Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 09:56
Courte balade à Nantes et environs

English

Nouveau et court séjour à Nantes, occasion de se promener, une fois de plus, dans la ville, de faire quelques photos en touriste. Et un petit saut à Guérande et au Croisic.

Nantes est une importante ville touristique, la septième de France avec deux millions de visiteurs par an dont certains attirés par de multiples manifestations culturelles.
En cette mi-juin, aucune manifestation particulière et l’édition annuelle du Voyage à Nantes (30 juin - 26 août) est en préparation. Le fil vert du voyage n'est donc pas encore fonctionnel, il permet cependant de parcourir la ville et de la (re) découvrir, du Jardin des plantes et du Château des Ducs de Bretagne, sans lequel Nantes ne serait pas Nantes, à la pointe de l’île de Nantes en passant par les places Greslin, Royale, le Passage Pommeraye... 

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

Au Jardin des  plantes

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

Le Passage Pommeraye

(avec une chorale)

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

Deux périodes importantes pour la prospérité de la ville que les édiles de Nantes ont su assumer et dépasser pour aller vers l’avenir : l’esclavage, les chantiers navals.

 

Après l’esclavage

 

La Révocation de l’Édit de Nantes, en 1685, est plus connue que le Code noir, promulgué la même année. Celui-ci a permis à Nantes de devenir le port le plus important du commerce triangulaire, source de sa prospérité.
Au cours du
18ème siècle, Nantes a affrété des navires qui ont transporté 450 000 Noirs, soit 42 % de la traite française. Nantes sera la dernière place forte de la traite, en 1831, malgré les interdictions successives.


Du 17ème au 19ème siècle, la traite des Noirs occupe une place importante dans le commerce nantais et contribue à enrichir la ville et certains armateurs. A l'origine de constructions prestigieuses de la ville comme le théâtre, la bourse, des hôtels particuliers…

Tout ceci n'est ni oublié, ni caché. Une exposition permanente du Musée d’histoire de Nantes, situé au Château, explique le passé négrier, partie de l’histoire de la ville et de son identité. Et la place de Nantes dans l’Europe négrière et l’histoire de l’esclavage.


De façon plus immédiate, le promeneur peut prendre conscience de ce passé grâce au Mémorial de l’abolition de l’esclavage inauguré en 2012 sur les bords de la Loire. Qui, sans repentance, veut garder la mémoire du passé et mettre en garde pour l’avenir.

Entre pont Anne-de-Bretagne et passerelle Victor-Schœlcher, 2000 pavés-plaques de verre : 1710 avec le nom des navires et les dates de départ des expéditions négrières nantaises, 290 indiquent les comptoirs négriers, les ports d’escale et de vente en Afrique, aux Antilles, aux Amériques et en Océan Indien.
Au rythme de ses pas, le visiteur prend conscience de l’ampleur de cette tragédie.


 

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

Le Mémorial, lui-même, rappelle la longue histoire de l’esclavage et de la lutte pour son abolition, illustrée par des textes de ceux, d’origines diverses, qui ont lutté ou luttent contre l‘esclavage et ses séquelles dans le monde :

 

Un commerce d’hommes ! Grands Dieux ! Et la nature ne frémit pas ? S’ils sont des animaux, ne le sommes nous pas comme eux ? Olympe de Gouges (1788).

 

Frères et amis. Je suis Toussaint Louverture… J’ai entrepris la vengeance de ma race. Je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint-Domingue. Je travaille à la faire exister.
Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage.
Toussaint Louverture (1793).

 

La Convention nationale déclare que l’esclavage des Nègres dans toutes les Colonies est aboli… Décret du 16 pluviose an II (1794).

 

Si, comme le disent les colons, on ne peut cultiver les Antilles qu’avec des esclaves, il faut renoncer aux Antilles… Une chose criminelle ne doit pas être nécessaire.Victor Schoelcher (1842).

 

L’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d’elles. Gouvernement provisoire de la République française. Décret d’abolition de l’esclavage, article 1er, 27 avril 1848.

 

Je rêve qu’un jour, sur les rouges collines de Georgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. Martin Luther King (28 août 1963).

 

Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté, aussi certainement que je ne suis pas libre si l’on me prive de ma liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. Nelson Mandela, (1994).


 

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

Après les chantiers navals

 

La ligne verte ou la curiosité ne peuvent que mener à l’Île de Nantes.

À la fin du 18ème siècle, Nantes est le premier port de commerce français, notamment du fait du commerce triangulaire qui assure sa prospérité et le développement de la construction navale.
Les chantiers Dubigeon, fondés en 1760, vont perdurer, sous différents noms, jusqu’en 1987, date du lancement du Bougainville, construisant, successivement ou simultanément, différents types de navires, des voiliers jusqu’aux sous-marins.


 

La municipalité élue en 1989, dirigée par Jean-Marc Ayrault, hérite de vastes friches industrielles à aménager. Elle conserve l’énorme grue, le Titan jaune, symbole des anciens chantiers et se lance dans une entreprise d’urbanisation de l’Île de Nantes avec notamment Palais de justice, école d'architecture, pôle des arts graphiques, espace consacré aux musiques contemporaines…

Et les Machines de l’Île dans les anciens chantiers navals tandis qu’à la pointe de l'île, restaurants, bars de nuits, discothèques sont logés dans le Hangar à bananes, longé par les Anneaux de Buren.
Grandes attractions : le Grand Éléphant, 12 mètres, peut transporter une cinquantaine de passagers et arroser quelques badauds, le Carrousel des Mondes Marins, manège de 25 mètres de haut. En attendant l’Arbre aux Hérons (42 mètres de haut, 50 mètres de diamètre), annoncé pour 2022, où les visiteurs pourront aller de branche en branche dans des jardins suspendus ou être embarqués dans des nacelles sous les ailes des hérons...
Dans la
Galerie des Machines, on peut voir des maquettes comme celle d’une chenille géante qu'un enfant peut faire avancer, les hérons avec leur nacelle dans lesquelles des spectateurs sont invités à monter…



 

Les machines

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

La Tour Eiffel, il y a plus de 100 ans, était le symbole de la puissance industrielle. Cette conversion des Chantiers navals en constructeur de machines pour l’industrie du divertissement, avec cependant un faible nombre de postes de travail, est-elle un éléphant blanc, le chant du cygne de l’ère industrielle ? Ou, la robotique aidant, une habile évolution ?
Pour le moment, Nantes a fabriqué et envoyé en Chine un dragon, disposé quelques unes de ses créations à la Roche-sur-Yon, se propose d’exposer, à la rentrée prochaine, quelques unes de ses créations sur l’ancien aérodrome de Montaudran à Toulouse...

Alors que Nantes a obtenu le Prix de la Capitale verte de l’Europe pour 2013, après avoir été présentée en 2004 comme la ville la plus agréable d'Europe par le magazine Time, pour ses espaces verts et les nombreux cours d’eau traversant la ville.

Quelques images de la ville et de peintures murales

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

L'Île de Nantes : bord de la Loire

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

Après Nantes

Quelques images de Guérande

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs

et du Croisic

Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Courte balade à Nantes et environs
Partager cet article
Repost0
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 17:32
Cannes : des films qui donnent des nouvelles de la France (1)

Cette année, au Festival de Cannes, trois films, au moins, donnaient des nouvelles de la France : une fiction, En guerre (2) de Stéphane Brizé, et deux documentaires, La Traversée (3) de Romain Goupil et Libre (4) de Marc Toesca.

 

En Guerre, une histoire qui pourrait être dite banale, si une telle qualification ne traduisait, en plus de la grande fréquence, une certaine acceptation : la fermeture d’une entreprise avec licenciement des travailleurs. Le titre du film affirme que ce n’est pas acceptable pour Stéphane Brizé et ne devrait l’être pour personne.

Une usine de la région d’Agen : pour le patronat, un entreprise non rentable, les mêmes produits peuvent être fabriqués ailleurs, à un coût moindre, avec de nouveaux bénéfices pour la maison mère qui se porte très bien. Or, les travailleurs, dans un contrat signé 2 ans auparavant avec la direction, ont déjà accepté une augmentation de la durée du travail sans augmentation de salaire contre un engagement de la direction de maintenir les emplois pendant 5 ans, avant de revoir la question. Avec, à la clé, une aide de l’État à l’entreprise.
Les travailleurs
ne peuvent accepter cette rupture unilatérale du contrat. Avec leur syndicat, conduits par Laurent Amédéo (Vincent Lindon), ils décident d’arrêter le travail et de bloquer les stocks.
Le film est l‘histoire de cette gréve : de ses difficultés, des négociations, des conflits entre
ceux qui, avec Amédéo, veulent aller jusqu’au bout et ceux qui sont prêts à céder moyennant un dédommagement financier.

On retrouve, dans En Guerre, Vincent Lindon qui donne du poids au personnage, au milieu d’acteurs non professionnels, auxquels il est parfaitement intégré. Comme il donnait son poids de vie et de souffrance à son personnage dans La Loi du marché (5).
Entre les deux films, 2015- 2017, la situation sociale n’a guère évolué. Pesante. Mais Brizé, et Lindon, passent d’un conflit individuel à un combat collectif avec une issue peu encourageante dans les deux cas… et la solitude des personnages joués par Vincent Lindon.

La Loi du marché comme En guerre montrent les confits individuels ou collectifs, au jour le jour, et les difficultés. Et, dans En guerre, l'importance des médias qui s’indignent plus de la violence des travailleurs quand ils s’en prennent à un cadre ou un patron que de la violence du patronat quand il met au chômage des centaines de travailleurs. Tandis que l’État protège plus la liberté d’entreprendre que le droit au travail.
La fin du film, désespérée, n’est, heureusement, pas dans la tradition française. Utile pour réveiller la conscience du spectateur ? Pour le pousser à la révolte ?

Faut-il en arriver là, pour grappiller quelques avantages ? Brizé en doute-t-il qui le met dans un cadre serré, loin de tout, loin de tous, dans la dernière image ?

Cannes : des films qui donnent des nouvelles de la France (1)

La fermeture d’entreprises n’est pas un phénomène récent et d’autres films en ont déjà traité. Plus souvent sous forme de documentaire que de fiction.

L’histoire la plus emblématique est la fermeture de l’usine Lip à Besançon dans les années 70, important moment politique et social. Les actions des travailleurs de Lip ont surpris : reprise du travail, mise à l’abri du trésor des montres fabriquées, ventes sauvages et le cri autogestionnaire : C'est possible ! On fabrique, on vend, on se paie ! Entendu par les 100 000 manifestants venus exprimer leur solidarité dans les rues de Besançon.
Cette histoire est retracée dans le film Les Lip, l'imagination au pouvoir (6) à travers les témoignages des principaux protagonistes de l'époque ainsi que des images d'archive. Avec un parfum de mai 68.

Confrontés à la faillite de leur entreprise de lingerie, proche d’Orléans, les travailleurs, essentiellement des femmes, décident de créer une coopérative pour sauver leur emploi : ce que Mariana Otero a relaté dans le documentaire Entre nos mains (7).
Les problèmes sont les mêmes, les conflits sont les mêmes, juridiques, financiers, techniques, psychologiques, fonctionnement collectif, longues discussions - est-ce possible ? - Mais ils sont présentés différemment. Parce que les travailleurs sont majoritairement des travailleuses ? Par le génie de Mariana Otero ?
Comme toujours la loi du marché et les banques cassent le projet dont on a vu, un moment, qu’il pouvait être réalisé. Mais le rêve demeure. Et le film s’achève par des chansons. Demain, peut-être…

Entre 2007 (Les Lip, l’imagination au pouvoir, Christian Rouaud), 2010 (Entre nos mains, Mariana Otero) et 2017 (En guerre, Stéphane Brizé), qu’est-ce qui a changé à ce point ? Le monde ? La vision du monde ? L’utopie, l’espoir ne sont-ils plus possibles ?

 

En 2012, Françoise Davisse suit, pendant 18 mois, la résistance de 3 000 personnes de Peugeot à Aulnay dans Comme des lions (8).
Elle insiste sur l’organisation de la lutte, le souci constant et la difficulté de prendre des décisions collectivement, démocratiquement : lors des comités de grève, il y a 200 personnes et lorsqu’une personne parle, tous les autres l’écoutent... Ils ont cette capacité à prendre la parole, à rester tête haute… Ils arrivent ensemble à construire une pensée… Quand j’ai commencé à assister aux réunions, ce qui m’a assez impressionnée et touchée, c’est la capacité des ouvriers à penser ensemble... Pour Françoise Davisse, la question de fond est : Que peut-on faire ? Comment décider démocratiquement ?

La lutte s’achèvera par la fermeture du site d’Aulnay mais avec une amélioration des conditions de départ.

 

Merci Patron (9) mérite une place à part. Il traite la question d’une tout autre façon. C’est une performance qui fait entrer dans les coulisses du tournage d’une histoire vraie, suscitée et filmée par François Ruffin. Cette comédie documentaire (10), ce documentaire de guérilla (11) a été réalisé avec la complicité de Jocelyne et Serge Klur, couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison, suite à la fermeture de l’usine du Groupe LVMH, près de Valenciennes, dans laquelle ils travaillaient et qui a été délocalisée en Pologne.

Ce film du journaliste-cinéaste, aujourd’hui député, est, contrairement aux précédents, individualiste, facétieux, ridiculisant, bernant les adversaires. C’est une satire sociale qui fait mouche et emporte le rire des spectateurs. Et qui fait gagner le couple Klur.


 

Cannes : des films qui donnent des nouvelles de la France (1)

Pour La Traversée, Romain Goupil et son comparse, Daniel Cohn-Bendit, figures de mai 68, ont parcouru 15 000 kilomètres de route à la rencontre des Français, sans vouloir rien prouver, à la recherche de la France réelle !

Le voyage commence cependant par les chantiers de Saint-Nazaire où se sont déroulées des luttes importantes dans le années 60, des entreprises paysannes… qui permettent à Daniel Cohn-Bendit de rencontrer des actifs ou retraités fiers de leur métier ou de leur ancien métier.
A Carcassonne, en 2012,
la direction décide de délocaliser la production de crèmes glacées. Après un an de conflit, 19 salariés obtiennent l'autorisation de poursuivre l'activité. Pour cela, les salariés doivent faire des sacrifices. Chacun verse 5 000 euros et la totalité de ses droits au chômage. Un gros investissement et un pari fou pour ces nouveaux entrepreneurs : C'était peut-être un risque, mais c'était du travail. Cette séquence sur La belle Aude, entre en résonance avec Les Lip et Entre nos mains… à une échelle bien moindre, 19 salariés, mais aussi avec un succès qui dure encore

La seconde partie de La Traversée, sans vouloir rien prouver, est plus politique. Nos héros modernes courent de grands risques en s’aventurant dans une zone où le portable ne passe pas pour affronter une assemblée d’adhérents et de sympathisants du Front National... qui vont profiter de la tribune qui leur est offerte.

Comme Robert Ménard, le maire de Béziers, à qui ils reprochent une surprenante évolution politique, eux qui sont passés du Mouvement du 22 mars ou de la LCR au soutien d'Emmanuel Macron !!

Mais le sommet est atteint avec une séquence de 7 minutes que certains déclarent, déjà, séquence culte.

Romain Goupil et Daniel Cohn-Bendit discutent de savoir s’ils doivent interroger Emmanuel Macron et, éventuellement, où…. Les deux anciens de Mai 68, les deux compères se chamaillent devant la caméra, devant les spectateurs, pas seulement...
Il faut se décider maintenant Romain… Comment on fait avec Emmanuel : on va à l’Élysée ou pas ?
C’est plein de dorures l’Élysée, ça n’est pas neutre ! On sera dans la révérence si on y va. On va perdre l’insolence du film !

On n’a guère vu de l’insolence jusque là.

Un léger mouvement de caméra permet de dévoiler que cet enregistrement a lieu dans un café de Francfort (Allemagne) en présence de… Emmanuel Macron. Qui apparaît en majesté. La scène est savoureuse. L’effet de surprise est là. Parfaitement réussie. Pour la première fois, un président de la République en exercice joue son propre rôle dans un film. Et on se tutoie. Connivence avec le président. Insolence envers le spectateur. Magnifique coup de com, le président vient répondre dans un café. Comme, hier, le président Giscard allait déjeuner chez des éboueurs. Nos présidents sont près du peuple !

La question insolente arrive sur l’accueil des demandeurs d’asile, des réfugiés… Offrant au copain-président de la République la possibilité de dérouler son discours habituel sur l’accueil, sur sa vision de la France…
Daniel Cohn-Bendit ne s’y trompe pas quand il dit : Il n’a fait que nous dire ce qu’il pense depuis toujours. Pouvait-il en être autrement ?

Cet entretien rappelle étrangement le débat entre Emmanuel Macron et les journalistes Edwy Plénel et Jean-Jacques Bourdin dont la mise en scène était signée des communicants de l’Élysée, reproduite ici sur un mode mineur : même triangle mettant en valeur le président, discussions sur le lieu de l’entretien, Élysée ou non, impertinence, on ne parle pas au président de la République mais à Emmanuel Macron. Ici, on le tutoie ! Si quelqu’un se joue des codes, c’est bien Emmanuel Macron qui les change quand il veut, comme il veut avec toujours l’avantage de son statut jupitérien : Il l’a fait par amitié pour Daniel Cohn-Bendit dit-on à l’Élysée.

C’est dommage que Romain Goupil et Daniel Cohn-Bendit, au lieu de mettre leur vieille gloire au service de leur ami président, n’aient pas continué leur voyage en allant du coté de la vallée de la Roya ou de Briançon. Daniel Cohn-Bendit qui a su franchir des frontières, il y a bien longtemps, clandestinement, aurait pu apporter un témoignage et un soutien à ceux qui sont poursuivis aujourd’hui.

Passer du nous sommes tous des juifs allemands au nous sommes tous des demandeurs d'asile,,,, aurait été un beau geste de transmission de la solidarité, du nécessaire délit de solidarité.

Cannes : des films qui donnent des nouvelles de la France (1)

Heureusement, à Cannes, il y avait Libre, le film de Michel Toesca pour parler de la vallée de la Roya, frontalière de l’Italie. C’est l'histoire du combat de Cédric Herrou et d’autres, pour l'accueil et la protection de migrants dans cette vallée. Cédric Herrou cultive des oliviers. Des candidats à l’immigration arrivent d’Italie. A pied. Il leur offre un refuge. Avec d’autres, il les aide à aller à la préfecture des Alpes-Maritimes pour qu’ils puissent, conformément à la loi, déposer une demande d’asile. Ou si ce sont mineurs isolés, obtenir une prise en charge, conformément à la loi. Mais cela ne plaît pas au gouvernement qui ne pense qu’à renvoyer tout le monde, sans examen, vers l’Italie.

Et utilise pour cela les forces de l’ordre. Contre la force de la loi. Cédric Herrou est mis en examen pour aide au séjour, délit de solidarité.

 

Un certain cinéma donne des nouvelles de la France


 

 

1 – Thierry Frémaux a parlé des films qui donnent des nouvelles du cinéma et du monde (1)

2 - En Guerre de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon, en Compétition à Cannes 2018

3 - La Traversée de Romain Goupil avec Daniel Cohn-Bendit, 139 mn, documentaire, Cannes 2018 Séances spéciales

4 - Libre (To the four winds) de Michel Toesca, 2018, 100 mn, documentaire, Cannes Hors compétition, Mention spéciale de lu jury de l’œil d’or

5 - La Loi du marché de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon, Cannes 2015 (prix d’interprétation Cannes 2015 et César 2016)

6 - Les Lip, l'imagination au pouvoir de Christian Rouaud, documentaire, 2007, 118 mn

7 - Entre nos mains de Mariana Otero, 2010, 88 mn, documentaire

8 - Comme des lions de Françoise Davisse, 2016, 115 mn, documentaire

9 - Merci Patron de François Ruffin, 2016, 84 mn, César du documentaire, 2017

10 - Jacques Mandelbaum, Le Monde, 22/02/16
11 – New YorkTimes, 12/04/17


 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 10:31
Que la Marée monte

English

Après chaque manifestation, les discussions tournent autour du nombre de participants. Avec des estimations diverses, inconsistantes, toutes soupçonnées, à plus ou moins juste titre, de mensonges. Partant de là, les commentaires des journalistes, des syndicalistes, des politiques sont un exercice qui vise plus à satisfaire les mandants qu’à ouvrir des perspectives en fonction de la réalité.

Lors de réunions ou à de petites manifestations où il est possible de compter les participants, il est facile de constater que les organisateurs déclarent des nombres supérieurs à la réalité, le plus souvent du simple au double, pour ne pas désespérer… Pour des événements concernant quelques dizaines ou quelques centaines de participants loin des masses et de Billancourt… La vérité est révolutionnaire mais… dans certaines limites.

Les chiffres ont 2 fonctions. La première : satisfaire les participants, montrer que la décision était la bonne, qu’on gagne, qu’on a gagné... La seconde : vérifier, établir un rapport de force plus favorable.

Le gouvernement et, il faut espérer les syndicats et les politiques, font leur analyse non en fonction des chiffres proclamés mais des chiffres plus proches de la réalité.

Pour ceux qui veulent faire des commentaires à partir de la réalité chiffrée, ce ne devrait pas être très compliqué. Notamment pour comparer le degré de mobilisation.
Concernant Paris, on disposait, jusque là, des chiffres de la préfecture de police et de ceux des organisateurs qui différaient parfois de 1 à 4 ou 5, permettant de satisfaire, d’encourager les militants… Depuis quelque temps, les observateurs disposent des comptages faits par une entreprise privée pour un groupe de journaux de droite et de gauche…

Certes ces résultats ne sont pas d’une fiabilité absolue. Et de ce point de vue, la société Occurrence qui annonce, pour le 12 septembre 2017, 29 329 manifestants, à l’unité près, contre la réforme du Code du travail à Paris, tombe dans le ridicule absolu. Mais en admettant une erreur de 10 % dans les comptages de la Préfecture de police et d’Occurrence, les résultats de ces deux comptages ne sont pas très éloignés et en tout cas plus proches que celui des organisateurs : 60 000.
Immédiatement, l’indépendance et l’orientation des journaux commanditaires et de l’agence ont été contestées. Et la méthode utilisée. Il n’avait jamais été autant questions des méthode de comptage de la police et bien entendu encore moins de celles des organisateurs…
La réflexion et le sens des manifestations est en partie masqué par ces commentaires sur le comment des comptes qui évite de parler du pourquoi des manifestations et de leur importance relative. Ce qui vient s’ajouter au brouillage dû à l’action des Black Blocs dont on énumère plus les effets matériels et le comment ils agissent que le pourquoi....

Est-il si nécessaire de connaître le nombre exact de participants ? Pour avoir des bases solides de réflexion, ne suffit-il pas de prendre les séries de chiffres produits par les mêmes sources (Tableau 1). C’est facile à faire pour celles de la Préfecture de police et d’Occurrence. Plus difficile pour les nombres proposés par les organisateurs surtout s’ils sont différents suivant les manifestations car leur capacité imaginative est différente. Quelquefois en concurrence.

Tableau 1 : Participation aux différentes manifestations du printemps 2018 suivant différentes sources de comptage.

Date

Police

Organisateurs

Occurrence

22/03/18

49 000

65 000

47 800

24/04/18

11 500

50.000

15.300

01/05/18

34 500

55 000 CGT

 

05/05/18

40 000

160 000 FI

38 900

22/05/18

15 000

50 000 FO
30 000 CGT

16 400

26/05/18

21 000

80 000 CGT

31 700

Pour les manifestations de ce printemps, suivant les chiffres de la Préfecture, c’est la manifestation du 22 mars qui a connu la plus importante participation, suivie de celle du 5 mai (La Fête à Macron), ce que semble confirmer le dénombrement d’Occurrence. Et pour les deux, Préfecture et Occurrence, le 5 mai a réuni plus de monde que le 26…

Reste à expliquer ces mathématiques post-modernes inventées par la gauche où 500 + 500 = 400 ! François Ruffin et Dominique Lordon, suivis surtout par la France insoumise, réunissent plus de monde le 5 mai que les 65 organisations, dont la France insoumise, regroupées derrière ATTAC et la Fondation Copernic !

Faut-il attribuer le succès de la Fête à Macron, au facteur personnel de François Ruffin associant jeunesse, méthodes nouvelles, apparition récente dans le monde politique ? A la forte mobilisation de la France insoumise…
Ou la moindre mobilisation de la Marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité du 26 mai, à une forme plus traditionnelle, à un appel unitaire avec les arrière-pensées de chacun, les conditions de cette unité, ensemble mais chacun chez soi… à la lassitude devant les manifestations répétées, les grèves qui perdurent sans apparent fléchissement du gouvernement et du président ?

 

Que la Marée monte

Quoi qu’il en soit, la journée du 26 a été celle d’une manifestation nationale importante. Par le nombre de participants à Paris, même si on aurait souhaité qu’il fut plus élevé… Mais même si ce qui se passe à Paris a toujours un écho plus important, le 26, la Marée était aussi organisée dans 190 villes en France alors que le 5 mai n’avait lieu qu’à Paris. Dans une relative union d’associations, de syndicats (même si tous n’étaient pas là...) et des partis politiques de gauche, union relative parce que ces organisations étaient dans le défilé mais non ensemble.

 

Classiquement, à Paris, les manifestations sociales, politiques contre les nationalisations, les attaques de la sécurité sociale..., sont largement blanches, les populations des quartiers ne participent pas ou peu. Une touche de couleur est souvent apportée par la présence des groupes de sans papiers ou des membres de la CGT ou de Droit au logement. Les proportions sont inversées quand il s’agit de luttes contre les contrôles au faciès, les discriminations, les dérapages policiers. Ou pour revendiquer un mémorial pour les victime de l’esclavage.....

Cette fois, le comité Adama avait appelé à participer et à prendre la tête du cortège. Les quartiers populaires n’ont pas débarqué en masse mais c’est un début.


 

Que la Marée monte

Tout un chacun sait, maintenant, que le président de la République a choisi son camp, qu’il attaque les masses populaires sur tous les fronts, en même temps. Que c’est le même président qui accentue la désertification des campagnes (suppression de services hospitaliers, de bureaux de poste…), pourchasse les demandeurs d’asile, comme les gouvernements précédents, abandonne les quartiers avec la mise dans un tiroir du rapport Borloo qu’il avait demandé, démantèle le code du travail, diminue le nombre de fonctionnaires, les emplois aidés et les budgets sociaux, s’attaque aux donneurs d’alerte, supprime l’APL, privatise et diminue les impôts au profit des plus riches...

 

Le 26 mai a été le premier pas, il faut espérer que les organisations sociales, syndicales et politiques ont conscience de l’attente de toutes les catégories de population.
Pour que la Marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité
monte, de tous les cotés, de toutes les catégories sociales, en même temps.

Quelques images de la manifestation

Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Que la Marée monte
Partager cet article
Repost0
25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 21:07
Aux victimes de l’esclavage colonial

English

Le 23 mai 1998, était organisée une Marche pour honorer la mémoire des victimes de l’esclavage colonial. Cette marche a amené des milliers de personnes de la place de la République à la place de la Nation et a eu un rôle important dans l’adoption de la loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’Humanité et dans les actions qui ont conduit à faire du 10 mai, la Journée Nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage et du 23 mai, la Journée Nationale en hommage aux victimes de l’esclavage.

Le Comité Marche du 23 mai 1998 (CM98) organisait, le 23 mai 2018, une manifestation silencieuse de la place du Louvre à la place de la République :

Hier nous marchons pur nos aïeux, aujourd’hui nous marchons pour nos enfants.

Le matin, des cérémonies républicaines ont eu lieu dans différentes localités de l’Île de France : Creil, autour du monument des noms d’esclaves, Meaux,

Place Aimé Césaire, Grigny, Esplanade des droits de l’homme, autour du monument des noms d’esclaves, Saint-Denis, Monument aux Esclaves, Villeneuve Saint Georges, Sarcelles, autour du monument des noms d’esclaves, Marly-la-Ville, Garges les Gonesses, Rond Point Louis Delgrès, Villiers-le-Bel, Gonesse, Parvis de la Commémoration de l’Abolition de l’Esclavage. 

Place du Louvre a eu lieu une brève cérémonie de préfiguration du Mémorial des noms d’esclaves, animée par Greg GERMAIN, acteur et directeur de théâtre à laquelle ont pris la parole plusieurs personnalités dont le président de CM98, le Serge ROMANA, Professeur de médecine à Paris Descartes, Audrey PULVAR, Dominique SOPO, président de SOS Racisme, Mari-José ALIE, Aissa Maiga, le représentant d’Anne Hidalgo... et Christiane TAUBIRA, ancienne ministre de la justice qui a prononcé un discours remarquable.
La Marche s’est terminée par un spectacle Place de la République et d’autres prises de parole.

Le CM98 a mis en place un atelier de généalogie et a retrouvé les noms de 120 000 personnes affranchies et nommées en 1848 : 213 d’entre eux sont exposés sur des monuments à Sarcelles et à Saint-Denis, 1700 sur les Livres des Noms, aux Abymes en Guadeloupe. Cet atelier a permis à de nombreux Antillais de retrouver la trace de leurs ancêtres africains ainsi que l’origine de leur nom.

Le CM98 se déclare pour une mémoire de l’esclavage apaisée, débarrassée des ressentiments et permettant la Réconciliation des descendants d’esclaves avec les descendants d’esclavagistes… Il prône la fraternité contre le racisme qui trouve, en partie, ses origines dans l’esclavage colonial et la colonisation.

Les noms de ceux, Noirs ou Blancs qui ont contribué à cette abolition, sont plus ou moins connus : les victimes de l’esclavage ont disparu de l’histoire.

Le CM98 a obtenu la création d’un Mémorial au jardin des Tuileries, avec les noms attribués aux esclaves devenus libres après le décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848.

Quelques images

 

Le Président Serge ROMANA,

Aux victimes de l’esclavage colonial

Quelques intervenants

Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial

Sur la place du Louvre

Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial

Le défilé

Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Aux victimes de l’esclavage colonial
Partager cet article
Repost0
24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 15:11
CANNES 2018  Le cinéma, la vie

English

Cinquante ans après, d’aucuns auraient voulu un hommage, une commémoration ou même un remake de MAI 68. Mais Cannes 2018 a été, simplement, dans l’actualité de la vie du monde même si Me Too peut être considéré comme une réplique lointaine ou une part inachevée des événements de mai 68.

 

Les films présentés à Cannes sont souvent un écho de l’histoire, des histoires, du monde. Cette année, même le Palmarès en témoigne et certains semblent le regretter. Cannes n’aurait plus la montée des marches de jadis et d’ailleurs, manquerait de glamour...

 

Le cinéma est aussi une industrie conditionnée par les moyens techniques et financiers ouvrant la voie à de nouvelles façons de raconter et diffuser des histoires, RV, selfie, VàD...

 

Menaces ou perspectives pour le cinéma et le Festival ?

 

 

Me Too et Cannes

 

Me Too a explosé aux États-Unis. Le phénomène a touché/coulé Harvey Weinstein, énorme personnalité qui a régné longtemps sur le cinéma et à Cannes, au vu et au su de beaucoup qui se sont accommodés de son comportement.
Les réactions cannoises suffiront-elles,
non pour effacer ce passé mais pour changer les choses ?

 

D’autres personnalités du cinéma ont ensuite été mises en cause surtout aux États-Unis… Peu, pour le moment, en France, avant ou après Weinstein.
A Cannes, une des premières à avoir pris clairement la parole, l’actrice Asia Argento est revenue sur le viol dont elle a été victime : « En 1997, j'ai été violée par Harvey Weinstein, ici à Cannes. J'avais 21 ans. Ce festival était sa chasse gardée ».
Elle est allée plus loin : «Toute une communauté lui a tourné le dos, même ceux qui n'ont jamais dénoncé ces faits. Et parmi vous, dans le public, il y a ceux que l'on devrait pointer du doigt à cause de leur comportement envers les femmes, un comportement indigne de cette industrie, de n'importe quelle industrie. Vous savez qui vous êtes. Plus important encore, nous, nous savons qui vous êtes ».

 

Menace réelle ? Certains ne doivent pas être tranquilles. Les récentes accusations contre Luc Besson montrent que ce n’est pas fini. Au moment où, choix malheureux, le Grand bleu était repris au Cinéma de la plage à Cannes en hommage à son réalisateur.

 

Mauvais affaire pour le Festival qui tente d’avancer au-delà de l’affaire Weinstein et de faire oublier les commentaires répétés, à chaque festival, sur le nombre insuffisant de femmes en compétition, en récompenses ou comme membres du jury.

 

Cette année, les femmes étaient majoritaires dans tous les jurys du Festival, 16 contre 9, et une femme présidait le jury de la Compétition et celui de la Caméra d’or.

Les chiffres, concernant les œuvres de femmes sélectionnées, sont moins favorables, 15 % (contre 5 % en moyenne depuis la création du Festival), 20% toutes sections confondues (Compétition, Un certain regard, Hors compétition, Séances spéciales, Cannes classics, Cinéma de la Plage). Quant aux récompenses, et toutes n’ont pas la même valeur, 5,5 ont été attribuées à des hommes (Palme d’or, Grand prix, Mise en scène, Scénario ex-æquo, Palme d’or spéciale, Caméra d’or) et 1,5 à des femmes (Prix du jury, Scénario ex-æquo).

 

Le Festival a été marqué par différentes manifestations : journée consacrée à la place des femmes dans le Septième Art, publication d’une trentaine d’idées visant l’égalité des chances (Le Lab Femmes de cinéma) ; table ronde sur la représentation des femmes au cinéma (Nespresso Talents) ; conférence sur la parité dans l’exploitation (Rendez-vous des exploitants Art et Essai) ; Woman in Motion pour la mise en avant des talents féminins (Kering) ; colloque sur l’avenir de Me Too (Swedish Film Institute) ; prise de parole de Cate Blanchet, présidente du jury et d’Agnès Varda avant la projection de Filles du soleil ; montée des marches, organisée par le Collectif 50/50 pour 2020, de 82 femmes actrices, réalisatrices, techniciennes, productrices, scénaristes, exportatrices, distributrices, agentes, qui se sont arrêtées à mi-parcours pour symboliser le blocage de l’échelle sociale et professionnelle : 82, le nombre de films réalisés par des femmes et sélectionnés en compétition depuis la création du Festival, soit moins de 5 % du total ; montée des marches d’un groupe de 16 femmes noires habillées par le même couturier : Noire n’est pas mon métier…

 

Et surtout la signature par Thierry Frémaux (Festival), Paolo Moretti (Quinzaine des réalisateurs), Charles Tesson (Semaine de de la critique) d’une Charte qui sera proposée à tous les festivals internationaux sur les procédures de sélection des films, notamment la transparence des membres des comités de sélection et des programmateurs (1).

 

Par ces initiatives, le Festival et le cinéma en dépassant leur rôle de témoin ou de précurseur pour s’impliquer directement dans le mouvement sociétal en cours, ont-ils trouvé une façon de rebondir positivement ?


 

 

CANNES 2018  Le cinéma, la vie

De quelques films

Le programme de ce 71ième Festival de Cannes a été généralement salué pour sa qualité et sa diversité, même si aucun film n’a fait l’unanimité, ni écrasé tous les autres ou annoncé une nouvelle façon de faire du cinéma. Certains ont déçu, aucun n’a scandalisé. Les prix attribués ont pu être discutés mais n’ont pas entrainé de réelle contestation.

 

Le Festival, toutes catégories confondues, a continué à donner un important écho aux affaires du monde, notamment mais pas seulement, à la place et au rôle des femmes dans la société, dans des sociétés bien différentes.

 

Dans le cadre de Cannes classics, un film Be natural : the untold story of Alice Guy-Blaché (Soyez naturel : l’histoire inédite d’Alice Guy-Blaché) raconte la vie d’Alice Guy, née en 1873, à Saint Mandé. Secrétaire au Comptoir général de la photographie de Léon Gaumont, elle crée en 1896, La Fée aux choux, la première fiction du cinéma. Elle tourne ensuite plus de 200 films de tous les genres : comédie, fantastique, poursuites… Invente des effets spéciaux : ralenti, accéléré, surimpression, fondus… Envoyée aux États-Unis, elle aurait créé entre 1000 et 8000 films : on en connaît seulement près de 150 aujourd’hui… (2).
En 2016, Cannes classics avait déjà fait connaître le rôle des femmes dans les débuts du cinéma à Hollywood : Et la femme créa Hollywood (3).

 

Au delà de ces reconnaissances tardives, des films réalisés par des femmes ont été présentés comme Les filles du soleil, sur ces femmes kurdes qui luttent contre les djihadistes pour libérer leur ville et retrouver leur famille. Ce film a peu été apprécié par la critique à Cannes (4).

 

Sofia, le film de la réalisatrice marocaine Meriem BenM'Barek raconte la situation difficile d’une jeune femmes, enceinte, hors mariage, qui va berner toute la famille, sauver l’honneur et arranger les affaires de tout le monde sauf, peut-être, de celui qu’elle épouse (5).

 

Dans Se rokh (qui serait mieux traduit par Trois portraits que par Trois visages), une jeune fille d'un village dans une région retirée turcophone d'Iran, rêvant de devenir actrice, a envoyé son suicide filmé à une actrice célèbre qui n'a pas répondu à ses multiples messages précédents : appel au secours pour l'aider face aux oppositions familiales qu’elle rencontre. L'actrice perturbée abandonne aussitôt le tournage (6).
Les
Trois visages sont ceux d’une jeune fille rejetée par le village qui se consacre à la peinture, on ne la voit guère, celui de l'actrice culpabilisée et celui de la suicidée. Le film montre aussi la méconnaissance du milieu populaire et rural par une actrice qui les fait rêver et quils connaissent tous. Et l'aide qu'attendent les villageois dés qu’ils voient dans leur village une possible autorité.
Jafar Panahi ouvre le film en donnant à un selfie un rôle dramatique : pour la première fois au cinéma ? Ce cinéaste qui a des problèmes avec le gouvernement iranien a déjà utilisé les nouvelles techniques, pour déjouer la censure. Avec un téléphone portable, il a réalisé, à moindre frais, 20 000 euros, Taxi Téhéran et donné une vision de la ville de Téhéran au gré des courses... (7).

 

Todos lo saben, film d’un autre Iranien, Asghar Farhadi, était aussi en Compétition. Tourné en Espagne et en espagnol, il risque d'être distribué en France sous son titre en anglais (Everybody knows) !
Laura revient d’Argentine avec ses enfants pour le mariage de sa sœur qui réunit toute la famille sauf son mari qui n'a pu venir pour des raisons matérielles. Le déroulement du mariage (à noter des prises de vue par drone de la noce) est perturbé par l’enlèvement pour une rançon de la fille de Laura. Cherchez la femme...
Événement révélateur de ce que tout le monde sait dans le village mais sur quoi le silence règne depuis 16 ans et le départ de Laura avec son mari pour l'Argentine. Révélateur des sentiments longtemps cachés au sein d’une famille jusqu’à ce qu’éclatent les problèmes d’argent. Film sur l'amour, l'amour paternel, la filiation, l'argent… et l'engrenage du mensonge malgré le temps qui passe…
Les premières minutes permettent au réalisateur d'indiquer ses intentions : espace clos dans le clocher, engrenages, horloge, mariés vus à travers les barres du balcon ou des grilles… (8).

 

Dans Girl (9), Viktor, 15 ans, veut, à tout prix, devenir fille et danseuse, avec l'appui de son père. Il est pris en charge par une équipe médicale pour un traitement hormonal avant une intervention chirurgicale. Tout en suivant des cours exigeants de danse. Bien que très belle jeune femme pour ceux qui la regardent, ce n’est facile ni au niveau physique, ni au niveau psychologique.
The Danish Girl avait déjà raconté l’histoire d'amour de Gerda Wegener, jeune homme marié, première personne à avoir subi une opération chirurgicale, malheureuse, pour changer de sexe en 1930 (10).

 

Dans Laskovoe Bezrazlichie mira, (La tendre indifférence du monde), à la mort d’un propriétaire terrien, au Kazakhstan, la veuve oblige sa fille étudiante en médecine ayant interrompu ses études pour aider son père, à se rendre chez son oncle qui la mariera pour racheter les dettes du père.
Elle part à la ville, accompagnée de son amoureux d'enfance mais
malgré leur courage, ils narriveront pas à échapper à loncle et à ses amis corrompus (11).

 

Dans Manbiki Kazoku (Une affaire de famille), un père et son fils, après quelques larcins alimentaires, ramènent chez eux une fillette victime de sévices familiaux. Elle entre dans une famille accueillante, grand-mère, parents et un garçonnet. Une famille qui vit de petits vols et des revenus occultes de la grand-mère.
Ce film rappelle le néoréalisme italien : une famille unie, chaleureuse, dans une pauvreté affrontée par une délinquance mineure… Elle va être déstabilisée par la justice et la découverte d’un lourd passé (12).

 

Yomeddine (13) : à la mort de son épouse, Beshay, lépreux guéri mais défiguré que son père a déposé à la léproserie et n’est jamais venu rechercher malgré sa guérison, décide de revenir chez lui. Avec sa vieille charrette tirée par un âne qui mourra en route, accompagné par un jeune Nubien, orphelin, il va entreprendre un long voyage plein d'incidents… Malgré tout, ils arrivent au but et retrouvent le père.
Les deux héros sont effrayés, devant le choix qui s'offre à eux : se réinsérer dans un monde normal qu'ils ne connaissent pas, qui ne les connaît pas et où ils doivent se faire une place. Ou revenir dans le cocon malheureux où ils étaient connus et reconnus. Retrouver leur identité administrative oubliée ou conserver l'identité vécue depuis des années.
Sur un thème proche,
La route sauvage (Lean on pete), film étasunien sur les écrans actuellement, raconte la longue marche d’un jeune qui quitte un père inconsistant et un milieu défavorisé, avec un cheval quil a sauvé de labattoir et qui meurt par le chemin. Plus optimiste, le jeune retrouve une tante lointaine qui lui donnera la chaleur d'un foyer (14).

 

Il est question d'une tout autre jeunesse dans Weldi (15). Samir, jeune Tunisien, prépare son bac mais quelques difficultés surgissent, migraine, vomissements, qui inquiètent les parents. Trois jours avant l'examen, il disparaît… parti en Syrie. Face à l'appel au djihad, les parents, la société n'ont à offrir qu'une petite vie familiale médiocre où il nest question que de crédits, de promotion, de plan cul, tout un mode de vie dont les appels au djihad dénoncent l'hypocrisie
F
inalement, Samir ne montrera des signes de bonheur que lorsquil présentera lui-même, par Facebook, sa vie familiale, son enfant, à ses parents. Mais en Syrie....

 

Autre pays, autre jeunesse, autre violence dans El Angel, d'après une histoire vraie. Un jeune de la petite bourgeoisie argentine, voleur par vocation, s'enfonce dans une délinquance de plus en plus grave avec des meurtres multiples (16).

 

Climax commence par une longue et magnifique séquence de hip-hop, lors d'un stage de danse. Au buffet, la sangria enrichie au LSD, ce que personne ne semble savoir, va déclencher un long délire collectif et douloureux… Omar n’a pas voulu boire... (17).

 

Carlos Diegues

Carlos Diegues

Carlos Diegues

Dans O grande circo mistico (Le grand cirque mystique) de Carlos Diegues, Fred dont on célèbre le doctorat, apprend qu'il n'est pas le fils de la mère qui l'a élevé mais d'une amie de la famille, impératrice vierge, exilée. En dédommagement, il obtient un cirque pour la belle quil aime. Ce cirque, avec quelques belles scènes, bien filmées, sera transmis, de fille en fille, à travers des filiations hasardeuses jusqu'au 21ième siècle. Et se terminera par un gracieux vol de jumelles trapézistes dans une société où le château de l'impératrice vierge est devenu un grand parking. Il faut aller très bas pour atteindre une certaine grâce (18).

Dans Dogman, film italien, Marcello tient un magasin de toilettage et de gardiennage de chiens et arrondit ses revenus en revendant de la cocaïne à son ami, Simoncino, ancien boxeur, qui l'entraîne dans un casse. Ne voulant dénoncer son ami, il écope d’un an de prion. À sa libération, il demande à Simoncino sa part de butin. Mais doit faire face à un puissant complice qui ne veut rien entendre. Pour s’en débarrasser, il sait utiliser les instruments de son métier... (19).

 

Spike Lee, Blakkklansman, raconte, avec humour, l’histoire vraie d’un Afro-américain qui s’engage dans la police et est d’abord chargé de taches administratives. Insatisfait, il est muté pour infiltrer les milieux indépendantistes afro-américains et tombe amoureux de la belle présidente du mouvement étudiant. Il refuse de suivre la ligne des suprématistes noirs et décide d’infiltrer le KKK par téléphone, relayé par un collègue juif pour la participation physique.
En prise avec l'actualité, le film s'achève sur les manifestations racistes de Charlottesville et sur Donald Trump... (20).

 

The state against Mandela and the others, procès de Nelson Mandela et de ses coaccusés à travers des images d'époque, les déclarations de survivants. Le procès proprement dit, interrogatoires au tribunal, déclarations enregistrées des accusés, est illustré par des dessins en noir et blanc (21).

 

Samouni road relate lopération plomb durci d'Israël dans le territoire de Gaza pendant laquelle 25 personnes de la famille Samouni ont été tuées.
Le film, longuement applaudi, reconstitue remarquablement cette opération et ses conséquences à travers des documents de larmée israélienne et des récits de la famille des victimes. Le film est illustré par des images animées et sa bande son est d'un réalisme terrifiant… (22).

 

Dans Zimna Wojna, film en noir et blanc, un musicien et une professeure de danse constituent une école pour reprendre chants et danses populaires de Pologne. Ils obtiennent un tel succès que les autorités les poussent à mettre leurs talents au service le la Révolution, du Parti, de Staline… La professeure de danse refuse mais non Wiktor, le musicien. Amoureux d’une chanteuse particulièrement douée, il mène à bien son entreprise. Ce qui leur permet de voyager. Ils décident de passer à l’Ouest mais seul Wiktor part pour Paris. Où, là encore, il choisira pour vivre les compromissions. Ils se retrouveront, se quitteront… Il finira par repartir pour la retrouver en Pologne mais…
Amour passionné dans des situations qui le rendent impossible… (23).

 

Dans Leto (L’été), des jeunes, avec Mike, ont constitué un groupe musical qui rencontre un succès certain à Leningrad sous le regard inquiet de certaines autorités. Arrive un nouveau groupe avec Viktor, au visage eurasien, plus doué, ce que perçoit tout de suite Mike, alors au sommet de sa gloire. Concurrence musicale, concurrence auprès de Natacha...
Leto décrit une jeunesse fascinée par le monde occidental, essentiellement musical dans le Leningrad des années 60-80. Les groupes essaient de construire une contre culture qui déclenche l’enthousiasme des jeunes. Le phénomène ressemble à celui vécu en Occident avec quelques années de décalage. Sans homosexualité, drogue, sida… et avec la même domination masculine, les groupes sont masculins et les fans surtout féminins…
Tout le monde ne peut arriver à la gloire… L'un se suicide, le héros adulé, Mike, comprenant la valeur de son concurrent, lui met le pied à l’étrier et continue sa vie, d'employé banal avec une famille banale. Seul Viktor…

Le film fait la part belle à la musique mais aussi à des délires, images colorées qui embellissent la réalité et touchent à la comédie musicale (24).

 

Avec Gongjak, (The spy gone north), la chanson n’est plus la même, l’aspect guerre froide est d’actualité. Dans ce film sud-coréen d’espionnage, un ancien officier, démissionnaire, reconverti dans les affaires, reprend du service pour essayer de faire le point sur le développement de l'industrie nucléaire au Nord. Après de multiples péripéties, les préliminaires à la rencontre avec le chef suprême sont remarquables, il collabore avec un Nord-coréen pour essayer de dégeler la situation entre les 2 pays. Ils y parviennent mais devront en payer le prix.
Film d'actualité au moment du dégel entre Corée du Nord et du Sud et projet de rencontre avec Donald Trump (25).

 

Parmi les films français, Plaire, aimer et courir vite (26) et En guerre (27) ont le tort de venir après. Après 120 battements par minute (28) qui a eu le Grand Prix, l’an dernier à Cannes pour le premier et pour le second après La loi du marché (29), avec le même acteur, Vincent Lindon, déjà récompensé à Cannes en 2015 par le Prix d’interprétation masculine.

 

Cédric Hérou

le héros du film

CANNES 2018  Le cinéma, la vie

Libre est un documentaire d’actualité : comment déjouer la police, la gendarmerie, l'armée pour que les demandeurs d’asile, les enfants isolés puissent arriver à la préfecture des Alpes maritimes ? Pour que les adultes puissent déposer une demande d'asile ? Pour que les enfants puissent bénéficier d’une prise en charge ? Dans les 2 cas, comment faire appliquer la loi par les autorités ? Sans aller en prison : c'est le problème de Cédric Hérou et de tous ceux qui encourent des sanctions pour délit de solidarité (30).


 

Michel Toesca
le réalisateur

CANNES 2018  Le cinéma, la vie

La traversée, Romain Goupil et Daniel Cohn-Bendit, veut prendre le pouls politique du pays.
Dans la première partie, Daniel Cohn-Bendit interroge avec empathie des éléments divers de la population française, actifs ou retraités, toujours fiers et heureux de leur travail, malgré les difficultés.
Sur le plan politique, ils ne cachent pas leur point de vue, défense d'EELV et attaque de l'extrême gauche…
Mais ils ne donnent la parole qu’à Emmanuel Macron, qu’ils tutoient, au maire de Béziers, à des sympathisants ou militants du FN, à qui, finalement, ils offrent une tribune (31).


 

Romain Goupil

CANNES 2018  Le cinéma, la vie

Certains films restaurés sont présentés au Cinéma de la plage, ouvert, gratuitement au public, comme Au feu, les pompiers (32) et Bagdad Café (33).

Mais c’est surtout le rôle de Cannes classics qui permet de voir ou revoir, dans de bonnes conditions, des films anciens : Battements de cœur (34), Driving Miss Daisy (35), A ilha dos amores (36).

 

Ou de découvrir, par exemple, Enamorada (37), restauré grâce à Martin Scorcese.
 

Martin Scorcese

CANNES 2018  Le cinéma, la vie

Lors de la Révolution mexicaine, les Révolutionnaires prennent la ville, leur général (Pedro Armendariz) s'apprête à faire la justice sociale de manière un peu expéditive mais il a été, au séminaire, le meilleur ami du curé, devenu notable. Par ailleurs, il tombe amoureux de la fille du cacique local, à la fine taille, aux grands yeux et à la forte personnalité (Maria Felix). Grâce à l'amour des deux protagonistes, aux remords d'un vieux commandant qui n'a pas su garder sa femme quand il était jeune et à l’entremise du curé qui montre à la belle le sens de la Révolution, tout finira bien.
Viva Zapata mexicain, 1946, avant Viva Zapata d’Elia Kazan, 1951, avec un côté mélo, juste ce qu’il faut, un côté folklo (Chanson Che bonitos ojos tienes, sous la fenêtre de la belle), un brin de théologie de la libération avant l’heure. Et aussi beaucoup d'humour.

 

Par ailleurs, à Cannes classics, ont été projetés un portrait d’Ingmar Bergman, Searching for Ingmar Bergman (38) par Margarethe Von Trotta à travers entretiens anciens ou plus récents et extraits de ses films. Et par Mark Cousins, The eyes of Orson Welles,  (39) une analyse cinématographique remarquable du génial Orson Welles, les facettes multiples de sa personnalité, le cinéaste, le politique, l’amant, et de son personnage, le roi, le bouffon, le chevalier… à travers ses films en tant que réalisateur ou acteur, ses dessins, ses déclarations…

 

Mark Cousins

CANNES 2018  Le cinéma, la vie

Autres films vus :

Le livre d’image de Jean-Luc Godard, 85 mn, Compétition, Palme d’or spéciale.

Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, 90 mn, Compétition.

Under the silver lake de David Mitchell, 139 mn, Compétition.

The house that Jack built de Lars Von Trier, 155 mn, Compétition.

Solo : a star wars story de Ron Howard, 135 mn, Hors Compétition.

Whitney de Kevin Mac Donald, 120 mn, Hors compétition.

Die Stropers (Les moissonneurs) de Étienne Kallos, 106 mn, Un certain regard.

Gueule d’ange de Vanessa Filho, 108 mn, Un certain regard.

In my room de Ulrich Kohlern, 119 mn, Un certain regard.

Cinq et la peau de Pierre Rissient, 95 mn, Cannes Classics.

 

 

Le cinéma, Cannes, une industrie et un marché

 

Une crainte diffuse plane sur le cinéma et donc sur le Festival lui-même.

Naguère, le cinéma était le seul moyen de création et de diffusion d’images animées. Mais ce monopole a été mis en question d'abord par la télévision à laquelle il a répondu par les écrans plus grands, la couleur, la qualité du son, les effets spéciaux, les multiplex, le confort… et la confiserie… Omnimax est resté une attraction.

 

Aujourd'hui, le cinéma est confronté à de multiples innovations qui ne sont pas que techniques :

  • De multiples possibilités d'enregistrement du son et de l’image sont désormais à la portée de tous. Frank Cousins, présentant son film The eyes of Orson Welles, se demandait ce que Welles aurait pu faire, libéré des financiers et des producteurs, grâce à l'utilisation des appareils miniaturisés et performants. Comme l’Iranien Panahi a commencé à le faire.

  • Les possibilité de diffusion par internet et à peu de frais s’ouvrent aussi aux créateurs qui sauront s’en emparer. Désormais, les films peuvent même être proposés à la sélection du Festival par ce moyen !

  • Mais les géants de la diffusion à la demande (VàD) comme Netflix et Amazon qui allient production et diffusion en dehors des salles avec une énorme concentration de moyens occupent déjà le terrain.
    Le cinéma a réussi à s’entendre avec la télévision qui est devenue, en France, une source importante de capitaux investis dans la production cinématographique. Est-il possible qu’il en soit de même avec les géants mondiaux de la production et de la diffusion ?
    Ou s’agit-il d’une lutte à mort ?

  • La numérisation permet de donner une deuxième vie à des films anciens dans de bonnes conditions. Qui en prendra le contrôle ?

  • Pour le moment, la réalité virtuelle cherche encore son modèle industriel et commercial…

  • Le Festival de Cannes a lieu au printemps, ceux de Venise et Toronto à la fin de l'été. Ce serait un moment plus favorable pour la mise en visibilité des films avant la consécration suprême des Oscars.

  • Cannes demeure encore le premier marché mondial du cinéma mais Toronto est en place et Venise s’est lancé sur le secteur.

  • Pour le moment, les films proposés à Cannes sont toujours aussi nombreux, l’équipe de sélection a dû faire le choix entre les 1906 films reçus (contre 800 en 2011) pour en retenir une vingtaine pour les films en compétition et une centaine, toutes catégories confondues.

 

Sur le tapis rouge des belles aux tenues légères, sous le tapis de lourds billets verts...


 

1 - Le Film français 16/05/18

2 - Be natural : the untold story of Alice Guy-Blaché de Pamela B. Green, 120 mn, Cannes classics

3 - Et la femme créa Hollywood de Clara Kupperberg et Julia Kupperberg, 52 mn

4 - Les filles du soleil de Eva Husson, 115 mn, Compétition

5 - Sofia de Meriem BenM'Barek, 80mn, Un certain regard, Prix du scénario

6 - Se rokh (Three faces, Trois visages) de Jafar Panahi, 100 mn, Compétition, Prix du scénario ex-aequo

7 - Taxi Téhéran de Jafar Panahi, 2015, 86 mn

8 - Todos lo saben d’Asghar FARHADI, 132mn, Compétition

9 - Girl de Lukas Khont, 105 mn, Un certain regard, Caméra d’or, Prix de la Fipresci, Queer Palm, Prix d’interprétation à Un Certain Regard pour le jeune Victor Polster

10 - The Danish Girl de Tom Hooper, 2015, 119 mn

11 - Laskovoe Bezrazlichie mira, (La tendre indifférence du monde) d'Adilkhan Yerzhanov, 100 mn, Un certain regard

12 - Manbiki Kazoku (Une affaire de famille) de Kore-Eda Hirokazu, 121 mn, Compétition, Palme d’or

13 - Yomeddine de A.B. Shawky, 97mn, Compétition

14 - La route sauvage (Lean on pete) d’Andrew High, 121 mn

15 - Weldi (Mon cher enfant) de Mohamed Ben Attia, 104 mn, Quinzaine des réalisateurs

16 - El Angel (L'ange) de Luis Ortega, 120 mn, Un certain regard

17 - Climax de Gaspar Noé, 95mn, Art Cinéma Award, Quinzaine des réalisateurs

18 - O grande circo mistico (Le grand cirque mystique) de Carlos Diegues, 105 mn, Hors compétition

19 - Dogman de Matteo Garrone, 102 mn, Compétition, prix mérité d’interprétation masculine pour Marcello Fonte

20 - Blakkklansman de Spike Lee, 128 mn, Compétition, Grand prix

21 - The state against Mandela and the others de Nicolas Champeaux et Gilles Porte, 105 mn, Hors compétition

22 - Samouni road de Stefano Savona, 128 mn, Quinzaine des réalisateurs, Prix du jury de l’Oeil d’or

23 - Zimna Wojna (Cold war) de Pawel Pawlikowski, 84 mn, Compétition, Prix de la mise en scène.

24 - Leto (L’été) de Kirill Serebrennikov, 126 mn, Compétition

25 - Gongjak, (The spy gone north) de Yoon Jong-Bin, 141mn, Hors compétition

26- Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, 132 mn, Compétition

27 - En Guerre de Stéphane Brizé, 113 mn, Compétition.

28 -  120 battements par minute de Robin Campigno, 135 mn, 2017. 

29 - La loi du marché de Stéphane Brizé, 93 mn , 2015

30 - Libre (To the four winds) de Michel Toesca, 100 mn, Hors compétition, Mention spéciale de lu jury de l’œil d’or

31 - La traversée de Romain Goupil, 139 mn, Séances spéciales

32 – Au feu les pompiers de Milos Foreman, 75 mn, 1968, Cinéma de la Plage

33 – Bagdad café de Percy Adlon, 104 mn, 1987, Cinéma de la Plage

34 – Battements de cœur de Henri Decoin, 97 mn, 1939, Cannes classics

35 - Daisy et son chauffeur, Bruce Beresford, 100 mn, 1989, Cannes classics

36 - A ilha dos amores de Paulo Roca, 169 mn, 1982, Cannes classics

37 - Enamorada d'Emilio Fernandez, 99 mn, 1946, Cannes classics

38 - Searching for Ingmar Bergman (À la recherche d’Ingmar Bergman), 99 mn, Cannes classics

39 - The eyes of Orson Welles de Mark Cousins, 115 mn, Cannes classics

Quelques images de Cannes

CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie

Au matin

CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie

La fête est finie

CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
CANNES 2018  Le cinéma, la vie
Partager cet article
Repost0
5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 21:41
La fête à Macron

English

La Fête à Macron, manifestation festive lancée par François Ruffin et Frédéric Loridon, a connu un vrai succès populaire.
Il suffit de noter que la manifestation a commencé sur la Place de l'Opéra (Paris) à 12 h 30 et s'est terminée Place de la Bastille... bien, bien plus tard. Combien de personnes auront participé aux 5 ou 6 heures de manifestation ? Et comment les compter ?

Il est difficile de faire un comptage fiable en se mettant sur un ou deux points du parcours quand bon nombre des participants ne sont allés qu'au début pour pique-niquer sur la Place de l'Opéra, quand d'autres ont pris le cortège en marche ou sont allés directement à son terminus...
Quand on aime, on ne compte pas et il est inutile de vouloir trancher entre les appréciations des uns et des autres qui vont de plus de 39 000 participants à 160 000 ! Pour dire l'importance de la manifestation, il suffit de rappeler que la Préfecture de police a compté plus de participants le 5 mai que le 1er mai.
Il faut ajouter aussi que les autorités avaient annoncé des incidents pour la manifestation du 1er mai et que cela a pu refroidir certains participants potentiels.

Si l'expression, agressive, de Fête à Macron a pu choquer certains, ce qui frappait sur la Place de l'Opéra, dégagée de toute circulation automobile, c'était le calme festif... le pique-nique a envahi les marches du Palais Garnier, les trottoirs et même l'asphalte et les marchands de sandwichs, de boissons, de livres en solidarité, les stands associatifs et la musique...

Bien sûr, derrière le calme tranquille d'une foule heureuse d'être là avec le beau temps revenu, de dire son rejet de la politique en même temps de droite et... de droite, les batailles politiques continuent. C'était une manifestation lancée par François Ruffin et la France insoumise était  partout mais on a pu noter aussi le présence, peut-être peu importante en nombre mais combien symbolique de formations syndicales et politiques de gauche.

Ce qui permet d'espérer une manifestation, encore plus importante, réellement unitaire, déjà annoncée pour le 26 mai.

Quelques images...

 

 

Place de l'Opéra
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
Tout au long du cortège
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
La fête à Macron
Partager cet article
Repost0
3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 15:11
Unitaires du Premier mai

English

Une fois de plus, l’unité n’est pas de la fête des travailleurs. Ni au niveau syndical, ni au niveau politique. Et l’active participation Black bloc occupe les médias. Y aurait-il un lien entre les deux phénomènes ?

Les Unitaires sont nombreux, pas seulement au Premier mai.

L’unité s’est faite depuis longtemps entre les gouvernements de l’Union européenne pour imposer la même politique d’austérité à tous les peuples.
Emmanuel Macron s’est mis En Marche pour accélérer ce mouvement de remise en question, frontale, de tous les acquis sociaux au profit des riches et surtout des plus riches comme le dit son prédécesseur.

Résultat de l’austérité pour tous dans les pays de l’Union : montée de l’extrême droite qui construit, aussi, son unité européenne autour de l‘extrême droite française, le premier mai à Nice. Avec tentative d’unité avec la droite extrême à partir des questions d’immigration.

Pendant ce temps, les syndicats ne peuvent organiser un défilé unitaire par suite d’une profonde division entre ceux qui espèrent un adoucissement de tel ou tel point des contre-réformes macroniennes et ceux qui souhaitent les mettre, globalement, en échec.

Les politiques de gauche ne sont pas en reste.
Le 30 avril, sur la place de la République à Paris, 9 organisations de gauche, et elles n’y étaient pas toutes, proclamaient devant quelques centaines de participants, sous la pluie il est vrai, des mots d’ordre plus ou moins incantatoires : nécessaire unité, bien sûr, convergence des luttes, gréve générale... Et appelaient à participer au-delà du défilé du 1er mai, avec plus ou moins d’enthousiasme, aux multiples manifestations à venir : le 3 mai, pour l’éducation, le 5 mai, Fête à Macron, le 22 mai, manifestation et grève de la fonction publique...

Devant la puissance de l’Union européenne, l’échec des multiples grèves et manifestations face au faible François Hollande, la détermination affirmée d’Emmanuel Macron, l’absence de perspective syndicale et politique, le large mécontentement qui touche l’ensemble des couches sociales populaires n’arrive pas à s’exprimer pleinement.
Le durcissement social se traduit, au niveau des organisations, par un changement de dirigeant à F.O. Parmi les manifestants, par la demande d’une grève générale, mot d’ordre qui, pour le moment, n’est repris, ni par les organisations syndicales, ni par la masse des travailleurs.

Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai

Au niveau politique, si les multiples partis soutiennent verbalement le mouvement, cela ne s’est pas traduit lors du défilé du Premier mai à Paris, par une présence massive des militants. Certains affirment que c’était différent dans les régions.
Sur la place de la Bastille, avant le défilé, plusieurs partis étaient présents. Sur le parcours, certains avaient des stands. Dans le défilé, seul persistait, le PCF et son secrétaire national. Les autres ont dû se retirer avant de pouvoir défiler. Quant à la présence internationale, elle était essentiellement constitué d’Iraniens, de Sud-américains, de Tamouls, de Turcs, du Parti communiste portugais...

Pour certains, jeunes essentiellement, cela signifie qu’il faut changer de méthode. La participation des Black blocs est l’expression de cette impatience. Sans qu’elle soit majoritaire, ni qu’elle soit assurée d’une plus grande efficacité. Mais, officiellement dirigée contre le gouvernement et encore plus contre le système, elle interpelle l’inefficacité de toutes les organisations syndicales et politiques.

Cette participation des Black blocs était connue et annoncée par le gouvernement, qui semble avoir sous-estimé son importance. La rumeur et les réseaux sociaux annonçaient une participation internationale.
Black
blocs et police savaient et s’étaient préparés en conséquence. Une banderole affichait : cette fois, nous sommes organisés. La police pour neutraliser les Black blocs avait préparé la technique de la nasse, pratique policière de contrôle (https://lundi.am/Kettling).

Les deux semblent voir relativement fonctionné puisque les Black blocs, environ 1200 personnes, bien organisées, ont réussi à s’attaquer à 29 commerces et 10 voitures, à incendier 2 commerces et 6 voitures, selon la préfecture de police de Paris.
De son côté la nasse policière a permis l’interpellation de 276 manifestants dont 109 ont été mis en garde à vue. Avec 4 blessés légers (un CRS et trois manifestants).

 

 

Black blocs
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai

Depuis mardi, les commentaires vont bon train mais le côté spectaculaire de l’action, montré en chaîne à la télévision et sur les réseaux, insistent beaucoup moins sur les motifs des uns et des autres, des Black blocs qui, dans quelques déclarations ou par des graffitis, affirment vouloir un changement radical de société et des manifestants traditionnels qui s’opposent à l’attaque généralisée des services publics et des acquis sociaux.

La violence des Black blocs est majoritairement condamnée dans les déclarations mais comme toutes les violences sociales, la condamnation morale, la répression policière ne sont pas un traitement satisfaisant.
D’abord, condamnation morale et répression policière n’ont pas encore fait preuve de leur efficacité. Le feraient-ils qu’ils ne feraient que faire disparaître un des signes de la crise sociale profonde.

A leur façon discutable, les Black blocs témoignent du niveau d’exacerbation auquel peut arriver le mécontentement social dans une partie de la jeunesse. Ce mécontentement se traduit aussi, dans l’ensemble de la population, par le vote pour l’extrême droite ou l’abstention qui atteignent des niveaux très élevés en France et dans la plupart des pays démocratiques.

Nul ne peut dire si, où et quand le réveil aura lieu.

Ci-après quelques photos du défilé du Premier mai à Paris.

Images du cortège
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Le muguet militant
Unitaires du Premier mai
Solidarité internationale
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Graffitis
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Le Mac Do
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Et quelques images de plus
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Unitaires du Premier mai
Partager cet article
Repost0
20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 06:10
JUPITER RIEN

English

 

L’entretien du président de la République avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plénel a été un grand événement médiatique, plus par la forme que par le fond.

De la forme, il faut espérer que les journalistes retiendront qu’il est possible de poser des questions, il n’est pas de mauvaises questions, pas obligatoirement agressives mais dérangeantes, pertinentes, documentées qui pousseront le président à se dévoiler plutôt qu’à dérouler un discours bien rodé.

Cet entretien a été bien préparé par les communicants du président et par Emmanuel Macron lui-même. Ce n’était pas l’Élysée où le président reçoit, es qualité, mais la mise en scène de Jupiter, soutenu par la Tour Eiffel à la fois majestueuse et symbole phallique du jeune mâle dominant. Sûr de lui-même, parlant sans note, la caméra complaisante montrant au contraire Edwy Plenel et se feuillets inefficaces, connaissant ses dossiers, qui pouvait en douter...
Face à des journalistes chevronnés aux questions agressives, cherchant plus le bon mot, la République en force, propres à séduire les militants plutôt qu’à mettre en relief les décisions prises depuis 10 mois ou à montrer les contradictions entre les paroles et des actes…


 

 


 

JUPITER RIEN

Malgré tout des contradictions sont apparues.
Il n’y aura pas d’impôt nouveau mais une piste intéressante offerte sans contre-partie par Jean-Jacques Bourdin, une journée de travail non payée comme le vieux monde l’a déjà fait avec Jean-Pierre Raffarin.

Double solidarité intergénérationnelle. Les retraités payaient par leurs cotisations quand ils étaient actifs, solidarité intergénérationnelle oblige, pour la retraite de leurs anciens. Aujourd’hui, par solidarité intergénérationnelle, on leur demande de faire un effort, on ponctionne leur retraite. Emmanuel Macron supprime l’ISF pour que les riches investissent dans la finance et ponctionne les retraités qui ne doivent pas avoir assez pour cela. Macron les a, généreusement, remerciés de leur effort !

Emmanuel Macron a beaucoup insisté sur le respect des lois, de la Constitution, des Conventions internationales... Cela ne l’empêche pas de passer outre quand cela l’arrange !
Lutilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien, en contradiction avec les lois internationales, justifie à ses yeux l’intervention des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France. Cependant, ces États se sont affranchis de l’assentiment des Nations Unies. Emmanuel Macron a les preuves de la culpabilité du gouvernement syrien, sans attendre l’avis des experts de l’ONU (OIAC). Il faut espérer qu’elles n’ont pas été fournies par les services étasuniens.
On se souvient, les États-Unis avaient aussi des preuves pour justifier la guerre en Irak.

En jouant au gendarme du monde, même sans mandat, Emmanuel Macron montre au peuple français qu’il est un homme d’autorité à l’extérieur, comme à l’intérieur.

Depuis 2012, le placement des enfants en centre de rétention a valu à la France d’être condamné à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme.
La France a-t-elle changé de comportement depuis l’élection du respectueux Macron ? Non, des enfants sont placés en centre de rétention avec leur famille. En 2014, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a bien précisé  qu’il n’est jamais dans l’intérêt supérieur de l’enfant d’être placé en rétention en raison de son statut ou de celui de ses parents, au regard de la législation sur l’immigration. Au mois de mars 2018, un nourrisson prématuré aurait passé la nuit dans un centre de rétention de Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) dans une chambre... à 10°C. Et l’intervenante de la Cimade qui signale ce cas, affirme : C'est simple, on n'a jamais vu autant d'enfants (L’Obs 02/03/18).

Emmanuel Macron ne croit pas au ruissellement mais supprime l’ISF, sans aucune contrepartie, comptant sur la bonne volonté des bénéficiaires. On se souvient des emplois promis par le patronat au moment du CICE.
Cet argent sera-t-il mis dans les entreprises françaises ou dans la spéculation boursière ?

Pour le président de la République, l’État doit faire respecter la loi. Certes. Mais ce n'est qu'au bout de 50 années de luttes à ND des Landes pour que le gouvernement, et Emmanuel Macron, perçoive l’inutilité de la construction du nouvel aéroport.
Faudra-t-il 50 années de luttes, pas toujours respectueuses de la légalité, pour que le successeur de Macron prenne conscience que le développement rural peut passer par de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas encore reconnues par la loi ? Collectives et non individuelles, parfois plus respectueuses de l’environnement ?

Après le compromis du Larzac, l’armée ne s’est pas effondrée, ni la nation, ni l’autorité de l’État. Vont-elles s’effondrer sous Emmanuel Macron ? Ou confond-il autorité et autoritarisme ?

JUPITER RIEN

Si l’argent ne ruisselle pas, il s’accumule. Suivant l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), en 2018, le niveau de vie des 5 % les plus riches progressera de 1,6 % en raison des mesures fiscales, contre 0,1 % pour les 95 % restant et alors même que les plus pauvres subiront un recul de 0,6 %… En 2019, la situation sera un peu corrigée, mais pas suffisamment pour rééquilibrer les mouvements : la politique fiscale du gouvernement creuse les inégalités (Mediapart 09/04/18).

Avec juste raison, Emmanuel Macron fait la différence entre optimisation fiscale qui joue, légalement sur la différence des législations nationales qu’il peut, difficilement, réformer seul et fraude fiscale qu’il condamne sans cependant toucher au verrou de Bercy comme l’ont justement rappelé Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel. Mais pourquoi le nombre d’inspecteurs des impôts ou d’inspecteurs du travail est-il en diminution ?
Le président des riches et son gouvernement sont plus préoccupés par la fraude au RSA, chiffrée à 335 millions d’euros alors que le non recours au RSA s’élève à 5,2 milliards, qu’à la fraude aux cotisations sociales estimée 20 milliards d’euros !

Ce n’est pas de l’optimisation fiscale mais comment faut-il appeler les 509 niches fiscales ? Qu’a fait le gouvernement pour en réduire le nombre et l’importance ? Il n’est pas nécessaire pour cela d’une entente au niveau de l’Union européenne.

Quelques images de la manifestation du 19 avril 2018

JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
JUPITER RIEN
Partager cet article
Repost0
11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 15:58

English

 

Dans le cadre du Cercle de chamailleurs, l'une d'entre nous a choisi de parler du Château de ma mère. J'aurais préféré qu'elle choisisse une pièce de Pagnol, cela nous aurait permis de voir comment Marcel Pagnol mettait lui-même en scène le texte qu'il avait écrit.

Ce choix du Château de ma mère  m'a fait lire 3 livres de Pagnol (Le château de ma mère, La gloire de mon père, Le temps des secrets), de voir 2 films de Yves Robert (Le château de ma mère, La gloire de mon père) et de lire 2 livres de Jean Giono (Regain, Le chant du monde).

Conclusion : je suis perdu. Je mélange un peu tout. En partie à cause d'Yves Robert qui met en scène certaines anecdotes sous des titres qui ne sont pas exacts (la rencontre de Marcel et d’Isabelle dans Le château de ma mère).

Qu'en ressort-il ? Que je ne suis pas capable de faire un article structuré comme je l'ai fait sur les autres livres discutés précédemment. Mais simplement de donner des impressions quelquefois un peu contradictoires.

D'abord, une certaine légèreté des livres de Pagnol. Légèreté, au bon sens du terme, c'est à dire agréable à lire mais aussi légèreté par rapport à Giono. Le Château de ma mère est un faux livre pour enfants avec ses courts chapitres (6 pages en moyenne) qui tourne un peu au Petit Nicolas ou à La Guerre des boutons, quelques fois à Don Camillo et Peppone.
Encore accentué dans le film d'Yves Robert.

Les cent premières pages du Château sont la découverte enchantée par le jeune Marcel des collines, au début avec les chasseurs dont il est le chien rabatteur, avant de faire le chien fidèle d'Isabelle, d'affronter le gros chien noir, attaché mais terrible, pour devenir le capitaine de la belle et finalement, avec toute la famille, impressionné par le vieux Mastoc, le vieux chien du garde borné.
Mais la vraie découverte, c'est la rencontre, complice, de Lili de Bellons, plus jeune que lui dans le livre mais plus grand dans le film, qui lui fait découvrir, lui ouvre vraiment la beauté de la nature, la faune, la flore des collines. Avec peut-être un trop grand étalage par Marcel Pagnol de sa connaissance des oiseaux. Marcel essaie de donner en échange le récit de la ville, de la table de multiplication ou du vocabulaire de l'école. Mais ce que préfère Lili, c'est l'anecdote des bartavelles.

Yves Robert ne s'intéresse que marginalement à cette rencontre-découverte de la nature : les trois premières minutes, générique compris, sont une vue circulaire autour d'une colline de rochers blancs, dans la brume, sous un ciel gris, qui conduit au grosibou dans sa cache, vue de dos, en contre-jour, inquiétant, veillant sur de nouvelles collines qu'on découvre, avec chants d'oiseaux, devenant finalement verdoyantes dans un ciel bleu tandis que la voix du narrateur parle de ces collines, l'amour de sa vie, et des vacances finies : une voiture s'éloigne de la bastide, un jeune déboule, en costume marin, agite la main...

La seconde partie du livre est faite des aventures du petit Marcel, forçat de bourses, des équipées pour aller à la bastide, du génie de l'intrigue de la mère et des rencontres heureuses de Bouzigue qui a un bon emploi grâce à Monsieur Joseph, son ancien instituteur, le père de Marcel, et à sa sœur (sic), de petite vertu !  Heureuse rencontre du comte balafré, du jardinier fils du peuple : Tel est le peuple : ses défauts ne viennent que de son ignorance. Mais son cœur est bon comme le bon pain et il a la générosité des enfants et surtout de la mauvaise rencontre... du garde accompagné de Mastoc.

Pour Yves Robert, c'est l’essentiel mais ce n’était pas suffisant, il ajoute la rencontre avec Isabelle qui est dans Le temps des secrets.

Le succès du livre et du film est probablement à la description des relations sentimentales amicales et familiales, et à un certain nombre de formules heureuses, pittoresques ou mots d'enfant quelquefois d'une innocente cruauté. Mais aussi à des situations affectueusement ridiculisées : l'irrespect discret pour l'attachement de son père à la République, à l'instruction au delà de sa vie professionnelle, pour ses scrupules, pour son agnosticisme, la religiosité de l'oncle Jules n'est jamais mise en question.

Au delà des bons mots des enfants : il faut le démourir... On ne tremble pas pour des chasseurs à moustaches... J'avais décidé de n'aspirer à ces hautes fonctions qu'après mon service militaire. On peut être sensible à un certain lyrisme de Pagnol : L’oreille collée à la roche polie, nous écoutions, les yeux fermés. Elle chantait selon les vents, le mistral la faisait rire..., Les parfums étaient devenus des odeurs et montaient du sol presque visibles, les pins immobiles se mirent à chanter... Leurs costumes de chasse sur les épaules de plusieurs chaises... Son visage énorme était orné de deux paires de moustaches rousses : l'une sous le nez, l'autre au dessus des yeux qui étaient bleus et bordés de cils rouges... Les gouttes de pluie coulaient lentement sur la vitre ; sur ma figure, lentement coulaient mes larmes, image qu'il semble bien aimer puisqu'il la reprend : De douces gouttes de pluie pleuraient pour moi sur mon visage (Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville ?)... La pluie tombait en gouttes de silence...

Certaines de ces images fleurent le panthéisme : La vieille odeur de la bergerie... nous fit savoir... La pluie le comprit, elle s'arrêta... Les trente cinq jours... mais la patience de la pendule en vint à bout.

On est très loin cependant du puissant lyrisme panthéiste de Jean Giono.

Partager cet article
Repost0
11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 14:53

English

Daniel Mermet a enregistré son émission sur mai 68, mardi 10 avril, à 19 heures, au Lieu-Dit, dans le Vingtième Arrondissement de Paris.


Quelques photos de plateau

A l'extérieur et à l’intérieur du Lieu-Dit

Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit
Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit

L'enregistrement de l’émission avec

 

Ludivine Bantigny, historienne de Mai 68

 

L'aide-soignante (LO) qui a interpellé Emmanuel Macron à Rouen

 

Un cheminot syndicaliste (Sud) de Paris-Nord

 

Un étudiant en Histoire de l'Art, de la Commune libre de Tolbiac

Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit
Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit
Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit
Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit

Daniel Mermet et Hossein, le discret et efficace maître des lieux

Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit
Là-bas, si j'ysuis au Lieu-DitLà-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit
Et la chanteuse du jour Charlotte.
Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit
Là-bas, si j'ysuis au Lieu-Dit
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche