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Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.

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COMPTER LA DIVERSITE

La diversité est constitutive de toute société. Elle fait l'objet de multiples statistiques, sondages... Jusqu'ici, tout ceci ne posait aucun problème. Mais diversité a pris depuis quelque temps, une autre signification. Elle veut dire diversité ethnique et même plus précisément "minorités  visibles".

Et le débat est ouvert.

Militant depuis  1972 dans le secteur "immigration" (du PSU aux Alternatifs), j'ai été amené à faire, comme Monsieur Jourdain, des "statistiques ethniques" avant l'heure. En essayant de regrouper les adhérents en fonction de leur patronyme. Ce qui m'a valu des questions et une fois, sans question, d'être traité de nazi.

Plus tard, j'ai pratiqué les "statistiques ethniques" en publiant différents articles sur la participation des personnes d'origine immigrée extra européenne aux diverses élections en France. Ces articles sont sur mon site). Les données étaient établies en comptabilisant les personnes qui avaient un nom et un prénom "non européen" sur les listes de candidats ou d'élus à différentes élections. Cela exclut  les personnes qui ont un nom "non européen" et un prénom "européen" ou "chrétien". Et ne met pas sur le même plan les personnes issues d'un couple mixte qui seront classées différemment en fonction du patronyme paternel.

Il n'en reste pas moins que cela permet de se faire une idée de la (faible) importance du nombre de candidats ou d'élus. Cet inconvénient est beaucoup moindre quand on compare les candidats et les élus sur les différentes listes ou dans l'organigramme des partis, avec la même méthode.
 
J'ai décidé d'arrêter ce type d'articles :
- tout d'abord parce que je crois que la question est entrée dans l'espace public et que, désormais, tous les partis se posent la question qui, hier, était plus ou moins tabou. Si 4 élus sur 5, issus de "l'immigration", l'ont été sur des listes de gauche, la gauche, plus particulièrement le Parti socialiste et personnellement Lionel Jospin, par leur frilosité ont perdu une occasion de mettre en pratique une politique égalitaire et promotionnelle des couches les plus défavorisées, y compris d'ailleurs celle des "gaulois". Aux Etats-Unis, TOUS les élus noirs sont démocrates. Les Noirs votent à plus de 80% pour le parti démocrate (88% pour Kerry, 95% pour Obama. Ce sont les minorités qui permettent l'élection des démocrates à la présidence des Etats-Unis.
- ensuite parce qu'il est inadmissible d'enfermer, à perpétuité, des "lignées" dans leur origine ancestrale sous prétexte qu'elles ont tel ou tel patronyme.

Actuellement, les statistiques ethniques posent d'autres problèmes. Il est inutile d'ouvrir de fausses querelles et il n'est pas question d'établir des registres nominatifs. Les statistiques ethniques ne conduisent pas à l'interpellation à l'heure du laitier.

Elles sont demandées par certains "ethniques" et par certains chercheurs pour chiffrer les discriminations et pouvoir lutter contre.
Il n'est pas sûr que, les statistiques établies, elles servent à cela et qu'elles ne servent qu'à cela. Les chiffres sont connues depuis très longtemps sur les discriminations dont sont victimes les femmes. Une loi sur la parité a même été votée et le pourcentage des femmes à l'Assemblée nationale comme au Sénat est inférieur à 20%. Les partis préfèrent perdre une partie des subventions plutôt que d'instaurer une véritable parité ! De plus, les femmes sont victimes d'autres discriminations qui sont publiées régulièrement dans la presse et qui, malgré tout, perdurent : salaires, chômage, diminution de la proportion de femmes dans toutes les hiérarchies que ce soit dans la fonction publique ou dans les entreprises....

Pour qui veut lutter contre les discriminations, il n'est pas nécessaire d'avoir des statistiques ethniques : pour ouvrir tous les emplois aux résidents étrangers quelle que soit leur nationalité, donner le droit de vote aux élections municipales et européennes comme aux citoyens de l'Union européenne et l'éligibilité aux prud'hommes, "décristalliser" les pensions aux anciens combattants...

On a beaucoup parlé des Etats-Unis où les statistiques ethniques sont sur la place publique, à l'occasion de l'élection Barack Obama : il y a 17% de femmes au Congrès étasunien, Barack Obama était le seul sénateur noir (sur 100), les Noirs constituent 6,9% des représentants et 12,4% de la population... Les endroits où les Noirs sont fortement surreprésentés sont les prisons, les sports, la musique... Mais sont ils en prison parce qu'ils sont noirs ou parce qu'ils sont pauvres ou pour ces deux raisons mêlées ?

Parallèlement, il s'est constitué une classe moyenne noire aux Etats-Unis. Et c'est parfait. Il ya quelques Noirs qui ont été promus et la masse des pauvres, noirs et blancs, a fortement augmenté. Comme ici d'ailleurs.

Il faut donc pour que les choses changent qu'il y ait, au delà des statistiques, une réelle volonté politique.
Qui plus est, les statistiques existent par le lieu de naissance des personnes et des parents... même si avec le temps leur pertinence va en s'amenuisant.

Ces statistiques peuvent aussi servir à d'autres buts. L'extrême droite demande des comptages séparés. Et pourquoi pas une sécurité sociale séparée ? Et un chiffrage de la délinquance séparée ? Et ce qui se profile derrière tous ces comptages que leurs partisans le veuillent ou non c'est la substitution "de la lutte des races à la lutte des classes". Ce qui n'est pas compté, ne compte pas. Tout lne mode parle du parlement monocolore. Mais il y a plus de variété de couleur de peau au Parlement que de diversité sociale.

Les choses ont bien changé : hier, on parlait de la "banlieue rouge", aujourd'hui on parle des "jeunes des banlieues" et bientôt des "banlieues basanées ou noires". La stigmatisation hier était politique "les rouges et le couteau entre les dents", elle est aujourd'hui générationnelle "les jeunes" avec une pointe raciste qui s'euphémise dans les "jeunes des banlieues" qui devient facilement "les sauvageons et la racaille".

En période de crise, il est particulièrement rentable de diviser les couches les plus favorisées.

NB : Pour avoir quelques données chiffrées sur la composition sociale du Parlement, aller sur mon site  et voir les fiches ACER.






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A
<br /> Bonjour,<br /> <br /> Ce blog me rappelle de bons souvenirs et les articles intéressantsde Paul Oriol dans Tribune Socialiste.<br /> A 57 ans, je trie mes archives et j'en retrouve à la pelle.<br /> <br /> Bonne continuation<br /> JM Allain , maire de Marpent<br /> (et jamais rallié au PS !)<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Amicalement<br /> <br /> <br /> Paul<br /> <br /> <br /> <br />