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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 22:53

Totems du Carnaval de Rio exposés au parc de la Villette à Paris

Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
Totems du Carnaval de Rio
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:07
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

RASSEMBLEMENT DE RECUEILLEMENT A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

PLACE DE LA RÉPUBLIQUE - Paris

LUNDI 18 JUILLET 2016 - 18H30

 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

Associations ayant appelé à

RASSEMBLEMENT DE RECUEILLEMENT A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

Altercarto, Arts et Cultures des deux Rives - ACDR, Association de Parents et Amis de disparus au Maroc, Association Démocratiques des Tunisiens en France - ADTF , Association des Marocains en France – AMF, Association des Travailleurs Maghrébins en France - ATMF, Association des Tunisiens de Loire Atlantique, Association des Tunisiens du Maine et Loire- ATML, Association des Tunisiens du Nord de la France - ATNF, Association Interculturelle de production de Documentation et de Diffusion - AIDA , Association PER A PACE CORSE (POUR LA PAIX), Association populaire des tunisiens en corse - APTC, Association Vérité et Justice pour Farhat Hached - AVJFH , Citoyennes des deux Rives - CDR, Coalition Internationale des Sans Papiers et Migrants - CISPM, Collectif 3C , Collectif des Femmes Tunisiennes – CFT , Collectif des Sans Papiers – 75 – CSP-75, Comité Développement Patrimoine - CDP, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie –CRLDHT, Dynamique Citoyenne des Tunisiens à l’ Etranger - DCTE, Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives - FTCR , Forum Marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ-France), Imagecom , Mouvement Citoyen des Tunisiens en France – MCTF, Réseau Euro-Maghrébins Culture et Citoyenneté - REMCC, Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens - UTIT , Union des Tunisiens de la Sarthe - UTS, Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne - UTAC , Younga Solidaire, Zembra.

Le même jour à la même heure

 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE

Et la vie continue avec les enfants de la place de la République qui viennent profiter de l'eau et du soleil...

 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
 A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE
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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 21:14
Cannes 2016 : Festivalier en immersion

Passer dix jours à Cannes, pendant le Festival de cinéma, en voyant 3 ou 4 films par jour, c'est un peu se mettre en retrait du monde !
Malgré la télévision qu'on n'allume pas le soir et la tablette qui permet de jeter un œil sur la presse du jour, on vit en réalité hors du monde – de l’actualité du monde – alors que dans la journée d'un film à l'autre, on découvre des mondes d'hier, d'aujourd'hui ou de demain, passant de la Corée, au Brésil, de la Roumanie aux États-Unis ou aux Philippines…

Errant et aberrant, le festivalier.

Pour arriver à ces 3 ou 4 séances de cinéma par jour, suivant la carte d'accréditation qu'il a ou non, le festivalier doit trouver des billets qu'il peut acheter ou des invitations. Ceux qui n'en ont pas, des dizaines de personnes, agitent un panneau, « un billet, s'il vous plaît », « a ticket, please » pour tel ou tel film auprès de privilégiés qui en ont… De 8 heures à 22 heures ! Du lever au coucher du soleil… « De sol a sol » !

Cannes 2016 : Festivalier en immersion

Avec le fameux billet ou « un badge », différent suivant le type d'accréditation, le festivalier doit ensuite faire la queue à la salle qui projette le film, avec le risque, suivant le nombre d'invités, de journalistes, d'accrédités de plus haut niveau, d'attendre une heure et de ne pouvoir entrer. De plus, l'accès à certaines salles est fermé 45 minutes avant la projection !

Au total, pour voir un film qui dure de 90 minute à 3 heures, il faut consacrer plus d'une heure à l'attente !!! Qui accepterait de faire cela dans la vie quotidienne. On est à Cannes ! On est festivalier ! Et quel bonheur quand il ne pleut pas !! Cette année, il n’a pas plu ! La queue alors peut devenir une foire aux potins ou un mini-ciné-club !
Autrefois, certains allaient en famille au cinéma voisin, le samedi, sans rien savoir du film qui était programmé. Nous n'étions pas de la même catégorie : avertis, nous choisissions nos films !
A Cannes, festivalier de base, on va voir assez souvent le film qu'on peut voir, pas toujours celui qu'on voudrait voir. Cela peut conduire à de bonnes surprises.

Cannes 2016 : Festivalier en immersion

Le soleil illumine la Croisette et magnifie le bleu de la mer, peuplée d'énormes immeubles blancs de croisière et de bateaux plus modestes, y compris de navires militaires cette année. Le festivalier s'enferme dans des salles plus ou moins grandes, aux fauteuils rouges, après une longue attente, avant d’être plongé dans l'obscurité. Quel que soit le temps à l'extérieur, le festivalier, hors sol, voit alors apparaître, en musique, à l’écran le tapis de 22 marches rouges, dans le bleu de la mer et du ciel, surmontées de la palme d'or. La découverte commence.

Dés la première journée, tandis que défilent en boucle sur les écrans extérieurs tous ceux qui ont monté, montent ou vont monter les marches…, les spéculations, les discussions vont bon train : dans la presse, dans les queues, dans les salles… Le film qu'il faut voir ou ne pas voir, la qualité, la palme possible…

Plus de 1500 films ont été visionnés par les sélectionneurs, 167, sans compter les courts métrages, ont été diffusés, cette année, dans les différentes sélections du festival et les cinémas de la ville : compétition, un certain regard, hors compétition, classics, cinéma de la plage, semaine de la critique, quinzaine des réalisateurs, acid... Le festivalier ne peut tout voir. Ses jugements ne peuvent porter que sur la cinquantaine de films que les plus fous peuvent voir durant le festival…

Si Cannes demeure le plus important Festival de Cinéma, cette année, il a commencé avec de mauvaises nouvelles : Canal + a réduit de 90 % sa participation à la fête, ce qui augure mal pour l'avenir et un cinéma de Cannes (Le Star) a fermé… Par ailleurs, il y aurait eu une moindre fréquentation, ressentie par les restaurateurs, et « l'absence des Américains » a été signalée en rapport avec la crainte d’attentats...

Si on parlait cinéma ?

Ni revue complète de la trentaine de films vus, ni jugement sur le palmarès, voici de brèves notes sur quelques films (A la "demande" de Marie-Claude et de Pierre).

« Églantine d’or » pour « Ma Loute » de Bruno Dumont, (2h02) pour son inventivité cinématographique, déjà annoncée dans « P’tit Quinquin ». Des acteurs célèbres (Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni-Tedeschi) valorisés et disciplinés, au point que le cabotin Luchini est accompagné d'un cousin avec lequel on pourrait le confondre. Des acteurs non professionnels que Bruno Dumont dirige, avec maîtrise, et rend aussi talentueux que les professionnels. Peut-être faudrait-il remplacer les prix d’interprétation par le prix de la direction d’acteurs…
Dans « Ma Loute », Bruno Dumont illustre le rapport de classes, jusqu'à l'anthropophagie, dans les années 1900, entre une grande famille du Nord en vacances et les pêcheurs du quartier St Michel qui leur font passer le gué, en barque ou dans leurs bras suivant la marée. Des personnes disparaissent... Et les pêcheurs se pourlèchent les babines... Ce qui n'empêche pas une idylle, momentanée, entre le fils aîné des pêcheurs et l'aîné(e) des bourgeois au sexe incertain... Mais la police enquête sous la forme de deux policiers, type Laurel et Hardy, un brin automates.
Certains auront quelques difficultés à entrer dans un film déjanté, burlesque, poétique, excessif… ce qui fait son charme. Il aura ses inconditionnels et ceux qui ne pourront suivre le délire de Dumont.

« Rester vertical » d'Alain Guiraudie (1h40) est aussi un film puissant qui en dérangera plus d'un et plus d’une. Dans « L'inconnu du lac », un crime était commis sur un lieu traditionnel de drague homosexuelle. « Rester vertical » qui se déroule en milieu paysan sur un causse de Lozère, est beaucoup plus complexe.

Le héros, scénariste, est à la recherche des loups, d'aventures et d’inspiration sur le Causse. Il rencontre une bergère qui n'aime guère les loups, prédateurs de son troupeau. Une relation s'établit. Notre héros découvre la beauté naturelle de « l'origine du monde » et la paternité, tandis qu'elle vit l'animalité de l'accouchement dont rien ne nous est épargné, et le refus de cette maternité… Tout ceci n'empêche pas notre scénariste de continuer sa recherche d'aventures, même si cela ne favorise guère son travail d'écriture.
Alain Rigaudie reprend la question de l'homosexualité, dans le quotidien paysan. Non dans un lieu de drague traditionnel. Le héros et les personnages sont socialement situés, le scénariste un peu paumé, bisexuel, attaché à son enfant que la mère lui abandonne. Après plusieurs épisodes – il est dépouillé à nu sous un pont - il participe activement au « suicide assisté » d'un vieil homosexuel, associant sodomisation terminale et cocktail létal - il revient chez son « beau-père », dont il refuse les avances, pour s'occuper, seul, de son enfant, des troupeaux et des loups.
Alain Rigaudie ne recule pas devant des scènes, des situations d'un réalisme, d’un naturalisme qui peut paraître insupportable (accouchement très réaliste, sodomisation terminale). La femme, absente dans « L’inconnu du lac », est ici réduite à son utilité !

Dans la cuvée Cannes 2016, « Ma Loute » n’est pas le seul film à parler de classes, de lutte des classes. Dans « L'économie du couple » de Joachim Lafosse (1h40, titre anglais, "After love"), elle apparaît, après l’amour, quand vient le moment de la séparation... Tout ce qui avait fait le bonheur de la rencontre, des premières années du couple, va faire l'objet de la lutte. Bérénice a aimé Boris, l'architecte polonais sans travail qui a refait la belle maison dans laquelle ils ont vécu, heureux avec leurs deux enfants. À l'heure de la séparation et du partage, ils se disputent tout, même le fromage du frigo. Bérénice ne veut prendre en compte dans le partage que son apport en capital fourni par ses parents et Boris revendique son apport en travail.

« Money Monster », (1h39) de Jodie Forster, avec Georges Clooney et Julia Roberts, est plus directement politique : un boursicoteur malheureux fait irruption sur le plateau de l'émission phare "Money Monster " et prend en otage, en direct, l'animateur vedette qui a ruiné des milliers de téléspectateurs par ses conseils spéculatifs. Menaçant de tout faire sauter… Mais l'animateur est sauvé par une équipe remarquable qui permet de démasquer le vilain coupable. Tout rentre dans l’ordre. La morale est sauve : le méchant spéculateur qui a tout truqué est arrêté, le terroriste amateur est abattu, le couple animateur se reconstitue, tout cela en direct. Il n'y a plus qu'à préparer l'émission de la semaine prochaine.
Le capitalisme n'est pas si mauvais que cela sous l’œil du journalisme télévisé, revu par le cinéma. Un bon film étasunien « de gauche » tonique, efficace...

Dés la fin de la projection, « Tony Erdmann », (2h42) de l'Allemande Maren Ade, très applaudi par la salle, bien chauffée par la présence de nombreux Allemands, est apparu comme candidat à la palme. Ce film, hilarant, n'a eu aucune récompense mais s'est largement vendu et est assuré d'un succès d'audience mérité.
Ici, il n’est pas question de classes et de lutte des classes. Mais du bonheur et du sens de la vie. C’est cette question qu’un père, philosophe et facétieux, pose à sa fille, cadre très professionnel d'une entreprisse allemande qui essaie de conquérir un marché en Roumanie, au prix de quelques licenciements... Lors d’une visite, un rien dérangeante, à Bucarest où elle travaille, son père se déguise en divers personnages qui perturbent son emploi du temps, ses prestations et sa sérénité.
Que va-t-elle faire ?

« Aquarius » (2h20) de Kleber Mendonca Filho : Clara, belle femme, personnalité à la retraite, mère de famille de la bonne société, occupe un bel appartement sur le bord de l’océan à Recife. Tous les autres copropriétaires ont accepté les substantielles indemnisations de promoteurs immobiliers. Clara résiste pour sauvegarder son lieu de vie. Elle devra faire face à tout ce que les promoteurs peuvent inventer pour faire céder une faible femme… qui ne cédera pas.
La présentation du film a été l'occasion, pour l'importante assistance brésilienne, de dire son soutien à Dilma Rousseff et à la démocratie brésilienne.
Dans la sélection « classics », un autre film brésilien a été présenté : « Cinema novo » (1h30) d’Eryk Rocha, fils de Glauber Rocha. « Avec le « Cinema novo » est apparue une nouvelle grammaire cinématographique spécifique capable de penser le Brésil nouveau des années 1960, pays qui était alors en train de passer d'un mode rural à un mode urbain à travers de fortes mutations. » (Eryk Rocha). Film du siècle dernier, plein de bruit et de fureur, de violence et de sang.... La vieille révolution latino-americaine... De « Cinema novo » à « Aquarius », de la révolution à la spéculation… changement de siècle..

Cannes 2016 : Festivalier en immersion

Actes de violence, situation de violence

Le cinéma, art du mouvement, de l'action, de la violence et de la couleur, est bien équipé pour montrer les explosions de violence. Parfois, pour s'y complaire. Mais il peut tout aussi bien explorer des situations de violence, de tension.

« The last face » (2h11) de Sean Penn avec Charlize Theron, Javier Bardem, Adèle Exarchopoulos, raconte la rencontre d'une responsable internationale de l'humanitaire et d'un urgentiste de « médecins du monde » sur le terrain, au milieu de guerres sanglantes en Afrique (Nigeria, Soudan). Ce film, fait par des occidentaux blancs, pleins de bonnes intentions, a été sifflé à certaines séances, probablement pour le contraste entre la situation amoureuse, les dialogues conflictuels de généreux occidentaux et la cruauté de la guerre africaine avec des scènes difficilement soutenables. Vision quasiment néocolonialiste de l’Afrique.

Des films montrant des situations de violence plus que des actes de violence ont été présentés, venant des autres continents, Amérique, Europe, Asie, tournés par des autochtones.

Ainsi, « Loving » (2h03) de Jeff Nichols qui se déroule aux États-Unis (Virginie) en 1958. Première image, un visage de femme qui tourne lentement son regard, suivi par la caméra, vers le visage d’un homme, Loving, à qui elle déclare : « je suis enceinte ». Et lui, de répondre, on va se marier.
Elle est noire, il est blanc, et le mariage interracial est interdit en Virginie. Pour se marier, ils vont à Washington où le mariage interracial est possible. A leur retour en Virginie, les ennuis vont commencer.
Cette histoire, vraie, très étasunienne, est traitée à l'européenne, avec seulement une violence légale, latente. Sans acte de violence.
Aucun personnage n'est le mal absolu, ni le bien absolu. Chacun est enfermé dans son rôle ou ses croyances. Le juge, comme Dieu, est pour la séparation des races mais accepte un compromis, sévère ; l'avocat qui obtient ce compromis avertit que c'est sa dernière intervention, le policier donne des conseils menaçants. Se croyant suivi par une voiture alors qu’il rentre chez lui, Loving s’arme. Mais il ne se passe rien.
La mère de Loving accouche blanches et noires mais reproche à son fils d'avoir bafoué la loi ; un beau-frère, noir, lui montre sa position en porte-à-faux de blanc, bien intégré parmi les noirs, qui travaille chez les blancs… Les avocats de la cause, comme les journalistes favorables, sont aussi ambigus.
Mais, tout finit bien, devant la Cour suprême, pour ce couple qui ne veut pas faire l'Histoire mais seulement vivre.
Le montage est assez rapide, soutient le rythme de l'histoire avec des transitions superposant l'image avec les dialogues de la scène suivante ce qui rend les enchaînements plus vivants.

« La fille inconnue » (1h53) de Luc Dardenne et Jean-Pierre Dardenne avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud et Louka Minnella.
Une très jeune médecin, très compétente, très consciencieuse, n'ouvre pas sa porte, quand la sonnette retentit, une heure après la fermeture de son cabinet. Une « jeune fille inconnue », noire, le paiera de sa vie. A partir de cette erreur et du sentiment de culpabilité qu'elle éprouve, elle va mener l'enquête pour retrouver l'identité de l'inconnue et lui donner une sépulture.
L'histoire se déroule dans un quartier populaire de Liège, pluriethnique. L'atmosphère est parfois tendue, la violence affleure. Dans cette histoire où il n’y a que des personnes imparfaites, par petites touches, les frères Dardenne nous font connaître le monde des gens simples et nous amène, sans cris, vers le dénouement.

« Forushande » (Le Client) d'Asghar Farhadi (2h05).
A Téhéran, un jeune couple du milieu du spectacle déménage car leur immeuble a de sérieux problèmes. Un ami leur trouve un nouvel appartement, autrefois habité par une prostituée.
On sonne à la porte, la jeune femme, croyant que son mari revient, ouvre. L’irréparable est commis : un homme est entré dans l’appartement. On ne saura pas ce qui s’est passé. Il n’y a pas de discussion entre le mari et la femme. Il n’est pas question de porter plainte et de faire ainsi de la publicité. Le mari va mener son enquête pour retrouver le « coupable ». L’humilier avec cruauté. Devant sa famille. Apparemment ouvert, moderne, il exprime par ses actes la violence des normes sociales qu’il a intégrées et qu’il doit appliquer.

Dans « Ma' Rosa » (1h50) de Brillante Mendoza, c’est la classique violence sociale, ici aux Philippines. Une petite famille de commerçants complète ses revenus avec le commerce de la drogue. Sur probable dénonciation, ils sont embarqués par la police et n’obtiendront leur libération que contre la dénonciation de leur fournisseur et une somme d’argent pour convaincre les policiers. Les enfants arriveront à récolter cette somme, difficilement, auprès de membres de la famille : misère, corruption , trafic de drogue, solidarité familiale....

Fuchi Ni Tatsu (Harmonium, 1h58) de Koji Fukada.
Un artisan vit paisiblement, en famille, en banlieue. Jusqu’au jour où débarque un « ami », « yakusa », repris de justice qui est embauché, nourri, logé… L’ami sort d’un long séjour en prison à la suite d’une affaire dont l’artisan était le complice et qu’il n’a pas dénoncé. Cet ami agresse la fillette qui reste paralysée et s’enfuit… Des années plus tard, l’artisan embauche un jeune apprenti qui n’est que le fils de l’ami qui recherche son père… Ils partiront tous à la recherche… qui finira mal. Finalement, la mère se jettera avec sa fille dans le torrent.
L’angoisse, la violence viennent d’un passé caché.

« Agassi » (Mademoiselle, 2h25) de Chan-Wook Park.
Dans le contexte de la Corée colonisée par les Japonais, un jeune et ambitieux coréen se propose d'épouser une riche héritière japonaise, plus ou moins séquestrée par son oncle, libertaire, émule du « divin marquis ». Pour cela, il s'assure la complicité d'une jeune et belle coréenne qu'il fait embaucher au service de Mademoiselle...
Finalement, c'est lui qui sera trahi par les deux jeunes femmes. Ici, l'homosexualité féminine, interclassiste, l'emporte sur le machisme arriviste et anticolonialiste.

« Paterson » de Jim Jarmusch (1h55), avec Adam Driver et Golshifteh Farahani décrit la vie quotidienne d'un jeune couple étasunien, mixte, lui, chauffeur de bus, blanc, qui rêve d'être poète et écrit dans son carnet secret, elle qui rêve de réussite comme chanteuse et guitariste ou par la grâce de ses qualités de pâtissière, et leur chien qui aime aussi dévorer les poèmes de son maître.
Les jours de la semaine passent dans leur banalité, le jeune chauffeur écoute les histoires vraies ou fantasmées des passagers, va promener le chien et prendre sa bière au bistrot du coin, à la clientèle métissée, où se jouent les petits drames de la vie.

« Olli Mäki » (1h32) de Juho Kuosmanen.
Été 1962, Olli Mäki prétend au titre de champion du monde poids plume de boxe. Il ne lui reste qu’une marche à franchir pour connaître la gloire suprême. Pour cela, il doit se préparer intensément, perdre quelques kilos, se concentrer sur son entraînement, sur son combat. Mais, tombé amoureux, il a l’esprit ailleurs, néglige quelque peu les exigences sportives. Le combat du triomphe se termine, par KO à la deuxième manche. C’est le combat le plus court et le jour le plus beau. Car il repart avec la femme de sa vie.


Contraste entre le rêve américain du jeune couple Paterson dont les deux membres sont pleins d’ambitions. Et le jeune couple nordique à la recherche d’un bonheur simple, illustré par la dernière image où, quittant la capitale pour revenir chez eux, ils croisent un couple âgé. Symbole de la banalité d’un bonheur tranquille ?

Deux films roumains

La Roumanie n’est pas simplement un terrain de jeux pour entreprises allemandes en expansion. Régulièrement, des films roumains abordent, souvent de façon réussie, les questions qui se posent au pays.

« Sieranevada » de Cristi Puiu.

Toute la famille roumaine élargie est réunie pour la commémoration du décès du père, un an auparavant. C'est l'occasion d'un repas familial qui tarde à se mettre en place dans l'attente du pope qui doit venir bénir la cérémonie. C'est aussi l'occasion de la mise à jour de tous les conflits de la société roumaine, conflits familiaux ou politiques : complotisme, nostalgies contradictoires dans une société postcommuniste qui n’a rien réglé...
Encore un film un peu trop long (2h53), la cérémonie religieuse n'en finit pas (c'est un peu le ressort de l'histoire), la suppression d’une scène, en extérieur, non nécessaire (ennuis de stationnement) aurait pu alléger le film qui est sauvé par la description de la société roumaine et l'humour de l'auteur.

Baccalauréat (2h08) de Cristian Mungiu.
Dans une famille de la bonne société roumaine, père chirurgien de renom, honnête, la fille, élève brillante, est victime d'une agression à la veille du baccalauréat qui lui permettra de partir à Birmingham pour poursuivre ses études. Passer le bac avec le bras dans le plâtre est difficile. Le père décide de l'aider par ses relations comme il est de coutume en Roumanie. Finalement, elle aura son bac sans tricherie.
Vision très pessimiste, très réaliste, de la société roumaine où les parents regrettent d'être rentrés au pays et où les jeunes ne pensent qu'à partir. Dans une corruption généralisée.

Deux films remarquables

IKARIE XB 1 (1h 28) de Jindrich Polak, film de science-fiction tchécoslovaque de 1963, numérisé, a une importante postérité, notamment « 2001: l’Odyssée de l’espace » (1968) de Stanley Kubrick mais aussi pour des raisons techniques ou le scénario « La Guerre des étoiles (1977), « Alien » (1979) ou « Sunshine » (2007). Il a longtemps été connu en occident, trafiqué et doublé en anglais, sous le nom de « Voyage to the End of the Universe », avec une fin qui le dénaturait complètement.
La version, restaurée, projetée à Cannes permet de voir le film dans sa forme originale.

Le film raconte l'aventure d'un vaisseau spatial, parti en 2163, à la recherche de la vie, de la société idéale, bien au delà du système solaire. Ce film, optimiste dans la veine réaliste - socialiste, va rencontrer quelques difficultés, notamment une épave spatiale que deux astronautes vont visiter et où ils ne trouveront que les cadavres des criminels du XX ème siècle responsables de Hiroshima, Nagasaki, Ouradour, les camps d extermination. En plus la navette a une charge nucléaire qui la fait exploser entraînant la mort de nos deux astronautes.
L'expédition rencontrera une autre difficulté naturelle mais imprévue dont ils sortiront grâce à leur décision humaine contre l'avis des robots qui guident le véhicule et, finalement, avec la protection des habitants de l'heureuse « planète blanche » que nous ne verrons pas.

Et la femme créa Hollywood (52 mn) de Clara Kupperberg et Julia Kupperberg. Ce film montre que, dans les 30 premières années du cinéma, à Hollywood, les films étaient faits essentiellement par des femmes : du scénario à la réalisation en passant par le montage (normal, les femmes sont couturières)...
Petit à petit, le cinéma est devenu plus « professionnel » et les travailleurs du cinéma mieux payés. Alors les hommes ont commencé à arriver et le syndicat… Progressivement les femmes ont été et éliminées du métier mais aussi de l’histoire du cinéma. Quelques unes ont surnagé comme Lillian Gisch, actrice, ou, plus rarement, comme productrices, distributrices. C'est ainsi que la société United Artists, connue en français sous le nom de sa filiale Les Artistes associés, société de distribution puis de production, a été fondée en 1919 par Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D.W.Griffith…


Ce film, déjà diffusé à a télévision en mai et juin, sera visible à nouveau, le dimanche 21 août 2016 sur la chaîne télévisée OCS Géants

Les sœurs Kupperberg travaillent à une série télévisée sur la question.

Autres films vus

« Julietta » de Pedro Almodovar, « Un homme et une femme » de Claude Lelouch 1966, « Voyage au Groenland » de Sébastien Betbeder, « Voir du pays » de Delphine Coulin et Muriel Coulin, « Le cancre » de Paul Vecchiali, « La larga noche » de Francisco Santiago, « The Neon Demon » de Nicolas Winding Refn, « Mal de pierres » de Nicole Garcia, « Elle » de Paul Verhoeven, « Isola » de Fabianny Deschamps, « Goksung » de Na Hong Jin.

Post scriptum : « L’effet aquatique »

Film projeté à Cannes et actuellement dans les salles, à voir absolument : « L’effet aquatique », un très beau film (1h23), français-islandais, de Solveig Anspach qui montre que l’Islande n’a pas seulement une bonne équipe de footballeurs avec des supporteurs...

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 19:59

La population s'est approprié la place de la République.

Les jeux pour les enfants
Les jeux pour les enfants
Les jeux pour les enfants
Les jeux pour les enfants
Les jeux pour les enfants

Les jeux pour les enfants

Les militants
Les militants
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 18:59
Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…

La France semble coupée d'une partie importante de sa jeunesse.

Il ne peut y avoir, ces temps-ci, de manifestation populaire à Paris sans que des groupes de jeunes ne l'utilisent et prennent la tête du cortège pour s'attaquer aux vitrines des banques, des assurances puis du mobilier urbain et finalement de n'importe quoi avec notamment l'Hôpital Necker qui a soulevé une large indignation, pas toujours désintéressée.

Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…

Une autre partie de la jeunesse de ce pays est séduite par Daech et, avec ou sans séjour au Proche-Orient, s'engage dans des attentats de masse dont le plus meurtrier a été celui du Bataclan. Avec un nouveau développement, l'attaque individuelle, comme celle des policiers de Magnanville.

Il va de soi que ces actes ne sont pas de même nature, sauf peut-être pour Manuel Valls qui a parlé de « volonté de tuer », à propos des certains « casseurs ». Pour les uns comme pour les autres, il ne peut être question, aux yeux de Manuel Valls, de chercher à comprendre : « J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé », avait déclaré le premier ministre au Sénat, deux semaines après les attaques de novembre 2015 (Le Monde 03/03/16). Et fier de sa trouvaille, il n'a pas manqué de la répéter à d'autres occasions.
Disqualifiant ainsi le travail fait dans le cadre du CNRS sur les questions des violences urbaines depuis les années 1980 et sur les attentats depuis janvier 2015.

De même, il doit être inutile de comprendre les événements qui se sont déroulés dans les banlieues en 2005 à la suite de la mort des jeunes Zyed et Bouna. Les dégâts matériels avaient été très importants touchant des voitures, incendiées, des entreprises mais surtout des établissements publics au service de la populations (écoles, gymnases, maisons de quartier...). Ce qui avait entraîné une importante répression policière avec la proclamation de l'état d’urgence, déjà, et l’interpellation de milliers de personnes dont 600 avaient été écrouées (Le Monde 26/10/15). Ici encore, il ne doit pas être nécessaire de comprendre pourquoi et comment.

Cependant, à la suite de ces événements, un important travail de rénovation a été entrepris qui a considérablement modifié le bâti. Malheureusement, cet effort, indispensable, n'a pas modifié fondamentalement la vie des jeunes. Leur taux de chômage est de 45 % contre 23 % dans les quartiers hors ZUS. 72 % des habitants de ces territoires considèrent que la rénovation urbaine n’a pas changé leurs conditions de vie.
Les dégâts d'un chômage qui dure maintenant depuis des dizaines d'années ont été en partie « compensés » par une économie de survie : travail au noir et trafic de drogues. Tandis que la vie associative était remise en question par les restrictions budgétaires, favorisant le repli et le développement de l'influence religieuse.
Bien entendu, le gouvernement connaît largement ces informations qui n'excusent peut-être pas le comportement des jeunes mais mettent en question la politique des gouvernements de droite et de gauche…
Manuel Valls a raison, comprendre ou ne pas comprendre ne change pas beaucoup le comportement des gouvernements.

Les gouvernements, d'hier et d’aujourd’hui, connaissent très bien les taux d’abstentions à toutes les élections qui sont particulièrement élevés chez les jeunes qui estiment - à tort ? - que le monde politique, journalistes et politiciens confondus, est à des années-lumière de leurs préoccupations. Aux dernières élections régionales, le premier parti de France était celui des abstentionnistes : 50 %. Mais concernant les 18-24 ans, il était de 64 % et les 25-34 ans, 65 %. Les ouvriers sont aussi les plus touchés par abstention : 61 %
Certains politiques ont trouvé le remède : rendre le vote obligatoire ! Sauf que lorsqu'ils votent, les jeunes comme les ouvriers votent plus que les autres pour les partis de contestation que pour les partis de gouvernement.
Dans cette « démocratie représentative », une bonne partie de la population n'est pas représentée au Parlement, se sent exclue. Et ce n'est qu'une petite minorité qui vote pour les partis de gouvernement.

Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…

Il est certain que les choses vont changer profondément lors de la prochaine élection présidentielle. Qui se prépare déjà. A droite comme à gauche, dans la presse écrite ou radio-télévisée, cette élection est d'une actualité permanente. Dans la primaire de droite, dans la primaire de gauche, les paris couplés ou gagnants sont ouverts. Mais la politique ? Le sort des jeunes ?
Dérisoire !

A cela, va, probablement, s'ajouter le débat sur l'Union européenne. Avec l'affrontent de ceux qui veulent en sortir ou non mais, au Royaume-Uni, le cafouillage touche aussi bien ceux qui sont pour le Brexit que ceux qui sont contre. La confusion est moins spectaculaire en France et dans l'Europe mais tout aussi importante. Ceux qui veulent continuer l'aventure européenne vont parler de réformes comme ils l'ont toujours fait, comme en 1992 ou en 2005, au moment des référendums, sans que les choses s’améliorent beaucoup, car la politique économique n'a rien changé pour les couches sociales les plus défavorisées.

Les « casseurs » et les « radicalisés » ne sont que la pointe extrême d'une jeunesse dont la majorité ne se voit aucun avenir, que les politiques abandonnent sans scrupule à tous les niveaux économique, social, politique… Quand on ne voit pas d'avenir possible, la tentative est grande du retour à un passé mythifié, national ou religieux.

Qui peut s'enthousiasmer, même légèrement, pour la « politique réelle », comme on dit « socialisme réel » quand on voit ce qui se passe au niveau de la politique nationale ou européenne ? Il n'y a pas là de quoi donner un sens à la vie des jeunes… et de bien d'autres.

Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…
Les « casseurs », les « radicalisés » et les autres…
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 17:33
L'Union européenne affolée !

L'Union européenne affolée !

Avec le vote du Brexit, l'Union européenne est fortement ébranlée par la droite, nationaliste, xénophobe, raciste, britannique malgré la pression de l'internationale libérale ; d'Obama à Juncker en passant par la City, les bourses et tous les chefs de gouvernement libéraux de l'Union européenne.

Bien entendu, après avoir fait pression, ce chantres du libéralisme insistent sur l'inconscience des citoyens et sur les conséquences désastreuse du Brexit, projettent des réunions d'urgence : ils reconnaissent, plus ou moins, le manque de démocratie à l’échelle de l'Union et promettent une fois de plus…

Il a fallu le Brexit pour que ces gouvernants se rendent compte du désamour des peuples pour leur conception de l’Union européenne : pourtant combien de référendums l'avaient annoncé, pourtant les résultats des différentes élections montraient bien la montée des droites nationalistes..

Il est remarquable que les plus attaqués par l'opinion publique soient les institutions et les bureaucrates de Bruxelles. Mais l'agitation apparente est surtout celle des gouvernants : François Hollande reçoit et consulte, à tout va, les partis nationaux, les partenaires européens, réunion des ministres des affaires étrangères à Berlin, rencontre Merkel-Hollande-Renzi, puis mardi-mercredi sommet européen sur le Brexit…. François Hollande espère-t-il, retrouver une place dans l'Union européenne, grappiller quelques points dans les sondages et se remettre en selle ?
« La mollesse de la réponse à la crise sociale et l’irrésolution dans la crise migratoire de cet été ont achevé l’ouvrage. Les classes populaires, sur tout le continent, n’y croient plus ». (Laurent Joffrin Libération 25/06/16) Mais peu de gouvernants parlent de la crise sociale et semblent plus motivés par la montée antieuropéenne des nationalistes.
Que vont-ils proposer ? Les partis sociaux-démocrates ou conservateurs européens, vont profiter de cette crise, pour essayer de susciter un nouveau sursaut pour l'Europe, pour la même Europe, sociale-libérale,. À six ? À 19 (euro). Pensent-ils encore berner les peuples ? Tandis que Jean-Luc Mélenchon demande une « harmonisation sociale par le haut » et Marine Le Pen, « la mise en œuvre d'un référendum pour demander aux Français s'ils souhaitent rester dans l'Union européenne ».

Ils vont proposer des cosmétiques ! Car le « pouvoir européen » est essentiellement aux mains du le Conseil européen, c'est à dire les chefs d’État et de gouvernement, qui ont pris à l’unanimité ou à la majorité qualifiée les décisions importantes, traités européens... Les chefs d’État et de gouvernement votent à Bruxelles, reviennent dans leur pays et protestent contre ce qu'ils on voté à Bruxelles. Peuvent-ils se dédire ? David Cameron n'est pas le seul responsable du Brexit… Il est le seul démissionnaire...

Mais ils ne sont pas les seuls. Ce n'est pas Bruxelles qui a cassé les syndicats britanniques : c'est Thatcher, conservatrice, mère de Tina. Quelle a été en Europe la mobilisation pour soutenir les syndicats britanniques ?
Ce n'est pas l'UE qui a imposé Hartz aux syndicats allemands : c'est Schröder, social-démocrate, alors que les syndicats allemands faisaient grève tous les lundis. Qui, en Europe, s'est solidarisé avec les syndicats allemands ? Nous étions une dizaine à La Villette, tous les lundis.
Qui a été le principal ennemi de Syriza : c'est Schaüble. Combien de manifestations dans l'Union pour soutenir Syriza ? Et des manifestations peu spectaculaires à Paris.
François Hollande veut être le Schröder ou le Thatcher français ? Qui, en Europe, manifeste sa solidarité avec les syndicats français ? Malgré la résistance des Français, à travers les manifestations ou les sondages. Et même les parlementaires qui obligent le gouvernement à utiliser le 49-3 pour faire passer sa contre-réforme ?

La grave vérité, c'est qu'il n'y pas d'internationale des internationalistes. Des syndicats, hormis la Confédération européenne des syndicats dont on connaît la forte capacité à ne rien faire !

Il y a une véritable internationale des gouvernements favorables au libéralisme qui joue à plein au Conseil européen.. Il y a, paradoxe, une internationale nationaliste.
Pardon, il
y a aussi un Altersommet qui se réunira en novembre à Bruxelles, les gouvernements européennes en tremblent.

Il y a eu le "non" en 2005 qui était pas seulement de gauche mais 5 ou 6 candidats du « non de gauche » à la présidentielles suivante : chacun voulant récupérer, à son profit exclusif, les résultats d'une campagne importante. Un véritable » succès !
Et, aujourd'hui, l'essentiel tourne autour des dix candidats potentiels à l'élection à la présidence de la République, de droite, et aux dix de gauche ! Entretenu quotidiennement pas les uns et les autres, avec, bien entendu, le soutien des médias et des bureaucrates français, de gauche et de droite. La France est abonnée au PMU et spécule sur le couplé gagnant !

Le Brexit britannique a été obtenu essentiellement par le vote xénophobe, raciste, nationaliste. Tous les nationalistes de l’Union européenne s'en félicitent et veulent s'en inspirer pour proposer des référendums qu'ils espèrent gagner. Et les eurocrates nationaux et bruxellois sont tout étonnés des résultats de la consultation britannique. Comme s'il n'était pas annoncé, au Royaume-Uni ou ailleurs, par tous les référendums antérieurs, dont ils n'ont nullement tenu compte. Par tous les sondages internationaux qui témoignent du désenchantement européen, y compris dans les pays les plus europhiles.

Aujourd'hui, en période préélectorale en France et en Allemagne, François Hollande s'agite, en Allemagne, Sigmar Gabriel, président du SPD et Martin Schulz, publient un texte qui critique la politique d’austérité qu'ils ont, jusqu'ici, accompagnée, l'un comme vice-chancelier, l'autre comme président du Parlement européen. Quelle crédibilité peuvent-ils avoir ?

Malheureusement le coup décisif est venu de la droite. Pour que la gauche renverse la table au niveau européen, c'est plutôt mal parti. Servira-t-elle de force d'appoint à la droite dans le démantèlement ?
Pour qu'elle reprenne la main, il faudra qu'elle change beauc
oup. Qu'elle se coordonne au niveau de l'Union. A une époque, on spéculait sur le socialisme dans un seul pays... Peut-on faire faire une politique économique et sociale nouvelle dans un seul pays ?Peut-on faire la France-sociale seule ?

Quelles alliances décisives sont possibles au niveau européen ? Qui en prendra l'initiative ? Qui sera à l’origine de (puissantes ?) manifestions de gauche dans toute l'Union européenne ?

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 15:54

Paris a été touchée par une série d'attentats qui ont fait de nombreuses victimes. Au delà des manifestations, de nombreuses personnes ont voulu témoigner sur les lieux mêmes des attentats. Et surtout place de la République, à Paris. Par des images, par des textes...

Ces témoignages vont être, officiellement, regroupés, archivés.

Quelques images recueillies, essentiellement place de la République, ont été regroupées ici pour l'intérêt de l'image (pas toujours de bonne qualité), du texte…


Les images de solidarité officielle, ambassades… n'ont pas été reprises.

Paris touchée
Paris touchée
Paris touchée
Paris touchée
Paris touchée
Paris touchée
Paris touchée
Paris touchée
Paris touchée
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Paris touchée
Paris touchée
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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 20:25

Après le référendum britannique...

Conçu par David Cameron pour gagner les dernières élections législatives, le référendum britannique a bien joué son rôle. Mais quel qu'en soit le résultat, c'est le coup dur institutionnel le plus puissant porté à la construction de l'Union européenne.

Sachant son parti divisé sur la question européenne et sentant la poussée de l'UKIP (United Kingdom Independence Party), droite antieuropéenne, en passe de lui ravir nombre d'électeurs, David Cameron a pensé qu'il pouvait perdre les élections et laisser sa place au parti travailliste. En annonçant qu'il allait entamer une négociation avec l'Union européenne et qu'il en soumettrait le résultat au peuple britannique par référendum, il a ramené de nombreux électeurs au parti conservateur qui auraient voté pour l'UKIP.
Victoire qui a déjoué les pronostics et les sondages mais la prochaine élection risque fort de lui être fatale.

L'heure de vérité est arrivée : la situation rappelle celle de 2005 en France où toutes les « élites » se relayaient pour faire voter « oui » au référendum sur le projet de constitution européenne. On connaît le résultat qui, d'ailleurs, n'a pas été respecté. Au Royaume-Uni, toutes les élites européennes poussent contre le Brexit, et les bourses, et la City, et même le président Obama… Avec le même succès ? Réponse le 23.

Si les Britanniques votent pour la sortie de l'Union, David Cameron devra démissionner et l'UKIP sera renforcé par rapport au parti conservateur, pouvant entraîner une victoire des travaillistes, face à la droite divisée. En tout cas, David Cameron devrait être remplacé à la tête de son parti.

Si les Britanniques votent pour le maintien, David Cameron restera à la tête du parti mais les prochaines élections législatives seront très difficiles pour lui. Il ne pourra pas sortir de la manche une nouvelle carte et les partisans du Brexit au sein du parti conservateur risquent de faire alliance avec l'UKIP.

Le tour de passe-passe qui a permis à David Cameron de rester au pouvoir quelques années de plus, risque fort d'entraîner bien des secousses au niveau de l'Union européenne. Et peut-être quelques chutes d'où la grande peur qui s'est emparée des capitales européennes.

Après le référendum britannique...

Quel que soit le résultat, la tentation et la peur d'un référendum dans un ou plusieurs pays de l'Union parcourent l'Union sera grande. Bruxelles et les gouvernements sont tétanisés. Au point que la « crise migratoire » et toutes les autres questions semblent suspendues au 23 juin !

Si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne, 2 à 5 ans de négociations seront nécessaires pour régler toutes les relations entre ces deux entités. Et, sortie ou non, d'autres pays demanderont un nouveau statut, de nouvelles relations avec l'Union.

Pour faire face à cet éclatement annoncé, certains avancent la nécessité d'un renforcement de l'Union autour des pays qui veulent continuer l'aventure avec les 19 de la zone euro ? Avec seulement les pays fondateurs, les 6 ou les 10 ou les 12 ? Mais qui suivra cette initiative ? Peuvent-ils envisager un renforcement de l'Union sans consulter les peuples ?

Dans ces spéculations, il ne faut pas oublier que l'époque a bien changé, que la passivité bienveillante des peuples a disparu, que désormais l’euroscepticisme a le vent en poupe dans tous les pays quelle que soit l'ancienneté de leur adhésion au projet européen. La période est terminée où les gouvernements, au sein du Conseil, prenaient des décisions et, face à leurs électeurs mécontents, affirmaient que tout était la faute de Bruxelles .

Il sera impossible de faire passer plus d'Europe face aux souverainistes et, en même temps, de continuer et renforcer la politique « austéritaire ». Il est beaucoup question du 23 juin mais d'autres élections vont avoir lieu prochainement qui inquiètent beaucoup de monde. D'abord les législatives en Espagne, le 26 juin. D'ici la fin de l'année, on votera dans deux régions en Allemagne… en Tchéquie, Lituanie, Bulgarie… en attendant les élections de 2017 en France (présidentielle, législatives), Allemagne (présidentielle, législatives), Hongrie et Serbie (présidentielle), Norvège (législatives). Il ne fait pas de doute que l'avenir de l'Union européenne sera, peut-être pour la première fois, le sujet principal de ces élections. Et que l’équilibre politique européen risque d'en être fortement modifié.

Le grand danger est qu'il n'existe, face à l'inconscience satisfaite des Eurocrates nationaux ou européens, tous partisans du libéralisme, que les nationalistes seuls capables de proposer un débouché, illusoire, à la crise.

Les Eurocrates nationaux et européens (le Conseil européen, chefs d’État et de gouvernement) se sont mis d'accord pour mettre en place le néolibéralisme à l'échelle européenne et le faire endosser par « l'Europe » ; ils ont promis, à chaque nouvelle avancée, que la prochaine étape serait l'Europe sociale et ils imposent partout, de l'Allemagne avec Gerhard Schröder à la Grèce en passant par l'Espagne, l'Italie, le Portugal… la régression sociale.

La concurrence libre et non faussée était supportable entre pays de même niveau économique, aux lois sociales proches, elle est devenue de plus en plus impossible avec l'extension de l'Union à des pays aux normes sociales bien différentes : on se souvient des rires gras sur le « plombier polonais » en 2005, aujourd’hui, ils sont dans la place. Pas seulement les plombiers. Et la « concurrence libre et non faussée », ils veulent l'étendre au monde entier. Il faut augmenter la compétitivité, diminuer les charges sociales, diminuer les dépenses sociales, le nombre de fonctionnaires dans l'éducation nationale, dans les hôpitaux... y compris dans la police.

Après le référendum britannique...

Ce pays n'a jamais été aussi riche qu'aujourd'hui et le nombre de pauvres augmente et de travailleurs pauvres, il manque des logement… et on constate, chaque jour, que la machine se dérègle : faute investissements dans les infrastructures, faute de personnel. On privatise à tout-va : les aéroports, les stades… Tout est à vendre… Et les inégalités augmentent, en France et partout dans le monde.

Depuis 2008, l'Union européenne est dans la tourmente. Le référendum au Royaume-Uni est, à la fois, un signe et un accélérateur.

Mais l'éclatement de l'Union européenne est-il une solution ?
Ce n'est pas l'Union européenne qui a été à l'origine de la contre révolution néo-libérale mais Margaret Tha
tcher au Royaume-Uni et Ronald Reagan aux États-Unis, suivis par Gerhard Schröder en Allemagne. Margaret Thatcher a cassé les syndicats britanniques, Gerhard Schröder a vaincu les syndicats allemands.
Ces syndicats n'ont reçu aucun soutien des travailleurs des autres pays de l'Union quand ils résistaient à leur gouvernement. Désormais, tous les gouvernements de l'Union, libéraux, démocrates chrétiens, sociaux démocrates sont sur la même ligne. Et quand le peuple grec a voulu se révolter, tous les gouvernements de l'Union ont soutenu Wolfgang Schäuble…

Ce n'est pas l'Union européenne qui a imposé en France la constitution de la Vème république et mis en place le despotisme républicain, sous forme de régime présidentiel, en 1958 ! Qui permet, on le voit avec la loi « travail », de gouverner sans majorité ! L'éclatement de l'Union n'y changera rien !

Il est évident qu'il faut une autre politique institutionnelle, changer de constitution, une autre politique économique, même le FMI a fait son autocritique, une autre politique sociale…

Après le référendum britannique...

S’il n’est pas possible de construire le « socialisme dans un seul pays », est-il possible de mener à bien une telle révolution démocratique dans un seul pays ? Double difficulté.
Seul un important mouvement populaire peut éventuellement amener une gauche véritable en France. Ce n'est pas gagné.
La France n'est pas la Grèce. Mais peut-elle, seule, re
nverser le cours des choses si ne se met pas en place, au niveau européen ou, au moins, au niveau d'un certain nombre de pays européens, un puissant mouvement populaire ?
Il ne faut pas compter pour cela sur la Conférence européenne des syndicats. Pas plus que sur les internationales partidaires.
Dans le passé, ni en France, ni en Europe, un fort mouvement populaire pour le changement ne s'est jamais constitué. La politique suivie et la gravité de la situation dans tous les pays le rend nécessaire. Simultanément.

Mais comme dit l'autre, la marche est haute.

Après le référendum britannique...
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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 07:30

Les murs ont la parole !

Hier, les murs avaient des oreilles pour espionner, mieux équipés, aujourd’hui ils ont un regard perçant muni de caméras de surveillance. Privées, publiques. Qui ont, en plus, l'avantage de constituer un marché lucratif.

Depuis longtemps, les murs ont aussi la parole ou plus exactement sont transformés en porte-parole de leurs maîtres puissants.
Les affiches commerciales envahissent la ville avec des panneaux de plus en plus importants, de plus en plus sophistiqués, mobiles, colorés, lumineux, accrocheurs par l'humour, la provocation, la qualité graphique... A coté, l'affichage politique apparaît, le plus souvent, comme marginal, artisanal, quelquefois cantonné, dans certaines villes, dans des cadres réservés à l'affichage administratif, associatif et politique. Pour « éviter la pollution visuelle par un affichage sauvage ». Avec quelques campagnes plus intenses au moment de certaines élections...

Mais désormais, si « ma rue est un musée », ma rue est aussi un poème, une révolte, un manifeste, un cri de douleur ou d'amour. Beaucoup plus rarement un cri de haine. Avec ou sans image. Peinture ou collage. Quelquefois, à l'occasion d'un événement.

Les images de rue sont de plus en plus policées, avec des conventions avec des institutions qui mettent des murs à la disposition d'artistes. Musées, sauvages ou institutionnels, qui font l'objet de visites organisées….
Sur de beaux murs ou sur des murs grisâtres et tristes, la libre expression murale est faite aussi de graffitis. Phrases courtes qui demandent moins de place et peuvent s'inscrire partout. Hier surtout réservés aux murs des toilettes publiques où on trouvait de petites annonces plus ou moins coquines, des textes racistes, sexistes ou obscènes. Aujourd'hui, la diversité des techniques (bombages, pochoirs, affichettes) permet à chacun de s'exprimer par des formules brèves sur les murs de la ville. Dans des registres plus variés, naïfs, poétiques, politiques… dont la teneur varie suivant les lieux ou les moments ou les problèmes locaux…
Plus que l'image, le texte est libre, spontané, illégal, sauvage, indiscipliné, libertaire. Le plus souvent anonyme.

Quelques exemples collectés à Paris, essentiellement, dans le 20ème arrondissement de Paris, mais aussi dans le 13ème, le 11ème…
Une page spéciale sera réservée aux textes recueillis à la suite des attentats à Paris.

Les murs sont disponibles pour tous, les jeunes et les moins jeunes

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !

Pour exprimer les revendications ou les problèmes des habitants du quartier...

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !

Bien entendu, l'amour et ses problèmes a largement sa place

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Et les problèmes du monde...

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
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Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !

... de façon plus ou moins radicale ou libertaire....

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
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Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !

... ou poétique...

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 19:06

Mélenchon part en campagne

Jean-Luc Mélenchon, « candidat de la France insoumise », de la France qui refuse la loi El Khomri et le monde qui va avec, a lancé sa campagne pour la présidentielle par une réunion publique, place Stalingrad, à Paris, le dimanche 5 juin 2016 (l'allocution de Jean-Luc Mélenchon est ici).,

Mélenchon part en campagne

Dans un premier temps, ont défilé sur l'estrade des militants de secteurs en lutte tandis que sur l'écran étaient projetées les interventions de leurs représentants, entrecoupées de poèmes dits par des « comédiens insoumis ».

Jean-Luc Mélenchon a dit sa solidarité avec tous ceux qui luttent, les déchireurs de chemises, les grévistes, les syndicalistes, les opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, à tous ceux qui souffrent les chômeurs dont la moitié ne sont pas indemnisés, les 8 millions de travailleurs pauvres, les milliers d'enfants sans toit…

Il a appelé à la grande manifestation du 14 juin contre la loi El Khomri dont personne ne veut : ni les travailleurs en grève, ni la population si on en croit les sondages, ni même les parlementaires puisque le gouvernement est obligé d'utiliser le 49-3 parce qu'il n'a pas de majorité au Parlement pour la voter : le 49-3, « quintessence » de la monarchie républicaine. D'où un appel à voter une motion de censure. Et un appel à changer la Constitution qui a d'ailleurs été modifiée 22 fois, dont 20 fois sans consultation populaire !

La loi El Khomri imposée par la Commission européenne : il aurait été plus juste de dire imposée par tous les gouvernements qui soutiennent la Commission européenne pour soumettre les peuples européens en France, mais aussi en Italie, en Espagne, au Portugal sans parler de la Grèce. Il aurait pu dire aussi que cette mise au pas avait déjà eu lieu en Allemagne avec Gerhard Schröder….

Face à cette Union européenne, il a appelé à sortir des traités européens notamment de celui que Nicolas Sarkozy a négocié et que François Hollande a signé. A rejeter Ceta, Tafta, en cours de négociation entre l'Union européenne et les États-Unis : traités qui permettraient aux multinationales de traîner devant des tribunaux les gouvernements qui décideraient démocratiquement, de politiques contraires à leurs intérêts. Comme le font des multinationales contre la politique décidée en Australie dans le cadre de la lutte contre le tabagisme et d'autres contre la décision allemande de sortir du nucléaire...

Refuser que la politique soit inféodée aux intérêts, à courte vue, à rentabilité immédiate, des entreprises quelles que soient les conséquences sur les travailleurs ou sur la vie des gens. Le court terme est en contradiction avec le temps long de la réflexion, de la délibération, de la décision, de la démocratie, de la vie, de la nature. En ce sens, la Cop 21 est un événement important mais non décisif. Elle a décidé de limiter le réchauffement climatique à 2° quant il est absolument nécessaire de descendre à 1,5° et que les engagements actuels des gouvernements entraîneront un réchauffement de 3 à 3,5°.

Il est temps de prendre conscience, pour éviter la catastrophe, de la nécessité d'un changement de société, d'un bouleversement du mode de production, du mode de consommation. La France dont s'engager dans ce changement radical. Il est nécessaire et possible de passer à 100 % d'énergie renouvelable. La France en a les moyens. Elle dispose d'ingénieurs, de techniciens, d'ouvriers, y compris ceux d'EDF, compétents pour mener à bien ce changement.
Il ne faut pas retirer à la terre plus qu'elle ne peut produire. Cela suppose d’abandonner la consommation et le paraître pour l'être. Et Mélenchon propose la planification écologique.

Il appelle à l'insoumission démocratique des Français et de la France. Il rejette la violence , aussi bien la violence policière dont il rend responsable les donneurs d'ordre, le gouvernement, que la violence contre les policiers qui détourne l'attention des vrais problèmes et sert le gouvernement !

Mélenchon part en campagne

Pour Jean-Luc Mélenchon, la marche est haute.
Pour obtenir les signa
tures nécessaires pour qu'il puisse être candidat.
Elle est encore plus haute pour réveiller tous ceux qui se sentent abandonnés, méprisés, les déçus de 2012 et de toujours. La foule était nombreuse sur la place Stalingrad. Plusieurs milliers. Mais ils sont des millions que l'on amuse avec les jeux du stade, les bris de vitrine, les sondages et le tiercé politique...

Il a rappelé que la dignité de chacun était dans la lutte, dans la solidarité, dans la coopération et non dans la compétition, dans le savoir faire indispensable et la volonté de construire ensemble une société non seulement plus juste mais vivable.

Lors de ce discours inaugural, il a su éviter les petites phrases assassines qui ravissent les commentateurs et irritent quelquefois au-delà du cercle de ses adversaires. Il a abordé des questions, essentielles, et proposé des solutions radicales qui ont pu étonner certains, y compris parmi ses soutiens. Il a porté le débat au niveau où il devrait être dans cette élection présidentielle.

On ne peut que souhaiter qu'il continue dans ce sens et que chacun réponde, approuve, conteste l'importance des questions abordées et la nature des solutions proposées. Et en aborde d'autres.

Mélenchon part en campagne
Mélenchon part en campagne
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