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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 15:58

Le droit de vote est dangereux. Le peuple ne fait pas ce qu'on attend de lui. Ou bien, il vote "non" quand il "faut" dire "oui". Ou bien, insatisfait de l'offre poltique, il s'abstient. C'est insupportable.

Certains proposent de changer le peuple. D'autres de rendre le vote obligatoire. Le plus simple serait de supprimer le suffrage universel.

 

Les professions de foi

Dix professions de foi sont arrivées. Il est quelquefois difficile de se rendre compte, à leur lecture, qu'il s'agit d'élections régionales et plus précisément d'élections régionales en Île de France.

 

En prenant en considération la seule apparition de mots, y compris dans l'intitulé des professions de foi ou des adresses électroniques, "Île de France" ou "Franciliens" ne sont retrouvés que 52 fois et "région" ou "régional", 67 fois. On peut aussi penser qu'il s'agit de l'Île de France en notant "RER" ou "lignes de métro"... qui apparaissent 18 fois.

 

Bien entendu, toutes les listes parlent de logements, de lycées et surtout de transports. Mais l'argumentaire de 3 listes pourrait servir pour n'importe quelle élection si on supprime le titre. C'est une élection qui porte essentiellement sur la situation sociale, ce qui est parfaitement justifié. Mais aucune profession de foi n'éclaire le lecteur sur les compétences actuelles de la Région. Aucune liste ne fait allusion à la durée du mandat de cette assemblée qui a été raccourcie. Rien n'est dit sur les relations inter-régionales actuelles ou futures.

 

Les conseillers régionaux ne déterminent pas la politique nationale, cependant les candidats ne se privent pas d'en parler. Ces élections prennent ainsi un aspect référendaire sur la politique nationale de Nicolas Sarkozy.

 

Mais il est difficile de penser, à la lecture, que le gouvernement a lancé un projet de modification profonde de la politique des régions et plus particulièrement du Grand Paris (il n'est question qu'une fois de Paris, de la région capitale ou du Grand Paris). Le mode d'élection des futurs conseillers territoriaux n'est évoqué qu'une fois !

Ce ne sont pas les conseillers régionaux qui voteront le futur statut des régions. On pouvait penser que c'était cependant l'occasion de porter le débat sur la place publique.

 

Les électeurs doivent voter mais ne pas donner leur avis ni sur la région, ni sur les régions.

 

Les candidats

J'ai publié, à différentes occasions, des articles sur la candidature de personnes d'origine africaine (ces publications sont sur mon site). J'ai décidé d'arrêter, il y a quelques années. Parce que si la question n'est pas encore complètement résolue mais elle est en voie de l'être. Parce qu'il est malsain d'assigner des personnes à résidence identitaire à perpétuité.

Un regard rapide sur les listes de candidats montre que l'évolution, lors des régionales, va dans le bons sens. Reste à faire progresser la diversité sociale des candidats.

 

Anecdote

Nous habitions à Paris et avons déménagé à Versailles le 30 avril 1988. Étant propriétaires à Paris, nous avons choisi, comme la loi nous le permet, de continuer à voter dans le 20ème arrondissement. Nous sommes passés, à 4 reprises, devant le tribunal d'instance soit sur convocation, soit le matin des élections parce que nous avions été rayés des listes électorales. Indûment. Prudents, nous allons voter avec notre dossier sous le bras, au cas où...

Notre bon droit a, à chaque fois, été reconnu par le Tribunal. Mais, mauvaise application de la loi, d'abord par une juge, ensuite par je ne sais qui, cartes d'électeur et professions de foi ne nous étaient pas envoyées à Versailles.

 

Progrès significatif : les cartes d'électeur sont arrivées à Versailles avant les dernières élections européennes. Et les professions de foi, vendredi, pour mon épouse : 22 ans pour obtenir ce résultat. Peut-être les aurai-je en 2012 pour la présidentielle ?

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 19:09

Les campagnes en faveur du droit de vote des résidents étrangers portent généralement sur le droit de vote des non communautaires pour les élections municipales, quelquefois pour les élections locales, sans trop de précision. La Lettre de la Citoyenneté a été à l’origine du premier sondage, en 2008, sur la participation des étrangers aux élections régionales. Tout récemment, un sondage du Parisien portait sur les élections locales : municipales, cantonales et régionales.

 

Actuellement, aucun étranger ne peut voter aux élections régionales. Les citoyens de l’Union européenne résidant en France, ont le droit de vote et d’éligibilité, dans (presque) les mêmes conditions que les nationaux aux élections municipales et européennes. Les ressortissants des États-tiers ne participent à aucune élection politique.

 

Lors du sondage de la Lettre de la citoyenneté sur les élections régionales, les sondés se sont déclarés majoritairement favorables au droit de vote de tous les résidents étrangers à 56% contre 40% qui sont opposés (Tableau 1). Bien entendu, les réponses varient en fonction d’un certain nombre de facteurs.

 

La proximité politique (Tableau 1) : les personnes qui se disent proches de la gauche sont plus favorables (69%) que celles proches de la droite (50%). Il n’en reste pas moins que ceux-ci sont favorables à 50% contre 47% opposés. Les proches du Modem se situent entre les deux à 55% contre 44%. Seule l’extrême-droite et la droite extrême y sont majoritairement opposées : FN/MNR à 92% (mais les effectifs sont trop faible pour que le résultat soit fiable), RPF/MPF à 60%.

 

L’âge (Tableau 2) : comme dans les sondages antérieurs sur d’autres types d’élection, le pourcentage de réponses favorables diminue avec l’âge. Mais seuls les 65ans et plus descendent au dessous de 50% de favorables (47%).

 

Particulièrement intéressantes, s’agissant d’élections régionales, sont les différences entre régions (Tableau 3). Les sondés sont plus favorables à la participation des résidents étrangers (66%) en Île de France que dans la France entière (56%). La région Île de France est la plus favorable de toutes les régions quel que soit le type d’élection, sauf pour les présidentielles où l’Île de France obtient les mêmes résultats (37%) que la France entière .

Cette ouverture de l’Île de France au droit de vote des résidents étrangers peut tenir à plusieurs facteurs qui se retrouvent à travers les sondages quelles que soient les élections concernées : la proportion de jeunes, de diplômés, de cadres supérieurs est plus élevée en Île de France, toutes catégories qui sont plus favorables au droit de vote.

Par ailleurs, l’Île de France a une proportion plus importante de résidents étrangers et d’électeurs issus de l’immigration. Il est probable qu’ils sont aussi plus favorables que les autres catégories de la population.

Les optimistes peuvent penser aussi que les habitants de l’Île de France, connaissant mieux les étrangers que ceux des autres régions, se prononcent différemment.

 

Fiabilité du sondage

Il faut se méfier des sondages surtout quand ils sont favorables à la thèse défendue. Ce sondage, unique sur le droit de vote aux élections régionales est-il digne de confiance ?

Reprenant les derniers sondages parus sur les différents types d’élection, les résultats sont parfaitement cohérents (Tableau 3) : la proportion de personnes qui se disent favorables au droit de vote augmente en fonction du type d’élection de 37% pour les présidentielles (sondage en 2008) à 63/65% pour les municipales (sondage en 2006).

Les deux derniers sondages sur les municipales peuvent surestimer les favorables, ils ont été faits à la suite des déclarations de Nicolas Sarkozy qui se disait pour le droit de vote aux élections municipales à certaines conditions.

 

Le dernier sondage fait, en 2010, à la suite de déclarations d’Éric Besson et de Martine Aubry portait sur les élections locales et précisait bien : municipales, cantonales et régionales. Les résultats globaux sont très proches de ceux de la Lettre de la Citoyenneté sur les seules élections régionales (55/42 contre 56/40). Il existe cependant une différence importante, les deux camps gauche-droite s’opposant plus nettement : les proches de la gauche qui étaient favorables à 69% sont lors de ce second sondage à 77%, les proches de la droite passent de 50 à 28%, rejoignant presque le FN qui est à 22%.

Ceci montre bien le danger des sondages isolés fait dans un climat particulier. Il est fort possible que le sondage fait dans le climat du débat sur « l’identité française » et des prises de positions partisanes des politiques, ait renforcé les réponses « oui » en support de la gauche et « non » en support de la droite.

 

Pour une approche plus sereine, il est possible de reprendre les sondages de la Lettre de la citoyenneté qui, depuis 1994, font poser la même question par le même institut de sondage. Les résultats sont très encourageants car l’opinion publique, vue à travers ces sondages, évolue favorablement : de moins de 30% lors des premiers sondages à 50%. Et cette croissance de 20 points des réponses favorables touche aussi bien les jeunes, les moins jeunes, les proches de la gauche et les proches de la droite, avec un décalage entre les uns et les autres, dans les pourcentages et dans le temps.

 

Un dernier point positif : quand Éric Besson ou Nicolas Sarkozy prennent position en faveur du droit de vote, ils admettent, 17 ans après le traité de Maastricht, que le droit de vote politique en France n’est pas lié à la nationalité française même si l’un veut ne l’attribuer qu’aux ressortissants des anciennes colonies françaises (il ferait mieux de régulariser les travailleurs sans papiers en grève dont beaucoup sont d’anciens colonisés et c’est du ressort de son ministère) ou de se pencher sur les refus-ajournements des naturalisations par décret qui sont d’autant plus importants que la peau est plus foncée. Quant à Nicolas Sarkozy, il demande 10 ans de présence et des accords de réciprocité avec les gouvernements des pays d’origine : nombre de ces pays n’accordent qu’un droit de vote très surveillé à leurs ressortissants, quel intérêt d’avoir le droit de vote pour les Français dans ces pays ?

 

Ces conditions montrent cependant une chose importante. Ceux qui luttent pour le droit de vote des résidents étrangers sont en train de gagner la lutte idéologique. Reste à gagner la lutte politique.

 

Mais pour cela, il faudra encore bien des mobilisations. Surtout si on regarde les professions de foi des différentes listes pour ces élections régionales. On parle d'abstentions. On ne parle pas des exclus du droit de vote !!!

 

 

 Tab. 1 : Réponses favorables en fonction de la Préférence partidaire

ELECTIONS REGIONALES

Favorable Opposé NSPP
EG* 60 37 3
GAUCHE
dont
69 29 2
PC 49 44 7
PS 73 25 2
VERTS 60 40 0
MODEM 55 44 1
DROITE
dont
50 47 3
UMP 51 46 3
RPF/MPF 40 60 0
FN/MNR 4 92 4
NSPP/Sans préférence 54 39 7
ENSEMBLE 56 40 4


*Effectifs insuffisants

 

Tab. 2 : Réponses favorables en fonction de l’âge

Régionales 18-24 ans 25-34 ans 35-49 ans 50-64 ans 65 ans et plus
Sondage 2008 65 70 55 54 47


Tab. 3 : Réponses favorables comparés de l’Île de France et de la France entière.

Date et nature des élections Ile de France France entière
 

2008 Régionales

66 56
2008 Municipales et européennes 59 51
2006 Législatives 47 41

2006 Présidentielles 37 37


Tab. 4 : Sondages sur le droit de vote des résidents étrangers suivant le type d’élection

 

 

Type d’élection

Présiden

tielles

Législa

tives

Europé

ennes

Municipales/ européennes

Régio

nales

Locales : M, C, R

Munici

pales

Réponses % favorables 37 41 47 51 56 55 63/65
Date du sondage 2006 2005 2005 2008 2008 2010 2006
 
Tab.5 Réponses au sondage sur les élections municipales, cantonales et régionales

2010 Parisien Ensemble Gauche Droite
Favorables 55 77 28
Opposés 42 21 69

2008 Lettre Ensemble Gauche Droite
Favorables 56 69 50
Opposés 40 29 47

 

Le contenu de cet article a été présenté lors de la réunion publique de "Votation citoyenne" à la mairie du 20 ème, le11/02/10

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 22:07

Et les politiques qui ont oublié leurs promesses regardent ailleurs ! Aucune voix de poids ne s'élève pour dénoncer les apparences et mettre devant les yeux des peuples de l'UE que rien ne fonctionne, que c'est probablement la plus grande crise de la construction européenne depuis ses premiers pas. Q'uil ya d'autres voies. Que ce ne sont pas seulement les spéculateurs qui en sont responsables mais aussi la politique institutionnelle et la politique économique de l'UE.

L'Europe sociale

Le traité de Maastricht devait apporter tant de choses grâce à l'euro, aux critères de convergence...« Votez Oui à Maastricht et on se remettra au travail tout de suite sur l’Europe sociale.» affirmait Jacques Delors quelques jours avant le référendum. Le Traité était très insuffisant en matière sociale mais il ne fallait pas casser la dynamique européenne. Les Français l'ont cru et ont voté "oui". Nous avons l'euro, maintenant monnaie de 16 pays de l'Union sur 27. Une monnaie sans gouvernement économique, sans même une concertation pour favoriser une convergence des politiques économiques... Et depuis, les avantages sociaux ne font que régresser parallèlement dans les différents pays.

Cette semaine, ce sont la Grèce et l'Espagne qui manifestent, demain....

L'Europe économique

L'euro est en pilotage automatique, soustrait à toute tutelle politique. En fait, c’est l’euro qui soumet les gouvernements nationaux à la contrainte des critères de convergence concernant la dette, le déficit, l’inflation. Tout le monde sait que la situation économique des 16 pays de l’euro est bien différente, que l'euro ne peut être spontanément adapté à ces politiques diverses. Il faut donc que chaque pays s'adapte à l'euro. Ou mentir sur ses comptes.

La stratégie de Lisbonne, les conclusions de la présidence du Conseil européen, (23 et 24 mars 2000), étaient claires et chantantes pour les lendemains : "L’Union s’est aujourd’hui fixé un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale." Qu'en est-il aujourd'hui ? Quel est le bilan de "la décennie" ?
La Commission a quelques difficultés à masquer son échec : "Dans l'ensemble, la stratégie de Lisbonne a eu des effets positifs sur l'Union même si ses objectifs essentiels (à savoir un taux d'emploi de 70 % et des dépenses en R&D équivalant à 3 % du PIB) ne seront pas atteints. Le taux d'emploi dans l'UE s'élevait à 66 % en 2008 (contre 62 % en 2000) avant de reculer de nouveau en raison de la crise. Cependant, l'UE n'a pas réussi à combler l'écart de croissance de la productivité avec les plus grands pays industrialisés: les dépenses totales en R&D dans l'UE, exprimées en pourcentage du PIB, n'ont progressé que légèrement (passant de 1,82 % en 2000 à 1,9 % en 2008)" Et "la croissance de l'emploi n'a pas toujours permis de sortir les gens de la pauvreté…" (Commission européenne, Bruxelles, le 2.2.2010 SEC(2010) 114 final Document de travail des services de la Commission, Document d'évaluation de la stratégie de Lisbonne Lisbon_strategy_evaluation_fr.pdf)
Et la Commission nous promet pour les 10 années à venir "une croissance intelligente, verte et inclusive" (Communication de la Commission au Conseil européen 2010_com_Europe_2020-3.pdf°).

Hier, les critères de convergence étaient invoqués pour empêcher toute politique sociale et permettre un grand essor économique. Arrivent les turbulences, les critères de Maastricht sont jetés par dessus bord pour sauver les banques et les entreprises. Chaque État, ses banques et ses entreprises : l’Eurogroup et son président, chargés de coordonner si possible les politiques des différents pays, restent silencieux. « La gestion économique en Europe est devenue, durant la crise, plus nationale qu’elle ne l’était avant son déclenchement » (Giscard d'Estaing, Le Monde, 13/01/2009)

L'Europe libérale de Maastricht est au bord de l'explosion ! L'UE a bien une monnaie unique gérée par une banque européenne indépendante. La « concurrence libre et non faussée », voulue par les gouvernements, a empêché toute harmonisation fiscale et sociale pour favoriser le « moins disant » social et la concurrence entre les travailleurs. Les Etats affrontent la crise en ordre dispersé. Chacun espère tirer son épingle du jeu mieux que son voisin. Les agences de notation baissent la note de certains. Ce qui n'entraîne aucune solidarité des autres Etats. L'un après l'autre, ils passent outre aux critères de Maastricht. Ils sont tous au courant des "comptabilités imaginatives" de tel ou tel gouvenement au moins depuis 2004 et pas seulement pour la Grèce. Les enqêteurs d'Eurostat sont en congé de complaisance. Car comment éplucher les chiffres de la Grèce sans parler de ceux des "grands pays". Qui ne le veulent pas.

Il faut la grande attaque spéculative contre la Grêce pour qu'une enquête soit déclenchée. Après vérifications des comptes, par Eurostat et la Bundesbank (en vertu de quel traité, la Buba ?), la Grèce sera aidée à condition que soit mis en place un plan de rigueur qui ne touchera pas les responsables mais les victimes. Pas les banques, mais les travailleurs. Aux Etats-Unis, la Fed (banque centrale) enquête sur les relations entre la Grèce et Goldman Sachs et autres banques (Le Monde 27/02/10). Ce n'est pas le cas en Europe.

L'euro fort devait nous mettre à l'abri de tout et tout est aujourd'hui attaqué par des banques et menace l'UE d'éclatement. Au point qu'il n'est pas inimaginable que le FMI soit appelé à intervenir pour éviter la faillite de la Grèce ! Et demain de l'Italie ? De l'Espagne ? Et de qui d'autre ?

L'Europe politique

Le traité de Lisbonne, adopté finalement au forceps et en pleine crise, entérine sans broncher les critères de Maatricht que personne ne respecte. Prometteur d'une importante avancée politique d'après tous les gouvernements, il se met en place dans la plus grande confusion. Au point que Obama refuse de venir en Europe se faire photographier à coté des roitelets qui se disputent une présidence improbable. Kissinger demandait : l'Europe ? Quel numéro de téléphone ? En fait, la présidence de l'UE est un véritable annuaire ! Chaque président est accroché à son portable dans l'espoir d'entendre un appel d'outre-Atlantique : le président de la Commission, le président de l'Union, le président tournant, le président tournant suivant, le président du Parlement, le président de l'Eurogroup, sans parler de la Haute présentante, vice-présidente...

Copenhague a bien montré que l'UE n'existait pas et que séparément les 27 ne faisaient pas le poids face aux Etats-Unis (le chevalier noir et les 27 nains !) et à la Chine. Sur quel dossier pèse-t-elle ? Les débuts de la Haute représentante ne semblent pas beaucoup plus porteurs d'espoir d'une poltique étrangère commune d'autant que son rôle est bordé de tous les cotés par les présidents.

Où va-ton ?

De façon peu étonnante, ceux qui hier faisaient de superprofits grâce à une compétence qui n'était discutée que par les altermondialistes et qui a mené à la faillite, sont aujourd'hui ceux qui font des superprofits en gérant la crise suivant leurs intérêts.

Pendant ce temps, l'UE fait son petit bonhomme de chemin en chantonnant. Le président de la CE dont l'efficacité a étonné le monde est réélu avec une majorité plus importante que lors de son premier mandat. Il faut croire que tout le monde en est satisfait. Les Commissaires passent des auditions et sont acceptés non à cause de leur compétence, de leur vision politique de l'avenir de l'UE mais grâce aux équilibres politiques et géographiques.

Paradoxalement (?), l'énorme cacophonie de l'UE, la mise en cause de l'euro, met en lumière la nécessité d'un direction politique et économique européenne. Et pousse les plus réticents. A coté d'Eurotstat, c'est la Bundesbank qui va contrôles les finances grecques ! Car tout le monde attend la participation de l'Allemange au sauvetage de la Grèce. Après l'euro-mark, l'Allemagne va-t-elle prendre la tête d'une direction économique de l'UE qu'elle refusait obstinément ?

La crise est venu du dérèglement de la finance étasunienne (spéculation sur les subprimes hier et contre la Gèce aujourd'hui) qui a ébranlé l'euro. Sera-t-elle à l'origine de la mise en place d'une direction politique et économique de l'Union ? Avec à sa tête, peut-être pas formellement, la première puisance industrielle de l'UE ? Il est moins question ces temps-ci de société post-industrielle. La livre s'étiole. Le yuan (aministré) s'appuie sur l'industrie chinoise et l'euro résiste grâce à l'Allemange.

Si la crise est favorable à une réforme des institutions, il est peu probable que les peuples de l'Union en tirent un grand bénéfice. Pour renforcer la compétitivité, il faudra réduire les "charges" sociales ou salariales. Car le producteur est une charge. Même avec retard, les gouvernements trouveront la solution pour changer sans que rien ne change.

En France, la gauche de gauche s'acharne dans sa division. La gauche raisonnable nous promet le président du FMI comme futur président de la République qui nous proposera peut être un autre socialiste le directeur de l'OMC comme premier ministre ? Attention le changement. Avec une telle gauche, la droite peut dormir tanquille. Et le capital prosperer.

La révolte gronde. Les peuples sentent bien ce qui arrive : ils manifestent en Grèce, en Espagne, demain en Italie ? En France ?Ces manifestations sont vouées à l'échec. Car si la convergence des gouvernements face à la crise a pris bien du retard celle des peuples n'est toujours pas visible. Tous sont neutralisés par leur volonté de ne pas retarder la marche en avant de l'Union. Et l'Europe sociale est toujours considérée comme un obstacle à cette progression. Il y a toujours une raison pour la remettre au lendemain. Il n'y a pas d'espace public européen, il n'y a pas de contre pouvoir européen. Les protestations se déroulent sans coordination au niveau européen. Tant que la société civile européenne sera fragmentée, tant qu'un lien européen ne sera pas établi entre associations ou syndicats ou partis, pour promouvoir de nouvelles règles du jeu et une nouvelle politique, il est vain d'attendre autre chose que des adaptations institutionnelles au marché.

C'est la règle du jeu qu'il faut changer de fond en comble. Au Parlement européen, l'idée de limiter la souveraineté économique des États progresse. Mais une fois de plus, cela se fera sans consulter réellement les peuples. Pourtant,c'est aux peuples de dire ce qu'ils veulent et non aux gouvernements. Mais pour arriver à cela, il faut une forte mobilisation populaire au niveau européen.

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 11:38

 

La campagne nationale devait être nationale et le président de la République avait bien préparé le choses.

Avec la création du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Dévoloppement solidaire. Le ministre n'avait qu'à mettre en musique le "grand débat sur l'identité nationale" repris par des préfectures "franchisées" et débouchant sur un colloque avec en vedette le président de la République, un mois avant les élections. La droite serait satisfaite.

Avec un nouvel épisode dans son idée de mobilisation des icônes de la gauche, Jaurès, Guy Moquet et maintenant, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, le transfert au Panthéon des cendres d'Albert Camus. Montrant son ouverture, la gauche serait embarrassée.

Mais, ces temps-ci, tout tourne mal. Les sondages plongent. Le transfert de Camus semble connaître quelques difficultés. Le débat sur l'identité nationale a rencontré une forte opposition à gauche mais aussi à droite, avec le concours involontaire des dérapages ministériels mal contrôlés.

Devant cette débâcle annoncée, la campagne se recentre : cette élection n'a pas de signification nationale, elle sera régionale. Les candidats de droite ont décliné les services du président. A la lecture des sondages, le Premier ministre ferait mieux l'affaire.

L'identité nationale est un fiasco revenons aux fondamentaux : la sécurité. Dans une nouvelle version semble-t-il : les violences à l'école.

La violence des jeunes ne date pas d'aujourd'hui. Est-elle plus importante aujourd'hui qu'hier ? Nul ne semble capable de le dire, ni Le Monde (1), ni le Journal du dimanche (2) qui le reconnaissent, l'un et l'autre. S'agissant de la délinquance générale, le ministre de l'Intérieur semble dire qu'elle diminue. Quant à la violence des jeunes, "si l’on se fie aux chiffres officiels, cette crainte n’est pourtant pas justifiée: l’année dernière, 10,5 incidents graves ont été signalés pour 1.000 élèves du secondaire, contre 11,6 en 2008" (JDD). Justes ou faux, ils émanent du gouvernement en place. Le Monde comme le Journal du dimanche mettent en doute la qualité des statistiques.

Cela n'empêche pas le Monde de titrer concernant la violence à l'école "les plans successifs ont échoué". Et le Journal du dimanche "Les chiffres noirs de la violence scolaire"

Mais tous les deux ont des données alarmantes : à défaut de chiffres sur la violence, ils avancent des sondages sur la violence "ressentie" ! Dans le Monde, "pour 90% des Français, la violence a augmenté dans les dix dernières années". Dans le Journal du dimanche "60% des parents disent craindre pour leurs enfants à l'école..."  Et ils ne discutent pas de la validité de tels chiffres. Que traduisent-ils ? Sont-ils en augmentation ? Peu importe, avec de tels articles dans les journaux, ils le seront encore plus demain.

Le Gouvernement n'a plus qu'à dégainer.

Si les plans ont échoué, si la sécurité scolaire n'est pas satisfaisante, il serait temps de rappeler que le président de la République est au pouvoir depuis 8 ans dont environ 4 au ministère de l'Intérieur. Ces journaux ne le font pas. Ils pourraient dire aussi que la solution n'est probablement pas de remplacer les enseignants et le personnel d'encadrement dans les écoles par des policiers !

Mais, nous sommes en campagne électorale, le gouvernement ayant mis en évidence quelque faits et une inquiétude va se "sentir obligé" d'y répondre. En augmentant l'encadrement policier. Tout en continuant à diminuer l'encadrement pédagogique : un partant à la retraité sur 2 remplacé.

Il n'est pas sûr que les interventions policières dans ou autour des établissements scolaires calment les inquiétudes, surtout telles qu'elles ont été conduites récemment.

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 17:13

Les financiers ont une imagination débordante qui leur permet de mettre au point des montages financiers auxquels le commun des mortels ne comprend rien mais qui vont assurer à certains d'importantes et rapides fortunes. A d'autres de perdre les placements qu'ils croyaient faire fructifier en dormant. A la majorité enfin de payer pour les deux.

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ils sont les "bien payés". Et pour cela leur imagination est tout aussi fertile et présente moins de lacunes : si les affaires marchent, ils gagnent, si les affaires ne marchent pas, ils gagnent aussi. Avec ce beau linge, c'est le fameux : pile, je gagne, face, tu perds !

Les "grands patrons" d'abord.

Tous font leurs profits sur le dos de ceux à qui ils "donnent" généreusement du travail. Si les affaires marchent, il faut réduire les coûts, car le travailleur est un coût, de façon à améliorer la rentabilité. Si les affaires ne marchent pas, il faut réduire les coûts, pour rendre l'entreprise rentable. On licencie, on délocalise... Seul le salaire des producteurs est un coût : qu'il faut réduire. D'autres salaires ne sont que des rémunérations justifiées et peuvent donc s'envoler !

Dans tous les cas, ceux qui ne sont pas un "coût" se mettent à l'abri, aux abris : ils cumulent et accumulent stock-options (options d'achat d'action ou options sur titres), attributions d'actions gratuites, bonus, parachutes dorés...
Et vient de paraître une nouveauté (peut-être pas pour tout le monde) : "golden hello". L'actuel directeur général du groupe Morrison va prendre la direction de Mark & Spencer avec un salaire de 975 000 livres et un "bonus" annuel jusqu'à 250% de son salaire. Plus une prime de bienvenue, "golden hello", de 15 millions de livres (Le Monde 03/02/10).

Après avoir renoncé, difficilement, à un salaire mérité par ses doubles fonctions, il est apparu dans la presse que Henri Poglio bénéficiait depuis quelques mois d'une "retraite chapeau" grâce à une loi de 2009 (merci qui ?). Henri Poglio portera ce chapeau avantageux , complément de la retraite légale, toute sa vie. Mais qui peut s'acharner ainis sur cet homme, au point de lui avoir fait perdre un salaire et dévoile une retrite bien méritée : 1 million d'euros par an : soit avec son salaire "amputé" , 2,6 millions par an ! (Parisien 03/02/10). Sans oublier que Henri Poglio détient "une vingtaine de mandats en France et à l'étranger". Non rémunérés ? Et semble-t-il sans "golden hello" !

Mais ils ne sont presque que des amateurs

La faillite systémique bancaire a été évitée grâce à l'intervention des États. Mais voici que les États sont aujourd'hui menacés. La Grèce en priorité. Avec une contagion possible aux États du "Club Med", plus élégamment baptisés aujourd'hui "pigs" !

Qu'apprend-on ? "Une grande banque d’investissement américaine (qui a bénéficié du plan de sauvetage des banques US) et deux très importants hedge funds (dont l'un s'est illustré en jouant avec les subprimes de sinistre mémoire) seraient derrière les attaques contre la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Leur but ? Gagner un maximum d’argent en créant une panique qui leur permet d’exiger de la Grèce des taux d’intérêt de plus en plus élevés tout en spéculant sur le marché des CDS, un marché non régulé et totalement opaque, afin là aussi de les vendre plus cher qu’ils ne les ont achetés"

Qui sont ces méchants spéculateurs ? " Goldman Sachs et le fonds spéculatif dirigé par John Paulson seraient les deux principaux acteurs des attaques contre la Grèce et l’euro" (Jean Quatremer).

Bien entendu, la Grêce a sa part de responsabilité. Elle a une dette énorme. Elle a arrangé sa comptabilité. Semble-t-il, avec de bons conseillers techniques : "en 2002, la banque d’affaire américaine [Goldmann-Sachs] a aidé la Grèce, contre une rémunération de 300 millions de dollars, dans des opérations de « comptabilité créative » destinées à camoufler une partie de sa dette" (Jean Quatremer). La créativité rapporte.

La banque Goldmann-Sachs a conseillé la Grèce, contre rémunération et, bien informée, l'attaque en spéculant contre elle !!!

Qui va payer la facture ? Les fonctionnaires fainéants de Grèce ? Tout le peuple grec ?

Si la cause réelle est la dette publique, quelle sera la prochaine victime ?

Dette des pays de l'UEDifficile à savoir, car il y a la dette. Mais il y a aussi les mêmes pratiques développées par Goldmann Sachs et d'autres banques comme JP Morgan Chase avec d'autres pays, l'Italie notamment dont la dette n'a pas bougé depuis la crise (?!). De nombreux États ont des choses à cacher, des pratiques semblables et cela ne date pas de la crise. Tout le monde a fermé les yeux. Y compris l'Europe.

Reste à savoir jusqu'où va aller la crise, quels pays vont être touchés. Ce qui est certain, c'est que les responsbles sont connus, ceux qui vont payer aussi. Ce ne sont pas les mêmes. Mais pour Paul Krugman, ce n'est pas la dette qui pose problème mais l'inflexibilité de l'euro (NYT cité  par Courrier international). Et là, c'est encore un autre problème, sera-t-il abordé ?

Toutes les informations, les citations, sont tirées de deux sources :

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 12:02

Dans l'atmosphère délétère du sarkozisme, on pourrait être tenté de baisser les bras. Et pourtant, il existe de nombreuses raisons d'espérer, de faire face. Par exemple, en regardant seulement les questions qui touchent à l'immigration.


D'abord le fiasco du "grand débat" sur l'identité nationale malgré le soutien indéfectible de de la presse audiovisuelle amie et même de "référence" (1). Malgré l'utilisation pour soutenir l'idéologie officielle de l'administration préfectorale.


Un fiasco, parce que les historiens ont joué leur rôle et dénoncé ce qui se cachait derrière le débat. Avec l'aide des "excellences ministérielles" qui, à travers de nombreux dérapages, ont bien montré où ils voulaient en venir : la mise en accusation de l'immigration, bouc émissaire préélectoral. La population n'a pas suivi. Elle a compris que, face à la crise financière, le gouvernement cherchait une diversion pour ne pas endosser électoralement sa part de responsabilité sur le plan économique et social : dés son arrivée au pouvoir, le "petit frère des riches" (2) instaure le boucler fiscal pour quelques uns et s'attaque à la protection sociale de la majorité des autres...


Cette volonté de faire porter la responsabilité de la crise à l'immigration et aux immigrés correspond bien à l'utilisation du "choc des civilisations", à la division des victimes de la crise au bénéfice de ceux qui en sont responsables. Utile en temps de crise, elle ne date cependant d'aujourd'hui. La résistance non plus.


Depuis 30 ou 40 ans (les premières grèves de la faim), des vagues successives de travailleurs en situation irrégulière demandent leur régularisation. Ils ont su utiliser toutes les possibilités démocratiques pour se faire entendre. Depuis les grèves de la faim jusqu'aux aux occupations d'églises hier, d'entreprises aujourd'hui. Depuis la grève dans les usines ou dans l'agriculture, suite à l'assassinat de travailleurs maghrébins en 1973, jusqu'à la "journée sans immigrés, 24 heures sans nous" du 1er mars 2010 : journée de non-participation (production-consommation) des immigrés à la vie économique du pays, des travailleurs immigrés, des travailleurs issus de l'immigration et tous ceux qui se sentent solidaires...


Le refus majoritaire de la population de participer à la stigmatisation des immigrés se voit à travers les sondages sur le droit de vote. Malgré les campagnes systématiques de dénigrement, l'opinion publique, à travers les sondages, se déclare de plus en plus favorable au droit de vote. Le taux de réponses favorables lors des sondages de la Lettre de la citoyenneté sur le droit de vote aux élections municipale et européennes est passé de 30% au milieu des années 90 à 51% en 2008. Désormais 55% des sondés sont favorables au droit de vote aux élections locales (municipales, cantonales et régionales) et à 65% aux élections municipales. La population est en avance sur les partis qui sont plutôt timorés sur la question.


Différents moyens sont apparus  dans la société civile pour s'opposer à la politique répressive des gouvernements : Réseau éducation sans frontière qui réunit enseignants, personnels de l'éducation nationale, parents d'élèves, élèves, syndicalistes pour se solidariser d'enfants scolarisés et de leur famille en voie d'expulsion ; "Amoureux des bans publics" autour des mariages mixtes empêchés par l'administration alors que c'est un signe d'intégration même si certains peuvent poser problème ; "Ni une, ni deux, mettons fin à la double violence faite aux femmes étrangères". .. Dans le même temps, de nombreuses personnes sont inquiétées, seulement parce qu'elles ne supportent pas les conditions qui sont faites à des immigrés sans papiers, et le ministre a été obligé de reculer publiquement sur le "délit de solidarité".


Le président de la République a hérité de la "Cité nationale de l'histoire de l'immigration" qui a ouvert ses portes sans que lui-même, le Premier ministre ou le ministre en charge de l'immigration aient pu trouver le temps de l'inaugurer officiellement. Il y a pourtant là un outil utile pour intégrer l'immigration à l'histoire de France et les immigrés et leurs descendants à la société française. Mais si l'intégration de l'immigration est dans le titre du ministère, ce qui intéresse le ministre et le président, c'est plus l'opposition identité nationale-immigration que participation de l'immigration à l'identité nationale.

 

Devant la floraison des dérapages verbaux de plus en plus fréquents des ministres, les personnes immigrées ou d'origine immmigrée lancent pour le 1er mars "une journé sans immigrés : 24 heures sans nous". Ils reprennent par là une initiative du MTA qui avait lancé le 14 septembre 1973, une « grève générale des travailleurs arabes » dans les usines puis une deuxième vague dans le secteur de l'agriculture. Aujourd'hui, ils modernisent leur initiative en faisaint de cette journée une journée sans production mais aussi sans consommation !


Devant le fiasco du grand débat, en vue de les élections régionales, on en revient aux vieilles ficelles : on régionalise la portée de ces élections, tout en sortant une nouvelle loi sur l'immigration et en faisant monter la pression sur la sécurité.


Tous ces mouvements de résistance qui viennent de "nulle part", viennent quelquefois de "grandes associations" mais surtout pas des politique, visent à faire prendre conscience à toute la population que les immigrés sont parmi nous, dans tous les segments de la société : à l'école, dans les familles, sur les lieux de travail, sur les lieux de consommation. Et qu'il sont cessaires à la vie du pays et doivent être pris en compte sur tous les plans dans la vie de la cité.né


(1) Daniel Schneidermann rappelait, dans "arrêt sur image", les propos d'Eric Fottorino dans Le Monde du 7 novembre 2009 : "Plutôt que d'alimenter le vain débat sur l'opportunité du débat, ce qui fera gagner en temps ce qu'on perdra en polémique, il nous paraît plus utile d'aller d'emblée au fond de l'affaire : quels sont les traits de l'identité nationale".
(2)

 

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 11:27

L’élection de Barack Hussein OBAMA à la présidence des États-Unis est un événement politique considérable dont il est impossible de prévoir le retentissement. Pour les États-Unis et leur image extérieure mais aussi pour les Noirs des États-Unis, pour les Noirs du monde entier et, finalement, pour tous les démocrates. Il n’est pas question d’envisager toutes les significations, toutes les conséquences, ni toutes les espérances ou les illusions qui accompagnent cette élection. Mais, simplement, de jeter un œil à cette occasion sur la place des Noirs lors des grandes élections aux États-Unis.

Avertissement
D’après le recensement étasunien de 2000, 75,1% des recensés se disent Blancs ou Caucasiens sans autre appartenance raciale, 12,3% Noirs ou Africains Américains, 12,5% Hispaniques de toutes races, 3,6% Asiatiques, 2,4% de deux ou plusieurs races. Les Hispaniques peuvent être comptabilisés à la fois comme Hispaniques et comme Noirs ou Hispaniques et Blancs ou… Les termes utilisés sont la traduction des termes anglais.
Seul sont concernés ici les élus Noirs ou Africains américains, les autres ethnies ne sont pas étudiées. D’après le site officiel, le Congrès, sénateurs et représentants confondus, comprenait aussi 1 Vietnamien, 1 Américain indien, 7 Asiatiques, 25 Hispaniques (soit pour les Hispaniques 4,7% des élus du Congrès).

Les sénateurs
Chaque État, quelle que soit l’importance de sa population, élit 2 sénateurs pour 6 ans. Il y a donc 100 sénateurs. Le sénateur Obama était le seul sénateur noir, élu de l’État de l’Illinois, de 2005 à 2008.

Les représentants.
Les 435 représentants sont répartis en fonction de l’importance de la population des Etats. Ainsi la Californie a 53 représentants pour 36 millions d’habitants et l’Idaho 2 pour 1 293 953 habitants.
La proportion de Noirs à la Chambre des représentants est plus importante qu’au Sénat avec 37 élus en 2000, soit 8,5%.
L
a même année, il y avait 1 gouverneur noir sur 50.

Le président Bush, républicain, a nommé des personnalités noires dans de très hautes fonctions de son administration mais il n’y a aucun élu républicain noir, ni au sénat, ni à la chambre des représentants. En son temps Bill Clinton avait tenu sa promesse d’un gouvernement qui "ressemblerait à l'Amérique" : 76% de blancs non hispaniques (75% dans la population totale), 14% de Noirs (contre 12%), 6% d'Hispaniques (9%), 5% d'Asiatiques (6%) et 0,6% d'Amérindiens (0,6%), 46% de femmes (50%)... (Courier international 10-16/03/1994). Cela avait d’ailleurs valu à Bill Clinton le titre, un peu abusif mais significatif, de premier président noir des États-Unis : titre attribué par Toni Morrisson, écrivaine noire, prix Nobel de littérature, 1993.

 Circonscription
Les représentants noirs sont élus, essentiellement, dans des districts où la minorité noire est importante et toujours supérieure à la moyenne nationale (12,4%). Le premier est élu dans une circonscription avec 12,9% de Noirs.
Les républicains font jeu égal avec les démocrates quand les circonscriptions comptent moins de 12,4% de Noirs. Quand la proportion de Noirs est supérieure, les démocrates sont plus souvent élus que les républicains et la proportion de Noirs parmi les élus démocrates augmente parallèlement à celle des Noirs dans la population. Au dessus de 40% tous les élus sont noirs et démocrates.

LES MAIRES
Parmi les 75 villes les plus peuplées (population supérieure à 246 000 habitants) des États-Unis, Arlington (Texas) est administrée par un « city manager ». A Honolulu, la population est composée de manière atypique. La catégorie « autres » constitue 75,37% de la population. Le maire est samoan et démocrate.
Les maires des 73 autres communes sont très majoritairement démocrates, 53 contre 14 républicains et 6 n’appartiennent à aucun des deux grands partis et sont blancs dont 2 hispaniques.
Comme pour les sénateurs, comme pour les représentants, tous les maires noirs (15), sont démocrates. Parmi les maires « blancs », 4 sont hispaniques et démocrates. Quand la proportion de Noirs est inférieure ou égale à la proportion nationale, les démocrates ont deux fois plus de maires que les républicains (19 contre 7). Quand cette proportion est supérieure à la moyenne nationale, le nombre de maires démocrates est 5 fois plus important (34 contre 7). A partir d’une proportion de 40% de population noire, il n’y a pas de maire républicain.
La proportion de maires noirs augmente avec l’importance de la population noire dans la cité.

 L’ELECTION DE BARACK OBAMA
Ces données montrent que Barack Obama est un élu atypique. Il été élu président des États-Unis par un corps électoral qui ne compte que 12,4% de Noirs. Sénateur à 43 ans, avec 70% des voix contre 27% à son opposant, meilleurs résultats de l’histoire de l’Illinois, État qui, d’après le recensement de 2005, compte 65,6% de Blancs, 15,1% d’Africains Américains, 13,2% Hispaniques ou Latinos, 3,9% d’Asiatiques, 2% « autres ». Il fait partie des 9 plus jeunes membres du Sénat qui ont entre 40 et 49 ans.
Seul sénateur noir, il est aussi un Noir atypique. En effet, il n’est pas un descendant d’esclaves des États-Unis mais le fils d’un immigré kenyan noir, mort quand il avait 3 ans, et d’une Étasunienne blanche qui s’est remariée avec un Indonésien. Après un séjour en Indonésie, il a été élevé essentiellement par ses grands parents maternels à Honolulu. Cette origine et cette histoire, particulières, en font un Noir sur lequel ne pèsent pas, de la même façon que sur la majorité des Noirs étasuniens, l’histoire politique et de l’esclavage aux États-Unis… Ceci peut expliquer sa faculté d’assumer, dans ses discours politiques, toutes les souffrances des pauvres qu’ils soient blancs ou noirs. Sans opposer les uns aux autres. Et d’endosser l’idéologie étasunienne : « Tout est possible même pour quelqu’un qui part de rien ». Il peut incarner au moins autant le mythe étasunien de l’immigré que l’image du Noir qui réussit.
Le rejet de Bush après deux mandats, les expéditions militaires en Irak et en Afghanistan de moins en moins bien supportées avec leurs cortèges d’exactions, la crise économique ouvraient à tout candidat démocrate un boulevard. Mais l’épreuve de vérité demeure l’élection : comment allaient réagir les Blancs face à ce premier candidat noir à la présidence ? Les Noirs allaient-ils hésiter à le reconnaître comme l’un des leurs ou le plébisciter ? Allait-il incarner la concurrence entre les minorités ou l’ensemble des minorités ?

QUI A VOTE OBAMA
Lors de l’élection, Barack Obama a obtenu 52,92% des voix contre 45,66% à son adversaire. C’est une majorité confortable. Comme l’a montré un paragraphe précédent, les démocrates détiennent la majorité des grandes villes. Rien d’étonnant que le vote Obama soit aussi un vote populaire et urbain (71 % dans les grandes villes, 59 % dans les villes moyennes).
Par ailleurs, les sondages à la sortie des bureaux de vote permettent de connaître certaines caractéristiques des électeurs. A grands traits, ont voté pour Barack Obama :
- Les jeunes. La seule tranche d’âge favorable à Mc Cain est celle des 65 ans et plus.
- Les personnes ayant un revenu inférieur à 50 000 dollars, les votes étant plus équilibrés au dessus de ce revenu.
- Les personnes sans diplômes ou ayant le niveau de diplômes le plus élevé.
- Les minorités.
Ces différents critères peuvent être considérés comme les critères du vote démocrate. Ils se retrouvent, moins accentués cependant, dans le vote Kerry de 2004.
L’élection du Noir, Barack Obama, a orienté les commentaires et les réflexions plus sur la composante ethnique que sur la composante sociale de cette élection. C’est cette composante ethnique qui va être discutée.
Tout au long de la campagne, le doute a subsisté. Le facteur racial allait-il empêcher une victoire qui ne pouvait échapper aux démocrates. Les sondages n’étaient pas suffisamment en faveur d’Obama pour le mettre à l’abri de “l’effet Bradley” ?
Les sondages, sortie des bureaux de vote, permettent de se faire une idée du vote Obama. De plus, il est possible de comparer les votes en fonction des mêmes facteurs lors des élections antérieures notamment l’élection Bush-Kerry de 2004.
Si le vote n’avait concerné que les Blancs, c’est Mc Cain qui serait président des Etats-Unis. Il a obtenu chez eux 55% de voix contre 43% pour Obama. Les femmes blanches (53/46) se sont prononcées dans le même sens que les hommes blancs mais de façon moins nette (57/41). Cette suprématie républicaine chez les Blancs se retrouve lors des élections précédentes où Kerry n’obtenait que 41% des voix blanches face à Bush 58% et Clinton 43% contre 46% pour Dole.
Ce sont donc les voix des « minorités » qui ont inversé les résultats et permis à Barak Obama de devenir le premier président noir des États-Unis.
La minorité noire s’est prononcée, « évidemment » de façon massive en faveur de Barak Obama mais les autres minorités ont aussi participé à cette victoire. En effet, toutes se sont prononcées de façon majoritaire pour Obama, avec un score plébiscitaire de la part des Noirs, 95%, moindre mais indiscutable dans les autres minorités : 67% pour les Hispaniques, 62% pour les Asiatiques et 66% pour la catégorie « autres ». Encore faut-il voir dans quelle mesure, ce vote, notamment le « vote noir », est un vote des Noirs pour un Noir.
Tous les représentants et tous les maires noirs sont démocrates. Cela fait penser que le vote Obama ne peut se résumer à un vote ethnique des Noirs pour un Noir. Ceci est confirmé par les élections présidentielles antérieures où John Kerry en 2004 a bénéficié de 88% des votes noirs, en 2000, 90% avaient voté pour Al Gore, en 1996, 84% pour Clinton (12% pour Dole et 4% pour Perot)… Le même phénomène se retrouve, de façon moindre, avec les autre minorités. Les Hispaniques ont voté majoritairement démocrate en 2004 et en 2008 mais plus pour Obama (67%) que pour Kerry (53%), de même les Asiatiques (62 contre 56) ou les « autres » (66 contre 54%). Il en était déjà ainsi en 2000 lors de l’affrontement Bush-Al Gore.
Au total, sur les 7 points de progression de Obama par rapport à Kerry au moins la moitié peut être attribuée au rejet des Républicains par tout l’électorat.
Inversement, si Mc Cain a perdu 5 points par rapport à Bush sur l’ensemble du corps électoral, il n’a perdu que 3 points chez les Blancs plus d’ailleurs chez les hommes blancs (5) que chez les femmes blanches (2), beaucoup moins en tout cas que chez les minoritaires non noirs : 13 points chez les Hispaniques, 9 chez les Asiatiques et les « autres ». Cette plus grande résistance de Mc Cain chez les Blancs, traduit-elle leur réticence à voter pour un Noir ?

Au-delà des facteurs raciaux qui viennent d’être mentionnés, d’autres facteurs devraient être pris en compte qui interfèrent avec eux et qui tiennent à l’image personnelle des candidats et à travers les prises de position qu’ils ont pu prendre sur différentes question, notamment pour  Barak Obama, sa condamnation de l’intervention en Irak ou ses prises de position libérales.

Les orientations catastrophiques de Bush, aussi bien en politique étrangère qu’en politique intérieure, et les qualités personnelles de Barack Obama sont à la base de la victoire du démocrate. La participation des minorités et notamment de la minorité noire a été décisive. Ce n’est pas la victoire du mouvement noir même si c’est la réalisation d’un rêve improbable des Noirs étasuniens. A laquelle, bien sûr, les électeurs noirs ont largement participé, à laquelle une partie des blancs s’est opposée ouvertement ou par des insinuations ou dans le silence de l’isoloir. Cela témoigne d’une évolution très importante de l’opinion publique aux États-Unis. Cela ne veut pas dire que la question noire est réglée. Et « les problèmes raciaux ne seront pas résolus par le seul fait d’élire un président noir » (Le Monde 29/04/09).

Il n’empêche. C’est la victoire d’un Noir qui a su incarner le rêve américain et qui a été suivi par la majorité des électeurs.

Voir en complément :

  • Cet article est une « contraction de texte » d'un article plus important qui se trouve sur le site Qui a voté Obama

  • - Les élus au Royaume-Uni

  • - Note sur la France

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 14:31

On parle beaucoup, ces temps-ci, de Tony Blair, ancien premier ministre britannique (travailliste), pour son rôle dans la guerre d'Irak mais aussi comme conseiller de la société française de luxe LVMH (Le Monde 21/01/10), conseiller de la banque étasunienne, JP Morgan, de la compagnie suisse Zurich Financial Services, d'un fond d'investissement du Koweit et d'un autre d'Abou Dhabi (La Croix 28/01/10). Il fait de multiples conférences et a, dans ce cadre, un contrat avec le fond spéculatif Lansdowne Partners (JDD 30/01/10). Tout cela lui rapporte des revenus substantiels que ne manquent pas d'énumérer les journaux.

Gerhard Schröder, après avoir été chancelier allemand (social démocrate), a été engagé  pour "diriger le conseil de surveillance du consortium germano-russe [Gasprom] chargé de construire le gazoduc sous la mer baltique... " "Il avait lui-même arrêté la construction de ce gazoduc en tant que chancelier" ! Il a également été recruté par la banque Rotschild comme conseiller dans le développement de ses activité en Europe de l'est, en Russie, en Turquie, au Moyen -Orient et en Chine (Wikipedia) !

Avec les socialistes français Pascal Lamy, secrétaire de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) et Dominique Strauss-kahn, directeur du FMI (Fonds monétaire international) (1), ils constituent une belle internationale socialiste !

Face à laquelle le capitalisme est pris de furieux tremblements !!!

(1) La gestion socialiste du monde... moins la France ?

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 11:11

Tout le monde pleure sur Haïti. Notamment en France. L'histoire de Haïti et de la France se sont croisées, ce qui en fait un pays "francophone"... Mais, cette histoire nous a été peu enseignée à l'école ou, alors, je l'ai bien oubliée. Nous avons vaguement entendu parler de la lutte de Toussaint Louverture pour l'indépendance de son pays. "Haïti fait partie de notre histoire, mais non de notre mémoire. Le faible connaît le fort, qui le méconnaît". C'est dit par un rapport officiel (1). Je ne dois pas être le seul dans cette ignorance.

Au siècles des Lumières, Saint Domingue était la "perle française" des Antilles dont la prospérité reposait sur l'esclavage. Elle contribuait à une part importante du commerce extérieur de la France. Le rapport reconnaît que c'est à la suite de la révolte des esclaves de Saint Domingue en 1791 que la Convention a été amenée à supprimer l'esclavage dans toutes les colonies françaises en 1794. La France était le premier pays à le faire. 

Malheureusement, cela n'a pas duré et Napoléon Bonaparte voulut rétablir l'ordre ancien pour les avantages économiques, pour la dignité nationale (?) et pour les beaux yeux de Joséphine (?). D'où une guerre que perdit Toussaint Louverture en 1802. Mais la révolte reprendra et, après la première défaite des armées napoléoniennes, les Français seront obligés de quitter l'île. La première république noire du monde sera proclamée le 1er janvier 1804 sous son ancien nom Haïti. Entre temps, Toussaint Louverture était mort le 7 avril 1803 au Fort de Joux  dans le Doubs.

Les Haïtiens avaient osé lever la tête, ils le paieront cher. Il n'est pas question de mettre tout cela sur le dos seulement de Napoléon ou de Joséphine de Beauharnais... Une période de grande instabilité va suivre avec d'après luttes pour le pouvoir, division de l'ile...  Mais que fait la France pendant ce temps là.  Le 11 juillet 1825, un traité est signé entre la France de Charles X et Haïti qui reconnaît l'indépendance du pays contre une indemnité de 150 millions de francs-or (la somme sera ramenée par la suite à 90 millions) soit 5 fois le produit de ses exportations annuelles. Qu'Haïti a fini de payer en 1883, au lieu de 1867, comme prévu  par le traité (1).  D'après le Times, dans un article sans tendresse pour la France, cette dette a continué à courir jusqu'en 1947 (2) !

Quoi qu'il en soit Haïti n'a pas fait preuve de rancune. C'est la délégation haïtienne à la conférence de San Francisco en 1945 qui a entraîné les pays latino-américains  pour faire du français la seconde langue des Nations-Unies (1), lui valant la "reconnaissance éternelle" de Georges Bidault alors président de la délégation française. Cela n'a jamais amené la France à faire une place à ce pays dans ses livres d'histoire, aucun chef de gouvernement ou président de  la République française n'est jamais allé à Haïti (2 présidents des Etats-Unis l'ont fait). Fort heureusement, notre président a annoncé sa prochaine visite en avril 2010. Espérons qu' il aura les mots qu'il faut pour dire que Haïti est entré dans l'Histoire, il y a 200 ans au moins ! En attedant, 2 Haïtiens viennent d'être expulsés de France.

Mais il n'y a pas que l'argent : il serait temps que la France se mette à relire honnêtement son histoire en reconnaissant aussi les graves erreurs qu'elle a commises.  Pour le deuxième centenaire de l'indépendance de Haïti, le gouvernement français a...  fait faire un rapport sur Haïti...   Lors de la grande exposition du Musée de la Marine à Paris, de mars à Août 2004, Napoléon et la mer, il n'y avait rien sur Saint-Domingue et  la naissance d’Haïti (3).

Cette histoire dramatique et sanglante rappelle une autre indépendance, pacifique celle-ci, le "non" de la Guinée de Sékou Touré en 1958 qui a entraîné une rupture des relations politiques et économiques de la France et le retrait de son armée, de ses fonctionnaire, de ses crédits. Probablement un "non" qui était encore une atteinte à la "dignité nationale" !!

Au delà, de la "dignité nationale", dans les deux cas, il s'agissait de faire un exemple. En 1958, la France ne pouvait impunément dire "oui" à l'indépendance de la Guinée, mauvais exemple pour l'ensemble de l'empire. Il fallait sévir pour éviter la contagion. Mais il était difficile de lancer une expédition punitive, 3 ans après Bandung et alors que sévissait la guerre d'Algérie... De même accepter la suppression de l'esclavage et encore plus l'indépendance de Saint Domingue était un très mauvais exemple pour les autres possessions françaises des Caraïbes. Il fallait punir sévèrement pour éviter toute tentation...

Enseigne-t-on dans les "perles françaises" des Caraïbes le "loup et le chien" de La Fontaine ? Ce n'est pas nécessaire, la fable est inscrite dans l'histoire des Antilles.

1) Rapport au Ministre des affaires étrangères   M. Dominique de Villepin   du  Comité indépendant  de réflexion et de propositions sur les relations Franco-Haïtiennes, Régis Debray
Janvier 2004. 
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/044000056/index.shtml

2) http://www.presseurop.eu/fr/content/article/174431-cest-la-faute-paris

3 ) http://www.bakchich.info/Haiti-l-amnesie-d-une-colonie,09837.html

 

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:51

Éric, jette le trouble !

Sarkozy, directeur des ressources humaines, a exfiltré une compétence du PS pour lui confier certaines tâches. Mais le DRH reproche peut-être à l'hyperprésident de n'avoir pas fait le travail lui-même.

En effet, le débat sur l'identité nationale au lieu de couper l'herbe sous les pieds du FN, l'a remis en selle et divise la droite.

La question du droit de vote des résidents étrangers met en évidence les contradictions multiples entre les paroles et les actes (une fois de plus), entre le chef et ses troupes, entre président et ministre... Il permet à Martine Aubry de faire événement avec une seule proposition concrète ! proposition répétée à satiété au moins depuis 1981, sans conséquence, et oubliée par Jospin sur un bureau du Sénat !

Débat sur l'identité et droit de vote, deux initiatives de Eric Besson qui donnent largement la parole au FN et jettent le trouble dans les troupes de l'UMP.

Le DRH ne doit pas être très content des initiatives de sa compétente recrue socialiste !

 

 

 

 

 

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