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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 19:41

Éros et Thanatos

Quand ils entrèrent, venant du soleil éclatant sur la blancheur des murs, ils furent aveuglés par l'obscurité de la chambre. Il posa la valise. Perçut une faible lueur qui venait de la salle de bain. Se déshabilla pendant que la baignoire se remplissait et pénétra dans l'eau pour chasser la sueur et se détendre.
Elle fit de même. Pas un mot n'avait été échangé. Elle se lova entre ses jambes. Il l'entoura avec ses bras, doucement. Effleura ses seins. La caressa. Prit du savon liquide dans ses mains. La fine pellicule de savon exacerbait la douceur de la peau. Les doigts glissaient sur ses épaules, descendaient le long des bras, sautaient sur le dos, longeaient les flancs...

Au bout de quelques instants, toujours en silence, elle se leva. Glissa ses hanches entre les mains qui descendirent le long des cuisses. Elle leva un pied. Les mains de l'homme massèrent le pied, entourèrent la cheville, glissèrent sur la jambe, remontèrent le long de la cuisse tandis qu'elle se balançait pour offrir l'autre jambe dont il s'empara.

Quand elle reposa son pied, une main s'infiltra entre ses cuisses. Il sentit sous la pulpe des doigts le doux relief de la lèvre qu'il longea docilement, s'égara un instant, revint lentement en arrière, fit un nouvel essai plus accentué. Franchit lentement la berge, concentré sur la sensation tactile qui parcourait son doigt et transmettait une fine émotion qui lui fit fermer les yeux. Il entendit une ébauche de cri, peut-être imaginaire, qui l'immobilisa. Suivi d'un mouvement à peine perceptible de la femme qui avait bloqué son souffle… avant de déclencher la douche qui chassa la pellicule savonneuse et arracha l'homme à son rêve.

Elle se détacha de lui, s'enveloppa dans une serviette pour se sécher. Enfila une robe légère dont il entendit le glissement discret sur ce corps où ses mains avaient couru. Elle se regarda dans la glace. Passa sa main dans les cheveux et disparut.

Il ne bougea pas. Entendit la porte se refermer.

Elle était de nouveau dans la lumière éblouissante du soleil reflétée par les murs des maisons peints à la chaux. De la même couleur que sa robe serrée à la taille par une épaisse ceinture noire. Elle se faufilait dans la lumière, indifférente aux fourmis noires qui se déplaçaient en groupes, butinant de boutique en boutique… Un moment arrêtée par un groupe de fourmis blanches, d'origine asiatique, regroupées autour d'une jeune mariée qu'ils mitraillaient avec une boite noire.. Un sourire lui permit de continuer son chemin. A l'aventure.
Le chemin montait maintenant, surplombait la noire falaise qui plongeait dans le bleu profond de la mer. Elle s'arrêta un instant pour jouir du jeu des couleurs élémentaires qui l’enserraient comme dans un écrin. Le village tout blanc, éclatant sous le soleil de mai, le mur blanc bornant le sentier tracé sur la falaise. Au delà du bras de mer, une île noire surmontée au sommet d'un village tout aussi blanc, où plusieurs coupoles bleues brillaient et semblaient vouloir dialoguer avec le bleu de la mer et du ciel. Intercéder peut être. Elle se retourna. Derrière elle, une autre église blanche la dominait de son clocher, avec sa coupole brillante, au soleil, bleue.

Elle avança dans la rue qui jouait de l'ombre et de la lumière, de la blancheur, de petits coins d'ombre et de quelque encadrements bleus. Coté montagne, une belle maison à l'architecture moderne. A la porte, une statuette stylisée, rappelant celles trouvées dans les ruines d'Akrotiri, vieilles de trois mille ans. Sur le mur qui longeait le chemin, des dizaines de boites noircies par la fumée des feux de la Pâque orthodoxe… Résurrection, renouveau printanier, renaissance de ces îles plusieurs fois remaniées par le feu volcanique et les tremblements de terre, le dernier ne datant que de quelques dizaines d'années. Toujours sous la menace d'un nouveau réveil. Que rappellent quelques fumerolles et les eaux rouges et chaudes qui verdissent en se mêlant à la mer. Et quelques pierres noires posées ci et là sur les murs.

S'il reste peu de choses des divinités de l'antiquité, emportées par leur propre colère, les villages au blanc résiliant, bâtis sur la menaçante terre volcanique noire, se sont mis sous la protection des églises, multiples, dans chaque village, blanches et bleues, sous l’autorité de popes vêtus de noir.

Et partout des drapeaux, aux raies bleues, de la mer, du ciel, de la sagesse... Séparées par des bandes blanches de pureté, de vie… Et la croix protectrice.

Après avoir admiré les tableaux abstraits que dessinent les venelles, les cours intérieures, les terrasses, l'enchaînement des couleurs du couchant sur les maisons qui descendent en cascade, à l'heure où les premières lumières s'allument, après un dernier regard sur les hommes noirs haut perchés, vigiles guettant la survenue improbable de bateaux pirates mais quotidienne des bateaux de croisière, et la scène d'amour en pierre noire collée sur un mur de la grande place, elle revient, lentement, mélancolique avec la nuit qui tombe, vers la chambre.

Elle entre dans la chambre vide, silencieuse, obscure, seulement éclairée par quelques rais lumineux venant de la rue. Elle heurte la valise qui est au milieu de la chambre. Elle avance vers la salle de bain. L'homme est toujours dans la baignoire. Dans la semi-obscurité du soir. Le teint grisâtre. L’œil qui était bleu, éteint. Le corps rigide et froid.

Définitivement.

Illustration par quelques images

La passion suivant Santorin
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Avec quelques clichés de plus...

La passion suivant Santorin
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Published by Paul ORIOL - dans billets
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 21:12

La place de la République toujours aussi active (mercredi 04/05/16 à 20-21 heures) avec une participation de jeunes essentiellement. Au moment de notre passage, une assemblée générale était en cours avec des prises de parole sur des sujets divers : loi sur le travail avec notamment l'intervention d'une députée (Me ATTARD, EELV), non renouvellement des mandats électifs..., de nombreuses commissions ou stands (Féminisme, Coordination, Publicité, Avocats debout, Écologie, Recolonisation de l'Afrique, Psy...) et un spectacle satyrique de Nicolas Lambert sur Sarkozy.

Suivies de quelques images des 5, 6, 7, 8 mai;

Nuits Debout
Nuits Debout
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Nuits Debout
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Nuits Debout

Images des 5 et 6 mai 2016

Nuits Debout
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Nuits Debout
Nuits Debout

Samedi 7 mai 15 heures

Nuits Debout
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Nuits Debout
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Nuits Debout
Nuits Debout
Nuits Debout
Nuits Debout
Nuits Debout
Nuits Debout

Dimanche 8 mai de 20h30 à 21h30

Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
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Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...
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Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...

Tu t'es vu sans Cabu ? Ilan Halimi et Charb, parmi les affiches d'homage aux victiems des attentats...

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 13:41

Au niveau de l'Union européenne comme au niveau national, nous vivons dans des sociétés démocratiques : avec liberté d'opinion, d'expression, de circulation... C'est évident, toutes ces libertés sont relatives et sous contrainte légale, financière… Mais bien des personnes au monde seraient heureuses de vivre dans des conditions identiques, qui ne le peuvent pas.
Pour le mode de gouvernement, la démocratie, « le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple », ne correspond pas à la réalité. Nous vivons dans l’illusionnisme démocratique.

Pas totalement. La baisse du taux de participation des citoyens aux élections dans toutes les démocraties occidentales montre que les citoyens, en nombre croissant, prennent conscience de cette illusion. Ils se désintéressent, de plus en plus, non de la chose publique mais des élections.

Les citoyens n'ont pas confiance dans les institutions, ni dans les partis politiques. Ils contestent leur légitimité. Tous les sondages en témoignent. Les politiques n'ont pas lésiné pour convaincre les citoyens que leur rôle était fictif. Votez aux élections, aux référendums et, quel que soit le résultat, nous ferons notre politique, la seule politique possible.

Au niveau de l'Union européenne, les peuples sont parfois consultés par référendum, la pratique est particulièrement éclairante. Ils ont le choix de voter « oui » ou « non »... à condition de voter « oui ». S'ils approuvent le projet « européen », tout va bien, on ne leur demande jamais de revoter. S'ils le refusent, deux solutions : dans le meilleur des cas, ils doivent revoter pour l'approuver ou bien on se passe de leur consentement et leur erreur de jugement est corrigée en faisant entériner la bonne solution par les élus.
De préférence en Congrès pour rendre ce détournement plus solennel ?

Les Pays-Bas, pays démocratique, a institué le référendum d'initiative populaire. Que les Néerlandais ont, récemment, utilisé pour invalider le traité entre l'Union européenne et l'Ukraine signé par les 28 États de l'Union et entré en vigueur depuis le 1er janvier !
Bizarrerie démocratique : organiser un référendum, qui plus est consultatif, sur un texte déjà entré en vigueur. Que vont faire les gouvernements néerlandais et les autres ? Ce référendum n'est que consultatif. Le gouvernement néerlandais peut passer outre… avec un additif interprétatif qui ne sera pas soumis à approbation ?
Le gouvernement Renzi a résolu la question, de façon plus astucieuse, lors d'un référendum sur les plate-formes pétrolières. Il a demandé à ses partisans de ne pas participer au référendum et, ainsi, le quorum n'étant pas atteint, les résultats du référendum qui lui étaient défavorables, n'ont pas été validés !

Après le vote des Néerlandais, une fois de plus, les « compétents » de l'Union dissertent contre l’organisation de référendums sur les question européennes : trop complexes pour être soumises au « petit » peuple qui paie des impôts pour que ses représentants fassent convenablement le travail à sa place.

Il est vrai que depuis 1992, « ceux qui savent » ne sont pas très satisfaits des référendums organisés dans différents pays de l'Union car « il est horriblement difficile de gagner un référendum sur la question européenne » se plaint Bruxelles ! Souvenirs douloureux de référendums négatifs : Danemark, Suède, Irlande, France, Pays-Bas, Grèce… (1)

Bien entendu, ce n'est pas que la politique de l'Union soit mauvaise puisque les gouvernements des 28 États, en responsables, l'ont approuvée. Tout simplement les peuples ne comprennent pas les subtilités de cette politique.

Quel a été le débat le plus démocratique en France de ces 30 dernières années, si ce n'est celui qui a porté sur le « projet de constitution européenne », discuté dans des milliers de réunions pour ou contre et finalement rejeté par les citoyens français ?
Dans aucune élection locale, nationale ou européenne, les programmes des candidats n'ont été aussi profondément décortiqués. Ce qui serait d'ailleurs une tâche inutile, étant donnée la facilité avec laquelle les représentants se libèrent de ce programme, une fois élus.
Comme cela a été inutile pour le projet de Constitution européenne finalement adopté malgré le résultat du référendum !

Les citoyens ne sont pas compétents pour donner leur avis sur un traité, sur des lois... Mais alors, comment ces citoyens peuvent-ils être compétents pour juger, à la fois, du programme des candidats (au niveau municipal, départemental, régional, législatif, présidentiel, européen) et de leur fiabilité ?
Le tirage au sort des représentants ne serait-il pas une meilleure solution ?

Tout le monde est conscient du désenchantement des citoyens pour le fonctionnement de la démocratie. Tout le monde cherche un remède.

Certains, doutant de leur capacité à séduire les électeurs, proposent de rendre le vote obligatoire… Remplacer le droit par l'obligation n'entraînera pas une amélioration de la démocratie. Peut-être, si la loi est respectée, y aura-t-il une diminution des abstentions. Pour que les électeurs participent activement et efficacement à la démocratie, c'est plutôt le comportement des politiques, élus et partis, qu'il faut changer.

Un autre remède à la mode, à droite comme à gauche, semble être les « primaires » pour l'élection présidentielle. Le succès populaire, la forte participation ont beaucoup étonné lors de la primaire de gauche pour la dernière élection présidentielle. Cette primaire a sélectionné le candidat Hollande et mis en dernière position le candidats Valls.
Finalement, François Hollande a été élu pour faire la politique Manuel Valls !! La synthèse !

Depuis 3 mois, les politiques amusent avec la dizaine de candidats et le non-encore candidat à la primaire de droite. Avec les primaires, ou non, ouvertes ou semi-ouvertes… à gauche. Et les sondages et commentaires quotidiens dignes d'un champ de courses mais qui n'éclairent guère sur les choix politiques des postulants.
Est-on tellement satisfait de la précédente primaire qu'on veuille récidiver ? Pour ne pas se laisser prendre, certains proposent de faire des primaires sur un projet et non sur une personne. Une primaire à double détente ? Car l'élection présidentielle désigne non un programme mais une personne. Qui appliquera ou non un programme. Lequel ? Celui qui aura été adopté ou le sien ?
Le régime présidentiel français, élection directe, article 49-3, droit de dissolution, fait du président un monarque républicain sans contre-pouvoir.
C'est là un défaut fondamental.

A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE
A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE

Le souci démocratique est un point essentiel qui anime les discussions et les pratiques des « Nuits debout » sur la place de la République, pourtant nées après une importante manifestation contre la loi « travail ». Ceux que certains qualifient de « conservateurs » parce qu'ils défendent les acquis sociaux, accordent une aussi grande importance à la question de la démocratie bien loin des spéculations sur les écuries de droite ou de gauche en vue de la présidentielle.

Ils cherchent à renouveler la démocratie, en théorie et en pratique. En pratique, c'est évident, il suffit de passer quelques minutes sur la place de la République à Paris, à une commission, il y a de multiples commissions, ou à une assemblée générale, il y en a une chaque jour, pour voir la volonté de faire respecter la démocratie. Qui rend difficile la prise de décisions. Ce que les opposants mettent en relief et moquent. Comme l'absence de porte-parole officiel du mouvement…

Les médias cherchent qui est derrière « Nuits debout ». Certes il n'y a pas plus de « génération spontanée » place de la République qu'ailleurs et on peut donner des noms ou des événements qui ont facilité le démarrage. Mais s'il faut chercher une inspiration à ce qui se passe, elle est peut-être du coté d'un certain anarchisme (2).

A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE
A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE
A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE

Allant de paire avec la démocratie, la non-violence que la triste aventure d'un récent académicien, ancien-maoïste, a permis de contester dans une bonne partie de la presse.

Cet incident est absolument regrettable et en contradiction avec la volonté de la majorité des participants aux « Nuits debout ». Mais l'ancien maoïste aurait pu se souvenir que, en 68 et après, il n'aurait pas bénéficié d'une protection de la commission « accueil et sérénité », que les opposants n'étaient pas gentiment exfiltrés mais expulsés plus ou moins violemment, notamment par les maoïstes. C'est la constatation que le philosophe aurait pu retenir de cette malheureuse aventure. Il aurait pu se souvenir, par exemple, qu'en 1974,lors de l'opération « Moisson pour le Tiers monde », quelques militants ont évité à François Mitterrand, d'être maltraité par des groupuscules maoïstes (wikipedia). En répondant « fachos » à ceux qui le traitaient de « fascistes », il a montré avec quelle facilité il pouvait se mettre à leur niveau. L'affrontement l'intéressait plus que la compréhension. Le militant a fait taire le philosophe.


Cette volonté de « non-violence », peut-être difficile à faire partager par tous, est cependant une des différences fondamentales avec un certain passé. Et les « casseurs », si casseurs il y a, il n'y en a pas toujours, ne sont pas dans l'esprit du mouvement mais en marge.
La non-violence n'est pas née avec les « Nuits debout ». Mais elle se retrouve actuellement dans de nombreuses manifestations de désobéissance civile, à visage découvert : faucheurs de chaises, rassemblement à Montreuil, lors de la « Cop21 », avec HK chantant « sans haine, sans armes et sans violence », blocage à Paris d'agence de la Société générale très présente dans le nouveau scandale de Panama, à Pau contre le sommet sur les forages pétroliers en haute mer, manifestation tournant en dérision la Fédération Bancaire Française qui organisait une matinée « Ethique ou Conduct : pour une culture de la responsabilité », conclue par Frédéric Oudéa, DG de la Société générale, bien connue des Panama Papers (3)

Des idées sont aussi avancées qui, bien entendu, ne sont pas toutes nouvelles mais qui montrent bien le désir de faire participer le plus grand nombre aux décisions politiques : non cumul des mandats de différents niveaux mais aussi non cumul dans le temps (certains élus, de droite ou de gauche sont députés ou sénateurs depuis pus de 20 ans!), revendication d'une nouvelle constitution rédigée par des « constituants » tirés au sort…

A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE

Utopie, utopie, bien sûr. Utopie qui a été mise en pratique récemment en Islande, pays qui a refusé de payer la crise de 2008 à la place des banques, qui a rédigé une nouvelle constitution (10 % de la population a participé en envoyant des propositions, sans participation de politiciens professionnels), qui vient de pousser à la démission un Premier ministre compromis dans les Panama Papers…
Utopie reprise pour présenter un candidat tiré au sort dans une circonscription législative alsacienne pour mai 2017 !

Utopique certainement, un mouvement qui veut changer le monde. Mais qu'est-ce qui fait avancer les sociétés si ce n'est des revendications considérées comme utopiques… Utopique mais pas conservateur, un mouvement qui défend les acquis sociaux, débat de la réduction du temps de travail, des réfugiés, du chômage, du réchauffement climatique…


A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE
A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE
A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE

Utopie pour un mouvement est très minoritaire. Ceux qui participent aux « Nuits debout » le savent tout autant que les journalistes ou les politiques qui surveillent étroitement, le constatent et le proclament. Et touchent du bois pour conjurer le sort. Car nul ne sait ce qui sortira de ce mouvement qui perdure, qui se propage doucement, qui n'a été, pour le moment, déconsidéré ni par les « casseurs », ni par les politiques qui les considèrent avec une certaine appréhension. Éviter l'étincelle...
A manipuler avec précaution ! Éviter ce qui pourrait faire se joindre les étudiants et les jeunes travailleurs, les facultés et les entreprises… Ne pas jeter de l'huile sur le feu, plutôt faire quelques concessions...

Quel que soit l'avenir du mouvement, avec les « Nuits debout », la place de la République à Paris sans oublier les attentats, sans oublier les luttes revendicatives et la défenses des acquis sociaux, est devenue le point de rencontre, le point de parole de personnes qui ne se connaissaient pas. Et qui dialoguent. Et qui essaient de regarder l'avenir. Non seulement l'avenir de ceux qui sont sur la place mais aussi de ceux qui n'y sont pas. Parce qu’ils n'en connaissent rien. Parce que ce la place de la République n'est pas leur monde. Mais chaque jour, sur la place des personnes différentes, limite et richesse, viennent exposer ce quelles ne peuvent plus supporter, ce qu’elles veulent changer, ce qu'elles espèrent.

Et s'il n'en sort rien de plus que ces dialogues ébauchés, il faut espérer que s'il y a sur la place un futur académicien, il s'en souviendra le moment venu. Ce serait déjà un changement.

A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE
A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE
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A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE

La place de la République n'a pas été privatisée par « Nuits debout », ses commissions qui commencent tôt dans l'après midi, son assemblée générale, ses curieux qui viennent de la l'Île de France, des régions ou des étrangers de passage, curieux de voir ce qui se passe. La place appartient à tous et aussi à ceux qui viennent prendre le soleil sur les bancs, faire de la planche à roulette ou profiter des jeux mis en place par la mairie de Paris...
Elle est devenue une agora « multifonctions ».


A LA RECHERCHE DE LA DÉMOCRATIE PERDUE

1 – Les conséquences délétères du « non » néerlandais. Jean Quatremer 10 avril 2016

2 - Il s’agit principalement d’une tendance qui nourrit soupçon et doute sur la domination, sur l’autorité, et sur la hiérarchie. Elle recherche les structures de hiérarchie et de domination dans la vie humaine sur un spectre allant, disons, des familles patriarcales jusqu’aux systèmes impériaux, et elle se demande si ces systèmes sont légitimes. Elle présuppose [aussi] que la charge de la preuve [de cette légitimité] repose sur tous ceux qui sont dans une position de pouvoir et d’autorité. La légitimité de leur autorité n’est pas automatique. Ils doivent en rendre raison, donner une justification. Et s’ils ne peuvent justifier cette autorité, ce pouvoir et ce contrôle, ce qui est habituellement le cas, alors l’autorité doit être démantelée et remplacée par quelque chose de plus libre et de plus juste.
http://www.noam-chomsky.fr/lanarchisme-auquel-je-crois/

3 - Nous appelons à participer à cette action de désobéissance civile dans l’esprit de l’action non-violente, assumée et menée à visage découvert, en respectant les personnes et les biens tout en affichant notre détermination à faire changer cette situation d’injustice. Sur place, nous ne dégraderons rien, nous ferons uniquement usage de méthodes et techniques non-violentes, et nous ne participerons pas à la surenchère. Nous sommes attaché·e·s à garantir la sécurité des individus présents sur les lieux de nos actions. Appel à participation aux actions de désobéissance civile.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 21:02

(Derniers ajouts 18/04/16)

Après la manifestation contre la loi sur le travail, la place de la République a été occupée par des manifestants qui ne voulaient pas se séparer et qui lançaient "NUIT DEBOUT". Depuis le jeudi 31 mars, la Place de la République est occupée tous les jours et toutes les nuits, jusqu'au matin où la police fait évacuer... Et cette occupation durera au moins jusqu'à dimanche.

Tous le jours, se déroulent sur la place de nombreuses discussions en petits groupes, en commissions, en assemblée générale. Des actions sont décidées collectivement, préparées sur la place....

Vous trouverez ci-après quelques images du jeudi 38 mars 2016 (7 avril), vendredi 39 mars (8 avril), 40 mars (samedi 9), 41 mars (dimanche 10 avril), 43 mars (mardi 12 avril), 48 mars (dimanche 17 avril), 49 mars (18 avril)...

La Place de la Répubique
La Place de la Répubique

La Place de la Répubique

NUIT(s) DEBOUT Images des jours du 38/03/16 (7/04/16) et suivants......
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Quelques images du vendredi soir 8 avril 2016

NUIT(s) DEBOUT Images des jours du 38/03/16 (7/04/16) et suivants......
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... du samedi 9 avant le départ de la manifestation

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Dimanche à 17 heures, la place, ensoleillée, était noire de monde. Des promeneurs du dimanche aux militants en Assemblée générale ou en petits groupes discutant de sujets variés, des stands proposant des activités diverses, presse et livres...

Et programmes d'activités pour les jours suivants...

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Mardi 12 avril (43 mars du calendrier Nuit Debout), la place est occupée par de multiples groupes de discussion, une assemblée générale et une réunion-débat « Nuit Debout : Occupy République ? » organisée par Attac France à la Bourse du travail avec David Graeber (anthropologue, activiste d’Occupy Wall Street, auteur de Dette. 5000 ans d’histoire) et Frédéric Lordon (économiste et philosophe, auteur de Imperium).

Quelques photos ci-après :

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Dimanche 17 avril, nombreuse assistance à l'assemblée générale sur la Place de la République.

Quelques photos de nouvelles activités présentées...

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Sur la place, le film "MERCI, PATRON " de François RUFFIN a déjà été projeté.

Ce soir dimanche la projection du film "DEMAIN" de Cyril DION et Mélanie LAURENT était annoncée. Qui passe aussi en salle.

Mais vous pouvez voir aussi, dans les salles : "COMME DES LIONS " de Françoise LAVISSE sur la grève des usines Peugeot à Aulnay, film tourné pendant la grève.

Philippe JULIEN, animateur de la grêve,Anne Jollet, Cahiers de l'Histoire, Michel Pigenet, historien.
Philippe JULIEN, animateur de la grêve,Anne Jollet, Cahiers de l'Histoire, Michel Pigenet, historien.

Philippe JULIEN, animateur de la grêve,Anne Jollet, Cahiers de l'Histoire, Michel Pigenet, historien.

Philippe JULIEN, animateur de la gréve, Anne Jollet, Cahiers de l'Histoire, Michel Pigenet, historien, après la projection de "Comme des lions", Espace Saint Michel à Paris.

Lundi 18 avril, soleil printanier, la Place de la République prend l'aspect d'une "agora multifonction" : côté ouest, le jeunes avec skate occupent une bonne partie de la place avec quelques personnes âgées sur des bancs, 2 ou 3 groupes de jeunes assis par terre ou sur les marches, "Nuit debout ? ", peut-être pas ; tout autour de la statue, peu de places assises disponibles, une groupe joue avec une balle et un chien...
La partie est de la place est surtout occupée par "Nuit debout" avec de multiples commissions (démocratie, féminisme, économie politique, poésie, grève générale ...), des stands (accueil, hôpital..) et des jeux mis en place par la mairie de Paris..
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Quelques photos...

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Published by Paul ORIOL - dans Images du jour
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 15:48

Jeudi 14 avril était organisé à la Fédération bancaire française un involontaire festival humoristique « Ethique ou Conduct : pour une culture de la responsabilité » avec en vedette américaine, Jean-Claude Trichet, ancien directeur de la Banque centrale européenne qui continue de semer la misère en Europe. En guest star féminine, Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef qui veut rendre le CDI jetable à tout moment. Et en spécialiste du pantouflage aller-retour, François Villeroy de Galhau, ancien Inspecteur des finances, ex-DG de BNP Paribas et actuel patron de la Banque de France. Le clou de la matinée, sobrement intitulé « Propos conclusifs », avec le sketch de Frédéric Oudéa, directeur de la Société générale empêtrée dans le scandale des « Panama Papers ».
Autres titres de cette matinée désopilante : « éthique et bonne conduite dans la banque et la finance », « conciliation entre rentabilité et responsabilité », « la culture de l’éthique, premier facteur de confiance ».

Pour être invité à ce spectacle, le prix d'entrée était fixé à 600 €. Le Français de base n'était pas invité. Pourtant, chacun a déjà payé 1000 € cette année à cause de l’évasion fiscale organisée par nos banquiers humoristes, soit 60 à 80 milliards évadés.

C'est pourquoi ATTAC avait appelé à venir manifester dès 8 heures du matin devant la Fédération Bancaire Française au 18 rue La Fayette Paris 9° pour recevoir dignement les participants avec un concours de slogans humoristiques avec Christophe Alévêque.

Action non violente, respectant les personnes et les biens mais affichant la détermination à faire changer cette situation d’injustice.

Quelques images ci-après :

Festival comique de la finance
Festival comique de la finance
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Published by Paul ORIOL
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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 21:17

FRANCE ET UNION EUROPÉENNE

Connaissant le prix des affrontements entre l'Allemagne et la France en 1870, 1914-18 et 1939-45, des États européens ont conclu des traités dont le premier est celui de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) avec l'intention d'aller vers une union européenne pacifique construite autour du couple Allemagne-France. Ce fut d'abord avec la Belgique, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas, l'Europe des six.

Cette construction reposait sur l'illusion d'une France « victorieuse », à la « tête d'un empire », disposant de la « force nucléaire » et d'un « siège » au Conseil de sécurité et qui croyait en intégrant l'Allemagne, vaincue et frappée d'indignité, avec le Benelux et l'Italie, construire une Europe correspondant à sa vision.
Mais « la victoire » et « l'empire » s'effacent dans le passé comme « défaite » et « l'indignité ». « L'arme nucléaire » est une bombinette chère mais sans utilité militaire ou diplomatique aujourd'hui et le « siège » au Conseil de sécurité le reflet de circonstances historiques. Et l'Europe des 6 est devenue l'Union européenne à 28.

La France à la remorque

Il a souvent été question du bimoteur européen, Allemagne-France, pour faire avancer l'unité de l'Europe. Depuis quelque temps, la puissance économique de l'un et l'affaiblissement politique de l'autre font que désormais, le rapport de force au sein d'une Union européenne à dimension variable, tourne, de plus en plus, à l'avantage de l'Allemagne. L'Europe rêvée, à la française, s'estompe derrière l'Europe réelle, à l'allemande.

La domination allemande dans la politique européenne actuelle est visible dans le traitement des différentes questions européennes : politique(s) monétaire, économique, sociale, gestion de la question grecque, de l'immigration, de la négociation avec la Turquie… Toutes questions où ce n'est pas la Commission européenne et son président, Jean-Claude Juncker, qui négocient mais Angela Merkel ou Wolfgang Schäuble.

Cette domination, particulièrement nette, ne pourrait exister sans le consentement de la France. Il suffit de voir comment, certes exemples discutables, le Royaume-Uni depuis toujours et avec David Cameron encore récemment ou Viktor Orbán et le groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), refusent d'obtempérer et posent leurs conditions sur telle ou telle question.

On a vu comment Aléxis Tsípras a affronté Wolfgang Schäuble et la troïka, seul, dans une situation particulièrement difficile : crise économique et financière, faible poids économique et politique au sein de l'UE et sans aucun allié réel face au ministre des finances allemand.

François Hollande était déjà passé par là avec, théoriquement, plus de poids... Candidat à la présidentielle, il avait annoncé que, s'il était élu, il renégocierait le projet de « pacte budgétaire européen ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » à travers un nouveau « pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance » (1). Dans son allocution de victoire, le 6 mai, il avait rappelé que « l'austérité pouvait ne plus être une fatalité » et sa volonté de « donner à la construction européenne une dimension de croissance, d'emploi, de prospérité, d'avenir » (2). Le lendemain, 7 mai, l'Allemagne répondait en excluant toute renégociation du pacte budgétaire européen. La chancelière, prête à l'accueillir « les bras ouverts », affirmait qu'elle ne voulait pas « d'une croissance par des déficits, mais d'une croissance par des réformes structurelles ». Il n'était pas question d'encourager des politiques de relance, mais de promouvoir la voie choisie par l'Allemagne et les réformes du marché du travail mises en place par l'ancien chancelier Gerhard Schröder.

« Il n'est pas possible de renégocier le pacte budgétaire », qui a déjà été « signé par vingt-cinq des vingt-sept États membres de l'Union européenne » [dont la France] et qui a pour but de renforcer la discipline dans la gestion des finances publiques, a dit le porte-parole de la chancelière (3).


FRANCE ET UNION EUROPÉENNE

On a vu comment Aléxis Tsípras a affronté Wolfgang Schäuble et la troïka, seul, dans une situation particulièrement difficile : crise économique et financière, faible poids économique et politique au sein de l'UE et sans aucun allié réel face au ministre des finances allemand.

François Hollande était déjà passé par là avec, théoriquement, plus de poids... Candidat à la présidentielle, il avait annoncé que, s'il était élu, il renégocierait le projet de « pacte budgétaire européen ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » à travers un nouveau « pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance » (1). Dans son allocution de victoire, le 6 mai, il avait rappelé que « l'austérité pouvait ne plus être une fatalité » et sa volonté de « donner à la construction européenne une dimension de croissance, d'emploi, de prospérité, d'avenir » (2). Le lendemain, 7 mai, l'Allemagne répondait en excluant toute renégociation du pacte budgétaire européen. La chancelière, prête à l'accueillir « les bras ouverts », affirmait qu'elle ne voulait pas « d'une croissance par des déficits, mais d'une croissance par des réformes structurelles ». Il n'était pas question d'encourager des politiques de relance, mais de promouvoir la voie choisie par l'Allemagne et les réformes du marché du travail mises en place par l'ancien chancelier Gerhard Schröder.

« Il n'est pas possible de renégocier le pacte budgétaire », qui a déjà été « signé par vingt-cinq des vingt-sept États membres de l'Union européenne » [dont la France] et qui a pour but de renforcer la discipline dans la gestion des finances publiques, a dit le porte-parole de la chancelière (3).

Le texte du traité a été signé, le 2 mars 2012 par les chefs d'État et de gouvernement. Il a été approuvé à l'Assemblée nationale le 9 octobre 2012, au Sénat le 11 et ratifié le 22. Le président de la République l'avait accepté en juin. « Dans la campagne présidentielle, j'avais annoncé que je voulais renégocier ce qui avait été décidé... Ce sommet [de Bruxelles] a permis d'aboutir à cette renégociation » (4). Ce que lors de l'émission Des Paroles et des Actes, Jean-Marc Ayrault infirmait : « D'un point de vue juridique, si vous prenez la ligne exacte de la phrase qui sera soumise à la ratification, le traité n'a pas été renégocié ». Mais ce qui compte, « c'est tout ce qui va avec : le paquet croissance, le paquet perspective pour enfin faire que l'Europe ne soit pas seulement une zone de libre-échange, mais qu'elle porte aussi un projet, qu'elle redonne de l'espoir » (5). L'important n'est pas ce qu'on signe, l'important est ce qu'on ne signe pas !

La résistance de François Hollande, un mois, a été bien inférieure à celle d'Aléxis Tsípras devant le froncement de sourcil d'Angela Merkel ! Cet effacement du président français n'est pas le premier, ni le dernier. Il s'accompagne toujours d'une promesse : demain ce sera mieux…

Par exemple, le traité de Maastricht devait être suivi de l'Europe sociale… Il suffit de se souvenir des discours de l'époque. Comme cette déclaration de Martine Aubry : « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion » (6).

Lors de la dernière consultation des Français sur l'Union européenne par référendum, la question était : « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ? » La réponse a été claire. Cette proposition de constitution européenne qui constitutionnalisait une politique économique, sociale, étrangère, a été rejetée… Cette proposition et cette politique que Sarkozy, méprisant le résultat du référendum, a fait adopter par voie parlementaire avec l'appui... des parlementaires socialistes. C’est aussi cette politique que les Français ont cru rejeter en votant contre Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012.

Le renoncement de François Hollande a trois facettes : l’Allemagne de Merkel et Schäuble impose sa politique à l'Union européenne et à la France de Hollande ; cette politique est exactement opposée à celle qu’annonçait le candidat Hollande ; le vote des Français n'a été pris en compte que pour changer de président et non de politique. Peut-être, est-ce que voulaient dire les chroniqueurs quand ils affirmaient que l'élection s'était faite plus contre Nicolas Sarkozy que pour François Hollande !

Il y a eu changement de président. Continuité politique.

L'Europe n’intéresse pas les politiques français

Concernant l'Union européenne, la plupart des politiques peuvent être mis dans le même sac. Ils disent, fréquemment, que telle ou telle mesure a été imposée par « l'Europe ». Mais ils cachent que, le plus souvent, cette mesure a été approuvée au niveau européen, quelques mois ou quelques années auparavant, par les représentants de la France.

Lors des campagnes pour les élections européennes, il est rarement question de l'Europe. L'élection est toujours le premier, le deuxième ou le troisième tour d'une élection nationale qui va suivre ou qui a précédé. Les arguments portent plus sur les questions nationales que sur les questions européennes.

Les candidats sont rarement des personnalités politiques de premier plan et encore plus rarement des personnalités qui ont vocation à une carrière européenne. Tellement l'Union européenne et le Parlement européen sont considérés comme sans intérêt dans le cadre d'une carrière politique. Faire élire un « ami »au Parlement européen, c' est une façon de le recaser ou de l'éloigner dans l'attente de jours meilleurs. Ce peu d'intérêt pour l'Union européenne explique qu'au cours de de la mandature 2009-2014, les élus français se sont distingués par un taux de démissions parmi les plus importants : 18 % ont abandonné leur siège pour une autre fonction probablement plus « intéressante » contre 4 % chez les Allemands. En conséquence, les eurodéputés français effectuent en moyenne 1,76 mandat tandis que les Allemands affichent une moyenne de 2,48 et les Britanniques 2,23 (7).

Avec 74 députés, la France pèse moins que l'Allemagne qui en a 96. De plus, la Fondation Robert Schuman constate « une perte d’influence significative » des Français au sein du Parlement, notamment avec l’arrivée de 23 députés eurodéputés du FN lors des dernières élections contre 3 précédemment. Deuxièmes par le nombre d’eurodéputés (76/750), les Français sont en troisième position au groupe PPE (Parti populaire européen) et en sixième dans le groupe S&D (Socialistes & Démocrates), groupes les plus importants au Parlement européen (8).
L’obtention de postes par des Français est limitée. Les députés allemands, outre la présidence du Parlement européen, ont obtenu 2 vice-présidences (une pour les Français) et 5 présidences de commission (2 pour les Français). Au total, 26 députés français sur 74 exercent des responsabilités importantes, moins que l’Italie 29 postes pour 73 députés, le Royaume-Uni 28 pour 73 députés et l’Allemagne qui en détient 56 pour 96 députés.

La règle du non-cumul des mandats sera interdite à partir de 2019 à Bruxelles pour les mandats exécutifs locaux, comme maire, maire-adjoint, président ou vice-président de conseil départemental ou régional. Pour le moment, sur 74 élus, ils sont presque la moitié à cumuler un mandat d’élu local.

Cette prééminence se retrouve au niveau des hauts fonctionnaires de la Commission européenne. Ce n’est pas un hasard si les commissaires du collège présidé par Jean-Claude Juncker choisissent massivement du personnel allemand : ils veulent avoir «une ligne ouverte avec Berlin» (9).


Il serait exagéré de dire que la politique de la France est toujours alignée sur celle de l'Allemagne. Certains le regrettent peut-être quand Manuel Valls va à Munich pour faire des déclarations contre la politique d'Angela Merkel et de Jean-Claude Juncker sur l'immigration. Et affirme que la France n'augmentera pas son effort sur l'accueil des réfugiés syriens.
Plus discrètement, la France et le Royaume-Uni,
« fiers » des résultats de leur précédente intervention en Libye poussent à de nouvelles frappes dans ce pays. Cette fois-ci, le gouvernement français a-t-il prévu l'arrivée en conséquence de nouveaux réfugiés en Italie et est-il prêt à l'aider comme cela n'a pas été fait précédemment. Sur cette question, l'Italie de Matteo Renzi « maintient sa ligne de prudence sur l’intervention en Libye, à la différence de la France et de l’Angleterre... Le danger que divisions ou accords fragiles ouvrent la voie à des initiatives isolées, comme il y a 5 ans, et à des remèdes qui sont pires que les maux » (10).

Mais le nœud central de la politique de l'Union européenne qui a touché de façon particulièrement aiguë la Grèce mais intéresse la France, l'Italie et bien d'autres pays de l'Union européenne est la politique d'austérité.

Sur cette question, il semble que c'est surtout l'Italie de Renzi qui pousse à la roue . Pour Renzi : « La politique d’Obama a créé de l’emploi, l’austérité en Europe a fait perdre des postes de travail » (11). Il semble vouloir devenir « le leader de ‘’l’autre Europe’’, celle qui se bat contre la rigueur teutonique et nordique » (12). Sera-t-il soutenu par François Hollande ? « François Hollande, occupé par l’urgence terrorisme et les comptes publics en difficulté, est le pion décisif dans l’échiquier communautaire… d’une politique économique centrée sur la croissance et la création d’emplois » (13).

Il ne semble pas que François Hollande soit prêt à s'engager franchement pour un changement de politique économique au niveau européen. Auquel le peuple allemand a aussi intérêt et qui est possible alors que l'Allemagne se retrouve avec une balance des paiements excédentaire de huit pour cent (14).

Mais la vrai question qui se pose, en cette fin de quinquennat, est de savoir si François Hollande, faible comme il est décrit, a cédé à la pression d'Angela Merkel ou s'il a, comme certains de ses prédécesseurs à la SFIO (Guy Mollet) ou au Parti socialiste (François Mitterrand), pris le pouvoir en annonçant une politique de gauche pour faire une politique de droite. Les provocations « réformistes » et les déclarations de Manuel Valls et d'Emmanuel Macron ne feraient alors que répondre à la volonté de François Hollande d'être le Gerhard Schröder français.

Avec le même résultat électoral pour lui, ce qui n'est pas grave, plus catastrophique pour son parti… Et surtout pour le peuple français.


1 - Discours de François Hollande au meeting du Bourget, 22/01/12

2 - La Croix 06/05/12

3 - Le Monde 07/05/16

4 - Le Monde 29/06/12

5 - JDD 28/09/12

6 - Martine Aubry, 12/09/92, discours à Béthune http://yetiblog.org/index.php?post/1486

7 - Euractiv 03/07/14

8 - Euractiv 03/07/14

9 - Libération Jean Quatremer 20/10/14

10 - La Stampa 23/03/16

11 - La Repubblica 11/01/16

12 - La Stampa 14/01/16

13 - La Repubblica 09/02/16

14 - Financial Times 17/01/16

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 11:21

Touchée ! Coulée ?

L'Union européenne et les réfugiés.

Il est souvent dit que l'Union européenne ne sait avancer que par crises. Le moment est donc venu d'une grande avancée ou d'une dislocation car, cette fois, la crise est multiple, profonde. Elle touche les gouvernements et les instances européennes.

Le seul projet de l'Union européenne serait-il « sauve qui peut ? »

Difficile de croire que l'Union européenne peut aller indéfiniment, de réunion en réunion de la dernière chance, avec quelques bricolages. Dramatisant les rencontres dont les « responsables » sortent avec le « meilleur accord possible » après une longue nuit de discussion. En attendant la réunion suivante, bien sûr de la dernière chance.

Jusqu'à l'explosion ?

Les peuples qui ont laissé faire plus que participé, s'en détournent de plus en plus. Ceux de la vieille Europe comme ceux de la nouvelle. Lors des consultations, quel qu'en soit le type, le nombre des eurosceptiques et des opposants augmente.

La seule Europe qui existe vraiment est celle des problèmes. Que chaque État feint d'ignorer tant qu'il n'est pas immédiatement concerné. Que l'Union européenne ne sait pas résoudre parce que les règles instituées ne sont pas adaptées car les problèmes ne peuvent être traités de la même façon tant la situation est différentes d'un État à l'autre, au point de vue matériel mais aussi politique. Elles sont finalement traitées, le plus souvent, suivant les intérêts du plus fort à des conditions qui ne sont pas toujours supportables par tous et qui suscitent des phénomènes de rejet. Le plus souvent de « l'Europe », quelquefois de tel ou tel État, apparu comme directement responsable.

Faute d'un projet commun qui justifierait une certaine solidarité et des compromis.

Touchée ! Coulée ?  L'Union européenne et les réfugiés.

Avec la « crise des réfugiés », les autres questions ne font plus la une de l'actualité mais reparaîtront demain : crise économique qui perdure depuis 2008 avec une déflation, entretenue par une politique austéritaire ; éventuel éclatement d'une bulle européenne ; crise climatique que la COP21 a médiatisée, sans suite concrète au niveau européen ; relations avec la Russie et l'Ukraine ; recul de la démocratie dans plusieurs États membres qui ne pourraient, aujourd'hui, être candidats à l'Union européenne ; terrorisme ; Brexit ; Grexit hier et avenir de la Grèce aujourd'hui...

Et l'impuissance face aux guerres, aux portes de l'Europe, qui menacent la stabilité d'autres pays de la région..

Angela Merkel a vu juste, qui déclarait sur la chaîne de télévision ZDF : « Cette question de savoir comment nous agissons avec les migrants… va nous occuper bien, bien plus que la Grèce ou la stabilité de l’euro » (1). En effet, la question ne peut être réglée entre amis, par un communiqué insipide et incompréhensible, après une longue soirée de discussion. Le premier naufrage d’un navire transportant des migrants a eu lieu, il y a une vingtaine d'années... Combien de sommets européens depuis ?

Aujourd'hui, des centaines de milliers de réfugiés sont là, d'autres sont en chemin ou en attente...

« L’Europe n’avait jamais vu un tel afflux de réfugiés. D’après l’Office européen de statistiques Eurostat, plus d’1,25 million de personnes ont déposé une demande d’asile dans l’Union européenne en 2015, soit plus de deux fois plus qu’en 2014. La plupart des migrants viennent de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak.
Et ce flux migratoire ne ralentit pas, au contraire. Depuis janvier, 130 000 réfugiés sont arrivés en Europe. Or la fermeture partielle des frontières sur la route des Balkans rend leur périple de plus en plus incertain. » (2)
« La plupart des migrants viennent de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak », lieux de conflits dans lesquels bien des pays de l'Union européenne sont militairement engagés.
Notamment la France.

Dans le monde, en 2014, il y avait 60 millions de réfugiés (1% de la population mondiale) dont 50% étaient des enfants. Il y a 10 ans, ils étaient « seulement » 37 500 000.
Leur nombre a augmenté suite à 14 conflits dans le monde (3).
En Syrie, plus de 7 millions de réfugiés à l'intérieur du pays, plus de 3 millions à l'extérieur. Surtout dans les pays limitrophes : Turquie (3% de la population), Jordanie (12%), Liban (20%).
Un million ou deux millions de réfugiés de toutes origines en Europe pour 500 millions d'habitants ?
La question n'est pas insurmontable, matériellement. Mais politiquement ?

Touchée ! Coulée ?  L'Union européenne et les réfugiés.

Tous les États de l'Union européenne et l'Union européenne ont adhéré à la Convention relative au statut des réfugiés (Genève 1951) : « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. » (art.14-1). Elle s'applique à toute personne « Qui craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays... » (art. 1A2).

En signant la Convention, l'Union européenne et les États de l'Union se sont donnés l’obligation d'examiner la situation de tout demandeur d'asile qui se présente à la frontière.

De toute façon, ils sont là. Leur renvoi en masse – où ?- est difficile humainement, juridiquement, politiquement, matériellement.

Les accords de Schengen, entrés en vigueur en 1995 pour les sept premiers signataires, ont été étendus aux 26 États adhérents. La procédure Dublin, née avec « l'espace Schengen » de « libre circulation », est simple dans son principe : pour que le demandeur d'asile ne puisse déposer son dossier dans plusieurs États, le traitement de la demande incombe au premier pays qui a laissé entrer, volontairement ou non, le demandeur d'asile.

Cette politique, logique et égalitaire en apparence, n'était pas prise en charge par tous. « L'Allemagne aussi s'y [à une solution commune] est opposée, du temps où les réfugiés n'étaient pas encore aussi nombreux à arriver. L'Allemagne a imposé le système de Dublin à l'Europe... Elle a ainsi pratiquement évacué son droit fondamental à l'asile. Il fallait arriver en Allemagne en parachute pour pouvoir faire appel légalement à ce droit international (4).

Seuls les pays ayant des frontières externes avaient cette charge administrative et financière : Espagne, Italie, Grèce… Cela ne gênait guère les autres États, ni les institutions européennes. Tant que les demandeurs d'asile étaient en nombre limité, cela ne concernait que les pays périphériques. Tout le monde fermait les yeux.

Ces candidats, à l’immigration ou à l'asile, arrivaient morts ou vivants, faisaient la « une » de quelques journaux. Les survivants s'égaillaient ensuite vers l'Europe du nord qui les absorbait.

Les choses sont devenues plus graves avec les printemps arabes et les arrivées en nombre qui ne touchaient que l'Italie ou presque. La France fermait ses frontières à Vintimille pour quelques milliers de personnes. L'Italie payait : « L’Italie a été le premier pays à affronter la crise des réfugiés et a déjà dépensé plus de 9 milliards pour cette urgence... » (5). « L’opération ‘’Mare Nostrum’’ montée par la Marine italienne, a coûté un milliard. Toutefois, cela a évité des tragédies dans la Méditerranée. 366 passeurs arrêtés, 439 interventions effectuées » (6).

Avec la guerre en Syrie, la migration s'est déplacée vers la mer Égée, la Grèce et ses îles. Le nombre de demandeurs d'asile est passé de dizaines à des centaines de milliers. Qui se dirigent vers les pays rêvés : Allemagne ou Suède. Le 25 août dernier, Angela Merkel annonçait, sans avoir consulté aucun État, aucune institution de l'Union européenne, sa décision de ne plus renvoyer les Syriens vers le pays d'entrée de l'espace Schengen, la Grèce, en rupture unilatérale de la Convention de Dublin. Ce geste fort et courageux a été salué par beaucoup. Elle est devenue l'héroïne des migrants syriens et a été entendue jusque dans les camps.

Ce geste n'intéressait pas seulement les Syriens, l'Allemagne et les Allemands mais tous les pays sur la route des Balkans de la Turquie à l'Allemagne.

Le 31 août, Angela Merkel se félicitait du « rêve » d'Allemagne de nombreux réfugiés. Une chance pour le pays. « Wir schaffen das » (On y arrivera). Même si le mouvement Pegida (7), créé en octobre 2014, a trouvé là un motif nouveau de mobilisation. Même si des foyers d’accueil d'immigrants étaient plus souvent attaqués : 202 entre janvier et juin 2015, autant que pour l'ensemble de 2014.
L'Allemagne s'est mise au travail : financièrement, elle en a les moyens, mise en place de sites d'hébergement d'urgence, cours de langue pour permettre le travail, transmission des valeurs constitutionnelles avec pour but l'assimilation (8). La population a réagi plutôt favorablement, même si tout n'est pas rose...
Même si le ministre de l'intérieur, Thomas de Maizière, annoncait le 13 septembre que l'Allemagne rétablissait des contrôles à la frontière avec l'Autriche.

Car des réticences se sont rapidement exprimées, au delà de l'opposition d’extrême droite, de la part de la CSU surtout, branche bavaroise de la CDU, parti d'Angela Merkel, hostile à sa politique d'intégration. L'arrivée quotidienne de milliers de réfugiés en Allemagne pose de sérieux problèmes. Dans le Tagesspiegel, Sigmar Gabriel, le vice-chancelier et président du SPD déclare « C'est moins le nombre de réfugiés que la vitesse à laquelle ils arrivent qui rendent la situation si difficile » (9). Pendant des mois, des centaines de maires et de conseillers régionaux se sont mis en quatre… car ils croient la situation exceptionnelle (10).
Les actes de solidarité de la population continuent : par exemple à Berlin où la ville a organisé une opération « Merci à tous les Berlinois qui se mobilisent pour accueillir les réfugiés » avec le soutien de la presse : « Merci ! Sans votre engagement, cela n'aurait pas marché. » titre le Tagesspiegel (11). Il faut noter que Berlin (3,5 millions d'habitants) a accueilli 80 000 personnes en 2015, autant que l'Autriche (plus de 8 millions d'habitants). Pendant cette même année, la France a accordé l'asile à 79 000 personnes.

Peu à peu, les États sur le chemin de l'Allemagne, et bien d'autres, ferment leurs frontières suivant l'exemple de la Hongrie, tant décriée quand elle a érigé le premier mur pour « protéger l'Union européenne de l'invasion ». La route des Balkans vers l'Allemagne est de plus en plus hérissée de barrages à chaque frontière.
Qui vont transformer la Grèce en une vaste zone de regroupement.

Finalement, Angela Merkel, abandonnée « courageusement » de tous, y compris de ceux qui, comme la France, n'étaient pas sur la route, a dû annoncer, à l'approche d'élections dans trois régions, que l'Allemagne ne pouvait recevoir tout le monde. D'autant que "selon un sondage récent, 81% des Allemands pensent que son gouvernement a perdu le contrôle de la crise des migrants" (12). Ce qui se traduit aujourd'hui par la poussée électorale de l'AfD (Alternative für Deutschland) qui entre au Parlement des trois Länder Bade-Wurtemberg (15,1 % des voix, 19 élus), Rhénanie-Palatinat (12,6%, 7 élus), Saxe-Anhalt (24,5%, 24 élus). Dans ces trois régions, l'AfD fait une poussée remarquable et remarquée en nombre de voix et de sièges !
Revers électoral pour la droite, notamment CDU-CSU, plus que pour Angela Merkel. La Berliner Zeitung écrit
: « Outre l’électrochoc de l’AfD, c'est une grande continuité qui ressort de ces élections. Le candidat sortant vert Winfried Kretschmann reste ministre-président [de Bade-Wurtemberg]. Le SPD reste au pouvoir en Rhénanie-Palatinat et le candidat de la CDU Haseloff reste aux manettes en Saxe-Anhalt. Et la chancelière dans tout ceci ? Les trois vainqueurs des élections soutenaient sa politique migratoire. C’est donc elle qui a remporté ces élections - et non pas son parti, qui ne peut s'en prendre qu'à lui même.» (13).
Ce qu’entérine la Frankfurter Allgemeine Zeitung, les candidats chrétiens-démocrates ayant pris leur distance avec la chancelière sur les migrants l'ont payé cher, comme Julia Klöckner, favorite en Rhénanie-Palatinat qui s'est finalement inclinée. Analyse partagée par Gero Neugebauer, politologue allemand dans La Tribune de Genève : « les deux grands vainqueurs de ces élections, un écologiste dans le Bade-Wurtemberg ou une sociale-démocrate en Rhénanie-Palatinat, ont défendu ouvertement la ligne de la chancelière tandis que les perdants, dans le camp conservateur, se sont opposés à Merkel » (14).

Les opposants de la CDU-CSU et l'AfD n'ont à proposer que la fermeture des frontières qui « ne nous permettrait pas de garantir notre confort de vie à long terme. La Méditerranée se transformerait en gigantesque cimetière, la Grèce évoluerait rapidement en État failli et l'Italie redeviendrait instable. Fait notable, la fraction favorable à l'isolement de l'Allemagne n'avance aucune suggestion en vue d'une meilleure gestion du problème des réfugiés… Ceux qui refusent d'y voir un problème européen ne font que mentir à leur public. Et refusent de reconnaître que notre continent, après tant de guerres de religion et d'atrocités, a su établir un système politique viable, et qu'ayant prouvé sa capacité à établir des règles et à garantir la diversité, il est prédestiné à accueillir les migrants » (15).


La CDU-CSU et les chancelleries européennes ne tireront probablement pas de ce scrutin la même conclusion. Angela Merkel risque d'en être affaiblie mais ne semble pas renoncer à sa politique. Alors qu'elle a entamé une négociation avec la Turquie, au nom de l'Union européenne : « Pour lancer un signal de possible réduction des flux à la veille des élections en Allemagne, Merkel s’est comportée comme un vrai ‘’panzer’’ au sommet de l'UE, mettant les partenaires devant le fait accompli d’une ébauche d’entente négociée directement avec les Turcs. Cela n’a été apprécié par personne, également à cause du coût collectif : 6 milliards d'euros et la libéralisation anticipée en juin des visas UE pour les Turcs, ainsi que l’accélération des négociations pour l’adhésion. Le flux des migrants pourrait passer par l’Albanie ou la Libye et l’Italie pourrait devenir le grand ‘’entrepôt d’âmes de l’Union » (16).

Incapables de peser pour une solution pacifique en Syrie, l'Union européenne et les États de la région, membres ou non de l'Union européenne, n'ont qu'une pensée : bloquer à la frontière, les arrivants quels qu'ils soient, en provenance de Turquie…
Peu importent le droit, traités et conventions, et les droits des demandeurs d'asile.

Depuis juin 2015, l'opération EUNAVFOR med s'active dans les eaux internationales entre l’Italie, la Libye et l’Égypte pour « démanteler le modèle économique des réseaux de trafic de clandestins et de traites des êtres humains ». Avec l'accord de la Turquie et de la Grèce, « l’Allemagne dirige actuellement un groupe de navires de guerre de l’OTAN croisant en Méditerranée orientale, qui seraient engagés pour cette opération destinée à compléter le travail de l’agence européenne de surveillance des frontières de l’Union européenne, Frontex » (17).
En décembre, la proposition de la Commission européenne « décupler les moyens et les pouvoirs des garde-frontières et des garde-cotes européens » a reçu un bon accueil et devrait être adoptée en avril par le Conseil européen et le Parlement européen.
Il n'est pas sûr que ces actions soient très efficaces pour une réduction significative des passages.

Devant les nombreuses arrivées et conscient que ce ne pouvait être du ressort d'un seul pays, quel qu'il soit, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a proposé une répartition des demandeurs d'asile entre les différents États de l'Union en fonction d'un certain nombre de critères.
L'accord, été 2015, prévoyait 160 000 relocalisations au niveau européen, quelques centaines ont eu lieu à ce jour. Pour la France, cela impliquait de recevoir 30 000 réfugiés sur deux ans. Mais le démarrage est laborieux, avec 300 personnes, la France est en tête des pays d'accueil devant la Finlande (140 personnes). Bernard Cazeneuve estime que « les dispositifs d'accueil et de répartition des réfugiés dans les “hot spots” ne fonctionnent encore que de façon très imparfaite » (18). A Barcelone, la mairie a lancé une opération « Barcelone, ville refuge » et attend désespérément l'arrivé de réfugiés, plus de six mois après le lancement du plan d'accueil (19).

Seule Angela Merkel pousse pour que cette modalité de prise en charge soit pérennisée par des pays volontaires. Ce que refuse toujours le groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) qui réclame une meilleure protection des frontières de Schengen. Ainsi que Manuel Valls, bruyamment à Munich, sur sa barricade : «Les solutions sont au Levant, en Turquie, en Jordanie, en Méditerranée. Mais il faut un message très clair qui dise "maintenant, nous n’accueillons plus de réfugiés ''» (20).

Le dernier volet pour répondre à cette crise des réfugiés est la négociation avec la Turquie qui pose beaucoup de questions quant au respect des droits des demandeurs d'asile mais aussi quant à la Turquie et aux relations entre ce pays et l'Union européenne.

L'efficacité des actions en mer et de l'accord du 29 novembre 2015 avec la Turquie ne semble pas très grande alors qu'arrivent, sur les côtes grecques, 2 à 3 000 personnes. chaque jour.
Faute d'une politique de l'Union européenne, l'Union européenne aborde cette négociation en mauvaise position. Recep Tayyip Erdoğan sait que la Turquie ne remplit pas les conditions pour être admise dans l'Union européenne mais il nargue une Union européenne aux abois en mettant sous tutelle de Zaman, le principal quotidien du pays jugé séditieux à la veille d'une nouvelle rencontre.

Contre l’engagement de fixer sur le territoire turc les quelque 2,7 millions de réfugiés syriens qui y sont installés, Recep Tayyip Erdoğan pose ses conditions : aide financière de 6 milliards d'euros, libéralisations des visas d’entrée dans l'Union européenne pour les citoyens turcs, accélération des négociations de son adhésion à l'UE...
Récemment, Ankara a proposé avec l'accord d'Angela Merkel et de Mark Rute, premier ministre néerlandais et actuel président du Conseil (de l'Union européenne) que l’Union européenne mette en place, en échange des Syriens reconduits en Turquie, un corridor humanitaire permettant le départ de Syriens depuis les camps installés sur son territoire : « 1 Syrien pour 1 Syrien » (21).

La « crise des réfugiés » est une des crises les plus graves depuis la mise en place de « l'Europe des 6 ».

Dublin a été balayé par l'ensemble des États de l'Union européenne et les accords de Schengen. Mis en place à la demande de la France et de l'Allemagne, ils ne peuvent ni être repris tels quels, ni être abandonnés totalement. Dans tous les cas, cela annonce une longue négociation. Entre combien de partenaires ? Certains calculent déjà, en cas de suppression de ces accords, le coût économique et financier. « C’est à la demande des acteurs économiques, qui souffraient des surcoûts impliqués par les frontières, que le processus qui a abouti à la convention de Schengen... a été lancé dès 1984 par l’Allemagne et la France (accord de Sarrebrück) » (22). Mais aussi le coût politique.
Le démembrement de Schengen première étape de l'agonie de l'Union européenne, au moins dans sa forme actuelle ?

Évolution vers un espace de libre-échange comme le veulent le Royaume-Uni et bien d'autres. Ou division de l'Union européenne en une Union espace de libre-échange et une Union-puissance qui continuerait le rêve. Des propositions sont faites en ce sens. Quoi qu'il en soit, le coup est parti pour de longues, très longues négociations à très grand risques d'éclatement sinon de disparition totale de l'Union européenne. Et peut-être aussi de grands risques pour les « démocraties relatives » de l'Europe.

Dans les mois qui viennent, de nombreuses élections vont avoir lieu dans différents pays de l'Union européenne : en 2016, Autriche, présidentielle, Écosse, Pays de Galle, Irlande du Nord, Chypre, législatives, Royaume-Uni, référendum sur l'Europe, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et Berlin, régionales, Lituanie, législatives, Bulgarie, présidentielle, Pays Basque, Roumanie, législatives ; en 2017, Allemagne, présidentielle, Pays-Bas législatives, France, présidentielle et législatives, Sarre, régionales, République tchèque, Allemagne, Norvège législatives.
Gageons que, pour une fois, la question de l'Europe sera à l'ordre du jour. Même si ce n'est pas tellement le cas encore en France où il est plus questions de tiercé et d'écuries que d'Europe.

Reste que la question des réfugiés, urgente, demeure. Pour les États comme pour l'Union européenne, la question est la même : « droit d'asile ou barbarie » ? (23).

Touchée ! Coulée ?  L'Union européenne et les réfugiés.
Touchée ! Coulée ?  L'Union européenne et les réfugiés.

1) Euractiv 17/08/15
2) Euronews 05/03/16
3) http://www.planetoscope.com/Immigration/1912-refugies-dans-le-monde.html)
4) Der Spiegel 23/01/16 cité par Courrier International 04-10/02/16
5) Il Messaggero 04/02/16
6) La Stampa 04/02/16
7) « Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes », « Les Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident »). Depuis sa création, le 20 octobre 2014 à Dresde, Pegida manifeste tous les lundis son refus d’être « envahie » par les immigrés et sa méfiance des élites. Pegida a des branches dans l'UE : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Espagne, Estonie, France, Grande-Bretagne, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Suède, Suisse.
8) Le Figaro 09/09/15
9) Le Monde 14/09/15
10) Süddeutsche Zeitung 30/01/16, Courrier International 04-10/02/16
11) Mediapart 12/02/16
12) Financial Times cité par Toute l'Europe 29/02/16
13) Eurotopics 14/03/16
14) Toute l'Europe 15/03/16
15) Die Welt 20/01/16)
16) Sole 24 Ore 10/03/16
17) Toute l'Europe 11/02/16
18) Figaro 07/03/16
19) Libération 26/02/16
20) Libération 15/02/16
21) Le Monde 07/03/16
22) Libération 07/02/16
23) Le Monde 11/03/16

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 18:24

Après la manifestation des femmes partie de Belleville (Paris) dimanche dernier, (article précédent), "la " manifestation traditionnelle des femmes a eu lieu, le mardi 8 mars, à partir de la Fontaine des innocents (Paris).

Par rapport à celle du dimanche précédent étaient présentes des organisations plus traditionnelles (comme la LDH), la participation était en moyenne plus âgée, plus masculine

Certaines organisations (ont participé aux deux : femmes thaïlandaises, "Fières" et surtout femmes iraniennes.

En voici quelques images.

L'événement du jour : Manif femmes du 8 mars
L'événement du jour : Manif femmes du 8 mars
L'événement du jour : Manif femmes du 8 mars
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 14:49

Pour la troisième année consécutive, une quarantaine d'associations ont organisé une manifestation féministe au départ de Belleville (Paris) à l'occasion de la « Journée internationale de luttes pour les droits des femmes ».

Leurs revendications : Tant qu'il le faudra : féministes !

Doubles journées de travail, inégalités salariales, harcèlement dans l'espace public, sur le lieu de travail et dans l'intimité, violences sexuelles, violences et discriminations sexistes : voici... le lot quotidien des femmes et des minorités de genre.

Notre féminisme se fonde sur la légitimité des premièrEs concernéEs à décider de leurs stratégies de lutte contre les violences et discriminations qu'elles subissent. Nous réaffirmons que le féminisme n'est soluble ni dans le racisme ni dans la droitisation généralisée ni dans les stratégies politiciennes !

Organisons-nous pour nous défendre ! Réclamons une meilleure répartition des richesses que nous produisons, exigeons un système de santé respectueux de nos corps et de nos décisions, revendiquons un espace public accessible à touTEs et soyons solidaires avec les plus stigmatisées, réprimées et précaires d'entre nous !

Evénement du jour : MANIFESTATION FEMINISTE
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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 15:42
L'Allemagne et l'Union européenne

L'Allemagne et l'Union européenne

L'Allemagne fait partie des six pays fondateurs ce la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), signé en 1951, premier pas vers l'Union européenne (1). Non seulement elle est l'un des États fondateurs mais elle en est l'élément central. En effet, un des buts de la Communauté était de « neutraliser » le charbon et l'acier et, par là, l'industrie de l'armement, notamment allemand. Et de rendre impossible un nouvel affrontement entre les anciens belligérants européens de la Seconde guerre mondiale.

En complément, pour préserver l'unité de la partie occidentale de l'Allemagne (zones occupées par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France) tout en évitant un pouvoir fort centralisé, les alliés occidentaux ont soutenu la Loi fondamentale (Grundgesetz), constitution qui a donné naissance à la République fédérale allemande (RFA) en mai 1949. La zone occupée par l’Union soviétique est devenue la République démocratique allemande en octobre 1949 (RDA). Et l'« Accession de la RDA à la zone de validité de la Loi fondamentale de la RFA » a eu lieu en 1990.

L'Allemagne et l'Union européenne

Pendant les années qui ont suivi la fin de la Seconde guerre mondiale, l’Allemagne (RFA) s'est reconstruite, a retrouvé son honorabilité, a repris sa place dans le concert des nations, atteint la prospérité économique, et la puissance du mark. L'unité européenne a avancé grâce à un certain équilibre entre la force économique de l'Allemagne, limitée politiquement par son passé récent, et la force politique (membre du Conseil de sécurité de l'ONU) et militaire (dont le nucléaire), de la France plus faible économiquement.

Dans un esprit proche de celui des années cinquante et de la mise en place de la CECA, pour que l'unité allemande ne se fasse pas au détriment de l'unité européenne, la monnaie européenne a été mise en place (discussions sur l'Union économique et financière commencées bien avant la chute du mur, notamment en 1989 entre François Mitterrand et Helmut Kohl). L'effet n'a pas été celui escompté car l'équilibre a été progressivement rompu en faveur de l'Allemagne.

Ce n'est pas l'Allemagne qui a été attachée à l’Union européenne mais la politique de l'Union européenne qui a été rattachée à la politique allemande de l'euro-mark.

L'Allemagne n'est plus le pays vaincu, à moitié détruit et moralement discrédité. Avec le temps, l'histoire s'estompe. Le personnel politique qui a connu la Seconde guerre mondiale disparaît peu à peu, laissant la place à des politiques qui ont une histoire bien différente. La période des dialogues plus ou moins égalitaires entre chanceliers allemands et présidents français s'épuise peu à peu.

L'Allemagne et l'Union européenne

Helmut Kohl, chancelier de 1982 à 1998, qui a mené et l'unification allemande et la naissance de l'euro, est le dernier chancelier né avant la Seconde guerre mondiale (1930). Les suivants sont nés en 1944, Gerhard Schröder, chancelier de 1998 à 2005 et en 1954, Angela Merkel, chancelière depuis 2005. De plus, Angela Merkel a un autre passé, bien que née à Hambourg, elle a grandi et vécu jusqu’à la chute du mur en Allemagne de l'Est (RDA). De même que Joachim Gauck, né en 1940, actuel président de la République.

On a, longtemps, parlé du rôle moteur du binôme franco-allemand dans la conduite du projet européen (Charles de Gaulle – Konrad Adenauer, Valérie Giscard d’Estaing - Helmut Schmidt, François Mitterrand - Helmut Kohl), on parle beaucoup plus depuis quelque temps des couples Merkozy ou Merkhollande. Car, logiquement, l'Allemagne, consciente de sa supériorité économique, n’a cessé de vouloir assumer un rôle politique plus important. Et, comme l'a reconnu Michel Sapin à Yanis Varoufakis, « La France n’est plus ce qu’elle était » (2). Peut-être aurait-il pu dire aussi : « Les présidents français ne sont plus ce qu'ils étaient ».

L'acceptation par l'Allemagne des conditions posées par David Cameron, quel que soit le résultat du prochain référendum britannique, montre bien que le gouvernement allemand, fort aujourd'hui de sa réussite économique, a choisi l’entente libérale germano-britannique plutôt que la construction d'une Europe solidaire, aussi imparfaite fût-elle.

L'Union européenne est en panne sur bien des plans et l'accord euro-britannique, entériné ou non lors du référendum, est une avancée vers le détricotage de ce qui existait de solidarité au niveau européen. Le libéralisme prôné par l'Allemagne peut paraître bon pour elle, même s'il n'est pas toujours bon pour tous les Allemands, il n'est pas nécessairement bon pour les autres États membres de la zone euro.

C'est ce libéralisme qui explique, en bonne partie, le traitement différencié réservé au petit poussé vers le Grexit ou la totale soumission et le soutien apporté au encore plus libéral maître-chanteur, « retenez-moi ou je fais un Brexit ! » .

Malheureusement, les voix des chefs d’État ou de gouvernement ou celles des présidents européens, l'Union européenne ne manque pas de présidents, (du Parlement européen, du Conseil européen, de la Commission européenne, du Conseil de l'Union européenne) ont été discrètes face au Grexit. Elles ont été beaucoup plus nombreuses pour crier à la « catastrophe » en cas de Brexit et donc à soutenir les exigences de David Cameron, y compris la possibilité pour le Royaume-Uni de mettre son nez dans la zone euro sans en faire partie et sans contrepartie. Tout en gardant « le chèque britannique », depuis 1984, pour lequel la France est d'ailleurs le principal contributeur, entre 1,3 et 1,7 milliard d'euros, soit environ 27 % de son montant global (3).

C'est à la mesure de la politique libérale de l'Allemagne et non obligatoirement de l'intérêt des Allemands qu'il faut regarder les difficultés actuelles dans lesquelles se débat l'Union européenne.

Avec plus de 81 millions d'habitants dont 7,9 millions d’étrangers (parmi lesquels les Turcs, 1,5 millions, devant les Italiens, les Polonais, les Russes, les Grecs...), l'Allemagne est le pays le plus peuplé de l'Union européenne, elle en est aussi la première puissance économique. Au niveau mondial, elle est le pays ayant le plus grand excédent commercial, le premier pays exportateur, la deuxième destination d'immigration la plus prisée après les États-Unis…

Cette suprématie allemande était politiquement évidente et assumée lors de la négociation entre la Grèce et l'Union européenne avec la place prise, au vu de tous, par Wolfgang Schäuble. Elle est tout aussi évidente quand les ministres français, Manuel Valls, Michel Sapin ou Emmanuel Macron, vont directement à Berlin sans passer par Bruxelles pour faire avaliser leur « devoir » budgétaire… Ou quand Angela Merkel se déplace et négocie en Turquie, notamment sur la reprise des négociations pour l'adhésion à l'Union européenne. Elle est tout aussi évidente, quoique plus discrète dans la répartition des postes importants au niveau de l'administration européenne de Bruxelles (4). Ou dans le nombre de députés exerçant des responsabilités importantes, 26 pour la France, 28 pour le Royaume-Uni, 29 pour l'Italie et 59 pour l'Allemagne (5).

Si la prééminence de l'Allemagne sur bien des points est indiscutable, elle n'est pas suffisante pour entraîner, sans discussion, les autres États de l'Union européenne, pour promouvoir une véritable politique commune, dessiner un avenir commun. L'Union européenne ne peut avancer avec un seul moteur. L'Allemagne a besoin d'un ou de plusieurs moteurs auxiliaires aux intérêts éventuellement différents pour promouvoir une position commune de l'Union européenne à la suite de discussions et d'éventuels compromis. A défaut, sa suprématie la voue à des positions qui ne peuvent être, consciemment ou inconsciemment, que nationales et ressenties comme unilatérales, plus ou moins imposées et inadaptées à la situation d'autres États membres. Conduisant à un certain isolement d'un côté et, de l'autre, à la montée d'oppositions, de rancœurs qui risquent d'amener des régressions nationalistes dans un certain nombre d’États. Et finalement à mettre en danger l'Union européenne, rejetée de plus en plus par des fractions importantes de la population, des partis politiques et finalement par des gouvernements.

C'est ce qu'on peut constater avec la politique économique à l'échelle de l'Union européenne adoptée sous la forte influence du gouvernement allemand qui, depuis des années, n'arrive pas à faire redémarrer la croissance. Et qui, avec ou sans le Brexit (1), met sérieusement en danger l'avenir de l'Union européenne.

1 – Article précédent : Le Royaume-Uni et l'Union européenne.

2 - Le Monde 23/08/15

3 - Le rabais britannique est-il encore justifié ? Rapport d'information n° 603 (2010-2011) au nom de la commission des affaires européennes, déposé le 14 juin 2011.

4 - Jean Quatremer : Berlin, nouvelle capitale de l’Europe, Libération, 20/10/14.

5 - Euractiv 17/03/15.

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