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Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.

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À propos d’une mort violente...

À propos d’une mort violente...
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La mort de Quentin Deranque, tué le 14 février à Lyon a déclenché, immédiatement, des polémiques sur les responsabilités pénale et politique. Et donné lieu à une massive récupération.
Aubaine à la veille des élections municipales et, plus lointaine, de la présidentielle. Avec des sondages favorables au RN et à ses alliés.

D’abord, les faits.
Quentin
Deranque, militant d’ultradroite, a été mortellement blessé, par plusieurs militants d’ultragauche à la suite d’un affrontement entre deux groupes. À distance de Sciences Po Lyon (IEP) où était organisée une réunion publique, autour de Rima Hassan, députée européenne (LFI). sur la question palestinienne.

La sécurité à l’intérieur de l’amphithéâtre avait été renforcée et la préfecture du Rhône informée par l’IEP. À l’extérieur, une banderole de protestation était déployé par le collectif féministe Némésis qui n’hésite pas à jouer le rôle d’appât pour déclencher des affrontements au service de l’ultradroite comme le rapporte BFMTV

Les faits se sont produits dans une zone dont la sécurité ne reposait ni sur les organisateurs de la réunion, ni sur la direction de Science-Po. Mais sous la responsabilité de la police chargée de la sécurité sur la voie publique, notamment lors de manifestations.

Quentin Deranque faisait partie d’un groupe de militants nationalistes, postés, armés, masqués et habillés de noir. Il a été tué au décours de l’affrontement qui a opposé ce groupe à un autre, antifasciste, bien connu à Lyon, également organisé et violent, un groupe d’ultra-gauche, la Jeune Garde, organisation dissoute en 2025.
Plusieurs membres de ce groupe ont été interpellés dont des collaborateurs d’un parlementaire de La France Insoumise.

Des images montrent que Quentin Deranque a été violemment tabassé alors qu’il était au sol, avec seulement deux autres personnes de son groupe, les autres ayant déjà fui.

Cette affaire a provoqué une forte émotion et une tempête politique. L’extrême droite, la droite et les grands moyens d’information se sont emparés de l’événement pour faire le procès d’une extrême gauche violente contre un jeune innocent, exemplaire sous tous les angles, alors qu’il a traversé plusieurs groupes d’ultradroite.
Au total, le but est de faire de Quentin Deranque une victime, ce qu’il est, au dessus de tout engagement, ce qu’il n’est pas, d’arriver à la conclusion que l’ultragauche tue et d’engager la responsabilité de l’extrême gauche, de LFI et finalement de toute la gauche.

C’est le moment favorable pour une diabolisation de la gauche, en période de régression sociale, et la poursuite de la dédiabolisation de l’extrême droite largement soutenue depuis quelque temps par toute la droite. Qui, au pouvoir, plus faible et plus divisée que jamais, ne voit de salut que dans une alliance électorale déjà idéologiquement engagée avec une extrême droite aux sondages prometteurs.

La couverture méditique de la mort de Quentin Deranque favorise l'extrême droite, déjà en tête de sondages, aux portes du pouvoir, actuellement le plus grnd danger pour la démocratie et l'étt de droit. En France  comme dans une grnde partie de l'Europe.

Un militant de l'utradroite a été tué par des militants de l'ultragauche lors d'un affrontement  entre deux groupes.

Les violences sont malheureusement trop fréquentes en politique (et ailleurs) et en augmntation depuis 2022 comme l'a constaté l'équipe d'Isabelle Sommier (1). Qui travaille, ce n''est pas un sondage ou une étude de circonstance, sur les violences  idéologiques, de gauche et de drite, indépendantistes, confessionnelles , animalistes, écologistes ou en contexte de conflit du travail. 

 

Sur la période 1986-2016, elle recense 5 500 épisodes de violence et une progression avec 2 300 épisodes sur les dix dernières années.

Depuis 2016, les violences indépendantistes ont diminué, les épisodes idéologiques ont doublé, constituant 53% des faits. Ceux liés au travail, questions sociétales, écologistes et animalistes ont aussi augmenté.
Augmentation notable à partir de la campagne présidentielle de 2022.

Les modes d’action privilégiés de gauche sont le vandalisme contre les biens et les affrontements le plus souvent avec des groupes mais aussi avec les forces de l’ordre lors des manifestations.

Les actions de droite recourent massivement aux agressions et, dans une bien moindre mesure, aux affrontements. Sept agressions de l’ultradroite sur dix s’exercent contre des personnes de couleur. Les autres sont dirigées contre des adversaires politiques (antiracistes, antifas, gauche, LGBT…).
Dans la période 1986-2016, un quart des faits d’ultradroite étaient des agressions. Aujourd’hui, près de 60 %.
Les agressions sont le registre traditionnel de l’ultradroite.

Sur les 57 morts liées à des violences entre groupes politiques de 1986 à 2017, 52 sont du fait de la droite radicale et 5 de la gauche radicale.

Cette hiérarchie semble confirmée par les 24 dissolutions qui ont visé 19 structures d’ultradroite et 5 d’ultragauche même si les experts appellent à la  prudence sur l’interprétation de cette proportion (Le Figaro 26/02/26).

La minute de silence de l’Assemblée nationale, hommage public à Quentin Deranque cachait mal le clin d’œil à l’extrême droite et le piège tendu à la gauche.
À Lyon, l’extrême droite, voulant sauvegarder sa dédiabolisation, n’a pas participé à l’hommage que ses camarades de combat lui ont rendu avec peut-être un masque sur la visage mais une éloquente gestuelle qu’ils n’ont pu retenir.

La lutte contre le fascisme est partie intégrante du programme de la gauche y compris physiquement contre les agressions violentes de l’ultragauche.
Elle n’est pas d’utiliser les mêmes méthodes. Elle n’est pas, non plus, de qualifier tout adversaire de fasciste. Mais de montrer comment la droite qui prétend lutter contre son extrême fait son jeu en reprenant, légitimant, ses arguments, son programme, espérant colmater ainsi la fuite de ses électeurs.
La vrai lutte de la gauche n’est pas de s’affirmer contre le fascisme, contre la finance, elle n’est pas de copier la droite, elle est de défendre les couches sociales les plus défavorisées.
Car la violence de la droite est pire quantitativement et qualitativement que celle de l’ultradroite !
La raison d’être de la gauche est la lutte pour l’égalité et contre le racisme, pour le plein emploi, pour la prévention des accidents du travail, pour un logement décent, pour que des hommes, des femmes, des enfants ne soient pas à la rue...

Les sondages ne prouvent pas que 30 ou 40 % des citoyens sont fascistes. Ils montrent que bien plus que 30 ou 40 % des sondés n’ont aucune confiance dans les représentants qu’ils ont mandatés. Et n’attendent plus rien de ceux qui se sont succédé au gouvernement depuis des dizaines d’années.

Pour la gauche, le défi est là. Retrouver la confiance de sa base historique.

 

À propos d’une mort violente...
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1 - Isabelle Sommier Professeure de sociologie politique à l'université Paris 1, chercheuse au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP) Dans Alter éco 20/02/26


 

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