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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 12:46
QUI A PEUR DE LA DEMOCRATIE ?

LE MALAISE....


A la suite du "non" des Français et des Néerlandais en 2005, des Irlandais en 2008, les observateurs les plus honnêtes, sinon les plus avisés car cela n'échappe à personne, ont parlé de malaise des peuples européens devant l'évolution de l'Union européenne.

L'adoption par voie parlementaire, en France et aux Pays-Bas, du traité de Lisbonne n'est pas faite pour faire disparaître ce malaise, bien au contraire. Elle a mis en évidence la faiblesse des convictions démocratiques de ceux qui gouvernent et même un certain mépris pour les peuples.

Constitutionnellement, l'Irlande ne peut avoir recours à ce tour de passe-passe. Et le succès du second référendum n'est pas aussi assuré que la passage par la voie parlementaire.

Au delà de la mini-campagne "il faut respecter le non irlandais", la gauche devrait prendre conscience de l'importance des garanties formelles dont témoigne l'exemple irlandais. On peut être assuré que, désormais, il y a peu de probabilités qu'un gouvernement lance, en France, un nouveau référendum sur un traité européen sauf s'il y est obligé.

La victoire du "non" aux référendums permettait à une gauche réellement démocratique de prendre la tête d'une campagne européenne pour l'élection d'une constituante européenne.

En fait, cela était impossible :
- Parce que les partis n'ont pas une ligne claire sur la question des institutions européennes : on a vu comment l'UMP ou le PS ou les Verts se sont divisés au moment du Projet de traité constitutionnel européen.
- Parce que de nombreux politiques, de droite et de gauche, ne veulent pas dire publiquement quelles institutions ils voudraient pour l'Union européenne.
-Parce que les prises de position, au moment du référendum étaient conditionnées, et pas seulement chez les partisons du "non" par bien d'autres choses que le texte du traité.
- Enfin, si demain le débat portait sur les institutions, et seulement sur les institutions, il faudrait rebattre les cartes, ce qui montrerait la fragilité des partis politiques. Les souverainistes de droite ou de gauche  se retrouveraient sur des positions proches... De même les fédéralistes de tous les bancs parlementaires... Et tous préfèrent l'ambiguïté...

A défaut de l'élection d'une assemblée constituante européenne que la victoire du "non" permettait de proposer, les élections européennes pourraient être l'occasion de lancer le débat pour un parlement européen "constituant" et sur ce que devraient être des institutions européennes démocratiques. Il y a peu de chances pour que ce soit le cas.
Il sera plus facile à chacun de proclamer "l'Europe que nous volons" sans dire comment y arriver et en sachant très bien qu'avec l'organisation actuelle des pouvoirs, elle continuera d'avancer dans le même sens. Sauf à compter sur une explosion européenne, toujours possible mais difficile à prévoir étant donnée l'absence d'espace public européen.

Comme on ne changera pas les règles du jeu, il est à craindre que le malaise dure longtemps.

Souveraineté populaire bien encadrée

L'article 8b du traité de Lisbonne prévoit : "Des citoyens de l'Union, au nombre d'un million au moins, ressortissants d'un nombre significatif d'Etats membres, peuvent prendre l'initiative d'inviter la Commission européenne, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent  qu'un acte juridique de l'Union est nécessaire aux fins de l'application des traités".

Cet article a été particulièrement invoqué, lors du référendum, pour souligner l'avancée démocratique qu'il constituait. Il est vrai qu'un million de citoyens sur 450 millions d'habitants est un nombre raisonnable. Il faut cependant remarquer que sont exclus de ce "droit de pétition" les résidents étrangers non citoyens de l'Union alors qu'ils ont le droit, à titre individuel ou collectif,  d'envoyer une pétition au Parlement européen ou au médiateur. C'est donc un recul démocratique. Les résidents non communautaires peuvent avoir, comme les autres citoyens, un avis sur l'application des traités. Ils n'ont pas le droit de la faire connaître à la Commission.
Par ailleurs, la Commission sera invitée, ce ne sera pas une obligation, à soumettre une proposition dont elle seule définira les termes et qui ne permettra pas de demander une moidification des traités eux-même (pour, par exemple, ouvrir la citoyenneté de l'Union aux non communautaires).

Au niveau français, la nouvelle constitution prévoit  : "Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa [sur l'organisation des pouvoirs publics, sur les réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendent à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions] peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales".

Ici l'encadrement est beaucoup plus strict. Ce sont les parlementaires qui auront l'initiative et encore faut-il qu'ils soient 182 au moins (un cinquième des parlementaires) : ce qui semble limiter sérieusement  cette possibilité pour l'opposition ! Ils devront être soutenus par un dixième des électeur, soit 4,5 millions de personnes environ (un dixième des électeurs). Ici encore en sont exclus les résidents étrangers non communautaires et probablement les autres citoyens de l'Union qui n'ont pas la nationalité française. Ainsi d'ailleurs que les citoyens qui ne sont pas inscrites sur les listes électorales !!

En comparaison, le PTCE ou le traité de Lisbonne avec un million de ressortissants sur 450 millions d'habitants pourrait passer pour une démocratie exemplaire ! Mais les termes du référendum seront probablement ceux de la pétition présentée par les parlementaires.

Ici et là, au delà des déclarations de principe sur la démocratie, un effort est encore nécessaire pour la mise en place de véritables institutions démocratiques aussi bien au niveau national qu'au niveau européen..
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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 08:22
L'immigration a été utilisée par Nicolas Sarkozy pour prendre les voix de l'extrême droite qui lui ont permis de devenir président de la République. On pouvait espérer que, fortune faite, il se rangerait des affaires. Mais changer une politique qui gagne est peut-être au dessus de ses forces. Du moins pour le moment. C'est pourquoi, il a créé le ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement durable.

Les mots " identité nationale" dans l'intitulé du ministère ont d'emblée fait problème. Et  certains de crier que l'immigration n'avait rien à voir avec l'identité nationale. D'autres, plus éclairés, ont insisté sur l'usage qui a toujours été fait de ce lien immigration-identité nationale.

C'est aux premiers que, dans leur Lettre de mission à Brice Hortefeux, le président de la République et le Premier ministre ont répondu en affirmant justement : " Il est aussi inconscient de croire que l'immigration est sans incidence sur le devenir de notre nation que de penser que l'immigration n'a pas contribué à forger notre identité".

C'est là une évidence. Qu'auraient été les "Trente glorieuses" sans la main d'oeuvre immigrée, la science française sans Marie Curie, les lettres sans Rousseau et Zola, la politique française sans Gambetta, Balladur et... Sarkozy ? Il est plus difficile de dire quelle incidence elle aura sur le devenir de notre nation. Il n'est pas interdit de poser la question de façon différente : quelle influence aura la politique actuelle de l'immigration sur le devenir de notre nation ?

Et là, les choses sont plus claires. Qui ne voit les conséquences sur la vie de millions de personnes, y compris françaises, de l'obsession de l'immigration et de l'immigration clandestine ? Rafles dans les quartiers "immigrés", arrestations dans les écoles ou à la sortie des classes, contrôles au faciès, suspicion des mariages mixtes, criminalisation des actes de solidarité, y compris au sein d'une famille...

Qui ne voit à quel point l'obsession de la fraude concernant la nationalité française entraîne les pratiques administratives sur des chemins dangereux et réveille de grandes douleurs qui touchent de nombreux Français quelle que soit leur origine. Libération  s'en est fait l'écho durant l'été 2007 : suspicion quant à la possession de la nationalité française à la simple vue du patronyme ou à cause de la naissance de la personne ou de ses parents à l'étranger ou même dans un département appartenant ou ayant appartenu à la République... Certains fonctionnaires semblent ignorer que l'Alsace est, malgré les vicissitudes de l'Histoire, une terre française, que l'Algérie l'était jusqu'en 1962 ! Voici des Français à qui on demande de prouver une nationalité qu'ils ont depuis de longues années ou depuis toujours, quelquefois transmise par plusieurs générations, qui onf fait une carrière de fonctionnaire, de militaire, qui ont été élus de la République... Etrange retour de l'Histoire : certains à qui on voulait, en d'autres temps, retirer leur nationalité française - et la vie - à cause de leur religion qu'ils devaient déclarer sur leur carte d'identité ou sur leur poitrine, doivent fournir un certificat de religion pour se la voir reconnue !

Il ne fait pas de doute qu'une telle paranoïa laissera des traces. Et pas seulement chez les victimes. Pour certains, ce comportement administratif les confortera dans l'idée qu'il y a parmi nous des "pas vraiment français".

Quant à l'intégration et au développement solidaire, il en sera question plus tard. La lutte contre l'immigration clandestine a été planifiée avec des objectifs chiffrés sans étude d'impact et autres dommages collatéraux, il n'en est pas de même pour l'intégration et le développement solidaire. Il ne fait pas de doute que M. Hortefeux sera jugé sur le nombre d'expulsions, non sur l'intégration (mesurée comment ?) ou sur le développement durable.

La France préside l'Union européenne pendant six mois. Nicolas Sarkozy donne comme premier chantier de cette présidence : " le pacte sur l'immigration et l'asile". L'unité des Etats s'est souvent faite en s'inventant un ennemi. Nicolas Sarkozy a trouvé l'ennemi de l'Union européenne. Ce n'est pas un hasard si le premier projet qu'il avance renforce l'idée d'Europe forteresse face au reste du monde. Et avec le pacte pour la Méditerranée, il ne cache pas son désir d'en faire un nouvel instrument pour cantonner les populations du sud chez elles.

Ces propositions sont en contradiction avec les valeurs affichées au niveau national comme au niveau européen, de liberté, d'égalité. Et les murs de cette forteresse ont leur prolongement à l'intérieur de l'Union : rien ne ressemble plus à un immigré illégl qu'un immigré légal ou qu'un national d'origine immigrée... Et la chasse au faciès étant inefficace, il faudra passer au profil scientifique, empreintes digitales, pour les Roms d'abord en Italie, ADN... Edvige, Edvige ne vois-tu rien venir ?

L'Union européenne que Sarkozy et ses collègues préparent est bien libérale au point de vue économique, le traité de Lisbonne, le garantit et sera appliqué quel que soit son avenir irlandais. Elle n'est pas libérale au point de vue politique. Elle sera égalitaire dans le fichage non dans les droits.

C'est une autre Europe qu'il faut proposer. Celle de l'égalité et du partage. Incapable de l'envisager au niveau national, comment Nicxolas Sarkozy pourrait-il l'envisager au niveau international ?

NB : Une partie de cet article a fait l'objet d'un éditorial de la Lettre de la Citoyenneté.


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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 16:56
Les primaires étasuniennes touchent à leur fin. Le candidat républicain est connu depuis longtemps. Il devient maintenant de plus en plus probable que Barack Obama sera le candidat démocrate. Ces longues (et chères) primaires ne permettent pas de se faire une idée très précise du programme des candidats mais, suivant une phrase attribuée à Charles Pasqua, les promesses, les programmes n'engagent que ceux qui y croient...

Ces primaires n'en sont pas moins intéressantes. Les femmes ont le droit de vote depuis 1919. Ce n'est qu'en 1964 que la loi instaure le suffrage universel pour les Noirs. Jusque là, dans la plupart des Etats du Sud, les Noirs devaient prouver l'ancienneté de leur appartenance à la nation américaine et être capables de commenter la Constitution de 1787. Malgré ce retard pour le droit de vote, il est possible que le premier candidat noir à la présidence précède la première femme candidate.

Barack Obama est-il un Noir candidat ou un candidat noir (à la candidature) à la présidence ? En fait, Barak Obama n'est pas noir mais métis. Mais aux Etats-Unis, et pas seulement aux Etats-Unis, il suffit d'avoir une "goutte de sang noir" pour être considéré comme noir, aussi bien par les Noirs que par les Blancs. Mais les choses se compliquent parce que Barack Obama est né aux Etats-Unis (sinon il ne pourrait être candidat à la présidence) d'un père d'origine kenyane. Il appartient donc à la catégorie des descendants d'immigrants et rejoint ainsi le "mythe américain" : descendant d'immigré et melting pot. "Je suis le fils d'un noir du Kenya et d'une blanche du Kansas".  Il n'appartient donc pas aux Noirs américains descendants d'esclaves mais a "épousé une Noire américaine qui porte en elle le sang des esclaves et de leurs maîtres".

C'est sur le "mythe américain" que Barack Obama s'appuie dans sa campagne. Barak Obama ne s'est pas enfermé,  et  a su ne pas se laisser enfermer,  dans le "vote noir" qui ne pouvait que le marginaliser. Il est loin du "Balck power". De façon plus subtile, Barack Obama s'appuie sur les cotés consensuels de Martin Luther King (celui de "j'ai fait un rêve") et gomme les prises de positions antérieures du pasteur dénonçant les 3 tares fondamentales des Etats-Unis, le génocide, le racisme et le capitalisme dont il est nécessaire qu'ils se débarrassent.

Quand on veut lui faire endosser les propos de Jeremiah Wright, il prononce un mémorable discours à Philadelphie où a eu lieu la Grande Convention  qui a proclamé en 1787 la Constitution des Etats-Unis , toujours en vigueur. Et ce discours reprend les grands thèmes du "mythe américain". Les Etats-Unis ne sont pas parfaits mais beaucoup a été fait et beaucoup reste à faire, ensemble. Il faut comprendre la souffrance des Noirs mais aussi celle des Blanc. Poursuivant l'oeuvre des pères fondateurs, il se propose de "continuer la longue marche de ceux qui nous ont précédé, une marche pour une Amérique plus juste, plus égale, plus libre, plus généreuse, plus prospère".

Jusqu'aux années 70, le mythe américain reposait sur le melting pot qui s'est brisé sur la question noire, sur la révolte des Noirs et qui a débouché sur le multiculturalisme. Barack Obama ne reprend pas formellement le melting pot, il ne nie pas la diversité des histoires, il comprend la diversité des colères mais il reprend la colère des Blancs et la colère des Noirs, l'anxiété des Noirs et l'anxiété des Blancs, il veut les canaliser pour bâtir une Amérique plus forte, plus juste... "nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble... nous ne pourrons parfaire l'union que si nous comprenons que nous avons une histoire différente mais que nous partageons de mêmes espoirs, que nous ne sommes pas tous pareils  et que nous ne venons pas tous du même endroit mais que nous voulons  aller dans la même direction, vers un avenir meilleur, pour nos enfants et nos petits enfants".

La colère de Jeremiah Wright est juste mais mal orientée, comme est juste la colère des Blancs mais il ne fut pas monter les uns contre les autres :"ses propos sèment la discorde à un moment où nous devons trouver ensemble des solutions à nos problèmes : deux guerres, une menace terroriste, une économie défaillante, une crise chronique du système de santé, un changement climatique aux conséquences désastreuses. Ces problèmes ne sont ni noirs, ni blancs, ni hispaniques, ni asiatiques mais ce sont des problèmes qui nous concernent tous... La plupart des Américains de la classe ouvrière et de la classe moyenne  blanche... Leur expérience est l'expérience de l'immigrant - dans leur cas, ils n'ont hérité de personne, ils sont partis de rien. Ils ont travaillé dur toute leur vie, souvent pour voir leurs emplois délocalisés et leurs retraites partir en fumée.... Tout comme la colère noire s'est souvent avérée contre-productive, la rancoeur des Blancs nous a aveuglés sur les véritables responsables de l'étranglement de la classe moyenne - une culture d'entreprise où les délits d'initié, le pratiques comptables douteuses et la course aux gains rapides sont monnaie courante : une capitale sous l'emprise des lobbies et des groupes de pression, une politique économique au service d'une minorité de privilégiés...
Et pourtant, souhaiter la disparition de cette rancoeur des Blancs, la qualifier d'inappropriée, voire de raciste, sans reconnaître qu'elle peut avoir des causes légitimes - voila aussi qui contribue à élargir la fracture raciale et faire en sorte que l'on n'arrive pas à se comprendre.
Mais j'ai affirmé ma conviction profonde  - une conviction ancrée dans ma foi en Dieu et ma foi dans le peuple américain - qu'en travaillant ensemble  nous arriverons à panser nos vieilles blessures raciales et qu'en fait nous n'avons plus le choix si nous voulons continuer d'avancer dans la voie d'une union plus parfaite.
L'erreur profonde du Rev. Wright n'est pas d'avoir parlé du racisme  dans notre société. C'est d'en avoir parlé comme si rien n'avait changé, comme si nous n'avions pas accompli de progrès, comme si ce pays - un pays ou un Noir peut être candidat au poste suprême  et construire une coalition de Blancs et de Noirs, d'hispaniques et d''asiatiques, de riches et de pauvres, de jeunes et de vieux - était encore prisonnier de son passé tragique.
Mais ce que nous savons - ce que nous avons vu - c'est que l'Amérique peut changer. C'est là le vrai génie de cette nation. Ce que nous avons déjà accompli nous donne l'espoir - l'audace d'espérer - pour ce que nous pouvons et devons accomplir demain.
Cette fois, nous voulons parler des hommes et des femmes de toute couleur et de toute croyance qui versent ensemble  leur sang sous le même fier drapeau".

Tout ceci ne préjuge en rien des résultats des élections si Barack Obama est candidat des démocrates. Arrivera-t-il à dépasser le handicap que constitue le fond raciste du pays ? La même question se pose pour Hilary Clinton candidate : saura-t-elle dépasser  l'antiféminisme d'une partie de la société ? Se posera aussi le dépassement des rancoeurs accumulées entre les deux candidats durant les primaires.

Et in fine, l'élection de l'un ou de l'autre ne permet pas de savoir quelle politique conduira le nouvel élu une fois au pouvoir. Mais l'élection de l'un ou de l'autre montrera le chemin parcouru depuis l'élection de J.F.Kennedy, premier président catholique.


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Published by Paul ORIOL - dans Diversité
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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 06:45
Au mois de mars, les résidents étrangers ayant la nationalité de l'un des Etats membres de l'Union européenne ont pu participer, pour la deuxième fois, à des élections municipales en France. Ceux qui ont une autre nationalité, sont restés devant la porte des bureaux de vote.
C'est une discrimination.

Le président de la République a fait mettre à l'étude une modernisation et une démocratisation des institutions de la République. Dans les propositions, sans tabou, qu'il a soumises au comité ad hoc présidé par Edouard Balladur, il a oublié de mettre le droit de vote des résidents étrangers. Sachant qu'il s'est prononcé, à titre personnel, en faveur de cette mesure.
L'erreur est humaine.

Le Comité, la voix de son maître, a avancé 77 propositions sans un mot sur la 78ième, le droit de vote. Comme le président du Comité et quelques uns de ses membres, réputés favorables à cette mesure, ont été interpellés par "votation citoyenne" pour éviter un fâcheux oubli...
Il ne s'agit plus d'oubli mais de persévérance dans l'erreur...
 
Parmi les mesures proposées, certaines demandent une réforme de la Constitution qui n'est pas possible sans l'appui du parti socialiste. Le président du groupe socialiste au Sénat a avancé comme condition d'un soutien éventuel une "exigence démocratique" préalable qui ne nécessite pas la réforme de la Constitution, le mode d'élection du Sénat. Cela permettrait de discuter ensuite d'autres questions " le partage du temps de parole audiovisuel, la nomination des membres du Conseil constitutionnel ou du CSA, le droit de vote des étrangers aux élections locales"  (Libération 17 avril 2008).
La question du droit de vote apparaît donc enfin comme facteur de démocratisation et de modernisation de la vie politique en France sur le même plan que le Conseil constitutionnel, le CSA, le temps de parole audiovisuel...

Mais attention, il est énoncé parmi d'autres points. Or toute négociation se conclut sur un compromis, certains points sont actés, d'autres non. Il ne faudrait pas que le droit de vote soit avancé comme point à négocier mais comme exigence sine qua non. Si l'accord se faisait sur le dos du droit de vote, la déception ne serait que plus grande pour tous ceux qui le demandent, chaque jour plus nombreux (plus de 80 000 participants à l'opération "votation citoyenne " en 2006) , ou qui l'attendent depuis 30 ans (voir les sondages de la Lettre de la Citoyenneté).
Un accord sans droit de vote des résidents étrangers ne serait pas un compromis mais une compromission.

Et lourde de conséquences. Car la revendication du droit de vote apparaîtrait, justement, à ceux qui sont exclus de la démocratie comme une revendication jouant le rôle de monnaie d'échange et eux mêmes comme les supplétifs d'un autre combat.

Pourtant ce combat mérite d'être mené par le PS. Parce que c'est une promesse de trente ans. Parce qu'elle ne peut être menée sans réforme de la Constitution et donc sans participation de la droite. Parce que Nicolas Sarkozy, en d'autres temps, a dit qu'il n'y était pas opposé et que cela l'obligerait à mettre ses actes en accord avec sa parole. Parce que l'ouverture à gauche ne serait pas un simple débauchage mais un pas en avant. Parce que l'idée de droit de vote avance chez les électeurs de droite et peut-être aussi chez les politiques dont certains regrettent d'avoir manqué des réformes comme le PACS.

Paradoxalement, le moment est venu pour le PS de tenir parole sur le sujet alors qu'il est dans l'opposition. Qu'il transforme l'essai ou qu'il échoue et rompe, dans les deux cas ce sera porté à son crédit.

Bibliographie :
  • http://pagesperso-orange.fr/   Tous les articles publiés
    http://pagesperso-orange.fr/paul-oriol/livre050731.pdf   Plaidoyer pour une citoyenneté européenne de résidence

  • Diaporama : Les Français favorabls au droit de vote : http://www.dailymotion.com/video/x9pknh_acer-droit-de-vote-des-etrangers-en_news
  • Diaporama d'affiches en faveur du droit de vote des résidents étrangers : http://www.dailymotion.com/video/x9e42q_acer-droit-de-vote-des-etrangers-2_news









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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 13:36
Coopérant en Algérie de 1964 à 1972, j'étais à Alger en mai 68.

Comme en France, pendant les années antérieures, nous avions monté un comité Viêt-Nam, nous cotisions et nous avions constitué un bon carnet d'adresses de coopérants.

A l'époque, Alger faisait figure de capitale de la lutte contre l'impérialisme et hébergeait les mouvements de libération africains des colonies portugaises, Angola, Mozambique, Guinée Bissau-Cap Vert,  de l' Afrique du sud, du Zimbabwe... Nous avions des groupes de travail sur ces paysqui avaient des relations avec le MPLA, le FRELIMO, Le PAIGC, l'ANC... et quelques fiches ont été réalisées sur ces pays et leur mouvement de libération.

En principe, toute activité politique était interdite aux étrangers mais nous savions par le FLNC que la notre était connue du FLN et des autorités algériennes et qu'elle était tolérée. Elle était dans les clous.

Les événements de mai se poursuivant en France, dans la seconde quinzaine, nous avons décidé de "passer à l'action" et nous avons utilisé le carnet d'adresses pour donner rendez-vous à tous les Français et envahir l'ambassade. Bien entendu, notre convocation avait été transmise , et l'ambassade a été mise au courant. Quand nous sommes arrivés, le portail de l'ambassade était fermé.

Assez nombreux, nous avons pu forcer l'entrée et nous nous sommes retrouvés devant un cordon de police. Il n'y a pas eu d'affrontement violent. Après négociation, l'ambassadeur a mis à notre disposition une salle où tous les jours, il pouvait y avoir une AG. C'est lors d'une de ces AG que j'ai vu pour la première fois Stéphane Hessel qui était en poste à l'ambassade (il n'était pas ambassadeur) mais probablement préposé aux bonnes relations avec les contestataires.

Je ne me souviens  que d'une proposition d'action qui a été faite pendant cette période :  former une caravane de voitures et , drapeaux rouges au vent, traverser l'Espagne (franquiste) pour rejoindre la Révolution. Elle n'a pas été suivie du moindre commencement de réalisation.

Inutile de dire que pour nombre d'Algériens (non politisés bien sûr), les Français étaient devenus fous ! Ils avaient tout et ils voulaient plus encore...

Bien entendu, aucun courrier n'arrivait de France. Une lettre d'une copine rentrée d'Algérie l'année précédente qui me disait de venir à Paris, partie au début du mois de mai est arrivée courant juin. Et quand je suis venu à Paris, en juillet, le tour des lieux historiques et des facs de Paris, avec un copain, en scooter, m'a permis de faire des photographies des affiches dont les murs de Paris étaient encore couverts. 21/04/08


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Published by Paul ORIOL - dans Souvenirs
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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 14:38
Trois frères qui ont obtenu récemment la nationalité française vont à la mairie de Saint Laurent du Maroni pour se faire inscrire sur les listes électorales en vue des élections du mois de mars 2008. Sur les 3, les deux filles ont reçu leur carte d'identité et non le garçon. De ce fait, au guichet, on refuse de l'inscrire, la carte d'identité étant "absolument" indispensable malgré la présentation du certificat de nationalité.

Revenant avec une accompagnatrice et le texte officiel, la demande est prise en considération mais, nouveau refus : il faut fournir le décret de naturalisation et non le certificat de nationalité.

Accompagnatrice lit le texte officiel qui demande " certificat de nationalité OU décret de naturalisation".

La préposé obtempère sans vérifier les documents.

Gageons que si Carla Bruni désire voter lors des prochaines élections européennes, elle n'aura pas de tels problèmes de guichet.

Et c'est heureux !

(d'après le Petit journal de Kourou du 14 janvier 2008)
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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 20:50
Madame Carla Bruni-Tedeschi est italienne, née le 23 décembre 1967, à Turin. Elle est installée en France, avec sa famille, depuis 1973. Elle s'est mariée le 2 février 2008 avec Nicolas Sarkozy, président de la République française. Elle n'a pas voté lors des élections municipales du mois de mars 2008.

Lors de ces différentes péripéties, quelques personnalités officielles, très haut placées, ont proféré des inexactitudes perdant ainsi l'occasion de faire un peu d'instruction civique.

Mariée avec un citoyen français, Me Carla Bruni-Sarkozy est toujours italienne. Son mariage ne lui permet d'acquérir la nationalité française par déclaration qu'après 4 ans de vie commune. Ce délai a été allongé, à plusieurs reprises, avec le souci d'éviter les mariages de complaisance en vue d'obtenir la nationalité française.

Mais rien n'empêche Me Bruni-Sarkozy de faire une demande de naturalisation. Elle est en France depuis plus de 5 ans et, circonstance favorable, épouse d'un Français. Il ne fait pas de doute qu'elle passera avec succès l'épreuve linguistique et pourra apporter des preuves de son intégration. Mais le délai d'attente en cas de demande de naturalisation va de 18 mais à.... plusieurs années. Souhaitons que Me Bruni-Sarkozy, si elle le souhaite ne soit pas en butte à l'arbitraire du guichet.... Par ailleurs, le taux d'ajournement ou de refus pour les personnes ayant la nationalité d'un pays de l'Europe du sud, est inférieur à 10% alors qu'il est de 30 à 50% pour les personnes originaire d'Afrique noire. Me Carla Bruni-Sarkozy devrait donc passer sans trop d'encombres cette épreuve.

Italienne, Me Carla Bruni-Sarkozy pouvait voter et éventuellement se présenter lors des élections municipales du mois de mars. Mais, même Première dame de France, elle ne pouvait prétendre à être maire, maire-adjoint ou délégué du maire, fut-ce de la plus petite commune de France.

Cependant, pour pouvoir voter, il aurait fallu qu'elle demande, avant le 1er janvier 2008, son inscriptions sur les listes électorales complémentaires prévues pour les citoyens de l'Union européenne résidant en France. Ce qu'elle aurait pu faire à l'occasion des élections municipales de 2001 et en 2007 pour les élections municipales de 2008. Mais son intérêt pour le président de la République a précédé sont souci de participation aux affaires de la commune.

S"inscrire sur les listes électorales complémentaires pour les municipales ne l'empêchait pas d'ailleurs de participer aux élections "adminsitratives " (municipales) en Italie. Maintenant, si Me Carla Bruni-Sarkozy veut voter et être éventuellement être candidate aux élections européennes de 2009, elle doit s'inscrire sur les listes électorales prévues à cet effet avant le 1er janvier 2009. Mais ce qui est possible pour les élections municipales, voter en France, pays où elle a sa résidence et en Italie, pays dont elle a la nationalité, n'et pas possible pour les élections européennes. Elle doit choisir dans quel pays elle préfère voter.

Quant aux élections législatives ou présidentielles, elle ne pourra participer en France que lorsqu'elle aura obtenu la nationalité française. Italienne, vivant en France, elle pouvait voter aux élections législatives italiennes.



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