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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 08:01
Petit pays (de Gaël Faye), Retour à l’impasse ?

Gabriel, maintenant trentenaire, au sentiment incertain quant à son identité, laborieusement intégré, vivant dans une banlieue parisienne sans passé, ne rêve que de revenir dans son petit pays, l'impasse, un quartier de Bujumbura, au Burundi, où il a passé son enfance. Et où tout a commencé.

Livre remarquable la vie du héros, l’histoire de sa famille mélange souvenirs vécus ou quelquefois imaginés, et celle du pays sont étroitement imbriquées. Moments d’innocence et de bonheur en dehors du temps. Moments d’affrontements et de ruptures rattrapés par le temps.

Dans la bande des cinq, Armand, enfant d’un couple tutsi, est le seul noir. Les quatre autres sont métis, mais tous sont de milieux privilégiés, fréquentent l’école française. Ils vivent dans le même quartier où ils ont une antre-refuge dans un vieux combi abandonné et font les mêmes bêtises que les enfants de leur âge, onze-douze ans. Peu conscients des drames qui bouleversent le Rwanda voisin, le Burundi et, bientôt, l’impasse et la bande des cinq, eux-mêmes entraînés dans ce conflit ethnique.

A travers l’histoire de Ga(bri)el, partiellement autobiographique, Gaël Faye montre comment les événements politiques, auxquels il n’est pas possible d’échapper, vont d’abord faire éclater sa famille, puis la détruire physiquement. Il ne doit probablement sa survie qu’à un exil de précaution, organisé par son père. Il garde, malgré tous les malheurs de cette vie détruite, la nostalgie de son enfance, des sons, des couleurs, des images, des parfums de l’impasse. Et des livres qu'une vieille voisine lui a fait découvrir et qui l'ont ouvert au monde.

Petit pays (de Gaël Faye), Retour à l’impasse ?

Dés le prologue, il propose pour le lecteur, avec un certain humour, la découverte de l'absurdité de ce qui va être à la base d'un drame qui va tout emporter.
Dans le récit, par des écarts, quelquefois en marge du déroulement de la trame principale du roman, il décrit, comme de passage dans son milieu, des scènes qui constituent le cadre de la situation et des événements. Et les fait découvrir au lecteur : le milieu encore colonial mais vivant du Zaïre, un village de pygmées au Burundi, le mariage au Rwanda d’un oncle en pleine guerre civile, les conditions de vie dans le village des grands-parents vues par les jumeaux de la bande, la découverte de la circoncision à laquelle ils ont dû se soumettre, l’accueil chaleureux de villageois inconnus, les aventures de la bicyclette volée qui va passer de mains en mains à la suite de ventes et reventes successives.
Et le monde absurde de la violence à laquelle il est difficile d'échapper.

Ces mondes inconnus, divers, inconciliables, il va aussi les découvrir, au fur et à mesure des événements, dans les familles des copains et même dans son foyer apparemment paisible : d’abord les intonations, les mots puis, peu à peu, les affrontements entre employés de la maison et, aussi, la séparation des parents au passé bien différent… Et finalement, les massacres de membres de la famille, d'abord dans le Rwanda voisin...

Petit pays (de Gaël Faye), Retour à l’impasse ?

Lui même devra prendre sa place, s’impliquer, de force plus que de gré, d’abord pour défendre ses privilèges, récupérer sa bicyclette, puis défendre, à quel prix, sa vie et celle de siens dans un conflit qui, croyait-il, ne le concernait pas.

Si la violence du génocide des Tutsis est omniprésent, le récit n'est pas unilatéral car Gabriel, Tutsi, est entraîné lui même dans des contre-violences aux quelles ils est contraint de participer. A côté de cette violence, les quatre-cents coups de la bande ou les échanges de lettres avec une jeune correspondante d'Orléans, à travers les émotions et l’écriture d’un jeune enfant de douze ou treize ans, témoignent de l'image de leur innocence, de toutes les innocences de ce monde qui se débattaient à marcher au bord des gouffres..

Au delà de la violence subie, la force des souvenirs amène Gabriel à choisir l’identité de son enfance, à revenir à l’impasse, retrouver son ami Armand, le seul du groupe qui est toujours là, dans le petit pays, pour reprendre l'histoire, la dépasser et essayer de guérir sa mère et le passé ?

Petit pays (de Gaël Faye), Retour à l’impasse ?

PS : On peut trouver une trame œdipienne à ce récit. Gabriel décrit, à plusieurs occasions, la beauté de sa mère et les regards des hommes, y compris le jour du mariage avec son père auquel il n’a pas assisté, ou le jour de son anniversaire. Gaël Faye fait mourir le père de Gabriel dans une embuscade. Et revenir Gabriel dans ce pays qui est celui de son enfance mais qui n’est pas vraiment le sien comme il n’était pas celui de son père français. Le père est venu pour assouvir ses rêves d’adolescent comme le lui reproche la mère de Gabriel, un jour de colère.
Gabriel, que sa mère, le même jour, qualifie de petit français revient dans ce pays qui n'est pas complètement le sien, et marche sur les pas de son père, retrouve sa mère qui ne le reconnaît pas et va rester pour s’occuper d’elle et du pays.

Petit pays de Gaël Faye, 2016, Grasset, a obtenu de multiples récompenses dont le Prix Goncourt des lycéens 2016...

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11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 09:33
Le droit de vote des résidents étrangers

English

Depuis 1994, La Lettre de la citoyenneté publie, presque chaque année, les résultats d’un sondage avec la même question portant sur l’attribution du droit de vote aux résidents étrangers, non communautaires, pour les élections municipales et européennes (1).
Aux yeux de certains, cette question peut paraître incongrue ou même provocatrice. Il n’en est que plus intéressant de suivre les résultats de ces sondages qui s’étalent sur plus de 20 ans avec, à chaque fois, la même question. Et de voir les réponses.
Le droit de vote des résidents étrangers
Quelques constatations à partir du tableau des résultats de 1994 à 2018.
Sur les 21 sondages, la proportion des réponses favorables est égale ou supérieure à 50% dans 13 cas et, dans 8 cas, les enquêtés se déclarent majoritairement opposés à l’extension du droit de vote.
En 1999, pour la première fois, les sondés se déclaraient en majorité (52%) favorables (45% opposés) à l’extension du droit de vote pour les élections municipales et européennes aux résidents étrangers, non communautaires, vivant en France.

A partir de cette date et jusqu’en octobre 2018, sur les 16 sondages réalisé, 13 donnent une majorité de réponses favorables et 3 opposées. Depuis 12 ans, c-à-d depuis 2006, ce sont tous les sondages - 10, il n’y en a pas eu en 2010 et 2012 – qui ont donné des résultats en majorité favorables au droit de vote.

Lors 2 des 3 sondages avec une majorité de réponses opposées, on peut noter une chute de 12 points des opinions favorables par rapport au sondage précédent : le premier, celui de 2001 a été fait deux mois après les attentats de New-York du 11 septembre et celui de 2004 un mois après l’attentat du 11 mars 2004 à Madrid ! Les résultats de 2005 étaient proches de ceux de 2004.
Les résultats de 2014 permettent aussi de constater une baisse du taux de réponses favorables qui reste cependant majoritaire : majorité relative en 2014, 47 % conte 44%, avec une baisse de 7 points des réponses favorables et une hausse de 2 poins des opposés par rapport à 2013. Mais, les favorables deviennent majoritaires à 50 % contre 47 % en 2015 et 54 % contre 42 % en 2016, 56 % contre 39 % en 2017 et 58 % contre 39 % en 2018.

Alors que les réponses avaient chuté à la suite des attentats de New-York et de Madrid, semble-t-il, ce n’est pas le cas après les attentats de Paris. La baisse, en 2014, précède les attentats !

Le droit de vote des résidents étrangers

A la suite de ces sondages positifs, deux propositions de loi pour modifier la Constitution ont été adoptées en 2000, à l’Assemblée nationale (rapporteur, Noël Mamère) et en 2011, au Sénat (rapporteure, Esther Benbassa) pour attribuer le droit de vote aux résidents étrangers non communautaires aux élections municipales.
Dans les deux cas, ces propositions n’ont pu aboutir, faute de majorité simultanée dans les deux chambres, Assemblée nationale et Sénat.

Si les sondages portent sur les élections municipales et européennes, les deux propositions de loi ne concernaient que les élections municipales. Lors du traité de Maastricht, attribuant la citoyenneté européenne, et droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes à tous les ressortissants de l’Union européenne résidant en France, le Conseil constitutionnel avait statué qu’il fallait modifier la Constitution pour le droit de vote aux municipales et non pour le droit de vote aux européennes : dans ce dernier cas, une loi simple suffisait.

Aucune proposition ou projet de loi sur le droit de vote aux élections européennes n’a jamais été déposé. Alors qu’une loi simple suffisait et, pour cela, une majorité déterminée à l’Assemblée nationale.

Dans tous commentaires, articles ou discussions, il n’est jamais question que des élections municipales. Quelquefois, dans les commentaires, y compris dans ceux de l’Institut de sondage, élections municipales est remplacé, indûment, par élections locales. Il n’est pratiquement jamais question d’élections municipales et européennes !

Mais le fait le plus remarquable réside probablement dans la constance des résultats des sondages.
En effet, depuis le milieu des années 1970, la plupart des gouvernements, de gauche ou de droite, ont rendu les immigrés, résidents étrangers non communautaires, responsables de tous nos maux. Suivis par les médias. Et beaucoup de politiques. Mais les sondages restent, constamment, favorables au droit de vote de ces résidents étrangers aux élections municipales et européennes.

Ceci a encore été renforcé depuis 2015. Lors les élections dans les différents pays de l’Union européenne, dont la France, apparaît une poussée de l’extrême droite dont le discours anti-étrangers (associé à celui contre l’UE) serait le moteur principal. Et les sondés en France persistent !

On peut aussi remarquer que les dernières élections régionales en Allemagne ont vu les Grünen (Verts) qui défendent une politique d’accueil progresser beaucoup plus que l’AfD (extrême droite) dont l’anti-immigration est le discours principal !


Faut-il penser que le glissement à droite dont tout le monde parle, touche plus, au moins sur ce plan, les hommes et partis politiques que la population ? Que le rôle des déclarations contre les étrangers n’est peut-être pas aussi déterminant dans le vote à droite que la presse et les politiques veulent le croire.
 

Cela semble confirmé par l'examen des résultats en fonction de la préférence partidaire des personnes interrogées. Si les plus favorables sont ceux qui se disent proches de la France insoumise et du PC (73%) et du PS (71 %), les proches de la République en marche ne sont pas très loin (65%), les sondés sans préférence partidaire sont encore majoritairement favorables (54%). Enfin, leur nombre est loin d’être négligeable chez les proches de Les Républicains (39%) et même du Rassemblement national (32%) !


Cette constance dans les réponses favorables à l’extension du droit de vote à tous les étrangers quelle que soit leur nationalité témoigne d’un attachement au principe d’égalité des droits.

Le droit de vote des résidents étrangers

1 – Les résultats du sondage de 2018 sont publiés dans le numéro de La Lettre de la Citoyenneté, n°155, septembre-octobre 2018

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 22:35

English

Quelques images rapportées d'un périple estival commencé à Besançon et terminé par le Voyage à Nantes et son Pas de côté.

 

 

 

La Coupe du Monde n'était pas loin à Besançon...

Petite virée estivale....
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... et dans les environs.

Petite virée estivale....
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Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....

Avec la chaleur de l'été, les parapluies de Cherbourg sont devenus des ombrelles, aussi bien à Gap...

Petite virée estivale....

... qu'à Carcassonne

Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....

Un petit saut par Marseille...

Petite virée estivale....
Petite virée estivale....

... et Arles...

Petite virée estivale....
Petite virée estivale....

... pour aboutir, toujours, à Collioure, malgré la foule dans les rues...

 

Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....

Bordeaux, entre le vin et le miroir d'eau

Petite virée estivale....
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Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
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Royan, ses cabanes à carrelet (Saint-Palais-sur-Mer), ses bateaux, son marché, son église...

Petite virée estivale....
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Brouage

Petite virée estivale....
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La Rochelle...

Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
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L'Île de Ré, ses ânes en culotte, l'écluse à poisson...

Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....
Petite virée estivale....

La  fin du voyage à Nantes et son Pas de côté...

Petite virée estivale....
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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 17:13
Le cinéma est aussi un commerce !

English

Aux festivals de Cannes et de Venise, il a été beaucoup question de Netflix. Et ce n’est pas fini.
Alors que les films Netflix étaient exclus
de la sélection à Cannes parce qu’ils ne sortaient pas en salle en France, la porte était largement ouverte à Venise et Netflix s’y est engouffré, avec succès.

 

Six films Netflix étaient sélectionnés, trois en compétition (Venezia75), Roma d’Alfonso Cuaron, Lion d’or, 22 july de Paul Greengrass, The ballad of Buster Scruggs des frères Coen, Prix du scénario. Et trois d'autres sélections : Sulla mia pelle d’Alessio Cremonini (Orizzonti), They’ll love me when I’m dead de Morgan Neville (Fuori concorso), The other side of the wind d’Orson Welles (Evento speciale), prix Campari (vu de loin, une bouteille de Campari !).

Le directeur artistique de la Mostra, Paolo Barbera, s’est expliqué dans plusieurs déclarations : Je ne vois aucune raison d’exclure de la compétition du festival un film de Cuaron ou des frères Coen uniquement parce qu’il a été produit par Netflix…

 

Le problème n’est pas là. Ces films ne sont pas uniquement produits, ils sont aussi distribués, essentiellement ou exclusivement, par Netflix à ses abonnés à la VàD. Netflix n'est pas la seule compagnie à produire des films pour les diffuser ensuite sur leur propre système de VàD.

 

A Venise, étaient présentés Suspiria de Luca Guadagnin, (Venezia75), Peterloo de Mike Leigh (Venezia75) produits par Amazon, L'amica genialede Saverio Costanzo, (Fuori Concorso) par HBO.
Ces maisons de production ont déjà présenté des films à Cannes dont certains ont connu un certain succès : en 2003, Elephant de Gus Van Sant, Palme d’or, American Splendor (Un certain regard), en 2016, Cafe Society
de Woody Allen, ouverture du Festival (Hors compétition), Paterson de Jim Jarmusch (Compétition)The Handmaiden de Park Chan-wook (Compétition), The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (Compétition), Gimme danger (Séance spéciale), en 2017, Wonderstruck de Todd Haynes (Amazon), en 2018, Fahrenheit 451 de Ramin Bahrani (Hors compétition, HBO).

 

Ma mission est de choisir les meilleurs films, pas de résoudre les problèmes du marché du cinéma. Netflix donne les moyens de créer à de grands cinéastes. Plutôt que de faire de la résistance face à un mouvement irrémédiable, il faut se dire que, demain, les films seront vus simultanément en salle et sur petit écran. La France résiste pour protéger son modèle, par ailleurs magnifique, mais qui ne pourra tenir longtemps. Car si Netflix est le seul méchant, demain, il y en aura d’autres.

 

Pour le moment, les autres méchants jouent le jeu. Et se lancent en concurrence sur le marché, en pleine croissance, de la VàD par abonnement, notamment AT&T qui, à la suite d’acquisitions, pourra s’appuyer sur HBO, les séries Warner... (1).

 

 Sous le signe de la fatalité, Paolo Barbera tord un peu la question car ces films seront peut-être vus, demain, simultanément en salle et sur petit écran mais, pour le moment, Netflix refuse cette simultanéité. Et de façon paradoxale, lourd soutien des membres du jury, le Lion d’or 2018 a été attribué à Roma, réalisé pour grand écran qui sera vu surtout sur le petit !

Si, demain, les salles disparaissent, les films sur petit écran seront toujours du cinéma mais un cinéma différent.

 

Paolo Barbera rend hommage à la résistance pour suivre une politique opposée. Si le modèle français est magnifique, c’est parce qu’il permet une sortie dans les salles d’abord, puis sur petit écran. Mais aussi, parce qu’il permet d’avoir une importante production nationale par l’engagement obligatoire des chaînes de télévision et un réseau de salles modernes important.
Il n’est pas certain que le modèle français résiste éternellement. Il aurait plus de chances s’il était suivi et soutenu.

 

 

Le cinéma est aussi un commerce !

Le Festival de Toronto fait le même choix que Venise. Et Toronto occupe une place plus importante que Venise sur le marché du film. Mais tous deux se placent en concurrence avec Cannes dans la perspective du marché et de l’attribution des Oscars.

 

Netflix refuse de jouer le jeu, comme le font Amazon ou HBO… Sa puissance financière (2) lui permet acheter les grands noms du cinéma. Elle est comparable à celle de ces géants étasuniens qui connaissent une croissance rapide et avancent vers une situation de monopole, dans leur domaine respectif. Ce qui va poser des problèmes à la création cinématographique d’abord, peu de cinéastes de qualité résisteront à sa séduction que ce soit pour des films ou des séries, mais surtout lors de la diffusion.
Combien de salles périront de cette modification de la distribution ?(3)

 

En Italie, la sortie des films sur les écrans, à la télévision ou en VàD n’est pas réglementée. Les organisations professionnelles des exploitants de salles, l’ANEC et l’ANEM (pour les Multiplex), ont protesté et auraient bien aimé que Venise les défende ou mieux les associe à des décisions qui risquent de mettre leur existence en danger.La présence ou non au conseil d’administration des festivals des exploitants de salle a pu jouer dans les décisions différentes de Cannes et de Venise.

 

Aux États-Unis,il n’existe pas non plus de réglementation mais un accord tacite entre les producteurs et les chaînes de salles de cinéma américaines. Et Amazon accepte de sortir des films d’abord en salle puis sur son service vidéo (4).



Alberto Barbera n’ignore pas ces faits. Dans la concurrence entre Cannes et Venise, il joue une maison de distribution en pleine croissance contre les autres. Au détriment des réseaux de salles dans les pays où il en existe.


 

Le cinéma est aussi un commerce !

Jusqu’à maintenant, le système français fonctionne relativement bien, pour la fréquentation des salles. En 2016, un Français est allé au cinéma 3,34 fois en moyenne contre 2,6 pour un Allemand et 1,5 pour un Britannique. Et pour le nombre de salles ( 2.045) ou d’écrans (5.843 (5).
Mais la fréquentation n’est pas la même partout : les Parisiens voient 11 films par an contre 0,93 dans les villes de moins de 20 000 habitants hors Île-de-France (6). La VàD risque d’accentuer cette différence de fréquentation. Et de tuer des salles.

 

Le conflit avec Netflix a éclaté à l’occasion du Festival de Cannes en 2017. Alors que deux films de Netflix étaient présentés, le délégué général du Festival Thierry Frémaux avait annoncé que seuls seraient admis dans la sélection officielle les films qui sortiraient en salle en France. Ce que Netflix a refusé. En conséquence, il n’y avait pas de films produit par Netflix à l’édition de 2018.
Mais le dialogue continue.
Thierry Frémaux est persuadé que chaque camp a besoin de l’autre. Et que Netflix, un jour, ira en salle pour légitimer ses films. Au dernier Festival des Lumière de Lyon (13-21 octobre 2018) dont il est aussi directeur, Thierry Frémaux a invité Alfonso Cuaron et Roma ! (7).

 

Signe de faiblesse, d’ouverture, promesse de compromis ?

 

 

Le cinéma est aussi un commerce !

1 - Le Monde 12/10/18

2 - Une puissance financière qui repose sur un nombre important d’abonnés en pleine croissance : fondé en 1997, Netflix compte, en octobre 2018, 137 millions d’abonnés dans 190 pays dont plus de 50 millions aux États-Unis et 3,5 en France.
La société, qui s’était implanté en France en 2014, a transféré son siège aux Pays-Bas
dans l'optique de bénéficier d'une fiscalité plus avantageuse (Wikipedia).

Abonnés et... opérations financières : c’est également par la dette et les obligations pourries que Netflix, dont la valeur boursière vient de dépasser la Walt Disney Company, a réuni 8 milliards de dollars en vue de financer ses films et séries (Die Zeit du 06/09/18, cité par Courrier international, 20-26/09/18).

3 – La même question se pose pour la librairie. Récemment, le roman autoédité Bande de Français du franco-israélien Marco Koskas, présent dans la première sélection du prix Renaudot a été retiré de la deuxième liste à la demande du Syndicat de la librairie française (SLF) pour n’être disponible que sur Internet. Culturebox (avec AFP), 04/10/18.

4 - https://www.franceinfo.fr/cinema/a-la-mostra-de-venise-netflix-prend-sa-revenche-et-decroshe-le-lion-d-or

5 - LesEchos.fr 18/09/17 : https://www.lesechos.fr/18/09/2017/lesechos.fr/030579068039_les-salles-de-cinema-francaises-ont-fait-le-plein-en-2016.htm

6https://www.economie.gouv.fr/entreprises/cinema-chiffres-cles

7 - Le Monde 15/09/18

Le cinéma est aussi un commerce !
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20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 17:31
Solidarité Brésil

Un rassemblement de solidarité avec le Brésil démocratique a eu lieu, aujourd'hui, à la Villette (Paris).

Un ami rencontré, à cette occasion, m'a dit cette demi-boutade :  " A l'élection présidentielle brésilienne, certains ont voté pour un vrai candidat fasciste pensant qu'il était bidon, de façon à éviter l'élection d'un candidat qu'ils prenaient pour un vrai communiste alors qu'il n'était qu'un communiste bidon."

Quelques images de ce rassemblement.

Solidarité Brésil
Solidarité Brésil
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Solidarité Brésil
Solidarité Brésil
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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 16:33
A propos de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara*

English

 

C’est le livre d’un disciple qui parle de son maître. Il faut donc le lire avec un esprit particulièrement attentif. Notamment en ce qui concerne les conflits de Tierno Bokar avec l’Administration ou avec les partisans des 12 grains.
Appliquant un des conseils du maître, il n’est pas possible d’avoir un jugement serein à partir de la seule version des faits d'Amadou Hampâté Bâ.

Tierno Bokar est un homme parfait qui, dans son enseignement, nie même sa perfection (1). Qui ne condamne personne ou presque (2). Qui reste à l’écart de tous les conflits, même quand ils le concernent (3).

Cette sagesse est-elle le fruit de la tolérance africaine célébrée dans le livre ?
La tolérance africaine connaît cependant des limites comme le montrent les querelles entre les 11 et les 12 grains et la fin de vie de Tierno Bokar, abandonné de tous.

Ou bien est-elle le fruit du soufisme musulman, ici tidjani ? Malgré cette tolérance des soufis et des tidjanis, le grand-père de Tierno Bokar, soufi et tidjani lui-même, a accompagné El Hadj Omar dans ses guerres de conquête qui n’étaient pas non-violentes (4).

Le livre demeure très intéressant si on oublie le côté manuel pratique du soufisme.

Il nous montre, grâce à Amadou Hampâté Bâ, francophone par la fréquentation obligée de l’école des otages :

- un aspect de l’islam, différent de celui omniprésent dans l’actualité,

- une certaine autonomie de l’histoire interne de cette partie de l’Afrique, malgré la situation coloniale,

- l’existence d’une tradition intellectuelle et de fortes personnalités en dehors de l’influence française : Tierno Bokar, illettré en français, connaît les grands penseurs de l’islam, les traditions des principales ethnies de cette région et parle, en plus de l’arabe, 4 langues africaines (comme bien d’immigrés aujourd’hui).

 

Contexte

Tierno Bokar a bénéficié d’une double éducation, celle d’une famille noble, pieuse et celle de maîtres du soufisme.

Cette éducation, dans un milieu protégé, lui a permis d’échapper aux troubles de son époque et de connaître, de commenter les textes fondamentaux du soufisme et notamment ceux de Si Ahmed Tidjani. Et finalement d’ouvrir lui même une zaouia.

Amadou Hampâté Bâ décrit la vie quotidienne, bien réglée de Tierno Bokar et de sa zaouia dont la fréquentation est gratuite et ne vit que de dons et du travail des talibé (élèves) aux champs ou de l’artisanat vendu au marché.

Le maître partage sa vie entre la zaouia et la mosquée, entre l’enseignement et la méditation. Pendant l’hivernage, il participe aux travaux des champs avec les talibé.

La mère de Tierno Bokar (5), cheville ouvrière de la maison, participe à la vie de la zaouia, à la préparation de la nourriture, médite seule ou en compagnie de Tierno Bokar. Au repas, elle est toujours servie par son fils qui, deux fois par mois, lave son linge.

 

Querelles et administration

Tierno Bokar est entraîné dans la querelle interne aux tidjanis, entre les pratiquants des onze grains et ceux des douze grains : faut-il réciter l'oraison, Perle de la perfection, onze fois comme prescrit par le Prophète à Si Ahmed Tidjani, lors d'une vision, ou douze fois comme la majorité des tidjanis, suite à une circonstance particulière ?

Dans cette querelle, l'administration est manipulée par les douze grains contre les onze grains auxquels s'est rallié Tierno Bokar trahissant la majorité des siens, restés fidèles aux douze grains. Ce qui entraîne sa chute. Il finit sa vie, à Bandiagara, soutenu par les seuls Dogons, abandonné de tous, y compris des toucouleurs, son ethnie, menés par les grands marabouts.

Soufisme

Tierno Bokar est un adepte du soufisme, tendance ésotérique et mystique de l'islam. Il s'agit d'une voie d'élévation spirituelle par le biais d'une initiation, tassawuf ou tariqa (chemin, voie) qui désigne aussi les confréries. Le soufisme est présent, depuis les origines de l'islam, dans le chiisme et le sunnisme.

Le mot soufi viendrait de suf, laine ou de safa, pureté cristalline, ou de Ahl al-soufa, les gens du banc, ou ahl aṣ-ṣaff, les gens du rang, du premier rang.
Aux
et 3° siècles de l’hégire, de grands soufis ont développé un enseignement ésotérique et initiatique transmis jusqu’à nos jours. Les soufis se sont organisés aux 11°-13° siècles en confréries, tariqa (pluriel turuq) fondées par des maîtres spirituels (cheikh).

Pour les soufis, le Coran, comme toute réalité, comporte deux aspects : l’un, externe, apparent, et l’autre, interne, caché. Ils recherchent un état spirituel pour accéder à cette connaissance cachée, essentiellement l'amour de Dieu. Le Prophète aurait reçu en même temps que le Coran des révélations ésotériques qu'il n'aurait partagées qu'avec Ali ou quelques-uns de ses compagnons. Auxquels, Ali surtout, les différentes confréries se rattachent par une généalogie spirituelle.

Le soufisme s’oppose aux courants attachés à la lettre du Coran et de la sunna. Que condamne Tierno Bokar (2,6).

L’amour tient une place importante dans le soufisme : l’amour de Dieu, bien sûr, (7) mais aussi l’amour tout court. Les grands mystiques ont consacré des traités à l’amour. Sans oublier la poésie.

L’enseignement de Tierno Bokar, tel que rapporté par Amadou Hampâté Bâ, est fortement imprégné de cet amour de Dieu et de l’amour des hommes, de tous les hommes. Mais on ne voit aucune trace de l’amour tout court, ni de poésie amoureuse. Il est question de la sagesse et de la fidélité de la mère de Tierno Bokar. Lui-même prend une épouse mais il n’est pas question d’amour. Ni d’enfants d’ailleurs.

A propos de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara*

Le mode de vie de Tierno Bokar est simple plutôt qu’ascétique. Hampâté Bâ fait référence à la culture africaine (8) comme opposition au moralisme wahhabite qui, déjà, persécutait les soufis (9).

Le soufisme est critiqué, notamment de la part des salafistes plus littéralistes.
Au-delà, les soufis eux-mêmes considèrent que certaines pratiques inspirées du soufisme sont inacceptables comme le maraboutisme qui pratique le culte des saints, assimilé à un polythéisme, passible de la peine de mort selon la charia. Ce courant est rejeté par tous les sunnites.
Les marabouts tidjanis ont causé la perte de Tierno Bokar.

 

Enseignement de Tierno Bokar

La partie la plus importante du livre est la morale qu'enseigne Tierno Bokar, à travers des exemples concrets ou des paraboles, que rapporte Amadou Hampâté Bâ .

Cet enseignement est imprégné de la connaissance des grands soufis et de l'expérience des diverses cultures que connaît Tierno Bokar, successivement Haoussa, Peul, Bambara, Marka, Dogon d’adoption.

Plongé à la fois dans une méditation quotidienne des textes fondamentaux et dans la vie au jour le jour de sa zaouia qu’il a appelée cellule d’amour et de charité, il prêche un amour absolu pour Dieu et pour toutes les créatures.

Tierno Bokar donnait son enseignement généralement en peul, suivant la parole du Prophète Parlez aux gens dans la mesure de leur entendement.

 

Diversité et luttes religieuses

Pour Tierno Bokar, il n’y a qu’un Dieu, il ne peut y avoir qu’une religion qui peut prendre des formes diverses suivant le moment ou le lieu de la Révélation. Les citations sur ce thème sont nombreuses dans le livre.

Il n’existe qu’une seule religion, dans ses principes fondamentaux, le tronc commun, dont les branches peuvent varier en fonction du temps, du lieu de la révélation...

On peut adorer Dieu… Jusque dans la carie de la dent d’un cochon...

La religion, que veut Jésus et qu’aime Mahomet est celle qui est en contact permanent avec le soleil de Vérité et de Justice, dans l’Amour du Bien et de la Charité pour tous...
 

Tierno Bokar en tire des conclusions empreintes d’une grande tolérance. Mais malheureusement, les hommes se sont attachés aux formes extérieures des religions pour s’opposer les uns aux autres. Pour se faire la guerre les uns aux autres au lieu de mener le seul vrai combat, la lutte contre soi-même, contre ses propres défauts, pour arriver à la seule chose qui compte l’amour de Dieu.

Croire que sa race ou sa religion est la seule détentrice de la vérité est une erreur...

Je ne m’enthousiasme que pour la lutte pour vaincre en nous nos propres défauts [ijtihad]. Qui n’a rien à voir avec la guerre au nom d’un Dieu [djihad] qu’ils déclarent aimer mais qu’ils aiment mal puisqu’ils détruisent une partie de son œuvre...

Je souhaite la venue de la réconciliation de toutes les confessions pour former une voûte morale et spirituelle où elles se rapprocheront en Dieu par trois points d’appui : Amour, Charité, Fraternité.

 

Amour et charité

Quand un élève demande Tierno Bokar si Dieu aime les infidèles, la réponse est claire.

Les enfants d’un même père, pour être différents, en sont-ils moins frères et fils légitimes de leur géniteur ?
Chaque descendant d’Adam est dépositaire d’une parcelle de l’Esprit de Dieu... Comment oserions-nous mépriser un réceptacle qui contient une parcelle de l’Esprit de Dieu ?
N’aimer que ce qui nous ressemble, c’est s’aimer soi-même,ce n’est pas aimer. L’infidèle ne peut être exclu de l’amour divin. Pourquoi le serait-il du nôtre 
?

La question n’intéresse pas seulement Dieu et les infidèles.
Nous ne devons pas nous croire supérieurs aux autres êtres de l’univers quels q
u’ils soient...

Les meilleures des créatures parmi nous seront celles qui vivront dans l’Amour et la Charité et dans le respect de leur prochain...

De plus : La bonne action la plus souhaitable est celle de prier pour ses ennemis… Les hommes peuvent maudire leurs ennemis, ils se font plus de tort qu’en les bénissant. Du point de vue occulte, c’est bénir qui est plus profitable même si on passe pour un imbécile.

Pour Tierno Bokar, la tolérance est un principe fondamental aussi bien de l’islam (10) que de la Tidjaniyya (11). Il va plus loin et condamne la violence, au nom de l’amour, de la tolérance mais aussi de l’efficacité.

Les armes ne peuvent détruire que l’homme matériel, jamais le principe même du mal qui l’habite. Quand c’est l’Amour qui détruit le mal, ce mal est tué pour toujours.
Quand on tue un homme animé par le mal, le principe du mal pénètre dans le meurtrier. Il prend en lui une racine nouvelle. Le mal doit être combattu par les armes du Bien et de l’Amour.

 

Quelques pratiques

Dans son enseignement, Tierno Bokar privilégie la réflexion par rapport à l’imitation (taqlid), non l’imitation du prophète mais le paraître des marabouts, imitation bornée, qui condamne facilement : critiquer est plus facile que se faire humble soi-même à l’égard des moins favorisés.

Sans entrer dans la complexité des multiples pratiques religieuses décrites, il apparaît qu’il y a des niveaux qualitatifs dans la foi :

La foi sulbu, solide, celle du commun, du marabout attaché à la lettre. Celle des prescriptions judaïques, chrétiennes ou musulmanes. La foi subu intransigeante, dure, immuable, peut prescrire la guerre pour assurer sa place et se faire respecter.
La foi sa’ilu, liquide, accepte toutes les vérités d’où qu’elles viennent. Elle s’attaque aux défauts, à l’intolérance. Elle est le propre de l’homme de Dieu capable d’entendre tous ceux qui parlent du Créateur. Elle s’élève contre la guerre.
La foi ghaziyu, gazeuse
, de l’élite. Qui adore Dieu en vérité et dans la lumière. Dans l’Amour et la Charité.

A propos de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara*

Quelques remarques

Dans l’Afrique telle que la décrit Amadou Hampâté Bâ, la naissance compte plus que la couleur : Si quelqu’un est reconnu comme Chérif, c’est à dire descendant du prophète, fut-il sombre comme l’ébène, on dira de lui qu’il est d’ascendance arabe et non noir.

La supériorité spirituelle plus que l’âge. C’est ainsi qu’on peut dire :ce jeune homme est plus âgé que son père... je suis né avant toi mais tu es plus âgé que moi.

L'histoire d'El Hadj Omar et celle Tierno Bokar montrent l'importance des castes (le mot n'est pas employé). Tous deux sont nobles et Amadou Hampâté Bâ montre un discret mépris de caste : receveur des postes devenu chef de canton ou, lors d’une réunion des Toucouleurs à Bamako, tous illettrés en arabe et en français, boys ou cuisiniers au service des Français, sauf 2... le père adoptif d’Hampâté Bâ et un fidèle ami de Tierno Bokar.

A plusieurs occasions, il est question de l’importance de la raison : la Raison différencie l’homme de la bête, le croyant de l’incrédule, l’érudit de l’ignorant, le juste du méchant… Ce don que Dieu nous a fait : l’Intelligence et la Raison...

Or le soufisme est une tendance ésotérique de l'islam : Si Ahmed Tidjani a une vision du Prophète, d’un point de vue ésotérique, le nombre 11 égale le nombre 12, le cycle numérologique symbolique des planètes annonce plus de déboires que de jours paisibles pour Chérif Hamâllah...

La raison est seconde, après la révélation… Dans ce cadre, s’informer avant de prendre position, ce que fait Tierno Bokar avant de se rallier aux 11 grains, ne pas s’arrêter à la surface des choses, faire appel à ce don que Dieu nous a fait : l’Intelligence et la Raison.
C’est par la Raison qu’on entretient la Religion, que l’on gouverne le monde... La Raison te permet de dire, je ne m’intéresserai désormais qu’à mon salut…

Amadou Hampâté Bâ parle de certaines discussions à propos du soufisme. Car le soufisme décrit rappelle certains aspects du christianisme et d’aucuns ont voulu y voir son influence. Hampâté Bâ le conteste.

Tierno Bokar ne peut ignorer cependant ce qui est cité dans le Coran et qu’il a dû méditer, commenter peut-être. Nous lui avons donné l'Évangile. Nous avons établi dans les cœurs de ceux qui l'ont suivi la mansuétude, la compassion et la vie monastique qu'ils ont instaurée - Nous ne leur avions pas prescrite - uniquement poussés par le désir de plaire à Dieu. Mais ils ne l'ont pas observée comme ils auraient dû le faire.

Le soufisme est une façon de vivre l’islam. Mais on ne peut réduire l’islam au seul soufisme. L’islam est aussi divers que le christianisme, que les autres religions.

Qu’il y ait emprunt d’une religion à l’autre ou simple rencontre, entre certaines formes du christianisme et de l’islam peut être sujet de discussion infinies.

Peut-être, faut-il dire avec Pierre Teilhard de Chardin, que tout ce qui monte converge ?

***

1 – A quelqu'un qui lui dit : Tierno, j’ai entendu parler de toi et de ton enseignement. On n’en dit que du bien…
Il répond : l’homme ne correspond jamais à sa réputation

2 - Il méprise les attachés à la lettre. Il désapprouve l’individu affublé d’un turban, ostensiblement au cou un chapelet à gros grains.

3 - Dénoncé comme un pratiquant des 11 grains, à la prière du vendredi, à la mosquée, Tierno sort, sans rien dire, suivi de ses élèves.

4 - Amadou Hampâté Bâ : L’apparition de la marée omarienne faisait entrer le Soudan dans une nouvelle période de convulsion, l’une des plus violentes peut-être de son histoire.

5 - Elle m’a nourri de son lait puis de sa sueur.

6 - N’en déplaise aux attachés à la lettre, une seule chose compte : confesser l’existence de Dieu et son Unité. Frère en Dieu, au seuil de notre zaouia, cellule d’amour et de charité, ne bouscule pas l’adepte de Moïse… Ni l’adepte de Jésus.

7 - Aimer Dieu est l’ultime but des stations spirituelles et le plus haut sommet des rangs de noblesse (Al-Ghazâlî).

8 - L’ascétisme est étranger à la pensée profonde de l’Afrique : Être social, l’Africain, l’ascétisme ne constitue pas une ligne de conduite à suivre aux yeux de gens bouillants de vie, riches de leur perpétuelle jeunesse et de leurs vieux pensers

9 - Lettre d’Alpha Hassi Tal, retiré au Hejaz, sur les persécutions du jeune régime wahhabite. Ces puritains de l’islam s’attaquaient violemment à toutes les manifestations ou survivances du soufisme en Arabie.

10 - Point de contrainte en religion (Le Coran)

11 - Si vous êtes calomnié, ne calomniez pas. Si vous recevez des coups, ne les rendez pas. Si quelqu’un vous refuse une faveur, accordez-lui en (Cheikh Ahmed Tidjani).

* Vie et enseignement de Tierno Bokar Le sage de Bandiagara par Amadou Hampâté Bâ (Mali), 1980, 254 p, Sagesse Points Seuil

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 07:14
Abigail, un roman sombre et poétique de Chris Abani

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Un livre remarquable, écrit par un Nigérian vivant aux États-Unis. Son titre original, dans sa simplicité, Becoming Abigail (Devenir Abigail), est plus adéquat à l’histoire que celui de la traduction française. Et Abigail, de l’hébreu abighel, la joie de son père, n’est pas au hasard.

L’essentiel du roman se retrouve dans le prologue, Les choses comme elles sont : confusion du temps, des personnes. La jeune Abigail voit l’enterrement de sa mère qui est morte de sa naissance. Le père, inconsolable, revoit sa femme dans sa fille qui s’appelle comme elle et qui, à l’age de 8 ans, la remplace dans les travaux domestiques. Plus qu’Abigail, elle est, à ses yeux, Abigail en devenir. Il le sait. Elle le sent. Au regard.

Le roman se passe en quelque heures, Maintenant, dans la nuit, sur les bords de la Tamise, à Londres, le temps de griller une dizaine de cigarettes, et en Afrique par les réminiscences et la culture de l‘héroïne. Grâce à des retours en arrière,  Et alors,  au Nigeria mais aussi à Londres.

Roman poétique et violent, fait de mort et d’amour, de solitude et de recherche de soi sous le regard des autres.

La jeune Abigail n’existe pas, elle a tué sa mère. Elle n’existe pas parce qu’elle a tué sa mère : Abigail, la femme que son père aimait. Et dont elle porte le nom. Qui vit à travers elle. Elle accomplit, à sa place, les tâches domestiques. En grandissant, elle lui ressemble de plus en plus. Le père la regarde. Il ne la voit pas. Il ne l’entend pas, ne veut pas l’entendre quand elle veut lui parler de la femme qu’elle devient. Du présent qui est là, vivant. Alors qu’il est ailleurs, dans la mort de sa femme. Il ne la voit pas parce qu’il a peur : de son désir, de sa fille Abigail, femme de substitution.

Pour échapper, il va la donner à son cousin, Peter, qui l’amènera à Londres. Ne pouvant supporter la mort de sa femme, le départ-mort de sa fille-femme contre leur volonté, la sienne et celle de sa fille. Il se pend. Pour rendre ce don irréversible, pour l’obliger à partir. Par amour. Par remords.
Elle a tué sa mère en naissant. Elle tue son père en partant. Elle est, définitivement seule.

Son père l’a regardé mais n’a pas voulu la voir. Peter l’a regardée. L’a vêtue pour la montrer aux autres. Mais aucun ne l’a vue. Aucun de ceux qui sont passés ne l’ont vue. Tous l’ont regardée, comme ils voudraient qu’elle soit. Aucun ne l’avait jamais prise, ne l’avait vraiment vue. Elle restait terre étrangère pour eux. Elle ne les avait jamais bien vus non plus.

Personne ne l’a regardée en tant que ce qu’elle est. Son père la regarde comme sa femme, impossible, en miniature, en devenir. Elle a été violée à 10 ans. Elle est violée à de multiples reprises par Peter. Et le premier qui la voit. Qu'elle voit, parce qu’elle n’avait pas vu les autres. C’est Derek. Et alors, elle donne, se donne. Elle prend.
Et la société lui reprend Derek. Le seul qui l’ait vue. Sans lui, elle n’existe plus. Elle n’a même pas de nom. Peter a utilisé un faux-nom pour la faire sortir du Nigeria et entrer au Royaume-Uni..

L’enfer, c’est les autres (Sartre). Le regard de l’autre. Pour Saint-Exupéry, aimer, ce n’est pas se regarder, c’est regarder tous les deux dans la même direction. Pour Abigail, l’amour, ce n’est pas regarder, ce n’est pas être regardé, c’est voir et être vue.

Abigail, un roman sombre et poétique de Chris Abani

Seul Derek l’a vue. C’était donc ça l’amour. Être vue.Abigail se donna. Pour la première fois, elle n’était pas prise… Cette Abigail pour toujours se sentit devenir elle-même, en ce moment de prise et de don. Et pourtant, même lui a manqué ces traces sur son corps. Ces brûlures, cette cartographie de sa mère et d’elle même.

Ce regard n’est pas sans ambiguïté. Le père qui regarde sa fille comme il regardait sa femme, Abigail qui regarde Derek comme elle regardait son père. Elle a la photo des deux hommes qu’elle aimait… son père, noir… Derek, blanc… Une discrète tendresse… Exactement ce qu’elle avait ressenti pour son père. Et maintenant, il était à nouveau là dans la tendre maladresse de cet inconnu.

Quand Peter l’a habillée, l’a maquillée, l’a déguisée pour la montrer, la donner à regarder. Aux hommes. Non pour qu’elle soit vue comme ce qu’elle était. Elle s’est regardée dans la glace. Elle ne s’est pas vue. Elle a regardé sa mère.

Et bien sûr, la société la regarde, regarde Derek. Ne sait pas les voir. Pour la protéger, elle la détruit. La sépare du seul qu’elle ait vu et qui l’ait vue.

Existe-t-elle vraiment ? Ou est-elle la simple réincarnation de sa mère. Pour son père. Pour elle-même, les dessins, les brûlures de cigarette, c’est ma mère, c’est moi. L’image dans la glace.
Sous les yeux de son père, elle essaie de faire disparaître cette mère en décapitant des poupées. De l’incorporer : elle pare des oiseaux de dentelles de la robe de mariée de sa mère, prend 7 photos de sa mère, et les fourre dans sa bouche au milieu d’incantations…

Elle est seule. Elle n’a pas eu d’enfance. La vie est là. Avec ses lumières. Les phares qui paraissent et disparaissent. Ses trains. Le Big Eye. La vie qui passe, la vie, sur la Tamise, de l’autre côté de la Tamise. Le policier. La vieille femme et son chien. La lumière d’un avion. Elle est seule.

Et si ce monde lui rappelle quelque chose, le train, le tunnel, c’est le désir bestial. Même à l’odeur du mouchoir de Derek, elle le sent se ruer en elle.

Elle ne devient elle-même que, brièvement, avec Derek. Et définitivement, fatalement, quand elle coupe, avec ses dents, le pénis de Peter, menace de sa mère pour les hommes qui traitaient mal leur femme. Maltraitée, elle accomplit sa mère. Elle est devenue Abigail Transi.

Elle est seule sur les bords du fleuve. Il l’a vue. Et maintenant qu’elle ne peut plus être vue. Elle est définitivement seule.

Elle peut griller sa dernière cigarette et suivre le mégot dans les ténèbres de la nuit et du fleuve.

Abigail, un roman sombre et poétique de Chris Abani

Elle est seule sur les bords du fleuve. Il l’a vue. Et maintenant qu’elle ne peut plus être vue. Elle est définitivement seule.

Elle peut griller sa dernière cigarette et suivre le mégot dans les ténèbres de la nuit et du fleuve.

 

Le corps rebelle d’Abigail Tansi (Becoming Abigail) de Chris Abani, traduit de l’anglais (Nigeria), 2010, Albin Michel.

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 14:18
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018

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Assister à un Festival de cinéma sans être un professionnel, sans être du milieu, permet de voir beaucoup de films en quelques jours. Le plus souvent au hasard en fonction des horaires des films, des salles, des files d’attente, quelquefois poussé par une conversation avec des inconnus ou la lecture de critiques parues dans les journaux distribués gratuitement.

 

A la réflexion, ces films peuvent avoir quelques parentés même s’ils ont été présentés dans des sélections différentes : volonté des organisateurs, hasard, mode, tendance… ? Ou parentés subjectives en fonction de l’humeur, de la fatigue, des goûts du spectateur devant tous ces films vus dans le désordre et qui pourraient être rangés suivant d’autres logiques… ?

 

Plusieurs films traitaient de l’auteur et son œuvre.

Julian Schnabel, le réalisateur de At eternity’s gate sur Vincent Van Gogh (1) a dit que l’unique façon de décrire une œuvre d’art était de faire une œuvre d’art. C’est ce qu’il a fait de façon intéressante en essayant de traduire les difficultés psychologiques de Van Gogh essentiellement par des mouvements de caméra et sa peinture par l’utilisation intense de la couleur.

 

Le parti pris de Florian Henckel Van Donnersmarck, dans Werk ohne Autor (2), est bien différent et plus classique. Il décrit le long cheminement d’un jeune peintre pour arriver à être lui-même, comme le lui demande un de ses professeurs, malgré les contraintes de la mode occidentale. Après les contraintes du régime communiste. Il arrive finalement à progresser dans son art du portrait, non du portrait de commande que lui impose son beau père, compromis dans les régimes nazi puis communiste, mais le portrait qui traduit aussi la réalité sociale dans laquelle il vit.

 

C’est aussi ce thème qu’on retrouve, avec plus ou moins de bonheur mais dans le domaine du cinéma, avec Les estivants de Valeria Bruni Tedeschi (3) et The other side of the wind, (4) : dernier film d’Orson Welles, tourné dans les années 1970, inachevé et terminé par des collaborateurs, après sa mort.

 

Doubles vies d’Olivier Assayas (5), traite, entre autres, de ce thème autour d’un auteur de romans à clef, fortement égocentrique. Mais ce film, marivaudage à trois couples du monde de l’édition parisienne, aborde d’autres questions dont celui de la presse et de l’édition face à la numérisation qui les menace.

BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018

Certains films peuvent être plus ou moins considérés comme des docu-fictions.

 

The First man (6) de Damien Chazelle narre la préparation, la sélection et le voyage du premier homme à avoir marché sur la lune, Neil Amstrong, et les répercussions sur sa vie familiale : un homme exemplaire dans une famille étasunienne exemplaire.

Dans 22 JULY (7), Paul Greengrass, à travers l'histoire d'un jeune survivant blessé et de sa famille, reconstitue l'attentat meurtrier d'Oslo par un extrémiste de droite, attentat qui a fait de très nombreuses victimes dont 77 morts…

Sulla mia pelle (8) d’Alessio Cremonini retrace l'histoire d'un fait divers italien : un jeune consommateur et revendeur de drogue est arrêté par la police et succombe, quelque temps après, aux coups reçus lors de son interrogatoire. Les faits sont évidents, l'état du jeune à l'entrée et à la sortie de l’interrogatoire en témoigne. Par crainte de mesures de rétorsion, le jeune n'ose pas dénoncer le policier responsable connu par l'échange de regards.

Les deux premiers sont bien réalisés mais sont et paraissent longs car les faits, jusqu’à leur conclusion, sont connus du spectateur. Le dernier, docu-fiction dénonciateur, montre le désarroi du jeune et de sa famille face aux mauvais fonctionnements de la police, de la justice, de l’administration : mauvais fonctionnements qui n’ont pas encore eu de sanction judiciaire.

Sans être des docu-fictions, des films se rattachent à des faits qui ont, un moment, défrayé la chronique.

Comme Acusada (9), reconstitution incomplète d'un fait divers survenu à Pérouse en Italie. Et de ses suites. Une jeune fille est assassinée lors d’une partie. Une de ses amies dont elle a diffusé des images compromettantes est accusée. Lourde situation malgré son acquittement final.

Amanda (10) s’éloigne encore plus du docu-fiction. L’actualité dramatique des attentats de Paris sert, seulement, de toile de fond, à l’évolution d’un situation familiale. La mère qui s’occupe seule d’Amanda, âgée de 7 ans, disparaît dans un attentat et la vie d’Amanda, celle de ses proches, sont bouleversées. Les circonstances dramatiques n’empêchent pas d’entrevoir un avenir pacifié...
 

BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018

Charlie says de Mary Harron (11) est l’histoire de Charlie Manson qui, gourou d’une communauté hippie des années 60, la famille Manson, entraîne ses émules, essentiellement des jeunes femmes, dans une série d’assassinats… En résonance avec l’actualité, la dernière partie montre les tentatives pour arracher ces jeunes femmes à l’envoûtement dont elles sont encore victimes après les tueries…

Dans un registre et un contexte bien différents, Capri-Revolution de Mario Martone (12) et inspiré de faits réels : une communauté créée par un peintre utopiste au début du siècle dernier dans l’île de Capri. Une bergère découvre, dans la montagne, un groupe de jeunes, hippies avant l’heure, épris d’art, de liberté, de naturisme, d’amour libre... Vivant dans un village aux traditions fortes, avec deux frères autoritaires auxquels elle s'oppose, elle est séduite par leurs activités artistiques, musique, danse…
Entre la
forte tradition du village, la révolution par les arts ou par la raison scientifique et socialisante du médecin qui l’a guérie, alors que l’armée appelle ses frères, que va-t-elle faire ?
.

Si, une fois de plus, les films de réalisatrice étaient rares dans les différentes sélections, les personnages féminins avaient une place importante.

Capri-Revolution pourrait être placé dans ce groupe de films.

Roma (13) qui a obtenu le Lion d’or, entre dans cette catégorie. Dans une riche famille vivant dans un quartier bourgeois de Mexico (Roma), le père quitte le foyer familial, femme et enfants, tandis que la domestique-nounou tombe enceinte, est abandonnée par le géniteur qui participe à la répression des révoltes étudiantes. Les deux femmes font face à la situation difficile que les hommes leur ont léguée.

The favorite (14) se passe à la cour d’Ann d’Angleterre. Que ce soit la reine ou celles qui se disputent la place de favorite, qu’elles s’aiment ou se battent, ces femmes ne s’en laissent pas compter par les hommes de la cour qui voudraient bien avoir le pouvoir, pas seulement sur la politique...

Dans Napszallta (Sunset) (15), c’est aussi d’une jeune femme qu’il est question : héritière spoliée d'une grande chapellerie, elle vient à Budapest pour se faire engager dans l’ancienne entreprise de ses parents. Comme dans son précédent film, Le fils de Saul, Lazlo Nemes, le réalisateur, conduit son héroïne à la recherche d’un frère, chef des révolutionnaires…

D’autres films donnent le rôle principal à une femme, comme Suspiria de Luca Giadagnino (16), Deva de Petra Szocs (17), Dachra de Abdelhamid Bouchnak (18)

Au delà de ces films de qualité, rangés par rubrique, il ne faut pas oublier, trois films remarquables.

 

The ballad of Buster Sruggs (19), six nouvelles des frères Coen qui reprennent des thèmes classiques du western sous forme de fables humoristiques.

 

 

Natasha Merkulova et Aleksey Chupov, réalisateurs de The man who surprised everyone.

Natasha Merkulova et Aleksey Chupov, réalisateurs de The man who surprised everyone.

Certains films mettent en scène des frères ou des sœurs, de fait ou de sang. Le titre du film de Jacques Audiard, dans son ambiguïté, pourrait être emblématique de ce groupe :The sisters brother.

La quietud (20) de Pablo Trapero se déroule en Argentine. Deux sœurs jouent les premiers rôles. Jeunes, belles, heureuses, elles partagent tout, de leurs émois à leurs amants, dans une magnifique propriété. Quand le mari de l'une revient de Paris, c'est l’autre qui va le chercher à l'aéroport et s’en empare immédiatement dans la voiture… Mais ce bonheur, cette richesse repose sur un crime caché du père tant aimé... Et quand l’une des sœurs est enceinte d’un père incertain et finalement inutile, le fruit sera l’enfant des deux sœurs…

A star is born de Bradley Cooper (21), en tirant un peu, peut être rangé dans cette catégorie. Il ne s’agit pas de frères ou de sœurs mais d’un couple. Un chanteur renommé reconnaît dans une amie une véritable star et la pousse vers le succès. Tandis que lui s’enfonce dans la dépression et la drogue...

L’amica geniale de Saverio Costanzo (22) : une femme d’âge mûr écrit l’histoire d’une amitié ancienne avec une camarade d’école : deux copines de couches sociales défavorisées sont les meilleures de la classe, l'une aura une bourse et le soutien des parents pour continuer ses études l'autre sera écrivaine. Dans l’atmosphère de Naples des années 50.
Ce film fait suite à une série télévisée, inspirée d’un livre d’Elena Ferrante, et devrait connaître d’autres épisodes...

The Nightingale (23) de Jennifer Lent. Une jeune Irlandaise décide de se venger des violences de militaires anglais, colons en Australie, aussi racistes envers les Irlandais qu’envers les Aborigènes : viol, meurtre de son mari et de son enfant. Les militaires coupables ayant quitté la région, elle engage par nécessité, malgré son racisme, un aborigène pour lui servir de guide.
Ce
tte barbarie contre les Aborigènes et contre les Irlandais déportés en Australie, cette violence subie et partagée va conduire les deux héros de l’entraide nécessaire à la découverte de l’autre. Du chant de l’autre.

Avec le western The Sisters brothers (24), tourné en anglais, Jaques Audiard part à la conquête de l’ouest. Ces deux frères qui ont tué et tuent sans beaucoup d’émotion et de scrupules, c’est leur métier, doivent retrouver un scientifique, chercheur d’or. Ils accomplissent leur mission mais finalement rentrent au ranch familial pour changer de vie. Il ne fait pas de doute que le film atteindra son public en France. Décrochera-t-il le Graal comme certains le lui promettent ? A Venise, il a touché et le public et le jury.

Les Frères ennemis de David Oelhoffen (25), copains d’enfance, essentiellement d’origine maghrébine, ont vécu dans le même quartier mais ne sont plus du même coté de la barrière. Les uns vivent de trafic de drogue et s’enfoncent de plus en plus dans une délinquance qui les dépasse, passant du haschich à la cocaïne en grosse quantité. L’autre est dans la police, les traque tout en essayant de leur éviter le pire....

La fraternité dans Dragged across concrete de S. Craig Zahler (26) est plus complexe, multiple. Au cours de l’action, plusieurs fraternités se construisent. Un duo de policiers, un noir et un blanc, est suspendu pour avoir utilisé des moyens excessifs pour arrêter deux délinquants. Au courant d'une importante attaque de banque, ils décident de traiter l'affaire pour leur propre compte et de récupérer le magot. L’affaire tourne mal car deux complices ont déjà prévu de doubler l'équipe principale. Derniers survivants, un des deux complices, noir, et le vieux policier, blanc, décident de s'allier…

Natacha Merkulova et Aleksey Chupov, réalisateurs deThe man who surprised everyone

Natacha Merkulova et Aleksey Chupov, réalisateurs deThe man who surprised everyone

The man who surprised everyone de Natacha Merkulova et Aleksey Chupov (27). Apprenant qu’il est atteint d'une maladie incurable, un homme, bon époux sans histoire, règle toutes ses affaires et change totalement de comportement : il décide, sans dire un mot, d’afficher son identité profonde..

Aquarela de Victor Kossakovski (28) : film magnifique sur le dérèglement climatique. Dans le Grand nord, les secours aux voitures qui se sont enfoncées dans l'eau du fait d’une fonte des glaces inattendue, la chute bruyante et majestueuse d’énormes masses de glace qui s'enfoncent dans l'eau et remontent comme une profonde respiration, les énormes vagues, et bleues, et noires, le voilier dans la tempête, la force terrible des ouragans…

Autres films vus :

Kraben rahu (Manta Ray) de Phuttiphong Aroonpheg, 105 mn, Orizzonti.
Peterloo de Mike Leigh, 154 mn, Venezia 75.
La profezia del armadillo d’Emanuele Scaringi, 99 mn, Orizzonti.
Ni de lian (Your face) deTsai Ming-liang, 76 mn, Fuori Concorso.

Vox lux de Brady Corbet, 110 mn, Venezia 75.
Un giorno a l’improvviso de Ciro d'Emilio, 89 mn, Orizzonti.
Deslembro (Unremember) de Flavia Castro, 96 mn, Orizzonti.

La notte de San Lorenzo de Paolo et Vittorio Taviani. 107 mn, Venezia classici restauri.

COURTS MÉTRAGES

Blu de Massimo d'Anolfi et Martina Parenti, 20 mn : documentaire sur la construction du métro de Milan qui, par la seule image, fait naître un certain suspense.

Leoforos patision de Thanasis Neofotistos, 12 mn : une femme prise dans les turbulences d’un manifestation fortement réprimée, est suspendue à son portable par l’angoisse de savoir son enfant seul à la maison.

Strano telo de Dusan Zoric, 20 mn. Un jeune femme commence un témoignage sur le viol qu'elle a subi de la part de militaires serbes. Dans une piscine, trois copains s'entraînent. Ils vont en boîte. L'un deux est entraîné par une jeune femme qui le provoque en lui demandant un moment très vigoureux. Elle est finalement satisfaite. Mais lui s’en va écœuré par ce qu'il a fait. Il finit dans l'armée, fier de lui. La boucle est fermée.

Na Li (Down there) de Yang Zhengfan, 11 mn. L'été et tout le reste de Sven Bresser, 18 mn. Ninfe d’Isabelle Torre, 12 mn. Los bastardos de Thomas Posse, 16 mn.

1 - At eternity‘s gate de Julian Schnabel, 110 mn, Venezia 75, Coupe Volpi d’interprétation masculine pour Willem Dafoe dans le rôle de Van Gogh)

2 - Werk ohne Autor de Florian Henckel Van Donnersmarck, 188 mn, Venezia 75

3 - Les estivants de Valeria Bruni Tedeschi, 126 mn, Fuori Concorso

4 - The other side do the wind d’Orson Welles, 122 mn, Evento speciale, prix Campari

5 - Doubles vies d’Olivier Assayas, 107 mn, Venezia 75

6 - The first man de Damien Chazelle, 135 mn, Venezia 75

7 - 22 July de Paul Greengrass, 143 mn, Venezia 75

8 - Sulla mia pelle d’Alessio Cremonini, 100 mn, Orizzonti

9 - Acusada de Gonzalo Tobal, 108 mn, Venezia 75

10 - Amanda de Mikhael Hers, 107 mn, Orizzonti

11 - Charlie says de Mary Harron, 104 mn, Orizzonti

12 - Capri-Revolution de Mario Martone, 122 mn, Venezia 75

13 - Roma, Alfonso Cuaron, 135 mn, Venezia 75, Lion d’or

14 - The favorite de Yorgos Lanthinos, 120 mn, Venezia 75, Grand prix du Jury et coupe Volpi d’interprétation féminine à Olivia Colman dans le rôle de la reine Ann

15 - Napszallta de Lazlo Nemes, 142 mn, Venezia 75

16 - Suspiria de Luca Giadagnino, 152 mn, Venezia 75

17 - Deva de Petra Szocs, 82 mn, Orizzonti

18 - Dachra de Abdelhamid Bouchnak, 113 mn, Fuori Concorso

19 - The ballad of Buster Sruggs de Joël et Ethan Coen, 133 mn, Venezia 75, Prix du scénario

20 - La quietud de Pablo Trapero, 120 mn, Fuori Concorso

21 - A star is born de Bradley Cooper, 135 mn, Fuori Concorso

22 - L’amica geniale de Saverio Costanzo, 120 mn, Fuori Concorso

23 - The Nightingale de Jennifer Lent, 136 mn, Venezia 75, Prix spécial du jury et Prix Marcello-Mastroianni du jeune acteur émergent pour le comédien aborigène Baykali Ganambarr

24 - The Sisters brothers de Jaques Audiard, 120 mn, Venezia 75, Lion d’argent de la meilleure mise en scène

25 - Frères ennemis de David Oelhoffen , 111 mn, Venezia 75

26 - Dragged across concrete de S. Craig Zahler, 158 mn, Fuori Concorso

27 - The man who surprised everyone de Natacha Merkulova et Aleksey Chupov, 105 mn, Orizzonti

28 - Aquarela de Victor Kossakovski, 89 mn, Fuori Concorso

Et comme il est impossible de résister à prendre quelques photographies à Venise...

BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
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BRÈVES NOTES SUR LE FESTIVAL DE VENISE 2018
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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 07:39
Bologne et "il cinema ritrovato"

English

Il cinema ritrovato, le festival de cinéma de Bologne (Italie), est organisé par la Cinémathèque de Bologne (1) depuis 1986. Il présente une sélection d’œuvres quelquefois inconnues ou considérées comme perdues provenant de diverses cinémathèques du monde à un public aussi large que possible.
C'était cette année sa XXXII édition.


La première année, les projections ont eu lieu dans une seule salle de cinéma avec quelques dizaines de spectateurs. Cette année, 4 000 personnes accréditées (2), 120 000 spectateurs, 464 films de 1888 (chronophotographie) à nos jours, de 283 auteurs de 5 continents, regroupés en différents catégories : 1898, cinema anno tre, Marcello come here, ritrovati e restaurati, alla ricerca del colore, John M. Stahl, Luciano Emmer, Marcello Pagliero, Napoli che canta, Cento anni fa 1918, La rinascita del cinema cinese... Certaines séances étaient précédées par un des 43 ciné-tracts de 2,40 mn tournés en mai 1968 en France.

 

Tous ces films ont été projetés au cinéma Lumière (2 salles, Mastroianni et Scorcese), sur la Piazzetta Pasolini, en ville, cinémas Arlecchino et Jolly… (3)

 

 

 

 

Cinéma Lumière

Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"

Et, gratuitement, sur la Piazza Maggiore. tous les soirs du 18 juin au 15 août, devant des milliers de spectateurs : du 18 juin au 1er juillet, dans le cadre, il cinema ritovato, des films restaurés, 14 longs métrages dont deux muets, Rosita de Ernst Lubitsch (1923) accompagné par le Mitteleuropa Orchestra et Settima Cielo de F.Borzage (1927) avec l’Orchestra communale di Bologna et le court métrage Entr’acte de René Clair (1924) avec la musique d’Erik Satie (pianoforte Daniele Furlati).

Du 2 juillet au 15 août, Sotto le stelle del Cinema, 27 films, de La Fiamma del Peccato (Billy Wilder, 1944) à La Gatta Gerentola (2017)...

Bologne et "il cinema ritrovato"

Parallèlement, pendant la durée du festival, des discussions, Lezione di Cinema (2) avec Martin Scorsese, Thierry Frémaux, Margaret von Trotta, Michel Ciment, Kathrin Sermak, Emi de Sica, Marina Vlady…) étaient organisées à l'auditorium et, sur la piazza Maggiore, autour d'un livre sur le cinéma (Libri sotto le stelle).

Michel Ciment, Thierry Fremaux, Gian Luigi Farinelli
Michel Ciment, Thierry Fremaux, Gian Luigi Farinelli

Michel Ciment, Thierry Fremaux, Gian Luigi Farinelli

La Cinémathèque de Bologne a un laboratoire, L'immagine ritrovata, reconnu internationalement pour la conservation et la restauration des films. Cette année, par exemple, des films récemment restaurés à Bologne ont été présentés au Festival de Cannes : Ladri di biciclette (Vittorio de Sica, 1948), Driving Miss Daisy (Bruce Beresford, 1989), The Apartment (Billy Wilder, 1960), La Religieuse (Jacques Rivette, 1965), Cyrano de Bergerac (Jean-Paul Rappenau, 1990), Gli specialisti (Sergio Corbucci, 1969).
Par ailleurs, la cinémathèque possède d'importantes archives de films, notamment du cinéma muet italien, du cinéma soviétique, du cinéma populaire italien, de photographies, la bibliothèque du cinéma Renzo Renzi...

Dans l’énorme programme, il est difficile de faire un choix des films à voir. Se pose alors le dilemme : voir tous les films d’un groupe, un film de chaque groupe, choisir des films jamais vus, connus ou inconnus, ou, au contraire, revoir certains films. Le tout à gérer en fonction des horaires, des salles heureusement peu éloignées les une des autres

Parmi les 24 courts métrages vus, le plus marquant est sans conteste, Les statues meurent aussi d’Alain Renais, Chris. Marker, Ghislain Cliquet (1953, 29mn).
Tandis que pour les longs métrages (42) vus ou revus avec le plus de plaisir, la liste est longue : The Navigator de Buster Keaton (1924, 59mn), Leo, the last de John Boorman (1970, 104mn), Le silence est d'Or (1948, 100mn) et Les deux timides de René Clair (1928, 77mn). Mais aussi, The whole life of mine de Shi Ui (1950, 109mn), Victimas del pecato (1951, 90mn) d’Emilio Fernandez, auteur de Ennamorada (1946) vu à Cannes, Les amants de Brasmort de Marcello Pagliero (1951, 86mn), The Apartment de Billy Wilder (1960, 125mn), Oteg Sergu de Jakov Protazanov (1917/18, 198mn), The woman under oath (1919, 67mn) et Imitation of life (1934, 111mn) de John N. Stahl, Dainah, la métisse de Jean Gremillon (1932, 55mn), The winter of three hairs de Zhao Ping (1949, 90mn), ll bigamo (1955, 100mn) et Le ragazze di piazza di Spagna de Luciano Emmer (1952, 97mn), Divorzio all'italiana de Pietro Germi (1961, 105mn), What ever happended to Baby Jane de Robert Aldrich (1962, 132mn), Marnie d'Alfred Hitchcock (1964, 130mn), L'héritage de la chouette de Chris. Marker (1989, 78mn), Il Bell'Antonio de Marco Bolognini (1954, 105mn), Alien de Ridley Scott (1979, 116m)…

Bologne, ce n’est pas seulement la ville du Festival, il cinema ritrovato, qui se déroule dans le centre historique, c’est aussi une des plus grandes villes d’Italie, une importante ville universitaire, historiquement, la plus vieille d’Europe.

 

 


 

Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"

Quelques peintures de rue, souvent sur des rideaux de magasins

Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
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Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
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Bologne et "il cinema ritrovato"
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Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"
Bologne et "il cinema ritrovato"

1 - Président depuis 2014, Marco Bellocchio, directeur, Gian Luca Farinelli

2 - Michel Ciment sur le cinéma italien et Thierry Fremaux sur l’avenir du cinéma

3 - Pour voir tous les films, il faut être accredito ce qui permet d’accéder à tous les cinémas et aux places réservées sur la Piazza Maggiore, au prix de 100 euros, taux plein, et 50 euros pour le taux réduit. A défaut , les billets sont vendus à l’entrée des salles à 5 euros la séance.

Sites : www.ilcinemaritrovato.it/www.cinetecadibologna.it

Adresse : ilcinemaritrovato@cineteca.bologna.it

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 19:46
Vintimille-Calais en passant par Paris

La Marche de Vintimille à Calais passait aujourd'hui par Paris.
Elle a été accompagné par une manifestation de solidarité de la Bastille à la République.

Quelques images

Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
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Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
Vintimille-Calais en passant par Paris
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