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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 22:51
REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES

Le mouvement des Gilets Jaunes se dit apolitique, ce qu'il faut traduire par apartisan. C'est à dire indépendant de toute affiliation politique, syndicale ou même associative. Mais il n'y a pas de mouvement possible, ni même de vie possible, totalement apolitique : acheter dans un magasin de proximité, une grande surface ou dans l'e-commerce est, volontairement ou non, consciemment ou non, un acte politique.

Évidemment, les revendications des Gilets Jaunes sont politiques mais apartisanes même si des organisations politiques peuvent avoir des revendications plus ou moins semblables.

De plus, les revendications des Gilets Jaunes se sont rapidement étendues à partir du refus initial de l’augmentation de la taxe sur les carburants. Ce refus d’une taxe a fait dire à certains que c’était un néo-poujadisme, contre les impôts. Ce qui s’est révélé rapidement faux.
C’est aussi un mouvement et non un parti politique dans la mesure où il n’a pas un programme qui couvre toutes les questions politiques… sur lesquelles il y a probablement de grandes divergences parmi les Gilets Jaunes : questions sociétales, internationales… Qui apparaîtront en cas de présentation d’une ou de plusieurs listes aux élections européennes.

Il est tout aussi difficile de dire qu’il n’est ni de droite, ni de gauche, quand il se retrouve à demander la démission d’un président de la République qui s’est fait élire sur ce mot d’ordre… Ou alors d’un autre courant...
 

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES

Finalement, il est intéressant de regarder que parti de la lutte contre la taxe sur les carburants, les revendications se sont peu à peu étendues, essentiellement sociales puis de plus en plus politiques, au sens habituel du terme, à tel point que certains veulent présenter des candidats – apolitiques ? - aux élections européennes – apolitiques ?

En regardant les images, ce qui devrait frapper, en premier, c’est la disparition complète de la question de la taxe sur les carburants. Qui, certes, a été ajournée par le discours du président le 10 décembre mais non annulée et dont certains reparlent comme nécessaire d’une façon ou d’une autre (taxe carbone, taxe sur le carburant des avions, taxe en fonction des revenus, sur les véhicules en fonction de leur consommation...).

La taxe sur les carburants est, en réalité, incluse dans une question plus générale : la justice fiscale, la justice sociale qui apparaissent soit sous cette forme, soit sous l’opposition pauvres-privilégiés, qui va toucher aussi ceux qui légifèrent, qui sont rarement dans le besoin, donnant lieu à un certain antiparlementarisme qui ne doit pas déplaire au président : moins de députés, moins payés, c’est plus de poids au président et aux groupes de pression aux larges bases financières.

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
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Ces attaques des parlementaires sont, dans l’esprit des Gilets Jaunes, non un soutien du président mais une contestation de la démocratie représentative. Celle-ci fonctionne le plus souvent en faveur des mieux pourvus qui sont largement surreprésentés dans les instances élues à tous les niveaux…
D’où aussi la revendication institutionnelle la plus reprise, la plus importante, le référendum d’initiative citoyenne. Une telle mesure serait un pas en avant démocratique considérable.
Mais sa mise en place ne sera pas facile et demandera des mois pour en formaliser les conditions : formulation des questions, nombre de demandeurs, champ d’application...

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNESREVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNESREVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES

Autre particularité du mouvement apolitique, il ne s’attaque qu’aux politiques et rarement ou pas du tout au patronat. Que disent les Gilets Jaunes du Medef alors qu’il est le principal soutien et bénéficiaire de la politique du président !

Les quelques mesures financières du discours du 10 décembre seront payées par l’État, c’est à dire par les contribuables, elles ne coûteront rien au patronat, ni aux plus riches, l’ISF...
La dénonciation du capital se voit essentiellement sur des peintures murales d’inspiration plus anarchistes que Gilets Jaunes même si les deux peuvent se rejoindre.

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
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REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES

Le point ultime des revendications est la demande de démission. Si, à un moment, le président de la République et son gouvernement ont été très inquiets et ont surjoué l’éventualité d’une insurrection, aujourd’hui il semble y avoir un début de délitement interne, fronde d’élus qui doivent beaucoup à Macron mais qui n’approuvent plus toute sa politique : quelques démissions du groupe LREM, abstentions lors du vote de la loi, démission de conseillers du prince. Auxquelles il faut ajouter les, démissions de fonctionnaires dans le cadre de l’affaire Benalla.
De plus, i faut ajouter aux appels à la démission du président de la République, à la dissolution de l’Assemblée nationale par les Gilets Jaunes ceux qui émanent des opposants de gauche, de droite et d’extrême droite.

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES

Le bateau tangue. Par l’action des Gilets Jaunes, par les prolongements de l’affaire Benalla, par une la crainte d’une partie de la droite d’être emportée à cause de l’incapacité du président, enfermé dans ses certitudes, à faire des concessions pour que rien ne change...

Emmanuel Macron a accentué la présidentialisation, le pouvoir personnel du régime. Il joue sa survie sur le GrandDébatNational, sur les élections européennes, sur un éventuel référendum à plusieurs questions… Réussira-t-il à se maintenir à flot, à faire remonter les sondages ? Cela dépend beaucoup de la force et de la persévérance ds Gilets Jaunes. Mais pas seulement.

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
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REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES

-1 Emmanuel Macron se prétendait ni de droite, ni de gauche. Tout le monde s’est rapidement aperçu qu’il était de droite et même pas de la droite sociale. De la droite austéritaire, celle qui veut imposer l’austérité. Cette supercherie électoraliste lui a rapidement valu, le titre de président des riches.

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 09:33
Les Gilets Jaunes et la répression

Devant l’intensité de la répression et ses graves conséquences, les Gilets Jaunes devaient trouver une réponse autre que la persistance dans les Actes hebdomadaires bien que, toujours soutenus par la population d’après les sondages (1), ils montrent leur détermination – des Gilets Jaunes et de la population – à obtenir un changement de politique. Lors de l’Acte XII, ils ont rendu hommage à ceux des leurs qui ont été blessés, gueules cassées et autres victimes.

Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression

Depuis le début des événements, 1 796 condamnations ont été prononcées par la justice et 1 422 personnes sont encore en attente de jugement. Plus de 1 300 comparutions immédiates ont été organisées et 316 personnes ont été placées sous mandat de dépôt  (Édouard Philippe).

Dans les différentes manifestations, certains ajoutent aux revendications de justice sociale, fiscale, démocratique, des mots d’ordre contre la plus violente répression de manifestation depuis plus d’un demi-siècle.
La France est le seul pays de l'Union européenne à utiliser des grenades au gaz lacrymogènes GLI-F4 à coque dure lors des manifestations même les très controversées balles en caoutchouc dur du LBD 40 ne sont utilisées que dans deux autres pays européens, en Pologne et en Espagne, à des fins de démonstration (2).

Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répressionLes Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répressionLes Gilets Jaunes et la répression

Devant le nombre important de victimes, ne faut-il pas aller au-delà de ce face à face, Gilets Jaunes-gouvernement, et accepter une alliance, prudente peut-être mais une alliance, avec le mouvement syndical, comme le 12 février, pour augmenter la pression : On défend le même bifteck, autant se réunir a dit Jérôme Rodrigues, l’une des victimes emblématiques. La recherche d’autres moyens d’actions par Eric Drouet va dans le même sens. De même que l’Assemblée des Assemblées de Commercy dont les suites sont attendues.

Cette violence n’a cependant pas été sans effet. Sans elle, Emmanuel Macron aurait fait comme tous ces prédécesseurs, il aurait négligé de répondre à la colère. Ce qu’il a fait jusqu’au discours du 10 décembre. Il a vu que ce n’était pas suffisant et s’efforce de reprendre la main par le GrandDébatNational et l’annonce filtrée du référendum.

Même Christophe Castaner qui ne voit rien, n’entend rien et dit, dangereusement, n’importe quoi, a enfin reconnu qu’il y avait quelques problèmes. Son profond aveuglement n’était pas complètement irréversible, contrairement à certaines blessures infligées aux manifestants. Il commence à reconnaître, parcimonieusement, que sa vision du maintien de l’ordre est un facteur de désordre et a des effets collatéraux non négligeables et qu’il pourrait revoir les stratégies des forces de l'ordre. La fissure au sein de LREM lors du vote de la loi anticasseurs, 50 macronistes se sont abstenus à l’Assemblée nationale lors du vote de la loi anticasseurs et 15 étaient absents, n’est probablement pas étrangère à cette évolution et peut être considérée comme un effet de la lutte des gilets Jaunes.
Cette loi du gouvernement qui vise à faire peur aux Gilets Jaunes pacifiques et qui comporte un fort risque d’extension à diverses associations en fonction des circonstances.

Il a fallu plusieurs semaines pour que Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, consulte, partiellement, la presse indépendante, les signalements à l’IGPN et les rapports de police
Car il déclarait, le 14 janvier, qu’il ne connaissait aucun policier ayant attaqué un Gilet Jaune. En cela, il ne faisait que suivre le silence du président de la République. Bien secondé par
le secrétaire d’État Laurent Nuñez jugeant l’usage des armes intermédiaires (LBD40 ou grenades) proportionné. Tous se contentaient de s’informer auprès du Journal télévisé des grandes chaînes de du 20h de TF1 et de France 2 qui, comme l’a relevé le site Arrêt sur images, ont attendu huit semaines et le cas du commandant Andrieux, pour véritablement évoquer les violences policières. Ils n’avaient pas entendu parler du journaliste David Dufresne qui, depuis le 4 décembre dernier recense les personnes blessées par les forces de l‘ordre (un décompte pour recenser les personnes blessées ou par le journaliste David Dufresne sur son compte Twitter ou David Dufresne, la vigie des violences policières), lors des manifestations, qui atteint aujourd'hui plus de 400 signalements.

Le 10 février, Christophe Castaner s'est dit "prêt" à se pencher sur les réponses apportées par les forces de l'ordre aux violences lors des mouvements de protestation. Il a même émis un mot de regret. Reconnaissant des anomalies et des dérapages et des blessures graves, qu’il fallait travailler à la refonte de notre doctrine de maintien de l'ordre… Pour en arriver là, il a fallu cependant, suivant le collectif Désarmons les au moins 5 personnes à la main arrachée, 25 éborgnées….

Le ministre de l’Intérieur et les autres politiques, à cette occasion, pourraient se demander s’il n’y a pas un léger problème de conflit d’intérêt à confier à la police, fut-elle l’IGPN, les enquêtes sur la police. Comme les ordres traitent des conflits de leur corporation, l’Ordre des médecins pour les conflits médicaux... Ne pourrait-on banaliser ces questions et les confier à des juges indépendants, notamment, du gouvernement ? Pour veiller au respect par les fonctionnaires des lois et règlements et du code de déontologie de la police et de la gendarmerie.

S’agit-il d’une prise de conscience tardive ? Lâche-t-il du lest devant un début de contestation au sein de LREM ? Sent-il que son siège devient branlant ?

Quelques images recueillies lors de différentes manifestations à Paris. (3).

Le 15 décembre 2018, gare Saint Lazare
Les Gilets Jaunes et la répression

Le 12 janvier 2019, Avenue de Friedland

Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression

Le 19 janvier 2019

Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression

Le 2 février 2019, place de la République

Les Gilets Jaunes et la répression

Le 5 février 2019, rue de Rivoli

Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression

Le 9 février 2018, Champs Élysées

Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression
Les Gilets Jaunes et la répression

1 - Près de 65% des Français continuent à soutenir le mouvement selon le baromètre YouGov pour Le HuffPost et Cnews 07/02/19

2 - Die Welt, cité par Courrier international 7-13/02/19

3 - Nulle image d’affrontements n’est présentée ici, largement diffusées par ailleurs, mais qui tendent à faire passer au second plan les revendications. Pour certains, les affrontements sont devenus un spectacle avec des dizaines de personnes qui s’approchent aussi près que possible pour photographier avec leur téléphone

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 17:36

Les revendications des Gilets Jaunes

 

Depuis le mois de novembre, les Gilets Jaunes manifestent dans toute la France, des ronds-points aux centres- villes, avec un certain succès qui ne peut se mesurer qu’avec les données chiffrées du ministère de l’Intérieur, la mobilisation officielle des forces de police, le nombre d’interpellés, de blessés, de poursuivis devant les tribunaux, les craintes gouvernementales, les mesures que le président de la République annonce pour y répondre (silence, discours du 10 décembre, GrandDébatPublic, référendum) et son agitation permanente (campagne électorale en vue des élections européennes de mai prochain) pour reconquérir une opinion publique qui, malgré tout cela et à travers les sondages, continue de soutenir les Gilets Jaunes de semaine en semaine.

Par ailleurs, chacun essaie de définir la nature, la composition, l’orientation, les parentés des Gilets Jaunes, en comparant avec le passé (jacquerie, poujadisme, mai 68), en fouillant les pages Facebook des initiateurs et de leurs échanges ou en menant des enquête sociologiques auprès des Gilets Jaunes des ronds-points ou des manifestants. Pour essayer de comprendre, de dénaturer le mouvement ou d’imaginer son avenir…

Une façon intéressante pour débattre des mesures souhaitées par les Gilets Jaunes et la population a été l’émission Grand débat animée par Cyril Hanouna et Marlène Schiappa. De cette soirée où les questions de démocratie n’ont pu être abordées faute de temps, 7 propositions ont été approuvées par les suffrages de plus de 10 000 personnes en quelques minutes. Dans l’ordre : TVA à taux zéro sur les produits de première nécessité, augmentation de 2 à 4 % du budget des hôpitaux, retour de l'ISF, remise à plat et l'examen de l'utilité des niches fiscales, peine de prison pour les fraudeurs fiscaux, crédit d'impôt pour la compétitivité réservé aux TPE et PME et révision des cycles horaires de la police. (D’après Arrêt sur image 11/02/19)

Une façon plus simple pour se faire une idée de ce que revendique le mouvement des Gilets Jaunes, non structuré comme les organisations associatives, syndicales ou politiques qu’ils rejettent, est de regarder ce qu’ils demandent sur leurs banderoles, leurs panneaux, leurs gilets. Sur les murs.
C’est ce qui a été fait ici, très modestement, à partir de photographies faites lors de certaines manifestations parisiennes. Bien entendu, ce relevé ne peut prétendre à l’exhaustivité, ni à la représentativité du mouvement, il témoigne seulement des possibilités en fonction de la participation du preneur d’images, à telle ou telle partie de la manifestation.

Chacun peut se faire, à l’occasion, son petit glossaire des revendications.

Sont répertoriés ici les écrits revendicatifs en évitant les doublons.
A suivre pour les images contre la répression ou plus politiques

Rassemblement devant la gare Saint Lazare le 15 décembre 2018 en fin de matinée

Les revendications des Gilets JaunesLes revendications des Gilets Jaunes
Les revendications des Gilets JaunesLes revendications des Gilets Jaunes
Les revendications des Gilets JaunesLes revendications des Gilets Jaunes

Manifestation rive gauche de la Seine le 05 janvier 2019 en milieu d'après-midi

Les revendications des Gilets Jaunes
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Manifestation du 19 janvier 2019 entre 15 et 17h

Les revendications des Gilets Jaunes
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Manifestation du 2 février 2019 entre 14h30 et 16h30, Place de la République

Les revendications des Gilets Jaunes
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Manifestation du 5 février 2019 entre 14h30 et 16h30, rue de Rivoli

Manifestation de la CGT avec participation de Gilets Jaunes,

soutenue par des partis politiques.

(Diaporama)

Les revendications des Gilets Jaunes
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Manifestation du 9 février 2019 entre 10h30 à 11h30 sur les  Champs Élysées

(Diaporama)

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Manifestation du 9 février 2019, 14h-14h30 place de la République

(Diaporama)

Les revendications des Gilets Jaunes
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Les revendications des Gilets Jaunes

1- Participation aux manifestations des Gilets Jaunes (données du ministère de l’Intérieur)

Acte I 17/11/2018 288.000
Acte II 24/11/2018 106.000
Acte III 01/12/2018 136.000
Acte IV 08/12/2018 136.000
Acte V 15/12/2018 66.000
Acte VI 22/12/2018 34.000
Acte VII 29/12/2018 32.000
Acte VIII 05/01/2019 50.000
Acte IX 12/01/2019 84.000
Acte X 19/01/2019 84.000
Acte XI 26/01/2019 69.000
Acte XII 02/02/2019 58.600
Acte XIII 09/02/2019 51.400
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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 11:51
La couleur des Gilets Jaunes

Le mode d‘action et de mobilisation des Gilets Jaunes intrigue et donc inquiète tous ceux qui ne savent marcher et penser que dans les clous. Comment un mouvement qui est le fait de personne(s), qui ne vient de nulle part, qui ne suit pas un penseur patenté, qui ne lit pas l’avenir dans l’horoscope des médias officiels, qui n’a pas des troupes de communicants à son service, qui n’est pas traversé par les clivages habituels... comment a-t-il pu naître, se développer, mettre la France sens dessus dessous, se maintenir… ? (1)

D’où les affirmations officielles pour le diviser, le dénigrer et même le cogner fortement pour le déconsidérer, l’affaiblir aux yeux de la population. Malgré tout, celle-ci reste encore plus sensible à ses revendications qu’aux efforts du gouvernement et de ses supports habituels pour le déconsidérer. Malgré le silence de beaucoup qui se voulaient l’avant garde populaire et sont effrayés de ce qui naît à côté d’eux, en dehors d’eux.

La couleur des Gilets Jaunes

Devant ce mystère, devant cet objet social non identifié, diverses études sont publiées pour savoir s’ils sont de gauche, de droite, d’extrême... Avec des résultats contradictoires.
Les uns vont fouiller dans les pages de facebook, surtout des têtes de gondole, relèvent des propos inconvenants, les autres font des enquêtes auprès de manifestants et trouvent des gens normaux dans des situations difficiles.
La police arrête des centaines de personnes, en blesse grièvement des dizaines :
elle n’a pas encore publié la liste des casseurs récidivistes professionnels, ni des extrêmes… mais peut-être ceux-ci courent-ils plus vite ?

La couleur des Gilets Jaunes

Il en est même qui les invitent à des émissions (2). Quand ils peuvent parler plus de 45 secondes, leurs déclarations sont d’une banalité réconfortante : contre la taxe sur les carburants qui a déclenché le mouvement, pour l’amélioration des conditions de vie, des travailleurs, des retraités, contre la suppression de l’ISF… Toutes déclarations qui sont plus lassantes qu’un boxeur, professionnel ou policier, qu’une poubelle brûlée et qui ne méritent pas une Une quotidienne et encore moins un sujet à la télévision.

Il est aussi possible de participer ou d’assister simplement à une de leurs manifestations et de relever la teneur répétée des affiches, panneaux, banderoles, slogans… pour connaître leurs revendications… banales, peu intéressantes…

La couleur des Gilets Jaunes

Mais tout le monde veille au grain : toute la presse, bien pensante de droite ou de « gauche » attend le dérapage, d’un manifestant, pas d’un policier – il y en a déjà plusieurs. Un petit effort, un cri homophobe, antiféministe, raciste surtout, ferait plaisir à tout le monde, montrerait bien qu’ils sont aux ordres de l’extrême droite… Rien ne vient. Le soupçon, rien que le soupçon…

Cela pourrait venir car vous acceptez tout le monde aux Gilets Jaunes ? Des gens de droite et de gauche ? Mais où sont les jeunes des quartiers ? Où étiez-vous quand la police les maltraitait ?

 

Les revendications des Gilets Jaunes n’émanent pas des partis, ni des syndicats, ni des associations, ni des ouvriers, ni des jeunes, ni des quartiers, comme on dit quand on veut parler des quartiers populaires.

Elles viennent d’une couche de la population qui, souvent, n’est pas organisée, qui souvent s’abstient aux élections, qui manifeste pour la première fois et on voudrait qu’elle assume tout, réponde à tout…

Elle a subi de plein fouet les mesures gouvernementales. La taxe sur les carburants a été le facteur déclenchant. On a voulu faire des Gilets Jaunes une nouvelle jacquerie, un nouveau poujadisme. Ils ne demandent pas un simple diminution des impôts. Cela aurait satisfait le gouvernement et toute la droite qui veut moins d’impôts et moins de services publics, les questions du GrandDébatNational en témoignent. Ils ont explosé avec la taxe sur les carburants, considérée comme une taxe injustice, une nouvelle TVA, ils n’ont pas parlé seulement d’impôt mais de justice fiscale. De justice sociale. De démocratie.


 

La couleur des Gilets Jaunes

Et s’ils sont méfiants envers toutes les organisations qui pourraient tondre la laine sur leur dos, y compris ceux qui pourraient le faire à partir du mouvement lui-même, peut-être à l’occasion des élections européennes, ils ne rejettent personne.


La jonction avec la grève et la manifestation de ce mardi pourrait être un nouveau développement du mouvement et un nouveau pas dans l’histoire des révoltes populaires.

 

1 – Récemment le président de la République a parlé de l’influence des Russes. Peut-être a-t-il été informé par un ancien ami, fin connaisseur en relations d’affaires ?

2 - https://www.lemediatv.fr/vraiment-politique/direct-ce-soir-a-20h30-gilets-jaunes-comment-faire-plier-macron/

La couleur des Gilets Jaunes
La couleur des Gilets Jaunes
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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 13:14
Défi pour les Gilets Jaunes : ne pas tourner en rond !

Les Gilets Jaunes ont fait une entrée spectaculaire sur la scène politique française en dehors du ronron habituel.
Par la forme, avec leurs gilets jaunes sur les ronds-points, en dehors de toutes les structures et actions associatives, syndicales et politiques.
Par le fond, s’opposant à l’augmentation de la taxe sur les carburants et en tirant le fil, ils ont mis en avant une exigence beaucoup plus large de justice : fiscale, sociale, démocratique… dans laquelle la majorité s’est reconnue.
Personne n’a prévu, tout le monde est obligé de prendre position sur leurs revendications. Et notamment le gouvernement qui a essayé d’éteindre l’incendie par le silence d’abord, une petite carotte, un gros bâton, GrandDébatNational, Référendum…

Défi pour les Gilets Jaunes : ne pas tourner en rond !

Dernière trouvaille du président, après avoir lancé le GrandDébatNational dans des conditions peu démocratiques, sans en attendre les résultats – peut-être les connaît-il déjà ? - il annonce un référendum à questions multiples. Ce qui n’est pas, en soi, une mauvaise idée, si les bonnes questions sont bien posées. Le précédent du GrandDébatNational permet d’en douter (1). Et la Constitution ne permet pas de poser les principales.
Ce type de référendum avec plusieurs questions auxquelles les citoyens peuvent donner des réponses différentes, supprime le côté plébiscitaire des référendums à la française. Bonne chose. Mais en la circonstance, bonne chose surtout pour le président.
Il n’y aura pas la question, directe ou indirecte, qui permettrait de savoir dans quelle mesure les Gilets Jaunes sont suivis par le peuple français quand ils crient : Macron démission !

Défi pour les Gilets Jaunes : ne pas tourner en rond !

Quelques déclarations du président de la République en voyage d’affaires (vente d’armes à l’Égypte) ne manquent pas d’intérêt. Elles ébauchent une autocritique mais s’en démarquent rapidement. Sans en tirer les conséquences.

« Ce qui s’est passé en France lorsque j’ai été élu a été au fond une réaction de nos concitoyens face à un mal-être démocratique ». Et il ébauche une autocritique rapidement corrigée : « Penser que nous étions en train de tout régler parce qu’on faisait la réforme du travail, de la SNCF et autre est une forme de naïveté. Le mal-être est bien plus profond, dans nos démocraties, il s’appelle Brexit, élection de l’un ou l’autre, situation italienne, montée de l’AfD... Partout dans nos démocraties, la tension des peuples qui monte est une insatisfaction sociale, économique, morale et démocratique. »
« Je crois à la raison de l’histoire. On a des rôles qui peuvent être importants, des erreurs peuvent être fatales. Mais il y a des phénomènes plus profonds qui nous embarquent (…) Le reste, c’est l’écume des jours »
(Le Monde 28/01/19).
« Je prends très au sérieux ce moment que nous vivons. Je ne sais pas aujourd'hui ce qu'il donnera. Ce que je sais, c'est que j'en tirerai des conséquences profondes"
(L'Obs 28/01/19).

En clair : Je ne suis pas responsable de la crise. Elle n’est pas seulement française. C’est la faute de l’Histoire. Je ne suis que l’écume des jours. En réalité, il pense qu’il en est la crème pour en tirer des conséquences profondes.

La crise qui secoue la France dure depuis des années. Il n’en est pas le seul responsable. C’est une évidence. C’est pour cela que certains ont voté pour lui, dès le premier tour, ils croyaient qu’il avait des solutions.
Sur les quatre premiers candidats aux résultats de la présidentielle de 2017, trois étaient des dégagistes, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
Un habile dégagiste :
- ancien banquier d’affaires, ni de gauche… mais de droite masqué, ce qui est rapidement devenu évident aux plus naïfs.
- ancien conseiller puis ministre du précédent président, homme nouveau aux dires de tous ceux qui parlent, écrivent, financent et qui le connaissaient bien. Avec leur aide, il a su exploiter ce sentiment de ras le bol des Français pour tous ceux qui l’avaient précédé…
Ce qui lui a donné une majorité forte et probablement durable pour engager plus énergiquement la politique de droite que ces prédécesseurs ont commencée laborieusement .
Par une charge de cavalerie, il allait réformer la France et fort de ce succès, l’Union européenne, pour les adapter à la mondialisation heureuse grâce au libéralisme, au capitalisme financier. Il allait refaire l’unité des Français, à l’exception peut-être d’un ramassis de Gaulois, de fainéants, d’illettrés, de gens de rien… Après 18 mois de présidence. Le but ne semble pas atteint.

Défi pour les Gilets Jaunes : ne pas tourner en rond !

La crise touche aussi les pays qu’il cite : depuis le modèle allemand qui dicte le programme, le Royaume-Uni qui n’en finit pas de quitter l’Union européenne, l’Italie, les pays nordiques jusque là images de ce qui se faisait de mieux en Europe, les pays de l’Est… La cause n’est-elle pas la politique, la même, que les chefs d’État ou de gouvernement imposent à tous les peuples ?
Il aurait pu mettre dans le même panier, son ami d’un moment, Donald Trump.

Cette politique, Macron veut la continuer, l’accentuer, l’approfondir. Manque d’oxygène ? Creusons, il y en aura plus au fond !

Il était juste de consacrer l’Acte XII aux victimes lors des Actes précédents qui mettent en évidence que le gouvernement est prêt à ajouter de la violence répressive à la violence sociale. Il assume, sans états d’âme semble-t-il, la répression la plus violente depuis la guerre d’Algérie. Il maintient le cap de sa politique avec la perspective de nouvelles mesures, sans retour sur les antérieures, injustes…
Il joue sur la lassitude des Gilets Jaunes et de la population.

Défi pour les Gilets Jaunes : ne pas tourner en rond !

Après les douze Actes, avec ou sans GrandDébatNational, référendum avant, pendant ou après les élections européennes, les Gilets Jaunes doivent s'adapter à la nouvelle situation. En pensant qu’il faut préserver l’unité du mouvement et élargir le soutien de la population.
Dans cette optique, le GrandDébatNational, avec ou sans participation des Gilets jaunes, ici ou là, ne changera pas grand-chose. Il peut être dénoncé comme non démocratique dans son organisation. Il peut aussi être utilisé pour faire connaître les moyens et les fins poursuivis par le mouvement. Sans illusion.
Il ne met pas directement en question l’unité du mouvement.

Il n’en est pas de même d’une participation aux élections européennes.
Toute liste est plus ou moins contrainte à exprimer une position sur l’ensemble des questions politiques, économiques, diplomatiques, institutionnelles... de l’Union européenne. Qui, parmi les Gilets Jaunes, peut se dire mandaté sur ces questions et par qui ? Le danger de division est encore plus grand en cas de plusieurs listes concurrentes !
Pour gagner quoi ? Quelques députés, rien n’est moins sûr, qui seront contrôlés par qui ? Quel travail pourront-ils faire au Parlement européen ?
Ils permettront peut-être à certains d’obtenir une petite notoriété… C’est déjà le cas.

L’Assemblée des assemblées, lancée par les Gilets Jaunes de Commercy (Meuse), est beaucoup plus intéressante et dans l’esprit démocratique des Gilets Jaunes. Mais reste difficile. La première réunion semble avoir été fructueuse. Va-t-elle entraîner une multiplication de ce type de démarche, aux niveaux local, départemental, régional, national… Cela ne marchera pas partout. Mais en se multipliant, ces assemblées pourraient être un important renouveau des méthodes démocratiques et un renforcement de l’engagement citoyen (2).

Emmanuel Macron, à travers le GrandDébatNational et le référendum, va proposer certaines mesures. Pour submerger les revendications des Gilets Jaunes. Il est donc important que ceux-ci formulent, de la façon la plus nette possible, leurs propres revendications, qu’ils maintiennent leur cap. En mettant en avant, surtout, les mesures que le Gouvernement peut prendre immédiatement, sans qu’il soit nécessaire de réformer la Constitution ou d’attendre des mois ou des années.

Ce sont avant tout les mesures concernant le pouvoir d’achat et la justice fiscale. Par exemple, le gouvernement a pu facilement supprimer l’ISF et l’APL, il peut tout aussi facilement les rétablir. Et changer les tranches d’imposition et varier fortement la TVA suivant l’utilité, la nécessité des produits… Ces questions sortiront-elles du GrandDébatNational ? Seront-elles soumises à référendum ? Ils trouveront de bons motifs pour que ce ne soit pas le cas.

Reste qu’il sera difficile aux Gilets Jaunes de gagner seuls. Les syndicats, hier, n’ont pas réussi seuls. Ils doivent chercher à tout instant à élargir leur audience dans l’opinion publique, à nouer des alliances sans perdre leur indépendance. Ici encore, ce ne sera pas facile. La participation à la gréve du 5 février est un premier pas.


 

Défi pour les Gilets Jaunes : ne pas tourner en rond !
Défi pour les Gilets Jaunes : ne pas tourner en rond !

1 - Alors que la Commission Nationale du Débat Public était disposée à assurer l'impartialité et la neutralité d’un Grand débat national, l’Élysée s’y est opposé. Pour en faire le début de la campagne des européennes au frais de l’État, donc du contribuable.
Documents et courriels confidentiels à l’appui, Mediapart révèle la lutte menée par Emmanuel Macron pour transformer l’initiative, selon le mot de Chantal Jouanno, en une « campagne de communication ». Article réservé aux abonnés, malheureusement, et non repris par la presse malgré l’intérêt démocratique.

Défi pour les Gilets Jaunes : ne pas tourner en rond !
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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 10:24

Les Gilets Jaunes ont tort ou Le Régime des bananes

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Les Gilets Jaunes ont tort.
C’est une évidence.
Et d’ailleurs pourquoi sont-ils jaunes. Tout le monde sait que le jaune est la couleur des trahis et des traîtres. Depuis les malheureux en amour jusqu’aux briseurs de gréves et aux fourbes asiatiques. La couleur de l’infamie, de la rouelle à l’étoile…
Quand tout le monde veut payer des impôts et court sus au dérèglement climatique, ils refusent quelques centimes… par litre de carburant.

Pourquoi ne sont-ils pas rouges ? Leur résistance à l’augmentation du prix des carburants aurait alors été prolétarienne et soutenue par tous ceux qui voient rouge dés le petit matin, qu’il chante ou non. Des intellectuels de gauche notamment.

Pourquoi ne sont-ils pas verts ? Ils n’auraient pas pu refuser un impôt contre le dérèglement climatique. Ils auraient simplement demandé que le tiers de l’augmentation soit consacré à la végétalisation des murs gris de nos villes.

Non, ils sont jaunes, définitivement jaunes, objets sociaux non identifiés, très divers sous leur gilet. Jaunes comme les véhicules de la Poste qu’ils voient passer alors que les bureaux disparaissent, comme les romans policiers italiens, comme le péril...

Et dans cette joyeuse fête de Noël, sous les farandoles de lumières clignotantes, de toutes les couleurs, sauf jaunes évidemment, le père Noël s’avance, chargé de bananes, en courant, dans son costume rouge… Tout à coup. Un grand cri, il s’étale en jurant. Bananes éparses. Tête dégarnie de sa barbe et de sa chevelure blanches, rouge de honte, de peur, de douleur… Mais jaune bilieux de colère à l’intérieur.
Et quand il veut se relever, appuyant sa main sur le sol, quelque chose de mou… une peau de banane, cause de sa chute.

Jaune évidemment.

Les gilets jaunes ont définitivement tort.


Ils devraient être rouges pour faire la révolution, verts pour sauver la planète, violets pour abattre le patriarcat, arc-en-ciel contre toutes les discriminations… et cela dépendait de chacun qu’ils deviennent tout cela : jaunes, triomphants...

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 20:54
Un peuple et son président

Après le moment de gloire où tout, et beaucoup, semblait lui sourire, à l‘intérieur et à l’extérieur, face à Trump, Merkel, le plus jeune président de la Cinquième république, flanqué de ses amis compétents, est à la tête de l’exécutif le plus puissant des pays démocratiques. Champion des équations. Face à son peuple.
La réforme de trop, l’augmentation de la taxe sur les carburants, entraîne vers la contestation de toutes les mesures austéritaires, prises par lui-même (conseiller du président Hollande, ministre du même ou président) et ses prédécesseurs : première contestation ayant obtenu un résultat, insuffisant, mais un résultat, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, malgré les protestations mouvementées, variées des syndicats, des Nuit debout

Nuit debout était une ébauche et un avertissement : mouvement, né en en dehors de toute organisation, à la suite d’une manifestation sur la loi Travail au printemps 2016. Cependant, Nuit debout se rattachait encore aux luttes traditionnelles avec la volonté d’avancer vers la convergence des luttes. Et en plus, des assemblées populaires mettant en avant de multiples réformes et une nécessaire démocratie directe. Cétait comme l’ont dit certains une forme moderne d’action politique, hors partis, hors syndicats, sans chef, sans programme... (Albert Ogien), non le premier mouvement social post-marxiste (Gaël Brustier) mais sa préfiguration.

Aujourd’hui, ce sont des personnes de rien, des fainéants, des Gaulois irréformables , des illettrés qui s’opposent à une mesure gouvernementale, une augmentation de la taxe sur les carburants. Utilisant les réseaux sociaux, en dehors de toute structure associative, syndicale, politique, ils créent un Objet Social Non Identifié lançant l’occupation des ronds points. Ce ne sont pas des ouvriers qui occupent leur usine, des étudiants qui occupent leur faculté, ce n’est pas la population des grands centres urbains qui occupent des places publiques comme d’autres l’ont fait ailleurs et avant eux.

Un peuple et son président

Ce sont des personnes des zones dites périphériques, des petites villes dans les régions, sans tradition de lutte collective, qui, directement touchées, réagissent spontanément. Loin du centralisme gouvernemental ou contestataire, la force du mouvement, c’est d’être un mouvement national, spontané, constitué de multiples groupes plus ou moins importants, dispersés dans toute la France. Force dans le moment revendicatif mais difficulté pour la prise de décisions...

A l’occasion d’une taxe de trop qui touchait surtout une population peu ou mal représentée au niveau social, au niveau politique, probablement souvent abstentionniste, n’appartenant pas aux forces sociales organisées ou mesurant l’impuissance de ces forces traditionnelles, associations, syndicats, partis, n’ayant souvent jamais manifesté, les Gilets jaunes ont mis le doigt sur l’injustice fiscale, sociale et politique, sur les inégalités qui s’accentuent et rencontré un soutien populaire rarement aussi fort et aussi durable.

Avec le gilet jaune, obligatoire dans chaque voiture, devenu symbole de la révolte. Ces personnes très diverses (statut, métier, âge) ont un besoin absolu de leur voiture pour leur vie quotidienne et leur travail, elles décident d’occuper les ronds points....
Pour leur première mobilisation, un coup de maître, inédit.

Ronds points et dos rond.
Face à cette inconnue de leurs équations, non prise en compte dans leurs algorithmes, les nouveaux compétents ont le même réflexe que les anciens ! Dos rond silencieux du président. En attendant que ça passe ! Aussi peu structuré, sans porte parole, cet OSNI, jacquerie moyenâgeuse, poujadisme provincial, allait mourir dans les marais. C’était oublier la force virale des réseaux, pourtant depuis longtemps vilipendés !
Le phénomène se répète chaque samedi, ne faiblit pas, avec un énorme soutien de la population d’après les sondages. Malgré les violences largement mises à la une.
Macron essaie de reprendre la main et la maîtrise des horloges.
Cependant, pour l
ui, c’est toujours l’heure d’hiver.

 

Un peuple et son président

Une petite carotte.
Vient la tentative classique de la carotte : quelques milliards vont régler la question, diviser les Gilets Jaunes, affaiblir l’importance du soutien et on pourra reprendre les équations budgétaires selon les critères de Maastricht avec une Commission européenne compréhensive. Pour ce champion de l’Union européenne et de sa politique économique.
Donner peu, de manière emberlificotée, n’est pas la bonne manière. Cependant, pour la première fois, le pouvoir avait cédé, partiellement. Les sages manifestations syndicales, répétées, en criant sinon ça va péter, n’ont rien obtenu depuis longtemps. Ça ne pétait pas. Les gouvernements, celui de gauche en premier, passaient outre aux manifestations, au soutien de la population. Les concessions limitées de Macron, obtenues malgré, peut-être à cause des violences de certains manifestants, montraient que c’était possible. Il fallait pousser, avec l’appui de la population.
Parties de la taxe sur les carburants, les revendications s’élargissaient et conduisaient les manifestants à s’attaquer au président, légitimement, car tout vient de lui – il avait demandé qu’ils viennent me chercher - et même à son mandat…


 

Un peuple et son président

Un gros bâton.
La violence médiatisée, l’approche des fêtes familiales de fin d’année étaient favorables pour frapper un grand coup. Au sens propre du terme.
Avec la plus forte répression policière de manifestation depuis la guerre d’Algérie ! Avec des discours provocateurs et des
dommages collatéraux jamais vus. Pour faire peur aux manifestants, peur de blessures graves, peur d’inculpation pour participation. Peur à la population devant de tels affrontements. Par le discours et les images.
Insuffisance de a répression. Menaces physiques, menaces socio-économiques, perte de PIB, perte d’emplois temporaires pour les fêtes, fuite de touristes, rien n’y fait ! La participation faiblit, elle ne tarde pas à repartir, significative. Avec le soutien de la population, moindre mais toujours majoritaire.

Un peuple et son président

Une grosse carotte. Le Grand Débat National ! Libre et non faussé ?
Le président Macron prend enfin conscience de la gravité de la situation. Il n’est pas de Gaulle. Il ne peut pas lancer une référendum-plébiscite à l’issue très incertaine. Mais, dépassant Clemenceau, - quand on veut enterrer un problème, on crée une commission - il lance le Grand Débat National pour enterrer les Gilets Jaunes.
Reste à voir comment les choses vont tourner. Le 24 janvier 1789, Louis XVI convoquait les États Généraux pour le mois de mai…

Un peuple et son président

Mauvais début pour le débat : la présidente de la Commission nationale du débat public qui devait garantir la qualité de la consultation, démissionne. Il lui a paru indécent de gérer un dialogue qui porte sur le pouvoir d’achat alors que son confortable salaire était publié dans les journaux.
Elle devait cependant être de qualité, pour avoir conscience du problème. Pour oser le dire. Pour avoir été remplacée par cinq garants dont les revenus ne doivent pas être bien différents des siens, mais au bien penser assuré : deux choisis par le gouvernement et trois par les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental.

Le président Macron est l‘initiateur de ce Grand Débat National, libre et non faussé, et, bien sûr, l’organisateur. Il en fixe le cadre, le calendrier, les limites. Ouvert à toutes les suggestions si elles sont intelligentes - traduire si elles sont conformes - tout en affirmant qu’il ne changera pas de cap.

Le président cache à peine son jeu en se rendant pour la deuxième rencontre à Souillac où il a lancé sa campagne présidentielle. Cette fois, au compte de l’État, c’est à dire du contribuable. A quatre mois des élections européennes. Les premières rencontres avec les maires de deux régions donnent un premier goût de cette tournée : débat organisé par le préfet qui choisit les maires qui prendront la parole, présidé par un ministre.

Les buts du débat sont clairs : occuper longuement, largement le terrain, plus facile, pense-t-il, pour lui que pour les Gilets Jaunes ; faire émerger de la consultation les mesures intelligentes qu’il a déjà décidé de prendre, refuser celles, non intelligentes, qui ne lui conviennent pas ; je ne changerai pas de cap !

Un peuple et son président

Les revendications des Gilets Jaunes sont essentiellement de deux types, financières, elles concernent la justice sociale, le pouvoir d’achat, les fins de mois... et institutionnelles, elles portent sur la démocratie et surtout sur la démocratie directe…

Les premières sont directement du ressort du président, du gouvernement. Ils peuvent facilement les faire voter par l’Assemblé nationale, si c’est nécessaire, étant donnée l’énorme majorité dont ils disposent.
Les principales sont connues : suppression de l’augmentation de la taxe sur les carburants (elle n’a été qu’ajournée), retour de l’ISF, augmentation du Smic (non une prime), diminution de la TVA sur les produits de première nécessité, niveau des retraites, augmentation du nombre de tranches pour les impôts sur le revenu, impôts sur les GAFA, chasse à l’optimisation et à l’évasion fiscales, suppression du CICE… Il est possible d’en ajouter d’autres… rétablissement de l’APL (qui semble oubliée de tout le monde), rétablissement des emplois aidés, suppression de certaines niches fiscales…

L’annonce des décisions peut être rapide. Problème : elles mettent en question la politique du président qui a dit clairement qu’il ne changerait pas de cap. Tout dépend du rapport de forces que sauront établir les Gilets Jaunes et leurs soutiens dans la population.

Les secondes veulent sur un renforcement de la démocratie et, surtout, l’instauration d’une forme de démocratie directe. Elles sont plus longues à élaborer, surtout si elles nécessitent une réforme de la Constitution.
La limitation du nombre de parlementaires et de leurs moyens ? Le président l’acceptera facilement. Il l’a déjà prévue. Elle renforce le pouvoir de l’exécutif et accentue le caractère présidentiel du régime ce qui ne constitue probablement pas un renforcement de la démocratie. La prise en considération du vote blanc ne devrait pas poser de grave problème. L’acceptation peut être rapide dans le principe.

La question est bien différente quand il s’agit du Référendum d’initiative citoyenne.
Dans le cadre de l’Union européenne, la Charte des droits fondamentaux, adoptée en 2000, assure le droit de pétition devant le Parlement européen (1 million de signatures). En France, depuis la loi constitutionnelle de 2008, le Conseil économique social et environnemental peut être saisi par voie de pétition (500 000 personnes majeures, de nationalité française ou résidant régulièrement en France). Ce droit de pétition ne semble pas avoir fait progresser la démocratie, de façon significative, ni en Europe, ni en France.
Une acceptation de principe ne suffit pas. Il est nécessaire de veiller, à la virgule, aux conditions de mise en place et d’exécution du référendum : sujets, formulations de la question, nombre de signatures... Cela suppose des mois de surveillance, de dialogue, plus ou moins conflictuel, pour que la mesure soit vraiment applicable. Et donc une vigilance des Gilets Jaunes ou de ce qui suivra sur le long terme, non quelques semaines mais quelques mois…

C’est dire l’importance de la forme que se donneront les Gilets Jaunes dans les semaines qui viennent pour se concentrer sur l’essentiel de leurs revendications : justice fiscale, justice sociale, démocratie que le président veut noyer dans une consultations tous azimuts : tous les sujets, tous les Français.
A chaque concession, si concession il y a, la même question reviendra. Faut-il arrêter le mouvement ? Peut-on le continuer indéfiniment… On l’a bien vu après le discours du 10 décembre où certains semblaient pouvoir se satisfaire des annonces de Macron.

Différentes propositions ont été avancées.

Participer aux élections européennes conduirait à la tentation de mettre au point un programme sur de nombreuses questions qui ne sont pas, de façon explicite, dans les revendications des Gilets Jaunes… d’où un risque de division. Accentué au cas où plusieurs listes se feraient concurrence entraînant à un partage des voix et à aucun élu.
De plus, d’après les sondages, une liste Gilets Jaunes enlèverait des voix surtout au Rassemblement national et à la France insoumise et renforcerait le président.

La tentative d’organisation d’une assemblée des assemblées comme celle de Commercy pourrait être une forme de coordination dans la durée pour maintenir une certaines unité sur l’analyse de la situation et son évolution. Et les contre-mesures éventuelles à prendre pour peser. Cela ne sera pas facile.

Être reçu par le président de la République renforcerait la reconnaissance des Gilets Jaunes reçus comme interlocuteurs privilégiés à condition que la délégation soit représentative de la majorité d’entre eux et ne constitue pas un facteur de division. Il est peu probable que Macron fasse des propositions alors que le Grand Débat est en cours. Si ce n’est pour tâter e terrain ou diviser.

Quoi qu’il en soit la période s’annonce difficile pour les Gilets Jaunes au moment où la campagne électorale pour les élections européennes commence dans une Union européenne en grande crise tandis que la maison brûle sans que personne en soit préoccupé.

La force des Gilets Jaunes est son indépendance mais encore plus son unité dans les revendications, justice fiscale, justice sociale, justice territoriale, démocratie qu’ils devraient faire endosser par les candidats aux élections européennes, sans relâcher leur vigilance face au président et au gouvernement.

Un peuple et son président

C’est aussi, et peut-être surtout, le soutien continu rencontré dans la population avec l’espoir que se mobilisent tous les militants qui partagent leurs buts, qui sont dans des associations, partis ou syndicats dont la crédibilité n’est guère plus grande que celle des journalistes. Et qui trouveraient là l’espoir de changer les choses.

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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 09:35
Que faisons nous pour demain ?

 

Quand la troïka s’est attaquée au peuple grec, les peuples de l’Union européenne ont compati mollement. Et laissé Tsipras et Syriza seuls...

Quand les gouvernements se sont attaqués à la loi El Khomri, au code du travail, à la Sncf… les Français ont soutenu mollement les syndicats.

Quand est venue l’élection présidentielle, défaite politique après la défaite sociale avec les déboires du couple Fillon comme divertissement…

Quand les gilets jaunes se révoltent, en dehors des clous, on nous amuse avec la violence, le boxeur… et on prépare les élections européennes et les futures répressions.

Au printemps 1968, tout a basculé quand les usines ont été occupées, cet hiver 2018, le peuple soutient les gilets jaunes et tout le monde regarde, commente BFMTV.

Le gouvernement aux abois, les politiques désorientés et les commentateurs de droite ou de gauche transforment en une campagne d’extrême droite pour les européennes. Ils privilégient les excès verbaux et inadmissibles de quelques uns au détriment des revendications de justice fiscale, sociale et politique et une lutte largement soutenue par la population, d’après les sondages, après des semaines de manifestations dures.

Il n’est plus question de convergence des luttes, sinon ça va péter, mais quand ça pète, de peur de la contagion.

Les syndicats seuls en lutte n’ont pas gagné. Les gilets jaunes peuvent-ils gagner seuls ?


 

Que faisons nous pour demain ?
Que faisons nous pour demain ?
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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 20:52
Peinture de rue, boulevard de Ménilmontant, le 8 mai 2018

Peinture de rue, boulevard de Ménilmontant, le 8 mai 2018

07/12/2018 :
Bonjour,

Hier c’était au Brésil aujourd’hui c’est chez vous. Nous avons perdu et les nuits commencent à tomber sur nos têtes. Et la France v
a où ?
Les analyses d’ici sur la France sont ambigües, et on n’a pas une opinion claire de ce qu
i se passe. Si c’est un mouvement à gauche ou à droite, etc. La manière de mobilisation nous semble tactique de la droite, mais le système économique n’aide pas la vie des gens et ils ont raisons de protester, mais pour aller où ? Et comment ? Nous sommes contre la destruction des biens culturels, mémoire de l´humanité.
Nous voudrions bien savoir ce que vous pensez de tout ça.
J’espère que vous
êtes prudents et sachez que nous sommes avec vous avec toute notre amitié et solidarité.
Abraços.

B. et M.

10/12/2018
Bonjour,
Tu me demandes ce que je pense de la lutte des Gilets jaunes et de la situation française.
Ma réponse est celle d'un parisien d'adoption qui n'a pas de télévision, qui n'écoute pas la radio et qui suit les informations sur la toile. Qui, en plus, suit assez régulièrement les manifestations.
Pour des raisons personnelles, je n'ai participé à aucune manifestation, les 17 et 24 novembre (actes 1 et 2 des Gilets jaunes et Manifestation sur la violence faite aux femmes).

Le 1er décembre (acte 3 des Gilets jaunes), je suis allé à la place de la Nation à l'appel du collectif Rosa Parks. Manifestation pour la Dignité et l'égalité en souvenir du 1er décembre 1955, où Rosa Parks, femme noire, couturière et militante des droits civiques, a refusé d'aller s'asseoir à la place située à l'arrière du bus qui lui était assignée.
Pourquoi à cette manifestation ? Parce que je vois deux types de manifestation celles qui intéressent spécifiquement, les Noirs ou les Maghrébins, où la proportion de Blancs est très faible. Et celles qui concernent les questions sociales générales où les populations d'origine immigrée sont en faible proportion. Et que pour moi, ces manifestations devraient les unes et les autres être unitaires. La division des exploités fait le jeu des exploiteurs.

Il y avait quelques centaines de personnes.

Je suis allé ensuite République à l'appel de la CGT Salariés public, privé, chômeurs et étudiants.

Ces deux manifestations ne dérogeaient pas, dans ce que j'en ai vu, de la règle énoncée plus haut.

Et le 8 décembre (acte 4 des Gilets jaunes), à celle sur le climat.

 

Je n'étais à aucune des manifestation sur les Champs Élysées.

1. Une invention géniale : celle de porter un gilet jaune. Tout les automobilistes en ont un, c'est obligatoire. Cela ne préjuge de rien quant aux opinions politiques mais simplement l'adhésion au mouvement, ici et maintenant.

2. L'utilisation des réseaux sociaux qui a permis de toucher rapidement beaucoup de monde. Réseaux sociaux méprisés par les gens sérieux sauf quand il les utilisent. Facebook (je ne l'ai plus depuis qu'ils ont vendu leur carnet d'adresse) essentiellement, et
Youtube où les gens se mettent en scène et d'où sont sorties quelques personnalités du mouvement.
Comme on cherche toujours des exemples historiques, l'utilisation des réseaux sociaux fait penser, toute proportion gardée, au rôle d'Europe n°1 en 1968 dans la mobilité des manifestants.

3. Le mouvement est parti d'une augmentation de 6 centimes de la taxe sur le diesel et 3 centimes sur l'essence. Ce qui peut sembler dérisoire. Mais qui arrive au
bon moment pour déclencher un mouvement inattendu. Plus dérisoire, mai 1968 est parti des étudiants et d'une histoire de garçons et filles en cité universitaire, dans une France qui s'ennuyait mais dont les changements en profondeur n'étaient pas toujours perçus ...

4. Cette nouvelle taxe a été le facteur déclenchant. Après de multiples mesures qui touchaient profondément l’ensemble de la société : diminution de l'aide au logement, augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) qui est proportionnelle et non progressive, diminution des retraites... Suppression de l'ISF : impôt sur la fortune, remplacée par l'impôt sur la fortune immobilière, c'est à dire suppression de l’impôt sur la richesse financière, flat tax,..

5. L'augmentation du prix du carburant touche tout le monde mais en priorité ceux qui sont obligé d'utiliser leur voiture pour aller au travail (quelquefois, deux voitures quand les deux membres du couple travaillent, pour faire des démarches, les centres administratifs ferment et sont de plus en plus éloignés du domicile : poste, allocations familiales, sécurité sociale, hôpitaux... ).

6. D'où une révolte qui touche essentiellement les gens des régions (pas des centres villes), les gens qui travaillent : pas la classe ouvrière qui n'existe plus en tant que classe mais ceux qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler alors que les transports en commun ne sont pas organisés (infirmières, mères qui travaillent, enseignants et aussi ouvriers) ou pour travailler, ceux dont c'est l'instrument nécessaire au travail (artisans...). Et qui ont quelques difficultés à joindre les deux bouts. D'où une large révolte, ce n'est pas une révolte des
Parisiens mais Paris est le champ de bataille dont on parle le plus, de gens qui viennent des régions ou des grandes banlieues (les quartiers difficiles des banlieues de Paris ne semblent pas avoir bougé).

7. Un sociologue a fait un bouquin récemment, dont on a beaucoup parlé mais dont, paraît-il les
académiques se moquaient La France périphérique. Il semble qu'il n'appartenait pas au milieu, il sortait des schémas de classe traditionnels.... Mais c'est cette France périphérique qui semble s'être soulevée.

8. Donc des couches sociales diverses qui travaillent, mais pauvres ou en voie de paupérisation ou en crainte de paupérisation. Non encadrés, ni par les syndicats, ni par les associations, ni par les partis qu'ils  contestent et assimilent aux politiques responsables même s'ils sont dans l'opposition.

9. On a voulu dénigrer ce mouvement de multiples façons :

91. En montrant du doigt les déclarations de certains : racistes, sexistes, xénophobes, homophobes... Mais ces déclarations de quelques uns n'ont pas été reprises par l'ensemble. C'est un mouvement qui regroupe beaucoup de mo
nde d'horizons, de cultures politiques ou d'absence de cultures différentes. La seule chose commune, ils ne veulent être récupérés par personne. Même pas par leurs représentants qui sont rapidement désavoués après avoir été désignés.

92. En condamnant la violence. Attribuée aux casseurs d’extrême droite ou d'extrême gauche. Malheureusement, sur les 3 ou 400 personnes interpellées, 3 ou 4 étaient fichées. Toutes les autres étaient inconnues des services de renseignement ou de la police. Alors ils essaient de séparer les raisonnables qui veulent bien négocier, des violent qui ne veulent pas. Pour le moment, cela ne marche pas.

94. La dénonciation de la violence ne marche pas. Dans les sondages, l'énorme majorité de la populations défend les
gilets jaunes. La population n'est pas pour la violence. Mais ne la rejette pas. D'après les sondages 60 à 80% des interrogés sont derrière les gilets jaunes suivant la formulation de la question.

10. Tout le monde est obligé de reconnaître que des manifestations syndicales ou politique
s, sages, n'ont obtenu aucun résultat (sur la loi travail, sur la SNCF...) et les gilets jaunes violents ont déjà obtenu des résultats d'un gouvernement qui disait les comprendre mais voulait garder le cap. Et ne savait répondre que par la répression (l'importance du nombre de grenades de tout genre utilisées a été publié...) et n'a pas su protéger, ni les commerces, ni l'Arc de Triomphe !!! La place de l’Étoile a été tenue par les gilets jaunes qui sont entrés dans le monument et même sont montés au sommet !!!

11. Le gouvernement est désemparé. Il a, d'abord, affirmé, haut et fort, qu'il comprenait les revendications mais gardait le cap. Il a commencé à céder. Dans une désunion complète. Le Premier ministre affirmait une chose, quelques heures plus tard, le ministre de la transition écologique annonçait, sur ordre de Macron, le contraire. Un ministre parlait de l'ISF, on apprenait qu'elle s'était faite réprimander en Conseil des ministres par Macron...

12. Le gouvernement essaie de jouer sur la peur. Mais c'est lui qui a peur. La population ne suit pas. Macron ne parle pas mais va à l'Arc de triomphe pour constater les dégâts, voir la police pour la féliciter et lui donner une prime, dans un préfecture attaquée... donc, à chaque fois, sans rien annoncer, seulement pour montrer les dégâts. Jamais pour faire une autocritique, pour dire quoi que ce soit en faveur de la population qui doit supporter ses mesures.

13. La plus grande victime c'est Macron. Les
gilets jaunes, la population ne s'y trompent pas. C'est lui qui est attaqué (Macron démission), c'est lui qui est insulté, sa côte de popularité est tombée, d'après les sondages, à 20%.

14. Tout le monde connaît le mépris de Macron pour les pauvres,
ceux qui ne sont rien, ceux qui coûtent un argent de dingue, ceux qui n'ont qu'à traverser la rue s'ils veulent avoir du travail, ceux qui manifestent au lieu de chercher du travail....
Depuis son élection, il est le président des riches, a pris des mesures en faveur des riches, a tenu des propos flatteurs
pour les premiers de cordée, il défiait qu'ils viennent me chercher... et maintenant il leur oppose la police et se cache derrière un gouvernement qu'il manipule... En attendant ses prochaines déclarations.

15. Jusque là, c'était assez facile pour moi (même si je dis peut-être des conneries). Mais rien n'est plus difficile que de prédire l'avenir, a dit un humoriste. Pour sortir de ce rapport de violence, rien n'est clair.
151 Macron peut démissionner : il ne le fera pas. S'il le faisait, ce serait le président du Sénat qui devrait organiser l'élection présidentielle pour le remplacer. Élection qui risque de voir une montée de l'extrême droite. Un exacerbation des tensions. Et des mesures repoussées.

152. Il peut dissoudre l'Assemblée nationale. Il ne le fera pas. Il a une majorité confortable. S'il y a de nouvelles élections, il y aura une poussée probable de l'extrême droite. De plus, tout le monde se prépare pour l'élection européenne qui aura lieu en juin 2019.

153. Il peut changer de Premier ministre pour amuser la galerie. Avec celui-ci ou un autre, changera-t-il de politique ?

154. Pour le moment, il ne semble y avoir aucune force satisfaisante prête à assurer le pouvoir ni dans la continuité, ni dans l'alternance. Le gouvernement a joué le pourrissement, il peut continuer à le faire au prix d'un certain nombre de concessions...

Je ne sais comment achever ce courriel.

Certains espéraient
que les gilets jaunes modérés  se joindraient à la manifestation sur le climat de cet après midi. J'en viens mais Anne me dit qu'il y a des affrontements sur les Champs Élysées mais pour le moment, je n'en sais rien.

Je n'ai pas parlé, faute grave, de l'évolution des revendications des
gilets jaunes, partis du prix des carburants, ils ont largement étalé leur palette de revendication. Et ce qui pouvait être considéré comme une revendication anti-écologique (annulation de la taxe écologique sur les carburants), s'est élargie aux questions institutionnelles, à la demande d'une plus grande démocratie (directe ?) et de plus en plus de monde refuse l'opposition fin de mois-fin du monde (améliorer les fins de mois, par exemple carburants moins cher au détriment de l'écologie ou l'inverse mesures écologiques quoi qu'il en coûte [surtout aux autres]). La tendance est plutôt à faire la jonction : justice fiscale ! justice écologique !

Il faudrait reposer tout ça , aussi en fonction du corset européen qui contrôle les budgets nationaux, la questions italienne, pour le budget, le Brexit, la montée de l'extrême droite dans toute l"Europe qui risque de s'accentuer lors des élections européennes de juin prochain...
Quoi qu'il se passe, il y a fort à parier que la France ne respectera pas les critères de Maastricht dans les prochains budgets… Et la Commission européenne pourra difficilement condamner la France, deuxième puissance de l'Union européenne.
Elle a déjà des difficultés à condamner l'Italie 3ème ou 4ème... Il risque d'y avoir un mécontentement des autres pays européens, devant le laxisme et l'impunité de la France, qui favorisera encore la montée de l'extrême droite...

Cet après midi je suis allé manifester pour le climat. Manifestation, non interdite de la Nation à République, maintenue malgré la demande du gouvernement et l'existence de l'Acte IV des "gilets jaunes" qui parlent des Champs Élysées, de la Concorde, de bloquer le périphérique, d'un rassemblement de soutien à Saint Lazare.
Il y avait beaucoup de monde. Certains sont venus avec des gilets jaunes. Il n'y avait pratiquement ni police, ni journaliste... Tous étaient mobilisés pour les casseurs... Ça s'est très bien passé.

Voila, c'est un peu long.
Bises à vous tous.
Paul

10/12/2018 :

Merci pour l'analyse minutieuse. Je vois que les manifs peuvent bien être organisées par les réseaux de la droite (Bannon, etc), tout en touchant les points d'insatisfaction populaire, comme montre ton analyse, mais une fois que les masses sont en route, les différents facteurs interviennent et donnent une nouvelle dimension.
Ici au Brésil, la gauche a attendu longtemps pour comprendre ça, car c'était elle qui était au gouvernement. Et la droite, appuyée par les média et la justice, avec les États-Unis derrière, ont profité pour mener une campagne pour renverser Dilma et mettre en prison Lula. Enfin, les réalités sont tout a fait différentes. Ici les manifs ont ouvert une crise à gauche, chez vous une crise à droite. Ici la droite l'a remporté, chez vous nous ne savons pas encore.
Enfin, il faut soutenir le mouvement avec des mots d'ordre d'unification et qui permettent le soutien des organisations à la base.
B.
 

Je ne suis pas sûr de comprendre ta première phrase. Mais ici, personne ne parle de l'organisation par les réseaux de droite (Bannon, etc.). Tout le monde dit que c'est une révolte spontanée. Et Marine Le Pen a échoué, pour le moment, a entraîner le mouvement contre l'immigration.

Il commence à y avoir des bruits sur des infox (Fake news) qui seraient diffusées par les Russes sur les réseaux sociaux.

IL parle à 20 heurs !!!

P.

Quelques images du jour : le 15/12/18 devant la gare Saint Lazare entre 10h et 11h30 à l'appel de différentes organisations : Attac - Solidaires - Fondation Copernic - DAL - CNDF - GDS - Ensemble - Génération-s - LFI - PG - CAC -Mouvement ECOLO - DIEM25 - NPA

 

Le rassemblement devant la gare Saint Lazare, le 15 décembre 2018
Le rassemblement devant la gare Saint Lazare, le 15 décembre 2018

Le rassemblement devant la gare Saint Lazare, le 15 décembre 2018

Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien
Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien
Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien
Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien Echange de courriels sur les Gilets Jaunes avec un ami brésilien
Banderoles, fanfare, clowns, jeune ramassant objets et papiers (a commencé seul lors de la manifestation sur le climart, ils étaient quinze à la finde la manif)
Banderoles, fanfare, clowns, jeune ramassant objets et papiers (a commencé seul lors de la manifestation sur le climart, ils étaient quinze à la finde la manif)
Banderoles, fanfare, clowns, jeune ramassant objets et papiers (a commencé seul lors de la manifestation sur le climart, ils étaient quinze à la finde la manif)

Banderoles, fanfare, clowns, jeune ramassant objets et papiers (a commencé seul lors de la manifestation sur le climart, ils étaient quinze à la finde la manif)

La police bloquait, solidement, toutes les avenues  pour empêcher les manifestants de partir en cortège vers la place de la République comme annoncé.

Police bloquant les avenues
Police bloquant les avenues

Police bloquant les avenues

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 23:36
Classes, discriminations, unité

Il fut un temps où une certaine gauche voulait tout expliquer par la lutte des classes. Abandonnée aujourd’hui, pour la lutte contre les discriminations.

En ces temps là, la lutte des classes, moteur de l’histoire, avait lieu dans les pays développés. C'était la révolution dans les métropoles qui permettrait l'émancipation des pays colonisés. Mais peu à peu, sous l'influence de la première guerre d'Indochine, de la conférence de Bandoeng (1955), des guerres d’Algérie, du Vietnam, la lutte pour les indépendances nationales a trouvé sa place. Les plus malins affirmaient que cette lutte était une forme de la lutte des classes ou une étape pour permettre ensuite le développement de la lutte des classes. Le tout teinté de contradiction principale et contradiction secondaire…
Il en était de même pour bien d’autres fronts dits secondaires comme les luttes des femmes pour l’égalité, des régionalistes, des homosexuels

Avec l’évolution de l’économie mondiale et nationale, l’importance de la classe ouvrière a perdu, ici, sa centralité : désindustrialisation (Billancourt est désormais dans les pays de l’Est, en Chine, au Vietnam ou ailleurs), essor du tertiaire, externalisation de certains secteurs des entreprises...

Avec l’affaiblissement de la lutte des classes, la lutte contre les discriminations, venue des États-Unis dans le sillage du multiculturalisme britannique, a pris de plus en plus de place dans les conflits sociaux. Et les luttes des groupes sociaux discriminés, communautés, fiertés, mémoires… ont acquis une plus grande visibilité.
Certaines de ces groupes, sous forme constituée, sont apparus récemment, au moins sur la place publique, la plupart existent cependant depuis longtemps avec pour but, la reconnaissance, le maintien, la perpétuation d’identités particulières qui sont ou se sentent minorisées, discriminées et revendiquent l’égalité des droits.

La classe ouvrière ayant perdu sa centralité, la plus grande partie de la gauche a accueilli avec une bienveillance justifiée, la lutte contre les discriminations surtout quand elle était menée par des couches de la population particulièrement défavorisées, discriminées par leur origine, concentrées dans des zones urbaines : les ghettos ouvriers, qu’on appelait banlieue rouge, parce qu’elles s’exprimaient politiquement au niveau électoral, sont devenus des ghettos ethniques euphémisés en quartiers ou quartiers difficiles qui sont, à forte proportion, d’immigrés d’origine maghrébine ou subsaharienne. Souvent regroupés dans immigration post-coloniale.
Cette population qui, souvent, n’a pas le droit de vote ou ne vote pas, est toujours aussi pauvre ou plus pauvre qu’avant, rongée par le chômage qui dure depuis des générations. Et le développement d’une économie parallèle.

Dans un premier temps, ces travailleurs immigrés ou d’origine immigrée, se sont adaptés à la société en créant des associations par nationalité, associations de fait puis de droit, à partir d’octobre 1981, quand la liberté d’association sans restriction a été rétablie. Parallèlement, les gouvernements des pays d’origine ont constitué des amicales dont le but essentiel était le contrôle de leurs ressortissants.
Ces associations de résidents étrangers par communauté nationale sont parfaitement légitimes, comme la création et l’existence de toute association qui s’insère dans la législation commune. Elles tendent à faire vivre des particularités culturelles, à maintenir les relations avec les pays d’origine et l’espoir d’un retour, à obtenir l’égalité des droits en France.

Peu à peu, le retour au pays est devenu mythique, l’installation temporaire se pérennise, du fait d’une intégration relative, du regroupement familial, de la naissance d’enfants dont la France est devenu le pays d’origine… D’autre part, la démocratisation, le développement du pays d’origine est devenu de moins en moins prévisible.

A la suite du vieillissement des travailleurs immigrés, de la présence des familles, et surtout d’enfants et de leur insertion dans l’inégalité sociale, souvent dans les quartiers les plus défavorisés, les associations ne correspondent plus aux besoins de la population qu’elles voulaient représenter, organiser. Elles ont, pour la plupart, périclité (1, 2).
Finalement, cette installation, définitive, peut-être inavouée, avec femmes et enfants, conduit à la reconstitution du mode de vie, du cadre de vie, au retour à la pratique religieuse.
Les associations ont, peu à peu, cédé le pas, aux mosquées comme foyer culturel et identitaire qui peuvent s’organiser sur une base associative (loi de 1901) ou plus rarement cultuelle (loi de 1905). Leur existence est tout aussi légale et légitime.
Certaines de ces mosquées peuvent être organisées par nationalité et plus ou moins contrôlées par les pays d’origine. D’autres sont financées par de riches pays arabes (Arabie saoudite, Qatar…) qui diffusent leur idéologie.

Avec le temps, une partie de cette population prend de plus en plus conscience de la relativité de son intégration. A travers les discriminations, plus souvent de fait que de droit (deux poids, deux mesures... pas de justice, pas de paix), au niveau de l’école, du travail, du logement, de la police (contrôles au faciès, non lieu lors des procès pour bavure policière…). Mais aussi au niveau des regards, des réflexions quotidiennes : pour reprendre Sartre, c’est le regard qui assigne une personne à une identité, ici arabe, musulmane, quelles que soient sa situation, son histoire, sa religion...

Ces discriminations quotidiennes encouragent le repli. Repli sur une appartenance, réelle ou imaginée : la nationalité d’origine qui n’offre guère de perspective, ni ici, ni là-bas, s’efface au profit du quartier, du groupe de jeunes, de l’islam, souvent mal connu, de la solidarité avec le Proche Orient (Palestine, Irak, Syrie), identification plus ethnique que religieuse ou politique. Entraînant un rejet des valeurs de la société qui ne sont pas appliquées.

Faute d’une prise en charge au niveau du travail par les syndicats, chômage qui touche les générations l’une après l’autre, par les politiques avec l’affaiblissement du Parti communiste, par des structures religieuses accueillantes comme avaient pu l’être les églises pour les immigrations précédentes, à cause d’un racisme diffus qui gomme les particularités au profit de catégories globalisantes construites, arabes, musulmans, d’une relégation dans des quartiers plus ou moins ghettoïsés, ce sont les structures politico-religieuses qui prennent la place laissée vide.

Là où la notion de classe et de lutte des classes créait une unité des couches sociales défavorisées autour de la classe ouvrière, il n’y a pas de force, d’organisation capable d’intégrer les luttes contre les discriminations dans les luttes générales contre les inégalités économiques, sociales et politiques. Pour en faire ses sujets de mobilisations fortes au-delà des statuts, des déclarations de principe et même de quelques luttes dans certaines entreprises.

Il n’est qu’à voir, dans les manifestations à Paris, la couleur des participants pour savoir quel est leur objet. Cela entraîne un affaiblissement des revendications des uns et des autres. Seuls les sans papiers s’invitent dans presque toutes les manifestations !

Distribution de repas à des jeunes mineurs isolés

Distribution de repas à des jeunes mineurs isolés

Pourtant, on peut voir l’échec de ceux qui ont voulu attirer les Gilets jaunes dans des déclarations contre les immigrés ou les étrangers, les résultats des sondages favorables au droit de vote des résidents étrangers, les multiples initiatives locales, discrètes, dont les informations parlent peu, pour accueillir des demandeurs d’asile ou aider les jeunes mineurs isolés, malgré toute les déclarations des politiques depuis plus de 40 ans contre les immigrés.

Il est permis de constater que les citoyens français, même dans des circonstances difficiles, n’ont pas abandonné leur passion d’égalité. Et l’unité est toujours possible pour faire diminuer, disparaître les discriminations et faire progresser, ensemble, les couches populaires dans leur diversité..

Classes, discriminations, unité

1. Le Mouvement des travailleurs arabes (MTA), animé essentiellement par des Tunisiens, regroupait des travailleurs originaires du Maghreb ou du Machreb.

2. Parmi les associations par nationalité, la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR) continue une activité réelle.

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