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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 20:39
Le rôle du Parlement européen (PE)

A chaque élection européenne, il est dit par les uns, par les autres, que le rôle du PE est de plus en plus important dans l'élaboration et l'adoption des directives, co-décision. Depuis des années, des affirmation circulent d'après lesquelles, le travail des parlements nationaux consisterait essentiellement à mettre la législation nationale en conformité avec la législation adopté au niveau européen. L'Assemblée nationale et le Sénat seraient en train de devenir de simples chambres d'enregistrement.

Malgré cela, les politiques continuent d'afficher le plus profond mépris pour les élections européennes, pour les fonctions de député européen. Il suffit de voir l'enthousiasme de certaines ministres à obtempérer aux injonctions du président de la République qui considère d'ailleurs la fonction comme une punition pour crime de lèse-Sarkozy, Bruxelles remplace désormais Limoges !

L'élection européenne devrait être l'occasion de clarifier les choses. Mais comment savoir ?
- D'après Astrid Lulling, entrée au PE en 1965 avant qu'il soit élu, et députée sortante : "80% des lois nationales dépendent de la législation européenne" (Le Monde du 4 juin 2009).
- Si l'on en croit La Stampa (citée par Courrier international du 4-10 juin 2009), "plus de la moitié des décisions qui déterminent notre vie quotidienne ne sont pas prises au niveau national mais au niveau européen".
- Peut-être est-ce Gilles Savary (député européen sortant, réputé pour son travail au PE mais non éligible en 2009) qui est le plus proche de la réalité quand il affirme, dans un entretien paru dans le Monde daté du 3 juin 2009 : "Le Conseil d'Etat a établi que 70% de notre environnement législatif et réglementaire national est l'application d'actes européens".

Quoi qu'il en soit, au cours de la législature 2004-2009, les députés européens  sont intervenus sur 71% des directives, ce qui montre l'importance dans l'adoption des directives du PE (Le Monde 4 juin 209).

C'est dire l'importance du PE.

Les professions de foi

Si le PE est si important, comment se fait-il que, dans un Union européenne qui se veut démocratique, qui place la personne au centre de ses préoccupations en instituant la citoyenneté de l'Union, comment se fait-il que rien ne soit fait pour pousser  la population à participer. Ou plus exactement comment se fait-il qu'on fasse tout pour qu'elle ne s'y intéresse pas. Aussi bien au niveau des institutions européennes qu'au niveau gouvernemental ?

Quelle information a été faite pour inciter les citoyens non Français de l'Union européenne residant en France pour qu'ils s'inscrivent sut les listes électorales. Combien sont candidats ? Combien seront élus ? Pourtant depuis 1994, ils ont le droit de vote et d'éligibilité. Ce qui est certain, c'est qu'il y aura au moins un élu allemand, juridiquement, en la personne de Daniel Cohn-Bendit.

La campagne électorale a été réduite à sa plus simple expression ! Il semble n'y avoir eu qu'un seul débat télévisé qui tenait plus du match de catch intellectuel que du débat sur l'Europe !  Comment se fait-il que les professions de foi, la seule information égalitaire envoyée à tous les électeurs, ne soit pas encore arrivée dans toutes les boites aux lettres. Si elles arrivent demain, samedi, le gouvernement est-il assuré que les électeurs passeront leur journée de samedi à lire les 20 ou 25 professions de foi pour pouvoir les comparer et voter en conscience ?

Certes on peut penser que panneaux électoraux et professions de foi sont de survivances  des élections du siècle passé, un gaspillage financier et un non-sens écologique mais alors pourquoi ne pas les supprimer et organiser une campagne d'information et une campagne électorale modernes sur les radios et les télévisions ?

Mais les match de catch, les petites phrases, les sondages, le remanienment ministériel, l'élection présdientielle de 2012 sont des jeux plus intéressants. Des jeux de cirque qui permettent à ceux qui ont le pouvoir d'être assurés de pouvoir le garder. C'est peut-être une démocratie explosive.





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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 15:40
Depuis 1979, date de la première élection du Parlement européenne (PE) au suffrage universel, la participation électorale diminue à chaque élection alors que les pouvoirs du PE sont chaque jour plus importants. Et chacun de se lamenter et de chercher des explications de ce comportement "européen" car cette désaffection touche tous les pays de l'Union européenne, même si c'est de façon inégale.

Comme l'Europe n'existe pas comme espace public, ce sont des explications nationales qui sont avancées. Chercher des explications européennes serait remettre en cause les institutions elles-mêmes et la pratique de ces institutions. Rares sont ceux qui s'y risquent. Pourtant, il existe quelques raisons, qui n'expliquent pas tout bien sûr.

Depuis que l'Europe existe, sa ligne politique ne varie guère quel que soit le résultat des élections. A chaque fois, plus d'Europe, à chaque fois plus d'Europe libérale. On libéralise sous une majorité de droite, on libéralise sous une majorité de gauche. Le président en exercice est candidat à sa succession, les gouvernements ont déjà donné leur accord, le Parti populaire européen aussi, les Libéraux aussi, la majorité du PSE aussi. Il n'y a donc pas lieu de se précipiter vers les bureaux de vote.

Un projet de traité constitutionnel européen (PTCE) a été proposé. Pour être adopté, il devait être approuvé par tous les pays de l'Union. Trois peuples le rejettent, dans deux cas on les court-circuite en faisant adopter un texte copie conforme par les parlements nationaux. Comme c'est impossible, constitutionnellement, pour le troisième, on le fait revoter. Le même phénomène avait eu lieu précédemment pour le traité de Maastricht.

Pourtant pour le PTCE, rejeté par le peuple français, comme pour le traité de Maastricht approuvé, la participation avait été de 70% lors des référendums. Preuve que le peuple français ne se désintéresse pas de l'Union européenne. Mais on préfère un peuple qui s'abstient qu'un peuple qui discute.

Est-ce parce qu'il s'intéresse à l'Union européenne que l'élection pour le Parlement européen est transformée en une élection nationale sans enjeu ? Qu'aucune table ronde n'a été organisée par les télévisions ?

Quel que soit le résultat, quel changement pour l'Union européenne ? Cette élection n'intéresse que les Etats majors et les clans dans des perspective de poltique intérieure..

Quels seront les commentaires de dimanche soir ? L'UMP dira justement que le parti du président est arrivé en tête avec 26% des suffrages. L'opposition aura beau jeu de dire que le président a été désapprouvé par 74% des électeurs ! Et tout le monde pourra repartir dans son coin pour les petites phrases. Avec deux perspectives : le remaniement ministériels, les conséquences du scrutin pour la présidentielle de 2012 !

Et l'Europe dans tout cela. Les seuls ou presque qui auront fait une campagne européenne sont les amis de Daniel Cohn-Bendit. Il a réussi a faire l'Union de presque tous les écologistes, contre une bonne partie des Verts eux-mêmes. Par l'effet de la crise, le programme a été gauchi. Europe écologie a réussi à prendre dans les filets et Bové et Joly. La récompense sera probablement pour les écologistes le meilleur résultat de toutes les élections auxquelles ils ont participé.

Malheureusement, cela ne changera pas grand chose à la marche de l'Union européenne.


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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 23:00

Dans un article paru dans "arrêt sur image" , "l'internaute français est-il judéomane" (1),  "observatoire", le signataire de cet article, attire l'attention sur le fait que si on tape "Colombe Schneck", dans Google, une bande déroulante apparaît qui permet de choisir un des sujets suivants liés à cette personne que je ne connaissais pas auparavant :
Val de Grace 2180 résultats
France Inter 14500 résultats
juive 4960 résultats
insupportable 380 résultats
biographie 2920 résultats
photo 8110 résultats
articule 4760 résultats
i tele 13400 résultats
inter 13200 résultats

 

Pourquoi dans le menu déroulant, le mot "juif " apparaît-il ?

Si vous allez sur wikipedia et que vous recherchiez les articles sur les représentants et les sénateurs aux Etats-Unis, pour chacun, vous pouvez trouver la "religion". Et pour chacun vous pouvez savoir s'il est catholique, baptiste...ou juif. C'est parfaitement normal. En France, ce l'est moins.

Mais si c'est l'origine étasunienne de google qui explique l'apparition de "juif" pourquoi n'y a-t-il pas  "catholique", "protestant", "bouddhiste", "agnostique"... ? C'est seulement parce que les internautes se sont intéressés à cet aspect de la personne. Me Colombe Schneck a publié un livre, "Val de Grâce", est journaliste à "France Inter", "juive", "insupportable" pour certains...

 Et Google compte, innocemment , le nombre de fois où ces mots apparaissent.

 

Ce n'est donc probablement pas une inspiration "étasunienne". On peut se poser deux questions et "observatoire" n'en soulève qu'une : pourquoi les internautes s'intéressent-ils particulièrement à la judéité ? C'est la question posée par l'article. Pourquoi cette caractéristique a été choisie par google-France ? Et cette question n'est pas posée. D'autant que la liste ci-dessus le montre bien, les mots ne sont pas classés en fonction du nombre d'occurrences.

 

Bien entendu, ce lien avec le mot "juif" n'est pas réservé à Me Colombe Schneck, il se retrouve avec d'autres personnalités juives et... non juives. Par exemple avec le nom de Jamel Debbouze à propos de son mariage ou pour l'apparition du mot juif dans ces propos.

 

Curieusement, si on cherche Sigmund Freud ou Albert Einstein sur Google.fr, "juif" apparaît pour le second et non pour le premier. Et si on cherche sur Google.de ou Google.com, le mot "juif" n'apparaît ni pour l'un ni pour l'autre. Faut-il croire que la judéité de l'un et de l'autre n'intéresse ni les internautes de langue allemande, ni les internautes de langue anglaise ? Ou que la judéité intéresse particulièrement la personne qui fait le choix de retenir telle ou telle caractéristique.

 

Au moment où se discute en France la question des "statistiques ethniques", on voit bien ici, Me Colombe Schneck s'est indignée de la chose, que cette question n'a pas été posée pour  des raisons scientifiques, qu'il n'a pas été demandée à la personne comment elle se situait et que... l'anonymat n'a pas été respecté, .

Le dérapage précéderait-il l'autorisation des "statistiques ethniques " ?

 

(1) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2000

 

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 10:56

 

 

CROISSANCE

- La Chine et l'Inde connaîtront une croissance positive (Le Figaro 23/04/09) Faut-il comprendre qu'il y a des croissances négatives ? Probablement, puisque le Monde du 13/06/09 affirme : " La Banque mondiale  révise à la baisse sa prévision de croissance pour 2009. Selon les estimations de la Banque mondiale pour 2009, la récession serait de 3%, plus sévère que ne le laissait craindre l'estimation précédente de 1,7%.

- La croissance  des pays membres devrait rester négative jusqu'à la fin 2009.  Mais, il ne faut pas se faire trop de souci : L'OCDE a publié un indicateur avancé de la conjoncture économique qui indique une  "atténuation  du rythme de détérioration de la croissance" laissant présager un retour à la croissance dans les six prochains mois... ( Le Monde 15/06/09).

 

INFLATION

- Il en est de même de l'inflation qui semble pouvoir être négative : (La zone euro) devrait toutefois bientôt voir son inflation entrer en territoire négatif...  Jean-Claude Trichet a affirmé début mai que les taux d'inflation devraient "augmenter à nouveau " après être restés  "de façon temporaire à des niveaux négatifs pour quelques mois autour de la mi-2009"... (Le Monde 30/05-01/06/09

- Conjoncture : La France enregistre une inflation négative pour la première fois depuis 1957. "Le signe négatif de l'inflation en mai constitue certes une nouveauté économique... mais ne traduit nullement une entrée en déflation de notre économie" a commenté la ministre de l'économie Christine Lagarde. Le Monde13/06/09

 

 

RECESSION

- Le Fonds monétaire international prévoit  une détérioration de la récession pour 2009 (Le Figaro 23/04/09) Faut-il comprendre que la récession va augmenter ou diminuer ?

 

 


 

 

 

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 07:30
UN LIBERALISME TRES AUTORITAIRE

Sur le plan économique, le candidat Sarkozy a fait profession de foi de libéralisme pendant sa campagne électorale. Depuis, la crise aidant, le président Sarkozy a senti le vent des mots et n'a pas manqué d'affirmer sa volonté d'intervenir dans les affaires économiques aussi bien au niveau national, interventions contre les patrons voyous ou sur telle ou telle entreprise, sans que cela tire à conséquence, qu'au niveau européen d'où son différent avec Angela Merkel et son rapprochement avec Brown "l'interventionniste" qu'il n'a pas cependant suivi dans la prise de contrôle des banques ou au niveau mondial lors de la réunion du G20 et ses  interventions contre les paradis fiscaux.

Quant à l'action, c'est bien différent : si, seul, il ne peut pas grand chose sur les lointans paradis fiscaux, il a quelque pouvoir  sur les paradis fiscaux à domicile comme le bouclier fiscal qu'il a mis en place et les centaines de niches fiscales qui sont propres à la France. Là, il défend ces privilèges. Pourtant, tout le monde est d'accord, depuis des années, les écarts se creusent entre les très riches et les pauvres.

Comme l'Etat a besoin d'argent et qu'il ne veut pas d'augmentation d'impôts, l'idée d'un grand emprunt a été lancée. Quelle est la différence entre un impôt et un emprunt ? L'impôt pourrait consister à prendre de l'argent aux plus riches qui ne peuvent d'ailleurs pas le dépenser et ne peuvent donc contribuer à la relance fut-elle "verte". L'emprunt consiste à faire appel à leur épargne et à la rémunérer, donc à les rendre encore plus riches. Qui paiera les intérêts ? Qui remboursera ? On verra plus tard.

Mais comme l'argent manque encore, il faut rogner sur les budgets sociaux d'où la chasse aux faux chômeurs, aux faux malades... Et la montée de l'autoritarisme. Qui touche tous les secteurs de la société. Quelquefois pour bénéficier de l'effet d 'annonce sécuritaire sans que la mesure soit bien réaliste quant à son efficacité  et à sa faisabilité :  mettre des portiques à toutes les écoles, fouiller tous les cartables (on remplace les employés de l'Education nationale par des portiques ou des policiers dans les écoles ?),  vidéosurveillance, excès de zèle des policiers (interrogatoire par la police de deux enfants de 6 et 10 ans, amenés au commissariat par 6 hommes en uniforme pour un vol supposé de vélo ou pour une bagarre entre enfants), interpellation d'un professeur en gare de Marseille, plaintes pour insulte du président de la République ou de ses ministres, sanction contre un journaliste de France 3, interpellations de journalistes, intimidations pour délit de solidarité...

Aujourd'hui, la marmite chauffe d'où la montée du sécuritaire. Mais il n'est pas sûr qu'elle explose. Car les circonstances sont défavorables :
- hégémonie de la pensée libérale même avec la crise mondiale en cours, malgré l'arrogance des parvenus  :
- absence de perspectives politiques à gauche (le PS qui ne cesse de se décomposer) et à gauche de la gauche (qui ne cesse de se recomposer) !
Les choses ne vont guère mieux au niveau européen. Les dernières élections en témoignent.

L'association d'un libéralisme assumé et d'une politique sécuritaire n'est pas le fait du hasard. Quand la justice n'est nulle part, il faut que la police soit partout. Il faut se souvenir des paroles d'un ancien ministre de l'Intérieur qui ne passait pour être laxiste : "quand la police intervient, c'est que, quelque part, un ministre n'a pas fait sont travail". Mais c'était encore l'époque d'un certain compromis social.



 


 


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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:00

 

Le président Barack Obama a annoncé la fermeture du camp de détention de Guantanamo dans le délai d'un an. C'est une bonne nouvelle. Pour tout le monde ou presque. Pour les détenus, bien sûr, et leur famille, pour tous les démocrates et surtout pour les Etats-Unis !

 

Car il ne faut pas perdre de vue que les personnes détenus à Guantanamo ont été enlevées, déportées et séquestrées dans la plus totale illégalité. Bien sûr, les responsables de ces enlèvements et séquestrations affirment que 95% des détenus constituaient une menace potentielle pour les intérêts étasuniens. Ils reconnaissent déjà que 5% ne l'étaient pas. Et comme ils sont les seuls juges, sans témoin, que Guantanamo et ses séquestrés ne sont pas soumis au système judiciaire étasunien,  il est difficile de les croire. Les croirait-on que cela ne les dispense pas d'obéir, ils sont militaires, au minimum aux lois de leur pays et de soumettre leurs prisonniers aux juges avant d'y être soumis eux-mêmes.

 

Près de 800 personnes dont 60 mineurs auraient été détenus dans ce camp, 5 se seraient suicidés. Toutes ont été soumises à la torture, les photos le prouvent même si elles ne sont pas toutes publiées. Torture qui rendraient nuls les aveux extorqués devant n'importe quel tribunal sauf peut être leur tribunal militaire. Certaines ont été remises à la justice de leur pays. Pourquoi ? L' armée des Etats-Unis est-elle mandatée pour cela ? Par qui ? Dans quel cadre juridique ? D'autres ont été amnistiées.

 

Et maintenant que le président Obama veut fermer le camp, il est demandé aux pays alliés d'accueillir certains de ces détenus. Bien entendu, le droit d'asile doit leur être reconnu. Et il n'est pas question de chipoter sur le coût pour un pays comme la France d'une telle action. Il y a cependant quelque chose de choquant de voir que les responsables se défaussent des conséquences de leurs actes, de la réinsertion, de l'indemnisation du préjudice subi. Ils seraient encore 241 incarcérés sur la base (Le Monde 20 mai 2009) ! Dont certains ont fui la misère, la guerre dans leur pays pour partir vers l'el dorado occidental ! Certains seraient reconnus innocents et toujours enfermés depuis 2003 ! Pourquoi ?

 

Leur libération, la fermeture de Guantanamo, la réinsertion de ces victimes ferait beaucoup plus pour les Etats-Unis que toutes les expéditions militaires plus ou moins malheureuses de ces dernières années.

 

Ceci ne doit pas faire oublier qu'il y a quarante ans la France a fait des choses équivalentes en Algérie. Qu'elle ne l'a jamais reconnu officiellement. Que tous les tortionnaires vivent en paix. Que certains publient des livres pour justifier ces comportements. Malgré ces méthodes "musclées",  la France n'a pas gagné la guerre en Algérie et encore moins la paix ! S'il tient tête. Obama peut peut-être gagner les deux.

 

 

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 08:55
On peut être président de la République, avoir été ministre de l'Intérieur et ministre des Finances et dire des... inexactitudes dangereuses. Ainsi le président a proposé récemment de partager, équitablement, les profits des entreprises entre investissement, actionnaires et salariés : la règle des trois tiers.

Il a dans le même temps demandé à Jean-Philippe COTIS, directeur général de l'INSEE, un rapport dont la presse a parlé ces derniers jours. Suivant ce rapport, la répartition des profits s'établit comme suit : 57% pour les investissements, 36% pour la rémunération du capital et 7% pour les salariés, en sus des salaires, sous forme d'intéressement et de participation.

Il y a de quoi faire devenir sarkozyste tous les travailleurs si le président, je ne sais s'il en a le pouvoir, fait passer la part de l'intéressement des salariés de 7 à 33% !!!
Avec le souci de préserver les investissements, les travailleurs pourraient même faire un geste et se  mettre d'accord avec les actionnaires pour ne pas toucher aux 53% réservés aux investissements et se répartir à parts égales les 43% restants. Passer de 6% à 21,5% n'est pas négligeable.

Encore faut-il ne pas oublier que les actionnaires sont doublement rémunérés, par les dividendes d'une part, par la croissance de la valeur de leurs actions qui reposent sur le travail des salariés.

Nous ne reviendrons pas sur le débat qui anime les économistes mais pour JP Cotis le partage de la valeur ajoutée est restée plutôt stable. De même, selon lui, l'écart des salaires n'a guère bougé entre les 10% les mieux pays et les 10% les moins bien payés.

Certains se sont inquiétés pour les classes moyennes salariées qui se voyaient rattrapées par les smicards et distancées par les hauts salaires. Mais ils ne doivent pas s'inquiéter, c'est une phénomène commun et plus important dans l'OCDE !

Rares sont ceux qui notent que, selon le rapport Cotis, les 0,1% des salariés les mieux payés, ont vu leur pouvoir d'achat progresser de façon telle qu'ils s'attribuent aujourd'hui 2% de la masse salariale, soit l'équivalent de ce que se partagent les 20% les plus mal payés.

Cette pudeur sur cette partie de rapport tient probablement à la volonté de ne pas diviser la classe des travailleurs salariés surtout quand on appartient socialement à la couche supérieure !

Ajout 31/05/09
Les 1% des salariés les mieux pays s'arrogeaient 5,5% de la masse salariale globale en 1998. Il en a accaparé6,5% en 2006. Alter éco juin 2009





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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 16:06

ELECTIONS
Dans les groupuscules que j'ai fréquentés, le jugement sur les élections a beaucoup changé : élections pièges à cons, élections expression des luttes sociales, profiter des élections pour faire entendre sa voix, faire de la politique, c'est participer aux moments forts que constituent les élections, participer pour avoir des élus, participer pour bénéficier du financement des partis politiques... Toujours au mot d'ordre, "faire de la politique autrement".

FORMATION POLITIQUE
Ma formation politique vient de quelques sources banales : le christianisme, l'école laïque, les disputes avec mon père, la lecture assidu du Monde de 1952 ou 53 à aujourd'hui et autres journaux, de quelques cours de marxisme  durant la période étudiante. Et de l'intérêt que j'ai toujours porté à la politique.
Pour moi, toutes ces sources hétéroclites avaient une constante : la soif de justice sociale, d'égalité. Je me souviens encore des images du livre d'histoire montrant Saint Louis ou Charlemagne, sous un arbre avec les bons élèves, les pauvres, d'un coté et les autres. J'étais bien sûr parmi les bons élèves pauvres.  De Sarvognan de Brazza libérant les esclaves. De nos disputes sur le Dr Schweitzer, sur la peine de mort... Toute une mythologie laïque qui se mêlait à la mythologie chrétienne. Et si j'ai abandonné l'église, ce n'est pas par perte de la foi mais par le choix de l'église d'être du coté des prêtres députés (l'abbé Gau, député MRP de l'Aude) contre les prêtres ouvriers, du coté des militaires contre les militants ou la théologie de la libération...
La guerre d'Algérie a coïncidé avec mes études. La conversation commençait sur le temps ou sur un film et s'achevait pour ou contre la guerre d'Algérie.

HERITIERS
Tous les jours, mon père se retrouvait au bistrot du quartier avec un ingénieur des Ponts et chaussées qui lui dit un jour ; " Je suis ingénieur, mon fils doit être ingénieur. Tu es maçon, ton fils doit être maçon".

Effectivement, mon père était maçon, le maçon de Pennautier, village à quelques kilomètres de Carcassonne. J'étais au lycée de Carcassonne dans la même classe en allemand que le fils du médecin de Pennautier. Nous avons présenté le baccalauréat la même année. Le fils du médecin a été collé. Le fils du maçon a été reçu. Le médecin n'a plus fait travailler le maçon. Il a fait venir un autre maçon d'un village voisin.

Premier jour de stage à l'hôpital, en première année de médecine, le professeur Laporte fait l'appel dans un souci de connaissance (de reconnaissance ?) des étudiants. A l'appel de certains noms : "Vous êtes parent avec le docteur..." . Y compris pour un copain, Michel M., qui appartenait, de loin, à la tribu des M., par ailleurs protestant comme le professeur Laporte.

Dans la salle de dissection, un tableau est affiché avec les noms des différents prosecteurs qui ont surveillé  les travaux pratiques dans les années précédentes. Il est curieux de constater que certains noms réapparaissent périodiquement. Par hasard.

Une année, remous autour de l'internat. Le bruit court que les collés allaient rendre publics les noms des soutiens, au sein du jury, des candidats reçus. Un fils de patron, brillant et brillamment reçu, a fait savoir que si cela avait lieu, il publierait la liste de tous les candidats, reçus ou collés, avec leurs soutiens. L'affaire en est restée là.

Robert S., doué, travailleur, d'origine audoise et paysanne, je crois, avait réussi à faire reconnaître ses qualités par un patron. Celui-ci l'a pris sous son aile et lui a promis qu'il serait reçu à l'internat. Avec cependant une condition. Il ne devait pas s'installer à Toulouse. Il est allé s'installer à Narbonne.
Cette politique aurait duré jusqu'au jour où des spécialistes formés à Paris sont venus s'installer à Toulouse....

Nous avons logé, deux étudiants de Carcassonne, pendant une période, chez la mère d'un de nos professeurs de médecine, Me Denard. Lors d'une conversation, elle me dit : "Non, mon fils n'est pas allé passer son agrégation. Il n'y avait personne dans le jury pour le défendre. C'était inutile".

Lors d'une revue de l'internat, je n'ai jamais assisté à une de ces revues, une petite comédie a été montée mettant en scène un jury d'internat. Au moment de la délibération, la note de chaque candidat est discutée. Le professeur Riser, fort connu, forte réputation  à l'époque, dit à son collègue : " "Votre" candidat est remarquable. Je vous félicite. Vraiment très, très bien. Tenez, on va lui mettre douze".
Vient le moment de noter "son" candidat, le Professeur Riser : "Vraiment, c'est très insuffisant, il n'a pas été à la hauteur. "On" va lui mettre "seulement" quatorze ! ! !"

Un moment très instructif sur la jeune élite médicale, le service militaire à Libourne où étaient réunis tous les médecins appelés de la même classe pour un enseignement de la médecine de guerre. Ce qui m'a frappé, c'est l'absence de toute dignité de tous ces "fils d'archevêque"  (expression du Dr Robert Soum), patrons, fils de patrons, aspirants patrons, futurs patrons,  prêts à toutes les bassesses pour obtenir un classement qui leur permettrait de choisir un poste proche de leur faculté.
Je ne les ais pas vu jouer de leur position sociale pour cela, peut-être en jouaient-ils par ailleurs. Mais devant la hiérarchie militaire, ils n'étaient pas des patrons mais des larbins.

A la fin du séjour à Libourne, il fallait choisir son affectation en fonction du classement. Je ne me souviens pas à quelle place j'étais. Mais j'ai étonné tout le monde parce que j'ai choisi l'Algérie quand tout le monde ne pensait qu'à rester en France. J'espérais pouvoir faire de la coopération. On en parlait alors mais rien n'était clair.
Heureusement, j'étais le 1er à choisir l'Algérie. Arrivé à Alger, nous étions 4. J'ai chois le 1er, j'ai été affecté à Mostaganem. Les 3 autre se sont retrouvés au Sahara dans la Légion ! Le Sahara d'accord mais la Légion !!!
Après mon choix, le médecin colonel  a éprouvé le besoin  de faire un discours à la gloire de la Légion : il était fier d'être "première clase de a Légion". J'étais très content pour lui et pour moi d'avoir évité la Légion.
M. qui était un des quatre, originaire de la Guadeloupe et qui avait fait ses  études à Toulouse a donc été obligé de choisir un poste à la Légion. Je l'ai revu au moment de notre libération. Cela s'était bien passé, il avait senti un profond respect des légionnaires pour le "toubib".

ILLUSIONS
Quand je suis parti en Algérie, je partais à la découverte du monde et je pensais le changer. Je n'étais que jeune.
Le monde a beaucoup changé. Non dans le sens que je souhaitais, non comme j'ai essayé de le changer.
Le  monde m'a-t-il changé comme me l'annonçait un professeur d'histoire naturelle : "Oriol, on t'arrondira les angles !"
Le monde est aussi décevant que quand j'ai quitté la France, pensant ne jamais y revenir. C'était l'illusion lyrique. J'étais un petit bourgeois, ni maoiste, ni trotskyste, ni chrétien. Simplement, je pensais que la France était désespérante. Que les choses évoluaient dans le bon sens à l'échelle mondiale. Que j'allais y participer.
Les choses ont tourné autrement. Je suis revenu en France... Où sont passées mes espérance, mes illusions ? Simone de Beauvoir a dit, à la fin de sa vie : "On a été floué". C'est vrai, y compris par Sartre et Beauvoir.

MILITANTS
L
es militants passent plus de temps à se disputer avec les personnes les plus proches politiquement qu'avec leurs adversaires. Ces discussions valent-elles le temps qui leur est consacré ? Qu'en restera-t-il demain ? Dans huit jours ? Dans dix ans ?
Si elles servent à la clarification des idées, à l'homogénéisation du groupe, c'est déjà bien.
Elles aboutissent souvent à des ruptures, à des haines qui éloignent des personnes qui ont pourtant les mêmes vues sur l'essentiel. Quand ce sont des personnages plus importants... cela donne "des bons  mots"  qui ont rapportés dans la presse, plus que les idées. Et sur lesquels, nous lecteurs, nous nous précipitons.


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Published by Paul ORIOL - dans Souvenirs
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 20:51
Nos chères têtes blondes et brunes ont de la chance, tout le monde se préoccupe de leur formation.

"Les sociologues ont montré que les élèves des milieux défavorisés admis dans les meilleures grandes écoles sont passés de 29 à 9% entre le milieu des années 1950 et celui des années 1990" . Des bonnes volontés, sans aucune ironie, se préoccupent d'améliorer les choses pour remettre à niveau... Cela touche une trentaine de jeunes. Dose homéopathique, ces "jeunes défavorisés" pourront être absorbés sans trop de dommage pour la société.

Au Texas, quand "l'affirmative action" a été supprimée, les meilleurs de chaque établissement ont pu accéder au niveau supérieur. Une telle pratique avait pour but de casser les établissements d'élites où se retrouvaient tous ceux qui voulaient poursuivre des études. Désormais, les meilleurs n'ont plus intérêt à se retrouver tous dans le même établissement. Ce doit être plus efficace que la sectorisation. Ici cela conduirait  à casser le système de sélection par les grand lycées qui sélectionnent pour les grandes écoles qui ouvrent les grandes fonctions.

Bien entendu, c'est une "rupture" trop forte pour un gouvernement qui pense beaucoup plus à casser qu'à rompre. N'empêche que rupture il y a avec un décret France-Vatican qui reconnaît désormais l'équivalence des diplômes entre le Vatican et la France. Comme cette reconnaissance s'étend au delà des études religieuses, cela peut permettre au Vatican de contrôler les programmes autres que religieux des Instituts catholiques. Cela n'inquiète pas seulement les laïques, mais aussi les instituts eux-mêmes qui se seraient bien passés d'une telle tutelle !

Continuant sur sa lancée, on peut suggérer au gouvernement de se tourner maintenant vers le Royaume-Uni où la chaîne Mac Do est habilitée "à délivrer ses propres diplômes du niveau du baccalauréat professionnel".

Est-ce ce que nous prépare l'autonomie des établissements ?

Informations parues dans le Monde Le Monde 13/05/09)
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 15:51
Le risque zéro a encore frappé.
La Sncf réserve des "wagons family" (!!!) aux familles voyageant avec des enfants afin que ceux-ci n'indisposent pas les braves gens honnêtes.
J'ai découvert, il y a peu de temps qu'il y avait des wagons couchettes "femmes seulement" ! J'ai pris des billets avec Anne pour Carcassonne aller-retour. A l'aller, pas de problème. Au retour, avec Anne nous prenons le train à 23 heures à Carcassonne et rejoignons nos couchettes.
Et dans l'obscurité une dame s'insurge, c'est un "compartiment femmes". Le contrôleur était là. C'était effectivement un "compartiment femmes". Nous n'étions pour rien dans cette intrusion. Nous respections les indications du billet. Nous avons été obligés de changer de compartiment. Et un autre "couple"  avec nous, une mère avec son fils de 10-12 ans.
Heureusement, il y avait de la place et nous avons eu un compartiment pour nous 4. C'était la première fois que j'entendais parler de compartiment "femmes". Maintenant qu'il y a des wagons "family",   je pourrais demander que ce jeune homme de 10 ans aille coucher ailleurs !!!
Il y a aussi les piscines pour femmes musulmanes ou juives...
Les quartiers pour riches, clôtures, avec gardes existent au Brésil et aux États-Unis, il y en a peut-être en France. Je n'en sais rien.
Et maintenant les wagons pour enfants.
Où s'arrêtera-t-on de cloisonner ?
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