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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:00

 

Le président Barack Obama a annoncé la fermeture du camp de détention de Guantanamo dans le délai d'un an. C'est une bonne nouvelle. Pour tout le monde ou presque. Pour les détenus, bien sûr, et leur famille, pour tous les démocrates et surtout pour les Etats-Unis !

 

Car il ne faut pas perdre de vue que les personnes détenus à Guantanamo ont été enlevées, déportées et séquestrées dans la plus totale illégalité. Bien sûr, les responsables de ces enlèvements et séquestrations affirment que 95% des détenus constituaient une menace potentielle pour les intérêts étasuniens. Ils reconnaissent déjà que 5% ne l'étaient pas. Et comme ils sont les seuls juges, sans témoin, que Guantanamo et ses séquestrés ne sont pas soumis au système judiciaire étasunien,  il est difficile de les croire. Les croirait-on que cela ne les dispense pas d'obéir, ils sont militaires, au minimum aux lois de leur pays et de soumettre leurs prisonniers aux juges avant d'y être soumis eux-mêmes.

 

Près de 800 personnes dont 60 mineurs auraient été détenus dans ce camp, 5 se seraient suicidés. Toutes ont été soumises à la torture, les photos le prouvent même si elles ne sont pas toutes publiées. Torture qui rendraient nuls les aveux extorqués devant n'importe quel tribunal sauf peut être leur tribunal militaire. Certaines ont été remises à la justice de leur pays. Pourquoi ? L' armée des Etats-Unis est-elle mandatée pour cela ? Par qui ? Dans quel cadre juridique ? D'autres ont été amnistiées.

 

Et maintenant que le président Obama veut fermer le camp, il est demandé aux pays alliés d'accueillir certains de ces détenus. Bien entendu, le droit d'asile doit leur être reconnu. Et il n'est pas question de chipoter sur le coût pour un pays comme la France d'une telle action. Il y a cependant quelque chose de choquant de voir que les responsables se défaussent des conséquences de leurs actes, de la réinsertion, de l'indemnisation du préjudice subi. Ils seraient encore 241 incarcérés sur la base (Le Monde 20 mai 2009) ! Dont certains ont fui la misère, la guerre dans leur pays pour partir vers l'el dorado occidental ! Certains seraient reconnus innocents et toujours enfermés depuis 2003 ! Pourquoi ?

 

Leur libération, la fermeture de Guantanamo, la réinsertion de ces victimes ferait beaucoup plus pour les Etats-Unis que toutes les expéditions militaires plus ou moins malheureuses de ces dernières années.

 

Ceci ne doit pas faire oublier qu'il y a quarante ans la France a fait des choses équivalentes en Algérie. Qu'elle ne l'a jamais reconnu officiellement. Que tous les tortionnaires vivent en paix. Que certains publient des livres pour justifier ces comportements. Malgré ces méthodes "musclées",  la France n'a pas gagné la guerre en Algérie et encore moins la paix ! S'il tient tête. Obama peut peut-être gagner les deux.

 

 

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 08:55
On peut être président de la République, avoir été ministre de l'Intérieur et ministre des Finances et dire des... inexactitudes dangereuses. Ainsi le président a proposé récemment de partager, équitablement, les profits des entreprises entre investissement, actionnaires et salariés : la règle des trois tiers.

Il a dans le même temps demandé à Jean-Philippe COTIS, directeur général de l'INSEE, un rapport dont la presse a parlé ces derniers jours. Suivant ce rapport, la répartition des profits s'établit comme suit : 57% pour les investissements, 36% pour la rémunération du capital et 7% pour les salariés, en sus des salaires, sous forme d'intéressement et de participation.

Il y a de quoi faire devenir sarkozyste tous les travailleurs si le président, je ne sais s'il en a le pouvoir, fait passer la part de l'intéressement des salariés de 7 à 33% !!!
Avec le souci de préserver les investissements, les travailleurs pourraient même faire un geste et se  mettre d'accord avec les actionnaires pour ne pas toucher aux 53% réservés aux investissements et se répartir à parts égales les 43% restants. Passer de 6% à 21,5% n'est pas négligeable.

Encore faut-il ne pas oublier que les actionnaires sont doublement rémunérés, par les dividendes d'une part, par la croissance de la valeur de leurs actions qui reposent sur le travail des salariés.

Nous ne reviendrons pas sur le débat qui anime les économistes mais pour JP Cotis le partage de la valeur ajoutée est restée plutôt stable. De même, selon lui, l'écart des salaires n'a guère bougé entre les 10% les mieux pays et les 10% les moins bien payés.

Certains se sont inquiétés pour les classes moyennes salariées qui se voyaient rattrapées par les smicards et distancées par les hauts salaires. Mais ils ne doivent pas s'inquiéter, c'est une phénomène commun et plus important dans l'OCDE !

Rares sont ceux qui notent que, selon le rapport Cotis, les 0,1% des salariés les mieux payés, ont vu leur pouvoir d'achat progresser de façon telle qu'ils s'attribuent aujourd'hui 2% de la masse salariale, soit l'équivalent de ce que se partagent les 20% les plus mal payés.

Cette pudeur sur cette partie de rapport tient probablement à la volonté de ne pas diviser la classe des travailleurs salariés surtout quand on appartient socialement à la couche supérieure !

Ajout 31/05/09
Les 1% des salariés les mieux pays s'arrogeaient 5,5% de la masse salariale globale en 1998. Il en a accaparé6,5% en 2006. Alter éco juin 2009





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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 16:06

ELECTIONS
Dans les groupuscules que j'ai fréquentés, le jugement sur les élections a beaucoup changé : élections pièges à cons, élections expression des luttes sociales, profiter des élections pour faire entendre sa voix, faire de la politique, c'est participer aux moments forts que constituent les élections, participer pour avoir des élus, participer pour bénéficier du financement des partis politiques... Toujours au mot d'ordre, "faire de la politique autrement".

FORMATION POLITIQUE
Ma formation politique vient de quelques sources banales : le christianisme, l'école laïque, les disputes avec mon père, la lecture assidu du Monde de 1952 ou 53 à aujourd'hui et autres journaux, de quelques cours de marxisme  durant la période étudiante. Et de l'intérêt que j'ai toujours porté à la politique.
Pour moi, toutes ces sources hétéroclites avaient une constante : la soif de justice sociale, d'égalité. Je me souviens encore des images du livre d'histoire montrant Saint Louis ou Charlemagne, sous un arbre avec les bons élèves, les pauvres, d'un coté et les autres. J'étais bien sûr parmi les bons élèves pauvres.  De Sarvognan de Brazza libérant les esclaves. De nos disputes sur le Dr Schweitzer, sur la peine de mort... Toute une mythologie laïque qui se mêlait à la mythologie chrétienne. Et si j'ai abandonné l'église, ce n'est pas par perte de la foi mais par le choix de l'église d'être du coté des prêtres députés (l'abbé Gau, député MRP de l'Aude) contre les prêtres ouvriers, du coté des militaires contre les militants ou la théologie de la libération...
La guerre d'Algérie a coïncidé avec mes études. La conversation commençait sur le temps ou sur un film et s'achevait pour ou contre la guerre d'Algérie.

HERITIERS
Tous les jours, mon père se retrouvait au bistrot du quartier avec un ingénieur des Ponts et chaussées qui lui dit un jour ; " Je suis ingénieur, mon fils doit être ingénieur. Tu es maçon, ton fils doit être maçon".

Effectivement, mon père était maçon, le maçon de Pennautier, village à quelques kilomètres de Carcassonne. J'étais au lycée de Carcassonne dans la même classe en allemand que le fils du médecin de Pennautier. Nous avons présenté le baccalauréat la même année. Le fils du médecin a été collé. Le fils du maçon a été reçu. Le médecin n'a plus fait travailler le maçon. Il a fait venir un autre maçon d'un village voisin.

Premier jour de stage à l'hôpital, en première année de médecine, le professeur Laporte fait l'appel dans un souci de connaissance (de reconnaissance ?) des étudiants. A l'appel de certains noms : "Vous êtes parent avec le docteur..." . Y compris pour un copain, Michel M., qui appartenait, de loin, à la tribu des M., par ailleurs protestant comme le professeur Laporte.

Dans la salle de dissection, un tableau est affiché avec les noms des différents prosecteurs qui ont surveillé  les travaux pratiques dans les années précédentes. Il est curieux de constater que certains noms réapparaissent périodiquement. Par hasard.

Une année, remous autour de l'internat. Le bruit court que les collés allaient rendre publics les noms des soutiens, au sein du jury, des candidats reçus. Un fils de patron, brillant et brillamment reçu, a fait savoir que si cela avait lieu, il publierait la liste de tous les candidats, reçus ou collés, avec leurs soutiens. L'affaire en est restée là.

Robert S., doué, travailleur, d'origine audoise et paysanne, je crois, avait réussi à faire reconnaître ses qualités par un patron. Celui-ci l'a pris sous son aile et lui a promis qu'il serait reçu à l'internat. Avec cependant une condition. Il ne devait pas s'installer à Toulouse. Il est allé s'installer à Narbonne.
Cette politique aurait duré jusqu'au jour où des spécialistes formés à Paris sont venus s'installer à Toulouse....

Nous avons logé, deux étudiants de Carcassonne, pendant une période, chez la mère d'un de nos professeurs de médecine, Me Denard. Lors d'une conversation, elle me dit : "Non, mon fils n'est pas allé passer son agrégation. Il n'y avait personne dans le jury pour le défendre. C'était inutile".

Lors d'une revue de l'internat, je n'ai jamais assisté à une de ces revues, une petite comédie a été montée mettant en scène un jury d'internat. Au moment de la délibération, la note de chaque candidat est discutée. Le professeur Riser, fort connu, forte réputation  à l'époque, dit à son collègue : " "Votre" candidat est remarquable. Je vous félicite. Vraiment très, très bien. Tenez, on va lui mettre douze".
Vient le moment de noter "son" candidat, le Professeur Riser : "Vraiment, c'est très insuffisant, il n'a pas été à la hauteur. "On" va lui mettre "seulement" quatorze ! ! !"

Un moment très instructif sur la jeune élite médicale, le service militaire à Libourne où étaient réunis tous les médecins appelés de la même classe pour un enseignement de la médecine de guerre. Ce qui m'a frappé, c'est l'absence de toute dignité de tous ces "fils d'archevêque"  (expression du Dr Robert Soum), patrons, fils de patrons, aspirants patrons, futurs patrons,  prêts à toutes les bassesses pour obtenir un classement qui leur permettrait de choisir un poste proche de leur faculté.
Je ne les ais pas vu jouer de leur position sociale pour cela, peut-être en jouaient-ils par ailleurs. Mais devant la hiérarchie militaire, ils n'étaient pas des patrons mais des larbins.

A la fin du séjour à Libourne, il fallait choisir son affectation en fonction du classement. Je ne me souviens pas à quelle place j'étais. Mais j'ai étonné tout le monde parce que j'ai choisi l'Algérie quand tout le monde ne pensait qu'à rester en France. J'espérais pouvoir faire de la coopération. On en parlait alors mais rien n'était clair.
Heureusement, j'étais le 1er à choisir l'Algérie. Arrivé à Alger, nous étions 4. J'ai chois le 1er, j'ai été affecté à Mostaganem. Les 3 autre se sont retrouvés au Sahara dans la Légion ! Le Sahara d'accord mais la Légion !!!
Après mon choix, le médecin colonel  a éprouvé le besoin  de faire un discours à la gloire de la Légion : il était fier d'être "première clase de a Légion". J'étais très content pour lui et pour moi d'avoir évité la Légion.
M. qui était un des quatre, originaire de la Guadeloupe et qui avait fait ses  études à Toulouse a donc été obligé de choisir un poste à la Légion. Je l'ai revu au moment de notre libération. Cela s'était bien passé, il avait senti un profond respect des légionnaires pour le "toubib".

ILLUSIONS
Quand je suis parti en Algérie, je partais à la découverte du monde et je pensais le changer. Je n'étais que jeune.
Le monde a beaucoup changé. Non dans le sens que je souhaitais, non comme j'ai essayé de le changer.
Le  monde m'a-t-il changé comme me l'annonçait un professeur d'histoire naturelle : "Oriol, on t'arrondira les angles !"
Le monde est aussi décevant que quand j'ai quitté la France, pensant ne jamais y revenir. C'était l'illusion lyrique. J'étais un petit bourgeois, ni maoiste, ni trotskyste, ni chrétien. Simplement, je pensais que la France était désespérante. Que les choses évoluaient dans le bon sens à l'échelle mondiale. Que j'allais y participer.
Les choses ont tourné autrement. Je suis revenu en France... Où sont passées mes espérance, mes illusions ? Simone de Beauvoir a dit, à la fin de sa vie : "On a été floué". C'est vrai, y compris par Sartre et Beauvoir.

MILITANTS
L
es militants passent plus de temps à se disputer avec les personnes les plus proches politiquement qu'avec leurs adversaires. Ces discussions valent-elles le temps qui leur est consacré ? Qu'en restera-t-il demain ? Dans huit jours ? Dans dix ans ?
Si elles servent à la clarification des idées, à l'homogénéisation du groupe, c'est déjà bien.
Elles aboutissent souvent à des ruptures, à des haines qui éloignent des personnes qui ont pourtant les mêmes vues sur l'essentiel. Quand ce sont des personnages plus importants... cela donne "des bons  mots"  qui ont rapportés dans la presse, plus que les idées. Et sur lesquels, nous lecteurs, nous nous précipitons.


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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 20:51
Nos chères têtes blondes et brunes ont de la chance, tout le monde se préoccupe de leur formation.

"Les sociologues ont montré que les élèves des milieux défavorisés admis dans les meilleures grandes écoles sont passés de 29 à 9% entre le milieu des années 1950 et celui des années 1990" . Des bonnes volontés, sans aucune ironie, se préoccupent d'améliorer les choses pour remettre à niveau... Cela touche une trentaine de jeunes. Dose homéopathique, ces "jeunes défavorisés" pourront être absorbés sans trop de dommage pour la société.

Au Texas, quand "l'affirmative action" a été supprimée, les meilleurs de chaque établissement ont pu accéder au niveau supérieur. Une telle pratique avait pour but de casser les établissements d'élites où se retrouvaient tous ceux qui voulaient poursuivre des études. Désormais, les meilleurs n'ont plus intérêt à se retrouver tous dans le même établissement. Ce doit être plus efficace que la sectorisation. Ici cela conduirait  à casser le système de sélection par les grand lycées qui sélectionnent pour les grandes écoles qui ouvrent les grandes fonctions.

Bien entendu, c'est une "rupture" trop forte pour un gouvernement qui pense beaucoup plus à casser qu'à rompre. N'empêche que rupture il y a avec un décret France-Vatican qui reconnaît désormais l'équivalence des diplômes entre le Vatican et la France. Comme cette reconnaissance s'étend au delà des études religieuses, cela peut permettre au Vatican de contrôler les programmes autres que religieux des Instituts catholiques. Cela n'inquiète pas seulement les laïques, mais aussi les instituts eux-mêmes qui se seraient bien passés d'une telle tutelle !

Continuant sur sa lancée, on peut suggérer au gouvernement de se tourner maintenant vers le Royaume-Uni où la chaîne Mac Do est habilitée "à délivrer ses propres diplômes du niveau du baccalauréat professionnel".

Est-ce ce que nous prépare l'autonomie des établissements ?

Informations parues dans le Monde Le Monde 13/05/09)
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 15:51
Le risque zéro a encore frappé.
La Sncf réserve des "wagons family" (!!!) aux familles voyageant avec des enfants afin que ceux-ci n'indisposent pas les braves gens honnêtes.
J'ai découvert, il y a peu de temps qu'il y avait des wagons couchettes "femmes seulement" ! J'ai pris des billets avec Anne pour Carcassonne aller-retour. A l'aller, pas de problème. Au retour, avec Anne nous prenons le train à 23 heures à Carcassonne et rejoignons nos couchettes.
Et dans l'obscurité une dame s'insurge, c'est un "compartiment femmes". Le contrôleur était là. C'était effectivement un "compartiment femmes". Nous n'étions pour rien dans cette intrusion. Nous respections les indications du billet. Nous avons été obligés de changer de compartiment. Et un autre "couple"  avec nous, une mère avec son fils de 10-12 ans.
Heureusement, il y avait de la place et nous avons eu un compartiment pour nous 4. C'était la première fois que j'entendais parler de compartiment "femmes". Maintenant qu'il y a des wagons "family",   je pourrais demander que ce jeune homme de 10 ans aille coucher ailleurs !!!
Il y a aussi les piscines pour femmes musulmanes ou juives...
Les quartiers pour riches, clôtures, avec gardes existent au Brésil et aux États-Unis, il y en a peut-être en France. Je n'en sais rien.
Et maintenant les wagons pour enfants.
Où s'arrêtera-t-on de cloisonner ?
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 22:03
La diversité est constitutive de toute société. Elle fait l'objet de multiples statistiques, sondages... Jusqu'ici, tout ceci ne posait aucun problème. Mais diversité a pris depuis quelque temps, une autre signification. Elle veut dire diversité ethnique et même plus précisément "minorités  visibles".

Et le débat est ouvert.

Militant depuis  1972 dans le secteur "immigration" (du PSU aux Alternatifs), j'ai été amené à faire, comme Monsieur Jourdain, des "statistiques ethniques" avant l'heure. En essayant de regrouper les adhérents en fonction de leur patronyme. Ce qui m'a valu des questions et une fois, sans question, d'être traité de nazi.

Plus tard, j'ai pratiqué les "statistiques ethniques" en publiant différents articles sur la participation des personnes d'origine immigrée extra européenne aux diverses élections en France. Ces articles sont sur mon site). Les données étaient établies en comptabilisant les personnes qui avaient un nom et un prénom "non européen" sur les listes de candidats ou d'élus à différentes élections. Cela exclut  les personnes qui ont un nom "non européen" et un prénom "européen" ou "chrétien". Et ne met pas sur le même plan les personnes issues d'un couple mixte qui seront classées différemment en fonction du patronyme paternel.

Il n'en reste pas moins que cela permet de se faire une idée de la (faible) importance du nombre de candidats ou d'élus. Cet inconvénient est beaucoup moindre quand on compare les candidats et les élus sur les différentes listes ou dans l'organigramme des partis, avec la même méthode.
 
J'ai décidé d'arrêter ce type d'articles :
- tout d'abord parce que je crois que la question est entrée dans l'espace public et que, désormais, tous les partis se posent la question qui, hier, était plus ou moins tabou. Si 4 élus sur 5, issus de "l'immigration", l'ont été sur des listes de gauche, la gauche, plus particulièrement le Parti socialiste et personnellement Lionel Jospin, par leur frilosité ont perdu une occasion de mettre en pratique une politique égalitaire et promotionnelle des couches les plus défavorisées, y compris d'ailleurs celle des "gaulois". Aux Etats-Unis, TOUS les élus noirs sont démocrates. Les Noirs votent à plus de 80% pour le parti démocrate (88% pour Kerry, 95% pour Obama. Ce sont les minorités qui permettent l'élection des démocrates à la présidence des Etats-Unis.
- ensuite parce qu'il est inadmissible d'enfermer, à perpétuité, des "lignées" dans leur origine ancestrale sous prétexte qu'elles ont tel ou tel patronyme.

Actuellement, les statistiques ethniques posent d'autres problèmes. Il est inutile d'ouvrir de fausses querelles et il n'est pas question d'établir des registres nominatifs. Les statistiques ethniques ne conduisent pas à l'interpellation à l'heure du laitier.

Elles sont demandées par certains "ethniques" et par certains chercheurs pour chiffrer les discriminations et pouvoir lutter contre.
Il n'est pas sûr que, les statistiques établies, elles servent à cela et qu'elles ne servent qu'à cela. Les chiffres sont connues depuis très longtemps sur les discriminations dont sont victimes les femmes. Une loi sur la parité a même été votée et le pourcentage des femmes à l'Assemblée nationale comme au Sénat est inférieur à 20%. Les partis préfèrent perdre une partie des subventions plutôt que d'instaurer une véritable parité ! De plus, les femmes sont victimes d'autres discriminations qui sont publiées régulièrement dans la presse et qui, malgré tout, perdurent : salaires, chômage, diminution de la proportion de femmes dans toutes les hiérarchies que ce soit dans la fonction publique ou dans les entreprises....

Pour qui veut lutter contre les discriminations, il n'est pas nécessaire d'avoir des statistiques ethniques : pour ouvrir tous les emplois aux résidents étrangers quelle que soit leur nationalité, donner le droit de vote aux élections municipales et européennes comme aux citoyens de l'Union européenne et l'éligibilité aux prud'hommes, "décristalliser" les pensions aux anciens combattants...

On a beaucoup parlé des Etats-Unis où les statistiques ethniques sont sur la place publique, à l'occasion de l'élection Barack Obama : il y a 17% de femmes au Congrès étasunien, Barack Obama était le seul sénateur noir (sur 100), les Noirs constituent 6,9% des représentants et 12,4% de la population... Les endroits où les Noirs sont fortement surreprésentés sont les prisons, les sports, la musique... Mais sont ils en prison parce qu'ils sont noirs ou parce qu'ils sont pauvres ou pour ces deux raisons mêlées ?

Parallèlement, il s'est constitué une classe moyenne noire aux Etats-Unis. Et c'est parfait. Il ya quelques Noirs qui ont été promus et la masse des pauvres, noirs et blancs, a fortement augmenté. Comme ici d'ailleurs.

Il faut donc pour que les choses changent qu'il y ait, au delà des statistiques, une réelle volonté politique.
Qui plus est, les statistiques existent par le lieu de naissance des personnes et des parents... même si avec le temps leur pertinence va en s'amenuisant.

Ces statistiques peuvent aussi servir à d'autres buts. L'extrême droite demande des comptages séparés. Et pourquoi pas une sécurité sociale séparée ? Et un chiffrage de la délinquance séparée ? Et ce qui se profile derrière tous ces comptages que leurs partisans le veuillent ou non c'est la substitution "de la lutte des races à la lutte des classes". Ce qui n'est pas compté, ne compte pas. Tout lne mode parle du parlement monocolore. Mais il y a plus de variété de couleur de peau au Parlement que de diversité sociale.

Les choses ont bien changé : hier, on parlait de la "banlieue rouge", aujourd'hui on parle des "jeunes des banlieues" et bientôt des "banlieues basanées ou noires". La stigmatisation hier était politique "les rouges et le couteau entre les dents", elle est aujourd'hui générationnelle "les jeunes" avec une pointe raciste qui s'euphémise dans les "jeunes des banlieues" qui devient facilement "les sauvageons et la racaille".

En période de crise, il est particulièrement rentable de diviser les couches les plus favorisées.

NB : Pour avoir quelques données chiffrées sur la composition sociale du Parlement, aller sur mon site  et voir les fiches ACER.






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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 23:00

ABÉCÉDAIRE


 

ARGENT
J'ai plus d'argent à dépenser que de temps à vivre.

Je n'ai pas de problème d'argent. L'argent est un problème pour ceux qui n'en ont pas assez et pour ceux qui en ont trop.

 

CHEVEUX
Il a les cheveux si court qu'il ne sait pas s'il se caresse la barbe ou le crane.

 

COIFFEUR
Le coiffeur et la prostituée sont deux professionnels auxquels les clients donnent leur temps, leur argent et leur marchandise. Les prostituées sont cependant moins bavardes, dit-on.



CRÉDIT MUNICIPAL
Au XIXe siècle, certains pauvres allaient déposer leur matelas au Crédit municipal le matin et le reprenaient le soir. Avec l'argent qu'on leur donnait le matin, pour le matelas, ils pouvaient acheter quelques marchandises qu'ils revendaient dans la journée. Cela leur permettait de vivre et de récupérer le soir le matelas qui, entre temps, était passé dans une machine à laver qui tuait tous les parasites. Comme ils n'avaient pas de logement, le Crédit municipal leur servait de garde meuble.
Aujourd'hui, les matelas sont étendus dans la rue. La rue de la Banque, par exemple !


 

DISCRÉTION

N'écoutez plus aux portes. Écoutez aux téléphones mobiles... Ouvrez vos oreilles dans la rue, dans les files d'attente, dans le métro, au restaurant, vous apprendrez beaucoup de choses.


 


DIVERSITÉ
Quand on parle de diversité en politique, sans autre précision, cela veut dire diversité raciale alors que les races n'existent pas, dit-on. Cela ne veut jamais dire diversité sociale car les classes sociales n'existent pas, dit-on..

 

.
ÉCHEC de GAUCHE
Quand on est socialiste de gauche, il y a trois façons d'échouer :
- entrer au PS pour le changer de l'intérieur comme l'ont fait les membres du PSU en 1974 ou de
nombreux militants de la LCR entre autres....
- sortir du PS pour constituer un parti socialiste de gauche ou le construire à coté du PS, comme le PSU hier, le Parti de gauche aujourd'hui.
-
rester au PS dans la ligne. Mais là c'est l'échec surtout pour les électeurs.

Le seul qui a réussi est le PC, il y a fort longtemps et dans des circonstances bien particulières.... Il y avait la grande illusion et le soutien soviétique derrière. Et on a vu où cela conduisait.

 Les Verts reposent sur un autre paradigme. Mais réussiront-ils ?


ENFANTS
Pour faire des enfants, il faut être très optimiste. De quoi peut-on les assurer ? Qu'ils souffriront et qu'ils mourront ! C'est à la limite du sadisme.



ENSEIGNEMENT
Avec l'apparition de l'informatique (ordinateurs, télécommandes, consoles de jeux...), c'est peut-être la première fois il est reconnu que les enfants enseignent aux parents.

Autrefois, les pères jouaient avec le train électrique qu'ils avaient offert à leur enfant. Aujourd'hui, les enfants jouent avec les appareils électroniques que les parents se sont achetés !


 

IDÉE NOUVELLE
Par définition, une idée nouvelle est minoritaire. Quand elle devient majoritaire, c'est qu'elle est dépassée.

 

MÉMOIRE
J'ai la tête trouée (je perds la mémoire, phrase entendue dans le bus)

 

MINORITÉS VISIBLES
Il n'y a pas de races, seulement des minorités visibles.

 



MIROIR

Je crois que c'est Cocteau qui a dit : " Les miroirs devraient réfléchir avant de renvoyer une image."
Effectivement, on croit qu'ils sonr fait pour renvoye la beauté. Ce n'est pas ce qu'on voit quand, par hasard, on s'y voit, nu. Surtout devant un grand miroir.

 

 

MOURIR
Mourir dans un ultime orgasme !

 

Il vaut mieux mourrir de plaisir que mourir de faim. Malheureusement, certains meurent de faim pour que d'autres meurent de plaisir !
 

PARTICIPATION

Comme les politiques proclament partout qu'il n'y a qu'une seule politique possible, soumise, les citoyens se désintéressent de plus en plus de la politique. Que ce soit sous forme de réponse aux sondages ou de participation aux élections. En France, les uns et les autres pensent qu'avec l'argent on peut régler ces questions :

- les sondeurs proposent un paiement aux personnes qu'ils veulent interroger pour diminuer les non réponses.

- les politiques veulent rendre le vote obligatoire sous peine d'amende pour les abstentionnistes. Nul ne pourrait y échapper puisque les jeunes sont inscrits d’office sur les listes électorales quant il arrivent à la majorité.

 

PLAN SOCIAL :

Terme "correct" pour dire plan de licenciement.

PROSTITUTION
Ce que l'homme tient en sa plus haute estime, bien au dessus de son corps, son esprit, sa production intellectuelle. Celui qui vend son corps se prostitue. Celui qui vend son esprit, sa production intellectuelle est un intellectuel.

 

QUEUE
Point commun des champignons et des fleurs : quand ils sont bons, quand elles sont belles, on leur coupe la queue !

 

RACE
Il n'y a plus de classes sociales puisqu'il n'y a plus de conscience de classe. Il n'y a plus de races : seulement, une conscience de race (la race "ressentie") sans races. La lutte des races (qui n'existent pas) a remplacé la lutte des classes (qui existent). La banlieue rouge a disparu. Elle est devenue basanée.

Tout va très bien. Les exploités se mangent entre eux.


RÉVOLUTION
Pour avoir une révolution, c'est tout simple. Il suffit de mettre la « gauche de gauche » au pouvoir. Il y aura une telle pagaïe que toute la population se soulèvera en quelques semaines.
En 2005, après le référendum, il y a eu la pagaïe dans la « gauche de gauche ». Il n'y a pas eu de révolution. Elle n'était pas au pouvoir.

 

SURDITÉ
Ma femme, elle a des trous dans les oreilles.

 

VERTS

L'avenir des Verts est sombre. Au lieu des « lendemains qui chantent », ils promettent l'Apocalypse !

 

VÊTEMENT
Promesse de nudité pour les jeunes.
Cache misère pour les vieux.

 

VIEILLESSE
En vieillissant, on a le choix, devenir un vieux con ou un vieux sage. Pour devenir un vieux sage, il faut savoir se taire.

J'ai deux appendices qui ont tendance à s'obstruer. En vieillissant, l'un coule trop, l'autre pas assez.

Pedro m'a dit un jour : « Après 60 ans, si on n'a pas mal quelque part, c'est qu'on est mort ». Je suis bien vivant...

Il est tellement décati qu'il ne pourrait donner du plaisir à une mouche !

Vieillir c'est apprendre son impuissance, son inutiité. Peut-être même, l'inutiité.

 

VOTE OBLIGATOIRE

Pour favoriser la participation électorale, certains, au PS, on trouvé une astuce remarquable. Rendre le vote obligatoire sous peine d'amende. Avec un triple avantage.

- Faire rentrer de l'argent dans les caisses de l’État, sans indisposer la droite. En mettant à contribution les pauvres qui sont les plus nombreux à ne pas participer.

- Pousser à participer les couches sociales qui votent plus pour la gauche ou l'extrême droite que pour la droite.

- Masquer la désespérance des classes populaires dont l'ensemble des politiques sont responsables et dont témoignent les abstentionnistes.










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Published by Paul ORIOL
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 10:47
Dans moins de deux mois auront lieu les élections européennes. Jusqu'ici, les élections européennes ont toujours été des élections nationales. Il faut que cette année les choses soient différentes. La contestation du président de la Commission européenne Barroso va dans ce sens. Il faut aller plus loin. Ce ne doit pas être seulement un test contre Sarkozy. Contre Barroso. Le 1er mai, le 7 juin doivent mettre en question la politique de tous les gouvernements européens.

Les événements se prêtent plus que jamais à une campagne européenne :
- les Français et les Néerlandais ont rejeté le projet de traité constitutionnel, notamment, parce qu'il instituait une politique économique et sociale, ce qui n'est pas le rôle d'une constitution. Que cette politique économique et sociale était de droite. Ansi que l'ensemble de la politique prônée ;
- Sarkozy a méprisé le vote des Français par référendum en faisant adopter un "traité simplifiés" par un Parlement qui aurait adopté  le PTCE à une majorité de 80% alors qu'il était rejeté par le référendum populaire ;
- l'Irlande a rejeté le "traité simplifié" et  tout le monde cherche une solution pour revenir sur ce vote.

Quand il s'agit de l'Union européenne, les peuples d'Europe ont le droit de voter comme ils veulent à condition de voter "oui".

La crise économique est venue des Etats-Unis. Tout le monde en connaît les causes. Thatcher et Reagan ont profité de la faiblesse et de la chute de l'Union soviétique pour rompre l'équilibre qui régnait depuis 1945 entre les forces sociales. L'augmentation de la productivité permettait une relative amélioration de la situation des couches défavorisées sans "ruiner" les détenteurs du capital. Ce n'était pas assez. Sentant l'aubaine, ceux-ci ont profité de la disparition de la menace de subversion communiste pour augmenter leur part.

Pour que le niveau de vie continue à progresser, l'endettement des ménages a été favorisé et avec lui les bénéfices des banques. Tout le monde pouvait s'endetter. Tout le monde pouvait devenir propriétaire. Et riche, Surtout les banques. Cela marchait si bien que Sarkozy en faisait son programme. Tous les Français devaient pouvoir s'endetter comme le faisaient les Etasuniens. Jusqu'à la crise des subprimes.

Les ménages ne peuvent faire face. Les banques s'écroulent. Et chaque gouvernement réagit séparément. Grand clivage entre les Etats-Unis et l'Europe. Entre les Européens eux-mêmes.

Tout le monde connaît les causes  :
Les banques sont plombées par des "fonds pourris", les ménages trop endettés aux Etats-Unis ne peuvent plus acheter, les entreprises ralentissent, ferment ou font faillite. Chaque gouvernement regarde son voisin pour qu'il prenne les mesures seul, de façon à profiter de sa politique.
Les Européens attendent la relance étasunienne, en Europe la relance allemande ; les Allemands ne veulent pas financer une relance qui profiterait à tout le monde. En 1980, la relance française a entraîné de fortes importations.

Pour justifier la faible relance en Europe, les gouvernements européens ont de bonnes raisons : la crise est partie des Etats-Unis, elle touche beaucoup plus profondément les Etasuniens, à eux de fournir et d'avaler la potion  (on oublie que la crise de 1929 n'est arrivée qu'en 33 en Europe, cette fois elle est arrivée plus vite, mondialisation oblige mais elle n'a pas encore atteint sa pleine charge). Pour les Européens, leur relance est suffisante car la société européenne résiste mieux du fait de ses "amortisseurs sociaux"  : c'est possible et Barack Obama en tire les conséquences en promettant malgré la crise d'améliorer la situation sociale des Etats-Unis. Et en commençant à parler d'augmenter les impôts sur les plus riches.

Sarkozy ne s'écoute pas. Dans le même temps où il dit que l'Union n'a pas besoin des mêmes investissements que les Etats-Unis, du fait des amortisseurs sociaux, il s'ingénie à casser ces amortisseurs : en supprimant un fonctionnaire sur deux, en supprimant les 35 heures, en banalisant les heures supplémentaires, en parlant d'alléger l'impôt sur les grandes fortunes...

Il y a des centaines de niches fiscales en France, on les oublie alors qu'elles sont du seul ressort du gouvernement français et on fait de grands discours sur les paradis fiscaux, certes tout aussi condamnables mais pour lesquels il ne peut y avoir que des actions concertées. Effet d''annonce garanti, effet pratique nul. Qui va toucher la City ou l'Etat du Delaware ? On fait des discours sur les patrons voyous en les incitant à la modération, sans prendre de mesures contraignantes. On diminue les intérêts des livrets A ce qui touche essentiellement les couches populaires !!!

Par ailleurs, on continue à vouloir la ratification d'un Traité de Lisbonne, en lambeaux parce qu'inapplicable. Tandis que la révolte gronde dans divers pays de l'Union : en France, bien sûr où elle touche les entreprises, les universités mais dans d'autres pays de l'Union, de la Grèce aux Pays baltes. Le chômage monte en flèche. Des gouvernement chutent de l'Islande à la Tchéquie. Le risque devient chaque jour plus grand d'une dérive populiste et d'uen réaction autoritaire des gouvernements. Après 1929, il y a eu 1939.

Le 1er mai devrait être l'occasion d'une riposte unitaire dans la rue, en France mais aussi en Europe. Et se traduire en juin par une défaite et le remplacement de ceux qui ont conduit à la situation actuelle.
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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 13:44
Guy publie des notes sur l'histoire du PSU qu'il mythifie un peu. Comme il me demande, avant publication, ce que j'en pense, je lui ai posé la question pour conclure une de ses notes : Pourquoi le PSU est mort ? Il m'a  téléphoné pour me renvoyer la question... D'où cette petite note.

Je n'étais pas dans le secret des dieux et, comme toujours, avec un peu de naïveté probablement. Je vois plusieurs raisons.
Du point de vue matériel. La dernière fête du PSU a été une catastrophe financière. Il a plu et la fête n'était pas assurée. Les finances ont pris un coup sévère. Fatal, paraît-il. Mais ce n'est pas suffisant.

Le nombre d'adhérents n'était pas important et les alliances électorales ont aspiré les plus actifs, les plus motivés vers des postes électifs. Devenu conseiller municipal, maire-adjoint ou maire même d'une petite commune, le militant le plus actif était perdu pour s'occuper du parti.

Au delà, le PSU a toujours eu le cul entre deux chaises. Par ailleurs, c'était un parti pour adolescent, mené par un certain idéalisme. Mais l'âge venant, les éléments qui se sentaient les plus compétents avaient un besoin d'aller plus loin que les manifestes ou manifestations et voulaient des réalisations concrètes. Ce qui les a amenés à entrer dans les institutions pour les changer de l'intérieur... Le PS est une de ces institutions.

En regardant un peu en arrière, il semble qu'il y a deux façons d'échouer pour les personnes de cette mouvance.. La première : entrer au PS pour le changer. La seconde : faire une organisation externe pour peser sur le parti socialiste ou le remplacer. Ces deux tactiques ont toujours échoué. Ceux qui sont entrés au PS ont plus changé qu'ils n'ont changé le PS. Ce qui sont restés à l'extérieur ont petit à petit disparu.

Le sort du PSU est un peu celui de la presse, type Politis. Il semble qu'il y a un espace politique, pour des organisations type PSU ou aujourd'hui les Verts, pour un journal type Politis, mais ni l'organisation, ni le journal n'arrivent à occuper cet espace dans la durée.

France observateur est devenu l'Observateur, l'Express a bien changé tout en conservant son nom (j'ai écrit en son temps à l'Express pour dire qu'il devenait Paris Match pour pointer la dérive), Politis vivote.

Le PSU est mort. Les Verts sont idéologiquement à la dérive. Comme les Grünen. Quant à ceux qui sont entrés au PS pour le changer, ils ont été absorbés, comme Rocard malgré ses qualités intellectuelles...  Proposer à Ségolène Royal de prendre sa place en pleine campagne électorale de la dernière présidentielle !!!
Le seul qui a, un long moment réussi, le PC. Non seulement en France mais en Italie, en Espagne, au Portugal... C'était en une autre époque avec l'Union soviétique comme support et pour beaucoup comme espérance. Depuis...

En fait, tous les pays occidentaux sont sur le modèle démocrates-républicains des Etats-Unis. Un parti de droite, un parti de "gauche" sans aucune ambition réelle et crédible de changement. L'évolution la plus stupéfiante est celle de l'Italie !!!

Finalement, c'est probablement la force et la tare de la démocratie telle qu'elle existe dans les pays occidentaux. Assez démocratique pour permettre aux idées nouvelles de s'exprimer. Assez organisée pour lui interdire de trop se répandre. Le temps que l'idée nouvelle ne soit plus nouvelle. Absorbée si elle ne remet pas en cause l'essentiel. Récupérée pour ne pas toucher à l'essentiel.

Finalement, une idée nouvelle par définition ne peut être majoritaire. Et quand elle est majoritaire, elle n'est plus nouvelle, elle est dépassée. D'où l'impossibilité de changement net par voie démocratique classique. Y a-t-il une autre voie démocratique ?

Les régimes "communistes" issus des "révolutions" sont de parfaits repoussoirs. Les aventures des partis socialistes au pouvoir (de Suez à la Guerre d'Algérie en France), leurs compromissions (du virage de 1983 au ralliement au libéralisme) ne donnent guère d'espoir.

Il faut être fou pour se dire communiste ou socialiste. Même si les notions de liberté, d'égalité, de solidarité gardent leur signification et leur potentiel.
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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 13:43
Pour la première fois, Anne est allée sur le blog. Son seul commentaire : "C'est un peu nombriliste. J'ai trouvé ce que tu dis souvent". Elle a tout à fait raison. D'autant que personne ne lit mon blog. Que je le signale mais ne pousse pas à le lire. Alors pourquoi faire un blog ? Sa remarque va m'entraîner, m'enfoncer dans le nombrilisme.

C'est paradoxal, j'ai été une fois dernier en classe, c'était en cinquième et c'était en français. Mais depuis toujours, j'ai voulu écrire. Je prends plaisir à écrire. Mais n'ayant ni mémoire, ni imagination, étant incapable de donner de la chair à un récit, il est au dessus de mes capacités de raconter une histoire. J'ai donc finalement écrit trois livres. Ce qui m'a donné beaucoup de travail et autant de plaisir. Mais trois livres sur le même sujet. Trois livres d'argumentation. Pas des tranches de vie, même imaginaire.

J'adore discuter parce que dans la "dispute", il faut mettre de la rigueur dans l'argumentaire. Et écrire, c'est discuter avec soi-même. S'obliger à contrôler sa propre cohérence.

Avec l'âge et malgré le manque de mémoire, reprendre des anecdotes, c'est voir si elles sont en cohérences. Probablement aussi, les mettre en cohérence. Ecrire ses mémoires au jour le jour, c'est noter pour l'avenir, peut-être peser dans l'instant une décision, un événement... Raconter des souvenirs, c'est reprendre des événements, certainement anecdotiques mais qui n'ont pas encore complètement disparu. C'est probablement vouloir leur trouver un sens. Les placer en perspective. Je pense qu'ils avaient déjà ce sens au moment où je les ai vécus.

Mais tout cela reste au niveau du nombril. De façon étonnante, dans tous mes articles, dans mes trois livres, dans tous les textes que j'ai pu écrire, j'ai toujours fait l'effort, j'ai relu pour cela, de ne jamais dire "je" , "nous", "on". J'ai toujours essayé d'avoir un discours impersonnel. Je voulais quelque chose de sec, objectif, démonstratif. Sur le blog, je mets des textes dans le même esprit mais aussi des souvenirs personnalisés. Cette libération du "je" est-elle le phénomène "blog" ou due à l'âge ?

Cette libération de "mon" écriture est-elle quelque chose de personnel ? L'informatique  a-t-elle favorisé l'écriture ? Y a-t-il plus aujourd'hui qu'hier de personnes qui écrivent leurs mémoires ou leurs états d'âme ou qui racontent des histoires qui ne seront jamais lues ? Je n'en sais rien. Mais l'informatique permet la correction dans la durée, aujourd'hui, demain ou dans un mois. Les corrections successives. Un texte n'est jamais définitif. Pour le modifier, il n'est pas nécessaire de raturer, de déchirer une feuille. On efface. On ne réécrit pas. On écrit à nouveau..

Le blogs ont-ils favorisé la publication de ces écrits. Probablement. Sans beaucoup de lecteurs bien sûr. Comme pour ce blog. Le blog permet l'impudeur. Non l'exhibitionnisme. Il permet de passer outre à la pudeur, il permet de publier des textes qui n'ont aucune valeur littéraire, éventuellement dans l'anonymat. . Des textes qui ont peu de valeur pour autrui. Et c'est peut-être là le sommet du nombrilisme. Etre publié pour personne. Avec l'espoir caché d'intéresser quelqu'un !


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