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7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 17:33
La SNCF, pour l'exemple.

La SNCF, pour l'exemple.

Un rude combat est engagé contre la politique d'Emmanuel Macron par les cheminots, les étudiants, les hospitaliers, les... tous ceux qui luttent contre la dégradation de leur situation. Contre les atteintes au service public. Le président des riches est arrivé masqué, en même temps. Aujourd'hui, il ne cache plus son jeu. Il succède à François Hollande, prolonge son œuvre pour mettre la France en harmonie avec l'injustice du monde.

Il est des pays où la droite a fait son travail : Margaret Thatcher a cassé le syndicat des mineurs au Royaume-Uni en 1984-85, Reagan s'est attaqué aux contrôleurs aériens fédéraux aux États-Unis en 1981 (1). En Allemagne, c'est le social démocrate Schröder qui s'est chargé de la besogne avant d’aller toucher les dividendes en pantouflant comme directeur indépendant chez Rosneft, société d'État russe du pétrole.
 

La SNCF, pour l'exemple.

En France, François Hollande n'a pas su mener à bien le travail et démanteler le code du travail. Il a été licencié par ses amis. Le roi de la synthèse a explosé le parti socialiste ! Il a cédé sa place au socialiste qu'il était allé chercher à la banque Rothschild pour en faire un secrétaire général adjoint à l’Élysée puis le ministre des de l’Économie, de l'Industrie et du Numérique.

Pour atteindre leur but, leur technique est la même : aider le patronat par des subventions, réductions d'impôts, suppression de l'ISF... et, pour rétablir les comptes, diminuer les budgets sociaux. Cela n'est possible qu'en diminuant la force collective des travailleurs. En les divisant.

La SNCF, pour l'exemple.

Ils se sont attaqués d'abord au secteur privé où les syndicats sont faibles mais pouvaient s'appuyer sur le code du travail, fruit des victoires antérieures. D'où la bataille pour le modifier, favoriser les accords d'entreprise contre les accords de branche, affaiblir le rôle des prud'hommes, diminuer le nombre d'inspecteurs du travail...

Cette modification des rapports dans l'entreprise est bien illustrée par un changement de titre : l'organisme qui portait le nom, Centre national du patronat français (CNPF), est devenu le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) : les patrons affirment, par cette mutation en apparence anodine, qu'ils ont gagné la lutte des classes qui n'existe pas. Désormais, le MEDEF, organisation des patrons, prétend représenter l'ensemble de l'entreprise (2). L'entreprise, c'est les patrons. Non les travailleurs. Qui ne sont qu'une obligation pour produire, gênante, un coût qu'il faut réduire d'une façon ou d'une autre... Tandis que les dividendes ne sont que la juste rémunération des capitaux investis... et les salaires exorbitants, les parachutes dorés, options d'achat d’action (stock-options), attribution d'actions gratuites et autres avantages (golden hello...), la récompense méritée d'un travail qui a plus ou moins satisfait les actionnaires..

Aujourd'hui, ce sont les travailleurs à statut qui sont attaqués. Par un travail de division entrepris depuis longtemps : recrutement de travailleurs en CDD-à-répétition à la Poste, recrutement de travailleurs hors-statut à la SNCF... qui sont déjà dans le système post-démantèlement de la SNCF... Et toute la propagande gouvernementale, largement reprise par certains journalistes qui, bien sûr, ne sont pas au SMIC et bénéficient de niches fiscales...

Entreprise par entreprise, administration par administration, la manœuvre est toujours la même : changement de statut de l'entreprise qui ne sera pas dénationalisée mais devient une société par actions dont seul l’État est actionnaire, puis le capital est ouvert au privé, l’État demeurant actionnaire majoritaire ou minoritaire avec pouvoir de blocage... avant d'être totalement privatisée !!!

Dans le même temps, on évacue la notion de service public, de solidarité territoriale, nationale. Avec la péréquation, la partie bénéficiaire permettait de maintenir la partie qui ne l'était pas mais qui était utile à la population. Avec la privatisation, seuls les secteurs rentables, sont intéressants et seront maintenus, ceux qui ne sont pas rentables seront abandonnés.

Les privatisations ont été conduites par tous les gouvernements de gauche ou de droite depuis quelques années. Malgré toutes les promesses...
Aujourd'hui, après les aéroports de Toulouse, Nice, Lyon, c'est l'aéroport de Paris
qui ne sera pas dénationalisé mais dont on connaît le probable repreneur (comme à Lyon) : Vinci déjà actionnaire minoritaire... Et bien sûr la SNCF, en commençant par les lignes les plus rentables...

Pour mener à bien cette entreprise généralisée, il faut construire un contre-feu, fabriquer de faux privilégiés pour protéger les vrais : ce sont aujourd'hui, essentiellement, les travailleurs à statut...

Non les bénéficiaires des niches fiscales par exemple : il y avait 418 niches fiscales en 2003, 468 en 2010, 509 aujourd'hui (3) ! En 2016, les 451 niches fiscales recensées diminuaient les recettes fiscales de l’État d'un montant de 85,6 milliards d'euros ! Il est probable que certaines de ces niches sont utiles et nécessaires... Il est cependant étonnant que leur utilité soit telle que leur nombre augmente de plus de 20%, soit de 91 en 15 ans !

Selon le syndicat des finances publiques Solidaires, entre 60 et 80 milliards d'euros de recettes fiscales sont perdues chaque année en France, du fait de la fraude fiscale, et 40 à 60 du fait de l'optimisation fiscale.
Les plus
optimisés sont bien sûr les les GAFAM... qui paient peu ou pas d'impôts en France...

Bien sûr, il y a la dette de la SNCF. Il y a fort à parier que, quel que soit l'avenir de la SNCF, la dette sera épongée par l’État. Elle est due aux investissement, judicieux ou non, décidés par l’État sous l’influence des barons politiques locaux et des groupes de pression des BTP.
Elle n'est pas due aux travailleurs !

Les retraites : c'est la question fondamentale. La retraite des cheminots est le verrou à faire sauter avant la contre-réforme généralisée qui sera organisée en 2019.

La caisse de retraite des cheminots est en déficit. Ce déficit est accentué chaque jour. En effet, le nombre de cheminots retraités augmente, celui des cheminots qui cotisent diminue notamment par le recrutement de cheminots hors statuts ! Cela ne peut durer !!!

Une fois que ce verrou aura sauté, ce sera le tour du régime général des retraites et de la Sécurité sociale. La population vieillit ? Il faut travailler plus longtemps. Une population vieillie a plus de maladies chroniques ? Il faut augmenter les cotisations ou diminuer les prestations. Ou mieux, casser la Sécurité sociale, avec un service minimum pour les pauvres et des assurances privées pour ceux qui pourront payer. Contre toute notion de solidarité.

Il se trouve que les mois qui ont suivi l’élection d’Emmanuel Macron ont réservé une série de « bonnes nouvelles » sur le plan économique. La croissance est repartie, les statistiques du chômage se sont stabilisées, et le déficit est tombé au-dessous de 3 %. Un sujet de fierté pour le nouveau pouvoir, aussitôt contesté par les fidèles de François Hollande, qui l’attribuent à la politique de l’ancien président.
Sauf que, s'il existe une reprise au niveau européen qui se situe à 2,3%, la France est à la traîne avec un taux inférieur à 2%. Ce qui devrait rendre modeste l'ancien et le nouveau gouvernement quant à l'efficacité de leur politique (4).

Pour les Français, le problème n’est pas là. Peu leur importe de savoir à qui revient le mérite de ce retour aux critères de Maastricht. Ils se demandent plutôt à quoi sert ce bonheur statistique s’il se traduit pour eux par la poursuite des sacrifices. À quoi bon se porter mieux si c’est pour aller plus mal ? Les marges augmentent, les dividendes augmentent, l'APL diminue, les retraites diminuent...

Car, en ce printemps 2018, ce ne sont pas seulement les cheminots qui font leurs comptes... mais les retraités, les hospitaliers, les éboueurs, les salariés de Carrefour, les salariés d'Air France, tous métiers confondus, les étudiants...
Les cheminots ont les meilleures conditions pour combattre. Leur échec aurait des conséquences pour tous... La défaite des syndicats des mineurs au Royaume-Uni n'ont pas amélioré la situation des autres travailleurs. La prospère Allemagne a instauré depuis 2004, avec les lois Hartz du gouvernement Schröder, les « jobs à 1 euro » (5). Doit-on s'en inspirer (6) ?


 

Le bras de fer est engagé, apparemment, entre Emmanuel Macron et les cheminots autour de la SNCF, de son avenir... Mais il s'agit beaucoup plus que cela. Quelle société pour demain ?
Une société basée sur la lutte de tous contre tous ? Ou une société de solidarité ?

 

Quelques images de la manifestations du 22 mars 2018
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.
La SNCF, pour l'exemple.

1- "Le licenciement des employés de PATCO ne démontra pas seulement la détermination sans faille du président à prendre le contrôle de la bureaucratie mais il envoya également un message clair au secteur privé que les syndicats n'étaient plus à craindre" David Schultz, Encyclopedia of public administration and public policy (2004) p. 359. (Wikipédia)

2 - Remarque empruntée à Danielle Linhart.

3 - Wikipédia

4 - https://www.touteleurope.eu/actualite/economie-s-appuyer-sur-la-croissance-pour-renforcer-la-convergence-entre-les-pays-europeens.html

5 - https://www.20minutes.fr/economie/67390-20051215-economie-le-job-a-un-euro-decolle-en-allemagne

6 - http://www.nicematin.com/economie/doit-on-sinspirer-de-lallemagne-et-ses-jobs-a-1-euro-pour-lutter-contre-le-chomage-83641

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 22:23
Mots imagés de rues

English is here

Dans de nombreuses villes du monde, certains murs sont recouverts de mots et d'images souvent colorés, sauvages, libres, éphémères : moyen d'expression populaire.

Certains auteurs qui signent leurs œuvres sont connus mais la plupart demeurent anonymes. Auteurs du quartier ou de passage, ils ne cherchent pas la gloire. Ils veulent seulement exprimer, donner à voir, aux passants tout aussi anonymes, ce qu'ils pensent, ce qu'ils sentent, ce qu'ils aiment, ce qui les anime, les révolte, les inspire.
Et ce qu'ils savent faire.

Les images ci-dessous, comme lors des précédentes livraisons, ont été recueillies au hasard de promenades, principalement à Paris..., elles sont présentées par thèmes. Quelques unes ont été collectées à l'étranger.

Cette nouvelle série fait suite à celles du 21 mars 2018 (1), de 2016 (2) et de Paris touchée, au lendemain des attentats de Paris (3).

Les images sont souvent politiques,

contestataires.

 

Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

Certaines peuvent s'élargir au delà de la politique quotidienne,

Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

... touchant des questions de société...

Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

... la culture...

Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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... la poésie...

Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

L'amour est aussi un thème important...

Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

Les enfants ont leur place sur les murs...

Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

A Paris, Miss.Tic s'affiche, reconnaissable par sa signature mais par son style, ses thèmes, sa poésie...

Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

Des images sont produites, tous les jours, partout dans le monde. Il est impossible de les répertorier, même dans un espace limité. Il faudrait mettre en valeur, leur variété et faire des mises à jour renouvelées.

Encore quelques images non classées...
 

Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
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Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

Quelques images vues à l'étranger,

2 en Allemagne, 4 en Italie...

Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

Il n'est pas question de mettre sur le même plan que les images précédentes les trois peintures vues dans le camp des Milles.
Mais de rappeler, de façon peut être discutable, ce qu'était le camp des Milles :
camp d'internement  et de déportation, ouvert en septembre 1939, dans une usine désaffectée, une tuilerie, à Aix-en-Provence.
Entre 1939 et 1942, il a connu l'internement d’étrangers et de résistants de 38 nationalités pour devenir finalement une antichambre d’Auschwitz avec la déportation de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants juifs en août et septembre 1942 dans le cadre de la Shoah. Il est le seul grand camp français d'internement et de déportation encore intact... accessible au public avec l'ouverture d'un Site-Mémorial sur les lieux mêmes (Wikipédia).

 

Mots imagés de rues
Mots imagés de rues
Mots imagés de rues

1 - Le murmure des murs, 21 mars 2018

3 - Les murs ont la parole, 16 juin, 2016

4 - Paris touchée, 25 juin, 2016

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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 10:03

 

In english

 

L'art urbain a désormais ses lettres de noblesse, artistes reconnus, mécènes institutionnels ... Murs-musées avec des visites organisées ...
Mais il ne sera question ici que de l'art urbain comme moyen d'expression populaire sous la forme de graffiti, textes ou images, peints ou collés. Ces graffitis s'épanouissent autour du monde, œuvres, parfois signées, plus ou moins éphémères, effacées, surchargées ou complètement recouvertes.
Exercice sauvage, indisciplinée, le plus souvent sur des supports non autorisés, murs, vitrines, camions ... accessibles à la réalisation et à la compréhension de tous ... libres, sans aucune censure autre que celle des auteurs qui passent ou non à l'acte, qui peut être couvert ou contesté par d'autres auteurs de graffiti.

 

Réflexions sous forme de textes / dessins offerts aux passants, philosophiques, politiques, protestants, tendres, irrespectueux, poétiques, romantiques, humoristiques, naïfs, délirants, utopistes ou cruels, ils donnent à voir le murmure de la ville (1).
Ces images disparaîtront, dans huit jours, dans un mois, dans une année, dans une obsolescence généralement non programmée mais assumée, qui ne dépend pas de la qualité, artistique ou littéraire ... mais le plus souvent de l'activité d'autres graffeurs besoin d'expression, d'exposition ... ou de propriétaires privés ou institutionnels.
Cependant, certains survivront plus longtemps grâce au travail patient et passionné de ceux qui les recueillent, les archivent, les publient dans des livres ... (2)

Les images ci-dessous ont été recueillies au hasard de promenades, principalement à Paris, Belleville, Paris Est, 13e arrondissement, elles sont présentées par thèmes.
Certaines sont situées géographiquement, 6 place de la République (Paris) - suite de Nuits debout - et 6 à l'étranger.

Cette nouvelle série fait suite à celle de 2016 (3) et aux images du lendemain des attentats de Paris (4).

Seuls les messages sous forme de texte ont été conservés. Sans aucun jugement, ni sur la substance, ni sur la forme.

Les textes avec images seront publiés ultérieurement.

 

 
Le murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des murs
Le murmure des murs
 
 
 
Le murmure des murs
 
 
Le murmure des murs

Le murmure politique des murs de Paris

Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique

 

6 images sur la place de la République à Paris  (Nuits debout)

Pace Nuit debout
Pace Nuit debout
Pace Nuit debout
Pace Nuit debout
Pace Nuit debout
Pace Nuit debout

 

Immigration

Immigrés
Immigrés
Immigrés

Amour

Amour
Amour
Amour
Amour
Amour
Amour

 

Je pense donc je tague

Le murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs

Étranger

1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en Allemagne

1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.
1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.
1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.

 

1 - La construction de la muraille des Fermiers généraux, entre 1784 et 1790, pour percevoir des taxes, bien entendu impopulaires, sur les marchandises entrant à Paris, a suscité ces mots anonymes: Le mur murant Paris rend Paris murmurant. Ce mur a été détruit en 1860.

2 - Parmi ceux-ci mais il y en a beaucoup d'autres :

- TIENS  ILS ONT REPEINT ! 50 ans d'aphorismes urbains de 1968 à nos jours,  Yves Pagès La Découverte 2017

-STREET ART Larousse

- Les Graffitis de la Liberté, sur les murs du printemps égyptien. Editions Vent de sable Vincent Euverte 2015

3 - Les murs ont la parole, 16 juin, 2016

4 - Paris touchée, 25 juin, 2016

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15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 20:44

Version anglaise

La Maison rouge (Fondation Antoine de Galbert), présente jusqu'au 20 mai 2018, deux expositions qui valent le détour, aussi bien pour les personnes qui vivent dans la région Île de France que pour celles qui ne sont que de passage à Paris.

La première, Black Dolls, est constituée de 200 poupées noires parmi les 1000 de 1840 à 1940 collectées par Deborah Nef. Dont quelques unes sont présentées ci-après.

Toujours à la Maison rouge, 150 œuvres de l'artiste rom, Ceija Stojka (1933-2013),  déportée pendant la Seconde guerre mondiale. Seconde partie de cet article.

Black Dolls

Ces poupées noires, ont été confectionnées entre 1840 et 1940, par des jeunes filles ou des femmes noires, le plus souvent pour des enfants blancs ou noirs.

Elles sont d'une très grande diversité, hommes, femmes, aux vêtements variés. Cette présentation de poupées est accompagnées des photos d'époque, de textes et d'un court métrage remarquables pour les replacer dans le contexte des relations entre Noirs et Blancs aux États-Unis.

Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions

Des photographies et un court métrage complètent l'exposition pour cerner leur utilisation...

Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions

Les dopsy-turvy dolls sont des poupées qui, quand on retourne leur jupe, font apparaître leur visage noir ou blanc.
Certaines, sans vêtements, visage, bras et tronc  blancs sont soudés par le tronc à une autre poupée tronc, bras et visage noirs.
Elles auraient été fabriquées par des  nounous noires pour leurs enfants et/ou pour les enfants blancs dont elles s'occupaient.


 

Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions

Lors d'un voyage au Brésil, il y a une trentaine d'années, au marché, une vendeuse proposait ce type de poupées qu'on peut retourner, en disant : la pauvre et la riche .  L'une, au teint sombre, la poupée pauvre, avait une robe belle mais simple, en la retournant, apparaissait une autre poupée, au teint plus clair, la riche avec un robe bien plus belle.

Quelques années plus tard, des amis brésiliens ont rapporté une poupée du même type. La différence de teint entre la riche et la pauvre était bien moins évidente.

Hasard ? Évolution ?

 

Poupées noires et  artiste rom : deux expositionsPoupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositionsPoupées noires et  artiste rom : deux expositions

PS : une image photographiée sur un mur de Nanterre ...

Poupées noires et  artiste rom : deux expositions

Cette exposition n'est pas seulement belle par les poupées présentées, Elle est intéressante aussi par sa présentation qui essaie de les replacer, par des textes et un court métrage dans le contexte des relations entre Noirs et Blancs aux États-Unis.

Ceija  Stojla (1933-2013)

 

Ceija Stojka, rom autrichienne, a été déportée à l'âge de dix ans dans les camps de Ravensbrück, Auschwitz-Birkenau, Bergen-Belsen, avec sa mère et ses frères et sœurs. Pendant la Seconde guerre mondiale, 90% des roms autrichiens ont disparu.

A l'âge de 55 ans, elle a commencé à revenir sur cette période pour donner son témoignage par des textes, dans de nombreux carnets, dont certains ont été publiés, et par des dessins et peintures, plus d'un millier, encres, gouaches, acryliques, dont 150 sont présentés dans l'exposition.

Ces tableaux ont été réalisés entre 1988 et 2012 au fil des souvenirs. Ils sont présentés par chapitres  : Quand on roulait..., La traque..; Les camps... Le retour à la vie...
Quelques images de cette magnifique exposition.

Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
Poupées noires et  artiste rom : deux expositions
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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 23:08

LES CROIX DE BOIS*

 

Aprés A l’Ouest rien de nouveau, livre écrit par un Allemand (1929) et film réalisé par un Étasunien (1930), il était intéressant de prendre Les Croix de bois, livre (1919) et film (1932) d’auteurs français. Livres et films sur la guerre de 14-18 et contre la guerre.

 

Le livre, Les Croix de bois, est donc paru en 1919, tout de suite après la guerre : écrit par Roland Dorgelès, réformé deux fois pour raison de santé mais engagé volontaire en 1914 grâce à l'appui de Clémenceau. Le film, adapté du livre, est sorti en France en 1932. Il a été réalisé avec des acteurs, notamment Pierre Blanchar (Gilbert Demachy), Charles Vanel (caporal Breval), Aimos (Fouillard), Jean Galland (capitaine Cruchet), et des figurants ayant participé à la guerre. Il a été tourné sur les champs de bataille de Champagne avec l’appui de l’Armée française.

 

Dans le livre, Roland Dorgelès retrace la vie au front d’un groupe de soldats que viennent de rejoindre, en renfort, trois nouveaux. De ces trois, il ne sera question que de Gilbert Demachy, étudiant en droit, engagé comme Roland Dorgelès et du même milieu social. Celui-ci s’intègre peu à peu au groupe malgré les différences d’éducation, de classe, de fortune...
L’expérience de ces hommes qui subissent une guerre implacable, sur laquelle ils ne peuvent rien, à laquelle ils doivent s’adapter, en fait un livre contre la guerre, non pour des raisons philosophiques, politiques ou autres mais par la seule description de la vie impossible des soldats.
Un livre de mort et de vie. Un livre d'espoir.

 

La force des Croix, c’est le récit de la vie quotidienne au front qui broie les hommes. Un monde clos, auquel nul ne peut échapper, sans lien avec l’extérieur, en dehors de la nourriture, des babilles (les lettres), irrégulières, des décisions incompréhensibles des stratèges allemands ou français qui ne sont connues que par leurs conséquences : une patrouille à faire, une attaque pour reprendre un village en ruines, dans une course folle face aux tirs de mitrailleuses, l’attente de la relève ou de la mort, sur le mont Calvaire, cette terre morte où (les torpilles) ne pouvaient plus rien arracher que des lambeaux d’hommes et des cailloux, et pour lequel tant de copains avaient déjà perdu leur vie. Tandis que les coups de pioches des Allemands annoncent qu’ils sont en train de mettre en place une mine qui va tout faire sauter.

 

Roland Dorgelès, dans un journal des événements, reconstitué mais détaillé, sans date, passe d’une journée à l’autre, d’une situation à l’autre, d’un événement à l’autre, sans transition : de la marche difficile à la routine de la vie dans la tranchée, dans la boue, au repos dans le gourbi où s’échafaudent des rêves impossibles, de la relève sous la canonnade, au calme de l’arrière, dans le village animé avec ses commerces, ses bistrots. D’une attente à l’autre : la soupe, les lettres, la relève, l’attaque, sous la pluie ou les bombes. La mort.

 

Il devine les pensées de chacun, de Gilbert Demachy, probablement très proches des siennes, notamment à propos de ces pauvres hommes que, vivants, il n’avait pas toujours aimés, parce qu’ils étaient parfois grossiers, le geste et l’esprit lourds.
Rapporte leurs rêves, leur espoir malgré une résignation obligée. Cet espoir qui est entretenu par les moments de bonheur. Il a fallu la guerre pour nous apprendre que nous étions heureux… Le bonheur est partout. C’est le gourbi où il ne pleut pas… la litière sale où l’on se couche… Un pavé, rien qu’un pavé, où se poser dans un ruisseau de boue, c’est encore du bonheur. Mais il faut avoir traversé la boue pour le savoir. Quand la guerre est finie, pour cinq jours..., loin de la tranchée, loin de la ligne de front quand, au repos, on se retrouve avec les copains survivants. A délirer sur ce qu’on donnerait pour revenir au pays : un œil, une jambe…
Décrit des lieux sinistres :
tout le long de la berge, des croix de bois, grêles et nues, faites de planches ou de branches croisées regardaient l’eau couler… Avec les crues, les croix devaient s’en aller, au fil de l’eau grise… Mais aussi la ferme, la grande salle, tout embaumée de soupe… où il retrouve sa chaise, son bol, ses sabots, son petit flacon d’encre… retrouver ces choses à soi, ces riens amis qu’on aurait pu ne jamais revoir.

Des situations insupportables : Tous dans le boyau… Sans regarder, on y sauta. En touchant du pied ce fond mou... C’était un entassement infâme, une exhumation monstrueuse de Bavarois cireux sur d’autres déjà noirs, dont les bouches tordues exhalaient une haleine pourrie ; tout un amas de chairs déchiquetées, avec des cadavres qu’on eut dit dévissés, les pieds et les genoux complètement retournés… on éprouvait comme une crainte religieuse à marcher sur ces cadavres, à écraser du pied ces figures d’hommes...

 

Le tout dans une belle langue, au riche vocabulaire, que, quelquefois, on n’ose qualifier de poétique. Au sortir de cette guerre, meurtrière, malgré tout, ce livre est une œuvre d’espérance, de volonté de vivre, de petits bonheurs dont on n’a conscience que quand on a vécu le pire.

 

A ce récit subjectif, intimiste, le film de Raymond Bernard apporte une représentation de la guerre, plus extérieure, plus désespérée, par l’apparente objectivité des images dominées par la mort.

 

La flamme du soldat inconnu. Première image du film, pendant le générique - sera aussi la dernière. Suivie de celle d'un bataillon présentant les armes, chaque soldat recouvert, dans un fondu enchaîné, par une croix blanche puis un double champ de croix blanches sur une musique cérémonielle, champ de croix noires (soldats allemands), croix blanches et noires et une importante croix blanche – in memoriam. Le film en mémoire de ceux qui sont tombés.
Et, au milieu des images qui rappellent l’enthousiasme des débuts de guerre, engagement des volontaires, départs en train, fleuris et chantants, une affiche de mobilisation sur fond de son de cloches avec apparition d’un portrait de mère.

 

La guerre : des champs dévastés, peuplés de cadavres, de squelettes d’arbres, de trous de bombes où se terrent les soldats, des attaques allemandes ou françaises de biffins qui ne sont que de la chair à mitrailleuses ; long plan sur de visage du caporal Bréval, mourant désespéré, torturé jusqu’au dernier souffle par les infidélités de sa femme ; dernière séquence du film, longue agonie de Demarchy qui n’a jamais rien demandé d’autre que de garder l‘espoir jusqu’à la fin… qui bouge, qui chantonne pour survivre, v'là le beau temps…

 

Mais la force principale, spécifique, du film est l’utilisation du son : le bruit de cette guerre, de ce canon qui tonne en permanence, lointain ou tout proche, seulement inquiétant ou meurtrier. Qui s’arrête un instant : instant de bonheur. Qui reprend aussitôt. Qui se rapproche. Qui enlève des vies. Au hasard. Sans autre moyen de défense que la tranchée, le gourbi ou le trou de bombe dans lequel on s’enfonce quand c’est possible. Attente. Hasard.
 

Raymond Bernard a utilisé la technique nouvelle du film sonore pour submerger le spectateur de la force meurtrière de la technique guerrière : crépitement des mitrailleuses, françaises ou allemandes décimant les hommes qui courent dans un assaut impossible ; tonnerre de l’artillerie lourde qui détruit tout, explose la terre de mille trous, pétrifie les arbres et tue les hommes ; affrontement d’artillerie, infernal, qui va durer - dix jours - quinze minutes de cinéma, images entrecoupées de cartons - dix jours – cartons qui, dans les films muets, encore majoritaires à l’époque, donnaient la parole aux hommes et, ici, enfoncent dans la tête du spectateur la durée de l’enfer.

 

Le spectateur est emprisonné entre les images, fondus enchaînés du début du film, croix sur le bataillon de jeunes destinés au massacre et celles de la fin, cohortes de soldats portant leur croix blanche, française, ou noire, allemande. Délire de couronnes tombant devant Demarchy agonisant. Seule la mort est victorieuse. Terrible substitution de son quand Demachy prie la Vierge de lui permettre de survivre ou, au moins, de conserver l’espoir de vivre, toujours, maintenant, à l’heure de la mort. La voix sombre des fidèles dans l’église terminant, à sa place : ainsi soit-il.
 

Livre et film ne sont pas antimilitaristes, ne sont pas contre les militaires : il y a de bons et de mauvais officiers ou sous officiers, de bons et de mauvais soldats. Ils sont contre la guerre.
Quant aux civils, il en est peu question. Les villageois profitent de la situation. L'auteur dit une fois qu’il n’aime pas les villageois probablement par mépris de classe. Les parents de Demachy à qui Sulphart en permission, a essayé de parler du front, ne comprennent pas. Ils sont loin, dans un autre monde. Innocent. Ils ne peuvent comprendre...

Même les soldats, dans leurs petits moments de bonheur ou dans la tourmente, au cœur de la tuerie, sont aussi froids devant la mort de l’autre – le corps de copains utilisés pour faire un parapet - les morts pas plus tragiques que les caillouxComme l’homme est dur, malgré ses cris de pitié, comme la douleur des autres lui semble légère, quand la sienne n’y est pas mêlée !

Le plus dur, pour celui qui va mourir – Bréval, Demachy - c’est la pensée de la femme infidèle, insouciante... Pour celui qui en revient, vivant - Sulphart – la femme envolée avec les meubles, sans un mot, sans une lettre...

 

Le livre et le film finissent différemment. Dans le film, Demachy, murmure en mourant, v'là le beau temps, cruel et dérisoire… Dans le livre, Sulphart, avec deux doigts et deux cotes en moins, abandonné par sa femme, est vivant, survivant peut-être mais vivant, avec des souvenirs.

Pour l'auteur, finissant son livre, c'était quand même le bon temps. Puisqu’ils étaient vivants. Puisqu'au milieu de toute cette souffrance, ils pouvaient rire. Et rire encore, aujourd’hui, avec quelques remords.

 

Dans A l’Ouest, rien de nouveau, pendant germanique des Croix de bois, entre livre et film, se retrouvent des différences comparables : les livres sont plus centrés sur les conditions des soldats. Livres et films sont contre la guerre. Mais le livre et le film, A l’Ouest, sont plus politiques que les Croix, à la fois contre ceux qui déclenchent les guerres et ceux qui en profitent, contre les militaires et leurs complices, instituteurs stratèges en classe ou au bistrot.

Roland Dorgelès ne dit rien de la cause de la guerre qui, engagé volontaire, doit lui paraître plus ou moins légitime. A laquelle il adhère, malgré tout, à plusieurs reprises : le volontariat répété de Gilbert Demachy, en quelque sorte son double, j’ai senti qu’il serait mon ami ; quand, à l’église, entendant Sauvez, sauvez la France... combien sommes nous, les yeux fermés, le front dans les mains, que ce cantique émeut à nous serrer la gorge ! Au moment de l’attaque, toutes les sapes, toutes les tranchées étaient pleines, et de se sentir ainsi pressés, reins à reins, par centaines, par milliers, on éprouvait une confiance brutale. Hardi ou résigné, on n’était plus qu’un grain dans cette masse humaine. L’armée, ce matin là, avait une âme de victoire ; au moment du défilé de la victoire, conquête d’un village en ruines, musique en tête, le général s’était levé sur ses étriers et, d’un grand geste de théâtre, d’un beau geste de son épée nue, il salua notre drapeau, il Nous salua… Le régiment, soudain, ne fut plus qu’un être unique. Une seule fierté : être ceux qu’on salue ! Fiers de notre boue, fiers de notre peine, fiers de nos morts !… notre orgueil de mâles vainqueurs. Qui l’amène cependant à conclure qu’il y aura toujours des guerres.

Le film ne montre jamais une telle fierté : le cantique patriotique Sauvez la France !, lors de la messe, est remplacé par l’Ave Maria ; lors de la revue victorieuse, même si la musique du régiment redonne de la prestance au défilé des hommes qui se redressent, l’image du général sur son cheval, un tantinet bedonnant, montré en contre-plongée n’est pas celle d’un guerrier triomphant à la tête de ses troupes...

 

Les Croix de bois, livre et film, sont plus centrés sur le front que A l’Ouest rien de nouveau : pas de classes à la caserne, pas de permission, pas de camp de prisonnier, pas d’aventures féminines, pas ou peu de parents… Le livre a été écrit à chaud. Dans l’euphorie trompeuse d’une hécatombe victorieuse, même si livre et film s’achèvent avant l’armistice. Le film a été réalisé treize ans plus tard. L’euphorie de la victoire s’est estompée. Des signes inquiétants sont déjà apparus. C’est le moment ou paraît A l’Ouest rien de nouveau, dans une Allemagne, vaincue mais bouillonnante (fondation du parti nazi en 1920 et tentative de coup d’État à Munich en 1923). L'antimilitarisme est alors, plus que jamais, d'actualité. Ce que ne pouvaient supporter les Nazis qui brûlent le livre. Erich Maria Remarque s'exile.

 

PS : A la suite de l'article publié dans Agoravox, un lecteur signalait parmi les livres sur la guerre de 14-18, de très très loin, le plus fantastique et hallucinant : Orages d’acier d’Ernst Jünger. Et citait André Gide « Le livre d’Ernst Jünger, Orages d’acier, est incontestablement le plus beau livre de guerre que j’aie lu. »

Ce qui m'a amenè à le lire.

Gide parle du « plus beau livre de guerre ». C'est un journal qui couvre toute la guerre : la première partie ressemble à un rapport d'activité. C’est quand la guerre se transforme en guerre de mouvement que le livre devient intéressant.
Car c’est un livre de guerre, un livre de guerrier, un livre héroïque, un livre de nationaliste : tout le monde est très bien, les soldats, les officiers, l’arrière... Il y a bien quelques allusions à la nourriture, aux erreurs de tir...
Et le courage personnel de l'auteur en fait un des soldats les plus décorés de l’armée allemande.

C’est bien différent des livres A l’ouest, rien de nouveau ou Les Croix de bois. Orages d'acier a connu plusieurs versions, l'édition française de 1970 contient plusieurs erreurs, d’orthographe, d’impression... qui peut faire douter de la qualité de la traduction. En tout cas, en l’état, elle est loin de la qualité littéraire de Dorgelès.

 

 

 

1 - Les Croix de bois de Roland Dorgelès, Albin Michel, 1919, film réalisé par Raymond Bernard (1932)

En 1932, le cinéma sonore ou parlant n’existe que depuis quelques années, Le chanteur de jazz de Alan Crosland est sorti en 1927, 20 salles sont sonorisées en 1929 et moins de 50 % des salles (un millier) en France sont équipées pour la projection de ces nouveaux films en 1932.

 

2 - Im Westen nichts Neues (À l'Ouest, rien de nouveau) roman d'Erich Maria Remarque, Librairie Stock, 1929, film All Quiet on the Western Front réalisé par Lewis Milestone, (1930).

 

3 – orages d'acier de ernst jünger, Chrisitian Bourgois éditeur, 1970.

* Nouvelle version en vue d'une séance du "cercle de chamailleurs"

 

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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 20:42

L'art urbain a, désormais, ses lettres de noblesse, des artistes reconnus, des commanditaires institutionnels... Des murs-musées avec visites organisées... Mais il ne sera question ici que de l'art urbain comme moyen d'expression populaire sous forme de graffitis, textes ou images, peints ou collés.

Ces graffitis fleurissent un peu partout dans le monde, œuvres, quelquefois signées,  plus ou moins éphémères, effacées, surchargées ou totalement recouvertes
Exercice sauvage, indiscipliné, le plus souvent sur des supports non autorisés, murs, devantures de magasins, camions... accessible à la réalisation et à la compréhension de tous... libre, sans aucune censure autre que celle des auteurs qui passent ou non à l'acte, qui peuvent être recouverts ou contestés par d'autres graffeurs.

Réflexions sous forme de textes/dessins offerts aux passants, philosophiques, politiques, contestataires, tendres, irrespectueux, poétiques, romantiques, humoristiques, naïfs, délirants, utopiques ou cruels, ils donnent à voir le murmure de la ville (1).
Ces images vont disparaître, dans huit jours, dans un mois, dans un an, dans une obsolescence généralement non programmée mais assumée, qui ne dépend pas de la qualité, artistique ou littéraire... mais le plus souvent de l'activité d'autres graffeurs en mal d'expression, d'exposition... ou de propriétaires privés ou institutionnels...

Cependant, certains survivront plus longtemps grâce au travail patient, passionné, de ceux qui les recueillent, les archivent, les publient dans des livres... (2)

Les images, présentées ci-après, ont été recueillies au hasard de  promenades, essentiellement à Paris, Belleville, Est parisien, 13° arrondissement, elles sont présentées par thèmes.
Quelques unes sont situées géographiquement, 6 place de la République (suite de Nuits debout) et 6 à l'étranger.

Cette nouvelle série fait suite à celle de 2016 (3) et aux images du lendemain des attentats de Paris (4).

N'ont été retenus que les messages sous forme de textes. Sans aucun jugement, ni sur le fond, ni sur la forme.

Les textes illustrés d'images seront publiés ultérieurement.
 

 

 

 

 

 

 

 

Le murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des mursLe murmure des murs

Le murmure politique des murs de Paris.

Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique
Politique

Politique

Traces de Nuits debout place de la République

Pace Nuit debout
Pace Nuit debout
Pace Nuit debout
Pace Nuit debout
Pace Nuit debout
Pace Nuit debout

Pace Nuit debout

Immigration

Immigrés
Immigrés
Immigrés

Immigrés

Amour

Amour
Amour
Amour
Amour
Amour
Amour

Amour

Je pense donc je tague

Le murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des murs
Le murmure des mursLe murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs
Le murmure des murs

Étranger

1 en Italie, 2 en Algérie, n3 en  Allemagne.

1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.
1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.
1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en  Allemagne.

1 en Italie, 2 en Algérie, 3 en Allemagne.

1 - La construction du mur des Fermiers généraux s, entre 1784 et 1790, pour percevoir un impôt, bien sûr impopulaire, sur les marchandises entrant dans Paris, a suscité cette parole anonyme : Le mur murant Paris rend Paris murmurant. Ce mur a été détruit en 1860.

2 - Parmi ceux-ci mais il y en a bien d'autres :

- TIENS ILS ONT REPEINT ! 50 ans  d'aphorismes urbains de 1968 à nos jours de Yves Pagès La Découverte 2017

-STREET ART Larousse

- Les Graffitis de la Liberté, sur les murs du printemps égyptien. Éditions Vent de sable Vincent Euverte 2015

3 - Les murs ont la parole, 16 juin 2016

4 - Paris touchée, 25 juin 2016

 

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 17:44
APPLE contr'ATTAC
APPLE contr'ATTAC

  English

 

Le 2 décembre 2017, au moment des achats de fin d'année, les militants d' ATTAC  (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne) ont occupé, pacifiquement et à visage découvert, pendant 3 heures, le magasin Apple de la place de l'Opéra à Paris. En réponse, Apple fait un procès pour risque imminent pour Apple, ses employés et ses clients lors de ces opérations,devant le TGI de Paris.
Apple veut faire interdire à ATTAC l'entrée dans ses magasins sous peine de 150 000 € par infraction.

 


 


 


 

 

    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC

      Le lundi 12 février, à l'occasion du procès intenté par Apple, ATTAC -  Les multinationales ne nous feront pas taire - a appelé ses soutiens à un rassemblement devant le Palais de justice de Paris où avait lieu le procès : un rassemblement pacifique et festif, comme d'habitude, avec ATTAC.
    Sur le thème, L'Empire contre Attac.



     

    Aurélie Trouvé, porte-parole d'ATTAC
    Aurélie Trouvé, porte-parole d'ATTAC

    Aurélie Trouvé, porte-parole d'ATTAC

    Quelques information fournies dans la documentation diffusée à cette occasion notamment dans 20 mille luttes (1).

      Sur un iPhone7 de 649 dollars, la marge est 400 dollars, soit 249 dollars pour la fabrication.

       Les ouvriers, en Chine, travaillent en moyenne 60 heurs par semaine... Par ailleurs, 70% des profits sont réalisés à l'international en ne payant que 2,3% d'impôts.

       Grâce à sa perfection fiscale, entre 2003 et 2014, Apple a bénéficié d'une imposition quasi nulle... 0,005% !!!

       La Commission européenne a condamné Apple à 13 milliards d'amende en août 2016 : Apple refuse de payer.
      Apple a été condamné à 2 amendes en France à la suite de deux contrôles fiscaux : 12 et 400 millions : Apple possède de 230 milliards de dollars dans les paradis fiscaux.


     

     

    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC

     

    Rubrique offre d'emplois de 20 mille luttes : Suite à de nombreux suicides dans ses usines chinoises, Apple embauche des entrepreneurs européens victimes de l'austérité. Découvrez nos prochains produits en avant-première en venant les assembler vous-même dans nos usines Foxconn. Voyage en porte-conteneurs. Salaires en pommes

     

    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC

      Si Apple est expert en matière fiscale, ce n'est pas la seule entreprise qui joue de l’optimisation fiscale autrement dit de l'évasion fiscale, de la fraude-légale...
    D'après une commission d'enquête du Parlement européen, l'Union européenne perdrait chaque année 1000 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales (
    les voilà les fraudeurs sociaux) : l'équivalent des dépenses de santé des 28 pays de l'UE, du fait des entreprises pour les deux-tiers et des particuliers pour un tiers.
    En France, ce sont 60 à 80 milliards d'euros.

      ATTAC mène des actions citoyennes pour exiger des multinationales Apple, BNP Paribas, Ikéa, Engie, MacDonald's, Société générale, Starbucks, Total ou Zara rendent l'argent détourné et paient leur juste part des impôts dans les pays où elles exercent leurs activités.

      Ces entreprises ne sont, pour le moment, que légèrement inquiétées.
      Ce sont les lanceurs d'alerte qui se retrouvent devant les tribunaux !
       Mais si des progrès, légers ont été faits, c'est grâce à eux et au travail de journalistes, aux actions citoyenne (faucheurs de chaises...).

    Beaucoup reste à faire
     

     

    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC

      De multiples organisations ont apporté leur soutien, certains représentants ont pris la parole après Aurélie Trouvé : Eric Coquerel (LFI), Sophie Binet (CGT), Yannick Jadot (EELV), Eric Beynel (Solidaires), le MNCP, Olivier Besancenot (NPA), Isa belle de Almeida (PCF), Miguel Urban (Podemos, Espagne), Emmanuel Poilane (Crid), Véronique Ponvert (FSU)...

      Benoît Hamon qui n'avait pu venir et d'autres personnalités ou mouvements avaient envoyé un message.

      Quelques images de prise de parole

     


     

     

    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC

    CHANSON DE L'EMPIRE

    Nous chez Apple pour pas payer d'impôts

    on a trouvé des procédés géniaux

    délocalisation des bé...néfices dans les paradis...

    fiscaux, c'est rentable, c'est rentable.

    On se moque des conditions de travail

    imaginez donc... alors la justice fiscale

    Nous chez Apple on contourne les lois

    on paye grassement des avocats pour ça

    casse sociale et environne...mentale ce n'est

    pas moral... mais c'est très rentable très

    rentable


     

    CHANSON DE L'ALLIANCE

    Aaaaa -ttac

    toujours tu lutteeeeeeeeeeeras

    jamais ne pliiiiiiiiiiiiiiiiiiiieras

    face à Apple


     

    SLOGAN

    C'EST PAS L'ASSO ATTAC QU'IL

    FAUT JUGER, MAIS C'EST APPLE ET

    TOUS CES MILLAIRDS EVADES

    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC

    Quelques personnalités

    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC
    APPLE contr'ATTAC

    1 - Édité par www.iphonerevolt.org

    NB : Parti avant la fin du rassemblement, je n'ai pas vu toutes les personnalités qui ont pris la parole.

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    11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 22:36

    Quelques photograhies de la fin du défilé saisies boulevard de Bellevile et rue Vieille du temple

    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
    Carnaval de Paris
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    10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 18:47
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville

    English

     

      Le Parc de Belleville est une réussite.
      Il est situé sur les hauteurs du vingtième arrondissement de Paris, au cœur d'un quartier populaire qui a accueilli différentes vagues d’immigration depuis des dizaines d'années. C'est un des plus denses quartiers de Paris, mélange de populations de toutes origines, en perpétuel mouvement.
      Quand il fait beau, il accueille ceux qui veulent boire un verre au soleil, prendre place sur les pelouses, très occupées lors des belles journées d'été, profiter de la fraîcheur avec la longue fontaine en cascade... Sur la place du Belvédère ou dans l'amphithéâtre en plein air, sont organisées des fêtes ou des rencontres avec les d'artistes ou les associations du quartier.
      Dans ce jardin écologique, très bien entretenu par les bons soins d'un jardinier bienveillant avec les plantes et les visiteurs, il y a place pour les amoureux... de Paris, en balade, les solitaires qui cherchent un banc pour rêver, les amateurs de lecture, de danse ou de taï-chi-chuan ou les touristes qui viennent pour le point de vue sur Paris. Pour les jeunes enfants, un village en bois les attend où ils pourront grimper, se cacher, faire des glissades... Les jeunes et les moins jeunes ont à leur disposition des tables de ping-pong en dur.

     

    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville

    Le Parc peut être fermé en cas d'intempéries, notamment par grand vent, mais il est tout beau aussi dans le dialogue du soleil et de la neige même si la neige masque fortement la diversité des plantes et des arbres... et apporte le froid.

     

    Avec le froid et la neige, la presse a parlé des trop nombreuses personnes qui dorment, dehors, à Paris. En particulier des jeunes exilés, isolés, dans l'Est parisien. Il y a la nuit, le froid.
    Il y a aussi la faim.


     

    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville

    Le Parc de Belleville est dans l'Est parisien. Et dans ce parc, depuis le printemps, des jeunes isolés, exilés, viennent pour avoir un repas chaud. Les jeudis et vendredis à midi, ils sont cent à cent cinquante, beaucoup après un cours de français qu'ils suivent dans le voisinage. Depuis quelque temps, le samedi et le dimanche, un peu moins nombreux .
    On ne leur sert pas la piquette de Ramponneau mais un repas, avec un plat chaud, un dessert fait de gâteaux, de fruits, quelquefois de friandises et des boissons, de l'eau, des jus de fruit ou du thé chaud. De équipes se relaient pour assurer, chaque jour au moins un plat chaud, complété par ce que peuvent apporter des gens du quartier. Le parc est beau sous la neige. Un peu moins sous la pluie et quand il fait froid.
    Les tables de ping-pong, en dur, utilisation imprévue par les architectes du jardin, sont un moment détournées de leur but premier. Elles deviennent tables de distribution et de pique-nique partiellement abritées par une toile temporaire...

     

     

    Actualité (exilés)  au Parc de Belleville
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    Le Parc, les tables de ping-pong, les personnes qui apportent un peu de nourriture à ces jeunes seront-t-ils poursuivis pour détournement de bien public, délit de solidarité ?

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    8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 22:03
    Les croix de bois

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    Le livre, Les croix de bois, paraît en 1919, tout de suite après la guerre, écrit par Roland Dorgelès, engagé volontaire, bien que réformé deux fois pour raison de santé. Le film, adapté du livre, sort en1932 : tourné sur les champs de bataille de Champagne avec l’appui de l’Armée française et avec des acteurs - Pierre Blanchar (Gilbert Demachy), Charles Vanel (caporal Breval), Aimos (Fouillard), Jean Galland (capitaine Cruchet) - et des figurants ayant participé à la guerre.

     

    Dans le livre, Roland Dorgelès retrace la vie au front d’un groupe de soldats que vient de rejoindre un jeune engagé, étudiant en droit qui s’intègre malgré les différences d’éducation, de classe, de fortune…
    L’expérience de ces hommes qui subissent une guerre implacable, sur laquelle ils ne peuvent rien, à laquelle ils doivent s’adapter, en fait un livre contre la guerre, non pour des raisons philosophiques, politiques ou autres mais par la seule description de la vie des soldats.

     

     

     

     

    Les croix de bois

    La force des Croix, c’est le récit de la vie quotidienne au front. Un monde clos, auquel nul ne peut échapper, sans lien avec l’extérieur, en dehors de la nourriture et des babilles (les lettres), bonnes ou mauvaises, irrégulières, en dehors des décisions incompréhensibles des stratèges, allemands ou français, qui ne sont connues que par leurs conséquences : une patrouille à faire, une attaque pour reprendre un village en ruines, dans une course folle face à des tirs de mitrailleuse, l’attente de la relève ou de la mort, sur le mont Calvaire, cette terre morte où (les torpilles) ne pouvaient plus rien arracher que des lambeaux d’hommes et des cailloux, et pour lequel tant de copains avaient déjà perdu la vie. Tandis que les coups de pioches des Allemands annoncent qu’ils sont en train de mettre en place une mine qui va tout faire sauter.
     

    Roland Dorgelès passe d’une journée à l’autre, d’une situation à l’autre, d’un événement à l’autre, sans transition : de la tranchée, dans la boue, au repos dans le gourbi où s’échafaudent des rêves impossibles ou, à l’arrière, dans le village animé avec ses commerces, ses bistrots. D’une attente à l’autre : de la soupe, des lettres, de la relève, de l’attaque, sous la pluie ou les bombes. De la mort.
    Il décrit des lieux sinistres :
    tout le long de la berge, des croix de bois, grêles et nues, faites de planches ou de branches croisées regardaient l’eau couler… Avec les crues, les croix devaient s’en aller, au fil de l’eau grise… Mais aussi la ferme, la grande salle, tout embaumée de soupe… où il retrouve sa chaise, son bol, ses sabots, son petit flacon d’encre… retrouver ces choses à soi, ces riens amis qu’on aurait pu ne jamais revoir.
    Il devine les pensées de chacun, de Gilbert Demachy, probablement très proches des siennes, notamment à propos de ces
    pauvres hommes que, vivants, il n’avait pas toujours aimés, parce qu’ils étaient parfois grossiers, le geste et l’esprit lourds. Et leurs rêves, leur espoir malgré une résignation obligée. Cet espoir qui est entretenu par les moments de bonheur. Il a fallu la guerre pour nous apprendre que nous étions heureux… Le bonheur est partout. C’est le gourbi où il ne pleut pas… la litière sale où l’on se couche… Un pavé, rien qu’un pavé, où se poser dans un ruisseau de boue, c’est encore du bonheur. Mais il faut avoir traversé la boue pour le savoir. Quand la guerre est finie, pour cinq jours..., loin de la tranchée, loin de la ligne de front quand, au repos, on se retrouve avec les copains survivants. A délirer sur ce qu’on donnerait pour revenir au pays : un œil, une jambe…

    De situations insupportables aussi : Tous dans le boyau… Sans regarder, on y sauta. En touchant du pied ce fond mou... C’était un entassement infâme, une exhumation monstrueuse de Bavarois cireux sur d’autres déjà noirs, dont les bouches tordues exhalaient une haleine pourrie ; tout un amas de chairs déchiquetées, avec des cadavres qu’on eut dit dévissés, les pieds et les genoux complètement retournés… on éprouvait comme une crainte religieuse à marcher sur ces cadavres, à écraser du pied ces figures d’hommes...

    Le tout dans une langue belle et riche que, quelquefois, on n’ose qualifier de poétique. Malgré tout, ce livre est une œuvre d’espérance, de volonté de vivre, de petits bonheurs dont on n’a conscience que quand on a vécu le pire.


     

    Les croix de bois

    A ce récit subjectif, intimiste, le film de Raymond Bernard apporte une représentation de la guerre, plus extérieure, plus désespérée, par l’apparente objectivité des images dominées par la mort. Dès la première image, pendant le générique, la flamme du soldat inconnu : ce sera aussi la dernière image. Puis vient un bataillon présentant les armes, chaque soldat recouvert, dans un fondu enchaîné, par une croix blanche puis un double champ de croix blanches sur un musique cérémonielle, champ de croix noires (soldats allemands), croix blanches et noires et une importante croix blanche – in memoriam. Au milieu des images qui rappellent l’enthousiasme des débuts de guerre, engagement des volontaires, départs en train, fleuris et chantants, une affiche de mobilisation sur fond de son de cloches avec apparition d’un portrait de mère.

    La guerre : des champs dévastés, peuplés de cadavres, de squelettes d’arbres, de trous de bombes où se terrent les soldats, les attaques allemandes ou françaises de biffins qui ne sont que de la chair à mitrailleuses ; long plan sur de visage de mourant, le caporal Bréval, désespéré, torturé jusqu’au dernier souffle par les infidélités de sa femme ; l’agonie de Damarchy, dernière séquence du film, qui n’a jamais rien demandé d’autre que de garder l‘espoir jusqu’à la fin… et qui bouge, et qui refuse de mourir, qui chantonne pour survivre, v'là le beau temps…

    La force principale, spécifique, du film est probablement l’utilisation du son : le bruit de cette guerre, de ce canon qui tonne en permanence, lointain ou tout proche, seulement inquiétant ou meurtrier. Qui s’arrête un instant. Un instant de bonheur. Qui reprend aussitôt. Qui se rapproche. Qui enlève des vies. Au hasard. Sans autre moyen de défense que la tranchée, le gourbi ou le trou de bombe dans lequel on s’enfonce quand c’est possible. Attente. Hasard.
    Raymond Bernard a utilisé la technique nouvelle du film sonore pour submerger le spectateur de la force meurtrière de la technique guerrière : crépitement des mitrailleuses, françaises ou allemandes qui déciment des hommes qui courent dans un assaut impossible ; tonnerre de l’artillerie lourde qui détruit tout, explose la terre de mille trous, pétrifie les arbres et tue les hommes.
    Une affrontement d’artillerie, infernal, qui va durer
    dix jours, quinze minutes de cinéma, entrecoupées de cartons - dix jours – cartons qui, dans les films muets, encore majoritaires à l’époque, donnaient la parole aux hommes, pleinement vivants désormais et, ici, enfoncent dans la tête du spectateur la durée de l’enfer de la menace mortelle..

    Raymond Bernard emprisonne le film dans les images de surimpressions des croix au début du film, croix sur le bataillon de jeunes destinés au massacre, mais aussi à la fin du film, cohortes de soldats portant des croix blanches, françaises, ou noires allemandes. Montant au sacrifice. Seule la mort est victorieuse. Surimpression aussi du son, quand Demachy prie la Vierge de lui permettre de survivre ou, au moins, de conserver l’espoir de vivre, toujours, maintenant, à l’heure de la mort. Et on entend les fidèles dans l’église, terminer, à sa place : ainsi soit-il.
     

    Les Croix de bois, ni le film, ni le livre, ne sont spécialement contre les militaires – il y a de bons et de mauvais officiers ou sous officiers, de bons ou mauvais soldats. Le plus dur, pour ceux qui meurent – Demachy, Bréval, c’est la pensée de la femme insouciante, infidèle... Pour celui qui en revient, vivant - Sulphart – la femme envolée avec les meubles, sans un mot, sans une lettre. Quant aux civils, il en est peu question, les villageois qui profitent, les autres, à l’arrière, sont dans un autre monde, même les parents de Demachy à qui Sulphart en permission, a essayé de parler du front, ne comprennent pas...

    Mais les soldats, dans leurs petits moments de bonheur au cœur de la tuerie, sont aussi froids devant la mort de l’autre – le corps de copains utilisés pour faire un parapet, les morts pas plus tragiques que les caillouxComme l’homme est dur, malgré ses cris de pitié, comme la douleur des autres lui semble légère, quand la sienne n’y est pas mêlée !


     

    Les croix de bois

    Le livre et le film finissent différemment. Dans le film, Demachy, murmure en mourant, v'là le beau temps, cruel et dérisoire… Dans le livre, Sulphart, avec deux doigts et deux cotes en moins, abandonné par sa femme, est vivant, survivant peut-être mais vivant, avec des souvenirs. De tous les autres dont on voit les croix.

     

    Dans A l’Ouest, rien de nouveau, livre et film, pendant germanique des Croix de bois, on peut retrouver des différences comparables : les livres sont plus centrés sur les conditions des soldats. Tous sont contre la guerre, mais A l’Ouest, livre et film, sont plus politiques que les Croix, à la fois contre ceux qui déclenchent les guerres et ceux qui en profitent, contre les militaires et leurs complices, instituteurs et stratèges en bistrot.

    Roland Dorgelès ne dit rien de la cause de la guerre qui, engagé volontaire, a dû lui paraître plus ou moins légitime. A laquelle il adhère, malgré tout, à plusieurs reprises : le volontariat répété de Gilbert Demachy, pour aller à la guerre et pour les missions au front, en quelque sorte son double, j’ai senti qu’il serait mon ami ; quand, à l’église, on chante Sauvez, sauvez la France... combien sommes nous, les yeux fermés, le front dans les mains, que ce cantique émeut à nous serrer la gorge ! Au moment de l’attaque, toutes les sapes, toutes les tranchées étaient pleines, et de se sentir ainsi pressés, reins à reins, par centaines, par milliers, on éprouvait une confiance brutale. Hardi ou résigné, on n’était plus qu’un grain dans cette masse humaine. L’armée, ce matin là, avait une âme de victoire ; au moment du défilé de la victoire, conquête d’un village en ruines, musique en tête, le général s’était levé sur ses étriers et, d’un grand geste de théâtre, d’un beau geste de son épée nue, il salua notre drapeau, il Nous salua… Le régiment, soudain, ne fut plus qu’un être unique. Une seule fierté : être ceux qu’on salue ! Fiers de notre boue, fiers de notre peine, fiers de nos morts !… notre orgueil de mâles vainqueurs. Qui l’amène cependant à conclure qu’il y aura toujours des guerres.

    Sur cet aspect, le film s’écarte un peu du livre : le cantique Sauvez la France ! Lors de la messe dans un village, est remplacé par l’Ave Maria ; lors de la revue victorieuse, même si la musique du régiment redonne de la prestance aux hommes qui se redressent, l’image du général sur son cheval, un tantinet bedonnant, montré en contre-plongée, n’est pas celle d’un guerrier triomphant à la tête de ses troupes...

     

    Les Croix de bois, livre et film, sont plus centrés sur la vie des soldats au front que A l’Ouest rien de nouveau : pas de classes militaires à la caserne, pas de permission, pas de camp de prisonnier, pas d’aventures féminines, pas de parents… Les Croix a été écrit à chaud. Dans l’euphorie trompeuse d’une hécatombe victorieuse, même si livre et film s’achèvent avant l’armistice. Le film a été réalisé treize ans plus tard. L’euphorie de la victoire s’est estompée. Reste la blessure, la saignée.
     

     

     

    Les croix de bois

    1 - Les Croix de bois de Roland Dorgelès (1919), film réalisé par Raymond Bernard (1932).

    En 1932, le cinéma sonore ou parlant n’existe que depuis quelques années, Le chanteur de jazz de Alan Crosland est sorti en 1927, 20 salles sont sonorisées en 1929 et moins de 50 % des salles (un millier) en France sont équipées pour la projection de ces nouveaux films en 1932.

     

    2 - Im Westen nichts Neues (À l'Ouest, rien de nouveau ) roman de Erich Maria Remarque (1929), film All Quiet on the Western Front réalisé par Lewis Milestone, (1930)

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