Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
Par Paul ORIOL
Article paru dans le "Bulletin irrégulomadaire du Comité Citoyen pour une Europe Solidaire" - N° 41 - 11 décembre 2011 Site : http://www.europesolidaire.eu.org/
Nicolas Sarkozy est un grand amoureux, tout le monde le sait. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit heureux en amour. En début de quinquennat, Sarko l'Américain n'arrêtait de vanter les charmes de son ami Georges Bush qu'il fallait imiter en tout. Cela n'a pas duré très longtemps à cause de la défaite de l'idole et du tsunami de Lehman brothers.
Depuis quelque temps, ce sont les charmes de l'exemplaire Allemagne qu'il nous incite à admirer. Mais cet amour n'est ni réciproque, Me Merckel lui donne, en privé, le doux nom de M.Bla-bla, ni égalitaire, même si le couple est dénommé Merckozy quand il faut entendre Merck-aussi.
À vouloir entonner le duo des grands, jouer le guide de l'Europe, trop habitué à la monarchie française, Nicolas Sarkozy se trouve dans une situation difficile. Dans un duo déséquilibré dont les 25 semblent « démocratiquement » exclus.
Quoi qu'il en soit, cahin-caha, l'Union européenne avance dans la tourmente. Ses contours se dessinent à travers différentes annonces.Vers une nouvelle modification des traités.
À chaque traité, la même scène : présenté quelques années auparavantcomme la solution à tous les problèmes et condition d'un avenir européen radieux, le précédent traité est déclaré mauvais. Le nouveau va permettre...
Quelques années plus tard... Nous en sommes à la nième édition.
Pour tout le monde, la situation est grave, il faut une solution avant la fin de l'année. Comme le délai minimum pour mettre au point un traité est de 2 ans sans parler des difficultés lors de son adoption avec, au moins, un référendum au résultat incertain. Pas de problème, ce sera avant 201... Mais peut-être ne s'agit-il là que d'un nuage de fumée qui masque un autre marchandage, un compromis par exemple sur les eurobonds des pays AAA ou le rôle de la BCE contre un traité contraignant.
Le contenu du traité n'est qu'esquissé, sans consultation des peuples. Pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour faire élire une assemblée constituante européenne ? Enfin les peuples pourraient dire quelle Europe ils veulent.
Mais les exigences de Madame Merckel ne portent que marginalement sur les institutions et l'élection du président de la CE. Les points durs sont : maintien du statut de la BCE, discipline budgétaire et sanctions.
Discipline : Sarkozy, après avoir creusé les déficits, est pour la « règle
d'or ». Ce qui serait institutionnaliser non le fonctionnement des institutions mais une politique qui, par définition, doit être variable suivant les circonstances et les alternances politiques.
D'autres règles, moins sévères, ont été actées par le traité de Maastricht et n'ont pas été respectées par les États, dont les vertueux pères fouettards que veulent être l'Allemagne et la France. C'est pourquoi, A. Merckel propose des sanctions qui seraient prises par la Cour de justice. Nicolas Sarkozy préfèrerait qu'elles soient négociées au niveau du Conseil, peut-être à la majorité et
non à l'unanimité.
Au total, une fois de plus, les politique veulent renoncer à assumer la politique qu'ils ont choisie en la sous-traitant à des institutions qui n'auront jamais de comptes à rendre devant les peuples de l'Union européenne.
Bien entendu, il sera question fédéralisme et confédéralisme. De percée démocratique avec la proposition d'élire le président de la CE au suffrage
universel, direct ? Indirect plus probablement. Avec un filtre puissant dans la désignation des candidats.
Mais, de toute façon, pour faire la même politique sans aucune possibilité d'alternance. C'est à dire la politique suivie actuellement par tous les dirigeants de gauche ou de droite des 27 pays de l'Union européenne.
Pourtant d'autres politiques sont possibles. En France, par exemple, selon le président de la commission des finances à l'Assemblée nationale, l'abrogation du paquet fiscal (9,2 milliards d'euros) permettrait de compenser le défaut prévisible de recettes en 2012 sans compromettre la croissance (Le Monde 02/12/11).
Quels candidats à l'élection présidentielle vont le proposer ?
04/12/2011
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