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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 21:58

Nicolas Sarkozy et les femmes de la diversité

 

Il n'est pas question d'aborder ici la vie privée du président de la République. Encore qu'il est possible de constater que, issu de l'immigration hongroise, sur 3 mariages, il a conclu le deuxième avec une femme d'origine espagnole et le troisième avec une Italienne, naturalisée après son mariage. Ce tropisme pour la "diversité" se retrouve dans le choix des femmes appelées au gouvernement.

 

Il a beaucoup été question des "jupettes" quand Alain Jupé a constitué un gouvernement avec une proportion relativement élevée dans son gouvernement (13 femmes soit 27,9%). Mais cela n'a pas duré et ce pourcentage a été revu à la baisse (12%) au premier remaniement ministériel. Avant d'avoir des problèmes ?

 

En effet, il semble que Nicolas Sarkozy a surtout des problèmes avec ses ministres femmes. Surtout femmes sans passé d'élues et/ou femmes de la "diversité". Qu'il a choisies pour en faire des ministres. Les gazettes rapportent quelques uns de ces frottements.

 

Avec Rachida Dati, les choses sont allées aux extrêmes. Un moment du premier cercle, elle a été nommée à l'important ministère de la Justice. A en croire Philippe Bilger, avocat général près de la Cour d'appel de Paris, lors d'un Forum du Nouvel Observateur (1), Mme Dati n'avait pas assez d'expérience pour diriger un ministère d'une telle importance : " elle n'a pas été choisie par le président pour sa compétence. C'est une femme, un symbole et le chouchou du couple présidentiel". Tombée en disgrâce, elle a été orientée vers le Parlement européen où elle s'ennuierait et à la mairie du VIIème. Récemment, elle a été accusée par une rumeur partie de l'Elysée d'être à l'origine de "la" rumeur. Et punie en conséquence.

 

Quand Clara Bruni-Sarkozy, au nom de son mari (la Première dame de France, porte-parole du président de la République ?), a, intelligemment, voulu calmer le jeu avec des déclarations apaisantes sur cette affaire ridicule qui prenait les proportions d'une affaire d'Etat, elle a été contredite par un haut fonctionnaire de la police.

 

D'autres ministres, femmes surtout de la "diversité", ont fait courageusement entendre leur différence avec moins de conséquence.

 

Fadela Amara a réprouvé "l'instrumentalisation de l'immigration" et trouvé "dégueulasse" (terme que, dans la majorité, certains ont trouvé "injurieux") l'utilisation éventuelle des test ADN pour identifier les enfants d'immigrés.

 

Rama Yade a déclaré, de façon peu appréciée en haut lieu (parce que juste ?), que Khadafi devait "comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". Ce qui lui a valu un entretien particulier avec le président de la République.
Très appréciée des Français, elle n'a été que rétrogradée du secrétariat des Droits de l'Homme à celui du Sport.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, seule élue (comme suppléante d'un député devenu ministre), était secrétaire d'État chargée de l'écologie. A la suite d'un débat à l'Assemblée nationale sur les OGM au cours duquel elle s'est retrouvée un peu isolée, elle a parlé d' « un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum ». Recadrée par le Premier ministre..., elle a été nommée secrétaire d'État à l'économie numérique.

 

Elle n'a pas encore tout oublié. Et s'est solidarisée de Chantal Jouanno qui lui a succédé comme secrétaire d'Etat à l'Ecologie, quand celle-ci s'est dite, lors de l'annonce de l'abandon de la taxe carbone, "désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l'écolo-scepticisme qui l'emporte" et "pas en phase avec cette décision".

Pour le moment, le président de la République s'est contenté de rappeler à Chantal Jouanno qu'un ministre n'avait pas à être "désespéré mais à travailler".

 

Comment faut-il interpréter ces incartades ? Tous ces déboires qu'a connus Nicolas Sarkozy avec des ministres qu'il a promues ? Ces femmes sont-elles plus courageuses, plus dangereuses, moins carriéristes que les hommes ? Ont-elles été promues avant d'avoir été formatées par la politique et le fonctionnement institutionnel ?

 

En tous cas, le président de la République risque fort d'être tenté par un retour aux normes traditionnelles et constituer un ministère homogène constitué seulement d'hommes, issus des élections, blonds, aux yeux bleus, agés de 60 ans et plus, anciens enarques... Enfin la tranquillité assurée !


Où sont passées les notations de ministres ?

 

Ces différentes tensions, cette cacophonie, rappellent que Nicolas Sarkozy avait fait une annonce bruyante, il y a plus de 2 ans. Il souhaitait mettre en place un système de notation de ses ministres en fonction de leurs résultats.

Et l'obéissant Fillon, pour obtenir des critères objectifs, avait demandé à une entreprise privée de lui faire des propositions. Il en a beaucoup été question, à l'époque. Pendant 15 jours..., le temps d'amuser politiques, journalistes, citoyens et enfants des écoles.
Comme souvent avec Nicolas Sarkozy, l'annonce fait événement et cela suffit.

 

A l'occasion des élections régionales, Nicolas Sarkozy a demandé à 20 ministres ou secrétaires d'Etat de partir à l'assaut des forteresses socialistes. Il n'était plus question de notation mais des récompenses attendaient ceux qui se seraient bien battus.

En fait, les récompenses, sous forme d'un maroquin, sont allées à un villepiniste, à un chiraquien, à un ancien centriste qui ne s'étaient pas beaucoup dépensés...

C'est la conséquence d'un constat : les ministres se sont peut-être bien battus, ils ont surtout été bien battus et mal élus. Au point que le président songerait à ouvrir pour eux une chaîne de magasins franchisés "aux casquettes régionales".

 

Finalement, un seul ministre a été remercié. Il faut dire que les résultats de l'ancien ministre du travail ne venaient pas renforcer sa légitimité dans les discussions qui commencent avec les syndicats sur les retraites.

1 - Nouvel Obs http://tchat.nouvelobs.com/politique/la_justice_sous_pression_s,20081204113226440.html

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Published by Paul ORIOL - dans Diversité
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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 16:20

  Les patrons des hedge-funds empochent 25 milliards de dollars en 2009

Les 25 dirigeants de fonds spéculatifs les mieux payés au monde ont perçu 25,33 milliards de dollars (18,6 milliards d’euros), soit plus du double de ce qu’ils avaient gagné en 2008, selon le classement annuel du magazine AR Absolute Return+Alpha dévoilé par le New York Times.
La rémunération individuelle des sept premiers dépasse le milliard de dollars et le dernier de la liste a perçu 350 millions de dollars... «Les chiffres sont certes choquants mais logiques quand on est dans le monde de la finance», a commenté Sophie van Straelen, de Asterias, une société d’analyse sur les hedge funds. Selon elle, ces «golden boys»«simplement» profité des opportunités d’investissement générées par la dévalorisation de nombreux actifs. Libération 02/04/10

Pape, pédophilie, excommunications

Au cours de son mandat, il (Benoit XVI quand il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, autrement dit l'institution qui a succédé à l'Inquisition en 1965) a mis un point d'honneur à combattre les dissidents libéraux : étaient désignés ainsi tous ceux qui osaient rendre publics les innombrables cas de pédophilie pendant des décennies. C'est la raison pour laquelle il a exigé dans une circulaire confidentielle de 2001 qu'on observe les bonnes vieilles vertus mafieuses que sont "le secret" et la "discrétion", avertissant que toute "trahison" [serait] punie d'excommunication". En revanche, on n'a encore jamais entendu parler de violeurs d'enfants frappés d'excommunication (Die Welt, cité par C.I. n°1013 01-07/04/10).

Erudition = lien ?

Après Google, il n'y a pas d'érudition, mais des liens (Perfil, cité par C.I. n°1013 01-07/04/10).

Tant qu'on a la santé

L'ancien numéro 2 du Leem (syndicat de l'industrie pharmaceutique) a dit "l'indépendance totale d'un expert est le gage de son incompétence" et son successeur un " expert sans conflit d'intérêt est un expert sans intérêt" (cités par Politis 01/04/10).

 

Selon vous (Stéphane Horel, auteure de "Les médicamenteurs", Ed du Moment), 96% des nouveaux médicaments présents sur le marché n'apportent rien en termes de santé mais beaucoup d'argent aux labos (Politis 01/04/10).

 

Les États-Unis sont classés vingt-deuxième sur vingt-six pays rcihes étudiés dans le dernier bilan "santé" de l'OCDE (Le Monde 31/03/2010).

 

Le commerce des armes ne connaît pas la crise.

Le Stocholm International Peace Research Institue (Sipri) pointe du doigt une hausse des ventes d'armes de 22% entre la période 2000-2004 et 2005-2009. En 2005, c'est le prix Nobel de la paix, Barack Obama lui même qui donnera l'exemple avec un budget militaire record de 755 milliards de dollars (Alter éco Avril 2010).

 

Actionnaires du CAC 40 dans la crise

Malgré le recul de leurs profits, les entreprises du Cac 40 verseront quasiment autant de dividendes à leurs actionnaires cette année, environ 35 milliards d'euros. Soit un taux de distribution avoisinant 56% des bénéfices (hors éléments exceptionnels) contre 40% en moyenne ces dernières années (Alter éco Avril 2010).

 

Banquiers multicartes

Les îles Caïman comptent sur leur territoire 8000 banques, sociétés d'assurances et fonds spéculatifs qui emploient seulement 5 400 personnes ! (Alter éco Avril 2010).

 

Inflation

Mais si l'inflation est refusée, c'est sans doute aussi parce qu'elle redistribue les revenus des prêteurs vers les emprunteurs, des propriétaires de logement et de titres financiers vers les ménages endettés. Keynes souhaitait l'inflation car elle permet de ruiner les rentiers... (Alter éco Avril 2010).

 

Cochon qui s'en dédit !

"Je ne comprends pas comment on peut avoir signé le pacte Nicolas Hulot, au printemps 2007, et aujourd'hui renier sa parole et ne pas faire ce que l'on a dit que l'on ferait. C'est une question d'honnêteté. Si on ne le fait pas, on n'est pas honnête. La démocratie républicaine et parlementaire ne peut pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas la signature donnée" (Nicolas Sarkozy 10/09/09, cité par Le Monde 28-29/03/10.

 

Libéralisme autoritaire

Triomphe d'un libéralisme autoritaire qui exige, en même temps, la liberté absolue pour les marchands d'excitants et la répression féroce pour les excités : c'est le signe de notre incapacité à construire démocratiquement le bien commun. (Philippe Méirieu Le Monde 03/04/10)

 

Qui profite du bouclier fiscal ?

L’Assemblée nationale avait estimé que 234 000 contribuables bénéficieraient en année pleine de 810 millions d’euros (coût total du bouclier). En fait, seuls 14 000 contribuables ont été concernés, pour un coût total de 458 millions d’euros. Le bouclier a été justifié de la façon suivante : il fallait éviter que des ménages aux bas revenus ne soient imposés du seul fait de leur patrimoine. C’est le fameux cas de la veuve de l’Ile de Ré (information largement médiatisée), dont les maigres terres ont pris tellement de valeur qu’elle est soumise à l’impôt sur la fortune...

Parmi ces 14 000 foyers fiscaux, 9 000 déclarent des revenus très faibles (inférieurs à 7 338 euros annuels). Mais les cas de foyers effectivement pauvres et lourdement imposés sont rares, du fait des exonérations et dégrèvements de la taxe d’habitation. Ces cas isolés servent de paravent à des ménages qui déclarent artificiellement des bas revenus parce qu’ils déduisent de leurs ressources des dépenses que les salariés ne peuvent pas comptabiliser (automobile, équipements divers) ou utilisent les niches fiscales. Leur niveau de vie réel n’a pas grand chose à voir avec ce qui est affiché fiscalement.
Quoi qu’il en soit... 3 894 foyers au revenu annuel supérieur à 42 507 euros ont touché 105 907 euros de ristourne en moyenne par foyer. Pour eux seuls, le coût pour la collectivité est de plus de 412 millions d’euros au total. Pour les plus gros patrimoines, c’est une vraie aubaine. Ainsi, 834 foyers au patrimoine supérieur à 15,6 millions d’euros ont touché 368 261 euros en moyenne par foyer. La collectivité a dépensé plus de 307 millions d’euros pour eux.
Lors de la présentation du texte en 2007, la ministre de l’économie avait reconnu à l’Assemblée nationale la véritable portée du texte : "On entend souvent dire que cette mesure ne concernerait que la partie la plus riche de la population, mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?", avait-elle déclaré. Il faut aider les plus riches parce qu’ils créent la valeur. Louis Maurin et Pascale Delhaye
L'Observateur des inégalités, n°74, avril 2010

Des pieds et des mains

On pourrait naivement se dire que percevoir par an 17 000 smic, 4 fois plus que le patron du CAC 40 le mieux rémunéré (Frack Riboud, Danone) dont les décisions engagent le sort de dizaines de milliers de salariés, c'est un peu beaucoup pour quelqu'un qui passe l'essentiel de son temps assis sur le banc des remplaçants et utilise sa main pour qualifier la France à la Coupe du Monde... Le Monde 4-5/04/10

 

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Published by Paul ORIOL - dans Polo a lu
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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 14:32

En quelques semaines de campagne, les citoyens ont appris bien des choses :

  • un policer déclaré « décédé » par le premier ministre le vendredi, est ressuscité le dimanche (et cela quelques semaines avant Pâques),

  • un Noir peut être autre chose qu'un footballeur de série B ou un délinquant récidiviste et nien que fils d'immigrés soninkés battre un prince issu de la noblesse polonaise,

  • tous les pompiers catalans ne sont pas des terroristes basques,

  • un candidat, raciste et pas de gauche avant le premier tour des régionales, n'est ni raciste, ni de droite après le second,

  • les Corses ne valent guère mieux que les Auvergnats.

Surtout, nul ne peut ignorer qu'il y aura une élection présidentielle en 2012.


Qui porte le chapeau?

Pas moins de vingt ministres ou secrétaires d'Etat du gouvernement Fillon ont été engagés dans les élections régionales, dites locales. Aucun n'a connu le succès. Mais, le Président a assuré en Conseil des ministres que ceux qui se seraient bien battus ne courraient pas le risque de perdre leur portefeuille en cas de défaite.

A voir le remaniement, ils se sont tous bien battus sauf un. Faut croire que la tâche était impossible. C'est un aveu présidentiel de responsabilité ?

Tiré à la courte-paille, le ministre du Travail a été désigne comme victime expiatoire. Avec son résultat électoral, il n'était, effectivement, pas le mieux placé pour négocier des contre-réformes face aux syndicats. Il était le troisième ministre du travail depuis le 18 juin 2007 après X. Bertrand et B. Hortefeux, il sera peut-être le troisième ancien ministre nommé président de l’établissement public du musée et du domaine national de Versailles après C. Albanel et J.-J. Aillagon, tous deux anciens ministres de la Culture et de la Communiation !

Quant à Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, n'ayant d'yeux que pour Nicolas, elle ne s'est pas aperçue qu'on lui faisait les poches et son portefeuille était vide quand elle l'a retrouvé !



TOUT LE MONDE GAGNE

enfin presque

Les grands gagnants sont le abstentionnistes, plus d'un citoyen sur deux : indifférence apparente, en réalité lucide, justifiée par le déroulement d'une campagne électorale dont le niveau ne méritait guère mieux. Cette importance de l'abstention relativise tout ce qui va être dit ici.


Parce que les sondages se sont trompés et que les comparaisons sont mauvaises, le score du Front national est apparu comme une surprise et en a fait un des grands gagnants de ces élections.
Les sondages prévoyaient entre 8,5 et 9,5%, le FN a recueilli 11,6% des sondages. Ce n'est pas une victoire du FN, c'est une erreur des sondeurs. On a beaucoup plus parlé de la surprise que des erreurs !

Avec 11,6% en 2010, contre 14,7% en 2004, ce n'est pas la victoire éclatante médiatisée. Conséquence, le FN perd 1 siège sur 4, 118 en 2010 au lieu de 156 en 2004. Certes, il fait mieux qu'aux européennes. Et c'est toujours trop. Mais il n'a pas de quoi pavoiser. Sauf que sa "victoire" est réelle puisqu'elle a été présentée comme telle (1).


Après les élections de 2004, la droite gérait 2 régions (Alsace et Corse) sur 26, 24 étaient à gauche (y compris le Languedoc-Roussillon avec Georges Frêche). Lors des élections de 2010, la droite a gagné dans 3 régions (Alsace, Guyane, Réunion) et perdu la Corse. La gauche gérera donc 21 régions. Le Languedoc-Roussillon est toujours avec Frêche qui n'est plus à gauche puisqu'il a gagné contre tous les partis de gauche désunis !!!! Faut-il en conclure qu'une "blanche" (Corse) vaut plus que deux "noires" (Guyane, Réunion) ?


Inutile de revenir sur la défaite de Sarkozy et la "victoire" du PS. Tout a été dit.


Pour Europe-Écologie, les choses sont plus complexes. Les résultat ne peuvent être comparés avec ceux de 2004 où les Verts n'avaient pas présenté des listes autonomes. Mais l'élection de 2010 a probablement doublé le nombre d'élus. Ici encore, partant des résultats des élections européennes, Europe-Écologie avait de grandes ambitions et a connu une certaine déception. Mais ce qui, au moment des Européennes, était un choix novateur et adapté à l'élection (programme européen, ouverture, têtes d'affiches) avait un coté "rebelote" et même marketing aux régionales (pourquoi Europe-Écologie et non Régions-Écologie si ce n'est pour jouer sur l'effet de marque). Il n'en reste pas moins que Europe-Écologie est par cette élection la deuxième force de gauche.


Le NPA n'a pas réussi son pari de créer un pôle révolutionnaire et s'est même divisé, une partie a rejoint le Front de gauche. Son isolement a conduit à la formation d'une opposition interne significative. Et LO est peu apparu dans cette élection. Même si l'un et l'autre peuvent revenir sur le devant de la scène dans d'autres occasions.


Ensemble pour des régions n'a pas su ou voulu lancer une ouverture large, unitaire et dynamique. L'appareil du PC - le plus important encore mais pour combien de temps ? - s'est enfermé dans le Front de gauche (volontairement et avec l'aide des média). C'est un progrès par rapport aux élections régionales de 2004. Mais le Front de gauche n'a pas pu créer une dynamique comme l'avait fait Europe-Ecologie avec les Verts aux européennes. Les pratiques d'appareil ont pris le pas sur l'ouverture y compris interne ! L'appareil n'a pas franchi le pas et se trouve maintenant devant une importante contestation interne qui va encore l'affaiblir.

Finalement, le Front de gauche s'est installé au niveau national mais son nombre de sièges sera inférieur à celui détenu antérieurement par le seul PC. De plus, le PC n'est plus le partenaire privilégié du PS. Finalement, la gauche de gauche reste dans ses divisions depuis 2005.


L'ÂGE DU CAPITAINE


Cette élection n'a pas entraîné un renouvellement des « élites » régionales. C'est d'abord une victoire des présidents de région.

En comparant l'âge des candidats à la présidence des régions qu'ils soient élus ou battus et en ne tenant compte que des réellement présidentiables, il apparaît que les têtes de liste de gauche ont, en moyenne 62,65 ans et ceux de droite 54,62, qu'il y a 3 femmes pour la gauche et 6 pour la droite.

Le rajeunissement et la féminisation n'ont pas soufflé sur la gauche. Il est vrai qu'il est plus facile d'ouvrir les candidatures quand il n'y a pas de président sortant... Mais la clé de l'avenir n'est pas dans les présidences à perpétuité même si, dans un premier temps, elles favorisent le maintien des équipes en place.



1 - http://www.observatoire-des-sondages.org/Le-vote-Front-National-aux.html

 

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 16:25

Vingt ministres ou secrétaires d'Etat voulaient cumuler les casquettes : ministre et élu régional. A la suite d'une conjoncture défavorables, le DRH, hyperactif, prépare un important plan social : création d'une chaîne de boutiques franchisées  : "aux casquettes régionales".


Une abstention inquiétante et lucide

Inscrits : 42 426 578 Exprimés : 18 940 974 soit 44,64% des inscrits PS et alliés : 5 595 180 = 13,19% des inscrits.

Si cela continue, il y aura bientôt plus de candidats et de commentateurs que d'électeurs ! L'importance de l'abstention a été soulignée. Qui devrait inquiéter tous les démocrates. Le parti arrivé en tête avec 29,5% des suffrages exprimés ne recueille donc que 13,19% des suffrages des personne inscrites. Il faudrait aussi tenir compte des personnes qui ont le droit de vote et qui ne sont pas inscrites , "estimées à 10% sur l'ensemble du territoire" (Le Monde 19/03/10). Et ajouter celles qui n'ont pas le droit de vote. Finalement, le PS a gagné le 1er tour de ces élections grâce au vote de moins de 10% de la population adulte du pays. Cela n'enlève rien à la légalité de sa victoire.
Cela met en question la légitimité de toute la classe politique car les autres organisations ont bénéficié d'un nombre de voix encore plus faible.

Plus dramatique encore pour la démocratie, ce retrait politique touche en profondeur les couches jeunes et populaires : le taux de participation est inférieur à 30% dans certaines communes et dans certains quartiers, 25% des citoyens en âge de voter ne seraient pas inscrits.

En 2005, à travers la révolte des banlieues, en 2007 lors de l'élection présidentielle, une partie de cette population a montré qu'elle était prête à se mobiliser. Elle pensait, en se révoltant; en allant voter, que les choses allaient changer. Il n'en a rien été.

L'inertie actuelle est, à la fois, compréhensible, lucide et inquiétante pour l'avenir. C'est cette population qui souffre le plus de la crise. Mais que peut-elle attendre de ces élections ? Aussi bien la campagne électorale que les commentaires au soir des élections ont répondu clairement : rien.

Conséquences politiques ou politiciennes ?

« Le scrutin des 14 et 21 mars est un scrutin régional : ses conséquences seront donc régionales. ». A droite, il n'est pas sûr que les conséquences ne soient que régionales : des têtes vont tomber, au niveau du parti comme du gouvernement. Est-ce si important ? Cela conduira-t-il à une pause ? Ou après un remaniement droitier pour rallier les troupes à une volonté de continuer les contre-réformes ?

On a peu parlé des politiques régionales du PS pendant le dernier mandat. Il n'y a pas eu une politique régionale mais des politiques régionales. On ne parle pas beaucoup de ce que seront les politiques régionales pour les quatre ou 6 ans à venir. Mais tout le monde pense aux effets du scrutin sur l'élection présidentielle.

Europe Écologie avait un nom, un programme et une ouverture "européenne" au moment des élections européennes. Cela lui a réussi. Aux régionales, le "marketing" (garder le nom Europe-écologie), l'ouverture à des personnalités, le programme présenté n'avaient pas réellement une cohérence "régionale". Europe écologie a fait un score convenable mais doit en rebattre sur ses prétentions.

Le Front de gauche demeure le Front de gauche avec comme colonne vertébrale, le PCF. Sa seule victoire est la disparition, pour le moment, du Modem qui en fait le seul nouvel allié potentiel du PS. Le faible score du NPA en fait aussi la force principale de la "gauche de gauche".

Le parti présidentiel a regroupé tous ses alliés potentiels dés le premier tour sans pour cela se retrouver en première place et déclencher la dynamique espérée.

Mais dans cette aventure, le Modem, entre deux partis attrape-tout, a perdu le droit à l'existence comme ouverture au centre. Et débarrassé le terrain pour une entente à gauche, pour le moment, sans problème.

Lors des élections intermédiaires et/ou avec fort taux d'abstention, les extrêmes tirent mieux leur épingle du jeu. C'est le cas du FN qu'un débat national sur l'identité devait neutraliser mais qui, mal conduit, lui a redonné la parole.

Le NPA paie cher (électoralement, financièrement et probablement au niveau militant) son bras de fer avec le PC, sa volonté de faire cavalier seul et sa candidate au foulard.

Pour tous, reste le troisième tour, contre-réfomes, résistance populaire ou surgissement de nouvelles contestations ?.




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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 15:58

Le droit de vote est dangereux. Le peuple ne fait pas ce qu'on attend de lui. Ou bien, il vote "non" quand il "faut" dire "oui". Ou bien, insatisfait de l'offre poltique, il s'abstient. C'est insupportable.

Certains proposent de changer le peuple. D'autres de rendre le vote obligatoire. Le plus simple serait de supprimer le suffrage universel.

 

Les professions de foi

Dix professions de foi sont arrivées. Il est quelquefois difficile de se rendre compte, à leur lecture, qu'il s'agit d'élections régionales et plus précisément d'élections régionales en Île de France.

 

En prenant en considération la seule apparition de mots, y compris dans l'intitulé des professions de foi ou des adresses électroniques, "Île de France" ou "Franciliens" ne sont retrouvés que 52 fois et "région" ou "régional", 67 fois. On peut aussi penser qu'il s'agit de l'Île de France en notant "RER" ou "lignes de métro"... qui apparaissent 18 fois.

 

Bien entendu, toutes les listes parlent de logements, de lycées et surtout de transports. Mais l'argumentaire de 3 listes pourrait servir pour n'importe quelle élection si on supprime le titre. C'est une élection qui porte essentiellement sur la situation sociale, ce qui est parfaitement justifié. Mais aucune profession de foi n'éclaire le lecteur sur les compétences actuelles de la Région. Aucune liste ne fait allusion à la durée du mandat de cette assemblée qui a été raccourcie. Rien n'est dit sur les relations inter-régionales actuelles ou futures.

 

Les conseillers régionaux ne déterminent pas la politique nationale, cependant les candidats ne se privent pas d'en parler. Ces élections prennent ainsi un aspect référendaire sur la politique nationale de Nicolas Sarkozy.

 

Mais il est difficile de penser, à la lecture, que le gouvernement a lancé un projet de modification profonde de la politique des régions et plus particulièrement du Grand Paris (il n'est question qu'une fois de Paris, de la région capitale ou du Grand Paris). Le mode d'élection des futurs conseillers territoriaux n'est évoqué qu'une fois !

Ce ne sont pas les conseillers régionaux qui voteront le futur statut des régions. On pouvait penser que c'était cependant l'occasion de porter le débat sur la place publique.

 

Les électeurs doivent voter mais ne pas donner leur avis ni sur la région, ni sur les régions.

 

Les candidats

J'ai publié, à différentes occasions, des articles sur la candidature de personnes d'origine africaine (ces publications sont sur mon site). J'ai décidé d'arrêter, il y a quelques années. Parce que si la question n'est pas encore complètement résolue mais elle est en voie de l'être. Parce qu'il est malsain d'assigner des personnes à résidence identitaire à perpétuité.

Un regard rapide sur les listes de candidats montre que l'évolution, lors des régionales, va dans le bons sens. Reste à faire progresser la diversité sociale des candidats.

 

Anecdote

Nous habitions à Paris et avons déménagé à Versailles le 30 avril 1988. Étant propriétaires à Paris, nous avons choisi, comme la loi nous le permet, de continuer à voter dans le 20ème arrondissement. Nous sommes passés, à 4 reprises, devant le tribunal d'instance soit sur convocation, soit le matin des élections parce que nous avions été rayés des listes électorales. Indûment. Prudents, nous allons voter avec notre dossier sous le bras, au cas où...

Notre bon droit a, à chaque fois, été reconnu par le Tribunal. Mais, mauvaise application de la loi, d'abord par une juge, ensuite par je ne sais qui, cartes d'électeur et professions de foi ne nous étaient pas envoyées à Versailles.

 

Progrès significatif : les cartes d'électeur sont arrivées à Versailles avant les dernières élections européennes. Et les professions de foi, vendredi, pour mon épouse : 22 ans pour obtenir ce résultat. Peut-être les aurai-je en 2012 pour la présidentielle ?

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 19:09

Les campagnes en faveur du droit de vote des résidents étrangers portent généralement sur le droit de vote des non communautaires pour les élections municipales, quelquefois pour les élections locales, sans trop de précision. La Lettre de la Citoyenneté a été à l’origine du premier sondage, en 2008, sur la participation des étrangers aux élections régionales. Tout récemment, un sondage du Parisien portait sur les élections locales : municipales, cantonales et régionales.

 

Actuellement, aucun étranger ne peut voter aux élections régionales. Les citoyens de l’Union européenne résidant en France, ont le droit de vote et d’éligibilité, dans (presque) les mêmes conditions que les nationaux aux élections municipales et européennes. Les ressortissants des États-tiers ne participent à aucune élection politique.

 

Lors du sondage de la Lettre de la citoyenneté sur les élections régionales, les sondés se sont déclarés majoritairement favorables au droit de vote de tous les résidents étrangers à 56% contre 40% qui sont opposés (Tableau 1). Bien entendu, les réponses varient en fonction d’un certain nombre de facteurs.

 

La proximité politique (Tableau 1) : les personnes qui se disent proches de la gauche sont plus favorables (69%) que celles proches de la droite (50%). Il n’en reste pas moins que ceux-ci sont favorables à 50% contre 47% opposés. Les proches du Modem se situent entre les deux à 55% contre 44%. Seule l’extrême-droite et la droite extrême y sont majoritairement opposées : FN/MNR à 92% (mais les effectifs sont trop faible pour que le résultat soit fiable), RPF/MPF à 60%.

 

L’âge (Tableau 2) : comme dans les sondages antérieurs sur d’autres types d’élection, le pourcentage de réponses favorables diminue avec l’âge. Mais seuls les 65ans et plus descendent au dessous de 50% de favorables (47%).

 

Particulièrement intéressantes, s’agissant d’élections régionales, sont les différences entre régions (Tableau 3). Les sondés sont plus favorables à la participation des résidents étrangers (66%) en Île de France que dans la France entière (56%). La région Île de France est la plus favorable de toutes les régions quel que soit le type d’élection, sauf pour les présidentielles où l’Île de France obtient les mêmes résultats (37%) que la France entière .

Cette ouverture de l’Île de France au droit de vote des résidents étrangers peut tenir à plusieurs facteurs qui se retrouvent à travers les sondages quelles que soient les élections concernées : la proportion de jeunes, de diplômés, de cadres supérieurs est plus élevée en Île de France, toutes catégories qui sont plus favorables au droit de vote.

Par ailleurs, l’Île de France a une proportion plus importante de résidents étrangers et d’électeurs issus de l’immigration. Il est probable qu’ils sont aussi plus favorables que les autres catégories de la population.

Les optimistes peuvent penser aussi que les habitants de l’Île de France, connaissant mieux les étrangers que ceux des autres régions, se prononcent différemment.

 

Fiabilité du sondage

Il faut se méfier des sondages surtout quand ils sont favorables à la thèse défendue. Ce sondage, unique sur le droit de vote aux élections régionales est-il digne de confiance ?

Reprenant les derniers sondages parus sur les différents types d’élection, les résultats sont parfaitement cohérents (Tableau 3) : la proportion de personnes qui se disent favorables au droit de vote augmente en fonction du type d’élection de 37% pour les présidentielles (sondage en 2008) à 63/65% pour les municipales (sondage en 2006).

Les deux derniers sondages sur les municipales peuvent surestimer les favorables, ils ont été faits à la suite des déclarations de Nicolas Sarkozy qui se disait pour le droit de vote aux élections municipales à certaines conditions.

 

Le dernier sondage fait, en 2010, à la suite de déclarations d’Éric Besson et de Martine Aubry portait sur les élections locales et précisait bien : municipales, cantonales et régionales. Les résultats globaux sont très proches de ceux de la Lettre de la Citoyenneté sur les seules élections régionales (55/42 contre 56/40). Il existe cependant une différence importante, les deux camps gauche-droite s’opposant plus nettement : les proches de la gauche qui étaient favorables à 69% sont lors de ce second sondage à 77%, les proches de la droite passent de 50 à 28%, rejoignant presque le FN qui est à 22%.

Ceci montre bien le danger des sondages isolés fait dans un climat particulier. Il est fort possible que le sondage fait dans le climat du débat sur « l’identité française » et des prises de positions partisanes des politiques, ait renforcé les réponses « oui » en support de la gauche et « non » en support de la droite.

 

Pour une approche plus sereine, il est possible de reprendre les sondages de la Lettre de la citoyenneté qui, depuis 1994, font poser la même question par le même institut de sondage. Les résultats sont très encourageants car l’opinion publique, vue à travers ces sondages, évolue favorablement : de moins de 30% lors des premiers sondages à 50%. Et cette croissance de 20 points des réponses favorables touche aussi bien les jeunes, les moins jeunes, les proches de la gauche et les proches de la droite, avec un décalage entre les uns et les autres, dans les pourcentages et dans le temps.

 

Un dernier point positif : quand Éric Besson ou Nicolas Sarkozy prennent position en faveur du droit de vote, ils admettent, 17 ans après le traité de Maastricht, que le droit de vote politique en France n’est pas lié à la nationalité française même si l’un veut ne l’attribuer qu’aux ressortissants des anciennes colonies françaises (il ferait mieux de régulariser les travailleurs sans papiers en grève dont beaucoup sont d’anciens colonisés et c’est du ressort de son ministère) ou de se pencher sur les refus-ajournements des naturalisations par décret qui sont d’autant plus importants que la peau est plus foncée. Quant à Nicolas Sarkozy, il demande 10 ans de présence et des accords de réciprocité avec les gouvernements des pays d’origine : nombre de ces pays n’accordent qu’un droit de vote très surveillé à leurs ressortissants, quel intérêt d’avoir le droit de vote pour les Français dans ces pays ?

 

Ces conditions montrent cependant une chose importante. Ceux qui luttent pour le droit de vote des résidents étrangers sont en train de gagner la lutte idéologique. Reste à gagner la lutte politique.

 

Mais pour cela, il faudra encore bien des mobilisations. Surtout si on regarde les professions de foi des différentes listes pour ces élections régionales. On parle d'abstentions. On ne parle pas des exclus du droit de vote !!!

 

 

 Tab. 1 : Réponses favorables en fonction de la Préférence partidaire

ELECTIONS REGIONALES

Favorable Opposé NSPP
EG* 60 37 3
GAUCHE
dont
69 29 2
PC 49 44 7
PS 73 25 2
VERTS 60 40 0
MODEM 55 44 1
DROITE
dont
50 47 3
UMP 51 46 3
RPF/MPF 40 60 0
FN/MNR 4 92 4
NSPP/Sans préférence 54 39 7
ENSEMBLE 56 40 4


*Effectifs insuffisants

 

Tab. 2 : Réponses favorables en fonction de l’âge

Régionales 18-24 ans 25-34 ans 35-49 ans 50-64 ans 65 ans et plus
Sondage 2008 65 70 55 54 47


Tab. 3 : Réponses favorables comparés de l’Île de France et de la France entière.

Date et nature des élections Ile de France France entière
 

2008 Régionales

66 56
2008 Municipales et européennes 59 51
2006 Législatives 47 41

2006 Présidentielles 37 37


Tab. 4 : Sondages sur le droit de vote des résidents étrangers suivant le type d’élection

 

 

Type d’élection

Présiden

tielles

Législa

tives

Europé

ennes

Municipales/ européennes

Régio

nales

Locales : M, C, R

Munici

pales

Réponses % favorables 37 41 47 51 56 55 63/65
Date du sondage 2006 2005 2005 2008 2008 2010 2006
 
Tab.5 Réponses au sondage sur les élections municipales, cantonales et régionales

2010 Parisien Ensemble Gauche Droite
Favorables 55 77 28
Opposés 42 21 69

2008 Lettre Ensemble Gauche Droite
Favorables 56 69 50
Opposés 40 29 47

 

Le contenu de cet article a été présenté lors de la réunion publique de "Votation citoyenne" à la mairie du 20 ème, le11/02/10

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 22:07

Et les politiques qui ont oublié leurs promesses regardent ailleurs ! Aucune voix de poids ne s'élève pour dénoncer les apparences et mettre devant les yeux des peuples de l'UE que rien ne fonctionne, que c'est probablement la plus grande crise de la construction européenne depuis ses premiers pas. Q'uil ya d'autres voies. Que ce ne sont pas seulement les spéculateurs qui en sont responsables mais aussi la politique institutionnelle et la politique économique de l'UE.

L'Europe sociale

Le traité de Maastricht devait apporter tant de choses grâce à l'euro, aux critères de convergence...« Votez Oui à Maastricht et on se remettra au travail tout de suite sur l’Europe sociale.» affirmait Jacques Delors quelques jours avant le référendum. Le Traité était très insuffisant en matière sociale mais il ne fallait pas casser la dynamique européenne. Les Français l'ont cru et ont voté "oui". Nous avons l'euro, maintenant monnaie de 16 pays de l'Union sur 27. Une monnaie sans gouvernement économique, sans même une concertation pour favoriser une convergence des politiques économiques... Et depuis, les avantages sociaux ne font que régresser parallèlement dans les différents pays.

Cette semaine, ce sont la Grèce et l'Espagne qui manifestent, demain....

L'Europe économique

L'euro est en pilotage automatique, soustrait à toute tutelle politique. En fait, c’est l’euro qui soumet les gouvernements nationaux à la contrainte des critères de convergence concernant la dette, le déficit, l’inflation. Tout le monde sait que la situation économique des 16 pays de l’euro est bien différente, que l'euro ne peut être spontanément adapté à ces politiques diverses. Il faut donc que chaque pays s'adapte à l'euro. Ou mentir sur ses comptes.

La stratégie de Lisbonne, les conclusions de la présidence du Conseil européen, (23 et 24 mars 2000), étaient claires et chantantes pour les lendemains : "L’Union s’est aujourd’hui fixé un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale." Qu'en est-il aujourd'hui ? Quel est le bilan de "la décennie" ?
La Commission a quelques difficultés à masquer son échec : "Dans l'ensemble, la stratégie de Lisbonne a eu des effets positifs sur l'Union même si ses objectifs essentiels (à savoir un taux d'emploi de 70 % et des dépenses en R&D équivalant à 3 % du PIB) ne seront pas atteints. Le taux d'emploi dans l'UE s'élevait à 66 % en 2008 (contre 62 % en 2000) avant de reculer de nouveau en raison de la crise. Cependant, l'UE n'a pas réussi à combler l'écart de croissance de la productivité avec les plus grands pays industrialisés: les dépenses totales en R&D dans l'UE, exprimées en pourcentage du PIB, n'ont progressé que légèrement (passant de 1,82 % en 2000 à 1,9 % en 2008)" Et "la croissance de l'emploi n'a pas toujours permis de sortir les gens de la pauvreté…" (Commission européenne, Bruxelles, le 2.2.2010 SEC(2010) 114 final Document de travail des services de la Commission, Document d'évaluation de la stratégie de Lisbonne Lisbon_strategy_evaluation_fr.pdf)
Et la Commission nous promet pour les 10 années à venir "une croissance intelligente, verte et inclusive" (Communication de la Commission au Conseil européen 2010_com_Europe_2020-3.pdf°).

Hier, les critères de convergence étaient invoqués pour empêcher toute politique sociale et permettre un grand essor économique. Arrivent les turbulences, les critères de Maastricht sont jetés par dessus bord pour sauver les banques et les entreprises. Chaque État, ses banques et ses entreprises : l’Eurogroup et son président, chargés de coordonner si possible les politiques des différents pays, restent silencieux. « La gestion économique en Europe est devenue, durant la crise, plus nationale qu’elle ne l’était avant son déclenchement » (Giscard d'Estaing, Le Monde, 13/01/2009)

L'Europe libérale de Maastricht est au bord de l'explosion ! L'UE a bien une monnaie unique gérée par une banque européenne indépendante. La « concurrence libre et non faussée », voulue par les gouvernements, a empêché toute harmonisation fiscale et sociale pour favoriser le « moins disant » social et la concurrence entre les travailleurs. Les Etats affrontent la crise en ordre dispersé. Chacun espère tirer son épingle du jeu mieux que son voisin. Les agences de notation baissent la note de certains. Ce qui n'entraîne aucune solidarité des autres Etats. L'un après l'autre, ils passent outre aux critères de Maastricht. Ils sont tous au courant des "comptabilités imaginatives" de tel ou tel gouvenement au moins depuis 2004 et pas seulement pour la Grèce. Les enqêteurs d'Eurostat sont en congé de complaisance. Car comment éplucher les chiffres de la Grèce sans parler de ceux des "grands pays". Qui ne le veulent pas.

Il faut la grande attaque spéculative contre la Grêce pour qu'une enquête soit déclenchée. Après vérifications des comptes, par Eurostat et la Bundesbank (en vertu de quel traité, la Buba ?), la Grèce sera aidée à condition que soit mis en place un plan de rigueur qui ne touchera pas les responsables mais les victimes. Pas les banques, mais les travailleurs. Aux Etats-Unis, la Fed (banque centrale) enquête sur les relations entre la Grèce et Goldman Sachs et autres banques (Le Monde 27/02/10). Ce n'est pas le cas en Europe.

L'euro fort devait nous mettre à l'abri de tout et tout est aujourd'hui attaqué par des banques et menace l'UE d'éclatement. Au point qu'il n'est pas inimaginable que le FMI soit appelé à intervenir pour éviter la faillite de la Grèce ! Et demain de l'Italie ? De l'Espagne ? Et de qui d'autre ?

L'Europe politique

Le traité de Lisbonne, adopté finalement au forceps et en pleine crise, entérine sans broncher les critères de Maatricht que personne ne respecte. Prometteur d'une importante avancée politique d'après tous les gouvernements, il se met en place dans la plus grande confusion. Au point que Obama refuse de venir en Europe se faire photographier à coté des roitelets qui se disputent une présidence improbable. Kissinger demandait : l'Europe ? Quel numéro de téléphone ? En fait, la présidence de l'UE est un véritable annuaire ! Chaque président est accroché à son portable dans l'espoir d'entendre un appel d'outre-Atlantique : le président de la Commission, le président de l'Union, le président tournant, le président tournant suivant, le président du Parlement, le président de l'Eurogroup, sans parler de la Haute présentante, vice-présidente...

Copenhague a bien montré que l'UE n'existait pas et que séparément les 27 ne faisaient pas le poids face aux Etats-Unis (le chevalier noir et les 27 nains !) et à la Chine. Sur quel dossier pèse-t-elle ? Les débuts de la Haute représentante ne semblent pas beaucoup plus porteurs d'espoir d'une poltique étrangère commune d'autant que son rôle est bordé de tous les cotés par les présidents.

Où va-ton ?

De façon peu étonnante, ceux qui hier faisaient de superprofits grâce à une compétence qui n'était discutée que par les altermondialistes et qui a mené à la faillite, sont aujourd'hui ceux qui font des superprofits en gérant la crise suivant leurs intérêts.

Pendant ce temps, l'UE fait son petit bonhomme de chemin en chantonnant. Le président de la CE dont l'efficacité a étonné le monde est réélu avec une majorité plus importante que lors de son premier mandat. Il faut croire que tout le monde en est satisfait. Les Commissaires passent des auditions et sont acceptés non à cause de leur compétence, de leur vision politique de l'avenir de l'UE mais grâce aux équilibres politiques et géographiques.

Paradoxalement (?), l'énorme cacophonie de l'UE, la mise en cause de l'euro, met en lumière la nécessité d'un direction politique et économique européenne. Et pousse les plus réticents. A coté d'Eurotstat, c'est la Bundesbank qui va contrôles les finances grecques ! Car tout le monde attend la participation de l'Allemange au sauvetage de la Grèce. Après l'euro-mark, l'Allemagne va-t-elle prendre la tête d'une direction économique de l'UE qu'elle refusait obstinément ?

La crise est venu du dérèglement de la finance étasunienne (spéculation sur les subprimes hier et contre la Gèce aujourd'hui) qui a ébranlé l'euro. Sera-t-elle à l'origine de la mise en place d'une direction politique et économique de l'Union ? Avec à sa tête, peut-être pas formellement, la première puisance industrielle de l'UE ? Il est moins question ces temps-ci de société post-industrielle. La livre s'étiole. Le yuan (aministré) s'appuie sur l'industrie chinoise et l'euro résiste grâce à l'Allemange.

Si la crise est favorable à une réforme des institutions, il est peu probable que les peuples de l'Union en tirent un grand bénéfice. Pour renforcer la compétitivité, il faudra réduire les "charges" sociales ou salariales. Car le producteur est une charge. Même avec retard, les gouvernements trouveront la solution pour changer sans que rien ne change.

En France, la gauche de gauche s'acharne dans sa division. La gauche raisonnable nous promet le président du FMI comme futur président de la République qui nous proposera peut être un autre socialiste le directeur de l'OMC comme premier ministre ? Attention le changement. Avec une telle gauche, la droite peut dormir tanquille. Et le capital prosperer.

La révolte gronde. Les peuples sentent bien ce qui arrive : ils manifestent en Grèce, en Espagne, demain en Italie ? En France ?Ces manifestations sont vouées à l'échec. Car si la convergence des gouvernements face à la crise a pris bien du retard celle des peuples n'est toujours pas visible. Tous sont neutralisés par leur volonté de ne pas retarder la marche en avant de l'Union. Et l'Europe sociale est toujours considérée comme un obstacle à cette progression. Il y a toujours une raison pour la remettre au lendemain. Il n'y a pas d'espace public européen, il n'y a pas de contre pouvoir européen. Les protestations se déroulent sans coordination au niveau européen. Tant que la société civile européenne sera fragmentée, tant qu'un lien européen ne sera pas établi entre associations ou syndicats ou partis, pour promouvoir de nouvelles règles du jeu et une nouvelle politique, il est vain d'attendre autre chose que des adaptations institutionnelles au marché.

C'est la règle du jeu qu'il faut changer de fond en comble. Au Parlement européen, l'idée de limiter la souveraineté économique des États progresse. Mais une fois de plus, cela se fera sans consulter réellement les peuples. Pourtant,c'est aux peuples de dire ce qu'ils veulent et non aux gouvernements. Mais pour arriver à cela, il faut une forte mobilisation populaire au niveau européen.

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 11:38

 

La campagne nationale devait être nationale et le président de la République avait bien préparé le choses.

Avec la création du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Dévoloppement solidaire. Le ministre n'avait qu'à mettre en musique le "grand débat sur l'identité nationale" repris par des préfectures "franchisées" et débouchant sur un colloque avec en vedette le président de la République, un mois avant les élections. La droite serait satisfaite.

Avec un nouvel épisode dans son idée de mobilisation des icônes de la gauche, Jaurès, Guy Moquet et maintenant, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, le transfert au Panthéon des cendres d'Albert Camus. Montrant son ouverture, la gauche serait embarrassée.

Mais, ces temps-ci, tout tourne mal. Les sondages plongent. Le transfert de Camus semble connaître quelques difficultés. Le débat sur l'identité nationale a rencontré une forte opposition à gauche mais aussi à droite, avec le concours involontaire des dérapages ministériels mal contrôlés.

Devant cette débâcle annoncée, la campagne se recentre : cette élection n'a pas de signification nationale, elle sera régionale. Les candidats de droite ont décliné les services du président. A la lecture des sondages, le Premier ministre ferait mieux l'affaire.

L'identité nationale est un fiasco revenons aux fondamentaux : la sécurité. Dans une nouvelle version semble-t-il : les violences à l'école.

La violence des jeunes ne date pas d'aujourd'hui. Est-elle plus importante aujourd'hui qu'hier ? Nul ne semble capable de le dire, ni Le Monde (1), ni le Journal du dimanche (2) qui le reconnaissent, l'un et l'autre. S'agissant de la délinquance générale, le ministre de l'Intérieur semble dire qu'elle diminue. Quant à la violence des jeunes, "si l’on se fie aux chiffres officiels, cette crainte n’est pourtant pas justifiée: l’année dernière, 10,5 incidents graves ont été signalés pour 1.000 élèves du secondaire, contre 11,6 en 2008" (JDD). Justes ou faux, ils émanent du gouvernement en place. Le Monde comme le Journal du dimanche mettent en doute la qualité des statistiques.

Cela n'empêche pas le Monde de titrer concernant la violence à l'école "les plans successifs ont échoué". Et le Journal du dimanche "Les chiffres noirs de la violence scolaire"

Mais tous les deux ont des données alarmantes : à défaut de chiffres sur la violence, ils avancent des sondages sur la violence "ressentie" ! Dans le Monde, "pour 90% des Français, la violence a augmenté dans les dix dernières années". Dans le Journal du dimanche "60% des parents disent craindre pour leurs enfants à l'école..."  Et ils ne discutent pas de la validité de tels chiffres. Que traduisent-ils ? Sont-ils en augmentation ? Peu importe, avec de tels articles dans les journaux, ils le seront encore plus demain.

Le Gouvernement n'a plus qu'à dégainer.

Si les plans ont échoué, si la sécurité scolaire n'est pas satisfaisante, il serait temps de rappeler que le président de la République est au pouvoir depuis 8 ans dont environ 4 au ministère de l'Intérieur. Ces journaux ne le font pas. Ils pourraient dire aussi que la solution n'est probablement pas de remplacer les enseignants et le personnel d'encadrement dans les écoles par des policiers !

Mais, nous sommes en campagne électorale, le gouvernement ayant mis en évidence quelque faits et une inquiétude va se "sentir obligé" d'y répondre. En augmentant l'encadrement policier. Tout en continuant à diminuer l'encadrement pédagogique : un partant à la retraité sur 2 remplacé.

Il n'est pas sûr que les interventions policières dans ou autour des établissements scolaires calment les inquiétudes, surtout telles qu'elles ont été conduites récemment.

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 17:13

Les financiers ont une imagination débordante qui leur permet de mettre au point des montages financiers auxquels le commun des mortels ne comprend rien mais qui vont assurer à certains d'importantes et rapides fortunes. A d'autres de perdre les placements qu'ils croyaient faire fructifier en dormant. A la majorité enfin de payer pour les deux.

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ils sont les "bien payés". Et pour cela leur imagination est tout aussi fertile et présente moins de lacunes : si les affaires marchent, ils gagnent, si les affaires ne marchent pas, ils gagnent aussi. Avec ce beau linge, c'est le fameux : pile, je gagne, face, tu perds !

Les "grands patrons" d'abord.

Tous font leurs profits sur le dos de ceux à qui ils "donnent" généreusement du travail. Si les affaires marchent, il faut réduire les coûts, car le travailleur est un coût, de façon à améliorer la rentabilité. Si les affaires ne marchent pas, il faut réduire les coûts, pour rendre l'entreprise rentable. On licencie, on délocalise... Seul le salaire des producteurs est un coût : qu'il faut réduire. D'autres salaires ne sont que des rémunérations justifiées et peuvent donc s'envoler !

Dans tous les cas, ceux qui ne sont pas un "coût" se mettent à l'abri, aux abris : ils cumulent et accumulent stock-options (options d'achat d'action ou options sur titres), attributions d'actions gratuites, bonus, parachutes dorés...
Et vient de paraître une nouveauté (peut-être pas pour tout le monde) : "golden hello". L'actuel directeur général du groupe Morrison va prendre la direction de Mark & Spencer avec un salaire de 975 000 livres et un "bonus" annuel jusqu'à 250% de son salaire. Plus une prime de bienvenue, "golden hello", de 15 millions de livres (Le Monde 03/02/10).

Après avoir renoncé, difficilement, à un salaire mérité par ses doubles fonctions, il est apparu dans la presse que Henri Poglio bénéficiait depuis quelques mois d'une "retraite chapeau" grâce à une loi de 2009 (merci qui ?). Henri Poglio portera ce chapeau avantageux , complément de la retraite légale, toute sa vie. Mais qui peut s'acharner ainis sur cet homme, au point de lui avoir fait perdre un salaire et dévoile une retrite bien méritée : 1 million d'euros par an : soit avec son salaire "amputé" , 2,6 millions par an ! (Parisien 03/02/10). Sans oublier que Henri Poglio détient "une vingtaine de mandats en France et à l'étranger". Non rémunérés ? Et semble-t-il sans "golden hello" !

Mais ils ne sont presque que des amateurs

La faillite systémique bancaire a été évitée grâce à l'intervention des États. Mais voici que les États sont aujourd'hui menacés. La Grèce en priorité. Avec une contagion possible aux États du "Club Med", plus élégamment baptisés aujourd'hui "pigs" !

Qu'apprend-on ? "Une grande banque d’investissement américaine (qui a bénéficié du plan de sauvetage des banques US) et deux très importants hedge funds (dont l'un s'est illustré en jouant avec les subprimes de sinistre mémoire) seraient derrière les attaques contre la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Leur but ? Gagner un maximum d’argent en créant une panique qui leur permet d’exiger de la Grèce des taux d’intérêt de plus en plus élevés tout en spéculant sur le marché des CDS, un marché non régulé et totalement opaque, afin là aussi de les vendre plus cher qu’ils ne les ont achetés"

Qui sont ces méchants spéculateurs ? " Goldman Sachs et le fonds spéculatif dirigé par John Paulson seraient les deux principaux acteurs des attaques contre la Grèce et l’euro" (Jean Quatremer).

Bien entendu, la Grêce a sa part de responsabilité. Elle a une dette énorme. Elle a arrangé sa comptabilité. Semble-t-il, avec de bons conseillers techniques : "en 2002, la banque d’affaire américaine [Goldmann-Sachs] a aidé la Grèce, contre une rémunération de 300 millions de dollars, dans des opérations de « comptabilité créative » destinées à camoufler une partie de sa dette" (Jean Quatremer). La créativité rapporte.

La banque Goldmann-Sachs a conseillé la Grèce, contre rémunération et, bien informée, l'attaque en spéculant contre elle !!!

Qui va payer la facture ? Les fonctionnaires fainéants de Grèce ? Tout le peuple grec ?

Si la cause réelle est la dette publique, quelle sera la prochaine victime ?

Dette des pays de l'UEDifficile à savoir, car il y a la dette. Mais il y a aussi les mêmes pratiques développées par Goldmann Sachs et d'autres banques comme JP Morgan Chase avec d'autres pays, l'Italie notamment dont la dette n'a pas bougé depuis la crise (?!). De nombreux États ont des choses à cacher, des pratiques semblables et cela ne date pas de la crise. Tout le monde a fermé les yeux. Y compris l'Europe.

Reste à savoir jusqu'où va aller la crise, quels pays vont être touchés. Ce qui est certain, c'est que les responsbles sont connus, ceux qui vont payer aussi. Ce ne sont pas les mêmes. Mais pour Paul Krugman, ce n'est pas la dette qui pose problème mais l'inflexibilité de l'euro (NYT cité  par Courrier international). Et là, c'est encore un autre problème, sera-t-il abordé ?

Toutes les informations, les citations, sont tirées de deux sources :

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 12:02

Dans l'atmosphère délétère du sarkozisme, on pourrait être tenté de baisser les bras. Et pourtant, il existe de nombreuses raisons d'espérer, de faire face. Par exemple, en regardant seulement les questions qui touchent à l'immigration.


D'abord le fiasco du "grand débat" sur l'identité nationale malgré le soutien indéfectible de de la presse audiovisuelle amie et même de "référence" (1). Malgré l'utilisation pour soutenir l'idéologie officielle de l'administration préfectorale.


Un fiasco, parce que les historiens ont joué leur rôle et dénoncé ce qui se cachait derrière le débat. Avec l'aide des "excellences ministérielles" qui, à travers de nombreux dérapages, ont bien montré où ils voulaient en venir : la mise en accusation de l'immigration, bouc émissaire préélectoral. La population n'a pas suivi. Elle a compris que, face à la crise financière, le gouvernement cherchait une diversion pour ne pas endosser électoralement sa part de responsabilité sur le plan économique et social : dés son arrivée au pouvoir, le "petit frère des riches" (2) instaure le boucler fiscal pour quelques uns et s'attaque à la protection sociale de la majorité des autres...


Cette volonté de faire porter la responsabilité de la crise à l'immigration et aux immigrés correspond bien à l'utilisation du "choc des civilisations", à la division des victimes de la crise au bénéfice de ceux qui en sont responsables. Utile en temps de crise, elle ne date cependant d'aujourd'hui. La résistance non plus.


Depuis 30 ou 40 ans (les premières grèves de la faim), des vagues successives de travailleurs en situation irrégulière demandent leur régularisation. Ils ont su utiliser toutes les possibilités démocratiques pour se faire entendre. Depuis les grèves de la faim jusqu'aux aux occupations d'églises hier, d'entreprises aujourd'hui. Depuis la grève dans les usines ou dans l'agriculture, suite à l'assassinat de travailleurs maghrébins en 1973, jusqu'à la "journée sans immigrés, 24 heures sans nous" du 1er mars 2010 : journée de non-participation (production-consommation) des immigrés à la vie économique du pays, des travailleurs immigrés, des travailleurs issus de l'immigration et tous ceux qui se sentent solidaires...


Le refus majoritaire de la population de participer à la stigmatisation des immigrés se voit à travers les sondages sur le droit de vote. Malgré les campagnes systématiques de dénigrement, l'opinion publique, à travers les sondages, se déclare de plus en plus favorable au droit de vote. Le taux de réponses favorables lors des sondages de la Lettre de la citoyenneté sur le droit de vote aux élections municipale et européennes est passé de 30% au milieu des années 90 à 51% en 2008. Désormais 55% des sondés sont favorables au droit de vote aux élections locales (municipales, cantonales et régionales) et à 65% aux élections municipales. La population est en avance sur les partis qui sont plutôt timorés sur la question.


Différents moyens sont apparus  dans la société civile pour s'opposer à la politique répressive des gouvernements : Réseau éducation sans frontière qui réunit enseignants, personnels de l'éducation nationale, parents d'élèves, élèves, syndicalistes pour se solidariser d'enfants scolarisés et de leur famille en voie d'expulsion ; "Amoureux des bans publics" autour des mariages mixtes empêchés par l'administration alors que c'est un signe d'intégration même si certains peuvent poser problème ; "Ni une, ni deux, mettons fin à la double violence faite aux femmes étrangères". .. Dans le même temps, de nombreuses personnes sont inquiétées, seulement parce qu'elles ne supportent pas les conditions qui sont faites à des immigrés sans papiers, et le ministre a été obligé de reculer publiquement sur le "délit de solidarité".


Le président de la République a hérité de la "Cité nationale de l'histoire de l'immigration" qui a ouvert ses portes sans que lui-même, le Premier ministre ou le ministre en charge de l'immigration aient pu trouver le temps de l'inaugurer officiellement. Il y a pourtant là un outil utile pour intégrer l'immigration à l'histoire de France et les immigrés et leurs descendants à la société française. Mais si l'intégration de l'immigration est dans le titre du ministère, ce qui intéresse le ministre et le président, c'est plus l'opposition identité nationale-immigration que participation de l'immigration à l'identité nationale.

 

Devant la floraison des dérapages verbaux de plus en plus fréquents des ministres, les personnes immigrées ou d'origine immmigrée lancent pour le 1er mars "une journé sans immigrés : 24 heures sans nous". Ils reprennent par là une initiative du MTA qui avait lancé le 14 septembre 1973, une « grève générale des travailleurs arabes » dans les usines puis une deuxième vague dans le secteur de l'agriculture. Aujourd'hui, ils modernisent leur initiative en faisaint de cette journée une journée sans production mais aussi sans consommation !


Devant le fiasco du grand débat, en vue de les élections régionales, on en revient aux vieilles ficelles : on régionalise la portée de ces élections, tout en sortant une nouvelle loi sur l'immigration et en faisant monter la pression sur la sécurité.


Tous ces mouvements de résistance qui viennent de "nulle part", viennent quelquefois de "grandes associations" mais surtout pas des politique, visent à faire prendre conscience à toute la population que les immigrés sont parmi nous, dans tous les segments de la société : à l'école, dans les familles, sur les lieux de travail, sur les lieux de consommation. Et qu'il sont cessaires à la vie du pays et doivent être pris en compte sur tous les plans dans la vie de la cité.né


(1) Daniel Schneidermann rappelait, dans "arrêt sur image", les propos d'Eric Fottorino dans Le Monde du 7 novembre 2009 : "Plutôt que d'alimenter le vain débat sur l'opportunité du débat, ce qui fera gagner en temps ce qu'on perdra en polémique, il nous paraît plus utile d'aller d'emblée au fond de l'affaire : quels sont les traits de l'identité nationale".
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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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