "blanche" (Corse) vaut plus que deux "noires" (Guyane, Réunion) ?


Inutile de revenir sur la défaite de Sarkozy et la "victoire" du PS. Tout a été dit.


Pour Europe-Écologie, les choses sont plus complexes. Les résultat ne peuvent être comparés avec ceux de 2004 où les Verts n'avaient pas présenté des listes autonomes. Mais l'élection de 2010 a probablement doublé le nombre d'élus. Ici encore, partant des résultats des élections européennes, Europe-Écologie avait de grandes ambitions et a connu une certaine déception. Mais ce qui, au moment des Européennes, était un choix novateur et adapté à l'élection (programme européen, ouverture, têtes d'affiches) avait un coté "rebelote" et même marketing aux régionales (pourquoi Europe-Écologie et non Régions-Écologie si ce n'est pour jouer sur l'effet de marque). Il n'en reste pas moins que Europe-Écologie est par cette élection la deuxième force de gauche.


Le NPA n'a pas réussi son pari de créer un pôle révolutionnaire et s'est même divisé, une partie a rejoint le Front de gauche. Son isolement a conduit à la formation d'une opposition interne significative. Et LO est peu apparu dans cette élection. Même si l'un et l'autre peuvent revenir sur le devant de la scène dans d'autres occasions.


Ensemble pour des régions n'a pas su ou voulu lancer une ouverture large, unitaire et dynamique. L'appareil du PC - le plus important encore mais pour combien de temps ? - s'est enfermé dans le Front de gauche (volontairement et avec l'aide des média). C'est un progrès par rapport aux élections régionales de 2004. Mais le Front de gauche n'a pas pu créer une dynamique comme l'avait fait Europe-Ecologie avec les Verts aux européennes. Les pratiques d'appareil ont pris le pas sur l'ouverture y compris interne ! L'appareil n'a pas franchi le pas et se trouve maintenant devant une importante contestation interne qui va encore l'affaiblir.

Finalement, le Front de gauche s'est installé au niveau national mais son nombre de sièges sera inférieur à celui détenu antérieurement par le seul PC. De plus, le PC n'est plus le partenaire privilégié du PS. Finalement, la gauche de gauche reste dans ses divisions depuis 2005.


L'ÂGE DU CAPITAINE


Cette élection n'a pas entraîné un renouvellement des « élites » régionales. C'est d'abord une victoire des présidents de région.

En comparant l'âge des candidats à la présidence des régions qu'ils soient élus ou battus et en ne tenant compte que des réellement présidentiables, il apparaît que les têtes de liste de gauche ont, en moyenne 62,65 ans et ceux de droite 54,62, qu'il y a 3 femmes pour la gauche et 6 pour la droite.

Le rajeunissement et la féminisation n'ont pas soufflé sur la gauche. Il est vrai qu'il est plus facile d'ouvrir les candidatures quand il n'y a pas de président sortant... Mais la clé de l'avenir n'est pas dans les présidences à perpétuité même si, dans un premier temps, elles favorisent le maintien des équipes en place.



1 - http://www.observatoire-des-sondages.org/Le-vote-Front-National-aux.html

 

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 16:25

Vingt ministres ou secrétaires d'Etat voulaient cumuler les casquettes : ministre et élu régional. A la suite d'une conjoncture défavorables, le DRH, hyperactif, prépare un important plan social : création d'une chaîne de boutiques franchisées  : "aux casquettes régionales".


Une abstention inquiétante et lucide

Inscrits : 42 426 578 Exprimés : 18 940 974 soit 44,64% des inscrits PS et alliés : 5 595 180 = 13,19% des inscrits.

Si cela continue, il y aura bientôt plus de candidats et de commentateurs que d'électeurs ! L'importance de l'abstention a été soulignée. Qui devrait inquiéter tous les démocrates. Le parti arrivé en tête avec 29,5% des suffrages exprimés ne recueille donc que 13,19% des suffrages des personne inscrites. Il faudrait aussi tenir compte des personnes qui ont le droit de vote et qui ne sont pas inscrites , "estimées à 10% sur l'ensemble du territoire" (Le Monde 19/03/10). Et ajouter celles qui n'ont pas le droit de vote. Finalement, le PS a gagné le 1er tour de ces élections grâce au vote de moins de 10% de la population adulte du pays. Cela n'enlève rien à la légalité de sa victoire.
Cela met en question la légitimité de toute la classe politique car les autres organisations ont bénéficié d'un nombre de voix encore plus faible.

Plus dramatique encore pour la démocratie, ce retrait politique touche en profondeur les couches jeunes et populaires : le taux de participation est inférieur à 30% dans certaines communes et dans certains quartiers, 25% des citoyens en âge de voter ne seraient pas inscrits.

En 2005, à travers la révolte des banlieues, en 2007 lors de l'élection présidentielle, une partie de cette population a montré qu'elle était prête à se mobiliser. Elle pensait, en se révoltant; en allant voter, que les choses allaient changer. Il n'en a rien été.

L'inertie actuelle est, à la fois, compréhensible, lucide et inquiétante pour l'avenir. C'est cette population qui souffre le plus de la crise. Mais que peut-elle attendre de ces élections ? Aussi bien la campagne électorale que les commentaires au soir des élections ont répondu clairement : rien.

Conséquences politiques ou politiciennes ?

« Le scrutin des 14 et 21 mars est un scrutin régional : ses conséquences seront donc régionales. ». A droite, il n'est pas sûr que les conséquences ne soient que régionales : des têtes vont tomber, au niveau du parti comme du gouvernement. Est-ce si important ? Cela conduira-t-il à une pause ? Ou après un remaniement droitier pour rallier les troupes à une volonté de continuer les contre-réformes ?

On a peu parlé des politiques régionales du PS pendant le dernier mandat. Il n'y a pas eu une politique régionale mais des politiques régionales. On ne parle pas beaucoup de ce que seront les politiques régionales pour les quatre ou 6 ans à venir. Mais tout le monde pense aux effets du scrutin sur l'élection présidentielle.

Europe Écologie avait un nom, un programme et une ouverture "européenne" au moment des élections européennes. Cela lui a réussi. Aux régionales, le "marketing" (garder le nom Europe-écologie), l'ouverture à des personnalités, le programme présenté n'avaient pas réellement une cohérence "régionale". Europe écologie a fait un score convenable mais doit en rebattre sur ses prétentions.

Le Front de gauche demeure le Front de gauche avec comme colonne vertébrale, le PCF. Sa seule victoire est la disparition, pour le moment, du Modem qui en fait le seul nouvel allié potentiel du PS. Le faible score du NPA en fait aussi la force principale de la "gauche de gauche".

Le parti présidentiel a regroupé tous ses alliés potentiels dés le premier tour sans pour cela se retrouver en première place et déclencher la dynamique espérée.

Mais dans cette aventure, le Modem, entre deux partis attrape-tout, a perdu le droit à l'existence comme ouverture au centre. Et débarrassé le terrain pour une entente à gauche, pour le moment, sans problème.

Lors des élections intermédiaires et/ou avec fort taux d'abstention, les extrêmes tirent mieux leur épingle du jeu. C'est le cas du FN qu'un débat national sur l'identité devait neutraliser mais qui, mal conduit, lui a redonné la parole.

Le NPA paie cher (électoralement, financièrement et probablement au niveau militant) son bras de fer avec le PC, sa volonté de faire cavalier seul et sa candidate au foulard.

Pour tous, reste le troisième tour, contre-réfomes, résistance populaire ou surgissement de nouvelles contestations ?.




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