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11 août 2022 4 11 /08 /août /2022 10:30

Anecdotes estivales

Anecdotes cueillies à l’occasion d’une itinérance détendue dans un pays surchauffé par la dérèglement climatique.

Anecdotes estivales

Dans la ville de la pipe de bruyère et de la Confrérie des maîtres-pipiers, un clin d’œil, ceci n’est pas une pipe, dans la rue, c’est parfois sous la même apparence mais d’une autre taille, une corbeille à papier…

Anecdotes estivales

Au café, sur la table voisine, des amuse-gueule paraissent appétissants mais négligés par les clientes. L’une d’entre elles qui a saisi nos regards propose : « nous ne mangeons pas de porc, profitez-en »... C’est excellent et accompagne ce moment de détente… Comme nous dégustons lentement, le cafetier vient retirer l’assiette à peine entamée… Il n’y a pas de petits bénéfices… mais notre généreuse voisine ne s’en laisse pas conter et va récupérer son bien pour le remettre à notre disposition…

La presse a beaucoup insisté sur les difficultés à trouver du personnel pour les cafés et restaurants dans une période particulièrement importante pour le chiffre d’affaires. Il n’est donc pas étonnant de voir des jeunes, étudiants ou même lycéens, assurer un service de terrasse à la place de professionnels. Il est facile de repérer ces serveurs de l’été à leur moindre professionnalisme : plateau indécis, mémoire défaillante, recherche, de table en table, du consommateur qui attend son plat… Ce manque de professionnels permet aussi de diminuer le coût du personnel. A la plonge, autre technique... l’utilisation du plastique ou du carton. Ainsi, dans un café, une jeune lycéenne propose la glace avec un cornet ou une coupelle en plastique. Ayant refusé le plastique, avec la glace dans un cornet, l’eau fraîche gracieusement servie arrive dans un « verre » en plastique et la chantilly et le café aussi
La gentillesse et le sourire feraient presque oublier le dérèglement climatique et la nécessité de faire quelque chose à tous les niveaux

Ici, la commune a mis en service, gratuitement, une navette pour gagner sans peine les hauteurs boiséesde la ville et prendre un peu d’air frais quand la poulation est assommée de chaleur. Là, contre la pollution et l’émission de gaz à effet de serre, des bus gratuits circulent en ville. Hélas, les embouteillages sont toujours importants. Il est permis d’espérer qu’avec des lignes plus adaptées (?), plus fréquentes (?), et la prise de conscience (?)...

Sur la place, au milieu des passants, des pigeons sautillent sans peur à la recherche de quelques miettes. Que des enfants, apparemment d’origine asiatique, leur proposent pour les attirer quand deux blondinets, plus turbulents et aux jeux déjà plus dominateurs, se précipitent eux pour les faire fuir… Deux arts de vivre, déjà...

Anecdotes estivales

La seule Marianne noire (photo), qui date d’avril 1848, nous a attiré dans le musée de la Résistance et de la déportation enrichi, temporairement, d’une exposition sur Joséphine Baker. Correspondances, Marianne noire, Résistance, Joséphine Baker… L’entrée est gratuite, n’est demandé que le département d’origine du visiteur. Mais l’interconnexion, non sollicitée, par les téléphones dits intelligents permet d’enquêter, quelques heures après la visite, sur le degré de satisfaction du visiteur du musée, comme du client du glacier de la ville voisineOppositions. Le musée de la résistance, hôte permanent de la Marianne noire et d’une exposition temporaire exemplaire, participe comme le commerçant à la mise en place des filets de la société de surveillance, dans l’indifférence générale, semble-t-il...

Fuyant, ici, le Tour de France masculin et ses stars, interdits de séjour, là, par le Tour de France féminin et ses futures stars, aucune chambre d’hôtel libre dans les environs, mais bien accueillis par les pharaons superstars du Mucem et la belle Cléopâtre, inoubliée depuis des siècles.

Les ehpad ont fait récemment la une des journaux. Ils ne sont pas que des lieux d’exploitation de personnes âgées. A l’entrée, un banc peut même esquisser un moment d’humanitéFaut-il cantonner la tendresse au bord de l’ehpad...

Anecdotes estivales

La chaleur de lété libère les corps et les tatous, dans la rue et sur la plage où les monokinis et les burkinis se font aussi rares. Et la lavande des champs, énervée par les rayons brûlants du soleil, qui embaume jusque sur la route. Si vous sentez son parfum, en regardant l’image, votre imagination a déjà vaincu les premiers symptômes de la covid

Anecdotes estivales
Anecdotes estivales
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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 00:10
Pour un suffrage réellement universel

Dans le cycle électoral qui s’achève dimanche, le nombre croissant d’abstentionnistes, majoritaires (52,5%), a été soulignée auxquels il faudrait ajouter les bulletins blancs ou nuls (10,5%) et les personnes non inscrites sur les listes électorales par volonté, négligence ou difficultés diverses. Dans cette démocratie représentative, les élus sont de moins en moins représentatifs de la population dans sa diversité.

De plus, est oublié le nombre de personnes, légalement exclues d’un suffrage dit universel : les personnes étrangères qui étudient, travaillent, résident, vivent en France sans avoir la nationalité française.

Elles sont cependant très présentes dans les discours de certains, à la Reconquête de quelques voix, heureusement peu fructueuse. Elles subissent comme tout un chacun, les conséquences de la politique suivie au niveau local ou national.

La force de l’Europe, de l’Union européenne (UE), est dans son mode de vie, son niveau de liberté, d’égalité, de démocratie qui fascinent nombre de peuples et inquiètent les dictateurs. Même si liberté, égalité, démocratie paraissent relatives à beaucoup de ceux qui en bénéficient. Car elles nécessitent encore d’être étendues.

Les États de l’UE proclament ces valeurs communes. Ils reconnaissent l’égalité juridique des États, beaucoup moins celle des résidents ou même des citoyens.

Ils ont institué une citoyenneté de l’Union européenne qui permet, entre autres, à un ressortissant d’un État membre de l’UE résidant dans un État dont il n’a pas la nationalité de jouir du droit de vote et d’éligibilité aux seules élections municipales et européennes. Ce (demi) citoyen est exclu de toute participation aux autres élections, locales et nationales.

C’est le cas des étudiants européens, Erasmus ou autres, encouragés à se former dans un pays membre de l’Union dont ils n’ont pas la nationalité. C’est aussi le cas des travailleurs de l’UE qui n’ont pas la nationalité du pays dans lequel ils ont leurs activité et dont ils font tourner l’économie. Ils ne jouissent que de droits restreints, en particulier politiques quand ils passent de leur pays de l’Union dans un autre pays de l’Union.

Les droits sont encore plus réduits quand les étudiants ou les travailleurs viennent d’un pays tiers. Leur participation politique, limitée, varie d’un État de l’Union à l’autre.

Étrangement, les combattants de la liberté, citoyens quand ils se battent contre une dictature dans leur pays, quelquefois soutenus par l’UE ou des États de l’UE, sont réduits au statut de réfugiés plus ou moins bien accueillis quand ils entrent dans l’Union. Dégradés dans leur citoyenneté par le passage d’une frontière, vers la liberté !

Face à de telles inégalités, toutes les personnes vivant sur le territoire de l’Union européenne, citoyens ou résidents, doivent s’unir pour l’égalité de tous, pour démocratiser la démocratie, pour un suffrage réellement universel, pour reconnaître à chacun, sur le territoire de l’Union, la clause du citoyen le plus favorisé.

Version légèrement modifiée parue dans La Lettre de la citoyenneté  n° 170, 2e Trimestre 2022

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 08:44

11/05/22 : Les organisations de Nupes ont signé un accord de programme sur les sujets où il n'y avait pas pas d'accord au départ. Et "oublié" le droit de vote et d'éligibilité des résidents étrangers non communautaires aux élections locales qui est dans le programme de chaque composante !!

25/04/22 : Le président, le plus méprisant, le plus violent depuis la guerre d’Algérie, élu par la peur. Européiste élu par les eurosceptiques. Centriste, renforce extrêmes gauche/droite. Anti-séparatiste, réintégre des musulmans en banlieue rouge abandonnée par socialistes, communistes.

20/04/22 : Après l'annonce de la réélection de Macron,sur un programme récemment écologisé, manifestations enthousiastes de jeunes dans les rues, dimanche soir et dans les jours qui suivront.

20/04/22 : Macron, l'écologiste, annonce ce soir son projet : Premier ministre, Mélenchon, chargé de la planification écologique : décroissance, 2 personnalités éfficaces, Pécresse et Hidalgo : séparatisme et agriculture, Roussel, alimentation des banlieues en rouge et en viande saignante.

17/04/22 : Les personnes qui n'ont pas voulu voter utile contre Le Pen au premier tour appellent à voter utile contre Le Pen au second tour ! Logique ? Merci.

07/03/ 22 : IGAS/IGF et Les Fossoyeurs dénoncent Orpea : important manque de personnel formé, carences dans l’alimentation des résidents. Le gouvernement veut poursuivre et demander le remboursement de « plusieurs millions d’euros ».

Autre économie : Kinsey remplacé par V.Castanet (22,9€).

28/02/22 : Bayrou, discret Haut commissaire au plan, fait parler de lui. Grand démocrate, il propose de créer un fonds commun de parrainage de candidats. Il accorde le sien à Le Pen, affaiblit Pécresse aux abois. Suivez-moi et pensez à Zemmour. Bayrou, grand démocrate et macronien fidèle !

02/01/22 : L'entente écologique franco-allemande : tu me permets le gaz de Russie, je te permet le nucléaire...

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 16:25
Abattre les statues, revoir le récit national...

Abattre les statues, revoir le récit national...

Depuis quelque temps, des contestataires s’en prennent aux statues de personnalités qui ne mériteraient pas un hommage public… Classiquement, ce sont des régimes nouvellement installées qui veulent faire table rase du passé. L’événement récent le plus célèbre est la destruction des Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan par les Talibans en 2001.

En France, en 1792, la Révolution ne veut pas laisser plus longtemps sous les yeux du peuple français les monuments élevés à l’orgueil, au préjugé et à la tyrannie... et en 1793 engage la destruction de tous les emblèmes de la royauté… monument et inscription ou emblème en bronze pour les transformer en bouches à feu…

Le gouvernement de Vichy de 1941 à 1944 récupère, pour l’industrie de l’armement allemande, les métaux des statues de certains figures républicaines peu appréciées de la Révolution nationale. En préservant les figures des saints, rois, reines et les monuments aux morts… Environ 1 700 statues furent détruites sur ordre de Vichy, plus de cent pour la capitale.

Les nouveaux iconoclastes s’attaquent à des statues de personnages officiellement honorés mais dont le comportement historique ne coïncide pas toujours avec les valeurs proclamées de la République.

Ce rappel historique bouscule parfois le récit que nous avons biberonné à l’école qui faisait de la France, de nous, les champions des droits de l’homme et de l’émancipation des peuples. Même si la guerre d’Algérie a ouvert un peu les yeux de ceux d’entre nous qui l’ont vécue. Mais que beaucoup veulent toujours ignorer.

Cette relecture du passé qui pointe à l’occasion du soixantième anniversaire de la paix avec l’Algérie, ne concerne pas que la guerre d’Algérie et devrait permettre la réintégration dans l’histoire d’une partie significative des Français qui se sentent un peu à l’écart.

C’est possible si on admet qu’il n’y a pas de peuple élu, que le peuple n’a pas une pensée unique, qu’il est traversé d’intérêts divers, qu’il y a des moments différents, des histoires diverses, des aptitudes à comprendre qui changent, des oublis intéressés, des résistances qui n’ont pas été entendues… Que l’histoire doit faire le tri, établir la part des choses.

Souvenir d’un bref échange avec un membre du Conseil de rédaction de Migration Société :
- C’est quoi pour toi 1848 ?

- La proclamation du suffrage universel.
- Pour moi, c’est la suppression de l’esclavage.

Il était d’origine sénégalaise et bien sûr de culture française et sénégalaise...

Tout est là. Nous savions l’un et l’autre. Nous avions un récit historique commun mais perçu différemment : l’instauration du suffrage universel et la seconde abolition de l’esclavage ont eu lieu, toutes deux, en 1848. Et ce n’est pas un hasard. Comme ce n’est pas un hasard si la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen et la première abolition de l’esclavage en France ont eu lieu au moment de la Révolution...

Dans mon esprit, abolition de l’esclavage par Victor Schœlcher. Et les jeunes d’aujourd’hui déboulonnent la statue de Schœlcher pour dire que la suppression de l’esclavage n’est pas due à un humaniste blanc de 44 ans mais aux révoltes des personnes réduites en esclavage. Ce que mon récit historique incomplet ignorait, avait oublié ou mis au second plan.

Déboulonner Schœlcher me choque. Oublier ou minorer les révoltes est tout aussi choquant. L’abolition est le fruit des révoltes de ceux qui en étaient victimes et de la lutte des antiesclavagistes. Peut-être aussi de divergences politico-économiques à d’autres niveaux.
L’esclavage a touché des millions de personnes pendant des dizaine d’années, leur souffrance ne peut être discrètement oubliée par l’histoire officielle et, encore moins, par leurs descendants. Qui en demandent la reconnaissance pour faire pleinement nation. Sans oublier les bénéfices que d’autres en ont tiré et sur lesquels repose une partie, non dite, de la prospérité française.

Le travail fait à Nantes est de ce point de vue une exception en France : le rappel du lien entre la prospérité de Nantes et son rôle éminent dans le commerce triangulaire dont témoigne encore l’île Feydeau, quartier aménagé au XVIIIème siècle pour les hôtels des armateurs...

Mais si Nantes se souvient de l’origine d’une partie de sa richesse, qui se souvient du financement du Palais de l’Élysée occupé par Louis-Napoléon Bonaparte, premier président de la République élu au suffrage universel en 1848, et devenu officiellement la résidence des présidents de la République française par la loi du 22 janvier 1879…

 Pourtant ce palais a été construit avec l’argent que l’homme le plus riche de France au début du XVIIIème, Antoine Crozat, dont sa Compagnie de Guinée avait « pour mission d’acheminer du port de Nantes, le plus grand nombre possible d’esclaves noirs vers Saint-Domingue et de remplacer sur l’île, le tabac par le sucre ». Ce qui lui permet de marier sa fille de 12 ans à Louis-Henri de la Tour d’Auvergne, le comte d’Évreux. Qui utilisera la dot pour faire construire le Palais. Ce palais passe de main en main, devient la propriété de la Marquise de Pompadour, des graffitis ont orné ses murs (maison de la putain du roi) et de biens d’autres ce qui fait dire au Général de Gaulle que l'Élysée devient « palais de la main gauche, palais à femmes » avant sa républicaine promotion.

Le combat pour l’abolition de l’esclavage commence avec la rébellion des esclaves de Saint Domingue en 1791 suivi par le gouvernement révolutionnaire qui y proclame l'abolition en août 1793. Avant d’être étendue par la Convention aux autres colonies par le décret du 4 février 1794. L’abolition de l’esclavage fait partie du grand vent de la Révolution de 1789 pour libérer l’homme de toutes les contrainte… Mais, il est rétabli en 1802 par Napoléon et ce n’est pas le seul pas en arrière...

Il faut attendre 1848 pour que l’abolition soit rétablie et le suffrage universel instauré. Avec indemnisation des colons pour la perte de leurs biens comme au Royaume-Uni en 1838. Les esclaves sont un bien ! Tandis que le gouvernement refuse d’indemniser les esclaves libérés pour les années de privation de leurs droits humains. Ce que certains reprochent à Schœlcher.

En Martinique et en Guadeloupe, la tension sociale est telle que les gouverneurs des deux îles proclament l'abolition avant l’arrivée des commissaires avec les décrets...
L’abolition de l’esclavage est bien le fait de la lutte des uns et des autres. Et cela n’enlève rien au mérite de Victor Schœlcher.

Ce n’est là qu’une vue moderne et franco-centrique de l’abolition de l’esclavage. De multiples étapes de l’abolition avec de nombreuses rechutes dans le temps et dans l’espace. Depuis le VIIème siècle avec la reine Bathilde, captive des corsaires, revendue, devenue reine de France qui interdit l'esclavage, jusqu’au Niger en 1999 avec une poussée importante en Europe au XVIIIème siècle… Amériques, États-Unis, Brésil 1888, traite orientale, traite arabe, traite intra-africaine...

Avec la statue de Colbert au Palais Bourbon, les choses sont différentes. Elle rend hommage à Jean-Baptiste Colbert, grand commis de l’État du monarque absolu, Louis XIV, inspirateur d’une politique économique à laquelle son nom est attaché, le colbertisme. Mais Colbert est aussi responsable de la mise en forme du « Code noir » fondé sur les pratiques des tribunaux et des notables coloniaux… Peut-être innovateur en politique économique, simple copiste des mœurs coloniales de son époque qu’il entérine.

Sa présence dans les palais de la République n’est pas totalement indispensable et mériterait, pour le moins, une mise au point.

Un pas important a été franchi avec la loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’Humanité et dans les actions qui ont conduit à faire du 10 mai, la Journée Nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage et du 23 mai, la Journée Nationale en hommage aux victimes de l’esclavage. Un nouveau pas pourrait être la création d'un mémorial national de l’esclavage au jardin des Tuileries à Paris portant l’inscription des 200 000 noms d’esclaves affranchis comme le demandent depuis plus de vingt ans des citoyens français, descendants d’esclaves, dont la marche fondatrice du 23 mai 1998 avait réuni plus de 40 000 personnes à Paris...

Les nouveaux iconoclastes ne veulent pas toujours effacer mais rétablir la vérité, la complexité de l’histoire en s’attaquant à des noms de rue, à des monuments tellement banalisés qu’ils ont perdu toute signification pour beaucoup. Mais qui ne sont pas, en l’état, à leur place.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Abattre les statues, revoir le récit national...
Abattre les statues, revoir le récit national...
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24 mars 2022 4 24 /03 /mars /2022 17:36
Affrontement d'empires

Les information sont disponibles pour tous, les rapports sont publiés régulièrement, les gouvernements savent, signent des conventions, font des déclarations, tergiversent et remettent au lendemain ce qu’ils auraient dû faire la veille.
Les populations, informées, subissent, manifestent.

Inexorablement, la température monte, les glaces fondent, les perturbations climatiques s’exacerbent. Jusqu’à l’irréversibilité, à la catastrophe ?
Les inégalités augmentent entre les nations, à l’intérieur des nations, accentuées par les crises climatiques, sanitaires, politiques. Jusqu’à l’explosion ?

Des fous continuent à danser sur le volcan. Certains accumulent et préparent leur évasion, sur une île déserte ou extraterrestre, pour échapper au destin collectif. D’aucuns cherchent noise à des voisins de pallier ou de continent. Beaucoup pensent plus à s’entre-tuer qu’à se sauver ensemble.

Combien, acculés, survivent sur place ou changent de région, de pays, de continent et se retrouvent, pour la plupart, toujours acculés et devenus différents. Sans espoir, même illusoire, de changement.

Car les puissances qui dominent le monde sont faites de la même farine,le capitalisme, libre ou administré !Chacune se ditau service de son peuple, de sa nation, d’une certaine classe moyenne, plus ou moins homogène, et profite aux plus favorisés. Peu importe les dégâts pour la planète. Elles sont aussi impérialistes mais sous des formes différentes. Pour le moment.

Les États-Unis ont imposé leur population, leurs frontières et leur système par le feu et leur hégémonie sur le reste du monde par leur puissance militaire, matérielle, culturelle, illustrée aujourd’hui par la domination de son industrie numérique. Encore accentuée par l’extension des domaines de la compétence universelle de leur législation… notamment à l’utilisation du dollar.

Ils ont vaincu, sans affrontement militaire direct, l’impérialisme soviétique entraîné dans la course militaire aux étoiles. Espèrent-ils la même issue, profitant de l’aventure dans laquelle Poutine a engagé la Russie en Ukraine.
Toujours est-il qu’à l’occasion de l’implosion (effondrement central) de l’URSS et après la dissolution du pacte de Varsovie, un certain nombre de pays en ont profité pour s’affranchir de la Russie et s’intégrer, en ordre dispersé, entre 1999 et 2020. à l’UE et se placer sous la protection de l’Alliance atlantique face à l’URSS et maintenue, malgré sa disparition, face à la Russie.
Ce dont ces nouveaux adhérents se félicitent aujourd’hui.

La Russie, en continuité avec la Russie tsariste et la Russie soviétique veut se maintenir comme la deuxième puissance impériale. Avec la même volonté de s’élargir et surtout d’accéder à la mer libre. Croyant son moment de faiblesse passé, la nouvelle Russie a repris la politique de toujours. D’où les différentes interventions à ses frontières pour reconquérir son espace perdu. Non pour établir le communisme mais élargir son empire, capitaliste, administré, autoritaire…
Jusqu’à un affrontement indirect avec l’Otan et l’Europe avec son invasion en Ukraine.

Ces deux pôles n’ont plus la force d’antan.
La Russie a perdu des marches et rencontre une résistance militaire qu’elle n’attendait peut-être pas, dans sa volonté de reconquête Elle veut mettre en place, directement ou indirectement, de gré ou de force, des potentats locaux. En Ukraine, l’opération semble difficile, politiquement et militairement. A cause de la résistance ukrainienne face à une armée russe (auto-surestimée?), à cause de l’Otan, à cause de la réaction de l’Union européenne et des pays de l’est de l’Europe qui ont déjà donné pendant plus de 30 ans.

L’Ukraine sera détruite puis partagée. Et la Russie crainte mais haïe à l’orée des pays limitrophes.

Les États-Unis ont, de leur côté, perdu une partie de leur domination éclatante, militairement et en direct, au Vietnam, au Proche-Orient, en Afghanistan.
Croyant la Russie hors-jeu et l’Europe stabilisée pour un certain temps, depuis deux présidents, ils voulaient redéployer leur emprise en Asie face à la force montante de la Chine. Les voici confrontés avec la Russie de façon aiguë en Europe. Et toujours préoccupés par la Chine.
Les deux États, affaiblis, États-Unis et Russie, s’affrontent pendant que la Chine, courtisée par les deux, progresse inexorablement.

La Chine est, tout aussi capitaliste que les deux autres, tout aussi autoritaire que la Russie et contrôle, en plus, énergiquement ses oligarques. Elle maintient son ordre avec vigueur, à l’intérieur de ce qu’elle considère comme son espace, au Tibet et au Xinjian notamment. Par ailleurs, après avoir récupéré Hong-Kong, Macao sans guerre, elle affirme toujours sa souveraineté sur Taïwan (la 23ème province), sur quelques territoires frontaliers avec l’Inde et quelques îlots disputés à des États voisins. Mais se garde, à ce jour, de toute entreprise militaire.
Le fruit tombera à maturité. Le temps joue en faveur de sa puissance montante.

Elle est membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu, dispose de l’arme nucléaire et de la plus grande armée du monde en effectif, du deuxième budget militaire . Avec sa nombreuse population, elle est l’atelier du monde et un marché très important pour aujourd’hui et pour demain... En 2021, elle est devenue la première puissance dans le lancement de fusées, 38 % des lancements dans le monde et selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, le pays déposant le plus de brevets en 2011...
Au troisième ou deuxième rang, elle aspire au premier. Ce qui ne paraît pas improbable. La Chine s’est réveillée. Quant à son expansion mondiale, elle se fait, pour le moment de façon douce, les multiples routes de la soie, aides, prêts, investissements… Si certains pays prennent conscience de sa forme d’impérialisme, elle est loin de susciter le même rejet que les puissances occidentales.

L’Union européenne se confond de plus en plus avec l’Europe est par son économie une puissance mondiale, tout aussi capitaliste que les précédentes, concurrence libre et non faussée. Elleest handicapée par son passé colonial et son présent néo-colonial. Par sa division politique, sa faiblesse militaire et son intégration à l’Otan, dominée par les États-Unis dont elle n’est qu’une force auxiliaire...

L’épidémie de Covid, de l’invasion de l’Ukraine peuvent contribuer à son évolution vers la prise de conscience d’une nécessaire union plus étroite et plus musclée devant les préoccupations surtout asiatiques des États-Unis, déclarées par les deux derniers présidents étasuniens.

Les États-Unis voient dans la Chine l’adversaire principal et poussent l’Europe à contenir la Russie avec une Otan, peut-être, un peu moins déséquilibrée.

Reste que cette politique d’affrontement plus ou moins équilibré des impérialisme néglige la plus grande partie de la population mondiale et ses problèmes. Après les querelles nationalistes européennes qui ont entraîné deux guerres mondiales au XXème siècle, que réserve le choc d’empires bien plus puissants ?

Lors du vote de l’Assemblée générale des Nations-Unies sur l’invasion de l’Ukraine, les Occidentaux ont obtenu que 141 pays sur 193 approuvent une résolution qui exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine..., le retrait immédiat des troupes russes actuellement déployées en Ukraine. Seuls cinq États ont voté contre, tous pays éminemment démocratiques : Russie, Biélorussie, Corée du Nord, Érythrée et Syrie. Ce qui a permis à certains de parler de victoire massive, oubliant les 35 États qui se sont abstenus, États, essentiellement asiatiques dont la Chine et l’Inde et africains (16). Auxquels il faut ajouter les 12 (8 africains) qui n’ont pas pris part au vote.

Ce qui traduit une baisse de l’influence, notamment française, sur les États post-coloniaux.

Cette minorité d’États qui n’ont pas approuvé la résolution représentent plus de la moitié de la population mondiale. En 1955 déjà, la conférence de Bandung, avait réuni 29 pays qui se voulaient non-alignés mais nombre de pays aujourd’hui membres de l’Onu étaient alors colonisés.

Mais le non-alignement ne s’incarne pas aujourd’hui dans une même politique. Pour la Chine, l’abstention lui permet de confirmer sa politique de respect des frontières tout en gardant ses relations avec la Russie et son opposition aux États-Unis. Pour la plupart des autres abstentionnistes, c’est surtout récuser tout alignement sur l’Occident.

Alors que la crise climatique s’aggrave et que les États ne trouvent pas les moyens nécessaires pour mettre en application les résolutions insuffisantes qu’ils ont votées, alors que partout les inégalités croissent accentuées par les politiques économiques, les vannes sont ouvertes pour les budgets militaires et la guerre.
 

Le prix risque d’en être élevé pour les peuples.

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 10:52
Ceci n'est pas un meurtre...

 

Mais c’est un Maigret adapté au cinéma par Patrice Leconte.

Un roman, un film policier est le plus souvent une histoire qui débute par la découverte d’un meurtre suivi d’une enquête policière cherchant à découvrir les coupables de cet acte criminel. Encore faut-il d’abord établir les faits avant d’engager lecteur ou spectateur dans de multiples impasses plus ou moins angoissantes.

Dans le prologue de Maigret, c’est le Commissaire qui est inquiet de son état de santé, marqué par une fatigue excessive, un manque d’appétit… heureusement sans cause ni conséquence si ce n’est une inutile interdiction médicale de fumer par son médecin. Et le Commissaire est appelé à une nouvelle enquête à propos de la découverte du corps d’une jeune femme lardé de coups de couteau signalé à la police par une alerte téléphonique anonyme.

Le film de lumière et d’ombre. La lumière de Paris ou plutôt le mirage de Paris qui attire les jeunes femmes de province, prêtes à beaucoup, pour se faire une place dans le cinéma ou le beau monde. Mais Paris n’est qu’un aquarium illuminé dans un bureau obscur, un endroit où le nouveau poisson exotique aura une place s’il n’est pas mangé par les premiers occupants.
Le Paris du Commissaire est tout autre :
un Paris fait de maisons sombres, de bureaux occupés par des hommes vêtus de noir, de rues tout aussi banales et grisâtres, de longs couloirs sans lumière, même le bord de Seine n’est qu’un couloir pavé : le Commissaire évoque pour une jeune femme qui va l’aider dans sa recherche, une de ses premières enquêtes commencée par la découverte d’un corps en très mauvais état retrouvé au pilier du pont…

Le contraste est fort entre la clarté des images fugitives des jeunes et joyeuses candidates figurantes, des riches fiançailles ou du mariage bourgeois, de l’aquarium et le monde du Commissaire triste et sombre, de son domicile, de son bureau… et des nombreux couloirs qu’il arpente. Contraste encore entre la jeune femme luxueusement vêtue, pour un jeu de rôle, cornaquée par le Commissaire qui lui donne des conseils pour marcher dans le couloir sombre de sa chambre, tous deux aperçus par une logeuse, elle aussi habillée de noir au regard soupçonneux pour ce couple équivoque.
De tous, le personnages dominant est bien sûr le Commissaire, par son rôle, par sa forte corpulence, par l’énormité de Gérard Depardieu encore accentuée par l’importance de ses épais vêtements, de son manteau. Il écrase tout et tout le monde, surtout de dos, dans la rue.

Dans l’épilogue, le film policier est terminé. Deux séquences hors enquête : dans la première, un bal, une jeune femme qui ressemble étrangement à la victime, seule, triste perdue ; dans la seconde, le Commissaire remonte difficilement une rue pentue, déserte et grise, croise une belle jeune femme, souriante, conquérante qui, probablement, débarque de sa province, avec sa valise... la nouvelle vient tenter sa chance dans l’aquarium parisien.
Le monde continue. Le commissaire se retourne, la regarde, reprend lourdement son chemin et son énormité disparaît, s’évanouit, laissant la rue pavée, grise et vide.

Ceci n'est pas un meurtre...
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25 octobre 2021 1 25 /10 /octobre /2021 14:41
Le voyage à Nantes (2021)

Le Voyage à Nantes est depuis 2012, un musée urbain, en intérieur et en extérieur, avec expositions permanentes et temporaires. Il suffit de suivre la « ligne verte », tracée sur le sol, et d’avoir de bonnes jambes, pour en parcourant Nantes (et les environs) découvrir, gratuitement, une cinquantaine d’œuvres temporaires ou pérennes dispersées dans la ville. En plus des expositions temporaires organisées dans certains musées.

Dans ce parcours, on retrouvait bien sûr, les lieux emblématiques que sont le Château des ducs de Bretagne, cette année avec une remarquable exposition du Béninois Romuald Hazoumé, le Mémorial de l’Abolition de l’Esclavage, les Machines de l’Île et son fameux éléphant qui arrose les curieux ravis…, le Jardin des Plantes qui propose ses taupières et autres fantaisies,  le Passage Pommeraie… Des installations des années précédentes qui font désormais partie du décor urbain. Qui sera enrichi par certaines des nouvelles œuvres mises en place cette année

Les quelques images ci-après donnent une petite idée de la richesse du parcours avec une mention particulière pour l’œuvre, réaliste et poétique, du Yoruba universel, le Béninois Romuald Hazoumé.

En parcourant la ville, on peut revoir des sites anciens, en découvrir quelques uns ignorés lors des années précédentes , en plus de la nouvelle cuvée...

 

Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)

 

Le Jardin des plantes continue à s’offrir et à se renouveler…

Le voyage à Nantes (2021)Le voyage à Nantes (2021)Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)Le voyage à Nantes (2021)Le voyage à Nantes (2021)

De nombreux commerçants participent au Voyage à Nantes avec  de belles et otiginales enseignes...

 

Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)

Des expositions temporaires participent au Voyage à Nantes, certaines dans les musées...

Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)

Le clou, à nos yeux, est l’exposition de l’artiste béninois Romuald Hazoumé dans le Château des Ducs de Bretagne, quelques unes visibles, gratuitement, dans la cour du château, d’autres disposées dans le musée. Qui fait le lien entre un certain passé de Nantes et des événements actuels...

 

Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
Le voyage à Nantes (2021)
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Le voyage à Nantes (2021)
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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 10:03

 

De l’utilisation DU procès

 

Le procès des terroristes du Bataclan a commencé depuis quelques jours, il va durer 9 mois. C’est un procès normal et hors norme. C’est un procès normal. Dans la mesure où, en démocratie, quand il y a crime, quelle que soit sa nature, il doit y avoir procès et procès public. Ouvert à toute la presse.
Grande différence avec les détenus de Guantanamo, condamnés au secret, torturés, détenus pendant des années… et libérés. Le tout, sans procès !

 

Au delà du procès et de la justice qui sont dus aux très nombreuses victimes, plus de 600 dont 131 morts à Paris et à Saint-Denis, il y a un enjeu politique. Qui va courir tout au long du procès et qui est déjà apparu dans les déclarations de Salah Abdeslam, l’unique djihadiste vivant des attentats du 13 novembre 2015.

Lors de ses premières prises de parole, Salah Abdeslam a donné une idée sinon de sa défense, du moins de sa volonté de donner un sens, de justifier la tuerie à laquelle il a voulu participer. Elles ont été largement reproduites dans la presse leur donnant l’importante diffusion recherchée par son auteur. Elles ont aussi donné cours, en riposte, à des commentaires qui relevaient la provocation, témoignaient de l’indignation et, dans quelques cas, en montraient l’inexactitude.
Toutes réactions qui donnaient satisfaction à l’immense majorité de la population toutes classes, religions, origines confondues.

 

Mais cette indignation peut-elle émouvoir les sympathisants des djihadistes auxquels Salah Abdeslam s’adresse ? Car, c’est surtout eux qu’il faut toucher, faire douter, évoluer éventuellement. Ce n’est pas facile, c’est peut-être impossible mais c’est la question centrale que chacun doit se poser avant de faire une déclaration.

 

Lors de sa première déclaration, au lieu de se présenter, Salah Abdeslam proclame : « Tout d’abord, je tiens à témoigner qu’il n’y a pas de divinité à part Allah et que Mohamed est son messager ».
Une provocation ? Simplement, Salah Abdeslam répète la profession de foi de tous les musulmans. Avant toute procédure, il cherche à placer, à engager tous les musulmans derrière lui, il tient à dire que le seul jugement qui compte est celui d’Allah. Qu’il est en dehors d’une procédure qu’il conteste.

Le nom de son père, de sa mère n’ont rien à voir ici, ni son métier et il poursuit en disant avoir « délaissé (sa) profession pour devenir un combattant de l’État islamique ». Affirmant par là que ce tribunal n’est pas apte à le juger.

Il conteste les mots « de terrorisme et de radicalisme. Ces termes créent la confusion. En réalité, il ne s'agit que d'islam authentique. Ces gens-là sont des musulmans. »
Au delà du tribunal et de l’assistance, il s’adresse à tous ceux qui se croient, se disent musulmans, pour leur faire sentir que les djihadistes, les combattants de l’État islamiques sont les seuls vrais musulmans.
En parlant de sa détention, « ça fait plus de six ans qu’on me traite comme un chien et je dis rien parce que je sais qu’après la mort je serai ressuscité. Et vous aussi vous devrez rendre des comptes, » non pour se plaindre, non pour revendiquer mais pour faire prendre conscience que chacun, un jour, devra rendre des comptes : juges, gardiens de prison… et même mauvais musulmans.

 

Il veut ensuite justifier l’action du commando auquel il a participé : « Bonjour à tous. Par quoi commencer ? On a combattu la France, on a visé la France, on a attaqué des civils, mais on n'a rien de personnel contre ces gens-là... Les bombes qui visent l'État islamique ne font pas de distinction entre les hommes, les femmes et les enfants. On a voulu que la France subisse la même douleur que nous subissons. »

S’en prendre à la France comme la France bombarde. Mais ce n’est pas la France qu’ils ont assassiné mais des gens paisibles qui étaient au Bataclan ou à la terrasse de cafés contre lesquels ils n’avaient rien de personnel. Qui n’avaient aucune responsabilité dans ce qu’a fait la France.

 

Pour terminer ces pénibles déclarations pour les victimes et leur famille : « Le minimum, c'est de dire la vérité, on dit souvent que je suis provocateur, mais ce n'est pas vrai, je veux être sincère... le but n'est pas de blesser. »

« Le but n’est pas de blesser. » C’est déjà fait et largement. C’est peut-être là qu’il est le plus provocateur et le plus sincère. Car blessés dans leur corps, dans la blessure ou la mort de leurs proches… ceux qui l’entendent le sont profondément et à jamais. Mais ces déclarations ne sont que, par circonstance, à l’adresse des gouvernants, des politiques, du peuple français, de la salle du tribunal, des victimes, elles s’adressent à ceux qu’il espère faire basculer dans ce qu’il appelle l’islam authentique…

 

S’indigner de ces déclarations est peut-être nécessaire pour conforter les victimes et l’immense majorité de la population mais avec quel effet sur ses sympathisants ?

Pour démonter son argumentation, certains ont rappelé que la décision de frapper par attentats des Français était antérieure à l’intervention française au Proche-Orient. Mais est-elle audible ?

Avant ou après les attentats, la France est responsable par ses interventions militaires, ici ou là, de multiples blessures ou morts. La France, le gouvernement de la France, non les spectateurs du Bataclan ou les personnes qui avaient la malchance de se trouver au mauvais momentDes personnes dont certaines s’étaient peut-être exprimées contre la politique de la France. Dont quelques unes n’étaient pas françaises !
Tandis que les meurtriers n’étaient pas l’État islamique
mais des individus, responsables de leurs actes, qui étaient allés au Proche-Orient pour s’entraîner et étaient revenus en France pour tuer. Ces actes ont été commandités par d’autres mais commis par eux, volontairement. Ils ont insulté et tué ou blessé directement des personnes qu’ils ne connaissaient pas et qui n’avaient blessé ou tué personne… Et ils sont morts volontairement pour faire cela.
Quelles est le rôle et la responsabilité des victimes ? Quel est le rôle et la responsabilité des membres de ce commando ?


Salah Abdeslam, heureusement pour les spectateurs de Saint-Denis, ne s’est pas fait exploser mais s’est enfui, s’est caché. Pourquoi a-t-il reculé devant un acte qu’il approuve, dont il pense qu’il lui ouvre les portes du paradis ? A-t-il pensé à la monstruosité de ce qu’il allait faire ? Il ne le semble pas d’après ses propos. A-t-il simplement eu peur et s’est-il dérobé à la mission qui lui avait été confiée et qu’il avait acceptée ou même sollicitée ?

Étant donnée sa situation maintenant, sachant qu’il ne risque pas la peine de mort, qu’il sera probablement condamné à une longue peine, comment échapper à la honte de la défaillance et retrouver l’estime de ceux qui lui avaient fait confiance et de ceux qui le regardaient favorablement ? Si ce n’est en construisant l’image de celui qu’il n’a pas eu le courage d’être ?

 

C’est l’image de ce qu’il veut paraître et qu’il n’a pas été qu’il faut détruire. La sienne et celle de ceux qui tuent ou veulent tuer des personnes, croyantes ou non, bonnes ou moins bonnes comme tout un chacun mais qui ne sont coupables de rien de ce dont on les accuse.

 

Entreprise difficile. Peut-être impossible. Toute parole quelle qu’elle soit contribue-t-elle à la construction du personnage ?
Faut-il répondre seulement par le silence ?

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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 05:28
Élections locales et spéculations nationales

 

Élections locales et spéculations nationales

Les élections municipales et régionales sont accompagnées de commentaires avant,
 pendant et après, qui visent plus à orienter l’opinion publique qu’à l’éclairer.

Dés le départ, ces élections ont donné lieu, avec l’aide des sondages, à des
pronostics sur les résultats, ce qui est compréhensible mais toujours avec 
l’arrière pensée de la présidentielle. De la part des partis, des sondages, des 
commentateurs. Avec de grandes erreurs, largement partagées : l’importance 
négligée des abstentions ; une poussée du RN qui n’a rien conquis et perdu des 
voix ; une inversion du rapport EELV-PS, prolongeant le succès des municipales 
qui n’a pas eu lieu !

Tout le monde sait que la participation aux élections diminue depuis des années 
et surtout aux élections locales.
Lors du second tour, au niveau national, le pourcentage des abstentions s’élevait   
à 65,31 % en 2021, contre 41,59 % en 2015. Si on ajoute les votes blancs 2,57 % et 
les votes nuls, 1,62 %, ce sont 69,5 % des inscrits sur les listes électorales qui 
n’ont pas participé à la dernière consultation. Pour être complet, il faudrait 
compter aussi les personnes non-inscrites !
Les abstentionnistes sont, depuis des années, le premier parti de France qui ne 
cesse de croître.

Devant ces faits, la légitimité de la démocratie représentative réellement 
existante est mise en question par les commentateurs quelques instants puis les 
choses reprennent leur cours normalement.
Il faudrait ajouter à ce désamour la grande lune de miel en pleine expansion de la
presse écrite et audiovisuelle avec les puissances de l’argent. Qui a conquis un 
nouvel espace avec l’information biaisée en continue.
La représentation de la population malmenée associée à une information biaisée 
que reste-t-il de démocratique dans la démocratie réellement existante ? 

Les compétents, politiques, commentateurs, sondeurs, après avoir fait preuve de 
leur expertise, s’empressent de faire à nouveau des prévisions pour l’élection 
présidentielle qui aura lieu dans un an, sans tenir compte des erreurs passées.
On peut considérer cela comme une addiction ou un service obligatoire à rendre 
pour justifier leur rémunération

Les compétents ont présidentialisé ces élections en mettant des candidats qui se 
veulent présidentiables et souvent  des questions qui ne sont du ressort ni des 
conseils départementaux, ni des conseils régionaux mais de la présidence ou du 
parlement.
Ils se sont livrés à leur sport favori, le concours de pronostic pour une élection 
qui n’était pas unique mais mais faite  d’une élection par département et par 
région. Les résultats et l’échec connu de leurs prévisions, ils ont repris leur 
concours avec, même, un sondage pour la présidentielle le soir des résultats !

Il se trouve que ceux qui ont voté, semblent avoir voté à des élections 
départementales et régionales. Pour des personnes ou des listes qu’ils 
connaissaient, plus ou moins. Les résultats ont été plus favorables aux sortants 
qui, le plus souvent, ont été reconduits. Rien d’étonnant à ce que les partis qui 
n’avaient pas d’implantation locale se retrouvent aussi nus à l’arrivée qu’au 
départ. Malgré le battage fait autour d’eux. 

Le RN ne fait pas la percée annoncée, ne conquiert aucune région mais perd des 
voix par rapport au FN lors de élections régionales précédentes, en nombre absolu 
comme en pourcentage et voit le nombre de ses élus diminuer fortement : en 2015, 
le FN avait obtenue 6,8 millions de voix (40,24%) et 358 sièges. En 2021, le RN 
obtient 2,9 millions (19,5 %) et 252 sièges.

La REM n’a pas évité le sinistre en partie annoncé , malgré la mobilisation de 
plusieurs ministres : il fut un temps, ancien, ou un ministre battu démissionnait… 
Aujourd’hui, il reçoit la médaille des braves, il a osé, il n’a pas eu peur du 
ridicule…

Dans l’hexagone, la répartition des conseils régionaux entre mal élus de droite et 
de gauche n’a pas changé. La droite classique a conservé ses acquis malgré la 
présence de l’extrême droite et de la REM. A gauche, c’est plus souvent une union 
de tout ou partie de la gauche qui a permis de sauver l’essentiel.Même si,en 
Occitanie, la sortante a bien obtenue sa reconduction sans faire d’alliance ni 
avec EELV, ni avec LFI.
Outre-mer, 3 nouveaux présidents de région et collectivités territoriales ont été 
élus à la Réunion, à la Martinique et en Guyane qui ont connu une alternance mais 
les commentateurs les oublient le plus souvent. 

Contrairement à ce que pouvait faire espérer le succès aux municipales, EELV n’a 
pas réalisé une nouvelle percée, en emportant la direction d’une région. Mais, 
grâce à des listes unitaires de configuration variable, EELV a obtenu au niveau 
départemental et régional plus de sièges que dans les conseils sortants, 
confirmant une progression dans son implantation locale. Les attaques de la droite 
contre quelques mesures des nouvelles municipalités qui ont fait du bruit et 
contre l’alliance avec les extrémistes ont pu jouer.  
A gauche, événement électoralement peu important mais historique, le PC a perdu la 
dernière assemblée départementale qu’il présidait.

Les jeunes et les plus défavorisées sont ceux qui, traditionnellement, votent le 
moins mais la tendance s’est cette fois accentuée. Sans vouloir interpréter
l’orientation de votes qui ne se sont pas exprimés, la participation moindre des 
jeunes doit avoir son importance dans le non renouvellement des conseils.  

Reprenant leurs mauvaises habitudes, à partir des résultats, les compétents tirent
des conclusions sur la présidentielle de 2022, où le nombre de votants sera plus 
élevé même s’il n’atteint pas les sommets. Ils ne savent pas quels seront les 
candidats, ni les circonstances politiques de cette consultation, ni même la 
situation sanitaire qui n’est pas sans conséquence sur le déplacement des citoyens…
Cependant, les spéculations hasardeuses vont continuer à structurer le débat et, 
aussi, à l’orienter.

Hier on ne savait pas qui, un ou plusieurs, serait candidat pour la droite à la 
présidentielle, Seul Xavier Bertrand avait annoncé que sa candidature dépendait de
ses résultats à la régionale. On ne savait pas qui serait candidat pour la gauche,
éventuellement pour EELV. 
Ces élections n’ont servi de primaire pour personne, rôle que les compétents 
voulaient leur faire jouer. Et rien n’a changé quant à la candidature d’Emmanuel 
Macron ou à celle de Marine Le Pen : même si certains les pensent affaiblis par 
ces élections locales qui ne préjugent en rien du comportement de l’électorat à la
présidentielle.

En quoi les candidats, élus ou non, les commentateurs… ont-ils éclairé les 
citoyens sur le rôle, la place, les politiques des départements, des régions. Sur
l’importance de la participation électorale ?

La seule conclusion de ces élections semble être que la démocratie ne se porte pas mieux aujourd’hui qu’hier.
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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 09:36
S’accrocher à son étoile !

Les enfants du 19ème ont grandi et Pauline Guéna (1) leur permet de prendre la parole. Ils donnent à voir la population d’un arrondissement de Paris qui n’a pas bonne presse. Dans celle-ci, cette population apparaît rarement sous un jour favorable. On y parle des trains qui n’arrivent pas à l’heure et encore plus des trains qui déraillent.

Beaucoup plus rarement de la vie concrète de ceux qui y vivent. Du courage qu’il faut avoir pour s’accrocher à une étoile, quelle qu’elle soit. Même si ce n’est pas la meilleure.

Une quinzaine d’habitants, nés ou ayant grandi dans le 19ème racontent ce qu’ils ont vécu des années 1970 aux années 2020. Évidemment ceux qui parlent sont ceux qui, quelle que soit la voie suivie, ont eu de la chance, le talent, la persévérance, la force de tenir, souvent grâce à la rencontre de la bonne personne au bon moment. Comme tous les jeunes, ils ont rêvé. De gloire, de richesse, de vie meilleure, d’une maison pour les parents. Il a toujours fallu, toujours, une forte volonté, une conscience de la réalité pour échapper au mirage de la facilité. Loin des apparences et du rêve. Tout s’arrache, tout se paie.
Ils ont finalement trouvé leur place.Pour s’en sortir, choisir. Là où, pour les jeunes, la voie principale est l’école. Ils en ont connu rapidement les limites, les impasses. L’école a été sentie plus discriminante que républicaine : pour nous, un buisson plus épineux ; le lycée, la fac, ce n’est pas pour toi ; une orientation imposée vers les emplois subalternes . Il faut y ajouter une sanglante discrimination à l’embauche
C
ertains ont réussi à se révolter. A dépasser. Ce qui leur permet aujourd’hui de dire…

 

S’accrocher à son étoile !

 

 

D’où la recherche parfois d’autres issues plus ou moins orthodoxes à ce confinement social.

Tous, au début pour des peccadilles, ont connu de l’intérieur les murs des commissariats. Beaucoup ont eu recours, pour assurer un revenu minimum, pour survivre, individuellement, familialement à une petite délinquance, banale dans leur environnement. Connue, acceptée de tous.

Mais, à un moment, ils ont choisi. Ils ont pris conscience que l’argent facile était dangereux. Qu’il y avait un engrenage, un piège. Qu’au bout, il fallait payer. Que tout ce qui brille un moment… Prendre conscience en regardant ce que devenaient les grands. Si quelques uns arrivaient à être des stars de l’asphalte, des messieurs, parfois généreux ici ou là, beaucoup d’autres qui étaient leurs amis, leurs copains tombaient avant, finissaient en prison ou pire, la mort par overdose ou par balle, ici ou ailleurs. Il fallait sortir de la débrouille, des embrouilles, de la guerre des clans.

Quelle que soit la voie. Pour quelques réussites apparemment brillantes, beaucoup n’étaient que notoriété temporaire. Pour devenir une star, quelle que soit la couleur du tapis, vert ou rouge pour sortir, pour gagner le gros lot, par le sport, la musique ou la danse, il y fallait du talent, de la chance et beaucoup de travail, de qualités. Les appelés sont beaucoup plus nombreux que les gagnants. Le talent, la chance sont nécessaires mais ne sont rien sans la persévérance.

 

Ceux qui parlent sont bien sûr ceux qui s’en sont sortis. Souvent pas des voies moins glorieuses ou moins spectaculaires. Mais ils n’oublient pas ceux qui ont perdu, ceux qu’ils ont perdu en route. Ceux dont l’arme ne s’est pas enrayée au bon moment, ceux qui n’ont pas manqué la cible ou ceux qui ont rattrapé celui qu’ils voulaient massacrer… Dans des querelles de clans, de quartiers qui ne justifiaient pas de mortelles conséquences.
Par chance, ils n’ont pas basculé définitivement.

 

L’expérience acquise dans un milieu difficile a permis aussi de progresser dans des domaines bien différents, souvent grâce à une rencontre, à une main, à une personne qui a fait confiance. Pour construire une vie qui n’est pas étincelante mais satisfaisante. Se marier, avoir une famille. Quelquefois en partant ailleurs car il est difficile d’avoir un pied dedans et un pied dehors.
Et maintenant
que faire pour éviter à ses propres enfants des erreurs dangereuses, comment aider ceux qui rencontrent au même âge, les mêmes difficultés ? Comment faire avec des institutions, des politiques qui pensent plus à les utiliser qu’à servir les jeunes...

 

En pensant à ces années passées, comme souvent quand chacun regarde son enfance, sa jeunesse… ils en gardent le souvenir de la pauvreté, des difficultés mais aussi des solidarités, d’une certaine liberté, des portes ouvertes, des jours heureux y compris dans les périodes de violence… Souvenir de ceux qu’ils ont perdu en route et qui n’étaient pas pires qu’eux mais qui ont été abandonnés par la chance, n’ont pas su prendre la main tendu, ont préféré le risque, l’adrénaline et la satisfaction immédiate, à la volonté obstinée pour un succès plus lointain et incertain.

 

La jeunesse est un gisement de richesses. En les lisant, on mesure l’énergie perdue ou dévoyée que la société néglige. Aujourd’hui comme hier.

 

 

 

S’accrocher à son étoile !

Celle que j’ai laissée (2) donne aussi la parole mais à un e douzaine de jeunes fraîchement arrivés, mineurs étrangers isolés, comme on les appelle ici. Après un long voyage. Ils sont partis très jeunes, à l’âge de 12 à 15 ans… du Congo, de Guinée, du Darfour, d’Afghanistan, du Mali, d’Égypte, du Bénin, du Ghana ou de Côte d’Ivoire...
Dans un récit bref, loin des statistiques, des analyses économiques, ils décrivent les raisons personnelles qui les ont amenés à cette folle entreprise. Les difficultés rencontrées sans possible marche arrière..

Ce sont encore des enfants malgré les difficultés d’une traversée réussie. A la merci contradictoire d’une politique et d’une administration qui les maintient à la rue et de quelques personnes qui leur assurent repas et logement en attendant…
Au bout de ce voyage aléatoire, non encore abouti, ce qui leur manque le plus, leur mère ou leur grand-mère.

 

1 - QUARTIER DE COMBAT Les enfants du 19e de Abdoulaye Sissoko – Zakaria Harroussi avec Pauline Guèna. Denoël

2 – Celle que j’ai laissée de Marie-Françoise Colombani et Clarisse Quillet, illustrations de Damien Roudeau. ACTES SUD

 

S’accrocher à son étoile !
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