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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 14:31

On parle beaucoup, ces temps-ci, de Tony Blair, ancien premier ministre britannique (travailliste), pour son rôle dans la guerre d'Irak mais aussi comme conseiller de la société française de luxe LVMH (Le Monde 21/01/10), conseiller de la banque étasunienne, JP Morgan, de la compagnie suisse Zurich Financial Services, d'un fond d'investissement du Koweit et d'un autre d'Abou Dhabi (La Croix 28/01/10). Il fait de multiples conférences et a, dans ce cadre, un contrat avec le fond spéculatif Lansdowne Partners (JDD 30/01/10). Tout cela lui rapporte des revenus substantiels que ne manquent pas d'énumérer les journaux.

Gerhard Schröder, après avoir été chancelier allemand (social démocrate), a été engagé  pour "diriger le conseil de surveillance du consortium germano-russe [Gasprom] chargé de construire le gazoduc sous la mer baltique... " "Il avait lui-même arrêté la construction de ce gazoduc en tant que chancelier" ! Il a également été recruté par la banque Rotschild comme conseiller dans le développement de ses activité en Europe de l'est, en Russie, en Turquie, au Moyen -Orient et en Chine (Wikipedia) !

Avec les socialistes français Pascal Lamy, secrétaire de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) et Dominique Strauss-kahn, directeur du FMI (Fonds monétaire international) (1), ils constituent une belle internationale socialiste !

Face à laquelle le capitalisme est pris de furieux tremblements !!!

(1) La gestion socialiste du monde... moins la France ?

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 11:11

Tout le monde pleure sur Haïti. Notamment en France. L'histoire de Haïti et de la France se sont croisées, ce qui en fait un pays "francophone"... Mais, cette histoire nous a été peu enseignée à l'école ou, alors, je l'ai bien oubliée. Nous avons vaguement entendu parler de la lutte de Toussaint Louverture pour l'indépendance de son pays. "Haïti fait partie de notre histoire, mais non de notre mémoire. Le faible connaît le fort, qui le méconnaît". C'est dit par un rapport officiel (1). Je ne dois pas être le seul dans cette ignorance.

Au siècles des Lumières, Saint Domingue était la "perle française" des Antilles dont la prospérité reposait sur l'esclavage. Elle contribuait à une part importante du commerce extérieur de la France. Le rapport reconnaît que c'est à la suite de la révolte des esclaves de Saint Domingue en 1791 que la Convention a été amenée à supprimer l'esclavage dans toutes les colonies françaises en 1794. La France était le premier pays à le faire. 

Malheureusement, cela n'a pas duré et Napoléon Bonaparte voulut rétablir l'ordre ancien pour les avantages économiques, pour la dignité nationale (?) et pour les beaux yeux de Joséphine (?). D'où une guerre que perdit Toussaint Louverture en 1802. Mais la révolte reprendra et, après la première défaite des armées napoléoniennes, les Français seront obligés de quitter l'île. La première république noire du monde sera proclamée le 1er janvier 1804 sous son ancien nom Haïti. Entre temps, Toussaint Louverture était mort le 7 avril 1803 au Fort de Joux  dans le Doubs.

Les Haïtiens avaient osé lever la tête, ils le paieront cher. Il n'est pas question de mettre tout cela sur le dos seulement de Napoléon ou de Joséphine de Beauharnais... Une période de grande instabilité va suivre avec d'après luttes pour le pouvoir, division de l'ile...  Mais que fait la France pendant ce temps là.  Le 11 juillet 1825, un traité est signé entre la France de Charles X et Haïti qui reconnaît l'indépendance du pays contre une indemnité de 150 millions de francs-or (la somme sera ramenée par la suite à 90 millions) soit 5 fois le produit de ses exportations annuelles. Qu'Haïti a fini de payer en 1883, au lieu de 1867, comme prévu  par le traité (1).  D'après le Times, dans un article sans tendresse pour la France, cette dette a continué à courir jusqu'en 1947 (2) !

Quoi qu'il en soit Haïti n'a pas fait preuve de rancune. C'est la délégation haïtienne à la conférence de San Francisco en 1945 qui a entraîné les pays latino-américains  pour faire du français la seconde langue des Nations-Unies (1), lui valant la "reconnaissance éternelle" de Georges Bidault alors président de la délégation française. Cela n'a jamais amené la France à faire une place à ce pays dans ses livres d'histoire, aucun chef de gouvernement ou président de  la République française n'est jamais allé à Haïti (2 présidents des Etats-Unis l'ont fait). Fort heureusement, notre président a annoncé sa prochaine visite en avril 2010. Espérons qu' il aura les mots qu'il faut pour dire que Haïti est entré dans l'Histoire, il y a 200 ans au moins ! En attedant, 2 Haïtiens viennent d'être expulsés de France.

Mais il n'y a pas que l'argent : il serait temps que la France se mette à relire honnêtement son histoire en reconnaissant aussi les graves erreurs qu'elle a commises.  Pour le deuxième centenaire de l'indépendance de Haïti, le gouvernement français a...  fait faire un rapport sur Haïti...   Lors de la grande exposition du Musée de la Marine à Paris, de mars à Août 2004, Napoléon et la mer, il n'y avait rien sur Saint-Domingue et  la naissance d’Haïti (3).

Cette histoire dramatique et sanglante rappelle une autre indépendance, pacifique celle-ci, le "non" de la Guinée de Sékou Touré en 1958 qui a entraîné une rupture des relations politiques et économiques de la France et le retrait de son armée, de ses fonctionnaire, de ses crédits. Probablement un "non" qui était encore une atteinte à la "dignité nationale" !!

Au delà, de la "dignité nationale", dans les deux cas, il s'agissait de faire un exemple. En 1958, la France ne pouvait impunément dire "oui" à l'indépendance de la Guinée, mauvais exemple pour l'ensemble de l'empire. Il fallait sévir pour éviter la contagion. Mais il était difficile de lancer une expédition punitive, 3 ans après Bandung et alors que sévissait la guerre d'Algérie... De même accepter la suppression de l'esclavage et encore plus l'indépendance de Saint Domingue était un très mauvais exemple pour les autres possessions françaises des Caraïbes. Il fallait punir sévèrement pour éviter toute tentation...

Enseigne-t-on dans les "perles françaises" des Caraïbes le "loup et le chien" de La Fontaine ? Ce n'est pas nécessaire, la fable est inscrite dans l'histoire des Antilles.

1) Rapport au Ministre des affaires étrangères   M. Dominique de Villepin   du  Comité indépendant  de réflexion et de propositions sur les relations Franco-Haïtiennes, Régis Debray
Janvier 2004. 
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/044000056/index.shtml

2) http://www.presseurop.eu/fr/content/article/174431-cest-la-faute-paris

3 ) http://www.bakchich.info/Haiti-l-amnesie-d-une-colonie,09837.html

 

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:51

Éric, jette le trouble !

Sarkozy, directeur des ressources humaines, a exfiltré une compétence du PS pour lui confier certaines tâches. Mais le DRH reproche peut-être à l'hyperprésident de n'avoir pas fait le travail lui-même.

En effet, le débat sur l'identité nationale au lieu de couper l'herbe sous les pieds du FN, l'a remis en selle et divise la droite.

La question du droit de vote des résidents étrangers met en évidence les contradictions multiples entre les paroles et les actes (une fois de plus), entre le chef et ses troupes, entre président et ministre... Il permet à Martine Aubry de faire événement avec une seule proposition concrète ! proposition répétée à satiété au moins depuis 1981, sans conséquence, et oubliée par Jospin sur un bureau du Sénat !

Débat sur l'identité et droit de vote, deux initiatives de Eric Besson qui donnent largement la parole au FN et jettent le trouble dans les troupes de l'UMP.

Le DRH ne doit pas être très content des initiatives de sa compétente recrue socialiste !

 

 

 

 

 

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 16:02
Depuis le référendum de 2005, la Gauche de gauche n'en finit pas de gâcher ses cartouches.

Les résultats du référendum de 2005 où le '"non" l'emportait par 54,67% des suffrages exprimés (contre 45,33), ont perturbé les différentes têtes de la Gauche de gauche. Chacun a voulu y voir son champ d'avoine ! Chacun, sans en avoir analysé ouvertement la diversité (de l'extrême droite à la gauche ou même à l'extrême gauche souverainistes) a cru qu'il pourrait canaliser à son profit une part importante de ces "non". En vouant aux enfers, tous ceux qui avient voté "oui" dont certains pouvaient être aussi à gauche ou même plus que bien des "non" !

D'où la grande débacle de l'élection présidentielle de la Gauche de gauche : 8,96% (Besancenot : 4,08%, Buffet : 1,93%, Laguiller : 1,33%, Bové : 1,32%, Schivardi : 0,3%) ou des législatives : 7,7% (EG 3,49%, PC 4,21%). A la fois électoraliste et incapable de changer de méthode même si elle perd, la Gauche de gauche a remis le couvert aux élections européennes.

La crise est double,  la réponse doit être et rouge et verte. Cohn-Bendit l'a compris et ouvert sur le coté vert. Et logiquement dans un scrutin européen, sur l'Europe. Élargissant aussi loin que possible l'unité des écolos, y compris vers ceux qui avaient voté "non" (Bové), vers la société civile (il est vrai avec une bonne réserve de personnalités écologistes) mais aussi vers la droite. Si Dominique Voynet avait 1,57% à la présidentielle, si les Verts avaient fait 9,21% aux élections européennes de 2004. Ils sont arrivés à 16,28 aux européennes de 2009 !

Du coté "rouge", on joue "coté fermé" et la même cacophonie suicidaire. Le NPA, fier d'avoir largement battu le PC à la présidentielle, s'est lancé à nouveau seul, le PC, le PG et GU ont lancé le Front de gauche. Cela n'a pas été un triomphe même si les commentaires ont été favorables à Mélenchon, le FG ne fait que 6,05 mais plus que le PC seul aux européennes de 2004 (5,88%) et surtout plus que Buffet à la présidentielle (1,93%). A noter que la Gauche de gauche, tous candiats confondus, rassemble 12,15% des suffrage contre 9,21% en 2004.

Même tactique pour les élections régionales.  Les crises sont toujours là et rouge, et verte. Les Verts tentent de prolonger Europe écologie. Ils inquiètent le PS talonné lors des Européennes. La Gauche de gauche continue ses déchirements. Elle a 3 personnalités qui en s'unissant pourraient créer une dynamique : Besancenot, Braouezec et Mélanchon. Inquiéter le PS sur sa gauche... au moment où il ne joue aucun rôle face à la droite et où tout le monde s'interroge sur la sortie de crise. Personne n'entend rien venir du PS mais rien non plus de la Gauche de Gauche qui, à 2 mois des élections, n'a pas réussi à faire une unité qui divise même ses composantes les plus rétives à l'unité (PC et NPA sont aussi divisés en interne) : le PC a une ligne que 5 ou 6 régions sur 22 ne respectent pas (Union avec PS), la minorité due NPA lorgne et à titre individuel entre dans "Ensemble pour des régions de gauche...".

La conjonction d'un pôle écologiste et d'une gauche de gauche dynamiques auraient mis à mal le PS dans un scrutin qui ne met pas en question, directement, la poltique nationale et aurait ouvert un grand débat sur quelle gauche aujourd'hui. L'esprit de boutiquiers en faillite ne le permettra pas.

En étant optimiste, il est possible de dire que les 2 formations issues du léninisme sont incapables de faire régner l'unanimisme démocratique dans leurs troupes. Elles arriveront peu-être un jour à la démocratie.



 
         
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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 10:19


 

Les élections régionales approchent, la plupart des partis ont désigné les candidats à la présidence des régions et les têtes de liste départementales. Georges FRECHE et Julien DRAY ont été reconduits par le PS.


Pour Georges FRECHE, ses dérapages multiples, dignes d'un ministre de l'immigration, lui ont valu, sans condamnation de la justice, d'être exclu du PS. Il est, cependant, candidat à sa propre succession, sans opposant du... et même avec le soutien du PS !!!!


Julien DRAY a une passion onéreuse pour les montres anciennes, ce qui n'est pas condamnable en soi. Il n'a pas bénéficié de la présomption d'innocence, ni de la confiance absolue de ses petits camarades : ils ont soumis sa nomination comme tête de liste dans l'Essonne à la condition de n'être point poursuivi par la justice. Ce que celle-ci a annoncé fort opportunément. Encore, avec quelques restrictions, car elle n'a pas prononcé un non-lieu mais un "rappel à la loi".

C'est à dire ? "Le rappel à la loi est une possibilité offerte au parquet, en cas d'infraction de faible gravité, de faire prendre conscience à l'auteur de l'infraction qu'il a commis un acte illégal pour éviter qu'il ne récidive. Le rappel à la loi... n'est pas mentionné dans le casier judiciaire parce qu'il ne constitue pas une condamnation. Le rappel à la loi suspend la prescription de l'action publique et, en cas d'échec, laisse la possibilité au procureur une de mettre en œuvre une composition pénale ou d'engager des poursuites" (1).


Tout ceci n'est pas gravissime mais pour un parti qui, d'après le président de la République, regorge de talents... D'ailleurs, ces talents sont fort bien utilisés. Passons sur ceux qui rendent des services au pays et à Sarkozy, par la même occasion, en acceptant des missions ici ou là, qui irritent la droite car elles lui échappent et la gauche parce qu'elle ne sait jamais jusqu'où ira de dévouement patriotique.


Mais deux membres du Parti socialiste français jouent un rôle important à l'échelle mondiale.

Dominique Strauss-Kahn est socialiste et directeur général du Fonds monétaire international. Il est certain qu'il a été mis à ce poste, présenté par Nicolas Sarkozy et l'Union européenne avec le consentement des États-Unis, pour faire avancer le socialisme à l'échelle planétaire. Il est permis d'espérer qu'à ce poste, il sera moins pire que d'autres, mais est-ce la place d'un sociaiste ?


Pascal LAMY, avec l'appui du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et du président de la République, Jacques Chirac, (déjà DRH du PS ?) a été élu le en mai 2005, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour 4 ans. Seul candidat à sa propre succession, il a été reconduit le 30 avril 2009 à la tête de l'Organisation pour un second mandat, par acclamations des 153 membres. Cette unanimité internationale vient probablement récompenser une gestion socialiste des relations commerciales internationales.


Finalement, seule la France refuse, à ce jour, d'être dirigée par un socialiste français, à moins qu'une taupe ne soit en place à l'Elysée ?


(1) : http://www.vos-droits.justice.gouv.fr/index.php?rubrique=10062&ssrubrique=10201&article=11142

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 15:16

Enquête par sondage sur le droit de vote des étrangers et son rôle dans l'intégration en Île de France.
Pour l'attribution de la citoyenneté de l'Union Européenne à tous les résidents quelque soit leur nationalité.

 

 

Le  30 septembre 2009, cette question a été débattue, à la demande de l’Acer (Association pour une citoyenneté européenne de résidence), par quelques militants favorables au droit de vote pour essayer de faire progresser la réflexion. Les lignes qui suivent  reprennent et discutent certains points avancés à cette occasion.

 

L'extension du droit de vote aux résidents étrangers, quelle que soit leur nationalité, est pour beaucoup une nécessité évidente. Au moins aux élections locales. Des campagnes ont été organisées sur ce thème depuis des lustres.

 

Les faits

 

D'après les sondages de la Lettre de la citoyenneté, la proportion de personnes favorables au droit de vote des résidents étrangers varie en fonction du type d’élection : plus de 50% pour les élections municipales et européennes depuis 1999. Ces pourcentages sont plus faibles quand il s’agit des élections législatives ou présidentielles. D'autres sondages donnent une proportion plus forte (60 et 65%) pour les seules élections municipales ou locales. (Tableau 1).

 

Diapositive36-copie-1.jpg

 

Tous les partis politiques de gauche sont favorables au droit de vote et d’éligibilité pour les élections municipales, pour les élections locales, quelquefois pour toutes les élections. Progressivement, la droite évolue. Des personnalités se sont prononcées favorablement. De telle sorte qu'actuellement seule la droite extrême et l'extrême droite sont clairement contre : ni l'une, ni l’autre ne remettent en question la participation des citoyens européens qui n'ont pas la nationalité française mais qui résident en France aux élections municipales et européennes.

 

De plus, la bataille idéologique est gagnée : quand Nicolas Sarkozy se dit favorable au droit de vote aux élections municipales, après 10 ans de présence et sous condition de réciprocité, cela veut dire qu'il a renoncé aux arguments de principe et n’avance que des modalités d’application pour retarder l'échéance et satisfaire les intransigeants de son camp, seule justification de son inertie.

 

Alors pourquoi cette revendication n'aboutit-elle pas ?

 

Au delà des déclarations de principe, la France est un pays peu démocratique : il a fallu les Révolutions de 1789 et 1848 pour que soit instauré le suffrage universel masculin. C'est le programme du CNR qui, à la Libération, a permis son extension aux femmes. Le traité de Maastricht, approuvé par le peuple français par référendum, a institué la citoyenneté de l’Union européenne, proposition de Felipe Gonzalez acceptée par François Mitterrand. Les parlementaires français ont donc été obligés de reconnaître aux citoyens de l'Union européenne le droit de vote pour les élections municipales et européennes. Les débats parlementaires ont permis de voir les réticences de certains face à une telle obligation.

 

Devant cette mauvaise volonté démocratique, à défaut de circonstances exceptionnelles (1848, 1944), il faudrait une importante pression pour amener les parlementaires à avancer. A l'évidence, la mobilisation des associations est loin d'être suffisante.

 

Tout le monde est pour mais le monde politique est sous influence : l'extrême droite a réussi, au delà de ses forces réelles, à peser pour mettre son rejet de l'immigration au centre du débat. La dernière élection présidentielle a montré comment Sarkozy avait réussi à capter l'électorat de l'extrême droite en lui empruntant son langage. Il tente une réédition de cette opération avec l’identité nationale. Et la gauche s'est trop souvent montrée timide ou s'est alignée. Elle a été incapable de répondre coup pour coup sur la défense de la démocratie et de promouvoir l'égalité.

 

Tout le monde est pour mais aucun parti politique, aucune personnalité nationale, comme Robert Badinter pour la peine de mort ou Simone Weil pour la libéralisation de l’avortement, aucun candidat de poids à la présidence n’en a fait un thème important. Le droit de vote des résidents étrangers a plutôt été utilisé, à droite ou à gauche, comme chiffon rouge.

 

A l'heure où la mondialisation lisse les identités nationales, où l'Europe accentue cette uniformisation jusque dans les détails, où il est question de diminuer le nombre de communes, de départements, de reconstituer des régions à l'échelle européenne (régions artificielles qui n'ont pas d'histoire commune, d'unité géographique...), où se situe l'identité collective ?

 

D'autant que la mondialisation, l'Europe ne sont présentées que de façon et négative et obligatoire. Ce qui va mal ne dépend ni de nous, ni de notre gouvernement. C'est la faute de la mondialisation. De l'Europe. Nous n'y pouvons rien. Il faut se soumettre. Il n'y a pas de projet politique qui mobilise la majorité de la population, les démocrates.

Que reste-t-il comme projet politique ? Si ce n'est le repliement, le rejet de l'autre comme seule possibilité d'affirmation de soi. Pour le moment, la population dans son ensemble n'est pas totalement réceptive. Cependant, des pays européens qui passaient pour des champions de la démocratie, de l'ouverture évoluent. Leur politique touchant l'immigration se durcit. Ils ne sont pas revenus sur le droit de vote des étrangers. Mais, ils ne progressent plus. En un sens, le rejet de l’autre est un des rares sentiments commun à une partie importante de  l’opinion publique européenne.

 

Quelques questions

 

Pour certains, le fond de la question est la « nation » avec une double difficulté :

La nation, ceux qui sont « de souche », est la seule composante légitime de la collectivité. L’immigration est un risque « d’envahissement ». Mais la situation n’est pas nouvelle. Les immigrations précédentes ont été intégrées ou assimilées mais la question du droit de vote des étrangers n’était pas posée alors.

Difficulté supplémentaire aujourd’hui est, faire entrer les ressortissants des anciennes colonies dans cette nation. Avec, en plus, une visibilité physique et religieuse.

 

Tous les pays de l’Union européenne sont construits plus ou moins sur le modèle de l’Etat-nation. Ils ont cependant ouvert de façon très variable, le droit de vote aux étrangers résidant sur leur territoire (Tableau 2).


Tableau 2 : Le droit de vote des résidents étrangers non communautaires dans les différents pays de l’Union européenne.

7 pays ont donne le droit de vote ET d'éligibilité aux élections locales

Danemark 1981, Finlande 1991, Irlande 1963, Lituanie 2002, Pays-Bas 1985, Slovénie 2002, Suède 1975

 

5 pays ont donne le droit de vote SANS éligibilité aux élections locales

Belgique 2004, Estonie 1993, Hongrie 1994, Luxembourg 2003, Slovaquie 2001

3 pays ont donne le droit de vote aux élections locales, sous réserve de réciprocité

Espagne 1985, Portugal 1971, République tchèque 2001

 

1 cas particulier

Royaum-Uni 1948

11 pays n'ont pas donné le droit de vote

Allemagne, Autriche, Bulgarie, Chypre, France, Grèce, Italie, Lettonie, Malte, Pologne, Roumanie

 

Cinq de ces pays ont un passé colonial récent : ils ont tous une législation différente. Bien entendu, en comparant les deux tableaux, on peut voir que la diversité de situations est la même dans les pays qui n’ont pas de passé colonial.

 

Tableau 3 : le droit de vote des étrangers dans les pays de l’UE ayant un passé colonial récent

Pays-Bas : droit de vote ET d'éligibilité aux élections locales en 1985

Belgique : droit de vote SANS éligibilité aux élections locales en 2004

Portugal : droit de vote aux élections locales, sous réserve de réciprocité, essentiellement à ses anciennes colonies en 1971

Royaum-Uni : droit de vote et d’éligibilité à TOUTES les élections aux ressortissants du Commonwealth en 1948

France : droit de vote à aucun étranger non membre de l’Union européenne.

 

Pour avancer, il faut mettre en avant les notions de « société », de « vivre ensemble » et de « démocratie ».

 

Si le droit de vote est une vieille revendication, elle n’a jamais été réellement portée par les résidents étrangers eux-mêmes. Mais, c’est aussi le cas dans les pays de l’UE qui ont donné le droit de vote. Cet élargissement du suffrage universel s’est fait dans des pays à fort sentiment démocratique, souvent dans une démarche bipartisane, associant droite et gauche.

 

Longtemps convaincus du prochain retour, de la nécessité de lutter au pays,  les résidents étrangers n’ont pas fait de cette revendication leur priorité quand ils n’y étaient pas opposés. Actuellement, la « vieille immigration » y est devenue favorable mais ne se mobilise pas énormément. Une bonne partie de cette immigration est devenue française et la revendication de la « diversité » dans la représentation politique est plus portée que le droit de vote. Par ailleurs, la situation des « jeunes des quartiers populaires » est très préoccupante et mérite une mobilisation. Et des mesures.

 

Il n’en demeure pas moins que l’immigration continue, que de nouveaux résidents n’ont pas la nationalité française et sont donc exclus du jeu démocratique. Le droit de vote n’est pas seulement le droit de vote pour les résidents étrangers qui sont là mais aussi pour ceux qui arriveront demain et dont tout le monde sait maintenant qu’ils seront nombreux et destinés à rester.

 

Quant à la nouvelle immigration elle-même, elle a d’autres questions plus urgentes, les « papiers » qui mobilisent et les immigrés et leurs soutiens. Submergées par les injustices, les associations de solidarité, sur la défensive, ne se sont pas emparées du droit de vote, rare revendication « positive ».

 

Cette notion de revendications plus urgentes a toujours été avancée par les militants des droits des résidents étrangers. Qui, inconsciemment, considéraient le droit de vote comme « l’aboutissement d’une intégration réussie » plutôt que comme une nécessité et un levier vers l’égalité.

 

La revendication du droit de vote pour les seules élections locales ou municipales  peut aussi être considérée comme un aveu de faiblesse. Politique certainement. Avec quelle efficacité réelle ? Au point de vue idéologique, comment justifier cette citoyenneté partielle ? Limiter le droit de vote aux seules élections municipales, locales, est certainement insuffisant au point de vue démocratique et timoré au point de vue politique. La revendication du droit de vote et d’éligibilité à toutes les élections serait peut-être plus efficace. Elle aurait le mérite de redonner son sens au mot « égalité ». A défaut, l’alignement des droits de tous les résidents sur ceux des citoyens de l’Union européenne supprimerait la différence de droits entre les « bons » étrangers et els autres !

 

Le « retard français » est-il spécifique ? Une dizaine d’Etats de l’Union européenne sont dans la même situation. Mais il est d’autant plus choquant que la France parle souvent des droits de l’homme. Il serait cependant intéressant d’étudier les cheminements dans les pays étrangers. Et en France, voir ceux qui, favorables au droit de vote, en position de le faire avancer, ne l’ont pas fait. Pourquoi ? Comment faire pour aider leurs successeurs à passer cet obstacle ?

 

Le travail en direction de l’opinion publique a porté ses fruits et a peut-être atteint ses limites. Il est maintenant nécessaire d’interpeller, autrement, les politiques et notamment les politiques de droite.

 

Il faut continuer à déconnecter nationalité et citoyenneté : le traité de Maastricht a ouvert une brèche. Il faut s’adresser à ceux qui ont le pouvoir de décision. Promouvoir la démocratie et peut-être pas seulement en ce qui concerne le droit de vote des résidents étrangers.

 

Pour consulter le CR de la réunion : Site PO

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 11:45

  *Fête de la Liberté. Porte de Brandebourg. 1000 dominos tombent

N'ayant pu assister à l'événement en 1989, nous avons décidé de déplacer notre semaine annuelle en Allemagne (Anne est germaniste) de l'été vers l'automne de façon à pouvoir assister à la Commémoration de la Chute du Mur. Nous avons donc échappé aux articles (et nous n'avons pas la télévision), participé à la commémoration et visité, sur place,quelques unes des expositions.

La Chute du Mur de Berlin est le triple symbole de la fin du communisme mis en place en 1917, du rideau de fer qui séparait les pays d'Europe, de la RDA après 40 années d'existence.

La fin du communisme était en marche depuis longtemps même si elle nous paraissait improbable à l'époque, annoncée par de multiples événements. L'arrivée de Gorbatchev au pouvoir, ce Kerensky à l'envers, n'a pas permis d'assurer une réforme du régime soviétique et son évolution vers une démocratie teintée de social. Mais le rôle essentiel de Gorbatchev a été d'abandonner Honecker, de refuser l'effusion de sang. C'est grâce à Gorbatchev que Alexanderplatz n'a pas été Tien An Men. Cela justifie sa place à Berlin le 9 novembre 2009.

Les Allemands reconnaissent que la Chute du Mur doit  beaucoup à ce qui
s'est passé en Pologne. Ils l'ont reconnu et l'ont illustré en demandant à Lech
Walesa, leader de Solidarnosc, de déclencher la chute symbolique des 1000 dominos.



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*Cela a commencé en Pologne 

La Chute du Mur est un important événement pour l'Allemagne.
    - Elle est le symbole de la réunification de Berlin, de l'unification (Vereinigung) allemande et non réunification  (Wiedervereinigung) : l'Allemagne n'a jamais existé ni dans ses limites territoriales actuelles, ni avec sa constitution actuelle.
- Bien sûr, cet événement remonte loin. Mais alors qu'il peut apparaître comme fondateur pour le nouveau Berlin, pour la nouvelle Allemagne, personne ne parle du renversement du Mur (la "Prise" de la Bastille) mais de la chute du Mur, comme s'il était tombé tout seul. Pourtant quand les Allemands parlent de "révolution pacifique", ils ont bien raison. C'est le peuple de l'Est qui s'est mis en marche. Le peuple de l'Ouest ne semble pas avoir beaucoup participé, ce jour là. Et les gouvernements, heureusement, sont restés bien passifs...
- D'une certaine façon, ce 9 novembre 1989 efface, tout en le rappelant comme l'a fait le maire de Berlin, le 9 novembre 1938 où les synagogues brûlaient. Le 9 novembre 1989 fait du peuple de Berlin un peuple libérateur pas seulement de lui-même. Ce n'est pas étonnant qu'il soit célébré avec éclat et que le 9 novembre 2009 soit devenu "La fête de la Liberté". Pourquoi a-t-il fallu 20 ans ?
** Nous sommes un peuple

- Le 9 novembre aurait pu aussi bien devenir le jour de la Fête nationale allemande. Cela a été refusé à cause de "l'autre" neuf novembre 1938 ou "Nuit de cristal". Le 3 octobre a été choisi pour célébrer  "l'Entrée de la RDA dans la Loi fondamentale de la RFA".
L'Allemange a donné au 9 novembre un caractère européen, international. Cela lui permet d'affirmer sa place à la tête de l'Europe des libertés. Le 3 octobre, comme Fête nationale, redonne toute leur place aux politiques et rappele qu'il s'agit de l'adhésion de la RDA à la RFA.

Reste que l'Histoire ne s'arrête pas le 9 
novembre. Certes, le rêve de l'unité du peuple allemand est maintenant réalisé. Mais tout n'est pas résolu. Même 20 ans après la Chute du Mur. Des clivages existent encore les habitants de l'Est et ceux de l'Ouest. Les rêves des uns et des autres n'étaient pas les mêmes.

***Le Mur est parti ! Quand tombera-t-il  dans les têtes ?

  Si le Mur est tombé, il est encore dans bien des têtes semble-t-il. Et si le 9 novembre est la Fête de la Liberté, l'Allemange n'a pas connu sa "nuit du 4 août", l'abolition des privilèges. L'égalité de la monnaie de l'Est avec celle de l'Ouest ne veut pas dire l'égalité des niveaux de vie à l'Est et à l'Ouest. Si les Allemands de l'Est ont retrouvé la Liberté, ils se plaignent d'avoir perdu la sécurité. Et, 20 ans après la chute du Mur, les résultats électoraux montrent   bien l'importance de leur insatisfaction.
Il faut constater, une fois de plus, que Liberté et Egalité sont des valeurs qu'il faut rendre complémentaires.
                                                              
                                                         
     Il n'est pas question de regretter la disparition des dictatures communistes. Mais la Chute du Mur, c'est aussi la voie ouverte à un du libéralisme sans limite. Qui n'a plus peur d'un communisme déconsidéré y compris dans les couches les plus défavorisées de la population, et pas seulement en Alleamnge.  Qui n'a plus d'adversaire à sa taille. C'est la croissance généralisée des inégalités à l'échelle mondiale.


















****Tous les murs ne sont pas tombés           *****Siège d'une banque à Berlin

La Chute du Mur, ce n'est pas, malheureusement, la chute de tous les murs, la liberté pour tous... Si tout le monde semble se glorifier de la Chute du Mur de Berlin, d'autres sont parfaitement tolérés entretenus ou construits aujourd'hui. Si la Chute du Mur est effectivement à fêter comme une
victoire de la Liberté, il ne faut pas oublier tous les murs qui  demeurent entre
les Corées, en Palestine, au sud des Etats-Unis comme au sud de l'Union européenne : murs juridiques, murs de pierre ou d'acier. Murs aussi meurtriers aujourd'hui qu'hier.

Ces murs sont aussi attentatoires aujourd'hui qu'hier à la liberté. Si certains sont construits par des dictatures, ce qui est dans la logique des choses, d'autres sont mis en place par des démocraties, basées officiellement sur les principes de Liberté et d'Egalité. Encore plus grave, cela nous concerne directement. Les murs que d'autres avaient construits à l'Est, nous les construisons au Sud.






   Il reste encore des bastilles à prendre.
 Des murs à renverser.








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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 21:17
Un débat sur l'identité nationale est lancé. Pourquoi pas. Ce débat est tout aussi légitime qu'un autre. Ce qui plus discutable et qui a été dénoncé lors de sa création, c'est l'existence d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Et le débat est lancé par ce ministère pour opposer immigration et identité. Cette liaison montre bien qu'il y a préméditation.

Les cartes sont sur la table. Ce n'est pas un débat sur l'identité nationale mais sur l'immigration et l'identité nationale. Lancé par un ministre et un gouvernement qui, depuis des mois, n'arrêtent pas de tenir des propos et de promouvoir des politiques contre l'immigration : les trois Afghans "chartérisés" étant le dernier acte significatif. Faut-il rappeler que le Gouvernement a "oublié" de participer à l'inauguration du musée de l'immigration (Cité nationale de l'histoire de l'immigration) ? Faut-il rappeler les propos de tel ou tel ministre (suivant son ministre, la police n'interpelle désormais que des personnes apparemment "auvergnates")... Le sujet du débat aurait tout aussi bien pu être "L'identité européenne" puisque Nicolas Sarkozy veut européaniser sa politique de l'immigration et ses charters pour les expulsions.

En fait, il s'agit pour le gouvernement de lancer un débat politique sur l'immigration comme danger pour l'identité nationale et conforter par là et sa politique et l'élimination du Front national en lui prenant ses voix au moment des élections locales à mi-mandat de sa présidence. Si la seule conséquence était de faire chuter les voix d'extrême droite, ce serait réjouissant. Mais le corollaire est une exacerbation du débat sur l'immigration et une possible radicalisation droitière de l'opinion publique.

Et c'est un débat très encadré. Au niveau des 100 préfectures et des 350 sous-préfectures pour tenter une prise en main idéologique de la population avec force de sondages et s'ouvrant sur un colloque qui nous délivrera une vérité officielle et des propositions contraires à l'identité nationale, notamment en avançant une éventuelle remise en cause de principes plus que centenaires  comme le droit du sol (partiel) ou la reconnaissance de la double nationalité. La commission Marceau Long avait déjà eu cette fonction.

Face à cette tentative d'institution d'une vérité officielle (il y a peu, une autre tentative pour instaurer une histoire officielle n'a pas abouti), les cris d'égorgés de la gauche. Qui se sent incapable de faire face.
Parce qu'elle ne sait se cantonner que dans le contre. Mais l'assume difficilement ici, parce qu'elle a, trop souvent, eu une politique très proche de celle de la droite concernant l'immigration. Parce qu'elle est incapable de lancer de vrais débats nationaux. De proposer une politique de rechange et d'espoir qui redonne un sens aux mots, peuple, solidarité...

La première réponse de certains consiste à nier les faits. Il n'y a pas d'identité nationale. Et d'ailleurs, l'immigration ne joue aucun rôle sur cette identité. C'est de plus un facteur d'enrichissement pour la nation, voyez Marie Curie... C'est classique : la vieille casserole trouée que tu ne m'as pas prêtée, je te l'ai rendue neuve.

Il est évident que l'immigration a une relation avec l'identité nationale. De même que Europe ou la mondialisation. Et que l'identité nationale sera modifiée par l'immigration, comme par l'Europe et la mondialisation. En bien ou en mal. L'identité nationale d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier. Ou plutôt, c'est celle d'hier modifiée par de multiples contacts avec le monde.
Car l'identité nationale n'est pas définie pour l'éternité. Elle n'est pas figée, stable, elle est complexe, à facettes diverses. Résultante de multiples identités individuelles ou collectives, et contradictoires.

Quand je suis parti, coopérant en Algérie en 1964, je disais : "Je ne suis pas français, je suis socialiste !" Quelle erreur ! En Algérie, j'ai rapidement compris et je disais : "Je suis socialiste français". Faut-il préciser que par socialiste ou socialiste français, je n'entendais nullement membre du parti socialiste, la SFIO d'alors, qui avait conduit la guerre d'Algérie.

L'histoire française, comme l'histoire de tous les pays, est aussi riche de choses admirables que de choses épouvantables. C'est un bloc hétérogène dans lequel il est nécessaire de faire le tri. Mais qui nous imprègne. Il n'est pas possible d'effacer l'histoire : la France, c'est la Révolution, la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen et le colonialisme, la Résistance et la torture en Algérie, c'est la Fille aînée de l'Église et la laïcité...

L'identité nationale, c'est un choix politique. C'est "Liberté, égalité, fraternité" ou "Travail, famille, patrie". C'est le choix de l'un, en sachant que l'autre face existe. Sachant qu'il ne suffit pas de dire mais qu'il faut faire aussi. Le débat tel qu'il est lancé aujourd'hui va contribuer à modifier l'identité nationale. Il va laisser des traces comme tous les événements, tous les débats. La solidarité avec les juifs pendant l'occupation était un crime. La libération en a fait un acte héroïque. Voici que la solidarité avec les sans papiers devient un délit. Même si la filiation n'est pas linéaire. Comment seront perçus demain les actes de solidarité ? L'immigration, les discours, les moyens de lutte contre l'immigration auront eu une influence sur l'identité nationale.

A l'étranger et particulièrement dans les anciens territoires sous domination française , de façon caricaturale, la France, c'est la Déclaration des droits de l'Homme, de Gaulle et Paris (la Tour Eiffel) ! C'est dire qu'aux yeux de l'étranger, la Déclaration fait partie de l'identité de la France, malgré tous les actes contraires à cette déclaration dont la France a été responsable dans le monde. Bien entendu, cette vision de l'identité française n'est pas éternelle. Elle change au fil du temps. Et la politique de la Françafrique lui porte un nouveau coup sérieux. Comme la politique de l'immigration ! Et le débat sur l'identité nationale !!

Et l'immigration et l'identité nationale ? Comme le reste, l'immigration n'est ni totalement bonne, ni totalement mauvaise. L'usage qui en est fait actuellement est particulièrement dangereux. L'immigration a un rôle négatif sur l'identité nationale quand elle est utilisée par les politiques pour masquer leurs échecs. Quand la solidarité devient un délit. Elle est un enrichissement quand elle est permet l'épanouissement des personnes au bénéfice de la société tout entière.

Inutile de comptabiliser la part du PNB qui est due aux immigrés, et les gloires nationales, sportives, artistiques, scientifiques... Ce qui est important aussi bien pour les immigrés que pour les Français d'hier, d'aujourd'hui ou de demain, c'est la qualité de l'accueil, la reconnaissance de la part de dignité dont ils sont porteurs. La place qui leur est faite.

Bien sûr, les promoteurs de la campagne ne manqueront pas de dire qu'il y a les "bons immigrés" et les autres... Ils laisseront à d'autres, moins diplomates, la responsabilité de dire les choses autrement et plus crûment. Quant à eux, ils diront qu'il fut intégrer les bons, quant aux autres,  notamment les sans papiers, il faut les refouler. Mais ce discours qui est tenu depuis plus de 30 ans, ne conduit jamais à améliorer les conditions d'accueil et justifie toujours de nouvelles mesures  plus répressives qui ne touchent pas seulement les "mauvais" immigrés. Ce qui fait porter la suspicion sur toute personne étrangère ou d'origine étrangère ou semblant d'origine étrngère...

Ce qui est une atteinte à l'identité de la France, ce sont le mépris, les brimades, la stigmatisation dont ils sont victimes. Ce sont toutes les épreuves qu'ils doivent endurer pour qu'une place leur soit enfin reconnue ici. Ce n'est pas seulement une atteinte à  l'identité de la France, c'est aussi une atteinte à sa Constitution qui inclut la Déclaration de 1789. Et c'est probablement là le plus grave : cette contradiction lancinante entre les textes "sacrés" et les paroles, les comportements de ceux qui représentent la France !

Comment faire croire à des principes affichés quand ils sont bafoués, tous les jours, ouvertement ? Les jeunes chanteront peut être la Marseillaise mais que penseront-ils quand ils seront victimes des passe-droits, du plafond de verre, de la chasse au faciès, des plaisanteries douteuses...

Mais qui dit principe d'égalité ne dit pas similitude. L'égalité n'est pas résevée, ne doit pas être réservée aux Français mais étendue à tous ceux qui vivent sur le territoire est sont soumis aux lois de la République. Quelle que soient leur couleur, leur religion... C'est par l'application, générale, de ces principes que tout un chacun, Français ou non, quelle que soit la couleur de la peau...., sera incité à participer à la construction d'un avenir commun.

Il peut apparaître paradoxal, peut-être prémédité, que le débat soit lancé dans les termes actuels par ceux qui veulent mettre à bas le système social, la solidarité nationale, qui se précipitent dans un modèle qui fait actuellement les preuves de son inhumanité. Quand on accentue chaque jour les inégalités en diminuant les impôts des riches, en mettant en cause la protection sociale, il peut être utile de détourner  le mécontentement vers ceux qui ont encore moins. Faute d'ennemi extérieur, pourquoi ne pas utiliser ceux qu'on a sous la main.

C'est, d'une certaine façon créer une division au sein de ceux qui souffrent également de la politique suivie. C'est agiter le leurre du "choc des civilisations" face à la montée du mécontentement social. Susciter une agitation nationaliste pour détourner d'une mobilisation sociale.

Si l'identité de la France, c'est "liberté, égalité, fraternité", qui porte atteine aujourd'hui à ces valeurs ? Qui multiplie les fichiers, les contrôles au faciès, supprime les juges qui ne sont pas complètement aux ordres, accentue périodiquement la répressivité des lois ? Qui appauvrit les pauvres et enrichit les riches ? Qui désigne la partie la plus fragile de la population comme responsable de la situation ?

Une caste est au pouvoir, sans véritable contre pouvoir. Elle profite de la situation et veut en profiter encore. Mais pour cela, il lui faut donner le change.
Faute de proposer un avenir solidaire à  tous, elle divise en offrant à ceux qui souffrent un exutoire illusoire mais qui lui assure la poursuite de sa domination.

La meilleure façon de préserver l'identité de la France, c'est d'appliquer les principes dont elle se dit porteuse : liberté, égalité, fraternité, pour tous quelle que soit la couleur, la religion, la langue, la nationalité.
Les inégalités, les exclusions, le repliement sont porteurs d'affrontements violents. L'égalité pour tous aujourdhui, dans les discours et dans les faits, est l'assurance de l'unité de demain.





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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 23:50
La citoyenneté, c'est la possibilité de participer à la vie de la cité :
- dans tous les domaines, de la vie culturelle à la vie politique en passant par l'économie, le syndicalisme, le culturel, le cultuel, la vie associative, la vie du quartier.... du cercle des joueurs de belote ou de boulistes à la politique.
- les niveaux de cette participation peuvent être très variables : du simple consommateur ou commentateur à l'élu ou au militant avec tracts, pétition, manifestations, réunions, articles, interpellations...

Mais, très souvent, quand il est question de citoyenneté, on pense droit de vote surtout s'il s'agit de la citoyenneté des résidents étrangers. Certains affirment alors que la citoyenneté est attachée à la nationalité, que le droit de vote n'appartient qu'aux nationaux.

Vers l'égalité et la citoyenneté de tous les résidents

La citoyenneté au sens large, telle qu'elle est décrite ci-dessus n'est, évidemment, pas attachée à la nationalité. Les étrangers vivant en France, ont la liberté d'expression, de publication, de manifestation (y compris les sans papiers)...
Ils sont soumis aux mêmes lois. Quelquefois, certains parlent de la nécessité d'avoir les mêmes devoirs puisqu'ils ont quasiment les mêmes droits.
En fait, il faudrait poser la question dans l'autre sens : ils ont tous les devoirs, pourquoi n'ont-ils pas les mêmes droits ? Car, ils ont les mêmes devoirs surtout depuis que le service militaire obligatoire n'existe plus. Mais ils n'ont pas encore les mêmes droits : sans entrer dans le détail, il faut signaler que certaines professions sont interdites aux étrangers, qu'ils ne sont pas éligibles aux prud'hommes et, bien sûr, qu'ils n'ont pas le droit de vote et d'éligiblité aux élections politiques.

Autrefois, de nombreux droits étaient réservés aux nationaux, ils sont maintenant reconnus à tous les résidents quelle que soit leur nationalité. Un exemple particulièrement intéressant est le droit d'association. Jusqu'en octobre 1981, le droit d'association des résidents étrangers était limité. Depuis cette date, il n'existe plus, en France, d'association étrangère. Le statut des associations est le même quelle que soit la nationalité de leurs membres qui peuvent exercer, au sein de ces associations, toutes les fonctions.
Cette liberté d'association est pleinement reconnue par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne qui dit dans son article 12 : "Toute personne a droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'association, à tous les niveaux, notamment dans les domaines politique, syndical et civique..."
Comme les partis politiques ne sont que des associations, un étranger peut être membre d'un parti politique, il peut même en être secrétaire général ou président... mais il ne peut voter aux élections ! Le droit de vote est réservé aux nationaux et aux citoyens de l'Union européenne pour les élections municpales et européennes.

Nationalité, citoyenneté

Ceux qui s'opposent au droit de vote des résidents étrangers affirment qu'en France nationalité et citoyenneté sont très fortement liées. Ce n'est pas une spécialité française. Surtout au niveau déclaratif.  Dans les faits...
D'abord parce que les droits rattachés à la citoyenneté nationale sont de plus en plus reconnus aux citoyens étrangers. De plus, en étudiant la législation concernant le droit de vote dans 192 Etats, Hervé Andrès, dans sa thèse qui peut être consultée sur la toile, relève 64 pays qui ont donné le droit de vote sur une partie ou la totalité de leur territoire, à certaines élections ou à toutes, à certains ou à tous les  résidents étrangers. Dont la France qui reconnaît le droit de vote et d'éligibilité aux citoyens de l'Union européenne résidant sur son territoire.

Nationalité et citoyenneté ne répondent pas à la même question : la nationalité répond à la question : Qui suis-je ? Je suis français,  architecte... La citoyenneté répond à une tout autre question : Que faisons-nous ensemble dans la cité ?
Donner le droit de vote le plus largement possible, à tous les résidents, cela veut dire les inviter à participer à la vie de la cité, aux décisions concernant le vivre ensemble. Quelle que soit, par ailleurs les critiques que l'on peut faire à la qualité de la démocratie.

Donner le droit de vote serait une atteinte à la souveraineté nationale. Que 40 ou 50% du CAC 40 appartienne à des étrangers, non résidents, n'est pas une atteinte à la souveraineté nationale. Mais donner le droit de vote à ceux  qui partagent notre vie quotidienne serait une atteinte à la souveraineté !  Donner le droit de vote aux Allemands, aux Polonais, aux Portugais qui vivent en France, n'est pas une atteinte à la souveraineté ; le donner aux Etasuniens, aux Marocains, aux Norvégiens le serait !

Bien sûr, ils pourraient prendre la nationalité française (ce qu'on n'exige pas des citoyens de l'Union), c'est si facile... Mais quand on regarde le taux de refus ou d'ajournement lors des demandes de naturalisation, il est facile de constater que ce taux de refus ou d'ajournements augmente en fonction de la couleur de la peau... Ce n'est pas aussi facile pour tous.

Principes et réalité


Au niveau des principes les choses sont claires aussi bien au niveau national, qu'au niveau de l'Union européenne. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (partie du bloc constitutionnel) comme la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne parlent d'égalité de tous. Mais l'article 3 de la Constitution réserve le droit de vote aux seuls nationaux. Et le traité de Maastricht a réservé la citoyenneté de l'Union aux seuls nationaux de l'un des pays membres de l'Union.
De telle façon que, désormais, les personnes résidant sur un même territoire appartiennent à des castes différentes suivant leur nationalité :
- les nationaux qui ont le droit de vote et d'éligibilité à toutes les élections ;
- les citoyens de l'Union qui ont le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales et européennes ;
- les nationaux des états tiers qui ont ou n'ont pas le droit de vote aux élections municipales ou locales avec ou sans éligibilité, suivant la législation du pays dans lequel ils résident ;
- et les sans papiers, les hors castes...

Où en est-on en France ?

Il fut un temps où la seule invocation de réformer la Constitution montrait l'illégitimité d'une telle revendication. Mais, depuis quelque temps, la réforme de la Constitution semble être devenue un sport national. La dernière modification a touche des dizaines d'articles mais le droit de vote a été "oublié"

L'opinion publique, si on en croit les sondages de la Lettre de la citoyenneté sur le droit de vote aux élections municipales et européennes est désormais favorable. Encore plus quand il s'agit des seules élections locales ou municipales.

Tous les partis de gauche y sont largement favorables et les politiques de droite évoluent dans ce sens. Le président Sarkozy, lui-même, a affirmé qu'il était favorable au droit de vote aux élections municipales sous deux conditions "10 ans de résidence" et "réciprocité".
Ce qui montre bien qu'il n'y a pas de raison de fond, il ne semble plus y avoir d'atteinte à la souveraineté nationale. Seulement des modalités d'application à titre de retardement.

Car la réciprocité est une bien mauvaise raison : le président Sarkozy, ni aucun parlementaire n'a avancé de projet  ou de proposition de loi visant  donner le droit de vote aux ressortissants des pays qui reconnaissent ce droit aux résidents français sur leur territoire. Notamment à ceux où les Français peuvent voter à toutes les élections : Chili, Equateur, Hong Kong, Nouvelle Zélande, Venezuela. Cette demande est une argutie plus qu'un argument.

Conclusion

La lutte ppour l'égalité, pour le droit de vote est un long chemin : 1848, suffrage universel masculin, 1944 droit de vote des femmes, 1975, jeunes de 18-21 ans, 1992 citoyens de l'Union européenne.

Le droit de vote ne résout pas tout : la question ouvrière n'est pas résolu, l'égalité des droits entre femmes et hommes n'est pas encore acquis malgré une loi sur la parité.... mais qui songerait revenir en arrière sur ces acquis. Même l'extrême droite ne demande pas de retirer le droit de vote aux résidents de l'Union européenne !!!

Reconnaître le droit de vote, c'est reconnaître l'égale dignité de tous les résidents. Cela ne supprimera pas toutes les discriminations,cela ne les a pas supprimées pour les femmes même après 60 ans de droit de vote. Mais cela permet de mieux les combattre.

Pour en savoir plus, consulter :
La thèse de Hervé Andrès qui peut être consultée sur la toile
ou
"Résidents étrangers, citoyens ! Plaidoyer pour une citoynneté de résidence" qui peut être lu sur mon site.


Diaporama d'affiches en faveur du droit de vote des résidents étrangers



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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 15:34
ENFIN L'ALGERIE

Après l'émission de Claire Zalamansky ("Ma mère, pied-rouge en Algérie" dans le cadre de "Sur les docks" à France culture), après le livre de Catherine Simon "ALGERIE, LES ANNEES PIEDS-ROUGES DES REVES DE L'IDEPENDANCE AU DESENCHANTEMENT (1962-1969)" (LA DECOUVERTE), un colloque a eu lieu à l'Iremam à Aix en Provence sur "Le temps de la coopération au Maghreb" (1-2-3 octobre 2009), organisé par Jean-Robert HENRY  et Jean-Claude VATIN.
Avoir témoigné de ma petite expérience dans les 3
cas, (j'ai connu à Constantine la mère de Claire Zalamnsky qui était à Batna, J-R Henry et J-C Vatin à Alger) m'a amené à revoir les termes employés pour désigner ceux qui ont participé à ce moment, à leur rôle, à leurs motivations.

L'importance numérique, les motivations des personnes qui ont travaillé en Algérie pendant les années 60-70 ont beaucoup varié. C'est de façon un peu abusive que tous sont plus ou moins qualifiés de pieds-rouges. Les pieds-rouges étaient les plus engagés politiquement et les moins nombreux. Leur nombre varie beaucoup en fonction du degré d'engagement exigé pour entrer dans cette catégorie.

Voici une tentative de classification et de description forcément subjective.

- Dans la période qui précède l'indépendance, tout le monde n'a pas eu le même parcours. Certains militants se sont engagés dans l'aide au FLN ou ont déserté pour ne pas servir dans l'armée française pendant la guerre d'Algérie, d'autres étaient déjà en Algérie dans des organisations humanitaires comme la Cimade,
d'autres enfin ont seulement milité contre la guerre d'Algérie (ce qui a été mon cas).

- Immédiatement après le cessez le feu, en mars 1962, certains militants ont décidé, au moment où tous les cadres européens partaient, d'offrir leur compétence pour éviter l'effondrement technique et administratif de l'Algérie, le plus souvent pour de brèves périodes.

- D'autres, peut-être quelquefois les mêmes, ayant souvent apporté leur aide au FLN sont partis avec l'espoir de faire la révolution aux cotés des Algériens. Ce sont ces militants qu'il faut, à mes yeux, qualifier de pieds-rouges. C'est de cette histoire là que parle essentiellement le livre de Catherine Simon. Ils n'étaient pas, loin de là, les plus nombreux : quelques dizaines ? Quelques centaines ?
C'est en fonction de ce choix que Catherine Simon établit une cassure nette entre la période Ben Bella et la période Boumediene. Mais la majorité des Français qui travaillaient alors en Algérie est restée à son poste et n'a pas été inquiétée. Et certains pouvaient avoir des postes relativement importants.

- La grande majorité de ceux qui sont allés en Algérie après son Indépendance y sont allés simplement pour travailler, pour participer à la construction de l'Algérie nouvelle. Soit avec un statut local, c'est à dire avec un traitement algérien, soit dans le cadre de la Coopération française avec un traitement plus avantageux (Je suis parti en Algérie dans le cadre de la Coopération). Combien utilisaient la Coopération pour venir en Algérie, combien étaient envoyés par la Coopération ? Je ne saurais le dire. Ceux que j'ai connus, quel que soit leur statut se sentaient au service du peuple algérien. Et je n'ai jamais entendu parler d'interférence des autorités françaises à leur endroit.
Pour eux, le 19 juin 1965 n'a pas été une cassure. Anne est venue me rejoindre en septembre 1965 à Constantine, après le coup d'Etat de Boumedienne. L'administration française lui a demandé si elle maintenait sa candidature. Une femme seule (nous n'étions pas mariés) partant en Algérie dans cette situation... Et je ne l'ai pas dissuadée de venir.

Pour moi, nous n'étions pas des pieds rouges mais des pieds verts. Même si cela ne nous empêchait pas d'être au service d'une Algérie que nous voulions socialistes. Et nous participions à la construction d'un pays au milieu de multiples ambiguïtés, avec les contradictions que décrit Catherine Simon.
Pour ma part, je pensais aider à la mise en place d'une politique de santé publique à travers l'animation de l'équipe départementale de lutte contre le paludisme et les maladies infectieuses. Après deux ans à Constantine, je pensais rentrer en France pour faire la spécialité de pneumologie, la tuberculose était importante en Algérie, quand un directeur du ministère de la santé (Dr Benghezal) m'a proposé de la faire à Alger. En faisant ma spécialité, j'ai participé sur le terrain (Dispensaire antituberculeux d'El Harrach) et à la faculté avec le Professeur Chaulet et son équipe à l'élaboration et à la mise en pratique d'une politique ce lutte contre la tuberculose adaptée à l'Algérie.
En 1972, quand j'ai appris que, par suite d'une réorganisation administrative, j'allais être sous la tutelle d'un professeur qui avait un cabinet en ville, j'ai décidé de partir. Je ne pouvais servir d'alibi à un professeur qui disait une chose et en faisait une autre.
Le statut de la femme, mal ressenti par Anne a aussi contribué à ce départ. Sans elle, j'aurais alors accepté le statut de médecin chargé de la tuberculose dans un département saharien.

- Ensuite au fur et à mesure que la Guerre d'Algérie s'éloignait dans l'Histoire, que la coopération s'institutionnalisait, que se développait la possibilité de travailler en Algérie à la place du service militaire (VSNA), la motivation politique s'est peu à peu atténuée. Certains ont pu partir de France pour de multiples raisons, y compris financières, touristiques...
Un participant au colloque de l'Iremam a déclaré être parti après l'échec de mai 68 sans trop d'illusions sur le régime algérien.

Il ne faut pas oublier cependant que l'Algérie n'était plus française et qu'il y avait alors des compétences venues d'un peu partout dans le monde. Certains attirés par la situation politique, d'autres par l'argent, certains indépendants, d'autres envoyés par leur gouvernement, souvent d'un pays de l'Est. Les coopérants des pays de l'Est pouvaient être regroupés. Dans le département de Constantine, l'hôpital d'Aïn Beida fonctionnait, bien je le pense, avec une équipe de Vietnamiens qui avait sa politique. Il y avait aussi un nombre important de médecins bulgares qui, eux, avaient été dispersés dans les campagnes, à la demande du gouvernement algérien. Ils ont fait une excellent réputation à la médecine française. En effet, très spécialisés, formés pour travailler en équipe, ils ont été mis dans des postes isolés et faisaient ce qu'ils pouvaient. Et n'étaient guère aimés par les Algériens.

Les étrangers en Algérie étaient de toutes origines, travaillaient dans tous les secteurs. Une véritable "légion étrangère" aux motivations multiples. Du pied-rouge au mercenaire civil.
Je crois me souvenir, travaillant à la Direction départementale de la santé à Constantine d'avoir compté dans le département des médecins de 60 nationalités différentes !!!
Certains Algériens parlaient du "péril jaune" car le voitures des coopérants avaient des plaques jaunes.
Mais les Français étaient perçus de façon très favorable.

ANECDOTES (à suivre)
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