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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 08:09

 

Comme en 2008, riait la droite, en 2012 rit la gauche. A la suite, dans les deux cas d'une victoire aussi légère que peu transparente. Par le score, Aubry bat Copé 102 à 98. Reste à savoir si Copé est parti pour 4 années de victoires successives comme Aubry de 2008 à 2012. Toutes élections comprises, des municipales à la présidentielle. Sans oublier, la cooptation très peu démocratique de Harlem Désir à la tête du PS.


 

Tout cela prête à rire jaune devant cette « démocratie formelle », entre membres d'une même organisation. Si les deux « gros » partis respectent aussi peu leurs adhérents, comment peut-on penser qu'ils respectent ou respecteront leurs électeurs ? Si les deux clans peuvent rire, tour à tour, au dépens les uns des autres, sous les regards en direct des citoyens, comment s'étonner que le moment venu les électeurs aillent voir ailleurs ?


 

Quoi qu'il en soit, voici aujourd'hui l'UMP profondément divisée.

  • A la satisfaction, peut-être illusoire, du PS. La division peut entraîner la surenchère oppositionnelle.

  • A la satisfaction des centristes de Borloo qui espèrent profiter de l'occasion pour s'étoffer. C'est déjà le cas avec Méhaignerie mais probablement avec d'autres de moindre notoriété.

  • A la satisfaction du Front national et de ses alliés plus ou moins occultes comme Buisson ou Guillaume Peltier (passé un temps au FN) et ses amis de la Droite forte.

 

Ce résultat est une nouvelle étape dans la progression annoncée du Front national. Après avoir réussi une certaine dédiabolisation, avoir poussé Nicolas Sarkozy, puis Jean-François Copé à droitiser leur campagne, après avoir séduit, malgré cela, une partie des des électeurs et des partisans de l'UMP, voici qu'il a réussi à cliver, profondément, le parti dominant de la droite.

Il ne fait pas de doute que les uns et les autres, au sein de l'UMP, par le simple instinct de survie organisationnelle, vont multiplier les appels à l'unité, au compromis. Mais comment vont réagir les adhérents ? Question qui se pose aussi bien pour les modérés que pour les droitiers de l'UMP.


 

Jean-François Copé ne vise pas seulement la présidence de l'UMP. Avec l'UMP, il vise la présidence de la République. L'élection d'Obama a montré qu'un président pouvait être réélu malgré le chômage... et un premier mandat décevant. Grâce à la dérive droitière d'une partie des électeurs républicains qui ont fait perdre Romney.


 

Malgré son énergie, Nicolas Sarkozy a perdu sa réélection face à un candidat de gauche qui ne déclenchait pas une franche adhésion populaire. Mais Sarkozy a perdu des électeurs centristes au second tour. Au point que François Bayrou s'est prononcé pour le candidat de gauche. Que le centre s'est reconstitué autour Borloo. Que maintenant d'autres sont tentés d'abandonner le navire.


 

Après avoir tiré l'UMP vers une droite extrême décomplexée, Jean-François Copé se trouve devant une équation difficile : faire une unité impossible avec l'extrême droite ? Sous la direction de qui ? Ou après avoir assuré son autorité sur la droite dure de son parti, entreprendre de séduire les modérés ?

Son avenir national dépend aussi de l'évolution économique et sociale (chômage en particulier) du pays, et de l'état de la gauche.

 

 

Le pire n'est pas certain mais les responsabilités de François Hollande sont énormes...

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