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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 13:43
Pour la première fois, Anne est allée sur le blog. Son seul commentaire : "C'est un peu nombriliste. J'ai trouvé ce que tu dis souvent". Elle a tout à fait raison. D'autant que personne ne lit mon blog. Que je le signale mais ne pousse pas à le lire. Alors pourquoi faire un blog ? Sa remarque va m'entraîner, m'enfoncer dans le nombrilisme.

C'est paradoxal, j'ai été une fois dernier en classe, c'était en cinquième et c'était en français. Mais depuis toujours, j'ai voulu écrire. Je prends plaisir à écrire. Mais n'ayant ni mémoire, ni imagination, étant incapable de donner de la chair à un récit, il est au dessus de mes capacités de raconter une histoire. J'ai donc finalement écrit trois livres. Ce qui m'a donné beaucoup de travail et autant de plaisir. Mais trois livres sur le même sujet. Trois livres d'argumentation. Pas des tranches de vie, même imaginaire.

J'adore discuter parce que dans la "dispute", il faut mettre de la rigueur dans l'argumentaire. Et écrire, c'est discuter avec soi-même. S'obliger à contrôler sa propre cohérence.

Avec l'âge et malgré le manque de mémoire, reprendre des anecdotes, c'est voir si elles sont en cohérences. Probablement aussi, les mettre en cohérence. Ecrire ses mémoires au jour le jour, c'est noter pour l'avenir, peut-être peser dans l'instant une décision, un événement... Raconter des souvenirs, c'est reprendre des événements, certainement anecdotiques mais qui n'ont pas encore complètement disparu. C'est probablement vouloir leur trouver un sens. Les placer en perspective. Je pense qu'ils avaient déjà ce sens au moment où je les ai vécus.

Mais tout cela reste au niveau du nombril. De façon étonnante, dans tous mes articles, dans mes trois livres, dans tous les textes que j'ai pu écrire, j'ai toujours fait l'effort, j'ai relu pour cela, de ne jamais dire "je" , "nous", "on". J'ai toujours essayé d'avoir un discours impersonnel. Je voulais quelque chose de sec, objectif, démonstratif. Sur le blog, je mets des textes dans le même esprit mais aussi des souvenirs personnalisés. Cette libération du "je" est-elle le phénomène "blog" ou due à l'âge ?

Cette libération de "mon" écriture est-elle quelque chose de personnel ? L'informatique  a-t-elle favorisé l'écriture ? Y a-t-il plus aujourd'hui qu'hier de personnes qui écrivent leurs mémoires ou leurs états d'âme ou qui racontent des histoires qui ne seront jamais lues ? Je n'en sais rien. Mais l'informatique permet la correction dans la durée, aujourd'hui, demain ou dans un mois. Les corrections successives. Un texte n'est jamais définitif. Pour le modifier, il n'est pas nécessaire de raturer, de déchirer une feuille. On efface. On ne réécrit pas. On écrit à nouveau..

Le blogs ont-ils favorisé la publication de ces écrits. Probablement. Sans beaucoup de lecteurs bien sûr. Comme pour ce blog. Le blog permet l'impudeur. Non l'exhibitionnisme. Il permet de passer outre à la pudeur, il permet de publier des textes qui n'ont aucune valeur littéraire, éventuellement dans l'anonymat. . Des textes qui ont peu de valeur pour autrui. Et c'est peut-être là le sommet du nombrilisme. Etre publié pour personne. Avec l'espoir caché d'intéresser quelqu'un !


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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 15:14
Les paradis fiscaux à la niche ?
Nicolas Sarkozy s'est évertué à faire adopter par le G20 une lutte contre les paradis fiscaux. Au niveau des mots, reste à voir l'efficacité. Si les 20 ont quelques difficultés, ils peuvent venir en France où ils verront ce qui est fait, en pratique, avec les niches fiscales qui sont passées de 418 en 2003 à  486 en 2007, soit une perte de recettes fiscales passée de 50 à 73 milliards d'euros. Bien entendu, Nicolas Sarkozy n'y est pour rien, comme il n'est pour rien dans le bouclier fiscal.

Qu'est-ce qui est le plus répréhensible ?

Offrir l'hospitalité à un pauvre bougre en situation irrégulière ou profiter de l'hospitalité d'un milliardaire mexicain accusé d'avoir traficoté de la cocaïne ?
Paru das le Courrie des lecteurs de Politis 26 mars 2009
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 15:07
La crise a d'abord été financière, elle est désormais économique, elle devient chaque jour de plus en plus politique. Le Premier ministre hongrois a démissionné. Le gouvernement letton est tombé. La porte est ouverte pour le gouvernement tchèque. D'autres pays de l'Est de l'Europe connaissent de grandes difficultés. A l'Ouest, la Grèce et l'Irlande ont des problèmes sans parler de la Belgique. En France, deux à trois millions de travailleurs descendent dans la rue souvent contre Sarkozy. Et en Italie, l'Allianza nazionale de Fini et Forza Italia de Berlusconi se regroupent dans le parti du "Peuple de la liberté".

Pendant ce temps en France, la gauche de droite se déchire dans l'unité. La gauche de gauche est en petits morceaux. Les gouvernements de l'ouest on peu-têtre retenu la leçon de 1929. La gauche a oublié qu'après 1929, il y a eu 1939 !  La maison brûle, elle regarde son nombril. Face au populisme qui monte, la gauche doit lancer une offensive sociale et démocratique, une offensive de l'espérance. Le 25 janvier, le 19 mars en ont jeté les bases. Il "reste" à l'amplifier. Même la chute de Sarkozy ne serait pas à la hauteur de la situation. Il faut européaniser le mouvement.
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 07:47
Les 27 n'organiseront pas un Conseil européen consacré à l'emploi, le 7 mai. Une idée de Barroso, " sans doute pour redorer son blason social... Préoccupé par sa reconduction à la tête de la Commission, il sait que son bilan dans ce domaine est particulièrement faible" d'après un diplomate.
Les objections n'ont pas manqué : l'Union peur elle vraiment agir dans le domaine de l'emploi ? Organiser un tel sommet donnerait l'impression que les Européens ont découvert le problème du chômage après avoir sauvé les banques et les industries... On ne voit pas très bien ce que pourraient proposer les 27, les questions sociales relèvent des compétences nationales. "Personne ne sentait ce truc... on ne veut pas à quelques semaines des élections européennes donner l'impression que les autorités peuvent garantir l'emploi par une surenchère d'initiatives" (Premier ministre belge).
Pour les syndicats européens c'est un "mauvais signal... envoyé aux citoyens".  Cela "donne l'impression que les décideurs européens ne se soucient pas suffisamment du chômage" a jugé John Monks, président de la Confédération européenne des syndicats qui organisera  4 "euromanifestations" à Berlin, Bruxelles, Prague et Madrid du 14 au 16 mai pour pousser l'Union à agir. (D'après Jean Quatremer, sur son blog, Libération du 23/03/09)
Si on comprend bien, quand il s'agit de questions sociales, l'Union ne peut rien faire car les questions sociales sont de la compétence des États. Les États ne peuvent rien faire séparément sans créer des déséquilibres internes à l'Union.
La machine est bien huilé pour ne rien faire.
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 08:05
Dans l'actualité, la rencontre de deux informations sans aucun rapport  entre elles... enfin.

Welcome a mis dans l'actualité la situation des sans papiers et les intimidations, les risques que courent les personnes qui les prennent en stop, les nourrissent ou les hébergent.

A quelques milliers de kilomètres de là, un président de la République prend quelques jours de repos bien mérités, après des vacances studieuses à Megève, à nouveau loin des caméras. Mais qui paie son séjour privé quand ceux qui se lèvent tôt ou tard sont à la peine ?
Ce n'est pas la présidence française dit-on ici, c'est la présidence mexicaine. Qui dément aussitôt. C'est un milliardaire ami du président mexicain, corrige-t-on ici. Ami, respectable ? Cela ne semble pas l'avis de la presse étasunienne.

Cela amène à se poser la question : Qu'est-ce qui est plus répréhensible ?

Offrir l'hospitalité à un pauvre bougre en situation irrégulière en rechargeant son téléphone, en l'hébergeant  ou en lui donnant à manger ?
ou
Profiter de l'hospitalité d'un milliardaire douteux,  accusé d'avoir traficoté dans la cocaïne pour ce dernier ou de placer son argent dans les paradis fiscaux pour d'autres ?

Qui risque d'avoir affaire à la police ou à la justice ?
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 17:05
Être dans un parti, c'est passer le plus clair de son temps à se disputer avec les gens dont on est le plus proche.

L'histoire récente du PS en est la parfaite démonstration. Après des mois de luttes intestines pour le Congrès, ce n'était probablement pas suffisant, voici les batailles intestines autour des listes. Et ce n'est probablement pas fini. Pendant ce temps, la droite et l'extrême droite peuvent dormir tranquille.
Sauf que, on le sait, elles font la même chose. Ce qui permet de ne pas désespérer complètement.
On se demande ensuite comment les uns et les autres peuvent travailler, militer ensemble. Après s'être traités de tous les noms en direct ou par médias interposés.

Reste qu'il s'agit des élections européennes. Ah bon ? Vous croyez ? Ou plus exactement de la place de certains sur les listes européennes. Bien entendu pas en fonction de la compétence, pas en fonction du travail fourni, même pas toujours en fonction de la tendance. Alors en fonction de quoi ? Des petits copains ?

De toute façon, ils défendront au Parlement européen les mêmes positions. Enfin on l'espère. Car comment savoir ? Il y a eu débat ? On nous dit qu'il n'y a pas de clivage au PS sur la question de l'Europe... J'avais cru entendre que certains étaient pour le "oui" au référendum sur le Projet de traité constitutionnel et d'autres pour le "non". Les choses doivent avoir changé. Pervenche Bérès qui était pour le "oui" avait fait suivi son chef de file, Laurent Fabius, quand il avait pris position pour le "non". Peut-être a-t-elle réussi à le convaincre et sont ils tous les deux pour le plan B-Lisbonne.

De toute façon, le PS a emploie la technique Sarkozy, qu'il a approuvé pour le traité simplifié. Le PTCE a été rejeté par référendum, le Plan B-Lisbonne a été soumis à l'approbation du Congrès. C'est plus sûr. Les listes établies par le PS pour les Européennes ont été approuvées à 93% par l'instance nationale. Elles doivent être maintenant approuvées par les militants. Comme il y a quelques risques qu'elles soient rejetées ici ou là, ce sera le Conseil national qui tranchera.
Avec de telles méthodes, il n'est pas sûr qu'on donne des lettres de noblesse à la politique et qu'on favorise la participation. . Et à la démocratie. Au niveau national, au niveau du parti, vous avez le droit de voter mais à condition de voter comme on vous le demande.

Je crois que c'est Coluche qui disait que dans les dictatures il était  interdit de causer et dans les démocraties c'était "cause toujours" !

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 17:06
CHANCE
"La chance existe. Sans cela comment expliquer le succès des autres ?" (Marcel Achard).
Je n'ai pas eu beaucoup de succès, pourtant j'ai eu beaucoup de chance. Je n'ai pratiquement pas eu de problème de santé. Je n'ai pas eu à subir directement de guerre : j'étais trop jeune pour souffrir vraiment de celle de 1939-45. Etre sursitaire m'a évité celle d'Algérie. Mes parents n'étaient pas riches, ils s'entendaient bien et je n'a pas connu la misère.
Je ne crois pas à la liberté mais je me sens responsable. Qu'ai-je fait de ma chance ? Pas grand chose.

HERITIERS
Tous les jours, mon père se retrouvait au bistrot du quartier avec un ingénieur des Ponts et chaussées qui lui dit un jour ; " Je suis ingénieur, mon fils doit être ingénieur. Tu es maçon, ton fils doit être maçon".

Effectivement, mon père était maçon, le maçon de Pennautier, village à quelques kilomètres de Carcassonne. J'étais un lycée de Carcassonne avec le fils du médecin de Pennautier. Nous avons présenté le baccalauréat la même année. Le fils du médecin a été collé. Le fils du maçon a été reçu. Le médecin n'a plus fait travailler le maçon. Il a fait venir un autre maçon d'un village voisin.

Premier jour de stage à l'hôpital, en première année de médecine, le professeur Laporte fait l'appel dans un souci de connaissance (de reconnaissance ?) des étudiants. A l'appel de certains noms : "Vous êtes parents avec le docteur..." Y compris pour un copain, Michel M., qui appartenait, de loin, à la tribu des M., par ailleurs protestant comme le professeur Laporte.

Dans la salle de dissection, un tableau est affiché avec les noms des différents prosecteurs qui ont surveillé  les travaux pratiques dans les années précédentes. Il est curieux de constater que certains noms réapparaissent périodiquement. Par hasard.

Une année, remous autour de l'internat. Le bruit court que les collés allaient rendre publics les noms des soutiens, au sein du jury, des candidats reçus. Un fils de patron, brillant et brillamment reçu, a fait savoir que si cela avait ieu, il publierait la liste de tous les candidats, reçus ou collés, avec leurs soutiens. L'affaire en est restée là.

Robert S., doué, travailleur, d'origine audoise et paysanne, je crois, avait réussi à faire reconnaître ses qualités par un patron. Celui-ci l'a pris sous son aile et lui a promis qu'il serait reçu à l'internat. Avec cependant une condition. Il ne devait pas s'installer à Toulouse. Il est allé s'installer à Narbonne.
Cette poltique a duré, paraît-il, jusqu'au jour ou des spécialistes formés à Paris sont venus s'installer à Toulouse....

Nous avons logé, deux étudiants de Carcassonne pendant une période, chez la mère d'un de nos professeurs de médecine, Me Denard. Lors d'une conversation, elle me dit : "Non, mon fils n'est pas allé passer son agrégation. Il n'y avait personne dans le jury pour le défendre. C'était inutile".

Lors d'une revue de l'internat, je n'ai jamais assisté à une de ces revues, une petite comédie a été montée mettant en scène un jury d'internat. Au moment de la délibération, la note de chaque candidat est discutée. Le professeur Riser, fort connu, forte réputation  à l'époque, dit à son collègue : " "Votre" candidat est remarquable. Je vous félicite. Vraiment très, très bien. Tenez, on va lui mettre douze".
Vient le moment de noter "son" candidat, le Professeur Riser : "Vraiment, c'est très insuffisant, il n'a pas été à la hauteur. "on" va lui mettre "seulement" quatorze ! ! !"

Un moment très instructif sur la jeune élite médicale, le service militaire à Libourne où étaient réunis tous les médecins appelés d'une classe pour un enseignement de la médecine de guerre. Ce qui m'a frappé, c'est l'absence de toute dignité de tous ces "fils d'archevêque" (expression du Dr Robert Soum), patrons, fils de patrons, aspirants patrons, futurs patrons,  qui étaient prêts à toutes les bassesses pour obtenir un classement qui leur permettrait de choisir un poste proche de leur faculté.
Je ne les ais pas vu jouer de leur position sociale pour cela, peut-être en jouaient-ils par ailleurs. Mais devant nous, ils avaient plutôt l'air de larbins.

A la fin du séjour à Libourne, on pouvait choisir son affectation en fonction du classement. Je ne me souviens pas à quelle place j'étais. Mais j'ai étonné tout le monde parce que j'ai choisi l'Algérie quand tout le monde ne pensait qu'à rester en France. J'espérais pouvoir faire de la coopération. On en parlait alors mais rien n'était clair.
Heureusement, j'étais le 1er à choisir l'Algérie. Arrivé à Alger, nous étions 4. J'ai chois le 1er, j'ai été affecté à Mostaganem. Les 3 autre se sont retrouvés au Sahara dans la Légion ! Le Sahara d'accord mais la Légion !!!
Après mon choix, le médecin colonel  a éprouvé le besoin  de faire un discours à la gloire de la Légion. J'étais très content pour lui et pour moi d'avoir évité la Légion.
M. qui était un des quatre, originaire de la Guadeloupe et qui avait fait ses  études à Toulouse a donc été obligé de choisir un poste à la Légion. Je l'ai revu au moment de notre libération. Cela s'était bine passé, il avait senti un profond respect des légionnaires pour le "toubib".

ILLUSIONS
Quand je suis parti en Algérie, je partais à la découverte du monde et je pensais le changer. Je n'étais que jeune.
Le monde a beaucoup changé. Non dans le sens que je souhaitais, non comme j'ai essayé de le changer.
Le  monde m'a-t-il changé comme me l'annonçais un professeur d'histoire naturelle : "Oriol, on t'arrondira les angles !"
Le monde est aussi décevant que quand j'ai quitté la France, pensant ne jamais y revenir. C'était l'illusion lyrique. J'étais un petit bourgeois, ni mao, ni trotskyste, ni chrétien. Simplement, je pensais que la France était désespérante. Que les choses évoluaient dans le bon sens à l'échelle mondiale. Que j'allais y participer.
Les choses ont tourné autrement. Je suis revenu en France... Où sont passées mes espérance, mes illusions ? Simone de Beauvoir a dit, à la fin de sa vie : "On a été floué". C'est vrai, y compris par Sartre et Beauvoir.


ORIENTATION SCOLAIRE
J'étais en sixième au Bastion comme on disait (école du Bastion), durant tout le primaire (10ème, 9eme, 8ème, 7ème, 6ème). Arrivé à la fin de la sixième, il fallait choisir : passer en 5ème pour passer le "certificat" ou passer au cours complémentaire dans le même établissement. J'étais dans les 4 premiers avec Jean-Paul A., Louis G., André F.. Eux, l'année suivante, allaient au Lycée ! Et moi ? A la maison, je dis à mon père :
- "Je veux aller au lycée."
- "Pourquoi veux-tu aller au lycée ?"
Le lycée était l'école des "riches".
- "Pour faire des langues et au Bastion, on ne fait que de l'espagnol. Au lycée, je pourrai faire du latin, de l'anglais, de l'allemand."
Mon père avait été prisonnier de guerre avec un instituteur ou professeur du Bastion. Il est allé le consulter. Celui-ci lui a répondu :
" "S'il veut travailler, tu le mets au lycée. S'il faut le tenir, tu le mets au Bastion".
A son retour, mon père :
- "Tu veux travailler ?"
- "Bien sûr".
- "Bon, tu iras au lycée".
C'était l'orientation scolaire !

Dans la famille A, le père était cheminot, la mère au foyer. Ils était 4 frères et soeurs, je ne connais pas l'aînée. Mais l'aîné des garçons a commencé comme tout le monde par l'école primaire. Au Bastion, je crois. Fils d'ouvrier, il est passé dans l'enseignement professionnel. Repéré par les enseignants comme "bon élément", ils l'ont orienté vers le "cours complémentaire" du Bastion. Où, repéré comme "bon élément", après le BEPC, ils l'ont orienté vers le lycée. Il a fini médecin.
Son frère cadet est passé "directement" de l'école primaire du Bastion au cours complémentaire du Bastion puis au Lycée. Il a fini médecin !
La "petite dernière" est passee "encore plus directement" de l'école primaire au lycée. Elle est devenue... médecin !!!
C'était l'orientation scolaire !

Ma mère et moi, sommes allés voir le proviseur sur convocation. Il semble que le proviseur, Monsieur Vidal, surnommé par les élèves, le Pinus, recevait tous les nouveaux élèves et leurs parents lors de l'entrée en sixième.
- "Que veux-tu faire ? Classique ou moderne ?"
Silence gêné. Je me tourne vers ma mère,  qui se tourne vers moi ! C'est quoi ?
- "Avec latin ou sans latin ?"
- "Avec latin".
J'étais venu au lycée pour faire des langues.
-" Quelle première langue ?"
-"Anglais".
"Quelle seconde langue ?"
- "Allemand".
Le proviseur nous a alors longuement conseillé  de commencer par l'allemand puis de prendre l'anglais comme seconde langue en quatrième.
Je pense que c'était un avis judicieux. Mais peut-être tenait-il aussi à fournir un nombre d'élèves suffisant pour maintenir la division "allemand". En effet, il y avait une centaine d'élèves en sixième et seulement une dizaine qui faisaient allemand en première langue.
Quoi qu'il en soit, j'ai fait sept ans d'allemand. Et je ne parle pas allemand. Je n'ai fait que deux ans d'anglais au lycée et ensuite j'ai essayé d'en faire toute ma vie avec "assimyl", au centre culturel.... et encore aujourd'hui avec internet. Et je ne peux que baragouiner en anglais !
Je ne devais pas être très doué !



VIEILLESSE
Dans ma jeunesse, il me fallait deux heures pour reprendre mes forces. Maintenant, je dois me lever toutes les deux heures... pour pisser !

J'ai l'impression que les choses me quittent. Par moment, je me demande si je ne pense pas seulement par habitude.

Quand je regarde les gens dans la rue, au café, parler, rire, je me demande s'ils sont consciemment heureux ou s'ils font semblant. S'ils savent ce qui va leur arriver dans une minute, un mois, un an. Se croient-ils immortels ?
Pensent-ils ce qu'ils disent ? Est-ce si important ? Est-ce sérieux ? Jouent-ils ?
Et moi, quand je parle ? A quoi cela peut bien servir de parler, de se répéter, d'écouter le centième discours ?
Quand je tape sur ce clavier, pourquoi ? Pour qui ?






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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 20:29
Après le référendum ne Irlande, l'oscillomètre et les eurocrates européens s'affolent. Après le 'non' français et le "non" néerlandais au projet de traité constitutionnel européen, voici le "non" du peuple irlandais. Et tous de prendre conscience que le traité de Lisbonne, ersatz du Projet de traité constitutionnel, est retoqué, une fois de plus, par un peuple de l'Union européenne. En attendant la suite ! en République tchèque ou en Pologne.
Pour le moment, la seule réponse  de nos imaginatifs dirigeants  de l'Union est de répéter comme la dernière fois, il n'y a pas de plan B.
Pourquoi ne posent-ils pas la seule question qui vaille à tous les peuples de l'Union ? Quelles institutions voulez-vous pour l'Union européenne ? Pourquoi ne proposent-ils pas l'élection d'une assemblée constituante européenne au suffrage universel  par tous les peuples de l'Union en juin 2009 en lieu et plus du Parlement européen ?
Cette assemblée aura pour but de mettre sur pied une constitution, et seulement une constitution. C'est à dire, un texte fondamental qui organise les rapports entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire au niveau européen et leurs rapports avec les pouvoirs correspondants  dans les Etats. Bien entendu sans y incorporer une politique, de droite ou de gauche.
Cela permettrait, pour la première fois dans l'histoire européenne d'instaurer un débat public, à l'échelle de l'Union, pour définir quel type d'union veulent les peuples. Cela permettrait aux uns  de présenter l'Europe fédérale  qu'ils veulent, aux autres  l'Europe des Etats, cela permettrait même à ceux qui veulent sortir de l'Union de le dire clairement.
A condition que tous aient le courage et l'honnêteté  de présenter leur projet aux peuples de l'Europe.
Le projet de constitution établi, il serait soumis à tous les peuples de l'Union par référendum. Cette constitution ne serait appliquée  qu'aux seuls peuples qui l'auraient adoptée. Pour les autres, un traité d'association leur serait proposé.
Il n'existe pas de plan B. Il peurt exister un plan démocratique de construction de l'Union européenne.
Mais qui en veut ? (Article paru dans "L'Europe et nous" n°0 juillet 2008
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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 15:05
L'Union européenne a mis en place l'euro qui est soumis au pilotage automatique de la BCE chargée d'éviter tout débordement inflationniste. L'euro et la BCE sont, par traité, apolitiques. Et soustraits à tout gouvernement politique. Bien au contraire, c'est l'adhésion à l'euro qui soumet les gouvernements nationaux aux contraintes des critères de convergence de Maastricht concernant la dette, le déficit, l'inflation.
Beaucoup pensent que l'euro ne peut durer sans politique économique commune d'où la création de l'Eurogroupe constitué par les ministres des finances et de l'économie des pays de la zone euro, présidé par le Luxembourgeois, Junker, Premier ministre et ministre des Finances. Arrivent les turbulences, l'Eurogroupe et son président, chargé de coordonner si possible les politiques des différents pays, restent silencieux. Et ce sont Nicolas Sarkozy et Gordon Brown qui ne fait pas partie de la zone euro, qui donnent le "la" d'une politique qui n'est pas très harmonieuse : "La question économique en Europe est devenue durant la crise plus nationale qu'elle ne l'était avant son déclenchement (1)
Hier, les critères de convergence empêchaient toute politique sociale qui aurait pu entraîner un dérapage. Aujourd'hui, ces critères volent en éclat, ici et là, et l'argent coule à flots pour sauver les banques, les entreprises....
Si c'était nécessaire pour éviter la dépression... Pourquoi pas  ? Et notre ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, de soutenir le nouveau : " Le choix du gouvernement de soutenir l'investissement est le bon." (1). Malheureusement, il n'en est pas très certain car, dans le même article, il affirme : " Si vous aidez les entreprises, elles s'endetteront moins, mais ne feront pas plus que ce qu'elles auraient fait avant la crise". Mais que faisaient-elles avant la crise ?
Avec la complicité du gouvernement, Les entreprises diminuaient la part distribuée sous forme de salaire direct ou indirect. Elles sont arrivées à une capacité d'autofinancement supérieure à 110% ! Ce qui les a amenées à créer des "départements financiers " qui ont placé leur excédent sur le marché financier spéculatif ! (2).
Elles ont augmenté la part des actionnaires. Qu'ont fait les actionnaires ? Ce que feront les classes moyennes, d'après Giscard d'Estaing, en cas d'allègement d'impôts : " Elles épargneront au lieu de consommer." Autrement dit, elles  alimenteront la prochaine bulle. Comme les sociétés financières des entreprises !
Pour faire cette merveilleuse relance, les États trouvent de l'argent : ils s'endettent. Et Le Monde Economie du 13 janvier est clair. Il titre : "La dette des États, nouvelle bulle financière".

L'Europe libérale de Maastricht

Depuis le début de la crise, l'Union européenne a bien une monnaie unique, gérée par une banque européenne indépendante. La concurrence "libre et non faussée" a empêché toute harmonisation fiscale et sociale pour favoriser le "dumping" et la concurrence entre les travailleurs. Du coup, les gouvernements affrontent la crise en ordre dispersé. Chacun espère tirer son épingle du jeu, mieux que son voisin. Les agences de notation dont par ailleurs on connaît la compétence et la clairvoyance, baissent la note de certains. Ce qui n'entraîne aucune solidarité des autres États. L'un après l'autre, ils passent outre aux critères de Maastricht. Ni l'Europgroupe, chargé de coordonner les politiques économiques de la zone euro, ni la Commission européenne ne sont capables de définir et d'imposer une politique commune.
La seule chose certaine est que la crise va toucher sévèrement la population de ces Etats. Cela commence à bouger, un peu partout. Le 29 janvier a été un moment fort en France. Mais là encore, il ne faut pas compter pouvoir gagner isolément.

La résistance doit être européenne. Pour une premier mai de résistance européenne à la politique libérale. Pour une autre Europe.

(1) Giscard d'Estaing le Monde 13/01/09
(2) http://pagesperso-orange.fr/philippe.zarifian/page204.htm

Cet article a paru dans le bulletin "L'Europe et nous" n°4 de janvier 2009 http://europesolidaire.free.fr/pj/qui_sommes_nous/publications/bulletins/04.pdf
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 13:44
Je ne sais pas quand le mot judéo-chrétien est arrivé en politique. Je pensais que c'était la redécouverte de la shoah qui avait fait accoler les deux mots et se solidariser les deux mondes. La droite utilise le mot "judéo" qu'elle n'a jamais beaucoup aimé pour faire face à "l'invasion islamique" tout en croyant payer sa dette à des siècles d'antisémitisme chrétien ou non.

Mais judéo-chrétien aurait été employé en 68 (d'après FG) par les jeunes, chrétiens de la JEC et juifs des différentes écoles contestataires pour dénoncer le monde moralisant et patriarcal dans lequel ils vivaient... ils se révoltaient contre l'étouffoir judéo-chrétien.

De toute façon, aujourd'hui, c'est ce monde judéo-chrétien qu'il faut défendre. Et certains pour se démarquer de cette attaque de l'islam, défendent notre monde judéo-chrétien-islamique ! Car notre société serait judéo-chrétienne-islamique. Où sont donc passés nos ancêtres les Gaulois, de la Troisième république, et, plus sérieusement, les mondes grec, romain et le Lumières ? L'Orient (c'était l'Egypte), la Grèce et Rome de nos livres d'histoire sont devenus le judaïsme et le christianisme contre ou avec l'islam. C'est dire que dans tous les cas, la laïcité en a pris un coup.

Un drôle de coup. Car au milieu de tout cela, la laïcité a changé, partiellement, de camp. Hier c'était simple, la gauche était laïque y compris la gauche catholique. La droite était contre la laïcité, y compris une partie ce la droite incroyante, et plus sûrement pour l'école privée dite libre.

Aujourd'hui, tout a changé. Notamment, depuis "l'affaire du voile". Soulevée d'ailleurs par un enseignant de droite. La droite est devenue laîque et, aussi, féministe ou au moins revendique le respect de l'égalité hommes-femmes. Non par conviction mais pour faire face, au nom des valeurs fondamentales de la France, à l'arrivée de l'islam.

Et bien sûr, surtout pas dans la pratique. Passons sur la contraception, l'avortement où les voyages ont précédé, de loin, la législation. Mais l'égalité hommes-femmes au niveau des élus, où en est-elle ? La loi sur la parité a été votée à l'unanimité. Elle est contournée, à l'unanimité par les politiques. Combien de femmes à l'Assemblée nationale, au Sénat ? Combien de femmes Présidentes d'un Conseil général, régional ? Combien de femmes maires ?

Quant à une partie de la gauche, pleine de repentance pour pour sa trahison pendant la guerre d'Algérie, pleine de commisération pour ces pauvres petits immigrés qu'elle comprend tellement bien, elle défend le voile à l'école au nom de la liberté des jeunes filles, y compris de celles qui sont voilées avant le primaire !!!

Et les féministes, par essence de gauche, libératrices, elles se divisent : entre celles qui considèrent le voile comme discriminatoire envers les femme et celles qui l'acceptent par volonté de respecter le choix de ces jeunes femmes. Mais ne disent rien des toutes jeunes enfants voilées. Ou des voiles qui dépassent largement le foulard et recouvrent tout le visage.  Et il est facile de trouver des jeunes femmes portant le foulard et de leur donner la parole pour bien montrer que c'est leur choix. Mais comment donner la parole à celles qui sont obligées de le porter ? Qui leur donnera la parole ? Qui donnera la parole aux enfants de 5 ou 6 ans qui portent le voile "volontairement" ?

Et la gauche dans tout cela est perdue. Divisée entre "laïques purs et durs" et "laïques ouverts ?"

La droite s'est emparée de la "liberté" pour en faire la liberté d'entreprendre, la liberté de circulation des marchandises, des capitaux mais non des personnes.
Elle s'est emparée de l'égalité pour faire de l'égalité hommes femmes non en vue de leur émancipation mais comme machine contre les musulmans et donc contre une partie des couches populaires.
De la même façon, elle s'est emparée de la laïcité et sa force d'émancipation est devenue arme d'exclusion.

Il y a un long travail de reconstruction à faire !
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Published by Paul ORIOL - dans Généralités
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