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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 22:30
Le Lagon noir Un roman insulaire

Le Lagon noir (1), deux énigmes policières à Reykjavík, capitale de l’Islande, et Keflavik, la base américaine voisine. Deux mondes reliés seulement par les travailleurs qui, chaque jour, vont de l’une à l’autre. L’isolement des lieux et des populations, la solitude des personnes dans un roman insulaire.

Les policiers de la Brigade criminelle, Marion et Erlendur enquêtent, ensemble, après la découverte du corps d’un homme, trentenaire, dans le lagon tandis que l'inspecteur Erlendur s’intéresse, pour des raisons personnelles, à la disparition inexpliquée en 1953 d’une jeune fille de 19 ans.

Vingt-cinq ans après cette disparition, la vie a bien changé même si les lieux sont les mêmes, si des Islandais vont toujours travailler à la base.
Tous les militaires américains logent désormais sur la base, une véritable ville avec boutiques, bars, bowling, cinéma…
Dans la capitale, les baraquements, immondes, occupés dans les années cinquante par les familles les plus pauvres, après le départ des militaires américains, ont été remplacés par des immeubles et une piscine. La pénurie de l’après guerre s’est atténuée.
Mais ramener de l’alcool, des cigarettes américaines ou de la marijuana de la base procure toujours quelques revenus supplémentaires au prix de risques mineurs.

Les enquêtes simultanées sur les deux affaires permettent d’entretenir l’attention du lecteur par leur progression. Par les hypothèses discutées par les policiers, leurs suppositions ou celles des témoins ou suspects interrogés Propres à égarer le lecteur.

Mais aussi par la description d’une personne, d’un lieu avant d’en connaître l’identité, par le changement d’enquête d’un chapitre à l’autre ou, de façon plus abrupte, d’un paragraphe à l’autre, d’une phrase à l’autre, à l’occasion d’échanges ou d’une pensée qui vient, tout à coup, à l’esprit d’un policier

Le Lagon noir Un roman insulaire

Tout d’abord, le roman présente ce qui sera le décor d’une partie de la première énigme.
Le hangar pour avions, aux murs gigantesques, à la hauteur de plafond vertigineuse, de la base militaire américaine, plantée sur la lande où ne survivent que les plantes les plus endurcies, tandis que le vent glacial heurte violemment cet obstacle. L’enveloppe de ses hurlements.

Tout à coup, la chute d’un tuyau puis un bruit sourd comme celui d’un corps tombé du plafond. Et le silence de la nuit.
 

Le Lagon noir Un roman insulaire

Non loin de là, une jeune femme soigne un psoriasis en allant prendre des bains solitaires et nocturnes dans un lagon dont elle apprécie la douceur apaisante de l’eau, la beauté du lieu, magnifique et inquiétant avec ses champs de lave, la vapeur d’eau qui s’élève et la vue d’une centrale d’énergie thermique.
Après une heure de baignade, elle distingue à peine ce qu’elle croit être une chaussure à la surface de l’eau… qui se révèle être le pied d’un cadavre. Point de départ de l’enquête sur la base, essentiellement.

 

Pour résoudre l’énigme du cadavre du lagon, trouver la cause de sa chute vertigineuse, suicide, accident ou crime dont les mobiles éventuels pourraient être trafic de drogue, espionnage, crime passionnel... la difficulté tient à l’espace : lextraterritorialité de la base sous souveraineté américaine, même si une collaboration s’établit entre les deux inspecteurs de la brigade criminelle islandaise et une policière militaire américaine.

Le Lagon noir Un roman insulaire

La difficulté de l’enquête sur la disparition de la jeune fille provient du temps qui ne joue pas en notre faveur comme dans bien des domaines. Conduite en ville, 25 ans après les faits, des témoins ont disparu, les souvenirs s’estompent. Cette recherche obsessionnelle (2) de l’inspecteur Erlendur est orientée par des considérations sociales ou psychologiques, quelquefois mêléepour expliquer la disparition d’une belle jeune fille de bonne famille sur le chemin de l’école qu’elle prenait tous les jours en longeant un quartier à mauvaise réputation…
 

Pour un lecteur qui ne connaît pas ou connaît peu l’Islande, ces deux enquêtes donnent à voir le pays, sa situation sociale en ville et même la cuisine islandaise par les rencontres de l’inspecteur Erlendur avec des témoins qui l’aident à progresser... La présence de Caroline, la policière américaine, ignorante de tout ce qui concerne l’Islande, est une autre façon de rappeler la dure histoire du pays, d’un peuple habitué à mourir de faim, de faits élémentaires, politiques ou culturels. Façon d’éclairer aussi le lecteur sur la situation politique des années 70 et les relations entre les tout-puissants États-Unis et la petite Islande. Et même sur certaines activités très discrètes de l’armée américaine...

 

Le tout sur fond d’un double isolement. Deux îlots sur une même île.

Une base militaire étrangère, à la vie artificielle, autonome, sous l’autorité de la première puissance mondiale totalement coupée de son environnement immédiat. Reliée aux États-Unis et au Groenland par voie aérienne. Où les inspecteurs ont l’impression d’être au Texas, à quelques kilomètres de chez eux.

La capitale d’un petit pays invivable, du bout du monde. Froidement balayé par le vent. Sans aucun lien réel avec le reste du monde

Ces deux îlots, isolés du reste du monde, se côtoient, s’ignorent ou se méprisent.

Les Islandais n’ont que des liens anciens avec l’extérieur : une mère d’origine danoise pour l’un, un séjour en sanatorium au Danemark dont il ne reste qu’une correspondance épistolaire pour l’autre, pour un troisième, des goûts vestimentaires et musicaux, nostalgie d’un séjour aux États-Unis…

Les militaires de la base sont des exilés, en pénitence, sans aucun contact avec le pays.

Isolement et solitude : tous les personnages vivent seuls, veuf et célibataire (sic), divorcés, séparés. Les témoins, amis ou membres des familles. L’inspecteur Erlendur, récemment divorcé regarde de loin sa fille dans la cour de l’école. Le commissaire Marion apprend en cours d’enquête la mort de sa seule amie. La policière américaine est là, à la suite d’une rupture.
Les moments heureux sont dans la passé.
Ou finissent là : la seule personne qui avait un lien affectif à la base et à la ville se retrouve dans le lagon

Dans ces deux mondes, la vérité, la légalité sont variables suivant les circonstances… Au bas de l’échelle, petit trafic avec l’excuse de la pénurie ou d’un besoin de cannabis pour calmer les douleurs d’une sœur atteinte de cancer. Pour le commandement de la base, préservation d’un secret d’État dans le contexte de la Guerre froide. Pour les trois policiers Marion, Erlendur et Caroline, progression dans les enquêtes vers la justice…

Les trois policiers sont, cependant, empreints d’un humanisme contemporain, assez formel, qui leur fait affirmer leur antiracisme, leur féminisme, leur compassion pour tous ceux qui souffrent même s’ils ne sont pas conformes : Caroline protège même la malheureuse qui l’a traitée haineusement pour la couleur de la peau…
Tout ceci cache une fêlure personnelle évoquée plus ou moins discrètement.

L’auteur lui-même est victime de cette insularité discrètement nationaliste : les victimes dans les deux histoires sont islandaises, les coupables sont un militaire américain et un malheureux psychopathe d’origine danoise... Bataille des polices, le Goliath américain est vaincu par le David islandais.
Il est certain qu’il faut que ce petit peuple soit solide pour survivre dans un environnement, proche ou lointain, aussi difficile.

Le Lagon noir Un roman insulaire

Un vrai roman noir et froid. Où les points positifs sont rares. Le respect professionnel et l’entente de la policière américaine avec les inspecteurs islandais pour faire avancer la justice envers et contre tout. Le renforcement discret des liens entre les deux inspecteurs….

Dommage que, dans ce roman bien mené, bien situé qui fait connaître l’Islande et son peuple, se trouvent quelques clichés, maladresses de vocabulaires, qui ne sont pas toujours le fait des personnages et qu’il faut bien attribuer au traducteur ou à l’auteur... la chute vertigineuse ou l’échafaudage d’une hauteur vertigineuse (vertigineuse, 15 fois dans le roman) n’étaient pas indispensables, pas plus que le hangar ou les murs gigantesques (9 fois).

 

Généralités

Ce livre a été lu et écouté dans le cadre des Chamailleurs : cette année, chacun présente un roman policier existant sous la forme de livre écrit et d’audiolivre, une participante ayant des problèmes de vue.


La technique de l’audiolivre est remarquable malgré la difficulté à comprendre les noms propres islandais. Et à les mémoriser même à la lecture. Parfois, dans un dialogue, il est difficile de savoir qui parle si ce n’est pas précisé au début ou à la fin de la phrase. Même si le récitant modifie sa voix d’un personnage à l’autre.

La lecture apparaît là comme du théâtre incomplet.

Personnellement, c’était la seconde expérience d’audiolivre. La première, L’Étranger, lu par Albert Camus lui-même, avait été une déception. Peut-être parce que L’Étranger, connu, avait déjà sa propre musique. Ce qui n’était pas le cas, pour Le Lagon noir qui est aussi captivant, lu ou écouté.

 

1 - Le lagon noir Une enquête de l’inspecteur Erlendur de Arnaldur Indridason, Editions Métailié 2016/audiolib (10h05) lu par Jean-Pierre Delhausse.

2 - A la suite d’une mésaventure personnelle, obsession de Erlendur pour ceux qui ont disparu ou ceux qui ont survécu. Lequel des deux je suis, celui qui vit ou celui celui qui meurt (Steinn Steinarr, 1908-1958, grand poète islandais)

 

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2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 18:42
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris

Depuis février, le dimanche, place de la République à Paris, en écho aux manifestations du vendredi en Algérie, les Algériens de l’Île de France se rassemblent pour soutenir les revendications pacifiques, salmiya, et démocratiques qui s’expriment au pays.

Mais vendredi, ce n’était pas seulement un rassemblement place de la République mais une marche de la République à la Bastille, en Algérie aussi, il y a des bastilles à prendre.

Ce n’était pas dimanche mais vendredi 1er novembre, 65ème anniversaire du déclenchement de la lutte pour l’indépendance nationale, 37ème vendredi du mouvement, hirak (1), depuis le mois de février, qui a déjà obtenu la démission d’Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, l’annulation de l’élection présidentielle prévue au printemps dernier.

Aujourd’hui, les manifestants, pour une nouvelle indépendance, contre l’élection présidentielle prévue pour le 12 décembre, demandent le départ de tous ceux qui, depuis 1962, gouvernent l’Algérie, le système, qui ont perverti les idéaux de la Révolution notamment par la corruption. Sont visés les gouvernants dont une partie sont en prison mais aussi l’armée qui détient le pouvoir réel, au moins depuis 1965. Reprenant la ligne politique du congrès de la Soummam (1956), congrès du FLN durant la lutte pour la libération nationale, primauté du civil sur le militaire.
Les mots d’ordre criés vendredi à Paris étaient essentiellement : les généraux à la poubelle (de l’histoire), le pouvoir assassin et sous forme de panneaux avec ou sans photographies, libérez les prisonniers politiques, libérez les otages.

Dans les quelques images qui suivent, la plus grande différence avec celles d’Alger est la présence de nombreux drapeaux amazigh (2), interdits par les autorités algériennes.

Des milliers d’Algériens, de Franco-algériens, il y avait même des Belgo-algériens, unis dans un enthousiasme joyeux et plein d’espérance. La manifestation doit être exemplaire… répétait la sono au moment du départ quand les participants devaient quitter la place de la République pour prendre le boulevard du Temple...
Sans policiers, sans télévision...
Pour faire la une, il aurait fallu…

Parmi les milliers de manifestants, combien ont pensé Aux balles du 14 juillet 1953 ? Au 17 octobre 1961 ? Une manifestation normale de milliers d’Algériens, de Franco-algériens dans un Paris tranquille.
Ils avaient bien raison. Aujourd’hui, c’est un nouveau combat. Dans un autre contexte.
Dans cette marche, il y avait la joie. Et l’espoir d’une transition pacifique vers la démocratie.

Comme dans bien d’autres pays, contre la corruption, pour la démocratie, pour le progrès social. Là-bas, ici. Pour eux. Pour nous. Pour tous.
 


 



 

Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris

1 – Hirak, mouvement en arabe : ce mot a été utilisé en 2009 au Yémen et en 2016 dans le Rif marocain.

2 – Drapeau culturel et identitaire créé par un Kabyle, Youcef Medkouri. Dans les années 1970, l’Académie berbère présente le premier drapeau berbère. En 1998, le Congrès mondial amazigh l’officialise à Tafira dans les îles Canaries, peuplées autrefois par les Guanches, ancien peuple berbère (wikipedia).

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 12:22
Revoir les films de André Cayatte

Chaque année, depuis 10 ans, le Festival Lumière de Lyon présente de nombreux films du répertoire international, environ 200 films cette année, projetés dans 60 lieux de 23 communes de la métropole de Lyon, dont des rétrospectives : de Francis Ford Coppola qui a reçu le prix Lumière 2019 pour l’ensemble de son œuvre, et celle de André Cayatte (1) avec 14 films ce qui nous a permis de voir ou revoir Justice est faite (1950), Nous sommes tous des assassins (1952), Avant le déluge (1954), Le miroir à deux faces (1958), Piège pour Cendrillon (1965), Les risques du métier (1967), Mourir d’aimer (1971).

Quelques uns des films vus ou revus à l’occasion de cette rétrospective ont permis de retrouver le Cayatte qui rendait plus animées les discussions sur la peine de mort et la justice en terminale et d’échapper à la différence de nature et de degré d’un imperturbable professeur de philosophie. Mais aussi de l’insertion de Cayatte dans la société de son époque et de son engagement, par les sujets abordés et son courage dans la façon de les traiter. Notamment par les portraits de femme peut-être passés un peu inaperçus.

Justice est faite, le premier des films de Cayatte sur la justice, est le procès, en assise, d’une femme (Claude Nollier) qui a tué son mari, à sa demande, pour abréger ses longues souffrances. Elle assume son acte en le disant à sa belle-sœur et, avec dignité, devant le jury des Assises. Mais son mari était riche et elle avait un amant récent. Devant l’ambiguïté de la situation, les membres du jury se partagent, non comme il leur est demandé suivant leur intime conviction, mais suivant leur vie personnelle.
Finalement, le jugement sera bancal. Ni condamnée pour crime crapuleux, ni acquittée. Mais justice est faite.

Revoir les films de André Cayatte

Nous sommes tous des assassins traite de la responsabilité de la société dans la peine de mort, trente ans avant son abolition en France, avec les remous que l’on sait, grâce à la bataille de Robert Badinter, ministre de la Justice, garde des Sceaux en 1981.
Quatre condamnés à mort cohabitent, illégalement, dans la même cellule à cause de la pénurie de places en prison. Ici encore, le crime est connu : le père (Julien Verdier) a tué son enfant à coup de tisonnier parce qu’il ne pouvait plus supporter ses pleurs permanents, le jeune Corse (Raymond Pellegrin) a commis un crime d’honneur et meurt avec les sacrements catholiques, le mari (Antoine Balpétré), lui,  nie avoir tué sa femme, agnostique il acceptera les derniers sacrements la prochaine fois… Cayatte s’attarde sur le jeune René Le Guen, joué par Mouloudji, résistant par hasard qui a, d’abord, tué sur ordre… et qui n’a pas compris que la guerre était finie… Dans la dernière image du film, son avocat est suspendu au téléphone dans l’attente d’une éventuelle grâce présidentielle…
Dans l
a réalité, le jeune qui a inspiré le personnage de Le Guen à Cayatte, a été gracié par le président de la République, Vincent Auriol. Le film n’est peut-être pas étranger à cette décision.
Si dans
Justice est faite, c’est le côté subjectif et aléatoire du jury qui est mis en cause, ici, c’est la responsabilité de la société qui accepte la peine de mort… Et si Cayatte s’étend sur René Le Guen qui n’a pas compris le passage du temps pour au temps contre, il montre les différentes circonstances qui ont pu conduire des hommes à la peine capitale… Le doute sur la culpabilité, le crime d’honneur, l’extrême misère qui ne sont, peut-être pas, de même nature mais…

Revoir les films de André Cayatte

Une des facettes intéressantes des films de Cayatte, c’est de camper des femmes remarquables. Dans Justice est faite, d’abord mais aussi dans le Miroir à deux faces, Les Risques du métier ou Mourir d’aimer…
Dans Le Miroir à deux faces, Marie-José (Michèle Morgan), par la grâce de la chirurgie esthétique qui prend son essor ces années là, échappe à la condamnation que lui infligeait un nez à la Cyrano et dont la soudaine beauté chirurgicale lui permet enfin de s’affirmer...
Dans
Les Risques du métier, le courage d’une femme de tête Suzanne (Emmanuelle Riva) qui assume sa vie et sa confiance en son mari instituteur face aux accusations injustes d’attouchement, de viol par certaines de ses élèves dont il est victime
Dans
Mourir d’aimer, d’après l’affaire Gabrielle Russier, il fait le portrait d’une enseignante post-soixante-huitarde, Danielle Guénot (Annie Girardot) qui a une liaison dangereuse avec un de ses élèves de 17 ans…

Piège pour cendrillon est surtout une réflexion sur l’identité, présente déjà dans le Miroir à deux faces. Marie-José (Michèle Morgan) en changeant de nez est-elle la même personne ? Certainement pas pour son mari, Tardivet (Bourvil) qui avait épousé une femme quelconque, soumise, à sa mesure, et ne supporte pas qu’elle soit devenue belle, épanouie, indépendante. Il va tuer le chirurgien qui lui a volé sa femme en transformant son nez...
Dans Piège pour cendrillon, la question de l'identité est encore plus complexe : deux cousines, fort ressemblantes, toutes deux jouées par Dany Carrel, sont prises dans un incendie, l’une meurt, l’autre survit, amnésique, la chirurgie lui rend un beau visage… laquelle est-elle ? Michèle ? Dominique ? Ou une troisième, amnésique, complètement changée par le drame ?

Loin du schématisme dont il a été accusé, André Cayatte, un cinéaste courageux, de son temps,un cinéaste un peu trop oublié.


 

Revoir les films de André Cayatte

1 - La fausse maîtresse (1942), Pierre et Jean (1943), Le dernier sou (1943), Les Amants de Vérone (1949), Le retour de tante Emma, un des 4 sketches de Retour à la vie (1949), Justice est faite (1950, Lion d’Or à Venise 1950, Ours d’Or à la Biennale de Berlin 1951, cas unique de cette double récompense, Lion d'or et Ours d'or), Nous sommes tous des assassins (1952, Prix spécial du Jury en 1952 à Cannes), Avant le déluge (1954), Le dossier noir (1955), Œil pour œil (1957), Le Miroir à deux faces (1958), Le passage du Rhin (1960, Lion d’Or à Venise en 1960), Piège pour Cendrillon (1963), Les Risques du métier (1967), Mourir d’aimer (1971).

Bertrand Tavernier, président

Bertrand Tavernier, président

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 20:07
Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

A la demande de parlementaires, députés et sénateurs, et après consultation du Conseil constitutionnel, le gouvernement a dû mettre en place le recueil de signatures en faveur d’un éventuel référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris.

La procédure du référendum d’initiative partagée (RIP), instauré en 2008, est activée pour la première fois, le 10 avril 2019 : 248 députés et sénateurs (la loi exige au moins un cinquième des parlementaires) de l'opposition, communistes, insoumis, républicains, socialistes, déposent une proposition de loi pour que le groupe Aéroports de Paris (ADP) soit considéré comme un service public. Le 9 mai, le Conseil constitutionnel juge que les conditions requises sont respectées et fixe le nombre de soutiens nécessaires à 4 717 396. Le ministère de l’Intérieur ouvre la la plateforme en ligne pour collecter les soutiens à la proposition de loi dont le recueil est ouvert jusqu’au 12 mars 2020 (1) (Referendum.intérieur.gouv.fr).

Avec des modalités telles que les premiers candidats pour soutenir la pétition, probablement les plus motivés, ont souvent dû s’y reprendre à plusieurs fois ! Combien de citoyens ont abandonné ou abandonneront en cours d’inscription ?

La signature peut se faire aussi dans certaines mairies. Dans chaque canton, la commune la plus peuplée a été mandatée pour les enregistrer. Il faut donc signer la pétition par internet, soit se rendre à la mairie de la commune ou à une autre mairie du canton !! Obstacles supplémentaires au soutien.

Cette pétition a pour but de soutenir l’organisation d’un référendum pour ou contre la privatisation d’ADP.
En effet, si le nombre nécessaire de signataires est atteint, l’Assemblée nationale et le Sénat auront six mois pour examiner ou non la proposition. Si aucune des deux chambres n’examine le texte, le président de la République doit organiser un référendum pour ou contre la privatisation.

Mais si l’une des deux Chambres ou les deux se saisissent du texte, quoi qu’elles en fassent, il n’y aura pas de RIP. Étant donnée la majorité écrasante dont dispose le gouvernement à l’Assemblée nationale, il lui sera facile de mettre la proposition à l’ordre du jour et bloquer le référendum et le débat populaire sur la privatisation.

La mauvaise volonté du gouvernement porte surtout sur la nature démocratique et politique du processus. Il faut empêcher toute possibilité de prise de décision directe par le peuple français.

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

Le RIP est une démonstration parfaite de la nature démocratique de la République : il doit rester dans son coffret constitutionnel. Même après l’intention proclamée par le candidat Macron d’en faciliter l’usage (2). Mais attaqué férocement par son gouvernement et ses soutiens dès l’annonce d’un début de procédure : la République, au moins la démocratie représentative, serait en danger si on appliquait une loi constitutionnelle mise en place par le Parlement et dont la procédure est déclenchée par des parlementaires !!!

Si le RIP ne peut être appliqué sans risque pour la démocratie représentative, inutile de parler du RIC, référendum d’initiative citoyenne ! Les Gilets jaunes ne peuvent se faire d’illusion sur la question : le RIC ne verra pas le jour...

La mauvais volonté du gouvernement s’explique. Certaines de ses décisions, avalisées automatiquement par une Assemblée nationale aux ordres, pourraient être contestées par un RIP à l’initiative de quelques parlementaires.

Ce qui l’est beaucoup plus étonnant, c’est le silence des groupes et des parlementaires qui sont à l’origine de cette pétition.

Combien de réunions publiques ? Combien de collectifs ? Combien des tracts ? Combien d’affiches ont été organisées, publiées, diffusées ? Ce qui a fait l’intérêt du référendum de 2005, ce n’est pas seulement le résultat, qui a été méprisé par les parlementaires. C’est surtout la mobilisation populaire qui a eu valeur de formation politique et qui a permis la compréhension du Projet de constitution européenne, et son rejet par de très nombreux citoyens.
Ceux qui gouvernent ont retenu la leçon. Ce profond mouvement de démocratie concrète ne doit plus se reproduire.
Les politiques, les médias ont bien compris qu’il est plus facile d’amuser les électeurs avec des affaires touchant des politiques comme le dopage touchant des sportifs ou avec une rivalité entre candidats comme ils le font pour une compétition sportive.
Si le candidat, une fois élu, fait exactement le contraire de ce qu’il avait annoncé, il n’y a aucun recours possible pour le citoyen berné.

Il n’en est pas de même pour un texte que chacun peut lire, expliquer, décortiquer, publiquement ou en petits groupes. Et refuser...

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace
Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

La démocratie française, comme bien d’autres, c’est le pouvoir donné aux oligarques, aux compétents. Qui savent ce qui est bon pour tous. A leurs yeux, le peuple est compétent pour élire, librement, un de leurs candidats interchangeables. Il ne l’est plus pour lire, discuter, comprendre un texte et se déterminer essentiellement en fonction de ce texte. Pour voter après un vrai débat.

Emmanuel Macron ne cache pas son jeu. Il a bien montré ce qu’il entend par Un Grand Débat National.

La pétition lancée, le nombre de signatures obtenues peut avoir un impact considérable. Ce serait une faute politique grave de négliger d’y participer. Il peut changer le rapport des forces politiques.

Si les signatures sont peu nombreuses, cela confortera Emmanuel Macron dans l’idée qu’il a carte blanche pour poursuivre sa politique austéritaire. Non seulement la privatisation d’ADP ou de tout autre entreprise du nucléaire aux barrages hydroélectriques mais sa politique libérale de destruction de l’État et des lois sociales. Comme il l’a déjà fait pour le code du travail.

Un succès de la pétition n’arrêtera pas obligatoirement la privatisation d’ADP. La procédure peut être bloquée au niveau de l’Assemblée nationale. Mais un nombre de signatures très important, malgré les entraves gouvernementales, changera le rapport de force. Déjà, la bataille des Gilets jaunes, même s’ils n’ont pas obtenu satisfaction sur tout - il suffit de penser à l’impôt sur la fortune ou à l’APL – oblige Emmanuel Macron à être moins bravache et à retenir sa cravache...

La pétition peut lui montrer qu’il ne peut pas toujours passer outre la volonté populaire, qu’il a simplement le choix de soumettre sa politique au jugement du peuple qui peut se faire par référendum ou par…. de nouveaux Gilets jaunes, rouges, verts ou arc-en-ciel...

Dans cette optique, il est infiniment souhaitable que des collectifs se mettent en place pour multiplier les signatures. Le débat est important. Il ne porte pas sur la seule privatisation d’ADP ou de…

Mais sur la possibilité pour les citoyens de prendre en main une partie du pouvoir et de faciliter la prise de conscience qu’on ne peut laisser en place une personne qui défend seulement les intérêts de quelques uns !Ne pas signer la pétition, ce n’est pas seulement prendre position pour la privatisation d’ADP, c’est voter contre la pratique du RIP, c’est laisser les mains libres à Macron.

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

Le résultat serait terrible pour Macron si des millions de citoyens revendiquaient un véritable débat. La défaite serait terrible si les 4 millions de signatures n’étaient pas obtenues quelles que soient les manœuvres entreprises pour limiter la mobilisation.

Si le nombre de signatures nécessaires n’est pas obtenu, cela veut dire une large avenue ouverte à Emmanuel Macron sur les privatisations et pas seulement…

Le RIP pourra reposer en paix dans les textes. Les citoyens auront été électoralement nassés. Comment réagiront-ils ? De quelle couleur seront les prochains gilets ?

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace
Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

1 - Le citoyen qui veut soutenir la pétition doit, muni de ses cartes d’identité et d’électeur, remplir un questionnaire sur son état civil. Il faut mentionner les informations telles qu’elles sont inscrites sur ses cartes notamment tous les prénoms.
La collecte se termine officiellement le 12 mars 2020 à minuit. Pour le moment, le rythme de collecte des signatures est largement insuffisant pour obtenir le nombre nécessaire pour la réussite. Voir le site adprip.fr

2 - Le 25 avril, le président Macron déclare vouloir "aller plus loin" sur le RIP " en simplifiant les règles, en permettant que l'initiative puisse venir de citoyens, un million de citoyens qui signeraient une pétition et qu'elle puisse prospérer en projet de loi et si elle n'était pas examinée par les assemblées, aller au référendum(L’Express 16/05/19).

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace
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24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 15:42
Jaune, rêve ou cauchemar ?

Le peuple français et son gouvernement ont le jaune en commun, en rêve pour les uns en cauchemar pour les autres.

Même les arbres commencent à jaunir précocement, et les pelouses…
Et François de Rugy qui, après son carton jaune fait amende honorable, rembourse les excès de boisson de ses invités, et remplace les bulles de Champagne par le jaune du pastis, moins people et plus peuple, beaucoup moins cher. Aussi bien pour François de Rugy que pour les contribuables...

Jaune, rêve ou cauchemar ?
Jaune, rêve ou cauchemar ?

Les supporteurs n’ont d’yeux que pour le jaune victorieux des gilets (1), certes coûteux en souffrances, et du maillot au Rond point ou sur les Champs...
Seul, Emmanuel Macron rit jaune (2) en son Palais avant de traverser la rue pour aller, la peur au ventre (1), serrer la main de personnes pour qui c’est un grand honneur d’être en jaune (3).


Maillot jaune ? Gilets jaunes ?

 

 

 

 

Jaune, rêve ou cauchemar ?
Jaune, rêve ou cauchemar ?Jaune, rêve ou cauchemar ?

1 - Les braises de la crise des gilets jaunes couvent toujours et... quelques milliards d’euros ne suffiront pas à apaiser le pays assure l’un des ministres présents. Le Président nous a dit de partir en vacances la peur au ventre. Le Monde 23/07/19

2 – Un humoriste c’est un philosophe qui rit jaune. (Émile Coderre). Emmanuel Macron est-il un philosophe ? Un humoriste ?

3 – Julian Alaphilippe

Jaune, rêve ou cauchemar ?
Jaune, rêve ou cauchemar ?Jaune, rêve ou cauchemar ?
Jaune, rêve ou cauchemar ?Jaune, rêve ou cauchemar ?

4 – Le jaune, c’est aussi Atelier des Lumières Van Gogh, la nuit étoilée, à voir à Paris.

Jaune, rêve ou cauchemar ?
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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 18:40
A propos du choc des civilisations

La chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS, bonne nouvelle, triomphe du monde de l’Ouest, vu de l’Ouest… paix universelle, éternelle…..
Certains pensaient que l’histoire s'achèverait le jour où un consensus sur la démocratie libérale et le marché mettrait fin aux conflits : fin des idéologies, fin de l’histoire, fin des conflits…

C’était, à la fois, présomptueux, de croire à la victoire définitive de la démocratie libérale et du marché, et illusoire, de croire que la fin du bloc soviétique et de quelques dictatures était la fin des dictatures. D’autres avaient essayé d’organiser, avec des moyens relativement puissants, au-delà d’une prédiction littéraire, une paix générale avec la Société des nations (SDN) après la Première guerre mondiale et l’Organisation des nations unies (ONU) après la Seconde (la deuxième ?)Sans grand succès.

 

Vingt années de paix après la première guerre mondiale ? Soixante et dix après la seconde ? Périodes de paix, en réalité de non guerre directe entre les grandes puissances occidentales et sous la menace permanente d’un affrontement entre celles-ci regroupées autour des États-Unis et l’Union soviétique et ses alliés ! C’était oublier facilement la continuité des multiples conflits armés, peut-être exotiques ou locaux pour ceux qui les dirigeaient ou en profitaient mais non pour ceux qui les subissaient : guerres civiles ou guérillas internes, conquêtes coloniales puis luttes armées anticoloniales, conflits frontaliers, interventions extérieures de grandes puissances. Il suffit de taper guerres ou conflits au 20ème siècle sur un moteur de recherche pour en trouver une longue liste sur wikipedia, inachevée...

L’Union soviétique, empire du mal, selon Ronald Reagan, à peine disparu, voici le grand Satan, l’Islam, et le choc des civilisations promus nouvelles sources des conflits. Cette fois, l’Occident choisit l’islam comme sujet principal d’affrontement. Reléguant au second plan - pour le moment ? - la Chine ou d’autres réalités sociales, économiques ou politiques, tout aussi conflictuelles..

Les deux derniers conflits mondiaux ont été déclenchées par des puissances européennes. Il n’est pas sûr qu’elles puissent avoir un tel rôle néfaste à l’avenir. Désignant l’islam comme ennemi principal, sous différentes formes comme les talibans, El Qaïda, État islamique, Iran,… les États-Unis prennent une option pour un possible relais…

Certains États européens s’engagent et veulent entraîner l’Union européenne dans ce changement de perspective.

Hier, sous la tutelle des États-Unis et face à l’Union soviétique, des États européens, à 6, à 9, à 12… ont essayé de s’unir pour éviter de nouveaux conflits entre eux, homogénéiser leur situation économico-sociale et constituer une puissance relative face à l’URSS.
Cette union a, aux yeux de certains, le grand mérite d’avoir assuré plus d’un demi-siècle de paix. Paix en Europe due probablement plus à l’équilibre de la terreur entre les États-Unis d’Amériques (ÉUA) et l’URSS. Mais non à l’extérieur avec les guerres dans lesquelles la France a pris une large part de l’Indochine (1946-54) à l’Algérie (1954-62) ou le Portugal en Angola (1961-75), en Guinée (1953-74) ou au Mozambique (1964-75)… Tout en constatant que l’expédition franco-israélo-britannique lors de la nationalisation du canal de Suez (1956-57) a été interrompue sous la pression internationale (ÉUA, URSS) et non des pays européens. Et actuellement, l’intervention des États européens, la France surtout, au Sahel… Sans oublier les petits conflits locaux en Europe : Slovénie (1991), Croatie (1991-93) Yougoslavie (1991-2001), Bosnie (1992-95), Kosovo (1998-99) et la malheureuse initiative franco-britannique en Libye (2011)...

Emboîtant le pas des États-Unis, un certain nombre d’Européens veulent aujourd’hui construire une Europe non plus au nom de la paix (face à l’Union soviétique) mais au nom de la civilisation européenne (face au monde musulman). Comme pour construire l’unité nationale, rien de mieux que de trouver un ennemi extérieur commun pour tenter de réaliser une unité européenne et surtout la difficile Union européenne, tout en lui donnant une nouvelle orientation interne.

Dans le cadre de l’affrontement avec l’URSS, il fallait valoriser la démocratie par opposition à la dictature soviétique et la social démocratie pour que les travailleurs ne rejoignent pas en masse les puissants partis communistes. Le danger communiste passé, il est possible d’assumer la nature austéritaire du capitalisme : austérité et autoritarisme. Le président Macron en est l’incarnation évidente actuellement : contre-réforme économico-sociale, le parti communiste a disparu, la gauche n’est pas dangereuse, répression plus qu’énergique, satisfaisante pour la droite...

L’affrontement avec l’islam comme religion, l’Islam comme civilisation, souvent difficiles à différencier dans les discours implique de redéfinir l’Europe. Non plus comme un État ou un ensemble d’États, démocratiques face à un ou des États non-démocratiques, menaçants, comme l’Union soviétique hier mais la civilisation européenne qui n’est plus obligatoirement démocratique, comme la démocratie illibérale de Viktor Orbán, mais identitaire, blanche, chrétienne. Et même judéo-chrétienne, depuis peu. Face au monde arabo-musulman, ce qui peut justifier la recherche d’une alliance avec Israël, de certains partis ou États antisémites. Et promouvoir une politique commune contre l’immigration souvent colorée, d’origine africaine ou asiatique et, parfois aussi, musulmane.

Avec une touche de souverainisme national identitaire, qui permet, aujourd’hui des alliances au sein de l’Union européenne mais qui peuvent devenir des facteurs de désunion et d’affrontement nationalistes.

 

Face à la première conception de l’Europe, capitaliste et pro-atlantique, la gauche a opposé sa volonté d’une autre Europe, sociale ou même socialiste, neutraliste, dénonçant, tout en en bénéficiant, le parapluie nucléaire étasunien.

Face au choc des civilisations, une certaine gauche part d’un vieux principe : si la droite dit le Royaume-Uni est une île, la gauche doit affirmer le Royaume-Uni n’est pas une île. Plutôt que réfléchir à la situation concrète et à construire un pont... Comme la droite parle de choc ou de guerre de civilisations, pour eux, il n’y a pas de choc ou de guerre de civilisations.
Les Indiens des Amériques ne doivent pas être absolument d’accord. Qui ont été quasiment exterminés, physiquement ou culturellement. De même que tous les peuples colonisés...

 

Une autre façon de contester le choc des civilisations est de montrer, surtout en parlant des pays musulmans, qu’il n’existe pas un monde musulman, que les musulmans sont très divisés. Les musulmans ne sont pas, majoritairement, arabes, sont divisés en multiples courants, sunnisme, chiisme, kharidjisme, avec, en plus, une division en nations, pour certains plus opérationnelles que les précédentes. Par ailleurs, dans des études par sondages, on peut montrer que ce qui préoccupe les musulmans en général n’est pas d’affronter, d’envahir, de conquérir, de convertir les non musulmans.
Tout ceci ne semble pas contestable.

On peut soutenir, exactement la même chose pour les Occidentaux. Le monde chrétien est tout aussi divisé : tous les chrétiens ne sont pas blancs, ne sont pas européens, il existe de multiples courants, catholiques, protestants, orthodoxes, anglicans…, sans compter ceux, de plus en plus nombreux qui se disent sans religion, et aussi une division en nations… Et il ne fait pas de doute que les préoccupations fondamentales de la majorité des peuples occidentaux n’est pas, n’a jamais été d’aller convertir, coloniser… le reste du monde.

Malheureusement, les peuples ont été entraînés, hier, et peuvent être entraînés demain, à participer, de gré ou de force, à des entreprises que la majorité désapprouvait ou désapprouve.


 

A propos du choc des civilisations
A propos du choc des civilisations

Pour éviter le renouvellement d’affrontements meurtriers, il est utile de démonter l’hétérogénéité des uns et des autres, de montrer la diversité d’intérêts au sein de ces grandes masses prétendument homogènes et de dénoncer pourquoi certains poussent d’autres à entre-tuer...
Mais cela ne suffit pas. Il faut combattre les va-t-en guerre des deux côtés qui instrumentalisent le choc des civilisations, établir des ponts entre les deux camps, dont l’intérêt bien compris n’est pas l’affrontement mais le dialogue et l’échange.

 

La bataille n’oppose pas religion musulmane/civilisation musulmane et religion chrétienne/civilisation chrétienne ou occidentale. Malgré une longue histoire de conflits. Mais ceux qui, dans chaque camp, défendent les valeurs universelles de justice, de démocratie, d’égalité et ceux qui, dans chaque camp, essaient d’utiliser les différences pour pérenniser leur pouvoir, leur domination. La liste est longue des peuples qui se sont levés dans les deux camps pour plus de liberté, d’égalité, de démocratie. Qui ont trouvé en face d’eux leurs maîtres traditionnels qui avaient le soutien politique, économique, financier, militaire des maîtres du camp adverse.

A propos du choc des civilisations

Le choc de civilisations basées sur des religions n’est que la formulation nouvelle de chocs identitaires qui ont toujours existé à des échelles différentes et souvent à la base de conflits violents : nations, régions (petites nations), obédiences religieuses (hier catholiques et protestants ci, là, sunnites et chiites aujourd’hui) et qu’on peut même retrouver à l’intérieur des sociétés actuelles, lutte des communautés….

Faut-il théoriser, amplifier ces luttes ?

A propos du choc des civilisations
A propos du choc des civilisations
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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 10:18
Cinéma retrouvé à Bologne

A la XXXIIIième édition du cinema ritrovato, le cinéma retrouvé, (Bologne, 22-30 juin), plus de 400 films de 250 réalisateurs ont été présentés dans 6 salles et, en soirée, sur la Piazza maggiore.

D’où un embarras et une frustration au moment du choix quand on ne peut en voir que quelques dizaines...

Ces films ont été réalisés entre 1896 et 2018 : courts métrages de quelques secondes du début du cinéma (dont 41 de l'année 1919, centenaire oblige), premiers films coloriés à la main, films en technicolor, longs métrages récents, quelquefois de plus de trois heures sur écran large.
Le tout présenté dans un catalogue de 400 pages.

Les films étaient regroupés suivant différents critères : ritrovati e restaurati (retrouvés et restaurés), acteurs (Jean Gabin), réalisateurs (Henry King, Edouardo de Filippo, Youssef Chahine, Buster Keaton, Felix E.Feist, Georges Franju, Musidora), pays (URSS, Corée du sud, Allemagne de l’ouest), années (1899, 1919), types de films (documentaires, cinemalibero)…

Certains films étaient présentés, en italien ou en anglais avec traduction, quelquefois en français, avant la projection. Avec en plus, onze lezioni di cinema (en français, masterclass) dont Bertand Tavernier sur les grands compositeurs, surtout français, de musique de film et Thierry Frémaux...


 

 

 

 

Cinéma retrouvé à Bologne
Bertrand Tavernier et Gian Luca Farinelli, directeur de la Cineteca di Bologna et de Cinema ritrovato

Dans cette abondance cinématographique, quelques remarques, arbitraires. On été présentés deux films italiens, Napolitani a Milano de Eduardo de Filippo (98mn, 1953) en salle et, sur la Piazza Maggiore, Miraculo a Milano de Vittorio de Sica (100mn, 1951). Qui portent sur des situations semblables : affrontement de mal logés et de spéculateurs immobiliers. Mais alors que Napolitano a Milano traite la question dans le style néo-réaliste italien classique, avec Miraculo a Milano, Vittorio de Sica et Cesare Zavattini (scénariste), continuent cette veine et la dépassent, par un conte merveilleux avec une grande imagination au niveau du scénario qui annonce la comédie italienne. Imagination servie par des prouesses techniques. Tout ceci justifie les milliers de spectateurs venus sur la place de Bologne pour acclamer un film, en noir et blanc, réalisé il y a 56 ans !!!

De la même époque, en couleurs Technicolor, Moulin rouge (120mn, 1952) de John Houston et Gigi (115mn, 1958) de Vincente Minelli, films de réalisateurs étasuniens sur la Belle époque à Paris. Moulin rouge dont le personnage central est le peintre Henri de Toulouse-Lautrec, le drame de sa vie et de ceux qu’il peint, qui vivent autour de lui. Gigi ne présente que l’aspect superficiel de cette époque avec le concours d’un Maurice Chevalier, égal à lui-même, le Français séducteur au sourire gouailleur et satisfait…
Deux films qui sur la même Belle époque, l’un hors sol, l’autre encore plus beau avec la description de cette même société mais qui n’oublie pas la réalité sociale sur laquelle elle repose.

 

 

Cinéma retrouvé à Bologne
Cinéma retrouvé à BologneCinéma retrouvé à Bologne
Exposition de tableaux de Silvano Campeggi à la Bibliothèque de Bologne

Plusieurs films pour un hommage à Jean Gabin dont une biographie (Un Français) Nommé Gabin (104mn, 2017) de Yves Jeuland, illustrée d'extraits de 50 de ses 95 films, remarquable pour les fans de Jean Gabin. Mais aussi 8 films, avec Jean Gabin acteur. De Pépé le Moko de Julien Duvivier (94mn, France, 1936) à En cas de malheur de Claude Autant-Lara (121mn, France, 1957) qui permettent de voir Jean Gabin avant qu’il ne devienne la caricature de lui-même. Dans ces films, si Jean Gabin a le premier rôle, il n’a pas toujours le meilleur : Pépé le Moko, caïd enfermé dans la Casbah d’Alger n’en sort, par amour, que pour se faire prendre ; En cas de malheur, avocat respectable, il est entraîné dans sa chute par une Brigitte Bardot qui lui dame le pion ; Cœur de lilas de Anatol Litvak (90mn, France, 1931), petit caïd, il pousse la chansonnette et reçoit une bonne correction (Fernandel, en figurant-chanteur)... Au-delà des grilles de René Clément (104mn, France-Italie, 1948), il arrive à Gènes, en bout de course, sans pouvoir refaire sa vie…

La trame de ces films décrit l’atmosphère d’une petite ville française ou d’un quartier de Paris, Du haut en bas de G.W.Pabst (80mn, France, 1933), et les films souvent inspirés de romans de Georges Simenon (La Marie du port de Marcel Carné (97mn, France, 1949), Maigret tend un piège de Jean Delanoy (119mn, France, 1957), Le Chat de Pierre Granier-Deferre (86mn, France-Italie, 1970).
Avec Le Chat, la mort d’un couple et d’un quartier : dans une impasse de banlieue en plein remaniement urbain, Gabin n’a d’affection que pour son chat et ne correspond plus avec sa femme (Simone Signoret) que par petits papiers… Le chat est la première victime mais le couple s’éteint dans un quartier qui disparaît...

 

Cinéma retrouvé à Bologne

En dehors de Jean Gabin, plusieurs hommages étaient rendus à des femmes.
Musidora, la dixième muse de Patrick Cazals (65mn, France, 2013) avec une exposition sur celle qui fut productrice, marraine de guerre de soldats de l'aviation française, essayiste, romancière, actrice de théâtre, chanteuse, artiste de variété, archiviste de la Cinémathèque française, actrice pour Germaine Dulac, Louis Feuillade, Jacques Feyder, Georges Franju et réalisatrice (Pour don Carlos avec Lasseyne, 1921, Soleil et ombre avec Lasseyne, 1922, La Tierra de los Torros, 1924).
La passione di Ana Magnani de Enrico Cerasiolo (60mn, Italie, 2019).

Essere Done de Cécilia Mangini (28mn, Italie, 1964), documentaire sur la condition de la femme .

Segretarie, una Vita per il cinema de Raffaele Rago et Daniela Masciale (64 mn, Italie, 2017), série d’entretiens avec des secrétaires de grands maîtres du cinéma italien.

 

Les films restaurés, Bologne est un important centre mondial de la restauration de films, certains présentés sur la Piazza Maggiore, permettent de parcourir le cinéma et son histoire, chefs d’œuvre du cinéma et films moins connus : Le cirque de Charlie Chaplin (71mn, États-Unis, 1928) où Charlot est poursuivi par un policier dans un palais des glaces, séquence souvent reprise au cinéma, en particulier par Orson Welles dans la Dame de Shangaï ; The Cameraman de Buster Keaton (69mn, États-Unis, 1928) ; Toni de Jean Renoir, première passion d’un immigré sur les écrans français (91mn, France, 1935) ; Under capricorn de Alfred Hitchcock (117mn, États-Unis, 1949) ; Los olvidados de Luis Bunuel (81mn, Mexique, 1950) ; L'eau à la bouche de Jacques Doniol-Valcroze avec le couple Bernadette Lafont et Michel Galabru, musique de Serge Gainsbourg (95mn, France, 1950) ; Les bicots-nègres, Vos voisins de Med Hondo malgré un discours un peu daté (100mn, Mauritanie-France, 1974) ; La leçon de Piano de Jane Campion (121mn, Nlle Zėlande-Australie-France, 1993)...

 

Sur la Piazza Maggiore, Apocalypse Now, avec une présentation de Francis Ford Coppola, a connu un triomphe : le film a dû être projeté, en même temps, dans deux salles de cinéma de la ville ! Ce film était trop long d’après Coppola, initialement 4 heures, a été réduit à 3 heures, pour sa sortie en salle, à la demande des producteurs. C’est la dernière version (final cut), 183 minutes qui a été présentée à Bologne.

Apocalypse Now, aux multiples récompenses, a obtenu la Palme d’or à Cannes, à sa sortie en 1979. Conçu pendant la guerre du Vietnam, sur et contre la guerre. Où les héros, fascination par la guerre, complexes, confusion dans la guerre, demeurent des individus étasuniens, face au peuple vietnamien anonyme...

 

Comme l’ont fait Gian Luca Farinelli, directeur de la Cineteca di Bologna et du festival Cinema Ritrovato et Thierry Frémaux au cours d’une lezzione di cinema, dans son intervention, Francis Ford Coppola a pris nettement position en faveur du cinéma face aux plateformes : Apocalypse Now vu sur un téléphone doit perdre quelque peu de son envergure…

 

Mais la bataille continue. Netflix convoite l'Egyptian Theatre, sur Hollywood Boulevard, cinéma prestigieux construit en 1922, pour pouvoir remplir facilement les conditions de candidature aux Oscars : diffuser 7 jours consécutifs le film dans un cinéma de Los Angeles...

 

Pour Winding Refn (à Bologne pour son film-culte Drive), la numérisation est une façon de favoriser la conservation des films : en créant un musée de films pour les générations futures… La révolution digitale est le troisième frère Lumière… avec une nouvelle attention sur le cinéma classique, plutôt au détriment de la télévision que du cinéma.

 

 

 

 

Cinéma retrouvé à Bologne
Cinéma retrouvé à Bologne
Cinéma retrouvé à Bologne
Cinéma retrouvé à Bologne
Piazza Maggiore, Francis Ford Coppola, programme des films projetés sur la place du 17 juin au 14 août
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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 08:25
Impressions algériennes

Impressions algériennes, très subjectives, sans aucune ambition notamment politique dans ce moment important pour l’Algérie, à la suite d’un voyage éclair de 3 semaines en Algérie (fin février-début mars), après y avoir vécu de juin 1963 à juin 1972 et fait une brève visite quelques années plus tard...
Visite amicale et touristique : quelques jours à Tamanrasset, Alger et Tipaza, Arzew-Oran avec escapades à Mostaganem et Tlemcen enfin Constantine en passant par Djemila.


Retrouvaille nostalgique des lieux. Les personnes connues à cette époque ont disparu ou ont été perdues de vue en dehors des deux amis de cinquante ans, depuis 1964-65, qui nous ont accueillis dans leur famille. Visite de redécouverte très partielle d’une Algérie nouvelle, inconnue, au moment où une nouvelle histoire semble commencer.

 

Revenir en Algérie, après une si longue séparation, est étrange. C’est revoir un ami qu’on a perdu de vue, qu’on retrouve, le même et différent, familier ici, changé là, inconnu ailleurs.

Un pays dont on connaissait bien de nom, avant d’y venir, les lieux et les personnalités, devenus familiers à cause de la longue guerre qui avait correspondu aux années étudiantes. Et l’Indépendance venue, on en découvrait la réalité physique, en parcourant le pays dans tous les sens, et un peu la vie dans le travail quotidien, en accord avec ses propres choix professionnels.
Un pays qui se construisait, nouveau. Un pays dont on suivait les moindres réalisations avec le même espoir de réussite que les nationaux.

 

Un pays qu’on connaissait ou croyait connaître. Un pays dont on sentait la complexité avec, à la fois une proximité de langue, de langage, qui permettait le dialogue, le partage mais dont une part importante nous échappait. Parce que nous n’étions pas Algériens. Parce que nous ne parlions pas l’arabe, malgré de faibles tentatives peu encouragées par l’entourage algérien, et, encore moins, le berbère-tamazight, (kabyle, chaoui…).

Impressions algériennes
Impressions algériennes

Mais le pays a beaucoup changé. Dès l’arrivée, de nuit, en voiture de l’aéroport de Dar El Beida à Ben Aknoun, on espère la Route moutonnière, parcourue deux fois par jour pendant 6 ans, et on passe par l’entrée de Los Angeles ou de tout autre métropole. La Route moutonnière est tapie quelque part, sur la droite, dans l’obscurité et la mémoire.
Le lendemain, avec la lumière, on retrouve la familiarité du centre, la Grande poste, les rues Larbi Ben M’hidi, Didouche Mourad, le boulevard Mohamed V, la place de l’Émir, l’appartement, la cinémathèque et on s’amuse à voir ce qui n’a pas bougé et ce qui a changé…

Il en sera de même à Constantine, avec la place de la Brèche modifiée (place du 1er novembre), la Direction Départementale de la Santé, le Centre paramédical, le Lycée El Hourrya, le Monument au morts, le Rhumel et ses ponts et son nouveau grand pont, les arcades de la rue Abane Ramdane, la place Amirouche (de la pyramide)...

Impressions algériennes
Impressions algériennes

Au retour de ce périple, quelques personnes nous posent les mêmes questions sur le voyage qu’elles ou d’autres nous posaient dans les années soixante… Et la sécurité ? Vous étiez en sécurité ? Comment étaient les gens avec vous dans la rue ?

Curieusement, la réponse est la même, aujourd’hui et alors : impression de sécurité absolue même si, à Tamanrasset, des gendarmes nous accompagnaient pour assurer notre sécurité, en tant qu’étrangers, dans les excursions en dehors de la ville. Et l’extrême gentillesse des gens.
 

A l’époque, la guerre était finie, et pour eux et pour nous, presque oubliée. Non effacée. Nous étions là parce que cette guerre avait eu lieu et nous avait marqués. Mais nous étions des Français qui venaient travailler à l’Algérie nouvelle.
Aujourd’hui, cette époque est pratiquement oubliée. La grande majorité de la population algérienne est née après notre départ. Le passage des coopérants dans les années après l’Indépendance n’est pas connu de ceux que nous croisons dans la rue. Nous sommes probablement pour eux des pieds-noirs nostalgiques en visite. Et la gentillesse est la même.
La guerre d’Algérie est finie, bien finie. Enfin presque.

 

Car la France demeure l’ancienne puissance coloniale, la présente puissance néocoloniale. Et comme à l’époque, demeure aussi le refus de l’immixtion étrangère (entendre de la France). Hier proclamé par le gouvernement et, aujourd’hui commune au système en place et à ceux qui veulent le faire tomber. Immixtion, pour les uns, manipulation des opposants, pour les autres, soutien de Bouteflika et du régime.

Dans l’air, un petit quelque chose a changé. Hier, une certaine connaissance-complicité réciproque supposée avec tout le monde. Avec les amis algériens, une langue commune, le même langage, nous partagions les même plaisanteries, le nationalisme et la fraternité allaient de pair, parce que nous avions un passé politique commun même si c’était à des niveaux très différents. Et un espoir commun.

Aujourd’hui, notre histoire n’est plus commune. Nous nous sommes doucement éloignés. Le nationalisme a été distillé par cinquante années de discours, d’enseignement… Sans partage. Sans contact humain, relativisant. Et notre attention à l’Algérie n’a pas été aussi intense que pendant la guerre...

Quand un homme d’une cinquantaine d’années, parlant parfaitement le français, nous dit, au cours d’un conversation sur la scolarisation et l’enseignement, qu’en Algérie, il y a deux langues, l’arabe et l’anglais, il dit deux choses claires : il affirme une identité, il est arabe (en réalité d’origine chaouia) et musulman (il nous demande peu après ce que nous pensons de l’islam), rejette le tamazight pourtant officiellement reconnu, - langue de la division ? - et la langue française, langue du colonialisme, encore enseignée et utilisée largement, au profit de la langue anglaise...

Impressions algériennesImpressions algériennes
Impressions algériennes

Le voile-foulard est en question en France. Ici, ce qui frappe quand on se promène dans les rues, c’est la disparition totale des voiles traditionnels qui permettaient de distinguer, au premier coup d’œil, les Algéroises, des Oranaises ou des Constantinoises, habillées suivant la tradition à côté de celles qui avaient adopté la mode occidentale. Aujourd’hui, les femmes habillées à l’occidentale, essentiellement en pantalon, cheveux au vent, sont nombreuses. Mais, dans toutes les villes parcourues, la tenue la plus fréquente est le foulard associé aux robes longues : les voiles traditionnels ont complètement disparu ! Nous avons vu en 3 semaines, une Constantinoise et une Oranaise. Et un seul voile intégral..., venu de la banlieue parisienne d’après de jeunes amis...

 

Ce phénomène, un peu anecdotique, parle de notre regard d’hier et d’aujourd’hui. Regard d’hier, attentif et bienveillant, à la fois à la tradition et à l’évolution occidentale, normale pour nous, regard surpris d’aujourd’hui devant une évolution autonome, inattendue.

 

Pendant notre séjour, ont débuté les manifestations du vendredi et du mardi pour les étudiants. Auxquelles nous n’avons, bien sûr, pas participé et que nous avons peu vues.

Les jeunes sont nombreux dans ces manifestations. Parce que la population algérienne est jeune. Mais aussi parce qu’un important effort a été fait au niveau de l’enseignement : plus de 1 655 000 d’étudiants - dont 60 % d’étudiantes - entraient à l’université en septembre 2017 tandis que 324 000 autres la quittaient avec un diplôme en main.

Ces jeunes, étudiantes et étudiants, manifestent avec d’autres aujourd’hui. Ils sont les enfants de pères et surtout de mères qui, toutes, ont été scolarisées et ce phénomène n’est peut-être pas étranger à leur importance présence dans les manifestations...

La scolarisation, notamment des jeunes filles, rappelle la situation tunisienne. C’est en Tunisie que le printemps arabe a commencé, c’est aussi en Tunisie qu’il est allé le plus loin…

 

L’entrée dans Alger, venant de l’aéroport, est le premier témoignage des investissements faits dans les infrastructures. L’autoroute qui traverse toute l’Algérie de la frontière tunisienne à la frontière marocaine en est un autre témoignage. Pour le moment gratuite de bout en bout mais sur laquelle sont en construction les futures stations de péage…

 

Mais ce qui frappe le plus, c’est, dans toutes les villes visitées ou traversées, en dehors des embouteillages urbains surtout à Alger, c’est le nombre de logements construits ou en construction… Il y avait, au moment de l’Indépendance, 10 millions d’Algériens, ils sont aujourd’hui 43 millions !
On voit partout des immeubles en construction ou apparemment terminés mais inhabités (logements non attribués…) ou réellement terminés et habités.
La ville de Constantine qui comptait 200 000 habitants en 1960, en compte plus de 460 000 aujourd’hui, sans compter les villes limitrophes et notamment la ville de 500 000 habitants, Ali Mendjeli, en construction !!!

 

 

Impressions algériennes
Impressions algériennes
Impressions algériennes

Ces investissements dans les infrastructures, dans le logement, sont à l’origine d’un phénomène dont tout le monde parle de la rue jusqu’au plus hautes instances politiques et qui pèse lourd dans les événements actuels, la corruption. Et qui touche, à des degrés divers, beaucoup de monde dans bien d’autres secteurs de l’économie et du social : licences d’importations, attributions de logements, passe-droits…

Il est quelquefois question dans la presse de la présence de travailleurs chinois en Algérie et de migrants subsahariens qui la traversent vers l’Europe. Nous n’avons vu, pratiquement, ni les uns, ni les autres. Si la présence, importante de travailleurs chinois nous a été confirmée, nous avons vu seulement quelques jeunes filles asiatiques traversant la rue.
Par ailleurs, quelques mendiants dont on nous a assuré qu’ils étaient subsahariens… Deux employeurs qui ont embauché des travailleurs sans papiers, au vu et au su de tout le monde, sans problème. L’un d’eux, un Camerounais, nous a déclaré qu’il comptait faire dans quelques mois un voyage dans son pays et revenir...

Mais tout ceci n’est qu’anecdotes de touristes de passage (comme les jeunes qui proposent de vendre ou d’acheter toutes sortes de devises au square Port Saïd à Alger !).


La question aujourd’hui en Algérie est l’avenir du mouvement qui, depuis le 23 février, rassemble, pacifiquement à ce jour, dans les rues des grandes villes algériennes, et place de la République à Paris, des milliers de personnes pour dire son rejet du système : non seulement de Bouteflika qui a dû renoncer à son cinquième mandat, non seulement des ministres ou oligarques dont quelques uns sont aujourd’hui en prison, mais de tous ceux, notamment les militaires, qui, depuis l’Indépendance, ont occupé le pouvoir.

Période délicate de la transition avec la menace improbable d’une évolution de type soudanais… Des Soudanais étaient sur la place de la République ce dimanche...

Période difficile car, grâce à l’unité populaire, le reversement du système peut réussir mais cette unité persistera-t-elle pour la mise en place de nouvelles institutions ? Et surtout pour la mise en place d’une nouvelle politique économique qui dépasserait la simple utilisation des revenus pétroliers pour calmer les mécontentements...

Impressions algériennes
Ci-après, quelques images du rassemblement dominical d'Algériens sur la place de la République à Paris, le 16 juin 2019.
Impressions algériennes
Impressions algériennes
Impressions algériennes
Impressions algériennes
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Remerciements à Rachid H. et Ahmed M.

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 17:19
Démocratie représentative en danger
Si la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple, il existe de multiples façons d'en faire un détournement en fonction de l’intérêt des dominants. Qui n'hésitent pas à changer démocratiquement les règles pour empêcher le peuple de gouverner. Pour s’assurer la permanence du pouvoir. Dernier exemple : la privatisation de Aéroport de Paris (ADP).

Hélas, ce détournement de la démocratie n’est pas une spécialité française. Elle se retrouve, sous des formes adaptées à chaque pays, dans tout les pays dits démocratiques. Rien d’étonnant que, partout, le premier parti soit celui des non-participants aux élections. Elles sont manifestement trop biaisées.

En France, les règles sont un mélange de régime présidentiel et de régime parlementaire qui permet à une minorité d’accaparer le pouvoir : le président a obtenu les suffrages de moins d'un cinquième des adultes du pays, il dispose d'une majorité écrasante et inconditionnelle à l’Assemblée nationale. Cela en fait le maître absolu de l’ordre du jour et de l’initiative législative.

Jacques Chirac a été élu, au second tour de la présidentielle, avec une majorité confortable de suffrages, non pour son programme mais pour faire barrage à Le Pen père. Élu, il a oublié qui l'avait fait président. Emmanuel Macron, champion d'un nouveau monde, a bien compris l’ancien. Élu, dans les mêmes conditions, face à Le Pen fille, il en profite pour satisfaire ses mandants réels au détriment de la majorité de ceux qui ont voté pour lui.

Finalement, une explosion jaune conduit tout le monde à reconnaître qu'il existe une petite anomalie : il faudrait remettre, un peu, en jeu les corps intermédiaires négligés, discuter, un peu, pour expliquer au peuple les mesures intelligentes qu'on va lui infliger pour son bien...

Après 6 mois de jaunisse, 3 mois de Grand débat national (1) – consciencieusement utilisé comme campagne électorale de mi-mandat et pour préparer les élections européennes - le président Macron a sorti du chapeau la double avancée démocratique qu’il y avait mise : face à la revendication du référendum d’initiative citoyenne (RIC), il propose une facilitation du RIP, référendum d’initiative partagée (2) - avec une réduction du nombre de signatures nécessaires - et un brin de proportionnelle lors des élections législatives .

L’avenir de ces propositions a, cependant, un avenir incertain.

Tout d’abord, il convient de souligner que l’initiative n’est pas partagée : ce sont les parlementaires seuls (députés et sénateurs) qui peuvent déclencher le processus. Ils doivent être 185 à faire la demande. Ils ont été 248 (PS, PC, LR, FI) sur le projet de privatisation d’Aéroport de Paris.
Cette initiative doit ensuite être reconnue conforme par le Conseil constitutionnel, assemblée bien connue d’antiparlementaires extrémistes, peut-être noyautée discrètement par les Gilets jaunes. Quoi qu’il en soit, ce deuxième stade est franchi.

Mais l’autorisation du Conseil constitutionnel ne veut pas dire que le référendum aura lieu. Il faut d’abord recueillir l’accord de plus de 10 % du corps électoral, soit plus de 4,7 millions de signatures dans les 9 mois. En cas de succès, pour bloquer l’éventuel référendum, il suffira alors que l’Assemblée nationale ou le Sénat s’emparent de la proposition. Ce que permettra la large majorité présidentielle à l’Assemblée nationale.

Au total, il ne s’agit pas d’un référendum mais de la possibilité de faire inscrire un sujet à l’ordre du jour du parlement. Il ne s’agit pas d’une initiative partagée mais d’une initiative parlementaire appuyée par une partie importante des citoyens. Qui ne semble pas mettre en question la démocratie parlementaire. Au contraire, cela donne une possibilité d’initiative aux parlementaires qui doivent recevoir l’appui de citoyens dans un cadre constitutionnel clairement défini..

Démocratie représentative en danger

Le lendemain de la décision du Conseil constitutionnel, le titre ADP chute en bourse de 9,73%. Les éditorialistes s’affolent. La Démocratie est en danger !

Pourtant la décision de privatiser à tout va est largement contestée. L’exemplarité de la privatisation passée des autoroutes est fortement mise en cause : certains parlent même du précédent calamiteux de la privatisation des sociétés d’autoroutes. L’intérêt économique et financier d’une telle privatisation est fortement discutée. Comme celle annoncée des barrages hydroélectriques.
Ces privatisations ne sont pas exigées
par l’Union européenne. Elles visent simplement à soulager des contraintes budgétaires d’aujourd’hui au détriment de rentrées financières permanentes.

Pour le Gouvernement, si à chaque fois que la majorité vote une loi, 185 parlementaires peuvent retarder son application de plus de 9 mois, cela créerait une situation dangereuse pour la conduite de l’action publique
Mais tout le mode sait que le Conseil constitutionnel est là pour limiter, suivant la loi, la possibilité de RIP, à certains cas prévus par la Constitution : « organisation des pouvoirs publics ... réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale… « la ratification d’un traité ».

Ce risque même s’il est limité ne va pas conduire le président de la République à se précipiter pour instiller, comme annoncé, un peu de proportionnelle dans les élections législatives. Cela ne pourrait que renforcer le nombre d’opposants à l’Assemblée nationale susceptibles de mettre à nouveau en jeu un éventuel RIP.
Cela confortera
plutôt le président dans sa volonté de diminuer le nombre et les moyens de députés et de sénateurs.

Après 6 mois de manifestations des GJ, soutenues, d’après les sondages, par la population malgré la forte répression et les imprécations radio-télévisées, malgré 3 mois de Grand débat, les réponses que proposait Emmanuel Macron pour répondre à la revendication du RIC semblent mal parties.

Il y a de fortes chances pour que le président de la République retrouve la sagesse et sacrifie ses velléités de faciliter le RIP et d’instaurer une dose significative de proportionnelle.

On le sait depuis longtemps. C’est le peuple qui gouverne à condition de vouloir ce que veulent les compétents. Sinon, il y a toujours une façon de contourner sa volonté. En force ou en douceur.

Le contournement des résultats du référendum de 2005, qui n’avait pas été demandé par un RIP, il n’existait pas à l’époque, l’a bien montré. Et le passage en force de la loi sur le travail. Et la brutale répression des gilets jaunes… Et demain ???

A défaut de rétablir l’ISF, à défaut de faciliter le RIP, à défaut de proportionnelle, le président supprimera peut-être l’ENA que personne n’a demandée. Il n’est pas sûr que cela satisfasse et les Gilets jaunes, et la population.

Qui fait courir un risque à la démocratie, représentative ou non, déjà malade ? Ceux qui veulent limiter ou supprimer une possibilité d’initiative parlementaire qui n’a encore jamais été utilisée depuis 2008 ? Ceux qui veulent diminuer le nombre de parlementaires et leurs moyens ? Ceux qui veulent passer en force pour imposer des mesures qui compromettent l’avenir et qui sont rejetées même par des soutiens des pouvoirs en place ?

Non, ce sont bien évidemment ceux qui manifestent, qu’ils soient syndicalistes ou Gilets jaunes pour défendre l’intérêt général contre la privatisation d’investissements nationaux amortis depuis longtemps et maintenant rentables ?

Est-ce la réponse aux Gilets jaunes ? Ou faudra-t-il l’irruption de Gilets rouges pour convaincre les oligarques ?


 

 
Démocratie représentative en danger
1 - Grand Débat, pour redonner la parole aux Français sur l'élaboration des politique publiques qui les concernent  et porter, entre autres, sur démocratie et citoyenneté.…

2 - Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 de modernisation des institutions de la Ve République adoptée à la quasi unanimité des parlementaires de droite et du centre. Contestée lors de sa première tentative d’application : elle devient un grave problème de démocratie d’après l’entourage du Premier ministre.

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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 16:49

En sortant de Tam...

Logement de Sud Sahariens, chameliers, serres et constructions comme partout en Algérie.Logement de Sud Sahariens, chameliers, serres et constructions comme partout en Algérie.
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Balade saharienne

Algérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'AssekremAlgérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'AssekremAlgérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'Assekrem
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Des fleurs dans le désert

Notamment des Cistanches
Notamment des Cistanches Notamment des Cistanches
Notamment des Cistanches Notamment des Cistanches
Notamment des Cistanches Notamment des Cistanches Notamment des Cistanches

Notamment des Cistanches

Tombeau de Tin Hinan

Et notre ange gardien.
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Erg Abalessa

Lors de tous les déplacements en dehors de la ville, les étrangers sont accompagnés d'une ou deux voitures de gendarmerie.
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Quelques fresques rupestres

Algérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'Assekrem
Algérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'AssekremAlgérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'Assekrem
Algérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'AssekremAlgérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'Assekrem

Assekrem

L'Ermitage

L'Ermitage, la Table d'orientation, l'un des deux ermites, oeuvres de Charles de Foucauld, système de remplissage de la citerne réservoir d'eau et Porte de l'Oued (Bab el Oued)
L'Ermitage, la Table d'orientation, l'un des deux ermites, oeuvres de Charles de Foucauld, système de remplissage de la citerne réservoir d'eau et Porte de l'Oued (Bab el Oued)L'Ermitage, la Table d'orientation, l'un des deux ermites, oeuvres de Charles de Foucauld, système de remplissage de la citerne réservoir d'eau et Porte de l'Oued (Bab el Oued)L'Ermitage, la Table d'orientation, l'un des deux ermites, oeuvres de Charles de Foucauld, système de remplissage de la citerne réservoir d'eau et Porte de l'Oued (Bab el Oued)
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Le gite

Algérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'Assekrem
Algérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'AssekremAlgérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'AssekremAlgérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'Assekrem
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Rencontre kabyle au Sommet à l'Assekrem

Algérie, 50 ans plus tard (5) quelques images du Hoggar et de l'Assekrem
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Vues de l'Assekrem

(attention, défilé automatique des images)

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