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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 17:54
Référendum populaire ?  Référendum populiste ?

Référendum populaire ?

Référendum populiste ?

Pour certains bons esprits, il n'était pas pensable de laisser à la porte, Platon et le pays qui a inventé la démocratie. C'était la seule raison pour admettre la Grèce à l’Union européenne et à la zone euro. Les Grecs anciens ont inventé la démocratie. Les Grecs modernes ne sont peut-être que des métèques.
On peut les admettre dans la cité sans qu'il soit nécessaire de tenir compte de leur vote que ce soit dans le cadre de la démocratie représentative, élection d'Aléxis Tsipras, ou de la démocratie directe, référendum du 5 juillet
2015.

Pour l'Union européenne, il y a deux sortes de référendum sur les questions européennes. Quelle que soit la question. Ceux auxquels les peuples répondent « oui », les référendums démocratiques, populaires et ceux auxquels ils disent « non », les référendums populistes.
Pour les « non » populistes, deux solutions : faire revoter les électeurs pour qu'ils disent « oui » lors d'un référendum qui devient populaire. Ou se passer de référendum en utilisant la voie parlementaire, démocratique.
On ne fait jamais revoter un peuple qui s'est prononcé pour le « oui », car la réponse est démocratique et donc définitive. De plus, on ne sait jamais, en cas de nouveau vote, le référendum pourrait virer au populisme.

David Cameron, Premier ministre du pays auquel on doit la démocratie parlementaire, a inventé le chantage au référendum pour obtenir ce qu'il désire.
S'il n'obtenait pas satisfaction, il répondrait « non » au référendum qu'il organiserait. Ayant obtenu satisfaction, il répondra « oui ».
Ce référendum sera donc démocratique et populaire ou populiste suivant le résultat !

Ayant posé ses conditions, David Cameron s'est dépensé en rencontres avec ses collègues, chefs d’État ou de gouvernement mais aussi avec les différents présidents de l'Union européenne, mis en place par ces mêmes chefs d’État et de gouvernement. Mais il a refusé l'invitation de s'exprimer publiquement devant le Parlement européen, seule instance européenne élue, préférant rencontrer, à huis-clos, son président et les présidents des groupes politiques.

Il va maintenant défendre son projet devant le peuple britannique. Ce référendum comporte un aspect plébiscitaire pour ou contre David Cameron. Notion qui fait bondir tout démocrate sincère mais qui, ici, est mise en sourdine.

En fait, ce référendum est, avant tout, politicien. David Cameron a gagné les dernières élections législatives avec sa promesse de référendum pour couper l'herbe sous les pieds de l'UKIP (United Kingdom independence party). Nombre d'électeurs ont pensé que voter pour les Conservateurs était la seule possibilité d'être consultés sur l'appartenance à l'Union européenne.

Le pari de David Cameron sera dénoué le 23 juin. Quel que soit le résultat, il sera probablement suivi d'élections législatives.*
Si le « non » l'emporte, il devra présenter sa démission.
Si c'est le « oui », il en profitera, vraisemblablement, pour déclencher des élections législatives et essayer d'obtenir sur la lancée une majorité confortable à la Chambre des communes. Et, ainsi, se renforcer face aux opposants et à l'Union européenne pour les négociations nécessaires à l'application des avantages obtenus.

Il faut, au moins, reconnaître à David Cameron le mérite d'avoir fait ce qu'il avait annoncé lors de sa campagne électorale. Ce n'est pas le cas de tous les chefs d’État ou de gouvernement de l'Union européenne.

Bien entendu, les autres peuples de l'Union européenne n'auront rien à dire sur cet accord euro-britannique qui porte cependant sur la nature de l'Union européenne et intéresse l'ensemble des peuples de l'Union européenne.

Pour la Grèce, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, avait dit : « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Le rappellera-t-il à pour le Royaume-Uni ?

*Mise à jour le 21/02/16 à 22h20 " En se prononçant pour une sortie du Royaume-Uni de l’UE, le maire de Londres affaiblit le camp mené par David Cameron pour le maintien du pays dans l’Union." Le Monde 21/02/16.
C'est probablement en pensant à ces législatives que Boris Johnson s'est prononcé pour le "non".

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité Europe
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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 17:51

Le mythe européen a été porté par des Européens, surtout des chrétiens démocrates et des sociaux démocrates, avec le soutien des États-Unis et la complicité involontaire de l'Union soviétique.

Après la Seconde guerre mondiale, connaissant les conséquences du traité de Versailles et de « l'Allemagne paiera » après la Première, pour éviter un nouveau conflit, certains pays ex-belligérants ont décidé de s'unir : Allemagne de l'Ouest, dénazifiée et fédérale, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas.


Les États-Unis ont joué les bailleurs de fonds et ont contrôlé cette politique, en intégrant les pays européens dans l'Alliance atlantique face à l'Union soviétique.

Le tout dans une politique libérale, tempérée par la menace de l'Union soviétique et de partis communistes puissants en Italie et en France.

Royaume-Uni  et Unité européenne

Dehors ! Dedans ? Dehors ?

Winston Churchill, dans « un discours à la jeunesse étudiante » tenu en 1946 à l'université de Zurich, s'est prononcé pour une unité européenne, reprenant même le terme, « États-Unis d'Europe », déjà employé par Victor Hugo (1) et même Trotski (2) ! . « Il nous faut recréer la famille européenne en la dotant d'une structure régionale placée sous cette organisation mondiale [ONU], et cette famille pourra alors s'appeler les États-Unis d'Europe... Si, au début, tous les États européens ne veulent ou ne peuvent pas adhérer à l'Union européenne, nous devrons néanmoins réunir les pays qui le désirent et le peuvent. » (3)

Mais il avait dit auparavant à de Gaulle : « Sachez-le: chaque fois qu'il nous faudra choisir entre l'Europe et le grand large, nous choisirons le grand large ! »

Dehors !

Après le coup de Prague*, Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni signent, en 1948, le Traité de Bruxelles qui annonce une Union occidentale avec collaboration en matière économique, sociale, culturelle et de défense. L'année suivante, l'OTAN, alliance militaire, est créée avec de nombreux pays européens et surtout le Canada et les États-Unis.
L'idée d'une Europe unie est lancée par Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, le 9 mai 1950, pour mettre sous l'autorité de la France et de l'Allemagne (de l'Ouest), le charbon et l'acier, étroitement liés à l'industrie de l'armement. La Communauté européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) naît en 1951, avec six pays fondateurs : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas. Mais sans le Royaume-Uni.

Elle scelle, ainsi, la fin du conflit entre belligérants européens et met en place une organisation bénéficiant d'une certaine autonomie face à l'énorme influence des États-Unis, notamment à travers le plan Marshall. Elle sera suivie en 1957 de la Communauté économique européenne (CEE) qui inclut aussi l'Euratom.

Dès ce premier petit pas européen, le Royaume-Uni applique la doctrine énoncée par Winston Churchill, et choisit « le grand large ». Le Royaume-Uni ne se contente pas de se tenir à l'écart, il va plus loin en suscitant, en concurrence, l'Association européenne de libre-échange (1960) regroupant Royaume-Uni, Autriche, Danemark, Irlande, Norvège, Portugal, Suède, Suisse.

Alors que le marché commun supprimait les barrières douanières internes et mettait en place une frontière externe commune, le but du Royaume-Uni était de créer une simple zone de libre-échange pour les produits des pays signataires, sans politique commune et sans aucune perspective d'union politique. Ce but n'a jamais varié.

Dedans ?

Sans pouvoir, de l'extérieur, sur la CEE, le Royaume-Uni pose sa candidature en 1963 et 1967. De Gaulle la refuse pour diverses raison et termine sa conférence de presse du 27 novembre 1967 en précisant sur l'adhésion éventuelle du Royaume-Uni : « ce ne serait pas là du tout le chemin qui pourrait conduire à ce que l'Europe se construise par elle-même et pour elle-même, de manière à n'être pas sous la dépendance d'un système économique, monétaire, politique, qui lui soit étranger. Pour que l'Europe puisse faire équilibre à l'immense puissance des États-Unis, il lui faut non pas du tout affaiblir, mais au contraire resserrer, les liens et les règles de la Communauté ». (4)

C'est pendant la présidence de Georges Pompidou (qualifié « L'Anti-De Gaulle », livre publié par Louis Vallon, membre du même parti que Pompidou) que les négociations reprennent en 1970 et aboutissent à l'adhésion à la Communauté économique européenne du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark en 1973.

Ayant adhéré à la CEE, les Britanniques ne vont pas changer de comportement, notamment avec la présence à la tête du gouvernement britannique de Margaret Thatcher, de mai 1979 à novembre 1990. Elle considérait que la CEE ne devait être qu'un moyen de mettre en place d'une zone de libre-échange et de concurrence économique plus importante. Avec le libéralisme économique comme idéologie : privatisations, baisse des impôts directs, augmentation des impôts indirects, dérégulation financière…


Au niveau européen, elle demande que le Royaume-Uni ne paye pas plus que ce qu'il reçoit de l'Europe : « I want my money back » (Je veux récupérer mon argent), ce qu'elle a obtenu en 1984 et qui dure encore, « le rabais ou chèque britannique ».

L'élargissement de la CEE va continuer à la suite de la chute des dictatures avec l'adhésion de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal, puis à la CEE devenue Union européenne en 1992, de l'Autriche, de la Finlande, de la Suède (1995) et des États l'ex-Europe de l'Est de 2004 à 2013.

Ces élargissements successifs, l'hétérogénéité des nouveaux participants, aussi bien au point de vue historique qu'économique, l'éloignement des faits qui avaient suscité l'élan vers l'unité et des hommes qui l'avaient portée, le libéralisme effréné à la suite du démantèlement du bloc soviétique, ont changé peu à peu la nature de l'Union européenne. Et l'influence du Royaume-Uni qui va toujours dans le même sens.

Viviane Reding, Luxembourgeoise, ancienne vice-présidente et membre de la Commission européenne, pendant quinze ans, a connu de l’intérieur les difficiles rapports entre Européens et Britanniques de 1999 à 2014. Elle ne mâche pas ses mots sur la Radio Télévision Suisse : « Choisissez ce que bon vous semble mais ne perturbez plus l’Europe… Les Anglais, jusqu'à présent, ils n'ont pas vraiment fait partie de l'Europe. Ils avaient toujours un problème avec l'Europe politique et l'Europe des êtres humains, ils voulaient un grand marché et rien d'autre ». (5)

Mais jusque là, tout a bien réussi à Londres qui « s'est taillé un statut sur mesure, ne participant qu’aux politiques qui l’intéressent : elle n’est ni dans l’euro, ni dans l’union bancaire, ni dans la politique d’immigration et d’asile, ni dans Schengen, ni dans la politique de défense et à peine dans le budget communautaire. » (6)

Royaume-Uni  et Unité européenne

Dehors ?

Aujourd'hui, l'Union traverse de nombreuses crises, terrorisme, crise de l'euro, politique d'austérité, chômage, arrivée de réfugiés… entraînant dans tous les pays une montée du populisme, de la xénophobie, du souverainisme. Pour faire face au même danger qui le menace au Royaume-Uni avec la montée de l'UKIP (United Kingdom Independence Party), David Cameron a annoncé un référendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Et posé ses exigences, conditions sine qua non, pour qu'il soutienne lors de ce référendum le maintien de son pays au sein de l'Union.

Dans cette nouvelle entreprise contre l'Union, David Cameron est en situation de force pour obtenir ce qu'il demande, traité ou pas traité. Car ses interlocuteurs les plus puissants au niveau de l'Union partagent nombre de ses idées libérales et ne veulent pas perdre un allié, de poids, même si c'est au prix de quelques entorses institutionnelles. Face aux pays du sud de l'Union qui souffrent de la politique économique imposée au niveau européen.

A Davos, « Chacun à leur tour, ces dirigeants ont lancé un vibrant appel pour que la Grande-Bretagne reste dans l’Europe » « Un Brexit serait une catastrophe » a abondé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble". (7)


Le Premier ministre britannique n'a plus qu'à tenir ferme dans son chantage au « Brexit » et l'arrangement diplomatique sera trouvé pour lui donner satisfaction sans modification de traité. Il suffit de voir l'évolution de la négociation avec Donald Rusk. , président du Conseil européen.


Au départ, David Cameron faisait une demande impossible à satisfaire : la suppression pendant quatre ans des aides sociales destinées aux ressortissants de l'Union au Royaume-Uni. Elle mettait en question un des grands principes de l'Union : la libre circulation des travailleurs.
Mais Donald Tusk a proposé un mécanisme de « sauvegarde » qui pourrait être invoqué, par n'importe quel État membre au cas d'un « afflux d'ampleur exceptionnelle de travailleurs venus d'autres États membres » qui mettraient en danger les services sociaux du pays d'accueil. Sous contrôle strict de la Commission. Par n'importe quel État membre. Mais le Royaume-Uni « déjà confronté à (cette) situation exceptionnelle (…) serait en droit de déclencher le mécanisme, avec toutes les chances qu'il soit finalement approuvé ». (8) C'est du « sur-mesure » et presque un tour de passe-passe.

Il est à noter que ni l'Italie, ni la Grèce n'ont connu un telle sollicitude lors de l'arrivée en nombre de demandeurs du droit d'asile, par exemple. Il est aussi important de noter que face au Royaume, c'est le président du Conseil européen qui négocie. Face à la Grèce, certains ministres, parmi les moins compréhensifs, ont pris une place bien plus grande…

Autre point difficile : le Royaume-Uni, depuis quelque temps, veut avoir un droit de regard, sans participation, sur l'eurozone. Afin que l'euro et la Banque centrale européenne ne fassent pas de l'ombre à la City. D'où un mécanisme, accepté par Donald Tusk, qui permettrait aux neuf États non membres de la zone euro de se faire entendre par les dix-neuf autres. Une fois de plus, le Royaume-Uni veut voir, sans payer pour voir.

Il y a fort à parier qu'il n'y aura pas, en réciprocité, un droit de regard des dix-neuf sur la politique de la City !

Par ailleurs, David Cameron ne veut pas une Union européenne à deux vitesses alors que l'Union est à multiples vitesses depuis longtemps et même « à la carte » pour le Royaume-Uni , notamment avec l'euro et tous les droits de retrait (« opting out »). Il veut probablement un alignement sur la vitesse du Royaume-Uni.

Une fois les négociations abouties, officiellement, entre Donald Tusk et David Cameron, leurs conclusions devront être entérinées par les 27 pays de l'Union européenne, probablement lors du prochain sommet européen..

Bien que désireux de défendre leurs ressortissants travaillant au Royaume-Uni, il est peu probable que les pays comme la Pologne opposent un veto à l'accord. Ce serait un camouflet pour David Cameron et un soutien au vote en faveur du « Brexit ». Qui pourrait se retourner contre les droits sociaux des travailleurs étrangers européens au Royaume-Uni qui pourrait devenir totalement libre de sa législation..

David Cameron, « Saint George ayant terrassé le dragon européen », pourra, alors, lancer la procédure du référendum. Il n'est pas certain cependant que les europhobes britanniques, notamment, l'UKIP (United Kingdom Independence Party), se satisfassent des résultats obtenus et que le « oui » l'emporte devant une Europe en difficulté sur bien des points. Alors que, selon Laurent Wauquiez « L'Europe qu'on est en train de construire ,c'est, en réalité, le rêve de Margaret Thatcher: une grande Europe qui est un grand marché d'échanges économiques mais dans laquelle on a trop peu de politique communes, trop de pays différents et où on n'arrive plus à faire de choses ensemble. » (9)

L'Union européenne sortira affaiblie de ce nouvel épisode avec le Royaume-Uni. Que le Royaume-Uni quitte ou non l'Union européenne.


Pour le journal finlandais, Iltalehti, « le pire des scénarios serait que le Brexit fasse des émules et que d’autres pays lui emboîtent le pas. Ce serait la fin de l’UE telle qu’on la connaît. En revanche, les pays désireux de développer les règles communes de l’Union pourraient rester en son sein. Ce n'est pas une mauvaise perspective ». (10)

Ou bien va-t-on vers la fin de l'Union pour aboutir à un grand espace européen de libre échange ?

* Le Coup de Prague est le nom donné à la prise de contrôle de la Tchécoslovaquie en février 1948 par le Parti communiste tchécoslovaque, avec le soutien de l'Union soviétique, aboutissant au remplacement de la « troisième République tchécoslovaque » par la République socialiste tchécoslovaque. Les historiens tchèques parlent en tchèque de « Février 1948 ».

Pendant la période socialiste, le terme Vítězný únor (« Février victorieux ») était le terme officiellement employé pour décrire les événements qui, du 17 au 25 février 1948, conduisent le président de la République tchécoslovaque, Edvard Beneš, à céder le pouvoir aux staliniens et à leurs dirigeants, Klement Gottwald et Rudolf Slánský, après deux semaines de pressions intenses des Soviétiques. (wikipedia)

1 -http://lecoeurdumonde.free.fr/Le_coeur_du_monde/Conclusion_files/Victor%20Hugo%20Discours%20d'ouverture%20du%20%20Congre%CC%80s%20de%20la%20Paix.pdf

2 - https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis_d'Europe

3 - http://europa.eu/about-eu/eu-history/founding-fathers/pdf/winston_churchill_fr.pdf

4 - http://www.cvce.eu/content/publication/2004/5/7/d47637f7-b66c-44a7-8cff-2b6b45c53424/publishable_fr.pdf

5 - Radio Télévision Suisse, le 7 janvier 2016

6 – Jean Quatremer 4 février 2016 Les coulisses de Bruxelles

7 - http://www.touteleurope.eu/actualite/revue-de-presse-les-crises-de-l-europe-au-centre-des-debats-de-davos.html

8 - Le Figaro.fr 3 janvier 2016

9 - Laurent Wauquiez Ouest-France.fr 16 février 2014

10 - Iltalehti 09 février 2016

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 21:27

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Cette phrase a été prononcée par Jacques Chirac en 2002, au IV° sommet de la terre, sans conséquences, ni pour lui, en dehors de la mise en place de la taxation des billets d'avion pour financer l'aide au développement, ni pour le Sommet. (1)

A la COP21 (2), les 195 chefs d’État et de gouvernement des États membres de l'ONU ont porté leur regard sur l'incendie et montré un visage nouveau par rapport à toutes les réunions internationales antérieures : ils ont adopté l'accord de Paris, par consensus, à l'unanimité.

Rue de Belleville Parisd 20°

Rue de Belleville Parisd 20°

Attention, cependant, au « paradoxe de l'unanimité » (3) : « Toutes les preuves concordent ? Il doit y avoir une erreur ». Nous n'irons pas jusqu'à dire que certains n'ont pas vu les conséquences de l'accord de Paris. Mais le marteau de Laurent Fabius a bloqué, opportunément, une contestation de cette unanimité. Maintenant, les États doivent signer et ratifier cet accord entre le 22 avril 2016 et le 21 avril 2017. Certains vont, probablement, « se hâter lentement ». Ils devraient ensuite prendre des mesures concrètes et la pression attentive de tous, gouvernements et ONG, sera nécessaire pour aider certains pas hésitants.

Cette unanimité fait suite aux avertissements renouvelés des chercheurs du GIEC (4) qui décrivent l'avenir de la planète si perdurent les mêmes émissions de gaz à effet de serre. Ces annonces sont graves.
Entérinant l'accord de Paris, tous les chefs d’État et de gouvernement ont reconnu en être informés. S'ils ne prennent pas les mesures nécessaires, ce sera donc consciemment.

L'accord n'est pas contraignant, les faits risquent de l'être.

- L’année 2015 a été l'année la plus chaude depuis que sont relevées les températures devant 2014, 2010, 2013, 2005, 2009 et 1998.

- La température moyenne du globe s'est élevée de 0,9°C depuis l'avènement du capitalisme industriel.

- Si les émissions de gaz à effet de serre continuent au même rythme, une hausse de 5°C sera observée d'ici à la fin du siècle. Or, un réchauffement supérieur à 1,5°C produirait un dérèglement climatique irréversible.

- Pour la COP21, les États responsables de plus de 90% des émissions mondiales ont fixé leur objectif. Ces engagements conduiraient, s'ils étaient respectés, à un réchauffement de 2,7-3°C par rapport au niveau de l’ère préindustrielle. L'effort n'est pas suffisant.

- L'accord de Paris propose de contenir « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques ».

- Descendre au dessous des 2°C implique une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 70 à 85 % d'ici à 2100.

- Pour la revue scientifique Nature : « Un changement climatique non jugulé va probablement réduire le revenu du terrien moyen de près de 23 % en 2100 ». Et accroître les inégalités au niveau global car le réchauffement est bon pour les pays froids qui tendent à être plus riches, plus dommageable pour les pays chauds qui tendent à être plus pauvres. (5)

- Les représentants des pays considérés comme les plus vulnérables ont appelé la Conférence à s’entendre sur un seuil de 1,5°C au lieu de 2°C. Ils n'ont été que partiellement entendus. Parmi ces États, de nombreux États africains qui ont émis peu de gaz à effet de serre et font partie des pays les moins avancés, les petits États insulaires dont l'intégrité territoriale et la survie sont menacées par la montée du niveau des mers. Dangereuse aussi pour les populations, de plus en plus nombreuses, qui vivent sur les côtes.

Du fait de la prise de conscience de cette situation, la lutte contre le dérèglement climatique a remplacé, au moins pendant la Conférence de Paris, la volonté de croissance qui, jusque là, était le fondement de toute politique gouvernementale.
Dès le lendemain, ce n'est plus aussi évident à l'écoute des informations : discours des politiques, cours de la bourse, taux de croissance de tel ou tel pays... Tous les gouvernements sont à la recherche de l'introuvable croissance qui va résoudre tous les problèmes sauf les inégalités, les mauvaises conditions de travail et... le réchauffement climatique qui touche tout le monde. Mais pas de la même façon.

Bien sûr, il est plus facile de signer, de ratifier un texte que de réorienter l'économie mondiale, plus soumise aux intérêts financiers immédiats qu'à l'état de la planète et au bien-être de ses habitants.
Mais si décideurs et commentateurs croient vraiment aux prévisions annoncées à Paris, aucune décision ne devrait être prise sans que soit affiché et discuté son impact sur le réchauffement climatique.

Ce passage de la recherche de la croissance à la prévention des bouleversements climatiques et de leurs conséquences aurait dû et devrait entraîner une croissance explosive des partis écologiques qui, depuis longtemps, ont attiré l'attention sur l'impossibilité d'une croissance infinie dans un monde fini. Il n'en est rien.
Il faut dire que si le pronostic était juste, l'argument principal a changé du tout au tout. Hier, il était question de l'épuisement des ressources et du fameux pic de Hubert qui reculait, sans cesse. Aujourd'hui, c'est la nécessité de laisser 70 à 80 % des ressources dans le sous-sol sous peine de rendre la terre invivable par la production de gaz à effet de serre.
Si les partis écologiques ont échoué, il faut dire que, au moins en France, ils y ont mis du leur. Ils regardent si souvent ailleurs ! Mais, dans le dernier sondage du JDD, 50% des Français et 61% des sympathisants de gauche souhaitent voir jouer un rôle plus important à Nicolas Hulot qui incarne l'écologie au niveau national.

Heureusement, le GIEC a produit de l'information pour les gouvernements et les grandes organisations internationales et nationales qui ont su mobiliser l'opinion publique, attaquer les grandes sociétés multinationales et peser à leur tour sur les gouvernements.

Arrivée de la marche Alternatiba , place de la République,  à Paris

Arrivée de la marche Alternatiba , place de la République, à Paris

Une Internationale nouvelle est née. Et les nouvelles mobilisations rencontrent les mêmes adversaires que les anciennes. Elles ont déjà poussé certaines banques et compagnies internationales à modifier et déclarations et investissements, peut-être encore à la marge…
BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale se sont engagées à ne plus financer les projets miniers de la côte orientale de l’Australie où se dresse la Grande Barrière de corail. Elles rejoignent huit banques internationales qui ont pris des engagements similaires sur l’extension du port minier d’Abbot Point : Deustche Bank, HSBC, RBS, Barclays, Citi, Morgan Stanley, JP Morgan Chase et Goldman Sachs (6).

Des entreprises, choisies par le gouvernement français pour participer au financement privé de la COP21, ont éprouvé de besoin d'améliorer leur image alors qu'elles n'ont pas les mains blanches car elles émettent massivement des gaz à effet de serre ou en tirent leurs profits : EDF, Engie avec leurs centrales à charbon ; Air France opposée à la réduction des émissions dans le secteur de l’aviation ; Renault-Nissan et ses automobiles polluantes (voir les dernières enquêtes) ; Suez Environnement, membre du lobby gaz de schiste. Elles n'ont contribué qu'à la moitié du financement privé prévu par le gouvernement.
Car d'autres ont refusé de participer : les assureurs et banques AG2R, BPCE, HSBC, Allianz, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Crédit Agricole, American Express, Rotschild, Groupama ; les bétonneurs Eiffage, Vinci, SPIE, Bouygues ; les géants des NTIC Microsoft, IBM, Apple, Nokia, Free ; les géants de la distribution alimentaire Auchan, Casino, Pernod Ricard, Unilever, Danone ; et autres, Lafarge, Veolia, Airbus, Vivendi et Avril. (7)
Cela n'a pas empêché les unes ou les autres de hanter les couloirs pour ralentir l'évolution du monde. Elles continueront.

Les pays les plus menacés sont des pays pauvres, peu armés pour en limiter les effets sur leur territoire. L'accord de Paris reconnaît « la nécessité d’éviter et de réduire au minimum les pertes et dommages liés aux effets néfastes du changement climatique et y remédier ». Mais ne s'engage pas à indemniser ces pays des préjudices climatiques.
On le comprend.
Un rapport de l'ONU de 2012
prévoit 250 millions de personnes déplacées dans le monde en 2050. Et selon une étude du CNRS, 10.000 à 20.000 îles et archipels pourraient totalement disparaître avant la fin du siècle. Un article de « Forein affairs » va dans le même sens. « Pour les scientifiques, les Tuvalu sont vouées à disparaître dans les 50 années prochaines ; les Maldives d'ici à 30 ans. Les îles voisines subiront le même sort qui menace environ 9,2 millions de personnes dans 22 États insulaires de l'Océan pacifique… Le réchauffement climatique menace désormais l'existence même des États insulaires… perte physique complète et définitive du territoire d'un État, accompagnée du déplacement de toute sa population. » (8) Que vont devenir ces États, ces populations ? Des juristes, bienveillants ou cyniques, en tout cas peu optimistes sur les conséquences de l'accord de Paris, se penchent déjà sur les structures à mettre en place pour des populations, des États, sans territoire…

Au XXème siècle, le niveau de la mer est monté de 17 cm. Les prévisions pour le XXIème siècle varient suivant les études mais toutes vont dans le même sens : d'ici à 2100, montée de 0,18 à 0,42 m pour le GIEC (en 2007), portée (en 2012) à 0,50 - 1 m. La NASA envisage une hausse d'au moins 0,90 m et plus probablement de 1 m. Le point culminant des Maldives est à 2,3 m, à 5 m pour les Tuvalu.
De plus, ces îles subissent des submersions marines, « inondations temporaires de la zone côtière par des eaux d’origine marine lors d’événements météorologiques (tempête ou simple conjonction d'une forte dépression et d'un vent de mer) et océanographiques (houles, marée) d’ampleur très inhabituelle ».

On comprend l’inquiétude de ces populations et de leurs gouvernements. La différence entre 1,5 ou 2°C n'est pas mince. Mais, désormais, nous savons. Tout le monde sait. Les scientifiques ne manqueront pas de suivre l'évolution de la situation. Et toute la société civile. Le texte de l'accord est, évidemment, absolument insatisfaisant. Il n'a été accepté que pour éviter le veto du Sénat étasunien qui défend les grands intérêts privés, et donc pour éviter l'échec de la Conférence.
Il n'en reste pas moins une
arme pour les citoyens et les associations. Face aux insuffisances de leur propre gouvernement. De tous les gouvernements.

Dans son discours sur l'état de l'Union de 2015, le président Barack Obama a été très clair : « aucun défi – aucun – ne constitue une menace pour les générations à venir aussi grand que le changement climatique. Si nous n’agissons pas sous la contrainte, nous continuerons à avoir des sécheresses et des inondations, et des bouleversements de telle ampleur qu’ils vont provoquer des migrations et des conflits partout dans le monde. » (9)

La chaine humaine COP21

La chaine humaine COP21

Le diagnostic est posé. Largement partagé. Le but est fixé.
Comment l'atteindre reste, dans le cadre de l'accord de Paris, de la responsabilité
de chaque gouvernement. Tous ou presque se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. De façon encore insuffisante. Le temps presse.
Les scientifiques dir
ont en continue où en est le réchauffement, appuyés par l'évolution du climat.
Pour éviter le passage aux situations irréversibles et les bouleversements prévus dans 30 à 50 ans, suffira-t-il de faire moins ? Moins de croissance carbonée et plus de croissance verte ? Moins de gaspillage, moins d'obsolescences programmées ou non ? Tout en continuant à vivre comme aujourd'hui.

Ou faudra-t-il changer toutes les structures sociales, inventer un autre type de société ? De nouveaux modes de production, de nouveaux modèles de consommation ? Applicables à l'échelle de la population mondiale.

On a déjà vu à Paris l'opposition entre des négociateurs qui défendaient de intérêts différents et qui, dans 30 ou 50 ans, auront disparus ou seront à la retraite comme ceux qui prennent chaque jour les décisions, bonnes ou mauvaises.
Si des solutions énergiques ne sont pas prises en temps utiles, au fur et à mesure de l'aggravation des situations, de fortes tensions apparaîtront aux échelles nationales et internationale.

Et maintenant des devoirs à faire à la maison.

Tout le monde s'est félicité du travail de la diplomatie française notamment de Laurent Fabius et de Laurence Tubiana, la cheville ouvrière, sous la direction de François Hollande. Les lampions éteints, les mesures concrètes sont attendues. Pour la France, tout repose, au moins pour quelques mois, sur François Hollande et sur Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Qui semble avoir été plutôt discrète pendant la COP21 et sa préparation.

Il n'est pas sûr que Ségolène Royal soit prête à mettre en place des mesures en phase avec l'accord de Paris si on considère ses prises de position ou ses décisions plus ou moins récentes sur « l'écologie punitive » : renoncement à l'écotaxe pour les poids lourds, proposition de rendre gratuites les autoroutes lors des week-ends, opposition à l’interdiction des feux de cheminée en Île de France et discrédit jeté sur Airparif "un peu trop sectaire sur la question de la prise en compte de la pollution de l'air", opposition à une hausse de la fiscalité sur le diesel et aux péages urbains à l'entrée des grandes villes, opposition en 2009, à la taxe carbone de Nicolas Sarkozy… Cette taxe qui est « de 14,5€ en 2015 et bien loin des recommandations de la "commission Rocard" (32 € dès l'année 2010 pour atteindre 100 € en 2030) ». (10)

Il serait injuste de ne parler que de Ségolène Royal, la fibre écologique de Français Hollande n'est guère plus flamboyante que celle des gouvernements antérieurs et ne semble pas avoir pris de la vigueur à l'occasion du sommet de Paris.

La Cour des Comptes souligne le peu d'empressement des pouvoirs publics à lutter contre la pollution de l'air que ce soit contre les insecticides ou les gaz à effet de serre ce qui vaut à la France d'être classée quinzième sur vingt-huit au niveau européen. La France est menacée de peines d'amende pour son incapacité à maîtriser les émissions d'oxyde d'azote et de particules dans de nombreuses agglomérations. Sans oublier la très longue réflexion pour aligner les taxes sur le diesel sur celles sur l'essence, dont il est question depuis 2000. (11) Un premier pas pourrait être envisagé en 2016, pour dégager 200 à 300 millions d'euros pour fiancer les infrastructures de transport. (12)

A l'opposé des efforts certains que faisait la France pour réussir la Conférence de Paris, alors que le niveau d'investissement dans les énergies renouvelables a augmenté entre 2005 et 2014, ce niveau a sombré de 53 % entre 2014 et 2015 tandis qu’ils augmentaient de 4 % dans le monde. (13)

Ce qui est, malheureusement, cohérent avec la disparition du rapport commandé par l'Ademe sur une France 100 % renouvelable en 2050 et publié par Mediapart (14). Ce rapport « explique que rien n’empêche qu’en France 100 % de l’électricité provienne de sources renouvelables en 2050... que ce scénario ne coûterait pas beaucoup plus cher aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 % de la production électrique, seuil fixé par François Hollande pour 2025… Dans leur cas de référence, la production (d'électricité) se décompose entre 63 % d’éolien, 17 % de solaire, 13 % d’hydraulique et 7 % de thermique renouvelable (incluant la géothermie). »

Les succès de François Hollande durant son quinquennat ne sont pas si nombreux, il lui reste quelques mois pour engager la France sur des pratiques cohérentes avec les conclusions de la COP21. Et entrer dans l'histoire avec le sommet de Paris.
Pour le moment, la récolte est maigre et l'orientation semble discutable. Le renoncement à l'aéroport de ND des Landes pourrait être un premier signe. L'annonce de la fermeture effective de la centrale de Fessenheim, bien que le nucléaire ne soit pas dans l'accord de Paris, serait une façon de montrer qu'il prend au sérieux les questions d'environnement. Ces deux annonces semblent s'éloigner alors que les échéances électorales approchent.

Les décisions de la ministre et du gouvernement ne semblent pas traduire une prise conscience réelle de ce que signifie et implique l'accord de Paris. Mais comment peut-on penser qu'un président qui depuis 2012 a reculé au niveau social devant le Medef, au niveau européen devant la politique de la droite allemande, comment penser qu'un tel président puisse ne pas reculer devant le complexe nucléaro-industriel.


**********************************************************************************************************

1 - Cette image pourrait aussi être utilisée pour la situation de l'Union européenne (UE) qui est en crise depuis 1988 et court le risque d'une désintégration avec la montée des populismes, la « crise migratoire », la situation internationale, le risque de Brexit après celui de Grexit...

Elle peut aussi illustrer la situation politique de la France qui se repaît de sondages en vue d'une élection présidentielle où aucun candidat n'est capable de faire passer le moindre souffle d'avenir…

2 - 21e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques et 11e conférence des parties siégeant en tant que réunion des parties au protocole de Kyoto.

3 - Courrier international du 21-27 janvier 2016.

4 - Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, créé par le G7 sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, afin d'empêcher une agence de l’ONU, soupçonnée de militantisme écologique, de mettre la main sur l’expertise climatique.

5 – VOX Europe 29/10/15

6 - Les banques françaises se retirent du plus grand projet charbonnier au monde. Le Monde.fr 08.04.15.

7 - Note d'information COP21, réalisée par Maxime Combes, Attac France, 24/11/15.

8 - Reproduit dans Courrier international 17/12/15 au 06/01/16.

9 - VOX Europe 26/01/16

10 – L'économie politique n°66 avril 2015

11 - Journal de l'Environnement 22/01/16

12 - Le Monde 20/01/16

13 – EurActiv.fr 18/01/16

14 - Énergie : le rapport caché sur une France 100% renouvelable Mediapart 08/04/15

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 10:05

Dans mon enfance, j'ai entendu mon père, indigné, dire : « A Bram, on échangeait une montre contre une bouchée de pain ! »
Je n'ai rien compris à cette phrase. Bram est une localité, 3 000 habitants, à une vingtaine de kilomètres de Carcassonne. On pouvait y aller à bicyclette. Plus tard, j'ai eu l'explication.

Après la victoire de Franco, des centaines de milliers de Républicains espagnols ont cherché refuge en France. Beaucoup ont été regroupés dans des « camps ». Le plus célèbre est celui de Rivesaltes (1, 2) mais il y en eut d'autres comme celui de Bram, mieux organisé, semble-t-il, et moins célèbre.

Quand des Républicains espagnols ont été enfermés dans le camp de Bram, certaines personnes sont venues leur apporter de l'alimentation en échange de bijoux et objets de valeurs qu'ils pouvaient récupérer.
Il y avait peut-être aussi des gens désintéressés.

Malheureusement, cet échange inégal n'a pas été une pratique réservée à Bram : « Il était arrivé un grand nombre de trafiquants, certains venus d'assez loin, attirés par des affaires à réaliser sur le dos de ces pauvres gens, prêts à vendre n'importe quoi pour subsister. Dans les coins discrets se tenaient de fébriles conciliabules : les trafiquants achetaient l'or en le pesant dans leur mains ». (1)

Depuis, en ces lieux, un mémorial a été édifié.

Rivesaltes

Rivesaltes

Les temps ont bien changé. Certes, la récupération individuelle existe toujours. Tout le monde condamne cette pratique des passeurs. Mais les demandeurs d'asile arrivés dans la terre espérée, la récupération devient, quelquefois, institutionnelle...

Depuis plusieurs années, en Suisse, les réfugiés doivent remettre aux autorités tous les biens valant plus de 1000 francs suisses (environ 900 euros). En échange, ils reçoivent un récépissé. Cette pratique parfaitement légale est prévue par une loi sur l’asile (26 juin 1998) qui exige des réfugiés qu’ils contribuent dans la mesure du possible au coût de leur demande d’asile et d’une assistance sociale. Par la suite, si la personne obtient le droit d’asile, elle devra verser 10% de ses revenus pendant 10 ans. L’an dernier, la Suisse a reçu près de 40 000 demandes d’asile.

Cet exemple, venant d'un pays aussi vertueux que la Suisse, ne pouvait passer inaperçu. Le Danemark a décidé de confisquer les effets de valeur des migrants pour financer leur séjour. Ce projet de loi, controversé, donne le droit aux policiers de « saisir des biens que les demandeurs d’asile apportent avec eux afin de couvrir leurs besoins en alimentation et en hébergement ». Pour financer les aides et décourager les demandeurs d’asile à venir au Danemark. Le texte doit être adopté le 26 janvier.
La loi, pleine d'attention, prévoit, cependant, que les demandeurs d'asile pourront conserver les biens ayant « une valeur sentimentale », comme les alliances.

Les passeurs, individuels, rémunérés, indignent l'opinion publique. Frontex les poursuit. Qui poursuivra les États passeurs ?

1 – Vous avez la mémoire courte… 500 000 républicains venus du Sud « indésirables » en Roussillon. René Grando, Jacques Queralt, Xavier Febrés éditions du chiendent, 1981, 258 p.

2 - Rivesaltes : le camp de la France. 1939 à nos jours., Canet-en-Roussillon : Ed. Trabucaire, 2015, 161 p.

NB : Article précédent sur les camps, publié le 7 septembre 2011, FRIBOURG, RIVESALTES, GURS

28/01/16

Une amie ma envoyé le commentaire suivant :

"J'ai lu le texte dans lequel tu évoques le camp de Bram .

A Bram, comme dans les autres camps, il n’y eut dans un premier temps, au moment de la retirada, que des républicains espagnols. Mon grand père y était, très rapidement un agriculteur du coin lui a proposé du travail, il put sortir et faire venir avec lui, à la ferme, ma grand’mère et ses enfants qui étaient réfugiés à Condom dans le Gers. Pas dans un camp, ma grand mère avait trouvé du travail comme lingère dans un hôtel, des familles avaient pris ma mère et mes tantes en pension et mon oncle était en apprentissage chez une famille de cordonniers italiens. La famille ne s'en sortait pas trop mal, même si mon grand père, s'il était nourri et logé, ne percevait aucun salaire. On ne faisait pas seulement du trafic d'argent, de bijoux, mais aussi de bras ! La plupart des réfugiés espagnols n'avait rien à échanger. Et ceux qui avaient pu emporter des économies n'ont pu les utiliser, le nouveau gouvernement espagnol ayant déclaré obsolète l'argent de la République, ma mère conserve précieusement un rouleau de billets que ma grand mère avait cache sous ses jupes pendant la retirada. Les enfant ont été scolarisés pendant quelques mois à Bram et c’est là qu'ils ont commencé à apprendre le français .

Tout est devenu très très difficile à partir de septembre 1940 où le régime de Vichy à obligé tous les étrangers à être regroupés dans des camps . A Bram se côtoyaient de nombreuses nationalités. Ma famille est revenue au camp de Bram, puis transférée à Argelès puis à Rivesaltes où c'était très dur. Là, ma grand mère a fait appel aux familles qui l'avaient aidée au moment de la retirada à Condom et ce sont celles ci qui ont fait appel aux Quackers pour les aider à sortir du camp. La famille à donc terminé la guerre dans une colonie de Quackers où étaient recueillis des enfants de républicains espagnols et aussi des enfants juifs cachés. Ma grand-mère a de nouveau travaillé comme lingère dans cette colonie pour ne pas être séparée de ses enfants. Pendant ce temps mon grand père travaillait pour les compagnies volontaires de travail qui venaient chercher de la main d’œuvre gratuite dans les camps.

Si le trafic d'argent, de biens, se faisait individuellement (Quoique pour la population juive ...) l'utilisation de la main d’œuvre des camps était si j’ai bien compris, une une affaire d’ État .

Bon, j'arrête là mon bavardage ..."

O.C.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 18:00

LES VALEURS DE LA RÉPUBLIQUE

TOUS ÉGAUX !?

Le délire hollandais contre les binationaux a de la peine avec le délire sarkosyen contre les binationaux pour rendre leur stigmatisation unique, républicaine, obligatoire et constitutionnelle.

Pour essayer de rejoindre cette cohorte de mal aimés de la République, je me suis plongé dans les archives familiales pour voir si je ne pouvais pas adjoindre à ma nationalité française de souche, par ma mère, une nationalité de souche espagnole par mes grands-parents paternels. Je n'ai pas encore trouvé la solution.

Mais j'ai trouvé de vieux papiers qui m'ont étonné malgré leur banalité.

Dans un acte du 26 décembre 1933, mon père a « déclaré autoriser expressément… son épouse, demeurant avec lui », ma mère, « à l'effet d'exercer le commerce de modiste qu'elle exploite... » « dont elle s'est rendue personnellement propriétaire… moyennant un prix qu'elle a payé avec des fonds provenant de son travail personnel ; et ce du consentement de M. O. comparant ; d'exploiter en conséquence le dit fonds de commerce, en son propre nom, en se livrant à toutes opérations…. »

Au delà du style notarial, sans mettre en cause les relations entre mes parents qui m'ont toujours paru relativement égalitaires, légalement, l'homme devait autoriser expressément, donner son consentement à l'exploitation d'un commerce que la femme, avait payé avec des fonds provenant de son travail !

Dans un acte du 13 juillet 1949, devant le même notaire ont comparu… « Madame Orosina Carmen O., sans profession, épouse assistée et autorisée de Monsieur L.R.… née à… le dix janvier mil neuf cent vingt deux... » pour bénéficier de l'héritage de ses parents après leur décès.

Pour hériter de son père, la femme devait être assistée et autorisée par son mari ! Aurait-elle été déshéritée s'il ne l'avait pas assistée et autorisée ?

Par ces 2 actes qui datent, certes, du siècle dernier mais appartiennent à mon histoire familiale immédiate, sous la Troisième République, ma mère âgée de 24 ans, avait besoin de l’autorisation, devant notaire, de son mari pour exploiter un fonds de commerce acquis « avec des fonds provenant de son travail personnel » !

Sous la Quatrième République, ma tante, âgée de 26 ans, devait être « assistée et autorisée » par son mari pour hériter de ses parents !

Bien sûr, cette tutelle des femmes nous paraît dater d'une république antédiluvienne, aujourd'hui où l'égalité femmes-hommes est si souvent, si hautement, proclamée valeur fondamentale de la République.

LES VALEURS DE LA RÉPUBLIQUE : TOUS ÉGAUX !?

Faut-il rappeler que le droit de vote date de 1944, que ce n'est que depuis 1965 que les femmes peuvent gérer leurs biens propres, ouvrir un compte bancaire et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari ?

Faut-il rappeler toutes les inégalités qui perdurent encore et qui sont parfaitement connues de tous : répartition déséquilibrée des professions, les femmes plus souvent à temps partiel, sous représentation des femmes dans les institutions (27 % à l’Assemblée, 25 % au Sénat malgré la loi sur la parité), inégalités de salaires*…

Certains prétendent que des statistique ethniques sont nécessaires pour lutter efficacement contre les discriminations et les inégalités. Nécessaires ? Peut-être. Mais non suffisantes. Les inégalités hommes-femmes sont connues, étudiées, publiées depuis longtemps, les inégalités perdurent…

Il est étonnant de constater comment, hier et aujourd’hui, nous pouvons vivre sereinement dans une situation que nous connaissons et que tout le monde (ou presque) condamne.
Mais avec les proclamations répétées, désintéressées, sans aucune arrière pensée, des politiques de tous bords, cette partie de novaleurs va rapidement entrer dans les faits.

Le projet de réforme de la Constitution est en marche, l'élection présidentielle approche, tous pour l'égalité des droits !?

LES VALEURS DE LA RÉPUBLIQUE : TOUS ÉGAUX !?

* Liste non exhaustive reprise des premiers titres qui apparaissent dans « observatoire des inégalités » quand on tape « inégalités hommes-femmes » sur un moteur de recherche.

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 22:58

L'accord de Paris, COP21, obtenu par le consensus des 195 États membres des Nations Unies, est un événement historique, limité certes et qui reste à accomplir..

La COP21 et après ?

Historique.

Parce qu’il était impensable, il y a quelques années.

Parce qu'il ne porte pas sur un petit ou un grand conflit entre deux États ou groupes d’États.

Parce qu'il est le fruit de la mobilisation, depuis des dizaines d'années, de la société civile, des scientifiques, des petites et grandes organisations écologiques dans leur diversité, nationale et internationale.

Parce qu'il n'a pas été obtenu par l'hégémonie dans un camp et dans l'autre d'une grande puissance mais avec la participation de tous les États, y compris les États minuscules qui, regroupés, les 43, ont su, pour essayer de survivre, faire entendre leur voix qui est aussi celle de l'intérêt général.

Parce qu'il témoigne d'une nouvelle conception du mode de production, du mode de vie de la planète, quelles que soient les restrictions mentales, les embûches ou les rétropédalages auxquels il faut s'attendre.

Limité.

Parce qu'il a été obtenu par consensus. C'est à dire sans vote. La voix de Laurent Fabius ayant, bien à propos, couvert celle de contestataires....

Parce qu'il faut maintenant qu'il soit, effectivement, signé par les États, entre le 22 avril 2016 et le 21 avril 2017. Et qu'il n'entrera en vigueur que lorsque 55 États, responsables de 55 % des émissions de carbone l'auront signé.

Parce que tout ce qui faisait problème, tout ce qui faisait obstacle à l'accord a été évacué dans le préambule ou en annexe. Ne gardant dans les 29 articles de l'accord que les contraintes acceptables par tous, notamment par les États-Unis ; ne gardant que ce qui, par d'habiles imprécisions, pouvait être accepté par tous.

Le traité est un document politique et diplomatique qui donne des orientations claires. Il demande aux États d'assumer leurs engagements sous le regard des pairs et de la société civile internationale. Sans prévoir de sanctions. Sans préconiser des mesures techniques précises.

Les commentaires des participants ont proclamé leur extrême satisfaction devant le résultat obtenu et le travail, pour aboutir, accompli par la diplomatie française, notamment Laurent Fabius et Laurence Tubiana, ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique, cheville ouvrière de l’accord.
Mais aussi sur le travail qui reste à faire pour donner vie à cet accord en l'élargissant pour arriver au résultat nécessaire..

Car cet accord est le fruit d'un compromis et, comme dans tout compromis, il est facile de relever un certain nombre de limites qu'il faudra dépasser. Pour éviter le pire.

- L'annonce principale est la volonté affichée de maintenir le réchauffement « bien en deçà de 2°C » par rapport à l'ère pré-industrielle (nous sommes déjà à + 0,8°C) et de faire des efforts pour tenter de rester en-dessous de 1,5°C, à la fin du siècle, comme le demandaient les 43 pays vulnérables, dont les petits États insulaires. Même si les spécialises du climat disent que le franchissement de la barre des 1,5°C est inéluctable. Avec les promesses des 179 pays (95 % de la population, 94 des émissions), l'augmentation serait de 2,7 degrés contre 3 à 3,7 au rythme actuel. C'est dire que ces engagements, qui ne sont que dans les annexes de l'accord, sont déjà insuffisants et qu'il faudra aller au-delà !

- Le transport maritime et aérien international n'a pas été pris en compte dans la réduction des gaz à effet de serre, soit 10 % des rejets mondiaux. Il est impensable que cette question ne revienne pas un jour ou l'autre sur le devant de la scène.

- Une révision des engagements est prévue avant 2020, premier rendez-vous fixé pour 2018, puis tous les 5 ans. Les circonstances pousseront à une révision à la hausse des engagements.

- Bien qu'excluant toute « responsabilité ou compensation » par les pays riches pour les « pertes et dommages » des pays victimes des préjudices climatiques, ils est déjà prévu que les 100 milliards de dollars, figurant seulement dans une annexe, ne sont qu'un plancher et qu'ils devront être revus rapidement à la hausse et ce avant 2025.

Certains, dans l'euphorie, ont pu parler de l'accord de Paris comme un moment de passage historique, de basculement, de partage des eaux entre l'ère des combustibles fossiles et celle de l'énergie propre, le premier pas irréversible vers une société décarbonée.
D'autres, comme Laurence Tubiana, considèrent que « l’accord de Paris doit être une prophétie autoréalisatrice », ou la ministre sud-africaine de l'environnement que « c'est le premier pas d'un long voyage ».

Pour que cet accord vive, il faut passer des déclarations aux choses concrètes. Ces dernières sont, souvent, moins satisfaisantes. Les mesures plus ou moins récentes du gouvernement français montrent qu'il y a une distance certaine entre les intentions affirmées et la réalité : l'acharnement du gouvernement sur l’aérodrome de Notre-Dame des Landes et les positons de Ségolène Royal contre l'écologie punitive, contre la taxe carbonée, ses reculs sur l'écotaxe, ses bavardages sur les péages des autoroutes, contre Airparif, « un peu trop sectaire », pour la poursuite des recherches sur des procédés d'extraction propre à long terme des gaz de schistes, contre « un impôt supplémentaire » sur le diesel, contre les péages à l'entrée des grandes villes...

Le gouvernement français ne sera pas le seul à biaiser avec la réalité… Pour les petits États insulaires, « il faut garder en tête que l’Histoire nous jugera non pas sur ce que nous avons accompli aujourd’hui mais sur ce que nous ferons à partir de maintenant ». En étant plus trivial, ils pourraient dire, pour garder la tête hors de l'eau, pour garder nos îles, hors de l'eau, il est nécessaire d’aller plus loin.

Pour François Hollande, la réussite de la COP21 est une occasion inespérée pour passer à la postérité comme le président qui a ouvert l'avenir et faire oublier tous ses échecs et toutes ses trahisons. Mais le travail n'est pas fini et il lui reste si peu de temps, pour aller au bout du problème : un an avant la prochaine élection présidentielle, un an pour susciter le maximum de signatures, un an pour lancer les premières mesures significatives, un an pour montrer le chemin...

La COP21 et après ?

Selon ne étude du CNRS, 10.000 à 20.000 îles et archipels pourraient totalement disparaître avant la fin du siècle. Courrier international reproduit un article de « Foreign affairs » du 4 septembre 2015 (CI 17/12/15 au 06/01/16).

« Pour les scientifiques, les Tuvalu sont vouées à disparaître dans les 50 années prochaines ; les Maldives d'ici 30 ans. Les îles voisines subiront le même sort qui menace environ 9,2 millions de personnes dans 22 États insulaires de l'Océan pacifique…

Le réchauffement climatique menace désormais l'existence même des États insulaires… perte physique complète et définitive du territoire d'un État, accompagnée du déplacement de toute sa population. »

Que vont devenir ces États, ces populations ? Des juristes, peu optimistes, se penchent déjà sur les structures en place pour des populations, des États, sans territoire…

Nous savons. Tout le monde sait ou peut savoir. Les scientifiques ne manqueront pas de suivre l'évolution de la situation. Et toute la société civile. Le texte, insatisfaisant dans l'absolu, est cependant une bonne arme pour les citoyens et les associations. Face aux insuffisance de son propre gouvernement. De tous les gouvernements.

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 12:11
Place de la République en mémoire des 149 victimes du terrorisme en France
Place de la République en mémoire des 149 victimes du terrorisme en France
Place de la République en mémoire des 149 victimes du terrorisme en France

Place de la République en mémoire des 149 victimes du terrorisme en France

Johny Halliday chante "Un dimanche de janvier"

Johny Halliday chante "Un dimanche de janvier"

Le Choeur de l'armée française chante "Les prénoms" de Jacques Brel et "Le temps des cerises".Le Choeur de l'armée française chante "Les prénoms" de Jacques Brel et "Le temps des cerises".

Le Choeur de l'armée française chante "Les prénoms" de Jacques Brel et "Le temps des cerises".

Lecture d'un texte de Victor Hugo. Le lendemain de la proclamation de la IIIe République le 4 septembre 1870 par Léon Gambetta, Victor Hugo revient de dix-neuf ans d’exil et prononce ce discours à l’adresse de la foule de Parisiens qui l’attendaient.

Lecture d'un texte de Victor Hugo. Le lendemain de la proclamation de la IIIe République le 4 septembre 1870 par Léon Gambetta, Victor Hugo revient de dix-neuf ans d’exil et prononce ce discours à l’adresse de la foule de Parisiens qui l’attendaient.

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2016/01/10/le-texte-de-victor-hugo-lu-lors-de-l-hommage-aux-victimes-des-attentats-place-de-la-republique_4844664_4809495.html

" Les paroles me manquent pour dire à quel point m'émeut l'inexprimable accueil que me fait le généreux peuple de Paris. Citoyens, j'avais dit : Le jour où la république rentrera, je rentrerai...

L'événement du jour (10/01/16 République)

Je suis Charlie, j'étais place de la République,

Je ne suis ni Hollande, ni Valls

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 20:34

Sacrifiant à la tradition, veuillez recevoir mes meilleurs vœux pour l'année nouvelle en espérant que le monde s'acheminera non vers la paix (faut pas rêver) mais vers plus de paix, plus de respect des droits de l'homme, plus de liberté et moins de misère.

Le contenu du blog est publié simultanément de plusieurs façons pour essayer d'élargir l'audience. Vous trouverez ci-après un bilan de la diffusion sur les différents supports utilisés.


Bilan de la diffusion des articles dans « over-blog.fr » depuis sa création, le 06/04/08.

Tableau 1 : Nombre de visiteurs« uniques », nombre de page vues, d'articles publiés et de commentaires par année

Bilan annuel des blogs... 2015

Remarques

- Le nombre de « visiteurs uniques » a augmenté de façon nette par rapport aux 2 années précédentes sans atteindre le nombre de 2012. Pour les « pages vues » l’augmentation est moins importante avec un nombre d'articles sensiblement identique ces 3 dernières années.

- Chaque personne a vu, en moyenne, 1,81 pages depuis le début mais seulement 1,75 pages en 2013, 1,63 en 2014 et 1,39 en 2015. Je ne sais comment expliquer cette diminution si ce n'est que les visiteurs connaissent peut-être déjà les autres articles qui les intéressent.

- Le nombre de remarques/critiques est en nette diminution. Sont intéressantes, celles qui tournent sur la questions des « races humaines », article déjà ancien mais qui est consulté très régulièrement.

- Le nombres d'abonnés au blog est inchangé : 13. Quel est l’intérêt de cet abonnement ?
Au début, les abonnés recevaient une information à l'occasion de chaque nouvel article. Ce n'est plus le cas, semble-t-il, car Anne ne reçoit rien.
J'ai posé la questio
n à over-blog, sans réponse.
Je me suis abonné et ne reçois aucune informatio
n.

- Il n'est pas possible de connaître les articles les plus lus depuis le début du blog, seulement du mois de mars 2015 au mois de décembre 2015, inclus. Certains articles ont été regroupés en fonction du thème.

Tableau 2 – Articles les plus lus pendant la période de mars-décembre 2015

Bilan annuel des blogs... 2015

- On retrouve le même phénomène que les années précédentes, les articles les plus consultés, même anciens, concernent l'immigration et l’œuvre de Albert Camus. Mais surtout la domination de l'article sur les races humaines qui date de plus de 5 ans !

Wordpress : Tous les articles sont aussi publiés sur le blog hébergé par wordpress. Qui permettait leur traduction en 4 langues (allemand, anglais, espagnol, italien). Ces traductions étaient mauvaises et obligeaient à un énorme travail de correction avec l’aide d'Anne. Mais qui était fait rarement. De toute façon, cette possibilité a été supprimée.

La double publication a été maintenue, malgré une très faible visibilité de ce blog.

Tableau 3 – Pages vues, visiteurs, « likes » et commentaires dans wordpress..

Bilan annuel des blogs... 2015

Le nombre de visiteurs et d'articles vus est donc beaucoup plus faible que sur over-blog et ne décolle pas : environ 1 par jour.

Wordpress donne la répartition des pages vues par origine nationale des visiteurs : en 2015, France 185, États-Unis 43, Brésil 12, Royaume-Uni 11, Canada/Belgique 4, Algérie/Alemagne 2, Japon 1.

Twitter, Facebook, Linkeln : Tous les articles sont annoncés, lors de leur publication dans over-blog et dans wordpress, sur Twitter (42 abonnés), Facebook (152 amis) et Linkedln (40 relations). Pour essayer d'élargir l'audience.


Sur Twitter sont aussi publiés, au jour le jour, les « touits d'humeur (mauvaise) » (150 environ en 2 ans) qui sont ensuite republiés en fin des Revues de Presse.

Mediapart : Tous les articles, à l'exception des Revues de presse, sont aussi publiées sur le blog personnel de Mediapart, soit depuis sa création, 2 en 2014 et 30 en 2015. Le nombre de lecteurs n'est pas connu. Pour ces 32 articles, il y a eu 54 « commentaire » et 70 « recommander ».

Agoravox- Comme les années précédentes,les articles, à l'exclusion des « Revues de presse (Europe) » et de certains comptes rendus de voyage photographiques, ont été publiés sur Agoravox. Il est possible de connaître le nombre de personnes qui ont consulté ces articles.


Du 2 juin 2011 au 10 décembre 2015, 149 articles ont été publiés et vus par 194 640 personnes, en moyenne 1 306 personnes par article, allant de 376 pour « Pas de vie sans frontière » à 7 751 pour « A propos de l’Étranger d'Albert Camus ».

Cette moyenne varie d'une année à l'autre, sans tendance nette à la croissance ou à la décroissance : 1 413 lecteurs par article en 2015, 1 202 en 2014, 1 493 en 2013, 1 170 en 2012, 1 422 en 2011.

Le Cercle des Chamailleurs avait décidé de comparer le contenu de journaux allemands, anglais, espagnol, français et italiens parus le même jour, le 25/09/14. La décapitation de Hervé Gourdel, survenue le 24, en Algérie explique le nombre élevé de personnes ayant consulté cet article.

Le tableau 4 permet de voir les articles qui ont eu plus de 3 000 lecteurs, 3 portent sur des livres d'Albert Camus, 4 étaient déjà dans les 10 premiers de 2014.

Sur les 149 articles, 73 ont eu plus de 1 000 lecteurs et 8 moins de 500.

Tableau 4 – Articles ayant eu la plus forte audience sur Agoravox

Bilan annuel des blogs... 2015

Les 149 articles ont entraîné 1676 réactions soit, en moyenne, 11,2 par article. Ceux qui ont suscité le plus de réactions sont « Démocratie directe, Démocratie indirecte, Démocratie ! », (107 réactions), « Le Joly pavé du 14 juillet » (87), « Après les attentats » (86) et « L'Europe ébranlée » (59).

Publier dans Agoravox a plusieurs intérêts : Une audience incomparablement plus importante que celle des blogs personnels. Ces articles peuvent toucher des lecteurs beaucoup plus variés que ceux qui viennent su le blog. Ceci se voit à travers les réactions qui sont plus vives que les commentaires le plus souvent amicaux ou posés des blogs. Quelquefois, les réactions débordent et partent sur des aspects qui ont peu à voir avec l'article.

Conclusion

La comparaison des articles les plus lus semblent indiquer que le blog ne sort pas de la clientèle ancienne sur les questions d'immigration tandis que les lecteurs et les lectures d'Agoravox sont plus variés.

Quel que soit le support, les articles concernant les œuvres d'Albert Camus attirent beaucoup de lecteurs.

Cette année, la publication de la Revue de presse sur les questions européennes ne sera pas poursuivie.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 16:02

« Angela Merkel a réussi à remobiliser son parti. En congrès, la CDU a approuvé à une large majorité la politique menée sur la question des réfugiés. Le plafonnement de l'accueil des réfugiés, réclamé par la CSU (pendant bavarois de la CDU), n'est plus à l'ordre du jour. Merkel est pour le moment débarrassée des querelles intestines, selon les commentateurs. Ils espèrent que la dirigeante "post-nationale" fera des émules en Europe. » Eurotopics 15/12/15

"Suite à la fermeture de la centrale nucléaire d'Ignalina, les pays baltes sont reliés au système énergétique de l'ex-Union soviétique, ce qui les place dans une grande dépendance… Au début de l'année, la situation changera : le réseau lituanien sera relié à celui de Suède, Pologne, Lettonie, tandis que des lignes électriques à haute tension avec la Biélorussie et la Russie seront maintenues. Si l'on y ajoute Estlink 1 et Estlink 2, qui relient l'Estonie à la Finlande, on constatera que le réseau électrique balte est l'un des plus diversifiés d'Europe." Eurotopics Verslo žinios - Lituanie 15.12.15

La CE entend renforcer Frontex et la doter de compétences supplémentaires. Elle a proposé un projet devant le PE. A l'avenir, des interventions aux frontières extérieures de l'UE pourraient être envisagées en dépit de l'opposition potentielle des États membres concernés. Il était temps de renforcer cette agence, estiment certains éditorialistes. Cette volonté d'isolement n'est que chimère, répliquent les autres . Eurotopics 16/12/15

« L'histoire enseigne que la reconnaissance diplomatique de gouvernements extrémistes peut contribuer à les modérer. Des États parias peuvent agir en toute impunité, ils se retrouvent soumis à des contraintes une fois dans le giron du système international. Daech contrôle un territoire important, gouverne plus de dix millions de personnes, gère une administration sophistiquée et s'est presque arrogé le monopole de la violence. La seule façon pour l'Occident d'espérer obtenir un moyen crédible de contenir l'avancée de Daech : prendre acte des réalités et reconnaître l'organisation sur le plan diplomatique." Eurotopics 15.12.15 The Independent - Royaume-Uni

Revue de presse de l'ambassade de France à Rome (16/12/15):

Le Chef de la Police italienne a déclaré qu'on assiste à une diaspora des « combattants étrangers » après l’intervention de la Russie en Syrie. Ils essaient de rentrer dans leurs pays d’origine, dans la zone balkanique, peut-être 30 mille, nous ne connaissons pas tous les noms, mais nous avons la liste des italiens.» La satampa

« Deux propositions de la CE destinées à faire de l’Europe une forteresse : renforcer l’agence Frontex, avec 1500 hommes prêts à intervenir et à contrôler les frontières externes, limiter la liberté de circulation des citoyens communautaires pour permettre aux gouvernements de contrôler qui rentre dans la zone Schengen. De cette façon, nous aurons un système vraiment efficace, déclare le vice-président de la CE Timmermans. L’Italie est en retard dans la réalisation des hotspot, elle a ouvert seulement un centre d’accueil sur les six prévus. » La Stampa

« Quand on regarde les discours de Valls et de Sarkozy, il n’y a eu aucune phrase sur l’Europe. Les ‘’patriotes’’ (Marine Le Pen), les partisans du retour à la souveraineté nationale, les ennemis de la globalisation et de l’Europe, ont gagné. La question dépasse la France : l’européisme est en crise depuis 2005. Qui voudrait s’engager dans une bataille contre les patriotes devrait dire, de manière crédible, que, grâce à l’Europe, nous aurons la sécurité, plus de prospérité et de liberté. Renouveler le langage et les pratiques, arrêter de raconter des fables sur le « dépassement » des États-nations, et réécrire les traités dans un sens confédéral : peu de choses réservés au centre, tout le reste aux États, ce qui signifie redessiner les pouvoirs des institutions. Continuer comme si de rien n’était est le moyen de tout défaire, de détruite aussi ce qu’il reste de bon dans l’Europe ». Corriere della sera

« Il est regrettable que cette alliance ait été annoncée par l'Arabie saoudite, ce pays, marqué par le wahhabisme, passé maître en l'art de forger un front religieux contre l'Iran. Or, on aurait plutôt besoin de dynamiques qui mettent fin aux guerres sunnites-chiites. Alors que ces combats entre l'Iran et l'Arabie saoudite, s'intensifient sans cesse depuis 2003 et ont entraîné la déliquescence de l'Irak et de la Syrie, la solution ne peut provenir que des démocraties musulmanes de la région. » Eurotopics Star – Turquie 17.12.2015

« La politique économique allemande élargie à l'échelle de la zone euro ne ferait qu'aggraver la faible demande chronique, le chômage et cette peur du déclassement qui pousse les électeurs dans les bras des populistes de droite… Quand on pratique un nationalisme économique sourd sur le dos des autres, il ne faut pas s'étonner par la suite que ceux-ci répondent par le nationalisme. » Eurotopics Zeit Online - Allemagne 14.12.15

Revue de presse de l'ambassade de France à Rome (176/12/15):

« Renzi, stop à une Europe dirigée par l’Allemagne » - « Renzi : il faut une Europe avec plus de collégialité, moins d’austérité et plus de croissance. Les banques allemandes font affaire avec les Russes malgré les sanctions »’ (Il Messaggero), « Bras-de-fer Italie-Allemagne : Renzi ‘’plus de collégialité et stop à l’austérité » (Il Sole 24 Ore).

« Renzi a raison de hausser le ton sur le paradoxe d’une Europe absente pour trouver des réponses communes face au défi dramatique de l’immigration mais le faire contre l’Europe dirigée par un seul pays et orientée par des politiques d’austérité est un danger. La situation de l’Italie est objectivement difficile. Cela risque de nous nuire et de nous marginaliser à long terme, en absence d’une stratégie de longue haleine dont on ne voit pas de trace. Son acte d’accusation risque d’exprimer une faiblesse ». Corriere della sera

« Lutte contre Daech. Tournant en Libye : accord signé pour un gouvernement d’union nationale» : «L’accord de paix libyen a été signé hier à Skhirat, au Maroc, sous l’égide de l’ONU et grâce à l’impulsion de l’Italie. L’accord prévoit la formation d’un gouvernement d’union nationale qui va diriger le Pays jusqu’aux prochaines élections dans un an. C’est un tournant important pour mettre fin au conflit entre le gouvernement de Tripoli non reconnu et celui de Tobrouk, soutenu par la communauté internationale. » Messaggero

La Stampa « Au moment où Marine Le Pen twittait les photos d’exactions de Daech, en Italie on assistait à l’accord entre PD et Mouvement 5 Étoiles... le lepénisme (et l’anti-lepénisme) sont complètement étrangers à la politique italienne... Le FN demeure un parti antisystème. Après le vote avec le PD sur les juges constitutionnels et la ‘’contamination’’ du jeu politique… ce compromis affaiblit-il ou marque-t-il une évolution du M5S comme vrai rival de Renzi et du PD vu l’effritement de la droite ? Comme on peut le voir, la France et Marine Le Pen sont bien loin de nous ».

Renzi au Financial Times « L'Europe doit être au service de 28 pays, et non d'un seul ». Il déclare la guerre à la politique d'austérité anachronique imposée par l'Allemagne, déclarent certains éditorialistes. D'autres y voient une simple posture électoraliste.
L'analyse de Renzi est pertinente Wiener Zeitung - Autriche

Trouver des alliés pour appuyer le revirement italien Il Sole 24 Ore – Italie
On compte quand même sur l'aide allemande Frankfurter Allgemeine Zeitung – Allemagne Eurotopics 23/12/15

« Il est un argument qui pourra paraître attrayant : le oui au maintien dans l'UE pourrait permettre à la GB de combler le vide politique engendré par le dysfonctionnement de la zone euro et les déboires de l'espace Schengen. La GB pourrait devenir un leader en Europe. Ce pourrait être l'opportunité diplomatique d'une génération. » Eurotopics Financial Times 21/12/15

« L'Allemagne défend ses propres intérêts commerciaux, bien que cette décision ne fasse qu'accroître la dépendance de l'UE vis-à-vis de l'énergie russe, et porte atteinte à l'Ukraine sur le plan économique. Pourtant, les ténors de la politique allemande affirment que Nord Stream 2 est une décision purement commerciale… Selon Donald Tusk, ce projet de gazoduc enfreint les règles de la politique énergétique européenne et sape le rôle de l'Ukraine en tant que pays de transit. L'Allemagne et d'autres puissances devraient se demander ce qui leur importe le plus au final : leur propre profit ou bien la diversification énergétique de l'Union ? » Eurotopics Pravda - Slovaquie 21/12/15

« Dans la Newsletter du Premier Ministre Renzi toute sa satisfaction pour l’économie italienne, pour le budget 2015 et pour les réformes approuvées et attendues longuement. Il déclare que la situation économique italienne s’améliore et que maintenant il faut penser aux unions civiles et au ‘’ius soli’’ Mais le Codacons (Association pour la défense des droits des consommateurs) freine les enthousiasmes et communique que en 2016 les dépenses des italiens augmenteront. » Revue de presse Ambassade à Rome ARTICLE, La Stampa 28/12/15

NB : l'Union civile a été adoptée en Grèce pendant notre séjour à Athènes.

Revue de presse n°181 (Europe)

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François commémore les fraternisations de 14. Avec Xavier, sans Angela. Ne pas rater l’occasion d'être petit. Europe, utilités et combines. 17/12/15

Quand les fraternisations de 1914 peuvent servir les copinages de 2015. 17/12/15

Que la déchéance passe ou non, Hollande et ceux qui la voteront n'auront ma voix ni au premier ni au second tour quel que soit l'adversaire. 26/12/15

François, sorti du bois avec Français de souche, devient le creux avec la déchéance de la nationalité. On peut craindre le pire d'ici 2017 ! 28/12/5

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Dans le cadre d'une prise de retraite progressive, commencée en 1995, la diffusion de cette Revue de presse (Europe) prend fin avec ce numéro 181.

Les sources en étaient la presse nationale et différents sites :

« Toute l'Europe » (http://www.touteleurope.eu/), « Euronews » (http://fr.euronews.com/),

« Euractiv » (http://www.euractiv.fr/sections/all/news), un abonnement gratuit à « Eurotopics » et à la Revue de presse de l'ambassade de France à Rome.

Le Blog continue.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 10:52

Durant les quatre jours passés à Athènes, au hasard des promenades, il a été facile de faire une abondante collection de peintures murales...

Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
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Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
Bref séjour à Athènes (peintures murales)
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